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[Terminé] Le temps en héritage.
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yeles
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MessagePosté le: Dim 3 Mai 2009 - 22:44    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant



Auteur : Yeles

Disclaimer : Doctor Who appartient à la BBC et à Russell T.Davies.

spoilers : a priori, je vais piocher dans un peu toutes les saisons à partir de la 2 jusqu'à... qui sait...

J'avais cette fiction en tête depuis un bon moment, les projets de certains font que je la publie maintenant pour ne pas être influencée plus tard. Bonne lecture.





Citation:

« Il est 8h30, voici le bulletin présenté par Edward Johnson. »

Le réveil s’était mis en route. Le soleil perçait à travers les volets, le jour était levé depuis deux heures environ. Il faisait déjà très doux en ce matin de mai. D’un geste gauche, Jo éteignit le poste et elle ouvrit un œil. C’était bien trop tôt pour elle. Le jour de son anniversaire en plus ! Ça n’est pas humain. Puis, elle se leva d’un bond. 18 ans ! Elle avait 18 ans aujourd’hui ! Un nouveau monde s’offrait à elle. Un monde où on ne lui proposerait plus de grenadine au Banana boat.

Une voix résonna à l’étage en dessous.

MB – Jo ? Tu es levée ? Tu vas être en retard. C’est ton dernier jour d’examen aujourd’hui. Et ton thé va refroidir !

J – Oui m’man, je descends.

Jo enfila rapidement un jean élimé, son t-shirt préféré « space pig rules » et ses Converse bleues. Elle attacha ses cheveux en queue de cheval approximative avec un élastique noir. Elle jeta dans son sac ses fiches pour faire une petite révision de dernière minute avec Emmy et Carl puis elle sortit de sa chambre. Elle dévala ensuite les escaliers quatre à quatre et entra en trombe dans la cuisine. Une tasse de thé encore fumante était posée sur la table. Joseph, son père, était en train de lire le journal. Mary-Beth, sa mère, lavait son bol. Jo jeta un œil à la pendule. 8h50, elle allait louper son bus. Elle avala le contenu de sa tasse d’une traite, manquant s’étouffer puis sortit de la cuisine aussi rapidement qu’elle y était rentrée.

MB – Tu aurais au moins pu laver ta tasse ! Allez, bonne chance pour aujourd’hui !

J – Merci m’man ! A ce soir ! A ce soir P’pa !

MB – Et bon anniversaire ma chérie !

J – Merciiiiiiiii !

Jo était une assez belle jeune fille. Physiquement, elle avait tout pris du côté Calbert. Une silhouette fine et élancée avec des jambes interminables. Mais contrairement au reste de la famille, elle était blonde aux yeux bleus. Souvenir très lointain qui devait remonter à plusieurs générations. D’aussi loin qu’elle avait pu le vérifier, elle devait tenir cela de son arrière-arrière-grand-mère. Tout comme son prénom d’ailleurs.

Elle attrapa son bus de justesse et s’installa au fond. Elle sortit son mp3 de son sac, mis les écouteurs et appuya sur « play ». « Starman », sans doute son titre préféré de David Bowie. Elle commença à rêvasser au son de cette chanson. Les bâtiments défilaient sous ses yeux. La banlieue londonienne est si belle à l’approche de l’été. Les massifs en fleurs éclairaient les rues avec toutes leurs couleurs. Mais Jo était loin dans les étoiles, portée par la voix de David. Tant et si bien qu’elle faillit louper son arrêt. Elle descendit du bus et alla retrouver ses amis qui l’attendaient devant l’entrée.

E – Jo ! Bon anniversaire ma grande ! Il faut espérer que les examinateurs seront plus cools pour l’occasion. Il nous reste 30 minutes avant l’appel pour entrer dans la salle. Tu veux prendre un café ?

C – Ne bougez pas mesdemoiselles, deux expressos bien serrés, deux !

J – Merci Carl, t’es un amour !

C – Vile flatteuse va ! Allez, on va s’installer sur ce banc qui nous tend les bras. Vous venez ?

Le petit groupe se dirigea vers un banc, près d’un chêne centenaire qui poussait dans le parc du lycée St John. L’air était doux et partout autours d’eux, on pouvait voir des groupes de lycéens assis, en train de réviser. La demi-heure passa très vite et bientôt, ils se retrouvèrent en salle d’examen. L’examinateur distribua les sujets. La philosophie n’était pas sa discipline de prédilection, mais elle était la dernière épreuve qui la séparait des vacances et de son diplôme. Elle comptait ensuite entrer dans une école de journalisme. Elle avait toujours été très curieuse et déterminée. Deux facteurs qui, pour elle, étaient incontournables pour réussir dans ce métier.

Jo regarda sa feuille « Tempus fugit. Est-ce parce que le temps passe vite que nous vieillissons ou est-ce parce que nous vieillissons que le temps passe plus vite ? ». Quelle ironie, le jour de son anniversaire, d’avoir un sujet pareil.

Ex – Vous avez trois heures.

Jo se concentra, prit son stylo et commença à écrire. « Tempus fugit »

--------------

Sur le chemin du retour, Jo repensa à ce qu’elle avait pu mettre dans sa copie. Elle avait un peu brodé, elle savait jouer avec les mots. Mais elle estimait avoir trouvé une bonne approche du sujet et se dit qu’elle aurait sans doute limité la casse. Mais de toute façon, elle serait vite fixée. Les résultats seraient donnés dans quinze jours.

Jo arriva chez elle. Son père n’était pas encore rentré de son travail et sa mère devait sans doute être au fond du jardin à tailler les rosiers. Elle se dirigea donc dans la cuisine pour se servir un verre d’eau et prit une banane dans la corbeille à fruits.

MB – Jo, c’est toi ?

Jo sursauta.

J –Oui maman, je suis rentrée. C’est enfin terminé !

MB – Le facteur est passé tout à l’heure, il a déposé un courrier recommandé pour toi.

J – Déjà des résultats ? C’est impossible, je viens de terminer la dernière épreuve. Qu’est-ce que ça peut bien être ?

MB – Aucune idée ma chérie, mais c’est important en tout cas.

Mary-Beth tendit à sa fille un gros paquet enveloppé dans un papier sombre. Jo pu voir le tampon de l’expéditeur : L & H, mais rien d’autre. Elle s’installa dans le salon et posa le paquet devant elle. Que pouvait-il bien contenir ? Après un instant de réflexion, elle retira délicatement le papier d’emballage pour découvrir deux enveloppes ainsi qu’un nouveau paquet, cette fois-ci emballé dans un papier kraft.

Jo regarda les deux enveloppes. L’une d’elles avait l’air plus ancienne que l’autre. Sur l’autre, il était écrit : à l’attention de Joan Grace Elizabeth Calbert. Jo ouvrit l’enveloppe est sortit la lettre.

« Mademoiselle,

Veuillez trouver ci-joints un courrier de votre aïeule ainsi qu’un paquet qu’elle a confié à notre cabinet en 1955. Elle avait laissé pour seule consigne de remettre ce courrier ainsi que ce paquet à la première femme qui descendrait en directe ligne d’elle et ce pour sa majorité. Après quelques recherches et vérifications, il s’avère qu’il s’agit de vous. Nous vous les avons donc fait parvenir à la date même de vos 18 ans.

Sachez que nous n’avons aucune idée du contenu de l’autre paquet. En effet, il a été scellé sous contrôle d’huissier.
Nous espérons que son contenu vous apportera une satisfaction quelconque.
Vos obligés.

Edward Lockwood and James Hermann »


Jo posa la première lettre et prit l’autre enveloppe. Le papier était jauni par le temps. Elle la décacheta et déplia la feuille. Cette lettre datait du 15 octobre 1955. L’écriture semblait un peu tremblante mais encore très belle. On savait encore écrire à cette époque.

« Ma chère enfant,

Si tu as ce courrier, cela signifie que tu es la première femme à descendre de moi, enfin ! Je me désespérais de voir un jour cela dans cette famille. Tu trouveras dans le paquet qui accompagne ce courrier un ouvrage qui m’a été laissé par le seul homme que j’ai jamais vraiment aimé, en 1913. Tu es suffisamment grande pour savoir que les sentiments humains sont complexes et que l’on peut aimer de différentes façons. J’ai aimé mon époux bien sûr, mais jamais autant que l’homme qui a écrit ce que contient ce livre. J’ai perdu sa trace peu de temps après qu’il me l’a donné.
J’ai estimé que seule une femme pourrait comprendre l’importance que cet ouvrage peut avoir. J’espère avoir vu juste.

Affectueusement,

Joan Calbert née Redfern. »


Intriguée par ce qu’elle venait de lire, Jo prit cette fois le paquet. Elle fit sauter le sceau de cire et ouvrit l’emballage. A l’intérieur se trouvait un cahier recouvert de cuir. Il sentait bon le livre ancien. Fébrilement, elle défit la boucle et souleva la couverture. L’ouvrage avait un titre qui attisa encore plus sa curiosité : « Le Journal des choses impossibles ».


Citation:



--------------

Jo resta un instant silencieuse en regardant ce titre énigmatique. Puis elle relut la lettre qui l’accompagnait. Elle avait entendu parler de son arrière-arrière-grand-mère. Mais elle avait très peu d’informations à son sujet. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle avait été mariée deux fois. Qu’elle avait perdu son premier mari très jeune et qu’elle s’était remariée au lendemain de la première guerre mondiale avec son arrière-arrière-arrière-grand-père, Edmund Calbert.

La mère de Jo regardait sa fille intriguée. Mais alors qu’elle voulut l’interroger sur ce que contenait le paquet, Jo se leva et sortit du salon sans mot dire.

MB – N’oublie pas le dîner de ce soir ma chérie.

Jo n’allait pas oublier le dîner. C’était son anniversaire et ses plus chers amis étaient conviés. Elle se dépêcha de se rendre dans sa chambre pour ne pas avoir à rentrer dans une conversation sans fin avec sa mère au sujet de ce qu’elle avait reçu.

Elle jeta son sac dans un coin de la pièce, retira ses chaussures et s’installa sur son lit. Elle prit le journal dans ses mains et commença à le feuilleter. Elle vit des pages et des pages de texte, rédigées dans une écriture à l’encre bleue, parsemées ça et là de dessins plus étranges les uns que les autres. Puis elle arriva sur un portrait. Un magnifique portrait de son aïeule. Ou tout du moins, c’est ce qu’elle en déduisit tant la jeune femme du dessin lui ressemblait. A part peut-être la coiffure. Jo n’avait jamais eu l’occasion de voir le visage de cette femme autrement qu’âgée. La plupart des archives familiales avaient disparu lors des bombardements de Londres pendant la seconde guerre.

Puis elle commença à lire le journal.

Journal des chos
es impossibles par John Smith.

12 octobre 1913

J’ai encore fait ce rêve étrange. Je suis dans un lieu sorti tout droit de l’imaginaire de Jules Vernes. Il y a des lumières, une console pleine de boutons et de manettes. Une grande colonne de lumière se trouve en son centre. Je manipule les boutons sur cette console, ils semblent commander tous ses mouvements. Apparemment, je sais ce que je fais. Puis un son fascinant résonne dans l’endroit. Et tout bouge à l’unisson. Quand je sors de cet endroit, je réalise qu’il s’agit en réalité d’une sorte de cabine bleue. Une cabine si petite que l’on pourrait à peine y faire tenir deux personnes. Or, c’est immense à l’intérieur.

J’arrive dans un endroit sombre, au milieu d’immenses bâtiments. Je pénètre dans un grand magasin qui se trouve à l’angle d’une rue. A première vue, on y vend des vêtements. Mais comment les femmes pourraient-elles vivre avec si peu de tissus sur elles ?

Je me faufile dans le grand magasin pour aller au sous-sol. Sans doute pour attendre le départ des clients. Je cherche quelque chose. Je tiens un boîtier dans ma main gauche. Je découvre le corps d’un homme. Il est sans vie.

Soudain, une jeune fille approche. Elle semble chercher quelqu’un. Sans doute l’homme que j’ai vu peu de temps avant. Je l’entraine avec moi, nous sommes poursuivis par des sortes de pantins faits d’une matière inconnue. Je m’entends encore prononcer le mot « plastique » mais je ne sais de quoi il peut s’agir. J’aide cette jeune fille à quitter l’endroit non sans m’être présenté. Docteur, tel est mon nom. Je monte ensuite au sommet du bâtiment. J’installe le boîtier au niveau d’une grande armoire remplie de câbles. Tout explose mais je suis déjà reparti dans ma cabine magique.

13 octobre 1913.

Une nouvelle fois, cette jeune fille. Mais je n’ai pas le même aspect que la nuit dernière. Je suis plus mince et j’ai des cheveux plus touffus, quel manque de rigueur dans ma coiffure ! Mon visage ressemble à celui que j’ai dans le monde réel, quoiqu’un peu plus jeune. Je me trouve sur une sorte de plateforme, armé d’une lourde épée. J’affronte un démon tout droit sorti des enfers et je suis en pyjama ! Cette créature me tranche la main droite d’un geste mais ma main repousse. La jeune femme m’interpelle « Docteur ! » et me lance mon épée. Ainsi, je remporte ce qui semble être un duel.

En réalité, la plateforme se trouve sur un immense rocher flottant dans l’air, au dessus de Londres. Ou tout du moins, c’est ce que je pense. Je me souviens avoir vu Big Ben au loin. Je me retrouve au sol avec celle qui semble maintenant m’accompagner quand soudain un éclair éblouissant fait exploser l’énorme rocher. Et je sens de la colère en moi.

14 octobre 1913.

Je cours dans un couloir, une femme vient de crier. L’endroit ressemble à un hôpital. Des hommes armés sont avec moi. J’arrive dans une pièce où je trouve la femme qui a poussé ce cri terrible. Visiblement, elle est d’origine asiatique. Elle paraît effrayée. Elle me dit que c’est vivant, qu’il est vivant. Je me mets alors à la recherche de ce dont elle parle. Et soudain, je le vois. Un cochon, mais pas un simple cochon de ferme, non, un cochon qui court droit vers moi, comme un enfant effrayé. Il est vêtu d’une sorte de combinaison sombre et les soldats derrière moi l’abattent. Encore cette colère qui monte en moi.

Jo était à la fois fascinée et désolée par ce qu’elle était en train de lire. Ça lui avait tout l’air d’un canular et pourtant, quelque chose d’intemporel et merveilleux transpirait de ces pages. La voix de sa mère au rez-de-chaussée la fit sortir de sa lecture. 20h déjà ! Elle posa l’ouvrage et descendit rejoindre les invités.

--------------

Jo ne savait pas quoi penser. Elle venait de lire des choses étonnantes et pourtant… Le cochon de l’espace, c’était une légende urbaine, un mythe qui avait fini sur des t-shirts comme le sien. De même que l’histoire de l’attentat chez Henricks quelques années plus tôt. Trop de coïncidences avec des événements récents à son goût. On avait dû lui faire une farce, ce ne pouvait être que ça.

C – Jo ? Ça ne va pas ?

J – C’est rien Carl. Je suis juste un peu fatiguée.

C – Fatiguée ? Le soir de ton anniversaire ? Je ne te crois pas. Je te connais bien, il y a autre chose.

J – C’est rien, juste une mauvaise farce qu’on m’a faite. Rien de bien méchant.

Jo essayait de s’en convaincre elle-même mais ça n’était pas très efficace. Elle prit une profonde inspiration puis se tourna vers Carl en souriant.

J – Allez, c’est la fête non ? Santé…

La soirée se déroula finalement bien. Jo avait eu de beaux cadeaux et personne n’avait fait d’autres remarques sur son attitude étrange du début de soirée. Même sa mère avait fini par oublier l’étrange paquet arrivé quelques heures plus tôt.

Une fois l’été passé, il fut grand temps de songer à la suite. Jo avait trouvé une école de journalisme et ses démarches pour l’inscription lui avaient totalement vidé l’esprit du reste. Carl, quand à lui, avait trouvé une place au sein d’un organisme dépendant du gouvernement. Il faisait partie du service informatique. Jo avait toujours du mal à se souvenir du nom de cette organisation. Torvoo, Torchnew, Tor quelque chose. Elle aurait aimé que Carl lui en dise un peu plus, mais il avait signé un contrat l’obligeant à garder le silence.

Le journal était resté là, dans un coin de sa chambre, enfoui sous des piles des papiers et de vêtements.

Un jour, n’y tenant plus, la mère de Jo lui ordonna de ranger enfin sa chambre.

MB – Tu ne peux pas commencer ton année dans un tel bazar. Tu vas me faire le plaisir de remettre de l’ordre dans tout ça. Tu m’as habituée à mieux jeune fille !

Jo s’exécuta de plus ou moins bonne grâce et se mit à l’ouvrage. C’est alors qu’elle retomba sur le prétendu journal de son ancêtre. Et malgré les réticences qu’elle pouvait avoir et la certitude que c’était une mauvaise blague, elle replongea dans la lecture.

22 octobre 1913

Des automates, habillés comme au 18e siècle. Et ils n’ont pas l’air amicaux. Ils sont à la poursuite de cette femme, Reinette. J’ai un peu trop poussé les révisions sur la vie à la cour de Louis XV je pense. Tout a pourtant l’air si réel et elle, si triste. Je suis au château de Versailles, ça ne fait aucun doute. Et pourtant, en passant par une cheminée, je me retrouve dans un endroit infernal et sombre, nez à museau avec un cheval !

23 octobre 1913

Encore des flammes et des cris. Et cette immense femme araignée qui se trouve devant moi. Je ne suis que colère et rage. Rien ne semble pouvoir m’arrêter et pourtant une voix m’apaise. Cette femme d’un roux flamboyant, en robe de mariée je suppose, quoique trop dégagée sur les épaules, elle m’interpelle, me demande d’arrêter. Et nous repartons dans ma cabine bleue.

24 octobre 1913

Des monstres de métal s’envolent dans un tourbillon étourdissant. Il y a ces hommes fait d’acier d’un côté puis des sortes de poivriers géants de l’autre. Cela pourrait paraître ridicule mais ils sont effrayants. Des cris assourdissants m’entourent. Dehors, c’est la panique la plus totale, une guerre pire que la Crimée. Et je suis là, accroché à une sorte de levier et je vois impuissant celle que j’aime m’échapper.


Jo était une nouvelle fois absorbée par sa lecture. Tout était si irréel et malgré tout si vrai. C’était vraiment quelqu’un de talent qui lui avait fait cette blague. Il avait dû se donner beaucoup de mal pour trouver toutes ces idées ainsi que pour avoir des informations si précises au sujet de son arrière-arrière-grand-mère. Et ces dessins, il y avait quelque chose de magnifique et effrayant dans ces dessins. Un visage revenait souvent. Celui d’une jeune fille blonde, avec une immense mèche qui lui barrait le visage. Ce devait être la fille dont parlait le narrateur. Cette fameuse Rose qui semblait si chère à son cœur.

