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Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6)
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duam78
Lady Of The Tardis
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MessagePosté le: Lun 10 Aoû 2009 - 21:05    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant



Titre : Cardiff, 2093

Résumé : Un meurtre va permettre à Eirwen, jeune inspecteur, de découvrir enfin ce qui est arrivé à sa mère... mais elle ne fera pas que découvrir cela...

Spoilers : Allusions spoilers pour Torchwood Children of Earth.

Disclaimer : Torchwood et ses personnages appartiennent à R.T. Davies et à la BBC. Je fais ça juste pour le fun, sans en attendre une quelconque rémunération.

Note de l'auteur : Fic post CoE ...

Bêta : Yeles

pour ceux qui ne connaîtraient pas Cardiff



Citation:

Voix : à toutes les unités, suspicion de meurtre au croisement de East Bute Str et Pierhead Str. Suspect se dirigeant vers Mermaid Quay, probablement armé et très dangereux … appel à toutes les unités…

La première voiture à répondre à l’appel était celle de la jeune inspectrice fraîchement nommée, Eirwen Lloyd, accompagnée de son partenaire Gareth Morris.

Eirwen : Poste de police ici voiture 17, nous nous dirigeons vers la baie. A vous !
Voix : Bien reçu voiture 17. Vous serez rejoints par les équipes 4, 19 et 12.
Eirwen : Bien reçu.

Ils n’étaient qu’à 5 min du lieu du crime, mais elle enclencha la sirène et appuya sur l’accélérateur, faisant crisser les pneus sur le bitume, lorsqu’elle tourna à droite sur St Mary Str. Ils venaient de dépasser le magasin Henrik’s sur leur gauche. Eirwen aimait y faire ses courses, c’était de bonne qualité et les prix étaient raisonnables pour son maigre salaire d’officier. Maintenant qu’elle était passée Inspecteur principal, son salaire allait faire un bond en avant de quelques dizaines de livres … mais elle s’était promis d’être raisonnable et d’essayer de résister à sa dépensite aiguë…

Ils arrivaient près de Roald Dahl Place, ils avaient en vue le Millenium Center. On dit que la tour « fontaine » qui y avait été construite dans les années 2000 était magnifique et que lorsque l’eau en coulait, on croyait voir une cascade. Eirwen n’avait jamais vu cette fontaine, il y avait plus de 80 ans qu’elle avait été détruite suite à une explosion qui avait formé un immense cratère englobant la quasi-totalité de la place… épargnant miraculeusement le Millenium Center. Il avait été question de la rebâtir en 2059, pour les 50 ans … mais cette idée fut abandonnée suite à la crise financière des années 2060. Dommage.

Gareth : Eiry, c’est vert !
Eirwen : Désolée, j’étais ailleurs…
Gareth : J’avais remarqué...

Elle s’engouffra dans East Bute Str. La voiture des services d’urgences ainsi que celle du coroner étaient déjà arrivées. Les deux policiers descendirent du véhicule et s’approchèrent du corps gisant sur le trottoir. Le pauvre bougre avait été violemment déchiqueté, ses membres pendaient de ci de là, rattachés au reste du corps par les tendons restants. Elle n’était pas le genre de fille à s’évanouir à la vue du sang, sinon, elle aurait choisi un autre métier… mais cela ne lui avait jamais traversé la tête… dans la famille, on était policier de mère en fille et cela depuis 4 générations. Une tradition qu’aucune des filles aînées n’avait remis en question, même si elles rêvaient d’une autre carrière, ou jalousaient la liberté de choix de leurs frères et sœurs. Elles étaient comme programmées pour ce job, dès leur plus jeune âge, elles étaient baignées dans le sordide et l’impensable… le sang et les mutilations… les cellules et les salles d’interrogatoires. Leurs mères les emmenaient au commissariat et les laissaient au contact des criminels les plus dangereux.

Eirwen avait suivit cette « formation » dès l’age de 6 ans. Selon sa mère, elle s’était montrée très douée et curieuse de tout. Elle était même devenue la mascotte du commissariat n°14. Puis, la veille de son 10e anniversaire, Le commissaire principal était venu chez elle. Il s’était assis sur le fauteuil du salon et lui avait annoncé la mort de sa mère. Elle avait été tuée par un jeune junkie en manque. Étant fille unique d’une mère célibataire (son père était parti avant sa naissance et n’avait plus jamais donné de ses nouvelles), mais surtout fille d’un officier de police, elle fut placée dans un orphelinat dépendant du ministère. Mais tête brûlée dès son plus jeune âge, elle fuguait sans cesse pour retourner au commissariat, au contact des policier et des malfrats de la ville. C’était là qu’elle se sentait chez elle.

Devant cette situation quelque peu problématique - Eirwen séchait les cours, devenait insolente et violente envers ceux qui se mettaient sur son chemin - et parce qu’il avait un profond respect pour la famille d’Eirwen depuis plus de 50 années, le commissaire et sa femme prirent la décision de l’adopter. Ils n’avaient jamais eu d’enfants et le commissaire la considérait de toutes façons comme faisant déjà partie de sa famille.

Lorsqu’il en fit la proposition à Eirwen, celle-ci lui sauta au cou, trop heureuse de quitter l’enfer coercitif de l’orphelinat et de retourner vers le lieu qu’elle appréciait le plus : le poste. Le commissaire Welling lui proposa cependant une sorte d’accord : Elle arrêtait ses bêtises d’adolescente, reprenait le chemin des cours et en contre partie, il lui apprendrait tout ce qu’il savait sur le métier de policier ainsi que les ficelles du métier. Face à cette proposition qu’elle ne pouvait refuser, elle tendit la main à son futur « père » qu’il prit dans la sienne. L’accord était conclu.

Voilà une des raisons qui expliquent l’avancement rapide d’Eirwen au sein de la brigade. A 24 ans elle était la plus jeune femme inspectrice du district et peut-être même de tout le Royaume-Uni. Mais cet avancement ne lui avait pas été donné par amitié ou favoritisme, elle avait gagné ses galons d’inspecteur après avoir résolu l’affaire du tueur de Glossop Rd. Une sordide affaire qui l’avait conduite dans les quartiers les plus crasseux de Cardiff. Même sa mère et sa grand-mère n’avait pas eu ce grade avant leur 35 ans ... Elle le devait principalement à son pouvoir de déduction et à son 6e sens légendaire, mais aussi à tous les conseils donnés par celui qu’elle considérait comme son père, qui lui distillait le soir sous forme d’histoires lorsqu’elle était plus jeune, puis sous forme de « cas pratiques » lorsqu’elle revenait de l’école de police pour le Week End. Elle avait tenu sa promesse, il avait tenu la sienne.

La seule chose sur laquelle il ne voulait pas discuter était la mort de sa mère. Vers l’âge de 18 ans, elle lui avait posé la question sur les réelles circonstances qui avaient amené sa mère sur les docks de Cardiff, un dimanche soir, alors qu’elle était censée être de repos. Il lui avait récité le rapport officiel, à la virgule près et avant qu’elle ait pu objecter, il s’était levé et était parti se coucher… Il n’était que 20h45. Tout au fond d’elle-même, Eirwen savait qu’on lui cachait la vérité, mais elle su être patiente. Le jour de la remise de son diplôme, elle fit un seul choix d’affectation. Elle pouvait se le permettre, elle était major de sa promotion. De l’estrade, elle pouvait voir le sourire éclatant du commissaire et de sa femme. Elle s’adressa à l’assistance, en tant que major, elle devait faire le discours de clôture. Elle remercia les professeurs, elle remercia sa famille, et félicita ses camarades, et n’oublia pas de remercier sa mère ainsi que toutes les femmes de sa famille qui avaient, comme elle, choisi la voie de la protection et de l’assistance. Puis, comme de coutume, elle annonça le choix de l’affectation qui lui avait été accordé : Le commissariat du 14e district.

A l’annonce de ce choix, des murmures s’élevèrent de l’assistance ainsi que du banc professoral. Tous pensaient qu’elle aurait choisi le 1er ou le 10e district, les commissariats les plus recherchés et espéré par les bleus. Celui du 14e District avait une des réputations les plus négatives de Cardiff… C’était un des endroits qui était généralement choisi par les étudiants de fin de liste qui n’avaient plus trop de choix… Mais c’était le commissariat qui avait accueilli toutes les femmes de sa famille… et c’était celui qui assurait la sécurité entre Cardiff Bay et l’hôpital Albion et englobait Slpott. C’était les quartiers où les taux d’homicides et d’agressions étaient en nette augmentation depuis les 50 dernières années et ne cessaient de croître… C’était également le commissariat de son « père » et celui qui refermait le dossier sur la mort de sa mère. Ce dernier point était un des plus important pour Eirwen. Elle savait qu’en faisant partie de cette brigade, elle aurait accès aux archives et donc, elle pourrait enfin savoir la vérité.

Les premiers jours à la brigade furent éprouvants, une série de meurtres venait d’être commis et 5 corps avaient été retrouvés entassées derrière Roath dock. Aucun indice, aucune empreinte exploitable, aucune piste sérieuse… que des suppositions… rien de tangible. Les corps semblaient intacts, le légiste avait conclu à des morts naturelles suite à une rupture d’anévrisme. Mais comment expliquer le fait qu’ils aient été déposés dans ce lieu ? Durant un mois entier, 5 équipes avaient été mises sur l’affaire, dont celle de Gwen et Gareth.

Gareth était un des policiers les plus expérimentés de la brigade, 10 ans de métier. Son partenaire avait prit sa retraite et Eirwen avait été sa remplaçante. Elle connaissait Gareth depuis qu’il était arrivé au poste, en 2083. Elle n’avait que 14 ans, mais comme à son habitude, elle traînait dans le commissariat à chaque fois qu’elle avait un moment de libre. Elle ne lui parlait que rarement, il était assez refermé et rude, mais lorsqu’elle devint son partenaire, elle se rendit compte que sous son air de vieil ours mal léché, se cachait un homme au cœur d’or.

L’affaire fut classée sans suite, pas d’autres corps, pas de découvertes d’indices permettant une quelconque piste. Ce ne fut donc que le mois suivant qu’elle trouva un moment pour descendre aux archives. Elle prétexta une pause cigarette et prit la direction de la sortie de service. Mais arrivée au milieu du couloir, elle bifurqua rapidement sur la gauche et prit l’escalier menant au sous sol. La salle d’archives était en réalité un boxe occupant 6 places de parking dans le garage. La porte était bien évidemment fermée à clé, mais Eirwen avait appris à crocheter une serrure depuis son séjour à l’orphelinat. Trois clics et 30 secondes plus tard, elle faisait glisser la porte et s’engouffrait dans le local. Un amas de cartons, de scellés et autres objets s’entassaient sur des étagères et à même le sol. Seuls des numéros écrits au marqueur permettaient de distinguer les boîtes.

Mais ce n’était pas cela qu’elle cherchait. Elle posa son regard sur les différents endroits de ce local… elle avait un peu de peine à discerner les différentes formes qui se dressaient devant elle. L’obscurité due au fait qu’elle n’avait pas allumé la lumière pour ne pas se faire prendre, compliquait légèrement ses recherches. Au bout de quelques minutes, ses yeux s’habituèrent au noir et elle aperçut, posé contre le mur du fond l’objet de son exploration. Des casiers à dossiers suspendus. Elle s’approcha et entreprit de déchiffrer les étiquettes collées sur les tiroirs. E-F, G-H, I-K, et enfin, celui qu’elle cherchait L-M… Elle fit glisser le tiroir, de la poussière s’en échappa et Eirwen ne put s’empêcher d’éternuer. Elle resta silencieuse un moment, de peur que le bruit n’ait alerté quelqu’un qui se serait trouvé à proximité…

Rien, le garage était vide et silencieux. Elle reprit sa quête… fouillant dans les dossiers, jusqu’au moment où elle lut : Meredith Lloyd. Elle hésita … Voir le nom de sa mère écrit sur un dossier lui donnait le vertige. Elle avança lentement la main vers le dossier et le sortit. Il n’était pas très épais, du moins pas autant qu’elle se l’imaginait. Elle le glissa dans son blouson, referma le tiroir et recula vers la porte. Son cœur battait la chamade… elle venait de subtiliser un dossier. Elle se dirigeait toujours vers la sortie lorsqu’elle buta contre quelque chose. Son regard se posa sur un objet qui dépassait d’une étagère. Une sorte de sac de toile fermé par une corde. C’était dans une des boucles de cette corde qu’elle s’était accrochée. Pestant contre sa maladresse, elle continua vers la porte. Arrivée à la sortie, elle scruta l’ensemble du garage pour vérifier que la voie était libre. Personne. Elle referma la porte et se dirigea vers l’escalier pour remonter dans les locaux. Le dossier bien coincé entre son T-shirt et son blouson, elle commença à gravir les escaliers, les yeux sur les marches, repensant à ce qu’elle venait de faire.

Arrivée à son bureau, elle glissa subrepticement le dossier dans son sac et se remit au travail. Les heures s’écoulaient si lentement qu’elle crut que la journée ne se finirait jamais. 18h30, enfin, elle attrapa son sac et se rua vers la sortie. Elle croisa son père dans les couloirs.

Welling : Eiry ! On te voit ce soir pour dîner ?
Eirwen : Désolée papa, je ne suis pas libre ce soir !
Welling : Un rendez-vous galant ?

Eirwen qui voulait à tout prix se débarrasser de son père afin de rentrer étudier son précieux dossier, ne discuta même pas et répondit :

Eirwen : Oui, c’est ça, rendez-vous galant…
Welling : Dis moi que ce n’est pas un des nôtres …
Eirwen : Non, t’inquiète…

Elle franchit les doubles portes battantes et descendit les marches du perron. Son appartement se situait dans le centre de Cardiff, près du New Theater, un des rares vestiges des siècles précédents qui avait résisté à l’urbanisation croissante du centre ville. Elle attendit impatiemment le baycar à l’arrêt situé devant le Millenium Center qui la déposa à 20 mètres de chez elle. Elle sortit ses clés, ouvrit la porte et s’y engouffra. Elle jeta son blouson sur le fauteuil, ouvrit son sac et en sortit son précieux dossier. Elle remarqua à peine le drôle de symbole tamponné sur la couverture, car elle était trop pressée de découvrir le fin mot de l’histoire. Elle tourna la couverture et commença à lire la fiche personnelle de sa mère. En haut à droite, une photo, la représentant en uniforme, ce devait être au début de sa carrière, car elle était très jeune. Suivait ses nom, prénom, date de naissance ainsi que d’autres informations qu’Eirwen connaissait déjà. Elle tourna cette première feuille et découvrit en dessous, un rapport sur des états de services irréprochables et très impressionnants. Mais cela aussi elle le savait.

La troisième page était une page de garde d’un rapport, celui du décès de sa mère. En rouge, avait été tamponné les mots : TOP SECRET – FOR YOUR EYES ONLY. Sa main trembla lorsqu’elle souleva cette page afin de commencer à lire. Mais ce qu’elle découvrit lui glaça le sang tout en faisant naître en elle une terrible colère. Le rapport avait été censuré des ¾ des informations. De longues lignes noires traversaient la page, réduisant les espoirs d’Eirwen à néant. Suivaient 15 pages ayant subies le même traitement. Eirwen referma le dossier. Des larmes de déception mêlées de colère coulaient sur ses joues. Elle ne saurait jamais la vérité… Seul son père pourrait la lui dire, mais jamais il ne l’avait fait et il ne semblait pas vouloir le faire malgré les multiples tentatives d’Eirwen. Elle posa le dossier sur la table basse et s’allongea sur le canapé. Elle ferma les yeux et resta là de longues minutes.    
   
 


Citation:

Plusieurs années passèrent. Elle avait remis le dossier à sa place et avait pratiquement fait une croix sur ses recherches, jusqu’à ce jour d’août, sur cette scène de crime. Elle ne le savait pas, mais ce meurtre serait la clé qui permettrait d’ouvrir tous les secrets liés à sa mère et à sa mort.

Le corps était maintenant allongé sur la civière, les autres équipes étaient arrivées et avaient délimité la zone avec les rubans jaunes « do not cross »… Gareth avait prit la déposition de l’homme qui avait fait la macabre découverte, avait pris en note les différents éléments de la scène du crime et avait laissé la place à l’équipe scientifique pour les relevés d’indices. Eirwen était restée en retrait, pour une fois, cette mort la paralysait sans qu’elle sache pourquoi. Lorsqu’elle releva les yeux, elle aperçut une silhouette près de l’entrée du parking public. Un homme, apparemment, portant un long manteau, et les observant. Eirwen le fixa, l’homme également. Ils soutinrent chacun le regard de l’autre pendant de longues secondes avant que l’inconnu ne détourne la tête et parte en direction du parking.


Eirwen : Hé vous là bas !
Gareth : Eiry ? Qu’y a-t-il ? Tu as vu quelque chose ?
Eirwen : Il y avait un homme… il nous espionnait, on dirait…
Gareth : T’es sûre, j’ai rien vu…

Sans répondre à son coéquipier, elle s’élança dans la direction qu’avait pris l’inconnu. Le parking était à moitié rempli, Eirwen avait donc une bonne visibilité. Du coin de l’œil elle l’aperçu, il pénétrait dans la cage d’escalier.

« Tu es coincé » pensa t-elle.

Elle s’élança derrière lui. Des bruits de pas raisonnaient dans la cage d’escalier, il était en train de monter. Elle essaya de faire le moins de bruit possible, afin de savoir à quel étage il s’arrêterait. Il avait apparemment atteint le toit du parking… Elle monta les marches 4 à 4 et déboula, arme à la main. Personne, pas une voiture … Où était-il passé. Le silence qui régnait lui dit qu’aucune voiture n’était en train de descendre. Alors où était il passé ? Elle s’approcha du rebord, pencha la tête par dessus et examina les environs. Ses yeux se posèrent sur une silhouette postée à l’entrée d’une ruelle adjacente au lieu de crime. C’était lui ??? Comment était-ce possible ? La même corpulence, le même manteau, la même coiffure… Ce ne pouvait être le même homme. Il la regardait, elle crut deviner un sourire sur son visage. Mais avant qu’elle puisse en être sûre, il s’était détourné et remontait la ruelle en direction d’un véhicule noir garé à quelques pas de là.

Lorsqu’elle redescendit rejoindre Gareth, elle ne savait pas quoi penser de ce qu’elle venait de vivre. Comment un homme avait-il pu aller du toit du parking à la ruelle, située 6 étages plus bas, en une poignée de secondes ?

Gareth : Alors cet homme ?
Eirwen : J’ai perdu sa trace au dernier étage…
Gareth : Sûrement un badaud curieux…
Eirwen : Oui…ça doit être ça… dit-elle sans conviction…

Ils remontèrent en voiture et prirent le chemin du commissariat. Gareth avait pris le volant, elle n’avait pas envie de conduire… Sur le chemin du retour, elle laissa ses pensées divaguer, les yeux dans le vide, sans se soucier de la route ou de ce que lui disait son partenaire. Elle ne remarqua même pas qu’ils étaient arrivés et que la voiture était arrêtée. Gareth avait déjà fait le tour du véhicule et l’attendait en bas des marches.

Gareth : Eiry ? Tu viens ?
Eirwen : Hein… Heu oui, j’arrive…

Ils entrèrent dans la salle centrale, qui regroupait l’ensemble des bureaux des officiers. Leurs deux bureaux se faisaient face. Ils s’assirent chacun au leur.

Eirwen : ça te dérange de t’occuper du rapport… j’ai pas tout suivi…
Gareth : De toute façon, je les fais toujours les rapports, c’est pas ton truc … dit il en plaisantant.

Gareth alluma son ordinateur, Eirwen fit de même, mais pas pour les mêmes raisons… elle voulait savoir qui était cet homme, et ce qu’il faisait sur les lieux du crime. Elle se connecta au réseau de télésurveillance qui couvrait la ville de Cardiff et sélectionna les caméras qui se trouvaient aux abords du parking. Elle les visionna une par une… elle aperçu enfin la silhouette qu’elle cherchait… mais elle n’arrivait pas à avoir une photo assez nette pour lancer une recherche dans la base de donnée. Elle changea de caméra et trouva celle couvrant la fameuse ruelle. La chance lui sourit, lorsque l’homme l’avait regardée depuis la rue, son visage avait nettement été filmé par la caméra. Elle fit un zoom et captura l’image qu’elle transféra dans le logiciel de recherche. Elle lança l’application et attendit… attendit… attendit…

Les visages défilaient devant ses yeux, la banque de données des délinquants et meurtriers avait été infructueuse et maintenant c’était la banque de données des citoyens britanniques qui était passée au crible. Cette banque de données avait été créée, il y a des années, à la demande du Gouvernement suite à l’accroissement des problèmes générés par la légalisation de la loi sur la génétique et le clonage dans les années 2070. l’Adn ne pouvant plus être une preuve irréfutable, la bonne vieille méthode de la reconnaissance faciale était redevenue le seul moyen d’identifier les criminels.

Gareth : Tu restes là Eiry ?
Eirwen : Oui, j’ai un truc à terminer…
Gareth : Bonne soirée alors.
Eirwen : à toi aussi … lui répondit-elle les yeux toujours fixés sur l’ordinateur.

Les tasses de café et les heures passèrent. A 23h50, Eirwen s’adossa à sa chaise et posa les pieds sur le bureau. Elle lança une nouvelle recherche dans la base de donnée des personnels militaires, sa dernière chance de trouver l’inconnu… sinon, elle devrait faire appel à Interpol, et sans indice elle se verrait refuser sa requête… Dix minutes plus tard, elle s’endormit. Elle fut réveillée par le bip de l’ordinateur. Un peu désorientée mais surtout courbaturée par la mauvaise position dans laquelle elle avait dormi, elle mit un moment à réaliser où elle était. Lorsqu’elle fut tout à fait réveillée, elle vit sur son écran une fenêtre ouverte, disant « un résultat trouvé ». Elle cliqua immédiatement sur « OK » et une nouvelle fenêtre s’ouvrit, faisant apparaître le visage de l’inconnu. Mais aucune information sur son nom ou qui il était… seule indication notée à coté de la photo : autorisation niveau 1 requise.

Autorisation niveau 1 … la plus haute autorisation existante… uniquement obtenue lorsque l’on faisait partie des plus gradés de l’armée ou de la garde rapprochée du 1er ministre. Seule une vingtaine de personnes devait avoir cette autorisation. Qu’est-ce que c’était que ce bordel ?? De rage, elle éteignit son ordinateur et regarda l’horloge. 4h25… trop tard pour le dernier bus, trop tôt pour le premier… elle passerait la fin de la nuit au poste. Elle se dirigea vers la machine à café, elle était vide… Elle se mit à penser qu’elle aimerait bien que le jeune Jones soit là pour lui en faire un … il avait un don pour faire le meilleur café du coin… Elle se résolu à prendre un sachet de café instantané, par flemme d’en faire un elle-même, versa les granules dans une tasse et fit couler de l’eau très chaude dessus. Pas besoin de le faire chauffer se dit-elle, puis retourna à son bureau. Les premiers policiers arriveraient dans une heure… la première équipe commençait à 5h30, elle à 9h00. Elle se dirigea vers la salle de repos et s’allongea sur le canapé pour essayer de dormir un peu.

Ce fut son portable qui la réveilla.

Gareth : Nom de Dieu ! T’es où ?
Eirwen : Qu’est-ce qui se passe ?
Gareth : ça fait 20 minutes que je te cherche partout…
Eirwen : Je suis dans la salle de repos, j’arrive.

Lorsqu’elle arriva à son bureau, les cheveux hirsutes, les yeux explosés et les vêtements en piteux état, Gareth l’attendait, trépignant.

Gareth : T’as passé la nuit ici ?
Eirwen : Ouais… J’ai pas vu l’heure hier soir… j’ai loupé le dernier bus… Il est quelle heure ?
Gareth : 9h25… On nous attend chez le coroner pour les résultats de l’autopsie du gars d’hier.
Eirwen : Super… La journée commence bien…
Gareth : Prends toi un café et on file… t’es dans un état !
Eirwen : Merci pour le compliment…
Gareth : C’en était pas un… lâcha t-il énervé.

Eirwen se dirigea pour la 10e fois en quelques heures vers le coin café du commissariat. Jones devait être arrivé, car une bonne odeur de café emplissait cette partie de la salle. Elle se dit qu’un jour elle le remercierait pour ce café et qu’elle lui demanderait son prénom…

C’est à peine réveillée qu’elle s’installa dans la voiture et qu’ils prirent la direction de la morgue de l’hôpital Albion. Eirwen comata tout le long du chemin et ce ne fut que lorsqu’ils entrèrent dans la salle d’autopsie, que l’odeur de mort qui y régnait la réveilla totalement. Elle crut que le café ingéré peu de temps auparavant allait faire le chemin inverse, mais elle s’obligea à garder le contrôle de son estomac et lui imposa de conserver le liquide.

Le médecin légiste : Bonjour, je suis le docteur Fuller.
Gareth : Inspecteurs Lloyd et Morris. 14e. On vient pour le corps amené hier soir.
Le médecin légiste : Ah oui, l’écorché… je dois dire que je reste sceptique devant les résultats. La seule conclusion plausible, c’est une attaque de loups ou d’ours… en tous cas d’un animal avec des crocs… Mais à Cardiff, je doute qu’il y ait de telles bêtes sauvages. Il a été déchiqueté sur 80% de son corps, son foie et la moitié de ses poumons ont été dévorés et ses deux bras démembrés. J’ai rarement vu ça, sauf sur des blessés par mines lors de la 4e Guerre du Golfe. Mais là, les marques de crocs annihilent cette hypothèse. C’est tout ce que je peux dire sur ce cas. Les échantillons ont été envoyés au labo et ne devraient pas tarder, je vous tiendrais au courant.
Gareth : Merci docteur Fuller.

Eirwen qui n’avait rien dit suivit son coéquipier. A peine avaient-ils passé les portes, que le médecin les rattrapa.

Le médecin légiste : Ils ont les résultats… Ils vous attendent au laboratoire n°2, troisième étage. Ils disent que c’est urgent…
Gareth : Merci, on y va.

Ils montèrent les escaliers quatre à quatre, arrivés au 3e étage, le portable de Gareth sonna. Il décrocha, s’entretint quelques instants et raccrocha.

Gareth : C’est mon fils, il a chuté dans la cour de l’école et s’est fracturé le bras. Michelle est absente, je dois y aller… ça ira ?
Eirwen : Ce ne sont que des résultats, je devrais pouvoir m’en occuper seule. Dis bonjour à Mike de ma part.
Gareth : Merci, je te revaudrais ça… ça ira pour rentrer ?
Eirwen : Oui, j’appellerai une voiture !

Elle suivit le couloir menant au laboratoire n°2. L’odeur des différents produits mélangés les uns aux autres commençait à lui donner mal à la tête et les tressaillements des néons n’arrangeaient rien. La porte du laboratoire était grande ouverte alors qu’un panneau indiquait « laisser fermé ». Elle jeta un rapide coup d’œil à la pièce. Elle semblait en ordre… mais au moment où elle allait y rentrer elle vit, à moitié cachée derrière le bureau, une jambe qui dépassait. Elle se saisit de son arme et entra brusquement dans la pièce, balayant du regard les moindres recoins. Personne… Elle se dirigea vers le corps, prit son pouls. Il n’était qu’inconscient…

Un bruit de verre brisé retentit dans la pièce adjacente. Elle s’y dirigea, l’arme braquée devant elle, l’esprit attentif au moindre mouvement. Elle poussa la porte doucement, et entra. Elle resta bloquée sur le seuil de la porte, devant elle, lui tournant le dos, l’homme du parking… Elle prit son courage à deux mains, et braqua l’arme en direction de l’inconnu.

Eirwen : Qui êtes-vous ?
Inconnu : Vous savez que vous êtes assez bruyante pour quelqu’un qui essaye d’être discrète… Je vous ai entendu depuis que vous êtes entrée dans l’autre pièce.
Eirwen : Qui êtes-vous et que faîtes vous là ?

L’inconnu ignora sa question et continua ce qu’il était en train de faire.

Eirwen : Répondez ou…
Inconnu : Ou … quoi ? Vous allez me tirer dans le dos ? Non, j’en doute… vous avez trop de questions pour me réduire au silence… Mais de toutes façons, si ça peut vous faire plaisir, ne vous gênez pas pour moi.

Tout en finissant sa phrase il se retourna et fit face à Eirwen. C’était un homme auquel on ne pouvait donner d’âge… Il semblait avoir la trentaine mais possédait une présence centenaire… Il portait toujours ce long manteau alors qu’il devait faire 24° dehors. Emportés par le poids de l’arme, les bras d’Eirwen commençaient à s’affaisser, sans qu’elle s’en rendre compte.


Inconnu : Voilà qui est mieux, on va pouvoir discuter tranquillement.
Eirwen : Discuter ?
Inconnu : Je pense que vous cherchez des réponses, vu que vous avez demandé à consulter mon dossier.
Eirwen : Comment pouvez vous savoir ça ?
Inconnu : Je sais beaucoup de choses Eirwen Lloyd.
Eirwen : Comment savez vous mon nom ?
Inconnu : Je vous l’ai dit, je sais beaucoup de choses…
Eirwen : Quel est le vôtre, que l’on soit à égalité que cette question là !
Inconnu : Pleine de courage et doté d’un précieux sens de l’humour ! Je vous apprécie déjà Eirwen ! Je m’appelle John Wood.
Eirwen : Et qui êtes vous Mr Wood ?
John : Tout le monde et personne…
Eirwen : Ce n’est pas votre vrai nom n’est-ce pas ? Vous ne me le direz pas…
John : Et perspicace en plus ! Tout le portrait de vos aïeules… et effectivement, ce n’est pas mon vrai nom, mais peut-être gagnerez vous le droit de le connaître, ça ne tient qu’à vous…
Eirwen : Vous avez parlé de mes aïeules ? Comment les connaissez-vous ?
John : Oh, je n’étais jamais loin d’elles… sauf pour votre pauvre mère, je dois l’avouer, je suis arrivé trop tard…
Eirwen : Mais de quoi vous parlez ??? Que savez vous sur le meurtre de ma mère ?? Comment pouvez vous connaître toutes mes aïeules ?
John : Une chose à la fois… Vous me laissez finir ce que j’ai à faire, et on ira discuter… ok ?
Eirwen : Et qu’avez-vous à faire ?
John : Détruire des preuves… récupérer des résultats… effacer quelques souvenirs…

A ces mots, Eirwen releva le canon de son arme vers John qui s’était retourné vers la paillasse et récupérait divers tubes et résultats. Il mit le tout dans ses poches et se retourna à nouveau.

John (voyant l’arme pointée sur lui) : Je croyais qu’on avait réglé la question de l’arme…
Eirwen : mais… C’est du vol de preuves ! Et comment ça effacer des souvenirs ?
John : C’est seulement pour votre bien, vous n’êtes pas prêts à faire face à ces résultats et à ce qu’ils impliquent. Baissez ça et allons-y…

Il n’attendit pas qu’elle le fasse et se dirigea confiant et sans criante vers le bureau par lequel elle était entrée. Il sortit une espèce de seringue et l’appliqua sur le cou du scientifique affalé sur le sol.

John : Voilà, avec ça il ne se souviendra pas des 4 dernières heures… Que diriez vous d’un café ? Non, j’ai abandonné le café il y a des lustres… une bière ?
Eirwen : Il est 10h30 du matin… c’est pas un peu tôt pour une bière ?
John : il n’est jamais trop tôt pour une bière…     




Citation:

Sans savoir pourquoi, Eirwen suivit ce mystérieux John Wood. Il lui semblait qu’elle pouvait lui faire confiance. Bien qu’elle enfreignait pas moins d’une dizaine de lois en le laissant filer comme ça, elle ne pouvait se résoudre à le dénoncer ou à l’arrêter. Il émanait de cette personne une aura insaisissable et à laquelle on ne pouvait résister.

Elle avançait machinalement dans les couloirs de l’hôpital Albion, marchant à quelques pas derrière le long manteau qui virevoltait au rythme de la démarche de l’homme qui la précédait. Il franchit la porte des escaliers et commença à descendre vers le sous-sol.

Eirwen : Où allez vous comme ça ?
John : Vous offrir cette bière !
Eirwen: Mais …

Sans attendre la réponse, comme si elle coulait de source, il s’engouffra dans le parking. Elle était en service, elle ne pouvait, sur un coup de tête, partir avec un inconnu boire une bière dans un pub… Elle mettait sa carrière en jeu … mais son inconscient lui disait de foncer, d’aller boire cette bière… et que c’est de cette bière que viendraient des réponses qu’elle cherchait depuis si longtemps… Elle fut sortie de ses pensées par John qui ouvrit la porte violemment.

John : Vous venez ?
Eirwen : J’arrive !

Durant tout le temps de sa réflexion elle était restée plantée sur l’avant dernière marche. Elle se secoua la tête pour sortir de son état et s’élança à la suite de John qui était déjà reparti. Elle le rejoignit près d’un SUV noir, celui qu’elle avait vu depuis le toit du parking, il l’attendait déjà installé derrière le volant. Elle le regardait depuis la portière opposée.

John : Vous avez changé d’avis ?
Eirwen : J’hésite… je mets ma carrière en jeu en ce moment …
John : Qui vous dit que cette bière ne sera pas l’élément déterminant qui fera prendre un tournant à votre carrière ?
Eirwen : Comment ça ?
John : Montez, prenez cette bière avec moi et vous saurez…

Il la regardait de ses yeux bleus hypnotisants, les petites rides qui partaient du coin de ses paupières lorsqu’il souriait, rendaient son regard encore plus ensorceleur… Cet homme avait un charme fou, il avait dû faire souffrir nombre de jeunes filles et de jeunes hommes. Elle ouvrit la portière et monta à ses cotés, boucla sa ceinture et fixa le pare brise devant elle. En sortant du parking, elle fut éblouie par la lumière du jour, le soleil était déjà haut dans le ciel et elle se demanda si Gareth était déjà revenu au poste… Comment allait-elle justifier une telle absence ? Mais elle n’eut pas le temps de chercher la réponse qui lui permettrait de couvrir les actes qu’elle venait de faire depuis les 15 dernières minutes. John parqua le SUV sur Windsor Place. Le pub qui se trouvait à proximité ne payait pas de mine extérieurement. La façade était comparable à celles des maisons mitoyennes, avec ses briques rouges et ses encadrements de portes et de fenêtres blancs. Un balconnet dépassait du premier étage. Seuls des tableaux informant sur les menus et les plats du jour permettaient de le différencier des autres maisons.

John : Après vous !
Eirwen : Trop aimable !

Ils pénétrèrent à l’intérieur et elle découvrit un endroit plein de charme et accueillant. Un salon de cinq tables basses entourées de fauteuils précédait le comptoir du bar qui se prolongeait par une salle de restauration où seules 2 personnes étaient en train de déjeuner.

John : Deux bières !
Barman : Bondes ou brunes ?
John : Blondes.

Il s’installa sur un des hauts tabourets trônant devant le comptoir et indiqua à Eirwen celui d’à coté. Elle se hissa dessus, un peu difficilement à cause de son petit 1,65m et se tourna vers John. Il avait déjà prit son verre et buvait les premières gorgées. Elle l’imita, vidant son verre de moitié et pourtant, elle n’avait pas soif… Il la regardait, un sourire se dessinait sur le coin de ses lèvres, on aurait dit qu’il se remémorait un instant particulièrement heureux… Lorsqu’elle reposa son verre, il lui dit :

John : Torchwood.
Eirwen : Pardon ?
John : Torchwood ! Que savez vous là dessus ?
Eirwen : Vous voulez rire… vous vous foutez de moi ?
John: Non.
Eirwen : Ce sont des histoires que ma grand-mère me racontait lorsque j’étais enfant … une légende urbaine qui remonterai à l’époque de l’explosion de la place Roald Dahl en 2000 et quelques…
John : … 2009 pour être précis…
Eirwen : Si vous le dites… Ce sont des histoires pour effrayer les enfants, pour qu’ils n’aillent pas se promener sur les quais le soir…
John : Et si je vous disais que les mythes et légendes prennent racines dans la réalité, vous me croiriez ? Si je vous disais que Torchwood a réellement existé, que cette organisation était en dehors du gouvernement, qu’elle était plus autonome que la police et indépendante des Nations Unies, qu’elle traquait et étudiait les aliens en vue de protéger et d’armer la race humaine pour le futur…
Eirwen : Je vous dirais que vous devez vous faire soigner…
John (éclatant de rire) : C’est typiquement gallois !! Je vous fais entrevoir des merveilles et vous cherchez la petite bête !
Eirwen : Comment vous croire ? Une organisation secrète ?
John : C’est exact.
Eirwen : Qui chassait les aliens ?
John : En effet.
Eirwen : Et les étudiait pour ???
John : Armer les Hommes pour le futur… Vous ne semblez pas comprendre. Le 21e siècle a été celui de tous les changements et ce n’est pas fini… il faut s’y préparer… à nouveau…
Eirwen : J’en ai assez entendu… Vous êtes malade, il faudrait vous enfermer… Je me demande ce qui me retient d’appeler mes collègues pour qu’ils vous coffrent !

John ne répondit pas. Il mis sa main à l’intérieur de son manteau, fouilla dans sa poche intérieure et en sortit une photographie jaunie par le temps. Il la tendit à Eirwen. Ce qu’elle vit la laissa perplexe. Elle laissa échapper son sac et son blouson qu’elle avait récupéré quelques secondes auparavant et posa sa main contre sa bouche. Ses yeux faisaient des allers retours entre la photo, John et le mur situé derrière le comptoir… C’était irréfutable, c’était le même endroit, le même homme et assise en face de lui, une jeune femme ressemblant traits pour traits à Eirwen. Elle reconnu de suite la femme sur la photo. Mais c’était impossible…

Eirwen : C’est impossible…
John : J’avais un ami qui aimait dire que ce n’est pas impossible, que c’est juste improbable… Et pourtant… Cette photo a été prise par la caméra de surveillance de ce pub, il y a un peu plus de 80 ans… Comme vous pouvez le voir, rien n’a changé…

Effectivement, mis à part quelques ajouts de modernité, la décoration du pub était exactement la même, le même jeu d’étagères à cases carrées ornait le mur du bar, à l’intérieur desquelles les différentes bouteilles d’alcool étaient présentées…

Eirwen : Comment avez-vous eu cette photo de mon arrière grand-mère ? Et qui est cet homme ? Votre aïeul ?
John : Non, c’est moi et Gwen Cooper, en 2006, le jour de notre première rencontre. Sacrée journée !
Eirwen : Stop… arrêtez… ça ne peut pas être vous… vous auriez… plus de cent ans !
John : Rajoutez en environ une bonne centaine et vous aurez votre réponse.
Eirwen : mais QUI êtes vous ?
John : Capitain Jack Harkness.
Eirwen : Jack… Harkness ?? Vous êtes LE Jack Harkness de Granny ?

Ce fut à son tour d’être étonné par la révélation d’Eirwen… Comment se faisait-il qu’elle connaissait son nom, mais pas Torchwood…

Jack: Pardon ?
Eirwen : Ma grand-mère, Mary Alistair, m’a dit quelques minutes avant sa mort, qu’elle aurait voulu me parler de sa mère et de notre destinée à nous les filles aînées… Que cela aurait dû m’être transmis à mes 20 ans, mais que comme ma pauvre mère était morte lorsque j’avais 10 ans, elle aurait dû me le dire…mais elle n’avait pas assez de force pour le récit complet et la seule chose qu’elle m’a dit c’est de me rappeler d’un nom : Jack Harkness.
Jack: Mary… Elle aussi ressemblait trait pour trait à Gwen. Et sacrée Gwen, elle n’a jamais perdu l’espoir de me revoir un jour… mais c’était trop tôt, trop frais dans ma mémoire… trop douloureux… toutes ces pertes… Je ne pouvais pas revenir…
Eirwen : Revenir ? Comment ça ?
Jack: C’est une longue histoire, peut-être vous la raconterais-je un jour… Mais pour l’instant, revenons en au sujet qui nous intéresse…
Eirwen : Je vous écoute…
Jack: Comme je le disais tout à l’heure, nous arrivons à un tournant majeur pour la Terre… Je suis revenu pour reconstruire Torchwood et j’ai besoin de gens comme vous… Depuis mon départ plus personne ne maintient le faible équilibre de la faille…
Eirwen : La quoi ???
Jack: La faille spatio-temporelle qui traverse Cardiff. C’est de là que viennent la plupart des aliens…
Eirwen : Des aliens … à Cardiff… vous plaisantez…
Jack: Combien de meurtres non résolus avez-vous connus ? Combien de dossiers classés car vous n’arriviez pas à trouver les coupables ? Combien de corps mutilés, sans indices, ni empreintes, ni Adn identifiable ?
Eirwen : beaucoup trop…
Jack: Et si je vous donnais les coupables ? Si je vous disais que ce sont des Weevils ?
Eirwen : Des ????
Jack: Des Weevils. C’est un nom que je leur ai donné, car voyez-vous, il ne sont pas très causants !

Eirwen sentait sa tête tourner au fur et à mesure des révélations de ce Jack… beaucoup d’informations en si peu de temps ! C’était trop… Elle s’excusa et prétexta une envie urgente. Elle descendit l’escalier menant aux toilettes, posa les mains sur le rebord du lavabo et se regarda dans le miroir. Avait-elle perdue la tête ? Elle ne pouvait réellement croire ce que cet homme venait de lui raconter… C’était de la folie… Mais pourtant, cette photo… Mais non, ne soit pas idiote, une photo, ça peut se trafiquer facilement… mais tout de même… Mais ... ce nom... celui qu'elle avait promis à sa grand-mère de se souvenir... ça ne pouvait être lui... il devait y avoir plusieurs Jack Harkness... Et puis ça faisait si longtemps... elle avait un bon job, une bonne situation, elle n'allait pas tout perdre pour un inconnu, même si celui ci semblait en savoir beaucoup sur sa famille... Il pouvait très bien avoir fait des recherches sur elle et ses aïeules. Si ça se trouvait, c'était un psychopathe, et elle s'était ruée dans son piège...

Elle avança la main vers le poussoir, l’eau s’écoula du robinet. Elle glissa ses mains jointes dessus, recueillit une petite quantité d’eau et s’aspergea le visage. Elle se sécha avec une serviette et s’en retourna rejoindre le mystérieux et disjoncté Jack Harkness. Elle avait pris sa décision… Elle allait gentiment lui dire d’aller se faire f…. et déguerpir illico presto rejoindre le commissariat, tout en essayant de trouver une excuse pour sa subite disparition et l’absence du rapport du labo… et ce serait ce dernier point qui serait le plus difficile…

Lorsqu’elle remonta, elle retrouva Jack assis à la même place. Il avait commandé une nouvelle bière, et celle, à moitié finie d’Eirwen, l'attendait à sa place. Elle s’assit tranquillement, prit son verre et le vida d’une traite…

Jack: Vous avez la même descente que Gwen… Vous lui ressemblez tant…

Un nuage voila le bleu de ses yeux… mais s’évapora aussitôt pour laisser place à son regard déterminé.

Eirwen : Je suis désolée, mais je vais devoir vous laisser, je dois retourner au commissariat ! Ravie de vous avoir connu Captain Jack Harkness !
Jack: Vous refuser ma proposition ?
Eirwen : Bien sûr… vous croyiez vraiment que j’allais me laisser entraîner dans ces sottises d’aliens et de faille machin-truc ?
Jack: C’est dommage…
Eirwen : Et évitez de croiser mon chemin de nouveau … car je vous préviens… si je vous revoie, je ne vous laisserai pas partir.
Jack: à condition que vous vous souveniez de moi …
Eirwen : Que voulez vous dire ?
Jack: La bière était bonne ?

Le regard d’Eirwen se posa sur le verre qu’elle venait de finir… qu’insinuait-il par là ?   

 


Citation:

Eirwen continuait à fixer le verre vide qu’elle venait de laisser sur le comptoir. Petit à petit une étrange sensation de fatigue commença à monter en elle. Impossible de résister, ses yeux se fermaient tout seuls, ses jambes ne la portaient plus…

Eirwen : Que m’avez-vous fait ?
Jack : Un soupçon de dénégation et une touche de Redcon… auxquels j’ai ajouté un puissant sédatif… inutile de lutter.
Eirwen: Redcon ? Qu’est ce que c’est ? Vous m'avez empoisonnée ?
Jack : Ne vous en faîtes pas ! Une simple pilule de l’oubli… Comme pour le scientifique, je ne peux vous laissez vous souvenir si vous ne me rejoignez pas…
Eirwen : Non, vous ne pouvez pas … Je vais tout dire à mon coéquipier… Je…
Jack : Vous n’en aurez pas le temps. J’ai un peu augmenté les doses… Je n’ai plus mes amis pour effacer les traces que vous pourriez laisser… Ils étaient très doués dans ce domaine… Mais le plus tragique, c’est que vous allez également m'oublier…

Jack venait à peine de finir sa phrase lorsqu’il vit le corps d’Eirwen s’affaler. Il sauta de son tabouret et rattrapa la jeune femme de justesse avant qu’elle ne touche le sol.

Barman : Que se passe t-il ? Y’a un problème ?
Jack : Non, elle a juste un peu forcé sur la bière, elle a pas l’habitude, je vais la ramener chez elle.
Barman : Vous voulez que j’appelle les secours ?
Jack : Non, ne vous inquiétez pas… Elle habite à 5 minutes… (à lui-même) J’ai peut-être un peu forcé sur la dose …

Il prit Eirwen dans ses bras et sortit du pub. Dehors, le soleil avait laissé place à une pluie typiquement galloise… c'est-à-dire entre deux… pas assez pour que cela soit utile, trop pour rester dessous… Il entreprit de sortir le bip de sa poche mais avec Eirwen dans les bras, ce fut plus compliqué qu’il ne le pensait. Après quelques gesticulations peu orthodoxes, il parvint à ouvrir les portes arrières du SUV et la déposa sur la banquette. Il prit place derrière le volant et fit marche arrière.

5 minutes plus tard, il se gara devant le porche de l’immeuble. Il descendit et reprit Eirwen dans ses bras pour la mener chez elle. Son appartement était situé au 3e étage. Jack fut assez content de ne croiser personne, cela aurait été difficile à expliquer… Et surtout il voulait savoir si Eirwen serait aussi perspicace et curieuse que son aïeule. Il entra dans l’appartement grâce aux clés qu’il avait trouvées dans les poches de son blouson et la déposa délicatement sur le canapé du salon. Il s’assit à coté d’elle, lui repoussa une mèche rebelle lui barrant le visage, et la fixa. Elle ressemblait tellement à Gwen… la même taille, les mêmes yeux, la même couleur de cheveux, sauf qu’ils étaient bouclés. De jolies anglaises lui couvraient les épaules. Il se surprit à jouer avec l’une d’elle, ce qu’il stoppa très rapidement…

Il se releva et fit le tour de la pièce du regard. Des multitudes de photos étaient exposées dans des cadres électroniques qui faisaient défiler différents moments de la vie d’Eirwen. Il fut attiré par un en particulier, posé sur une étagère, qui semblait contenir, non plus des photos de vacances ou d’amis, mais des photos plus anciennes, jaunies par le temps. Il se rapprocha et regarda défiler les images. Il reconnu immédiatement la femme sur les photos, c’était Gwen, sur chacune d’elles, c’était Gwen. Sur une elle portait un enfant, sur une autre elle enlaçait Rhys, sur une troisième elle envoyait un baiser à la personne qui la photographiait… Sur une dernière, car il ne put en regarder d’avantage, Gwen était assise sur un banc, elle devait avoir environ 70/80 ans, entourée par une femme d’environ 50 ans qui devait être sa fille, Mary, une jeune femme ayant une vingtaine d’années qui devait être Meredith et sur les genoux de Meredith, un jeune bébé… Eirwen… "4 générations de filles Cooper" se dit-il… Toutes des femmes fortes et téméraires… Jack espérait réellement qu’Eirwen soit comme son arrière grand-mère… Il se dirigea vers le canapé où il avait laissé Eirwen, se pencha vers son blouson et y glissa une carte dans la poche. Il s’approcha doucement de son visage et déposa un chaste baiser sur le front de la jeune femme.

Jack : Ravi de vous avoir rencontrée Eirwen Lloyd.

Et il sortit en prenant soin de laisser sur la table basse un dossier contenant les résultats biologiques qu’elle était censée récupérer.

**********

Driiiiiing …… Driiiiiing ……

Eirwen ouvrit péniblement les yeux. Elle mit un moment avant de comprendre où elle se trouvait. Que faisait-elle sur son canapé ? Elle fouilla dans ses souvenirs à la recherche de réponses, mais la dernière chose dont elle se souvenait c’était d’arpenter les couloirs de l’hôpital Albion pour récupérer des résultats d’analyses…

Driiiiiing …… Driiiiiing ……

Eirwen : Oui !!!!!!! Minute, j’arrive…

Elle se leva avec difficulté de son sofa et se dirigea vers la porte. Le visiophone lui apprit que c’était son père. Il semblait à la fois en colère et inquiet. Elle déverrouilla la porte et avant qu’elle ait pu dire quoi que ce soit, son père entra dans l’appartement en trombe.

Welling : Où diable étais-tu passée ? ça fait des heures que Gareth essaye de te joindre au téléphone. Il n’a osé me prévenir qu’il y a vingt minutes ! Nom de Dieu Eiry ! T’étais où ?
Eirwen : Je sais pas papa, je ne me souviens pas … c’est étrange…
Welling : C’est surtout bien pratique !
Eirwen : Non, je te jure… la dernière chose dont je me souvienne c’est d’être à l’hôpital et d’aller en direction des laboratoires pour récupérer les analyses. Après c’est le trou noir… jusqu’à ce que la sonnette me réveille.

Le commissaire Welling regardait sa fille, il savait qu’elle n’avait pas l’habitude de lui mentir… et elle semblait sincère.

Welling : Bon repose toi, tu as une tête de déterrée… je te vois demain au commissariat et on essayera de voir avec l’hôpital ce qui s’est passé…
Eirwen : Merci…
Welling : Remercie également Gareth qui t’a couverte pendant la journée…

Eirwen se sentait fautive. Elle se dirigea vers la salle de bain, sa tête lui faisait un mal de chien. Elle attrapa un tube d’aspirine et prit deux cachets. Après un détour par la cuisine pour les mettre dans une verre et y ajouter de l’eau, elle retourna dans le salon s’assoir sur le sofa. Elle laissa les cachets effervescents se dissoudre, les yeux dans le vide. Alors qu’elle allait se saisir de son verre, elle vit le dossier. Elle le prit et regarda les résultats. Tout était normal. Aucun signe de produits ou de drogues. Elle referma le dossier et but le contenu de son verre en grimaçant. Elle n’avait jamais aimé le goût qu’avaient ces cachets une fois dissout. Elle regarda l’horloge fixée au mur, elle indiquait 19h42. Elle avait donc un trou de plus de neuf heures… Qu’avait-elle fait ?? Pourquoi n’arrivait-elle pas à se rappeler ?

N’ayant pas le courage de chercher des réponses et se sentant encore faible, elle décida d’aller dormir immédiatement et de résoudre ce mystère le lendemain. Elle entra dans sa chambre, enleva ses vêtements, mis sa nuisette et s’installa confortablement dans son lit. Elle régla son réveil sur 7h00, tira les draps sur elle et se pelotonna en position fœtale. Elle ne mit pas dix minutes à s’endormir.

*********

“Like the beat beat beat of the tom-tom, like the jungle shadows fall… Like the tick tick tock of the stately clock, as it stands against the wall…”

Eirwen se réveilla en sursaut. Elle balança son bras vers le radio-réveil et l’éteignit brutalement, se faisant mal à la main. La douleur la sortit de son état comateux, elle se leva, se dirigea vers la salle de bain et se regarda dans le miroir…

Eirwen : T’as une sale tête ce matin…

Les événements de la veille lui revenaient en tête… et toujours ce trou noir… Elle reprit ses esprits et entra dans la douche… Elle fit couler de l’eau chaude pendant plus de 15 min, elle sentait son corps reprendre vie au fur et à mesure que les minutes passaient. Elle laissa son esprit vagabonder pendant ce temps là … D'étranges images lui revenaient en tête, elle revoyait surtout un homme, le reste était très flou… un homme de belle allure, portant un étrange manteau et au sourire ravageur… Quel drôle de rêve tout de même… « Je dois être vraiment en manque pour rêver d’un homme aussi séduisant » se dit-elle.

Elle sortit enfin de la baignoire, se sécha et retourna dans sa chambre. Elle enfila le premier jean qu’elle trouva et se saisit d’un tee-shirt qui était pendu à un cintre. Elle chaussa ses converses et rejoignit le salon. Elle ne prit pas le temps d’avaler son habituel petit déjeuner composé d’un grand café noir et d’un fruit, généralement une banane...On lui avait souvent répété que c’était le fruit qui contenait le plus de potassium…

Elle attrapa son blouson ainsi que le fameux dossier et s’élança vers l’arrêt de bus. Elle n’eut qu’à attendre deux minutes avant qu’il n’arrive. Elle monta à bord et présentât son coupon mensuel au chauffeur, puis s’assit au fond du véhicule et attendit son arrêt. A la vue du Millénium Centre elle appuya sur le bouton pour signifier au chauffeur qu’elle souhaitait descendre au prochain arrêt. Elle arriva devant le commissariat, monta les marches et s’engouffra dans la grande salle du poste. Assis à son bureau, Gareth s’affairait déjà sur une pile de dossiers.

Elle s’assit au sien, déposa le dossier sur une pile qui en contenait déjà pas moins d’une vingtaine et dit :

Eirwen : Je suis désolée pour hier.
Gareth : Ton père m’a raconté. J’ai appelé l’hôpital ce matin, ils m’ont dit qu’une fuite de produit toxique avait été découverte dans les laboratoires et que plusieurs scientifiques avaient également des pertes de mémoire. Tu as du être exposée à ce produit…
Eirwen : ça n’explique pas comment je me suis retrouvée chez moi ?
Gareth : Tu as du être moins exposée et tu es rentrée te reposer. C’est la seule explication logique.
Eirwen : Oui, ça doit être ça…

Voix : Lloyd, Morris…. Bougez-vous… St Mary Str… Un autre cadavre !
Gareth : On y va !

Ils sortirent de la salle et se dirigèrent vers leur véhicule. Eirwen laissa le volant à Gareth et ils partirent toute sirène hurlante vers le lieu du crime. Comme d’habitude, le coroner et les urgences étaient sur les lieux.

Homme : Bonjour Inspecteur Lloyd… Inspecteur Morris…
Gareth : Bonjour Docteur Leister. Alors ?
Docteur Leister : Même mode opératoire, mêmes blessures, mêmes interrogations… mais également mêmes conclusions.
Gareth : Un animal sauvage ?
Docteur Leister : Je ne vois pas d’autre explication.
Gareth : Merci, vous pouvez emporter le corps les gars !

Il s’était adressé à l’équipe du coroner qui attendait patiemment à l’écart le feu vert de la police pour emmener le corps à l’hôpital pour une autopsie complète. Eirwen s’était rapprochée de la scène et cherchait quelque chose qui pourrait les mettre sur la piste…

Gareth : Eiry, tu as quelque chose ?
Eirwen : Non, rien…
Gareth : Ils ont emmené le corps, y’a plus rien à voir… on rentre au poste !
Eirwen : ça te dirait pas un petit café avant? Le Starbucks est à quelques pas … Et j’en ai vraiment besoin…
Gareth : Ok. De toute manière on n’est pas pressés. Ils vont mettre au moins deux heures à rendre leurs conclusions…

Ils s’éloignèrent tranquillement. Le Starbucks coffee était à 30 mètres de là. Ils entrèrent et se postèrent derrière les 3 personnes qui faisaient la queue. Lorsque le serveur leur demanda ce qu’ils désiraient, Eirwen commanda un Caramel Macchiato et Gareth un Caffé Latte. Alors qu’il faisait le geste de sortir de la monnaie pour payer sa boisson, elle l’arrêta et lui dit :

Eirwen : C’est pour moi ! Ma façon de me faire pardonner pour hier.
Gareth : Tu n’as rien à te faire pardonner, c’était pas ta faute !
Eirwen : Quand même, j’y tiens…

Elle mit la main dans sa poche de son blouson et en retira un billet de 10£ qu’elle tendit au serveur.

Gareth : Eiry, t’as fait tomber quelque chose !

Il se pencha pour récupérer une sorte de carte de visite entièrement noire. Lorsqu’il la retourna, seul un symbole y était visible… une sorte de « T » formé de losanges collés les uns aux autres…

Gareth : C’est quoi ?
Eirwen : Aucune idée…       

 


Citation:

Eirwen prit la carte des mains de son partenaire et l’examina sous tous les sens.

Eirwen : Tu es sûr que c’est tombé de ma poche ?
Gareth : Affirmatif.
Eirwen : Bizarre, ça ne me dit rien du tout…
Gareth : On dirait une sorte de carte pour clubs privés, ceux dont on ne connaît l’adresse que par le bouche à oreille ou le piston… et pour lesquels il te faut un laisser passer. Comme cette carte…
Eirwen : Tu sais bien que c’est pas mon genre de truc, ces clubs…

Eirwen passait son pouce sur le logo en léger relief qui trônait au milieu de la carte. Elle réfléchissait aux personnes qui auraient pu lui donner cette carte… mais elle n’en voyait aucune…

Gareth : On te l’a peut-être donnée hier alors que tu rentrais chez toi… mais avec ce gaz que tu as inhalé, tu ne t’en souviens pas…
Eirwen : Mouais… On va dire ça…

Peu convaincue, mais n’ayant pas envie de se lancer dans une discussion sur le sujet, elle rangea la carte dans sa poche et récupéra les deux maxi tasses de café. Ils s’assirent et dégustèrent en silence leurs boissons. Eirwen avait fermé les yeux et soufflait machinalement sur la mousse de lait recouvrant son Macchiato. Elle essayait de vider son esprit mais à chaque fois qu’elle essayait, c’était l’image de l’homme auquel elle avait rêvé la nuit dernière qui apparaissait… Elle songea qu’il était peut-être temps pour elle de trouver un mari et de fonder une famille… Elle rigola doucement entre deux gorgées.

Gareth : Qu’est-ce qui te fait rire Eiry ?
Eirwen : Non, rien, je pensais à un truc drôle…

Elle referma les yeux se demandant si cet inconnu créé de toutes pièces par son esprit frustré allait réapparaître. Mais à la place, c’est un dossier qui apparut… Elle le reconnu de suite, c’était celui de sa mère, celui qu’elle avait dérobé des années auparavant et qui l’avait laissée avec encore plus de questions qu’il n’en avait résolu. Cependant quelque chose attira son attention… sur la chemise cartonnée contenant les différents éléments, un symbole semblait irradier, comme pour attirer son attention…

Elle ouvrit immédiatement les yeux, lâcha sa tasse qui se fracassa par terre, éclaboussant le bas du pantalon de Gareth et sortit en courant du Starbucks, laissant son coéquipier en plan. Il se leva, s’excusa auprès du serveur et sorti à son tour. Au moment où il arrivait près du lieu où il avait garé la voiture, il aperçu Eirwen au volant de celle-ci qui arrivait en trombe. Elle pila et hurla par la vitre :

Eirwen : Magne toi ou tu rentres à pieds !

Gareth se dépêcha d’ouvrir la portière et s’engouffra dans le véhicule.

