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[Terminée] Torchwood : Félicité
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David-S
[Face of Boe]

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Masculin Bélier (21mar-19avr) 牛 Buffle

MessagePosté le: Mer 1 Juil 2009 - 18:09    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

Alors voilà, Ceci est la suite de "Conséquences" qui s'achevait sur la disparition de Martha et de Ianto... Smile


Félicité    
 

Disclaimer : Pas à moi... Pour le fun... Etc...

Spoilers : Sur une bonne partie de la Saison 3


Citation:



Après la tentative avortée des Daleks pour détruire l’Univers, le Docteur dépose certains de ses compagnons à Londres, dont Jack et Martha.
Jack demande alors à la jeune femme de le rejoindre à Torchwood, dans le secret espoir de l’embaucher définitivement. Martha accepte mais seulement pour quelques jours, le temps que la situation mondiale redevienne normale, ensuite elle retournera à New York pour aider au rétablissement de UNIT.
Mais son séjour à Cardiff ne sera pas de tout repos puisqu’une nouvelle menace fait déjà son apparition.
Après enquête, Torchwood parvient à identifier et à détruire cette menace en utilisant l’énergie de la faille.
Mais cela ne se fait pas sans pertes, Martha et Ianto disparaissent purement et simplement de la surface de la Terre, laissant Gwen et Jack seuls et désemparés à Cardiff…







Pour lire la première partie : Conséquences


Citation:



- « Où sont-il Jack ? » Demanda à nouveau Gwen après de longues minutes de silence sous une pluie de plus en plus violente.

Jack et Gwen étaient toujours agenouillés sur le sol de la place du Millenium Center.
Ils étaient trempés jusqu’aux os, mais rien ne semblait décider Jack à bouger. Il avait le regard invariablement fixé sur l’arme de Ianto, toujours posée sur le sol juste devant ses genoux.
Gwen lui tira légèrement le bras et parvint enfin à le faire réagir.

- « Ianto m’avait prévenu qu’il se passerait quelque chose de grave si quelqu’un restait à proximité de la Cascade… » Dit-il lentement.

Il tourna son visage vers sa collègue.

- « Ils n’ont pas fui assez vite, la faille s’est refermée sur eux… »
Le visage de Gwen déjà très pâle suite à sa blessure, perdit le peu de couleurs qui lui restait. Si Martha et Ianto étaient passés à travers la brèche, il n’y avait pratiquement aucune chance de les revoir un jour. Et quand bien même ils trouveraient un moyen de revenir…


Gwen ne se rappelait que trop bien l’histoire de Jonah Bevan et de toutes les pauvres âmes qui avaient été recrachés par la faille. Elle enfouit à nouveau son visage sur l’épaule de Jack pour y trouver un réconfort glacé et humide à cause de la pluie qui ne cessait de tomber.

****************************************

Ianto était dans le brouillard, des tâches lumineuses se formaient sur la paroi de ses paupières closes. Il aurait bien voulu les ouvrir pour les faire disparaître, mais il en était totalement incapable, car même si cela lui donnait un peu le tournis, il se sentait relativement bien comme ça.

Il était allongé sur le dos, dans quelque chose qui lui semblait doux, frais et très confortable. En fait, il se sentait même si bien, qu’il crut un instant qu’il était dans son lit. Il voulut alors rabattre les couvertures sur ses épaules pour se pelotonner dedans, mais il s’aperçut alors qu’il n’y en avait pas. D’ailleurs, en y repensant, ce qu’il sentait sous ses doigts n’avait strictement rien à voir avec des draps en coton…

Puis, les derniers événements lui revinrent progressivement en mémoire.
Le vol de la Terre, l’attaque des Daleks, le retour de Jack et la nuit épuisante (mais très agréable) qu’ils avaient passé ensemble, l’arrivée de Martha aussitôt suivie par l’apparition de nouveaux problèmes, le monstre gluant…
Mon Dieu, cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas eu de journées aussi bien remplies. Il décida donc que l’endroit où il se trouvait importait peu, du moment qu’il y était bien et qu’il pouvait y faire un somme.

Puis d’autres souvenirs refirent surface, la main de Martha serrant son poignet, leur course effrénée pour ne pas être pris dans le piège qu’ils avaient eux-même tendu au monstre, l’éclair bleu et …
Et quoi ?
Il se souvenait avoir ressenti une sensation très désagréable, comme s’il avait été aspiré dans un trou sans fond. Ensuite, c’était le trou noir justement…
Oh non, pensa-t-il. Nous avons été pris au piège par le champ énergétique de la faille !

Des pensées incohérentes se bousculaient maintenant dans sa tête de plus en plus douloureuse. Peut-être était-il mort, peut-être était-il au Paradis, au Paradis des Teaboy… Non, ça sentirait le café si c’était le cas…
Toutes ces pensées vides de sens se succédaient dans son esprit comme si on y diffusait un film en accéléré. Il avait l’impression que son crâne allait se fendre en deux et il ne trouvait plus sa situation aussi confortable.
Aussi se décida-t-il enfin à ouvrir les yeux.

Ce qu’il regretta aussitôt, car il fut ébloui par une lumière vive qui brillait juste au-dessus de lui.
Il referma donc ses paupières et roula vivement sur le côté pour se retrouver sur le ventre, hors de porter de cette lumière éblouissante. Encore une mauvaise idée, bouger aussi brusquement lui donna la nausée, il avait l’impression que le sol tanguait sous lui, comme s’il était allongé sur le pont d’un bateau en pleine tempête.
Il colla alors les paumes de ses mains sur ses yeux et resta dans cette position un moment.

Après quelques minutes, il sentit ses entrailles se remettre en place et les tâches incrustées dans ses yeux disparaître progressivement. Il les rouvrit donc doucement cette fois, pour leur laisser le temps de s’habituer à la luminosité.
Puis il cligna pour aider son cerveau à faire le point pour s’apercevoir qu’il se trouvait sur une grande étendue verte, le doux matelas sur lequel il était allongé était en fait de l’herbe.
Il se redressa avec précaution et s’assit sur ses talons pour observer les alentour. Pas de doute, il était bien à genoux dans l’herbe, de l’herbe fraîche et bien verte… Il leva ensuite la tête et trouva un ciel bleu illuminé par un soleil au zénith.

Le Paradis ???
Il rit à cette pensée. Non, c’était stupide…
Mais dans le doute, il ne put s’empêcher de se pincer.

- « Aïe !!! » Bon, ce n’est pas le Paradis, on a pas mal au Paradis normalement…

Il se releva maladroitement et épousseta son costume, le vent soufflait fort, faisant claquer sa cravate et ébouriffant ses cheveux. Il ferma les yeux et inspira un grand coup. L’air frais l’aida à se remettre les idées en place.

Quand il rouvrit les yeux, il put constater qu’il se trouvait sur une immense plaine, mais il ignorait complètement de quelle plaine il pouvait bien s’agir. Il connaissait très bien la région de Cardiff, il connaissait même très bien tout le Pays de Galles, mais pas au point d’en reconnaître chaque étendue herbeuse…
Où pouvait-il bien être…
Ianto commençait à se poser pas mal de questions, jusqu'à ce qu’il entende un bruit étrange.
Il se retourna vivement et aperçu un corps allongé dans l’herbe un peu plus loin.






Citation:


Le temps s’écoulait lentement alors que Jack et Gwen étaient toujours enlacés sous la pluie battante.
Jusqu’à ce que Gwen relève brusquement la tête.

- « Jack, lève toi ! Ordonna la jeune femme. Hors de question de les laisser tomber ! »

Elle attrapa son Capitaine par le bras et le força à se relever en même temps qu’elle. Jack obéit docilement et attrapa l’arme de Ianto au passage.

- « Je ne sais pas encore comment, mais on les ramènera !!! » Dit-elle d’un air déterminé.

Elle courait presque en direction de l’entrée du Hub, suivi par Jack, qui ne semblait pas vraiment partager sa détermination. Il savait qu’il n’y avait aucun moyen de revenir en arrière.
Gwen s’en rendrait compte par elle-même bien assez tôt… pensa-t-il.

***********************************************

Ianto s’aperçut rapidement que le corps qu’il pouvait apercevoir était celui de Martha. Elle commençait à remuer. Il se précipita donc auprès d’elle sans oser la toucher, il venait de passer par la phase « réveil » et il était bien placé pour savoir qu’il valait mieux lui laisser le temps d’émerger doucement.
Comme Ianto, Martha eût beaucoup de mal à sortir de sa torpeur. Elle marmonna des paroles qu’il ne put comprendre, puis elle essaya de se relever avec l’aide du gallois.

- « Ianto ? » Commença la jeune femme avant d’être aussitôt interrompue par une violente nausée qui la força à refermer la bouche pour éviter un drame…

Ianto attendit patiemment qu’elle se reprenne avant de lui demander.

- « Tu vas bien ? »
- « Oui, ça va mieux merci. » Grommela-t-elle.

Elle se releva alors, toujours soutenu par Ianto et réalisa à son tour qu’elle était au beau milieu d’une sorte de prairie.

- « Où sommes-nous ? » Demanda-t-elle en retirant un brin d’herbe qui s’était pris dans ses cheveux.
- « Je l’ignore… Admit Ianto, mais on est plus à Cardiff… » Ajouta-t-il avec un sourire en coin.

Elle lui lança un regard semblant signifier « Sans blague !!! » et scruta les environs à la recherche d’un indice qui pourrait les renseigner sur l’endroit où ils se trouvaient.

- « De toute évidence, nous n’avons pas fui assez rapidement, le piège que nous avons tendu à la créature s’est refermé sur nous… Expliqua le jeune homme penaud. Je suis désolé Martha. Continua-t-il. C’est de ma faute, si j’avais été plus attentif… »
- « Stop, le coupa Martha indulgente, laisse tombé, tout va bien. » Le rassura-t-elle.
Il la regarda sceptique.
- « Je t’assure, ne te torture pas avec ça, on est en vie et c’est tout ce qui compte tu ne crois pas ? Elle fit une pause et regarda autour d’elle encore une fois. Moi qui croyais que nos cerveaux ce retrouverait incrusté dans le sol de la place si on ne filait pas vite fait… Finalement on s’en est bien tiré. Elle posa les yeux sur Ianto. On a juste voyagé un peu… »
Ce dernier fit une grimace.
- « Un peu ?! Répéta-t-il. A ta place, je ne serais pas aussi catégorique. On a traversé la faille, on a pu atterrir n’importe où… » Dit-il d’un air sombre.

Devant le visage tendu et méfiant de son homonyme, Martha ne put s’empêcher de se mettre sur ses gardes malgré l’apparence tranquille du champ d’herbe dans lequel ils se trouvaient.
Ianto repris la parole dans une atmosphère pesante.

- « Je n’ai jamais traversé la faille. Mais j’ai eu l’occasion de rencontrer certains qui l’avaient fait… »
Il fit une pause, comme si le souvenir de ces personnes lui était difficile. Martha l’écoutait attentivement.
- « Certains arrivent à Cardiff, ils ont été arrachés à leur époque, sans aucun espoir de retour et ils doivent apprendre à vivre dans un milieu où tout leur est inconnu. Mais il y a pire. « Pire » ?! Martha commençait à être vraiment inquiète. Il y a ceux qui, comme nous, sont passé au travers de la faille pour atterrir dans des lieux de cauchemars et qui reviennent changé à jamais par les choses atroces qu’ils ont pu vivre, enfin… si ils reviennent… »

Il s’interrompit à nouveau. Martha était maintenant très mal à l’aise.

- « Certains sont si atteint qu’ils sont totalement incapables d’en parler… »
- « Ok, j’ai compris. » L’interrompit-elle en grimaçant.

Elle regarda autour d’elle une énième fois. Rien ne semblait indiquer qu’ils avaient atterri dans un lieu cauchemardesque, le ciel était bleu, l’herbe verte, le vent soufflait un air frais et très familier.
Elle le fit remarquer au gallois.

- « Oui, tu as raison. Répondit-il pensivement. On dirait l’air marin… »
- « Tu crois qu’on aurait pu avoir une chance incroyable et n’atterrir qu’à quelques kilomètres de Cardiff ? »

Ianto ne lui répondit que par un regard profondément sceptique.

- « On peut toujours rêver… » Affirma la jeune femme en haussant les épaules.
Encore sous le coup du discours peu rassurant de Ianto, les deux jeunes gens restèrent un moment sur place à observer les alentours, le vent à l’odeur iodé continuant de leur fouetter le visage. Mais après quelques minutes, ils finirent tous les deux par trouver se comportement ridicule.
- « On ne saura jamais où on est si on reste là à scruter la pelouse… » Annonça Martha et Ianto ne put qu’acquiescer.
- « Si tu te sens de marcher un peu, nous pourrions monter sur cette colline, ça nous donnera une vue d’ensemble… » Proposa Ianto.

Martha se sentait mieux maintenant et ils se mirent donc en route.

Après quelques minutes d’une marche silencieuse, ils approchaient déjà du sommet du promontoire.

- « Nous allons enfin savoir si nous allons devoir faire face à une horde d’Aliens hostile ou fuir devant des dinosaures affamés… » Plaisanta Ianto, la voix quelque peu tendu malgré tout.

Martha aurait volontiers sourit, mais la pente était raide et elle se sentait encore un peu nauséeuse, inutile de prendre le risque de ruiner ses chaussures…
Elle préféra ralentir un peu et Ianto atteignit donc le sommet avant elle.
Il s’arrêtât d’un coup, apparemment subjugué par ce qu’il avait sous les yeux. Martha remarqua immédiatement son trouble.

- « Ianto ?! Qu’est-ce que tu vois ? Demanda-t-elle. Ianto !!! »

Ce dernier ne répondit pas.

- « Ianto ? S’inquiéta Martha. Est-ce que je dois commencer à courir ? »

Là encore Ianto ne semblait pas presser de lui répondre.
Elle accéléra donc le pas pour le rattraper et constater elle-même ce qui se passait derrière cette fichu colline.

- « Je ne pense pas qu’on soit encore à Cardiff, lança-t-il enfin d’une voix éteinte. Et je ne pense pas non plus qu’on soit toujours au XXI éme siècle. »

Martha fronça les sourcils. Elle rassembla alors ses dernières forces pour gravir les quelques mètres qui la séparaient encore de Ianto et ouvrit à son tour des yeux ébahis par le paysage qui s’ouvrait devant elle…





Citation:


La porte crantée du Hub s’ouvrit laissant passer une Gwen trempée, frigorifiée, épuisée, mais résolument décidée à ramener ses compagnons.
Puis, Jack apparut à son tour alors que Gwen commençait déjà à lancer différentes recherches sur les moniteurs, enjambant les câbles que Ianto avait mis en place en peu plus tôt.
Il s’arrêta un instant pour la regarder s’affairer, elle était à la fois touchante et désespérante. Touchante parce qu’elle gardait en elle cet espoir insensé et naïf de trouver une solution miracle. Et désespérante… pour les mêmes raisons.
Comment pouvait elle imaginer une seule seconde qu’elle pourrait trouver un moyen alors que personne n’avait réussi avant elle et pourtant, Torchwood avait très souvent essayé, contrôler la brèche faisait partie des rêves les plus chers de l’Institut.
Ne pouvait elle pas simplement laisser tomber pour une fois et commencer à accepter la réalité.
C’était fini, une fois de plus…

Il détourna donc le regard et alla s’asseoir sur le sofa, son manteau ruisselant laissant une large trace humide derrière lui. Si Ianto avait été là, ça aurait bardé pour son matricule.
Mais Ianto n’était pas là…
Il posa l’arme qu’il tenait toujours à la main sur la table, juste à côté de la fameuse pile de revues.
Être assis en étant trempé comme il l’était n’avait rien de très confortable, mais Jack s’en fichait, il se sentait si vide. Gwen avait de la chance finalement de s’être raccrocher à un espoir, même aussi ridicule…

Il se laissa bercer par ses pensées, en temps normal, Ianto aurait accouru pour l’aider à enlever son manteau et l’aurais mis à sécher, Ianto était très doué pour ça. En moins d’une heure, Jack retrouvait un manteau parfaitement sec. En y repensant, il n’avait jamais compris comment il s’y prenait pour réaliser un tel miracle, mais il le soupçonnait d’utiliser cet espèce de sèche cheveux qu’ils avaient trouvé dans un vaisseau Alien…
Il s’enfonça dans le sofa, le cœur de plus en plus lourd. Il entendit vaguement Gwen lui demander de l’aide mais il ne répondit pas.
Au contraire, il détourna la tête et vit la veste de Martha nonchalamment posé sur l’accoudoir du sofa.
Il réalisa soudain que ni elle ni Ianto ne reviendraient jamais…
Bien sûr il le savait déjà, mais là cela devenait si évident, jamais Martha ne viendrait récupérer sa veste, jamais plus Ianto ne sécherait son manteau en pestant contre lui qu’il devrait sérieusement songer à investir dans un parapluie, ou mieux encore, à se mettre à utiliser celui qu’il lui avait offert, afin de lui éviter d’avoir à utiliser le fameux sèche cheveux qu’il n’avait théoriquement pas le droit de sortir du coffre…

Enfin, il lui vint à l’esprit qu’il devrait prévenir les familles. Comment allait-il annoncer cela à la famille de Martha ?
Le mensonge était impossible, il ne pouvait pas se résoudre à mentir à Francine Jones pour « couvrir » la mort de sa fille. Pas après ce qu’il avait traversé avec cette famille pendant toute cette année d’horreur, pas après ce que Martha avait fait pour l’humanité et pour le Docteur…
Le Docteur !!!
A cette pensée, Jack se redressa et sentit naître en lui un élan d’espoir. Martha pouvait toujours faire appel à lui. Évidement, encore fallait-il qu’elle soit en état de le faire, s’ils avaient atterri sur une planète hostile, elle n’en aurait peut être jamais l’occasion.
Mais il fallait y croire, c’était leur seul espoir, c’était son seul espoir…





Citation:


Ianto n’en croyait pas ses yeux. Devant lui s’étendait le paysage le plus fascinant qu’il eut jamais contemplé.
Pendant un instant il se demanda même s’il n’était pas tous simplement en train de rêver. Peut-être était il toujours à Cardiff, dans un coma profond et que tout ceci n’était que le fruit de son imagination…
Pourtant, tout cela semblait bien réel et puis, il avait déjà vécu suffisamment de choses étranges dans sa courte vie pour savoir que tout était possible.
A ses côtés, Martha était aussi abasourdie que lui, mais pour une tout autre raison…

- « Ça alors… » Souffla Ianto.
- « C’est impossible… » Renchérit Martha sur le même ton.

Ils étaient tous les deux au bord d’une haute falaise qui plongeait à pic dans la mer.
Le paysage était littéralement vertigineux, tout semblait immense, aussi bien la plaine qui s’étendait à perte de vue derrière eux, que l’océan qui frappait la falaise à plusieurs centaines de mètres sous leurs pieds.
Ianto en avait le souffle coupé, mais le plus étonnant à ses yeux était bien sûr la ville…
Sur leur gauche s’élevait une cité, elle aussi gigantesque, plus grande que toutes les mégalopoles qu’il connaissait sur Terre.
Des centaines de Buildings, tous plus haut les uns que les autres, semblaient être en concurrence pour savoir lequel parviendrait à déchirer le ciel.
Tous ces édifices avaient un design très futuriste nota Ianto.

Sur leur droite, s’élevait sur un promontoire qui avançait dans la mer, un bâtiment blanc, immense lui aussi. Un croissant de lune vert était dessiné sur la façade immaculée.
Mais le regard du jeune gallois revenait invariablement vers la cité aux proportions hors norme, ou en tout cas, en dehors de ses normes à lui…
Ianto regardait inlassablement le ballet des voitures ? Oui cela devait forcément être des voitures pensa-t-il. Ces véhicules avaient à peu près la même forme qu’une voiture du XXI ème siècle, la différence majeure venait surtout du fait qu’elles… volaient !!!
Elles tourbillonnaient autour des immenses constructions et Ianto ne put s’empêcher d’imaginer des « personnes » dans chaque engin, chacun se rendant à son travail ou chez le dentiste…
Cette pensée le rassura un peu, si lui et Martha se retrouvaient contraint de rester ici pour toujours, au moins ils ne seraient pas trop dépaysés.
Mais pourquoi si ?
Lui et Martha serait bien obligés de vivre ici désormais, leurs chances de retour étant quasi nulles.
Plus jamais il ne reverrait sa famille, ses amis, Cardiff, Torchwood, Gwen et surtout Jack…
Il regarda Martha, au moins il n’était pas seul…
L’expression de sa compagne était toujours dans l’émerveillement, il se força donc à sourire, inutile de lui rappeler tout de suite qu’il n’y avait pas d’espoir de retour…

Celle-ci de son côté ne cessait de se répéter que c’était impossible, qu’elle ne pouvait pas être ici…
Jamais elle n’aurait pu imaginer qu’un jour elle reverrait cette ville. Elle sourit en y repensant.
La dernière fois qu’elle était venue, c’était bien sûr avec le Docteur, son séjour avait débuté dans les bas fonds de la ville, sous la pluie. Elle avait à peine eu le temps de réaliser qu’elle se trouvait sur une autre planète, dans un futur si lointain que cela lui semblait en dehors du temps, que déjà, les ennuis avaient pointé le bout de leur nez et elle s’était retrouvée dans une situation… compliquée…
Le sourire nostalgique qu’elle affichait n’avait donc rien, ou peu à voir avec l’émerveillement, comme le pensait Ianto.

- « J’ai l’impression que nous sommes toujours sur Terre… Tenta Ianto, arrachant la jeune femme à ses pensées. Loin dans le futur… Peut-être en l’an … 5 000, 10 000, 50 000 ? »

Il chercha l’approbation de Martha, après tout, elle avait beaucoup voyagé dans le temps avec ce fameux Docteur, peut-être avait elle une idée sur le sujet.
Bien sûr, il était loin d’imaginer ce que Martha s’apprêtait à lui révéler.

- « Hum tu y es… presque. » Répondit l’ex compagne du Docteur d’un air mystérieux.

Ianto la regarda intriguée.

- « Tu sais où nous sommes ?! » Demanda-t-il incrédule.

Elle hocha la tête et Ianto, profondément surpris, aurait apprécié d’avoir quelque chose pour s’asseoir.
Il se reprit et attendit sagement que Martha lui explique. Celle-ci se délecta encore un instant du regard à la fois abasourdi, curieux et surtout impatient de son compagnon de voyage avant de se lancer.

- « Nous sommes… à… »

Martha accentuait chaque syllabe avec un plaisir certain à torturer Ianto, qui buvait littéralement ses paroles. Elle comprit tout à coup le plaisir que devait ressentir le Docteur à chacune de leur destination, alors qu’il voit une curiosité enfantine se dessiner sur le visage de ses compagnons attendant ses explications. Cette fois, c’était à son tour de jouer au Docteur et Ianto était parfait dans le rôle du compagnon intéressé.