Jo leva la tête et regarda l’heure. Elle termina de ranger sa chambre précipitamment et descendit pour le dîner. Elle devait oublier ce journal et se concentrer sur ses études. Sur ce métier de journaliste qui l’attirait tant.

Les mois passèrent sans que Jo ne touche une seule fois le journal. Les cours s’enchaînaient à une vitesse affolante et elle n’avait plus un instant pour elle. Elle avait fini par oublier le journal et ses inepties.


Puis, il y eut Canary Wharf.

Citation:


--------------

Jo était dans le bus pour se rendre à ses cours. Il était 10h environ quand soudain le chauffeur pila. Il y eut un mouvement de panique parmi les passagers et certains, une fois qu’ils eurent reprit leurs esprits, commencèrent à s’énerver. Jo se leva et se dirigea vers l’avant du bus. Une silhouette était apparue en plein milieu de la route. On ne distinguait pas son visage, c’était plus une ombre, comme un fantôme. Certains passants avaient pris la fuite devant cette apparition, d’autres, au contraire, s’en approchaient, mobile sorti pour immortaliser l’instant. Quelques minutes à peine après la silhouette disparut comme elle était apparue.

A son arrivée à l’école, Jo réalisa que cet événement n’avait pas seulement eu lieu devant son bus, mais partout dans le pays. Les ordinateurs étaient pris d’assaut pour récolter les informations qui circulaient déjà sur le net. Autant dire qu’il fut difficile pour les enseignants de faire les cours qu’ils avaient prévus pour la journée. Tout tourna autours de la nouvelle du jour : des fantômes dans toute l’Angleterre.

La panique et l’étonnement s’atténuèrent au fur et à mesure que les jours s’écoulèrent. Les apparitions se répétèrent quotidiennement, toujours aux mêmes heures, toujours la même durée. Les silhouettes apparaissaient, ne disaient rien, restaient là. Un véritablement engouement s’empara de la population et ce phénomène se généralisa dans le monde entier. On ne parlait plus que des fantômes. Il en fut ainsi pendant deux mois.

Jo essaya de contacter Carl, supposant que, comme il était dans une organisation dépendant du gouvernement, il aurait de plus amples informations. Mais elle fit chou blanc.

Et puis un jour, la deuxième vague des fantômes eut du retard, pour la première fois depuis deux mois. Mais lorsqu’elle eut lieu, enfin, les choses dérapèrent. Les fantômes prirent corps. Et partout dans le pays, dans le monde, des hommes de métal apparurent en masse. Voyant que ces êtres avaient de mauvaises intentions, Jo et ses parents se réfugièrent dans le sous-sol de la maison. Elle avait pris soin d’emporter son téléphone portable avec elle. Ainsi, elle pourrait sans doute se connecter sur internet pour suivre le fil des événements. Et ce qu’elle vit lui glaça le sang. Non seulement les hommes de métal emportaient toute personne se trouvant sur leur chemin mais de nouvelles créatures étaient apparue et semaient la panique et la mort tout autours d’elles.

Des créatures de métal qui n’avaient rien d’humain, des… des poivriers géants ?!

Jo se rappela immédiatement les lignes qu’elle avait lues plusieurs mois auparavant et blêmit.

24 octobre 1913
Des monstres de métal s’envolent dans un tourbillon étourdissant. Il y a ces hommes fait d’acier d’un côté puis des sortes de poivriers géants de l’autre. Cela pourrait paraître ridicule mais ils sont effrayants. Des cris assourdissants m’entourent. Dehors, c’est la panique la plus totale, une guerre pire que la Crimée


Les récits de ce journal pouvaient-ils être vrais ? C’était impossible ! Et pourtant, l’auteur de ces lignes, si c’était une blague, n’aurait pas pu inventer cela, il n’aurait pas pu être aussi proche d’événements qui ne s’étaient pas encore déroulés.

Ignorant les supplications de sa mère, elle sortit de la maison. Le quartier était désert. Ça et là, Jo vit quelques personnes allongées sur le sol, sans vie. Elle s’avança le plus prudemment possible pour ne pas attirer l’attention sur elle lorsque le vent se leva soudain emportant toutes ces créatures de métal sur son passage. Comme dans le journal !

Elle prit alors la décision de suivre le mouvement et se mit à courir. Elle courut à en perdre haleine sur plusieurs centaines de mètres. Tous les êtres de métal convergeaient vers un seul et même point, un immense bâtiment situé à Canary Wharf. Et puis le vent diminua, ralentissant la procession des créatures. Jo se cacha aussi bien qu’elle le put, de crainte qu’un de ces êtres maléfiques ne se libère et l’attaque. Puis le vent se leva de nouveau de plus belle. Tout à coup, au milieu de toute cette furie, un cri s’éleva, provenant du bâtiment. Un immense cri comme elle n’en avait encore jamais entendu. Un cri de douleur et de désespoir.

Entendant cela, Jo revit les lignes manuscrites devant ses yeux.

Et je suis là, accroché à une sorte de levier et je vois impuissant celle que j’aime m’échapper.


Et puis plus rien, que le silence…

Jo rentra chez elle, encore sous le choc. Elle venait d’assister à un spectacle à la fois fascinant et horrible. Et le plus important, elle venait de réaliser que le journal qu’elle avait en sa possession était vrai. John Smith, le Docteur, avait bel et bien existé et si, comme elle pouvait le supposer, il avait la possibilité de se déplacer dans le temps, elle était bien décidée à le retrouver.

--------------

Le matin suivant découvrit une Angleterre cruellement endeuillée et Jo était dans les rangs de ceux qui pleuraient un être cher. Carl, son ami de toujours, avait été emporté dans la fureur des événements. L’épicentre du drame était en fait situé à l’endroit même où son ami travaillait. La liste des victimes était longue et une cérémonie nationale, en présence de la Reine devait avoir lieu pour leur rendre hommage.

Une foule immense était rassemblée devant Westminster pour se recueillir avec les familles et les proches. Le glas sonna à 10 heures précises, marquant le début de la célébration. D’immenses panneaux étaient dressés sur le parvis, panneaux sur lesquels les listes des disparus étaient affichées. Des gens venaient pour poser une bougie allumée, une fleur, ici pour pleurer un fils, là pour rendre hommage à un ami. Jo était là, abattue, une rose blanche à la main, cherchant du regard le nom de Carl. Il était là, Carl Tyllow, 19 ans à peine. Mais le regard de Jo fut attiré par un autre nom, juste au-dessus, Rose Tyler. Rose… Etait-ce elle, cette compagne tant aimée ? Une main d’homme se posa sur la liste un instant, caressant délicatement ce nom du doigt. Jo remarqua la manche brune d’un costume mais avant qu’elle n’ait le temps de réagir, l’homme avait déjà disparu dans la foule. Elle essaya de le retrouver mais ce fut impossible.

Dans sa course, Jo bouscula un jeune homme. Il était vêtu d’un costume sombre et avait le visage rempli de larmes.

J – Excusez-moi. Vous n’avez pas vu un homme vêtu d’un costume brun ?

I – Non, désolé. Mais tenez, vous avez laissé tomber votre rose. Vous avez perdu quelqu’un vous aussi ?

J (se rappelant pourquoi elle était là) – Oui, un ami d’enfance. Carl Tyllow.

I – Carl ? Vous êtes une amie de Carl Tyllow ? Je suis profondément désolé pour vous.

J – Vous le connaissiez ?

I – Oui, nous avons travaillé ensemble pendant plusieurs mois. Sachez qu’il a été très courageux, jusqu’à la fin. Vous pouvez être fière de lui.

J – Merci, je le suis depuis longtemps.

I – J’ai moi aussi perdu quelqu’un de cher. Mais pour qui n’est-ce pas le cas aujourd’hui ? Si vous le souhaitez, on peut en discuter autour d’un café. Cela nous fera sans doute du bien.

J (cherchant toujours la silhouette du regard) – Je vous remercie, mais sans doute un autre jour. Je dois y aller. A bientôt… euh… vous êtes ?

I – Jones, Ianto Jones.

Jo le salua en lui serrant la main, alla déposer sa rose en se recueillant un instant, puis rentra chez elle.

Pendant les semaines, les mois qui suivirent, Jo entama des recherches. Elle le faisait en mémoire de Carl et surtout, elle le faisait pour son arrière-arrière-grand-mère. Tout ce qui s’était passé lui avait fait réaliser que cette femme lui avait légué ce journal dans un but bien précis, retrouver le Docteur.

Elle avait scanné toutes les pages du journal pour les compulser dans son ordinateur. Avec l’aide des installations de l’école, elle entama des recherches comparatives très poussées. Elle lança une analyse croisée entre le récit de John Smith et les faits historiques réels. Il s’avéra alors que de nombreux événements s’avérèrent exacts.
Cependant, des zones d’ombres demeuraient. La femme araignée ne figurait dans aucun dossier, aucune archive, les automates non plus, de même que space pig. Jo réalisa qu’elle devait pousser ses recherches encore plus loin, elle devait passer le barrage du secret-défense. Et le seul moyen d’y arriver, c’était d’avoir accès aux archives de Carl, elle en était convaincue. Il lui fallait donc se rendre chez les parents de son ami.

Pendant tout le trajet, Jo réfléchit à la façon dont elle allait demander cela aux parents de Carl sans risquer de les choquer ou les froisser. Ils avaient tout de même perdu leur unique enfant. Et même si plusieurs mois s’étaient écoulés depuis ce funeste jour, la douleur devait encore être très vive.
Après avoir pris une profonde inspiration, Jo sonna. Une femme vint ouvrir. Elle était vêtu de noir et semblait plus âgée qu’elle ne l’était en réalité. Alice Tyllow n’avait pourtant que 45 ans mais la douleur de la perte d’un fils chez une mère peut avoir des effets dévastateurs. Jo lui sourit timidement et Alice la serra soudain dans ses bras, fondant en larmes. La tâche serait sans doute plus difficile qu’elle ne le pensait.

Alice emmena Jo dans le salon, lui servit un thé et elles s’installèrent pour parler. Ce fut surtout Alice qui parla en fait. Visiblement, elle en avait grandement besoin. Et Jo l’écouta, patiemment, avec tout le respect que l’on peut avoir quand on écoute quelqu’un pleurer un être aussi cher.

A – Si seulement on pouvait savoir ce qu’il s’est passé. Si seulement, je pouvais savoir pourquoi…

Jo vit alors l’occasion unique à saisir. Et elle la saisit.

J – Je suis actuellement en train de faire des recherches très poussées pour trouver des réponses. Mais l’état met des barrages que je ne peux franchir sur mon passage. Je sais que Carl travaillait sous le coup de la secrète défense. Il devait avoir des données, des informations qui pourraient me permettre d’en savoir plus. Avez-vous encore son ordinateur ou un disque dur ?

Alice s’arrêta un instant, surprise par la requête de Jo, puis elle se leva.

A – Je pense avoir quelque chose comme ça dans sa chambre. Tu sais, je n’ai pas pu me résoudre à la vider. Je ne peux m’empêcher de penser qu’un soir, il va passer le pas de cette porte.

Alice sortit et revint quelques instants plus tard avec un sac noir à la main.

A – Tiens, je pense qu’il y a son ordinateur à l’intérieur ainsi que ses sauvegardes. Un de ses anciens c collègues, un charmant jeune homme, me les a rapportés quelques jours après la cérémonie. Fais-en bon usage. Et n’hésite pas à revenir me voir.

Jo embrassa Alice en la remerciant puis rentra chez elle. Elle trouva ses parents en train de regarder le journal télévisé. A l’écran, un homme était en train de parler. C’était le nouveau ministre de la défense. Un certain Harold Saxon.



 
Citation:
--------------

Les semaines suivantes passèrent rapidement. Jo n’avait plus une minute à elle. Entre les cours à l’école et ses recherches personnelles, elle n’arrêtait pas. Et Noël était déjà là.
Comme à son habitude, Jo était dans sa chambre entrain d’éplucher les données qui se trouvaient sur l’ordinateur portable de Carl. Le Docteur était mentionné plusieurs fois, comme une menace pour le royaume. Mais elle avait du mal à croire que c’était vraiment le cas.

Le Docteur a sans doute dû se fâcher avec la reine Victoria pour devenir un tel centre d’intérêt pour Torchwood.

Jo marqua une pause. Elle venait de réaliser quelle conclusion elle avait tiré de ces recherches. Et cela lui paraissait tellement naturel !

Elle procédait à des recoupements entre le journal et les archives de Carl et elle était arrivée à la conclusion suivante : Certains dossiers de Torchwood contenaient des zones d’ombre mais il était indéniable que le Docteur et l’organisation étaient liés. Le nom apparaissait même dans une des notes de John Smith.

27 octobre 1913

Je suis face à la Reine Victoria ! Avec ma compagne, nous l’avons escortée jusqu’au manoir de Torchwood. Mais une menace plane au- dessus de ce lieu. Quelque chose de sombre, quelque chose de dangereux, quelque chose de… poilu. Un homme-loup nous poursuit dans les couloirs de l’habitation. Nous nous réfugions dans une pièce aux murs recouverts de panneaux de bois, la reine à nos côtés. Et me voilà en train de lécher la porte ? ! Puis je pose mon oreille contre la paroi, j’entends la respiration lente de la créature de l’autre côté. La voilà qui s’éloigne. Elle nous laisse enfin tranquilles. Mais pour combien de temps ?


Le nom de Torchwood figurait dans le journal. Ce ne pouvait être une simple coïncidence. De plus, Les archives mentionnaient le fait que la Reine Victoria était à l’origine de l’organisation. Tout cela devait forcément être lié.

Jo avait essayé de recontacter Ianto Jones pour vérifier certaines données mais il semblait avoir quitté Londres.

Mais Noël et son cortège de célébrations ramena Jo à la réalité. Elle en profita pour faire une pause dans ses recherches.

M-B – Jo ? Tu peux descendre s’il te plaît ? J’ai besoin de toi pour les dernières courses avant le réveillon.

Jo referma le portable, posa le journal et descendit les escaliers pour rejoindre sa mère. Elle attrapa son blouson et monta dans la voiture.
Les rues étaient bondées de monde et les courses furent assez difficiles à faire. Mais malgré tout, Mary-Beth et Jo avaient trouvé ce qu’elles étaient venues chercher et purent prendre le chemin du retour.

Jo était au volant. Mary-Beth était tout absorbée par ses achats. Elle réfléchissait à l’installation de la table pour le réveillon de ce soir. Soudain, Jo aperçut un taxi qui roulait de façon dangereuse dans son rétroviseur. Elle eut tout juste le temps de donner un coup de volant pour l’éviter. Elle vit alors une jeune femme s’agiter à l’arrière, tapant sur les vitres du véhicule, semblant appeler à l’aide.

Jo, sans trop réfléchir, appuya sur l’accélérateur afin de rattraper le taxi. C’est alors qu’elle la vit : la boîte bleue. Elle n’en croyait pas ses yeux. Elle était pourtant bien là, comme bringuebalée au-dessus de l’autoroute, passant au-dessus des voitures. Jo distinguait la silhouette d’un homme sur le côté de cette boîte. Visiblement, il suivait le taxi et il allait assez vite. La boîte bleue passa au-dessus de la voiture de Jo. Mary-Beth était tellement prise par préparatifs qu’elle ne prêta même pas attention au fait que quelque chose avait tapé le toit de la voiture, ni à celui que sa fille avait légèrement accéléré la cadence.

Mais la boîte bleue avait déjà rattrapé le taxi et se tenait à son niveau. Jo vit alors la jeune femme sauter du taxi en marche pour se précipiter à bord de la boîte bleue qui se volatilisa alors presqu’aussitôt.

Jo dû se ressaisir pour ne pas avoir d’accident. Une fois rentrée à la maison, elle remonta dans sa chambre, soi-disant pour se préparer pour le réveillon. Elle se précipita en fait sur le journal pour relire le passage auquel elle avait pensé pendant tout le trajet du retour.

23 octobre 1913

Encore des flammes et des cris. Et cette immense femme araignée qui se trouve devant moi. Je ne suis que colère et rage. Rien ne semble pouvoir m’arrêter et pourtant une voix m’apaise. Cette femme d’un roux flamboyant, en robe de mariée je suppose, quoique trop dégagée sur les épaules, elle m’interpelle, me demande d’arrêter. Et nous repartons dans ma cabine bleue.


La femme qu’elle avait vue se précipiter dans la boîte bleue était rousse, sans aucun doute. Et elle était vêtue de blanc. Ce ne pouvait être qu’elle. Mais une voix au rez-de-chaussée ramena Jo à l’instant présent. Les invités arrivaient et le cocktail était servi.

L’ambiance était plutôt détendue et Jo tenait une discussion si animée avec Emmy qu’elle en avait oublié les événements de l’après-midi.

Joseph, quand à lui, se tenait à part, assis dans son fauteuil, en train de regarder les informations. Depuis Canary Wharf, il ne quittait presque plus cette place, toujours à l’affût de l’annonce d’une nouvelle catastrophe. Ce qui avait le don d’excéder sa femme. Jo décida alors d’aller le chercher pour qu’il se joigne à l’assemblée. Mais lorsqu’elle arriva auprès de lui, ce fut pour découvrir un spectacle hallucinant à l’écran.

Une étoile immense et brillante se tenait dans le ciel de Londres. Elle semblait faite de toiles d’araignée. Araignée ! Il suffit d’un mot pour replonger Jo dans ses pensées de l’après-midi. C’était bien ça ! Sans réfléchir, ni écouter les vociférations de sa mère, elle prit les clefs de la voiture sur la tablette dans l’entrée, sortit de la maison et monta dans le véhicule. Elle voyait l’étoile au loin. Les rues étaient dégagées dans cette partie de la ville, elle progressait rapidement.

Soudain, des éclairs zébrèrent le ciel. Des rayons sortaient des branches de l’étoile. Jo freina brutalement, se demandant s’il était bien raisonnable de poursuivre. Mais la curiosité l’emporta sur la raison et elle redémarra aussitôt. Elle se rapprochait du centre lorsqu’elle vit que des missiles étaient tirés sur l’étoile qui se volatilisa en quelques secondes. Jo arrêta alors son véhicule le long d’un quai pour regarder la scène. Quelque chose tombait du ciel, comme de la neige. Et le clame était revenu. C’était fini.

Alors qu’elle s’apprêtait à remonter dans sa voiture, elle jeta un coup d’œil à la marque que la boîte bleue avait faite sur le toit de la voiture. C’est alors qu’un petit détail attira son attention. La Tamise était à sec.