Gareth : Mais quelle mouche t’a piquée ?
Eirwen : Je sais où j’ai déjà vu le logo de la carte !
Gareth : Ta mémoire revient ?
Eirwen : Non, je l’ai déjà vu, mais ça remonte maintenant à plusieurs années…
Gareth : Je dois t’avouer que je suis un peu perdu…
Eirwen : Il était sur le dossier de ma mère, Gareth, je ne sais pas ce que cela implique… Mais je ferai tout pour le découvrir !

Et elle démarra en faisant crisser les pneus de la voiture, ce qui eu pour effet de faire sursauter une jeune femme qui marchait tranquillement sur le trottoir adjacent. Toutes sirènes hurlantes, Eirwen avala les quelques kilomètres la séparant du commissariat en un temps qui aurait pu entrer directement dans le livre des records.

Gareth : J’arrive pas à croire que je sois toujours vivant…

Mais Eirwen était déjà sortie et courait vers le poste. Elle se dirigea immédiatement vers son bureau. Jeta son sac et son blouson sur le siège qui manqua de se renverser. Lorsque Gareth entra à son tour dans la salle, il la vit pousser la porte du fond et s’engouffrer dans le couloir. Sachant qu’il ne pourrait rien faire pour l’arrêter, il l’attendit à son bureau.

Eirwen descendit une nouvelle fois les marches vers le parking où se trouvaient les archives. Elle n’y était plus retournée depuis la dernière fois… Si elle avait besoin d’un dossier, elle demandait à la secrétaire qui était la seule à détenir la clé. Elle força de nouveau la serrure, mais ne prit pas la peine de le faire silencieusement, elle n’avait pas le temps… La porte s’ouvrit et elle pénétra à l’intérieur sans prendre le temps d’allumer l’ampoule. Elle tâtonna devant elle à plusieurs reprises pour éviter de se cogner. Mais ce fut du sol que l’obstacle se présenta. Une nouvelle fois, elle se prit le pied dans la boucle du sac dépassant de l’étagère.

Eirwen n’eut pas le temps de s’accrocher à quoi que ce soit et s’affala de tout son long dans l’étroite allée menant aux classeurs métalliques contenant les dossiers des anciens agents.

Eirwen : Et mer** ! Put*** de sac à la c**…

Elle se releva et épousseta son jean. Son genou gauche la faisait souffrir, vielle relique d’un match de rugby « amical » district 14/district 5, qui avait un peu dégénéré sur la fin. Elle s’avança avec précaution vers le tiroir L-M, l’ouvrit et fouilla à la recherche du dossier qu’elle voulait. Arrivée au dernier dossier, elle ne l’avait pas trouvé. Persuadée de l’avoir manqué, elle refit la recherche à partir du début. Rien… le dossier avait disparu… Elle ouvrit le précédent, rien, le suivant, toujours rien… Il avait bel et bien disparu. Pourquoi ? Elle s’adossa au meuble et se laissa glisser jusqu’à ce qu’elle touche le sol. Elle releva ses genoux, croisa ses bras autour et baissa la tête. Elle resta bien cinq minutes dans cette position, avant de réaliser qu’elle devrait peut-être remonter.

Elle se redressa et de colère, aussi bien pour le dossier manquant que par vengeance pour le plongeon peu-académique qu’elle avait fait en arrivant, elle donna un grand coup de pied dans le sac de toile qui parti voler à l’autre bout de la pièce. Ce n’était pas pour rien qu’elle avait le poste de demi d’ouverture lors des tournois inter commissariats. Elle avait un coup de pied exceptionnel.

Elle regretta immédiatement son geste car le sac s’était fracassé contre une étagère et s’était déchiré, laissant s’échapper divers objets. Elle s’avança et alluma la lumière pour récupérer l’ensemble des affaires. Elle mit la main sur un poignard à doubles lames croisées, sur un flacon contenant un liquide jaunâtre, sur un objet de forme ovale dont elle ne su deviner à quoi il servait, tous présentaient des signes d’endommagements sûrement dus à une température extrême… certains avaient même fondus par endroits. Elle s’empara du sac et rongée par la curiosité, regarda à l’intérieur… Elle y découvrit deux objets supplémentaires, de plus grosses dimensions : un morceau d’armure semblait-il, un gant plus précisément… et un deuxième objet qu’elle ne sut reconnaître. Elle le saisit par les deux poignées qui se faisaient face et pressa les boutons situés sous ses pouces. Rien… elle réessaya ... toujours rien. Elle tira sur les poignées et se retrouva avec deux morceaux identiques… Elle fourra les différents objets dans le sac et le remis à sa place, mais alors qu’elle allait partir, ses yeux se posèrent sur une pile de cartons cachés derrière, avec pour seule indication : RDP-09-n°1.

1ère boite datant de 2009, RDP… RDP... Eirwen cherchait ce que pouvait bien signifier ces trois lettres. Elle s’empara d’une des boites et eut la réponse dès qu’elle souleva le couvercle. Des dizaines de photographies poussiéreuses représentant un immense cratère s’étalaient devant ses yeux… C’était la Roald Dahl Place … RDP … elle avait rarement vu des photos de cet épisode, mais comprit que ce qu’elle en avait entendu était vrai… c’était un champ de ruines… avec un immense cratère au milieu... Elle les regarda une par une, c'était une vision apocalyptique. Elle prit une seconde boite, marquée RDP-09-n°2. Dedans étaient renfermés des dossiers d’analyses, de rapports des services des bâtiments et de la voirie… Elle s'attarda sur certains, essayant de comprendre les différents relevés topographiques, sismologiques, météorologiques... elle étudia l'ensemble des rapports post-explosion... mais c'était comme si elle lisait du chinois et elle laissa tomber. La troisième boite dont elle se saisit avait une cote différente : IJ-09-FYEO.

FYEO… elle savait très bien ce que voulait dire cette abréviation. For your eyes only… Sur le couvercle de la boite, une étiquette avait été collée.

Citation:

De : MI5
A : Cardiff, district 14 via UNIT

Transfert des effets personnels, des dossiers et analyses concernant le décès de Mr…




Elle n’arriva pas à lire le nom car l’étiquette avait été déchirée… Elle souleva le couvercle et fut surprise de ne trouver qu’une enveloppe kraft. Elle la décacheta et fit glisser dans sa main ce qui lui sembla être une montre à gousset… mais quand elle vit le cadran, elle s’aperçut que c’était bien plus que ça… c’était également un chronomètre. Elle en avait rarement vu d’aussi beau. Elle le retourna encore une fois et essaya de lire la dédicace qui avait été gravée au dos de l’objet.

« Pour toujours et à jamais, avec tout mon amour. JH »

Eirwen était fascinée par cette « antiquité » qui devait dater du début des années 1900… Elle n’arrivait pas à défaire ses yeux des aiguilles. Elle ne fonctionnait malheureusement plus, mais sa beauté était intacte. Elle referma l’enveloppe puis la boite, mais ne remis pas la montre à l’intérieur. Elle la glissa dans sa poche se disant que depuis le temps qu’elle était enfermée ici, elle pouvait s’octroyer le droit de « l’emprunter »… Elle rangea précipitamment les autres boites, remis le sac devant et sortit des archives.

Une fois arrivée à son bureau, elle s’assit et chercha à s’occuper pour éviter le regard de Gareth qu’elle sentait posé sur elle.

Gareth : Alors ?
Eirwen : Alors quoi ?
Gareth : Ce dossier ?
Eirwen : Quel dossier ?
Gareth : Joue pas à ça avec moi Eiry, je veux bien te couvrir, mais met moi au parfum ! Tu es restée au moins deux heures en bas !
Eirwen : Il a disparu... il n’est plus là où je l’avais trouvé.
Gareth : Quoi ? C’est impossible !
Eirwen : Je te dis qu’il a disparu !
Voix : Qu’est-ce qui a disparu ?
Eirwen : Papa !

Le commissaire était arrivé derrière elle. Il était venu voir comment elle allait. Mais avait entendu une partie de leur conversation.

Eirwen : Le dossier de ma mère, il a disparu des archives.
Welling : Et comment le sais-tu s’il te plait ? c’est un dossier classé, tu n’y a pas accès.

Eirwen se senti piégée, elle savait qu’elle allait devoir tout raconter à son père. Elle lui avoua l’avoir emprunté au début de sa carrière, mais qu’elle l’avait remis immédiatement, après avoir découvert ce qu’il contenait, c'est-à-dire rien. Elle lui parla également de la fameuse carte de visite trouvée dans sa poche et du logo qu’elle s’était rappelé avoir vu sur le dossier. Elle lui avoua être redescendue pour vérifier et que c’est là qu’elle s’était aperçue qu’il était manquant.

Welling : Je sais. Un homme d’UNIT est venu le chercher ce matin. Ils font le point sur d’anciennes affaires non résolues et celle de ta mère en fait partie.
Eirwen : Mais pourquoi avait-il besoin de ce dossier, y’a rien dedans mis à part des passages entiers censurés par d’énormes lignes noires.
Welling : Que veux tu que je te dise ? C’est UNIT, on ne peut pas leur refuser… S’ils demandent à l’avoir, on leur donne. C’est comme ça.
Eirwen : Et c’était qui ce type ? Je vais lui dire deux mots…
Welling : Je ne sais pas... Un certain John Wood… Drôle de personne d’ailleurs, il portait un drôle de manteau style militaire... Seconde guerre mondiale, je dirais…

Eirwen se remémora alors son rêve de la nuit passée. L’homme qu’elle croyait être pur fantasme, se révélait exister pour de vrai… Coïncidence ? Elle attrapa le téléphone et demanda au standard à être mise en relation avec UNIT, section Cardiff. Elle patienta quelques instants.

Welling : Qu’est-ce que tu fais ?
Eirwen : Je vérifie quelque chose… (à son interlocuteur) Bonjour, Inspecteur Eirwen Lloyd, commissariat du 14e district de Cardiff, je souhaite parler à John Wood … Vous êtes sûr… bien merci… (à son père) Il n’y a pas de John Wood à UNIT !
Welling : Quoi ? Mais c’était qui alors ? Il avait tous les papiers en règle !
Eirwen : Je n’en sais rien mais je trouverai !

Elle s’empara de son blouson et sortit en trombe du commissariat. Gareth et Welling se regardèrent incrédules.

Welling : J’espère qu’elle ne trouvera rien.
Gareth : Il faudra bien lui dire la vérité un jour, Eddy.
Welling : Je ne sais pas si elle est prête pour ça …
Gareth : Elle saura gérer…
Welling : J’espère.

Eirwen venait d’arriver sur la Roald Dahl Place. Elle sentait que cette place avait son importance dans cette affaire, mais laquelle ? Elle s’avança vers le bord de la baie, passa sous la passerelle, et vint s’accouder aux rambardes sécurisant l’accès aux pontons. La vue sur l’autre rive était magnifique, les anciens docks abandonnés au début des années 2025 avaient laissés place à un immense parc botanique qui couvraient plusieurs hectares avec serres animales regroupant quelques une des espèces les plus menacées de la planète. De nombreux enfants venaient s’y amuser sous l’œil vigilant de leurs parents. Ses pensées s’envolèrent vers le fameux John Wood. Elle avait l’impression de connaître ce nom, mais elle avait beau fouiller dans sa mémoire, aucun John Wood n’existait.

Voix : Jolie vue n’est-ce pas…

Eirwen sursauta. Elle regarda sur sa droite, un homme s’était accoudé à la rambarde. Mais ce qu’elle vit la laissa sans voix.

Voix : J’aime ce qu’ils en ont fait… Je vais souvent m’y promener, seul, pour repenser aux temps anciens… Vous y êtes déjà allée ?
Eirwen : Vous… vous… vous êtes l’homme de mes rêves…
Voix : ah… ah... ah... vous me flattez mademoiselle… je dois avouer que c’est bien la première fois qu’on me dit ça à la première rencontre !
Eirwen (se ressaisissant) : Non, je veux dire, j’ai rêvé de vous, mais c’est impossible, je ne vous connais même pas. Et vous êtes également le faux agent d’UNIT qui a volé le dossier sur ma mère !!
Voix : Je m’appelle John Wood. Enchanté !
Eirwen : Qu’est-ce que vous me voulez.
John : Moi rien, mais je peux quelque chose pour vous.

Il lui tendit une enveloppe grand format.

John : Je crois que c’est ce que vous cherchez.

Elle ouvrit l’enveloppe et en sortit le dossier qu’elle contenait. C’était celui de sa mère.

Eirwen : Qu’est-ce que vous voulez que j’en fasse ? Il ne contient rien d’intéressant !
John : C’est que vous devez avoir mal vu… vous avez peut-être besoin de lunettes…
Eirwen : Oi ! Je vois très bien et je sais ce que je dis !
John : Essayez avec celles-ci.

Il tendit une paire de lunettes à Eirwen qui hésita à les prendre. Comment une paire de lunettes allait-elle l’aider à lire un dossier raturé par des lignes noires opaques…

John : Au plaisir de vous revoir Mademoiselle.
Eirwen : Attendez… le logo sur le dossier… c’est quoi ???

Elle se retourna pour entendre la réponse mais se retrouva face au vide. L’homme avait disparu… en un quart de seconde il s’était volatilisé… il aurait dû se trouver seulement à quelques pas d’elle, mais il n’y avait plus personne…  



Citation:

Eirwen resta bien dix minutes à contempler le vide laissé par l’homme qu’elle venait de rencontrer. Elle avait au fond d’elle-même une sensation bizarre, comme si elle connaissait cet homme, sans savoir d’où ni comment. Ses yeux examinaient l’immensité de la place à la recherche d’un indice, de quelque chose lui permettant de comprendre ce qui venait de se passer. Puis un éclair lui parcouru l’esprit… Ce manteau… Ce long manteau … elle se souvenait… L’homme du parking… Celui qui les avait espionnés sur le lieu du meurtre, celui qu’elle avait poursuivit dans le parking, celui qui avait réussi à s’échapper et qu’elle avait retrouvé six étages plus bas, là aussi sans comprendre comment il avait fait.

Elle en était sûre, personne de censé ne porterait un tel manteau à cette époque et surtout pas en cette saison…

Elle baissa les yeux vers ses mains qui tenaient pour l’une d’entre elle le dossier et pour l’autre, la paire de lunettes dont elle ne savait que faire… Elle se décida à reprendre le chemin de chez elle afin de tirer tout ça au clair, seule et au calme. Elle traversa Roald Dahl Place, monta dans le bus qui venait juste d’arriver et fit le court trajet debout, fixant, sans vraiment le voir, le paysage défilant au dehors. Elle appuya sur la sonnette et descendit à l’arrêt St Mary Str. Elle fit quelques pas avant de s’engouffrer, sur un coup de tête, dans Castle Arcade. Elle connaissait un excellent horloger : « A Stich in Time » de père en fils depuis plus de 200 ans … Elle y avait déjà fait réparer l’horloge de sa grand-mère, qu’elle tenait elle-même de Gwen Cooper, sa mère. Et le jeune homme qui tenait cette boutique avait fait un excellent travail. Elle arriva devant la devanture du magasin et poussa la porte. La boutique de petite taille était tellement encombrée d’horloges, de réveils, de pendules et autres objets, que le fait de parcourir les 5 mètres la séparant du comptoir relevait déjà de l’expédition.

Voix : Bonjour, je suis Dan Bilis, que puis-je faire pour vous ?
Eirwen : Bonjour, je voudrais savoir si cette montre pouvait être réparée ?

Elle tendit la montre qu’elle avait « empruntée » à l’homme se tenant derrière son comptoir.

Bilis : Beau spécimen datant probablement du début du 20e siècle. Une rareté ! Je dois dire que j’en ai rarement vu d’aussi belle.

Il ouvrit la montre et commença à examiner le mécanisme.

Bilis : je pense que c’est réparable… elle n’a pas fonctionné pendant longtemps, mais les rouages sont en parfait état et je pense qu’elle a besoin d’un bon nettoyage… Elle sera prête demain en fin de journée.
Eirwen : Parfait, alors à demain soir…

Eirwen sortit du magasin et se dirigea vers l’autre sortie de l’arcade qui la menait en direction de chez elle. Arrivée, elle monta les marches, ouvrit la porte et se dirigea immédiatement vers le salon, où elle s’assit sur le sofa. Elle posa le dossier et les lunettes sur la table basse et enleva son blouson.

Elle s’empara du dossier et l’ouvrit. Elle souleva les premières pages qu’elle connaissait pour aller directement au rapport qui suivait. La même couverture avec les mêmes mots notés en rouge : TOP SECRET – FOR YOUR EYES ONLY. Elle tourna la page et se retrouva, comme elle s’en était doutée devant des pages et des pages de rapport censuré. Dépitée, elle allait refermer ce dossier inutile quand elle posa les yeux sur la paire de lunettes posée près de la télécommande.

« oh ! et puis, au point où j’en suis » se dit-elle « pourquoi pas ? Qu’est-ce que je risque ? ». Elle avança la main et se saisit des mystérieuses lunettes. Elle les chaussa et ne remarqua rien de différent, on aurait dit qu’il n’y avait aucune correction sur les verres… Elle baissa les yeux vers le dossier et retint son souffle.


   
     

Les innombrables lignes noires censurant des passages entiers avaient disparu laissant place au texte intégral. Elle n’en croyait pas ses yeux. Elle enleva les lunettes, les lignes avaient réapparu. Elle les remit et commença à lire le rapport. Au fur et à mesure, la nausée l’envahit, les descriptions des blessures infligées à sa mère, les photographies des plaies et lacérations la rendaient malade. Elle avait pourtant l’habitude de ce genre de rapport. Ils étaient légion dans son travail. Mais là, le fait que la victime décrite soit sa mère donnait à ce rapport une dimension éprouvante. Elle se força néanmoins à continuer, les descriptions des blessures lui semblaient familières et pour cause… C’étaient les mêmes que celles des deux corps qu’ils avaient retrouvés ces derniers jours.


 Elle arrêta la lecture. Referma le dossier et vit sur la couverture une annotation qui n’était pas visible auparavant, mais qu’avec les lunettes, elle arrivait à voir… Au dessus du sigle, qui était également sur la carte de visite, était inscrit un mot. TORCHWOOD.   
 
 
Torchwood… ce nom lui était familier… Sa grand-mère lui racontait souvent des histoires le soir, avant d’aller dormir. Contrairement aux autres enfants, qui avaient le droit aux contes et histoires enfantines, elle écoutait passionnément les aventures d’une équipe de jeunes gens, appelée Torchwood, qui se battait pour le bien de l’humanité. Elle avait toujours cru que c’étaient des légendes urbaines, des histoires inventées par sa grand-mère pour qu’elle n’aille pas se promener seule près des docks ou de Mermaid Quai…    
   
 
Mais ce mot et ces histoires prenaient aujourd’hui un sens nouveau… Torchwood avait-il réellement existé ? Cette équipe avait-elle réellement sauvé la population de Cardiff aussi souvent que Granny lui avait dit ? Comment savoir ? Comment en être sûre ?     
   
 
Lorsqu’elle leva les yeux vers l’horloge, elle s’étonna d’y voir marqué 20h15. Les heures avaient défilé à une telle vitesse. Elle se leva et se dirigea vers la cuisine pour préparer son repas, mais à peine eut-elle ouvert le frigidaire qu’elle se ravisa. L’odeur de la viande fraîche avait ramené les sensations de nausées qu’elle avait eu en lisant le rapport. Elle refera la porte et décida de ne manger qu’une banane.   
   
 
Elle était fatiguée et déprimée… elle avait enfin les réponses qu’elle cherchait depuis si longtemps… Mais elle ne s’attendait pas à ça… Le dossier avait été classé sans suite, faute d’indices suffisants pour trouver un coupable.   
   
 
Elle se dirigea vers sa chambre et alluma son ordinateur. Sur le bureau s’afficha une multitude d’icônes… Elle cliqua sur celle de MSN et vit que son meilleur ami, David, était connecté. Elle ouvrit une fenêtre et écrivit.   
     


   
     
        

Elle quitta MSN et éteignit son ordinateur. Elle pivota, se leva et se déshabilla. Elle enfila sa nuisette et se coucha, après avoir mis son réveil à 8h00. Elle était de repos le lendemain. Elle avait donc la journée pour mettre au clair cette histoire de Torchwood…

**************

“I told the witch doctor, I was in love with you - I told the witch doctor, I was in love with you - And then the witch doctor, he told me what to do - He told me - Ooh, eeh, ooh, ah, ah, ting, tang, walla, walla, bing, bang”

Eirwen se réveilla en sursaut. La musique hurlait dans la chambre. Elle se dépêcha de l’éteindre, d’une, car ses oreilles avaient du mal à supporter le volume sonore et de deux, car elle ne voulait pas l’avoir dans la tête durant toute la journée. C’était une chanson qui lorsqu’on l’écoute, reste … Elle se dépêcha de se préparer, sauta dans son jean et enfila son T-Shirt préféré floqué « University of Desterione » en référence à une série TV de science fiction. Elle marchait en direction du centre ville, elle se dirigeait vers le bâtiment renfermant les archives de Cardiff, si elle devait trouver des informations sur Torchwood, elle ne voyait pas d’autres endroits … Elle poussa les lourdes portes et pénétra dans un bâtiment de style XIXe d’extérieur mais totalement rénové à l’intérieur, pour y faire place à d’immenses magasins d’archives s’étendant sur 4 niveaux en sous-sols et 5 en hauteur. Arrivée à l’accueil elle s’inscrit et déposa ses affaires dans les casiers prévus à cet effet. Seuls étaient autorisés à l’intérieur des salles de consultation, les ordinateurs portables, ou si vous n’en aviez pas, le bon vieux crayon à papier et des feuilles blanches. Eirwen entra et se dirigea vers les ordinateurs qui faisaient office d’instruments de recherche. Elle tapa dans la case « mot clé » Torchwood : 0 résultat trouvé. Elle essaya avec la recherche booléenne en ne tapant que le début du mot ou sa fin… : 0 résultat trouvé. Elle quitta le poste de recherche et se dirigea vers le point information.

Eirwen : Bonjour.
Employée : ‘Jour
Eirwen : Je recherche des informations sur une organisation qui a existé au début du XXIe siècle : Torchwood.
Employée : z’avez regarder dans la base de données ?
Eirwen : Oui, j’en viens…
Employée : Si vous avez rien trouvé, c’est qu’il n’y a rien ! Désolée.

Eirwen remercia à contre cœur l’employée qui avait été des plus mal aimable et sortit. Le soleil s’était levé et obligea Eirwen à mettre ses lunettes de soleil. Il n’était que 10h00, et ne savait pas où chercher ailleurs … Elle avait toute la journée devant elle avant de retrouver David devant le Cinéma. Elle longeais la rue, et se retrouva devant l’entrée de Castle Arcade. Elle décida de retourner voir où en était la réparation de la montre… Elle poussa la porte et traversa la première salle précautionneusement.

Bilis : Bonjour !
Eirwen : Bonjour, je sais que je suis en avance, mais…
Bilis : Vous tombez bien, en fait la réparation ne m’a pas prit plus de deux heures, elle est prête !
Eirwen : Enfin une bonne nouvelle !
Bilis : Des ennuis ?
Eirwen : Si vous saviez… les deux dernières journées n’ont pas été des plus réjouissantes…
Bilis : Ce sont des moments durs à passer mais on oublie vite !
Eirwen : Si seulement je pouvais m’en souvenir, c’est bien là le problème !
Bilis : Vous ne vous en souvenez pas ?
Eirwen : J’ai un trou d’à peu près 9 heures…
Bilis : Je peux peut-être vous aider…
Eirwen : Comment ça ?
Bilis : J’ai ce « don »… Il me vient de mon arrière arrière arrière... grand père. Il me l’a, comment dire, légué… En quelque sorte… Donnez moi vos mains…
Eirwen : Quoi ??
Bilis : Donnez moi vos mains… Tout ce que j’espère c’est que ce que vous découvrirez, ne vous assommera pas …

Eirwen tendit lentement ses mains. Bilis les lui prit dans les siennes, ferma les yeux et elle fut entraînée dans un tourbillon sans fin. Lorsqu’elle « atterrit », elle était sur un des pontons de Mermaid Quai, devant ce qui semblait être un syndicat d’initiative… La porte s’ouvrit à la volée et elle vit une jeune femme brune sortir en courant. 5 secondes plus tard une immense explosion retentit et enveloppa Eirwen qui leva ses bras pour se protéger… Mais les flammes passèrent autour d’elle sans la toucher. Elle se retourna et reconnu la jeune femme. C’était Gwen Cooper son arrière grand-mère… Elle fut arrachée de ce lieu et repartit dans le tourbillon. Elle était maintenant sur une espèce de colline avec au loin des bâtiments. A ses pieds, un homme allongé regardant dans des jumelles. Lorsqu’il les retira de devant ses yeux, elle vit qu’ils étaient remplis de larmes… Tourbillon… Elle était maintenant en bas d’une carrière, pensa t-elle… Elle entendit un bruit venant d’en haut. Elle eut juste le temps de lever les yeux et de se déplacer, avant qu’un énorme bloc de béton ne se fracasse sur le sol… Lorsque la poussière se dissipa, elle eut la surprise de voir un homme nu, allongé à terre... Elle poussa un hurlement, que personne d’autre n’entendit, lorsque cet homme se « réveilla ». … Tourbillon … Elle était maintenant dans une sorte d’entrepôt, devant elle les trois personnes qu’elle venait de voir… Gwen, le jeune homme, et un homme en survêtement, accompagnés par un homme qu’elle reconnu comme son arrière arrière grand père Rhys Williams. Que faisait-il là ??? « Et voilà, c’est Torchwood, nous sommes chez nous ! » dit le jeune homme en costume… Tourbillon … Les deux hommes se tiennent devant une sorte de cage en verre et tirent dans sa direction, sans que cela n’altère la surface des vitres. Soudain, le jeune homme s’effondre dans les bras de son compagnon qui hurle de désespoir en demandant à ce qu’il soit épargné … Tourbillon … Une salle pleine de cadavres recouverts de draps. Gwen accroupie entre deux corps… Le premier se réveille. Eirwen sursauta une nouvelle fois, elle s’attendait à ce que le second fasse de même, mais, à la place elle vit Gwen et l’homme s’enlacer et pleurer leur perte… Tourbillon … Un enfant planté au milieu d’une plateforme, hurlant et saignant du nez… Tourbillon… Des larmes, les cris d’une femme de l’autre coté d’une vitre… Tourbillon… L’homme assis dans le couloir, la tête baissée… Tourbillon … Une colline, Gwen et Rhys montant la pente, Gwen est enceinte d’au moins 6 mois… Tourbillon … l’homme est debout au sommet de la colline, il appuie sur une espèce de bracelet et se dématérialise… Tourbillon… Un couloir, au fond Eirwen et l’Homme fouillant une paillasse… Tourbillon … Un bar, l’homme assis en face d’elle, souriant et dégustant une bière… Tourbillon … Réveil chez elle, sensation de gueule de bois… Tourbillon… Carte de visite … Tourbillon… l’homme accoudé à la rambarde, lui donnant le dossier de sa mère… Tourbillon … Roald Dahl Place, nuit, l’homme est poursuivit par … par… Tourbillon … Eirwen tirant sur la forme… Tourbillon … L’homme est à terre… Tourbillon … Il se réveille… Tourbillon …

Eirwen ouvrit les yeux… Elle regarda le propriétaire du magasin, incrédule…

Eirwen : Je me souviens… Je me souviens de tout !   

 


Citation:

Eirwen était comme paralysée, au milieu du magasin. Bilis, qui avait vu la même chose qu’elle, n’était pas beaucoup mieux. Ils se tenaient encore par les mains et avaient du mal à se détacher l’un de l’autre. Finalement, ce fut le jeune homme qui délia ses doigts, les libérant ainsi du lien invisible qui les unissait.

Bilis : J’espère que vous avez trouvé des réponses. Pour moi, ce fut du charabia, comme souvent, car les visions n’ont de sens que pour les personnes qui connaissent la situation.

Eirwen avait la bouche sèche, extrêmement sèche et elle dû avaler sa salive plusieurs fois pour pouvoir articuler une phrase audible.

Eirwen : Bien plus que vous ne pouvez l’imaginer… M… Merci… Je vous suis redevable…

Eirwen allait s’élancer vers la sortie du magasin, mais elle en fut empêchée par Bilis.

Bilis : Mademoiselle ! Vous oubliez la montre…
Eirwen : Oh… merci… je vous dois combien ?
Bilis : Rien, je n’ai fait que la nettoyer et la remonter…
Eirwen : Mais…
Bilis : Vous m’avez déjà bien payé avec cette vision… cela faisait longtemps que j’en avais pas eu une comme celle là…

Eirwen tendit la main vers l’homme qui y déposa la montre. Elle sentait malgré la protection en métal, les vibrations créées par la trotteuse égrainant les secondes. Elle la plaça dans sa poche de jean.

Eirwen : Merci beaucoup.
Bilis : J’ai autre chose pour vous.
Eirwen : Comment ça ?
Bilis : Cette montre a été commandée à un de mes ancêtres. Je le sais grâce à la marque incrustée dans le couvercle. Je suis allé regarder dans les registres : elle lui avait été confiée par un certain Jack Harkness en 2009. C’est une montre datant de la fin du XIXe siècle, vers 1885. Il a demandé à mon aïeul de la réparer et d’y graver la dédicace que vous avez dû lire…
Eirwen : Jack Harkness ??
Bilis : ça vous dit quelque chose ?
Eirwen : Oh que oui et pas qu’un peu…

Et sur ce, elle sortit du magasin et s’engouffra dans St Mary Str. Elle héla un taxi, elle n’avait pas le temps d’attendre le bus, et annonça l’adresse du commissariat. Elle jeta les billets sur le siège et s’extirpa des places arrières avec un peu de difficulté. Elle avait oublié de détacher sa ceinture de sécurité dans la précipitation. Une fois descendue, elle se rua vers son bureau, ignorant les « bonjour » amicaux lancés par ses collègues. Dans la salle commune, ce n’était pas vraiment l’effervescence… Gareth était assis sur sa vielle chaise âgée de plus de 20 ans… il aurait pu la changer depuis longtemps mais ne le souhaitait pas ... Il était parfaitement à l’aise dedans… Ce qu’Eirwen ne comprenait pas, l’ayant essayée un jour et s’étant retrouvée avec un ressort planté dans la cuisse.

Gareth : Eiry ? Qu’est-ce que tu fais là ? T’étais pas en congés…
Eiry : Si, mais je dois trouver quelqu’un ! Cet homme… Oh.. Gareth, je me souviens de tout … tout m’est revenu !!!
Gareth : Tu as retrouvé la mémoire ! Raconte !
Eiry : Tu ne me croiras jamais si je te raconte ce que j’ai « vu »… Tu vas penser que je suis bonne pour l’asile…
Gareth : ça je le pense déjà …

Eirwen explosa de rire, ce qui fit se retourner une bonne partie de ses collègues présents dans la salle. Soudain elle sursauta lorsqu’elle entendit une voix derrière elle.

Voix : Un café inspecteur Lloyd ?

Eirwen se retourna et se trouva face à face avec le jeune Jones, dont elle ne connaissait toujours pas le prénom. Il lui tendait un mug rempli de café noir qui dégageait la plus envoûtante des odeurs.

Eirwen : Mais comment arrives-tu à faire un café aussi bon ?
Jones : C’est mon secret …
Eirwen : Cachottier…
Jones : Vous parliez de quoi ?
Gareth : Eiry a retrouvé la mémoire !
Jones : Fantastique !

Le visage du jeune homme restait impassible ce qui contrastait avec le ton enjoué de sa voix … Mais ni Eirwen, ni Gareth ne s’en soucièrent … Eirwen s’installa à son bureau et tapa « Jack Harkness » dans le moteur de recherche. Quelques secondes plus tard, un visage apparu sur l’écran accompagné de plusieurs fichiers liés. Le visage était celui de l’homme qu’Eirwen avait vu. Mais avant qu’elle n’ait pu ouvrir un des dossiers, un liquide marron se reversa sur le clavier et, en coulant sur les fils, fit griller l’ordinateur, faisant sauter l’alimentation générale du commissariat…

Eirwen : Put***…
Jones : Pardon… j’ai glissé… je suis désolé...
Eirwen : Mer**, saloperie d’installation électrique !
Gareth : ça devrait revenir bientôt avec le générateur de secours…

En effet, cinq minutes plus tard, le courant avait été rétabli, mais le générateur ne pouvait subvenir qu’aux besoins primaires, c'est-à-dire la lumière et les téléphones.

Eirwen : Bon, je pense que je n’ai plus qu’à prendre mon mal en patience jusqu’à ce que le courant principal revienne...
Jones : C’est de ma faute, je suis une catastrophe ambulante…
Eirwen : Non, ça arrive même aux meilleurs d’entre nous ! …

Elle allait l’appeler par son prénom, mais elle se rendit compte qu’elle ne le savait toujours pas…

Eirwen : Au fait, c’est quoi ton prénom ?
Jones : Gwillym, mais on m’appelle Will …
Eirwen: Gwillym ? C’est peu courant …
Jones : Et encore, j’ai été chanceux, mon frère s’appelle Vaughan et ma sœur, Llewella … Mes parents avaient un faible pour les vieux prénoms gallois …
Eirwen : Et bien Will, ravie de faire ta connaissance enfin…
Jones : Le plaisir est pour moi, Mademoiselle Lloyd !
Eirwen : Tu peux m’appeler Eiry…
Jones : Dans ce cas, ravi de vous avoir rencontrée Eiry...

Et il s’éloigna en direction de l’espace détente. Eirwen le regarda pendant un moment, mais ne pouvant voir que son dos, elle ne vit pas l’expression satisfaite du travail accomplit qui s’était installée sur le visage du préposé au café.

Ne pouvant plus travailler sur son ordinateur, Eirwen se leva et prit congé de son collègue.

Gareth : Tu vas où ?
Eirwen : Je sais pas trop, je vais fureter à droite à gauche en attendant 17h pour aller au cinéma avec David.
Gareth : Fait attention à toi…
Eirwen : Comme d’hab’ !
Gareth : Mouais...

Il n’était qu’une heure de l’après midi… 4 heures à tuer… 4 heures pour essayer de retrouver cet homme… 4 heures pour fouiller tout Cardiff… Impossible… Elle longeait la rue menant à Roald Dalh Place, perdue dans ses pensées. Elle entra dans le hall du Millenium Centre, s’empara d’un prospectus listant les différents spectacles programmés pour la saison prochaine et s’assit sur une des banquettes. Elle tournait les pages, indifférente aux titres qui se succédaient jusqu’à ce qu’elle tombe sur un spectacle prévu pour le mois de décembre suivant : Peines d’amour perdues de William Shakespeare. Elle avait toujours aimé lire les pièces de cet auteur, qui lui semblaient étrangement contemporaines pour des œuvres écrites 5 siècles auparavant. Elle corna la page en se disant qu’elle irait acheter deux places lorsque les réservations seraient ouvertes, une pour elle, et une pour David, qui lui aussi était fan de l’auteur.

« Bon, 10 minutes de passées » se dit-elle « qu’est-ce que je pourrais bien faire ? »… Elle se leva et sortit du bâtiment… Son regard se tourna automatiquement vers les pontons de Mermaid Quai… Elle se dirigea de ce coté, passant près de la plaque symbolisant l’emplacement de l’ancienne tour-fontaine, elle crut apercevoir une forme floue postée au bord du trottoir, mais quand elle se retourna, elle ne vit rien d’autre que le vide…

Eirwen : C’est officiel, je suis folle…

Elle se détourna et continua à se diriger vers les quais. Elle s’installa confortablement sur un des bancs adossés au mur et fixa l’horizon. Le temps était idéal, on pouvait même distinguer l’île de Flat Holm et son phare. Elle ferma les yeux, et pencha la tête en arrière, afin de profiter à la fois du soleil et du faible vent. Epuisée par tant d’aventures, elle s’endormit.

” I can’t decide, wether you should live or die…”

Eirwen fut tirée de son sommeil par la sonnerie de son portable. Elle décrocha un peu comateuse et surtout courbaturée.

Eirwen : Allo ? … David ? … Quoi ??? …. 19h45 ? … de quoi ??? … ah le ciné… tu m’attends depuis plus de 20 minutes… je suis désolée… où je suis ?? … sur Mermaid Quai… quoi ?? non, je me suis endormie je crois … oui… tu viens me rejoindre ?? ok…. Je t’attends…

Elle raccrocha et se frotta les yeux. Elle avait dormi plus de quatre heures… le ciel s’était assombri et la lune commençait à apparaître à l’horizon.

David : Alors ? Que t’est-il arrivé ? Je commençais à me faire du souci !!
Eirwen : Je me suis endormie… je comprends pas… jamais ça ne m’est arrivé auparavant…
David : C’est sûrement dû au surmenage, je te l’ai déjà dit… tu travailles trop ! Écoute ton médecin !
Eirwen : Mouais… Je pense que ça a plus à voir avec ce qui s’est passé depuis ces dernières 72 heures plutôt…
David : Allez raconte-moi tout !

Eirwen commença son récit par la découverte du corps déchiqueté, sa première « rencontre » avec l’inconnu du parking, l’épisode du laboratoire, sa seconde rencontre, la bière et le redcon, la perte de mémoire, la montre, le dossier et les lunettes, les visions qui lui ont rendu sa mémoire, les Weevils, Torchwood, sa Grand-Mère … pour finir par le café renversé par le jeune Jones…

David ne l’avait pas interrompu, d’une, parce qu’il savait qu’elle détestait ça et de deux, parce qu'il en était incapable… son récit était digne des plus grands auteurs de fiction…

David : Eh bien… Eiry…
Eirwen : Tu ne me crois pas …
David : Il faut avouer que c’est dur à avaler… des aliens, une brèche spatio-temporelle traversant Cardiff, une organisation secrète … un homme vieux de plus de 200 ans …
Eirwen : J’aurais dû m’en douter… tu…

Elle ne pu finir sa phrase. Quelqu’un passa en trombe devant eux, en évitant de justesse les jambes d’Eirwen… Sa démarche était claudicante, ce qui ne l’empêchait pas de se déplacer rapidement.

Voix : Tu prends à droite, je vais essayer de le diriger vers toi !
Voix 2 : Bien compris !

Eirwen eut juste le temps de ramasser ses pieds sous le banc, qu’une seconde personne les dépassa… Eirwen n’eut pas le temps de voir l’individu qui venait de tourner à l’angle du quai en direction de la place, mais elle reconnu deux choses : Le long manteau et son odeur particulière que le vent avait amené à ses narines.

Eirwen : C’est lui ! Viens !
David : Qui ??
Eirwen : Lui !!!

Elle s’était déjà levée et se dirigeait en courant sur la piste de l’homme, David suivait sans trop comprendre ce qui se passait … Soudain, elle se heurta à quelque chose, et tomba fesses les premières sur le pavage froid de la place. Lorsqu’elle leva les yeux, elle aperçut, penchés au dessus d’elle, deux visages familiers… Celui de David, bien entendu et … plus surprenant, celui de Will Jones…

Eirwen : Will ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
Will : Longue histoire, allez viens... Ce n’est pas sûr de rester ici…
David : Comment ça pas sûr ?
Will : à partir d’une certaine heure, Mermaid Quai devient le territoire des Weevils.
Eirwen : Des Weevils ?

Will allait répondre quand une voix l’appela de l’autre coté de la place.

Voix : Will ??? Qu’est-ce que tu fais ? Tu l’as ?
Will (hurlant) : Non, mais j’ai trouvé autre chose !

L’homme qui était passé en courrant devant Eirwen et David arrivait vers eux… Plus il s’approchait, plus le cœur d’Eirwen battait fort. Elle mit ça sur le compte de l’appréhension et de la crainte de la rencontre imminente…

Eirwen : VOUS !
John/Jack : Bonjour !
Eirwen : John Wood ! Ou plutôt devrais-je dire Capitaine Jack Harkness !
Jack : Ah… Vous avez retrouvé la mémoire on dirait… Je savais que vous étiez aussi maligne et forte que l’était Gwen… (à Will) Tu ne m’avais pas dit qu’elle se souvenait…
Will : Oubs … Avec cette chasse au Weevil, j’ai complètement oublié !
Eirwen : Mais... mais… comment ça se fait que vous vous connaissiez ?
Jack : Will est mon … comment dire… homme de confiance… Et mon dieu qu’il fait un excellent café …
Eirwen : ça je le sais… mon pantalon s’en souvient… mais alors tu travailles pour lui et dans la police ?
Will : Non, je suis juste entré au commissariat pour avoir un œil sur toi, sur les ordres de Jack.
Eirwen : Tu me surveillais ? Vous m’espionniez ?
Jack : ça fait un moment que je te surveille Eirwen… Je devais savoir si tu étais capable de supporter toutes ces informations sur Cardiff, ton passé, ton histoire familiale…
David : Excusez moi mais …
Jack : Oui ?
David : je crois qu’on va avoir de gros problèmes…

David pointait avec son doigt l’espace sombre se trouvant dans l’angle que formait le Millenium Centre et l’Assemblée Nationale Galloise… Sortant de l’ombre 5 formes s’approchaient d’eux, lentement.

Jack : 4 contre 5 … Une partie de plaisir… Eiry, avec moi ! Will tu vas avec …
David : David !
Jack : …avec David !

Les deux équipes se séparèrent pour essayer d’encercler les Weevils qui devenaient de plus en plus énervés … Eirwen mit instinctivement sa main à l’intérieur de son blouson pour y sortir son arme calée dans son holster, mais sa main ne rencontra que du vide… Elle ne l’avait pas, elle ne le prenait jamais les jours de repos…

Eirwen : Jack, vous n’auriez pas …

Avant qu’elle n’ait eu le temps de finir sa phrase, il lui tendit un revolver.

Eirwen : Merci …

Ils avançaient lentement, ils avaient contourné le Pierhead Building et étaient maintenant en position de prendre les Weevils à revers. Eirwen se demandait comment David s’en sortait avec Will. Il n’avait jamais été très sportif et était plutôt du genre cocouning et TV que jogging et étirements.

De l’autre coté, Will et David tentaient de contenir l’avancée des 5 weevils, afin de laisser du temps aux deux autres pour qu’ils puissent les attaquer par derrière. Mais un des Weevils s’élança vers les deux hommes. Will, qui avait dégainé son arme, tira deux fois en direction de la bête, la touchant en pleine poitrine… mais avec l’élan qu’elle avait prit, elle continua à marcher sur environ 2 mètres avant de s’écrouler sur David, qui tétanisé de peur, n’arriva pas à s’écarter assez rapidement… La chute fut rude, la tête de David heurta le pavage et il s’évanouit.

Eirwen qui avait entendu les coups de feu s’élança sans réfléchir vers le groupe pour vérifier que son ami allait bien…

Jack : Eiry ! Noooon !!!!!
Eiry : Daviiid !!!!
Jack : EIRWEN, attention!!

Jack qui l’avait suivit lorsqu’elle était partie bille en tête, redoubla d’effort pour la rattraper et la pousser violemment sur le coté. Elle chuta lourdement tout en regardant la scène qui se déroulait devant ses yeux. Jack s’était fait attraper par un Weevil et se battait à mains nues contre lui. Il l’avait poussé pour la sauver. Son pistolet se trouvait à terre à quelques mètres seulement de lui, mais il ne pouvait l’atteindre… Elle tâtonna pour trouver le sien, mais impossible de mettre la main dessus. Elle jetait des coups d’œil autour d’elle, mais ne le voyait pas.

Un peu plus loin, elle vit Will qui aidait David à se relever, « ouf, il est vivant » se dit elle. Elle posa son regard sur l’arme de Jack, gisant à 5 mètres d’elle. Elle se dit que si elle arrivait à l’attraper, elle pourrait tirer sur le Weevil. Elle rampa le plus lentement possible pour ne pas alerter les trois autres qui semblaient attendre la fin du combat. Elle en était à 15 centimètres lorsqu’elle entendit un hurlement affreux. Elle tendit le bras le plus loin possible, attrapa le pistolet et se retourna rapidement vers les deux combattants. Le Weevil était toujours debout, la gueule ensanglantée, la tête levée vers le ciel hurlant de plaisir. Jack était à terre et ne bougeait plus, une plaie béante au cou laissait s’échapper des flots de sang. Elle n’hésita pas une seconde et tira en direction de l’animal. La première balle se logea dans la poitrine du Weevil, la seconde la suivit de près et perfora le peau quelques centimètres à gauche du premier trou et afin d’être sûre, elle visa la tête et appuya une dernière fois sur la détente. Le Weevil tituba et finit par s’écrouler. Les trois autres poussèrent un grognement profond et s’enfuirent.

Will et David arrivèrent rapidement. Will s’arrêta près d’Eirwen pour l’aider à se relever. David, guidé par l’adrénaline mais également par sa fonction de médecin, s’était littéralement jeté près du corps de Jack. Il essayait tant bien que mal d’arrêter l’hémorragie en appuyant sur le cou sa veste qu’il avait enlevée.

Will : C’est pas la peine ! Laissez tomber !
David : Comment pouvez vous dire ça… appelez le Samu ! Il est en train de se vider de son sang ! C’est urgent !
Eirwen : David est médecin, Will, il sait ce qu’il fait ! il faut appeler une ambulance !
Will : Laissez tomber Doc ! Et venez assister au spectacle !
David et Eirwen : QUOI ?

Mais avant que David ait bougé, un hurlement rauque sortit de la bouche de Jack. Un second hurlement puissant sortit quand à lui de celle de David qui fit un bond en arrière d’au moins un mètre. Will s’avança pour aider Jack qui le regarda avec un regard signifiant « merci ».

Will : Je vous l’avais dit… C’était pas la peine de s’inquiéter..
David : Mais... Mais… vous étiez…
Jack : Mort ? Oui, ça m’arrive parfois ! Plus souvent que je ne le voudrais d’ailleurs …
Eirwen : Je l’ai vu arriver… Je vous ai vu, allongé, mort et je vous ai vu vous réveiller…
Will : C’est effectivement ce qui vient de se passer !
Eirwen : Non… Je l’ai vu bien avant que cela arrive…
Jack : Comment ça ?
Eirwen : Cet homme, me l’a fait voir… j’ai vu le futur…
Jack : Quel Homme ?
Eirwen : Bilis, le propriétaire de l’horlogerie.
Jack : Bilis ????
Will : Tu connais ?
Jack : c’est un nom que je n’ai pas entendu depuis plus d’un demi-siècle et que je pensais ne jamais réentendre.

Jack qui avait repris des forces, se libéra de l’aide apportée par Will. Il s’avança vers Eirwen et lui demanda.

Jack : Ma proposition tient toujours.

Eirwen le regarda dans les yeux. Mais cette fois-ci elle prit son temps pour répondre.

Eirwen : Ce que je viens de vivre, ce soir… c’est votre quotidien ?
Jack : Oh oui !
Eirwen : Et y’a des choses pires que ces Weevils ?
Jack : Bien plus que tu ne l’imagines…
Eirwen : C’est bien payé ?
Jack (dans un éclat de rire) : Ce ne sera jamais assez bien payé pour ce que l’on fait !
Eirwen : Sécurité sociale et complémentaire santé…
Jack : Aucune…
Eirwen : Ok. Je marche !
Jack : J’en suis heureux, j’aurais vraiment eu du mal à vous payer une nouvelle bière, cette fois-ci, n’est-ce pas ??
Eirwen : Et cela n’arrivera pas de sitôt !
Jack : Une dernière chose, pour David ? Vous voulez que je lui fasse oublier ce qu’il a vu ?
Eirwen : Nan… c’est un grand garçon, il arrivera à gérer tout ça… et je serai garante de son silence !
Jack : Très bien, rendez-vous demain matin, 9h près de la plaque de la fontaine. Will, on y va ! David, ravi de vous avoir rencontré.
David : Mm..mmm.. moi au…aussi…

Ils se séparèrent ainsi, Jack et Will d’un coté se dirigeant vers le SUV garé non loin de là, Eirwen et David de l’autre, vers le parking où il avait garé sa voiture. Eirwen prit le volant, David était trop choqué pour conduire. Elle le ramena chez lui et lorsqu’elle lui dit au revoir, elle ajouta :

Eirwen : Je crois que je n’ai pas besoin de te dire que ce qui c’est passé ce soir…
David : … N’est jamais arrivé… Je ne suis pas stupide Eiry… Tu vas vraiment quitter ton job pour allez avec eux ? Tu sais que c’est de la folie... Qu’est-ce que tu vas dire à ton père…
Eirwen : Je trouverai bien… Bonne nuit David.
David : Bonne nuit Eiry.

Elle effectua le kilomètre la séparant de chez elle à pieds, ouvrit la porte, se dirigea directement vers sa chambre et se laissa tomber sur son lit, les yeux grands ouverts, fixant le plafond, un sourire aux lèvres…     

 


Citation:

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, le réveil lui indiquait 6h20. Elle décida de se lever malgré l’heure. Elle devait trouver une solution pour quitter son job, sans s’attirer les foudres de son père… Elle s’installa à son ordinateur, l’alluma et ouvrit son logiciel de messagerie. Elle avait dix messages non lus.

Cinq d’entre eux étaient des spams qu’elle jeta immédiatement à la corbeille, sans même y jeter un coup d’œil. Deux venaient de Diana, sa meilleure amie. Elle sût rien qu’aux titres des messages qu’il s’agissait de vidéos humoristiques, qu’elle décida de garder pour plus tard. Deux autres étaient des newsletters provenant du site de la fédération de rugby et du forum de « Stagate Ultimate », un remake d’une ancienne série dont elle était fan. Le dernier capta son attention. L’adresse de l'expéditeur la laissa sans voix : unit.sec@gouv.co.uk. Elle double-cliqua sur l’icône en forme d’enveloppe et une nouvelle fenêtre apparut.


Citation:

De : unit.sec@gouv.co.uk
A : Eirwen.Lloyd@gallimail.uk
Objet : Mutation

Mademoiselle,

Veuillez trouver ci-joint un ordre de mutation pour la cellule 42 de Unit. Je pense que vous saurez quoi en faire.

Cordialement

Lisa Coolige
Pour Capt. J.H

Document envoyé en copie au commissariat du District n°14 de Cardiff




Eirwen ouvrit la pièce jointe dans laquelle elle découvrit un contrat en bonne et due forme, officialisant sa mutation au sein de UNIT.

« Il a vraiment tout prévu… » se dit-elle « Il doit avoir le bras sacrément long pour pouvoir faire ça en si peu de temps. »

Elle éteignit son ordinateur, soulagée de n’avoir pas à trouver une excuse bidon pour son père. Mutée à Unit… Il ne pourrait rien trouver à redire… Intégrer cette organisation était hautement difficile et signe de grand honneur.

Comme elle était prête, elle décida de partir immédiatement au commissariat, son père devait déjà y être et elle aurait assez de temps pour discuter avec lui avant d’aller à son rendez-vous. Sur le chemin, elle se sentait mieux que jamais… la perspective d’entrer à Torchwood l’enchantait plus qu’elle ne l’effrayait.

Arrivée devant la porte du bureau de son père, elle frappa timidement à la porte.

Welling : Entrez !

Elle poussa la porte et pénétra dans l’immense bureau rempli de rapports et de souvenirs amassés au fil du temps.

Welling : Ah ! Eiry… déjà là ?
Eirwen : Papa, il faut que je te parle.
Welling : Oui.
Eirwen : Je ne t’en avais pas parlé parce que je ne me faisais aucune illusion sur la réponse que j’aurais, mais à ma grande surprise, elle a été acceptée.
Welling : De quoi tu parles ?
Eirwen : J’ai été mutée à Unit ! J’ai eu la réponse ce matin. Tu dois avoir reçu le mail.
Welling : Mutée à Unit ! Mais c’est formidable Eirwen ! C’est une chance inouïe ! Tu t’es ouvert de nouvelles perspectives de carrière !
Eirwen : Tu n’es pas fâché ?
Welling : J’ai travaillé toute ma vie dans l’espoir d’y entrer un jour… et toi ma fille, tu réalises le rêve d’un vieil homme… Comment pourrais-je être en colère ? Tu commences quand ?
Eirwen : Aujourd’hui…
Welling : Déjà… mais on ne pourra même pas fêter ça alors ?
Eirwen : Désolée, je suis autant surprise que toi.
Welling : Bon, ben il ne te reste plus qu’à faire tes adieux à tes collègues… Décidément, ce n’est pas ma journée… deux départs…
Eirwen : Ah ?? Qui?
Welling : Le jeune Jones. Il démissionne... Il dit que la police n’est en fait pas la carrière qu’il souhaite… son café me manquera…

Eirwen sourit intérieurement… C’était évident que Will ne resterait pas au commissariat… Il y était entré uniquement pour la surveiller…

Elle sortit du bureau après avoir enlacé et embrassé son père qui lui souhaita bonne chance et lui rappela que si elle avait le moindre problème, lui, ainsi que l’ensemble du commissariat, seraient toujours là pour elle. Elle pénétra dans la salle commune. Son regard engloba l’ensemble de ses collègues et s’arrêta sur le coin détente. Will préparait ce qui serait sûrement son dernier café pour le District. Il la regarda et ils s’échangèrent un sourire complice.

Elle se dirigea vers son bureau, qui serait bientôt le bureau de quelqu’un d’autre… Gareth était adossé au dossier de sa chaise, il était au téléphone. Elle s’assit et attendit patiemment qu’il finisse sa conversation.

Gareth : Déjà là ?
Eirwen : Plus pour longtemps Gareth… Je viens d’être mutée à Unit…
Gareth : Pardon ?
Eirwen : J’en avais fait la demande il y a un moment et j’ai eu la réponse ce matin. Je commence dans 2 heures.
Gareth : …
Eirwen : Gareth ?
Gareth : Je suis très heureux pour toi Eiry.

Il semblait peiné de la nouvelle, mais il s’efforçait de ne pas le montrer, le vieil ours mal léché ne pouvait se permettre de fondre en larmes devant tout le monde… Elle se leva et vint l’enlacer.

Eirwen : Tu me manqueras aussi Garteh…
Gareth : Mouais… Prends bien soin de toi et donnes des nouvelles surtout !
Eirwen : Je n’y manquerai pas … mais tu sais l’antenne de Cardiff n’est située qu’à quelques kilomètres, je ne m’exile pas à l’autre bout du pays !
Gareth : Quand même, passe de temps en temps…
Eirwen : Promis !

Elle récupéra deux trois affaires sur son bureau, enleva son arme et son badge qu’elle confia à Gareth et sortit du commissariat, les larmes aux yeux. Elle quittait cet endroit qu’elle considérait comme son deuxième chez-elle. Elle y avait passé tellement de temps…

Son carton sous le bras, elle se dirigea vers Roald Dahl Place. Elle n’avait pas vu le temps passer et était en retard. Sa montre indiquait 9h00 et il lui restait quelques centaines de mètres à parcourir. Essoufflée, elle arriva enfin près du lieu de rendez-vous. Personne. Elle regarda sa montre : 9h05. Elle était en train de penser qu’elle n’était pas la seule à être en retard quand une voix la fit sursauter.

Voix : C’est étonnant… même après l’explosion et après tant d’années, ça marche toujours !

Elle se retourna. Personne... Mais elle avait reconnu la voix de celui pour qui elle travaillerait dorénavant.

Eirwen : C’est vraiment drôle Capitaine Harkness… Où êtes vous ?
Jack : à coté de toi... oublie le « vous » et appelle moi Jack !
Eirwen : Où ça à coté ?
Jack : Monte sur la marche et tu verras.

Eirwen s’exécuta avec en arrière pensée qu’il était en train de se jouer d’elle, mais à peine eut-elle mis le pied sur la fameuse marche qu’il lui apparut.

Eirwen : Comment ?
Jack : Filtre de perception ! Très pratique. Nous ne sommes pas invisibles, mais si les gens ne savent pas que nous sommes là… ils ne nous voient pas, leur cerveau n’enregistre pas notre présence. Mais malheureusement, il ne sert plus à rien… C’était une des entrées du Hub. Elle a été détruite en même temps que la tour, en fait c’est son explosion qui l’a fait s’effondrer… Bon, tu es prête à découvrir le Hub n°2?
Eirwen : Oh oui ! Plus que prête !
Jack : Alors, comme disait un vieil ami : Allons-y !



A suivre dans l'épisode 4x02 de Torchwood : Water … vous ne verrez plus l'eau de la même manière..    
   
 




Citation:

Ça faisait maintenant dix minutes qu’ils roulaient. Eirwen n’avait aucune idée de l’endroit où l’emmenait le Capitaine. Ils longeaient la baie depuis qu’ils étaient partis de Roald Dahl Place. Ils s’étaient engagés sur la voie rapide et depuis, Jack n’avait pas dit un mot et Eirwen n’osait pas le déranger. Il semblait perdu dans ses pensées.
Ils étaient maintenant arrivés près Windsor Quay. Le regard de Jack se fit de plus en plus sombre. Eirwen n’osait toujours pas le questionner. Mais elle en mourrait d’envie. Jack gara le SUV près du ponton d’embarquement. Il descendit et invita Eirwen à le suivre. Il s’éloigna vers un bateau amarré en bordure de quai.

Jack : Will ?
Will : Capitaine… tout est prêt !
Jack : Je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler Capitaine quand on est sur ce bateau… ça me donne l’impression d’être un vieux loup de mer, barbu et fumant la pipe…
Will : ça pourrait être amusant … c’est une idée…
Eirwen : De quoi ?
Will : Bienvenue sur le Gallifrey One ! Si tu veux monter à bord Eiry !
Eirwen : Gallifrey One ?
Jack : Longue histoire…
Will : Une parmi tant d’autres…

Eirwen monta à bord du bateau-ferry. Will, quant à lui, en descendit aussitôt et se dirigea vers le SUV qu’il mit en marche et embarqua sur la plateforme arrière du bateau.

Eirwen : Où va t-on Jack ?
Jack : Au Hub de Torchwood, son quartier général si tu préfères… enfin, le nouveau…
Will : ça y est ! on y va ! Accrochez vous !
Jack : Je te conseille de t’asseoir, pour le premier voyage ça serait préférable…
Eirwen : ça ira… j’ai le pied marin !
Jack : Comme tu veux …

Il se dirigea vers le poste de pilotage et s’adossa au mur de la cabine. Will était aux commandes. Eirwen s’accouda aux rebords du bateau, admirant la vue qu’offrait le temps gallois. Will joua du sifflet, mit le moteur en marche et appuya sur le bouton de démarrage. Eirwen fut projetée contre le SUV qui fit fort heureusement obstacle à sa chute dans l’eau. Le bateau allait à une vitesse spectaculaire pour l’âge qu’il semblait avoir… Comment pouvait-il avoir une telle vitesse ? Elle se cramponna à ce qu’elle pu trouver et rejoignit avec difficulté le poste de commande. Lorsqu’elle fut entrée, elle se jeta sur le siège vide à côté de Will et s’y cala le plus profondément possible.

Jack : Qu’est-ce que j’avais dit …
Eirwen : Mais … mais …c’est impossible !!
Jack : Il va falloir t’y faire Eiry, tu vas voir beaucoup de choses « impossibles » maintenant...
Will : Bienvenue dans l’univers de Torchwood !!

Devant elle défilaient, à une vitesse irréelle, les bords de la rivière Taff qu’ils étaient en train de remonter. Au loin se dessinait le vieux Millenium stadium, construit à l’époque de la coupe du monde de rugby de 2000. Il avait été remplacé depuis peu, par un stade flambant neuf situé dans les faubourgs de Cardiff. Ils avaient décidé de garder le vieux stade pour représenter le patrimoine urbain du début du XXIe siècle, mais plus personne ne venait s’y entraîner… La dernière fois qu’il avait accueilli des spectateurs remontait à 2080, pour les 50 ans de carrière d’une chanteuse à succès qu’Eirwen détestait : Freema Wilson.