- « New New York !!! » Conclut-elle enfin dans un éclat de voix.

Ianto resta interdit, il se demandait s’il devait rire ou pas.

- « New New York ? » Répéta t-il incertain.

Martha acquiesça et fut à nouveau prise d’une envie irrésistible de jouer au Docteur.

- « Nous sommes sur Nouvelle Terre en l’an 5 milliards… euh… et des poussières… Notre bonne vieille Terre a fini par mourir et l’humanité s’est donc dispersée dans toutes les galaxies. Expliqua-t-elle. Et par nostalgie, certains sont venus s’installer ici, parce que comme tu peux le constater, cette planète ressemble énormément à la Terre. Même taille, même atmosphère, même orbite, etc… Ils l’ont donc baptisé Nouvelle Terre et New New York est donc une réplique de New York. Bien qu’en réalité, il s’agisse de la 15ème New York depuis sa création, donc on devrait plutôt dire New New New New New New New New New New New New New New New York… »

Elle reprit son souffle, satisfaite de son explication qu’elle jugeait digne de celle du Docteur et observa la réaction de Ianto.
Celui-ci avait un peu de mal à encaisser le coup, ce que Martha compris très bien, après tout, faire un bon de 5 milliards d’années dans le futur et se retrouver sur une autre planète, peut-être considéré comme un choc, même pour quelqu’un travaillant à Torchwood.
Elle attendit donc un moment que son ami se remette.

Ianto était sidéré, il regarda encore autour de lui, mais son regard était totalement différent maintenant qu’il savait où il se trouvait et surtout, maintenant qu’il savait que tous ces véhicules volant abritait des êtres humains. Lui qui pensait que l’Homme ne survivrait jamais au XXI ème siècle, il fut soulagé de voir que toutes les horreurs qu’il pouvait voir à Torchwood ne viendrait jamais à bout de l’humanité…
Quand il put enfin se reprendre, il questionna Martha pour en apprendre davantage sur son aventure, elle entreprit donc de le satisfaire et lui fit un rapide résumé.

- « Alors, quand tu es venue ici, tout le monde était mort ?! » Demanda Ianto quand elle eut terminé son récit.
- « Oui, quasiment, seul les New New Yorkais se trouvant dans le périphérique lors de la propagation du virus ont survécu et le Docteur a pu les sauver… »

Encore une fois, Ianto resta sans voix.

- « Mais le plus beau dans cette histoire, c’est qu’on va pouvoir rentrer ! » Lança-elle.

Le jeune homme la regarda sans comprendre.

- « Je viens de réaliser que pour rentrer, il me suffit de passer un petit coup de fil… » Elle sourit mystérieusement à Ianto qui avait décidément du mal à suivre.
- « Attends une minute, comment ça « un petit coup de fil » ?? »
- « Le Docteur a bidouillé mon téléphone, je peux appeler qui je veux, quand je le veux quel que soit le lieu où je me trouve dans l’Univers et dans le Temps… Expliqua-t-elle tout en fouillant dans ses poches à la recherche de son portable. Je vais donc l’appeler et il n’aura plus qu’à passer nous prendre et qui sait, on aura peut-être même le temps de faire un peu de tourisme avant de rentrer… » Dit-elle en souriant.

Elle continuait de fouiller dans ses poches, mais le téléphone était introuvable.

- « Mais qu’est-ce que j’en ai fait… » Murmura-t-elle.

Elle commençait à paniquer et ses gestes étaient de plus en plus désordonnés.
Puis, après avoir effectué une fouille méthodique de chacune de ses poches pour la cinquième fois, elle se figea et releva un visage horrifié vers Ianto qui commençait à s’inquiéter un peu.

- « Mon téléphone, je crois que je l’ai laissé dans ma veste… »

Ianto se retourna machinalement vers le lieu où lui et Martha s’étaient réveillés un peu plus tôt, dans l’espoir d’y voir la fameuse veste.

- « … Dans ma veste que j’ai laissé dans le Hub… »

Ianto la regarda en hochant la tête, leur seul et unique espoir de retour venait de disparaître aussi vite qu’il était venu…





Citation:


Jack n’en revenait pas de ne pas avoir songé à cette possibilité plus tôt. Le Docteur les sortirait de là en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
Il se releva donc et rejoignit Gwen, toujours très occupée à relever chaque pics de l’activité de la faille, pour tenter de voir s’il n’y avait pas une façon de tout inverser.

- « Ah, enfin tu te décides à m’aider ! »

Sa voix tremblait, elle commençait à se rendre compte qu’il n’y avait pas de moyen de les faire revenir depuis le Hub, mais elle refusait de baisser les bras.
Jack lui fit signe de s’arrêter un instant, mais elle ne l’écoutât pas, elle préférait continuer à passer d’écran à écran pour vérifier et revérifier des chiffres et des courbes qu’elle connaissait déjà par cœur, dans des gestes qui frôlaient maintenant l’hystérie.

- « Gwen, calme toi et écoute moi ! » Ordonna-t-il.

Mais là encore ce fut en vain.
Il l’attrapa donc par les épaules et la força à le regarder.

- « Écoute ! Nous n’avons aucun moyen de les faire revenir ! »

Le ton si catégorique du Capitaine brisa net les derniers espoirs de Gwen, mais elle remarqua qu’il avait le sourire aux lèvres.

- « En revanche, il y a quelqu’un qui pourrait les aider… »

Gwen ne voyait pas vraiment où il voulait en venir, il lui expliqua donc l’histoire du téléphone de Martha.
Mais étrangement, Gwen ne sembla pas rassuré pour autant. Elle fixait quelque chose par-dessus l’épaule de Jack.

- « C’est bien la veste de Martha sur le sofa ? » Demanda-t-elle encore tremblante.

Jack se retourna et réalisa soudain où elle voulait en venir.
Il la lâcha donc et couru prendre la veste. Après une fouille rapide, il sentit quelque chose de dur dans une des poches, il s’immobilisa espérant de tout son être que le plastique qu’il sentait sous ses doigts n’étaient pas celui du téléphone, mais quand il retira sa main il ne put que constater que tout était fini. Il le montra à Gwen. Elle mit sa main sur sa bouche et alla se laisser tomber sur une chaise.
Cette fois, tous les espoirs de revoir Ianto et Martha étaient définitivement morts.

********************************************************

A New New York, Ianto fixait toujours Martha, mais il ne la voyait pas vraiment. Cette fois c’était clair, le retour n’était même plus imaginable.
Martha de son côté, était furieuse contre elle-même.

- « Je ne me sépare jamais de mon téléphone ! Jamais ! Se lamenta-t-elle. Pourquoi je ne l’ai pas pris avec moi quand j’ai posé ma veste ? C’est toujours ce que je fais habituellement. »

Ses mots sortirent Ianto de sa torpeur, bien qu’ils soient plus adressés à Martha elle-même qu’à lui.
Le gallois s’approcha pour la réconforter quand il vit dans ses yeux qu’elle commençait à comprendre qu’ils allaient devoir devenir des New New Yorkais désormais. Ou en tout cas de Nouveaux Terriens, Ianto espérait bien qu’il existait un New Cardiff quelque part…
Peut-être même que Jack s’y trouvait encore, après tout, il n’était pas censé mourir. Mieux encore, et si Jack était toujours à Torchwood ?!
Bien sûr, Ianto se doutait bien qu’il y avait peu de chance que Jack soit resté 5 Milliards d’années au même endroit en y faisant toujours le même job (en imaginant que Torchwood existe toujours bien sûr), il ignorait même si l’éternité de Jack était réellement éternelle, mais à défaut de pouvoir rentrer, l’espoir de le revoir était pour lui un petit réconfort.

Bien que l’idée lui paraisse un peu stupide, il ne put s’empêcher d’en faire part à Martha. Mais par prudence, il décida de le faire sur le ton de la plaisanterie, inutile de passer pour un amoureux transit aux espoirs insensés.

- « Et si on asseyait de contacter Torchwood, peut-être que Jack nous offrirait un travail, après 5 milliards d’années d’expérience, il doit sûrement avoir atteint les plus hautes sphère de l’Institut. »

Il accompagna sa réflexion d’un petit rire nerveux et attendit la réaction de Martha.
Et sa réaction dépassa tout ce qu’il avait imaginé. Elle se figea puis releva la tête alors qu’elle sortait brusquement de son affliction.

- « Ianto ! Tu es génial ! »

Elle criait presque et se frappa le front.
Pendant un instant, Ianto se demanda si elle ne se moquait pas de lui, mais son air stupéfait le convainquit du contraire.

Bien entendu, la réflexion de Ianto lui avait immédiatement fait penser à l’ami du Docteur, Face de Boe, qu’elle avait rapidement rencontré lors de son séjour ici. Ce n’était que bien plus tard, qu’elle avait compris qui était cet ami…
La surprise avait été de taille !
Elle s’apprêtait à tout raconter à son compagnon d’infortune, mais elle en fut incapable. Elle se demanda s’il était judicieux de raconter à Ianto tout ce qu’elle savait de Face de Boe. Après tout, elle ignorait tout de ce qu’il y avait réellement entre Jack et lui et elle ne voulait pas risquer de le troubler en lui racontant ce qu’allait devenir Jack.

- « Martha ? » S’inquiéta Ianto devant l’expression étrange de la jeune femme.

Celle-ci releva les yeux et le regarda. Comment lui dire que son patron, ami, amant et éventuel « amoureux » était maintenant une grosse tête dans un bocal…
Cela lui semblait compliquer et elle décida donc qu’il n’était pas utile de lui en parler dans l’immédiat, surtout qu’elle n’était pas certaine de pouvoir le retrouver, elle aviserait donc en temps utile.
Aussi, quand elle raconta à Ianto sa rencontre avec Face de Boe, elle évita de le nommer, au cas où Jack lui aurait déjà fait part de son ancien surnom. Elle se contenta de lui dire que ce n’était qu’un ami du Docteur et qu’elle le connaissait à peine, ce qui n’était pas tout à fait faux, estima-t-elle.

- « Et tu crois vraiment qu’il va pouvoir nous aider à rentrer ? » Demanda Ianto incrédule, mais avec une infime pointe d’espoir dans la voix.
- « Je ne sais pas. Avoua Martha. Mais si quelqu’un peut nous aider c’est bien lui. Et s’il ne peut pas nous ramener lui-même, il pourra au moins envoyer un appel au Docteur. Quoi qu’il en soit, il est notre seule et unique chance. »





Citation:

Après un rapide moment de réflexion, les Jones décidèrent donc de se mettre en route en direction de New New York.
Bien que tous les deux très inquiets quant à leur avenir incertain, ils ne pouvaient s’empêcher d’être très excités à l’idée d’aller faire un tour dans cette ville extraordinaire.
Chaque pas les rapprochant de la cité faisait baisser leur appréhension, qui finit donc par s’envoler totalement, pour laisser place à un sentiment très familier pour Martha, mais complètement inédit pour Ianto : le plaisir de découvrir quelque chose de nouveau, que personne d’autre au monde ne verrait jamais.
Car bien que potentiellement tragique, cette aventure était sans nul doute bien plus fascinante que la collecte d’informations sur les Weevils et la chasse de tous les rebuts de l’Univers qui venaient faire du tourisme à Cardiff.

Le temps passait et les Jones marchaient toujours, mais la ville ne semblait pas vraiment vouloir se rapprocher.
Et à présent, le petit tour de montagnes russes émotionnel avait pris fin pour être remplacé par la raison. Et en particulier par une question qui avait tout à coup germé dans l’esprit des deux jeunes gens, Ianto fut le premier à la formuler.

- « Martha ? Tu ne trouves pas étrange qu’on se soit retrouvé ici. Commença-t-il. Je veux dire, on aurait pu réapparaître n’importe où dans le Temps et l’Espace et nous arrivons dans un lieu où non seulement tu es déjà venue, mais où en plus, tu connais quelqu’un qui pourrait nous aider… »
- « Oui, j’y pensais aussi justement. C’est vrai que c’est très étrange. Peut-être trop pour que ce ne soit qu’une simple coïncidence. Cela dit, tout n’est pas joué, le fait que je connaisse les lieux ne signifie rien et cette… personne ne pourra peut-être rien pour nous et il est même possible qu’il ne soit pas, ou plus ici… »

Ils restèrent pensifs un moment tout en continuant leur marche interminable jusqu’à ce que Martha brise le silence.

- « Ianto, je n’en peux plus, j’aimerais faire une petite pause si ça ne t’ennuie pas … » Souffla-t-elle en s’arrêtant.

Elle se retourna pour voir ce qu’en pensait son ami qui ne lui répondait pas, mais elle ne vit personne derrière elle. Elle commençait à s’inquiéter quand la voix de Ianto la héla.
Elle remonta donc le petit talus qu’elle venait de descendre pour rejoindre le gallois. Une fois en haut, elle le vit. Il était debout à côté d’une de ces voitures volantes.

- « Martha ! Je nous ai trouvé un chauffeur ! » Lança-t-il joyeusement.

Elle resta bouche bée un instant puis couru le rejoindre.

- « Comment as-tu fait ? » Chuchota-t-elle impressionner à l’oreille de Ianto tout en grimpant dans le véhicule.
- « Oh, rien de plus simple, j’ai vu que cette voiture se rapprochait de nous et qu’elle allait nous survoler, alors je me suis arrêté pour l’attendre et j’ai… levé le pouce. » Il sourit avant de suivre Martha sur le siège arrière.
- « Oui, certaines choses ne changent pas… » Murmura Martha.

Ianto se pencha pour remercier le conducteur de s’être arrêter, mais il ne trouva pas ses mots. L’homme s’était retourné pour saluer ses passagers, sauf qu’au plus grand étonnement de Ianto, l’homme était en réalité un chat.

- « …contrairement à d’autres. » Ajouta la jeune femme.

Ianto était médusé, il fixait l’individu aux traits de chat avec un étonnement non dissimulé et renforcé par sa mâchoire inférieure qui pendouillait mollement. Sur le siège passager se tenait une femme, elle aussi avait un physique félin.
Les Chats semblaient de plus en plus gênés par l’attitude de Ianto et Martha intervint rapidement.
Elle se pencha en avant pour saisir et serrer les mains velues de leur chauffeur et de la femme tout en les remerciant chaleureusement. Elle donna un discret coup de coude dans les côtes de son ami qui se réveilla, soudain conscient de l’impolitesse de son comportement.
Il reprit donc rapidement un sourire courtois et serra à son tour les mains (ou pattes ?).

- « Merci de vous être arrêté. » Les remercia Ianto.
- « Pas de problème, ce n’est pas parce que nous vivons dans une grande ville que nous devons nous conduire comme des chats de gouttière ! A propos, je suis Harry Popplewell et voici ma femme, Mona.» Répondit le chat d’une voix parfaitement humaine.

Sa femme hocha la tête en souriant en signe d’assentiment.
Il se retourna alors et repris le chemin de New New York.
Les Jones s’affaissèrent dans le fond de la banquette arrière tout en regardant le sol s’éloigner d’eux par les fenêtres. Ils auraient eu de bonnes raisons d’être inquiets devant une conduite aussi inhabituelle, mais voir la ville se rapprocher aussi rapidement et imaginer le temps qu’il leur aurait fallu pour faire le même trajet à pieds leur fit oublier toute forme d’appréhension.

- « Alors, qu’est-ce que vous faisiez dans la plaine ? » Demanda le chat pour meubler le silence.
Martha et Ianto se regardèrent. Qu’allaient-ils bien pouvoir raconter.
- « Euh… Nous étions… » Commença Martha.

Mais le chat, plutôt du genre bavard, l’interrompit.

- « Ah oui, je vois ce que c’est. Dit-il en lançant un regard complice à Ianto dans le rétroviseur. Moi aussi j’allais dans les plaines avec ma femme… Avant qu’elle ne devienne ma femme… » Ajouta-t-il en marmonnant avec un air renfrogné.
- « Qu’est-ce que tu marmonnes ?! » Interrogea cette dernière d’un ton autoritaire et soupçonneux.
- « Non, non, ce n’est pas ce que vous croyez… » Commença Ianto soudain gêné, aussi bien pour stopper la dispute qui menaçait d’éclater que pour dissiper le malentendu sur sa relation avec Martha. Mais il fut à son tour interrompu.
- « Oh oh, ne soyez pas gêné voyons, Monsieur ? »
- « Euh… Jones, Ianto Jones. Et voici Martha… Jones. »

Il visualisa la méprise avant même d’avoir fini les présentations, mais un rapide coup d’œil à Martha, qui s’amusait beaucoup de ce dialogue de sourd, le dissuada de tenter la moindre explication.

- « Bravo ! De jeunes mariés qui continuent d’aller batifoler dans les collines !!! Je suis impressionné. Profitez en avant que la routine s’installe… » Ajouta-t-il tout bas.

Mais là encore sa femme lui lança un regard assassin.

- « Laisse les tranquille, leur vie privée ne te regarde pas ! Puis elle se tourna vers les « tourtereaux ». Vous n’êtes pas d’ici n’est-ce pas ? »
- « Ça se voit tant que ça ? » Rétorqua Martha.
- « C’est votre façon de parler qui vous a trahi. » dit-elle en souriant.

Et Ianto réalisa soudain qu’il les comprenait. Lui et Martha parlaient à deux chats après 5 Milliards d’années d’évolution du langage et ils les comprenaient parfaitement.
Martha se posait la même question, le Tardis n’étant pas dans les parages, elle ne devrait pas pouvoir communiquer. A moins que cette époque utilise toujours l’anglais. Le Docteur lui avait dit un jour que le XXI ème siècle était considéré comme la période classique et était donc toujours très en vogue.
Cependant il existait quelques différences qui avaient semblé évidentes à l’oreille des chats.

- « D’où venez-vous ? » Demanda le chauffeur curieux.

Ianto et Martha se regardèrent à nouveau, cherchant une réponse plausible. Mme Popplewell intervint, leur laissant encore quelques secondes pour réfléchir.

- « Oooo, mais tu es bien curieux, tu ne voudrais pas les laisser un peu tranquille. Puis elle se tourna vers les Jones. Excusez-le, il est incapable de se tenir… »

Ils haussèrent les épaules dans un même mouvement pour signifier que ce n’était pas grave, ce que leur chauffeur pris pour une autorisation à continuer son interrogatoire.

- « Laissez-moi deviner… A votre accent je dirais que vous venez de la Nouvelle Confédération Européenne, pas vrai ??? »

Sa femme lui lança un autre regard noir, mais elle ne dit rien cette fois, curieuse d’en savoir plus elle aussi.
Ne sachant que répondre, Martha et Ianto se contentèrent d’acquiescer, trop content que leur nouvel ami fasse aussi bien les questions que les réponses.
Puis, désireux d’éviter une autre question, plus précise, qui les mettrait dans l’embarra, Martha se lança dans un petit développement censé leur faire gagner du temps alors que la ville approchait de plus en plus.

- « En fait, nous sommes ici en lune de miel. Cette ville est si exceptionnelle ! Elle afficha un sourire radieux de jeune mariée et pris la main de Ianto dans la sienne pour le forcer à en faire autant. N’est-ce pas mon gros nounours ! » Ajouta-t-elle pour le taquiner.

Celui-ci la regarda surpris avant d’accrocher son plus beau sourire à ses lèvres.

- « Absolument. Ma…petite… caille. »

Madame Popplewell ouvrit de grands yeux embués devant tant de romantisme, puis lança un autre regard assassin à son mari.

- « Prends en de la graine !!! » Siffla-t-elle.

Sentant le danger arriver, son mari l’interrompit rapidement.

- « Nous y voilà, où dois je vous déposez ? »
- « Euh… Au centre-ville ? » Tenta Martha en espérant que ce ne soit pas une idée suicidaire à cause de la pollution, la délinquance ou n’importe quelle autres raisons propre à l’an 5 Milliards et quelque.

Mais leur chauffeur se contenta d’acquiescer avant de bifurquer et d’entamer sa descente.
Après quelques instants, les Jones quittèrent le véhicule en remerciant chaleureusement le couple pour leur aide. Ceux-ci répondirent par de sincères félicitations pour les jeunes mariés avant de s’envoler vers d’autres cieux.




Citation:
Ils regardèrent la voiture volante s’éloigner. Puis Ianto baissa la tête.

- « « Mon gros nounours » ?? » S’exclama-t-il.
- « Ce n’est pas comme ça que Jack t’appelle dans l’intimité ? » Rétorqua Martha en souriant.
Ianto rougit tout à coup.
- « Euh… Non, certainement pas ! »

Le sourire de Martha s’élargit encore alors que son « mari » cherchait de toute évidence un moyen de changer de sujet.

- « Bon, maintenant qu’on est en ville, qu’est ce qu’on fait ? Demanda-t-il. Tu as une adresse ou quelque chose ? »
- « Pas vraiment non, quand je l’ai vu il était au Sénat, mais la situation était exceptionnelle alors… Elle haussa les épaules avant de reprendre. Le mieux serait de déterminer où on se situe par rapport à ma dernière visite. »
- « Ok… Donc j’imagine qu’il faut qu’on sache si l’espèce humaine a oui ou non déjà été décimée par un virus mortel… »
- « Ça ne devrais pas être difficile à trouver comme info, c’est le genre d’événement qui reste gravé un moment dans la mémoire collective. »

Ils partirent donc en quête de personnes à interroger, mais si Mr et Mme Popplewell s’étaient montrés charmants, ce n’était pas vraiment le cas de la majorité de la population. La plupart des gens à qui ils essayaient d’adresser la parole les ignoraient royalement, les autres les envoyaient promener avec des expressions qu’ils ne connaissaient pas, mais qui devaient certainement être très fleuries.

Alors que Martha faisait face avec courage aux insultes des New New Yorkais, le regard de Ianto fut irrésistiblement attiré par la multitude d’affiches qui l’entourait. Il réalisa soudain qu’ils devaient tous les deux se trouver dans une sorte de New Time Square, avec toutes sortes de publicités très voyantes qui défilaient sur des panneaux lumineux tout autour d’eux.
Il s’attarda plus particulièrement sur une immense affiche qui lui fit dresser les cheveux sur la tête.
Il s’agissait d’une pub de la société « Patchwork », occupant une bonne place parmi la masse de slogans qui s’accumulaient.

Ce n’était pas tant l’affiche elle-même, somme toute assez classique dans sa présentation, qui l’avait choqué, mais la nature même du produit.
Il s’agissait apparemment d’une drogue qui en plus d’être légale, était surmédiatisée. Il étudia le slogan pour être sûr qu’il ne s’agissait pas d’un message ironique. Mais non.