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La fin de l’année scolaire approchait et Jo devait passer ses examens. Malgré les derniers événements, elle avait levé le pied sur ses recherches afin de se préparer pour les épreuves. La situation s’était rapidement rétablie sur Londres. L’eau de la Tamise était réapparue presqu’aussi vite qu’elle n’avait disparu. Comment, nul ne le savait, à part peut-être Jo qui avait sa petite idée sur la question.

Le jour des examens était arrivé. Les épreuves se déroulèrent plutôt bien. Jo était très concentrée. Elle avait mené son oral avec brio et c’était avec un grand sentiment de satisfaction qu’elle rentrait maintenant chez elle. Il faisait plutôt beau et elle avait décidé de faire le chemin de retour à pied pour recharger ses batteries. Le soleil brillait, bien haut dans le ciel. Jo avait son casque de mp3 vissé sur les oreilles. L’esprit léger, elle avançait au rythme de la musique lorsque brutalement l’obscurité gagna sur sa gauche.

Des passants s’étaient immobilisés, regardant une scène plutôt inhabituelle. Un immense nuage noir s’était formé au-dessus du Royal Hope. Et la pluie tombait sur l’hôpital alors que tout autour, il faisait sec et très beau. Enfin, la pluie tombait-elle réellement ? Non, la pluie ne tombait pas, elle remontait vers le nuage ! La panique commençait à gagner les gens autour de Jo lorsqu’une déflagration se fit ressentir dans toute la ville. Et à l’endroit où se trouvait le Royal Hope, il n’y avait plus qu’un immense trou fumant. Des cris retentirent. L’hôpital avait disparu !

Les sirènes des voitures de police, des voitures de pompiers, résonnèrent dans les environs. Tous les véhicules convergeaient vers le site. Jo fouilla dans son sac. Elle en sortit un appareil numérique dernier cri, petit cadeau de ses parents en anticipation de son diplôme. Mais au lieu de prendre des photos de l’emplacement de l’hôpital, elle regarda aux alentours, cherchant une trace qui pourrait la ramener au Docteur. Mais rien de tel.

Le portable de Jo sonna. C’était Emmy.

E – Jo ! Tu as vu ce qu’il vient de se passer ?

J – Oui, j’ai vu ! Et tu ne croiras jamais où je me trouve.

E – Ne me dis pas que tu es juste à côté.

J – D’accord, je ne te le dirais pas alors.

E – Mais c’est dingue ! Tu es toujours là où l’événement se passe ! A croire que…

Mais une nouvelle déflagration coupa Emmy dans son élan. L’hôpital était réapparu comme si rien ne s’était passé. Trompant la vigilance des gardes au niveau des barrages, Jo se précipita vers le hall du bâtiment. Ses occupants commençaient à en sortir, hébétés, encore sous le choc de ce qu’ils avaient vécus et déjà assaillis par les journalises présents. Elle remarqua une jeune femme qui était assise sur les marches. De type indien, elle portait une blouse blanche. Elle devait donc faire partie du personnel.

J – Comment allez-vous, mademoiselle… ?

Ju – Julia, Julia Swales. Je suis interne dans cet hôpital. C’est incroyable… incroyable…

J – Mais que s’est-il passé ?

Ju (ne prêtant plus attention à Jo) – C’était la Lune ! Nous étions sur la lune !

J (attrapant le bras de Julia) – Mademoiselle ? Vous vous sentez bien ?

Ju – Humm ? Oh ça va maintenant. Mais ces êtres, ces créatures… Elles nous examinaient, elles cherchaient quelque-chose, ou quelqu’un. Et nous manquions d’oxygène. J’ai perdu connaissance et je me réveille ici.

J – Quelles créatures ? Comment s’appelaient-elles ?

Ju – Je l’ignore, mais elles ressemblaient à des rhinocéros. Mais des rhinocéros qui se tenaient debout, dans des tenues noires, avec un casque énorme. Ils avaient une espèce de matraque lumineuse qu’ils pointaient sur chacun d’entre nous. Ensuite, ils nous marquaient, comme ceci.

Elle montra une croix noire sur le dos de sa main encore tremblante. Jo prenait des notes en sténo sur son carnet tout en écoutant attentivement le récit de Julia. Cette histoire de rhinocéros ne lui était pas inconnue.

2 Novembre 1913

Je me trouve apparemment dans un hôpital. Des êtres étranges nous menacent. Ils ont des têtes de rhinocéros. Et ils parlent un langage étrange que je semble pourtant comprendre. Ils recherchent quelqu’un, un hors-la-loi qu’ils veulent arrêter. Ils semblent faire partie d’une sorte de police. J’ai rencontré une jeune femme, une étudiante en médecine. Quel monde étrange que celui-ci pour accepter que les femmes soient médecin. Je me sens en danger. Avec ma compagne du moment, nous nous séparons pour rechercher ce hors-la-loi. L’oxygène commence à manquer, les gens s’évanouissent un peu partout. J’entre dans une petite pièce. Une vieille dame est en train de s’affairer autour d’un étonnant appareil. L’air est chargé d’électromagnétisme. Je dois la distraire. Je me décide donc à lui parler mais elle plante une sorte de tube dans mon cou et commence à boire mon sang. Lorsque je reviens à moi, ma jeune compagne est évanouie à mes côtés.


J – Vous n’avez rien remarqué d’autre ? Une personne en particulier ?

Ju- Cet homme étrange avec qui ma collègue est partie. Il n’avait pas du tout l’air effrayé ou surpris. Comme si tout cela était parfaitement naturel pour lui. C’était pourtant un patient, ma collègue avait même eu l’air troublé par cet homme.

J – Et comment s’appelait-il ?

Ju –Attendez, ah oui ! Ça me revient. Il s’appelait John Smith. 

 


Citation:


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Elle l’avait encore manqué, de peu cette fois. Mais elle ne désespérait pas, elle finirait bien par le croiser. Elle avait tant de choses à lui dire.

Maintenant qu’elle avait son diplôme, Jo s’était mise à la recherche d’un emploi. Elle avait envoyé des lettres de motivation dans à peu près tous les endroits possible et attendait une réponse. Réponse qui arriva dans une belle enveloppe aux couleurs du Sunday Mirror. Elle se rendit au rendez-vous qui lui avait été proposé pour passer un entretien.

L’entretien se passa à merveille et Jo décrocha son premier contrat. Elle travaillait comme assistante d’une journaliste politique, Vivien Rook. Jo espérait bien apprendre les ficelles du métier avec elle. Mais Vivien n’avait que peu de temps à lui consacrer finalement, tant elle était absorbée par son travail. Il faut dire que l’actualité était telle que c’était l’effervescence à la rédaction.
Tout le monde ne parlait plus que de ça. Le professeur Lazarus allait faire une grande soirée afin de présenter sa toute dernière invention. Un grand mystère planait autour de l’événement. Le professeur avait juste dit que ça allait changer la définition même de l’être humain.

Cela intriguait Jo au plus haut point. Elle rêvait d’assister à l’événement. Toute la presse, tout le gratin londonien avaient été conviés pour l’occasion. Tous sauf elle. Elle n’avait pas assez d’ancienneté. Elle devait donc se contenter de passer la soirée chez elle. Chez elle… Comme si elle allait rester avec ses parents alors que l’humanité s’apprêtait à être bouleversée.

Elle était bien décidée à se rendre aux laboratoires Lazarus et guetter le moindre signe, la moindre information, un scoop peut-être. Elle chaussa ses Converse favorites, attrapa son sac à dos, y fourra un carnet, un appareil photo et son portable puis elle quitta la maison. La nuit tombait doucement sur Londres et les rues étaient dégagées. Elle prit le bus pour se rapprocher du lieu de la soirée. Il était 21h30, les invités étaient sans doute déjà à l’intérieur du bâtiment, prêts à voir ce que le professeur leur réservait.

Elle arriva enfin sur place. Quelques badauds étaient assis sur le trottoir à attendre. Elle s’approcha pour tenter d’obtenir des informations mais aucuns ne savait ce qui se passait à l’intérieur. Jo ne tenta même pas d’amadouer le garde à l’entrée. Elle n’était pas douée pour ça. Elle se contenta donc d’attendre avec les autres. Les minutes passaient et rien ne se passait. Au fur et à mesure, les gens partaient si bien qu’au final, Jo se retrouva seule à attendre. Il commençait à faire frais et elle sortit un pull de son sac. C’est alors qu’elle entendit une immense clameur à l’intérieur du bâtiment. Quelques secondes plus tard, des gens en tenues de soirée s’amassaient contre les portes vitrées, elles semblaient coincées. Mais elles finirent par céder apparemment et ils se précipitèrent à l’extérieur. Que se passait-il donc ?

Jo devait savoir, elle tenta donc une approche mais les invités s’enfuyaient à toutes jambes. Elle hésitait entre l’envie de rentrer dans le bâtiment pour avoir le fin mot de l’histoire et emboiter le pas des fuyards. Mais un « il va tous nous dévorer ! » la dissuada de rentrer et elle préféra s’éloigner un peu. Les dernières personnes à sortir restaient en haut des escaliers, à reprendre leurs esprits. Jo retourna donc vers l’entrée pour obtenir des informations. La démonstration avait apparemment mal tourné et le professeur s’était métamorphosé en une espèce d’immense créature démoniaque.

Invité – Sans doute à cause de cet homme.

J – Quel homme ?

Invité – Un homme est intervenu pendant l’expérience et à tout stoppé. Le professeur est sorti de l’appareil dans lequel il était entré. Il avait rajeunit ! C’était à peine croyable !

En écoutant le récit de l’invité, Jo repense à ce passage qu’elle avait lu peu de temps auparavant.

5 Novembre 1913

Comment peut-on modifier le cours de l’existence ? Et pourquoi est-ce que je me sens si en colère ? Cet homme a bouleversé les lois de la nature, l’essence même de la vie humaine ! Il est là, pédant de fierté et je sens que je vais exploser de rage. J’essaye de lui faire réaliser que ce qu’il vient de faire n’est pas sans risques ni conséquences mais il ne veut rien savoir. Alors qu’il nous quitte, je pars de mon côté, sans doute pour chercher des réponses à mes craintes. Nous nous retrouvons dans une sorte de laboratoire, à regarder une sorte de cadre lumineux, comme un écran de cinéma miniature, mais avec de la couleur et du son. Et ce que je vois sur cet écran m’inquiète et m’excite à la fois. J’ai parfois des réactions bien étranges.


Invité – C’est alors que cet homme revient pour nous dire de quitter le bâtiment, que nous sommes en danger. Nous ne le croyions pas mais c’est à ce moment là qu’une monstrueuse créature, une sorte d’immense insecte, est entrée dans la pièce. Ce fut la panique complète. Mais peu de temps avant que je quitte la salle, j’ai entendu cet homme parler à la bête. Il l’a appelé Lazarus ! J’en suis certains. Et puis il s’est précipité dans le bâtiment, la bête à ses trousses. Moi, j’ai préférer détaler comme les autres.

Ça ne pouvait être que lui ! Le Docteur ! Enfin ! Jo remercia l’invité qui se dirigeait maintenant vers les premiers secours qui arrivaient. Ensuite, elle se décida à faire le tour du bâtiment pour trouver un accès à l’arrière. Le Docteur sortirait sans doute par là.

Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Et quand Jo revint devant l’entrée, ce fut pour découvrir que les derniers secours étaient partis en emportant le corps de Lazarus.

Ce ne fut que le lendemain qu’elle apprit la fin de l’histoire de la bouche de Vivien. Jo était abasourdie. Elle l’avait une nouvelle fois loupé. Mais Vivien enchaîna avec d’autres informations qui l’avaient intriguée. Elle avait découvert que les travaux de Lazarus avaient été financés en grande partie par Harold Saxon, l’actuel ministre de la défense et candidat aux élections. Trop brillant pour être totalement honnête, c’est ce que pensait Vivien. Elle décida donc qu’il était plus que temps de faire une enquête approfondie sur cet homme. Jo remarqua alors sur le portable de Vivien un logo qu’elle connaissait bien. Rien ne se fait finalement au hasard.

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Jo avait finalement révélé à Vivien qu’elle aussi, elle connaissait Torchwood. Vivien lui avait alors expliqué qu’elle était en relation avec une antenne à Cardiff. Elle avait d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer le directeur de l’agence, un charmant capitaine, lors d’un cocktail à la mairie de la ville.

Elle était bien décidée à constituer un dossier solide sur Harold Saxon et si jamais, par le plus grand des hasards, elle découvrait quoique ce soit d’anormal, elle savait qu’elle pourrait les communiquer à cet homme. Jo ressorti les dossiers de Torchwood Londres pour regarder s’il y avait déjà des éléments sur Saxon mais rien, absolument rien. A croire que cet homme n’avait jamais existé. Vivien n’en croyait pas ses yeux, mais c’était pourtant là, noir sur blanc. C’était bien plus sérieux qu’elle n’avait pu l’imaginer, il fallait alerter la population. Mais comment ?

Le jour des élections, Jo fut dépêchée dans le bureau de vote principal de Londres afin de procéder à un sondage « sortie des urnes » pour prendre la tendance. Mais le doute n’était même pas permis. Harold Saxon allait sortir grand vainqueur de cette élection. C’en était presque une farce tant le plébiscite était fort. Et quelques jours après, Harold Saxon fit une courte conférence de presse pour remercier ses électeurs. Mais quelque chose dans le discours intrigua Jo.

Ce pays a été malade. Ce pays a besoin de guérir. Ce pays a besoin d’un traitement. En fait, j’irais même jusqu’à dire que ce dont ce pays a vraiment besoin maintenant, c’est d’un docteur.
Un docteur. Jo pensa un instant qu’il parlait du Docteur. Mais comment cela aurait-il pu être possible ? C’était forcément autre chose. Sur ces entrefaites, Vivien entra en trombe dans le bureau et attrapa un dossier.

V – Je vais me rentre à Downing Street. Je dois avertir l’épouse de Saxon, la mettre de notre côté. Ce qui se passe est grave, très grave. Cet homme me fait peur.

J – Je viens avec vous.

V – Non ! Si ça doit mal tourner, tu dois rester. J’ai pris toutes les dispositions nécessaires pour que tu reprennes mon poste s’il m’arrive quoique ce soit. Tu sais ce qui se passe, tu as vu des choses, tu comprends. Toi seule ici peux reprendre ma charge. Ne me déçois pas.

J- Mais…

V – Il n’y a pas de mais. Allez, j’y vais. Bon courage.

Jo regarda Vivien partir. Elle avait un mauvais pressentiment, comme si elle ne la reverrait jamais. Les heures passèrent, interminables, à attendre le moindre de signe. Soudain, le portable de Jo sonna. Ce n’était pas Vivien mais un SMS du gouvernement disant qu’il fallait allumer la télévision pour voir une importante communication du ministère. Jo alluma le poste qui se trouvait dans son bureau et elle vit Harold Saxon.

HS - Grande-Bretagne, Grande-Bretagne, Grande-Bretagne… Quels extraordinaires moments nous avons vécus. Il y a seulement quelques années, le monde était si petit. Et puis ils sont arrivés de nulle part. Tombant du ciel. Vous les avez vus… Big Ben détruit. Un vaisseau spatial au dessus de Londres. Tous ces fantômes et hommes de métal, cette étoile de Noël qui étaient venus nous tuer. Du temps et encore du temps et le gouvernement ne vous a rien dit. Eh bien, pas moi ! Pas Harold Saxon ! Car mon but aujourd’hui est de vous dire ceci. Citoyens de Grande-Bretagne, j’ai été contacté. Un message pour l’humanité, venant d’au-delà des étoiles.

C’est alors que Jo vit apparaître à l’écran des sphères métalliques. Et ces sphères se mirent à parler.

T – Peuple de la Terre. Nous venons en paix. Nous vous amenons des cadeaux ! Nous vous apportons technologie, sagesse et protection et tout ce que nous vous demandons en retour est votre amitié.

HS – Oh ! Charmant. Et cette espèce s’est identifiée. Ils s’appellent les Toclafanes.


J – Quoi ?!

HS – Et demain matin, ils apparaîtront. Pas en secret, mais devant vous tous. Des relations diplomatiques avec une nouvelle espèce commenceront. Demain nous prendrons place dans l’univers.

Harold Saxon continuait son discours mais Jo n’écoutait plus. Toclafanes. Elle avait déjà vu ce nom quelque part.

8 Novembre 1913

Je dois avoir 8 ou 9 ans je suis avec d’autres enfants de mon âge. Nous sommes assis autours d’un feu. Il nous raconte une histoire et tout le monde à peur. Enfin, presque tout le monde. Un de mes amis me regarde en souriant. Il sait, tout comme moi, que ces Toclafanes ne sont que des chimères. Une pure invention des adultes pour nous effrayer, nous dissuader de faire des choses que nous pourrions regretter plus tard. Un homme arrive, il porte une sorte de tenue de cérémonie, rouge et or, avec un grand col encadrant son visage. Il a l’air sérieux. Quelque chose d’important va se passer. Une sorte de rite initiatique. Et là, pour la première fois de ma vie, je ressens la peur ainsi qu’une grande envie de fuir. De courir jusqu’à perdre haleine. Cet homme emmène les enfants les uns après les autres. C’est au tour de mon ami, il se retourne vers moi avant de s’éloigner. Son regard ne laisse rien augurer de bon, il est bien trop sûr de lui. Et puis c’est mon tour. L’homme me prend par la main et m’amène vers une grande porte. Elle va s’ouvrir, elle s’ouvre et je me mets à courir, courir, sans plus jamais m’arrêter.


Jo sous le choc. Harold Saxon était-il le Docteur ? Ça lui semblait impossible. Et pourtant. La nuit qui suivit allait être très longue. Jo avait appelé ses parents pour les avertir que, compte tenu de l’actualité, elle se devait de rester à la rédaction. Elle était dans son bureau, à compulser toutes les informations qui affluaient. Un avis de recherche avait été lancé contre trois personnes, deux hommes et une femme. Et l’un d’entre eux était… Le Docteur ! Jo avait déjà une réponse. Et un visage.

La rencontre allait se dérouler à 8h00 très précisément. Le président des Etats-Unis allait prendre part à l’événement, il allait même en être le maître de cérémonie. Et ça allait se dérouler sur le Vaillant, le magnifique porte-avion que Harold Saxon avait fait construire pendant son mandant de ministre de la défense.

Alors qu’elle sauvegardait les dernières données, une nouvelle fenêtre apparut à l’écran. C’était Vivien. Et le message que Jo entendit lui fit réaliser que le pire était sans doute à venir. Elle hésitait à prévenir ses collègues au sujet de la disparition de la journaliste. Mais le temps n’était plus aux questions, le direct allait commencer et Jo s’installa devant son écran, le président Winters se tenait là, debout en haut du centre de commandes.