Arrivés à proximité du Stade, Will ralentit l’allure du bateau. Il manoeuvra pour l’amarrer sous le pont de chemin de fer. Jack fut le premier à sauter hors du bateau. Gwen le suivit tandis que Will se débattait avec les cales du SUV qui ne voulaient pas se détacher.

Jack : Tu nous rejoindras après avoir débarqué le SUV ?
Will : Ouais, comme toujours, tu sais qu’avec un petit coup de main, j’irai bien plus vite …
Jack : C’est sûr, mais ça me priverait du plaisir de te voir en sueur et obligé de te changer…
Will : Attention, C’est du harcèlement …
Jack : Peut-être…

Jack s’éloigna du bateau en compagnie d’Eirwen, non sans avoir lancé un clin d’œil complice à Will qui pestait tout seul sur le pont du bateau. Eirwen ne savait que penser de ce petit jeu auquel les deux hommes prenaient un malin plaisir à jouer et à la laisser dans l’ignorance…

Ils s’approchèrent d’un des piliers du pont sur lequel Eirwen put distinguer, lorsque ses yeux furent habitués à l’obscurité, une porte sur laquelle était inscrit « Attention, risque d’électrocution, ne pas entrer ». Mais Jack avait déjà ouvert la porte avant même qu’elle puisse dire un mot. Prudemment, elle le suivit et se retrouva dans un grand couloir. Elle avait du mal à s’y tenir debout avec ses 1m 65, le capitaine, lui, devait avancer le dos courbé. Mais plus elle avançait, plus il lui semblait que Jack se « relevait ». Au bout que quelques mètres, il avançait droit, et rapidement. Au-dessus d’Eirwen, un espace d’une trentaine de centimètres lui permettait, ainsi qu’à Jack, d’avancer aussi facilement qu’à l’air libre.

Ils parcoururent une centaine de mètres avant d’arriver devant une sorte de porte blindée cylindrique.

Jack : Te voici devant la porte de Torchwood. C’est l’ancienne porte de Torchwood 3, j’ai réussi à la récupérer chez Unit, mais ceci est une longue histoire… Un jour peut-être … Pour l’instant, j’ai des personnes à te faire rencontrer.

Il appuya sur une série de chiffre sur le boîtier situé à proximité de la porte. Celle-ci émit un grincement et commença à rouler sur le côté droit, libérant le passage. Ce que vit Eirwen la laissa sans voix. Une immense salle remplie d’appareils en tous genres apparaissait devant ses yeux. Des bruits de toutes sortes se faisaient entendre, elle ne savait où poser les yeux tellement ce qu’elle voyait la stupéfiait.

Jack posa sa main gauche sur l’épaule d’Eirwen et du bras droit désigna d’un arc de cercle, l’ensemble de la pièce.

Jack : Bienvenue à Torchwood !

Eirwen était comme paralysée devant le spectacle qui s’offrait à ses yeux. Elle avait l’impression de se retrouver dans la salle des machines d’un vaisseau spatial tellement il y avait d’objets et d’ordinateurs qui se mélangeaient aux fils qui courraient un peu partout sous le sol formé d’un grillage épais d’au moins cinq centimètres.

Will, qui était arrivé, dépassa Eirwen, toujours scotchée sur place et pénétra dans le Hub. Jack prit sa suite et se retourna vers Eirwen.

Jack : Alors ? Tu viens ?
Eirwen : Heu... oui, j’arrive…

Elle posa son pied sur la première des 3 marches qui permettaient de se retrouver sur le premier niveau. Elle avançait prudemment, comme si elle était en train de marcher sur des œufs.

Voix : Bonjour ! Pardon…
Eirwen : ‘Jour, pardon... excusez moi...

La femme qui venait de croiser son chemin semblait pressée. Elle portait une blouse blanche et des gants. Eirwen hésitait entre un médecin et un scientifique, mais elle en fut immédiatement informée par Jack qui la lui présenta :

Jack : Docteur Deirdre Kerry, notre médecin. Deiry je te présente Eirwen Lloyd !

Deirdre se retourna, visiblement au courant de son arrivée, elle ne semblait pas surprise.

Deirdre : Enfin, la fameuse Eirwen… J’espère que tu es aussi fantastique que ce que nous a dit Jack… on a vraiment besoin de renfort… on est un peu limité…
Eirwen : Heu…
Jack : Et voici Simon Duval, notre informaticien, expert en hackage et bidouilles informatiques…
Simon : Excusez moi, Capitaine… mais je suis diplômé des meilleures facultés françaises et anglaises... je ne « bidouille » pas…
Jack : J’adore ! Français et susceptible… c’est un pléonasme et, pour moi, deux défauts majeurs… mais je lui pardonne, c’est un génie !
Simon : Trop tard…
Eirwen : Bonjour… Ravie…
Simon : Bienvenue Mademoiselle. J’ose penser que vous ne partagez pas l’aversion de Jack pour mon peuple … j’en serai extrêmement peiné…

Simon se rapprocha d’Eirwen, lui prit la main et lui fit un baise main digne des Rois et Reines de France. Eirwen sentit ses joues qui commençaient à rougir, mais Simon fut coupé dans sa tentative de séduction « à la française » par Jack.

Jack : Ok, c’est bon, Monsieur "je-me-la-joue-gentleman" ! Allez viens Eiry, je te montre le Hub.
Eirwen : J’arrive.

Elle suivit son nouveau patron, mais avant elle se retourna et esquissa une mini révérence en direction de Simon, qui lui adressa son plus beau sourire.

Jack emmena la visiteuse vers une sorte d’estrade. De là, elle avait une vue sur l’ensemble du niveau sur lequel elle se trouvait, mais également, en regardant par-dessus la balustrade, sur les 2 niveaux se trouvant au dessous d’elle.

Jack : Sur ce niveau, tu trouveras le centre nerveux de Torchwood, ainsi que les bureaux de chacun. Je te montrerai le tien plus tard. Tu te rappelles que je t’ai dis qu’une faille traversait Torchwood de part en part ?
Eirwen : Oui...
Jack : Et bien, comme il m’était impossible de reconstruire le hub là où il était à l’origine et, dans un sens, je crois que c’est mieux comme ça… je l’ai recrée un peu plus loin et toujours sur la faille, afin de la contrôler.
Eirwen : Et où sommes nous exactement ?
Jack : Nous sommes sous le vieux Stade de Cardiff…
Eirwen : Mais comment as-tu pu construire ça sans que nous nous en apercevions ??
Jack : J’ai des amis très bien placés !
Eirwen : Unit ?
Jack : Oui.
Eirwen : Alors on dépend d’eux, on est sous leurs ordres ?
Jack : Jamais ! Nous sommes indépendants de toute organisation gouvernementale. Unit me devait une faveur… Je pense que nous sommes quitte maintenant.
Eirwen : Mais, mon ordre de mutation ? Il est signé Unit ?
Jack : ça faisait partie de la faveur… mais tu ne travailles pas pour eux. C’est ta couverture ! Tout comme pour Deirdre, Simon et Will.
Eirwen : Impressionnant…

Jack sourit à la remarque d’Eirwen. Il tendit le doigt vers le mur du fond.

Jack : Voici le contrôleur de faille. Cet appareil nous permet de contrôler l’ouverture et la fermeture de la faille, enfin … plus ou moins … j’ai pu récupérer, encore grâce à Unit qui avait fait le ménage après l’explosion, les plus gros morceaux encore utilisables, et avec Simon et Will, nous avons pu le reconstruire, grâce à quelques éléments que j’avais rapportés de mes… comment dire… voyages…

L’appareil que venait de lui décrire Jack fascinait Eirwen au plus haut point. Collée au mur, une colonne semblait sortir de nulle part mais également donnait l’impression de continuer au-delà du plafond. Elle émettait régulièrement des étincelles et un son constant en provenait. Il n’était pas désagréable, une sorte de bruit de grésillement assez faible. De temps en temps, un disque de lumière bleue s’échappait du sol pour s’évanouir dans le plafond.

Eirwen : C’est magnifique…
Jack : Mais terriblement dangereux... allez viens, on continue.

Ils s’éloignèrent de la fosse centrale et bifurquèrent sur leur droite, montèrent 3 marches et arrivèrent dans un bureau, assez spacieux, dans lequel trônait un bureau flambant neuf et un sofa, un peu vieillot, en cuir marron.

Jack : Ici c’est mon bureau. De là, je peux voir tout ce qui se passe à ce niveau.

Effectivement, face à son bureau, un large pan du mur avait été remplacé par une vitre, par laquelle aucun recoin de l’étage n’était caché à la vue du Chef de Torchwood.

Sur le bureau, Eirwen aperçu plusieurs photographies datant apparemment des années 2000, si elle se fiait aux vêtements et objets qu’elle pouvait y voir. Mais elle n’eut pas le temps de poser de question à ce propos, Jack la tirait par le bras pour continuer la visite.





 
    
     
Ils empruntèrent un escalier à colimaçon et se retrouvèrent au niveau inférieur. Cet étage était fait sur les mêmes plans que celui qu’elle venait de quitter, sauf qu’il était constitué d’une sorte de couloir circulaire longeant la fosse et desservant différentes pièces. La première sur sa droite lui fut décrite par Jack comme étant une salle de repos pour les membres de l’équipe, elle servait également de chambre d’hôpital lorsque c'était nécessaire. Elle était très simple, un lit une place, une table et une chaise ainsi qu’un lavabo. Très spartiate. La seconde était une simple réserve, selon les dires de Jack qui passa directement à la troisième. C’était la salle de réunion. Une immense table pouvant accueillir une dizaine de personnes était entourée de fauteuils en cuir noir, au nombre de sept. Un au bout de table, faisant face à la baie vitrée et trois de chaque coté. Sur un des murs, un écran géant avait été accroché sur lequel le fameux sigle en forme de T se baladait de haut en bas, de droite à gauche… une sorte d’écran de veille se dit-elle. La quatrième était en fait sur deux niveaux. C’était, en haut, l’infirmerie et, en bas, la salle d’autopsie et le laboratoire. Eirwen fut étonnée d’y trouver la jeune femme en plein travail, penchée sur un microscope. Elle avait l’air concentré… et ne leva même pas la tête lorsqu’ils pénétrèrent dans l’espace réservé aux expériences.

Jack : Bon, laissons-la travailler, Deidre peut être très grincheuse lorsqu’elle est dérangée…
Deidre : Je t’ai entendu Jack !
Jack : Oubs… Qu’est-ce que je disais !

Il emmena Eirwen dans la dernière pièce, la plus grande de toutes, elle faisait les deux tiers de l’étage. Sur des dizaines d’étagères étaient stockés objets, cartons, et dossiers…

Jack : Les Archives de Torchwood ! 200 ans d’activité et la vie de dizaines d’équipes conservées à l’abri de toute destruction… Même en 2009, elles n’ont pas été détruites… Un coup de chance…

Alors qu’il disait cela, un voile passa dans les yeux de Jack… ce même voile qu’il avait à chaque fois qu’il évoquait cette lointaine époque…


   
     

Jack : Bon… allez… le dernier niveau et on remonte.

Jack descendit l’escalier vers le dernier niveau : celui des cellules. Il différait un peu des précédents car ne tournait pas autour de la fosse centrale. Devant elle, une porte et deux couloirs qui partaient vers Dieu sait où. Elle n’arrivait même pas à en voir le bout. Elle fut tout de suite intriguée par la porte. Une porte blindée semblait-il, fermée par un système complexe de serrures automatisées. Jack, qui avait remarqué la curiosité d’Eirwen, s’avança et posa sa main sur le détecteur. Une lumière bleue fit deux allers-retours, scannant la paume du Capitaine. Puis des clics et déclics se firent entendre, des roulements, des clenches s’ouvrant, des grincements… et enfin elle s’ouvrit. Un courant d’air glacial fit virevolter les cheveux d'Eirwen, tandis qu’un frisson lui parcourait la colonne vertébrale. Elle s’avança lentement, elle avait compris ce qui se trouvait dans cette pièce. Des dizaines de portes métalliques sur quatre niveaux… elle était à la morgue.


   
     

Jack : Je pense que tu as compris où nous étions ? Eirwen fit simplement un signe de tête signifiant que oui, elle avait parfaitement compris. Elle laissa glisser ses doigts sur les plaques nominatives. Jesse O’Donnell, Mike Reily, Howard Constable, Mary Stevens…

Eirwen
: Ce sont tous …
Jack
: Oui, ce sont d’anciens membres de Torchwood décédés en mission.
Eirwen : Alors… c’est ici que je… enfin… si je ..
Jack
: C’est notre lot à tous, si tu meurs lors d’une mission, ton corps est conservé ici et tes affaires sont mises sous scellés.

Elle continuait à avancer, ce n’étaient plus des noms, mais des numéros qui s’affichaient maintenant sur les étiquettes.

Eirwen : Et là ? c’est qui ?
Jack : ce sont…
Will (par le haut-parleur) : Jack ! On a un problème ! Remonte vite !
Jack : J’arrive !
Eirwen : Que se passe t-il ?
Jack : C’est ce qu’on va découvrir… Suis moi !

Jack se positionna sur la même estrade que celle sur laquelle elle s’était retrouvée quelques temps auparavant.

Eirwen : On prend pas l’escalier ?
Jack : ça c’est beaucoup plus rapide !

Il actionna son bracelet et une secousse ébranla la plateforme. Elle s’élevait !!!! C’était une sorte d’ascenseur qui les menaient directement au niveau des bureaux. Will les attendait près de la porte du bureau de Jack.

Jack : Qu’est-ce qu’il y a Will ?
Will : Jack : C’est l’eau, Y'a un problème dans l'eau....     
   
 


Citation:

Jack regarda Will dans les yeux… il ne savait que penser… qu’est-ce qui était dans l’eau ? Il sentait que ce ne serait pas une bonne nouvelle, rien qu’en voyant le regard bleu de Will passer de clair à foncé.

Jack : Will ? Qu’y a-t-il dans l’eau ?
Will : On sait pas encore, mais ça vient d’être annoncé à la télévision. Des dizaines de milliers de malades dans tous le pays Jack !
Eirwen : Des dizaines de milliers ?
Will : Et ça empire d’heure en heure.
Deirdre : Et ça ne peut venir que de l’eau Jack. Il n’y a aucun point commun qui relie ces gens les uns aux autres… La seule explication plausible est, pour une fois, celle avancée par les autorités. Quelque chose dans l’eau rend la population malade.

Deirdre venait d’arriver vers le groupe que formait Jack, Will et Eirwen. Elle tenait à la main une fiole remplie de liquide incolore.

Deidre : Je vais faire des analyses sur ces échantillons d’eau.
Eirwen : Tu crois que nous sommes atteints ?
Deirdre : Non, pas ici, l’eau est filtrée en continue et aucun virus, poison ou autre ne peut y échapper. Mais je préfère quand même vérifier. Il me faudra d’ailleurs un échantillon de votre sang. J’ai déjà celui de Simon.
Will : Super ! Vas-y rassure nous !
Deirdre : Je fais mon travail Will !
Jack : Ok, ok ... ça suffit tous les deux… On a des choses plus urgentes à faire…


Deirdre sortit une espèce de stylo de la poche de sa blouse. Elle prit la main de Will et appuya la pointe sur le pouce de celui-ci faisant apparaître une goutte de sang. Elle fit de même avec Jack, et tendit la main vers Eirwen pour qu’elle lui donne la sienne. Elle sentit une légère piqûre, mais rien de bien douloureux.

Deirdre : Je vais dans mon labo, tu sais où me trouver, je te ferai parvenir les résultats…

Et elle s’éloigna rapidement en descendant les marches de l’escalier se trouvant derrière eux. Eirwen ne comprenait pas vraiment ce qui venait de se passer entre Will et Deirdre, mais elle se dit qu’il valait peut-être mieux ne pas entrer dans le sujet pour l’instant.

Simon, qui se trouvait à son bureau, appela ses collègues. Ce qu’il voyait sur son écran n’annonçait rien de bon.

Simon : Jack… C’est la panique dans tout le Royaume-Uni, excepté l’Irlande… On dirait que ça ne touche que l’Ile principale. C’est impensable… Si c’est dans l’eau, cela devrait toucher tout le monde et pas seulement les britanniques. Avec les courants des fleuves et des cours d’eau, ceux de l’océan atlantique, cette « chose » devrait se déplacer rapidement et avoir déjà atteint le nord de l’Europe. Cette « chose » ne rentre dans aucun schéma connu de propagation de virus ou de produits toxiques par voie fluviale. Je te le dis, ça ne peut pas être une attaque chimique ou biologique venant de je ne sais où… C’est autre chose…
Eirwen : Mais quoi ?
Simon : ça ma belle, je n’en sais absolument rien.
Jack : Continue à surveiller son évolution Simon !

Il appuya sur le bouton de l’interphone correspondant au laboratoire et attendit une réponse.

Deirdre : Quoi ?
Jack : Des réponses ?
Deirdre : En 10 minutes… tu rêves Jack !
Jack : Une idée ?
Deirdre : Tout ce que je peux te dire, c’est que ça n’a rien de « naturel », humainement parlant. On dirait un organisme unicellulaire intelligent…
Simon : Impossible !
Deirdre : Je sais bien Simon… mais si tu avais sous les yeux ce que je vois en ce moment… je te promets que tu réactualiserais ton concept d’impossibilité. Tiens regarde…

Deirdre fit une capture de ce qu’elle voyait sur l’écran de son microscope qu’elle envoya sur l’ordinateur de Simon, un étage au dessus. L’image qui se matérialisa sur l’écran laissait Eirwen perplexe, elle n’était pas familiarisée avec tout ce qui touchait à la science médicale. Pour elle cela ressemblait à des bulles rosâtres grouillant dans un liquide violacé, et, parmi elles, des espèces de filaments verdâtres qui semblaient vouloir investir les bulles.

Eirwen : Qu’est-ce que c’est ?
Deirdre : Ce que je vais pour le moment appeler « parasites», ce sont ces organismes longilignes que j’ai trouvé dans l’échantillon d’eau qui en contenait un nombre phénoménal. J’ai mélangé une goutte d’eau avec un échantillon de mon sang et en 2 minutes, les « parasites » se sont rués sur les cellules en essayant de fusionner avec elles. Tenez… regardez…

Une nouvelle image apparue sur l’écran, celle fois-ci on pouvait nettement voir que certaines cellules avaient été pénétrées par les filaments. Simon pointa du doigt une cellule particulière.

Simon : Deirdre, il semblerait que certaines cellules sont en train de subir des mutations ?
Deirdre : Tout à fait Simon… Et c’est là que se situe le problème. Il n’y a que 10 minutes qui séparent la première image de la seconde… ces intrus parasitent les cellules à une vitesse incroyable… je n’ai jamais vu ça …
Will : Tu veux dire que ce qui se passe sous nos yeux est en train de se produire dans le corps de milliers de personne en ce moment même.
Deirdre : J’en ai bien peur.
Jack : Deirdre, essaye de trouver un moyen d’endiguer le phénomène, ou de le ralentir…
Deirdre : C’est pas si facile Jack ! Il me faudrait plus de temps pour étudier leur mode de reproduction…
Jack : On n'a pas ce luxe… à la vitesse où cela se propage… la population entière sera atteinte avant la fin de la journée.
Deirdre : Je vais faire de mon mieux.

Jack détacha son regard de l’écran. On pouvait lire de la peur dans ses yeux.

Eirwen : Oh mon Dieu… Jack… nos familles ! Il faut les prévenir…
Jack : Pas le temps Eirwen, ils sont peut-être déjà touchés… On ne peut se permettre de perdre le peu de temps que l’on a…
Eirwen : Mais Jack…
Jack : Tu fais maintenant partie de Torchwood Eiry, il va falloir t’y habituer… Les familles passent après.
Will : Il a raison Eiry… Le seul moyen d’aider ta famille et tes amis est de chercher comment se débarrasser de ces « parasites»

Eirwen avait les larmes aux yeux, mais elle les retint, elle ne voulait pas craquer devant ses nouveaux collègues.

Jack : Simon, Eiry, Vous allez à l’hôpital Albion, faites moi un rapport sur l’avancement de la situation. Will, avec moi, on va à la S2GE.
Eirwen : S2GE ?
Will : La Société Galloise de Gestion de l’Eau.

Eirwen attrapa son blouson qu’elle avait laissé sur une chaise et se dirigea vers la porte coulissante qu’elle avait empruntée en arrivant.

Simon : Tu vas où ?
Eirwen : à l’hôpital ?
Simon : Pas par là, allez, suis moi !

Eirwen fit demi-tour et se précipita à la suite de Simon qui se dirigeait vers l’arrière de la pièce. Elle le vit ouvrir une porte qu’elle n’avait pas encore remarquée à l’arrière de l’escalier.

Simon : Accès direct au parking !

Elle s’engouffra dans ce qui lui sembla être un ascenseur. Il n’y avait qu’un seul bouton : « P ». Dix secondes plus tard, la porte s’ouvrit laissant le passage vers le parking de Torchwood. Il y avait 3 voitures de garées, le SUV, une Porche Carrera GT grise, une BMW noire. Eirwen était incollable en voiture, son père était un fan absolu de mécanique et elle avait passé de nombreux week-ends à bricoler des vielles épaves avec lui ou à regarder des courses automobiles à la télévision ou à participer à des courses sur des circuits. C’est donc naturellement que ses yeux se posèrent sur la magnifique Porche.

Simon : Le précieux joujou de Jack…
Will : Rien ni personne ne peut rivaliser !

Jack et Will venaient d’arriver eux aussi par l’ascenseur.

Jack : Pas le temps de papoter ! go ! go ! go !

Jack s’avança vers « sa » Porche et Will monta à la place du passager. Eirwen et Simon montèrent dans le SUV. La porte automatique s’ouvrit et les deux véhicules gravirent la rampe circulaire pour se retrouver à l’air libre. Ils étaient dans l’enceinte extérieure du Stade, là où se garaient les voitures auparavant. Simon suivit Jack jusqu’à une barrière qui se souleva immédiatement. Lorsque le SUV passa en dessous, Simon leva la main en signe de remerciements. Eirwen surprise se pencha pour voir à qui il avait fait ce geste. Dans la guérite, un homme lui répondait par le même geste.

Eirwen : Qui est-ce ?
Simon : Bob, notre homme à tout faire, le concierge, le nettoyeur et accessoirement le gardien du stade. Il est le garant de notre tranquillité en éloignant les curieux et en s’occupant des rares touristes souhaitant visiter le stade. Il ne faudrait pas qu’ils tombent nez à nez avec Myfanwy.
Eirwen : Myfanwy ?
Simon : C’est vrai tu ne l’as pas encore rencontré… Quand tout cela sera terminé, je t’emmènerai le voir… c’est notre … animal de compagnie…

Il avait dit ça en riant comme si elle devait s’attendre à quelque chose d’extraordinaire… Mais qu’y a-t-il d’extraordinaire chez un « animal de compagnie » ? En quoi un chien ou un chat ou peut-être un rongeur pouvait-il faire peur à des touristes ?

Eirwen fut brusquement sortie de ses pensées lorsque Simon vira rapidement à droite pour prendre la direction de l’hôpital. Jack, quant à lui, avait tourné à gauche et s’éloignait vers la S2GE. L’hôpital n’était situé qu’à 1km du stade mais ils mirent plus d’une demi-heure pour y arriver. D’innombrables voitures faisaient la queue pour entrer à l’hôpital. La panique avait envahi la ville et tout le monde se ruait dans les hôpitaux. Simon emprunta l’entrée réservée aux ambulances et gara le SUV. Ils parcoururent les couloirs qui débordaient de patients couchés sur des brancards, assis sur des chaises ou à même le sol.

Simon : Bonjour, Serait-il possible de parler à votre directeur, s’il vous plaît ?
Réceptionniste : Vous voyez pas qu’on est en pleine crise !
Simon : c’est important.
Réceptionniste : J’ai d’autres choses plus importantes à m’occuper… vous voyez pas le bordel que c’est ici…
Simon : Je vous serai reconnaissant de bien nous annoncer auprès de votre directeur.
Réceptionniste : Ralf… qu’est-ce que tu fous ! pas ici… salle n°4 !
Simon : Excusez-moi mais…
Réceptionniste : allo ? oui.. non, on est débordé ici aussi … quoi ? 10 nouveaux cas ? ok…
Simon (tapant du poing sur la table) : Raccrochez ce putain de téléphone et bougez votre cul ! Magnez-vous de dire à votre Directeur que Torchwood veut le voir !

Rien qu’à l’évocation de Torchwood, la réceptionniste stoppa immédiatement ce qu’elle était en train de faire, s’empara du téléphone et appela le directeur. Eirwen était stupéfaite d’entendre Simon parler aussi vulgairement. Jamais elle n’aurait cru qu’il pouvait s’énerver à ce point. Lui qui parlait avec un tel raffinement d’habitude. Elle devait faire une drôle de tête car Simon, qui s’était retourné vers elle, se sentit obligé de s’excuser.

Simon : Je suis terriblement honteux de ce que je viens de faire. Excuse-moi Eirwen. Je m’énerve rarement et j’abhorre la vulgarité, mais cette femme m’a fait sortir de mes retranchements.
Eirwen : Pas de soucis, j’ai l’habitude, tu sais avec les gars du district, c’était mon lot quotidien.
Simon : Je n’ai pas été élevé comme ça, Eirwen, chez nous la politesse s’apprend dès le plus jeune âge et toute entorse était sévèrement punie.
Réceptionniste : Il vous attend. 4e étage, bureau 56.
Simon : Merci beaucoup !

Eirwen et Simon se dirigèrent alors vers les ascenseurs et attendirent que les portes s’ouvrent pour parcourir le couloir du 4e étage à la recherche du bureau du directeur. Ils regardaient les numéros défiler sur les portes… 4.52 … 4.53… 4.54… deux bureaux plus loin, il arrivèrent devant une double porte fermée. Alors qu’il s’appétait à taper, la porte s’ouvrit faisant apparaître un homme de haute taille, filiforme et au visage terriblement fatigué.

L’homme : Ah vous voilà... enfin… Je suis Rudolf Van Metter, directeur adjoint de cet hôpital.
Eirwen : Où est le directeur ?
Van Metter : 2 étages plus bas, allongé sur un lit, inconscient.
Simon : Il est atteint !
Van Metter : Oui, malheureusement.
Eirwen : Et vous ? Comment allez vous ?
Van Metter : Pour l’instant, je vais bien, je ne pense pas l’avoir attrapé, quoi que cela puisse être.
Simon : Monsieur, quelle est la situation ?
Van Metter : Catastrophique. C’est la plus grande épidémie que j’ai connu. Nous sommes débordés et la moitié du personnel hospitalier est touchée. C’est la panique dans les rues. Tout le monde cherche à partir.
Simon : Que disent les examens ?
Van Metter : Les biologistes ne savent pas. Ils n’en ont aucune idée. Il s’agirait d’une sorte de virus qui s’infiltre dans les cellules et les fait muter… mais ils ne savent pas d’où ça vient et comment cela va évoluer…
Simon : Pouvez-vous leur dire d’envoyer tous leurs résultats à notre médecin, le Docteur Deirdre Kerry, voici son adresse mail.
Van Metter : Sans problème.
Simon : Maintenant, emmenez-nous voir les cas les plus avancés.
Van Metter : Nous déplorons déjà une dizaine de décès et environ 70 cas sont à un stade très avancé.
Simon : Emmenez-nous d’abord là où vous avez mis les corps des victimes.
Van Metter : Ils sont à la morgue. Excusez-moi, mais je ne peux pas vous accompagner, je dois rester ici, pour gérer la situation du mieux que je peux.
Eirwen : Nous comprenons, merci de votre aide.

Ils quittèrent le bureau et rejoignirent l’ascenseur. Ils descendirent au niveau –1. La morgue se trouvait à quelques pas d’eux et lorsqu’ils poussèrent les portes battantes, il se retrouvèrent face à une vision d’horreur. Une vingtaine de corps étaient répartis sur 3 tables d’autopsies et une dizaine de brancards, par manque de place, certains étaient posés à même le sol, tous recouverts d’un drap blanc.

Ils se dirigèrent vers la première table et Simon avança le bras afin de découvrir le corps. À la vue de l’état de décomposition avancé, Eirwen sentit que son estomac était sur le point de se vider, mais se retint de toutes ses forces. Simon, quant à lui, regardait fixement ce qui devait être l’emplacement du cœur. À la place de l’organe se trouvait une espèce de corps étranger aussi gros qu’une balle de Tennis et tout aussi rond.

Eirwen : Mon dieu… qu’est-ce que c’est ?
Simon : Je n’en sais rien.

La boule commença alors à s’agiter, de plus en plus rapidement. Les deux membres de Torchwood reculèrent simultanément sans s’être concertés. Simon dégaina son arme et visa la chose. Les draps des autres cadavres commençaient également à bouger, où qu’ils posent leurs regards, ils ne voyaient que des mouvements sous les étoffes. Le premier « œuf » se déchira de part en part laissant découvrir une sorte de masse gélatineuse ressemblant vaguement à un poulpe recouvert d’une carapace et munis de deux grands tentacules qui fondirent à grande vitesse en direction d’eux. Simon vida son chargeur en direction du « corps » de la chose, l’atteignant à 4 reprises. Les tentacules tombèrent lourdement sur le sol dans un splach retentissant.

Simon : On sort Eiry ! Vite !!!!! Avant que les autres nous attaquent !


**************

à la S2GE…

Jack : Vous nous dites que vous avez coupé les vannes dès que c’est arrivé ?
Employé : Oui, c’est exact.

Ils se trouvaient dans la salle des bassins de rétention. On leur avait appris qu’un des hommes travaillant ici était tombé à l’intérieur d’un des bassins. Le corps avait été récupéré quelque temps après, dans un état de décomposition avancé avec un trou à la place du cœur et que depuis, il y avait d’étranges mouvements au fond du bassin.

Jack : Où se trouve le corps ?
Employé : à l’infirmerie.
Jack : Emmenez-moi là-bas… Will !

Il se retourna pour réitérer son ordre. Will était devant le bassin et fixait l’étendue d’eau.

Jack : Will !
Will : Oui, j’arrive. J’ai cru voir un truc bouger…
Jack : Tu es sûr ?
Will : Presque…
Jack : Viens… On reviendra vider le bassin tout à l’heure, il faut qu’on s’occupe de ce corps, il faut le faire parvenir à Deiry.

Alors que Jack commençait à suivre l’employé, un bruit venant de derrière eux les alerta. Jack se retourna à nouveau et ne vit que du vide là où aurait dû se trouver son ami.

Jack : WILL !!!!!!!     

 


Citation:

Lorsque Jack arriva au bord du bassin, la surface commençait à redevenir immobile. Il retira son manteau d’un geste et plongea tête la première, sans se soucier du danger.

L’employé était totalement désemparé, il se retrouvait seul dans l’immense hangar couvrant les dizaines de bassins de rétention. Aucun bruit ne se faisait entendre, c’était le silence absolu. Il fixait l’eau semblant attendre un signe… mais rien. Les mouvements de l’eau se calmèrent lentement, jusqu’à ne former qu’une plaque lisse et opaque.

L’employé allait se saisir du téléphone reliant la salle à la cabine de commande pour avertir ses supérieurs de ce qui venait de se passer. Mais tout à coup, un splach retentit dans le hangar. Il se retourna et vit le capitaine se débattre avec un espèce de … de … il ne savait pas comment définir cette chose. C’était d’apparence gluante, rond et deux grandes tiges, pattes, bras, il n’arrivait pas à se décider, qui entouraient le corps du capitaine et essayaient de l’attirer de nouveau vers le fond. Mais un coup de feu résonna, les pattes se délièrent d’un coup et la chose se retrouva inerte, à flotter à la surface de l’eau.

Il n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit, que Jack replongea, sûrement à la recherche de son ami. Mais ça faisait combien de temps ? Était-il toujours vivant, et si oui, n’aurait-il pas des séquelles d’être resté si longtemps au fond du bassin, privé d’oxygène ?

Il scrutait l’eau, ne voyant rien… les bassins mesuraient tout de même une vingtaine de mètres de profondeur et on ne pouvait en distinguer le fond. Puis une forme sombre se dessina, elle devint de plus en plus nette au fur et à mesure qu’elle se rapprochait. Jack émergea le premier et tira à lui le corps inerte de son compagnon.

Employé : Donnez-le moi, je vais vous aider !

Jack poussa Will vers l’homme qui tendait sa main. Il était essoufflé, il avait retenu sa respiration plus longtemps qu’il ne croyait pouvoir… De toute façon, il l’aurait retenu jusqu’à suffoquer, qu’avait-il à craindre ? La mort ? La belle affaire…

Jack avait lâché son ami et tentait de se hisser hors du bassin. L’employé, qui avait déposé Will sur le sol, revint et l’aida en tirant la ceinture de son pantalon. Jack passa de l’autre coté entraînant le pauvre employé avec lui. Ils se retrouvèrent par terre, les jambes enchevêtrées les unes dans les autres…

Jack : Merci
Employé : De rien... votre ami…

Jack n’attendit pas la fin de la phrase et se rua vers Will. Il prit son pouls. Rien… Son cœur battait très faiblement et sa respiration était hésitante.

Jack : Oh, non, tu ne vas pas me refaire ce coup-là !

Il s’approcha de son visage et lui fit un bouche à bouche suivit d’un massage cardiaque qu’il réitéra plusieurs fois… Mais rien ne se passait … Il continua et continua encore…

Employé : Monsieur, il est parti…
Jack : Non, non, non … Il ne peut pas être parti… pas encore !

Jack avait arrêté les gestes de secours qu’il avait commencé quelques instants plus tôt…

Jack : Allez, tu peux le faire ! Tu as cette force en toi ! Réveille-toi !


*************

Simon et Eirwen étaient dos à la porte, essayant d’en bloquer l’accès ou du moins, d’empêcher les « calamars » d’en sortir, car apparemment ils avaient pour la plupart éclos et s’étaient rués sur la porte. Eirwen cherchait des yeux quelque chose qui les aiderait à la condamner, ou du moins à la garder fermée le temps de trouver comment se débarrasser de … ça.

Eirwen : Simon, tu peux t’en occuper un moment seul ?
Simon : Je devrais pouvoir y arriver !

Eirwen se dirigea au pas de course vers un brancard abandonné au fond du couloir et retourna aussitôt vers Simon en poussant difficilement l’objet. Elle savait pourquoi il avait été abandonné là... Seules deux roulettes sur quatre fonctionnaient ; ce qui avait pour conséquence que le chariot avait une fichue tendance à vouloir aller sur la droite continuellement.

Arrivée près de la porte, Elle coinça le brancard contre les poignées et, avec l’aide de Simon qui s’était retiré de la porte, elle attacha avec les sangles les poignées entre elles, puis aux barrières. Les portes s’ouvrant vers l’intérieur de la morgue, le dispositif empêchait cette action. Eirwen et Simon regardèrent leur « œuvre » soulagés et essoufflés. Mais ils ne purent se reposer, les tentacules des calamars frappaient les vitres des portes tellement fort qu’elles commençaient à se fendre.

Eirwen : Tu crois que ça va tenir ?
Simon : Je l’espère…
Eirwen : T’as pas l’air convaincu …
Simon : Pourtant j’ai essayé de prendre mon air le plus sûr de moi…
Eirwen : Perdu alors…

Plus les tentacules frappaient les vitres, plus elles se fissuraient jusqu’au moment où l’une d’elle donna le coup de trop et brisa le carreau.

Simon dégaina son arme et la pointa vers le trou béant en plein milieu de la fenêtre. Sur le qui-vive, il attendit … Soudain une tentacule traversa le trou, Simon n’hésita pas une seconde et tira. Mais, la seconde vitre se brisa au même moment et d’autres tentacules en sortirent.

**********

Dans son laboratoire, Deirdre avait les yeux collés à son microscope depuis des heures, cherchant comment stopper la mutation des cellules et détruire ces « intrus ». Elle ne savait rien de ce qui se passait à l’hôpital ou à la station de la S2GE. Elle ne savait pas que ces cellules continuaient à des multiplier une fois la mutation accomplie, jusqu’à donner des créatures gluantes et d’un autre monde.

Elle avait essayé de mélanger diverses molécules de divers médicaments, mais apparemment rien ne marchait…Elle essaya même d’y mélanger des produits chimiques… mais rien ne faisait effet… au pire, les « intrus » se tortillaient pendant quelques secondes, mais recommençaient leur invasion très rapidement.

Elle se releva et s’adossa à la chaise. Elle avait les yeux qui la brûlaient. Au moment où elle allait se diriger vers la table, un bip se fit entendre. Elle se tourna vers son ordinateur et eu la confirmation qu’un mail lui était parvenu. Elle regarda l’expéditeur : Service des recherches virales de l’hôpital Albion. Simon avait dû demander à ce qu’on lui envoie les résultats de leurs recherches. Mais elle doutait de trouver à l’intérieur du mail une quelconque aide. Si elle n’avait pu trouver avec le matériel de Torchwood, comment auraient-ils pu trouver quelque chose ?

Par conscience professionnelle, elle éplucha les résultats qui lui avaient été envoyés. Les premières pages du rapport mentionnaient les mêmes résultats que ceux qu’elle avait eu en faisant ses propres analyses. Les autres pages étaient remplies de diagrammes et de graphiques qui expliquaient en détail ce qu’elle savait déjà … Puis elle tomba sur une page qui répertoriait les zones touchées … chronologiquement sur les douze dernières heures. Le point d’origine semblait provenir d’un village isolé à l’intérieur du Parc National de Brecon Beacons, à 45 km au nord de Cardiff : Cray.

Sur les 25 habitants, seul un jeune garçon avait survécu et semblait être en parfaite santé. D’après le rapport, il avait été emmené à l’hôpital le plus proche, celui de Brecon, à 12 km, et mis sous surveillance. Mais aucun examen n’avait été conduit sur le jeune garçon. Deirdre devait y aller, se rendre compte par elle-même et, peut-être, trouver l’antidote grâce aux gênes de ce garçon.




 
    
     
Elle attrapa son sac, y fourra ses propres résultats, emporta également des échantillons de l’ « intrus » et pria pour que l’hôpital de Brecon ait ce qu’il faut pour qu’elle puisse mener à bien ses recherches. De toute façon, elle n’avait pas le temps d’emmener ses appareils. Elle se rua vers l’ascenseur et descendit au niveau du parking. Elle n’avait pas vraiment le choix pour son moyen de transport, le SUV ayant été pris pas Simon et Eirwen et la Porche par Jack et Will. Ne lui restait que la Mini Cooper datant des années 2080 que Jack avait achetée « parce qu’elle lui rappelait le bon vieux temps ». La firme avait décidé de ressortir ce modèle par nostalgie et pour fêter les 120 ans de la marque… Et ce fut un bide monumental… Jack devait avoir une des rares encore en état de marche …

Elle prit son courage à deux mains et fourra ses affaires dans l’étroit coffre arrière. Elle se plia en deux pour entrer sans se casser le dos contre le toit et s’installa aussi confortablement que possible, vu sa grande taille. Deirdre mesurait dans les 1m80, elle était très grande et entrer dans une mini relevait du défit, qu’elle gagna avec difficulté. Lorsqu’elle démarra, un nuage de fumée sortit du pot d’échappement et s’engouffra dans l’habitacle, déclenchant une quinte de toux chez la conductrice. Elle s’empara du bip qui ouvrait la porte et l’appel d’air évacua la fumée vers l’extérieur. Elle mit la première et appuya sur la pédale de l’accélérateur. La mini émit un grondement terrifiant, Deirdre se rendit compte qu’elle avait oublié le frein à main qu’elle enleva de suite et recommença la manœuvre. Elle remonta la pente pour se retrouver à l’air libre. Arrivée à la baraque de Bob, elle le salua et lui demanda d’avertir ses coéquipiers qu’elle se rendait à Brecon et qu’elle leur donnerait des nouvelles. Puis elle s’engouffra dans le trafic des voitures, en s’éloignant du cœur de Cardiff.

**********

Simon : Recule Eiry ! Recule !
Eirwen : Simon viens ! Par là … j’ai trouvé une sortie !
Simon : Je te suis !

Ils étaient près d’une bifurcation. Plus ils reculaient, plus les tentacules semblaient s’allonger et les suivre, mais apparemment les corps ne pouvaient pas passer au travers des vitres, les tentacules prenant toute la place.

Simon : J’ai une idée !

Il s’avança vers le détecteur de fumées et alluma son briquet en dessous… Mais avant qu’Eirwen ne puisse l’en empêcher, le mal était fait…

Eirwen : Nooooooooon !!!
Simon : Quoi ?

Les doubles portes anti-incendie se fermèrent hermétiquement, bloquant l’accès à la morgue mais également empêchant les calamars de s’échapper.

Simon : Là ils ne pourront pas s’échapper !
Eirwen : ça c’est sûr, gros nigaud ! Tu viens de fermer hermétiquement les portes et qu’est-ce qui se passe de l’autre coté, je te le demande ?
Simon : Ben…
Eirwen : Que se passe t-il quand il y a un incendie ? Les vannes d’eau s’ouvrent … et d’où viennent ces bestioles ?
Simon : De l’eau …
Eirwen : OUI, de l’eau ! Maintenant Dieu seul sait ce qui se passe là dedans !
Simon : Je croyais avoir trouvé une bonne solution pour les retenir…
Eirwen : Bon, on verra ça plus tard… on a d’autres choses plus urgentes à régler, il faut retourner au Hub, voir ce que Deirdre a pu apprendre de ces résultats.
Simon : Je l’appelle !

Il sortit son téléphone et composa le numéro du bureau de Deidre. Ce fut une voix masculine qui lui répondit.

Bob : Mlle Kerry est partie à Brecon.
Simon : Comment ça ?
Bob : Elle ne m’a rien dit de plus.
Simon : Ok, je vais essayer de la joindre sur son portable. Merci Bob.

Il racrocha et composa le numéro du portable.

Eirwen : Qu’est-ce qu’il y a ?
Simon : Deirdre est partie à Brecon. J’essaye de la joindre sur son portable pour en savoir plus.

Il attendit quelques sonneries puis il entendit une voix.

Simon : Deiry ? Où es tu ? … Vers Brecon… pourquoi ? … OK… oui… tout à fait… non… je lui dit… oui… pas de problème… tu veux qu’on te rejoigne ? OK... à tout de suite !

Simon avait raccroché. Eirwen le regardait fixement, avec une expression de curiosité, lui demandant silencieusement des détails.

Simon : Elle a trouvé le point d’origine de l’«infection ». Un village près de Brecon. Il n’y a qu’un seul survivant et elle est partie pour le récupérer et faire des examens. Elle veut qu’on aille l’aider.
Eirwen : En route ! Mais avant il faut avertir le directeur adjoint de n’ouvrir sous aucun prétexte la porte de la morgue.    
   
 


Citation:

Jack : Ah ben enfin… c’est pas trop tôt … 
Will : désolé de t’avoir fait attendre… 
Jack : C’est plutôt que je me demandais si tu y arriverais ou pas… 
Will : Tu doutais de ce qu’il nous a dit ? 
Jack : Nan… C’est pas ça… mais bon, t’as pris ton temps quand même… 

L’employé regardait les deux hommes bouche bée. Le plus jeune venait d’ouvrir les yeux. Il était vivant. L’employé n’en croyait pas les siens… 

Employé : C’est un miracle ! 
Jack : Oh non, non, non… n’allez pas raconter ça… c’est seulement mon massage cardiaque qui l’a ramené…
Employé : Non, je l’ai vu… il ne respirait plus… il était mort… je le sais !!! 

Jack aida Will à se remettre sur pieds et après s’être assuré qu’il tenait debout, il s’approcha de l’Employé. 

Jack : Allons prendre un café, nous allons discuter de ce qu’il vient de se produire. 
Employé : Mais… 
Jack : C’est un ordre… Tu viens Will ? 

Will qui essayait tant bien que mal d’épousseter son costume trois pièces, ce qui ne servait absolument à rien vu qu’il était aussi trempé que les vêtements de Jack, se mit en marche derrière le duo. 

Will : Jack, dis-moi que tu as encore nos affaires de rechange dans la voiture… 
Jack : Bien sûr… on ne sait jamais … 
Will : Je vais les chercher. 
Jack : Rejoins-nous au bureau central de commande. 
Will : Oui, chef ! 

Il esquissa un salut militaire accompagné d’un clin d’œil complice, ramassa le manteau de Jack et le lui tendit puis il s’éloigna vers le parking. Il revint dix minutes plus tard, changé, vêtu d’un costume trois pièces (comme d’habitude) de couleur anthracite et il avait troqué sa chemise blanche et sa cravate noire pour une chemise rouge et une cravate bordeaux. Lorsqu’il entra dans le bureau, Jack se retourna.

Jack : Tu t’es changé ? 
Will : Oui, j’avais trop froid dans ces vêtements mouillés. 
Jack : Dommage... Je t’ai déjà dit que j’aimais cette couleur ? Rien de tel que le rouge pour faire ressortir le bleu de tes yeux… 
Will : Oui, tu me l’as déjà dit Jack ! Je t’ai apporté de quoi te changer. 
Jack : Merci, j’y vais. Tu viens avec moi ? 
Will : Tu ne pourrais pas être sérieux pour une fois ? On a des choses à faire, je te rappelle… 
Jack : *Grblm* 

Jack s’esquiva vers les vestiaires. Will, quant à lui, resta avec l’employé qui ne bougeait pas, toujours choqué de la « résurrection » miraculeuse du jeune homme qui se tenait devant lui. 

Will : Un café ? 
Employé : Heu… ou… oui… merci 

ll se tourna vers la table sur laquelle était posée une cafetière. Mais à peine eut-il mis les yeux dessus, qu’il poussa un hurlement ! 

Will : J’y crois pas ! 
Employé (terrifié) : Quoi ? 
Will : Vous avez une machine à café instantané ???
Employé : C’est plus rapide … et tout aussi bon… nos pauses ne durent que 10 minutes toutes les deux heures… il faut aller au plus rapide… 
Will : Blasphème ! 

Il s’approcha de la cafetière avec prudence comme si elle allait lui sauter à la gorge ou lui exploser au visage. Il saisit une capsule par le bout des doigts et la plaça dans le trou destiné à la recevoir. Il referma le couvercle, positionna une tasse sous le bec verseur et appuya sur le bouton. Tout en faisant ça de la main droite, il sortit, avec la gauche, une petite boîte de sa poche de gilet, boîte qu’il gardait toujours avec lui au cas où… et là, le cas se présentait. Il l’ouvrit et s’empara d’une pilule qu’il ajouta à l’ersatz de café en train de couler. 

 « Voilà, votre café » dit-il d’un ton dégoûté. L’odeur qui s’élevait de la tasse était une torture olfactive pour le pauvre Will. Ça sentait plus l’eau chaude avec un faible arôme de café que l’odeur douce, unique, délicate et ronde de l’Arabica brésilien qu’il utilisait au Hub. Il tendit la tasse à l’employé au moment même où Jack revenait. L’homme but d’une traite le café encore fumant, sans doute se disait-il que ça le réveillerai, qu’il vivait un rêve… ou un cauchemar… Il venait de vider la tasse lorsque le téléphone de Jack sonna. 

« Hey oh Captain Jack, Bring me back to the railroad track… » 

Will : Consternant… 
Jack: J’adore cette sonnerie (rires). 
Will : Tu es pire qu’un gosse de 5 ans... tu le sais … 
Jack : Bien pire… (à son interlocuteur) Allo ? … Oui… Simon… QUOI ??? …. Brecon ? …Seule ? … Mais qu’est-ce qu’il lui a prit ????... Elle est irresponsable ! … Oui ! Quoi ? Tu as Quoi ??? … l’alarme incendie ? … de l’eau … mais ILS vivent dans l’eau !!!... Simon, tu réfléchis un peu ??? … C’est sécurisé ? … OK… Je demande à Unit s’ils peuvent aller sécuriser la zone… Oui ! … On arrive ! ... quoi ? … non, rien de bien intéressant… oui… on part immédiatement…. Oui… on se rejoint à l’hôpital… 

Après s'être assuré que l'employé avait succombé aux effets du recdon, ils partirent en direction du parking.


**********

Eirwen et Simon étaient déjà en route vers Brecon depuis plusieurs minutes … Toutes les cinq minutes, ils croisaient une ambulance arrivant à grande vitesse sur la voie opposée. Eirwen qui avait pris le volant accéléra, elle voulait arriver le plus vite possible pour trouver la solution au problème et endiguer cette invasion, d’où qu’elle vienne. Le panneau latéral d’information lui indiqua 25 km jusqu’à Brecon. A cette allure ils arriveraient dans 10 minutes. Et il leur faudra attendre Jack et Will qui étaient partis plus tardivement. 

Elle fixait la route des yeux lorsqu’elle fut doublée par un bolide qui filait à vive allure, la laissant pratiquement sur place… elle était pourtant à plus de 100 km/h, sur une route nationale qui était limitée à 90... 

Eirwen : Non mais t’as vu ça Simon ? Il est malade ce type ? C’est un fou dangereux ! Il est bon à enfermer ! 

Simon ne put s’empêcher d’éclater de rire. Il avait bien entendu reconnu la voiture et imaginait Eirwen en train d’arrêter son conducteur pour excès de vitesse … 

Eirwen : Qu’est-ce qui te fait rire ? 
Simon : Rien… j’imagine simplement la tête de Jack s’il t’avait entendu … 
Eirwen : Parce que c’était Jack ? 
Simon : Oh oui, c’était bien lui… pas de doute là-dessus… 

Dix minutes plus tard, ils s’engagèrent sur le parking de l’hôpital de Brecon. Assis sur le capot de la Porche, Will et Jack les attendaient. 

Jack : C’est pas trop tôt… 
Eirwen : Tu es un danger public tu le sais ça ? 
Will : Je n’arrête pas de lui dire… mais il est têtu comme une bourrique… 
Jack : Eh, je suis pas une bourrique… 
Will : Oh si tu es une bourrique 
Jack : Non, c’est toi la bourrique ! 
Will (espiègle) : Oui, mais quelle bourrique … 

Jack éclata de rire, de ce rire si spontané et communicatif, qu’il fallut une énorme dose de concentration pour qu’Eirwen les ramènent à la raison. 

Eirwen : Quand vous aurez fini de vous amuser… on a un sérieux problème sur les bras… Je le crois pas, c’est mon premier jour et je dois jouer les chefs grognons… 
Jack (mi-amusé, mi-sérieux) : à vos ordres chef ! 

Ils pénétrèrent dans l’hôpital qui était aussi débordé que celui de Cardiff. Ici aussi les brancards s’entassaient les uns derrière les autres. Ils arrivèrent à l’accueil et demandèrent si leur collègue était là. 

Standardiste : Oui, elle m’a demandé de vous dire de la retrouver chambre 21, 2ème étage gauche. 
Eirwen : Merci. 

Ils s’engouffrèrent dans l’ascenseur et arrivèrent au second étage du bâtiment. Ils prirent le couloir de gauche et avancèrent jusqu’à la porte 21. Elle était entrouverte. Deirdre était assise sur le lit et discutait, mais ils ne voyaient pas le garçon qui était caché derrière le rideau. Ils s’avancèrent doucement pour ne pas l’effrayer. Le jeune garçon devait être âgé d’une dizaine d’années tout au plus. Il était blond et avait de magnifiques yeux bleus. 

Deirdre : Gerry, je te présente Jack, Will, Simon et Eirwen. Ce sont des amis. Tu ne dois pas avoir peur. Ils vont t’aider. 
Eirwen : Bonjour Gerry… 
Gerry : Bonjour. 
Eirwen : Comment vas-tu ? 
Gerry : ça va… 
Eirwen : Tu veux bien nous raconter ce qu’il s’est passé ? 

Jack laissa Eirwen mener « l’interrogatoire ». Elle semblait à l’aise avec les enfants, ce que Jack n’était pas vraiment. Il n’avait pas l’habitude de gérer ce genre de situation, alors qu’interroger un alien ne lui posait aucun problème. Mais les enfants, c’était une autre histoire… surtout depuis… 

Gerry : ça a commencé lundi je crois… c’est Mr Carlisle qui est tombé malade le premier, puis Mr Block et sa femme et puis après ça a commencé à se produire dans chaque maison… Papa est tombé malade le lendemain. Les secours sont arrivés et ont emmené tout le monde. Vous savez si mon papa va mieux ? 

Eirwen regarda Deirdre dans les yeux. Par un simple hochement de la tête de droite à gauche, Eirwen comprit que le jeune Gerry était désormais orphelin. 

Eirwen : Trésor, j’ai une mauvaise nouvelle. Ton papa n’a pas survécu. Je suis désolée. Mais tu peux nous aider à sauver des milliers voir des millions de personnes. Continue ton histoire s’il te plait … 

Les larmes aux yeux, il continua courageusement son récit. 

Gerry : Ils ont dit que c’était dans l’eau… 
Simon : Qui a dit ça ? Gerry : Les hommes en blanc… 
Deirdre : Les médecins. 
Gerry : Pourtant, j’en ai bu moi aussi de l’eau, la même eau que papa, que Mr Carlisle et la famille Block. On a une source près de l’église et tout le monde va y chercher l’eau dont il a besoin. Alors pourquoi moi j’ai rien ? 
Eirwen : J’en sais rien pour l’instant, mais je te promets que l’on va trouver. Repose-toi maintenant. 

Deirdre se leva du lit et se dirigea vers Jack. 

Deirdre : Je vais voir les résultats des analyses effectuées sur l’enfant. Je te tiens au courant. Il doit forcément y avoir quelque chose « en lui » qui annihile la mutation. 
Jack : On se rend à la source du village. Tu nous téléphones dès que tu as la moindre information. 
Deirdre : D’accord. 
Simon : Je vais rester avec elle, il vaut mieux rester au minimum par deux ! 

Jack, Will et Eirwen se dirigèrent donc tous les trois vers la sortie tandis que Deirdre et Simon prenaient le chemin des laboratoires. Après avoir descendu les marches jusqu’au rez-de-chaussée, ils empruntèrent un couloir qui les mena jusqu’aux pièces recherchées et s’arrêtèrent au guichet de l’accueil. 

Deirdre : Docteur Kerry, Torchwood, je veux tous les résultats d’examens du petit Gerry. 
Femme : Qui ? 
Deirdre : Gerry … le petit garçon rescapé du village… 
Femme : Ah, Gerry Butler. Vous savez combien d’examens on a fait aujourd’hui ? Faut être plus précis dans vos demandes. 
Deirdre : Bon, vous les avez ? Femme : Oui, les voilà. Le reste est dans les frigos et sur les paillasses du laboratoire n°3, 4e porte à gauche. 
Simon : Merci beaucoup. 

Ils arrivèrent devant ledit labo, c’était une pièce d’à peine 20m carré dans laquelle se trouvaient une paillasse, un évier, un frigo et un lamentable microscope. 

Deirdre : Les hôpitaux de province… 

Ils entrèrent et s’installèrent pour compulser le dossier. Les photos montraient à l'heure H (heure du prélèvement), les « intrus » tentant d’investir les cellules. 
H+5min : les intrus commençaient apparemment à s’affaiblir… 
H+10min : la moitié des intrus étaient inertes...
H+15min : 100% de mortalité...
H+30min : plus de traces dans le sang...   

Deirdre : ça ne peut pas être aussi simple… 
Simon : Quoi ? Qu’est-ce qui ne peut être aussi simple ? 
Deirdre : Le petit, c’est la solution… Il a la solution en lui… Il faut que je fasse des tests au plus vite ! 

Elle s’élança à l’extérieur de la pièce hurlant au passage en direction de Simon. 

Deirdre : Reste-là … garde les documents, je reviens, il me faut un échantillon frais du sang de Gerry !


*************

Jack était au volant du SUV et filait à une allure folle sur les petites routes de campagne séparant Brecon de Cray. Ils avaient pris le SUV, car la Porche de Jack n'avait que deux places. Jack pesta d’ailleurs tout le long de la route… il n’arrêtait pas de dire que s’ils avaient pris « sa » voiture, ils seraient déjà arrivés. Il avait à peine fini de geindre, que le panneau indiquant l’entrée du village de Cray apparaissait devant leurs yeux. 

Ce qu’ils y découvrirent dépassait l’entendement. C’était un véritable village fantôme. Les portes des maisons étaient ouvertes, battant au rythme du vent qui soufflait. Les voitures abandonnées en plein milieu de la route, portières ouvertes… Des tonnes de déchets encombrant les trottoirs… 

Jack : Essayons de ne pas traîner trop longtemps ici… 
Will : Je suis de ton avis… 
Jack : Il a dit que la source se trouvait près de l’église. Alors c’est par là que nous allons commencer … Eiry, tu prends le sac dans le coffre, Will, la pelle et la pioche ! 

Ils s’étaient arrêtés sur la place centrale du village, l’église se trouvait à quelques centaines de mètres plus loin. Sa façade se découpait sur le paysage. Elle était de taille assez remarquable pour un si petit village. Ils la contournèrent à la recherche de la source, sans résultat probant. Il y avait bien une espèce de rigole qui amenait un filet d’eau et disparaissait sous l’église, mais rien qui ressemble à une source. 

Eirwen : Jack ! C’est par là ! 

Elle était plantée devant un panneau qui indiquait «"ffyhonnel diafol", source réputée pour ses bienfaits thérapeutiques. consommation prescrite pour soulager l'asthme et les rhumatismes » 

Will : « la source du diable » … Elle porte bien son nom …       




Citation:

Deirdre était arrivée au chevet de Gerry. L’enfant somnolait, il était secoué de tics nerveux. Elle se pencha vers lui et le réveilla doucement.

Deirdre : Gerry ?
Gerry : Hum…
Deirdre : Gerry, c’est moi, c’est Deirdre.
Gerry : ‘alut…
Deirdre : Salut bonhomme. J’aurais besoin de te faire une nouvelle prise de sang.
Gerry : Encore ? j’aime pas les piqûres…
Deirdre : Oui, je sais … mais c’est important

Elle prit une compresse et l’imbiba d’alcool qu’elle passa sur l’intérieur du coude du garçon. L’enfant la regardait anxieusement.

Gerry : J’aime pas ça …
Deirdre : ça sera pas long...
Gerry : J’aime pas ça… faut nettoyer…
Deirdre : Je viens de le faire, relaxe toi.
Gerry : J’aime pas ça… faut nettoyer…

Il lui prit la compresse des mains et commença un incessant nettoyage de son coude, ponctué de la même phrase « J’aime pas ça… faut nettoyer... » à chaque fois qu’elle approchait la seringue.

Deirdre : Gerry ? Regarde moi…

Elle lui attrapa la main qui tenait toujours la compresse et le força à la regarder dans les yeux.

Deirdre : Gerry … tu souffres de TOC ? Tu sais ce que c’est un TOC ?
Gerry : Oui… mais j’aime pas ça… faut nettoyer..
Deirdre : Tu es suivi, tu prends des médicaments ?
Gerry : Oui… mais j’aime pas ça… faut nettoyer…
Deirdre : Et tu ne les a pas pris depuis combien de temps ?
Gerry : Depuis que je suis ici… tu sais, j’aime pas ça… faut nettoyer…

L’intérieur du coude de Gerry commençait à être rouge à force de frotter. Deirdre aperçut alors une perfusion qui était rattachée à l’autre bras, elle la débrancha temporairement et inséra l’aiguille dans le cathéter, ce qui facilita la prise de sang. Elle savait que Gerry continuerait à se nettoyer si elle ne faisait rien, elle regardera alors dans le chariot se trouvant dans le couloir et trouva ce qu’elle cherchait. Un léger somnifère qu’elle lui administra également par le cathéter.