L’affiche représentait un couple, un homme et une femme (enfin une chatte en réalité) tous deux d’une beauté renversante (y compris la féline, Ianto compris soudain l’attirance que pouvait ressentir Jack pour certains Aliens, sans pour autant vouloir y céder lui aussi…), ils marchaient main dans la main avec grâce en affichant un visage emplit de… félicité. Oui c’était le mot juste. C’était d’ailleurs à cela que la pub était destinée, elle vantait les mérites de ce tout nouveau patch permettant de ressentir « ce sentiment envoûtant »…
C’était un « parfum » entièrement nouveau qui devait sortir très prochainement.

Ianto était toujours absorbé par l’affiche quand Martha le rejoignit, elle était légèrement irritée par le comportement des New New Yorkais.

- « Autre chose qui n’a pas changé, dit-elle, les New Yorkais sont toujours aussi aimables ! »

Ianto lui répondit sans cesser de regarder la fameuse publicité.

- « Si tu veux du changement regarde plutôt ça. Dit-il en désignant l’affiche du menton. Le XXI ème siècle est rempli de message disant que la drogue c’est mal et aujourd’hui elle est vendue comme n’importe quel soda… »

Martha regarda l’affiche à son tour et se figea, mais sa réaction n’avait rien à voir avec celle de Ianto, elle n’était ni scandalisée ni inquiète. En réalité, c’était une terreur sourde qui avait envahi ses entrailles.

- « Mais ce n’est peut-être pas dangereux, continua-t-il, et puis ça a l’air de se coller sur le cou donc pas de risque d’être contaminé par je ne sais quel virus comme avec les seringues… Non ? »

Mais Martha ne répondit pas.

- « Allo ? Le Docteur Jones est demandée à l’accueil… »

Ianto réalisa soudain que son amie semblait profondément bouleversée.

- « Martha ? » Dit-il d’un ton grave.

Elle se tourna vers lui et pointa l’affiche du doigt, mais aucun son ne semblait vouloir sortir de sa bouche. Sa gorge était devenue très sèche et elle eut du mal à avaler sa salive.
Ianto la pris par les épaules pour l’aider à se détendre et après quelques inspirations elle put enfin expliquer la raison de son malaise.

- « Ianto, commença-elle d’une voix rauque, on a un problème… »

Elle lui expliqua alors tout ce qu’elle savait des patchs qui permettaient de ressentir toutes sortes d’humeurs. Ianto n’appréciait pas vraiment ce qu’il entendait, il regardait la foule anonymes qui se pressait dans les rues autour d’eux en ce demandant quel genre de monde avait besoin de drogue pour ressentir des choses…
Puis Martha revint une nouvelle fois sur son dernier passage ici.

- « Le virus dont je t’ai parlé, celui qui a décimé la population. Et bien, il est né d’un de ces patchs. »

Ianto fronça les sourcils, il commençait à comprendre où Martha voulait en venir.

- « En fait il s’agissait de ce patch… »

Il laissa tomber ses épaules et ferma les yeux, décidément rien ne semblait vouloir aller dans le bon sens aujourd’hui.
Et le coup de grâce lui fut donné quand Martha attira son attention sur un panneau lumineux, juste sous l’affiche et auquel il n’avait pas vraiment fait attention jusque là.

- « La société qui produit les patchs a organisé une grande fête promotionnelle pour le lancement de cette nouvelle humeur, avec un grand concert à New Central Park et des distributions gratuites dans plusieurs centaines de lieux différents à travers la ville… »

Les épaules de Ianto étaient déjà si affaissées qu’il ne put se voûter davantage. Ou en tout cas c’est ce qu’il avait cru jusqu’à ce que Martha termine sa phrase.

- « …Et les festivités débuterons aujourd’hui, en fin d’après midi. »



Citation:
Jack et Gwen étaient tous les deux dans une sorte d’état de choc.
Ianto et Martha avaient disparu et leur dernier espoir de les revoir en vie venait de s’éteindre.
Pendant un instant, Jack avait songé à appeler le Docteur lui-même, mais il savait que c’était inutile. Même lui ne pourrait rien faire. Il était impossible de déterminer le lieu où les Jones avaient pu être transportés, alors le faire venir ici ne servirait à rien.
Il retomba donc dans le sofa dans un état second, plongé dans de sombres pensées, les mêmes qui l’avaient habitées et qui l’habitait encore, quand Owen et Tosh étaient morts.

Gwen de son côté s’était laissé glissée du siège où elle était assise pour s’asseoir sur le sol. Ses bras entourant ses genoux. Elle ne cessait de pleurer et ses yeux étaient si rouges qu’elle avait du mal à les garder ouverts.
Et pourtant elle luttait pour ne pas les fermer, car à chaque fois qu’elle le faisait, des images atroces s’imposaient à son esprit :
Ianto et Martha revenant des ténèbres dans un état horrible qui les forcerait, elle et Jack, à les conduire dans cet hôpital spécial créé par Jack.
Cette pensée l’amenait immédiatement à songer qu’il vaudrait peut-être mieux pour eux qu’ils ne reviennent jamais. Mais aussitôt elle se sentait affreusement coupable, comment pouvait elle espérer une chose pareille, alors elle se mettait à prier de toutes ses forces pour qu’ils reviennent, quel que soit leur état.
Et pour finir, une infime lueur d’espoir finissait par faire surface pendant un trop bref instant. Et si la faille avait été clémente et les avaient déposé dans un lieu accueillant, ou mieux encore, si elle les leurs rendaient en pleine forme.
Elle lança un regard vers Jack, il semblait très calme, trop calme. Mais elle savait que les mêmes pensées devaient se bousculer dans sa tête, la seule différence était peut-être que lui n’avait jamais aucun instant de répit…

********************************************

A New New York, les Jones étaient comme dans une bulle. Ils semblaient ignorer la foule qui se pressait autour d’eux, la foule qui, le soir même serait totalement anéantie…
Passer l’effet de surprise, Ianto fit éclater la bulle en prenant Martha par la main pour la conduire il ne savait où.

- « Ianto ? Où est- ce que tu m’emmènes ? » Demanda Martha.
- « Euh… Bredouilla Ianto, il lâcha la main de son amie et se tourna vers elle. Et bien, j’imagine qu’on a plus de temps à perdre, il faut retrouver ce type et lui demander de nous expédier loin d’ici au plus vite, tu ne crois pas… »

Il regarda autour de lui, comme s’il espérait trouver un panneau qui lui indiquerait une direction à suivre.

- « Tu n’es pas sérieux ? » Demanda-t-elle.

Ianto la regarda sans comprendre.

- « On ne va quand même pas s’enfuir en laissant tout le monde se faire tuer ! » Enchaîna-t-elle.
- « Mais que peut-on faire d’autre ? Rétorqua Ianto. On ne peut rien faire, ceci ne nous concerne pas. Nous n’avons que trois options, retrouver ton ami pour ficher le camp, s’enfermer dans le périphérique pour survivre ou… mourir. »

Martha semblait contrariée par cet énoncé.

- « Ou alors, on peut essayer de trouver une solution pour empêcher le lancement de ce patch et sauver la population. Tu as dit toi-même qu’on n’était sans doute pas arrivés ici par hasard, alors peut-être est-ce pour sauver les Nouveaux Terriens que nous sommes ici. »

Ianto s’apprêtait à répliquer, mais le discours de Martha semblait censé, il est vrai que la coïncidence était des plus étranges. Et sauver la population était sans aucun doute ce qu’il aurait essayé de faire en temps normal, mais rien n’était normal dans cette situation et il ne pouvait être sûr de rien.

- « Mais on ne peut pas faire ça ! Décida-t-il finalement. Je ne suis pas un expert du voyage temporel, mais Jack m’a raconté certaines de ses excursions dans la boîte bleue et j’en ai déduit une chose, c’est qu’on ne peut pas modifier le temps, les conséquences seraient bien trop terribles ! »

Il vit dans le regard de Martha qu’il venait à son tour de marquer un point. Et en effet, Martha était bien placée pour savoir qu’il avait raison, d’autant plus qu’elle connaissait toutes les conséquences que cette rencontre avait eu sur l’avenir. S’ils parvenaient à empêcher la propagation du virus, la rencontre avec Face de Boe ne se serait peut-être jamais faite et sans cela, il n’aurait peut-être jamais délivré au Docteur le fameux message qui s’était montré capital par la suite. Tout cela pourrait avoir des conséquences dramatiques sur leur propre époque, Le Maître pourrait se montrer victorieux cette fois, ou alors il pourrait n’avoir jamais été découvert et rester pour toujours à la fin de l’univers. Comment savoir, il y avait bien trop de possibilités.


Elle songea alors que le Docteur aurait sûrement une solution, il avait toujours des solutions pour tout, ou presque. Mais il n’était pas là et elle n’avait pas d’autre choix que d’essayer, elle n’était pas devenue médecin pour laisser mourir des milliards d’êtres humains sans réagir.
A ce moment-là, Martha comprit à quel point il devait être difficile pour le Docteur de faire certains choix qui lui incombait maintenant qu’il était le dernier Seigneur du Temps…

Soudain, les mains de Ianto serrèrent ses épaules, la tirant de ses pensées, elle le regarda dans les yeux.
Elle pouvait clairement voir dans le regard bleu de son compagnon qu’il espérait de tout son être qu’elle ait enfin entendu raison.
Elle tenta une dernière fois de peser le pour et le contre, puis elle se décida tout à coup.
Elle n’était pas un Seigneur du Temps, elle était humaine et il lui était impensable de laisser tant de personnes mourir, elle devait tenter quelque chose et tant pis pour les conséquences.
Ianto n’eut pas besoin qu’elle formule sa pensée avec des mots, à la seconde où elle avait arrêté sa décision, il comprit qu’il devait s’incliner.
Il lâcha alors les épaules de Martha.

- « Bien, si tu es sûr de toi alors… »
- « Tu sais, si tu préfères partir chercher de l’aide je ne t’en voudrais pas, je te donnerais toutes les infos que j’ai à ma disposition pour que tu puisses retrouver cet ami et… »
- « Arrête, coupa Ianto. Il est hors de question que je te laisse toute seule. Nous sommes mariés je te rappel, pour le meilleur et pour le pire. » Dit-il avec un sourire en coin.

Martha sourit à son tour et serra Ianto dans ses bras pour le remercier. Après quelques secondes, Ianto se dégagea de son étreinte et la regarda gravement.

- « Mais on ne fait qu’une seule tentative ! Si ça échoue, on retrouve ton ami et on se tire de cette foutue galère. »

Martha estima ce compromis comme amplement raisonnable.

- « Très bien, un seul essai et on file d’ici quel que soit le résultat. Enfin, en espérant que ce soit possible… »

Ianto haussa les épaules en grimaçant.

- « En espérant que ce soit possible… » Répéta-t-il.


Citation:
Maintenant que les choses étaient claires, Ianto et Martha devaient trouver un moyen d’empêcher la naissance du virus.
Ils s’éloignèrent donc de New Time Square afin de réfléchir plus tranquillement à ce qu’ils allaient faire, ils se frayèrent un chemin à travers la foule pressée et parvinrent à accéder à une petite ruelle dans laquelle ils s’engouffrèrent.
L’endroit n’était pas très accueillant, mais il avait le mérite d’être peu passant et relativement silencieux.
Mais les Jones n’eurent pas à réfléchir bien longtemps, tout ce qu’ils pouvaient faire étaient d’empêcher le lancement du patch.

- « Et comment va-t-on s’y prendre ? » Demanda Ianto.
- « On va prendre le problème à la source, répondit Martha. Ces patchs sont bien produits par quelqu’un. Donc on va aller trouver ce quelqu’un et tenter de lui faire entendre raison. »

Ianto aurait volontiers souligné les nombreuses failles de ce plan, mais il comprit immédiatement que Martha les avait déjà relevé avant même d’avoir fini sa phrase, alors il préféra ne pas insister. Et puis, leurs chances de réussir étaient déjà si faibles, il ne voulait pas en rajouter en y mettant de la mauvaise volonté et du sarcasme.
Il se contenta donc de hocher la tête en réfléchissant.

- « Oui, je sais… Soupira Martha, c’est complètement idiot comme plan, d’ailleurs ce n’est même pas un vrai plan, mais c’est tout ce qu’on peut faire alors … »
- « Le siège social. » Coupa le gallois.
- « Hein ?! »
- « Si on veut trouver un responsable, on doit se rendre au siège de la société qui produit ces patchs. La société « Patchwork » si je me souviens bien. » Affirma Ianto comme si cela coulait de source.

Martha réfléchit un instant, évidement c’était logique, mais encore fallait-il que le siège soit dans cette ville… et qu’ils arrivent à le localiser.
Elle releva soudain la tête vers Ianto.

- « Mais bien sûr ! » lui dit-elle avant de le prendre par la main pour l’entraîner à sa suite en direction de New Time Square.

Elle le guida aussi vite qu’elle le put jusqu’à l’endroit où les Popplewell les avaient déposé, puis elle lâcha sa main et tourna sur elle-même pour s’orienter et fonça tout droit là où elle avait vainement tenté de questionner les passants. Elle s’arrêta finalement devant une sorte de panneau planté au milieu de la rue. Ianto la rattrapa et put constater que le panneau en question était un plan de la ville.

- « Je l’ai remarqué tout à l’heure en cherchant des infos. » Dit-elle simplement.

Sur ce plan figurait une multitude de points indiquant les emplacements des principaux lieux touristiques.
Ianto fut stupéfait de voir qu’en plus d’accueillir une flopée de monuments dont il n’avait jamais entendu parler, la ville abritait également certains des édifices du New York qu’il connaissait, comme l’Empire State Building ou la cathédrale Saint-Patrick, reconstitué à l’identique, voir même rebâtit avec les pierres originales.
Le jeune homme se demanda comment les pierres avaient pu survivre aussi longtemps, mais il fut interrompu dans ses réflexions par Martha.

- « Ici !!! » Lança-t-elle triomphante en plantant son doigt en plein milieu du plan. Ianto regarda le point et constata immédiatement qu’il s’agissait du siège de la société Patchwork, grâce au sigle qui figurait sur la publicité et qui servait ici à marquer l’emplacement sur la carte.
- « C’est curieux, ajouta-t-elle, le bâtiment fait partie des lieux touristiques… »

Ianto se contenta de hausser les épaules.

- « Ce n’est pas très loin, dit-il, on devrait pouvoir s’y rendre rapidement. »

Ils étudièrent le plan attentivement pour garder le trajet en mémoire et se mirent à courir à travers les rues de New New York, s’arrêtant à chaque croisement pour être sûr de ne pas se perdre.
Ils ne firent qu’une seule erreur, rapidement corriger et atteignirent donc leur but en un temps record.

Les Jones se trouvaient maintenant devant un immense gratte ciel. Fin, élancé et entièrement vitré, l’édifice ressemblait à un obélisque égyptien, mais il était si haut que les deux jeunes gens arrivaient à peine à en distinguer le sommet.
Sentant venir le torticolis, ils baissèrent la tête et approchèrent de l’entrée. Elle était composée d’une double porte en verre, à ouverture automatique bien sûr et était surmontée du sigle de la société qui leur était maintenant très familier.
Le double battant s’ouvrit. Ianto et Martha échangèrent un dernier regard avant de pénétrer dans le gratte ciel.

L’entrée débouchait directement sur un immense hall au décor très épuré, pour ne pas dire inexistant. L’endroit dégageait une ambiance des plus glacial, largement renforcé par la couleur bleutée du sol et des murs. En fait, Ianto et Martha avaient l’impression d’avoir pénétré dans un immense igloo. La seule touche de couleur, autre qu’un bleu glace, qui se trouvait dans la pièce venait d’une plante verte posée sur un comptoir qui devait être l’Accueil.
Avant de s’en approcher, Martha et Ianto se lancèrent dans une petite toilette improvisée grâce à leurs reflets qu’ils pouvaient clairement distinguer sur l’un des murs impeccables.
Ils mirent un peu d’ordre dans leurs cheveux et défroissèrent leurs vêtements, ce qu’ils avaient déjà fait à la hâte dans la prairie, mais cela n’avait visiblement pas été suffisant.

- « Pas étonnant que Mr Popplewell se soit imaginé des choses. » Lança Ianto en abaissant un épi sur le haut de son crâne et en resserrant sa cravate.

Martha sourit et en profita pour se détendre un peu.

Puis, une fois présentable, les deux jeunes gens avancèrent enfin vers l’Accueil, le bruit de leurs pas résonnant avec force dans cette pièce immense et pratiquement vide.
Quand ils atteignirent le comptoir, ils furent éblouis par le sourire extraordinairement blanc d’une jeune femme aux longs cheveux blonds.
Elle était très belle, mais son sourire forcé et légèrement disproportionné lui donnait l’air d’être aussi futé que sa plante verte…

- « Bonjour, que puis-je faire pour vous ? » Demanda-t-elle d’une voix faussement chaleureuse, identique à celles qui retentissent dans les gares, les aéroports ou encore sur ces atroces répondeurs téléphoniques qui vous demandent toujours de taper étoile.

Ianto lança un regard désespéré vers sa compagne, la partie était loin d’être gagné…

- « Euh, bonjour, nous voudrions avoir quelques informations sur cette société. » Commença Martha.

La jeune réceptionniste répondit aussitôt avec un sourire si éclatant de blancheur que Martha en avait mal aux yeux.

- « Vous êtes ici au siège social de la société Patchwork, ce centre est le plus important du monde et il réunit le cœur administratif et le laboratoire originel de la société. Mais si vous voulez avoir de plus amples informations, je vous conseille d’aller visiter nos installations, elles sont ouvertes aux touristes. Et à l’occasion du lancement de notre nouvelle humeur, la visite est gratuite toute la semaine. »

Les deux jeunes gens échangèrent un regard, voilà pourquoi le bâtiment figurait parmi les lieux touristiques de la ville…

- « Formidable, répondit Martha, mais est-il possible de parler avec le responsable du lancement de la nouvelle humeur ? Ce produit a l’air si exceptionnel que nous aimerions lui demander quelques renseignements supplémentaires… »

La réceptionniste tiqua sur cette question. Elle semblait réfléchir à la réponse qu’elle devait leur fournir.

- « Toutes les informations dont vous avez besoin sont incluses dans le programme de la visite, vous avez même un petit dépliant à votre disposition… » Répondit-elle finalement.
- « Oui, je comprends bien ! Lança Martha qui commençait à s’impatienter. Mais ce que nous aimerions, c’est parlé avec un responsable… »
- « Je suis désolé mais c’est impossible. » La coupa la blonde d’une voix monocorde.
- « S’il vous plait, ça ne prendra qu’une minute… »
- « Je suis désolé mais c’est impossible. »
- « Ooo, mais vous pouvez bien décrocher votre téléphone et lui demander, c’est très important !!! »
- « Je suis désolé mais c’est impossible. Je suis désolé mais c’est impossible. Je suis désolé mais c’est impossible… » Continua la réceptionniste, toujours sur le même ton et le regard dans le vide.
- « Bravo Martha, je crois que tu l’as cassé… » Lança Ianto en fronçant les sourcils.
- « Mademoiselle ? Vous allez bien ? » Demanda-t-elle, se sentant soudain un peu coupable d’avoir à ce point contrarié cette pauvre fille.

- « Oh, ne vous inquiétez pas pour elle. » Lança une voix d’homme derrière eux.

Ianto et Martha se retournèrent. Un homme leur faisait face. Il était assez grand, une quarantaine d’années, le sourire charmeur…

- « Ca lui arrive très souvent ces temps-ci, je ne sais pas ce qu’il se passe avec ce modèle… »

Ianto aperçu qu’une équipe de techniciens emportaient la secrétaire en la faisant rouler sur sa chaise de bureau alors qu’elle continuait de répéter la même phrase encore et encore…

- « Je suis Robert White, directeur du service client. J’ai cru comprendre que vous vouliez parler à un responsable ? » Dit-il en pointant une caméra de surveillance au plafond.

Ianto se sentit soudain mal à l’aise, il n’aurait pas su dire pourquoi, le fait d’être surveillé à son insu peut-être, ou alors était ce Mr White, son instinct lui disait qu’il vaudrait peut-être mieux ne pas se fier à son sourire charmeur. Et au regard que lui lança Martha, il comprit qu’elle n’en pensait pas moins.

- « Eh bien oui. Répondit-elle malgré tout. C’est à propos du patch Félicité, nous aimerions en apprendre un peu plus sur le sujet… »
- « Je suis navré, mais aucun responsable n’acceptera de vous rencontrer, ce produit est classé top secret jusqu’à son lancement officiel. Mais repassez demain, vous aurez peut-être plus de chance. »

Il enroba sa phrase avec un sourire commercial avant de tourner les talons et de disparaître dans un ascenseur. Mais ni Ianto, ni Martha ne furent dupe, cet homme n’espérait qu’une chose, ne jamais les revoir.
Restait à savoir ce qu’il voulait cacher.

- « Madame Jones, que diriez vous si Mr Jones vous offrais une petite visite des installations Patchwork pour notre lune de miel ? » Demanda Ianto en offrant son bras à Martha.
- « Je dirais que Monsieur Jones est particulièrement radin étant donné que la visite est gratuite… Mais j’accepte volontiers malgré tout. » Répondit-elle en lui prenant le bras.

Ils suivirent donc le panneau indiquant une pièce où les touristes devaient attendre le début de la prochaine visite.

***************************************

Plus haut dans le gratte ciel, Robert White venait de rejoindre son bureau. Il observait le couple sur un écran de surveillance.

- « Qu’est-ce que vous savez ? » Murmura-t-il.

Il les observa encore un moment alors qu’ils patientaient dans la salle d’attente. Puis il fut distrait par l’interphone posé sur son bureau.

- « Mr White ? Avez-vous appris quelque chose sur nos deux amis trop curieux ? »
- « Pas encore Monsieur Work, mais je ne les perds pas de vue… »
- « Bien, vous savez que l’avenir de la société dépend entièrement de la réussite commerciale de Félicité ? »
- « Bien sûr, ne vous inquiétez pas, au moindre problème, je les éliminerais personnellement. »

Il coupa l’interphone et s’enfonça dans son fauteuil sans quitter des yeux Ianto et Martha.

*****************************************************************

A Cardiff, les minutes continuaient de s’écouler lentement, si lentement que Gwen, qui pensait être restée sans bouger pendant des heures et des heures, fut très surprise de constater que cela faisait beaucoup moins longtemps que cela.
Elle pensait à Rhys, il était toujours là lui. Elle n’avait pas le droit de rester prostré là, il était temps pour elle de réagir, pour Rhys, il le fallait.
Elle se releva et jeta un regard vers Jack, il n’avait pas bougé d’un pouce.
Elle décida qu’elle devait tenter quelque chose, rester ainsi sans bouger ne les aiderais pas et ni Ianto ni Martha ne seraient d’accord avec ce comportement.

