Doctor Who Index du Forum
 
 
 
Doctor Who Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion


[Terminé] De l'importance de la banane
Aller à la page: 1, 2, 3, 4, 5, 6  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Doctor Who Index du Forum -> Made in Gallifrey -> Fan Fiction -> Cross-over whoniverse
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
yeles
Time Agent
Time Agent

Hors ligne

Inscrit le: 15 Sep 2008
Messages: 4 108
Localisation: les yeux dans les étoiles
Féminin Gémeaux (21mai-20juin) 牛 Buffle

MessagePosté le: Jeu 3 Sep 2009 - 19:58    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

De l’importance de la banane.

Genre : aventure, sorcellerie et autres arnaques

Date: peu après la fin de « une rencontre quelque peu surprenante »

Disclaimer : Doctor Who appartient à la BBC, Discworld à Terry Pratchett. Je fais ça uniquement pour l’hommage et le fun et parce que ces deux univers ne pouvaient que se croiser un jour. J’espère que les fans s’y retrouveront et que ça donnera envie aux autres de rentrer dans cet univers délirant. Et puis le Doc me manquait Smile



Citation:
C’était l’été. Un été comme on n’en n’avait pas vu depuis bien longtemps. William était parti voir son père en Suisse, accompagné par sa tante. Pendant qu’il profitait de ses vacances, moi je profitais des miennes. « Mes vacances de maman », comme je me plais à le dire. J’adore mon fiston, mais de temps en temps, j’apprécie d’avoir du temps pour moi. Et puis, ça nous fait du bien à tous les deux de ne pas se voir pendant quelques temps et puis quel plaisir de nous retrouver après !

C’était dimanche et je m’étais levée tôt pour partir à la fraîche. Je voulais profiter de mon « célibat » pour me rendre au marché aux puces à Montreuil. Ça faisait un moment que je voulais y aller. J’avais une quête à accomplir. La quête du « Saint livre de Docteur Who » en français. Peut-être que là-bas je tomberais sur la perle rare, à un prix raisonnable si possible.
Je préparais mon sac à dos, y enfournait une bouteille d’eau, mon portable, mon archos, mon bouquin et mon portefeuille. J’enfilais ensuite mes Converses, attrapais mes lunettes de soleil qui trainaient sur la table de la salle à manger et sortit de mon appartement.

Le trajet en RER puis en métro se déroula dans un calme relatif, vu l’heure qu’il était. Mais lorsque je sortis de la bouche du métro, l’ambiance fut tout de suite différente. Les vendeurs avaient déjà pour la plupart installé leur étal et j’avançais tranquillement au milieu de la cohue des badauds. J’adorais farfouiller aux puces. Des fonds de greniers, des objets improbables, des vieux souvenirs, pour quelqu’un qui, comme moi, passait déjà son temps dans le grenier de sa grand-mère, c’était le pied absolu.

Mon regard s’arrêta sur une vieille montre à gousset et je ne pu m’empêcher de sourire. Je demandais au vendeur si je pouvais la regarder, juste histoire de vérifier quelque chose. Il tiqua légèrement alors je l’approchais de mon oreille. On ne sait jamais, des fois qu’un seigneur du temps ne se mette à me parler. Je reposais l’objet au milieu de l’étal en remerciant le vendeur, regrettant qu’elle ne soit pas un peu moins chère, ça aurait fait son petit effet dans une rencontre Botienne, puis je continuais ma progression.

Arrivée aux halles où se trouvaient les puces consacrées aux livres, je me mis à la recherche des vendeurs spécialisés en science-fiction. Malheureusement, ils n’étaient pas très nombreux ce jour là. Le premier que j’interrogeais ne voyait même pas de quoi je voulais parler. Il était plutôt axé sur les productions américaines et les comics. C’est à peine s’il avait déjà entendu parler de la série. Je lui faisais un topo rapide, c’était plus fort que moi, il fallait que je répande la bonne parole. Après un exposé de plusieurs minutes, je me dirigeais vers l’étal suivant, avec le sentiment d’avoir accompli mon devoir.