Lorsqu’elle ressortit de la chambre, elle passa par le bureau des infirmières.

Deirdre : Il faudrait donner de la Fluoxétine à l’enfant chambre 21. Il souffre de TOC.
Infirmière : On s’en occupe. Merci.

Elle redescendit dans le labo, Simon était toujours là, étudiant le dossier, mais comme il n’avait aucune compétence médicale, il avait l’impression de lire un rapport en chinois.

Simon : Ah te revoilà enfin !
Deirdre : Je crois que j’ai trouvé !
Simon : Tu es sûre ?
Deirdre : On va en avoir le cœur net de suite !

Elle récupéra le tube qu’elle avait rangé dans sa poche et y préleva une partie qu’elle déposa sur une lame de verre. Elle la glissa sous le microscope et regarda dans les oculaires. Elle tourna les objectifs et fit le point.

Deirdre : C’est ce que je pensais… les « intrus » commencent à « revenir » à eux.
Simon : Quoi ? mais je croyais qu’il était sain ?
Deirdre : Gerry souffre de TOC, de Trouble obsessionnels du comportement. C’est dans son dossier. Mais on ne l’a pas vu avant car son traitement agissait encore. Mais vu qu’il ne l’a pas pris, les molécules ne font plus effet. N’étant plus « repoussés » il sont revenus à l’attaque.
Simon : Je suis un peu perdu…


Deirdre n’entra pas plus dans les explications, il fallait qu’elle vérifie sa théorie. Elle s’approcha de l’armoire et inspecta les diverses fioles qui y étaient entreposées. Solution dissolvante, colorant, alcool, réactifs de toutes sortes.

Deirdre : Merde… y’en a pas !
Simon : Mais de quoi ?
Deirdre : Simon, peux tu aller chercher de la Fluoxétine à la pharmacie, je l’ai aperçue près du hall, à coté du petit magasin.
Simon : Ok.

Il mit 5 min à faire l’aller-retour. Il tendit la fiole à Deirdre qui, comme pour l’échantillon de sang, en préleva quelques gouttes. Elle s’approcha du microscope, et tout en regardant dans les oculaires, elle fit tomber une goutte sur le sang.

Immédiatement, les « intrus » se tordirent dans tous les sens, ils semblaient souffrir, même si Deirdre ne savait pas s’ils pouvaient ressentir quelque chose…

Deirdre : Bingo !
Simon : Quoi ? Quoi ?
Deirdre : C’est ça ! Ils sont allergiques à la sérotonine ! En tous cas dans leur forme « larvaire ».
Simon : à la quoi ?
Deirdre : Sérotonine… Il faut que j’appelle Jack !


************************

Eirwen, Jack et Will s’étaient enfoncés à travers la forêt, ils suivaient un petit chemin de terre. Quelques mètres plus loin, la source apparut. Will aida Eirwen à déposer son sac et y récupéra un dispositif de recherche de forme alien. Lorsqu’il le mit en marche, l’appareil émit un grésillement important.

Jack : Wow… c’est puissant...
Will : 9/10 sur l’échelle de Sato.
Jack : Tu arrives à trouver la source ?
Eirwen : Je crois que je l’ai trouvée…

A quelques pas de là, Eirwen fixait quelque chose par terre. Lorsqu’ils s’approchèrent, l’appareil émit un sifflement continu.

Will : C’est effectivement là.

Devant leur yeux un cratère d'environ un mètre carré renfermait en son centre une sorte de météorite, noire, suante et laissant échapper des filets d’une substance verdâtre.

Jack : On recule ! Will, le container de quarantaine vite !
Will : Tout de suite !

Il courut sans s’arrêter jusqu’au SUV, ouvrit le coffre et y récupéra une boîte qu’il rapporta sans plus attendre à son supérieur.

Jack : Bon, puisqu’il faut y aller... haut les cœurs !

Il s’approcha doucement et grâce aux pinces que Will avait eu la bonne idée d’apporter, il récupéra la « météorite » de 30cm de diamètre. Il pivota vers la boîte qui avait été ouverte et l’y déposa délicatement. Will, qui se tenait prêt à la refermer, reposa le couvercle et enclencha les loquets de fermeture. Un bruit semblable à celui d’un vide d’air se fit entendre.

Will : Et maintenant ?

« Hey oh Captain Jack, bring me back to the railroad track … »

Eirwen: C’est ta sonnerie de téléphone ?
Will : Malheureusement, c’est consternant n’est-ce pas …

Jack : Allo ?
Deirdre : Jack ! J’ai trouvé ! C’est la sérotonine, ils sont allergiques à la sérotonine à forte dose !!!
Jack : La sérotonine ? Mais comment ?
Deirdre : c’est Gerry ! Il est atteint de TOC. Il était sous traitement, c’est pour ça que les « intrus » n’arrivaient pas à survivre dans son métabolisme ! Je suis persuadée que si on faisait des recherches, toutes les personnes atteintes de TOC qui sont sous traitement, sont saines !
Jack : Et comment on fait pour distribuer de la sérotonine ? à des milliers de personnes ?
Deirdre : Un mot, un seul : Prozac !
Jack : Tu comptes mettre la population britannique sous Prozac ?
Deirdre : C’est la seule solution…
Jack : Et on en trouve où en grande quantité ?
Deirdre ; Dans leur laboratoire. Ils ne devraient pas en manquer… c’est un anti-dépresseur… et on sait bien que la dépression est la maladie du XXIe siècle !
Jack : On s’en charge ! J’espère que ce ne sera pas trop tard !
Deirdre : Moi aussi…
Will : La zone est sûre tu crois ?
Jack : J’appelle UNIT pour qu’ils s’en occupent… ils vont nous faire un beau feu de joie …

Ils repartirent vers le SUV et sortirent du village. Au premier croisement, Jack immobilisa la voiture.

Jack : Quelqu’un connaît l’adresse de cette boite pharmaceutique ?
Eirwen : Attends ! je sais qui pourrait nous aider !

Elle sortit son téléphone et appuya sur la touche rapide n°3.

Eirwen : David ?
David : Eiry !!! Comment ça va ?
Eirwen : Moi, bien, j’ai un service supra urgent à te demander.
David : c’est pour tu-sais-quoi ?
Eirwen : Oui, c’est ça ! Écoute, il me faut l’adresse du laboratoire qui fabrique le Prozac, le plus proche de Cardiff possible !
David : attends, je te cherche ça … alors …
Eirwen : Viiiite...
David : Je l’ai ! Y’a une succursale du coté de Splot !
Eirwen : Merci !

Puis elle raccrocha sans lui donner le temps de continuer la conversation.

Eirwen : Splot !
Will : Je crois que ça se prononce « Splô »
Jack : Splô ou spolt, c’est pas le problème, accrochez vous !

Il tourna à gauche et « mis le turbo ». Ils rejoignirent la route principale et le SUV filla en direction de Cardiff. 25 minutes plus tard et un record de vitesse battu, ils étaient devant l’entrée du bâtiment. Il y pénétrèrent, passèrent devant la secrétaire qui les harangua, leur disant qu’ils ne pouvaient pas entrer comme ça.

Jack se retourna et fixa la femme dans les yeux.

Jack : (d’un ton autoritaire) : Le bureau du Directeur !
Femme : Au .. au fond du couloir.

Ils suivirent la direction donnée par la femme et entrèrent sans s’annoncer. Le directeur était assis à son bureau, pianotant sur son clavier.

Directeur : Mais que signifie cette intrusion ?
Jack : Je n’ai pas vraiment le temps de vous expliquer… Vous avez une réserve de Prozac ?
Directeur : Mais… oui … enfin... on a le stock de cachets, et la cuve mais ….
Jack : IMMEDIATEMENT !

Le directeur sursauta sur son fauteuil. Il se leva et se précipita vers les réserves. La cuve de 25 000 litres trônait au centre de la pièce. Autour étaient entreposés les stocks de boîtes.

Jack appela Deirdre.

Jack : Deiry ! On a une cuve de 25 000 litres ou des boites de médicaments ?
Deirdre : La cuve Jack !
Jack : La cuve ? Mais il y a des millions de malades ! on va leur donner comment ?
Deirdre : On ne va pas les distribuer aux malades… il faut les dissoudre dans l’eau et les distribuer via l’eau courante ! Vu la taille des « larves », il n’y a pas besoin d’une grande dose !!
Jack : les dissoudre ?J’ai une idée ! (au directeur) Au nom de Torchwood et de la Reine, je réquisitionne votre cuve !
Directeur : Servez-vous ! Mais vous allez en faire quoi ?
Eirwen : Sauver le peuple britannique !
Directeur : Vous voulez dire que le Prozac …
Eirwen : Apparemment !
Will (regardant la cuve) : Vous auriez un camion par hasard.
Directeur : Sur le quai de chargement.
Will : Merci.

Ils chargèrent la cuve dans le camion. Puis, Will prit le volant et suivit le SUV dans lequel Eirwen et Jack avaient pris place. Jack activa son oreillette.

Jack : Will, direction la station de la S2GE !
Will : Quoi ?
Jack : Discute pas et suis moi !
Will : OK.

Ils y arrivèrent rapidement, les rues avaient été désertées depuis le matin. L’employé qu’ils avaient vu le matin même vint à leur rencontre.

Employé : On est fermé !
Jack : Torchwood, laissez nous passer !
Employé : On est en quarantaine Torchtruc ou pas … Je ne peux pas vous autoriser à passer !
Jack : Ok…

Il appuya sur la pédale d’accélérateur et avant que l’employé ait pu réagir, il enfonçait la barrière et pénétrait dans le secteur du hangar des bassins. Will, le sourire aux lèvres, le suivit. Il manœuvra le camion afin de le présenter l’arrière face à l’ouverture de la porte et descendit de la cabine pour rejoindre ses coéquipiers.

L’employé arrivait en courant, suant à grosses gouttes. Jack avait déjà ouvert les portes du camion et cherchait une solution pour transvaser la cuve dans les bassins.

Employé : Mais qu’est-ce que vous faîtes ? Oh mon dieu, c’est une attaque bio-terroriste ? *
Eirwen : Ne vous inquiétez pas…
Jack : Vous n’auriez pas une pompe ?
Employé : Quoi ?
Jack : Une pompe… pour pomper ! Il faut qu’on transvase cette cuve dans les bassins ! et vite !
Employé : Quoi ? Mais qu’est-ce que vous faîtes ?
Eirwen : Nous allons résoudre le problème sanitaire qui se déroule en ville… d’ailleurs comment ça se fait que vous ne soyez pas malade ? Vous êtes sous antidépresseurs ?
Employé : Comment vous savez ça ? Prozac depuis deux ans, depuis le divorce…
Jack : C’est pas le moment... elle vient cette pompe ?
Will : Je l’ai trouvée !

Will arrivait avec un tuyau dans les mains, tirant dessus pour l’amener jusqu’à la cuve. Il tendit l’embout à Jack qui le fixa sur le robinet et il reparti auprès du générateur. Il se saisit de l’autre tuyau et le plongea dans la première cuve. Il appuya sur le bouton de démarrage et la pompe commença à transférer la solution contenant les molécules.

Will : Jack, c’est bon, ouvres les vannes !
Jack : C’est fait !
Eirwen : Maintenant on fait quoi ?
Jack : On attend. Deirdre a appelé l’hôpital Albion pour leur dire de donner un verre d’eau à chaque patient. On attend les résultats et si ça marche, on en informe le gouvernement pour qu’il fasse de même dans tout le pays. Mais pour l’instant, ça vous dit un café ?
Employé : Mais vous croyez vraiment que ça va marcher ? Et y’a quoi d’abord dans cette cuve ?
Jack : Secret défense ! Allez venez prendre un bon un café !
Employé : Non merci… Pas pour moi… j’en ai bu un qui m’est resté sur l’estomac… je passe mon tour…
Jack : Will ?
Will : Désolé Jack, mais c’est plus que je ne peux en supporter… je vais déjà en cauchemarder pendant au moins une semaine…
Jack : Bon, alors on va attendre sagement ici.

**********

Une demi-heure plus tard, la cuve était totalement vide, les molécules s’étaient mélangées à l’eau courante et le mot avait été passé qu’il fallait en boire. Les premiers effets se faisaient déjà sentir chez les patients les moins atteints. Pour les cas les plus graves, plusieurs doses seraient nécessaires, mais cette fois-ci par intraveineuse… maintenant que la solution avait été trouvée, les médecins savaient comment l’endiguer.

Les patients chez qui l’«œuf » s’était développé, devraient subir une opération chirurgicale. Mais la croissance avait été stoppée par le Prozac.

Rien qu’à Cardiff, on dénombrait 1056 morts. Plusieurs dizaines de milliers dans le pays… mais les autorités avaient réussi à stopper la catastrophe à temps… des millions d’autres vies allaient être sauvées. Les rares spécimens qui avaient éclos avaient été confinés par Unit dans l’ensemble du pays, passés au lance flamme et rayés de la carte.

Beaucoup de questions resteraient sans réponses. Mais le plus important était que tout cela appartenait au passé.

Simon et Deirdre étaient revenus au Hub. La scène qui suivit leur entrée dans le garage fut digne d’un film comique. Ils étaient revenus de Brecon dans la Porche de Jack, Et celui-ci, durant tout le temps que dura leur retour, était anxieux au possible, n’arrêtant pas de faire les cent pas, regardant l’écran de contrôle, se rongeant les ongles.

Will quand à lui s’amusait comme un gamin à titiller Jack… lui faisant croire au pire…

Lorsque Simon gara la Porche, Jack se rua sur eux et fit le tour de « son bébé », examinant chaque centimètre carré de tôle à la recherche de la moindre éraflure. Au bout de 10 minutes, il se détendit et remercia même Simon de la lui avoir ramenée « saine et sauve ».

Une journée dure et fatigante venait de se terminer. Jack était dans son bureau, examinant les rapports, griffonnant des notes… Deirdre et Simon étaient repartis chez eux. Seuls Will et Eirwen étaient encore présents.

Jack : Eiry, rentre te reposer ! La journée a été rude pour un premier jour !
Eirwen : Oh que oui… Merci Jack. A demain alors les garçons…
Jack : à demain oui.

Jack la regarda s’éloigner. Décidément elle ressemblait tellement à son arrière grand-mère. La même démarche, la même façon de parler, la même façon de se comporter devant un problème. Il sourit à cette pensée.

Will entra dans le bureau, une tasse de café 100% arabica en main, qu’il déposa sur le bureau de Jack.

Jack : Will, tu sais toujours ce dont j’ai envie et besoin.
Will : C’est que je commence à te connaître.
Jack : Et là, à quoi je pense ?
Will : Donne moi 5 minutes. Je reviens, je crois que nous aurons besoin de quelques accessoires.
Jack : Ah oui ? lesquels ?
Will : Tu verras, mais je pense que nous aurons besoin d’un mètre…




A suivre dans l'épisode 4x03 de Torchwood : He's returning... (1/2) Quand le passé refait surface... une vieille connaissance refait parler d'elle ...    
 
 




 
cette introduction est en fait un défi lancé par Missy sur le Chat de BOT... Wink
Citation:

Jack était comme un animal en cage depuis le matin. Il n’arrêtait pas d’aller et venir dans son bureau, allant de son fauteuil à la fenêtre puis au sofa, pour revenir enfin devant son ordinateur, taper deux lignes de ce fichu rapport pour recommencer son petit manège.

Will avait remarqué que quelque chose contrariait son boss. Contrariait… Ce n’était pas vraiment le mot… Jack était intenable, comme s’il était impatient, qu’il attendait quelque chose qui n’arrivait pas assez vite.

Eirwen avait également conscience que quelque chose troublait Jack, mais elle avait mis ça sur le compte de l’inactivité « providentielle » de la faille depuis quelques jours. Jack avait sûrement besoin de « faire du sport », n’importe quelle activité qui lui permettrait de décharger son trop plein d’énergie.

18h50 à la montre de Jack… plus que dix minutes…
18h55 … 5 minutes… Jack se leva de son fauteuil et se dirigea vers Will.

Jack : Prends ton manteau, on s’en va … Eirwen tu fermeras ?
Will : Attends… Jack qu’es-ce qu’il y a ? j’ai plein de choses à faire encore…
Jack : Pas ce soir !

Il traîna Will, presque de force, vers la sortie. Arrivés près du SUV, Jack prit le volant et Will monta sur le siège passager. Jack lui tendit un bandeau noir.

Jack : Mets ça… c’est une surprise !
Will : Qu’est-ce que tu manigance Jack ?
Jack : C’est pas l’heure … mets le !
Will : Si ça peut te faire plaisir ?

Un peu ronchon, Will noua le bandeau derrière sa tête. Jack mis sa main devant et demanda :

Jack : Tu vois quelque chose ?
Will : Non, c’est le noir absolu Jack…
Jack : J’ai combien de doigts ?
Will : 3
Jack : Tu vois ! tricheur !
Will : Non.. Jack je te jure ... J’ai dis ça au hasard…
Jack : Je sais j’en avais 5 ! Mais j’aime te titiller.
Will : C’est malin…

Et il démarra le SUV tout en éclatant de rire… 10 minutes plus tard, Will sentit le SUV s’arrêter. Il sentit également le mouvement de la voiture quand Jack sortit. Il entendit la porte s’ouvrir et sentit la main de Jack se poser sur son bras pour l’aider à descendre.

Will : je peux enlever ça maintenant ?
Jack : oui… à 3 … 1 …. 2… 3 !

Will enleva le bandeau et se retrouva devant une vitrine sur laquelle était écrit : Blue Banana … le paradis des Bananes. Bar, apéritifs, repas, soirées, fêtes à thèmes, séminaire…

Will : Blue Banana ?

Jack avait des étoiles dans les yeux… Will savait parfaitement ce que cela signifiait …

Jack : Fantastique n’est-ce pas. Il vient d’ouvrir ce soir, et j’ai réussi à avoir des places pour le « bonus » de l’Open Day ..
Will : C’est quoi ?

Jack se retourna vers lui, un sourire éclatant sur le visage, les yeux pétillants de plaisir.

Jack : Un massage à la banane !

voix : Je crois que vos plans vont devoir changer Capitaine !    
   
 



Citation:

Jack se retourna vers la voix qui venait de résonner dans la ruelle sombre. Will fit de même, mais il n’arriva pas à déterminer d’où pouvait provenir cette voix. Elle semblait irréelle, on aurait dit qu’elle n’était pas humaine. Will cherchait désespérément l’origine de cette voix, promenant son regard dans chaque recoin. Il en avait des frissons… Lorsqu’il reposa les yeux sur Jack, il vit qu’il avait le regard fixe, braqué droit devant lui, sur l’entrée d’un bâtiment condamné.

Jack : Vous avez toujours eu un faible pour les endroits les plus chics !
Will : Jack ? Qui est-ce ?
Jack : Tu le sais parfaitement Will… Souviens-toi …
Will : Non…
Voix : Comment allez vous Capitaine ? ça faisait longtemps…
Jack : Que voulez vous cette fois?
Voix : De vous rien… Du monde ? Sa fin !

Un éclair d’une étincelante blancheur explosa soudainement. Jack et Will furent projetés contre les façades des bâtiments qui les entouraient, avec une telle violence qu’elle étourdit Jack qui mit quelques secondes à retrouver ses esprits. D’innombrables points brillants dansaient devant ses yeux l’empêchant de distinguer l’homme et Will.

Jack : Will ?

Aucune réponse ne lui parvenait. Il n’entendait rien mis à part un sifflement continu dans ses oreilles.
Jack : Will ? Toujours rien.
Voix : Si vous cherchez votre ami, il n’est plus ici.
Jack : WILL !!!!!!!
Voix : Si vous voulez le revoir un jour, Capitaine, vous savez très bien ce qui vous reste à faire. Ne m’obligez pas à recommencer avec votre nouvelle équipe. Vous savez ce dont je suis capable.

Jack s’était relevé. Il se tenait au mur avec son bras gauche et scrutait les environs à la recherche de Will.

Jack : Qu’avez vous fait de lui ?
Voix : Oh, il est parti en voyage.
Jack : Je vous jure que si…
Voix : Quoi Capitaine ? Je suis le seul à pouvoir le faire revenir.

N’essayez pas de me détruire, sinon vous ne le retrouverez pas.

Jack : On le retrouvera, on contrôle la faille, on saura où il est allé.
Voix : Ah oui, j’ai oublié de vous dire… j’ai perfectionné le mécanisme. Votre cher ami va voyager et voyager de pays en pays, d’époque en époque et cela toutes les heures. Vous ne serez jamais en mesure de le retrouver et même si vous y arrivez, ce dont je doute, il vous faudra plus d’une heure pour le localiser et donc il sera parti depuis longtemps.
Jack : Vous êtes un monstre !
Voix : Oh, non, le monstre ce n’est pas moi. Il viendra lorsque vous aurez accepté de vous rendre à l’évidence, et que vous ouvrirez la faille !
Jack : Jamais !
Voix : Jamais ?
Jack : Jamais !
Voix : Ne m’obligez pas à avoir recours à de vilaines manières.
Jack : Jamais vous ne me ferez ouvrir la faille, vous m’entendez ! Jamais ! Je le retrouverai et je vous éliminerai à jamais. Voix : Alors vous l’aurez voulu… Toutes mes excuses pour ce qui va arriver. Oh et… vous feriez bien de faire une croix sur Mr Jones.

À peine avait-il fini sa phrase que l’homme disparut du champ de vision du Capitaine. Il ne restait que le vide, l’obscurité et un silence de mort, le tout éclairé par le grésillement du néon bleu de l’enseigne du Blue Banana.

Jack n’arrivait pas à croire ce qui venait de se passer. Cela ne pouvait être arrivé, pas encore et pas à Will. Il fit quelques pas en direction de l’endroit où il l’avait vu pour la dernière fois. Il resta un long moment à fixer le sol, les yeux dans le vague, humides, l’esprit mit en veille. Devant ses yeux défilaient les nombreux moments passés avec Will, leur rencontre, il y a maintenant si longtemps, leurs moments de doute, d’opposition et de réconciliation. Sa disparition et les évènements qui le lui avaient rendu. Les aventures qu’ils avaient vécu ici et là. Et le retour à Cardiff, il y a un an déjà. Il se retourna, sécha ses larmes et se dirigea vers le SUV. Alors qu’il allait appeler l’équipe afin qu’ils le rejoignent au Hub, une petite voix s’éleva derrière lui. Son sang se figea, des frissons remontèrent sa colonne vertébrale jusqu’à son cou et ses cheveux se hérissèrent sur sa tête.

Voix : Oncle Jack ?


***********


Eirwen avait terminé les quelques papiers qui lui restait et avait fermé le Hub, comme Jack le lui avait demandé. Elle était maintenant chez elle, bien au chaud sur son canapé, recouverte d’un plaid et regardait une énième rediffusion de sa série fétiche « Stargate Ultimate ». Sur l’écran, le Général O’Reill se battait avec les sentiments qu’il ressentait pour le major Coster. Quand à Coster, elle essayait d’oublier O’Reill dans les bras d’un certain Pete Shanagan. Eirwen pestait toute seule, cela faisait presque 6 ans qu’elle attendait que les deux personnages principaux de la série se décident à s’avouer leurs sentiments respectifs, sentiments qui ne faisaient aucun doute pour les fans.

Elle se leva au moment de la pub pour aller chercher un verre de jus de fruit dans la cuisine. Elle attrapa un verre qui séchait sur l’égouttoir et ouvrit le frigo. Elle hésitait entre jus de pommes et jus multi vitaminés. Elle allait attraper la bouteille de jus de pommes quand elle entendit une voix venant de derrière elle.

Voix : Combien de fois t’ai-je dit de ne pas laisser la porte du frigo ouverte ?

Eirwen s’immobilisa. Elle venait d’entendre une voix venant d’outre-tombe. Une voix qu’elle n’avait plus entendue depuis 14 ans. C’était impossible. Elle devait avoir rêvé tout éveillée. Elle frissonna et s’empara de la bouteille. Elle referma le frigo et se retourna. Ce qu’elle vit devant elle frisait la démence. Le choc qu’elle ressentît lui fit lâcher le verre et la bouteille qui éclatèrent au sol.

Eirwen : Maman ?


*********************


Deirdre venait tout juste de retrouver son frère qui était de passage à Cardiff pour quelques jours. Il était venu des Etats-Unis pour assister à un congrès de chirurgie réparatrice. Ils avaient profité d’une soirée de libre pour se voir « physiquement » après dix longues années de séparation.

Clay : Comment vas-tu petite sœur ?
Deirdre : Oh tu sais, comme d’habitude. Surbookée.
Clay : Toujours pas de petit-ami ?
Deirdre : Arrête avec ça ! Tu sais bien que je n’ai pas le temps pour l’instant …
Clay : Je me demande quel est ce travail qui te prend autant de temps. Tu n’as plus publié un seul article depuis des années. Le monde de la médecine ne sait plus qui tu es et à ce train là, la première femme à avoir réussi son doctorat avec une moyenne de 20/20 sera considérée comme n’ayant jamais existé.
Deirdre : Ce que je fais me convient Clay ! Je ne peux rien publier, mon contrat avec l’armée me l’interdit tu le sais …
Clay : Ok, ok, j’abandonne…
Voix : Tu es une moins que rien… tu l’as toujours été …
Deirdre : Qu’est-ce que tu as dit ?
Clay : Moi, rien…
Voix : Tu ne seras jamais heureuse, tu es une ratée…
Deirdre : Non, mais là je t’ai entendu !
Clay : Mais comment veux-tu que je te parle, je suis en train de boire mon café !
Deirdre : Alors qui est-ce ?
Clay : Tu deviens folle, soeurette, j’entends rien…
Voix : folle, folle, folle …


Deirdre se retourna. Assis à une table du pub, un homme la fixait. Cet homme qui avait hanté ses nuits de petite fille et d’adolescente, qui avait continué à hanter les nuits de ses années de femme. Cet homme qu’elle avait enfin, après dix ans de thérapie, réussi à enfermer dans une boîte quelque part au fond de sa mémoire.

Deirdre : Papa ?


*************


Voix : Simon ! Au secours !

Simon s’était endormi tôt. Il avait veillé tard les deux nuits précédentes et était exténué. Il n’avait même pas eu le courage de jouer sa traditionnelle partie de Wii XXI en ligne. Il avait avalé deux saucisses et des chips et était directement parti se pelotonner sous sa couette. Il s’endormit en quelques minutes. Cependant son sommeil n’était pas celui du juste, de l’épuisé. Il n’arrêtait pas de se tourner et se retourner sans cesse, de gémir, de baragouiner de mots incompréhensibles.

Il n’avait plus fait ce cauchemar depuis longtemps. Il faisait nuit noire, la pluie tombait drue et lui et son meilleur ami Josh avaient décidé de sortir en boîte, conte l’avis de leurs parents. Ils avaient fait le mur et marchaient côte à côte sur la route qui les menait à la Sax’ House, une boîte réputée et à la mode.

Et puis, une voiture était arrivée. Elle avait dérapé et n’avait pu redresser sa trajectoire et avait percuté les deux adolescents de plein fouet. Josh avait été tué sur le coup et Simon s’en était miraculeusement sorti avec une épaule déboîtée et une jambe fracturée. Il ne s’était jamais remis de la mort de son ami. Il se sentait responsable, il avait insisté pour y aller, Josh lui, avait émis des doutes mais avait suivi son ami.

Voix : Simon !

Simon se réveilla en sursaut. Il ne savait plus vraiment où il était, ni quelle heure il était … Il alluma la lampe de chevet et regarda le réveil : 20h53

Simon : Et merde…
Voix : Simon ! Aide-moi !

La tête de Simon se tourna de 45 degrés vers la gauche. Devant lui se tenait un jeune adolescent, le même adolescent dont il venait de rêver…

Simon : Josh ???


******************


Un jeune homme était couché à même le sol. Il semblait inconscient. Deux hommes étaient penchés au-dessus de lui. Ils étaient très intrigués, l’homme portait des habits qu’ils n’avaient jamais vus.
Homme : D’où crois tu qu’il vienne Gilles ?
Gilles : Je n’en sais rien Jean. On devrait l’emmener au camp !
Jean : Tu crois ?
Gilles : Si ça se trouve c’est un anglais ! On pourrait l’interroger, il pourrait nous donner des renseignements sur les troupes de Talbot !
Jean : Tu as raison ! Toi, là, amène un brancard et emporte cet homme jusqu’au camp !

Le soldat partit en courant et revint accompagné d’un autre homme. Ils déposèrent le corps de l’inconnu sur la planche servant de brancard et, suivis des deux autres hommes, se dirigèrent vers les tentes montées non loin de là.

Jean : mettez-le aux fers, on ne sait jamais !
Soldat : à vos ordres messire Dunois.

Le jeune homme se réveillait. Il essaya de porter sa main à sa tête endolorie, mais il en fut empêché par la chaîne en fer le retenant au poteau de la tente sous laquelle il se trouvait. Il ouvrit les yeux. Il était encore sonné mais rapidement il reprit ses esprits.

Gilles: Jean ! Il se réveille !
Le jeune homme : Where I am ? (où suis-je ?)
Gilles : Un anglais, je le savais !
Le jeune homme (en français approximatif) : Où je être ?
Jean : Qui es-tu l’anglais ? Tu es un espion à la solde du roi d’Angleterre !
Le jeune homme : moi appeler Will Jones. Où je être ?
Jean : Tu es dans le campement de la Pucelle !
Gilles : Que faisais-tu auprès de notre campement ?
Will : Campement ? Pucelle ? Mais où je être Qui vous être?
Jean : Je suis Jean de Dunois et voici Gilles de Ray. Nous sommes à Orléans aux cotés de notre commandant Jeanne la Pucelle.
Will : Jeanne la Pucelle ??? Mais c’est impossible !

Gilles frappa Will d’un coup de pied dans l’estomac, ce qui le plia en deux dans une douleur atroce.

Voix : Sire de Ray, Jeanne vous demande !
Gilles : J’arrive ! Reste avec lui Jean, je reviens !

Gilles sortit de la tente, laissant Will et Jean seuls.

Will : Pardon, date aujourd’hui ?
Jean : Le 28 avril de l’an 1429. Pourquoi ?

Will faisait marcher ses neurones le plus rapidement qu’il pouvait malgré le mal de tête qui commençait à le gagner. 28 avril 1429… le siège d’Orléans, Jeanne d’Arc… le 29 elle entrerait triomphante dans Orléans… Mais qu’est-ce qu’il faisait là ?    
     


Citation:

Jack s’était appuyé sur le SUV, ses mains contre la portière, la tête baissée, les yeux fermés. Il essayait de ne pas penser à la voix qu’il venait d’entendre. De tous ceux qu’il aurait pu ramener, ce salaud avait choisi celui qui lui ferait le plus mal. Mais c’était bien entendu volontaire…

Jack (murmurant) : Billis… Espèce de fils de p*** … Pourquoi LUI ??

Il se concentra pour fermer son esprit, pour ne plus entendre cette voix venue de son passé, un de ses actes qui lui pesait tous les jours sur la conscience, plus de 80 ans après …

Voix : Oncle Jack ? Aide-moi…

Jack sentit ses jambes fléchir, il s’écroula dos à la portière, les yeux toujours fermés, il n’avait pas le courage de les ouvrir et de LE voir.

Voix : Oncle Jack… J’ai peur …
Jack : Non… tu n’es pas réel … tu ne peux pas être réel !
Voix : Oncle Jack… il fait tout noir là-bas … aide-moi à revenir…

Jack ouvrit les yeux. Devant lui, se dressait un jeune garçon d’à peine 10 ans, blond, aux yeux bleus. Il portait un polo rayé bleu et rouge sous son blouson rouge, un jean et des baskets blanches. Les mêmes habits que la dernière fois qu’il l’avait vu …

Jack : Steven… je suis désolé …

Et il éclata en sanglots, le visage dans les mains. 80 ans qu’il retenait sa peine, 80 ans que ses larmes étaient retenues prisonnières dans un recoin de son cœur.

Steven : Oncle Jack … il fait de plus en plus froid… et y’ a des choses qui bougent à coté de moi… j’ai peur … aide moi… ouvre la faille et je pourrai revenir …
Jack (entre deux sanglots) : Je ne peux pas Steven, Je le voudrais de tout mon cœur mais c’est impossible… tu n’es pas réel … c’est un tour de ce satané Billis… il joue avec nos émotions… avec nos sentiments…
Steven : Mais si Oncle Jack, Je suis bien réel, je suis là… aide-moi …

Jack déposa sa tête entre ses genoux et fit le vide dans ses pensées… Il se concentra au maximum … la voix de Steven était de plus en plus faible.

Steven : Oncle Jack !!!

Puis ce fut le silence. Jack resta encore quelques longues minutes, prostré, incapable de bouger. Des passants le fixaient comme s’il était un sans abris, mais il n’en avait que faire… Il rassembla ses forces pour pouvoir retourner au Hub, afin de mettre fin une bonne fois pour toutes aux agissements de Billis et ramener Will sain et sauf, même s’il n’avait aucune idée de ce qu’il fallait faire …

Lorsqu’il pu enfin se relever, il regarda une dernière fois vers l’endroit où s’était tenu son petit-fils… car oui, il n’était pas son oncle, mais bien son grand-père … Il avait les yeux emplis de larmes qui continuaient à couler sur ses joues, laissant des traînées humides et venant s’écraser sur le tissus du manteau militaire. Il inséra la clé dans la serrure de la portière et s’assit sur le siège, les deux mains crispées sur le volant.

Jack : Je te jure que tu me le paieras Billis !

Et il mit le contact et se dirigea vers le millenium stadium.

************************

Eirwen était tétanisée elle aussi devant la vision de sa mère. Elle n’en croyait pas ses yeux. Comment était-ce possible ?

Meredith : Eiry, ma chérie…
Eirwen : Maman ?? c’est …
Meredith : Oui, c’est moi, ma chérie… Comme tu m’as manqué … tu es une femme maintenant…
Eirwen : Mais… tu ne peux pas être réellement là … tu … tu… tu es morte !
Meredith : Oui, mais il y a une chose qui pourrait me faire revenir…
Eirwen : Revenir ? Pour toujours ? Mais c’est impossible !
Meredith : Je sais que tu travailles à Torchwood… comme ton arrière-grand-mère … il y a là-bas un moyen de faire revenir les êtres disparus… il faut…

Mais la sonnerie du portable d’Eirwen mis fin brutalement à la conversation

Eirwen : Maman !!!

Mais elle avait disparu…
Eirwen s’avança vers le salon pour récupérer son portable. C’était Jack. Il avait laissé un message texte : URGENT : RDV au hub immédiatement. Et ne croyez à rien de ce que vous pourrez voir !

**************************

Simon était toujours assis dans son lit. Les yeux encore à moitié ouverts.

Josh : Simon…
Simon : Josh … Mais…
Josh : Simon, tu peux tout réparer…
Simon : Réparer ?
Josh : : Me rendre la vie que j’aurais dû avoir … celle que je n’ai pas eue par ta faute !
Simon : ce n’était pas ma faute, la voiture a perdu le contrôle…
Josh : Je ne voulais pas y aller … tu m’y as obligé…
Simon : NOOOOOON !!!!

Simon s’empara de son oreiller et le lança à l’instant précis où son téléphone sonna. Il ne su pas si c’était l’oreiller ou la sonnerie qui l’avait fait partir, mais Josh n’était plus là… C’était un texto de Jack : URGENT : RDV au hub immédiatement. Et ne croyez à rien de ce que vous pourrez voir !

Comment savait-il qu’un des éléments les plus traumatisants de son passé venait de refaire surface, devant lui ?

**************************

Deirdre : Clay, dis-moi que tu le vois… dis-moi que je suis pas folle… il est bien là, assis derrière moi ?
Clay : De qui tu parles ?
Deirdre : Papa…
Clay : ça va Deiry ? Tu sais bien que tout ça c’est fini … il est mort ! il ne peux plus rien te faire …
Deirdre : Pourtant il est bien là …
Voix : Tu ne veux plus me voir chérie … tu n’as qu’une chose à faire … ouvrir la faille ! et je disparaîtrais à jamais …
Deirdre : La faille ??
Clay : Je t’emmène voir le Dr Halloway. Tu es surmenée et tu es en train de nous faire une rechute …
Deirdre : Non !! je suis tout à fait saine d’esprit ! il est là je te jure !
Clay : Mais bien sûr… tu discutes avec un homme qui est mort il y a dix ans et qui serait assis à la terrasse d’un café … Deirdre, allez viens avec moi, ça ira mieux après…

Le portable de Deirdre vibra dans son sac. Elle s’en saisit et lut le message venant de Jack : URGENT : RDV au Hub immédiatement. Et ne croyez à rien de ce que vous pourrez voir !

Deirdre : Plus tard peut-être, je dois retourner au travail !
Clay : à cette heure-ci ?
Deirdre : Je suis désolée Clay… on se téléphone … je t’aime !
Clay : Promets-moi que tu ira voir le Dr Halloway !
Deirdre : Promis !

Deirdre quitta son frère tout en jetant un dernier coup d’œil à l’emplacement où était assis son père. Vide… il avait disparu…

***************************

Will essayait de réfléchir à ce qui venait de lui arriver. Il était en France au Xve siècle, durant le siège d’Orléans, dans une tente du campement de Jeanne d’Arc … Impossible… Il lui était sûrement arrivé quelque chose… il était dans le coma ? il hallucinait ? il était mort et c’était ça « son » paradis ??? qu’avait-il fait pour mériter un tel paradis ? ou plutôt un tel enfer … être anglais chez les français … La dernière chose qu’il se rappelait de « son « époque » c’était qu’il était arrivé avec Jack devant ce nouveau bar à la mode et qu’un homme était arrivé, un homme venu de son passé… un homme qui lui avait déjà fait trahir son capitaine… et puis il s’était retrouvé là …

Gilles : Debout traître !

Will se redressa tant bien que mal. L’entrée de la tente se souleva et il vit arriver une jeune femme brune, les cheveux courts, portant armes et armures.

Femme : Je suis Jeanne, commandant de l’armée de Dieu et de celle de Charles, Roi de France ! Qui es-tu ?
Will : Will Jones. Moi pas espion, je jure…
Jeanne : D’où viens tu l’Anglais ?
Will : compliqué… je venir Galles… pas cette époque… voyage temps…
Gilles : Sorcellerie !

Will venait de se rendre compte de son erreur… parler de voyage dans le temps au moyen-âge n’était pas forcément la meilleure chose à faire …

Will : non.. non … Wait ! I’m not a Wizard !
Gilles : Qu’on le prépare pour la question* ! (*torture) Il déliera peut-être sa langue après !

Will fut emmené de force vers une autre tente dans laquelle il fut attaché sur une sorte de table. Des sangles de cuir lui retenaient les pieds et les mains.

Gilles : Bourreau ! fais ce que tu dois pour qu’il avoue ses …

Mais il n’eut pas le temps de terminer sa phrase, que la table se retrouva vide d’un seul coup. Will avait disparu.

****************************

Jack attendait impatiemment l’arrivée de ses équipiers. Il s’était installé au bureau de Will et recherchait les derniers relevés de la faille, pour trouver un moyen de pister la trace de Will.
Eirwen fut la première à arriver, suivie rapidement de Simon.

Eirwen : Jack ? Que se passe t-il ? j’ai vu ma mère !!! comment est-ce possible ?
Simon : Moi j’ai vu Josh, mon meilleur ami mort depuis longtemps !
Jack : je savais qu’il s’en prendrait également à vous ! l’enfoiré ! il me le paiera !
Eirwen : : De qui tu parles ? et pourquoi nous ?
Jack : Billis Manger !
Eirwen : Billis ?
Jack : Tu connais ce nom ?
Eirwen : j’ai eu à faire à un certain Dan Billis il y a quelques temps… Est-ce le même homme ?
Jack : décris le moi !
Eirwen : la trentaine dépassée, bruns aux yeux marrons, distingué…
Jack : ce n’est pas lui… mais il se peut qu’il y ait un lien … comment l’as-tu connu ?
Eirwen : : Il a réparé une montre que j’avais trouvée… il tient un magasin d’horlogerie dans Queen Arcade…
Jack : ça ne peut pas être une coïncidence…
Eirwen : De quoi tu parles ???

Deirdre arriva sur ces entre-faits. Elle s’avança vers ses amis.

Deirdre : Jack … on a un problème…
Jack : Oui, je sais … Qui t’es apparu ?
Deirdre : Mon père … et vous ?
Eirwen : Ma mère..
Simon : Mon meilleur ami
Deirdre : Jack ?
Jack : Steven, mon petit-fils…
Deirdre : Ton petit-fils ?
Jack : On en reparlera plus tard…
Eirwen : Au fait, où est Will ?

Un voile se forma dans les yeux de Jack. Il réussit cependant à ne pas craquer.

Jack : Billis l’a envoyé dans une autre époque et cela change toutes les heures… Si on veut le récupérer, il faut trouver le lien dans la faille !
Simon : La faille … Josh m’a demandé de l’ouvrir !
Deirdre : Mon père également !
Jack : Et c’est ce qu’il ne faut faire sous aucun prétexte… si on ouvre la faille, c’est la fin du monde ! J’ai réussi à l’empêcher une fois… je ne sais pas si je pourrais le faire une nouvelle fois !
Eirwen : Elle semblait tellement réelle …
Jack : Eiry, ne te laisse pas avoir par cette illusion… ce n’est pas ta mère, Deirdre il n’est pas ton père et Simon, ce n’est pas Josh… ce sont des illusions créées par Billis pour nous déstabiliser et nous obliger à ouvrir la faille !

Steven : Oncle Jack ! J’ai froid ! j’ai peur !
Jack : Hors de ma vue ! tu n’existes pas !
Steven : Mais, s’il te plait ... Maman est là, elle veut te parler …
Voix : Papa ? Si tu le fais, on sera de nouveau ensemble, je te pardonnerai pour ce que tu as fait !
Jack : Foutez le camps !
Eirwen : C’est lui ?
Jack : Oui… et sa mère est là aussi …


******************************


Will crut que sa tête allait exploser… Les battements de son cœur résonnaient lourdement contre ses tempes. Il ouvrit les yeux. Il n’était plus dans cette chambre de torture… Heureusement… Mais il se demandait où il était …

Tout autour de lui, étaient parqués des avions semblant dater de la seconde guerre mondiale. Il était allongé en plein travers de la piste d’envol de ce qui semblait être une base aérienne.

Voix : Dégagez de la piste !
Will : Quoi ?
Voix : Dégagez ! l’avion ! il va atterrir !

Will se retourna et vit un avion en approche. Il eut juste le temps de rouler sur le coté avant que les pneus de l’appareil ne touchent le sol dans un crissement assourdissant.

Voix : Mais nom de Dieu ! Qu’est-ce que vous foutiez en plein milieu de la piste !
Will : Je … Je …
Voix : Et c’est quoi cet accoutrement ! on est en alerte rouge, vous devriez être en uniforme, prêt à monter dans votre avion ! Nom et matricule !
Will : Will Jones … Mais je ne suis pas militaire …
Voix : De mieux en mieux ! Un civil sur la base, il ne manquait plus que ça !
Will : Mais je suis où et … quand ?
Voix : Vous avez perdu la mémoire ou quoi ? c’est la base de Pearl Harbor et nous sommes le 7 décembre.
Will : 1941 ?
Voix : Oui .. pourquoi ?
Will : Quelle heure est-il ?
Voix : 7h40 du matin !
Will : Oh mon Dieu … ça va se passer dans dix minutes…
Voix : Qu’est-ce qui va se passer ?
Will : Sonnez l’alarme ! vous allez être attaqués d’une minute à l’autre !
Voix : Faut songer à vous faire soigner jeune homme... allez venez, je vous emmène à l’infirmerie !
Will : Non… Croyez-moi !!!! Les japonais vont vous attaquer par surprise !
Voix : Mais oui … On a plusieurs bateaux et sous-marins qui quadrillent l’espace maritime… et rien ne nous a été annoncé …

 


Citation:

Le soldat entraîna alors Will vers le bungalow servant d’infirmerie. Will leva des yeux inquiets vers le ciel, il était nuageux, assez pour masquer l’arrivée imminente des avions japonais. Mais pour l’instant c’était le calme… le calme avant la tempête, avant l’horreur indescriptible… Avant des milliers de morts… Et il était présent… Il ne savait pas comment il avait réussi à échapper à la torture, mais doutait qu’il aurait la même chance ici… ça serait un carnage… Les américains n’étaient pas prêts à repousser cette attaque surprise. Plus d’une centaine d’appareils allaient bombarder la base, les navires remplis d’hommes encore endormis, ou se reposant, amarrés au port de l’île…

Il sortit sa montre à gousset et regarda l’heure. 7h 48. plus que quelques minutes. Ils étaient à découvert, avançant vers le block des bungalows. Tout, autour de lui, respirait la paix et la bonne humeur. C’était dimanche, la base était en effectif minimum, les soldats discutaient, buvaient des bières, jouaient au base ball ou au freesbee. C’était irréel…

Le soleil commençait à percer les nuages, les civils de l’île sortaient se promener, faire des courses ou se rendaient au service religieux. Une journée comme une autre commençait. Les deux hommes croisèrent une femme accompagnée de ses deux enfants. Will ne put retenir une larme à la pensée que ces deux jeunes enfants pourraient ne pas voir la fin de la journée.

Will : Il est encore temps de mettre la base en alerte maximale… c’est imminent !
Soldat : Oui oui … bien sûr, j’irai en parler au commandant après vous avoir emmené à l’infirmerie.

Mais Will savait pertinemment qu’ils n’arriveraient jamais jusque là. Il baissa les yeux. Il pensa à son équipe à Cardiff, il pensait à Jack qui lui avait plusieurs fois sauvé la vie, Jack qu’il ne reverrai plus, le seul homme pour lequel il avait de tels sentiments. Mais il se dit qu’il avait été quand même chanceux d’avoir pu vivre une si longue vie à ses côtés, bien plus longue que ce qu’il aurait dû avoir… son seul regret serait de ne pas avoir pu lui dire au revoir. Au moins la dernière fois, il y a bien longtemps, ils avaient pu échanger quelques mots.

Soudain un ronflement se fit entendre au loin et rapidement en se rapprochant, il devenait de plus en plus fort. Des silhouettes d’avions apparaissaient, innombrables, assombrissant le ciel.

Soldat : Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? C'est encore ces cinglés de l'Air force qui s'amusent à faire du rase motte !
Will : Trop tard, je vous avais prévenu…

Lorsque le soldat réalisa enfin la provenance des avions, en apercevant les ronds rouges sur les ailes et la queue, il laissa Will en plan pour se précipiter vers l’Etat Major. Bien trop tard… Will hésita… Où devait-il aller ? Il fouilla sa mémoire, la première cible des avions serait les bateaux militaires, pour l’instant, il ne craignait rien, mais ils reviendraient s’en prendre à la base.

La première explosion résonna et, bien qu’il s’y attendait, il sursauta et s’accroupit par réflexe, les mains sur les oreilles. Les bruits de bombes alternaient avec les mitraillettes qui décimaient les jeunes soldats un à un, c’étaient des cibles faciles, aucune résistance… Du gâteau pour les japonais.
L’alarme générale fut déclenchée dans la minute suivant la première vague d’attaque. Mais le temps que tout le monde se mette à son poste, la bataille serait déjà derrière eux, mais la guerre qui les attendait n’était pas encore arrivée.

Il se ressaisit rapidement, il se releva et couru dans la direction opposée au camp, en essayant de rester sourd aux hurlements et explosions qui venaient du port. De nouvelles bombes tombaient maintenant sur les terrains d’envols, détruisant pistes et avions, clouant au sol les aviateurs qui auraient pu les prendre en chasse. Il venait de dépasser le quartier général de commandement, il ne cessait de se cogner contre des soldats qui se précipitaient vers les lieux d’attaque pour aider leurs camarades. Un léger sentiment de honte s’empara alors de lui. Pourquoi fuyait-il ? Il avait déjà affronté de nombreux aliens, il savait se servir d’un fusil-mitrailleur et n’était pas un couard.

Il fit demi-tour et suivit le flot déjà en route. Lorsqu’il aperçut une voiture avec deux hommes à l’intérieur, il s’élança vers eux :

Will : Vous allez où ?
1er Homme : Le terrain d’aviation !
Will : Je viens avec vous !
2d Homme : Vous êtes un civil !
Will : Je sais me battre, croyez-moi … Et puis vous avez besoin de tout le monde !
1er Homme : Il a pas tort ! Grimpez !
Will : Will Jones !
1er Homme : Capitaine Rafe McCawley.
2e Homme : Capitaine Danny Walker.

Will grimpa à l’arrière de la voiture et ils filèrent vers le terrain d’aviation. Une fois arrivés, ils furent encerclés par les flammes des explosions des bombes et les crépitements des balles des mitraillettes venant des avions. Les deux hommes sautèrent de la voiture et se mirent à couvert derrière elle. Will les imita.

Rafe : Trouve-moi un avion Danny !
Danny : Suis-moi ! Will, vous voyez l’homme près des sacs de sable ?
Will : Oui.
Danny : C’est le commandant de la base aérienne, allez le voir, il vous donnera de quoi nous aider !
Will : Merci, bonne chance à vous !
Rafe : Rendez-vous pour une bière quand ce sera fini !

Et les deux hommes partirent vers le hangar. Ce serait la dernière fois qu’il les verraient. Il rejoignit l’homme que Danny venait de lui désigner. Il se présenta et demanda comment il pouvait aider. L’homme lui répondit en lui désignant une mitrailleuse.

L’homme : Nous venons de perdre notre mitrailleur ! Vous pouvez le remplacer ?
Will : Oui !

Il attendit que la salve japonaise soit passée et couru jusqu’au poste qu’on venait de lui confier. Un jeune soldat d’à peine 20 ans était étendu, ensanglanté, mort. Il le poussa sur le coté et se saisit de l’arme qu’il cala contre lui. Il vérifia qu’elle était encore en était de marche et se positionna attendant la nouvelle vague qui ne tarda pas à arriver. Il visa le premier avion et appuya sur la détente. Les premières balles filèrent à l’encontre de l’appareil à une vitesse incroyable. A chaque coup, Will ressentait une douleur dans l’épaule droite, mais le fort taux d’adrénaline le boostait à continuer de tirer. Il réussit à toucher un des avions qui explosa en l’air. Mais il se trouva rapidement à court de munitions. Il regarda autour de lui mais il ne vit aucune réserve. Il se retourna vers le commandant pour lui crier de lui en envoyer, mais il ne vit qu’une énorme boule de feu. Une bombe venait de réduire en cendres l’endroit où il était. Ne pouvant plus rien faire il se cala le dos contre les sacs de sable, replia ses genoux contre lui et pria.



Vidéo du film Pearl Harbour qui m'a servit pour écrire ce passage

âmes sensibles s'abstenir
 
    
     

 
    
     



 
    
     
********************
Au Hub, tout le monde était en train de chercher une solution au problème. Simon et Deirdre épluchaient les relevés de la faille, ils avaient déjà trouvé deux piques à une heure d’intervalle. Le second datait d’environ 50 minutes.

Deirdre : Jack ! Si tu as raison, on devrait relever un pique d’ici 10 minutes !
Jack : Tiens moi au courant !

Jack était avec Eirwen dans son bureau et ils épluchaient des rapports datant de 2005. jack espérait trouver dans les notes de Toshiko un indice permettant de stopper la boucle infernale dans laquelle se trouvait Will. Mais c’était peine perdue. Aucune information utile…

Jack : Eiry ! Je dois voir ce Dan Billis !
Eirwen : Maintenant ?
Jack : Tout de suite… Il doit savoir quelque chose ! ou il peut nous mettre en contact avec Billis Manger !
Eirwen : D’accord.

Ils sortirent du bureau au moment où Deirdre allait les appeler. Un nouveau pique était apparu dans les relevés de la faille.

Deirdre : Une heure pile entre chaque pique Jack !
Jack : C’est ce qu’il m’avait dit ! Toutes les heures, Will change d’époque…As-tu trouvé un moyen de le tracer ?
Deirdre : Pas encore, Simon y travaille, mais on a jamais réussi à localiser avec certitude l’origine des pics, tu le sais bien !
Jack : essayez encore ! Eiry et moi, nous allons voir ce fameux Dan Billis ! Appelle-moi si tu as quelque chose, n’importe quoi , même le plus petit détail insignifiant !


***********************


Il régnait un silence de mort autour de Will. Il ouvrit les yeux. Il se trouvait dans une petite pièce meublée dans un style XVIIIe, avec de grandes tentures aux fenêtres et des lustres monumentaux. Il resta un moment immobile, comme pour être sûr d’être définitivement sauvé de l’enfer de Pearl Harbor.

Un bruit de voix le tira définitivement de son état de choc. C’était de l’anglais. C’était un bon point se dit-il. Il se leva et tenta d’épousseter son costume tant bien que mal. Il pesta contre l’état lamentable dans lequel il se trouvait… les manches de sa veste élimées, sa chemise parsemée de boue et le col arraché. Il se dirigea vers la porte et écouta à travers elle.

Voix : C’est un grand jour aujourd’hui mon cher Thomas! Votre travail restera dans l’Histoire pour toujours ! La date du 4 juillet 1776 ne sera pas oubliée de sitôt !
Thomas : Je l’espère, Benjamin. Je l’espère …
Benjamin : Vous vous rendez compte ! Indépendants ! Nous allons être délivrés du joug britannique ! C’était une hérésie qu’un pays si petit que la Grande-Bretagne gouverne et impose sa loi à notre immense et lointaine Amérique !
Thomas : Vous avez raison Benjamin… Allons rejoindre nos amis pour la signature !
Benjamin : Après vous !

Will n’en croyait pas ses oreilles. Texte, 4 juillet 1776, Thomas, Benjamin… ça ne pouvait pas être ça … ces deux hommes… ils ne pouvaient pas être Thomas Jefferson, le rédacteur du texte de la Déclaration d’Indépendance et Benjamin Franklin, signataire pour la colonie de Pennsylvanie et un des « pères fondateur » des États-Unis.

Il entrouvrit la porte et jeta un coup d’œil. Les deux hommes se dirigeaient vers une nouvelle salle qui semblait remplie d’autres personnes, sûrement les 55 autres signataires. Will se demanda s’il serait, pour une fois, chanceux et aurait la chance d’être un simple spectateur de l’acte fondamental qui a fait de l’Amérique ce qu’elle est aujourd’hui… Même si pour lui, les USA étaient un état fier et imbu de son pouvoir, surtout depuis sa victoire lors de la troisième guerre mondiale de 2042. Une victoire express en six mois, qui laissa les états ennemis au bord du chaos humanitaire. Mais comme d’habitude, le gouvernement américain s’était porté au secours des populations civiles, promettant infrastructures et alimentation… Rien ne vaut une bonne guerre pour remettre l’économie à flots.

Il sortit de la pièce et pénétra dans la suivante. Il se positionna dans un coin, pour éviter d’être vu et sorti manu militari. Les hommes présents dans la salle prirent place chacun devant une table. Un des hommes s’assit face à eux.

Homme : En cette année 1776, le 4 juillet, par devant vous, les 55 représentants des colonies britanniques du nord, John Hancock, président du congrès, représentant du Massachusetts, va faire lecture du texte de la Déclaration d’Indépendance !

Hancock : Avant de commencer, chers confrères, laissez-moi vous dire à quel point je suis fier et honoré d’être ici, ce jour, dans le Pennsylvania State House. Nous marquons l’Histoire de notre pays messieurs ! Soyez en fiers !

Les 55 représentants se levèrent tous comme un seul homme et applaudirent les paroles du président du congrès, qui les remercia d’un geste de la main et leur demanda de se rasseoir. Will remarqua que Thomas Jefferson se tenait à l’écart, près d’une fenêtre. Il retourna la tête vers le centre de la salle. Hancock commençait la Lecture.

Hancock : « Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l'ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l'opinion de l'humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation… » (…) « L'histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est l'histoire d'une série d'injustices et d'usurpations répétées, qui toutes avaient pour but direct l'établissement d'une tyrannie absolue sur ces États. Pour le prouver, soumettons les faits au monde impartial : » (…) « Il a abdiqué le gouvernement de notre pays, en nous déclarant hors de sa protection et en nous faisant la guerre. Il a pillé nos mers, ravagé nos côtes, brûlé nos villes et massacré nos concitoyens. En ce moment même, il transporte de grandes armées de mercenaires étrangers pour accomplir l'œuvre de mort, de désolation et de tyrannie qui a été commencée avec des circonstances de cruauté et de perfidie dont on aurait peine à trouver des exemples dans les siècles les plus barbares et qui sont tout à fait indignes du chef d'une nation civilisée. Il a excité parmi nous l'insurrection domestique et il a cherché à attirer sur les habitants de nos frontières les Indiens, ces sauvages sans pitié, dont la manière bien connue de faire la guerre est de tout massacrer, sans distinction d'âge, de sexe ni de condition. »

Will, contrairement à ce qu’il aurait cru, se sentait honteux à la lecture du texte… Cet épisode de l’histoire de la Grande Bretagne n’était pas des plus glorieux, comme pour tout pays colonialiste de cette époque… Bien qu’il ait déjà lu plusieurs fois le texte, en cours, lors d’un de ses voyages aux USA, lorsqu’il avait visité les Archives Nationales à Washington. Mais l’entendre cité de la voix même de ceux qui allait la signer …

Hancock : « En conséquence, nous, les représentants des États-Unis d'Amérique, assemblés en Congrès général, prenant à témoin le Juge suprême de l'univers de la droiture de nos intentions, publions et déclarons solennellement au nom et par l'autorité du bon peuple de ces Colonies, que ces Colonies unies sont et ont le droit d'être des États libres et indépendants ; qu'elles sont dégagées de toute obéissance envers la Couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l'État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissout ; que, comme les États libres et indépendants, elles ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de réglementer le commerce et de faire tous autres actes ou choses que les États indépendants ont droit de faire ; et pleins d'une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement au soutien de cette Déclaration, nos vies, nos fortunes et notre bien le plus sacré, l'honneur. »

Le président ayant fini sa lecture,s’empara d’une plume qu’il trempa dans un encrier et déposa sa signature au bas du parchemin qu’il avait devant lui .

Homme : Nous demandons que Monsieur Josiah Bartlett, du New Hampshire s’avance et paraphe le texte pour approbation !

Le nommé Bartlett se leva et rejoignit la table centrale sur laquelle l’homme avait déposé le parchemin. Il se pencha, prit la plume et signa à la suite du président. Will resta spectateur de la séance des signatures. Lorsque tout le monde eut signé, un homme se leva. Will reconnu Benjamin Franklin, qui pointait la chaise du président des travaux préparatoires à la rédaction de la charte, qui avait un soleil gravé sur son dossier.

Franklin : "Je l'ai souvent… au cours de cette session… regardé… sans être capable de dire s’il se couchait ou se levait ; mais maintenant, enfin, je suis content de savoir qu’il est le lever et non pas la coucher du soleil."