Elle prit alors la direction du sofa pour y rejoindre Jack.
Celui-ci ne cilla pas quand elle s’assit à ses côtés.
Elle regarda le visage fermé de son ami, cherchant les mots justes, qui pourrait le soulager au moins un tout petit peu, mais rien ne lui vint.
Comment apaiser une douleur aussi forte et sans doute encore bien trop fraîche ?

- « Jack, je suis désolé. Elle fit une pause pour observer une éventuelle réaction, mais Jack ne bougea pas. Je suis désolé, pour ce que je t’ai dit tout à l’heure je n’en pensais pas un mot… »

Elle faisait évidement référence aux propos qu’elle lui avait tenu plus tôt dans l’après midi, quand elle était sous l’emprise de la haine Dalek et qu’elle l’avait accusé de la mort d’Owen et Tosh.
Jack restait désespérément impassible. Elle voulut tenter une nouvelle fois de lui parler, mais abandonna, sentant que ses efforts étaient inutiles pour le moment.
Elle s’apprêtait à le laisser seul quand il parla enfin.

- « Ce n’est pas ta faute Gwen… Dit-il simplement. Et puis, tu avais raison visiblement. Si je vous avais viré toi et Ianto au lieu de tenter d’embaucher Martha, ils seraient encore vivants. »
- « Si tu nous avais tous viré, comme tu dis, le haine Dalek serait toujours dans les rues et les morts se compteraient par centaines à l’heure qu’il est… » Répondit-elle.

Elle reprit après quelques instants.

- « Jack, ce n’est pas ta faute. Torchwood est un job dangereux, je le sais, nous le savions tous. Et si aucun de nous n’est parti, c’est parce que nous savions que ce que nous faisons ici est bien… »

Elle marquait un point, mais Jack ne se sentit pas mieux pour autant. Mais il réalisa tout à coup qu’il n’y avait pas de solution miracle, à Torchwood on meurt jeune, il fallait s’y préparer.
Et elle avait raison, ce qu’ils faisaient à Torchwood était bien, mais il commençait sérieusement à douter que ce soit si important que cela. Est-ce que tout cela valait-il vraiment la peine de perdre autant de gens et en particulier des gens si proches ?
Il replongea dans son silence et Gwen se laissa aller à ses côtés.

Citation:
La visite venait de commencer et Ianto et Martha furent profondément déçu de voir qu’ils seraient guidés par une femme exactement identique à celle que Martha avait contrarié à l’accueil.

- « Des robots, tous fabriqué sur le même modèle… » Lança sombrement Ianto qui regrettait de plus en plus le 21ème siècle.

Martha poussa un profond soupire en écoutant cette voix faussement enjouée leur déballer des formules de politesses aussi inutiles que variées.
Mais les Jones retrouvèrent immédiatement leur concentration quand la visite débuta enfin.

Après avoir fait le tour rapide de quelques bureaux spéciaux de la société Patchwork, qui apparemment fabriquait aussi des lunettes de toilettes autonettoyantes et des bombonnes de nourritures gazeuses entre milles autres choses, Martha et Ianto purent entrer dans le vif du sujet.
La voix de la robot-blonde leur annonça enfin qu’ils allaient entrer dans les étages dédiés au produit phare de la société, les Patchs.
Ils commencèrent la visite par une petite explication sur la façon dont les patchs étaient créés, tout en traversant les labos censés les produire.

- « Les Patchs d’humeur sont fabriqués à partir de différentes substances extraites du cerveau humain, afin de garantir une émotion la plus proche de la réalité. Expliquait la pseudo femme. Ces substances sont ensuite travaillées en laboratoire afin d’en tirer une enzyme artificielle qui sera longuement peaufinée pour donner le meilleur aux consommateurs… »

Ianto se pencha à l’oreille de sa compagne.

- « Nous ne sommes que des machines… » Se lamenta-t-il.

Cette dernière ne put qu’approuver, tout cela était si artificiel…

L’hôtesse continuait ses explications, devenu totalement inintéressantes pour le faux couple, Martha prit donc le risque de l’interrompre pour poser une simple question, en espérant que cela ne lui ferait pas exploser la tête.

- « Excusez-moi, euh… Mademoiselle. Commença Martha. J’aimerais savoir si les patchs Félicité sont fabriqués de la même manière. »

L’androïde ne sembla pas vraiment ravi d’être interrompu dans son travail par une question qui sortait de son champ de compétence.
Mais l’interrogation de Martha semblait intéresser de nombreux touristes et la guide n’eut pas d’autre choix que de tenter une réponse.

- « Et bien, le patch Félicité est un patch exceptionnel, mais je n’ai malheureusement pas le droit d’en dire plus… »

« Un patch exceptionnel » ?? En la contournant, la droïde avait malgré tout répondu à la question de Martha, Félicité avait un mode de fabrication différent, restait à savoir lequel…
Le fil de la visite reprit son cours et la femme robot continua son interminable flot de paroles sans intérêt, en les conduisant dans une pièce sombre où il leur serait diffusé un petit film explicatif.

- « On n’apprendra rien de plus de cette visite… » Chuchota Martha à l’oreille de Ianto.

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Dans son bureau, Robert White observait toujours.
Il appuya ensuite sur son interphone.

- « Béatrice ? Avez-vous découvert quelque chose sur ces Jones ? » Demanda-t-il à sa secrétaire.
- « Non, désolé Mr White, le logiciel de reconnaissance faciale n’a rien donné, aucune trace d’eux dans les fichiers de recensement de la ville, ni même dans tout le pays. »
- « Bien, je vous remercie. » Dit-il avant de couper la communication.

Puis il appuya sur un autre bouton et la même voix d’homme que précédemment, celle de Mr Work, retentit.

- « Du nouveau Mr White ? »
- « Non, ces deux personnes semblent ne pas exister. Mais je les soupçonne de faire partie d’une de ces nombreuses et très agaçantes sociétés de protection des Aliens. »

La voix à l’autre bout de l’interphone poussa un soupir de contrariété.

- « Si ces imbéciles mettent leur nez dans nos affaires, nous ne pourrons pas sortir le patch… »
- « Tout ira bien, je les surveille, ils ne pourront pas nous nuire. »
- « Je l’espère pour vous Mr White. »

Work interrompit la communication et Mr White était visiblement mal à l’aise.
Il fixa donc à nouveau son regard sur l’écran d’où il pouvait surveiller Ianto et Martha.
Mais il failli tomber à la renverse en s’apercevant qu’ils avaient disparu, il les chercha désespérément, mais il n’y avait aucune trace d’eux parmi le groupe de touristes.

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En effet, Martha et Ianto ne se trouvaient plus parmi les touristes, Ianto avait profité que ceux-ci soient absorbés par un film illustrant la fabrication des patchs pour s’éclipser dans la pièce adjacente, entraînant discrètement Martha à sa suite.

- « Ianto, chuchota-t-elle, on ira pas loin comme ça, il y a des caméras de surveillances partout ici… »
- « Justement, plus il y a de caméras, plus il est compliqué de toutes les surveiller. Si on se dépêche, on pourra peut-être disparaître suffisamment longtemps pour en apprendre un peu plus. »

Ils se dépêchèrent donc de traverser les couloirs en direction de la cage d’escalier. Ils les montèrent aussi vite que possible pour rejoindre le 72ème étage, celui qui abritait les laboratoires fabriquant les patchs. Heureusement pour eux, il n’y avait pas beaucoup d’étages à monter puisqu’ils venaient tout juste de les visiter avec les touristes.
Mais une fois arrivés à destination, Martha entraîna Ianto vers une porte qu’elle avait aperçu pendant la visite. Une porte sur laquelle il était écrit « Accès réservé au personnel ».
Ils s’y engouffrèrent et après avoir parcouru un long couloir, ils débouchèrent enfin sur une pièce immense, ils venaient enfin de trouver les véritables laboratoires et non pas seulement la vitrine destinée à épater les touristes.

La pièce était gigantesque et immaculé, une multitude de personnes, humains et chats, étaient penchés sur des éprouvettes, des microscopes et autres outils que ni Ianto ni Martha n’avaient jamais vu.
Aucune de ces personnes ne semblait avoir remarqué l’arrivée soudaine des deux inconnus, ils semblaient bien trop concentrés sur leur travail pour faire attention à quoi que ce soit d’autre.

Ianto, toujours absorbé par l’immensité de la pièce ne sentit pas Martha s’éloigner, il fut donc très surpris de la voir revenir quelques instants plus tard avec des blouses blanches.

- « Enfile ça. » Lui dit-elle en lui tendant une des blouses.

Le gallois s’exécuta à contrecœur, sa blouse était couverte de poils de chat et il n’aimait pas beaucoup l’idée que son costume, qui avait suffisamment souffert pour aujourd’hui, en soit recouvert à son tour.
Une fois les blouses enfilées, ils observèrent les alentours.
Rien ne semblait indiquer que quelque chose d’étrange se passait ici.

- « Je doute que Félicité soit fabriqué dans ce labo. Chuchota Ianto. Se produit cache quelque chose, ils doivent le garder dans un endroit secret… »

Martha approuva silencieusement.

- « Pourquoi pas derrière cette porte ? » Lança-t-elle en souriant.

Ianto suivit son regard et aperçut un scientifique passer une porte après avoir inséré une carte magnétique dans le système de sécurité.
Une porte sécurisée !!!
Quelques instants plus tard, un autre scientifique en sortit, il rangeait sa propre carte dans la poche de sa blouse.
C’était une chance à ne pas rater.

- « Reste ici. » Lança précipitamment Martha avant de filer à la rencontre de l’homme en blouse blanche.

Ianto observa la scène, inquiet malgré tout de voir Martha se lancer ainsi dans la gueule du loup.
Mais après une rapide conversation avec la jeune femme, le scientifique s’éloigna et malgré la distance qui les séparaient, Ianto parvint clairement à distinguer qu’il était aussi rouge qu’un béret de Unit.
Il dirigea un regard interrogateur vers son amie qui lui fit signe de la rejoindre, elle avait le passe dans la main.

- « Comment as-tu fait ça ? » Demanda-t-il impressionner.
- « Disons que dans la liste des choses qui ne changent pas, on peut ajouter que les hommes se laissent toujours avoir aussi facilement quand on leur fait de jolis sourires… »
- « Martha Jones, tu es une vraie séductrice… doublé d’une pickpocket ! » S’exclama Ianto en souriant alors que Martha faisait coulisser le passe dans la fente.

La porte s’ouvrit et les Jones entrèrent enfin dans le labo tant convoité.

Ce labo était plus petit que le précédent, sans doute parce qu’il n’était destiné qu’à la fabrication d’un seul et unique patch.
Il y avait également beaucoup moins de personnel, il ne faisait donc aucun doute pour Ianto qu’il ne faudrait pas longtemps avant que quelqu’un ne remarque leur présence, surtout que l’accès à la zone était strictement contrôlé.
Cependant, Martha s’avança dans les locaux comme si elle était chez elle. Le gallois la suivie.
Elle se dirigea vers le fond du labo, où se trouvait une autre pièce, séparée du reste par une grande vitre, qui abritait une multitude de lits accueillant des Aliens humanoïde à la peau orange. Ils étaient endormis et une perfusion sortait de leurs bras.

- « Qu’est-ce que vous faites ici ?! » Lança une voix apparemment mécontente dans leurs dos.

C’était un homme en blouse blanche, encore un scientifique, il semblait très jeune, mais ses yeux prématurément ridés et cerné par la fatigue et le stress lui donnaient l’air plus âgé. Il avait fini par les remarquer et était donc venu voir de quoi il en retournait.
Ianto pensa aussitôt qu’ils allaient se faire virer comme des malpropres, mais Martha ne se laissa pas démonter.

- « Je crois que c’est plutôt à nous de vous poser cette question !! Lança-t-elle abruptement. Professeur Jones et euh… Jones… de la CPDA ! »
- « La CPDA ? » Interrogea le scientifique étonné.
- « Commission de Protection du Droit des Aliens… et ça se prétend scientifique… Soupira-t-elle en levant les yeux au ciel. Nous sommes envoyés par la Proclamation des Ombres afin de vérifier que ces laboratoires sont bien conformes aux nouvelles normes intergalactiques instauréés par l’article 7002 alinéa B678 de la convention sur le traitement des formes de vies non humaines et plus particulièrement sur les formes de vies non Nouvelles Terriennes. Ma question sera très simple, que faites-vous avec ses pauvres créatures ??? »

Elle avait parlé très vite et le scientifique semblait perdu, il lança un regard à Ianto qui était tout aussi surpris que lui, mais il joua le jeu très rapidement et répondit à l’interrogation muette du scientifique par un regard sombre et très sérieux.

- « Euh… vous avez une carte ou un laisser passer… » Demanda timidement le pauvre garçon.
- « Rendez nous service à tous les trois et contentez vous de répondre à nos questions, cela nous fera gagnez un temps précieux ! » Ordonna Ianto d’une voix autoritaire qui fit pâlir le jeune homme.

Ianto fut ravi de voir l’effet qu’il venait de provoquer et se promis de ressortir ce ton à Jack en sachant parfaitement qu’il aurait un effet complètement différent sur lui…

- « Alors ?! S’impatienta Martha. Que faites-vous avec ces créatures ? »

Le scientifique hésita encore une seconde, mais un regard vers Ianto qui le fusilla du regard le conduisit à obéir, un regard qu’il faudrait également songer à tester sur Jack, se dit-il.

- « Euh, et bien, on les utilise pour fabriquer les enzymes artificielles dont nous nous servirons par la suite pour les patch Félicité… Mais ils sont tous consentant et ça ne leur fait pas mal, d’ailleurs, vous pouvez vérifier, ils sont tous en parfaite santé !!! » Ajouta-t-il précipitamment en désignant les Aliens orange derrière la vitre.
- « Attendez une minute, je pensais que vous utilisiez des substances issues du cerveau humain pour ça, dans un soucis de réalisme des émotions… » Déclara Martha.

Là encore il hésita, mais Ianto fronça encore un peu plus les sourcils et le scientifique se mit à table illico, oooh, c’était certain, Jack adorerait ce regard…

- « Je ne devrais sans doute pas vous le dire, mais la société Patchwork est en grande difficulté financière, si le patch Félicité ne se vend pas, Mr Work, le PDG de la société, se retrouvera sur la paille. »

Martha invita le jeune homme à poursuivre d’un simple signe de la tête, il obtempéra immédiatement, sentant toujours le regard oppressant de Ianto peser sur lui.

- « C’est pour cela qu’il nous a demandé de trouver un moyen de rendre les patchs plus… attractif… Disons que nous avons dû privilégier l’intensité de l’émotion à son authenticité… C’est pour cette raison que nous utilisons ces Aliens, les enzymes que l’on extrait de leur cerveau sont bien plus puissantes… Mais… »

Il s’interrompit subitement et cette fois, même Ianto ne parvint pas à l’intimider suffisamment pour l’obliger à poursuivre.

- « Mais quelque chose ne colle pas avec ces enzymes… » Tenta Martha.

Et de toute évidence, elle avait visé juste.

- « Comment… Je… J’ai prévenu Mr Work qu’il y avait un risque, les enzymes que nous parvenons à tirer de ces créatures sont extrêmement instables et les modifications qu’on y apporte n’arrange rien, je l’ai alors supplié de nous laisser plus de temps pour les stabiliser, mais il a refusé, il nous a ordonné de commencer la production quoi qu’il advienne… »

Martha et Ianto échangèrent un regard.
Ainsi, toute la population de cette planète allait être totalement anéantie parce qu’un homme ne voulait pas risquer de faire faillite.
Une fois de plus depuis son arrivée en l’an 5 Milliards, Ianto se sentit profondément écoeuré par l’avenir de l’humanité…
Mais il fut interrompu dans ses pensées par l’ouverture de la porte sécurisée du labo.

Robert White, accompagné par toute une armada de la sécurité, apparut.

- « Monsieur et Madame Jones, comme on se retrouve ! » Lança White.
- « Aïe… » Murmura Ianto.

Martha se retourna et pris la parole avant même que Mr White ne soit parvenu jusqu’à eux.

- « Ecoutez-moi, si vous ne stoppez pas la production de ce patch immédiatement, vous allez mettre la population de cette planète en grand danger… »

Mais Mr White ne lui prêta aucune attention, il s’arrêta devant eux et ordonna d’un signe de tête aux gorilles qui l’accompagnaient de se saisir des deux intrus.
Ceux-ci ne résistèrent que pour la forme, puisqu’il était évident qu’ils ne parviendraient jamais à leur fausser compagnie, même avec l’aide du méchant regard de Ianto.

- « Arrêtez !!! Criait Martha, vous ne pouvez pas faire ça, les enzymes sont instables, elles vont muter et devenir un virus implacable qui tuera tout le monde en quelques secondes !!! »

Puis sa voix s’évanouit alors qu’elle et Ianto étaient conduits hors du labo.

- « Remettez-vous au travail ! » Ordonna Mr White à l’attention des scientifiques distraits par le tapage, avant de quitter la pièce à son tour.

Citation:
Des bruits de pas, ponctué d’exclamations indignées, résonnaient dans les couloirs de la tour Patchwork, Ianto et Martha étaient menées de force par la sécurité vers l’un des étages les moins fréquentés de l’immeuble. Le petit groupe était suivi par le flegmatique Mr White qui profitait du trajet pour lisser les plis de sa veste.
Quand ils arrivèrent à destination, l’un des gorilles de la sécurité ouvrit une porte et les autres propulsèrent les Jones à l’intérieur.
La pièce était très sombre et tout ce qu’ils purent voir, ce fut la silhouette impeccable de Mr White qui se découpait à contre-jour dans l’encadrement de la porte.

- « Bien, j’ignore encore ce que nous allons faire de vous… Dit-il calmement. En attendant, vous allez rester ici, je repasserais vous voir quand j’en aurais fini avec le lancement de notre nouveau patch Félicité qui, je l’espère, sauvera la société… et ma place au passage… »

Puis il referma la porte violement, laissant ses prisonniers dans le noir le plus total, un cliquetis indiqua qu’il l’avait verrouillé.

- « Martha ? » Appela Ianto.
- « Oui ? »
- « Je crois qu’on est dans la m… »

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Driiing Driiiing
Cinq Milliards d’année plus tôt, le téléphone de Gwen se mis à sonner subitement, la tirant violement de sa léthargie.
Jack n’y prêta pas la moindre attention, pas plus que quand la jeune femme se leva afin d’extirper son portable de la poche de son jean, c’était Rhys…
Elle jeta un regard inquiet sur son patron et s’éloigna pour décrocher le combiné.

- « Allo, Rhys ? Oui, je vais bien… Bien sûr que j’ai vu le truc baveux… Non, c’était pas notre faute… Oui, je t’assure que je vais bien… Ecoute, pas la peine de paniquer, le truc gluant est hors d’état de nuire, mais… »

Sa voix se brisa, elle ne parvint pas à finir sa phrase.
A l’autre bout du fil, Rhys sentit la détresse de sa femme.

- « Non non, je suis toujours là… Non, écoute, je vais… Hein ?! Rhys, qu’est-ce que tu racontes ? »

Elle ôta le combiné de son oreille et se rendit vers « l’entrée des touristes », une fois sous la dalle, elle leva la tête et remis le téléphone à son oreille.

- « Tu n’es pas sérieux ? »

Elle se dirigea vers le levier permettant la mise en marche de l’ascenseur, la dalle se mis aussitôt à descendre et à la grande surprise de Gwen, Rhys était dessus et lui faisait de grands signes de la main alors qu’il descendait lentement pour la rejoindre…

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Ianto et Martha tâtonnaient dans le noir le plus complet à la recherche d’un interrupteur, mais en plus de ne rien voir, leur recherche était compliqué par l’encombrement de la pièce qui entravait leurs mouvements et leurs faisait perdre l’équilibre.

- « Euh… » Commença Ianto visiblement mal à l’aise.
- « Qu’est-ce qu’il y a ? » Demanda Martha.
- « Tu pourrais retirer ta main ? »
- « Hein ?! »
- « Ta main, celle qui s’accroche à mes… »
- « Oh mon Dieu !!! Je suis désolé… Dit-elle précipitamment. Je me disais aussi… »
- « Pas de problème… »

Un silence gêné s’installa, rapidement brisé par Ianto.

- « J’ai atteint la porte… »

Un bruit de frottement se fit entendre alors que les mains du gallois parcourait le mur et après quelques secondes…
« Clic ! »
La lumière envahit la pièce et les Jones purent se rendre compte qu’ils se trouvaient dans une petite pièce, une sorte de débarra, envahit par des piles d’objets divers, la plupart brisé et relégué ici, sans doute dans l’attente d’être jeté…
Un peu comme nous pensèrent ils…
White les avaient enfermé ici en attendant de s’en débarrasser, ce qu’il ignorait, c’est qu’il n’aurait jamais l’occasion de le faire…


Au labo destiné à la fabrication du patch Félicité, le jeune scientifique que les Jones avaient interrogé était penché sur son microscope.
Mais contrairement à ses collègues, ce n’était pas l’évolution du taux de barzitonine dans le sang des Aliens orange qui l’intéressait, non, lui cherchait tout autre chose et ce qu’il découvrit le laissa sans voix.
Il se leva précipitamment, faisant tomber sa chaise sur le sol dans un terrible fracas et se dirigea vers la sortie en s’excusant auprès de ses collègue qui lui lançait des regards contrariés.


Après s’être débarrassé de leurs blouses, devenues inutiles, Ianto et Martha tentèrent désespérément de forcer la porte par tous les moyen qui leurs vint à l’esprit, mais très vite, ils durent se rendre à l’évidence, cette porte ne bougerait pas.
Ils finirent donc par s’asseoir sur le sol, adossé au mur faisant face à la porte, envahit par un horrible sentiment d’impuissance.

- « Ianto, je suis désolé… Annonça soudain Martha, la tête entre les mains. Tout est de ma faute, tu avais raison, on ne peut pas changer les choses et j’ai été stupide de croire le contraire. »

Le jeune gallois la prit par l’épaule pour la réconforter.

- « Non, c’est toi qui avait raison. Si on a la moindre chance de sauver des milliards de vies, même si elle est infime, on se doit d’essayer, sinon, on ne vaut pas mieux que ce White et tous les gens qui travaillent ici. »

La jeune femme se sentit un peu mieux, mais cela ne changeait rien au fait qu’ils allaient devenir deux victimes de plus de l’épidémie.

- « C’est drôle, mais être empoisonné par un virus mortel, c’est pas vraiment comme ça que j’imaginais ma mort… Enfin, j’imagine que c’est mieux que de se faire arracher la carotide par un Weevils… » Annonça tranquillement Ianto en fixant un point invisible devant lui.

Martha lui lança un regard en biais.

- « J’imagine, en effet… » Dit-elle.

Le silence s’imposa de nouveau alors qu’ils se laissaient emporter par la mélancolie, mais ce silence finit par peser à la jeune femme.

- « Le bon côté des choses, c’est que je n’aurais pas à retourner à Unit. »

Ianto se tourna vers elle intrigué.