PW – Mes fidèles américains, patriotes, peuples du monde. Je me trouve devant vous aujourd’hui, en tant qu’ambassadeur de l’humanité. Un rôle que je remplirai avec la haute solennité. Nos cousins Toclafanes peuvent peut-être nous offrir beaucoup mais l’important n’est pas de gagner des biens matériels, mais que nous apprenions à nous voir sous un jour nouveau. Dès que l’homme a regardé les étoiles, il s’est demandé quels mystères elles cachaient. Nous savons maintenant que nous ne sommes pas seuls.

Jo regardait la scène, incrédule et inquiète. Elle sentait la catastrophe arriver à grands pas.

PW – Voilà les Toclafanes.

Les sphères métalliques se matérialisèrent. Mais elles n’avaient rien d’amical. Bien au contraire. Elles repoussaient l’accueil de Winters, réclamant le maître. Mais quel maître ? La réponse ne se fit pas attendre bien longtemps. Saxon était là, debout, les bras croisés, à jauger le président américain, à le narguer. Puis, il ordonna aux Toclafanes de l’abattre. Et, devant Jo stupéfaite, la transmission s’interrompit pour céder la place au silence.


Citation:
La neige cathodique resta à l’écran pendant plusieurs minutes, puis le studio prit le relais. La journaliste regardait la caméra, les yeux écarquillés, les mains tremblantes, passant nerveusement d’une fiche à l’autre.

J – Le contact semble interrompu avec le Vaillant. La technique essaye par tous les moyens de la rétablir.

Dans les bureaux alentours, l’agitation commençait à gagner. Des communiqués tombaient de tous les coins du globe. C’était le chaos le plus total.

J – Un instant… On me signale que le ministère de la défense vient d’envoyer deux Red Arrows sur le porte-avions afin de voir ce qui s’est réellement passé. Nous vous tiendrons informés sur fil des événements tout au long de la journée.

Un bandeau défilait en bas de l’écran, avec un communiqué très laconique : assassinat du président Winters – Saxon directement impliqué.

Jo se leva et se dirigea vers le bureau. Les questions se bousculaient dans sa tête. Qu’avait-il bien pu se passer ? Et qui était cet Harold Saxon ? Le Docteur était-il impliqué ? Autant de questions qui attendaient des réponses. Et pour les obtenir, la solution lui semblait évidente. Elle alluma l’ordinateur portable que Vivien avait laissé. Pauvre Vivien, elle avait vu juste dans le jeu du premier ministre et ça lui avait sans doute coûté la vie. Jo entra le code d’accès que Vivien lui avait communiqué, puis elle chercha les données relatives à Harold Saxon et à Torchwood. L’organisation pourrait sans doute lui apporter des éléments, ou tout du moins, c’est ce que Jo espérait.

Elle regarda dans l’explorateur des dossiers mais ne trouva rien qui ressembla de près ou de loin à ce qu’elle cherchait. Mais Jo était plutôt calée en informatique et elle commença à creuser un peu. C’est alors qu’elle tomba sur un dossier qui appelé TW3. TW… Sans doute pour Torchwood. Elle cliqua sur l’icône mais une alerte lui signala qu’il fallait entrer un nouveau code. Code que Jo n’avait malheureusement pas, mais qu’elle allait trouver. Il lui fallait absolument les coordonnées et l’adresse de Torchwood pour les contacter. Si elle ne pouvait pas ouvrir le dossier, elle pouvait le copier, ce qu’elle fit, sur sa clef usb. Elle récupéra aussi les dossiers sur Harold Saxon et elle effaça toute trace de ces dossiers sur le portable de Vivien. Personne d’autre n’avait besoin d’avoir accès à ces données.

Une fois rentrée chez elle, elle monta dans sa chambre pour charger les infos sur son ordinateur. Elle lança alors un petit programme qu’elle avait récupéré sur celui de Carl. Le processus risquant de prendre du temps, elle le mit en route et descendit pour le dîner.

Toute la famille mangeait en regardant le journal.

J – Une partie de l’équipage a été retrouvée inconsciente à bord du Vaillant. Ils semblent n’avoir aucun souvenir de ce qui s’est passé. Aucune trace d’Harold Saxon ou de son épouse. Le mystère reste entier.

Le père de Jo vociférait dans son coin, accusant le gouvernement, puis la Reine pour enfin mettre la faute sur le dos des extraterrestres puisque, bien sûr, il ne pouvait s’agir que d’eux.

J – Le vice-président des Etats-Unis a prêté serment à Washington, à 16h, heure locale. Lors de sa première conférence de presse, il a assuré au gouvernement britannique qu’aucune poursuite ne serait entamée. Nous n’avons pas d’éléments relatifs à l’enquête qui doit avoir lieu suite à la disparition du président Winters.

Jo – Disparition ?! Désintégration oui ! Tu comprends ça toi ?

Jo se tourna vers son père. Il la regardait avec le même regard que celui qu’il avait eu au moment de Canary Wharf. Elle sentait bien qu’il avait besoin de réponses mais malheureusement, elle ne pouvait rien dire. Le peu d’éléments qu’elle avait en sa possession était bien insuffisants pour espérer rassurer son père.
Après le dîner, Jo remonta dans sa chambre. Le programme était toujours en train de tourner. Vivien avait bien sécurisé ses dossiers.
Elle alluma sa radio pour écouter si d’autres informations étaient tombées. Elle préférait rester dans sa chambre plutôt que de subir la colère inquiète de son père.

J – Une cellule de crise s’est réunie à Downing Street afin de nommer un premier ministre par intérim. Dans quelques minutes, nous pourrons nous entretenir avec l’ancien premier ministre Harriet Jones, qui a déjà eu à faire face a des crises importantes.

Harriet Jones, Jo sursauta en entendant ce nom. Elle attrapa machinalement le journal.

26 Octobre 1913.

Je suis enfermé dans un grand bureau avec ma compagne et une autre femme. Nous cherchons une solution pour nous débarrasser de créatures étranges, ressemblant à d’immenses grenouilles. Je suis appuyé sur le bureau à écouter les informations que ma compagne et l’autre femme m’énoncent. La situation est grave, quelqu’un d’autre est en danger. Mais j’arrive à déterminer d’où viennent ces êtres, d’une autre planète, Raxacoricofallapatorius !? Je me demande bien où je vais chercher de pareils noms.
Nous voilà maintenant enfermés dans un placard. Le bâtiment où nous sommes doit être détruit. Je serre la main de mes compagnes d’infortune. Nous sommes secoués dans tous les sens puis, tout s’arrête. Après quelques instants, nous sortons de notre abri. Nous sommes au milieu de ruines encore fumantes. Je suis aux côtés de ma compagne. L’autre femme va au devant des autorités, elle semble vouloir prendre les choses en main. Elle est promise à un grand avenir, premier ministre de Grande-Bretagne. Premier ministre ? Une femme ? En même temps, l’Angleterre a bien eu plusieurs reines. L’homme que je suis a des idées bien osées. Mais j’avoue que cette Harriet a du tempérament.


Harriet Jones. Jo réalisait soudain que même l’ancien premier ministre de Grande-Bretagne avait rencontré le Docteur. Mais elle, toujours pas. C’est comme si il lui filait constamment entre les doigts. A croire que son destin n’était que de rester sur le bord de la route. Jo s’endormit en ruminant toutes ces questions dans sa tête.

Elle fut réveillée dans la nuit par le bip strident sortant de son ordinateur. Le programme avait fini de tourner et le code était trouvé.

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Jo était en train de faire son sac. Elle vérifia une nouvelle fois que les billets de train étaient bien dans la poche avant. Elle prit son portable, son lecteur mp3, quelques vêtements de rechange et le nécessaire à toilette. Elle avait l’habitude de voyager léger. Au moment de quitter sa chambre, elle fit subitement demi-tour, se dirigea vers sa table de chevet, saisit le journal et le fourra dans son sac. Elle ne pouvait pas partir sans. Ce serait sans doute la clef pour obtenir ce qu’elle voulait.

Elle descendit quatre à quatre les escaliers et entra dans le salon. Son père était assis dans son fauteuil, à lire le journal. Sa mère était en train d’essuyer l’argenterie.

J – Papa ? Maman ? J’y vais. Je vous appellerai dès que je serai sur place. Ne vous inquiétez pas, tout se passera bien.

Jo – Tout se passera bien ? Avec tout ce qui se passe depuis quelques mois, comment peux-tu affirmer que tout se passera bien ?

J – Papa, ça va aller. Je vais juste à Cardiff. Il ne s’est jamais rien passé là-bas.

Jo embrassa son père tendrement, pour le rassurer. Elle embrassa ensuite sa mère puis sortit de la maison. Elle monta dans le bus pour se rendre à la gare.

Le train était déjà à quai et elle prit place dans le compartiment numéro 10. Une fois son bagage mis dans le filet prévu à cet effet, elle s’assit. Pendant tout le trajet, elle repensa aux événements auxquels elle avait assisté. Elle se rapprochait inexorablement du Docteur, elle le sentait. Mais allait-elle parvenir à le rencontrer ? Allait-elle pouvoir remplir la tâche qui lui incombait ?

Tous ses espoirs reposaient maintenant sur un homme, un militaire de carrière. Les notes de Vivien à son sujet étaient éloquentes et Jo se sentait très intimidée à la perspective de le rencontrer.

Le train arriva à Cardiff en fin de matinée. Il faisait beau. Jo monta dans un taxi et demanda au chauffeur de la conduire vers les quais. Elle vérifia une nouvelle fois l’adresse, paya et descendit du véhicule. Elle resta quelques instants à regarder le large, appuyée sur la rambarde puis elle se dirigea à l’aide d’un plan vers l’adresse qu’elle avait trouvée dans les dossiers de Vivien. Elle arriva devant une petite porte assez quelconque, sans aucune inscription. Elle marqua une hésitation avant de se décider à sonner.

Elle attendit quelques secondes, puis la porte s’ouvrit. Elle arriva dans une pièce où se trouvait une espèce de comptoir. Il n’y avait personne. Jo commença à s’inquiéter quand une autre porte s’ouvrit. Un jeune homme en costume sombre fit son apparition.

J & I – Vous ?

Jo se trouvait nez à nez avec l’homme qu’elle avait rencontré lors de la cérémonie de Canary Wharf. Il avait nettement meilleure mine que la dernière fois. En même temps, cela faisait si longtemps.

I – Que puis-je faire pour votre service mademoiselle ?

J – Je souhaiterais m’entretenir avec votre responsable…

Jo sortit son carnet pour vérifier une nouvelle fois ses notes.

J – Le capitaine Harkness.

Ianto Jones, puisque c’était lui, regarda Jo avec une expression de surprise.

I – Je ne vois pas de qui vous voulez parler mademoiselle.

J – Je suis une collègue de Vivien Rook. Je sais qu’elle était en rapport avec vous à propos d’Harold Saxon et qu’elle a rencontré plusieurs fois le capitaine Harkness.

Ianto avait l’air gêné. C’est alors que la porte s’ouvrit une nouvelle fois. Apparut alors un autre homme, vêtu d’un uniforme militaire, enfin, tout du moins du pantalon. Le haut se résumait à un maillot de corps et une magnifique paire de bretelles. Jo le regarda et se sentit quelque peu troublée. Le portrait que Vivien avait dressé était en-dessous de la réalité. Il s’approcha d’elle en affichant un large sourire.

Ja – Capitaine Jack Harkness. Enchanté mademoiselle ?

J – J... Joan Calbert.

Ja – Joan, quel charmant prénom.

Cette dernière remarque semblait contrarier Ianto mais Jo ne se laissa pas déstabiliser.

Ja – Alors vous connaissez Vivien ?

J – Je la connaissais oui, mais malheureusement, je pense ne jamais la revoir si je me fie à son dernier message. Mais vous l’avez eu vous aussi non ? La semaine dernière.

I –Je ne pense pas, nous étions en mission à ce moment là. Et je n’ai rien vu de tel à mon retour.

Jack leva la main pour stopper Ianto dans ses explications puis il regarda Jo.

Ja – Et que me vaut le plaisir de votre visite ?

J – Je suis à la recherche d’un homme et je pense, enfin j’espère, que vous pourrez m’aider dans ma recherche.

Ja – Un homme ? S’il faut trouver un homme, je suis le votre mademoiselle Joan. Encore plus s’il est mignon.

Jack éclata de rire, ce qui fit une nouvelle fois grimacer Ianto.

J – Il s’agit du Docteur. Je crois que vous le connaissez.

Le visage de Jack se ferma subitement. Il sonda le regard de Jo pendant un instant.

Ja – Qu’est-ce qui vous fait supposer pareille chose ?

J – ça.

Elle tendit le journal ouvert à une page bien précise.

19 octobre 1913

Nous voila à Londres et c’est la guerre. Dans le ciel, des machines infernales lancent des obus sur la ville. Je retrouve ma compagne en compagnie d’un homme. Un militaire visiblement. C’est un assez bel homme, je sens un profond sentiment de jalousie monter en moi. Il est là, à la regarder avec cet immense sourire qui lui barre le visage. Il se présente en me serrant vigoureusement la main. Quelle poigne ! Jack Harkness, un agent du temps. Il a une affaire à nous proposer mais je me méfie. Son sourire cache quelque chose.


Jack releva la tête, l’air surpris.

J – Je suppose qu’il s’agit bien de vous. Vous avez une explication ?

Ja – Comment avez-vous eu cela ?

J – C’est une longue histoire. Pour faire simple, j’ai hérité de ce journal le jour de mes 20 ans. Mon arrière-grand-mère paternelle me l’a légué.
Jack feuilletait l’ouvrage, visiblement très intéressé.

J – J’ai plusieurs questions qui restent sans réponse et je pense que vous seul pourrez apporter de l’eau à mon moulin.
Jack rendit le journal à Jo puis se tourna vers Ianto.

Ja – Si vous voulez bien me suivre mademoiselle Joan Calbert. Ianto, tu pourras préparer deux cafés ? Vous verrez, c’est le meilleur de toute l’Angleterre.


Citation:

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Jo suivit Jack dans un couloir sombre. Il stoppa devant une lourde porte ronde, appuya sur un bouton et la fit rouler sur le côté dans un bruit assourdissant. Surprise, Jo se boucha les oreilles mais le spectacle qui s’offrit à ses yeux la ramena très vite à la réalité. Enfin, si tant est que le fait de voir un ptérodactyle voler soit réel.

Ja – Bienvenue dans le Hub mademoiselle Joan Calbert.

Jo resta un instant sur le pas de la porte, hébétée. Elle en avait vu des choses depuis plusieurs mois, mais là, c’était le pompon.

G – Il ne vous fera rien, il n’est pas méchant.

Ja – Gwen, je te présente Joan Calbert. Nous avons un ami commun.

Gwen jeta un regard interrogateur à Jack puis serra la main de Jo en souriant.

G – Bienvenue. Faites attention à lui, il sait être redoutable.

Jack éclata de rire.

I – Hum hum…

Ianto se tenait devant eux, deux mugs fumantes dans les mains, l’air légèrement agacé. Jack les prit en faisant un clin d’œil complice au jeune gallois puis se rendit dans son bureau. Jo, hésitante, lui emboita le pas. Jack s’installa dans son fauteuil, Jo s’assit en face de lui. Elle posa le journal devant elle et prit la tasse dans les mains. Le café était effectivement délicieux. Et parfait pour se remettre des émotions qu’elle venait de vivre.

Ja – Alors, d’où vient ce fameux journal ?

J – Ce journal m’a été légué par mon arrière-arrière-grand-mère paternelle, Joan Calbert. Mais elle s’appelait Redfern à l’époque. Elle a aimé un homme, fin 1913, à ce que je peux déduire de ce que j’ai déjà lu. Cet homme consignait ses rêves dans ce journal. Ou tout du moins, ce qu’il pensait être des rêves. Mais plus j’analyse ce que j’y ai lu, plus j’en déduis qu’il s’agissait en fait de souvenirs refoulés, de réminiscences. Pourquoi ? Je n’en sais rien du tout, mais les faits sont là. Au départ, j’ai cru à une mauvaise blague mais rapidement, j’ai réalisé qu’il n’en était rien. Canary Wharf, space pig, l’étoile de Noël, tout y est !

Jack écoutait Jo tout en convoitant le journal des yeux. Il aurait bien aimé voir si le docteur avait écrit d’autres choses à son sujet.

J – Et je l’ai vu ! Enfin, de loin. Sa boîte bleue a même abîmé le toit de ma voiture alors qu’il poursuivait un taxi.

Ja – Vous avez vu le T.A.R.D.I.S. ? Le doc devait être dans une sacrée panade alors. Il se montre plutôt prudent avec son vaisseau. Il essaye par-dessus tout de le cacher aux yeux du monde. J’imagine que vous n’avez pas eu le temps de faire un constat.

Ianto regarda Jack, consterné. Mais celui-ci n’y prêta pas attention et poursuivit sur sa lancée.

Ja – Ce que vous me dites est troublant mais êtes vous sûre de la complète fiabilité de ce journal ? De son authenticité ?

J – Je suppose, tous les signes me laissent à croire qu’il est vrai.

Ja – On va s’en assurer rapidement. TOSHiKO !

Jo vit une jeune femme arriver dans le bureau de Jack. Elle la salua d’un timide signe de tête, en esquissant un sourire puis elle se tourna vers son supérieur.

Ja – Est-ce que l’agitateur de particules chronobiotronique est prêt ? Il faudrait analyser ce journal afin de déterminer son âge exact et voir si tu peux trouver d’autres éléments. Vous permettez qu’on vous l’emprunte ?

J – Euh… Je suis venue pour avoir des réponses. Vous pouvez y aller. Mais faites bien attention, s’il est vrai, c’est tout ce qu’il me reste de mon arrière-arrière-grand-mère.

Toshiko prit le journal, salua une nouvelle fois Jo d’un signe de tête puis sortit de la pièce. Jack regarda le journal s’éloigner. Que pouvait-il bien y avoir à l’intérieur, quoi de plus que ce qu’il avait lu ? Vanité des vanités, tout est vanité.

J – Qu’est-ce qui vous fait sourire ?

Ja – Rien. Enfin si… Je me demande juste, vous avez lu d’autres choses sur moi ?

J – Je ne suis pas sûre, c’est décousu. Des événements reviennent à plusieurs reprises, il n’y a pas d’ordre chronologique visiblement. Mais dites-moi, quand j’ai parlé de Vivien tout à l’heure, vous avez eu l’air d’en savoir plus que Ianto. Vous savez où est passé le ministre ? Vous savez où est Harold Saxon, enfin, où est l’homme qui prétend s’appeler ainsi ?