      


Citation:

Jack et Eirwen remontaient Womanby Str en direction du château. Devant eux se dressait la tour de l’horloge. Le magasin du dénommé Dan Billis n’était qu'à quelques pas du Hub, ils avaient donc décidé d’y aller à pied. Arrivés sur Castle Str, ils prirent à droite, firent quelques mètres et se retrouvèrent devant une grille fermée. L’entrée des arcades était close pour la nuit. Ils faisaient chou blanc. Jack frappa violemment la grille. Il s’accrocha aux mailles, les serrant tellement fort que les bouts de ses doigts en devenaient violets.

Eirwen posa doucement une main sur son épaule. Elle savait que Jack tenait à Will, plus qu’aux autres membres de son équipe. Mais à ce point, elle ne s’en serait pas doutée. Ils avaient une histoire commune et elle dépassait vraisemblablement les limites du travail et de l’amitié.

Eirwen : Jack… On ne peut rien faire avant demain matin… Viens, rentrons au Hub.

Jack lâcha la grille et se retourna vers Eirwen. Mais son regard fut attiré par une autre femme, postée derrière elle …

Alice : Papa… Si tu ne le fais pas pour Steven, ou moi… Tu le feras pour lui ! Tu n’as pas hésité à sacrifier ta chair et ton sang, alors que tu as supplié … Tu as prié pour qu’on te prenne à la place de cet homme… Cet homme qui comptait plus que ta propre famille.
Jack : Je n’avais pas le choix, pas plus qu’en 1965 !
Eirwen : Jack ?
Alice : Tu veux qu’on te le rende n’est-ce pas … Tu ne peux vivre sans ce cher Ianto …
Jack : Ne prononce pas son nom… N’ose même pas parler de lui …
Eirwen : Jack … Qui est-ce ?
Jack : Alice…
Eirwen : Alice ?
Jack : La mère de Steven, ma fille…
Eirwen : Rappelle-toi ce que tu nous as dit ! Ils ne sont pas réels !

Jack était en nage, des gouttes de sueur coulaient le long de ses tempes, ses poings étaient tellement serrés qu’ils lui faisaient mal, son cœur battait la chamade dans sa poitrine… Il était prêt à foncer vers cette apparition. Il savait parfaitement que ce n’était pas Alice, que c’était une hallucination créée par un quelconque phénomène ou appareil en possession de Billis. Mais sa haine était telle qu’il aurait donné n’importe quoi pour frapper quelqu’un, devait-ce être un fantôme de son passé, devait-ce être celui de sa propre fille.

Il allait écarter Eirwen pour donner libre cours à sa furie, lorsque Alice s’effaça, laissant place à la rue, vide, sombre, et glaciale.

Eirwen : De qui parlais-tu quand tu disais : « Ne prononce pas son nom… » ? Tu parlais de ton petit-fils ?
Jack : Non… Je parlais de Ianto.
Eirwen : Ianto ? Qui est-ce ?
Jack : Un ami… Un ami très proche que j’avais du temps de ton arrière grand-mère…
Eirwen : Oh… Oui, je me souviens, j’ai vu une photo de l’équipe sur ton bureau… Vous étiez 5… Il y avait toi, Gwen, une jeune fille d’origine asiatique
Jack : Toshiko Sato…
Eirwen : Un jeune homme portant une blouse de médecin…
Jack : Owen Harper…
Eirwen : Et …
Jack : Ianto… Ianto Jones…

Eirwen regarda son supérieur avec des yeux incrédules. Mais elle n’eut le temps de dire quoi que ce soit qu’une voix s’éleva derrière le dos de Jack.

Gwen : Ils étaient bien plus que des amis… Crois moi…
Eirwen : Oh mon dieu… Je crois que c'est Gwen… Après ma mère, il me fait voir mon arrière-grand-mère !!

Jack se retourna et s'adressa à la femme en face d'eux.

Jack : Gwen…
Gwen : Hello Jack ! Ne fais pas le timide… Ianto était bien plus qu’un ami pour toi … C’était ton jouet… Ton boy… Ton caniche… Ton lapin rose…
Jack : Comment oses-tu !!
Eirwen : Tu peux la voir ?
Jack : Oui, je suppose que, comme elle fait également partie de mon passé, je suis capable de l’apercevoir.
Gwen : Je sais qu’il te manque … L’as-tu remplacé ? Bien sûr que oui… Tu es incapable de rester seul… Et cela même si c’est synonyme de mort douloureuse et rapide pour eux …
Jack: Ne joue pas à ce petit jeu avec moi ...
Gwen: Ce Will… C’est le portrait craché de notre Teaboy… Comment tu as fait ? Clonage ? Mais tu sais que tu pourrais récupérer l’original si tu le souhaitais…
Eirwen : Jack ! Non… On ne doit pas ouvrir la faille…
Jack : Je le sais, et elle n’arrivera pas à me la faire ouvrir … Je sais trop ce qui en sortirait… Et je ne sais pas si je serais capable de le contrer à nouveau …
Eirwen : à nouveau ?
Jack : La fin du monde Eirwen… Ce serait la fin du monde…

Le fantôme de Gwen disparut comme il était arrivé … Eirwen se tourna vers Jack, lui prit la main et l’entraîna vers le chemin du retour. Ils ne pourraient rien faire avant le lendemain…


**********************

Will n’arrivait pas à y croire… Il venait de vivre un des moments les plus marquants de l’histoire américano-britannique. Il avait vu les 56 représentants signer la Déclaration… La salle était maintenant vide, à l’exception de Jefferson qui était penché au dessus de la table sur laquelle reposait le précieux document.

Il osa s’approcher de lui. Lorsqu’il fut arrivé, Jefferson leva la tête et regarda Will.

Jefferson : Dites-moi l’ami… Croyez-vous vraiment que ceci changera la face du monde ?
Will : Monsieur… Je ne le crois pas … J’en suis sûr…

Jefferson reposa les yeux sur la cinquantaine de paraphes, puis il releva la tête vers l’homme auquel il venait de parler, mais il n’y avait plus personne. L’homme avait disparu…


************************

La porte de l’ascenseur du Hub s’ouvrit, surprenant Simon qui était plongé dans ses calculs…

Simon : Jack ! Eirwen !
Jack : Des nouvelles ?
Simon : Oui… J’ai réussi à trouver les destinations des deux premiers « voyages » de Will… J’ai dû calculer l’intensité des variations d’énergies libérées par la faille à laquelle il a fallu ajouter la formule de la relativité que j'ai légèrement modifié pour….
Jack : Viens en au but !
Simon : Tu vas pas aimer ça …
Jack : Simon !
Simon : Son premier voyage a été le 15e siècle, en France aux alentours d’Orléans…
Jack : Et ?
Simon : C’était la Guerre de cent ans à cette époque …
Jack : Et ?
Eirwen : Les français contre les anglais …
Simon : : Oui…
Eirwen : J’espère qu’il n’a pas croisé de troupes françaises
Simon : En tout cas, je pense qu’il s’en est sorti… Sinon, je ne crois pas qu'il y aurait eu un nouveau pique…
Jack : Et où est-il allé ?
Simon : J’ai réussi à avoir la date exacte, car c’était plus proche de nous… vous voyez, plus son "atterrissage" se fait à une période récente, plus les informations que je récolte sont précises…
Jack : SIMON !
Simon : Pearl Harbor, 7 décembre 1941.
Eirwen : Oh mon Dieu…
Jack : Et dis moi que tu as eu un autre pic ?
Simon : Oui … Mais je ne saurais la date et l’endroit exact que lorsque l’heure sera écoulée, il semble que c’est la condition pour avoir l’information… Ce qui veut dire qu’on aura toujours un temps de retard…

Un grésillement se fit entendre… Les courbes sinusoïdales sur l’écran variaient frénétiquement.

Simon : Un nouveau pique !
Eirwen : Tu sais où il était ?
Simon : Attendez… USA… 1776… Philadephie… Rien d’autre …
Jack : Continue à chercher Simon ! Et tiens moi au courant … où est Deirdre ?
Simon : Elle n’en pouvait plus… Elle est partie se reposer à l’infirmerie.

Jack fut soudain pris d’une angoisse… Il connaissait le passé de Deirdre, il savait que c’était toujours présent dans sa mémoire... il se rua vers les escaliers entraînant avec lui, Eirwen et Simon.

***************************

Dix minutes auparavant… à l’infirmerie.

Deirdre ne se sentait pas très bien depuis qu’elle avait vu le fantôme de son père réapparaître. Des images qu’elle pensait avoir réussi à ranger sous clé au fond de sa mémoire refaisaient surface... Une main sur sa bouche. Une voix grave lui disant qu’il fallait faire plaisir à son papa… Mais qu’il ne fallait pas faire de bruit et pas réveiller Clay et sa mère sinon ils ne l’aimeraient plus… Une douleur insoutenable à chaque fois qu’il abusait d’elle… La honte qu’elle ressentait.

Deirdre éclata en sanglots et s’effondra sur le lit de l’infirmerie. Elle enfouit son visage dans l’oreiller et sanglota de longues minutes.

Père : Tu n’as qu’une chose à faire pour effacer à jamais ces images de ta tête, sweetie…

Le corps de Deirdre se raidit. Il était là … Il était revenu… Il allait recommencer… Elle ne le laisserait pas faire… Pas encore … Plus Jamais !

Elle se leva et se dirigea vers la porte, l’ouvrit et se dirigea vers l’escalier… Mais elle entendit des bruits de pas résonner sur les premières marches en métal et se cacha dans la salle de repos, observant par l’interstice laissé ouvert.

Jack descendait en premier suivi d'Eirwen et Simon. Ce qui la laisserait seule dans la salle principale. Elle n'aurait que quelques minutes pour entrer les mots de passe nécessaires. A peine avaient-ils dépassé la porte qu’elle sortit et remonta l’escalier le plus silencieusement possible. Arrivée en haut, elle se rua vers le poste de contrôle de la faille, saisit son mot de passe et entra dans le système. Elle tapa les lignes de code requises pour lancer le processus et appuya sur la touche « entrée ». Une fenêtre s’ouvrit avec une phrase qui la fit frémir… Elle ne pouvait outrepasser cette commande…


   
     

Deirdre était coincée… La seule solution était d’aller directement à l’appareil de contrôle et d’ouvrir manuellement la faille. Elle fit le tour du bureau et s’avança vers la console surmontée de tubes et de fils. Le levier était dans une boite vitrée. Il était à quelques centimètres d’elle… Elle s’empara d’une clé à molette qui était restée posée là et d’un coup sec brisa la vitre.

Jack : Lâche ça Deirdre ! Et recule !
Père : Vas-y Cherie ! C’est la seule chose à faire ! OUVRES LA FAILLE !

Jack avait son arme en main et visait Deirdre. Il était prêt à faire feu à tout moment afin d’empêcher l’ouverture de la faille.

Jack : Deirdre ! Je sais que c’est dur … mais ce n’est pas réel… Ressaisis toi !
Deirdre : C’est trop dur Jack … Je veux tout oublier, tout ce qu’il m’a fait…
Jack : On pourra t’aider… Mais éloigne toi !
Père : Fais-le Deiry… Obéis à ton père une dernière fois…
Deirdre : Je suis désolée Jack …

Deirdre avança la main vers le levier, au même moment un coup de feu résonna dans le Hub, suivit immédiatement par un cri.

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Il faisait chaud. Le soleil brillait haut dans le ciel. Une légère brise rafraîchissait l'air. Will se trouvait sur une plage de sable fin. Il s’assit, enleva ses chaussures et chaussettes et remua ses doigts de pieds faisant rouler les grains de sables entre eux… Il décida de rester là durant l’heure suivante. Il avait compris qu’il ne pourrait intervenir et que toutes les heures, il passait d’une époque à une autre. Il se remémora un moment ce que Jack lui avait raconté autrefois…

Il sourit lorsqu’il pensa qu’il "ressemblait" à un certain Docteur. Voyager d’une époque à une autre, d’un lieu à un autre… Mais au moins ce Docteur pouvait choisir ses destinations… lui les subissait... Il ressemblait plus au héros de cette série des années 1990 qu’il aimait revoir sur la chaîne « Nostalgie », Sam Beckett. Il se dit que puisque qu’apparemment, il ne risquerait rien cette fois-ci, il prendrait une heure de repos… Qui sait ce qui l’attendait la prochaine fois… Combien de voyages ferait-il ? Retrouverait-il son époque un jour ? Toutes ces questions fusaient dans sa tête.

Il leva les yeux vers le large et aperçut 3 bateaux navigant vers l’ouest. Ces trois bateaux ressemblaient étrangement à ceux qui étaient représentés sur le tableau accroché dans son salon. Un tableau sur lequel l’artiste avait peint les trois caravelles de Christophe Colomb partant pour les Indes. Il n’en croyait pas ses yeux… Il assistait de visu à une des plus grandes aventures maritimes de tous les temps… 1492, la Pinta, la Nina et bien sûr la Santa Maria partaient d'Espagne dans le but d'ouvrir une nouvelle voie vers les Indes, mais ce ne serait pas les Indes qu’ils trouveraient, ce serait l’ « Amérique »…

Will resta à regarder les superbes navires s’éloigner jusqu’à leur disparition complète. Il regarda sa montre et su qu’il allait devoir partir de cet endroit paradisiaque… Il se demanda où et quand il allait "atterrir" cette fois ?
  
 


Citation:

Jack regarda le corps allongé par terre, devant lui. Sa main tremblait tellement qu’il sentait l’arme bouger toute seule dans sa paume. Une flaque rouge commençait à se former sous le corps de Deirdre. Il sentit un courant d’air lui frôler le visage lorsqu’Eirwen se rua vers elle pour tenter de la sauver.

Il baissa la main et se retourna. Simon tenait encore son arme en l’air. Il ne tremblait pas.

Jack : Pourquoi ? J’allais la raisonner !
Simon : Elle ne t’aurait pas écouté…
Jack : Qu’est-ce que tu en sais ?
Simon : Elle allait le faire ! Je ne pouvais pas la laisser ouvrir la faille ! J’ai lu le rapport sur "Abbadon" et la "fin du monde" Jack… Je ne pouvais laisser cela se reproduire !

Jack s’avança vers Simon et lui prit l’arme des mains. Avec un simple regard, il lui fit comprendre qu’il avait eu raison et que, s’il ne l’avait pas fait, cela aurait été lui qui s’en serait chargé. Simon souffla simplement un mot : « merci ».

Eirwen : Elle est morte !

Jack s’agenouilla à ses cotés et avança la main vers la carotide de Deirdre. Aucun pouls et aucune respiration. Un nouveau membre de son équipe venait de les quitter. Il ferma les yeux du médecin, la prit dans ses bras et la descendit à la morgue. Eirwen et Simon étaient restés prostrés, l’une toujours à genoux près de la console, l’autre debout les bras pendants.

Lorsque Jack remonta, il ordonna à ses deux coéquipiers de prendre un peu de repos avant le matin, vu qu’ils ne pouvaient rien faire d’autre pour le moment.

Eirwen : Mais et pour Will ?
Jack : Il va devoir tenter de survivre par ses propres moyens. On ne peut rien faire… Il nous faut Billis et le seul moyen de le trouver est de rencontrer cet autre Billis…
Eirwen : Je serai dans la salle de repos. Appelle-moi si tu as besoin… de quoi que ce soit … appelle !
Jack : Repose toi, j’aurais besoin de toi demain matin à la première heure. Simon, même chose pour toi !
Simon : Ok Jack. Je serai dans la salle de réunion.

Jack se retrouva seul. Il ne pouvait rester là, près de la commande de la faille, avec cette tâche brunâtre sur le sol. Il sourit à la réaction qu’aurait eue Will s’il avait eu à nettoyer ça… Mais son sourire s’effaça rapidement… Will n’était pas là et il ne savait pas s’il le reverrait un jour.

Il retourna à son bureau, téléchargea le programme de fermeture de la faille qu’avait ouvert Deirdre. Il lui faudrait une bonne demi-heure pour rebooter le système, il était plus difficile de refermer le programme que de l’ouvrir. Dans une autre fenêtre, il ouvrit un second programme, celui de Simon qui suivait les piques réguliers de la faille.

De nouvelles informations venaient d’arriver… Will avait voyagé au 15e siècle en Espagne. Pas d’autres informations… Mais il continuait son voyage, ce qui voulait dire qu’il était encore vivant et, Jack l’espérait de tout son cœur et de toute son âme, en bonne santé. Cela faisait maintenant 4 heures que Billis l’avait envoyé par monts et par vaux. Quatre destinations… Il en était à la cinquième… Où était-il ?

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Le doux air d’été espagnol laissa la place à un air glacial, piquant. Will attrapa les bords de sa veste pour les rapprocher le plus possible, mais le froid était toujours aussi cinglant. Il allait mourir de froid s’il ne trouvait pas une solution rapidement… Il était dans une petite ruelle sombre. Les lampes à huile n’étaient pas allumées et seules les lumières venant des maisons permettaient de distinguer un tant soi peu les alentours.

Il se trouvait à un croisement de deux rues perpendiculaires, pavées, jonchées de détritus et de caisses en bois. Il prit la décision de prendre la ruelle sur sa gauche, c’était la plus éclairée et pour l’instant, la sécurité comptait plus que le reste…

Il n’avait pas fait deux pas qu’un hurlement se fit entendre derrière lui. Que faire ? Y aller ou continuer jusqu’à trouver un endroit chaud pour passer l’heure à venir ? Au fond de lui, il ne pouvait rester impassible… Il se retourna, pestant contre son côté chevaleresque et se disant qu’il n’aurait pas dû s’appeler Will mais plutôt Lancelot du Lac !

Il pénétra dans l’allée de droite, la plus sombre des quatre, avançant prudemment. Il récupéra au passage une planche de bois qui lui servirait d’arme au cas où il en aurait besoin… Une porte était entrouverte et il entendait des bruits bizarres venant de l’intérieur. Lorsqu’il pénétra à l’intérieur, tout paraissait normal. La salle commune qui s’étendait devant ses yeux était meublée très pauvrement, une table et deux chaises occupaient le centre de la pièce, un fourneau était placé dans un des coins de la pièce et un poêle diffusait une douce chaleur. Une sorte d’évier en pierre était accroché au mur et un vaisselier en piteux état conservait des assiettes et des verres dépareillés et fissurés. Au milieu de la table, la seule lampe à huile donnait l’éclairage nécessaire pour ne pas se cogner. Au fond de la pièce, à moitié caché par l’obscurité que la lampe ne parvenait pas à atteindre, il distingua un escalier.

Il monta doucement les marches, le bout de bois toujours à la main. Lorsqu’il arriva sur le palier du premier étage, une sensation d'effroi s’empara de lui. Il s’approcha du lit, attrapa la lampe qui était posée sur la table de nuit et l’approcha du corps qui semblait endormi. Des cheveux roux dépassaient du drap qui le recouvrait complètement. Il tendit une main tremblante et souleva le tissu qu’il lâcha aussitôt devant l’horreur indescriptible de ce qui lui avait été fait.

Sans qu’il n’ait pu réaliser ce qui se passait, il fut frappé à la tête et se retrouva à genoux sur le parquet. Quelqu’un l’empoigna par le col de sa veste et le releva. Un nouveau coup lui fut asséné en pleine figure. Il sentit le goût du sang couler dans sa bouche, sang qu’il recracha lorsque l’inconnu lui envoya un nouvel uppercut dans l’estomac. Il sentit alors, sur son cou, une lame froide et tranchante.

Voix : je ne suis pas du genre à tuer les jeunes hommes, moi, je me contente généralement de prostituées… Mais je crois que je vais faire une exception pour toi !
Will : S’il vous plaît …

Des bruits de pas résonnèrent au rez-de-chaussée. L’homme regarda Will dans les yeux. Il avait le regard haineux, rempli de fureur animale, avide de sang et de torture…

Voix : Tu es chanceux mon ami…

Mais avant d’abandonner Will et de s’enfuir par la fenêtre entrouverte, il lui donna un coup de couteau sur la joue droite.

Voix : Comme ça tu ne m’oublieras pas !

Will, encore sous le choc, n’eut pas la force de se lever pour fuir également.

Voix 2 : Restez où vous êtes !
Voix 3 : Oh mon Dieu… Docteur !! Venez vite !
Will : Il … Il .. il est parti par le fenêtre…
Voix 2 : Keans ! Fuller ! passez-lui les menottes et emmenez-le au commissariat ! Et n’oubliez pas le couteau !

Will, qui venait de comprendre qu’on le prenait pour le meurtrier, tenta de se débattre, mais il fut assommé par la crosse d’un revolver qui s’abattit sur sa tempe.

Docteur : C’est un carnage inspecteur … Mais c’est sans aucun doute et j’en suis formel, l’œuvre de l’éventreur !
Inspecteur : Nous le tenons… Enfin !


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Jack venait de terminer la remise à zéro de la séquence d’ouverture de la faille. Il jeta un œil aux relevés de la faille… Une demi-heure s’était écoulée seulement. Le temps pouvait parfois être d’une lenteur. Il regarda la photo de groupe qui était posée sur son bureau.

Jack : Qui aurait cru qu’un jour on aurait à revivre cela ? Gwen… Tu serais fière d’elle… elle a ta force, ta joie de vivre et ta détermination. Et ta beauté… Toshiko… Owen… vous me manquez … Ian…
Eirwen : Je te dérange ?

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Will reprit ses esprits dans une pièce de petite taille. Il était assis, menotté à sa chaise, devant une table. La porte s’ouvrit laissant passer le fameux inspecteur qui s’installa en face de lui.

Inspecteur : Nom et prénom.
Will : Homer Simpson
Inspecteur : Américain ?
Will : D’origine.
Inspecteur : ça ne m’étonne pas … Vu le travail de sagouin que vous avez fait ! Un anglais aurait fait ça avec plus de classe !

La porte s’ouvrit une nouvelle fois. Un homme tendit à l’inspecteur une feuille.

Inspecteur : Hé bien Mr Simpson. Je vois que vous n’avez pas chômé cette fois-ci … je vous fais la lecture du rapport ? Et vous me direz si vous avez autre chose à rajouter …. Des aveux si vous avez un peu de jugeotte…. « Le corps est allongé au milieu du lit, les épaules à plat, mais l'axe du corps est légèrement incliné vers le côté gauche, la tête tournée sur la joue gauche. Le bras gauche se trouve le long du corps, avec l'avant-bras replié à angle droit et reposant en travers de l'abdomen. Le bras droit, quelque peu détaché du corps, se trouve sur le matelas, tandis que l'avant-bras, posé sur l‘abdomen, laisse apercevoir les doigts serrés. Les jambes sont largement écartées, la cuisse gauche formant un angle droit avec le tronc, tandis que la cuisse droite dessine un angle obtus avec le pubis. Toute la surface extérieure de l'abdomen et des cuisses a été arrachée, alors que les viscères ont été retirés de la cavité abdominale. Les seins sont coupés à leur base, les bras mutilés de nombreux coups de couteau irréguliers et le visage est totalement méconnaissable. Les tissus du cou ont été sectionnés jusqu'à l'os. Les viscères ont été éparpillées un peu partout : l’utérus, les reins et un sein se trouvent sous la tête ; l'autre sein, près du pied droit ; le foie, entre les pieds ; les intestins, à la droite du corps ; la rate à la gauche du corps ; des lambeaux de chair de l'abdomen et des cuisses ont été empilés sur une table ; le cœur a été retiré et n'a pas été retrouvé. »(extrait du rapport de l’époque)

Will était au bord de la nausée. La description que venait de lui lire l’inspecteur lui faisait revoir les images qu’il avait vues dans cette maison quelque temps plus tôt.

Inspecteur : Alors ? Qu’avez-vous fait du cœur ?
Will : Ce n’est pas moi !
Inspecteur : On vous a retrouvé sur les lieux du crime, couvert de sang et l’arme à vos cotés… et vous osez dire que ce n’est pas vous ?
Will : Ce n’est pas moi… Il m’a attaqué et s’est enfui par la fenêtre !

Le poing de l’inspecteur atterrit à une telle vitesse sur la joue déjà tailladée de Will, qu’il n’eut pas le temps de l’esquiver. Le choc rouvrit l’entaille qui se mit à saigner de nouveau. Will était sonné. Sa tête tomba en arrière et il s’évanouit.

L’inspecteur quitta la pièce quelques instants pour revenir avec des sels afin de faire reprendre conscience à celui qu’il pensait être le serial killer qu’il traquait depuis plusieurs mois. Mais lorsqu’il retourna dans la pièce, celle-ci était vide.

Inspecteur : Gardes !!! l’éventreur s’est échappé !


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La voix d'Eirwen ainsi qu’un bip tirèrent Jack de sa torpeur. Will venait une nouvelle fois de changer de destination. Des informations concernant son précédent bond arrivaient en masse …

Eirwen : C’est Will ?
Jack : Oui..
Eirwen : Il était où ?
Jack : 1888 à Londres, Whitechapel. C’est pas bon…
Eirwen : Il va s’en sortir Jack ! J’en suis sûre … On trouvera un moyen.

Jack prit en main la photo qu’il regardait auparavant. Ses yeux étaient humides.

Eirwen : Je n’arrive pas à dormir. Et je me demandais si je pouvais attendre avec toi et discuter…
Jack : Si tu veux.
Eirwen : Jack, je sais que le moment est mal choisi mais je dois te demander quelque chose… Sinon, je risque de devenir folle.
Jack : La réponse est oui.
Eirwen : Oui ??? Mais comment est-ce possible ?
Jack : Pas maintenant s’il te plaît Eirwen. Je te promets de tout te dire, mais pas maintenant.

Eirwen s’assit sur le canapé et attendit …. Jack avait les yeux fixés sur l’ordinateur à la recherche du moindre indice qui pourrait les aider à sortir Will de la situation qu’il vivait… Les heures s’égrainaient, sans qu’il ne trouve rien. Eirwen s’endormit à l’approche des 2h30 et Simon remonta quant à lui vers les 4 heures du matin. Il s’était immédiatement installé à son bureau épluchant relevés et informations, calculant des formules improbables depuis plus d’une heure, plus pour s’occuper l’esprit qu’autre chose …

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Six voyages venaient de s’écouler pour Will qui n’en pouvait plus… il était fatigué, sale, blessé. Suite à son incursion dans le Londres du 19e siècle, il s’était retrouvé tour à tour, spectateur voir acteur de différents moments historiques : la prise de Jérusalem par les croisés en 1099, Woodstock en 1969, il avait assisté dans la salle de contrôle à l’appel au secours lancé par Jim Lowell, commandant de la mission Apollo 13 en 1970. Puis il s’était retrouvé au milieu des flammes en 1666 à Londres lors du Grand incendie qui avait dévasté une grande partie de la ville. Il s’en était échappé de justesse, sans savoir vraiment comment, il avait jute couru droit devant lui jusqu’à atteindre la Tamise et plonger dedans…

Puis c’est dégoulinant d’eau croupie qu’il avait assisté de loin à la crucifixion du Christ… Dans l’état où il était, il passait pour un misérable mendiant de l’époque. Bien que non-croyant… Ce voyage lui laissa un souvenir assez troublant. Savoir que ce moment décrit par la Bible avait réellement existé… Mais il n’était pas resté assez longtemps pour savoir si ce qui suivait allait réellement se produire ou si c’était pure invention de ceux qui avaient écrit le texte sacré.

L’avant-dernier voyage lui avait permis de reprendre une apparence plus soignée. Il avait atterri dans une chambre ressemblant à celles qu’il connaissait, avec une télévision, un ordinateur qui datait des années 2000 apparemment et des photos de jeunes gens aux murs. Il était sorti de la pièce et s’était dirigé vers ce qui semblait être la chambre parentale. Il avait ouvert le placard et en avait sorti un jean, une chemise grise et une veste de costume noire qu’il avait emmenés avec lui dans la salle de bain. L’image que lui avait reflétée le miroir était peu alléchante. Il s’était nettoyé le mieux possible, avait réussi à trouver un pansement pour la coupure sur sa joue droite et s’était repeigné, afin de ressembler à quelque chose, même si ce n’était que pour un ou deux voyages… Il s’était ensuite dirigé vers la cuisine, une bonne odeur s’en échappait. Il s’était emparé d’un morceau de pain et avait bu la moitié d’une bouteille d’eau puis était sorti de la maison et avait erré dans les rues dans l’attente de son prochain saut dans le temps.

Et ce saut l’amena bien plus loin qu’il n’avait encore été. Heureusement pour lui, il ne serait que spectateur cette fois-ci, avec un peu de chance. Posté au sommet de hautes falaises, il assistait à la fameuse bataille des Thermopyles, il voyait Léonidas et ses 300 spartiates défendre l’indéfendable, l’étroit passage menant aux terres grecques et ouvrant le passage aux perses vers les villes d’Athènes puis de Sparte.

Voix : C’est ce qui s’appelle avoir du courage !
Will : Hein ?

Will se retourna surpris d’entendre une voix venant de derrière lui. Mais sa surprise fut encore plus grande lorsqu’il découvrit celui qui avait prononcé ces mots.

Voix : Ravi de vous revoir Mr Jones. Mais dites-moi ? Que faites-vous ici ?




A suivre dans l'épisode 4x04 de Torchwood : Are you ready... (2/2)

 




Citation:

Will était sidéré. Devant lui se tenait un homme brun, portant un costume marron et un long manteau plus clair. Il avait les cheveux en bataille, encore plus que d’ordinaire, vu le vent violent qui soufflait en altitude.

Will : Vous ?
Voix : Oui, c’est bien moi.
Will : Comment ?
Voix : Je crois que c’est plutôt à moi de vous demander ça. C’est Jack ! Il a encore réussi à remettre en marche son bracelet générateur de vortex pour passer un moment seul avec vous ! Combien de fois vais-je devoir le désactiver ! Dites donc …. C’est pas vraiment l’endroit rêvé pour une escapade en amoureux… Mais comme on dit, chacun ses goûts. D’ailleurs où est-il ? Ne me dites pas qu’il est parti se chercher un spartiate …Quoique ça serait bien son genre…

Will essayait tant bien que mal de placer un mot dans le monologue auquel se livrait l’homme, mais c’était peine perdue. Une fois lancé, c'était un véritable moulin à paroles. Will dû élever la voix pour l’interrompre.

Will : DOCTEUR !
Ten : Oui ?
Will : Je suis…

Will cherchait ses mots. Comment expliquer ce qu’on avait du mal à s’expliquer à soi-même ?

Will : Toutes les heures environ, je change d’époque et de lieu. Je ne comprends pas comment, ni pourquoi. Tout ce que je me rappelle c’est d’avoir été en compagnie de Jack et qu’un homme est apparu, et … Que je me suis retrouvé en présence d’un certain Gilles de Ray et de Jeanne D’Arc…
Ten : Vous avez rencontré le fameux Barbe bleue ? Le très contesté amant de Jeanne ? Ah Jeanne ! quelle femme formidable, un peu allumée comme fille, mais dotée d’un courage extraordinaire !
Will : Docteur !
Ten : Oui, excusez-moi… Vous disiez donc être piégé dans une sorte de boucle spatio-temporelle qui vous emmène toutes les heures dans un nouvel endroit. Hum…

Ten s’approcha de Will, il sortit son tournevis sonic et le déplaça sur l’ensemble du corps du jeune homme.

Ten : Vous me semblez en pleine forme ! Vous n’avez pratiquement pas changé d’un huon. Ça fait combien de temps déjà?
Will : Un bail.
Ten : Tant que ça ? Faut dire que je suis parfois un peu perdu dans ma propre chronologie. Bref… Essayons de trouver une solution à votre problème mon cher ami ! Venez, allons au Tardis !

Ten venait de se retourner pour se rendre à l’endroit où le Tardis s’était matérialisé et attendait une réponse de Will. Mais il n’en obtint pas. Lorsqu’il regarda par-dessus son épaule, le gallois avait disparu.

Ten : Non… non…. non… Ne me fais pas ce coup-là …

Et il se rua sur la porte du Tardis qu’il ouvrit à la volée, traversa la salle de commande et agrippa l’écran de contrôle.

Ten : Mais où est-il passé ?

Il appuyait sur les différents leviers et manettes permettant de localiser les énergies laissées par le passage d’un voyageur du temps. Il captait d’étranges informations. Les signaux fluctuaient sans cesse, comme si quelqu’un cherchait où déposer le voyageur. Puis le signal devint plus clair et Ten ouvrit de grands yeux lorsqu’il découvrit la destination. Il lança le Tardis immédiatement à sa poursuite.


*************************

Eirwen s’éveilla doucement. Elle s’étira, manquant de tomber du sofa. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, les événements de la veille lui revinrent à l’esprit. Elle se releva brusquement. Jack était toujours dans la même position que lorsqu’elle s’était assoupie, assis à son bureau, les yeux fixés sur l’écran d’ordinateur. Au loin, elle entendit Simon taper nerveusement sur les touches de son clavier.

Eirwen : Jack… Des nouvelles ?
Jack : Non. Aucune.
Eirwen : Il voyage toujours.
Jack : Oui.
Eirwen : C’est une bonne nouvelle non ?
Jack : On peut dire ça …

Soudain la voix de Simon se fit entendre. Jack sauta de son fauteuil et se rua vers la salle centrale, suivi par Eirwen.

Jack : Quoi ?
Simon : J’ai eu un nouveau pique d’énergie de la faille, signifiant que Will avait fait un nouveau saut…
Jack : Oui et alors ?
Simon : et bien, cinq minutes plus tard, un second pique est apparu.
Jack : Un second ?
Simon : Oui... Plus distinct, plus marqué.
Jack : Montre-moi ça !

Simon laissa sa place à son supérieur qui examina les deux relevés. Le premier était définitivement celui de Will. Mais le second qui était apparu soudainement était d’une autre origine. Une origine que Jack connaissait bien, car il scrutait souvent les scans et relevés à la recherche de cette signature particulière.

Jack : C’est … Non… Ce serait une chance inouïe… Quasi impossible !
Eirwen : Quoi ? Qu’est-ce que c’est ?
Jack : C’est la signature énergétique du Tardis !
Eirwen : Tar… Quoi ?
Jack : Tardis ! C’est le vaisseau du Docteur ! Si Will est avec le Docteur…
Simon : Oui ?
Jack : Il est sauvé !
Simon : Comment ça ?
Jack : Le Docteur pourra le ramener à notre époque !
Eirwen : Jack ??? Quoi ? Explique nous !!


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Des bruits assourdissants résonnaient tout autour de Will. Des hommes courraient autour de lui, l’évitant à la dernière seconde. Une gerbe de terre lui gicla au visage. Devant ses yeux, un jeune homme, presque un enfant gisait, mort, défiguré.

Voix : Dépêchez-vous ! Montez !

Will se retourna et vit le Tardis, posé à deux pas de lui, le docteur dans l’encadrement de la porte lui tendant le bras.

Ten : Vite !!!

Il se releva et couru à l’intérieur.

Will : Merci.
Ten : Allons-y alors ! On va essayer de ne pas rester coincé à Verdun, surtout à cette époque.

Et avec un grand sourire, il actionna le levier et le piston entama son va et vient régulier, synonyme de déplacement vers un champs adjacent, à l’écart du conflit et des tirs d’obus.

Will : Y’a pas à dire … Bien que j’ai déjà voyagé avec vous et Jack, ça fait toujours son petit effet.
Ten : Ouais… Je sais, je me laisse parfois avoir aussi. Bon, c’est pas tout ça mais il faut que je trouve comment vous déconnecter de la faille.
Will : Comment ça ?
Ten : Vous êtes en sécurité à bord du Tardis. J’ai bloqué les signaux, vous ne pouvez pas vous « évanouir ». Mais si vous le quittez, le cercle vicieux recommencera. Et franchement, c’est pas que je ne veux pas voyager avec vous… Mais qui dit voyager avec vous implique forcément voyager avec Jack et … C’est pas que je ne le souhaite pas, mais…
Will : Je comprends parfaitement ce que vous voulez dire... Il peut-être parfois…
Ten : Collant ?

Will regarda le Docteur et tous deux éclatèrent de rire en même temps. Will avait souvent été jaloux de cet homme, mais maintenant et surtout depuis leur dernière rencontre, celle qui avait changé sa vie à jamais, il lui vouait un respect des plus profonds.

Ten : Bon, allons-y, je vous ramènes à votre cher capitaine … nous disons donc … direction ???

Il se tourna vers Will avec un regard interrogateur.

Will : Cardiff, 22 novembre 2093.
Ten : 2093… Effectivement, ça fait un bail…


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Dans le Hub, seulement quelques secondes s’étaient écoulées depuis que Jack avait compris l’origine du second pique. Sur l’écran, les deux courbes étaient maintenant indissociables et progressaient au même rythme. Un nouveau pique apparut à la grande surprise de Simon.

Simon : mais, c’est impossible, il ne s’est pas écoulé plus de 15 minutes depuis le dernier.

Au même moment un courant d’air fit virevolter les cheveux de Jack, lui donnant des frissons dans tout le corps. Un large sourire éclaira son visage. Il se leva tellement vite que la chaise tomba au sol obligeant ses deux équipiers à s’écarter afin d’éviter de se la prendre sur les pieds.

Eirwen : Jack ??
Simon : Où vas-tu ?

Mais leur capitaine ne répondit pas. Il sauta sur la plateforme élévatrice et enclencha le bouton de son bracelet. Elle s’éleva lentement et le plafond du Hub se souleva faisant disparaître la silhouette de Jack dans le contre jour.

Simon et Eirwen restèrent bouche bée devant la soudaine disparition de leur boss. D’un commun accord silencieux, ils partirent vers les escaliers afin d’essayer de comprendre ce qui avait fait réagir Jack de cette façon.

Jack, quant à lui, était déjà arrivé à la surface, près de l’ancienne entrée des tribunes présidentielles. Il regardait à droite et à gauche, derrière lui, devant et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il aperçoive enfin l’objet de sa recherche. Elle était là, à côté du guichet des entrées. Jack fouilla dans sa poche et s’avança vers la porte de la police box. Il inséra la clé qu’il venait d’attraper et ouvrit la porte qui heurta la rampe d’accès intérieure.

Ten : Oi ! C’est pas un camion ! Un peu de douceur !

Jack ne releva même pas et se rua sur le second passager du Tardis. Il le prit dans ses bras et l’embrassa tendrement, longtemps...

Ten : Hum…
Jack : ça va ?
Will : Oui, je vais bien, ne t’inquiètes pas, le Docteur m’a récupéré de justesse.

Jack se retourna enfin vers Ten qui attendait patiemment qu’il ait fini ses retrouvailles. Il se déplaça vers lui et ignorant la main tendue du Docteur, il lui attrapa le visage et l’embrassa sur la bouche.

Ten : Oi !
Jack : Merci Doc !
Ten : Je me serais contenté du merci.
Jack : Oui, je sais, mais j’attendais depuis longtemps le moment propice pour t’embrasser !
Ten : Si je me souviens bien, tu l’as déjà fait!
Jack : Mais tu es plus craquant sous cette apparence !

Il s’éloigna, lui envoyant un clin d’œil au passage et s’en retourna vers Will.

« Hey oh Captain Jack, bring me back to the railroad track … »

Ten : C’est quoi ce bruit ?
Will : ça , c’est sa sonnerie de portable…
Ten : Vous plaisantez ????
Will : Malheureusement pas …

Jack s’empara de son téléphone. Il resta quelques secondes à discuter et demanda brusquement .

Jack : Eirwen et Simon sont dehors… Ils me cherchent. Je peux les faire entrer ?
Ten : Eirwen et Simon ?
Jack : Mes coéquipiers.
Ten : Ne me dis pas que tu as reformé Torchwood ?
Jack : Si. Pourquoi ?
Ten : ça t’as pas suffit la dernière fois ?
Jack : ça va ! Viens pas me faire la morale… Qui était absent alors qu’il aurait pu tout arranger ?
Ten : Tu sais bien que je ne pouvais pas venir, je te l’ai expliqué !
Jack : Mouais…
Will : Les gars… Je crois qu’ils sont toujours au téléphone !
Jack : Alors ? Doc ?
Ten : Ok… fais les venir ^^

Jack se dirigea vers la porte, sortit la tête et appela ses collègues.

Jack : Eirwen, Simon ! par Ici !

Ils s’approchèrent, curieux, de ce qui semblait être une ancienne cabine de police datant du siècle précédent. Eirwen en avait vu une dans un musée à Londres lorsqu’elle avait une dizaine d’années. Mais que pouvait bien faire Jack à l’intérieur d’une si minuscule cabine.

Ils arrivèrent devant la porte et Jack se recula pour les laisser passer. A peine Eirwen l’eut-elle franchie qu’elle stoppa net.

Eirwen : c’est impossible…

Simon, qui était toujours à l’extérieur, demanda.

Simon : Quoi ... Qu’est-ce que tu vois ?
Eirwen : Viens… Regarde par toi même… c’est … c’est ...
Simon : Oh Mon Dieu.. c’est …
Eirwen & Simon : C’est plus grand à l’intérieur !

Jack éclata de rire tandis que Ten souriait, adossé à la console attendant que Jack fasse les présentations. Il ne se lassait pas d’observer les réactions des uns et des autres à la vue de la salle corail.

Jack : Doc, je te présente Eirwen Lloyd, je pense que tu devines qui c’est …
Ten : Oh oui… Tout le portrait de Gwen…
Jack : Et pas que physiquement ! Et voici Simon Duval.
Ten (en français) : « Enchanté »
Simon (en français) : « le plaisir est pour moi Docteur … ? «
Ten : Oh … Juste Docteur ... C’est mon nom !

A peine eut-il fini de se présenter qu’Eirwen aperçu Will et se jeta sur lui, l’enlaçant de toutes se forces.

Eirwen : Will !

Le Docteur regarda Jack d’un air étonné, mais le capitaine lui fit comprendre par un simple regard que ce n’était ni le lieu ni le moment.
  
 


Citation:

Après avoir essayé de convaincre Eirwen pendant dix minutes qu’il allait bien et qu’il n’était pas blessé, Will réussit à apaiser l’inquiétude de sa collègue. Simon, quant à lui, était bien plus intéressé par l’intérieur du Tardis que par l’état de Will.

Il était en grande discussion avec le Docteur et Jack, demandant d’innombrables explications sur le fonctionnement de tel objet, sur l’origine de tel autre et sur les possibilités d’un tel vaisseau.

Tous semblaient avoir oublié le danger qui était au-dessus de leurs têtes. La joie des retrouvailles avait outrepassé l’inquiétude. Mais c’était sans compter sur Bilis et sa soif de vengeance et d’extermination.

« Docteur ? »

Lorsque cette voix résonna dans le Tardis, seules deux personnes furent prises de nausée. Jack et le Docteur échangèrent un regard. L’un avait une expression d’étonnement, l’autre une expression froide, mêlée de tristesse et de haine. Ten se retourna vers la rampe d’accès. Personne...

« Docteur ? »

La voix venait de dehors. Ten se rua à l’extérieur et découvrit à quelques pas de la porte, celle qui fut, bien qu’il n’ait jamais osé se l’avouer ou lui avouer, son plus grand amour.

A l’intérieur du Taris, Jack ordonna à ses équipiers de ne pas bouger. Et s’élança retrouver Ten.

Jack : Docteur !

Ten : Rose ?
Jack : Mais …
Rose : Docteur ! Je sais comment revenir ! Ouvre la faille et je te reviendrai…
Jack : Je croyais que seules les personnes disparues pouvaient nous apparaître ?

Le regard haineux, le Docteur répondit à son ami.

Ten : Elle est « disparue » Jack… En tout cas elle n’est plus de ce monde dimensionnellement et malheureusement physiquement. Et je pense que dans son monde elle a disparu depuis quelques temps déjà.
Jack : Doc ! Ce n’est pas elle !
Rose : Docteur ? Je t’ai attendu toute ma vie. Pourquoi n’es-tu jamais revenu ?
Ten : Tu avais ton Docteur.
Rose : Mais ce n’était pas toi …
Ten : Je suis désolé, tellement désolé…
Jack : DOCTEUR !

Le Docteur qui avait avancé sa main vers le visage de Rose, la retira. Les larmes qui étaient apparues dans ses yeux laissèrent place à des flammes de rage. Il sortit son tournevis sonic, le braqua vers l’apparition et l’effaça de sa vue.

Ten : Jack ? Que se passe t-il ici ?
Jack : Depuis hier soir, peu après la disparition de Will, nous sommes sujets à des hallucinations, nos proches qui nous exhortent à ouvrir la faille pour leur permettre de « revenir ».
Ten : ça recommence alors ?
Jack : Tu étais au courant ?
Ten : La fin du monde ? Abbadon ? Comment n’aurais-je pas su ?
Jack : Et tu n’es pas intervenu ?
Ten : Jack, je ne peux pas intervenir à chaque fois… Et puis vous vous en êtes sortis, non ?
Jack : à quel prix !

Ten regarda Jack. Il savait que c’était difficile pour lui de reparler de cette époque.

Ten : Je ne pensais pas m’éterniser ici… Mais qui que ce soit, il a choisi la mauvaise personne. As-tu une piste Jack ? Un quelconque indice qui permettrait de retrouver ce …
Jack : Bilis… Bilis Manger.
Ten : Ce Bilis…
Jack : J’ai effectivement une piste. Un certain Dan Bilis tient la boutique d’horlogerie qui avait été celle du Bilis de l’époque.
Ten : Cela ne peux pas être un hasard…
Jack : Oui, c’est ce que je pensais…

Le Docteur et Jack retournèrent dans le Tardis, Ten attrapa son manteau, Jack en profita pour embrasser Will une nouvelle fois. Et ils repartirent, Eirwen, Simon et Will allaient les suivre mais ils furent arrêtés par les deux hommes.

Ten : Heu ... Will … Vous restez ici… Vous ne pouvez pas sortir du Tardis tant que je n’ai pas coupé le lien qui vous relie à la faille.
Jack : Eiry, Simon, vous restez ici ! Apparemment les « fantômes » ne peuvent pénétrer dans le vaisseau…
Eirwen, Simon & Will : Mais …
Jack : C’est un ordre !
Ten : Vous nous suivrez via le détecteur et nous avertirez si vous voyez le moindre problème. Et le filtre que j’ai mis en place pour éviter à Will de disparaître vous protègera également. Vous avez juste à... ignorer les voix…
Will : Mais quelles voix ?
Ten : ... Et à rester ici !

Il pointa le sol du vaisseau avec son doigt tout en appuyant plus que d’ordinaire sur les derniers mots, ce qui eut l’effet escompté. Jack et lui partirent en courant tandis que les trois autres se placèrent devant l’écran pour suivre des yeux, impuissants, les deux points qui se déplaçaient.

Jack : Qu’est-ce que ça m’a manqué, tu peux pas savoir Doc !
Ten : Tu me le dis à chaque fois ! Tu commences à radoter Jack, tu te fais vieux !
Jack : Regardez qui me dit ça … ça te fais quel âge au fait?
Ten : un certain âge … ou un âge certain... tu choisis !

Jack sourit tout en continuant sa course aux côtés du Docteur et ils atteignirent rapidement l'entrée toujours fermée par les grilles des Castle Arcades.

Jack : Merde ! Fermées…
Ten : Tu permets …

Le Docteur fouilla dans la poche intérieure de sa veste sous son manteau et en sortit son sonic screwdriver. D’une simple application, il fit jaillir de petites étincelles de la grille et Jack put la soulever. Ils pénétrèrent sous les arcades et avancèrent jusqu’au magasin « A Stich in Time »

Jack : Comment j’ai pu ne pas m’apercevoir qu’il était revenu ? Et en plus, il a gardé le même nom pour sa boutique !
Ten : Tu pensais qu’il était parti pour toujours. C’est humain, il ne faut pas t’en vouloir.
Jack : C’est facile pour toi de dire ça…
Ten : J’ai eu mon lot de retours inattendus Jack… Des bons, comme des mauvais. Et j’ai appris à faire avec et à les combattre encore et toujours.

Jack se pencha vers la devanture et jeta un coup d’œil à l’intérieur. Personne.

Jack : Tu refais ton truc ?

Le Docteur réitéra sa manipulation précédente et la porte s’ouvrit d’elle-même. Lorsqu’ils entrèrent, un tintement sonna au-dessus de leurs têtes. Ils se figèrent, anxieux, attendant de savoir si le son avait averti le propriétaire. Mais aucun bruit ne se fit entendre et ils continuèrent leur avancée. Des dizaines de réveils, horloges et autres objets jonchaient le sol et les deux hommes eurent du mal à rejoindre le fond de la petite pièce.

Ten tenait son tournevis devant lui scrutant chaque recoin, chaque objet déposé sur des étagères, des meubles ou le comptoir. Alors qu’il passait devant une comtoise, la luminosité du sonic augmenta d’un seul coup.

Ten : Badaboumba ! Jackpot !
Voix : Je savais bien que vous viendriez ici Capitaine Harkness.
Jack : Bilis !
Bilis : Ravi de vous revoir. Comment allez-vous depuis hier ?

Jack allait se jeter sur lui quand le Docteur le retint par le bras.

Ten : Vous devez être Bilis ?
Bilis : Bilis Manger, enchanté et vous êtes le Docteur n’est-ce pas ?
Jack : Comment ?
Bilis : Oh, vous voulez savoir comment je suis revenu ? Après que vous ayez vaincu Abbadon, brillamment et, je dois le reconnaître, que je ne comprends toujours pas comment, et que vous ayez réussi à refermer la faille, j’ai été piégé en 1941. Heureusement pour moi, j’avais encore la moitié de l’appareil qui me permettait de voyager à travers les époques. D’un, j’en ai fabriqué deux, mais il fallait que j’attende le bon moment… Celui correspondant à une forte activité de la faille à une époque où je pouvais atteindre des personnes qui étaient susceptibles d’y avoir accès. J’ai donc légué un des deux morceaux à mes descendants avec pour instructions de le conserver jusqu’au moment approprié et de garder un œil sur les membres de l’équipe Torchwood. Et j’ai patiemment attendu. En fait, je n’ai pas attendu tant que ça … Les joies du voyage temporel... Vous connaissez Docteur. Mes descendants ont dû attendre plus de 150 ans pour trouver le bon moment, mais pour moi, cela n’a duré que quelques minutes… et c’est un heureux hasard qui a permis à Dan de mettre en place le dispositif.

Ten : Hasard ? Comment ça ?
Bilis : Oui, un très favorable hasard. Il savait que vous étiez revenu et que vous aviez reformé Torchwood, il vous espionnait depuis un moment quand il a comprit que vous aviez un œil sur cette fille, la descendante de la belle Gwen Cooper. Et lorsqu’il l’a vue entrer dans le magasin pour faire réparer une splendide une montre à gousset, il a su que c’était le bon moment. Une si belle occasion de mettre le dispositif à proximité du contrôleur de faille… C’était inespéré. Il l’a donc inséré dans le mécanisme et lorsqu’il fut actionné par la faille, le second morceau du dispositif que j’avais gardé en 1941 a réagi et m’a permis de revenir, avec quelques « passagers » dans mes bagages.

Jack : Vous ne réussirez pas à nous faire ouvrir la faille Bilis !
Bilis : J’ai failli réussir… C’est dommage pour cette pauvre Deirdre, une fille plein d’avenir.
Jack : Vous me le payerez Bilis…

Jack dégaina son arme et mit en joue Bilis qui ne cilla pas d’un iota.

Ten : Jack, ne fais pas ça !

Mais c’était trop tard. Jack avait appuyé sur la détente, mais comme l’avait pressenti le Docteur, Bilis s’était évaporé et seule la vitrine explosa en éclats, inondant les arcades de milliers de bouts de verres.

Ten : C’est malin !
Bilis : Vous devriez le savoir Capitaine que cela ne sert à rien.

Il était réapparu derrière eux, le sourire aux lèvres, semblant satisfait de son petit effet.

Ten : Vous parliez d’une montre à gousset…
Bilis : Oui, une superbe montre, qui faisait chronomètre également. D’une très belle facture avec une dédicace des plus touchantes. Si je me rappelle bien, ça disait : « Pour toujours et à jamais, avec tout mon amour. JH »

Jack sentit ses muscles se pétrifier sur place. Cette dédicace était celle qu’il avait fait apposer sur le cadeau qu’il avait offert à Ianto, quelques mois seulement avant …
Le Docteur réalisa que cette phrase avait touché son ami.

Ten : Jack ?
Jack : ça va… C’est seulement que je croyais qu’elle avait disparu à jamais cette montre.
Bilis : C’est touchant … Il vous manque ce jeune gallois… Comment s’appelait-il déjà?

« Jack ?» « Docteur ?»

Les deux amis se retournèrent et découvrirent côte à côte les apparitions de Ianto et Rose, souriant, tendant les bras vers l’être aimé. Le Docteur fit volte-face, des éclairs dans les yeux tout en pointant les deux spectres derrière lui.

Ten : Vous venez de faire vos deux premières erreurs Bilis… Ces « fantômes » que vous avez ramenés, ils ne nous feront pas ouvrir la faille… Bien au contraire, ils nous donneront la force de ne pas le faire et de vous arrêter !
Bilis : M’arrêter ? Mais ce n’est pas moi qu’il faut arrêter…
Ten : Quoi ?
Jack : Quoi ?

Mais c’était trop tard et Bilis avait déjà disparu, emmenant avec lui les apparitions qui n’étaient plus nécessaires. Jack et le Docteur se retrouvèrent seuls, entourés des tics tacs exaspérants des centaines d’horloges.

Au loin, une sirène de police attira leur attention. Ils devaient déguerpir le plus vite possible. Les forces de l’ordre avaient dû être averties par des badauds ayant entendu le coup de feu. Ils quittèrent le magasin au pas de course, mais se retrouvèrent arrêtés par une rangée d’agents en armes, postés à l’entrée des arcades.

Le Docteur leva les bras, imité par Jack.

Ten : Pourquoi toujours des armes ? Je déteste les armes.
Jack : J’espère que tu as un plan Doc… Parce que sinon, c’est la fin du monde, le retour !






SHAME ON ME ....
Avant de commencer ce chapitre, je vous mets une image que j'ai complètement oublié de vous insérer dans le chapitre 1 de cet épisode et qui m'a inspiré pour la partie sur Jack et les spartiates

ENJOY

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Citation:

Le Docteur et Jack étaient toujours mis en joue par deux rangées de policiers, l’une à genoux, l’autre en renfort à l’arrière. Jack s’étonna d’ailleurs du si grand nombre d’agents. Mais pour l’instant ce n’était pas sa préoccupation première. Il leur fallait trouver une solution pour sortir de ce bordel, qu’il avait en passant provoqué, lui et ses réactions parfois irréfléchies et disproportionnées.

Le Docteur semblait moins sur les nerfs que son ami. Il baissa la main en signe de trêve et d’un signe du doigt désigna sa poche de manteau. D’un regard interrogateur, il soumit une requête silencieuse à celui qui semblait être le supérieur de l’équipe d’intervention, à laquelle il accéda sans pour autant mettre au repos ses hommes.

Ten plongea sa main dans la poche, farfouilla un moment… Et en ressortit une pochette noire qu’il ouvrit et présenta aux policiers.

Ten : Inspecteurs Tyler et Hunt ! Scotland Yard, division de Cardiff.

Jack regarda médusé le papier sur lequel il vit effectivement qu’il était écrit ce que venait d’énoncer le Docteur. Il reprit une constance qui lui donnerait l’apparence d’un inspecteur et enchaîna.

Jack : Maintenant baissez vos armes ! On a du travail à faire ! Les lieux doivent être sécurisés !

Les hommes regardèrent leur supérieur d’un air interrogateur, mais baissèrent leurs armes lorsque celui-ci leur en fit signe. Il se mit au garde à vous salua les deux hommes qui avaient enfin pu baisser les bras.

Ten : Non, non... ne me saluez pas … non…
« Le supérieur » : Inspecteur Gareth Morris ! Nous sommes à vos ordres. Mais que fait Scotland Yard ici ?
Ten : Nous enquêtons depuis plusieurs mois sur un trafic de…
Jack : … d’héroïne en provenance d’Amérique centrale et cachée dans des horloges.
Ten : Oui.. c’est ça … Et la piste nous a amené ici, dans ces arcades.
Gareth : Mais le coup de feu ?
Jack : Le complice qui tenait ce magasin s’est enfui, j’ai essayé de l’arrêter mais il a été plus rapide.
Ten : Vous vous occupez de fouiller le magasin, nous on part à sa recherche !
Gareth : à vos ordres !

Jack et Ten s’effacèrent pour laisser passer la horde d’agents des forces de l’ordre qui occupèrent en un rien de temps l’espace étroit des arcades devant le magasin de Bilis.

Jack : Pratique ton truc !
Ten : Oui, je dois avouer qu’il m’a sorti de nombreuses situations délicates ce bon vieux papier psychique. Mais c’est pas tout ça … On a du pain sur la planche !

Les deux hommes se mirent à courir en direction du Hub. Ils avaient parfaitement compris que Bilis les avait piégés en les gardant aussi longtemps avec lui et en appelant les policiers. Ils en avaient également déduit que le fameux Dan aurait un rôle à jouer.

Tout en repassant devant les mêmes maisons, Jack sortit son téléphone et composa un numéro.


*************************

Caché dans un coin sombre des arcades, Dan Bilis avait regardé ces deux étranges hommes forcer la grille et la porte de son magasin. Une fois qu’ils furent entrés, il pu sortir de la pénombre et s’éloigna vers le Millenium Stadium.

Il avait eu du mal à admettre que toute cette histoire était vraie. Tout avait commencé à la mort de son père quelques mois plus tôt, à la lecture du testament. Le notaire lui avait alors remis un chèque d’une dizaine de milliers de Livres, les clés et l’acte de propriété du magasin, ainsi qu’un paquet et une lettre.

A la lecture de la lettre, Dan avait d'abord cru à une plaisanterie de mauvais goût. Mais lorsqu’il ouvrit le paquet, il se demanda si son père n’avait pas perdu la tête. Le paquet contenait de nombreux dossiers sur une organisation nommée Torchwood et sur ses membres, ainsi qu’un objet mystérieux avec pour instruction de suivre à la lettre les recommandations contenues dans le premier dossier.

C’est à la lecture de ce dossier qu’il réalisa quelle serait sa « destinée ». Caméraman pour la branche galloise de la BBC, Dan avait tout laissé tomber pour reprendre le « Stich in Time » et continuer la surveillance de Torchwood. Il n’eut pas longtemps à attendre la venue de cette jeune femme qui lui apporterait l’objet qui permettrait à son aïeul de revenir.

Il avait inséré une partie de l’objet dans la montre et avait emboîté une seconde dans le mécanisme de la comtoise comme inscrit dans les directives. Il avait ensuite rendu la montre et n’avait plus eu qu’à espérer que les choses fassent leur œuvre d'elles-mêmes et que cette Eirwen Lloyd soit « engagée ». Ce qui ne manqua pas d’arriver.

Et conséquences de cela, un soir, alors que Dan fermait boutique, il se retrouva nez à nez avec un personnage des plus étonnants. Un homme d’une soixantaine d’années, au visage émacié et ridé, des yeux perçants, des cheveux gris peignés en arrière, portant autour du cou un foulard rouge à pois et un costume datant des années 40.

Cet homme se présenta comme étant Bilis Manger et le remercia d’avoir permis son retour. C’était l’avant-veille au soir… Après avoir expliqué à son descendant ses desseins, il leur fallu attendre le lendemain pour les mettre en application. Bilis allait tenter d’amener un des membres de Torchwood à ouvrir la faille et permettre le retour du chef des démons de la septième hiérarchie, Abaddon. Celui-là même que ce Jack Harkness avait renvoyé dans sa sphère astrale bien des années auparavant.

Dan était arrivé près des grilles d’entrée du Stade. Il devait maintenant trouver comment entrer dans le QG de Torchwood. Et ce ne serait pas une partie de plaisir.