- « Tu sais, j’ai parfois l’impression que le Docteur m’a recommandé à Unit dans un but bien précis. Je crois qu’il compte sur moi pour tenter de rétablir les choses… »
- « Qu’est-ce que tu veux dire ? » Demanda Ianto curieux.
- « Et bien, je ne suis pas aveugle, je me suis bien rendu compte que Unit n’est plus ce qu’elle était, qu’elle fait parfois des choix contestables et je pense que si le Docteur y « place » encore des amis à lui, c’est parce qu’il espère remettre Unit dans le droit chemin… Elle poussa un profond soupir. Mais la tâche me semble tellement insurmontable… »

Elle se tut à nouveau, emporté par sa réflexion sur son avenir à Unit, ou plutôt sur son absence d’avenir dans le cas présent.
Puis elle se tourna vers son compagnon d’infortune, elle le regardait en attendant visiblement quelque chose de lui.

- « Non, Martha, je ne te parlerais pas de ma relation avec Jack… » Dit-il en souriant.

Elle fronça les sourcils.

- « Pourquoi ?! Je viens de te confier mes doutes face à Unit, tu dois te confier à ton tour, c’est la règle dans ce genre de situation… » Affirma-t-elle.

Ianto sourit.

- « Je ne te dirais rien sur ma relation avec Jack, parce que je t’avoue que je ne saurais pas quoi te dire… »

Martha écoutait malgré tout avec attention et Ianto n'eut d'autre choix que de se mettre à table.

- « Je crois que je l’aime, non, je sais que je l’aime, mais… Il se sentit rougir, c’était la première fois qu’il s’entendait prononcé ces mots à haute voix. Mais, c’est si compliqué… Je ne sais pas si… Enfin c’est… c’est… »

Martha était littéralement pendu à ses lèvres.

- « C’est… Il fronça soudain les sourcils, les yeux rivés vers le plafond. C’est une gaine d’aération ?! »
- « Hein ?! »

Ianto se leva subitement et pointa du doigt une grille sur le mur à leur gauche juste sous le plafond.
Martha suivit la direction pointée par Ianto et constata qu’il y avait effectivement une grille, elle était de la même couleur que le mur et se fondait si bien dedans qu’elle était presque invisible, mais on ne pouvait pas s’y tromper, il y avait bien une sortie potentielle…
Cet espoir soudain et providentiel rendit toute leur motivation aux deux prisonniers et Ianto parvint à faire sauter la grille grâce à un morceau de métal qui traînait là, la gaine était trop étroite pour lui, mais Martha pourrait sans doute s’y faufiler sans trop de problèmes.
Il lui fit la courte échelle et elle commença à y passer la tête.

- « Martha ? Tu t’en sors ? » Demanda-t-il.
- « Ca va être juste, mais je pense y arriver… »

Mais elle avait à peine fini sa phrase qu’un bruit attira leur attention, quelqu’un était en train de triturer la serrure.
Ianto eut juste le temps de faire redescendre sa compagne avant que la porte ne s’ouvre à la volée, mais contrairement à ce à quoi s’attendait les Jones, se fut le jeune scientifique qui entra dans la pièce.

- « Vous ? Mais qu’est-ce que vous faites ici ? » Demanda Martha.
- « Appelez-moi Franck…Murmura-t-il. Puis il jeta un coup d’œil sur le couloir pour s’assurer que la voie était toujours libre. Suivez-moi… »

Les Jones échangèrent un regard intrigué, mais ils n’étaient pas en mesure de se montrer méfiant et décidèrent de le suivre.

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La dalle atteignit finalement le sol et Rhys eut tout juste le temps d’en descendre avant que Gwen ne lui saute au coup.

- « Oh Rhys ! » S’écria-t-elle en le serrant contre elle.

Le gallois s’en inquiéta, car il savait que quand sa bien-aimée le serrait aussi fort, c’est qu’elle avait eu une journée particulièrement difficile.

- « Gwen, qu’est-ce qui se passe ? » Demanda-t-il doucement à son oreille.

La jeune femme desserra son étreinte pour regarder son mari dans les yeux, mais elle fut incapable de prononcer le moindre mot.

- « Gwen ? Qu’est ce qui t’arrive ? C’est à cause de cette chose gluante ? Ils en ont parlé à la télé, enfin, aux infos ils ont dit qu’un « phénomène étrange » s’était produit, mais je sais bien qu’à chaque fois qu’ils disent ça, c’est que vous y êtes pour quelque chose… »

Il espérait que sa petite provocation ferait réagir Gwen, mais elle ne releva pas, il fronça les sourcils d’inquiétude et poursuivit.

- « Et puis il y a eu ce truc bizarre à proximité du Millenium Center, ils ont envoyé un hélico pour couvrir la zone, mais quand il est arrivé sur place, tout ce qu’ils ont filmé c’est votre SUV renversé sur le côté, alors je me suis inquiété, c’est pour ça que je suis là… J’ai cru q’il t’était arrivé quelque chose de grave… »

Gwen en fut profondément touché et cette fois s’en était trop, les larmes lui montèrent à nouveau aux yeux et elle se laissa submergé.

- « Gwen ?! Mais qu’est-ce qui se passe à la fin ? Qu’est-ce qui te met dans cet état ? »
- « Rhys, c’est Ianto et Martha… Ils… Ils sont morts ! »

**************************************************************

Ianto et Martha, guidé par Franck, arpentaient les couloirs déserts le plus rapidement et le plus silencieusement possible.
Mais un bruit de pas les obligea à se cacher, Franck entrouvrit une porte, jeta un œil à l’intérieur et entra, entraînant Martha et Ianto à sa suite, puis il la referma doucement.

- « On va rester ici un moment, le temps que les pas s’éloignent… »

Ils se trouvaient dans un bureau, ou plutôt dans ce qui avait dû être un bureau à une certaine époque, car l’endroit semblait ne pas avoir été occupé depuis longtemps et des bâches recouvraient le mobilier.

- « Cet étage est désaffecté. Expliqua Franck. Les problèmes financiers de Mr Work l’ont obligé à fermer certaines sections de sa société, les 20 premiers étages de la tour sont donc plus ou moins inoccupés… »

Ianto, ravi d’être sorti du placard, mais malgré tout désireux de comprendre ne put s’empêcher de se montrer méfiant.

- « Pourquoi nous avoir aidé ? »

Le scientifique baissa les yeux un moment avant de répondre.

- « C’est à cause de ce que vous avez dit. Affirma-t-il en désigna Martha. Sur cette histoire de mutation et de virus… Après que vous ayez été emmené, je me suis remis au travail en essayant de me convaincre que vous n’étiez sûrement que deux dingues, mais… J’ai effectué quelques tests et je me suis vite rendu compte qu’effectivement il y avait un vrai problème, sans doute bien plus grave que ce que j’avais soupçonné au début et… »
- « Et vous avez décidé qu’il était temps d’ouvrir les yeux et de faire quelque chose. » Acheva Martha.
- « Exactement ! J’ignore si votre histoire de virus est vrai, mais maintenant que je sais qu’elle est possible, je refuse de participer à cela… »

Ianto esquissa un sourire, l’an 5 Milliards venait de se rattraper à ses yeux.

- « Vous avez une idée de la façon d’empêcher le lancement de Félicité ? » Demanda-t-il.

Franck sourit à son tour.

- « Rien de plus simple, les patchs sont entreposés dans un entrepôt, juste à la sortie de la ville, dans l’attente d’être conduit dans les différents lieux de lancement pour les distributions gratuites… Tout ce qu’on a à faire, c’est y mettre le feu. C’est un peu radical, mais le temps presse, le chargement sera effectué dans moins d’une heure… Ensuite, je n’aurais qu’à prévenir la presse, j’ai certains résultats, il tapota la sacoche qui pendait à son épaule, avec moi qui montrerons que les patchs sont trop instables pour être commercialisés, ça ne prouvera pas qu’ils sont dangereux, mais ça suffira à lancer une enquête officielle plus approfondi. »

Ianto et Martha échangèrent un regard, finalement, leur chance de réussite n’était pas si minces que cela…

Citation:
- « Morts ?! Répéta Rhys incrédule. Gwen qu’est-ce que tu racontes ? Que c’est il passé ? »

Il avait du mal à saisir les paroles de sa femme, bien sûr, il savait que travailler à Torchwood était dangereux, il avait pu le constater par lui-même à de trop nombreuses occasions, mais il savait que Gwen n’était pas seule et que ce maudit Capitaine Jack, aussi agaçant qu’il était, veillait sur elle.
Mais depuis la mort de deux de ses collègues il y avait tout juste quelques semaines, Rhys se sentait de plus en plus anxieux, il essayait de le cacher tant bien que mal, mais l’inquiétude le dévorait en permanence, c’était d’ailleurs cela qui l’avait poussé à venir jusqu’au Hub, il voulait vérifier en personne que Gwen était en bonne santé.
Mais Ianto Jones et cette jeune femme, Martha, dont Gwen lui avait rapidement parlé la veille, étaient morts à leur tour…
S’en était trop !
Rhys aurait facilement pu se liquéfier sur place en imaginant que la femme qu’il aimait plus que tout aurait pu mourir elle aussi, tout comme il se serait volontiers mit à hurler après Jack qui faisait faire à Gwen un travail aussi atroce, mais elle était si mal, si triste, qu’il ne pouvait pas craquer, tout son être ne lui ordonnait qu’une seule chose, la réconforter.

*******************************************************

De leur côté, Ianto, Martha et Franck avaient quitté le bureau et se dirigeais maintenant vers le parking souterrain de la tour.
L’idée était de récupérer la voiture de Franck et de se rendre au plus vite à l’entrepôt, mais leur avancé était des plus laborieuse à cause des nombreuses caméras de surveillances qu’ils devaient soigneusement veiller à éviter.
Ils avançaient donc lentement, mais Dieu merci, le trajet les séparant du parking était relativement cour puisque White les avait enfermé dans l’un des premiers étages de l’immeuble.
Après un temps qui leur sembla incroyablement long, ils arrivèrent finalement en vue de la cage d’escalier qui menait directement au parking.
Franck s’arrêta au dernier croisement et jeta un coup d’œil pour s’assurer que la voie était bien libre.

- « C’est bon ! » Murmura–t-il avant de s’élancer dans le couloir, suivi de près par les Jones.

Il ouvrit la porte donnant sur les escaliers et s’écarta pour les laisser passer avant de la refermer.

- « Voilà, dernière ligne droite, plus qu’un étage à descendre et on sera au parking, une fois à ma voiture, vous n’aurez plus qu’à vous cacher sous les sièges et le tour sera joué… »

Martha et Ianto échangèrent un sourire, ils touchaient enfin au but…

Ils avaient maintenant pénétré dans le parking et se dépêchaient de rejoindre le véhicule de Franck.
La tension était palpable, car le trajet entre la sortie des escaliers et le véhicule était totalement à découvert.
Ils marchaient aussi vite que possible, plié en deux derrière les rangées de voitures qui se succédaient, essayant de rester les plus discrets possibles.
Quand enfin, ils atteignirent la place de parking de Franck, ils se laissèrent tout trois envahir par un immense soulagement.
Le pire est passé pensèrent-ils…
Mais ils se trompaient, car alors que Franck ouvrait la portière pour laisser entrer Martha, un bruit assourdissant se répercuta dans tout le parking.
Instinctivement, les trois compagnons se baissèrent pour se cacher. Agenouiller face à la portière, Martha aperçu un impact de balle.
Elle lança un regard horrifié à Ianto et Franck devint soudain très pâle.

- « On nous tire dessus ! » Affirma Ianto alors qu’un autre coup de feu retentit, brisant la vitre de la portière juste au-dessus d’eux.

Des morceaux de verres leurs ruisselèrent dessus.
Instinctivement, Ianto porta sa main sous sa veste à la recherche de son arme, mais elle n’était plus là.

- « Oh non, il ne manquait plus que ça ! S’exclama-t-il. J’ai dû la perdre quand on a été transporté ici !!! »
- « Qu’est-ce qu’on va faire alors ?? » Questionna Martha alors qu’un troisième coup de feu les rata de peu.
- « Je sais pas !!! Mais on ne peut pas rester ici !!! Franck, par où peut-on sortir ?! »

Le jeune homme apeuré se ressaisit pour répondre à Ianto.

- « Euh… Par là ! Il désigna une porte à une centaine de mètre d’eux. C’est une issue de secours, un escalier mène directement sur la rue !!! »

Ianto fit la grimace, ça faisait un peu loin et les 50 derniers mètres étaient totalement à découvert. Sans compter que les coups de feu ne leur laissaient pas beaucoup de répit, il y avait sûrement plus d’un tireur et ils se rapprochaient dangereusement.
Lui et Martha réfléchissaient à toute vitesse, mais ils furent interrompu par la voix de Mr White.

- « Mr et Mme Jones, Franck ! Rendez-vous et il ne vous sera fait aucun mal ! » Cria-t-il.

Sa voix se répercuta en échos à travers tout le parking, mais étrangement, ni Ianto, ni Martha, ni Franck ne prirent ces paroles au sérieux, sans doute à cause de la dizaine d’impacts de balles qui criblaient le véhicule de Franck et des bouts de verres qui les recouvraient tous les trois…

- « Ecoutez, continuait Mr White, vous ne pouvez pas vous échapper, alors pourquoi ne pas nous faciliter la tâche… »

Pendant que White parlait, Ianto avait fait signe à ses deux amis de le suivre. Ils parcoururent silencieusement et à quatre pattes les premiers mètres les séparant de la porte de sortie.

Mr White parlait toujours et ne semblait pas avoir remarqué qu’ils se déplaçaient, mais arrivé au bout de la rangée protectrice des voitures alignées les unes à côtés des autres, ils se retrouvèrent coincé.

- « Comment va-t-on accéder à la porte sans se faire repérer ? » Chuchota Martha.

Ianto n’en avait aucune idée, jusqu’à ce que le bruit d’un moteur se fasse entendre au loin.
Le gallois tenta un regard et s’aperçut avec une immense joie qu’un véhicule se rapprochait et quand il s’engagea sur la voie qui devait passer devant eux, le cœur du jeune homme fit un bon dans sa poitrine.

- « Tenez-vous prêts ! » Ordonna-t-il.

Les deux autres ne savaient pas vraiment ce qu’il avait en tête, mais se mirent sur leurs gardes.

- « A mon signal, vous me suivez… »

Le véhicule avançait doucement pour rejoindre la sortie du parking, évidement, le chauffeur de la voiture volante, qui devait venir d’un des étages inférieurs du parking, était loin de se douter de ce qui se tramait ici et Mr White et ses tireurs se gardèrent bien d’attirer l’attention…
Quand il passa devant eux, Ianto se précipita derrière le véhicule.

- « Allons-y ! »

Martha et Franck le suivirent.
Tout trois profitèrent ainsi d’un camouflage plus que bienvenue.
Mais alors que la porte était presque à leur porté, Ianto réalisa qu’il avait omis un petit détail : une voiture volante, ça vole. Par conséquent, le véhicule était bien plus haut qu’une voiture ordinaire et l’un des tireurs attira l’attention de ses collègues sur les jambes des trois fuyards, clairement visible sous l’engin.

- « Tuez-les !!! » Hurla Mr White à ses sbires, sans plus se soucier d’attirer l’attention de quelconques témoins.

Ceux-ci tirèrent sans sommation et le pauvre conducteur, qui jusque là ne c’était douté de rien, fut soudain pris de panique et mis le pied au plancher pour filer d’ici au plus vite.
Les Jones et Franck, désormais sans protection, se ruèrent sur la porte alors que les balles ricochaient sur le sol en béton à quelques centimètres de leurs pieds.
Ianto fut le premier à atteindre la porte qu’il ouvrit à la volée avant de laisser passer Martha qui le suivait de près et enfin Franck.
Mais ce dernier avait à peine franchit le seuil de la porte qu’il s’effondra sur le sol, une énorme tâche de sang se formait lentement sur ses vêtements au niveau de son cœur.
Martha se précipita sur lui, mais elle savait qu’il n’y avait déjà plus rien à faire, une balle venait de lui traverser la poitrine de part en part, il était perdu.
Franck tenta de parler une dernière fois dans les bras de Martha, mais il ne put émettre aucun son, ses yeux se ternirent et il se laissa aller au sommeil éternel.
La jeune femme était sous le choc, mais Ianto la ramena rapidement à la réalité, des bruits de pas se faisait déjà entendre derrière la porte et il fallait partir au plus vite.
Il saisit donc Martha par le bras et l’aida à se relever avant de la guider vers la sortie…

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Après s’être un peu calmé, Gwen raconta à son mari ce qu’il s’était passé depuis le matin et comment Ianto et Martha avaient été absorbés par la faille.
A la fin de son récit, Rhys sembla étonnamment calme, il lança un regard intrigué à Jack, toujours perdu dans ses pensées sur le sofa, avant de revenir sur le visage accablé de Gwen.

- « Mais, tu m’avais dit qu’ils étaient morts… Mais, s’ils sont passés au travers de cette faille, ils ne sont pas morts, ils ont juste… disparu… »

Son visage reflétait une totale incompréhension.

- « Oh Rhys, ne fais pas semblant de ne pas comprendre… »
- « Mais je ne comprends pas !!! Tu m’avais expliqué que la faille était comme un portail, s’ils ont juste disparu, pourquoi vous n’essayé pas de les ramener ?! »
- « Mais parce qu’on ne peut pas !!!! Hurla Gwen. La faille ne fonctionne que dans un sens et nous n’avons pas la technologie pour la contrôler !!! Ils sont perdus Rhys, pour toujours… »

Rhys ne savais plus quoi penser, depuis qu’il avait appris l’existence de Torchwood, il en avait d’abord eu une vision d’horreur, parce que ce maudit Torchwood pouvait lui prendre sa femme à chaque instant.
Mais malgré tout, cela représentait également une sorte de dernier espoir. A chaque fois que la situation avait semblé désespérée et sans issu, l’équipe Torchwood débarquait, mené par son arrogant et insupportable Capitaine, et parvenait toujours à leur sauver les miches.
Mais voilà qu’aujourd’hui, Torchwood semblait léthargique, deux des leur étaient en danger et ni Gwen, ni Jack ne semblaient en état de faire quoi que ce soit.
Ca ne leur ressemblait pas et surtout, ça ne ressemblait pas à sa Gwen. Elle ne laissait jamais tombé, jamais, même quand tout semblait perdu !!!
Il la prit alors par les épaules et la força à le regarder dans les yeux.

- « Gwen !!! Qu’est-ce que tu fais ?! »

Elle le regarda sans comprendre.

- « Je vais te le dire moi, tu ne fais rien !!! Et lui non plus !!! Lança-t-il en direction de Jack. Vos collègues et amis sont perdus et vous ne faites rien !!! »

Pour la première fois depuis de longues heures, Jack esquissa une réaction, il semblait contrarié par les propos de Rhys, en fait, il était toujours contrarié par les propos de Rhys, quel qu’ils soient, mais là il allait trop loin.
Il se leva soudain et Gwen se prépara psychologiquement à devoir arbitrer un combat de coqs, il s’approcha tout près de Rhys, qui ne broncha pas.

- « Parce que tu crois que ça m’amuse de rester là à ne rien faire alors que mes amis les plus proches sont sans doute en grand danger !!! Mais Gwen viens de te le dire, On-ne-peut-rien-faire !!!! Est-ce que ça va finir par rentrer dans ton épais crâne de gallois !!! » Vociféra Jack.

Gwen tentait de s’interposer entre les deux hommes, mais ils étaient si proches l’un de l’autre qu’elle n’arrivait même pas à passer sa main entre leurs corps.
Finalement, Jack s’éloigna, le visage déformé par la colère.

- « D’habitude, ça ne vous pose pas de problème… » Lança calmement Rhys.

Jack se retourna attendant de voir où Rhys voulait en venir.

- « En temps normal, quand vous ne pouvez rien faire vous essayez malgré tout, reprit-il en s’adressant autant à Jack qu’à Gwen. Et le plus surprenant, c’est qu’en général, ça marche… »

Jack et Gwen échangèrent un regard lourd de sens, Rhys avait raison, une fois n’est pas coutume, pensa Jack, mais Rhys avait raison, tout comme Gwen avait eu raison de vouloir tenter quelque chose un peu plus tôt.
Enfin, Jack se ressaisit, il se précipita sur les moniteurs et repris le travail que Gwen avait abandonné par sa faute. Celle-ci retrouva aussitôt le sourire et embrassa son étonnant mari avant de rejoindre Jack pour l’aider.
Ils n’étaient sûr de rien, à part peut-être que les chances de ramener leurs amis frôlaient le zéro, mais ils savaient maintenant qu’il fallait tout tenter…

Citation:
Ianto et Martha couraient à perdre haleine dans les rues bondées de New New York, ils étaient à bout de souffle et Martha était encore sous le choc de la mort brutale de Franck, mais ils continuaient malgré tout de courir, car White ne les laisserais sûrement pas filer aussi facilement. Cependant, ils furent vite hors d’atteinte, perdu à travers la foule des New New Yorkais…

Finalement, après une longue course mené à l’aveuglette par Ianto, les Jones s’arrêtèrent dans un parc tranquille.
Ianto fut tout naturellement attiré par cet endroit, sans doute parce que depuis qu’ils avaient quitté la plaine, c’était la première fois qu’il voyait de la verdure et que c’était finalement la seule chose qu’il parvenait encore à comprendre dans ce monde qui était si différent du sien.
Martha appréciait elle aussi cet endroit apaisant et familier qui l’aiderait à se remettre.

Pour plus de prudence, ils s’enfoncèrent loin dans le parc qui semblait vraiment immense, New Central Park sans doute, et finirent par s’asseoir sur un banc où ils purent reprendre leur souffle en toute tranquillité.
Martha avait la tête entre ses mains et semblait profondément affligé.

- « Martha ? » Commença doucement Ianto.

Celle-ci releva la tête.

- « On doit trouver cet entrepôt, on peut encore faire quelque chose… » Dit-elle abruptement.
- « Martha ! Coupa Ianto, sa voix était ferme et la jeune femme le regarda surprise. C’est terminé, reprit-il plus doucement, nous avons échoué… »

Le gallois vit immédiatement dans les yeux de son amie qu’elle cherchait désespérément une objection à formuler, cela ne pouvait pas se finir comme ça.

- « Non, pas encore, Franck a dit que… »
- « Mais Franck est mort et nous n’avons aucun moyen de localiser l’emplacement de cet entrepôt et même si on y arrivait, White doit déjà y avoir renforcé la sécurité… »

La jeune femme baissa les yeux, elle savait que Ianto avait raison, mais il était difficile d’admettre un tel échec, surtout qu’ils avaient été si proches d’y parvenir.
Mais maintenant Franck avait été assassiné et toute la population de la planète n’allait pas tarder à suivre.