Posées sur l’étal, je trouvais de vieilles éditions de Docteur Who, mais en anglais. Je regardais les couvertures avec délectation, ne sachant que prendre. Il y avait quelques tomes avec Tom Baker en couverture, mais les prix restaient assez élevés. J’hésitais. En revanche, aucun livre en français. Le vendeur était en train de discuter avec une autre personne. Je tendis discrètement l’oreille, histoire de voir s’ils parlaient de la série mais ils étaient en train de discuter au sujet d’H.G. Wells.
Lorsqu’il eu terminé, il se tourna vers moi, ayant remarqué que j’attendais. Je lui demandais alors s’il avait, par le plus grand des hasards, des exemplaires de l’édition française de Docteur Who.

V – Décidément, elle a du succès cette série !

Y – Ah bon ? Enfin, oui, c’est un peu logique vu qu’ils ont lancé une nouvelle saison. La communauté de fan en France est de plus en plus importante.

V – ça fait plaisir à voir. Je regardais ça quand ça passait dans les années 80.

Y – Avec Tom Baker ?

V – Oui, un des meilleurs docteurs. Je n’ai pas encore regardé la nouvelle version.

Y – Vous devriez, c’est brillant. Vous connaissez BOT ?

V – BOT ? Non, c’est quoi ?

Y – Un site consacré à la série, un site francophone. Et il y a aussi un forum. Vous seriez surpris d’y voir ce qui s’y trouve.

V (avec un sourire) – Ah ? Intéressant. Je note l’adresse, je passerai y jeter un coup d’œil à l’occasion.

Y – Vous n’avez pas répondu à ma question. Vous avez des exemplaires ?

V – Malheureusement, non. J’ai vendu le dernier que j’avais à un monsieur tout à l’heure. Il était ravi d’en trouver un. Surprenant ce type d’ailleurs… Un peu difficile à suivre mais très sympathique. Mais vous pouvez toujours essayer de le rattraper, il est parti dans cette direction y’a pas 5 minutes. Je l’ai vu tourner dans la première rue, à gauche. Vous ne pourrez pas le louper, il porte un grand trench-coat. En cette saison, faut être cintré quand même.

Un trench-coat ? Sûrement un fan hardcore. Ce serait difficile de le convaincre, mais bon, ça ne me couterait pas grand-chose de tenter ma chance. Je remerciais le vendeur et partis dans la direction qu’il m’avait indiquée d’un pas rapide. Si je faisais chou blanc, je n’aurais plus qu’à aller faire un tour sur les bords de Seine, du côté des bouquinistes.

Je tournais dans la petite rue qui se trouvait sur ma gauche mais je ne voyais pas d’homme en trench-coat. Je commençais à me dire que j’avais vraiment pété un câble et que je ferais mieux de faire demi-tour avant de me perdre, quand mon regard fut attiré par un détail particulier dans un renfoncement. Mon sang ne fit qu’un tour. Il faut vraiment que tu arrêtes les sucrettes ma fille, tu deviens grave !

Je me frottais les yeux et regardais plus attentivement. C’était tellement incroyable que je n’osais pas m’approcher. Elle était là, devant moi, la cabine bleue ! Ce cher T.A.R.D.I.S. ! C’était bien plus qu’un fan hardcore qui avait acheté ce livre. C’était le personnage principal ! Enfin, l’un de ses successeurs.
Ni une, ni deux, je sortis mon portable de mon sac et fouillais dans mon répertoire. Je n’avais jamais osé composer ce numéro depuis qu’il nous avait ramenés, Willy et moi, à la maison. J’avais le cœur qui battait à cent à l’heure, à la fois excitée et angoissée.

T – Oui allo ?

Y – Docteur ?