Le sourire de Jack s’effaça de son visage. Il se leva, s’approcha de la porte pour vérifier que personne n’était trop près, puis il referma derrière et retourna s’asseoir à sa place.

Ja – Harold Saxon ne nuira plus à personne. Je peux vous en assurer.

J – Il est… mort ? Mais que s’est-il passé ?

Ja – C’est compliqué. Disons qu’il s’est passé plus de temps que l’on ne pourrait le croire. Personne ici présent ne le sait. Seules quelques personnes peuvent en témoigner. Mais elles n’en diront rien. Je crois qu’elles seront toutes d’accord avec moi pour dire que ce qu’il s’est passé sur le Valiant doit rester sur le Valiant.

Jo était impressionnée par la gravité avec laquelle Jack venait de prononcer cette phrase. Un silence pesant s’installa pendant quelques instant dans la pièce. Elle essaya de sonder le regard du capitaine et prit une profonde inspiration.

J – Le Docteur était là ?

Jack parut surpris par la question. Visiblement, rien de ce qui s’était passé sur le Valiant n’avait été consigné dans le journal, si tant est qu’il soit vrai.

Ja – Oui, il était là, mais il est reparti. Je pense qu’il avait besoin de prendre de la distance après ça.

J – Saxon et lui… Ils se connaissaient de longue date non ? Parents ? Amis ?

Ja – Ils étaient amis, il y a très longtemps. Le Docteur est bien plus âgé qu’il ne paraît. Lui et Saxon se connaissaient depuis l’enfance. Disons qu’ils ont choisi des routes différentes et le destin les a finalement fait se retrouver. Pour le meilleur et pour le pire. Pour le pire…

Le regard de Jack se perdit un instant dans le vague. Il revint à la réalité lorsque Toshiko frappa à la porte du bureau. Elle redéposa le journal ouvert sur la table. Elle était légèrement blême, ce qui intrigua Jo. Discrètement, elle regarda à quelle page le journal était ouvert.

14 octobre 1913.

Je cours dans un couloir, une femme vient de crier. L’endroit ressemble à un hôpital. Des hommes armés sont avec moi. J’arrive dans une pièce où je trouve la femme qui a poussé ce cri terrible. Visiblement, elle est d’origine asiatique.


Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre de quoi il en retournait. La jeune femme de l’hôpital, ce devait être Toshiko. Pourquoi, comment, ça Jo n’eut pas le courage de le lui demander.

T – P.. Pas de doute possible, le journal est bien de 1913. C’est sans aucun doute un homme qui l’a rédigé. L’encre et le papier sont bien d’époque mais des particules circulent. Des particules semblables à celles que j’ai pu trouver aussi sur toi. Des résidus de voyage spatio-temporel. Mais elles ne sont pas incrustées dans le journal, elles se sont juste déposées sur sa surface. Il a été tellement bien conservé que leur état n’a pas été altéré. A l’évidence, l’auteur de ces lignes a voyagé dans le temps et l’espace.

Ja – Merci beaucoup Tosh. Voilà qui ne laisse plus aucun doute. Maintenant, si vous le permettez mademoiselle Joan Calbert, je crois qu’un peu de lecture ne va pas me faire de mal.

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Pendant que Jack lisait le journal, Jo se leva et sortit du bureau. Elle descendit l’escalier et se dirigea vers le percolateur. Ianto était en train de nettoyer l’appareil.

J – Alors vous travaillez ici maintenant ?

I – Oui, on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer ici. C’est différent de tout ce que j’ai pu connaître jusqu’à présent.

J – Et vous chassez des aliens ?

Ianto regarda Jo interloqué, puis il se souvint rapidement qu’elle avait assisté à Canary Wharf, qu’ils avaient partagé la même peine.

I – En quelque sorte oui. Vous voyez, il y a une sorte de faille spatio-temporelle ici, à Cardiff. De cette faille sortent des créatures venant d’autres mondes ou d’autres époques. Nous sommes ici pour surveiller l’activité de cette faille et rétablir l’ordre dès que le besoin s’en fait sentir.

O – Encore en train de draguer Ianto ? Nous n’avons pas été présentés je pense, Docteur Owen Harper, enchanté.

J (prise au dépourvu) – Joan Calbert.

Owen fit un baise-main théâtral à Jo. Ianto leva les yeux au ciel.

I – Et c’est moi qui drague. Laisse-là donc tranquille. Elle ne joue pas dans ta cour.

Owen mitrailla Ianto du regard, salua de nouveau Jo, cette fois d’un bref signe de tête, puis se dirigea vers ce qui semblait être une infirmerie.

Un éclat de rire sortant du bureau de Jack les fit sursauter. Visiblement, le capitaine appréciait ce qu’il lisait. Ianto servit une nouvelle tasse de café à Jo. Le doux parfum de l’arabica embaumait tout le hub. Elle savoura le contenu de sa tasse en observant le vol du ptérodactyle. Puis, pensant soudain à quelque chose, elle fronça les sourcils.

J – Vous n’allez pas me faire quelque chose pour que je ne parle pas de cet endroit j’espère ? J’ai vu tellement de choses étranges, je ne voudrais pour rien au monde les oublier. Et puis, par respect pour ceux que nous avons perdus, je ne soufflerai pas un seul mot à votre sujet. Jamais.

Ianto pouvait lire dans les yeux de Jo qu’elle disait la plus parfaite vérité. Il la rassura d’un sourire.

Ja – Bien évidement Joan Calbert. Vous ne risquez rien, vous faites partie de la famille.

Jack tendit le journal à Jo. Au moment où elle le saisit, elle constata que le capitaine avait les yeux légèrement rouges. Il le remarqua et répondit par un sourire.

Ja – Il savait bien écrire le bougre.

J – Et comment se fait-il que vous figuriez dans un journal qui a été écrit en 1913 ? Ça m’échappe encore.

Ja – Les caprices du temps. Le Docteur voyage dans le temps et l’espace ne l’oubliez pas.

J – Mais il parle de vous pendant la seconde guerre mondiale !

Ja – Pour faire court, on peut dire que je ne peux pas mourir. Et c’est un peu de la faute du Docteur. Ou plus exactement celle d’une de ses compagnes. Rose. Il en parle dans le journal, en date du 4 novembre. Vous n’avez pas encore tout lu ?

J – Effectivement non. J’ai eu un emploi du temps très bousculé ces derniers temps.

Ja - Mais une chose est sûre, ce journal est antérieur à son passage sur le Valiant. Ça va vous compliquer la tâche pour le retrouver.

J – Et vous n’avez aucun moyen de le contacter ?

Ja – Non, aucun. Désolé.

Jack mentait sur ce dernier point. Il savait pertinemment que Martha avait un moyen de contacter le Docteur. Mais il savait aussi qu’il devait lui accorder de l’espace et du temps. Surtout après l’année qu’elle avait vécue. Cette année qui n’avait jamais existé. Peut-être qu’un jour…

Ja – Mais laissez-moi vos coordonnées, si jamais quoique ce soit vient à mes oreilles. Je vous le ferai savoir. Vous avez une mission à remplir. Et c’est important.

J – Merci, c’est extrêmement gentil de votre part. Je vais peut-être vous laisser maintenant. Encore merci pour votre accueil. Merci beaucoup.

Ja – Attendez, je vous raccompagne. (Se tournant, tout sourire, vers Ianto) on va prendre l’ascenseur.

Lorsque Jo se retrouva seule, au pied de la fontaine, elle s’assit et ouvrit le journal. Qu’est-ce qui avait bien pu mettre le capitaine Harkness dans cet état ? Elle feuilleta, cherchant un indice quelconque. C’est alors qu’elle tomba sur une page où elle remarqua des traces de larmes. Elle toucha le papier, c’était encore frais.

9 novembre 1913

Je me trouve dans une grande salle. Je suis face à une sorte de grand container. Il y a du verre brisé un peu partout. A l’intérieur, il y a cet immense visage, marqué par le temps et la souffrance. Il aurait vécu des millions d’années. Je ne sais pas d’où il vient, mais je semble le connaître. Et lui aussi semble me connaître. Une femme chat qui se trouve à ses côtés me dit que, selon une légende bien précise, au seuil de son existence, il aurait quelque chose à annoncer à un voyageur solitaire comme lui. Il a quelque chose à me dire. Je le sens, au plus profond de moi. Un message important, un dernier message et il est mourant.

Il me dit que je ne suis pas seul. Que veut-il dire par là ? J’ai ma compagne alors forcément, je ne suis pas seul. Mais je sais pertinemment qu’il ne s’agit pas de cette solitude là. Je ne veux juste pas l’admettre.

Et dans un dernier souffle, celui que l’on appelle la Face de Boe s’éteint paisiblement. Une immense tristesse s’empare de moi sans que je sache vraiment pourquoi.


Jo referma le journal un instant. Pour quelle raison ce passage avait-il fait pleurer Jack Harkness ? Cet homme semblait tellement fort, inébranlable, sûr de lui. Elle devait trouver le fin mot de l’histoire. Peut-être que le 4 novembre, qui sait.

4 Novembre 1913

Comment a-t-elle fait ? Elle est pourtant si frêle. Je tiens Rose dans mes bras, elle s’est évanouie. Elle a absorbé toute l’énergie de mon vaisseau pour me sauver. Elle a balayé la menace qui planait au-dessus de moi, au-dessus de nous, au-dessus de l’univers. Pendant un instant, elle a tutoyé les Dieux, ayant droit de mort et de vie sur tout ce qui l'entourait. J'ai dû reprendre toute cette énergie, elle ne pouvait pas la supporter plus longtemps et je ne peux me résoudre à la perdre.

Je la prends dans mes bras et nous retournons dans mon vaisseau. Je la dépose délicatement sur le sol et retourne au poste de commande. J’ai cette drôle de sensation qui monte en moi. Celle que je vais mourir, que tout est terminé. J’actionne le mécanisme pour faire redémarrer mon vaisseau. Un dernier coup d’œil sur le petit écran. Un homme se précipite à l’endroit où nous nous trouvions. C’est le militaire de l’autre fois, mais vêtu différemment. Son apparition semble me perturber, comme si c’était une erreur. Visiblement, je le pensais mort, Rose a dû le faire revenir à la vie, pour combien de temps ? Avec l’énergie qu’elle avait en elle, quelles seront les conséquences pour cet homme ?


Jo referma le journal une nouvelle fois. Elle était quelque peu mal à l’aise. Découvrir dans le journal d’une parfaite inconnue de quelle façon vous allez mourir, il y a de quoi pleurer.


Citation:

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La mère de Jo s’affairait autour du sapin. Malgré la vague de panique qui s’était emparée de Londres, elle avait refusé de quitter la ville. Noël se ferait à la maison ou ne se ferait pas du tout. Jo était assise dans un coin du salon. Depuis son retour de Cardiff, elle n’avait vu aucun signe lui indiquant un quelconque retour du Docteur. Elle commençait à penser que la cause était perdue et qu’elle ne le verrait jamais.

J – Désolée Granny.

Elle caressait songeusement le journal en pensant à son aïeule. Elle se disait que finalement, elle ne méritait pas la confiance qu’elle lui avait accordée.

MB – Tu as dis quelque chose ma chérie ?

J – Non, non, rien du tout maman. Je vais voir à la cuisine si papa a besoin de moi pour finir de préparer le dîner.

Le réveillon de Noël se déroula dans une ambiance étrange. La plupart des amis de la famille avaient cédé à la pression et étaient partis loin de la ville. Noël à Londres, ce n’était pas signe de paix pour les gens de bonne volonté depuis quelques années. Jo regrettai le temps des dîners avec ses amis, Carl lui manquait encore terriblement. Après avoir embrassé ses parents, elle monta dans sa chambre. Une fois dans son lit, elle ouvrit le journal et en parcouru les pages. Il y avait de nombreux dessins, des visages, des objets. Ici un homme avec des cheveux bouclés et un chapeau à larges bords, là une jeune fille aux cheveux clairs, ici encore, un père noël au visage inquiétant. Et cette boîte, ce T.A.R.D.I.S. comme l’avait appelé le capitaine Harkness. Comment le Docteur pouvait-il se déplacer avec ça ? Ça avait l’air si petit. Elle avait tant de questions qui restaient sans réponse. Elle referma le journal et éteignit la lumière.

MB – JOOOOOO ! Jo, mon Dieu, descend vite !

Jo se leva en sursaut et sortit de son lit. Le jour venait à peine de se lever. Elle descendit précipitamment l’escalier pour trouver sa mère dans le salon, devant son poste de télévision.

J – Que se passe-t-il maman ? Pourquoi tu hurles ainsi ? Tu vas réveiller tout le quartier.

MB – Le quartier ? Mais il n’y a que nous dans le quartier ! Tout le monde est parti ! Et ils ont eu raison, mon Dieu Jo, regarde !

Jo s’approcha de l’écran et ce qu’elle vit la laissa sans voix. Un immense paquebot descendait du ciel, tout droit en direction de Londres. Des flammes léchaient ses flancs et il prenait de plus en plus de vitesse.

MB – Il va s’écraser sur Buckingham ! Le Titanic va s’écraser dessus ! Et la Reine qui n’a pas quitté le palais !

J – Et ils disent quoi aux infos ? Ils savent d’où il vient ?

MB – Ils n’en savent rien du tout.

Jo attrapa son portable pour tenter de joindre quelqu’un à la rédaction, au cas où ils auraient plus d’infos. Mais alors même qu’elle composait le numéro, elle vit le paquebot se redresser à la dernière minute et remonter dans le ciel.

Journaliste – La catastrophe a été évitée de justesse. Nous pouvons voir son altesse royale qui se trouve devant le palais. Je crois que, oui, c’est bien ça, elle est en train de saluer le paquebot d’un signe de la main. Elle semble dire quelque chose mais nous n’arrivons pas à capter ce qu’elle dit. Nous vous tiendrons informés dans une prochaine édition si nous avons quelque élément de plus à vous communiquer.

Jo remonta les escaliers quatre à quatre pour s’habiller. Elle devait immédiatement se rendre au journal pour tirer cette affaire au clair.
Lorsqu’elle redescendit, sa mère l’attrapa par le bras.

MB – Tu ne songes tout de même pas quitter la maison ?! C’est le matin de Noël ma chérie ! Et surtout pas après ce qui vient d’arriver.

J – Maman, je n’ai plus 8 ans. On ouvrira les cadeaux plus tard. Et puis je pense que le pire a été évité. Quelque chose me dit que nous ne craignons plus rien.

Malgré les protestations de sa mère, Jo quitta la maison. Lorsqu’elle arriva au journal, c’était l’effervescence.

J – Jim, tu as les vidéos de ce qui vient de se passer ? Tu peux m’envoyer tout ça. Je voudrais vérifier quelque chose.

Elle entra dans son bureau et alluma son ordinateur. Elle remarqua un paquet qui avait été déposé. Une petite carte dépassait de l’emballage.

En espérant que ça vous aidera dans votre quête. Bon courage et joyeux Noël .Oh ! Oh ! Oh ! JH

Elle ouvrit le paquet fébrilement et découvrit un boîtier contenant un DVD. Il y avait un mode d’emploi : insérer le dvd dans votre ordinateur, exécuter le programme d’installation. C’était plutôt court. Mais Jo inséra le dvd dans l’ordinateur et lança l’application. Pendant ce temps, elle alla se servir un café, même si on était bien loin de celui fait par Ianto. Lorsqu’elle revint à sa place, l’installation était terminée. Une fenêtre s’ouvrit et une vidéo démarra.

Jo vit Toshiko apparaître à l’écran.

T – Bonjour. Vous venez d’installer le programme que j’ai conçu dans le but d’améliorer les performances du réseau de Torchwood. Il y a toute une série d’applications qui devraient vous permettre d’avancer dans vos recherches. Analyse graphique, photographique, audio, vidéo. La pointe des logiciels.

Ja – Je ne vous avais pas dit à quel point elle était formidable ?

T – Jack, arrête ça ! J’espère qu’il vous sera utile. Bonne recherches et a bientôt j’espère.


Jo sourit. Elle avait vraiment l’impression de faire partie de la famille, comme l’avait dit le capitaine Harkness. Mais elle fut tirée de ses songes par un signal sonore. Elle venait de recevoir les éléments qu’elle avait demandés à Jim.

Elle cliqua sur l’icône et ouvrit un dossier. Il y avait plusieurs vidéos, extraits audios et autres dépêches reçues d’un peu partout. Elle lança une vidéo. Elle revit la scène où le paquebot fonçait sur Buckingham palace et remontait à la dernière minute. Elle fit un arrêt sur image et zooma sur le navire. Ce qu’elle lut la fit sourire. Il était bel et bien écrit Titanic. Ceux qui avaient baptisé ce bateau ne devaient sans doute pas connaître l’histoire de cette planète. Il y a des noms qui sont marqués par le destin. Elle inspecta le reste du navire, ou tout du moins ce qui en était réellement visible mais n’eut pas de succès. Il y avait des flammes, des ouvertures dans la coque, mais elle ne voyait personne, pas même au poste de pilotage. Un reflet masquait en grande partie la vitre de la cabine de commande.

Ensuite, elle relança la vidéo et arriva au moment où la reine était en train de saluer le vaisseau qui remontait dans le ciel. Elle sélectionna ce passage et chercha dans les applications de Tosh un programme pour amplifier le son. Elle avait de bonnes notions en informatique, elle l’avait déjà démontré auparavant. Elle n’eut pas trop de mal à isoler le passage et à cibler l’action sur la reine seule. Le programme que Toshiko avait développé était d’une simplicité redoutable mais il était très efficace. Et ce qu’elle entendit fut son plus beau cadeau de Noël.

Merci Docteur !

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Jo avait passé les dernières semaines à analyser les documents qu’elle avait en sa possession. Tout ce qui avait touché de près ou de loin au Docteur avait été passé au crible. Les données récoltées étaient précieuses mais la route jusqu’à lui semblait encore parsemée d’embûches.

Elle avait engagé une nouvelle recrue pour le journal, Penny Carter. Depuis la disparition de Vivien, elle avait gagné ses galons de rédactrice en chef. Pour faire ses premières armes, Jo l’avait chargée d’enquêter sur une nouvelle entreprise. Ça l’avait intriguée cette société sortie de nulle-part qui promettait une perte de poids assurée par la simple ingestion de pilules.

Une conférence de presse devait avoir lieu dans les locaux d’Adipose et Jo chargea Penny de s’y rendre. De son côté, elle se replongea dans l’analyse des discours d’Harold Saxon, dans l’espoir de trouver des réponses. Elle y passait le plus clair de son temps. Jo ne vit pas le temps passer. Ce ne fut que lorsque Jim entra en trombe dans son bureau qu’elle réalisa qu’il était déjà tard et que la nuit était tombée.