- « Alors Franck sera mort pour rien. » Lança-t-elle amère.
- « Il serait mort de toute façon, tout est fini… »
- « Mais on ne peut pas être arrivé ici par hasard, c’est impossible ! S’exclama-t-elle soudain. Ianto, tu l’as dit toi-même, la coïncidence est trop étrange… »
- « On s’est trompé Martha, j’ai bien peur que ce ne soit qu’un coup de chance… Enfin, si on peut appeler ça comme ça… » Affirma Ianto tout en sachant parfaitement qu’il ne pensait pas ce qu’il disait.

Non, toute cette histoire ne pouvait certainement pas n’être qu’une simple coïncidence… Comment pouvait-il être possible qu’ils se retrouvent ici, où Martha était déjà venu et maintenant, à un moment aussi critique ?
Mais il ne pouvait pas lui donner raison, Martha était une jeune femme très obstinée et s’il lui laissait entendre qu’il avait un doute, elle repartirait dans une croisade perdue d’avance et malheureusement, ils n’avaient plus le temps pour cela…

Le silence se fit dans le parc alors que l’après-midi touchait doucement à sa fin. C’était une fin de journée parfaite, les enfants, fraîchement sortis de l’école déambulait dans les allées, leurs mères leur criant de se dépêcher un peu s’il voulait avoir leurs goûtés. Des grands-pères donnaient des miettes de pains aux oiseaux et des couples se promenaient main dans la main.
Une fin de journée parfaite teintée de mélancolie sous les rayons d’un soleil déclinant, une fin de journée parfaite qui s’achèverait dans le plus terrible des malheurs…

Mais les Jones n’avaient pas dit leurs derniers mots, certes ils avaient échoué dans leur tentative de sauver la population, mais cela n’était pas réellement une surprise, ils avaient essayé et c’était le plus important. Maintenant, ils devaient surtout songer à sauver leurs vies !

- « On devrais y aller… » Annonça soudain Ianto en se relevant pour briser ce triste silence qui menaçait de les emporter dans une léthargie pessimiste.
- « Tu as raison, ne restons pas là, nous devons impérativement retrouver mon ami ! »

Ils jetèrent tous les deux un dernier regard accablé sur les enfants qui jouaient un peu plus loin avant de se diriger vers la sortie du parc.

***********************************************

A Cardiff, la situation n’était pas des plus réjouissante, car même si Jack et Gwen avaient retrouvé l’espoir de faire revenir leurs amis grâce à l’aide inattendu de Rhys, ce n’était pas pour ça que la solution leur avait sauté aux yeux.
Pourtant, Jack sentait qu’ils étaient tout près, il manquait juste un tout petit quelque chose, mais ni lui ni Gwen ne parvenait à mettre le doigt dessus.

- « Rhaaa !!! Grogna Jack en tapant du point sur le plan de travail. On y est presque, il faudrait seulement que Ianto et Martha se… »

Il s’interrompit subitement.

- « Il faudrait que Ianto et Martha se quoi ? » Interrogea Gwen.

Jack la regarda dans les yeux, il était sombre et pour cause…

- « Il faudrait qu’ils puissent se synchroniser avec nous, un peu comme pour un transfert de fichier, et qu’on soit connecté en même temps qu’eux et sur la même fréquence, ce qui est pratiquement impossible. Sauf s’ils ont la même idée que nous et surtout, qu’ils aient le matériel adéquat sous la main pour pouvoir le faire… »

Gwen sentit le désespoir pointer à nouveau le bout de son nez, mais cette fois, elle ne se laissa pas envahir.

- « Et bien si ça ne marche pas on trouvera une autre solution, il y a peut-être un moyen de détourner cette idée sans avoir à faire appel à eux… »

Ils se remirent donc au travail, courant dans tous les sens pour brancher des câbles, taper des codes et des équations entre milles autres choses…

De son côté, Rhys ne pouvant pas leur être utile concernant le côté technique, décida de s’occuper du café, mais un regard assassin de Jack le dissuada d’utiliser le percolateur de Ianto, si tant est qu’il sache l’utiliser, et il dut se contenter de ressortir la veille cafetière que l’équipe utilisait avant que Jack n’embauche le Teaboy…

**************************************************

Ianto et Martha sortirent rapidement du parc et s’arrêtèrent après avoir rejoint la rue.

- « Et où doit on chercher exactement ? » Demanda Ianto.

Martha réfléchit un instant, elle ne savait absolument pas où pouvait bien se trouver Face de Boe à cet instant. Elle savait qu’il était mort au Sénat, mais cela voulait-il dire qu’il s’y trouvait déjà au moment de la propagation du virus ? Impossible à dire…
Elle décida finalement qu’ils n’avaient pas vraiment le choix et finalement, le Sénat restait un choix judicieux, Face de Boe était un être si vieux et si sage qu’il était plus que probable qu’il tienne un rôle dans la politique de la ville…

- « Le Sénat… Je ne vois que ça… Dit-elle enfin. Reste à savoir où le trouver… »

Ianto acquiesça d’un signe de tête et ils commencèrent directement à chercher un autre de ces panneaux touristiques, mais ils furent aussitôt distraits par une voix féminine.

- « Excusez-moi ? »

Martha se retourna et put constater que ces mots leur étaient adressés.

- « Je peux peut-être vous aidez. » Dit-elle aimablement.

La femme semblait à peine plus âgé que Martha et tenait un petit garçon par la main.
Les deux jeunes gens la regardèrent sans comprendre, qui était cette femme avec un sourire aimable qui leur proposait son aide, ici, à New New York, la ville où les gens aimables sont une espèce plus que rare ?!

- « Je suis désolé, je suis curieuse et je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre ce que vous disiez… Dit-elle avec un sourire malicieux. Si vous cherchez le Sénat vous n’allez pas avoir à tourner en rond bien longtemps puisqu’il s’agit du bâtiment juste derrière vous. »

Elle pointa du doigt un impressionnant édifice juste de l’autre côté de la rue, les Jones se retournèrent et faillirent éclater de rire, était-ce le signe que la chance allait enfin leur sourire…

- « Oh, merci, merci !!! S’exclama Martha. Vous nous sauvez la vie ! »

Et cette brave jeune femme n’imaginait même pas à quel point…

- « Oh, je vous en prie c’est tout naturel ? » Dit-elle avec le plus sincère des sourires qui brisa le cœur de Ianto et Martha.
- « Mon mari et moi venons d’emménager alors je sais ce que c’est que de chercher son chemin… D’ailleurs je l’attends, nous repartons tous les trois en week-end à la campagne, chez mes parents, ça lui fera le plus grand bien. » Dit-elle en désignant son tout jeune fils.

Les Jones échangèrent un regard désespéré.

- « On espère que la route ne sera pas trop mauvaise… »
- « Prenez le périphérique ! » Coupa soudain Martha.
- « Pardon ? »
- « Prenez le périphérique pour sortir de la ville, c’est bien plus rapide vous verrez. »
- « Vous êtes sûr ?! Pourtant, c’est l’heure de pointe, le périphérique doit être plein à craquer… »
- « C’est ce que tout le monde croit, mais faites-moi confiance, le périphérique sera bien plus rapide… et surtout plus sûr… » Ajouta-t-elle en regardant le petit garçon.

La jeune femme sembla hésiter un instant, puis décida de faire confiance à Martha.

- « Bon, si vous le dites, je vous fais confiance, ah, justement voilà mon mari, et bien, je vous dis au revoir et merci du conseil. »

Elle s’éloigna rapidement et disparu dans le véhicule de son mari qui venait de se poser à proximité.

- « L’heure de pointe… Soupira Martha, si elle savait qu’elle va durer 27 ans… »

La jeune mère était à peine partie que les Jones filèrent en direction du bâtiment qu’elle venait de leur désigner.
Ils en firent le tour et se retrouvèrent rapidement devant l’entrée. Ils étaient nerveux, White n’avait sans doute pas abandonné l’espoir de les retrouver et même s’il y avait peu de chance qu’il concentre ses recherches du côté des bâtiments officiels, ils n’étaient pas à l’abri d’une mauvaise rencontre tant qu’ils seraient ainsi en pleine rue.
Ils ne prirent donc pas le temps de contempler le magnifique bâtiment et pénétrèrent directement à l’intérieur.

Le Sénat était un édifice incroyable et magnifique. Et malgré l’angoisse qui les tenaillait, Ianto et Martha ne purent s’empêcher d’être très impressionné par le décor de l’immense hall dans lequel ils venaient d’entrer, subtil mélange d’art classique et de modernité.
Ce surprenant mariage des genres dans la décoration donnait à cette immense pièce circulaire, un aspect totalement irréelle et hors du temps, qui reflétait parfaitement ce qu’était le Sénat, c'est-à-dire un lieu de pouvoir extraordinaire et respecté.
A moins que ceux qui détenaient ce pouvoir soient aussi décadents que semblait l’être le reste de la ville…

- « Et maintenant ?? » Demanda Ianto alors que sa compagne cherchait désespérément Face de Boe des yeux.
- « Maintenant on cherche mon ami… »
- « Oh, oui, une grosse tête dans un bocal, c’est bien ça ?? » Lança nerveusement Ianto.

Martha leva les sourcils en pensant que son ami gallois ne serait sûrement pas aussi moqueur s’il savait qui était cette « grosse tête dans un bocal »…

- « C’est ça oui… en gros… » Répondit-elle malgré tout.

Ils cherchèrent partout dans l’immense hall, scannant des yeux chaque mètre carré dans l’espoir d’y voir le fameux « ami ». Mais l’endroit était bondé, une foule cosmopolite composée de citoyens New New Yorkais (humains ou chats), de sénateurs, ainsi que d’une poignée d’Aliens de diverses espèces leur rendait la tâche encore plus difficile.
Les deux compagnons commençaient à désespérer, comment retrouver Face de Boe dans cette foule…
Mais soudain…

- « Martha Jones… ; Ianto Jones… »

Les deux jeunes gens se regardèrent déboussolé, ils cherchèrent autour d’eux la provenance de cette voix grave et profonde qui venait de les appeler. Mais ils réalisèrent soudain que la voix en question semblait plutôt provenir de leurs propres têtes…

- « Martha ?! » Interrogea Ianto en fronçant les sourcils.
- « Oui, je l’ai entendu moi aussi… Répondit-elle. Je crois que c’est lui… »
- « Je sais pourquoi vous êtes là. Repris calmement la voix douce et grave. Nous devons faire vite… »

Citation:
La voix, sa voix venait à nouveau de résonner dans leur tête.

- « Mais où êtes-vous ? » Demanda Martha à voix haute tout en sachant que c’était inutile puisqu’il lisait dans leurs pensées.

Pas de réponse…
Elle lança alors un regard paniqué à Ianto qui ne savait plus quoi penser, quelqu’un lui parlait directement depuis l’intérieur de son crâne…
La jeune femme allait réitérer sa question, mais elle fut coupée par une voix familière.

- « Suivez-moi je vous prie… »

Les Jones se retournèrent et virent une jeune femme chat, elle était vêtue d’une sorte de grande robe grise et sa tête était couverte un peu à la façon d’une nonne.

- « Novice Hame !!! » S’exclama alors Martha.

Oui, c’était bien elle, aucun doute le dessus, même si elle semblait bien plus jeune que la première fois qu’elle l’avait rencontré.

- « Nous n’avons pas le temps pour les présentations, surtout que je ne suis pas censé vous rencontrer avant plusieurs décennies. Contentez-vous de me suivre. » Annonça calmement Novice Hame aux deux voyageurs perdus.

Ianto la regarda s’éloigner et interrogea Martha du regard, celle-ci lui répondit silencieusement qu’ils pouvaient avoir confiance.
Les deux amis suivirent donc la religieuse féline à travers le hall.

Les deux jeunes gens, guidé par Novice Hame, fendirent la foule pour accéder à une grande porte en bois au fond de la salle.
Un homme, sans doute un membre de la sécurité, voulu les empêcher d’entrer, mais il se figea soudain semblant écouter quelque chose, son visage, dur et autoritaire, se décomposa progressivement jusqu'à devenir pâle et flasque.
Puis il ouvrit précipitamment la porte pour les laisser passer tout en se répandant en excuses.
Ianto et Martha échangèrent un regard intrigué en passant la porte.

- « Il sait parfois se montrer très autoritaire… » Les éclaira Novice Hame avec une petite pointe d’admiration dans la voix.

Ils traversèrent encore de longs couloirs, passèrent devant de nombreuses pièces pour finalement arriver devant une autre porte.
Novice Hame l’ouvrit et s’effaça pour les laisser entrer, mais Martha et Ianto hésitèrent un instant.
La jeune femme savait parfaitement qui elle allait voir, elle avait déjà été très impressionnée la première fois, mais maintenant, les choses étaient totalement différentes…
Ianto lui, hésitait pour une raison beaucoup plus classique, il appréhendait tout simplement cette étrange rencontre avec cet être si particulier qui pouvait communiquer par la pensée…
Mais encouragé par Novice Hame qui les pressa doucement, ils finirent par entrer.

Ils pénétrèrent donc dans une grande salle, les murs étaient couverts d’un immense panneau électronique. Il s’agissait en fait de la salle de contrôle de la ville, c’était depuis cet endroit que l’on dirigeait tout le système électronique de New New York…
Mais à vrai dire, ni Ianto ni Martha ne réfléchirent vraiment à l’utilisation qu’on pouvait faire de cette pièce, leurs regards ayant été immédiatement capté par lui.
Il se trouvait là, seul au milieu de cette pièce immense et pourtant, il semblait occuper tout l’espace tant il en imposait par sa seule présence.
Martha avait la gorge serrée, le revoir était si émouvant, surtout maintenant qu’elle savait…
De son côté, Ianto était secoué par une multitude d’émotion.
D’abord, il était impressionné, cet être qu’il avait sous les yeux ne payait pourtant pas de mine, ce n’était qu’une vieille tête fripée dans un bocal…
Mais, il dégageait quelque chose de très particulier, une sorte d’aura de puissance, de sagesse, de savoir, mais surtout, surtout, il y avait quelque chose dans son regard…
Quelque chose de parfaitement indescriptible et d’unique, mais qu’il avait pourtant l’impression de connaître.
Ce visage l’ému soudain, sans véritable raison, le simple fait de le voir lui donnait des frissons dans le dos, en un seul mot, Ianto était subjugué par cette créature à la fois mystérieuse et si familière…

- « Approchez… » Dit doucement la voix profonde de Face de Boe.

Les Jones toujours surpris d’entendre cette voix résonner dans leur tête, réalisèrent soudain qu’ils étaient restés sur le pas de la porte.
Ils s’approchèrent donc lentement du centre de la pièce, Novice Hame restant légèrement en retrait derrière eux.

- « Ecoutez-moi attentivement, je connais la menace qui pèsent sur l’humanité et je sais également comment en sauver une partie, mais pour cela, je vais avoir besoin de votre aide… »

Ianto et Martha échangèrent un rapide regard, bien sûr qu’ils allaient l’aider…
Et ils avaient à peine formulé cette pensée dans leur esprit que déjà Face de Boe avait compris qu’ils étaient d’accord, mais ça, il n’en avait jamais douté…
Il ne perdit donc pas une seule seconde et commença à leur faire part de son plan.
Bien sûr, Martha le connaissait déjà, mais Ianto n’en avait qu’une vague idée et il était important qu’il en saisisse bien la teneur pour pouvoir être utile par la suite.
Quand il eut terminé, Ianto confirma qu’il avait compris et même qu’il saurait se rendre utile.

- « Parfait, je savais que vous seriez efficace Ianto Jones… » Dit Face de Boe de sa voix toujours aussi paisible, mais qui sembla soudain s’être teinté d’une certaine mélancolie…

Le jeune homme en fut légèrement troublé, mais avant qu’il ait pu le réaliser, Face de Boe l’envoya chercher le matériel nécessaire avec Hame.

Quand ils eurent disparu, Martha se retrouva seule avec lui…
Elle aurait aimé pouvoir dire quelque chose, mais elle ne savait pas comment s’y prendre. Elle savait que Face de Boe et Jack était la même personne, mais elle se sentait, elle était, si petite face à lui, qu’il lui semblait totalement impossible de lui parler avec la même familiarité qu’autrefois…
Et surtout elle savait tant de choses sur son avenir, sur ces 24 années que lui et Hame allaient devoir passer seuls ici à attendre le Docteur… Et la mort…
Et elle sentait également que Face de Boe devait déjà avoir lu tout ça dans son esprit, elle frissonna soudain, mal à l’aise…
Face au trouble de la jeune femme, Face de Boe décida d’entamer la conversation.

- « Tu n’as pas à te sentir triste pour moi, Martha Jones, j’ai vécu si longtemps, la mort ne serra rien de plus qu’une nouvelle aventure pour moi… »

Martha ne répondit pas, elle était bien trop émue pour cela.
Elle ne put retenir une larme en imaginant tout ce que Face de Boe… Jack avait dû traverser dans sa trop longue existence, et savoir que Ianto se trouvait juste à côté sans en avoir la moindre idée rendait la chose encore plus terrible.
Comment réagirait-il s’il savait qui était Face de Boe ?

- « Il ne doit jamais savoir… » Répondit ce dernier à l’interrogation muette de Martha.

Cette fois, la jeune femme répondit sans difficulté et à haute voix, c’était toujours aussi inutile, mais il est difficile de se contenter de parler dans sa tête quand on n’en a pas l’habitude…

- « Mais pourquoi ? » S’écria-t-elle, se surprenant elle-même de son audace…

Mais contre toute attente, Face de Boe lui répondit, toujours avec ce ton si serein qui le rendait si impressionnant.

- « Parce que cela fait bien longtemps que je ne suis plus celui qu’il a connu… Et je refuse qu’il puisse penser que j’ai pu l’oublier… »
- « Mais pourquoi ne pas lui expliquer, si vous ne l’avez pas oublié… »

La jeune femme s’interrompit… Et si en protégeant Ianto, Face de Boe se protégeait lui-même par la même occasion…
Là encore, elle réalisa que Face de Boe devait avoir entendu cette pensée et elle eut peur de l’avoir vexé…
Mais encore une fois, l’être millénaire lui répondit avec flegme et sincérité…

- « Tu as probablement raison Martha, il s’interrompit un instant. Je n’imaginais pas que j’aurais encore à gérer des problèmes sentimentaux à mon âge… » Dit-il amusé.

Martha se laissa aller à un petit sourire à son tour, puis Face de Boe repris, à nouveau sérieux.

- « Comment lui expliquer, il y aurait tant à raconter… Il se tut quelques secondes, comme s’il se remémorait des instants de son long passé. Il y a fort longtemps, reprit-il, je lui avais fait la promesse de ne pas l’oublier. Pendant plusieurs millénaires, j’ai tenu parole et malgré le fait que d’autres, beaucoup d’autres, aient compté, Ianto a toujours gardé une place à part, il était comme un compagnon de voyage invisible que je gardais précieusement à mes côtés…
Mais j’avoue, j’avoue l’avoir oublié quelques temps… Face de Boe fit une pause tout en fermant les yeux. Les souvenirs peuvent devenir si douloureux qu’il vaut parfois mieux ne pas se rappeler. Mais cette période sans souvenirs a sans doute été la plus obscure et la plus terrible de ma longue existence. Et puis un jour, il a fini par revenir, comme une lueur dans les ténèbres, son souvenir m’a ramené à la vie, dès lors, il ne m’a plus jamais quitté, jamais…
Il était mort depuis des milliers, des millions, puis des milliards d’années, mais il était devenu un repère et souvent il m’a permis de refaire surface dans les moments les plus difficiles…
Et aujourd’hui, alors que ma fin approche, il est plus que jamais présent…»

Martha, les yeux brillant de larmes, eu beaucoup de mal à retrouver sa voix…

- « Vous… bégayât-elle, vous ne pensez pas qu’il serait plus qu’heureux d’entendre ça ? »
- « Il le saura, Martha Jones, un jour, mais pas maintenant et pas par moi… »

Où ? Quand ? C’était un mystère pour la jeune femme, mais savoir qu’un jour, Ianto réaliserait tout ce qu’il pouvait représenter pour Jack la rendit soudain bien plus joyeuse…




Pendant ce temps, Novice Hame avait conduit Ianto dans une sorte de réserve contenant toute une multitude de matériel électronique, des câbles, toutes sortes de systèmes de branchement.
C’était une véritable caverne d’Ali Baba pour tout bidouilleur d’électronique, le genre d’endroit que Tosh aurait adoré visité, pensa Ianto avec tristesse.
Mais sa peine fut de courte durée car Hame commençais déjà à fouiner dans les étagères pour trouver les divers éléments qu’ils devaient rapporter.
Ianto se mit aussitôt à l’aider, les explications de Face de Boe ayant été très claires, il savait parfaitement ce qu’il cherchait.
Face de Boe avait prévu de se brancher lui-même directement aux compteurs principaux de la cité grâce à son caisson, ces compteurs permettaient de gérer tout le système électronique de New New York et lui permettraient donc de verrouiller la ville souterraine et de la mettre dans un état de quarantaine. Une partie de la population serait ainsi épargnée par le virus. C’était peu songea Ianto, mais c’était le mieux qu’ils puissent faire.
Mais pour en arriver là, Face de Boe avait besoin de matériel pour les branchements et surtout, il devait impérativement booster sa puissance.
Ianto, d’abord inquiet qu’on lui demande son aide, fut vite soulagé en constatant que le système utilisé était des plus basique et n’était finalement pas plus compliqué que le manipulateur de la faille, qu’il maîtrisait très bien…
Le matériel nécessaire fut donc vite réuni et Ianto s’autorisa quelques questions.

- « Euh… Commençât-il en démêlant un long câble. Cet… être… est vraiment très impressionnant… »
- « Oui, il l’est ! » répondit Hame tout en continuant de fouiller dans la réserve.
- « D’où vient-il exactement ? »
- « Je n’en sais trop rien… Avoua la sœur. Il y a tant et tant de choses à dire sur lui… Parfois, il me décrit les paysages d’incroyables planètes qu’il a eut la chance de visiter, il me raconte des histoires qu’il a vécu, mais elles sont si anciennes qu’on les croit aujourd’hui issu des légendes… » Elle s’interrompit admirative, puis repris précipitamment ses recherches en s’apercevant qu’elle rêvassait.
- « Il est donc si vieux que cela ? Comment s’appel t-il ? » Interrogea Ianto pensif.

Novice Hame sembla soudain mal à l’aise.

- « Et bien, il a porté tant de noms… »

La jeune femme cherchait sans aucun doute à éluder la question, mais alors qu’il allait insister, elle trouva enfin ce qu’elle cherchait et l’ajouta au reste du matériel qu’ils avaient déjà réuni.

- « On va pouvoir y aller ! » Affirma-t-elle précipitamment en jetant un dernier coup d’œil au tas pour vérifier qu’ils avaient tout.