T – Yeles ! Ça faisait longtemps dites-moi ! Comment ça va ? Et Willy ? Et Laurence ? Ça fait plaisir de vous entendre.


Y – ça va, ça va, tout le monde va bien. Dites Doc, vous pouvez sortir du T.A.R.D.I.S. ?

T – Sortir du… comment savez-vous ? Naaaaaaaaaaaan, ne me dites pas que…

La porte s’ouvrit et une tête hilare apparut.

T – Mais si ! Brillant ! Mais entrez-donc ! On sera mieux à l’intérieur. Le café est encore chaud.

J’entrais dans le T.A.R.D.I.S.. La décoration n’avait pas changé d’un pouce à part peut-être deux ou trois détails, comme un pot de Nutella posé sur la console ou encore un percolateur installé au fond à droite. Je remarquais qu’une jeune femme était en train de s’affairer devant l’appareil. Le Docteur le remarqua et sourit encore plus.

T – Ah oui, je suis accompagné en ce moment. Une excellente compagne d’ailleurs, même si nos dernières aventures ont été plutôt… mouvementées, elle reste avec moi. Pour l’instant. Mais je crois que vous vous connaissez.

Il se tourna vers la jeune femme qui continuait de bricoler le percolateur en se trémoussant.

T –Maud… Maud !? MAUD !

J’écarquillais les yeux, c’était bien qui je pensais que c’était ? La jeune femme sursauta et, retirant ses écouteurs, se tourna vers nous.

T – Regardez qui je viens de trouver sur le pas du T.A.R.D.I.S.

D – You are my voodoo child, my voodoo child, oubs, oui ? C’est… qui ? (puis, plissant un peu les yeux comme pour essayer de faire la mise au point) GNIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! C’EST PAS VRAI ! YELEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEES !

Duam se précipita vers moi et m’attrapa par les épaules avant que je n’ai pu dire quoique ce soit. J’étais tellement surprise de la voir là. J’avais pourtant lu ce qu’elle avait écrit sur le forum mais je ne pensais pas la trouver là, avec le Doc. Enfin, je ne pensais pas trouver le Doc tout court d’ailleurs.

D – C’est dingue ! Comment ça se fait que tu sois là ?

Y – Ben j’étais allée aux puces pour essayer de trouver un exemplaire en français de Docteur Who, mais visiblement, quelqu’un a été plus rapide que moi.

Je lançais un regard sombre au Docteur qui me sourit un peu timidement.

T – Désolé, je suis collectionneur.

D – Rho, tu devrais voir tout ce qu’il a dans le deuxième sous-sol ! C’est dingue ! Le paradis du botien. Depuis qu’il sait qu’il existe une série sur lui, il passe son temps à essayer de trouver des objets qui ont un rapport plus ou moins direct avec.

T – Plus tard peut-être. Je n’ai pas encore fini de tout répertorier.

D – Doc, je vous ai dit que je le ferai.

Y – Sacrée Duam… Archiviste jusqu’au bout des ongles. (Je jetais un coup d’œil au percolateur) Et tu t’es mise au café ?

D (subitement pivoine) – Disons que j’ai eu un excellent professeur.

Y – Mais il est où d’ailleurs ton Ianto ?

D – Nous l’avons déposé tout à l’heure à Cardiff. Il tenait absolument à revoir l’équipe et voir les locaux. Mais si tu restes un peu, on pourra aller le voir plus tard. Tu peux rester ? Dis-moi que tu peux rester… Hein Doc, elle peut rester ? Une petite ballade ?

Je n’avais rien de particulier de prévu, Willy était à Lausanne et j’avais posé quelques jours pour faire du tri chez moi. Tant pis, le tri serait pour une autre fois.

T – Si Yeles est d’accord, pourquoi pas.

Y – Plutôt deux fois qu’une !

Je m’agrippais à la rambarde la plus proche.

Y – Vous pouvez y aller Doc, je suis prête.