****************************

Dans le Tardis, les trois coéquipiers du Capitaine attendaient impatiemment des nouvelles de leur chef et du Docteur. Sur l’écran, ils apercevaient maintenant une vingtaine de points lumineux.

Eirwen : Tu crois pas qu’on devrait les appeler ?
Simon : Et leur dire quoi ? Je pense qu’ils doivent être mieux placés que nous pour savoir ce qui se passe.

Simon s'était déjà éloigné de l'écran de contrôle et contournait la console, scrutant chaque parcelle de celle-ci, frôlant de ses doigts les manettes et boutons. Il était émerveillé par cette technologie et rêvait de mettre son nez dedans. Il s’arrêta sur un levier, le prit en main et mima un geste, comme pour le baisser.

Will : Je ne ferais pas ça si j’étais toi.
Simon : Mais tu te rends compte de cet engin Will ? Est-ce qu’au moins tu réalises que nous sommes dans un vaisseau spatial, un vrai vaisseau extra-terrestre !
Will : Rappelle-moi depuis combien de temps tu travailles à Torchwood Simon ? Tu vas pas me dire que tu n’as jamais vu d’objet alien ! Atterris !
Simon : Bien sûr Will, mais là c’est un vaisseau spatial ! Tu crois que si j’actionne ce levier il va se mettre en marche.
Eirwen : Tu devrais suivre les conseils de Will. Et puis le Docteur a dit de rester ici !
Simon : Mais il a pas précisé qu’on devait rester immobiles comme des statues…

Simon regarda une nouvelle fois le levier avec envie.

Will : Je t’aurais prévenu ! Il a mauvais caractère quand on touche à ses manettes sans en avoir le droit !
Simon : Mais le Docteur ne le saura pas ... car vous ne lui direz pas !

Et il actionna le levier. Le piston s’alluma de sa couleur bleue habituelle qui vira très rapidement au orange foncé. Eirwen se cacha derrière un des sièges, Will quant à lui resta adossé au contrefort corail, un air amusé sur son visage. D’un coup, les portes du Tardis s’ouvrirent à la volée et le corps de Simon fut projeté à l’extérieur avec violence.

Will : Je ne parlais pas du Docteur…

Eirwen sortit de sa cachette et s’élança vers la porte afin de s’assurer que Simon était encore en un seul morceau. Will la suivit mais elle l’arrêta au seuil du vaisseau.

Eirwen : Will ! Tu ne peux pas sortir !
Simon : Outch…
Eirwen : Simon ? ça va ?
Simon : Oui… Un peu sonné mais ça va !
Will : Je t’avais prévenu !
Simon : Mais comment ?
Will : Le Tardis est un être organique et très intelligent Simon, ce n’est pas un simple assemblage d’acier et de câbles.
Simon : Je m’en souviendrais…

Lorsque Simon se releva, le regard de Will qui fut attiré par une ombre se mouvant lentement derrière les barricades.

Will : Hé ! Vous là-bas !
Eirwen : Quoi ?
Will : Il y a un homme près de l’entrée du Hub ! Dites-moi que vous avez refermé derrière vous ?
Eirwen : Simon ?
Simon : Je n’en sais rien !

Ils se regardèrent anxieux. Simon partit en courant vers l’entrée laissant Eirwen et Will dans l’expectative… Lorsque le téléphone de celui-ci sonna.

« tea for two and two for tea, just me for you, and you for me alone. »

Eirwen : Et tu oses critiquer la sonnerie de Jack ?

Will esquissa un sourire gêné et honteux avant de prendre la communication.

Will : Jack… oui… quoi ? la police ? moins vite … j’ai du mal à t’entendre… Quoi ? Bilis ? ici ? Tu veux rire ?
Jack : Non.

Jack venait d’arriver avec le Docteur. Il avait rangé son portable mais Will tint encore le sien contre son oreille quelques secondes avant d’imiter son chef.

Will : Mais que viendrait-il faire ici ?
Ten : Il veut ouvrir lui-même la faille, enfin, pas lui, même, mais la faire ouvrir par ce Dan. Et d’abord, qu’est-ce que vous faites sur le pas de la porte du Tardis ! Je vous avais dit de rester à l’intérieur ! Et vous jeune fille, pourquoi êtes-vous dehors ?
Jack : Et où est Simon ?
Eirwen : Will a cru apercevoir quelque chose près de l’entrée. Simon est allé vérifier.

Comme s’il avait entendu son nom, Simon était en train de revenir vers le groupe.

Simon : Jack… Je crois qu’on va avoir un petit problème.
Jack : Comment ça ?
Simon : Bien… Je crois que le Hub a subi une intrusion. Et je n’ai pas mon pass, je ne peux pas entrer.
Jack : C’est Dan Bilis ! S’il arrive à enclencher le système de quarantaine, il aura carte blanche pour mettre en place la fin du monde !

Il se retourna vers Simon et Eirwen et leur ordonna de faire le tour par l’entrée située sur les rives du fleuve. Le Docteur et lui essayeraient de forcer l’entrée souterraine par le garage.

Les duos se dirigèrent vers leur destinations, laissant le pauvre Will seul à l’intérieur du Tardis, impuissant. Il frappa rageusement le montant de la porte. Un bourdonnement sourd se fit entendre. Il se retourna vers la console centrale et lui adressa machinalement : « pardon ».



Citation:

Jack et le Docteur étaient arrivés devant la grille fermée du parking du Hub.

Ten : Ben dis-moi, t’as pas fait dans le léger !
Jack : Faut bien décourager les curieux et les rôdeurs. Le Stade est à l’abandon… Et le quartier n’est plus aussi sûr qu’il l'était.

**********************

Adossé à la porte, en haut des escaliers, Dan Bilis reprenait son souffle. Il venait de passer la première étape avec une facilité déconcertante et il n’en revenait toujours pas d’avoir trouvé la porte ouverte. Il descendit les marches et se retrouva dans la salle principale. Le crépitement incessant du contrôleur de faille résonnait dans l’immense vide et semblait venir de tous les cotés à la fois.

Dan se dirigea vers l’ordinateur se trouvant dans le bureau de Jack, il s’était dit que pour avoir un accès direct au programme de mise en quarantaine, il devait donc aller sur l’ordinateur du capitaine. Il s’assit sur la chaise et commença à chercher le programme de verrouillage de la base. Après quelques recherches infructueuses dans divers dossiers, son regard fut attiré par une icône sur le bureau. Une simple icône, tout ce qu’il y avait de plus ordinaire. Rouge avec une croix jaune en dedans. Il se dit que ce ne pouvait encore être aussi facile. Mais il cliqua tout de même dessus. Il plongea la main dans sa poche intérieure et en sortit un minidisque numérique qu’il inséra dans la prise sur le coté de l’écran. Une fenêtre apparut.



   
     

Au bout de deux minutes, il fut plongé dans le noir total avant que les générateurs d’appoint inondent la salle d’une lumière rouge orangée. Il venait de bloquer les accès au Hub. Il remercia intérieurement son père de lui avoir légué ce disque. Ingénieur informatique au chômage ayant plongé dans le piratage de données sensibles, avant de céder lui aussi à l’appel de son aïeul, Bruce Bilis avait créer un virus universel qu’il comptait utiliser sur le gouvernement de l’époque. Mais c’est au même moment qu’il avait reçu l’héritage familial et il garda le virus en prévision du "grand jour". Et ce grand jour était finalement arrivé, mais c’était à Dan que revenait cet honneur. Il s’adossa un moment sur le fauteuil. Ferma les yeux et respira profondément. Il serait tranquille pendant un moment.

*******************************

Will faisait les cent pas dans le Tardis, condamné à y rester enfermé jusqu’à ce que Jack ou le Docteur trouve une solution pour arrêter le massacre à venir. Il grommelait seul, il n’aimait pas être impuissant, alors que ses amis étaient peut-être en danger.

Il se résolut à s’asseoir sur le sol, le dos contre la console. Une douce chaleur montait le long de sa colonne vertébrale à un rythme régulier, comme si le Tardis essayait de partager sa peine et son angoisse. Il remonta ses genoux contre sa poitrine, y croisa les bras et posa sa tête dessus.

********************************

Jack était en train de taper le code d’entrée sur le digicode. Une lumière rouge lui indiqua que sa tentative avait échoué. Pensant avoir été trop vite où avoir ripé sur une des touches, il recommença plus lentement. 19-08-83-09

Une nouvelle fois, le voyant rouge clignota.

Ten : Un problème ?
Jack : Le code ne marche pas. Il a dû mettre en place le confinement automatique. Mais comment ?
Ten : Laisse-moi essayer !

Le Docteur prit la place de son ami devant le clavier et de son tournevis sonique scanna chaque chiffre un par un, essayant de débloquer le mécanisme. Mais rien ne se produisit.

Ten : Niet. Rien. Nada… Désolé Jack, je ne peux pas l’ouvrir cette fois ci !
Jack : Le programme de quarantaine scelle le Hub pour une durée de 8 heures. Dan Bilis aura le temps de rayer le monde de la carte de l'univers une dizaine de fois !
Ten : Il y a peut-être une solution. Je peux peut-être contourner la quarantaine en essayant de m’y introduire avec le Tardis.
Jack : Bonne idée, je rappelle Simon et Eirwen. Ils doivent de toute façon être également bloqués.

********************************

Will s’était assoupi, bercé par le ronronnement et la chaleur du Tardis. Il fallait dire que ces dernières 12 heures n’avaient pas été de tout repos pour lui et il n’avait pas fermé l’oeil depuis plus de 24 heures maintenant.

Voix : Will !

Il se réveilla en sursaut. Il mit quelques secondes à reprendre ses esprits et réaliser où il était.

Voix : Will !

Il tourna la tête vers la voix qui l’appelait et aperçut sa collègue.

Will : Deiry ?
Deirdre : Will, ça y est… Viens ! Ils ont réussi !
Will : Quoi ?
Deirdre : Ils ont arrêté Bilis ! Tu peux sortir ! Tu n’as plus rien à craindre !
Will : C’est vrai ?

Will se releva d’un bond et courut à l’encontre de Deirdre qui l’attendait près des portes, mais il s’arrêta brusquement.

Will : Comment es-tu entrée ?
Deirdre : La porte était restée ouverte, je n’ai eu qu’à la pousser.

Will sentit un vent froid lui parcourir la base du cou. Instinctivement, il recula de quelques pas.

Will : Qui êtes-vous ? Vous n’êtes pas Deirdre !
Deirdre : Qu’est-ce qui te prends ? Jack m’envoie te chercher, tu peux sortir ! C’est fini je te dis !

Will revoyait les images des dernières heures. Lui, seul avec Eirwen et Simon dans le Tardis, Jack et le Docteur ensemble … Mais il n’avait pas revu Deirdre. Et Simon avait dit que le Hub avait été l’objet d’une intrusion et vu le ton de sa voix, ce n’était pas bon. Si Deirdre avait été à l’intérieur, elle aurait pu lui ouvrir.

Il était de plus en plus inquiet. Ce n’est pas qu’il s’entendait bien avec Deirdre, loin de là. Leurs relations étaient exclusivement professionnelles. Ils ne s’étaient trouvé aucun point commun et généralement, Will n’essayait pas de forcer le destin en obligeant les gens ou lui-même à devenir « les meilleurs amis du monde ». Et dans un sens, à Torchwood, cela valait mieux. Mais elle était sa collègue et son absence l’inquiétait.

Will : Je sais que vous n’êtes pas Deirdre ! Où est-elle ?

Le corps de Deirdre commença à devenir transparent et à laisser place à celui d’un vieil homme.

Will : Bills !
Bilis : Ravi de vous revoir en chair et en os. Vos voyages vous ont plu ?
Will : Où est Deirdre ?
Bilis : La pauvre Deirdre nous a quitté, j’en ai bien peur.
Will : Quoi ?
Bilis : J’ai failli arriver à mes fins avec elle. La faille aurait pu être ouverte depuis longtemps si …

Will ne voulait pas entendre la suite. Il ne voulait pas que Bilis lui confirme de qu’il redoutait. Mais il n’en avait pas besoin. Si elle lui était apparue, cela ne pouvait dire qu’une seule chose. Elle était morte et elle venait le hanter.

Bilis : Mais ce n’est plus qu’une question de minutes maintenant. Je peux vous faire voir ce qui va arriver! Si vous êtes assez courageux.

Tétanisé par la tristesse qu’il ressentait, Will ne bougea pas lorsque Bilis lui attrapa le bras. Il sentit comme des millions de picotements dans tout le corps et se retrouva à l’intérieur du Hub. Devant lui se trouvaient Jack et le Docteur près du Tardis, à leur gauche Eirwen et Simon. Dan Bilis était près du manipulateur de faille, il tenait le levier. Jack, Eirwen et Simon le tenait en joue tandis que le Docteur essayait de le raisonner afin de le sauver.

Bilis Manger apparut alors près de lui et lui ordonna de baisser le levier, ce qu’il fit immédiatement. Jack tira, le Docteur hurla et la faille s’ouvrit en plein milieu du Hub. C’était comme une tempête qui s’abattait sur les occupants, emportant tout sur son passage… Feuilles, dossiers, mobilier léger… Tout était aspiré par la faille.

Will assistait à l'horreur qui se déroulait, il voyait ses amis tenter de s’accrocher pour résister à l’aspiration, mais celle-ci était de plus en plus forte et Eirwen fut la première à lâcher prise. Puis ce fut tellement rapide que cela sembla s’être déroulé en une fraction de seconde. Les meubles furent arrachés du sol et engloutis, emmenant au passage Jack, Simon et le Docteur et enfin le Tardis. Les murs commençaient à subir la force d’attraction de la faille et se déformaient dangereusement jusqu’à exploser et suivre le même chemin. La faille était en train d’aspirer non seulement le Hub, mais au rythme où elle allait, elle allait aussi faire disparaître Cardiff, puis ce serait le tour de la Grande-Bretagne et la Terre toute entière.

Will se retrouva brusquement ramené à l’intérieur du Tardis. Il avait les jambes telles du coton et dû se reposer contre la console afin d’éviter de s’effondrer. Son visage était enlaidi par une expression d’horreur, la bouche à moitié ouverte, les yeux exorbités, rougis et humides.

Will : Vous mentez.
Bilis : Mes visions ne mentent jamais, sachez le.
Will : Mais pourquoi me montrer cela ?
Bilis : Je n’ai rien à craindre, j’ai déjà gagné ! Abaddon va renaître de ses cendres. Une clameur géante sortira du puits sans fond, comme un prélude à l’apocalypse jetant l’effroi sur les peuples et initiant la fin du monde.

Au même instant la porte du Tardis s’ouvrit sur le Docteur et Jack qui se figèrent devant la vision de Bilis et de Will. Ce moment lui permit de s’évanouir.

Jack : Will ! Qu’y a t-il ?

Jack tentait de le ramener sur terre, il le tenait par les épaules et le secouait. L’expression de Will lui faisait mal.

Will : Jack… C’est la fin ? C’est vraiment la fin ?

Des larmes coulaient à présent sur les joues du jeune homme. Jack les essuya avec ses paumes et déposa un baiser sur son front.

Jack : Non, ce n’est pas la fin. Je te promets que ce n’est pas la fin ! Tu m’entends ! Will ! Je te le promets.

Eirwen et Simon arrivèrent à leur tour, essoufflés.

Ten : Jack ! J’ai besoin de toi ! Il faut que tu m’aides à stabiliser le Tardis pendant que j’outrepasse la quarantaine.

A ces mots, Will réagit. Il avait bien entendu « outrepasser la quarantaine » ? Cela voulait dire qu’ils allaient tenter d’entrer dans le Hub. La première partie de la prophétie de Bilis était sur le point de se réaliser.

Will : Vous ne pouvez pas faire ça ! On va tous être engloutis par la faille !
Jack : De quoi tu parles ?
Will : Je l’ai vu Jack, ça va se passer… La prophétie de Bilis ! La fin du monde !
Ten : Ne vous inquiétez pas, les prophéties sont faites pour être brisées, j’en sais quelque chose ! Jack ! Maintenant !

Le Docteur appuya sur la manette de mise en route et le Tardis fut prit de soubresauts et semblait rebondir sur quelque chose d’invisible.

Ten : Coriace ton confinement ! Mais … Voilà ! On y est !

Le calme revint à l’intérieur du vaisseau. Ils s’étaient matérialisés dans le Hub et sur l’écran de contrôle Jack pouvait voir Dan Bilis s’avancer vers le contrôleur de la faille. Il s’élança vers la porte du Tardis et l’ouvrit à la volée tout en dégainant son arme.

Jack : Restez où vous êtes !
Dan : Trop tard… C’est ma destinée.
Jack : La fin du monde ? votre destinée ?
Dan : La fin de ce monde Capitaine et le début d’un nouveau !
Jack : Vous êtes fou !

Simon et Eirwen s’étaient postés à la gauche du capitaine et le Docteur avait prit place à coté de lui. Will revoyait exactement la vision qu’il avait eue.

Ten : éloignez-vous Dan ! Je peux encore tout arranger ! Ce n’est pas la peine de détruire ce monde pour en construire un meilleur. Vous avez encore tant à apprendre, à connaître, à découvrir !
Dan : Vous mentez !
Ten : Non, venez avec moi et je vous montrerai que le futur peut être magnifique !

Une nouvelle partie de la vision de Will se réalisa. Bilis Manger apparut près de son descendant et l’exhorta à baisser la manette d’ouverture automatique de la faille. Sans réfléchir, Will sortit de l’embrasement de la porte du Tardis et s’élança vers les deux hommes. Dan eut le temps de baisser la poignée, ce qui fit apparaître derrière eux une ouverture spatio-temporelle. Jack vit trop tard que Will se dirigeait vers eux et ne pu l’arrêter lorsqu’il passa à coté de lui.

Jack : Will !
Will : Désolé Jack ! J’aurais préféré que ça se finisse autrement. Ferme la brèche !

Will percuta alors les deux Bilis et les entraîna avec lui à l’intérieur de la faille. Tout s’était déroulé si rapidement. Jack regardait la brèche sans la voir, les bras ballants, des larmes dans les yeux. La tempête commençait à se former dans la salle, tout s’était mis à voler autour d’eux.

Ten : Jack !
Jack : Will…
Ten : Jack ! Referme la brèche, je vais essayer de le ramener ! JACK !

Le capitaine reprit ses esprits et se dirigea vers l’ordinateur pour taper les codes de fermeture. Eirwen était effondrée dans les bras de Simon qui n’était pas dans un meilleur état.
Le Docteur quant à lui était retourné dans le Tardis pour pister la signature de Will et le ramener.

Tout comme la dernière fois, quelques heures auparavant, il fallut une grosse demi-heure à jack pour réinitialiser le programme.

Jack : Doc ! J’y suis ! J’ai refermé la faille à son minimum. C’est maintenant ou jamais ! je ne peux pas la laisser ouverte trop longtemps.
Ten : Encore une petite minute… Je l’ai presque ! Voilà ! Ferme la !

Jack appuya sur le bouton « entrer » du clavier et la faille se referma. Tout était sens dessus dessous dans le Hub, mais cela, Jack n’en avait que faire. Il cherchait désespérément des yeux celui qui venait de se sacrifier, mais il ne le voyait nulle part.

Il se rapprocha de l’endroit où était apparue la faille et découvrit le corps inanimé de son ami. Il s’écroula à terre et l’enserra.

Le Docteur le rejoint accompagné de Eirwen et Simon. Il mit sa main sur l’épaule du Capitaine qui le regarda suppliant.

Jack : Dis moi qu’il peut le refaire ?
Ten : Je ne sais pas. L'a t-il déjà fait ?
Jack : Une fois.
Ten : Il ne reste plus qu’à espérer qu’il puisse le refaire.

Jack avait la tête de Will dans ses mains, il se pencha pour y déposer un baiser sur ses lèvres lorsqu’un filet lumineux en sortit, mais il s’évanouit aussitôt.

Ten : On dirait que la faille a absorbé son énergie. Il n’en a plus assez pour…

Mais avant que le Docteur n’ai pu finir sa phrase, le Tardis émit un chant mélancolique et libéra son énergie qui vint s’enrouler autour du corps du jeune homme.

Will ouvrit les yeux et vit son capitaine penché au-dessus de lui.

Jack : Will !
Will : Jack !
Ten : Hé bien, mon jeune ami, je crois que le Tardis vous aime bien. Je ne sais pas ce que vous lui avez dit ou fait, mais il n’était pas prêt à vous laisser partir.
Will : Je parierais qu’il est en manque de café.

Jack et le Docteur éclatèrent de rire devant les regards hébétés des deux autres membres de Torchwood. Jack aida Will à se relever. Eirwen se jeta une nouvelle fois à son cou pour l’embrasser tandis que Simon se contenta de lui proposer une bonne poignée de main. Will se retourna vers le Docteur :

Will : Merci.
Ten : Je l’accepte pour vous avoir ramené. Mais pour ce qui est du reste, ce n’est pas moi qu’il faut remercier.

Will esquissa un sourire et ajouta, plus en direction du Tardis que du Docteur.

Will : Avant votre départ, je viendrai vous préparer un café spécialement pour vous, vous avez toujours le percolateur j’espère.
Ten : Bien entendu !

La réponse du Docteur fut accompagnée par un sifflement aigu venant du Tardis, que tous reconnurent comme un signe de joie. Ils sourirent tous, heureux d’être sains et saufs et d’avoir éviter la fin du monde.




A suivre dans l'épisode 4x05 de Torchwood : Back to the past . Des révélations sur un des membres de Torchwood.





Citation:

Les membres de Torchwood avaient passé l’après-midi à nettoyer le Hub des dégâts causés par l’ouverture de la faille. Ils avaient failli connaître, une nouvelle fois, la fin du monde, mais grâce au « sacrifice » de Will, elle avait été évitée de justesse. Cependant, les dégâts à l'étage étaient considérables. Au début de la soirée, Jack et Will s’étaient occupés du corps de Deirdre, de ses « funérailles » pour sa famille ainsi que des divers rapports et avis de décès nécessaires afin de rendre sa mort « naturelle ». C’était comme ça à Torchwood. Si on mourait en mission, on devenait corps et biens et ad-vitam eternam locataire de la morgue.

Les deux hommes avaient donc placé le corps de Deirdre dans un des tiroirs vides et étaient allés récupérer un cadavre non identifié, méconnaissable de préférence, au funérarium de la ville, qu’ils avaient présenté comme à la famille comme étant celui de leur fille. Comme d’habitude, la douleur des parents avait permis de noyer la sombre histoire de meurtre qu’ils avaient dû inventer.

Ils étaient revenus exténués. Simon et Eirwen les attendaient avec le Docteur qui profitait de son petit séjour à Cardiff pour « refaire le plein ». 22h sonnèrent à la pendule du bureau de Jack. Ils étaient tous assis sur des chaises, dispersés aux quatre coins du Hub.

Jack : Allez vous reposer. Rendez-vous demain. Doc, tu peux prendre la chambre de repos si tu veux.
Ten : Je vais retourner au Tardis… J’y ai deux trois trucs à réparer que je remets toujours au lendemain. C’est le moment ou jamais.
Jack : Comme tu veux. Mais tu seras là demain pour le p’tit déj !
Ten : Bien entendu... Tu ne sais pas depuis combien de temps j’attends de regoûter au fameux café de Mr Jones !
Will : Et ce sera un plaisir de vous en préparer un Docteur.

***********************

Le lendemain matin, Eirwen fut la première à arriver au Hub. Il y régnait un silence inhabituel car Jack ou Will étaient toujours là avant elle. Elle en venait à croire qu’ils vivaient ici.

Elle jeta son manteau sur le dossier de sa chaise et mit la main dans sa poche. Elle en sortit une montre, la montre-chronomètre par qui tout avait failli finir dans le gouffre dévastateur d’Abaddon. Le Docteur lui avait demandé de la lui rapporter afin de s’assurer qu’elle était redevenue inoffensive. Elle la remit en place dans sa poche sachant que si elle la posait quelque part elle mettrait des jours à la retrouver.

Simon entra en compagnie du Docteur qu’il avait croisé sur le chemin, mais toujours pas de traces de Jack ni de Will. Soudain un bruit retint leur attention, ils se penchèrent par dessus la rambarde et virent Jack enlaçant Will contre le chambranle de la porte de … de la réserve ??? Ils ne les avaient pas entendus et Eirwen en profita pour descendre les rejoindre, curieuse d’en savoir plus.

Will (étonné et rougissant) : Eiry… Qu’est-ce que tu fais là ?

Il s’était éloigné de Jack avec la vitesse d’un félin, mais trop tard, Eirwen et Simon en avait déjà déduit ce qu’ils avaient de toute façon en tête depuis longtemps. Jack et Will étaient ensemble.

Eirwen : Vous … Je m’en doutais ! Après ce baiser hier…
Simon : Moi j'en étais sûr ! Il faut dire que Jack ne fait pas dans le subtil parfois !
Ten : Jack et subtilité … Deux mots qui ne vont pas l’un avec l’autre !
Jack : Hé ! Je sais être subtil quand JE le veux…
Eirwen : Vous habitez là ? Cette fameuse réserve, c’est votre chambre ?

Eirwen n’eut pas le temps d’amorcer un mouvement pour tendre la tête afin d’apercevoir l’intérieur que Will la referma d’un coup sec au grand damne de la jeune femme qui mourait d’envie de la découvrir.

Will : C’est privé.

Mais le rouge qui lui montait aux joues ne faisait que renforcer la curiosité d'Eirwen qui se promit d’y entrer un jour.

Tous se dirigèrent vers la salle de réunion. Will mit en marche le percolateur et prépara les boissons chaudes. Simon sortit les viennoiseries de son sac à dos et les plaça sur la table basse près des sofas. Le Doc s’assit en compagnie d’Eirwen, de Simon et de Jack et ils attendirent que le plus grand faiseur de café de Cardiff daigne les servir.

Eirwen : Au fait Docteur, voici la montre.

Le Docteur s’empara de la montre à gousset et avec son tournevis sonic la scanna afin d’âtre sûr qu’elle ne renfermait plus aucune trace de l’énergie de la faille. La montre était comme neuve. Rassuré, il la tendit à Jack.

Ten : Je crois qu’Eirwen ne m’en voudra pas de la redonner à son ancien propriétaire.
Eirwen : Bien sûr que non. Elle lui a appartenu c’est ça ? La dédicace lui était destinée ?
Jack : Oui… Merci.
Eirwen : D’ailleurs… J’y repense. Tu ne m’a toujours pas expliqué et je ne suis pas sûre d’avoir saisis la signification de ce « Oui » que tu m’as donné comme réponse.

Will revenait avec un plateau contenant 5 tasses fumantes. Il le déposa à côté des viennoiseries et son regard se posa sur la montre.

Will : Mais ... C’est ma montre !

Eirwen leva les yeux vers Will.

Eirwen : Ta montre ?
Will : Heu… Je veux dire… Ta montre Jack, ils ont retrouvé TA montre…
Jack : Laisse tomber. Ils ont compris … Et puis, je pense qu’on peut arrêter de jouer ce petit jeu maintenant.
Will : Oui, je pense.
Eirwen : Alors c'est vrai ? C'est toi ? Mais c'est impossible !
Ten : Rien est impossible Mlle Lloyd.
Eirwen : Mais tu as quoi ? 26, 27 ans ?
Will : J’ai eu 110 ans le 19 août dernier.
Jack : Et il est toujours aussi séduisant que le premier jour où je l'ai vu, bien conservé pour un vieillard !
Will : Tu peux parler ! avec tes presque 300 ans … Et encore, je ne sais même pas si j’en suis proche ou éloigné…
Jack : Mais je reste un jeunot comparé à notre doyen de plus de 900 ans !
Eirwen : J'en ai la tête qui tourne ... Mais comment est-ce possible, comment ? Je croyais qu’il .. pardon que tu étais mort.
Will : Je suis effectivement mort. Mais le Docteur m’a … Comment on peut dire ça Docteur ?
Ten : Je n’en sais rien. Je ne peux m’en donner le mérite, c’est encore un impossible mystère. Un second point fixe dans le temps et l’espace… Une nouvelle aberration…
Eirwen : C’est bien beau tout ça, mais vous allez nous raconter comment ça s’est passé ?

Jack et le Docteur s’enfoncèrent dans le dossier du sofa, Will prit place à coté de Jack et Eirwen et Simon se mirent en face d’eux, excités comme des enfants attendant qu'on leur raconte une histoire merveilleuse.

Ce fut Jack qui commença le récit.

 


Citation:



====>> Flash-Back <<====

  
 



Citation:

Jack venait de finir le long récit de cette aventure, lui et le Docteur s’étaient relayés durant presque trois heures. Eirwen et Simon étaient horrifiés de ce qu’avaient pu vivre leurs amis, mais émerveillés par l’irréalisme de l’histoire et surtout par la façon dont le Docteur et Jack l'avaient racontée. Vers la fin de l’histoire, alors que Ten narrait les deniers instants de l’entité, Jack avait posé machinalement sa main sur la cuisse de Ianto qui avait refermé la sienne par-dessus. Il avait, bien entendu, déjà eu le droit au déroulement, minute après minute, des événements de ces jours lointains, mais, même s’ils remontaient à une éternité, il ressentait, enfoui au fond de son âme, une peur indéracinable de revoir cet intrus réapparaître.

Jack se tourna vers le Docteur.

Jack : Tu sais ce que je t’ai dit, ce jour-là, à bord du S. P. SS RTC 42 ?
Ten : Quoi ?
Jack : Je t’ai dit, si ma mémoire est bonne « Je crois que je n’aurai jamais assez de toute mon éternité pour te remercier. »
Ten : Oui, je m’en souviens Jack et ?
Jack : Je le pense encore plus aujourd'hui. Sans toi, je n’aurais jamais vécu les moments que j’ai vécus avec lui. Et je ne serais pas l’homme que je suis aujourd’hui.

Les deux amis se regardèrent, les yeux remplis d’un amour fraternel qui ne nécessitait pas que leur conversation se poursuive verbalement. Eirwen se dit qu’ils avaient dû vivre ensemble des aventures passionnantes et d’autres plus terrifiantes pour qu’ils se vouent mutuellement une si grande amitié et un si profond respect.

Eirwen : Mais après ? Que s’est-il passé si vous n’êtes pas rentrés avec mon arrière-grand-mère.
Ianto : Nous avons voyagé avec le docteur pendant une période. Comme je l’avais dit à Gwen, je ne pouvais pas rentrer à Cardiff aussi rapidement. Et de toute façon, pour eux, j’étais mort. Je ne me voyais pas expliquer à ma famille que je ne l’étais pas. C’était trop compliqué. Mais nous avons fait quelques incursions de temps en temps, pour vérifier que tout allait bien. C’est pour cela que j’ai dû changer de prénom et prendre celui de Wil, m’inventer une histoire familiale et un passé. Je pouvais alors circuler tranquillement sur Terre, j’avais une nouvelle identité.

Eirwen : Pourquoi Will ?
Ianto : C’est le diminutif de mon second prénom, Ianto Gwillym Jones. Et c’est également celui de mon grand père maternel.
Eirwen : Donc vous êtes revenus quand même ?
Jack : Nous le devions à Gwen. Nous lui avions promis. Nous sommes venus périodiquement, pour les événements qui marquent la vie d’une famille, quand elle nous appelait pour nous prévenir, nous étions les « cousins éloignés » : la naissance de ta grand-mère Marie, la seconde fille de Gwen, la naissance de Meredith, ta mère, le décès de Rhys… Puis ce fut Marie qui nous appela pour nous prévenir du décès de Gwen. Elle avait trouvé une liste sur laquelle se trouvaient les noms des gens à prévenir si elle venait à disparaître.

Jack eut un nœud au fond de la gorge lorsqu’il parla du décès de Gwen. Jack avait été, dès sa première rencontre, attiré par elle et, bien qu’il ait admis qu’elle ne se laisserait jamais tenter avec lui, il lui portait une tendresse particulière. Ianto reprit la conversation afin de laisser au Capitaine le temps de reprendre contenance.

Ianto : Puis nos visites se sont espacées, nous revenions sans raison, juste pour vérifier que tout allait bien pour la famille de Gwen et la mienne.
Simon : Mais ta famille, Will… heu pardon, Ianto, elle n’en a jamais rien su ?
Ianto : Non. Et je continue à croire que c’était mieux ainsi. Ils ont côtoyé l’impensable une fois, c’était déjà trop. Une fois le deuil passé, ils ont pu tourner le dos à ce qui était arrivé et recommencer une nouvelle vie, loin des aliens et autres monstruosités recrachées par la faille.
Eirwen : Mais comment faisiez-vous pour voyager ?
Ten : Je faisais le Taxi.

Les trois amis explosèrent de rire, ce qui eut pour effet de détendre l’atmosphère, qui en avait bien besoin. Ianto se leva et demanda si un autre café leur ferait plaisir.

Ten : Avec plaisir.
Eirwen : Bien sûr.
Simon : Quelle question !
Jack : Tu m’apportes une bière ?

Avec un sourire, Ianto se dirigea vers le percolateur et le mit en marche. Il sortit une bouteille de bière du mini-frigo et la décapsula. Dans le placard, il prit un verre qu’il humidifia afin d’éviter que la bière ne mousse de trop et y versa le liquide brun-doré.

Pendant qu’il faisait couler les quatre cafés, Jack et le Docteur étaient partis dans une discussion des plus étranges.

Jack : Si tu l’avais réparé, tu n’aurais pas eu à faire le taxi !
Ten : Je t’ai déjà dit que c’était hors de question !
Jack : Je vois pas pourquoi !
Ten : Je te l’ai déjà dit !
Jack : C’est injuste, pourquoi toi seul tu aurais ce privilège !
Ten : Ne fais pas ton enfant de 5 ans Jack ! ça ne marche pas avec moi. Et d’ailleurs, je crois me souvenir que je te l’ai un peu bricolé.
Jack : Tu parles, je peux à peine faire 50 mètres avec.
Ten : C’est déjà beaucoup !

Ianto revenait avec les cafés et la bière.

Ianto : Ne me dites pas que vous vous disputez encore pour ce fichu bracelet ?
Jack : On ne se dispute pas, on discute !

Le Docteur leva les deux mains en l’air et les rebaissa dans un signe d’abandon. Il avait eu trop de fois cette même discussion pour ne pas vouloir la continuer ici et maintenant.

Eirwen : Mais dites-moi, qu’avez vous fait entre vos voyages sur Terre ?
Ianto : Nous avons visité d’innombrables mondes et époques différents en compagnie du Docteur. Certains furent fantastiques, d’autres plus …
Ten : Excitants ?
Ianto : J’aurais dit dangereux…
Ten : Mais le Danger est excitant Ianto, non ? L’inconnu, l’improbable, le mystérieux…
Ianto : Si vous le dites… Nous y avons vu tant de choses qu’il nous faudrait une vie entière pour le raconter. Puis, nous avons atterri sur une planète en proie à une guerre civile planétaire : Aliopolis. Nous fûmes pris dans les feux croisés des deux factions et arrêtés pour « espionnage » par un groupe révolutionnaire extrémiste. Nous avons été enfermés durant plus de deux mois, sans avoir de nouvelles des uns ou des autres. Puis, coup de chance ou était-ce le destin, je ne sais pas, il se sont enfuis suite à une attaque de l’armée régulière qui nous a libérés. On s’est retrouvé à plus de 150 dans une cour. J'ai cherché longtemps mes compagnons d’infortune des yeux, sans les voir. C’est Jack qui me retrouva, puis ensemble nous avons rejoint le Docteur qui nous attendait déjà près de son Tardis qu’il avait été rechercher dès qu’il était sorti. Et à peine étions nous en sûreté dans le Tardis, que Jack…

Ianto se tut et regarda son amant avec un sourire à faire fondre les glaces éternelles de l’Himalaya. Il avait prit la main de Jack dans les siennes et la serrait.

Jack : Je lui ai demandé de m’épouser.
Eirwen et Simon : QUOI ?

Jack et Ianto sortirent, de concert, de sous leur chemise, une chaîne à laquelle pendait un anneau.

Eirwen : Elles sont magnifiques.
Ten : Fabriquées par le meilleur maître ciseleur de Garak. Et il est très sélectif sur ses clients.
Simon : Elles sont en quelle matière ?
Ten : Diamantium, ça m’a coûté un bras cette affaire !
Jack : Oi ! c’est toi qui a proposé je te rappelle.
Ten (le taquinant) : J’avais pas le choix, j’étais le témoin !

Eirwen était fascinée par les alliances. Elles semblaient être faites en or blanc, mais à chaque mouvement, c’était une nouvelle couleur qui apparaissait. Celle De Ianto, était un peu plus fine que celle de Jack, mais sur les deux, se trouvaient gravé des lignes et dessins géométriques des plus merveilleux.

Eirwen : Elles sont splendides.

Ianto acquiesça, retira la chaîne de son cou et fit coulisser l’alliance dans la paume de sa main.

Ianto : Je pense qu’on peut la remettre maintenant.

Ianto glissa la bague sur son annulaire gauche, Jack lui, ne dit rien, mais imita les gestes que venait de faire Ianto et se pencha pour l’embrasser.

Jack : Ne vous habituez pas à ça. Je vous préviens, demain je redeviens votre supérieur sadique et autoritaire !

Ils rirent à s’en faire mal aux côtes.

Ten : Ce fut une belle cérémonie, je dois le dire.
Ianto : Oui, on n’aurait jamais pu rêver plus bel endroit. Merci Docteur.

Eirwen était telle une petite fille de six ans devant un conte de fées, elle trépignait d’avoir plus de détails.

Eirwen : C’était où ? Dites- moi, je veux tout savoir !
Ianto : Dans le Tardis du Docteur.
Ten : Avec vue imprenable sur la cascade de la Méduse.
Eirwen : La cascade de la méduse ?
Ianto : Imagine une aurore boréale en mille fois plus beau et tu seras loin du compte.
Eirwen : Et après ?
Ianto : Nous avons quitté le Docteur pendant un moment. Nous nous sommes installés sur Julios, une planète ressemblant comme deux gouttes d’eau à la Terre. Nous y sommes restés à peine quelques mois. C'était trop tranquille. Après une vie à traquer les aliens et à voyager avec le Docteur, il est impossible de recommencer une vie à zéro. Et puis Jack en Monsieur « je-veux-pas-bosser-pour-des-cons-qui-se-la-pête-et-qui-sont-dix-fois-plus-jeunes-que-moi-donc-je-reste-à-rien-faire »… Très peu pour moi. On a donc décidé de revenir à Cardiff et c’est là que nous avons su pour ta mère. Plus de dix ans plus tard.
Jack : Nous avons donc décidé qu’il était temps pour nous de reformer Torchwood et de nous remettre au travail. Avec l’aide d’Unit, nous avons acheté le Millenium Stadium et y avons fait reconstruire le Hub en dessous. Il a fallu environ six mois pour le terminer et six autres mois pour raccorder le contrôleur à la faille, ce qui fait que nous avons été opérationnels en septembre 2092.
Ianto : Et c'est là que, grâce à la demande express de Martha à l'époque, Unit nous a restitué notre cher Myfawny.
Eirwen : Mais oui, j'avais oublié... c'est quoi Myfawny ?
Ianto: Je te le présenterai plus tard.
Jack: Il ne restait plus qu’à recruter. Simon fut le premier.
Simon : Tu veux dire « sauver » !

Simon se redressa sur sa partie de sofa et après une gorgée de café tiède, il commença son histoire.

Simon : J’étais un jeune étudiant français, cherchant à terminer sa thèse de doctorat à l’université de Cardiff. J’étudiais les mécanismes de sécurité des protocoles de routage des réseaux. Mais j’étais également un des Hackers les plus doués de ma génération, sans fausse modestie aucune. La journée, j’étudiais, mais le soir, je cherchais par tous les moyens à m’introduire dans les réseaux ultra-sécurisés des organisations gouvernementales et ... non gouvernementales. C’est comme ça que je suis tombé sur le réseau Unit. Et que j’y suis entré. Mais j’ai été repéré rapidement et arrêté tout aussi vite par une équipe de bérets rouges. Enfermé sans aucun recours possible, j’ai eu la visite d’un homme qui m’a proposé un marché... que je n’ai pu refuser. C’est comme ça que j’ai rejoint Jack et Ianto… enfin Will à l’époque !

Ianto : Puis ce fut au tour de Deirdre. Elle était médecin au Cardiff Memorial Hospital. Lors de sa garde durant la nuit la pire de l’année après celle du Nouvel An et Noël, comme elle aimait le dire, c’est à dire Hallowen, la police lui apporta le corps d’un soi-disant jeune déguisé en cro-magnon qui avait un peu trop bu et avait fini percuté par une voiture. L’inconnu était mort sur le coup et comme c’était relativement calme, elle avait fait l’autopsie immédiatement. Mais au fur et à mesure qu’elle pratiquait les incisions pour défaire le déguisement, quelque chose la tracassa. L’homme présentait les caractéristiques d’un véritable homme de la préhistoire, des arcades sourcilières très développées, un nez épaté et large, des mâchoires fortes et proéminentes, son corps était voûté et ses jambes incroyablement arquées.
Jack : Et c’est là que je lui ai parlé pour la première fois. Je lui ai expliqué la faille, les aliens, les incidents… Je lui ai raconté pour Torchwood et lui ai proposé une place en tant que médecin de l’équipe. Ce qui nous faisait défaut depuis quelques mois d’ailleurs et Ianto en avait marre de faire des allers-retours à l’hôpital. J'ai donc tenté le coup.
Eirwen : Mais si elle avait refusé ?
Jack : Je lui aurais offert une bière.
Eirwen : Bien évidemment.

Jack : Puis ce fut ton tour Eiry. Mais ça tu sais comment ça s’est passé.
Ianto : Voilà. C’est toute l’histoire de notre « vie ».
Eirwen : Et quelle histoire !
Ten : C’est pas tout ça, mais je vais y aller.
Jack : Déjà Doc ?
Ten : Oui, j’ai envie d’essayer d’aller sur Barcelonna. J’espère que cette fois-ci j’y arriverai. Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois que je veux y aller, je me retrouve ailleurs. Enfin… Merci pour ce moment de repos en tous cas.
Ianto : Je vous accompagne. J’ai un cadeau pour vous.
Ten : un cadeau, pour moi ?

Ten embrassa Eirwen, serra la main de Simon et s’approcha de Jack. Il tombèrent dans les bras l’un de l’autre.

Jack : Reviens nous voir ! Ok ?
Ten : J’essayerai, entre deux voyages !
Jack : Et trouves-toi une compagne. Ça te réussit d’avoir de la compagnie !
Ten : Oui… Au revoir Jack !
Jack : à bientôt Doc !

Le Docteur et Ianto remontèrent dans la salle de centrale du Hub et se dirigèrent vers l’escalier menant à la surface et au Tardis.Une fois arrivés en haut des escaliers, le Docteur ouvrit de grands yeux lorsqu’il découvrit, dans le hall de sortie 10 conteneurs de café.

Ianto : J’y ai passé la nuit, mais j’ai réussi. J’espère que vous en aurez assez. Il doit y avoir environ 100 litres de cafés que vous pouvez conserver autant de temps que vous voulez. Ces conteneurs utilisent la même technologie que les tiroirs cryogéniques de la morgue. Le Café ne se détériorera pas d’un huon.
Ten : Merci Ianto. J’en connais un qui va être ravi.

Sur ces mots, Ten envoya les conteneurs rejoindre la cuisine du Tardis en un mouvement de tournevis sonic. Il salua le gallois resté sur le pas de la porte du Hub et entra dans son vaisseau. Deux secondes plus tard, il avait disparu.

Ianto appela Eirwen pour qu'elle vienne le rejoindre. Ils se dirigèrent vers l'entrée du Stade et pénétrèrent dans les couloirs vides. Des cris stridents se faisaient entendre.

Eirwen: Qu'est-ce que c'est?
Ianto: Myfawny, il a faim et me le fait comprendre.

Ils passèrent par une pièce dans laquelle Ianto récupéra une barre de chocolat noir ainsi qu'un seau de viande fraîche dans un immense réfrigérateur.

Ianto: On y va ?
Eirwen: heu.. je sais pas si j'en ai encore envie.
Ianto: Il ne te mangera pas ... enfin je ne crois pas ...

Affolée, Eirwen suivit son ami qui sortait sur les gradins. Elle jetait des coups d'oeil inquiets à droite et à gauche, scrutant chaque recoin du stade. Ianto défit l'emballage de la barre de chocolat et la tendit en l'air. Ce que vit Eirwen, la laissa sans voix. Un ptérodactyle arrivait droit sur eux. Elle recula de quelques pas, mais Ianto lui dit de ne pas bouger. Myfawny ralentit son vol, s'immobilisa sur un des dossiers et sembla renifler la barre. Après une hésitation, il attrapa doucement le morceaux de chocolat et reparti.

Ianto: Je vais lui laisser la viande et on repart.
Eirwen: Mais ... Comment?
Ianto: Oh... il est arrivé par la faille un jour et Jack n'a rien trouvé de mieux que de tenter de l'apprivoiser et c'est sur moi que c'est tombé lorsqu'il a laissé tomber car il n'arrivait à rien. Et depuis, j'ai l'impression qu'il me prend pour sa mère!
Eirwen: Et personne ne le remarque voler?
Ianto: Le plafond du stade est un filtre de perception visuel et sonore. Et lorsque des Touristes veulent le visiter, on fait rentrer Myfawny sous la pelouse, dans une salle spéciale, le temps de la visite.

Eirwen et Ianto repartirent pour le Hub. C'était une journée que Eirwen n'allait pas oublier de sitôt.




à suivre dans l'épisode 4x06 - A New member.
 
 




Citation:

Deux mois. Ça faisait deux mois qu’Eirwen avait rejoint l’équipe de Torchwood. En deux mois, toutes ses convictions sur sa vie, sur la Terre, sur le Monde en général et bien plus encore, sur l’Univers tout entier avaient été totalement anéanties et bouleversées. 

En 60 jours, elle avait affronté des Weevils, des espèces de calamars squatteurs de corps humain, un homme du passé voulant détruire le monde… et bien d’autres menaces plus ou moins dangereuses… Enfin assez dangereuses tout de même… Simon avait été blessé plusieurs fois, tout comme Ianto et elle-même, mais le français avait été plus gravement touché et il avait dû rester à l’hôpital pendant 15 jours suite à une profonde lacération à l’abdomen causé par un jeune possédé par un alien.

L’absence de Deirdre se faisait ressentir et bien que Ianto et elle même ne cessaient de faire remarquer à Jack qu’ils avaient besoin d’un médecin dans l’équipe, il restait sourd à leurs arguments, prétextant qu’ils s’en sortaient très bien comme ça.

Eirwen savait que pour l’instant, il avait raison … Pour l’instant… Jusqu’à ce que quelque chose arrive… Quelque chose de grave… Et là, ce serait peut-être trop tard…


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Il était 8h30 lorsqu’elle entra dans le sous-sol du Stade qui renfermait le quartier général de Torchwood.  Ianto était près de sa machine à expresso, comme d’habitude, préparant les cafés, un différent pour chacun des membres. Jack, lui, était à son bureau, vérifiant ses mails, controlant les dossiers en cours et signant les autorisations et demandes diverses. Elle tourna la tête vers le bureau de Simon. Il était là, assis, à fixer l’écran devant lui. Les débuts de journées étaient devenus assez routiniers, contrairement à leurs fins qui n’étaient jamais prévisibles.

Ianto s’avança vers elle, une tasse de café latté à la main. Il la lui tendit en la gratifiant d’un large sourire. Il avait l’air heureux. Elle se mit à penser qu’il avait dû passer une excellente nuit dans les bras de Jack, mais effaça immédiatement cette image avant de devenir rouge pivoine et de devoir s’expliquer sur ce qui la faisait rougir.

Eirwen : Merci Will …  Ianto. Décidément, j’ai du mal à m’y faire.
Ianto : Ne t’en fais pas, je réponds aux deux généralement. Ça me fait également bizarre de réentendre les gens m’appeler Ianto. 80 années à m’appeler Will… Je m’étais habitué. Mais je dois t’avouer que retrouver mon prénom est très plaisant. Bien que pour de nombreuses personnes je reste, et je resterai, Gwillym  « Will » Jones.
Eirwen : Je n’en doute pas.

Elle s’éloigna et prit place à son bureau. La journée commençait réellement. Elle alluma son ordinateur et ouvrit sa messagerie personnelle. Aucun message. Pas étonnant, sa vie sociale en avait pris un sacré coup depuis qu’elle travaillait pour le Capitaine Harkness. Elle n’avait même plus le temps d’accompagner son meilleur ami, David, à leur séance de cinéma hebdomadaire. Elle, qui auparavant passait ses soirées au téléphone… aujourd’hui, à peine rentrée, se jetait sur son lit pour essayer de récupérer de la fatigue accumulée. Mais elle ne se plaignait pas. Elle adorait son nouveau job. Elle ne voyait pas comment faire marche arrière, et surtout elle ne le souhaitait pas. 

Elle aperçut l’icône de sa boîte mail professionnelle qui s'était mise à clignoter. Elle cliqua dessus et vit qu’un nouveau message était arrivé, provenant de Jack. Pourquoi, alors qu’il était à une distance d’à peine cinq mètres, lui envoyait-il un mail ? Lorsqu’elle l’ouvrit, elle fut surprise de ce qu’elle y trouva.

De : jack.harkness@torchwood.co.uk
A : ianto.jones@torchwood.co.uk, eirwen.lloyd@torchwood.co.uk, simon.duval@torchwood.co.uk
Objet: Visite médicale.

La visite médicale annuelle hebdomadaire et obligatoire aura lieu vendredi prochain à 15:30. Le lieu et le médecin restent à déterminer.
Je vous tiendrai au courant dès que j’en saurai plus.

Capt. Jack Harkness.


Une visite médicale obligatoire pour travailler à Torchwood ? Elle aura tout vu. Décidément, la réalité vous rattrape même ici, où se mêlent l’incroyable et l’impossible, s’amusa t-elle à penser. Elle n’avait jamais aimé les visites médicales. Celles qu’elle avait eues lorsqu’elle était agent de police étaient très … désagréables. Le médecin n’étant pas aimable et plutôt machiste vis-à-vis des femmes dans la police.

Elle effaça ces pensées peu joyeuses de son esprit et referma la messagerie tout en inscrivant dans un coin de sa tête la date du rendez-vous. Puis elle ouvrit le programme de surveillance de la faille et des courbes et des lignes de chiffres qu’elle avait appris à déchiffrer assez rapidement, ce dont elle était fière, apparurent à l’écran. Tout semblait normal.

Elle s’empara alors d’un dossier et commença à rédiger son rapport sur la mission de la veille. Rien de  bien palpitant à raconter. Jack et elle avaient poursuivi un Weevil sur Mermaid Quay pendant une bonne heure avant de perdre sa trace près de l’ancien hôtel St-David transformé en bureaux de la société Kree. Il avait disparu… Il s’était évaporé pratiquement sous leurs yeux, au détour d'une rue. Ils l’avaient cherché durant une rosse demi-heure avant d’abandonner et de rentrer au Hub.

Une fois les faits relatés et notés sur le formulaire, elle signa et referma le dossier qu’elle déposa dans la corbeille du bureau de Ianto qui se chargerai de le classer. Bien qu’il soit un membre des plus actifs de l’équipe, il avait gardé ses anciennes prérogatives et notamment celles du classement et de la bonne tenue des dossiers. Elle le chercha des yeux, il n’était pas à sa place et cela l’intrigua. Elle le vit dans le bureau de Jack, assis sur le coin de la table. Ils discutaient.

Ses yeux se posèrent sur Simon qui était absorbé par son écran, comme d’habitude. Il essayait depuis une bonne semaine de mettre à jour le programme "Sato" sur le contrôle de la faille et sur les prévisions de son activité. Il ne pouvait, ou ne voulait, pas l’admettre, mais cette Toshiko était très forte pour une fille des années 2000. Et cela piquait son orgueil de geek français. Eirwen se demanda si c’était son ego de geek ou son ego de français qui était le plus atteint et elle sourit à cette idée. Elle retourna s’asseoir à son bureau tout en se demandant quoi faire. C’était calme et elle, hyperactive, n’arrivait pas à tenir en place. Elle souhaitait presque que la faille fasse des siennes pour qu'’ils puissent partir en mission. Mais non, les relevés qu’elle lisait sur l’écran étaient des plus calmes.

N’en pouvant plus, elle se leva et se dirigea vers le bureau de Jack dans lequel Ianto était toujours. Elle passa la tête par la porte.

Eirwen : ça vous dit un muffin ?
Jack : Bonne idée.
Eirwen : Myrtille pour toi Jack, tout chocolat pour Ianto, c’est ça ?
Ianto : Tu as tout bon Eiry ! Quelle mémoire !

Elle sortit du Hub et se dirigea vers St-Mary Street. Le temps était ensoleillé mais l’air était frais et elle se dit qu’elle aurait dû prendre son écharpe. Elle tourna à l’angle de la rue et se dirigea vers le Starbuck caffe. Mais avant qu’elle n’entre dans la boutique, une détonation assourdissante retentit. Elle regarda de tous les cotés, mais ne vit rien, à part des gens affolés qui couraient dans tous les sens. Puis, elle remarqua que certains pointaient du doigt le ciel. Lorsqu’elle suivit la direction désignée, elle aperçut avec horreur un rayon lumineux descendre du ciel vers le stade, vers Torchwood, vers le Hub, vers… ses amis. Ou alors montait-il ? Elle ne savait que penser, mais se mit à courir en direction du quartier général. Elle avait une boule de panique dans le ventre et les battements de son cœur résonnaient dans ses tempes.

Elle arriva essoufflée au portail et s’adressa au gardien.

Eirwen : Bob ? Qu’est-ce qui se passe ?
Bob : J’en sais rien Mlle Lloyd. C’est arrivé comme ça... D’un coup. Ça a frappé le stade et depuis j’ai plus de communication avec le Capitaine.
Eirwen : Restez là Bob ! Je vais voir ce qui se passe.

Elle choisit de ne pas utiliser l’ascenseur et se dirigea vers les escaliers de secours. Elle tapa le code et la porte s’ouvrit. Elle soupira, rassurée de pouvoir pénétrer dans le Hub. Elle descendit quatre à quatre les escaliers et poussa la porte de la salle principale. Jack et Ianto étaient affairés autour du générateur de faille tandis que Simon naviguait entre son ordinateur et les deux hommes.

Elle accourut à leurs cotés et demanda :

Eirwen : mais qu’est-ce qui se passe ici ?
Jack : La faille s’est activée sans raison…
Ianto : … on essaye de la maîtriser mais …
Simon : … c’est compliqué !

Les trois hommes semblaient dépassés par les événements. Jack tentait de resserrer des boulons, Ianto avait la tête dans le contrôleur, cherchant la panne ou le mécanisme défaillant et Simon pestait contre son ordinateur, tapant du poing sur le clavier.

Eirwen : C’est pas comme ça que tu vas y arriver Simon !
Simon : Ah oui ? Et comment tu veux que j’y arrive ? Elle est devenue incontrôlable !
Jack : Hé ! Au lieu de vous chamailler… trouvez une solution, on ne va pas tenir longtemps ici !
Simon : Y’a pas de solution Jack !!!

A peine Simon avait-il hurlé ces mots, qu’un halo de lumière éblouissante enveloppa la moitié de la pièce, la moitié dans laquelle Jack et Ianto se trouvaient. Eirwen et Simon durent de couvrir les yeux de leurs bras pour se protéger des rayons. Puis tout redevint calme, comme avant. Plus de rayon, plus de faille n’en faisant qu’à sa tête, plus de danger apparent…

Jack et Ianto étaient toujours au même endroit. Eux aussi semblaient étonnés. Ils se redressèrent et se dirigèrent vers les deux autres membres.

Jack : Bon, c’était quoi ce bordel ?
Simon ; J’en sais rien, je lance un diagnostique complet, on en saura plus dans quelques heures…
Jack : Essaye d’activer les choses Simon ! Il faut qu’on sache ce qui s’est passé ! Et vite !

Eirwen semblait surprise, Simon également… ils le regardaient bizarrement.

Jack : Quoi ?
Ianto : Que se passe t-il ? Pourquoi vous regardez Jack comme ça ?
Eirwen : Heu… je crois qu’il y a comme un petit problème…
Simon : Un petit ??? Je crois plutôt qu’on a un gros problème sur les bras …
Jack : Mais vous allez parler oui ?
Eirwen : Heu Jack, regarde vers ta droite et je pense que tu auras ta réponse …

Jack tourna la tête vers la direction qu’elle lui avait indiquée, vers Ianto. Ianto, quant à lui, tourna la sienne également dans la même direction pour voir ce qui devait être visible selon Eiry. Mais il ne vit rien. Ce ne fut que lorsqu’il se retourna qu’il comprit. 

Jack & Ianto : Oh mon Dieu !   
   
 


Citation:

Les deux hommes se regardaient fixement. Ianto fut le premier à bouger. Il leva la main vers le visage lui faisant face et le toucha.

Ianto : Jack ?
Jack : Heu… oui, c’est moi ?
Ianto : Mais… Comment ?
Jack : Je n’en sais rien.

Ianto retira sa main brusquement et s’assit, les jambes croisées, tentant désespérément de cacher quelque chose.

Eirwen : ça va pas ?
Ianto : Si, si, je vais bien… dit il confus…
Jack : Ianto ?
Ianto : Mais comment tu fais pour être excité 24 heures sur 24 ? J’ai à peine touché ta joue et je sens déjà le désir grandir en moi ?
Jack : Des années de pratiques pour me maîtriser Ianto Jones… T’es mal barré… Un conseil... Reste le plus loin possible de moi

Jack éclata de rire, mais ce ne fut pas son rire franc et communicatif habituel, ce fut un rire plus retenu, plus timide.

Eirwen et Simon n’en revenaient pas … Ils avaient devant eux, certes leurs amis, mais comment expliquer… Inversés ? Interchangés ? Transférés ?

Bref, pour faire simple, Jack semblait être dans le corps de Ianto et Ianto dans celui de Jack. Ce qui était assez perturbant. Vu leurs caractères assez différents, voir à l’opposé l’un de l’autre, entendre « Ianto » parler comme Jack et « Jack » parler comme Ianto avait quelque chose de … bizarre…

Encore plus perturbant, voir un « Jack » timide, réservé, poli et en ce moment même mort de honte, et un « Ianto » sûr de lui, moqueur et dragueur, laissait planer une sensation de malaise chez les deux autres membres.

Jack : Bon, une chose à la fois ! Ianto file préparer un café, ça te fera peut-être passer ton envie… Simon, trouve quelque chose, n’importe quoi mais quelque chose… C’est pas que ce ne soit pas plaisant d’être dans ce corps de jeune apollon, mais j’aimerais récupérer le mien… Eiry… heu... aide Simon !

La scène qui se déroula sous les yeux d’Eirwen tenait du comique de situation, Ianto dans le corps de Jack se dirigea vers le percolateur et Jack, dans le corps de Ianto, s’assit à son bureau et examina son écran. Eirwen ne savait pas quoi faire … Qui savait quoi faire d’ailleurs ? Allaient-ils rester chacun dans le corps de l’autre pour toujours ? Y avait-il réellement une solution ?

Eirwen ne pouvait détacher son regard de Jack préparant leurs cafés, c’était une image tellement improbable. Mais ce n’était pas Jack, c’était Ianto. Sa tête commençait à lui faire affreusement mal et elle préféra s’en retourner à son bureau, tenter quelque chose… sans savoir réellement quoi. Mais elle devait arrêter de penser à ce qui s’était produit.