Ji – Jo, viens-voir ! C’est dingue ce qui arrive. Tu avais raison de te méfier d’Adipose. Il y a des milliers de créatures qui semblent se diriger vers le siège de la société. Ce qui m’inquiète, c’est que l’on n’arrive pas à joindre Penny.

J – Quoi ? De quoi tu parles ? Quelles créatures ?

Ji – Allume ton poste ! C’est sur toutes les chaînes.

Lorsque Jo alluma le poste de télévision, elle vit de petites créatures blanches qui se dandinaient un peu partout dans Londres. Elles étaient hautes comme trois pommes et avaient de grands yeux noirs attendrissants. Elles convergeaient toutes vers les locaux d’Adipose. Plusieurs témoignages tendaient à dire que ces créatures étaient sorties du corps de personnes qui suivaient le régime miracle. Et ça continuait.

J – Je file, je vais voir sur place. Et puis je ne peux pas laisser Penny seule. Elle a dû s’attirer des ennuis.

Jo attrapa son sac et sorti du bureau. Un événement pareil, le Docteur ne devait sans doute pas être loin. Dehors, c’était l’anarchie la plus complète. Les gens s’attroupaient, d’autres partaient en courant, d’autres encore suivaient les petites créatures qui se dandinaient toujours en poussant de petits cris aigus. Elle se fraya un chemin parmi la foule quand un bruit assourdissant se fit entendre. Il venait du ciel.

Jo leva la tête et vit un immense vaisseau avançait lentement. Il allait dans la direction d’Adipose. Elle se remit à courir de plus belle alors que la sirène du vaisseau résonnait encore plus fort. Il se positionna à proximité de l’immeuble et Jo assista alors à un spectacle magnifique. Toutes les petites créatures s’élevèrent dans le ciel dans une lumière bleutée. C’était tellement beau qu’elle en arrêta de courir un instant. Ce fut lorsqu’elle vit une femme tomber qu’elle se rappela que Penny était là-bas et qu’elle était peut-être en danger.

Lorsque Jo arriva devant le bâtiment, il y avait de nombreuses personnes devant les barrières de sécurité. Elle se faufila parmi les journalistes, secouristes et autres policiers pour être au plus près de l’action. Elle vit Penny qui avançait avec difficulté. Elle était attachée à une chaise et marcher dans ses conditions n’était visiblement pas évident.

P – Vous êtes là ! ? Oh mon Dieu, mais quel truc de malades !

J – Que s’est-il passé ?

P – La directrice d’Adipose est dingue ! Elle a créé des créatures à partir de la graisse des gens. Ces petits machins sont des bébés ! Je n’arrive pas à croire ce que je dis là.

J – Mais, tu t’en es sortie comment ?

P – Y’avait un type… Encore plus cinglé que cette Foster. Il parlait beaucoup, vraiment beaucoup. Et puis y’avait cette femme, cette… rouquine… pas moins dingue que lui. Ils enquêtaient aussi sur Adipose, mais visiblement pas pour les mêmes raisons que moi.

J – Et il ressemblait à quoi ce type ?

P – Je ne sais pas, grand, plutôt mince…

J – Mais son visage ? Tu l’as vu ?

Jo avait le cœur qui battait de plus en plus fort. Elle était si proche cette fois !

P – J’ai pas fait vraiment attention. Une grande tignasse, des yeux marron. Après, j’ai préféré quitter cet endroit de fous.

Un policier s’approcha, il souleva le cordon de sécurité pour laisser passer Penny. Dans la folie du moment, Jo n’avait pas du tout pensé à l’aider à se détacher de sa chaise, ce que fit l’officier. Il lui demanda ensuite de le suivre pour un débriefing. Jo parla un instant au policier pour lui expliquer que Penny travaillait pour elle et qu’elle menait une enquête pour le journal. Une fois ce point clarifié, elle laissa la jeune femme suivre l’officier de police.

Jo scruta le pied du bâtiment et s’approcha un peu plus de la barrière. Les ambulanciers emportaient le corps de la femme qui était tombée quelques instants plutôt et une équipe d’experts de la brigade médico-légale était en train de passer l’endroit au peigne fin pour trouver d’autres indices.

Jo essaya de prendre quelques photos avec son appareil mais aucun signe a priori du Docteur. Décidément, il lui filait entre les doigts. A croire que le destin ne voulait pas que ça se fasse.

X – Une grande femme blonde, Sylvia, va passer. Dites-lui que c’est cette poubelle-là. Elle comprendra. Cette poubelle-là.

Jo tourna la tête, intriguée par ce qu’elle venait d’entendre. Elle vit alors une femme rousse partir en courant et tourner à l’angle de la rue. Son regard se posa distraitement un instant sur la personne à qui elle venait de parler. Son sang se glaça. Ce visage, était-ce possible ?

Elle sortit précipitamment son journal pour vérifier quelque chose. Elle l’ouvrit à une page bien précise, une page où il y avait un visage. Le visage d’une jeune femme aux cheveux clairs. Son visage. Le dessin laissait peu de doutes. Mais pourtant…

Jo releva la tête. Ça n’avait pris que quelques secondes mais, à son grand désarroi, la jeune femme s’était volatilisée.


Citation:

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Rose… Elle avait vu Rose. Mais c’était impossible ! Jack lui avait expliqué qu’elle était passée dans une dimension parallèle, sans espoir de retour. Jack ! Elle prit son téléphone et appela le capitaine. Peut-être qu’à Torchwood, ils auraient constaté une activité anormale, quelque chose.

Ja – Ma petite journaliste préférée ! Que se passe-t-il ?

J – Capitaine ? Vous avez vu ce qui s’est passé ce soir ?

Ja – Les petits bébés graisseux ? Oui. Vous y étiez ? Et par pitié, appelez-moi Jack.

J – Je suis arrivée après la bataille. Mais il était là ! Et je l’ai encore loupé !

Ja – Sacré Doc, je m’en serais douté qu’il ne pourrait pas s’empêcher de fourrer son nez là-dedans.

Jack éclata de rire.

J – J’ai vu Rose.

Le rire de Jack stoppa net.

Ja – C’est impossible ! Le Docteur a refermé la brèche. Les deux réalités sont séparées à jamais. Elle n’aurait jamais pu faire le trajet inverse.

J – Je suis sûre que c’était elle. Le même regard triste, les mêmes cheveux blonds. Mais le temps que je le réalise, elle avait disparu.

Ja – Si Rose est là, ça ne peut vouloir dire qu’une seule chose. Et si c’est bien ce que je pense, on va avoir de gros problèmes. Je vais mettre Tosh sur le coup. Soyez prudente, on ne sait jamais.

J – Merci Jack, prenez soin de vous aussi. Mes amitiés à l’équipe.

Jo raccrocha son téléphone et retourna à la rédaction. Elle avait encore beaucoup de travail en perspective. Sur le trajet, elle passa un petit coup de téléphone à ses parents pour les rassurer et voir comment ils allaient. Ça faisait maintenant trois semaines qu’elle avait enfin quitté le domicile parental pour emménager dans sa propre maison. Elle en avait trouvé une petite à acheter du côté de Chiswick. Elle était d’ailleurs en train de se dire qu’elle serait nettement mieux dans son salon, à lire confortablement que là, à marcher dans le froid. Il faudra un jour quand même qu’elle s’achète une voiture.

Les semaines qui suivirent Jo termina de vider ses cartons. Elle avait aussi entrepris de numériser l’intégralité des pages du journal pour les intégrer à une base de données. Elle procéderait ainsi à des recherches croisées avec l’aide du logiciel de Tosh afin de voir si elle pourrait trouver d’autres indices sur le Docteur.

Mais elle devait aussi faire son travail de journaliste et la rédaction était mobilisée sur un tout nouveau système qui équipait maintenant l’ensemble des voitures du pays ainsi que sur son inventeur. Luke Rattigan était un jeune génie. Il avait fondé son propre institut, l’Académie Rattigan, dans lequel il accueillait de jeunes enfants prodiges afin de leur permettre de suivre les enseignements qui convenaient. C’est dans cet institut que fut développé A.T.M.O.S, un tout nouveau système qui faisait G.P.S. mais qui permettait aussi de recycler toutes les émanations de gaz d’échappement. Plus aucune voiture n’était polluante.

La rédaction avait été contactée par Jo Nakashima, une jeune journaliste indépendante. Elle leur avait fait parvenir des éléments troublants au sujet de Luke Rattigan et elle devait se rendre à l’institut pour l’interviewer. Mais elle n’eut pas le temps de faire son compte-rendu. Sa voiture fut repêchée dans le canal. Il y avait de trop nombreuses morts étranges autours de Rattigan pour que ce soit totalement anodin. Jo essaya de contacter Jack afin de voir s’ils avaient des informations à Torchwood mais elle ne réussit pas à le joindre.

Elle décida donc de se rendre à l’institut directement afin de juger sur place. Mais lorsqu’elle sortit du journal, elle fut littéralement asphyxiée. Les gaz d’échappement s’élevaient de toutes les voitures, toutes sans exception. Plusieurs personnes suffoquaient, quelques-unes étaient tombées au sol, inconscientes. Des ambulanciers, munis de masques, procédaient aux évacuations. Jo plaqua son foulard sur sa bouche et son nez et, malgré les appels des secouristes, avança à la recherche d’un véhicule. Elle enfourcha un vélo providentiel et se rendit à l’académie tant bien que mal.

Elle avait la tête qui tournait mais elle pédalait aussi vite qu’elle le pouvait. Le ciel s’était obscurcit. Un immense nuage de gaz occupait tout l’espace. Le monde était au bord du chaos. Au loin, elle pouvait voir la silhouette immense de l’institut. Elle vacilla une fois de trop et tomba. Heureusement, il y avait de grandes étendues d’herbes. Ça amortit sa chute. Elle essayait de reprendre son souffle, tout en se massant le tibia, lorsqu’elle vit quelque chose de lumineux s’élever dans le ciel. Il semblait partir de l’institut. Quelques secondes plus tard, c’est tout le ciel qui s’enflamma, sous le regard médusé de Jo.

Le ciel était à nouveau bleu, l’air été redevenu respirable et Jo remonta sur son vélo. Lorsqu’elle arriva à l’institut, elle n’y trouva personne. Luke Rattigan s’était évanoui dans la nature.

A.T.M.O.S. fut retiré de l’ensemble des voitures. C’était malheureux car ce système était plutôt efficace, mais bien trop dangereux. Jo opta pour un vélo pour ses déplacements dans Londres. Il lui fallait environ vingt minutes pour se rendre de chez elle au travail. Tous les matins en partant, elle croisait son voisin. C’était un vieil homme charmant, passionné d’astronomie. Lorsqu’elle rentrait le soir, elle le voyait parfois partir sur la butte, son télescope sous le bras, son bonnet rouge vissé sur la tête. Elle se demandait s’il avait, un jour, vu quelque chose d’étrange dans le ciel, comme une boîte bleue par exemple. Mais c’était probablement impossible.

La numérisation des pages du journal était finie et Jo avait lancé le programme de Tosh. L’ordinateur tournait nuit et jour et régulièrement, des rapports croisés sortaient de l’imprimante, avec des noms, des lieux, des événements qui pouvaient avoir, de près ou de loin, un rapport avec ce qui avait été écrit dans le journal. De plus, le logiciel procédait à des recherches poussées dans internet ainsi que dans des bases de données plus secrètes (merci Torchwood) afin de trouver des documents relatifs aux indices trouvés.

Jo reprenait ces éléments, parfois elle relisait les passages du journal qui s’y rapportaient. Son intuition lui confirmait si, oui ou non, il y avait une corrélation entre ce que le logiciel avait trouvé et ce qui était rédigé dans le journal.

15 octobre 1913.

Je suis debout dans la pénombre. Une femme rentre dans la pièce où je me trouve. Elle me tourne le dos. Mais je la connais, je sens que je la connais depuis une éternité, depuis plusieurs vies. Elle se retourne, elle a l’air effrayé. Comme pour la rassurer, je lui dis bonjour, aussi calmement que possible. Elle me reconnaît sans me reconnaître. J’ai beaucoup changé, visiblement, je change souvent d’aspect physique.
Elle est à la fois heureuse et malheureuse de me retrouver. Je l’aurais abandonnée de nombreuses années auparavant. Elle me croyait mort mais je suis bel et bien vivant. Elle a du mal à réaliser qu’après si longtemps, elle me retrouve. Mais voilà que j’entends quelqu’un crier, nous devons nous remettre à la recherche de ce qui rend les enfants de cette école si intelligents. Je suis heureux de courir à nouveau aux côtés de Sarah-Jane.


Jo regarda à nouveau la liste qui était sortie et chercha dans les pièces jointes. Elle sortit un article qui datait d’il y a presque deux ans, Mystère à Deffry Vale par Sarah-Jane Smith. L’article parlait effectivement d’enfants devenus subitement surdoués ainsi que de la destruction de l’école et de la disparition de l’ensemble de son personnel. Aucune mention faite au Docteur, mais des tournures de phrases troublantes qui, pour un œil averti comme celui de Jo, pouvaient mettre la puce à l’oreille. Cette femme cachait sans doute quelque chose. Et Jo trouverait bien de quoi il s’agissait.

Dès le lendemain, Jo se rendit à Bannerman Road. Elle sonna au numéro 13 et une femme brune ouvrit la porte. Elle devait approcher la cinquantaine mais elle n'en était pas moins une très belle femme.

SJ – Bonjour, c’est à quel sujet ?

J – Bonjour, Joan Calbert. Je ne sais pas si vous connaissez mon nom…

SJ – Si, bien sûr que si. Vous travaillez au Sunday Mirror. Je n’aime pas trop voir des journalistes pointer le bout de leur nez chez moi.

J – Je ne viens pas dans un cadre professionnel. Je viens parce que nous avons sans doute un ami commun en quelque sorte.

Sarah-Jane regarda Jo de la tête aux pieds et sourit.

SJ – J’en doute.

J – Si je suis là, c’est à cause du Docteur.

Le visage de Sarah-Jane se figea subitement. D’un geste de la main, elle me fit entrer chez elle.

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Sarah-Jane indiqua le salon à Jo puis elle se rendit à la cuisine. Elle revint quelques instants plus tard, deux mugs fumantes dans les mains.

SJ – J’ai fait une bonne tasse de thé, je pense que nous allons en avoir besoin.

Jo sourit en prenant la tasse. Les deux femmes se regardèrent un court moment puis Sarah-Jane rompit le silence.

SJ – Comment l’avez-vous rencontré ?

J – On ne peut pas dire que je l’ai rencontré. Je n’ai fait que le croiser. Mon arrière-arrière-grand-mère l’a rencontré, dans des circonstances particulières.

Et Jo raconta l’histoire de Joan Redfern, infirmière dans le collège Farringham, à la veille de la guerre. Elle lui parla de sa rencontre avec John Smith, cet humain si rêveur, du déchirement que sa « mort » avait causé. Sarah-Jane écoutait attentivement, émue par ce récit. Elle ne savait que trop bien ce que la perte d’un être cher pouvait représenter, ce que ça faisait de vivre un amour impossible. Jo sortit le journal de son sac et le montra à Sarah-Jane. Elle sourit en voyant les dessins, quelques vieux ennemis et surtout de vieux amis. Elle reconnut le visage de Rose et versa une larme lorsqu’elle su ce qui lui était arrivé. La journée fila à toute vitesse comme elles étaient en train de parler. Soudain, la porte d’entrée s’ouvrit et un jeune garçon entra.

SJ – Ah, je vous présente mon fils Luke. Luke, je te présente Joan Calbert. Elle est journaliste elle aussi. Nous avons un ami commun.

L – Je parie que c’est le Docteur.

SJ – Qu’est-ce qui te fait croire ça ?

L – Tu verrais ta tête maman, il y a des étoiles dans tes yeux. Comme à chaque fois que tu parles de lui. J’aimerais bien le rencontrer un jour.

J – Moi aussi.

Sarah-Jane se tourna vers Jo et toutes deux éclatèrent de rire. Il était déjà tard et Jo fut invitée pour le dîner, ce qu’elle ne refusa pas. Elles avaient encore tant de choses à se dire. En fin de repas, Sarah-Jane prépara un bon café et elles retournèrent s’asseoir dans le salon. Luke, après avoir salué Jo et embrassé sa mère, monta se coucher. Il devait être près de minuit lorsqu’une voix retentit à l’étage, une voix d’homme, légèrement métallique.

Sarah-Jane ?

Jo sursauta et regarda son hôte, intriguée.

SJ – Je crois que j’ai encore quelqu’un à vous présenter. Suivez-moi.

Jo emboita le pas de Sarah-Jane et la suivit jusqu’au grenier. Un grenier comme n’importe quel enfant rêve d’avoir chez lui, fait de bric et de broc, de livres et de bibelots, des objets fascinants, venant probablement des nombreux voyages que Sarah-Jane avait pu faire avec le Docteur. Mais en dehors de ça, il n’y avait personne.

SJ – Monsieur Smith, que se passe-t-il ?

Ebahie, Jo vit le mur du fond s’ouvrir, avec force de fumée et de musique. Un immense ordinateur apparu, clignotant de partout. Et cet ordinateur se mit à parler.

MS – Sarah-Jane, je capte une activité anormale au pays de Galles, plus précisément à Cardiff. De nombreux rapports font mention de créatures étranges, très agressives, qui envahissent les rues. De plus, de fortes explosions ont été signalées dans des points stratégiques de la ville. Et la centrale est en surchauffe. Dois-je intervenir ?

SJ – Cardiff ? Je crois savoir que des personnes tout à fait compétentes peuvent agir sans notre aide. Même si leurs méthodes sont un peu trop armées à mon goût. Mais garde un œil ouvert quand même, on ne sait jamais. Au cas où ça s’étende à tout le pays.

Cardiff… Torchwood, Sarah-Jane voulait sans doute parler d’eux. Jo attrapa son téléphone et essaya de joindre Jack mais, encore une fois, elle tomba sur le répondeur. Elle était inquiète et Sarah-Jane le remarqua.

SJ – Un problème ? Vous avez l’air soucieux.

J – J’ai essayé d’appeler le capitaine Harkness mais je suis tombée sur son répondeur. J’espère qu’ils ne sont pas en danger. Vous pensez que le Docteur pourrait se trouver là-bas ? Il a le don pour être là où sont les problèmes.

SJ – Je ne sais pas. Monsieur Smith, détectez-vous la présence d’aliens à Cardiff ?

MS – A première vue, hormis une centaine de Weevils, je ne détecte rien.

J – Weevils ?

MS – Ce doit être les créatures dont parlent les rapports. Il s’agit d’une espèce alien particulièrement agressive.

Un portrait de weevil apparut à l’écran, Jo et Sarah-Jane grimacèrent en le voyant.