T – Une envie particulière ? Passé ? Futur ? Espace ?

D – Et si cette fois-ci, on allait vraiment à Barcelona ?

Y –Oh oui ! Les chiens sans truffe !

T – Décidément ! Bon, si c’est votre choix et bien Allons-y !

Le T.A.R.D.I.S. se mit en branle, heureusement que je me tenais fermement. J’avais réussi à éviter le ridicule de la chute pour une fois. Le voyage dura quelques minutes puis s’immobilisa. Puis, le Docteur se dirigea vers la porte et Duam et moi, nous lui emboîtâmes le pas.

T – Barcelona, cité des chiens sans truffe, des parfums étourdissants. La dernière fois que j’y suis allé, il faisait un temps épouvantable. J’espère que nous serons mieux servis cette fois-c…

Au moment ou le Docteur passa la porte, il fut bousculé par quelque chose d’assez rapide et trapu. Une espèce de grosse malle… pourvue de centaines de pattes ? Une forte odeur âcre nous pris à la gorge.

D – Des parfums étourdissants ? Vous êtes sûr de votre coup Doc ?

T – J’ai bien peur que non. J’ai l’impression que nous sommes à…

Y – Ankh-Morpork ! J’y crois pas !

Citation:
----------------

Le soleil était déjà haut dans le ciel et Ankh-Morpork grouillait d’activité. C’était la plus grande ville du disque-monde. Située sur les plaines de Sto, c’était la réunion de deux cités : Ankh La Fière et Morpork La Putride. C’était une ville grouillante d’activités aussi diverses que le commerce, la tannerie et les abattoirs, des ateliers de toutes sortes, la banque mais aussi le vol et les assassinats.

Il règne dans la ville une odeur qui lui est propre, un mélange d’eaux usées, de sang, de choux et d’épices, qui faisait la fierté des morporkiens. Une statue en son honneur a même été érigée. On trouve un peu de tout dans cette ville, des humains, bien sûr, mais aussi des nains, des trolls et autres morts-vivants. Les trolls font office de videurs dans les nombreuses tavernes de la cité.

Mais ce qui régit l’organisation d’Ankh-Morpork, ce sont les guildes, on en dénombre plus de 300 au total. En fait, on trouve des guildes pour à peu près tout, les alchimistes, les graveurs, les musiciens, les chiens, les contrebandiers, les plombiers, les prêtres etc.. etc…

C’est dans cette ville aussi que se trouve une institution aussi crainte que respectée : l’Université Invisible. Les enseignants qui y officient sont pour la plupart de vieux mages frisant la sénilité ou l’incapacité à exercer et sa devise est « Nunc id vides, nunc ne vides » (qui signifie à peu près « maintenant vous la voyez, maintenant vous ne la voyez pas »). C’est là que l’on y enseigne la magie à de jeunes garçons qui ont été jugés aptes à suivre cette instruction. Les femmes ne sont pas acceptées, à une exception près.

Quand je dis jugés aptes à suivre cette instruction, j’entends par là que c’est la condition de base. Mais il arrive parfois qu’il y ait des ratés dans la sélection. Et en parlant de raté, une silhouette maigrichonne arrivait en courant dans la rue où le T.A.R.D.I.S. s’était posé quelques instants plus tôt. Il portait une robe de mage rouge, enfin rouge, elle avait dû l’être à une époque.

R – Saleté de bagage ! Qu’est-ce qui lui prend de filer comme ça ? pff

Il était un peu essoufflé. Il faut dire que Rincevent, puisque c’était son nom, n’était pas très physique. Il n’était pas très courageux non plus, ni très doué en magie. En fait, on pouvait se demander pourquoi il était venu au monde un jour. En revanche, s’il y avait bien une chose pour laquelle il était doué, c’était les langues. D’ailleurs, c’était la raison pour laquelle il pouvait encore rester à l’Université, malgré le fait qu’il n’avait jamais obtenu son diplôme de mage. Il était le seul à pouvoir comprendre ce que disait le bibliothécaire. Et la bibliothèque était le cœur même de l’Université. Il était donc primordial que l’on puisse comprendre la personne qui s’en occupait. Et comme le bibliothécaire refusait absolument d’abandonner son poste, l’Archichancelier de l’époque n’avait pas eu d’autre choix que d’embaucher Rincevent comme interprète.