Quand Ianto déposa les tasses fumantes sur le rebord des bureaux, elle ne releva même pas la tête et murmura un merci timide. Ianto, quant à lui, se dépêcha de rejoindre Jack, sentant que son envie inavouable recommençait à se faire sentir en présence de la jeune femme.

Ianto : C’est impossible Jack… j’y arriverai pas… Mais c’est quoi ton problème ? Un caniche t’exciterait j’en suis sûr…
Jack : Assieds-toi et ferme les yeux. Respire lentement et essaye de faire le vide dans ton esprit. Ça devrait passer...
Ianto : Et si ça passe pas ?
Jack : J’ai bien une petite idée, mais je ne suis pas sûr que tu sois psychologiquement en état.
Ianto : Ce n’est franchement pas le moment Jack !
Jack : Dommage, ça aurait pu être une expérience intéressante.
Ianto : Tu es incorrigible.

Il se leva et quitta le bureau de son boss. Il attrapa la pile de dossiers en attente de classement, se dirigea précipitamment vers l’escalier et descendit les marches jusqu’à la salle des archives dans laquelle il s’enferma au calme et loin des tentations.

Jack sortit à son tour et se dirigea vers Simon. Ils discutèrent un moment et puis il s'approcha d'Eirwen.

Jack : Eirwen ?
Eirwen : Iant… heu… Jack ?
Jack : Il faudrait faire une vérification des éléments qui auraient pu perturber le fonctionnement de la faille. Tu peux t’en occuper ? Simon fait le diagnostic et ça occupe toute son attention.
Eirwen : Oui, bien sûr…
Jack : Merci.

Durant le reste de la journée, ils furent tous occupés, plus ou moins, à trouver une solution à cet épineux problème qui devait être résolu le plus rapidement possible. Ianto resta invisible au reste de l’équipe et Jack passait des coups de fils depuis le début de l’après midi…

Un peu avant 18h, Eirwen se leva d’un bond de sa chaise et entra en trombe dans le bureau de Jack.

Eirwen : Éruption solaire de puissance 15 !
Jack : Pardon ?

Sans le regarder elle répéta :

Eirwen : Il y a eu une éruption solaire de puissance 15 simultanément à l’activité inhabituelle de la faille. Tu crois que ça pourrait expliquer "ça" ?
Jack : Tu vas éviter de nous regarder jusqu’à quand ?
Eirwen : Pardon ?
Jack : J’ai bien vu que tu évitais de croiser nos regards. Imagine que nous restions coincés dans le corps de l’autre, tu continueras à regarder le sol à chaque fois que tu nous parleras ?

Eirwen leva les yeux vers son patron. Il était adossé au dossier de son fauteuil ; les pieds sur le bureau, les bras croisés et un sourire sur le visage. Il était dans la position qu’elle lui connaissait bien, mais l’effet ne fut pas le même car à la place de Jack, c’était Ianto qui la regardait. Pas que Ianto la laissait de marbre, c’était un jeune homme très séduisant et attachant, mais elle le considérait plus comme un frère et n’avait jamais eu les mêmes sentiments d’attirance qu’elle avait en face de Jack. Jack dégageait de lui une telle confiance, un tel courage, un tel aplomb qu’il était difficile de lui résister.

Eirwen : Laisse moi le temps de m’y habituer Jack…

Et elle sortit précipitamment du bureau, suivie par Jack qui alla voir Simon pour avoir confirmation de ce que venait de lui apprendre Eirwen. Il lui confirma que, d’après ses calculs, l’éruption solaire avait eu pour effet de booster la faille et que le pic d’énergie correspondait au moment où ils avaient échangé de corps. Il ajouta que, selon ses calculs, une nouvelle éruption devrait avoir lieu dans une semaine exactement et que selon la théorie, si les mêmes conditions sont réunies, ils pourraient retrouver leur corps.

Une semaine. Cela ne devrait pas être dur… Enfin, pour lui. Pour Ianto, rien n’était moins sûr.

Jack : Bon et bien si on a que ça à faire, attendre, rentrez chez vous. On ne peut rien tenter avant une semaine, donc pas besoin que vous restiez ici. Rendez-vous demain matin, frais et dispo.
Eirwen : Tu es sûr Jack ?
Jack : Tout à fait sûr. Et Ianto ne sortira des ses archives que si vous n’êtes pas dans les parages. J’ai un esprit de gallois dans un corps d’agent du temps à m’occuper.

Eirwen chassa immédiatement l’image qui était apparue à son esprit… Elle savait Jack super libéral dans ses mœurs, mais de là à … non… si ? Pourrait-il ?

Eirwen : Bon, à demain Jack !
Simon : J’ai laissé le diagnostic en marche, il reste encore 3 heures avant son arrêt complet. Tu vérifieras le moment venu ?
Jack : Pas de soucis Simon. Je m’en occupe.

En moins d’une minute le Hub était vide, calme et silencieux. Jack descendit aux archives afin d’avoir une « discussion » avec Ianto. Il tenta d’ouvrir la porte mais elle était fermée de l’intérieur.

Jack : Ianto ! Ouvres !
Ianto : Non.
Jack : Ten inches*… (*25,4 cm)
Ianto : Quoi ten inches ?
Jack : J’ai mesuré… 10 inches.
Ianto : T’as mesuré quoi ?

Puis comprenant ce que venait de dire son amant, il ouvrit la porte à la volée et s’exclama :

Ianto : T’as pas osé ?
Jack : Vraiment ? 10 inches ? J’avais pas remarqué… et pour ta gouverne, non, j’ai pas osé… ce qui me ressemble guère, j’avoue…
Ianto : T’es vraiment qu’un …

Mais il ne finit pas sa phrase et claqua la porte au nez du capitaine.

Jack : Tu ne vas pas rester là pendant une semaine ?
Ianto : Comment ça une semaine ?

Jack lui expliqua au travers de la porte ce qu’ils avaient découvert quelques instants auparavant. Mais cela ne lui sembla pas rassurer le gallois, toujours retranché derrière la porte. Il aurait pu l’ouvrir… s’il avait eu son bracelet d’agent du temps… mais vu que ce bracelet était attaché à son poignet gauche et que son poignet se trouvait derrière une double porte sécurisée, cette solution était exclue.

Jack : Ianto ? Sois pas ridicule et sors… ou laisse-moi entrer !
Ianto : NON !
Jack : Pourquoi ?
Ianto : Parce que « ton » corps n’en fait qu’à sa tête quand « tes » yeux voient « mon » corps.
Jack : Y’a qu’une solution Ianto…
Ianto : Laquelle ?
Jack : Laisse le avoir ce qu’il veut.
Ianto : Tu rêves Jack… Tu as des fantasmes qui sont parfois au-delà des limites. Ne me dis pas que l’éventualité de « te » faire l’amour en est une ?
Jack : Hum….
Ianto : Non, surtout ne réponds pas …
Jack : Tu vas réellement rester là dedans ?
Ianto : Si tu me promets de ne pas me « chercher »…
Jack : Promis.

Jack entendit le verrou s’ouvrir et vit « sa » tête passer à travers l’ouverture. Il se dit qu’effectivement c’était une situation des plus bizarres, mais bien qu’il avait promis à son amant de se tenir tranquille, l’esprit d’un Jack Harkness, même piégé dans un autre corps, reste l’esprit de Jack Harkness et Dieu sait ce que son esprit peut inventer quand il s’agit de « s’amuser ».

Mais il ne s’attendait pas à ce qui arriva. Ils étaient tranquillement assis dans les fauteuils de la salle de réunion, à l’opposé l’un de l’autre, buvant un café et regardant un documentaire sur la vie des truites dans les rivières françaises, documentaire qui avait pour seul objectif d’aider le pauvre Ianto à se focaliser sur autre chose que ses hormones.

Jack s’endormit rapidement de lassitude devant cette émission soporifique au plus haut point. Ianto avait quant à lui les yeux fixés sur l’écran, se concentrant sur les explications données par le commentateur …

« Bien que la plupart des truites vivent exclusivement en eau douce, certaines espèces, Oncorhynchus mykiss et Salmo trutta fario notamment, présentent des spécimens qui passent leur vie adulte dans l'océan et remontent les rivières pour se reproduire, à l'exemple des saumons… »

Ianto essayait tant bien que mal de s’auto-raisonner, mais du coin de l’œil il voyait son propre corps avachit sur le fauteuil, la poitrine se levant au rythme régulier de la respiration.

Il se concentra de nouveau sur le documentaire, mais ce qui devait l’aider se révéla en fait être un aphrodisiaque des plus étonnant.

« La truite fario est sexuellement mature vers 2 ans pour les mâles et 3 pour les femelles. D'octobre à janvier, elle se reproduit à une température comprise entre 5° et 12 °. Les géniteurs se retrouvent après avoir effectué une migration plus ou moins longue vers l'amont des rivières pour bénéficier d'une meilleure oxygénation et d'un bon substrat. Les mâles très agressifs dissuadent les importuns pendant que les femelles aménagent avec leur caudale une dépression dans les graviers pour y pondre 1500 à 4000 œufs. Les ovocytes, d'un diamètre de 4 à 5 mm et d'une couleur orange, seront immédiatement fécondés par la semence mâle qui, à l'instar des œufs, s'altère très vite (en moins de 30 secondes). Puis la femelle les recouvre de graviers afin de les protéger du courant et d'éventuels prédateurs. Très vite, la frayère est abandonnée. »

Ianto était en proie à une torture intérieure, la simple évocation de la reproduction des truites lui avait fait un effet des plus surprenant. Il sentait sa masculinité grossir et être de plus en plus à l’étroit dans le pantalon de toile bleue de Jack. N’y tenant plus, il se déshabilla et s’avança ver son amant endormi.

Ianto : Jack ?
Jack : Mouis… dit-il encore endormi.
Ianto : Aide moi s’il te plait…

Jack ouvrit les yeux et vit « son » corps nu, prêt, dans toute sa splendeur. Ianto avait cédé à ses réticences et le suppliait de l’aider. Il se leva et prit son amant dans ses bras.

Jack : Viens…
   
 


 
Citation:

Jack entraîna Ianto dans le couloir qu’ils longèrent sur quelques mètres pour rejoindre leur chambre. Lorsqu’il ouvrit la porte et entra, son bras fut retenu en arrière. Ianto était resté sur le pas de la porte, hésitant malgré son envie de plus en plus flagrante.

Jack : Ianto ?
Ianto : Je sais pas si c’est « juste » ce qu’on va faire Jack …
Jack : Ce ne sont que des corps Ianto…
Ianto : Oui, c’est vrai, mais avoue que c’est tout de même perturbant.

Ianto regardait Jack dans les yeux... Dans ses yeux à lui, les siens, ceux qu’il voyait tous les matins dans la glace de sa salle de bain. Il remarqua un léger reflet foncé dans ses pupilles qu’il n’avait jamais vu auparavant. Ainsi que de minuscules rides qui apparaissaient au coin de ses yeux quand il souriait.

Cette réflexion engaillardit le gallois de nouveau. Jack s’en rendit compte et décida de prendre les devants… comme d’habitude. (…)



Nan mais franchement, vous pensiez qu'elle serait là ???


vous la voulez .. MP moi Mr. Green
    


(…)
Il avait l’impression que son bas-ventre était en feu, que des milliers d’épingles lui picotaient l’intérieur du bassin. La sensation qu’il ressentit à ce moment là dépassa toutes ses attentes. Il comprit pourquoi on appelait ça « monter au 7e ciel ».

Sa tête était comme entourée de coton, plus aucun bruit n’arrivait à ses oreilles, ses yeux ne voyaient plus que des milliers d’étincelles, son corps était parcourut par de nombreux frissons et ses jambes étaient flageolantes. Il se libéra le plus lentement possible et recula, chancelant. Jack se releva et s’avança dans sa direction.

Il vit dans ses propres yeux du plaisir, mais également l’incompréhension et, à une dose minime, de la peur. Il prit son amant dans ses bras et l’aida à s’asseoir sur le lit. Ianto était dans un état second, toujours à la merci de ces sensations qu’il essayait de comprendre mais surtout de contrôler.

Jack : Respire et essaye de faire le vide Ianto. Doucement, tout doucement… voilà ... c’est bien…

Ianto suivait à la lettre les recommandations de Jack. Son cœur battait beaucoup trop vite à son goût et des tremblements incontrôlables secouaient son corps régulièrement. Il venait de vivre la plus intense des jouissances, la plus longue qu’il n’avait jamais eue, mais maintenant il souhaitait que cela s’arrête… la brulure constante qu’il ressentait au creux de son ventre commençait à lui faire mal, très mal. Des larmes commençaient à couler toutes seules sur ses joues.

Jack le serrait toujours conte lui, fort et tendrement à la fois. Il lui caressait la nuque et les cheveux afin de l’apaiser. Il se dit que ce n’avait peut-être pas été une si bonne idée que ça finalement… L’esprit, ou l’âme, de Ianto n’était peut-être pas assez forte pour commander à un corps d’homme du 51e siècle. Pour Jack, c’était facile, il avait grandi dans ce corps, il le connaissait, il savait comment éteindre le feu intérieur du plaisir.

Il força Ianto à s’allonger et se cala dans son dos, tous les deux en position fœtale. Enfermé et en sécurité entre les bras de son capitaine, Ianto commençait à se calmer, bien qu’il continuait à être secoué de soubresauts.
Jack posa sa tête contre la sienne et commença à fredonner une chanson. Ianto ne reconnu pas l’air, ce devait-être une comptine remontant à l’enfance de Jack.

Dors, petit, dors…
Le ciel de la nuit sera ton berceau…
Les étoiles, les gardiennes de tes rêves…
Dors, petit, dors…
Demain une nouvelle journée t’attend…
Remplie de jeux et d’amis…
Dors, petit, dors…
Maman veille sur toi.


Ianto commença à sombrer dans le sommeil, la brûlure dans son bas-ventre s’amenuisait au fil des paroles répétées en boucle. Sa voix, sa propre voix, on le lui avait déjà dit, mais il ne le croyait pas, avait des effets calmants, vraiment calmants. Il se laissa emporter par le sommeil tout en repensant à cette extraordinaire expérience inédite qui, contrairement à ce qu’il avait pu supposer, n’avait pas été si perturbante que ce qu’il s’était imaginé. C’était même une expérience qui leur permettrait sûrement de mieux se connaitre et d’être, peut-être, plus attentifs, conscients et à l’écoute des désirs et plaisirs de l’autre.

Jack sentait la respiration de son amant redevenir régulière et calme. Il déposa un baiser sur la tempe de Ianto et se leva. Il menotta les mains du gallois à la tête du lit, couvrit son corps nu avec une couverture et sortit de la chambre après avoir attrapé des vêtements. Il ferma la porte à clé et remonta afin de vérifier le programme lancé par Simon. Arrivé en haut des marches, il regarda la porte qu’il venait de verrouiller d’un air triste.

Jack : Je suis désolé… Mais tu ne pourrais pas supporter ça une fois de plus...




Citation:

Lorsqu’Eirwen entra dans le Hub, le lendemain, elle fut surprise de n'y voir personne. Simon n’était apparemment pas arrivé et ni Ianto, ni Jack n’étaient visibles. Elle se demanda comment la nuit avait pu se dérouler entre eux deux… vu la situation…

Elle déposa ses affaires et alluma son ordinateur. Elle s’assit devant son écran sur lequel étaient en train défiler des lignes de codes, puis attendit que la fenêtre lui permettant d’entrer son mot de passe apparaisse. A la place, un message d’erreur s'afficha sur l’écran : SAUVEGARDE JOURNALIÈRE NON VALIDÉE – POUR CONTINUER VEUILLEZ ENTRER LE MOT DE PASSE. C’était la première fois qu’Eirwen voyait ce message. Mais avant qu’elle ne tape son mot de passe, un hurlement se fit entendre, provenant de l’étage inférieur. Elle se dirigea en hâte vers les escaliers et les descendit doucement afin de percevoir le lieu d’origine de ce cri. Lorsqu’elle passa près de la porte de la chambre, elle sursauta quand un nouveau hurlement résonna à l’intérieur.

Ianto : JAAAAAAACK ! Laisse-moi sortir !

Elle posa la main sur la poignée et tenta d’ouvrir mais sans succès. Elle continua jusqu’à la porte suivante et, une fois à l’intérieur, elle eut la surprise d’y trouver la télévision allumée, les vêtements de Jack éparpillés sur le sol et les tasses de café toujours posées sur la table.

Ça ne ressemblait pas à Ianto. Le Hub était toujours clean quand elle arrivait le matin. Il mettait un point d’honneur à le ranger le soir avant de partir ou très rarement le matin de très bonne heure quand il n’avait pas eu le temps de le faire la veille. Mais jamais elle n’avait vu la salle dans cet état. Elle allait ramasser les affaires quand elle fut arrêtée par une voix provenant de derrière elle.

Jack : Pas glorieux hein ?

Eirwen se retourna vers la voix qu’elle avait reconnu comme étant celle de Ianto.

Eirwen : Iant… heu Jack ?

Il se tenait debout, sur le pas de la porte, le dos contre le montant, vêtu d’un simple boxer noir. Il tenait à la main une serviette beige avec laquelle il commença à se sécher les cheveux. La tignasse désordonnée par le séchage express de Jack lui donnait un air enfantin, impression renforcée par l’apparition progressive de bouclettes qui lorsqu’il prenait le temps d’aller chez le coiffeur n’étaient pas visibles.

Eirwen ne pu s’empêcher de le dévisager, l’expression tant connue sur le visage de Jack qu’elle voyait en ce moment sur celui de Ianto la chamboulait. Elle se força à fixer le bleu de ses yeux. L’aperçu rapide qu’elle avait eu du corps de celui-ci avait éveillé ses sens. Les costumes de Ianto, bien que taillés sur mesure, ne permettaient pas de se rendre compte combien leur propriétaire était sexy. Certes il n’avait pas de « tablettes de chocolat » mais son corps était taillé, entretenu. Il faut dire que les courses poursuites traditionnelles de Torchwood aidaient à garder la ligne… Elle se surprit à envier Jack et à comprendre son attirance pour le jeune homme.

Jack : Il est bien foutu l’animal hein !

Jack avait remarqué le malaise qui s’était installé et, comme d’habitude, il prenait un malin plaisir à en profiter pour asticoter ses collègues. Lorsqu’il passa à coté d’Eirwen, le regard de celle-ci, comme aimanté, ne pu se détacher de lui et elle tourna le visage. C’est à ce moment là qu’elle aperçu les nombreuses cicatrices couvrant le torse et le dos du gallois. Des années de services à Torchwood ne pouvaient laisser un corps indemne.

Elle fut sortie de sa contemplation par un nouveau cri venant de la chambre.

Ianto : JAAAAAACK ! Je sais que tu es là ! Laisse-moi sortir !!!!!!

Jack s’arrêta, baissa la tête vers le sol, ferma les yeux et serra les poings. Il ne bougeait plus, il était comme statufié et n’avait apparemment pas l’intention de faire le moindre geste pour accéder aux suppliques de son amant.

Eirwen : Jack ???
Jack : Je ne peux pas le laisser sortir Eiry… Pas après ce qui s’est passé hier soir.

Il se retourna vers elle, son regard avait perdu de sa superbe, il s’était assombri et quelques rides étaient apparues sur son front. Il se dirigea vers la table sur laquelle étaient posées des affaires propres et pliées. Il enfila un tee-shirt blanc et passa une chemise bleue. Après avoir revêtu son pantalon de toile, il ajusta ses bretelles par-dessus ses épaules et serra au maximum sa ceinture. Puis il se dirigea vers les vêtements dispersés à terre et les ramassa un à un pour les déposer sur un coté du canapé. Il s’empara des tasses et les glissa dans le lave vaisselle.

Eirwen regardait son patron d’un air mi-amusé, mi-compatissant. Il flottait dans ses vêtements trop grands pour lui, mais Jack n’avait apparemment pas l’intention de mettre autre chose que ses sempiternelles fringues. Jack sans son costume militaire des années 1940 n’était pas Jack. Elle ne l’avait jamais vu habillé autrement, seule sa chemise variait au gré de ses envies, mais toujours dans les tons bleus. Elle eut alors la réponse à une de ses questions : Jack avait plusieurs panoplies identiques de son « uniforme ». Étrange habitude…

Jack : C’est mieux comme ça… Il n’aimerait pas savoir qu’on a laissé la salle dans cet état.
Eirwen : Jack ? Ça va ?
Jack : Moi oui, je n’ai aucun problème à gérer ce corps… Ianto, je ne sais pas s’il pourra tenir une semaine…
Eirwen : Comment ça ? Ne pas tenir une semaine ?
Jack : Il n’arrive pas à contrôler ses pulsions et je ne sais pas si je pourrais lui résister s’il devenait … Entreprenant… Tu vois ce que je veux dire… ?
Eirwen : Je crois comprendre. Mais toi tu arrives à les contrôler pourtant ?
Jack : Je suis né avec … j’ai appris à les contrôler. Sur la péninsule de Boeshane, là où je suis né, les garçons qui atteignent la puberté vont faire une sorte de « stage »… Un rite de passage en quelque sorte, avec la « Mater », c’est elle qui nous enseigne comment réprimer et surtout contrôler nos pulsions et envies.
Eirwen : Boeshane ? Tu ne viens pas de la Terre ?
Jack : Je suis d’ici et d’ailleurs, je ne sais pas vraiment à quel endroit j’appartiens… je suis un citoyen de l’Univers dans sa globalité.

Ianto : JAAAAAAACK !!!!!!!

Le hurlement de Ianto suivit par un bruit métallique d’un objet se fracassant contre le mur inquiéta Jack qui sortit en courant, la main dans la poche à la recherche de la clé. Il déverrouilla la serrure et pénétra dans la chambre. Eirwen s’immobilisa sur le pas de celle-ci, comme si quelque chose l’empêchait d’aller plus loin.

Elle s’était imaginé beaucoup de choses sur cette pièce, son agencement, sa décoration… Mais elle était très loin de ce qu’elle avait sous les yeux. La chambre était … hétéroclite … un composite de Ianto et Jack. La simplicité des meubles tranchaient avec la surabondance d’objets plus étonnants les uns que les autres, qu’Eirwen ne put identifier. Au centre de la pièce, un lit double entouré de deux chevets en acajou. Les murs étaient couverts d’étagères sur lesquels étaient posés les différents objets bigarrés, variés et ahurissants. Dans un coin, une table sur laquelle un percolateur était posé, ce qui la fit sourire un instant. Dans l’autre coin, un bureau dans la même veine que le lit, immaculé. Rien n’était posé dessus à son grand étonnement… mais lorsqu’elle posa les yeux sur le sol, elle vit des dizaines d’objets à terre, certains brisés, et de nombreux papiers dispersés. Elle comprit alors que la nuit n’avait pas dû être de tout repos pour les deux hommes.

Eirwen : Jack, que s’est-il passé ?

Jack ne lui répondit pas. Il était occupé à ramasser la chaise dans laquelle Ianto avait réussit à shooter depuis le lit.

Ianto : Détache-moi Jack !
Jack : Je suis désolé, je ne peux pas Ianto.
Ianto : DÉTACHE-MOI !!!!!!!

Le ton de Ianto était si empli de fureur qu’Eirwen sursauta. Ianto n’était jamais sorti de ses gonds à ce point, en tous cas en sa présence. Elle avait certes déjà entendu Jack vociférer de la sorte, mais le fait que c’était Ianto qui hurlait à pleins poumons la décontenança. Elle pouvait même ressentir la haine qui l’animait.

Ianto : Jack ! Espèce d’enf****.
Jack : Calme-toi ou je serai obligé de te bâillonner.
Ianto : Essaye pour voir.

Malgré le regard assassin qu’il lui lançait, Jack posa sa main sur le torse de son amant afin de le calmer mais cela n’eut pas l’effet escompté, bien au contraire. Une lueur de désir apparut dans les yeux bleus du gallois qui se dirigèrent vers Eirwen. Il avait un sourire pervers sur les lèvres et des yeux pétillants de désir. Eirwen eut un mouvement de recul face à ce regard.

Ianto : Tu as amené de la compagnie ? ça pourrait être amusant un plan à ..

Mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Il fut transpercé par une nouvelle brûlure dans son bas ventre qui l’obligea à se plier tant bien que mal en deux.

Ianto : Arghhhh. Jack… aide moi !!!!
Jack : Respire Ianto !
Ianto : Va te faire f*** avec ta respiration !
Jack : Eirwen ! Va me chercher des calmants à l’infirmerie ! vite !!

Eirwen courut vers l’ancien bureau de Deirdre. Au moment d’entrer, elle ressentit un pincement au cœur. Lorsqu’elle pénétra dans le local, elle dû marquer un moment de pause ; tout avait été gardé comme Deirdre l’avait laissé. L’infirmerie n’avait pas beaucoup servi depuis sa mort. A chaque fois qu’ils avaient eu des problèmes, ils étaient allés directement à l’hôpital.

Elle continua jusqu’à l’armoire renfermant les médicaments et chercha les sédatifs parmi les flacons et ampoules. Elle repassa chaque médicament en revue deux fois avant de se rendre à l’évidence qu’ils étaient en rupture de stock. Elle retourna vers les deux hommes et s’adressa à Jack.

Eirwen : J’en ai pas trouvé Jack !
Jack : Quoi ?
Eirwen : Il n’y en a plus !
Jack : Impossible, le stock est renouvelé régulièrement par …
Eirwen : Deirdre ... oui…
Jack : Merde !
Eirwen : Je t’avais prévenu …
Jack : Ce n’est pas le moment Eiry !
Eirwen : Y’a pas d’autres solutions ?
Jack : Si … je peux essayer de l’assommer…
Eirwen : Jack ?!?
Jack : Je crois qu’on n’a pas le choix … tu crois que tu peux en demander à ton ami ?
Eirwen : David ?
Jack : Tu as beaucoup d’amis médecins ?
Eirwen : Heu … non…

Eirwen sortit dans le couloir et s’empara de son téléphone.

Eirwen : David ? Oui, c’est moi … écoute… on a un problème… oui, ON… oui Torchwood… écoute moi !! …tu pourrais nous apporter des calmants ? … oui… non, c’est pour Ianto… quoi ? non, il n’est pas blessé … pas encore du moins…
Jack (hurlant pour que David l’entende) : ça pourrait ne pas tarder !!!!
Eirwen : Oui, c’était Jack … quoi ? … oui, c’était la voix de Ianto... non… oui… je t’expliquerai plus tard…combien il pèse ? … heu…
Jack : Qu’il en amène le plus possible !
Eirwen : Oui, c’est ça … tu verras sur place… David… dépêche toi s’il te plait…

Eirwen allait raccrocher lorsque David la retint.

Eirwen : Ah oui.. Retrouve-moi devant l’entrée de l’ancien Stade. Oui... l’ancien Stade … c’est ça … à tout de suite . (à Jack) Il arrive dans 10 minutes, il tiendra ?
Jack : Il faudra bien…
Simon (en français dans le texte) : Sainte Mère de Dieu !
Eirwen : Simon…

Simon était arrivé au Hub et dans l’affolement général, les deux autres membres de l’équipe ne l’avaient pas entendu arriver.

Simon : Qu’est-ce qui se passe ici ?
Jack : Aide-moi à le tenir qu'il retse se tranquille Simon !
Ianto : Un nouveau joueur ! Plus on est de fous plus on rit … arghhhhhhh……

Ianto fut de nouveau plié en deux par la douleur. S’il n’arrivait pas à se calmer, son cerveau allait disjoncter et ce serait trop tard. Jack savait que l’on n’en ressortait pas indemne, il l’avait vu chez certains adolescents de Boeshane qui n’avaient pas suivi les leçons de la « Mater » … ou qui avaient eu des « relations précoces ». Ils avaient subi les pires douleurs avant de sombrer dans le coma. Certains s’en étaient réveillés, mais étaient restés des légumes, d’autres étaient morts au bout de quelques semaines.

Simon se plaça à gauche du lit et retint les bras de Ianto. Jack pu ainsi se focaliser sur son amant, le fixant des yeux afin de tenter de le calmer. Il lui fredonnait tout bas la même chanson que la veille au soir, mais elle ne semblait pas avoir le même effet cette fois-ci. Ianto continuait à se débattre comme un forcené. Jack devait continuellement veiller à ne pas recevoir de coups de genoux ou de pieds.

Mais il persévéra, il lui caressait les cheveux, tout comme sa mère le faisait lorsqu’il était malade ou qu’il avait fait un cauchemar. Tout comme elle le faisait aussi à Gray lorsqu’il s’était fait mal ou que Jack l’avait trop taquiné et que ce dernier allait pleurnicher dans ses jupes. Ça faisait un moment que Jack n’avait pas pensé à son frère. Cela le ramena plus de 80 ans en arrière lorsqu’il l’avait enfin retrouvé … pour mieux le perdre à nouveau. Une larme coula sur sa joue, une larme pour Gray qu’il ne reverrait plus jamais mais aussi une larme pour son amour, étendu à ses cotés, qu’il avait tellement peur de perdre.

Ianto : Simon ! Détache-moi nom de Dieu !
Simon : Jack ?
Jack : Non Simon, on ne peut pas … c’est pour son bien…
Ianto : Pour mon bien... Mon c** !!! Si tu voulais mon bien, tu me détacherais et tu me laisserais te …

Jack plaqua sa main contre la bouche de Ianto afin de le faire taire, sachant pertinemment que ce qu’il allait dire ne serait pas très… joli…

Ianto : mpfff…
Jack : désolé…

Le portable d’Eirwen sonna. C’était un texto de David, il était à l’entrée du Stade et… dixit David, un homme bizarre l’empêchait d’entrer. Elle laissa ses compagnons et se rua vers l’ascenseur. Une fois arrivée à l’extérieur, elle retrouva David, assis sur un plot, qui l’attendait derrière la barrière.

Eirwen : C’est bon Bob, il peut entrer !
Bob : Ce serait aimable de me prévenir quand vous attendez de la visite !
Eirwen : Cas de force majeur Bob, désolée ! Par ici David !

Bob appuya sur un bouton qui fit se lever la barrière tout en grommelant des mots incompréhensibles.

Eirwen : Merci Bob.
Bob : Vous direz au Capitaine que j’aurais deux mots à lui dire ! Quand il daignera venir me voir !
Eirwen : J’y manquerai pas…
Bob : grlmbl…

Elle prit son ami par le bras et l’entraîna vers l’entrée du Hub. C’est avec les yeux grand ouverts que David traversa la salle principale et descendit vers la chambre dans laquelle l’attendaient les trois hommes.

Jack : Aoutch ! Ianto !
Ianto : Un peu de piquant dans notre relation Jack … ça ne te dérangeais pas quand c’était le contraire …
Jack : Je te signale que tu n’avais pas les marques sanglantes de mes dents sur toi …
Ianto : Oh pauvre chéri qui ne tolère pas la douleur…

Eirwen : Jack ! On est là !
Jack : C’est pas trop tôt !

David était figé sur place, debout devant le lit. Ianto se débattait tant qu’il pouvait et cherchait à se défaire de l’emprise des deux hommes qui le maintenaient fermement.

David : Mais… Tu m’avais dit que c’était pour Ianto !
Eirwen : C’est Ianto !
David : Comment est-ce possible ?
Jack : La discussion ce sera pour plus tard David !!! Les calmants MAINTENANT !!!

David posa sa sacoche à terre et fouilla à l’intérieur. Il évalua le poids de « Ianto/Jack » entre 90 et 100kg et remplit une seringue avec 1,8 ml de tranquillisant.

Il s’avança vers Ianto et demanda aux deux hommes de le tenir le plus immobile possible. Mais à la vue de l’aiguille, il redoubla d’effort pour tenter de se libérer.

Jack : Calme toi Ianto !
Ianto : va chi*** !

Jack dut user de toute la force du corps dont il était le locataire involontaire pour se coucher sur Ianto et le forcer à ne plus bouger. Simon, quant à lui, tenait le bras le plus immobile possible pour que David puisse faire l’injection.

David : Le produit devrait agir d’ici quelques instants …
Jack : Sûr ? Ça m’a pas l’air d’agir ton truc David !
David : Il aurait déjà dû se calmer …
Jack : Augmente la dose alors !
David : Je lui ai déjà administré la dose maximale !
Jack : Il en supportera une autre !
David : Mais… Ça risque de le plonger dans un coma profond …
Jack : FAIS LE !!
Ianto : Bande d’enf**** … Tu me le payeras Jack !
Jack : MAINTENANT !!!!

David remplit une nouvelle seringue, même s’il était contre cette posologie, le ton de Jack ne lui laissait pas la possibilité de refuser de le faire. Une minute après la seconde injection, Ianto se calma et s’endormit. Jack et Simon purent le lâcher et Jack s’assit sur le rebord du lit. Il repositionna la couverture sur son amant et du dos de sa main lui caressa le visage.

David : Quelqu’un pourrait-il me dire ce qui se passe ici ?
Eirwen : Viens, laissons-les seuls… Je te raconterai tout dans un moment, mais pas ici.

Simon précéda Eirwen et David et tous trois se dirigèrent vers la salle de réunion attenante.   
 



Citation:

Etait-ce une coïncidence ? Un pur hasard ? Ou une aide providentielle ? Personne ne le savait, toujours est-il que la faille se tint tranquille les cinq jours qui suivirent. Jack était resté jours et nuits au chevet de Ianto, auquel on avait enlevé ses menottes car il était maintenu inconscient grâce à de régulières injections de tranquillisants administrées par David qui faisait des allers-retours entre l’hôpital et le Hub de Torchwood.

Jack s’était installé dans le fauteuil qu’il avait positionné face au lit. Il ne se levait que pour aller chercher du café ou manger un morceau ou … satisfaire des besoins naturels. Sans sa « résistance » d’immortel, il sombrait régulièrement dans un sommeil peuplé de cauchemars et autres horreurs qu’il avait pu vivre durant sa si longue existence. Il accompagnait également Ianto quand celui-ci émergeait et réclamait de l’eau, des aliments ou d’aller lui aussi se soulager. La nuit, il s’allongeait à ses cotés et le prenait dans ses bras pour dormir contre lui. Eirwen avait à plusieurs reprises entendu Jack fredonner cet air, toujours le même, depuis cinq jours.

Personne n’était rentré chez lui. Tous avaient pris leurs quartiers dans le Hub, Eirwen avait emménagé dans la salle de repos et Simon dans la salle de réunion, sur le canapé. Ils voulaient rester avec leur amis, en signe de soutien et surtout pour aider Jack au cas où…

David, quant à lui, avait investi l’infirmerie et lorsqu’il était au Hub, il en profitait pour faire l’inventaire de leur stock et préparer les commandes des produits qui leur manquait. Et Dieu sait qu’il leur en manquait et des plus utiles : des compresses stériles, de l’antiseptique, des anti-douleurs et bien évidement, des tranquillisants.

Lorsqu’Eirwen entra dans l’infirmerie, il se retourna vers elle, étonné.

David : Tu ne dors pas ?
Eirwen : J’arrive pas à trouver le sommeil. C’est demain…
David : Oui, j’avais bien compris que tout le monde était sur les nerfs. Vous êtes sûrs que ça va marcher ?
Eirwen : Je l’espère… Sinon, il faudra recourir à une solution à plus long terme pour Ianto.
David : Comment ça ?
Eirwen : La cryogénisation provisoire.
David : Cryo… génisation ???????? Tu te moques de moi Eiry ?
Eirwen : Non … si tu savais tout ce qui est possible ici qui ne l’est pas dehors … Tu serais…

La sirène annonçant une activité imminente de la faille retentit dans l’ensemble du Hub. Eirwen se rua hors de l’infirmerie et rejoignit Simon et Jack qui étaient déjà devant l’écran de contrôle.

Jack : Non ! Pas maintenant !

Il regarda le second écran. Il indiquait un compte à rebours : 02 :25 :02.

Eirwen : Jack ! Tu restes ici, on s’en occupe avec Simon !
Simon : Tu arriveras à mettre en route le contrôleur ?
Jack : David m’aidera si j’ai besoin. Allez-y !

Les deux membres de l’équipe foncèrent vers le garage et sortirent en trombe de l’enceinte du Stade avec le SUV.

Dans le Hub, Jack avait le regard fixé sur les chiffres qui défilaient sur l’écran : 02 :12 :48 . Un peu plus de deux heures et le cauchemar serait fini. Ianto retrouverai son corps, lui le sien et tout redeviendrait normal. Aucun d’eux ne souffrirait plus, Ianto à cause des manifestations de désirs, Jack à cause de son impuissance à soulager don amant.

Il redescendit la dizaine de marches qui menaient au premier étage inférieur, passa devant la porte de leur chambre, jeta un rapide coup d’œil à l’intérieur vérifiant que tout allait bien et se dirigea vers l’infirmerie.

Il y trouva David, en train de mettre au propre la fiche de commande, assis au bureau, éclairé par la lampe d’appoint. Le médecin releva les yeux et aperçu le capitaine Harkness.

David : Je t’ai fais une liste des produits qui vous manquent à commander d’urgence. Comment avez-vous pu survivre autant de temps sans ça ?
Jack : On allait directement à l’hôpital.
David : Mais je ne vous y ais jamais croisé ? C’est étrange ?
Jack : On s’enregistrait sous des alias. Et… surtout … on demandait à être soigné par quelqu’un d’autre que toi…
David : Pourquoi ? Je vous connais, je sais qui vous êtes, ce que vous faites…
Jack : C’est pour ça qu’il ne fallait pas que tu sois vu en notre compagnie. Aucun lien ne devait être fait entre toi et nous, pour ta sécurité.
David : Mouais… bon, passons… j’ai aussi passé en revue les dossiers laissés en cours par votre ancien médecin. J’ai pu en classer certains, mais pour d’autres, j’avoue que c’était comme si je lisais du chinois.
Jack : Tu ferais des merveilles ici…
David : Quoi ?
Jack : Tu es extrêmement bon dans ce que tu fais, tu prends des initiatives et en plus, comme tu l’as dit, tu sais qui nous sommes et ce que nous faisons…
David : Mais je croyais que tu ne voulais pas que je sois impliqué ?
Jack : C’est un peu tard là, je crois que ta présence ici met fin à ce petit jeu de cache-cache. Qu’en dis-tu ?
David : De ?
Jack : Je te propose le poste de médecin officiel de Torchwood. Tu auras de quoi t’occuper rassure toi. C’est assez mouvementé ici… alors ?
David : Tu me laisses un peu de temps pour y réfléchir ? C’est assez soudain et c’est une décision importante à prendre.
Jack : Je comprends, prends ton temps, on en rediscutera une fois que je serai redevenu « moi » … autour d’une bière, entre hommes …
David : D’accord Jack.

Le leader de Torchwood s’était déjà retourné vers la sortie lorsque son portable sonna.

Jack : Oui… quoi .. Des centaines dans les rues de Cardiff ? Mais c’est impossible ! Jamais ils ne sortent aussi nombreux… quoi ? … organisés en armée ? Ça ne se peut pas ! Ils ne sont pas assez sociables pour ça … Eiry ??? Eiry ??? EIRY !!!!!!!!!!!!!!
David : Que se passe t-il ?
Jack : Elle ne répond plus… Il faut que j’y aille !
David : Mais Jack… et Ianto ?
Ianto : Je viens avec toi…

Il était appuyé contre le chambranle de la porte, à moitié dans les vapes mais avait apparemment trouvé la force de revêtir un des rares costumes de Jack. David avait laissé passer l’heure de l’injection et grâce à la constitution du corps immortel de l’ancien agent du temps, Ianto reprenait conscience à une vitesse impressionnante.

Jack : Tu peux pas Ianto …
Ianto : JACK ! Je viens… et puis une bataille rangée contre des Weevils, ça occupera assez mon esprit pour que je ne pense pas à te sauter dessus ou sur n’importe qui d’autre…
Jack : Comme tu veux… Mais que tu le veuilles ou non, dans 2 heures, on rentre ici pour l’explosion solaire. Je veux retrouver mon corps !
Ianto : Ne t’inquiètes pas, je te le rendrai sans regrets…
Jack : David, je compte sur toi pour nous appeler le moment venu !
David : Ok.

***********************

Eirwen : Simon ! Derrière toi !
Simon : Attention sur ta gauche !
Eirwen : Il faut filer d’ici et vite !
Simon : Vas-y, je te couvre !

Simon et Eirwen étaient encerclés par une vingtaine de Weevils. Ils n’avaient qu’une échappatoire possible, l’allée sur leur droite semblait sûre. Eirwen s’élança la première pendant que Simon déchargeait son arme afin de faire diversion. Lorsqu’elle fut dans l’allée, Elle prit la suite de Simon, ce qui lui laissa le temps de la rejoindre. Une fois à l’abri, ils vérifièrent leurs munitions.

Eirwen : Il me reste un chargeur.
Simon : C’est un de plus que moi… Je suis à sec …
Eirwen : On est mal barrés …
Simon : A qui le dis-tu …

Une explosion retentit à quelques pas d’eux, ils se blottirent l’un contre l’autre pour se protéger du souffle brûlant qui envahit l’air.

Voix : Eiry ? Simon ?
Eirwen : Jack ?

Ils se levèrent et avancèrent hors de l’allée. Devant eux, Ianto portant un lance grenade sur l’épaule vérifiait que les Weevils étaient tous partis, enfin ceux qui n’avaient pas été tués dans l’explosion.

Eirwen : Jack ? Ianto ? Que faites-vous là ? L’explosion solaire ?
Jack : David nous avertira quand il sera temps de rentrer !
Eirwen : Ianto ? Ça va ?
Ianto : Je pète le feu !
Simon : Il pète le feu ?!?
Jack : Tant qu’il ne saute pas sur tout ce qui bouge… Moi ça me va …

Du coin de l’œil, Jack vit un Weevil s’avancer subrepticement vers Ianto qui lui tournait le dos. Il portait une barre de fer pointue à son extrémité et s’approchait dangereusement du gallois. Sans réfléchir, il s’élança vers son amant. Il courut le plus vite possible espérant arriver à temps pour désarmer le Weevil ou à défaut d’autre chose, pour s’interposer. Il n’avait pas pensé qu’il n’était plus dans son corps, mais dans celui de Ianto, qui lui n’était pas immortel. Il ne le réalisa que lorsqu’il sentit la pointe en acier transpercer sa poitrine. Eirwen qui s’était élancée derrière lui tira deux balles en pleine tête du Weevil qui s’écroula mort.

Ianto avait lâché son arme et tenait la tête de son capitaine entre ses bras, contre sa poitrine.

Ianto : Jack ! Non !!!!!
Jack : I… Ianto…
Ianto : Mais pourquoi …
Jack : (rires saccadés par la douleur) Réflexe…
Ianto : Reste avec moi Jack ! Reste !!!!! Me fais pas ça …
Jack : Si on m’avait dit que mes derniers instants, je les passerais dans les bras de celui que j’aime… je… je l’aurais envoyé balader …
Ianto : Tu ne peux pas me laisser dans ce corps Jack ! Je ne le contrôle pas ! Tu me condamnes à la cryogénisation à vie !

Ianto tentait tout pour retenir son capitaine, pour qu’il s’accroche au peu de vie qui restait en lui, pour qu’il se batte…
Le portable de Jack sonna. Simon s’en empara dans la poche du manteau de son boss et décrocha.

Simon : David ? Oui... Non, on a un problème… 10 minutes ? On arrive ! Tiens-toi prêt, on va avoir besoin de tes services rapidement !
Jack : Non… on… on ne peut pas échanger maintenant…
Ianto : Oh que si on va échanger …

Simon avait rapproché le SUV et Ianto et lui portèrent Jack dans le véhicule. Simon se remit au volant et parcourut pied au plancher les quelques kilomètres qui les séparaient du Hub à une vitesse record. Eirwen sortit la première et alla ouvrir les portes afin de permettre à Simon et Ianto d’amener Jack près du contrôleur de la faille.

David accourut vers eux et étudia la plaie béante qui se trouvait près du cœur. Il appliqua une serviette de compression sur la blessure, ce qui fit hurler de douleur Jack, allongé à terre dans les bras de Ianto. David sortit une seringue hypodermique de morphine et la lui planta dans la jambe.

Simon : Une minute Jack !
Jack : Nonnnnnnnnn… Ne faites pas ça !!!
Ianto : Jack … On doit le faire…

Ianto regarda David qui n’osait pas le regarder dans les yeux… Ianto comprit alors… il n’aurait pas beaucoup de chance de s’en tirer une fois qu’il aurait retrouvé son corps.

Ianto : David ! Tu me soigneras une fois le transfert terminé ! N’est-ce pas !
David : Oui…
Jack : Il ne pourra pas !!!!!!!!!!!!!

Simon : 4… 3… 2…
Ianto : Jack …
Jack : IANTOOOOOOOOOooooooo…….

Le cri de Jack se perdit dans l’éclatante lumière blanche qui apparut. Simon appuya sur le bouton d’ouverture de la faille et compta intérieurement 10 secondes, puis il appuya de nouveau dessus, la refermant et mettant fin à l’expérience.

Eirwen : Jack ?

Les deux hommes étaient toujours dans la même position, mais Eirwen ne savait pas qui était Jack et qui était Ianto… Elle ne savait même pas si cela avait marché … Tout ce qu’elle voyait c’était des larmes qui coulaient sur le visage de Jack.

Eirwen : Jack ?
Jack : oui …

Il releva les yeux vers elle, c’était bien lui… Elle le comprit de suite, rien qu’en voyant l’expression de son regard.

David : Jack, il faut l’emmener à l’infirmerie… Je vais faire tout mon possible pour …

En larmes, Jack laissa David et Simon transporter le corps inerte de son amant. Avec l’aide d’Eirwen, il se releva et descendit à son tour suivi de la jeune femme. Il assista impuissant aux gestes désespérés de David qui tentait d’arrêter l’hémorragie et de suturer les chairs et les vaisseaux sanguins touchés.

Eirwen : Jack... Pourquoi il ne revient pas à lui comme il l’a fait la dernière fois ?
Jack : Je ne sais pas, ses blessures sont peut-être trop sérieuses pour que le pouvoir latent du Tardis qu’il a en lui fasse effet.
David : Voilà … J’ai fait tout ce que je pouvais faire… Maintenant c’est à lui de décider…

Jack s’avança vers son amant, lui prit la main et y déposa un tendre baiser.

Jack : Ne me laisse pas Ianto …    



Citation:

Ianto resta inconscient durant la quasi-totalité de la journée. Il ne se réveilla qu’à la tombée de la nuit.

Ianto : Ja.. Jack…
Jack : Ianto !!!
Ianto : Où…
Jack : à l’infirmerie.
Ianto : Hôpit…
Jack : Non, au Hub, à l’infirmerie… David s’est occupé de tout… il t’a sauvé !

David qui rentrait dans la pièce au même moment entendit la phrase de Jack.

David : Je n’ai fait que le "réparer"… C’est lui qui a fait le plus dur dans l’histoire.
Ianto : Mer... Merci…
David : Il ferait mieux de se reposer. Il doit reprendre des forces.
Ianto : Jack… ça a marché alors ?
Jack : Oui ça a marché Ianto. Et crois moi… une fois sur pieds, tu goûteras à nouveau à l’appétit insatiable du Boeshanien du 51e siècle.
Ianto : Ne me fais pas rire… Aoutch…
Jack : Ianto…
David : Jack ! Laisse le se reposer… Eiry et Simon t’attendent dans ton bureau.
Jack : Je reviens… Tâche de te reposer et de reprendre des forces… J’ai besoin d’un Ianto au maximum de ses capacités…
Ianto : à tout de suite…
Jack : Oui.

Jack se leva et se dirigea vers l’escalier au bout du couloir qui le mènerait à son bureau. Comme le lui avait dit David, Simon et Eirwen l’attendaient, inquiets et nerveux…

Eirwen : Comment va-t-il ?
Jack : Faible et épuisé.
Simon : Il va s’en remettre, j’en suis sûr !
Jack : J’espère… Vraiment … Vous vouliez me voir ?
Simon : Oui, c’est à propos des Weevils de ce matin…
Jack : Oui et ?
Eirwen : On aurait dit une armée organisée, avec un plan d’action et une stratégie de repli… quasi militaire…
Jack : C’est impossible… Les Weevils sont incapables d’une telle chose.
Simon : Je n’en suis plus si sûr…
Jack : Si les Weevils sont sous les ordres de quelqu’un ou de quelque chose, il faut vite trouver qui ou quoi … Si une armée de ces bêtes sauvages se promène librement dans Cardiff, ça va être un massacre.

***********************

Dans l’infirmerie du Hub.

Les bips réguliers du moniteur relié à Ianto résonnaient dans la pièce. David injecta au gallois une nouvelle dose de morphine afin qu’il ne souffre pas et qu’il puisse se reposer tranquillement et s’en retourna au bureau afin de noter les derniers avancements de l’état de son patient.

Tout en indiquant la posologie de la morphine qu'il venait de lui administrer, il repensa à la proposition que Jack lui avait faite. Était-il sérieux ? Lui avait-il réellement offert le poste de médecin à Torchwood ? Et surtout que devait-il décider ? Il avait devant lui une certaine évolution de carrière, certes pas la grande carrière dont il avait rêvé, mais une carrière de chef de service dans un hôpital universitaire, ce n’était pas donné à tout le monde. Mais était-ce la vie qu’il voulait… une vie pépère, rangée, avec une femme et 3 gosses, un chien et une maison dans la banlieue de Cardiff ? À Torchwood, il aurait accès à une technologie et un savoir classé top-secret. Il pourrait étudier des créatures aliennes, il pourrait peut-être… qui sait… découvrir des vaccins ou des médicaments permettant de soigner les maladies terriennes… et … plus important que le reste … il serait auprès d’Eirwen.

Un bruit inhabituel le fit sortir de ses pensées, il s’approcha du moniteur et examina les courbes qui y apparaissaient. Rien ne semblait inquiétant. Puis petit à petit, la courbe sinusoïdale de la fréquence cardiaque de Ianto sembla se dédoubler... comme si … mais c’était impossible... deux cœurs … ??? Il sortit son stéthoscope et le posa sur la poitrine de Ianto. Non, il n’y avait qu’un seul battement bien distinct. Mais sur le moniteur, deux courbes étaient visibles.

David retira les embouts de ses oreilles et se dirigea vers l’interphone.

David : Jack ? Tu peux descendre ?
Jack : J’arrive !!!

*******************

Jack sauta de son fauteuil et s’élança vers l’escalier en lançant à ses coéquipiers.

Jack : Essayez de trouver où ils se cachent ! S’ils ont formé une armée, il leur faut une base !

Il leur cria presque la fin de sa phrase car il était déjà arrivé sur le palier inférieur. Ses pas résonnèrent alors qu’il courait vers l’infirmerie .

Jack : David ? Qu’est-ce qu’il y a ?
David : Je n’en sais rien, c’est bien le problème…
Jack : Comment ça ?
David : Regarde par toi-même…

David lui désigna le moniteur sur lequel les deux courbes étaient toujours visibles.

David : j’ai vérifié moi-même, il n'a bien qu'un seul cœur et il bat régulièrement… J’arrive pas à croire que je viens de dire ça … Et pourtant, il y a deux courbes distinctes sur l’écran… c’est impossible…

Le visage de Jack se fendit d’un immense sourire. Il avait comprit ce qui était en train de se produire.

Jack : Comme dirait un autre docteur, un très bon ami à moi, ce n’est pas impossible… c’est juste improbable…
David : Pardon ?
Jack : C’est l’essence du Tardis que Ianto possède en lui. Elle est en train de le guérir.
David : Le ???
Jack : Tardis… Le vaisseau du Docteur...
David : Docteur ??? Quel Docteur ?? Docteur qui ?
Jack : … Oh juste Le Docteur, c’est tout.
David : Mais comment ?
Jack : Il y a bien longtemps, le Tardis lui a redonné vie et depuis… c’est comme s’il ne pouvait pas mourir… enfin… je crois … non, je n’en sais rien en fait… tout ce que je sais c’est que l’énergie résiduelle laissée dans son corps lui permet de guérir plus rapidement … Mais j’avoue ne pas savoir s’il a en lui le pouvoir de défier la mort comme moi. Si ses blessures sont trop graves, je ne sais pas s’il survivrait… Grâce à ton intervention, il n’était plus dans un état critique et elle est en train de le soigner.
David : Elle ?
Jack : Je ne sais pas vraiment ce que c’est... donc je dis « Elle », le Tardis…
David : C’est un « elle » ?
Jack : Oh oui… définitivement un « Elle »…
Ianto : Définitivement …
Jack : Ianto !!!!

Ianto s’était assis sur le bord du lit, apparemment pleinement maître de ses mouvements. Jack le serra tellement fort dans ses bras qu’il en fut étouffé. Alors qu'il repoussait son amant, il fut prit d’une quinte de toux. Tandis que David vérifiait qu’il allait bien, sa dernière toux fut remplacée par l’expiration d’un résidu d’énergie doré qui s’évapora une fois sortit à l’air libre.

Ianto : Je crois que je suis encore redevable qu’une cargaison de café pour le Tardis la prochaine fois qu’on le verra.
Jack : Oui, je le pense aussi …

Sous les yeux médusés de David, les deux hommes explosèrent de rire. Puis Ianto retira un à un les aiguilles, sondes et pansements qui étaient dispersés sur l’ensemble de son torse et de sa tête. David n’en crut pas ses yeux lorsque Ianto retira les bandages retenant les compresses autour de sa blessure.

David : Même pas une cicatrice…
Jack : C’est dommage… ça peut être sexy les cicatrices…
Ianto : Montre moi ta maîtrise d’homme du 51e siècle, on a autre chose à penser je crois !
Jack : C’est petit ça … très petit …
Ianto : Pas si petit que ça …

Ianto passa devant eux avec un immense sourire sur le visage. Il regarda les vêtements de Jack que celui-ci avait enfilé avant de partir le matin même, déchirés, découpés afin que David puisse le soigner. Il les laissa sur place et se dirigea vers leur chambre afin de revêtir un costume propre et à sa taille.

Lorsqu’il sortit de la chambre, vêtu de son costume anthracite, de sa chemise prune et de sa cravate bordeaux, Jack, ravi, et David encore étonné de voir son patient gambader comme ça, l’attendaient au bas des escaliers. Ils montèrent ensemble dans la salle principale et s’avancèrent vers Simon et Eirwen absorbés par un examen minutieux des vidéos surveillance de la ville.

Jack : Alors ?
Simon : Rien, absolument rien, tout est calme…
Ianto : Cardiff ? Calme ? On aura tout vu !
Simon et Eirwen : IANTO ?!?
Eirwen : Mais … Comment ?
Ianto : Le Tardis…
Eirwen : évidemment … Je te l’avais dit… Elle a un faible pour toi …
David : Décidément, je n’y comprends rien…
Jack : Il ne tient qu’à toi d’en savoir plus … Tu ne m’as pas donné ta réponse…
Eirwen :Quelle réponse ?
Jack : Tu me tannes depuis deux mois pour qu’on recrute un médecin… Je crois qu’on a trouvé le candidat idéal !
Eirwen : Mais… et ton poste à l’Albion ?
David : Ils survivront sans moi, vous au contraire … J’en doute…
Jack : David ? Ta décision ?
David : J’accepte ! bien évidemment !
Jack : Bon, une bonne chose de réglée !
David : Si ta proposition tiens toujours, je boirais bien une bière pour me remettre de mes émotions…
Eirwen : Une bière ?!?
Jack : On va oublier la bière David, que dirais-tu d’un bon Scotch de 50 ans d’âge ?
David : Avec plaisir …



à suivre dans l'épisode 4x07 - Weevils' War.

 



Pour les 7 derniers épisodes ==> http://doctorwho.xooit.fr/t1378-Cardiff-2093-episodes-7-a-13.htm
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Dernière édition par duam78 le Jeu 29 Avr 2010 - 20:24; édité 60 fois
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MessagePosté le: Lun 10 Aoû 2009 - 21:05    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 11 Aoû 2009 - 09:54    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

Gniark gniark ^^ à toi de passer à la casserole

Des questions sans réponses

Citation:
La première voiture à répondre à l’appel était celle de la jeune inspectrice fraîchement nommée, Eirwen Lloyd, accompagnée de son partenaire Gareth Morris.


^^ Ah là là, l'OGDLD a encore frappé Mr. Green

Citation:
Eirwen n’avait jamais vu cette fontaine, il y avait plus de 80 ans qu’elle avait été détruite suite à une explosion qui avait formé un immense cratère englobant la quasi-totalité de la place… épargnant miraculeusement le Millenium Center.


Crying or Very sad very very sad day Sad

Citation:
Les deux policiers descendirent du véhicule et s’approchèrent du corps gisant sur le trottoir. Le pauvre bougre avait été violemment déchiqueté, ses membres pendaient de ci de là, rattachés au reste du corps par les tendons restants.


Have you seen a weevil lately ?


Citation:
Le commissaire Welling lui proposa cependant une sorte d’accord : Elle arrêtait ses bêtises d’adolescente, reprenait le chemin des cours et en contre partie, il lui apprendrait tout ce qu’il savait sur le métier de policier ainsi que les ficelles du métier.


Très Dexter cet accord... Tu vas pas nous sortir un serial killer tout de même


Citation:
Puis, comme de coutume, elle annonça le choix de l’affectation qui lui avait été accordé : Le commissariat du 14e district.


Pourquoi ce district me dit quelque chose ? Confused


Citation:
Elle ne lui parlait que rarement, il était assez refermé et rude, mais lorsqu’elle devint son partenaire, elle se rendit compte que sous son air de vieil ours mal léché, se cachait un homme au cœur d’or.


Il ne connaîtrait pas Sam Tyler ? Mr. Green

Citation:
Son regard se posa sur un objet qui dépassait d’une étagère. Une sorte de sac de toile fermé par une corde. C’était dans une des boucles de cette corde qu’elle s’était accrochée.


Mon petit doigt me dit qu'on va le revoir ce sac... Je ne sais pas pourquoi

Citation:
Elle remarqua à peine le drôle de symbole tamponné sur la couverture, car elle était trop pressée de découvrir le fin mot de l’histoire.


Avec des losanges ?

Citation:
La troisième page était une page de garde d’un rapport, celui du décès de sa mère. En rouge, avait été tamponné les mots : TOP SECRET – FOR YOUR EYES ONLY.


At last ! On va enfin savoir ! !

Citation:
Le rapport avait été censuré des ¾ des informations. De longues lignes noires traversaient la page, réduisant les espoirs d’Eirwen à néant. Suivaient 15 pages ayant subies le même traitement.


Ah ben non


Citation:
Elle posa le dossier sur la table basse et s’allongea sur le canapé. Elle ferma les yeux et resta là de longues minutes.


Mais c'est pas vrai !


L'inconnu du parking

Citation:
Plusieurs années passèrent. Elle avait remis le dossier à sa place et avait pratiquement fait une croix sur ses recherches, jusqu’à ce jour d’août, sur cette scène de crime. Elle ne le savait pas, mais ce meurtre serait la clé qui permettrait d’ouvrir tous les secrets liés à sa mère et à sa mort.


Enfin ? On va savoir ? ! ?

Citation:
Lorsqu’elle releva les yeux, elle aperçut une silhouette près de l’entrée du parking public. Un homme, apparemment, portant un long manteau, et les observant.


OMG ! Ce manteau... Il nous avait manqué ce manteau


Citation:
Sans répondre à son coéquipier, elle s’élança dans la direction qu’avait pris l’inconnu. Le parking était à moitié rempli, Eirwen avait donc une bonne visibilité. Du coin de l’œil elle l’aperçu, il pénétrait dans la cage d’escalier.