Ianto vérifia à son tour et réalisa qu’il manquait un câble, le câble qu’il avait dans les mains et qu’il avait fini d’enrouler depuis un bon moment sans s’en rendre compte.
Et alors que Novice Hame partait déjà rejoindre Martha et Face de Boe, Ianto se rendit compte que l’ami de Martha était vraiment très mystérieux et l’intriguait sans doute bien plus qu’il ne devrait…




Martha commençait à se sentir un peu plus à l’aise devant Face de Boe, suffisamment pour relancer la conversation.

- « Tout à l’heure, vous aviez dit que vous saviez pourquoi Ianto et moi étions là ? »

Face de Boe lui répondit immédiatement.

- « Je le savais car c’est moi qui vous ait fait venir jusqu’ici… » Annonça-t-il.

Martha laissa échapper une exclamation de surprise.

- « Mais… Comment… »
- « Souviens toi que j’étais là le jour où Ianto et toi avez disparu dans la faille… Mais vous n’aviez disparu que quelques heures, Ianto m’avait alors raconté qu’un ami du Docteur vous avait sauvé… Je me souviens avoir trouvé la coïncidence étrange, d’autant plus que Ianto avait l’air mal à l’aise, mais vous étiez rentré sain et sauf alors pourquoi chercher plus loin. Ce n’est que bien plus tard, des millions d’années plus tard que j’ai compris. Je venais d’entamer ma lente évolution vers ce que je suis aujourd’hui et tout est devenu clair. J’ignore pourquoi, mais cette histoire que m’avais raconté Ianto, il y avait déjà tant et tant d’années sur votre voyage a New New York et votre rencontre avec cet être étrange dont il ignorait le nom, m’était soudain revenu en mémoire avec une incroyable précision. C’est à ce moment que j’ai compris que c’était moi, j’étais le mystérieux ami du Docteur, la tête dans le bocal… Dit-il la voix soudain rieuse. J’ai su alors que je devais vous faire venir jusqu'à moi, je savais également quand. Il m’a suffit d’attendre de pouvoir vous « capter » pour vous attirer là où vous deviez être… Et j’ai attendu longtemps, très longtemps pour rassembler la technologie et les connaissances nécessaires pour cela. Mais ma patience a fini par être récompensé et j’ai pu vous faire venir jusqu’ici grâce à mon ancien bracelet d’agent du temps que j’ai fait améliorer lors de mes nombreux voyages à travers l’Univers. J’ai ensuite intégré les composant de ce qui restait du bracelet dans cette machine, il désigna le caisson dans lequel il baignait avec ses yeux, c’est donc grâce à elle que je vous ais attiré ici et que je vous renverrais chez vous…
Après votre arrivée, j’ai envoyé Hame vous chercher, mais vous étiez déjà en train de tenter de sauver le monde… Il rit à nouveau, de se rire si particulier des anciens qui s’amusent de la détermination des enfants. J’ai donc dû attendre encore un peu que veniez jusqu’à moi par vous-même… »

Martha était subjugué, toute cette histoire avait donc été préméditée depuis des millénaires !!!
La jeune femme réalisa soudain tous les mystères qui entouraient Jack et qu’elle n’aurait jamais l’occasion de découvrir, ni même d’effleurer…
Mais dans tout cet incroyable récit, une chose en particulier avait attiré son attention, elle et Ianto allaient rentrer !!!
Elle se sentait un peu coupable de s’être arrêté à ce qui pourrait sembler n’être qu’un détail dans une montagne de questions qu’on pouvait se poser sur le mystère Face de Boe, mais étant donné la situation, il était difficile de lui en vouloir.

- « Alors finalement, nous allons bel et bien rentrer chez nous ?! » S’exclama la jeune femme.
- « En effet… »
- « Quoi ?! »

C’était Ianto, il venait de revenir avec Hame, les bras chargés du matériel de la réserve.

- « Vous dites que vous avez un moyen de nous ramener à notre époque ? Mais comment ? »
- « Le moment n’est pas venu, Ianto Jones, pour l’instant nous devons d’abord veiller à ce que tout ce passe comme il se doit… »

Ianto n’était pas vraiment satisfait de la réponse, les questions s’accumulaient dans sa tête, mais les réponses elles, ne semblaient pas pressées de suivre…
Cependant, il n’avait pas le temps de pousser sa curiosité jusqu’au bout, le temps était compté et le virus n’allait pas tarder à se répandre.

Citation:
Ce n’était plus qu’une question de minutes, il fallait faire vite.
Ils se mirent donc au travail immédiatement alors que la foule des New New Yorkais était déjà agglutinée autour des points de diffusion, trépignant d’impatience en attendant les distributions promotionnelles. Même les Sénateurs n’avaient pas résisté à la tentation de se procurer quelques patchs…
Il y avait comme de l’électricité dans l’air et Face de Boe n’avait aucun mal à la capter.

- « C’est pour bientôt ! » Dit-il tristement.
- « Nous avons presque terminé, le boosteur d’énergie est en place, il ne reste plus que quelques branchements à effectuer… » Précisa Ianto.

Il se plaça alors derrière le caisson de Face de Boe, attendant que ce dernier lui dise où brancher les câbles pendant que Martha s’occupait d’effectuer les derniers réglages.
Le gallois était plutôt mal à l’aise à l’idée de devoir brancher des choses dans ce qui semblait maintenir cette créature en vie, mais Novice Hame, infirmière personnelle de Face de Boe depuis déjà quelques années vint à sa rescousse.
Pendant les branchements, Ianto se posa de nombreuses questions sur ce mystérieux vieillard qui ne semblait pas vouloir se répandre en réponses… Ou en tout cas, pas avec lui…
Il en était profondément troublé, mais encore une fois, il aurait été bien incapable de dire pourquoi…
Après tout ce… personnage n’avait rien à lui dire finalement, ils ne se connaissaient pas et en plus, le temps jouait contre eux alors ce n’était clairement pas le moment de faire connaissance, pourtant, il avait cette curieuse impression qu’il l’évitait…

- « Nous avons terminé ! » Lança soudain Novice Hame, tirant Ianto de sa rêverie.
- « J’ai terminé aussi ! » Annonça Martha à son tour en rejoignant ses compagnons au centre de la pièce.

Ils se tournèrent tous les trois vers Face de Boe dans l’attente de ses prochaines instructions.
Il avait les yeux fermés et semblait se concentrer.

- « Parfait ! Dit-il enfin. Tout est en place… Puis il ajouta accablé. Juste à temps, la distribution vient de commencer et les premiers patchs sont déjà entre les mains des New New Yorkais. Dans quelques minutes, les composantes vont muter et se sera la fin… »

Ils baissèrent la tête, dans quelques minutes, la foule en liesse serait terrassée, foudroyée en seulement 7 secondes par la mort.

- « Mais, s’interrogea soudain Martha, si vous saviez ce qui allait se passer avec ce patch, pourquoi ne pas avoir tenté d’empêcher les choses ? »

Il n’y avait aucun reproche dans sa question, mais à peine avait elle finit de la poser qu’elle le regretta, Face de Boe savait certainement ce qu’il faisait…

- « J’ai tenté quelque chose ! Répondit-il malgré tout, sans montrer la moindre once de reproche envers la jeune femme. Mais tu te doutes, ajouta-t-il amusé, que dans ma situation actuelle, il m’aurait été plutôt difficile de débarquer à Patchwork pour ordonner l’arrêt de la fabrication de Félicité… Malheureusement, j’ai dû me contenter d’attaquer Mr Work en justice, mais il a contré toutes mes actions et l’affaire est toujours en attente… »

Il fit une pause et souris en voyant la réaction de stupéfaction de Martha.

- « Oui, c’est une façon de combattre sans doute moins glorieuse, mais c’est la seule que je puisse encore appliquer aujourd’hui. Et puis, reprit-il sombrement, nous sommes tous les deux bien placé pour savoir que certaines choses ne peuvent, ni ne doivent être changées… »

Un lourd silence s’imposa alors, la distribution des patchs devait déjà être bien entamé et les premiers consommateurs avaient sans doute déjà collé Félicité sur leur cou.
Ce n’était plus qu’une question de secondes maintenant, avant le début de la fin…




Dans les rues de New New York, Mona et Harry Popplewell, les gens charmants qui avaient déposé Ianto et Martha un peu plus tôt dans l’après-midi, avaient passé le reste de leur journée en ville. Voir les Jones former un couple si mignon leur avaient donné envie de se rapprocher et ils avaient donc passé leur après-midi à se promener main dans la main dans la ville. Puis Mr Popplewell, toujours avide de nouvelles expériences avait décidé de tester ces nouveaux patches, il avait convaincu sa femme de s’arrêter devant un de ces stands promotionnels et ils furent donc parmi les premiers New New Yorkais à essayer la nouvelle humeur.
Une fois le patch collé sur leur cou, le couple fut envahit par une incroyable sensation de bonheur parfait, de… félicité…
Mais cette agréable sensation fut de courte durée.

- « Harry ?! S’inquiéta Mme Popplewell, tu saignes !!! »

Effectivement, un léger filet de sang s’écoulait de son nez. Il regarda sa compagne et s’aperçut que du sang coulait également de son nez à elle.
Mais avant qu’il est pu dire quoi que ce soit, sa vision se brouilla et il tomba lourdement sur le sol, suivit de peu par sa femme.




Cette scène atroce se produisait un peu partout dans la ville et se fut le signal que Face de Boe attendait.

- « Approchez-vous ! » Ordonna-t-il.

Les Jones et Novice Hame obéirent immédiatement et vinrent s’accroupir devant la vitre du caisson de Face de Boe.
Puis, celui-ci se tut et rassembla toute son énergie.
Une épaisse fumée entoura alors le caisson et les trois compagnons. Pendant une seconde, Ianto et Martha eurent peur que l’air devienne irrespirable, mais ce ne fut pas le cas.

- « Cette fumée nous protégera du virus, mais malheureusement, je ne peux pas l’étendre sur une très grande surface… » Leur expliqua Face de Boe.

Une fois ses trois amis en sécurité, Face de Boe commença à mettre en place le système de fermeture du périphérique.
Des étincelles jaillirent des installations de fortune mise en place par les Jones et Hame alors que Boe y faisait passer toute sa puissance.
Ils craignirent une seconde que les branchements ne tiennent pas…

A partir de là, tout ce passa très vite, le petit groupe protégé du virus put entendre l’arrivée précipitée des Sénateurs qui se rassemblaient en urgence, dans la pièce adjacente, pour tenter de contrer cette soudaine épidémie.




Dans le périphérique justement, la jeune femme qui avait aidé Martha et Ianto à trouver le Sénat n’était pas vraiment ravie d’avoir suivit le conseil de Martha.

- « Ca fait plus d’une heure qu’on est coincé dans ce périphérique de malheur !!! » Pesta-t-elle.
- « Calme toi ma chérie, regarde, la sortie est juste à quelques mètres, au final, ça ne nous aura pas beaucoup ralenti… La rassura son mari. Et puis cette jeune femme avait raison, le périphérique est bien plus sûr, à cette vitesse, on ne risque certainement pas l’accident… »

Le jeune couple se mit à rire silencieusement pour ne pas réveiller le petit qui dormait paisiblement à l’arrière.
Mais alors que le véhicule s’apprêtait à quitter la voie principale, ils durent s’arrêter, un panneau afficha soudain que la sortie allait être fermé, ils allaient devoir voler encore jusqu’à la prochaine sortie…

- « Oh non !!! » S’exclama la jeune femme.
- « Ne t’inquiètes pas ma chérie, ce n’est pas grave, on prendra la prochaine… »




Finalement, tout avait tenu bon et c’est avec un grand soupir de soulagement que Hame, mais surtout Ianto et Martha, accueillirent ce qu’allait leur annoncer Face de Boe.

- « Le périphérique et toute la ville souterraine sont maintenant totalement bouclés et en sécurité, il me reste maintenant juste assez de puissance pour vous renvoyer tous les deux à votre époque… »

Face de Boe se concentra alors de nouveau, il devait faire appel à une aide lointaine et des plus inattendu …

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A Cardiff, Jack et Gwen tournaient comme des lions en cage et la tension était si palpable que même Rhys n’osa pas tenter la moindre interrogation.
Il se contenta donc de déposer deux tasses de son atroce café sur la table basse, juste devant Gwen qui réfléchissait en silence…
Puis un bruit violent faillit lui faire renverser les boissons, il se retourna et pu constater que Jack venait de faire voler la moitié du plan de travail. Une multitude d’objets divers dégringolèrent sur le sol et une tasse à moitié pleine de café se brisa dans un épouvantable vacarme.
Puis Jack alla s’asseoir sur le sofa à côté de Gwen en se tenant la tête dans les mains…
On a pas tout essayer, se dit-il, il doit y avoir quelque chose qu’on a oublié…
Rhys leva les yeux au ciel et décida à contre cœur d’aller ramasser tout ça au cas où il leur reprendrait l’envie de courir dans tous les sens, il ne voulait pas que Gwen glisse sur la flaque de café, son job était déjà assez dangereux comme ça, pas la peine d’y ajouter les accidents domestiques classiques…

Mais alors qu’il remettait un clavier sur le plan de travail, son œil fut attiré par une petite icône qui clignotait en bas d’un des écrans.
Il jeta un coup d’œil vers sa femme et son insupportable patron, il savait que c’était suicidaire, mais une icône avec un point d’exclamation dans un triangle qui clignote avec autant d’insistance, valait peut-être la peine de les déranger dans leurs réflexions…

- « Euh… Dites-moi, c’est normal que ce truc clignote comme ça ? »

Le Capitaine grogna et Gwen répondit donc à son mari avant que Jack ne décide soudain de passer ses nerfs sur lui.

- « C’est normal Rhys, c’est un appareil de surveillance très sensible et il enregistre toute sorte de fluctuations… »

Rhys ne fut pas très convaincu par cette explication, surtout quand une phrase apparu juste sous l’icône.

- « Euh… Et quand l’ordinateur demande l’autorisation de connecter un élément extérieur au système ? »

Gwen ne comprit pas, elle n’avait jamais vu ça auparavant, mais Jack, lui, bondit comme s’il s’était assis sur un clou.
Il courut rejoindre Rhys et quand il vit de ses yeux ce que venait de leur décrire le gallois,
un immense sourire se dessina sur ses lèvres, le premier depuis que Ianto et Martha avaient disparue.
Intrigué par ce soudain revirement Gwen se leva et rejoignit Jack qui commençait déjà à s’affairer.

- « Jack que ce passe t-il ? »
- « Tu te souviens, quand je te disais que le seul moyen de les faire revenir était qu’ils pensent à se connecter à notre fréquence ? »

La jeune femme acquiesça.

- « Et bien, je ne sais pas comment, mais ils viennent de le faire… »

Gwen n’en croyait pas ses oreilles, il lui fallut quelques secondes pour réaliser avant de finalement aider Jack à ouvrir tous les canaux de sécurité…

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En ville, la situation devenait vraiment très alarmante et la panique se répandait plus vite que le virus lui-même. Très vite, tous les lieux publics furent fermés, mais c’était inutile puisque tous ceux qui n’avaient pas encore succombé étaient déjà rentrés chez eux pour se calfeutrer.
Au sommet de la tour Patchwork, Mr Work était installé à son bureau devant lequel se tenait Mr White.
Alors que le PDG de la société sirotait calmement un verre de Whisky provenant de la dernière bouteille de sa cave personnelle, dernier vestige de l’ancienne Terre, White lui, était beaucoup plus nerveux.
Il était évident que le patch Félicité était responsable de ce carnage et White était certain de ne pas pouvoir s’en sortir cette fois, ce n’était qu’une question de temps avant que la police ne débarque.

- « Je me suis débarrassé du corps du scientifique, Franck, pourquoi ne pas lui faire porter le chapeau, nous dirons que nous n’étions au courant de rien et … »
- « Taisez-vous White ! Ordonna Mr Work. Vous ne comprenez donc pas… C’est terminé pour tout le monde… » Dit-il avec un calme emprunt de fatalité.

White ne sembla pas comprendre, puis il vit un filet de sang coulé du nez de son patron qui tomba soudain tête la première sur son bureau, juste avant des s’effondrer à son tour…




Au Sénat, Ianto et Martha attendaient fébrilement, Martha savait que leur retour était programmé, mais elle savait aussi que tout ne se passais pas comme toujours comme prévu.
Dans la salle, juste à côtés, ils pouvaient entendre les cris paniqués des sénateurs, mais ces cris cessèrent très vite, remplacé par le bruit des corps qui tombaient sur le sol avant de laisser place à un silence assourdissant…

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A Cardiff, Jack n’avait toujours pas quitté son sourire, lui et Gwen venaient enfin d’ouvrir le dernier canal et ils allaient répondre à la demande de connexion dans une petite seconde…

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- « Posez vos mains sur la paroi de mon caisson et tenez-vous prêt ! Prévint Face de Boe. C’est pour très bientôt. »

Ianto et Martha ne se firent pas prier et collèrent leurs paumes sur la vitre fraîche.
A genoux si près devant Face de Boe, Ianto put enfin observer de plus près ce visage si vieux et si impressionnant, mais il n’arrivait toujours pas à définir ce sentiment étrange qu’il ressentait en présence de cette créature.
Cependant, il put constater une chose qu’il avait soupçonné depuis qu’il l’avait rencontré, il évitait son regard, c’était certain, chaque fois qu’il avait essayé de percer le mystère de ses yeux, la tête sans nom se détournait, ou bien lui demandait de faire quelque chose…
Mais paradoxalement, il se sentait observé, chaque fois qu’il avait le dos tourner, il devinait ce regard millénaire peser de tout son poids sur sa nuque.

Le gallois se doutait que quelque chose n’allait pas, tout le monde ici semblait lui cacher quelque chose et en particulier Martha.
La jeune femme avait une relation particulière avec l’être sans nom, c’était évident, pourtant elle affirmait ne pas le connaître…
Et alors que des milliers de questions se bousculaient dans sa tête, alors qu’il ne restait qu’une seconde avant que Face de Boe ne les renvois au 21ème siècle, il se produisit une chose, une minuscule chose…
Face de Boe avait cédé à une seconde de la séparation ultime, il avait baissé sa garde et avait finalement tourné le regard vers Ianto qui parvint enfin à le regarder dans les yeux.

Et se fut comme un flash, dans ces grands yeux qui avaient vu tellement, Ianto reconnu une lueur, une infime étincelle qui lui était incroyablement familière, non c’était bien plus que ça !
Cette vision ne dura qu’un instant, mais ça lui fit l’effet d’un coup de point dans l’estomac.
Ce regard, il le connaissait, il l’avait déjà vu si souvent et il aimait s’y plonger plus que tout au monde et tout devint soudain très claire.
Cet être avait vu tant de choses, vécu si longtemps, c’est ce qu’on lui répétait depuis son arrivée ici et Martha était si bouleversé chaque fois qu’elle en parlait, cet être immortel au regard si profond ne pouvait être que…

- « Jack… » Murmura-t-il finalement en collant un peu plus sa main contre la vitre avant de disparaître soudain, happé par une force irrésistible qui le ramènerait chez lui…

Citation:
Ianto était allongé sur le dos. Le voyage de retour ne fut guère plus agréable qu’à l’allé, il était un peu dans le brouillard et avait du mal à réaliser tout ce qu’il venait de vivre, mais au moins, il ne s’était pas évanoui.
Il avait les yeux ouverts et put constater avec une joie immense qu’il était rentré, il en était certain, il reconnaîtrait le ciel gris de Cardiff entre mille et la tour d’eau se dressait à une dizaine de mètres derrière lui.
Mais sa joie fut de courte durée, car en plus du sol dur et froid sous lui, il sentit que de l’eau glacée commençait à traverser les différentes couches de vêtements qu’il portait, de toute évidence, il avait beaucoup plu pendant son absence.
En temps normal, il se serait relevé comme s’il avait été monté sur ressort, mais dans ce cas précis, il ne se sentait pas d’attaque et puis, son costume n’était plus vraiment à ça près…
Il se contenta donc de se laisser aller doucement au soulagement d’être de retour au bercail.

Puis il se rappela soudain qu’il n’était pas seul dans cette histoire, il chercha Martha du regard et fut immédiatement rassuré de la voir allongée juste à côté de lui.
Elle lui sourit sans un mot et ils se laissèrent tous les deux bercés par le vent frais et revigorant de la mer.

Mais leur « repos » fut vite troublé par des cris.

- « Ianto !!! Martha !!! »

Les deux jeunes gens reconnurent aussitôt les voix de Gwen et de Jack.
Ils se redressèrent donc tant bien que mal et tournèrent la tête pour les voir les rejoindre en courant depuis l’ascenseur invisible.
Ianto eut tout juste le temps de se relever avant que Jack ne lui saute dessus et le sert dans ses bras si fort qu’un craquement sinistre retentit dans son dos…
Adieux mon joli costume pensa-t-il…
Martha quant à elle, eu droit à une accolade beaucoup moins brutale, mais tout aussi sincère de la part de son amie Gwen.

Ianto fut incapable de dire combien de temps les retrouvailles avaient duré, mais Jack avait desserré son étreinte bien trop tôt à son goût, car après tout ce qu’il venait de vivre, retrouver les bras de Jack était tout ce dont il avait besoin.
Le petit groupe soulagé de se retrouver enfin se dirigea donc vers le Hub où les attendaient Rhys.
Mais en allant vers l’ascenseur, Ianto encore déboussolé eu une vision d’horreur.
Le Suv était là, couché sur le côté, toutes les vitres explosées, la carrosserie plus que gondolé et la peinture, oooh, la peinture…
Ianto poussa un gémissement désespéré.
Il avait complètement oublié que le fidèle Suv avait beaucoup souffert de son combat contre le monstre baveux…

- « Oh, non, il va falloir que je pense à m’occuper de… » Se lamenta-t-il.

Mais Jack l’interrompit.

- « Oubli le Suv ! Je m’en occuperais moi-même si tu me jures que tu vas bien ! » Dit-il avant de le serrer à nouveau contre lui.

Ianto aurait difficilement pu jurer une chose pareille, mais il se sentit à nouveau profondément apaisé et il aurait même pu s’endormir ainsi dans le creux de l’épaule de son Capitaine si une goutte d’eau glacée n’était pas venu s’écraser sur le haut de son crâne, signe qu’il valait mieux rentrer rapidement.