Et voilà donc notre mage, courant après son bagage. Mais comment peut-on courir après un bagage me direz-vous ? Il faut préciser que c’était un bagage magique fabriqué avec du bois de poirier intelligent et qu’il était pourvu d’une centaine de petits pieds. Il avait aussi une grande capacité de contenance et un appétit féroce. De nombreuses personnes en avaient déjà fait les frais. Rincevent en était l’heureux propriétaire. Il lui avait été donné il y a peu par Deuxfleurs, un touriste venu depuis l’autre côté du disque pour visiter Ankh-Morpork et sa région. D’ailleurs, le voilà qui arrivait à son tour dans la rue.

D – Attendez ! J’ai l’impression qu’il fait demi-tour !

Rincevent stoppa net et constata que, effectivement, le bagage avait tourné les pieds et revenait à toute vitesse dans sa direction. Le mage eut juste le temps de se jeter dans des sacs de pommes de terre providentiels qui se trouvaient sur sa gauche. Le coffre s’arrêta devant le T.A.R.D.I.S. et en fit le tour. Il semblait renifler la cabine bleue.

R – Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

D – Quel magnifique objet ! Il faut absolument que j’en prenne une image souvenir.

R – On n’a pas le temps ! ça me plaît pas cette chose.

Deuxfleurs se saisit d’une petite boîte et se plaça devant le T.A.R.D.I.S.. Il ouvrit la petite porte qui se trouvait à l’arrière du boîtier.

D – Il y a assez de lumière ?

Un petit personnage se trouvait à l’intérieur. Il était en train d’installer un chevalet et fouillait dans ses tubes de peinture.

P – J’espère que je vais avoir assez de bleu ! Travailler dans des conditions pareilles ! ça ne devrait pas être permis.

Deuxfleurs referma et attendit un instant.

R – ça ne me dit rien qui vaille cette chose. Venez, nous devons aller à l’Université tout de suite ! Il faut prévenir l’Archichancelier. Le bagage a vraiment une attitude étrange devant ce machin.

D – attendez ! C’est presque fini !

Rincevent tira Deuxfleurs par la manche de sa chemise. Il le tira si fort que ça le déséquilibra et qu’il lâcha l’image fraîchement peinte qu’il tenait dans sa main.

R – Dépêchons-nous avant qu’une catastrophe nous arrive encore !

Il donna un coup de pied au bagage pour qu’il arrête de se frotter à la cabine et tous trois partir en direction de l’Université, se mêlant à la cohue environnante.

D – Etonnante cette Peau-lisse Beau-que-ce non ? Et magnifique !

R – Vous trouvez ? Moi j’aime pas ça, j’aime pas ça du tout. Mon instinct me dit que nous ferions mieux de rester loin de cette chose.

D – Vous pensez que l’Archichancelier saura de quoi il s’agit ?

R – Aucune idée, mais bon, c’est l’Archichancelier, il trouvera bien.

----------------

Le Docteur avançait dans la rue, regardant à droite et à gauche, tel un gamin devant des vitrines de Noël. Duam et moi avions un peu de mal à tenir son rythme mais nous faisions tout notre possible pour ne pas être trop distancées. Je savais bien que la ville était peu sûre et il valait mieux ne pas perdre de vue notre chauffeur.

T – La grande Ankh-Morpork ! Sacré Terry ! J’étais venu avec lui il y a fort longtemps, mais je n’étais pas revenu depuis une éternité. Alors comme ça Yeles, vous connaissez ?