SJ – Effectivement, il n’a pas l’air très amical. Merci pour ces informations. Tenez-moi au courant si jamais vous avez d’autres éléments. Mais je pense que le capitaine et son équipe vont y mettre bon ordre.

Il se faisait très tard et Jo estima qu’elle ferait mieux chez elle. Sarah-Jane la raccompagna à la porte.

SJ – Bonne chance dans vos recherches. Si un jour vous le voyez, saluez-le de ma part.

J – Je n’y manquerai pas. Mais si vous le voyez avant moi, dites-lui bien que quelqu’un le cherche et que c’est important.

SJ – Bien entendu. En tout cas, croyez-moi, il vaut la peine d’être rencontrer, même si pour cela, on doit se brûler les ailes.

Jo repartit, les derniers mots de Sarah-Jane résonnants encore dans ses oreilles. Se brûler les ailes. Etait-ce raisonnable de poursuivre sa quête ? Elle revint vite à la raison en se disant qu’elle devait bien ça à son aïeule.

Le lendemain matin, tous les journaux titraient sur les événements qui avaient eu lieu à Cardiff. Le Sunday Mirror aussi. Mais il était difficile d’avoir des éléments précis. On avait mis sur le compte d’hallucinations collectives la présence des weevils en ville et d’obscurs groupuscules terroristes étaient soupçonnés pour les différentes explosions. Jo était plus que sceptique quant à la version des autorités et elle savait qu’il n’y avait que Jack qui pourrait lui répondre.

Une nouvelle fois, elle composa son numéro. Lorsque Jack répondit, Jo su tout de suite que quelque chose n’allait pas.

J – Capitaine Harkness ? Joan à l’appareil, je suis contente de vous entendre. J’étais très inquiète à votre sujet. Que s’est-il passé hier soir ? Tout le monde va bien ?

Le silence qui suivit les questions de Jo parut interminable.

Ja – Une forte perturbation dans la faille, surtout beaucoup de dégât matériaux. Rien qu’on ne puisse réparer. Mais j’ai bien peur que la promesse que je vous ai faites il y a quelques semaines soit plus difficile à tenir que prévue. Les dégâts ont été plus que matériels chez nous. Tosh et Owen…

La voix de Jack s’étrangla dans un sanglot. Jo pâlit et tomba assise dans son fauteuil de bureau. Elle n’osa pas demander à Jack les circonstances exactes du décès de deux des membres de son équipe. Puis Jack inspira profondément et poursuivit.

Ja – Heureusement, elle avait lancé un programme qui tourne en boucle. Il était en cours de finition. Ianto sait comment il fonctionne, il prendra la suite.

J – Je suis vraiment désolée. Si je peux faire quoique ce soit.

Ja – C’est très gentil, mais ça va aller. Ce sont malheureusement les risques du métier lorsqu’on signe à Torchwood. L’espérance de vie est… limitée.

J – Et c’est vous qui dites ça ?

Jo regrettait déjà sa phrase mais à son grand soulagement, elle eut pour effet de faire rire Jack.

Les semaines qui suivirent, il y eu peu d’activités anormales. Le train-train des accidents, vols et autres scandales suivait son cours. Jo s’était un peu détachée du journal. Il faut dire qu’il n’y avait plus de lien entre ce qui y était retranscrit et ce qui se passait dans le monde.

Mais un matin comme les autres, elle fut réveillée en sursaut par une immense secousse. Si forte qu’une étagère dégringola du mur et Jo manqua d’être assommée. Vu l’heure qu’il était, il devait déjà faire jour mais pas un seul rayon de lumière ne filtrait par les volets. Dehors, les sirènes d’alarme des voitures résonnaient un peu partout.

Jo se leva et se précipita à la fenêtre pour voir ce qui s’était passé. Mais son regard ne se porta pas sur la rue, mais vers le ciel. Le soleil n’était plus là. Et à la place, elle vit avec horreur de nombreuses planètes inconnues.

Citation:

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Jo eut l’impression que le sol s’évanouissait sous ses pieds. Une grande sensation de vertige la saisit. Elle s’habilla précipitamment et sortit dans la rue. Tous ses voisins étaient sortis de leurs maisons. Ils étaient là, à regarder le ciel. Toutes ces planètes apparues comme par enchantement. C’était parfaitement impossible. Certains se mettaient à crier, d’autres à sangloter, assis sur le bord du trottoir. Sans vraiment réfléchir, Jo pris son téléphone et essaya de joindre Jack, mais elle tomba sur la messagerie. Elle essaya alors Sarah-Jane, mais cette fois-ci, le téléphone sonna occupé. Elle n’avait personne à contacter, pas d’information dans le journal. Mais peut-être qu’avec le programme de Tosh.

Jo remonta retourna dans sa maison et se rendit dans son bureau. Elle alluma son ordinateur et activa le logiciel. Un programme pouvait lui permettre de se connecter au site de l’armée, un autre à celui de UNIT. C’était un petit cadeau de Jack. Il lui avait parlé de UNIT ainsi que du rapport que le Docteur pouvait avoir avec eux. Mais il lui avait aussi précisé qu’ils n’en restaient pas moins des militaires et qu’il valait mieux pour elle qu’elle garde ses distances. Mais là, l’heure était suffisamment grave pour qu’elle utilise cette fonction.

Le logiciel tourna pendant quelques instants pour trouver la bonne fréquence et casser les codes. Enfin, une image radar apparut à l’écran. C’était encore plus grave qu’elle ne l’avait imaginé. Ce n’était pas quatre ou cinq planètes qui étaient là-haut, mais vingt-six ! La configuration stellaire était sans appel : la Terre s’était déplacée dans l’espace.

Jo regardait les planètes qui s’affichaient sur l’écran, données défilaient sur le côté, semblant chercher à analyser la situation, à identifier ces planètes. Jo avait allumé son téléviseur. Toutes les chaînes parlaient de la même chose, des émissions scientifiques aux chaînes d’informations, toutes parlaient de ces planètes. Et puis Jo regarda quelque chose qui n’avait pas la forme d’une planète, quelque chose qui semblait grandir. Malgré la puissance qu’il déployait, le programme n’arrivait pas à déterminer de quoi il s’agissait. Et puis soudain, un message se fit entendre. Une voix métallique, effrayante, se mit à hurler. Ça ne laissait aucun doute quand à ses intentions.

EXTERMINER ! EXTERMINER !

29 Octobre 1913

J’entre dans une pièce sombre. Il y a un être qui se trouve là. Un être venu d’un autre monde retenu prisonnier par un homme extrêmement riche, un collectionneur visiblement. Je veux l’aider mais quand je me présente, les événements prennent un virage effrayant. La lumière révèle à mes yeux une sorte de créature de métal, encore un de ces poivriers géants. Je me retrouve face à un ennemi, je le sens dans mes tripes. Il se met à me menacer de la seule chose qu’il semble savoir faire : EXTERMINER ! EXTERMINER !

Son nom me revient maintenant, un Dalek. Mais il est sans défense, impuissant et la sensation de vertige qui m’avait saisit l’instant d’avant avait cédé la place à un sentiment de triomphe ultime. Le dernier spécimen de la race qui avait détruit les miens était à ma merci.


C’était des Daleks ! Jo pâlit. Elle se souvenait de ce qu’ils avaient fait à Canary Wharf, du nombre de victimes. Mais là, toute la Terre était menacée. A mesure que la voix répétait ce mot, la forme grossissait à l’écran. Combien étaient-ils ?

Des détonations se firent entendre au loin, Jo regarda par la fenêtre et vit des vaisseaux immenses qui passaient dans le ciel, survolant le centre de Londres. Elle ne savait plus quoi faire, ni vers qui se tourner. Etait-ce la fin de tout ? Les Daleks donnaient des ordres de reddition maintenant. La bataille était perdue avant même d’avoir été faite.

C’est alors que des bips répétitifs résonnèrent dans la pièce. Jo se tourna et vit que l’image de son écran avait changée. Elle apercevait la silhouette de quelqu’un.

HJ – Est-ce que quelqu’un m’entend ? Le réseau à basse fréquence est ouvert vous devriez pouvoir m’entendre. Y-a-t-il quelqu’un ? Ce message est important, nous n’avons pas beaucoup de temps.

Jo s’approcha de son ordinateur, espérant qu’il ne s’agissait pas d’un appel au secours désespéré. Mais Jo connaissait cette voix.

HJ – Capitaine Jack Harkness, honte à vous !

Jack ! Cette personne connaissait Jack ! L’image devint plus nette.

HJ – Harriet Jones, ancien premier ministre.

C’était donc elle ! Jo savait bien qu’elle connaissait cette voix. Elle savait qu’Harriet Jones avait aussi rencontré le Docteur. Tout ça ne pouvait pas être une simple coïncidence.
HJ – Sarah-Jane Smith, 13th Bannerman Road, êtes-vous là ? Bien, voyons si on peut parler tous ensemble.

L’écran se partagea et Jo vi plusieurs visages apparaître. Des visages qu’elle était heureuse de voir à nouveau. Ils étaient tous là et bien vivants ! Un autre visage apparût, celui d’une jeune femme noire, Martha Jones. Jack avait l’air de la connaître. Et Jack qui, malgré la gravité de la situation, ne pouvait pas s’empêcher de draguer Sarah-Jane.

Jo écouta leur conversation, sans pouvoir y participer. C’était déjà fantastique de pouvoir voir tout ça. Ils cherchaient à joindre le Docteur. Le réseau à basse fréquence avait été conçu pour permettre de contacter toute personne qui connaissait le Docteur. Mais pourquoi Jo recevait-elle aussi le signal ?

Ils avaient tous l’air de mettre tous leurs espoirs dans cet homme. Et, sans l’avoir rencontré, Jo y croyait aussi. Un numéro apparut, numéro qu’elle s’empressa de composer. Elle devait faire partie de cet événement, elle le sentait au plus profond d’elle. Torchwood avait combiné la puissance de la faille aux capacités de M. Smith, le signal pouvait être transmis à travers l’univers, mais les Daleks risquaient de le détecter. Harriet Jones fut, comme c’était à craindre, repérée. Elle savait bien les risques qu’elle prenait.

HJ – Capitaine, j’ai transféré le réseau à basse fréquence à Torchwood, c’est à vous de jouer maintenant. Et dites au Docteur de ma part qu’il choisit bien ses compagnons. Ce fut un honneur.
La voix s’éloigna mais Jo put entendre ce qui se dit. Les larmes montèrent alors qu’elle entendait les dernières paroles d’Harriet Jones, tombée sur le champ d’honneur. Elle se fit la promesse que, si elle s’en sortait, elle rétablirait la réputation de cette femme.


L’image où se trouvait Harriet se brouilla. Mais pas longtemps. Elle vit alors deux visages apparaître. Un homme et une femme. C’était le Docteur ! Enfin, Jo voyait son visage, enfin elle entendait sa voix !

Ten – Tout le monde est là, sauf Rose.

En entendant ça, la gorge de Jo se noua, elle savait ce que ça pouvait représenter pour le Docteur. Mais l’image disparut une nouvelle fois et une voix s’éleva. Une voix qui n’avait rien d’humain. Jo entendait encore la voix du Docteur. Visiblement, il connaissait la personne à qui appartenait cette voix. C’était le créateur des Daleks. Et ses intentions n’avaient rien d’amicales.

Jo s’empressa d’appeler ses parents pour leur dire de se cacher à la cave et de rester le plus discrets possible. En dehors de ça, elle ne pouvait qu’attendre. Elle savait que le Docteur venait sur Terre mais elle ne pouvait pas sortir. Trop de risque. Elle prit son ordinateur, son téléphone et le journal. Pourquoi le journal, elle n’aurait su l’expliquer. Et elle descendit dans sa cave. Elle avait quelques vivres, elle pourrait tenir en espérant que la situation s’arrange. Si jamais ça s’arrangeait un jour.

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L’attente semblait interminable. Jo ne pouvait téléphoner à personne au risque de se faire repérer. Des patrouilles de Daleks pouvaient passer dans sa rue à tout moment. Pas de connexion internet, pas de radio, pas de télé. Aucun signal ne devait sortir de sa maison. C’est à peine si Jo osait respirer.

Elle voyait le ciel par le soupirail. Mais il faisait désespérément nuit. Impossible de savoir l’heure qu’il était. Dehors, tout était maintenant calme, très calme, trop calme. L’accumulation de l’émotion et de la peur avait épuisé Jo. Elle s’assoupit finalement dans un coin de sa cave.

Mais son sommeil fut de courte durée. Une nouvelle secousse, semblable à celle du matin, se produisit. Jo regarda par le soupirail. Les autres planètes avaient disparu et elle vit les étoiles qui entouraient la Terre se transformer en traits lumineux. Elle se déplaçait à nouveau ! Jo s’accrocha in extremis à une étagère providentielle afin de ne pas tomber. Elle évita de justesse une boîte de conserve qui chuta sous l’effet de la secousse. Puis elle ferma les yeux tant tout cela lui donnait la nausée.

Et puis tout s’arrêta. Jo hésita un instant puis ouvrit les yeux. Le soleil était revenu ! Elle se frotta les yeux, non pas qu’elle n’y croyait pas, mais la luminosité soudaine l’éblouissait. Elle attrapa ses affaires et sortit de sa cave. Puis elle sortit dans la rue. Elle vit des gens danser, se prendre dans les bras les uns et les autres. C’était bel et bien fini !

Jo rappela ses parents pour vérifier qu’ils n’avaient rien. Ils étaient bien sains et saufs. Elle retourna ensuite chez elle, prit ses affaires et fila au journal. Sur le chemin, elle vit les dégâts causés. C’était considérable. Des vitrines de magasins brisées, certains bâtiments encore en feu, des corps allongés dans la rue. Les secours s’organisaient afin de tout remettre en ordre, évacuer les blessés et rapatrier les corps pour les entreposer dans les morgues de la ville. Il devait en être de même partout dans le monde.

Lorsqu’elle arriva au journal, elle tomba sur Jim. Il avait un gros bleu sur le front mais en dehors de ça, il semblait aller plutôt bien.

J – Jim ! Que je suis contente de te voir ! Tu as des nouvelles des autres ?

Ji – j’ai réussi à contacter plusieurs personnes. Certains doivent venir. On a du pain sur la planche. Un événement pareil. C’est incroyable ! Tu as vu ça ?

J – Oui, incroyable, tu peux le dire. Sans Harriet Jones, nous n’aurions jamais pu être sauvés, tu peux me croire ?

Ji – Harriet Jones ? Qu’est-ce qui te fait dire ça ?

J – Je le sais. Je sais aussi qu’elle a donné sa vie pour nous sauver. Je crois qu’on peut lui en être éternellement reconnaissants.

Jo ne pouvait pas mentionner le rôle du Docteur. Elle allait donc mettre tout le crédit de la victoire sur les Daleks à Harriet Jones, ancien premier ministre, morte pour sauver le monde.

Les dépêches tombaient sans arrêt sur le téléscripteur, internet était saturé, des vidéos affluaient de toutes parts. En aucun cas le gouvernement ne pourrait faire croire à la population que c’était une hallucination collective ou toute autre explication approximative comme il l’avait déjà fait auparavant. L’humanité toute entière avait été mise face à sa vulnérabilité, sa petitesse dans l’immensité de l’univers. Un instant, tous les humains s’étaient retrouvés unis dans l’adversité. Malheureusement, Jo savait déjà qu’ils n’en retiendraient aucune leçon. Ils ne le font jamais.

Il était tard et il était temps de rentrer. Le temps s’était couvert et il pleuvait maintenant. Sans doute une conséquence des déplacements de la planète. Jo avançait lentement, malgré la pluie. Elle avait toujours du mal à se remettre de la journée qu’elle avait vécue. Mais la sonnerie de son portable la réveilla. C’était Jack qui la rappelait pour la rassurer. Gwen, Ianto et lui allait bien. Il lui avait confirmé la présence du Docteur ainsi que le fait qu’il avait, en quelque sorte, mis les bouchées doubles pour sauver les mondes. Il la rassura aussi sur l’état de santé de Sarah-Jane. Mais il n’avait pas d’autres informations, le Docteur l’avait laissé à Londres puis il était reparti dans son T.A.R.D.I.S. avec Rose, sa mère Jackie et Donna. Jo le remercia de son appel et lui promis qu’elle repasserait à Cardiff très prochainement.

Jo arriva dans son quartier et tourna dans sa rue. La pluie tombait toujours. Distraitement, Jo tourna la tête sans réelle intention de regarder quoique ce soit quand soudain, elle la vit. Elle s’arrêta net. Elle ruisselait, trempée jusqu’aux os mais peu lui importait. Elle était là ! La boîte bleue ! Le T.A.R.D.I.S..

Après un instant d’hésitation, elle traversa la rue déserte. Elle se tint devant cette étrange cabine de police, en fit le tour puis s’arrêta une nouvelle fois devant la porte. Elle avança la main, stoppa, puis avança à nouveau pour enfin toucher le bois. C’était bien réel. Elle était vraiment là ! Jo n’en revenait pas. Il était donc ici. Mais où ?
Elle laissa sa main glisser sur la porte, comme pour la caresser et arriva à la poignée.

Et si j’essayais d’entrer ? Il doit bien y avoir une sécurité, ou quelque chose comme ça. Mais bon, ça ne coûte pas grand-chose.

D’une main légèrement tremblante, elle se saisit de la poignée en métal et poussa. A sa grande surprise, la porte s’ouvrit. Elle regarda rapidement de chaque côté de la rue pour vérifier que personne ne la voyait et pénétra à l’intérieur.

Elle avait beau l’avoir lu dans le journal, elle s’immobilisa sur la rampe d’accès, fascinée par la taille de la salle où elle se trouvait. C’était vraiment immense ! Au centre, elle vit la fameuse colonne de lumière. C’était comme si elle était déjà venue. Tout était tellement décrit, croqué, dans le journal, qu’elle n’était pas en terrain inconnu. Elle avança, fit le tour de la console, regarda les instruments, les boutons, les manettes. Les pistons à l’intérieur de la colonne de lumière montaient et descendaient lentement, comme une respiration. Comme si le vaisseau était vivant.

Sa curiosité la poussa à visiter l’arrière du T.A.R.D.I.S. mais elle n’osa pas s’aventurer trop loin non plus de peur de se perdre dans ses méandres. Puis elle se mit à paniquer. Quelle serait la réaction du Docteur s’il la trouvait là ? Elle ne savait pas s’il était pacifique ou non. Rien ne lui garantissait qu’il ne la fasse pas disparaître dans un accès de colère. Elle fit brusquement demi-tour et se dirigea vers la salle de commande pour sortir. Mais au moment où elle s’apprêtait à passer le pas de cette salle, elle entendit un bruit venant de l’extérieur. Elle se figea dans la pénombre et attendit.