Tenace la petite... Good girl


Citation:
Ses yeux se posèrent sur une silhouette postée à l’entrée d’une ruelle adjacente au lieu de crime. C’était lui ??? Comment était-ce possible ? La même corpulence, le même manteau, la même coiffure… Ce ne pouvait être le même homme.


But how ? ! ?

Citation:
Elle cliqua immédiatement sur « OK » et une nouvelle fenêtre s’ouvrit, faisant apparaître le visage de l’inconnu. Mais aucune information sur son nom ou qui il était… seule indication notée à coté de la photo : autorisation niveau 1 requise.


Mais c'est pas vrai ? ! ?


Citation:
Elle se mit à penser qu’elle aimerait bien que le jeune Jones soit là pour lui en faire un … il avait un don pour faire le meilleur café du coin…





Citation:
Jones devait être arrivé, car une bonne odeur de café emplissait cette partie de la salle. Elle se dit qu’un jour elle le remercierait pour ce café et qu’elle lui demanderait son prénom…


Ian... ? Sad


Citation:
Il a été déchiqueté sur 80% de son corps, son foie et la moitié de ses poumons ont été dévorés et ses deux bras démembrés. J’ai rarement vu ça, sauf sur des blessés par mines lors de la 4e Guerre du Golfe. Mais là, les marques de crocs annihilent cette hypothèse.


Again... have you seen a weevil lately ? Mr. Green


Citation:
Elle resta bloquée sur le seuil de la porte, devant elle, lui tournant le dos, l’homme du parking… Elle prit son courage à deux mains, et braqua l’arme en direction de l’inconnu.


Go Eirwen, go !


Citation:
Inconnu : Ou … quoi ? Vous allez me tirer dans le dos ? Non, j’en doute… vous avez trop de questions pour me réduire au silence… Mais de toutes façons, si ça peut vous faire plaisir, ne vous gênez pas pour moi.


Même pas peur ^^




Citation:
Inconnu : Je sais beaucoup de choses Eirwen Lloyd.
Eirwen : Comment savez vous mon nom ?
Inconnu : Je vous l’ai dit, je sais beaucoup de choses…


Ce monsieur a de bonnes sources visiblement... On se demande bien comment

Citation:
Inconnu : Pleine de courage et doté d’un précieux sens de l’humour ! Je vous apprécie déjà Eirwen ! Je m’appelle John Wood.


John Wood ?

Citation:
Eirwen : Et qu’avez-vous à faire ?
John : Détruire des preuves… récupérer des résultats… effacer quelques souvenirs…


La routine quoi... Les bonnes habitudes sont difficiles à perdre


Citation:
John : Voilà, avec ça il ne se souviendra pas des 4 dernières heures… Que diriez vous d’un café ? Non, j’ai abandonné le café il y a des lustres… une bière ?



Ah... lui aussi ?


Citation:
Eirwen : Il est 10h30 du matin… c’est pas un peu tôt pour une bière ?
John : il n’est jamais trop tôt pour une bière…


Ben voyons... comme si on ne savait pas ce que ça implique...


Excellent début... Tant de questions soulevées... Et tellement envie de savoir la suite :


Mais quand même pour la peine
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thx sis' pour avoir tenu la caméra Smile
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MessagePosté le: Mar 11 Aoû 2009 - 11:05    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

Oula, on dirait qu'au dessus on a pris le truc du post de "4 kilomètres" ! Laughing
Gniark, à ton tour...
Mouahahahah (c'est reparti je pête encore les plombs...)

Bref... Allons-y Alonso...


Des questions sans réponse.



Citation:
La première voiture à répondre à l’appel était celle de la jeune inspectrice fraîchement nommée, Eirwen Lloyd, accompagnée de son partenaire Gareth Morris.
C'est normal que je ne sois même pas étonnée quant aux noms/prénoms des personnages ?Comme le dit yeles, l'OGDLD a encore frappé...

Citation:
Maintenant qu’elle était passée Inspecteur principal, son salaire allait faire un bond en avant de quelques dizaines de livres … mais elle s’était promis d’être raisonnable et d’essayer de résister à sa dépensite aiguë…  




Laughing Dûr dûr, de ne pas dépenser ! Laughing
Citation:
Ils arrivaient près de Roald Dahl Place, ils avaient en vue le Millenium Center. On dit que la tour « fontaine » qui y avait été construite dans les années 2000 était magnifique et que lorsque l’eau en coulait, on croyait voir une cascade. Eirwen n’avait jamais vu cette fontaine, il y avait plus de 80 ans qu’elle avait été détruite suite à une explosion qui avait formé un immense cratère englobant la quasi-totalité de la place… épargnant miraculeusement le Millenium Center.




Jour terrible... Le commencement de la fin... Crying or Very sad Sniffou. One of the worst days in our life.



Citation:
Le pauvre bougre avait été violemment déchiqueté, ses membres pendaient de ci de là, rattachés au reste du corps par les tendons restants.




Ca sent le Weevil pas loin... Confused

Citation:
dans la famille, on était policier de mère en fille et cela depuis 4 générations.




4 regénérations ! Ah quand même ! Surprised

Citation:
Elles étaient comme programmées pour ce job, dès leur plus jeune âge, elles étaient baignées dans le sordide et l’impensable… le sang et les mutilations… les cellules et les salles d’interrogatoires. Leurs mères les emmenaient au commissariat et les laissaient au contact des criminels les plus dangereux.




Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised

Citation:
Eirwen avait suivit cette « formation » dès l’age de 6 ans. Selon sa mère, elle s’était montrée très douée et curieuse de tout. Elle était même devenue la mascotte du commissariat n°14.




6 ans... On aura tout vu ! Laughing

Citation:
Puis, la veille de son 10e anniversaire, Le commissaire principal était venu chez elle. Il s’était assis sur le fauteuil du salon et lui avait annoncé la mort de sa mère.




La pauvre... Crying or Very sad

Citation:
Mais tête brûlée dès son plus jeune âge, elle fuguait sans cesse pour retourner au commissariat, au contact des policier et des malfrats de la ville. C’était là qu’elle se sentait chez elle.




Fuguer pour aller dans un commisariat, là je dis bravo ! En même temps je la comprends, l'orphelinat... :S


Citation:
le commissaire et sa femme prirent la décision de l’adopter. Ils n’avaient jamais eu d’enfants et le commissaire la considérait de toutes façons comme faisant déjà partie de sa famille.





Citation:
Lorsqu’il en fit la proposition à Eirwen, celle-ci lui sauta au cou, trop heureuse de quitter l’enfer coercitif de l’orphelinat et de retourner vers le lieu qu’elle appréciait le plus : le poste. Le commissaire Welling lui proposa cependant une sorte d’accord : Elle arrêtait ses bêtises d’adolescente, reprenait le chemin des cours et en contre partie, il lui apprendrait tout ce qu’il savait sur le métier de policier ainsi que les ficelles du métier. Face à cette proposition qu’elle ne pouvait refuser, elle tendit la main à son futur « père » qu’il prit dans la sienne. L’accord était conclu.




Quel accord... Confused Surprised J'sais pas tu me fais peur là, Duam... Surprised


Citation:
A 24 ans elle était la plus jeune femme inspectrice du district et peut-être même de tout le Royaume-Uni.




Surprised

Citation:
La seule chose sur laquelle il ne voulait pas discuter était la mort de sa mère. Vers l’âge de 18 ans, elle lui avait posé la question sur les réelles circonstances qui avaient amené sa mère sur les docks de Cardiff, un dimanche soir, alors qu’elle était censée être de repos. Il lui avait récité le rapport officiel, à la virgule près et avant qu’elle ait pu objecter, il s’était levé et était parti se coucher… Il n’était que 20h45.




Que peut-il bien lui cacher ? Confused *Attrape son col de chemise*


Citation:
Elle savait qu’en faisant partie de cette brigade, elle aurait accès aux archives et donc, elle pourrait enfin savoir la vérité.




On va p't'être savoir, on va p't'être savoir !

Citation:
Les premiers jours à la brigade furent éprouvants, une série de meurtres venait d’être commis et 5 corps avaient été retrouvés entassées derrière Roath dock. Aucun indice, aucune empreinte exploitable, aucune piste sérieuse… que des suppositions… rien de tangible. Les corps semblaient intacts, le légiste avait conclu à des morts naturelles suite à une rupture d’anévrisme.




Des morts naturelles, vraiment ?

Citation:
L’affaire fut classée sans suite, pas d’autres corps, pas de découvertes d’indices permettant une quelconque piste. Ce ne fut donc que le mois suivant qu’elle trouva un moment pour descendre aux archives.




Shocked   Shocked   Shocked Shocked   Shocked
Citation:
Trois clics et 30 secondes plus tard, elle faisait glisser la porte et s’engouffrait dans le local.




*Tire de plus en plus sur son col*HUHU On va enfin découvrir la vérité !


Citation:
Elle reprit sa quête… fouillant dans les dossiers, jusqu’au moment où elle lut : Meredith Lloyd. Elle hésita … Voir le nom de sa mère écrit sur un dossier lui donnait le vertige. Elle avança lentement la main vers le dossier et le sortit.






Aaaaah mon col est déformé !Je te préviens, t'as pas intérêt à nous bluffer... Sinon.......



Citation:
Son regard se posa sur un objet qui dépassait d’une étagère. Une sorte de sac de toile fermé par une corde.




Mais quel est ce sac ?J'ai comme l'impression qu'il est important...


Citation:
Elle croisa son père dans les couloirs.




Comme par hasard...

Citation:
Elle remarqua à peine le drôle de symbole tamponné sur la couverture, car elle était trop pressée de découvrir le fin mot de l’histoire. Elle tourna la couverture et commença à lire la fiche personnelle de sa mère. En haut à droite, une photo, la représentant en uniforme, ce devait être au début de sa carrière, car elle était très jeune. Suivait ses nom, prénom, date de naissance ainsi que d’autres informations qu’Eirwen connaissait déjà. Elle tourna cette première feuille et découvrit en dessous, un rapport sur des états de services irréprochables et très impressionnants. Mais cela aussi elle le savait.





C'est quoi cette façon de faire durer le suspens ?!

Citation:
TOP SECRET – FOR YOUR EYES ONLY






Citation:
Mais ce qu’elle découvrit lui glaça le sang tout en faisant naître en elle une terrible colère. Le rapport avait été censuré des ¾ des informations. De longues lignes noires traversaient la page, réduisant les espoirs d’Eirwen à néant. Suivaient 15 pages ayant subies le même traitement. Eirwen referma le dossier. Des larmes de déception mêlées de colère coulaient sur ses joues. Elle ne saurait jamais la vérité…




NAN T'AS PAS LE DROIT DE NOUS FAIRE CA ?!
On veut savoir !!!!!!!!!!!!!
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH


Vilaine !   pas content

L'inconnu du parking

C'est parti pour la suite... Mr. Green
Be affraid... Be very affraid !





Citation:
Elle ne le savait pas, mais ce meurtre serait la clé qui permettrait d’ouvrir tous les secrets liés à sa mère et à sa mort.





Citation:
Eirwen était restée en retrait, pour une fois, cette mort la paralysait sans qu’elle sache pourquoi. Lorsqu’elle releva les yeux, elle aperçut une silhouette près de l’entrée du parking public. Un homme, apparemment, portant un long manteau, et les observant.



Un LONG MANTEAU ?!


Citation:
Sans répondre à son coéquipier, elle s’élança dans la direction qu’avait pris l’inconnu. Le parking était à moitié rempli, Eirwen avait donc une bonne visibilité. Du coin de l’œil elle l’aperçu, il pénétrait dans la cage d’escalier.



*Vite, vite, vite, vite, vite, rattrape le !!!!!*


Citation:
« Tu es coincé » pensa t-elle.



Je n'en serais pas si sûr... Confused

Citation:
Personne, pas une voiture …





Citation:
C’était lui ??? Comment était-ce possible ? La même corpulence, le même manteau, la même coiffure…



À coup sûr il s'est téléporté... Enfin si c'est bien lui...

Citation:
Eirwen : ça te dérange de t’occuper du rapport… j’ai pas tout suivi… Gareth : De toute façon, je les fais toujours les rapports, c’est pas ton truc … dit il en plaisantant.





Il est sympa comme co-équipier ! Laughing

Citation:
Gareth alluma son ordinateur, Eirwen fit de même, mais pas pour les mêmes raisons… elle voulait savoir qui était cet homme, et ce qu’il faisait sur les lieux du crime. Elle se connecta au réseau de télésurveillance qui couvrait la ville de Cardiff et sélectionna les caméras qui se trouvaient aux abords du parking.



Elle va peut-être nous faire une description, afin qu'on soit sûr de QUI est cette personne... (bien que j'ai ma petite idée Mr. Green )


Citation:
La chance lui sourit, lorsque l’homme l’avait regardée depuis la rue, son visage avait nettement été filmé par la caméra. Elle fit un zoom et captura l’image qu’elle transféra dans le logiciel de recherche.



Oi! Et la description ?  
Bon sang, Duam tu es incorrigible !



Citation:
Les visages défilaient devant ses yeux, la banque de données des délinquants et meurtriers avait été infructueuse et maintenant c’était la banque de données des citoyens britanniques qui était passée au crible.



J'sens qu'elle est pas prête de trouver... Confused

Citation:
Elle fut réveillée par le bip de l’ordinateur.



HUHU

Citation:
Elle cliqua immédiatement sur « OK » et une nouvelle fenêtre s’ouvrit, faisant apparaître le visage de l’inconnu. Mais aucune information sur son nom ou qui il était… seule indication notée à coté de la photo : autorisation niveau 1 requise.




Oh non...
C'po juste !!!!!!!



Citation:
Elle se mit à penser qu’elle aimerait bien que le jeune Jones soit là pour lui en faire un … il avait un don pour faire le meilleur café du coin…



Jones... JONES ! JOOOOOOONES ?!
QUI FAIT LE MEILLEUR CAFE DU COIN ?!  

Allez c'est bon Duam je craque :




Citation:
Lorsqu’elle arriva à son bureau, les cheveux hirsutes, les yeux explosés et les vêtements en piteux état, Gareth l’attendait, trépignant.




Dûr réveil ! Laughing

Citation:
Jones devait être arrivé, car une bonne odeur de café emplissait cette partie de la salle. Elle se dit qu’un jour elle le remercierait pour ce café et qu’elle lui demanderait son prénom…




Ce n'est certainement pas lui mais :
Iantoooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
L'espoir fait vivre Mr. Green

Citation:
Elle se dit qu’un jour elle le remercierait pour ce café et qu’elle lui demanderait son prénom…



NAN MAIS C'EST PAS POSSIBLE ?! DEMANDE-LE-LUI MAINTENANT !!!!!!!!!!!!!!!!


Citation:
Eirwen comata tout le long du chemin et ce ne fut que lorsqu’ils entrèrent dans la salle d’autopsie, que l’odeur de mort qui y régnait la réveilla totalement. Elle crut que le café ingéré peu de temps auparavant allait faire le chemin inverse, mais elle s’obligea à garder le contrôle de son estomac et lui imposa de conserver le liquide.


Erf...
Citation:
Ah oui, l’écorché… je dois dire que je reste sceptique devant les résultats. La seule conclusion plausible, c’est une attaque de loups ou d’ours… en tous cas d’un animal avec des crocs… Mais à Cardiff, je doute qu’il y ait de telles bêtes sauvages. Il a été déchiqueté sur 80% de son corps, son foie et la moitié de ses poumons ont été dévorés et ses deux bras démembrés.


Have you seen a weevil recently ?

Citation:
 Elle jeta un rapide coup d’œil à la pièce. Elle semblait en ordre… mais au moment où elle allait y rentrer elle vit, à moitié cachée derrière le bureau, une jambe qui dépassait.


Go Eirwen GO !!!!!

Citation:
Inconnu : Vous savez que vous êtes assez bruyante pour quelqu’un qui essaye d’être discrète… Je vous ai entendu depuis que vous êtes entrée dans l’autre pièce.





Citation:
Ou … quoi ? Vous allez me tirer dans le dos ? Non, j’en doute… vous avez trop de questions pour me réduire au silence… Mais de toutes façons, si ça peut vous faire plaisir, ne vous gênez pas pour moi.



Citation:
Inconnu : Je sais beaucoup de choses Eirwen Lloyd.



Citation:
John : Voilà, avec ça il ne se souviendra pas des 4 dernières heures… Que diriez vous d’un café ? Non, j’ai abandonné le café il y a des lustres… une bière ? Eirwen : Il est 10h30 du matin… c’est pas un peu tôt pour une bière ?
John : il n’est jamais trop tôt pour une bière…


AH NAN AH NAN NAN NAN NAN NAN ! TU NE PEUX PAS ENCORE TERMINER SANS PLUS DE REPONSES !!!!! C'EST PAS POSSIBLE !

C'est pas juste, comment oses-tu faire ça à tes lecteurs ?! C'est de la folie !!! Nan tu peux le constater je suis furieuse !!!! OUI
Tiens voilà pour la peine :
 

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MessagePosté le: Mar 11 Aoû 2009 - 14:40    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

Surprised Wouaaaa, mais c'est un truc de malade ça !!!!!!!
Comment c'est possible...
... D'écrire des posts aussi longs !!!!!!!
Sans déconner, mon complexe du com trop court va finir par me ronger sérieusement...

Bon, sinon pour l'histoire :
Surprised Wouaaaaaaaaa, mais c'est un truc de malade !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Laughing
Non, sérieusement je suis tout chamboulé.
Beaucoup de questions, peu de réponses ( au passage Smile ).

Un mystère mystérieux, autour d'une jeune femme mystérieuse.
La présence d'un certain John Wood, qui porte un long manteau...
La présence d'un Mr Jones, qui fait du bon café... Confused
La Tour détruite mais jamais remplacée, avec tous les atroces souvenirs qui vont avec... Crying or Very sad
Bizarre qu'il n'y ait pas encore de traces d'un agent Cooper, allais-je dire, quand soudain !!!!
Et si Eirwen Lloyd était justement la descandante de Gwen !!!!!!
ça expliquerait pourquoi Jack... Euh pardon, John, suit de près la famille... Confused Confused Confused


Bref, comme tu peux le constater, ton histoire me fait réfléchir et ça c'est déjà un exploit...
J'adore vraiment beaucoup et j'attends donc la suite avec impatience !!!!

PS : Finalement mon post n'est pas si ridicule que ça je trouve Mr. Green
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MessagePosté le: Mar 11 Aoû 2009 - 17:36    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

Que dire ... Embarassed Embarassed Embarassed merci merci merci pour ces commentaires (plus long que mes chapitres pour certaines )

Merci Yeles, Utopia et David-S ...


et Chapitre 3 posté


Même pas peur ...
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MessagePosté le: Mar 11 Aoû 2009 - 22:30    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

Allez zou, j'ouvre le bal


Citation:

Sans savoir pourquoi, Eirwen suivit ce mystérieux John Wood. Il lui semblait qu’elle pouvait lui faire confiance. Bien qu’elle enfreignait pas moins d’une dizaine de lois en le laissant filer comme ça, elle ne pouvait se résoudre à le dénoncer ou à l’arrêter. Il émanait de cette personne une aura insaisissable et à laquelle on ne pouvait résister.


Qui peut résister à l'appel du Jack ? Euh, du John ?

Citation:

Sans attendre la réponse, comme si elle coulait de source, il s’engouffra dans le parking. Elle était en service, elle ne pouvait, sur un coup de tête, partir avec un inconnu boire une bière dans un pub… Elle mettait sa carrière en jeu … mais son inconscient lui disait de foncer, d’aller boire cette bière…


Ecoute ton inconscient Eirwen, écoute-le !

Citation:

Durant tout le temps de sa réflexion elle était restée plantée sur l’avant dernière marche. Elle se secoua la tête pour sortir de son état et s’élança à la suite de John qui était déjà reparti. Elle le rejoignit près d’un SUV noir, celui qu’elle avait vu depuis le toit du parking, il l’attendait déjà installé derrière le volant.


Le SUV is back ! ! ! !

Citation:
John : Qui vous dit que cette bière ne sera pas l’élément déterminant qui fera prendre un tournant à votre carrière ?
Eirwen : Comment ça ?
John : Montez, prenez cette bière avec moi et vous saurez…


Vas-y, monte Eirwen, be a good girl !


Citation:
Il la regardait de ses yeux bleus hypnotisants, les petites rides qui partaient du coin de ses paupières lorsqu’il souriait, rendaient son regard encore plus ensorceleur… Cet homme avait un charme fou, il avait dû faire souffrir nombre de jeunes filles et de jeunes hommes.




Citation:
Ils pénétrèrent à l’intérieur et elle découvrit un endroit plein de charme et accueillant. Un salon de cinq tables basses entourées de fauteuils précédait le comptoir du bar qui se prolongeait par une salle de restauration où seules 2 personnes étaient en train de déjeuner.


Confused ça me rappelle quelque chose cet endroit Confused


Citation:
Il avait déjà prit son verre et buvait les premières gorgées. Elle l’imita, vidant son verre de moitié et pourtant, elle n’avait pas soif… Il la regardait, un sourire se dessinait sur le coin de ses lèvres, on aurait dit qu’il se remémorait un instant particulièrement heureux…


Un vieux souvenir cher à nos coeurs... Crying or Very sad


Citation:
John : Torchwood.
Eirwen : Pardon ?
John : Torchwood ! Que savez vous là dessus ?
Eirwen : Vous voulez rire… vous vous foutez de moi ?
John: Non.



Jack, euh John ne plaisante JAMAIS quand il s'agit de Torchwood


Citation:

John (éclatant de rire) : C’est typiquement gallois !! Je vous fais entrevoir des merveilles et vous cherchez la petite bête !


En plus, elle a du sang Williams, ce qui n'arrange rien à l'affaire ^^


Citation:
John ne répondit pas. Il mis sa main à l’intérieur de son manteau, fouilla dans sa poche intérieure et en sortit une photographie jaunie par le temps. Il la tendit à Eirwen. Ce qu’elle vit la laissa perplexe. Elle laissa échapper son sac et son blouson qu’elle avait récupéré quelques secondes auparavant et posa sa main contre sa bouche. Ses yeux faisaient des allers retours entre la photo, John et le mur situé derrière le comptoir… C’était irréfutable, c’était le même endroit, le même homme et assise en face de lui, une jeune femme ressemblant traits pour traits à Eirwen. Elle reconnu de suite la femme sur la photo. Mais c’était impossible…




OMG quel choc pour elle ! ! ! !

Citation:

John : J’avais un ami qui aimait dire que ce n’est pas impossible, que c’est juste improbable…


DOCTEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUR


Citation:
John : Capitain Jack Harkness.
Eirwen : Jack… Harkness ?? Vous êtes LE Jack Harkness de Granny ?


again



Citation:
Eirwen : Ma grand-mère, Mary Alistair, m’a dit quelques minutes avant sa mort, qu’elle aurait voulu me parler de sa mère et de notre destinée à nous les filles aînées… Que cela aurait dû m’être transmis à mes 20 ans, mais que comme ma pauvre mère était morte lorsque j’avais 10 ans, elle aurait dû me le dire…mais elle n’avait pas assez de force pour le récit complet et la seule chose qu’elle m’a dit c’est de me rappeler d’un nom : Jack Harkness.


Excellent réflexe Granny, quelle présence d'esprit... Et qui pourrait oublier Jack Harkness ? Hein ? Qui ?

Citation:
Jack: Et si je vous donnais les coupables ? Si je vous disais que ce sont des Weevils ?
Eirwen : Des ????
Jack: Des Weevils. C’est un nom que je leur ai donné, car voyez-vous, il ne sont pas très causants !


I KNEW IT !

Citation:

Elle ne pouvait réellement croire ce que cet homme venait de lui raconter… C’était de la folie… Mais pourtant, cette photo… Mais non, ne soit pas idiote, une photo, ça peut se trafiquer facilement… mais tout de même… Mais ... ce nom... celui qu'elle avait promis à sa grand-mère de se souvenir... ça ne pouvait être lui... il devait y avoir plusieurs Jack Harkness... Et puis ça faisait si longtemps...


Il n'y a qu'un seul Jack Harkness (maintenant)... Malheureusement


Citation:

Lorsqu’elle remonta, elle retrouva Jack assis à la même place. Il avait commandé une nouvelle bière, et celle, à moitié finie d’Eirwen, l'attendait à sa place. Elle s’assit tranquillement, prit son verre et le vida d’une traite…
Jack: Vous avez la même descente que Gwen… Vous lui ressemblez tant…


Une descente qu'on n'aimerait pas remonter à vélo ^^


Citation:

Eirwen : Je suis désolée, mais je vais devoir vous laisser, je dois retourner au commissariat ! Ravie de vous avoir connu Captain Jack Harkness !
Jack: Vous refuser ma proposition ?


WHYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY !


Citation:

Eirwen : Et évitez de croiser mon chemin de nouveau … car je vous préviens… si je vous revoie, je ne vous laisserai pas partir.
Jack: à condition que vous vous souveniez de moi …
Eirwen : Que voulez vous dire ?
Jack: La bière était bonne ?


again

I KNEW IT ! ! ! !


mais ça va pas de finir comme ça ? Comment va-t-elle se rappeler ? ! Hein ? Parce qu'il faut bien qu'elle se rappelle, sinon, je vois pas l'intérêt de tout ça ^^

et puis tiens pour la peine

Je laisse à Utopia le soin de te bazooker


VIVEMENT LA SUITE !
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MessagePosté le: Mer 12 Aoû 2009 - 13:43    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

Décidément, j'aurais beaucoup lu aujourd'hui Laughing

Bizarement, ta fic me file le cafard, retrouver Jack tout seul parce que tout le monde est mort c'est dur Sad
Et dire que ça va lui arriver sans arrêt pendant ... super longtemps !!!

M'enfin, sinon je kiffe toujours autant, même si nous n'avons que peu de réponses finallement, à part que je sais maintenant que ma théorie était la bonne Smile
Tu fais sournoisement monter la pression, comme avec la bière (Pression/bière = jeu de mot, ok je me tais...)

Bref, va falloir attendre encore un peu, mais je ne te caillouterais pas car je suis un gentleman.

Mr. Green Je rigole

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MessagePosté le: Ven 14 Aoû 2009 - 06:24    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

J'ai un peut rattrapé mon retard dans les fics donc je m'attaque aux news ^^

 
Citation:



La première voiture à répondre à l’appel était celle de la jeune inspectrice fraîchement nommée, Eirwen Lloyd, accompagnée de son partenaire Gareth Morris.



Sympa les noms Laughing

 
Citation:



il y avait plus de 80 ans qu’elle avait été détruite suite à une explosion qui avait formé un immense cratère englobant la quasi-totalité de la place… épargnant miraculeusement le Millenium Center. Il avait été question de la rebâtir en 2059, pour les 50 ans … mais cette idée fut abandonnée suite à la crise financière des années 2060. Dommage.



Crying or Very sad Sad

 
Citation:



Le pauvre bougre avait été violemment déchiqueté, ses membres pendaient de ci de là, rattachés au reste du corps par les tendons restants.



Surprised les weevils font autant de pagaille après tout ce temps.^^

 
Citation:



Il s’était assis sur le fauteuil du salon et lui avait annoncé la mort de sa mère. Elle avait été tuée par un jeune junkie en manque.



Sad Pourquoi tu mets des trucs tristes dans la fic

 
Citation:



La seule chose sur laquelle il ne voulait pas discuter était la mort de sa mère. Vers l’âge de 18 ans, elle lui avait posé la question sur les réelles circonstances qui avaient amené sa mère sur les docks de Cardiff, un dimanche soir, alors qu’elle était censée être de repos. Il lui avait récité le rapport officiel, à la virgule près et avant qu’elle ait pu objecter, il s’était levé et était parti se coucher…



Ça à l'air louche Confused

 
Citation:



La troisième page était une page de garde d’un rapport, celui du décès de sa mère. En rouge, avait été tamponné les mots : TOP SECRET – FOR YOUR EYES ONLY.



Surprised Duam

 
Citation:



Eirwen le fixa, l’homme également. Ils soutinrent chacun le regard de l’autre pendant de longues secondes avant que l’inconnu ne détourne la tête et parte en direction du parking.



Qui est ce ?!!

 
Citation:



suite à l’accroissement des problèmes générés par la légalisation de la loi sur la génétique et le clonage dans les années 2070. l’Adn ne pouvant plus être une preuve irréfutable, la bonne vieille méthode de la reconnaissance faciale était redevenue le seul moyen d’identifier les criminels.



Ben ça tiens pas la route ça s'il y as des clones, ils sont censés avoir le même visage Confused enfin c'est mon avis .

 
Citation:



une fenêtre ouverte, disant « un résultat trouvé ». Elle cliqua immédiatement sur « OK » et une nouvelle fenêtre s’ouvrit, faisant apparaître le visage de l’inconnu. Mais aucune information sur son nom ou qui il était… seule indication notée à coté de la photo : autorisation niveau 1 requise.



Pas juste

 
Citation:



Autorisation niveau 1 … la plus haute autorisation existante… uniquement obtenue lorsque l’on faisait partie des plus gradés de l’armée ou de la garde rapprochée du 1er ministre.



Eh beh ça serait quoi s'il y avait un niveau 2 Surprised ^^

 
Citation:



Eirwen se dirigea pour la 10e fois en quelques heures vers le coin café du commissariat. Jones devait être arrivé, car une bonne odeur de café emplissait cette partie de la salle. Elle se dit qu’un jour elle le remercierait pour ce café et qu’elle lui demanderait son prénom…



Les Jones font décidément du bon café Laughing .

 
Citation:



Inconnu : Vous savez que vous êtes assez bruyante pour quelqu’un qui essaye d’être discrète… Je vous ai entendu depuis que vous êtes entrée dans l’autre pièce.





 
Citation:



C’était un homme auquel on ne pouvait donner d’âge… Il semblait avoir la trentaine mais possédait une présence centenaire…



Ça me fait penser à quelqu'un ça

 
Citation:



Inconnu : Pleine de courage et doté d’un précieux sens de l’humour ! Je vous apprécie déjà Eirwen ! Je m’appelle John Wood.



John Wood c'est proche de John Smith (l'inconnu aurait t-il piqué un peu du pseudo du doc^^)

 
Citation:



John : C’est seulement pour votre bien, vous n’êtes pas prêts à faire face à ces résultats et à ce qu’ils impliquent. Baissez ça et allons-y…



Il a aussi piqué son cri de guerre ^^

 
Citation:



John : Voilà, avec ça il ne se souviendra pas des 4 dernières heures… Que diriez vous d’un café ? Non, j’ai abandonné le café il y a des lustres… une bière ?



Ça y est j'en suis sûr maintenant Mr. Green

 
Citation:



Eirwen : J’hésite… je mets ma carrière en jeu en ce moment …
John : Qui vous dit que cette bière ne sera pas l’élément déterminant qui fera prendre un tournant à votre carrière ?



ANNONCE /// une bière peut changer votre vie Laughing Laughing

 
Citation:



les petites rides qui partaient du coin de ses paupières lorsqu’il souriait, rendaient son regard encore plus ensorceleur…




Et dire qu'il se plaint de vieillir apparemment ça lui va bien Laughing

 
Citation:



Eirwen : Ce sont des histoires que ma grand-mère me racontait lorsque j’étais enfant … une légende urbaine qui remonterai à l’époque de l’explosion de la place Roald Dahl en 2000 et quelques…




En un peut moins de 100 ans c'est déjà passé de fait historique à légende Surprised

 
Citation:



John : Et si je vous disais que les mythes et légendes prennent racines dans la réalité, vous me croiriez ?



Des mythes Shocked

 
Citation:



John (éclatant de rire) : C’est typiquement gallois !! Je vous fais entrevoir des merveilles et vous cherchez la petite bête !



C'est presque du copié collé ça Laughing

 
Citation:



Eirwen : Comment vous croire ? Une organisation secrète ?
John : C’est exact.
Eirwen : Qui chassait les aliens ?
John : En effet.
Eirwen : Et les étudiait pour ???



Ça étonne toujours !! Shocked même à la fin du 21 siècle

 
Citation:



Eirwen : Comment avez-vous eu cette photo de mon arrière grand-mère ? Et qui est cet homme ? Votre aïeul ?
John : Non, c’est moi et Gwen Cooper, en 2006, le jour de notre première rencontre. Sacrée journée !



Alors Gwen est l'aïeule de Eirwen Smile

 
Citation:



Eirwen : Des aliens … à Cardiff… vous plaisantez…




Gné elle vient de débarquer ou quoi

 
Citation:



Jack: Vous refusez ma proposition ?
Eirwen : Bien sûr… vous croyiez vraiment que j’allais me laisser entraîner dans ces sottises d’aliens et de faille machin-truc ?



Elle a une case en moins Eirwen Shocked

 
Citation:



Eirwen : Et évitez de croiser mon chemin de nouveau … car je vous préviens… si je vous revoie, je ne vous laisserai pas partir.



Moi aussi si je le croisais je le laisserais pas partir Laughing Laughing

 
Citation:



Jack: à condition que vous vous souveniez de moi …
Eirwen : Que voulez vous dire ?
Jack: La bière était bonne ?
Le regard d’Eirwen se posa sur le verre qu’elle venait de finir… qu’insinuait-il par là ?



Il lui fait le même coup d'avec Gwen arf quel manque d'inventivité ^^

C'est une fic qui promet de bons moments Smile
Et surement des mauvais(tristes) qui te vaudra des cailloux
Je te souhaite de nous sortir une bonne fournée de chaps^^
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MessagePosté le: Ven 14 Aoû 2009 - 07:34    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

King Docteur a écrit:
Citation:
suite à l’accroissement des problèmes générés par la légalisation de la loi sur la génétique et le clonage dans les années 2070. l’Adn ne pouvant plus être une preuve irréfutable, la bonne vieille méthode de la reconnaissance faciale était redevenue le seul moyen d’identifier les criminels.
Ben ça tiens pas la route ça s'il y as des clones, ils sont censés avoir le même visage Confused enfin c'est mon avis .
OUBS ..... effectivement ... ... ...
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MessagePosté le: Sam 15 Aoû 2009 - 19:52    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

Merci Yeles, KD et David-S ... pour vos super com's


et Chapitre 4 posté


Même pas peur ...
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MessagePosté le: Dim 16 Aoû 2009 - 19:15    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

AAAAAAAA !!!!!
Mais c'est pas possible, on commençait avoir de timides réponses (vraiment timide Smile ) et PAF Mr Retcon fait des siennes !!!! Pour la peine :
Moi je cailloute pas, je fouette

Bref, sinon un chapitre génial, come d'hab j'ai envie de dire Smile

Le passage des photos de Gwen m'a serré le coeur (je suis du genre nostalgique... Crying or Very sad )
Heureusement, Jack n'a pas changé lui (pas encore en tout cas), toujours les bonnes vieilles méthodes et ça, ça remet du baume au coeur Mr. Green

Et pour une fois je vais faire une citation, parce que la, je ne peux vraiment pas résister :
Citation:
Elle chaussa ses converses et rejoignit le salon. Elle ne prit pas le temps d’avaler son habituel petit déjeuner composé d’un grand café noir et d’un fruit, généralement une banane...On lui avait souvent répété que c’était le fruit qui contenait le plus de potassium…

Cette fille a tout compris à la vie Laughing

Voila, voila maintenant la suite et vite, sinon  !!!!!!!!!!!
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MessagePosté le: Lun 17 Aoû 2009 - 10:04    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

Hello, en direct de la tête de Duam ^^



Bon, y paraît que j'ai un petit commentaire à faire



 
Citation:
Eirwen continuait à fixer le verre vide qu’elle venait de laisser sur le comptoir. Petit à petit une étrange sensation de fatigue commença à monter en elle. Impossible de résister, ses yeux se fermaient tout seuls, ses jambes ne la portaient plus…

Ben ça, on pouvait s'en douter. Quelle idée aussi de boire une bière si tôt le matin

 
Citation:

Jack : Un soupçon de dénégation et une touche de Redcon… auxquels j’ai ajouté un puissant sédatif… inutile de lutter.

Servir à température ambiante, accompagné d'une bonne bière bien fraîche.

 
Citation:
Mais le plus tragique, c’est que vous allez également m'oublier…
Rhaaaaaaaaa, ça c'est pas juste Sad Comment peut-on oublier Jack ?


 
Citation:

Jack : Non, elle a juste un peu forcé sur la bière, elle a pas l’habitude, je vais la ramener chez elle.

Ben voyons, il croit qu'on est dupes ?

 
Citation:


Après quelques gesticulations peu orthodoxes, il parvint à ouvrir les portes arrières du SUV et la déposa sur la banquette.

 
ça je voudrais bien le voir...



Citation:



Et surtout il voulait savoir si Eirwen serait aussi perspicace et curieuse que son aïeule.


Mais on n'en doute pas un instant... Elle est déjà aussi têtue et bornée qu'elle... Alors la perspicacité...

 
Citation:
De jolies anglaises lui couvraient les épaules. Il se surprit à jouer avec l’une d’elle, ce qu’il stoppa très rapidement…


Dis-donc Jack, tu veux un coup de main ? You naughty boy...

 
Citation:
Sur une dernière, car il ne put en regarder d’avantage, Gwen était assise sur un banc, elle devait avoir environ 70/80 ans, entourée par une femme d’environ 50 ans qui devait être sa fille, Mary, une jeune femme ayant une vingtaine d’années qui devait être Meredith et sur les genoux de Meredith, un jeune bébé… Eirwen… "4 générations de filles Cooper" se dit-il…
:cry C'est émouvant ça. Mais ça fait plaisir de voir que Gwen a eu une vie bien remplie et heureuse.


 
Citation:

Eirwen ouvrit péniblement les yeux. Elle mit un moment avant de comprendre où elle se trouvait.

Tu t'es vue quand t'as bu ?


 
Citation:
Eirwen : Non, je te jure… la dernière chose dont je me souvienne c’est d’être à l’hôpital et d’aller en direction des laboratoires pour récupérer les analyses. Après c’est le trou noir… jusqu’à ce que la sonnette me réveille.

Terrible les lendemains difficiles...


 
Citation:
Elle regarda l’horloge fixée au mur, elle indiquait 19h42.
42 ! ! ! ! Si ça c'est pas un signe !
 
Citation:
Elle régla son réveil sur 7h00, tira les draps sur elle et se pelotonna en position fœtale. Elle ne mit pas dix minutes à s’endormir.
Allez zou, c'est partit pour un gros dodo avec des rêves tout plein de Jack Mr. Green

 
Citation:
“Like the beat beat beat of the tom-tom, like the jungle shadows fall… Like the tick tick tock of the stately clock, as it stands against the wall…”
Niiiiiiiiiiiiiiiiiiight and Daaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaay, you are ze ouaaaaaaaaaaaaane  


 ça s'arrange pas notre cas non ? ^^

Citation:
Quel drôle de rêve tout de même… « Je dois être vraiment en manque pour rêver d’un homme aussi séduisant » se dit-elle.

Qu'est-ce que j'avais dit... tout plein de Jack ^^

 
Citation:

Elle chaussa ses converses et rejoignit le salon. Elle ne prit pas le temps d’avaler son habituel petit déjeuner composé d’un grand café noir et d’un fruit, généralement une banane...On lui avait souvent répété que c’était le fruit qui contenait le plus de potassium…

Good girl ^^ Tout y est... ou presque... ça manque de Docteur Sad


 
Citation:
Gareth : Un animal sauvage ?
Docteur Leister : Je ne vois pas d’autre explication.
Eric, sors de ce corps ^^


 
Citation:

Il se pencha pour récupérer une sorte de carte de visite entièrement noire. Lorsqu’il la retourna, seul un symbole y était visible… une sorte de « T » formé de losanges collés les uns aux autres…
Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii (©Duam) mais c'est pas poss   ible ! 


 
Citation:

Gareth : C’est quoi ?
Eirwen : Aucune idée…
Nous si !

Reste à savor si elle va faire le lien. T'as pas le droit de nous laisser comme ça vilaine  


Un nouveau chapitre brillant. Mais mon petit doigt me dit qu'on n'est pas au bout de nos peines et que les cailloux vont encore tomber dru.
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MessagePosté le: Lun 17 Aoû 2009 - 12:01    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

Deuxième tentative de com', cette fois c'est la bonne ! Laughing
Attention, je risque d'être encore plus violente ! Laughing
(Qui est celui ou celle qui a dit qu'on ne pouvait pas être plus violente que moi ?!
Qui a dit je confirme ?!)

Bon avant d'envoyer tous mes smileys, je tenais à te dire que ces deux chapitres étaient vraiment excellents !!!!
Si si !! Vraiment biens !!!
Tu peux pas savoir comme j'étais heureuse lorsque j'ai vu que tu avais posté un chapitre !!!!!!
J'l'ai dévoré, tout simplement ! Laughing

Maintenant, le hic reste les cliff's...
Que va-t-on faire de toi, ma petite Maud ?

Gniark, c'est parti. Mr. Green

Chapitre 3 - Des révélations à ne plus savoir qu’en faire

Citation:
Sans savoir pourquoi, Eirwen suivit ce mystérieux John Wood. Il lui semblait qu’elle pouvait lui faire confiance. Bien qu’elle enfreignait pas moins d’une dizaine de lois en le laissant filer comme ça, elle ne pouvait se résoudre à le dénoncer ou à l’arrêter. Il émanait de cette personne une aura insaisissable et à laquelle on ne pouvait résister.

Qui peut résister au charme ravageur de Jack John Wood Mr. Green ?
Citation:
Elle avançait machinalement dans les couloirs de l’hôpital Albion, marchant à quelques pas derrière le long manteau qui virevoltait au rythme de la démarche de l’homme qui la précédait.

HUHU Le manteau !!!
*Je sors*
Citation:
Eirwen : Où allez vous comme ça ?
John : Vous offrir cette bière !
Eirwen: Mais …


Mmmhh... Ca sent le roussi, cette bière...
Ca sent la pilule de l'oubli accompagnée d'un puissant somnifère...
Citation:
Sans attendre la réponse, comme si elle coulait de source, il s’engouffra dans le parking. Elle était en service, elle ne pouvait, sur un coup de tête, partir avec un inconnu boire une bière dans un pub… Elle mettait sa carrière en jeu … mais son inconscient lui disait de foncer, d’aller boire cette bière…

Allez ça vaut le coup de mettre en jeu sa carrière pour Jack... John. Mr. Green
*Part se cacher*
Citation:
John : Vous venez ?
Eirwen : J’arrive !



Citation:
John : Vous avez changé d’avis ?
Eirwen : J’hésite… je mets ma carrière en jeu en ce moment …

Vas-y, vas-y, vas-y !!!

Citation:
John : Qui vous dit que cette bière ne sera pas l’élément déterminant qui fera prendre un tournant à votre carrière ?
Eirwen : Comment ça ?
John : Montez, prenez cette bière avec moi et vous saurez…

Mouais, mouais...
Citation:
Il la regardait de ses yeux bleus hypnotisants, les petites rides qui partaient du coin de ses paupières lorsqu’il souriait, rendaient son regard encore plus ensorceleur…


Jaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaack !
*J'suis déjà trèèèèèès loin*
Citation:
Cet homme avait un charme fou, il avait dû faire souffrir nombre de jeunes filles et de jeunes hommes.

Ah ça... !
Citation:
John : Après vous !
Eirwen : Trop aimable !

La galanterie, toussa...
Tu veux encore nous faire croire que c'est pas lui ?
Citation:
Il la regardait, un sourire se dessinait sur le coin de ses lèvres, on aurait dit qu’il se remémorait un instant particulièrement heureux…

On s'demande lequel c'est ! Laughing
Citation:
John : Torchwood.

AHAH !!!!
Citation:
Eirwen : Vous voulez rire… vous vous foutez de moi ?


Citation:
Eirwen : Ce sont des histoires que ma grand-mère me racontait lorsque j’étais enfant … une légende urbaine qui remonterai à l’époque de l’explosion de la place Roald Dahl en 2000 et quelques…
John : … 2009 pour être précis…

Une légende...
Citation:
Eirwen : Si vous le dites… Ce sont des histoires pour effrayer les enfants, pour qu’ils n’aillent pas se promener sur les quais le soir…
John : Et si je vous disais que les mythes et légendes prennent racines dans la réalité, vous me croiriez ? Si je vous disais que Torchwood a réellement existé, que cette organisation était en dehors du gouvernement, qu’elle était plus autonome que la police et indépendante des Nations Unies, qu’elle traquait et étudiait les aliens en vue de protéger et d’armer la race humaine pour le futur…

Plus aucun doute, c'est lui !
Citation:
Eirwen : Je vous dirais que vous devez vous faire soigner…

Quel caractère ! Laughing
Citation:
John : Armer les Hommes pour le futur… Vous ne semblez pas comprendre. Le 21e siècle a été celui de tous les changements et ce n’est pas fini… il faut s’y préparer… à nouveau…

À nouveau... À NOUVEAU ?!!!!!

Citation:
John ne répondit pas. Il mis sa main à l’intérieur de son manteau, fouilla dans sa poche intérieure et en sortit une photographie jaunie par le temps. Il la tendit à Eirwen. Ce qu’elle vit la laissa perplexe. Elle laissa échapper son sac et son blouson qu’elle avait récupéré quelques secondes auparavant et posa sa main contre sa bouche.

Y a quoi dessus ??? AAAAAHHHH !
Je veux savoir !!!!
Citation:
Ses yeux faisaient des allers retours entre la photo, John et le mur situé derrière le comptoir… C’était irréfutable, c’était le même endroit, le même homme et assise en face de lui, une jeune femme ressemblant traits pour traits à Eirwen. Elle reconnu de suite la femme sur la photo. Mais c’était impossible…

Jack et Gwen dans ce même bar ! Ce doit être un choc pour elle !
Citation:
Eirwen : C’est impossible…

Si... Confused
Citation:
John : J’avais un ami qui aimait dire que ce n’est pas impossible, que c’est juste improbable…

!!!!!!! Belle référence !!!!!!
Citation:
John : Non, c’est moi et Gwen Cooper, en 2006, le jour de notre première rencontre. Sacrée journée !

Laughing Et bah avec ça, la petite risque pas d'être surprise !
Citation:
Eirwen : Stop… arrêtez… ça ne peut pas être vous… vous auriez… plus de cent ans !
John : Rajoutez en environ une bonne centaine et vous aurez votre réponse.


Citation:
Eirwen : mais QUI êtes vous ?
John : Capitain Jack Harkness.

I KNEW IT ! I SAID SO !!! THAT'S HIM !! HIIIIIIIIIIIIIIM !!!!!!!!!!
Citation:
Eirwen : Jack… Harkness ?? Vous êtes LE Jack Harkness de Granny ?


E qué ??
Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised
Citation:
Eirwen : Ma grand-mère, Mary Alistair, m’a dit quelques minutes avant sa mort, qu’elle aurait voulu me parler de sa mère et de notre destinée à nous les filles aînées… Que cela aurait dû m’être transmis à mes 20 ans, mais que comme ma pauvre mère était morte lorsque j’avais 10 ans, elle aurait dû me le dire…mais elle n’avait pas assez de force pour le récit complet et la seule chose qu’elle m’a dit c’est de me rappeler d’un nom : Jack Harkness

Shocked
Citation:
Jack: Mary… Elle aussi ressemblait trait pour trait à Gwen. Et sacrée Gwen, elle n’a jamais perdu l’espoir de me revoir un jour… mais c’était trop tôt, trop frais dans ma mémoire… trop douloureux… toutes ces pertes… Je ne pouvais pas revenir…


Citation:
Jack: C’est une longue histoire, peut-être vous la raconterais-je un jour… Mais pour l’instant, revenons en au sujet qui nous intéresse…

Longue et triste histoire !
Citation:
Jack: Comme je le disais tout à l’heure, nous arrivons à un tournant majeur pour la Terre… Je suis revenu pour reconstruire Torchwood et j’ai besoin de gens comme vous… Depuis mon départ plus personne ne maintient le faible équilibre de la faille…

WHOUAAAAAAAH ?! depuis plus de 80 ans la faille elle est pas surveillée ?!
Citation:
Eirwen : Des aliens … à Cardiff… vous plaisantez…
Jack: Combien de meurtres non résolus avez-vous connus ? Combien de dossiers classés car vous n’arriviez pas à trouver les coupables ? Combien de corps mutilés, sans indices, ni empreintes, ni Adn identifiable ?


Et toc ! Laughing
Citation:
Jack: Et si je vous donnais les coupables ? Si je vous disais que ce sont des Weevils ?
Eirwen : Des ????
Jack: Des Weevils. C’est un nom que je leur ai donné, car voyez-vous, il ne sont pas très causants !

Mouahahah j'le savais aussi !!!!!
*je sors*
Citation:
Eirwen sentait sa tête tourner au fur et à mesure des révélations de ce Jack… beaucoup d’informations en si peu de temps !

J'l'avais dit qu'elle serait choquée !!!
Citation:
il devait y avoir plusieurs Jack Harkness...

Nan nan, maintenant, Jack Harkness est unique !
Citation:
Elle allait gentiment lui dire d’aller se faire f…. et déguerpir illico presto rejoindre le commissariat, tout en essayant de trouver une excuse pour sa subite disparition et l’absence du rapport du labo… et ce serait ce dernier point qui serait le plus difficile…


Ah bah non, elle va quand même pas partir !!!!!!!!!!!!!
Citation:
Lorsqu’elle remonta, elle retrouva Jack assis à la même place. Il avait commandé une nouvelle bière, et celle, à moitié finie d’Eirwen, l'attendait à sa place. Elle s’assit tranquillement, prit son verre et le vida d’une traite…

Ouh l'imprudente, laisser son verre sans surveillance auprès de Jack...
Citation:
Jack: Vous avez la même descente que Gwen… Vous lui ressemblez tant…

Un nuage voila le bleu de ses yeux…

Crying or Very sad Sniff...
Citation:
Eirwen : Je suis désolée, mais je vais devoir vous laisser, je dois retourner au commissariat ! Ravie de vous avoir connu Captain Jack Harkness !
Jack: Vous refuser ma proposition ?
Eirwen : Bien sûr… vous croyiez vraiment que j’allais me laisser entraîner dans ces sottises d’aliens et de faille machin-truc ?


Citation:
Eirwen : Et évitez de croiser mon chemin de nouveau … car je vous préviens… si je vous revoie, je ne vous laisserai pas partir.
Jack: à condition que vous vous souveniez de moi …
Eirwen : Que voulez vous dire ?
Jack: La bière était bonne ?


Qu'est-ce que j'avais dit ?! Il fait toujours ce coup-là !!!!


*****************************

AAAAAAA
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHH Encore un cliff' ! pas content
J'commente le prochain chapitre très rapidement ! Wink
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MessagePosté le: Mar 18 Aoû 2009 - 00:45    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

Alors là, Duam, je tiens à dire que je suis resté sur le c** (<== désolé pour ça mais fallait que je le dise ...)

Non, mais franchement, tu écris super bien, ton style est excellent et ton histoire est trop accrocheuse >< !!

Je me suis fait les 4 chapitres d'affilé. La suite ??

Gareth David-Lloyd, en pleine extase ... ^^
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MessagePosté le: Mar 18 Aoû 2009 - 11:53    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6) Répondre en citant

Comme promis, je te fais le commentaire du chapitre 4. Gniark !
Comme d'habitude très bon chapitre, avec un cliff' qui tue à la fin, mais ça, je ne devrais même plus le dire ! Laughing

Bon assez parler, commençons mon com' !

Chapitre 4 - Mémoire perdue

Citation:

Eirwen continuait à fixer le verre vide qu’elle venait de laisser sur le comptoir. Petit à petit une étrange sensation de fatigue commença à monter en elle. Impossible de résister, ses yeux se fermaient tout seuls, ses jambes ne la portaient plus…



Le somnifère a été rapide à agir !!
Ah làlà, ce sacré Jack ! Laughing
Citation:

Eirwen : Que m’avez-vous fait ?
Jack : Un soupçon de dénégation et une touche de Redcon… auxquels j’ai ajouté un puissant sédatif… inutile de lutter.
Eirwen: Redcon ? Qu’est ce que c’est ? Vous m'avez empoisonnée ?


C'est moi où Jack commence à être un peu comme le Doc' ? Dire des choses que les autres ne comprennent pas !
Pauvre Eiry !
Citation:

Eirwen : Non, vous ne pouvez pas … Je vais tout dire à mon coéquipier… Je…
Jack : Vous n’en aurez pas le temps. J’ai un peu augmenté les doses… Je n’ai plus mes amis pour effacer les traces que vous pourriez laisser… Ils étaient très doués dans ce domaine… Mais le plus tragique, c’est que vous allez également m'oublier…


Oh, c'est bien ce que je me disais, c'est rapide à agir...  il a augmenté les doses !!!!!
Ouh, la pauvre !
Citation:

Barman : Que se passe t-il ? Y’a un problème ?
Jack : Non, elle a juste un peu forcé sur la bière, elle a pas l’habitude, je vais la ramener chez elle.

L'excuse !

Citation:

Jack : Non, ne vous inquiétez pas… Elle habite à 5 minutes… (à lui-même) J’ai peut-être un peu forcé sur la dose …

Ohhh Laughing

Citation:

Après quelques gesticulations peu orthodoxes, il parvint à ouvrir les portes arrières du SUV et la déposa sur la banquette. Il prit place derrière le volant et fit marche arrière.

Des gesticulations peu orthodoxes...

Citation:

Jack fut assez content de ne croiser personne, cela aurait été difficile à expliquer…

Ça c'est sûr !!!! Laughing

Citation:

Et surtout il voulait savoir si Eirwen serait aussi perspicace et curieuse que son aïeule.

C'est bien Jack, ça, s'amuser avec la mémoire des personnes !

Citation:

Il s’assit à coté d’elle, lui repoussa une mèche rebelle lui barrant le visage, et la fixa. Elle ressemblait tellement à Gwen… la même taille, les mêmes yeux, la même couleur de cheveux, sauf qu’ils étaient bouclés. De jolies anglaises lui couvraient les épaules. Il se surprit à jouer avec l’une d’elle, ce qu’il stoppa très rapidement…

Crying or Very sad Ce doit être dur pour lui, quand même... ça doit lui rappeler pas mal de moments... Surtout lorsque qu'il s'agit des Cooper !

Citation:

Gwen était assise sur un banc, elle devait avoir environ 70/80 ans, entourée par une femme d’environ 50 ans qui devait être sa fille, Mary, une jeune femme ayant une vingtaine d’années qui devait être Meredith et sur les genoux de Meredith, un jeune bébé… Eirwen… "4 générations de filles Cooper" se dit-il…

La photo des 4 générations ! C'est trop chou !

Citation:

Il s’approcha doucement de son visage et déposa un chaste baiser sur le front de la jeune femme.

Oooh, c'est trop mignon... Crying or Very sad

Citation:

Eirwen ouvrit péniblement les yeux. Elle mit un moment avant de comprendre où elle se trouvait. Que faisait-elle sur son canapé ? Elle fouilla dans ses souvenirs à la recherche de réponses, mais la dernière chose dont elle se souvenait c’était d’arpenter les couloirs de l’hôpital Albion pour récupérer des résultats d’analyses…


Erf, les effets de la pilule d'oubli...
Raaaaa c'est frustrant !!! Pourquoi elle a pas accepté son offre ! pas content
Au moins elle n'aurait pas eu à subir ça !

Citation:

Elle se leva avec difficulté de son sofa et se dirigea vers la porte. Le visiophone lui apprit que c’était son père. Il semblait à la fois en colère et inquiet. Elle déverrouilla la porte et avant qu’elle ait pu dire quoi que ce soit, son père entra dans l’appartement en trombe.

Huh, je sens que son père va être furieux...

Citation:

Welling : Où diable étais-tu passée ? ça fait des heures que Gareth essaye de te joindre au téléphone. Il n’a osé me prévenir qu’il y a vingt minutes ! Nom de Dieu Eiry ! T’étais où ?
Eirwen : Je sais pas papa, je ne me souviens pas … c’est étrange…

J'avais raison, il est furieux. Laughing

Citation:

Elle se dirigea vers la salle de bain, sa tête lui faisait un mal de chien. Elle attrapa un tube d’aspirine et prit deux cachets. Après un détour par la cuisine pour les mettre dans une verre et y ajouter de l’eau, elle retourna dans le salon s’assoir sur le sofa. Elle laissa les cachets effervescents se dissoudre, les yeux dans le vide. Alors qu’elle allait se saisir de son verre, elle vit le dossier. Elle le prit et regarda les résultats. Tout était normal. Aucun signe de produits ou de drogues.

Mouais, Jack a tout prévu !! Laughing

Citation:

Elle régla son réveil sur 7h00, tira les draps sur elle et se pelotonna en position fœtale. Elle ne mit pas dix minutes à s’endormir.

Allez un gros dodo !

Citation:

Eirwen : T’as une sale tête ce matin…




Citation:

Les événements de la veille lui revenaient en tête… et toujours ce trou noir…

Raaa les effets de cette fichue pilule !

Citation:

D'étranges images lui revenaient en tête, elle revoyait surtout un homme, le reste était très flou… un homme de belle allure, portant un étrange manteau et au sourire ravageur… Quel drôle de rêve tout de même… « Je dois être vraiment en manque pour rêver d’un homme aussi séduisant » se dit-elle.

Mais non, il existe !!!!!

Citation:

Elle sortit enfin de la baignoire, se sécha et retourna dans sa chambre. Elle enfila le premier jean qu’elle trouva et se saisit d’un tee-shirt qui était pendu à un cintre. Elle chaussa ses converses et rejoignit le salon.

Des converses !!!! Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
*je sors*

Citation:

Elle ne prit pas le temps d’avaler son habituel petit déjeuner composé d’un grand café noir et d’un fruit, généralement une banane...On lui avait souvent répété que c’était le fruit qui contenait le plus de potassium…


Bon allez Duam, avoue, le père de Eiry est le Docteur... Laughing

Citation:

Eirwen : Je suis désolée pour hier.
Gareth : Ton père m’a raconté. J’ai appelé l’hôpital ce matin, ils m’ont dit qu’une fuite de produit toxique avait été découverte dans les laboratoires et que plusieurs scientifiques avaient également des pertes de mémoire. Tu as du être exposée à ce produit…

Jack a tout prévu !!!! Laughing

Citation:

Voix : Lloyd, Morris…. Bougez-vous… St Mary Str… Un autre cadavre !
Gareth : On y va !

C'est ce qui s'appelle donner des ordres !

Citation:

Gareth : Un animal sauvage ?

Hum... Weevils.

Citation:

Eirwen : ça te dirait pas un petit café avant? Le Starbucks est à quelques pas … Et j’en ai vraiment besoin…
Gareth : Ok. De toute manière on n’est pas pressés. Ils vont mettre au moins deux heures à rendre leurs conclusions…

Un petit café pour se remettre de ses émotions.

Citation:

Gareth : Eiry, t’as fait tomber quelque chose !

Il se pencha pour récupérer une sorte de carte de visite entièrement noire. Lorsqu’il la retourna, seul un symbole y était visible… une sorte de « T » formé de losanges collés les uns aux autres…

Gareth : C’est quoi ?
Eirwen : Aucune idée…


Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised Surprised
OH MY GOD ! Tu peux pas finir ainsi !!!!!!!!

Vilaine !!!!!
Poste-moi tout de suite de chapitre 5 !!!!
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:14    Sujet du message: Cardiff, 2093 (épisodes 1 à 6)

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