Une fois à l’intérieur, Rhys servi un café bien chaud, et imbuvable, à tout le monde et Ianto, qui voulait faire bonne figure, se dévoua pour aller faire des boissons dignes de ce nom, mais Jack refusa de le voir quitter le sofa, ils durent donc se contenter d’un café un peu amère…
Malgré le café, l’euphorie des retrouvailles donna l’illusion que tout était rentré dans l’ordre, mais cette bonne ambiance n’était que pure illusion.
Chacun d’eux, cachait au fond de lui une part d’angoisse suite à cette journée.
Une angoisse qui aurait bien du mal à se dissiper.
Jack et Gwen gardaient en eux la peur d’avoir perdu des êtres chers, Martha était revenue de New New York profondément bouleversée par le destin de Jack tout en sachant qu’elle ne pourrait jamais lui en faire part. Même Rhys, qui semblait pourtant avoir déjà oublié ses peurs de la journée irait se coucher encore plus inquiet pour la femme qu’il aime.
Et Ianto…

Son incroyable découverte lui était revenue plus clairement que jamais alors qu’il réalisait enfin qu’il était bel et bien rentré pour de bon.
Jack, il avait bien reconnu Jack dans cette créature…
Il en était certain, même maintenant qu’il était au Hub entouré de ses amis et d’un Jack jeune et en pleine santé, il restait persuadé qu’il n’avait pas rêvé…
Ce vieillard et Jack était la même personne !
Cependant, il avait du mal à comprendre cet étrange comportement qu’il avait eu à son égard…
C’était sans doute ce qui l’intriguait le plus, pourquoi n’avoir rien dit, pourquoi l’avoir évité ?
Jack n’aurait jamais fait ça !
Mais aussitôt une désagréable petite voix lui soufflait que cette personne ne pouvait plus être Jack, pas après 5 milliards d’années d’existence.
Et pourtant, il était évident qu’il se souvenait de lui, sinon à quoi bon l’éviter et puis, il était certain que ce dernier regard était bien celui de Jack, quel que soit le nombre d’années, une partie de l’homme qu’il connaissait n’avait jamais changé et était resté là, immuable…
Cette pensée le soulagea un peu, mais elle ne l’empêcha pas de se poser mille autres questions, si bien qu’il entendit à peine ses amis fêter leur retour…

Puis, la fatigue et la peur accumulée dans la journée eurent très vite raison de l’équipe. Ils se séparèrent donc. Gwen proposa à Martha de l’héberger pour la nuit, au cas où elle ne voudrait pas rester seule après une telle journée. Mais celle-ci déclina l’offre, de toute façon, elle était si fatiguée qu’elle tomberait comme une masse à la seconde où sa tête effleurerait l’oreiller.
En revanche, elle se laissa raccompagné et Rhys, Gwen et elle quittèrent donc le Hub ensemble.

- « Bonne nuit Ianto, lança Martha en enlaçant le jeune homme. J’ai apprécié être ta femme aujourd’hui… » Elle sourit et l’embrassa sur la joue en le remerciant une fois encore d’avoir été là.

Mais plus que pour lui souhaiter une bonne nuit, plus que pour le remercier, l’étreinte de Martha avait le but secret de le soutenir, même si elle ignorait totalement à quel point il en avait besoin.

- « Quoi ?! Qu’est-ce que j’entends ??? » S’exclama Jack.
- « Ne t’inquiète pas Jack, ça ne comptait pas et tu sais bien que tu seras toujours le numéro 1 dans mon cœur… Tout comme dans celui de Ianto… »

Elle sourit à nouveau et embrassa Jack, le cœur serré, avant de disparaître derrière la lourde porte cranté où l’attendait Rhys et Gwen.

Une fois le silence revenu dans le Hub, Jack se tourna vers son gallois préféré.

- « Comme ça je suis Numéro 1 dans ton cœur ? » Demanda-t-il taquin.

Ianto ne répondit que par un timide sourire qu’il espérait crédible.
Mais Jack ne s’y laissa pas tromper, il avait bien sentit que quelque chose n’allait pas. Lui et Martha se comportaient de façon étrange et même s’ils essayaient de se donner bonne figure, il sentait bien qu’ils avaient dû vivre quelque chose de bouleversant.
Il aurait aimé que Ianto lui parle, mais il était évident que le jeune homme n’était pas état de le faire maintenant, il semblait épuisé, aussi bien physiquement que mentalement.
Jack le conduisit donc directement jusqu'à la petite chambre de son bureau et le laissa se coucher, la fatigue eu rapidement raison du Teaboy et il s’allongea à ses côtés, comme pour veiller à ce qu’il ne disparaisse pas une nouvelle fois…

Le lendemain, Ianto se sentait un peu mieux, physiquement en tout cas et vu l’état d’épuisement dans lequel il était rentré, c’était un plus non négligeable.
Pour le reste, c’était une autre paire de manches…
Certes, sa longue nuit de sommeil suivie de la douche qu’il avait prise à son réveil, l’avaient aidé à se vider la tête un moment, mais malgré tout, il se sentait toujours un peu perdu suite à cette révélation.
Et alors qu’il enfilait l’un des nombreux costumes de secours qu’il gardait au Hub, il réalisa qu’il ne savait plus quoi pensé, ni comment réagir et avec le recul, il en arrivait même à se demander s’il n’avait pas rêver ce regard…

Quand il sortit de la salle de bain du Hub, reposer et propre, il se dirigea directement vers le percolateur pour préparer les cafés du matin sans un regard vers Jack.
En fait, depuis son réveil, il l’évitait sans même s’en rendre compte, il avait du mal à le regarder dans les yeux maintenant qu’il savait, ou du moins, depuis qu’il avait de très forte présomption sur l’avenir qui l’attendait.
Il avait espéré trouver du réconfort auprès de sa machine à café et de toutes ces odeurs si familières, mais en réalité, il n’y trouva que de nouveaux doutes et son cerveau était reparti dans une sorte de guerre dans laquelle s’affrontait des milliers de théories sur Jack, sur sa vie, sur le vieillard en bocal et surtout sur ce fameux regard qui pouvait signifier tant de choses…

Mais tout ce bouillonnement intérieur fut interrompu par une main qui se glissa sur son ventre, celle de Jack évidement. Il ne s’y attendait pas et la surprise faillit lui faire lâcher la tasse qu’il avait dans les mains.
Jack avait décidé qu’il était plus que temps de comprendre ce qui se passait et avait donc suivi le jeune homme jusqu’à son refuge.
Il lui prit la tasse des mains et la rangea avec les autres, puis il força doucement Ianto à se retourner.
Celui-ci résista un instant, il savait que le moment des explications était venu, mais il ignorait ce qu’il pourrait bien raconter.
Il n’avait pas le cœur à annoncer à Jack qu’il lui restait encore 5 milliards d’années à vivre et il pouvait difficilement lui demander des comptes sur un comportement qu’il n’avait pas encore eu…
Finalement, il dut faire face, Jack était bien trop près de lui pour qu’il puisse tenter une nouvelle esquive.
Alors il prit le parti que Martha avait eu à son égard à leur arrivée à New New York, il raconta toute l’histoire en omettant seulement de préciser qui était « l’ami du Docteur ».

A la fin du récit, Ianto fut soulagé de voir que Jack était satisfait, il pensait que voir mourir toute une population en quelques secondes était quelque chose d’assez traumatisant comme ça et ne chercha donc pas à en savoir plus sur le trouble du gallois.
Il se contenta de le réconforter du mieux qu’il put, par une étreinte, par un regard…
Et tout devint soudain si évident, comme si quelqu’un avait subitement eu le bon sens d’allumer la lumière dans une pièce obscur.
Et c’est par ce simple geste que Ianto trouva toutes les réponses aux questions qui l’agitaient depuis son retour.
Ce fut comme une évidence, alors que ses doutes étaient apparus sous la simple impulsion des yeux d’un Jack millénaire, ils disparurent tout aussi simplement sous le regard apaisant du Jack du présent.
Le regard bleu du Capitaine était plongé dans le sien et il était évident que c’était bien le même.
Jack avait cette façon si particulière de le regarder, ce regard qui n’était qu’à lui et que Jack ne partageait jamais avec personne d’autre…

Et ce fut pour Ianto comme une révélation, Jack tenait à lui, il ignorait s’il s’agissait d’amour ou de quelque chose s’en approchant, mais à cet instant, cela n’avait plus aucune importance car il venait de se rendre compte qu’il occupait une place toute particulière dans le cœur de celui qu’il aimait…
Alors bien sûr, tout cela ne rendrait pas leur relation plus simple, cela n’allait pas rendre Jack plus expansif, peut être même que ça ne changerait rien du tout entre eux, mais au moins, il savait…
Il savait qu’il comptait pour Jack, suffisamment pour qu’il se souvienne encore de lui après tant d’années, et même s’il ne s’agissait que d’une toute petite place perdu quelque part au fin fond de sa mémoire, il savait qu’il serait là, au moins pour la fin…
Et ce fut pour lui une sorte de délivrance…

Ianto se sentit alors pousser des ailes, il embrassa passionnément son patron avec un sourire béat et le serra contre lui.
Jack était très désarçonné par se changement soudain de comportement, son câlin de réconfort spécial Ianto avait toujours été très efficace, mais c’était bien la première fois que le résultat était aussi radical. Mais au final, cela n’avait pas d’importance, il était ravi de voir que Ianto se sentait mieux, peu importe la raison…

Puis la porte du Hub s’ouvrit, laissant apparaître Martha et Gwen, Jack leur avaient pourtant donné leur journée, mais comme d’habitude, ces deux-là n’en faisait qu’à leur tête.
Ianto qui se sentait libérer d’un poids quitta un Jack abasourdi, pour aller saluer les deux jeunes femmes.

- « Hey, bonjour !!! Café ? »

Gwen et Martha n’eurent pas le temps de répondre que Ianto était déjà reparti vers le percolateur. Au passage, il embrassa Jack à nouveau.
Ce dernier répondit aux interrogations muettes de ses amies par un haussement d’épaule signifiant qu’il ne comprenait pas d’où venait se subit changement d’humeur.

Après avoir bu leur café, la petite équipe reprit doucement le travail, la journée fut des plus tranquille et la routine reprit doucement sa place, malgré les séquelles encore présentes de la journée de la veille.
Martha, après avoir donné un coup de main à Gwen pour décortiquer quelques analyses médicales d’une de leurs affaires en cours, se rendit dans le bureau de Jack, elle avait quelque chose d’important à lui dire.
Elle s’apprêtait à frapper à la porte quand celle-ci s’ouvrit, laissant apparaître Ianto.

- « Oh, excuse-moi… Dit-il. Tu voulais entrer ? »
- « Non, enfin, si, mais… Je voudrais d’abord savoir comment tu allais ? Demanda-t-elle hésitante. Tu sembles tout à coup aller tellement mieux qu’hier, je voulais m’assurer que tout allais bien… je veux dire vraiment bien… »

Voyant que la jeune femme semblait sincèrement inquiète pour lui, il l’a conduisit un peu à l’écart et décida de lui parler.

- « Tu sais, j’ai compris… certaines choses. » Dit-il avec un sourire en coin.

Martha plissa les yeux, avait-il compris ce qu’il n’était pas censé comprendre ?

- « Qu’est-ce que tu veux dire exactement ? »
- « Oh, Martha, je sais que tu ne peux rien dire à cause de tous ces changements que ça pourrait impliquer et rassure toi, je ne dirais rien non plus, je ne veux pas le… Il s’assombrit tout à coup. Puis il prit une profonde inspiration et un timide sourire revins. En fait, ce matin, j’ai compris bien plus que ce que j’aurais pu imaginer et… »

Il s’interrompit.

- « Je suis désolé, j’imagine que tu ne dois pas comprendre un traître mots de ce que je raconte… Ecoute, je sais… Et je vais bien… »

Il sourit à nouveau et déposa un baiser sur la joue de sa collègue avant de repartir à ses activités quotidiennes.
Mais ce qu’il ne savait pas en revanche, c’est que Martha avait parfaitement compris ce qu’il voulait dire…

C’est donc avec un immense sourire de satisfaction qu’elle entra dans le bureau de Jack.
Elle lui annonça que les vols seraient rétablis dans l’après midi et qu’elle avait déjà une réservation pour New York pour le lendemain dans la soirée.
Comme promis Jack lui dit qu’il la conduirait à l’aéroport.

Le lendemain, Jack conduisit donc Martha à l’aéroport, elle était très triste d’avoir à les quitter, mais Unit et son futur mari l’attendaient de pied ferme et elle ne pouvait pas les faire attendre, encore moins après tout ce qui s’était passé ces derniers jours…

- « Et voilà, je laisse finalement s’envoler mon rossignol… » Dit Jack mélancolique.
- « Ne soit pas triste, on se reverra, j’en suis certaine… »

Elle le serra dans ses bras et se dirigea vers la salle d’embarquement, mais avant de franchir la barrière de sécurité, elle se retourna une dernière fois…

- « Au fait, j’ai laissé un petit cadeau sur ton bureau… Fais en bon usage… »

Elle sourit au Capitaine intrigué et disparue dans la foule.

Sitôt de retour au Hub, dans lequel il ne restait bien sûr plus que Ianto, Jack se précipita dans son bureau. Il ouvrit la porte à la volée et vit une boîte posée sur la pile de dossiers qui encombrait son bureau.
Une carte était posée dessus, il l’a saisi et pu lire une inscription manuscrite de la main de Martha : « Je ne veux surtout pas savoir à quoi ça à servi… »
Jack sourit et se précipita sur la boîte, il en déchira le papier cadeau et finalement ouvrit le couvercle.
Son sourire s’élargit jusqu’à s’étendre d’une oreille à l’autre…

- « IANTOOOO !!!! » Hurla-t-il.

Il attendit quelques instants, puis la porte du bureau s’ouvrit laissant apparaître l’intéressé.

- « Tu veux quelque chose ? » Demanda-t-il
- « Oh oui ! Enfile ça !!! » Répondit Jack en lui envoyant le contenu de la boîte que le jeune homme attrapa au vol.

Il contempla l’objet un instant, puis son visage s’éclaircit quand il comprit ce qu’il avait entre les mains.
Ianto leva les yeux au ciel, encore une idée farfelue de Jack…
Puis il enfonça le béret rouge de Unit sur sa tête en se rappelant qu’il adorait les idées farfelues de Jack.

- « Ah vos ordres mon Capitaine ! » S’exclama t-il alors en imitant le salut militaire.
- « J’espère bien… » Dit Jack avec un sourire carnassier.

A 5 milliards d’années de là, Face de Boe et Novice Hame étaient seuls dans le Sénat, seul dans New New York, seul sur Nouvelle Terre…
La quarantaine automatique c’était mise en place, ils ne pouvaient donc compter sur l’aide de personne avant 100 ans.
Mais Face de Boe savait que l’aide viendrait plus tôt que cela.
Il avait lu dans l’esprit de Martha Jones que dans 24 ans, le Docteur serait de retour et qu’il trouverait une solution.
Il savait aussi que cela lui coûterait la vie, mais comme il l’avait dit à la jeune Martha, la mort ne l’effrayait pas, bien au contraire…
Il était même heureux que sa vie s’achève de cette façon, il allait mourir en sauvant toute une population et surtout, il allait mourir dans les bras du Docteur…
La symbolique de la chose le fit sourire.
Sa vie avait réellement commencé le jour où il avait rencontré ce fameux Docteur et son amie Rose, cela avait marqué un nouveau départ pour lui, cela avait même provoqué sa longue vie…
Et c’est finalement avec lui qu’elle s’achèverait…
Et Ianto, qui était sans doute la personne qui avait le plus compter dans sa vie revenait soudain y faire une incursion juste avant la fin, comme pour lui rappeler tous ceux qu’il avait aimé et perdu et surtout qu’il avait eu une vie merveilleuse.

- « Pourquoi souriez vous ainsi ? » Demanda Novice Hame accablé.
- « Je souris Hame, car je sais que ce n’est pas terminé… »

La jeune femme sembla à la fois impressionnée et désarçonné par cette réponse. Mais elle en avait l’habitude, les réponses de Face de Boe étaient toujours si mystérieuses.
Mais pour une fois, Face de Boe se montrerait peut-être plus bavard, après tout, Hame était une oreille attentive et il avait tant à raconter, tant à se souvenir et tant de temps devant eux…

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Dernière édition par David-S le Jeu 21 Jan 2010 - 18:47; édité 18 fois
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MessagePosté le: Mer 1 Juil 2009 - 18:09    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 1 Juil 2009 - 21:47    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

chouette Ianto est pas mort !!manque plus que Martha

Trés intriguant ce lieu et vivement la suite Exclamation
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MessagePosté le: Dim 12 Juil 2009 - 13:15    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

Merci nath7 Smile

Chapitre 2 en ligne
Ca fait du bien de retrouver un Ianto vivant... Smile


PS : J'ai oublié de préciser dans ma présentaton qu'il n'est pas nécessaire de se farcir toute la partie 1 pour comprendre cette fic... Smile
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MessagePosté le: Dim 12 Juil 2009 - 18:35    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

OU sont ils ??? la tu fais durer le suspens !!!! -- que voit-on du haut de cette colline ??
je t'en prie poste VITE la suite
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MessagePosté le: Dim 12 Juil 2009 - 20:27    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

génial. J'adore ton chapitre surtout le paradis du tea boy MDR. Et ça fait du bien de lire une fic gentil sans complication et sans psycologie. Merci David's pour ta fic. (je dis pas qu'elle est nul, j'adore ton histoire.) J'espère que Martha et Ianto ne deviendrons pas fou. J'adore vraiment, ianto est d'un naturel septique non ? 
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MessagePosté le: Mer 15 Juil 2009 - 15:04    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

Chapitre 3 en ligne

La suite arrive, mais avant, petit parrallèle sur Jack et Gwen... Smile
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MessagePosté le: Jeu 16 Juil 2009 - 09:44    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

et bin il lui en a fallu du temps à Jack pour son espoir. Dans ses pensée je me demande si Ianto ne serait pas plus une mère pour lui qu'un amant vu comment il en parle MDR. J'adore la suite ? 
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MessagePosté le: Jeu 16 Juil 2009 - 12:06    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

Evan a écrit:
Dans ses pensée je me demande si Ianto ne serait pas plus une mère pour lui qu'un amant vu comment il en parle MDR.


Oups !!!
Oui c'est claire, je sais pas ce qui m'a pris Laughing Laughing
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MessagePosté le: Mar 21 Juil 2009 - 15:28    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

Chapitre 4 en ligne Smile
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MessagePosté le: Mar 21 Juil 2009 - 17:47    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

Ben ça s'arrange pas leur affaire !

Citation:
Sur leur droite, s’élevait sur un promontoire qui avançait dans la mer, un bâtiment blanc, immense lui aussi. Un croissant de lune vert était dessiné sur la façade immaculée.
Apple grass ! Brilliant ! ! ! !


Citation:

Bien qu’en réalité, il s’agisse de la 15ème New York depuis sa création, donc on devrait plutôt dire New New New New New New New New New New New New New New New York… »
J'aurais fait la même chose ^^ (j'aurais pas pu résister ^^)


Citation:
- « Mon téléphone, je crois que je l’ai laissé dans ma veste… »
- « … Dans ma veste que j’ai laissé dans le Hub… »
ELLE SERT A RIEN CETTE FILLE ^^


Maintenant, je me pose une question pour la suite des événements :
Ianto va-t-il rencontrer Face de Boe ? Si oui, ça va leur faire un choc, à chacun des deux... Crying or Very sad


Vivement la suite
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MessagePosté le: Mar 21 Juil 2009 - 22:04    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant


et moi je m dis :
leur seule chance Jack ou Gwen vont s'apercevoir que la veste e matha est au Hub et fouillez dedans - vaudrait mieux !!!

sinon mêm question vas t elle parler de Face de Boo ? mais en + Question Question
ton épisode se situe t -il après celui de DW où Jack leur donne son surnom lorsqu'il était jeune ??!
ouais la confrontation pourrait être intéressante!!
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MessagePosté le: Mar 28 Juil 2009 - 16:31    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

Chapitre 5 en ligne.

Merci pour les coms Smile

Roooo Yeles, si Martha a oublié son téléphone c'est principalement parce que si elle l'avait eu sur elle, ba y aurais pas eu d'histoire... Laughing
Vive Martha Jones

Pour la chronologie, on est bien aprés la saison 3 (on est même arpès la saison 4 en fait), donc bien après que Jack ait donné son surnom au Docteur et Martha.
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MessagePosté le: Mar 28 Juil 2009 - 21:06    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

geniale cette suite !

et dit, pourquoi Jack il peut pas utiliser le tél Confused  hein ?? -
même s'il ne le connait pas, le tél,  je suppose que Martha elle l'a enregistré en mémo, non Wink  suffirait de chercher et, le doctor, il peut se déplacer dans n'importe quel sens

Bon trêve d'enfantillage si c'est pour pouvoir faire intervenir Face de Boe, encore +++++ Arrow ++ génial
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MessagePosté le: Mer 29 Juil 2009 - 09:35    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

Commentaire chapitre 4
 
- « C’est impossible… » Renchérit Martha sur le même ton. : Je l’ai déjà entendu quelque par cette phrase il me semble ? (Si t’arrive à le voir c’est que c’est possible non ?)
 
Docteur Martha : Non mais on vole pas le nom du Doc GRrrrrrrrrrrrrrrrrrr
 
Si il s’avait que l’Humanité survivrait jusqu'à la fin de l’univers XD
 
Toujours aussi forte Martha XD, par contre il peut rester Face de Boe s’il y a toujours l’hôpital. NON ?
 
Com chapitre 5


Intéressent, je me demande la réaction de Ianto s’il sait que c’est Jack et surtout la réaction de FOB quand il reverra son Ianto MDR
 
Vite la suite. 
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MessagePosté le: Ven 31 Juil 2009 - 07:30    Sujet du message: [Terminée] Torchwood : Félicité Répondre en citant

Citation:
« Je ne me sépare jamais de mon téléphone ! Jamais ! Se lamenta-t-elle. Pourquoi je ne l’ai pas pris avec moi quand j’ai posé ma veste ? C’est toujours ce que je fais habituellement. »
TU SERS A RIEN MARTHA ... ça se voit tant que ça que je ne l'aime pas ?


Citation:

Peut-être même que Jack s’y trouvait encore, après tout, il n’était pas censé mourir.
S'il savait... Il ne serai pas déçu du voyage s'il apprend la vérité.




Citation:
« Ianto ! Tu es génial ! »
Et c'est pas Duam qui va nous dire le contraire



Citation:
Comment lui dire que son patron, ami, amant et éventuel « amoureux » était maintenant une grosse tête dans un bocal…
Effectivement, c'est délicat. Ianto, ton amant a adopté le look cornichon dans le bocal. Mr. Green




Citation:
Quoi qu’il en soit, il est notre seule et unique chance. » Aidez-nous Face de Boe, vous êtes notre seul espoir. (reste à savoir qui adopte la coiffure avec les macarons sur les côtés ^^


Va-t-on avoir le choc des titans. Quelle sera la réaction de notre grosse tête préférée quand il va voir son cher et tendre. Va-t-il s'en souvenir (j'espère que oui, sinon, je ). Vivement la suite
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