C’est alors que la porte s’ouvrit.


Citation:

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Le Docteur entra dans le T.A.R.D.I.S.. Il était trempé et avait l’air très sombre. Jo se demandait pourquoi il avait l’air aussi grave alors qu’il venait de sauver l’univers. Elle restait là, dans l’embrasure de la porte, n’osant pas respirer de peur de se faire repérer. Il se dirigea vers la console, appuya sur quelques boutons, poussa un levier et le vaisseau tressauta.
On s’en va ? Mon Dieu, on part ?

Il retira sa veste et la laissa tomber sur la console. Les mains dans les poches, il observa un instant la colonne de lumière. Puis il s’appuya, le regard dans le vague, abattu.
Jo n’arrivait pas à réaliser qu’elle avait enfin cet homme devant elle, celui après qui elle avait couru pendant tant de temps. Et elle n’osait pas l’aborder.

Ten – Vous serez mieux installée sur la banquette.

Jo sursauta. Il savait qu’elle était là ? Mais comment ? Elle avait pourtant tout fait pour passer inaperçue. Elle avança prudemment, se dirigeant vers la banquette, tout en prenant soin de rester à bonne distance du Docteur.

Ten – Je n’ai pas pour habitude d’avoir des passagers clandestins mais, l’ayant été moi-même plusieurs fois, je ne vais pas vous chasser. En plus, je ne pense pas que le crétacé soit une période idéale pour déposer une jeune femme. Ce que je n’arrive pas à m’expliquer, c’est comment vous êtes entrée dans mon T.A.R.D.I.S..

Il s’avança à grandes enjambées vers elle, fouillant sa poche. Il en sortit un objet de forme allongée qu’il pointa sur elle. Un son strident retentit tandis qu’une lumière bleue éblouissait Jo. Elle eu un mouvement de recul.

Ten – C’est sans danger, c’est seulement mon tournevis sonique. Vous voyez, c’est un tournevis et il est sonique. J’aimerais juste savoir par quel miracle, si tant est que les miracles existent, ce que je ne crois pas, vous êtes arrivée ici.

J – D… Doc… Docteur, pas dans les yeux !

Le Docteur s’arrêta net, regardant Jo d’un air très surpris.

Ten – Vous savez qui je suis ? Non, ne me dites pas. On s’est rencontrés dans mon futur ? Encore ? Non, non, ne me dites pas. Vous n’êtes pas River Song ? Ou alors vous allez beaucoup changer physiquement dans années qui viennent. Je vous ai peut-être croisée dans mon passé mais je ne m’en souviens plus. J’ai encore quelques lacunes de mes vies antérieures, des restes d’amnésie.
Le débit du Docteur donnait le tournis à Jo. Il était en train de remonter son tournevis le long du corps de la jeune femme, à la recherche d’indices. Il avait chaussé une paire de lunettes et marmonnait tout en continuant son petit manège. Le tournevis émit un son étrange et le Docteur regarda Jo par-dessus ses verres, un sourcil froncé.

Ten – Des résidus d’énergie Artron ? C'est pour ça que le T.A.R.D.I.S. vous a laissée entrer. Vous auriez voyagé dans l’espace-temps ? Mais c’est très faible, presque imperceptible. En revanche, je sens que ça se concentre par… là !

Le tournevis était pointé sur le sac de Jo. Le Docteur regardait le sac avec grand intérêt. Que pouvait-il y avoir à l’intérieur qui soit chargé de résidus d’énergie Artron ? Mais avant même que le Docteur ne puisse mettre la main sur le sac, Jo s’éloigna. Elle l’ouvrit et en sortit le journal.

J – Si je vous connais, c’est grâce à ceci. Grâce à ce journal. Je l’ai eu le jour de mes dix-huit ans. C’est mon arrière-arrière-grand-mère qui me l’a légué.

Ten - Un journal ? Votre arrière-arrière-grand-mère ? Il doit être assez ancien. Il doit dater de… (il réfléchit un court instant) du début du siècle j’imagine. Mais on parle de moi dans ce journal ?

J – C’est un peu plus compliqué que ça. Je vais faire la version courte. Je m’appelle Joan, Joan Calbert.

Ten – Joan, joli prénom ! J’aime beaucoup. J’ai connu une Joan, il y longtemps de ça… si longtemps. Je me demande…

Jo l’interrompit. Elle était lancée dans son explication et il fallait qu’elle termine.

J- Et je suis la première descendante féminine de mon arrière-arrière-grand-mère. C’est pour cette raison que j’ai hérité de ce journal. Et mon arrière-arrière-grand-mère l’a elle-même eu d’un homme qui l’a rédigé en 1913.

Le Docteur parut intrigué par la date et lança sur le journal un regard inquiet.

J – Elle travaillait comme infirmière dans une école pour garçons. Et c’est là qu’elle a rencontré l’homme qui a écrit ces pages. On m’a appelée Joan parce qu’elle se prénommait ainsi. Joan Redfern.
Ten – Vous voulez dire que c’est le journal de John Smith ? Le journal des choses impossibles ? Mais c’est BRILLANT !

Jo souffla un grand coup. Elle avait réussi à tout dire sans perdre le fil de son explication. Elle regardait le Docteur avec un sentiment d’inquiétude mêlé de curiosité. Comment allait-il se comporter vis-à-vis d’elle ? Allait-il reprendre le journal et la déposer à Londres sans donner suite ? Allait-il se fâcher ? Son attente ne fut pas de longue durée.

Ten – Vous l’avez eu pour vos dix-huit ans ? Mais à ce que je peux voir avec mon analyse, vous avez maintenant 22 ans. Vous m’avez cherché tout ce temps ? Quelle détermination, je suis impressionné.

J – Effectivement, je vous ai cherché. J’ai passé mon temps à vous croiser, à vous louper. J’ai rencontré beaucoup d’autres personnes qui vous connaissent. Sarah-Jane vous salue d’ailleurs.

Ten – Sarah-Jane ? Vous avez eu beaucoup de chance de la rencontrer. C’était une compagne formidable, c’est une femme brillante.

J – J’ai aussi rencontré le Capitaine Harkness et son équipe. Ils m’ont apporté une grande aide dans mes recherches.

Le Docteur grimaça légèrement.

Ten – Jack ? J’espère qu’il ne vous a pas trop embêtée. Il a tendance à essayer de draguer tout ce qui passe devant lui.

Jo rougit. Le Docteur éclata de rire.

Ten – Sacré Jack ! Il ne loupe décidément jamais une occasion de se faire remarquer. Mais comment avez-vous trouvé mon T.A.R.D.I.S. ?

J – J’habite dans le quartier où vous vous êtes posé. Et je l’ai tout de suite reconnu. Je l’avais déjà vu un jour, alors que vous poursuiviez un taxi. Il y a de ça deux ans au moins.

Le visage du Docteur s’assombrit. Il se souvenait parfaitement de ce jour et de sa rencontre avec Donna. Cette pauvre Donna. Jo le remarqua et chercha à détendre l’atmosphère.

J – Mais si je vous ai cherché si longtemps, c’est que j’avais une mission à remplir en quelque sorte. Mon arrière-arrière-grand-mère avait émit un vœu avant de mourir. Elle avait demandé à ce que la personne qui hériterait du journal remette une lettre à son auteur. Et cette lettre, la voici.

Jo sortit une enveloppe jaunie de son sac et la tendit vers le Docteur.

--------------

Le Docteur regarda l’enveloppe, marqua une hésitation et la prit. On pouvait lire, joliment calligraphié, A l’attention de feu John Smith, le Docteur. Le papier était légèrement parcheminé par le temps et sentait le vieux livre et l’encre sèche. Délicatement, il décacheta l’enveloppe et sortit la lettre qui lui était destinée.

15 Octobre 1955.

Cher John, ou plutôt, devrais-je dire, cher Docteur,

Il s’en est passé du temps, des larmes, du sang et des joies, avant que je ne me décide à vous écrire ces quelques mots. J’ai longuement hésité mais la fin approchant, je me suis dit que c’était le moment ou jamais de le faire.

Longtemps, je vous en ai voulu pour tous les malheurs qui se sont abattus sur l’école, le village et dans ma vie. Il m’a fallut deux guerres, un mariage et deux fils pour réaliser que je vous devais beaucoup, que vous aviez finalement sauvé ma vie et non pas que vous l’aviez détruite.

Sans vous, je n’aurais sûrement jamais rencontré l’homme merveilleux qu’était John Smith. Et même si vous me l’avez repris, je sais qu’il reste là, quelque part en vous. En quelques semaines, il a fait plus pour moi que n’importe qui dans tout le reste de mon existence. Il a su faire renaître en moi la confiance que j’avais perdue quand mon premier mari est mort. Après sa « mort » et votre départ, je me suis fait le vœu de vivre ma vie pour deux, la vie qu’il n’aurait jamais la chance de connaître.

J’avoue avoir parfois guetté votre retour, dans l’espoir de revoir son visage. Mais je me raisonnais aussitôt, sachant pertinemment que je ne le reverrai jamais. Que le simple fait de vous voir raviverait en moi une trop grande douleur.

Je sais que vous êtes seul, terriblement seul. Je l’ai ressentit quand je vous ai regardé, lors de ce jour funeste, je l’ai bien compris en lisant votre journal. Votre cœur, ou plutôt devrais-je dire, vos cœurs saignaient un peu plus à chaque page.

Trouvez-vous quelqu’un, ne restez pas seul, vous n’êtes pas fait pour cela Docteur. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour John. Vivez votre vie comme j’ai vécu la mienne. Ne laissez pas la tristesse que j’ai vu en vous vous envahir.

J’espère que la personne a qui je confie cette lettre pourra vous la remettre. Je sais malheureusement que je ne serai plus là pour le voir. Sachez que je quitterai ce monde en emportant à jamais dans mon cœur le souvenir de ce professeur maladroit et si enthousiaste qu’était John Smith. Et pour ça, Docteur, je vous dis merci.

Respectueusement,

Joan Calbert, née Redfern.


Jo observait le Docteur qui s’était assis dans un coin de la salle de contrôle pour lire. Elle un éclat lumineux descendre sur sa joue. Elle ne savait pas ce que contenait ce courrier mais elle savait qui l’avait écrit et ce que cela pouvait représenter pour cette personne. Elle hésita un instant à demander au Docteur quel était son contenu mais elle se ravisa immédiatement, estimant que c’était indiscret et inconvenant. Un silence pesant s’installa pendant quelques minutes, seul la respiration du T.A.R.D.I.S. était perceptible. Le Docteur replia la lettre, la rangea dans son enveloppe, puis la mit dans la poche intérieure de sa veste qui se trouvait toujours sur la console.

Il leva alors la tête vers Jo, les yeux encore brillants mais un grand sourire aux lèvres.

Ten – Merci beaucoup. Votre arrière-arrière-grand-mère peut être fière de vous. Vous avez su remplir la mission dont elle vous avait investie à la perfection. Un tel exploit mérite récompense, vous ne trouvez pas ?

J – Une récompense ? Je n’attends pas d’argent de votre part, je n’ai fait qu’accéder à la requête de mon aïeule.

Le Docteur éclata de rire.

Ten – Et vous avez bien fait. S’il y a bien une chose qu’il ne faut pas attendre de ma part, c’est de l’argent. Je n’en ai jamais. Enfin, pas souvent. Nan, jamais en fait.

J – Mais alors, vous pensez à quoi ?

Ten – Vous vous trouvez dans une machine capable de voyager dans le temps et l’espace. Ne pensez-vous pas que l’occasion se présente pour vous d’en faire usage ? Un voyage, un seul voyage, le voyage de votre vie. Qu’en pensez-vous ?

L’estomac de Joan se noua brutalement. Le Docteur l’invitait à faire un voyage avec lui ? Elle savait parfaitement le risque qu’elle prenait si elle acceptait. Elle l’avait lu de si nombreuses fois. Mais en même temps, la tentation était trop forte. Pouvoir toucher les étoiles, allez dans le passé, dans le futur, aux côtés de cet homme fascinant qui avait mobilisé tout son intérêt ses dernières années. Oui, après mure réflexion, elle le méritait. Ne serait-ce qu’en mémoire de Joan.

Ten – Vous ne dites rien ? ça ne vous tente pas ?

Le Docteur avait une mine de chien battu, déçu que sa proposition en fasse pas mouche cette fois.

J – Je ne dis pas non. Si c’est pour un voyage seulement. Je peux choisir la destination ?

Ten – Brillant ! Molto bene !

Il se dirigea vers la console du T.A.R.D.I.S., plein d’entrain. C’était exactement ce qui lui fallait après ce qu’il venait de vivre. Une destination inconnue, un voyage unique avec une compagne d’un jour. Pas d’engagement à long terme, plus jamais.

Ten – Alors, une préférence ? Le passé ? La bataille d’Hastings, le débarquement en Amérique, Christophe Colomb est un homme charmant, un vrai sens de l’accueil. Ou alors le futur, Les 125 olympiades de l’ère moderne, le retour d’Elvis en 5615, après sa décongélation et son régime, il a fait une tournée triomphale dans tout le système solaire. Où une autre planète, raxa..., non, pas raxacoricofallapatorius, ils ne brillent pas par leur sens de l’hospitalité là-bas.

Jo l’écoutait à la fois amusée et étourdie par ses paroles. Puis, sans trop réfléchir, elle le regarda droit dans les yeux.

J – Surprenez-moi Docteur.

Les yeux du Docteur s’allumèrent, il poussa un levier, tourna un bouton et desserra le frein à main.

Ten – Alors… ALLONS-Y !


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Dernière édition par yeles le Ven 2 Avr 2010 - 18:58; édité 19 fois
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MessagePosté le: Dim 3 Mai 2009 - 22:44    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 4 Mai 2009 - 08:02    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

Ahhhhhhhhhhhh !! Géniale comme idée !! Okay

J'ai hâte de lire la suite ^^
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MessagePosté le: Lun 4 Mai 2009 - 08:52    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

Superbe approche dis moi, et effectivement, vaut mieux la poster maintenant que plus tard vu ce qui nous attend (en fait on le sait pas vraiment mais bon ... )

Quelle fantastique lecture elle va avoir la jeune Jo.. mais je pense qu'on est loin de se douter de ce qui tu lui réserves Laughing

PS: très belle lettre de Joan... très touchante.
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MessagePosté le: Sam 9 Mai 2009 - 19:35    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

CHAPITRE DEUX EN LIGNE !

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MessagePosté le: Sam 9 Mai 2009 - 19:42    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

C'est vraiment excellent. Brillament écrit. Les pages du journal sont vraiment bin retrancrites. Je vois bien John Smith écrire ça.
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MessagePosté le: Sam 9 Mai 2009 - 19:54    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

Wouaw !!! c'est vachement bien. Okay
Je sent que je vais adorer toute cette histoire.

Et effectivement, le journal est vraiment bien retranscrit, je connais déjà les histoire contenues dans ce journal (puisque je les ai en dvds Laughing ) mais j'ai l'impression de les découvrir pour la première fois, c'est assez bizarre...
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MessagePosté le: Dim 10 Mai 2009 - 11:03    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

Surprised  Oh non il Faut la suite!!
J'étais absorbée dans ta Fic... je lis rarement les FanFic mais celle là est Superbement écrite!!!
 

VIVEMENT LA SUITE !!
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MessagePosté le: Dim 10 Mai 2009 - 14:36    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

Tes fics son un plaisir pour moi Okay
J'atent vivement la suite de celle ci Wink
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MessagePosté le: Lun 11 Mai 2009 - 09:09    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

Citation:
Torvoo, Torchnew, Tor quelque chose.
heu... je crois savoir mais je le dirai pas Laughing Laughing Laughing

Très beau second chapitre avec des extraits du livre très bien décrits... c'est vraiment ce que je pensais trouver dedans...

vivement la suite.... avec cette phrase si pleine de terreur et de suspens... argh...... tu veux notre mort Laughing (ok, j'ai rien à dire... ==> part très loin... )
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MessagePosté le: Mar 12 Mai 2009 - 19:47    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

3e CHAPITRE EN LIGNE !


je dois être aussi suicidaire que Duam
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MessagePosté le: Mar 12 Mai 2009 - 19:58    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

Magnifique. Le parrallélisme avec la série est superbement réalisé. Je peux sentir les émotons des personnages et ce cliffhanger...
Yeles, tu veux ma mort!!!
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MessagePosté le: Mar 12 Mai 2009 - 22:25    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

Ahhhhh !! Superbe !! Tu restes bien fidèle à ce qui se passe dans la série. Et sa façon de voir ces choses est très bien décrites

J'aime beaucoup les références à Ianto & Harold Saxon Okay
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Merci Neph
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MessagePosté le: Mer 13 Mai 2009 - 10:25    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

Franchement Yeles, j'adore la façon que tu as de raccorder ton histoire avec les évènement de DW ... du grand art ma chère

quelques réflexions au passage
Citation:
Une main d’homme se posa sur la liste un instant, caressant délicatement ce nom du doigt. Jo remarqua la manche brune d’un costume mais avant qu’elle n’ait le temps de réagir, l’homme avait déjà disparu dans la foule. Elle essaya de le retrouver mais ce fut impossible.
C'est lui ??? c'est lui ?? c'est lui ??? argh..... dis moi que c'est lui ......

Citation:
– Je vous remercie, mais sans doute un autre jour. Je dois y aller. A bientôt… euh… vous êtes ?

I – Jones, Ianto Jones.
Ianto ... Crying or Very sad il vient de perdre sa fiancée ... j'imagine très bien la scène ...

Citation:
Elle trouva ses parents en train de regarder le journal télévisé. A l’écran, un homme était en train de parler. C’était le nouveau ministre de la défense. Un certain Harold Saxon.
... le voilààààààà ...

La suite !!!!!!!!! La suite !!!!!!!!!!!!!!!
C'est vraiment très prenant comme histoire BRAVO ^^
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MessagePosté le: Mer 13 Mai 2009 - 11:01    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

Rhooooooooooooo... j'avais lu le premier chapitre mais j'avais pas eu le temps de lire les deux suivants... et... rhoooooooooo !!   

J'avais adoré l'idée du premier chapitre et c'est super bien développé, j'aime beaucoup beaucoup très plein beaucoup !! Et ton style d'écriture est vraiment chouette, très agréable à lire ! Okay


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MessagePosté le: Mer 13 Mai 2009 - 18:51    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage. Répondre en citant

 j'ai enfin pris le temps de lire les trois chapitres et franchement j'adore !
L'idée est très sympa et très prenante. ( J'aime beaucoup les histoires qui parle du quidam qui voit et vit les événements sous un autre angle.)

Vivement la suite !
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 02:53    Sujet du message: [Terminé] Le temps en héritage.

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