Y – Un peu oui. J’ai lu quelques tomes. Je me suis vraiment régalée d’ailleurs. Tu connais Duam ?

D – J’avoue que là, je suis un peu paumée. Ça fait partie des choses « à faire » de ma longue liste.

T – C’est la capitale du disque-monde.

D – Gné ? Le disque-monde ?

T – C’est une étonnante planète, un monde plat et circulaire, une immense cataracte s’écoulant sur ses bords. Il est soutenu par quatre éléphants, qui sont eux-mêmes sur la carapace d’une immense tortue, la…

Y – Grande A'tuin.

T – Exact ! Hi hi, brillant.

Je commençais à m’habituer à l’odeur qui régnait dans la ville et avec Duam, nous regardions les bâtiments et les gens que nous croisions avec émerveillement. J’étais sur une autre planète ! UNE AUTRE PLANETE ! Après une courte hésitation, j’attrapais mon appareil numérique dans mon sac et commençais à prendre des photos. William et Laurence n’en reviendraient pas à leur retour.

T – Oh ! Une taverne ! ça vous tente une boisson locale ?

Y – Vous êtes sûr ?

T –Rooooooh allez quoi, qu’est-ce qu’on risque ?

D – Euh, vous, au pire, une régénération, nous par contre…

T – Alleeeeeeez, je suis sûr qu’on trouvera quelque chose de bon à l’intérieur.

Nous entrâmes dans l’établissement. C’était une auberge plutôt sombre, voire sale. Le Docteur se dirigea vers une table libre, en fait, elles étaient toutes libres. A cette heure de la journée, il n’y avait qu’un seul client qui se trouvait accoudé au comptoir, en train de discuter avec le tenancier.

Les tables étaient en bois légèrement vermoulu. Il y avait quelques tableaux accrochés aux murs, des pots en étain sur l’étagère qui se trouvait à notre droite et tout un tas de bouteilles toutes plus étranges les unes que les autres sur l’étagère qui se trouvait derrière le tenancier.

Duam et moi, nous nous installâmes après avoir longuement essuyé les chaises avec des mouchoirs en papier que j’avais eu la bonne idée d’emporter. Le Docteur, quant à lui, s’était dirigé vers le comptoir pour passer commande.

T – Bonjour mon brave ! Qu’avez-vous à proposer pour trois humbles voyageurs parmi vos délicieux breuvages ?

Ta – Hum ? Alcool ou sans alcool ?

T – On va peut-être prendre sans alcool. C’est encore un peu tôt pour un cordial.

Ta – Alors, j’ai du jus de Youplà.

T – Parfait mon brave ! J’en prendrai un pichet.

Ta – Z’avez qu’à prendre des choppes sur l’étagère là-bas. Ça fera trois pièces d’or.

T – Vous permettez que j’apporte ceci à mes compagnes ? Je sors un petit instant et je reviens vous payer tout de suite.

Ta – Pas d’arnaque hein ! J’en ai vu des hurluberlus dans votre genre essayer de me gruger.

T (souriant) – Aucun risque. Vous pouvez me faire confiance. Mes amies ici présentes restent pour m’attendre de toute façon. Et croyez-moi, je n’ai aucune intention de les laisser ici.

Ta – Si vous n’êtes pas revenu dans 5 minutes, je les vends comme esclaves sur le marché.

T – ça ne sera pas la peine.

Sans prêter attention au client qui se trouvait à sa droite, le Docteur prit le pichet et revint vers nous.

T – Voici du jus de Youplà.

D – De Youplà ? C’est quoi ça ?

T – C’est un fruit qui pousse aux environs. Une sorte de pomme. C’est de lui que vient le surnom de la ville, la grosse Youplà.

Y – Mouais… Z’êtes vraiment sûr que c’est de la pomme ?

T – ça en a l’odeur en tout cas. Vous pouvez prendre trois choppes sur l’étagère et attendez-moi ici, je vais chercher de quoi payer.

D – Hein ? Vous allez nous laisser seules ?

Y – Ici ?! ça va pas ?

T – Pas de panique, je reviens tout de suite.

C’est non sans inquiétude que Duam et moi, nous regardâmes le Docteur quitter l’auberge. Je me levais pour aller prendre les choppes et les posai sur la table, après une inspection en règle et l’utilisation de quelques mouchoirs.

Il n’y avait pas un bruit dans l’auberge. Le tenancier nous regardait d’un sale œil. Visiblement, il n’était pas très confiant. Mais ça, c’était assez courant chez les gens de sa profession, surtout compte tenu de la ville où ils exerçaient. J’avais reniflé le pichet et effectivement, ça sentait la pomme. Mais avec Duam, nous arrivâmes à la conclusion que nous préférions voir le Docteur gouter ce breuvage le premier. S’il se mettait à briller, on saurait à quoi s’en tenir.

Je regardais Duam avec un sourire en coin, une question me démangeait depuis que l’on s’était rencontrées dans le T.A.R.D.I.S..

Y – Ianto et toi alors…

D – Ouiiiiiiiiiiiii ?

Y – Tu l’as présenté à tes parents ? Ils en pensent quoi ?

D – Euh… Tu n’as idée à quel point ça a été compliqué d’expliquer la situation à mon père. Surtout que Ianto et lui n’ont finalement pas beaucoup d’écart. Ça, il n’a pas vraiment apprécié. Maman, en revanche, elle était intenable quand elle a su. Il faut dire qu’elle connaît bien la série. Mais ça, tu le sais vu qu’elle m’avait accompagnée à Cardiff. Et puis elle adore le café de son gendre. Et ça, c’est…

Y – Imparable.

D – Mais ! Arrête de finir mes phrases !

Nous éclatâmes de rire. Le tenancier se raclât la gorge, ce qui nous fit arrêter presque aussitôt. Il valait peut-être mieux adopter un profil bas.

D – T’as vu le client qui est installé au comptoir ?

Y – Oui ? Quoi ?

D – Tu ne trouves pas ça bizarre qu’il ne se soit pas retourné une seule fois ? Même pas quand on a rigolé.

Y – Oh, tu sais, tout est bizarre ici. Et puis difficile à voir à quoi il ressemble avec sa grande cape noire et sa capuche.

D – Mouais, c’est vraiment un drôle d’endroit. Faudra que je lise les bouquins un jour.

Y – Je suis sûre que tu adorerais.

Le Docteur entra de nouveau dans l’auberge, à notre plus grand soulagement et se dirigea vers le comptoir pour y poser les trois pièces d’or attendues.

Ta – Merci, ça ira pour cette fois.

T – Les bons comptes font les bons amis.

Ta – Si vous l’dites.

Le Docteur revint s’asseoir à notre table, tout souriant.

T – Je vous ai manqué ?

Y –On a papoté.

T – Ah oui ? Et de quoi ?

D – Des trucs de filles.

T (son sourire s’effaça un peu ) – Ah…

Y – Mais vous avez trouvé de l’or comment vous ?

T – Oh, j’ai vendu une bricole que j’avais au fond d’une de mes poches sur le marché. Je me doutais bien que je trouverais un client que ça intéresserait. Il n’y a pas vraiment de distributeur automatique ici.

D – Bon, je vous sers ?

T – Vous n’avez pas encore bu ?

Y – On vous attendait pour trinquer voyons.




Pour le chapitre suivant, j'introduis un personnage qui a une façon de parler très particulière, qui entraîne une typographie particulière.
Citation:
----------------

Rincevent et Deuxfleurs arrivèrent devant la grande porte d’entrée de l’Université. Malheureusement, la porte refusa de s’ouvrir. Visiblement, Rincevent avait encore dû louper quelque chose. Ils durent donc se résoudre à passer par l’accès du personnel. Rincevent avait du mal à convaincre le coffre d’entrer, celui-ci avait essayé tout le trajet de faire demi-tour pour aller retrouver cette cabine bleue qui avait tant l’air de lui plaire.

Après avoir traversé les cuisines, le grand hall d’entrée et monté les nombreux escaliers qui menaient jusqu’au niveau de la direction, ils furent arrêtés par le mage qui servait de secrétaire à l’archichancelier. Il leva la tête et regarda l’étrange trio qui venait d’arriver.

Sec – Hum, c’est pour quoi ?

Rincevent leva la main pour faire comprendre au secrétaire qu’il devait reprendre son souffle. Il commençait même à avoir un point de côté fort douloureux. Après quelques instants, il se redressa tant bien que mal.

R – Je dois voir l’archichancelier séance tenante, c’est très important.

Sec – Tout est très important. C’est ce qu’ils disent tous. L’archichancelier n’est pas disponible pour le moment, il est en pleine méditation.

R – Mais je vous dis que c’est très important ! C’est même primordial que je le vois. Nous avons vu un objet étrange dans la rue des Filigranes, un objet qui n’est pas de ce monde. Et le coffre que voici a eu un comportement des plus étranges à son contact.

Sec – Le temps de Maître Ciredutemps est précieux. Vous feriez mieux de retourner à votre poste. Le bibliothécaire a encore fait des siennes et des élèves ont dû quitter la bibliothèque précipitamment à cause d’une surcharge d’octarine.

L’octarine est le nom que l’on donne à l’énergie magique sur le disque-monde. Elle est extrêmement puissante et difficile à contrôler.
Rincevent commença à perdre patience. D’habitude, il aurait tourné les talons et serait reparti, mais là, son instinct lui disait qu’il fallait qu’il insiste.

R – Si jamais il se passe quelque chose et que l’on vient à apprendre que vous n’êtes pas intervenu alors que je vous en avais informé, j’ai bien peur que votre poste ici soit compromis.
Il avait dû être convaincant puisque le secrétaire se leva et se dirigea vers la porte du bureau de l’archichancelier.

Sec – Restez là, je vais voir si l’archichancelier peut vous recevoir.

Deuxfleurs était allé s’asseoir sur une banquette, il cherchait visiblement quelque chose dans son sac.

D – Oh, c’est malheureux ! Dans la précipitation, j’ai égaré l’image de cette si belle Peau-lisse Beau-que-ce. C’est vraiment dommage. Il faudrait que je refasse le chemin en sens inverse pour la retrouver.

R – vous n’y pensez pas ? ! ? Il est hors de question de retourner là-bas sans une armée de mages qualifiés pour nous accompagner. Et quand bien même ils seraient là, je ne pense pas que je retournerais voir cette chose. Je vous dis, je le sens pas.

Deuxfleurs s’enfonça dans la banquette, l’air renfrogné.

D – Tout de même, une si belle image.

Rincevent faisait les cent pas devant le bureau du secrétaire. Le coffre, quant à lui, attendait, couché aux pieds de Deuxfleurs. Soudain, la porte du bureau s’ouvrit et le secrétaire réapparut.

Sec – L’archichancelier va vous recevoir. Mais il n’a que peu de temps à vous accorder. Il faudra être bref.

Rincevent entra dans le bureau, suivit de Deuxfleurs et du coffre. Ils avancèrent dans l’immense pièce au fond de laquelle se trouvait l’archichancelier, assis derrière son grand bureau en bois précieux, à moitié caché par une montagne de parchemins divers à signer.
Galder Ciredutemps était le 304e archichancelier de l’Université Invisible. Il regardait Rincevent avec une certaine méfiance, l’épisode de l’In-Octavo lui avait laissé un goût amer et il savait pertinemment que Rincevent était synonyme de catastrophe.

G – Le secrétaire vient de m’exposer votre requête. Alors comme ça, vous avez trouvé un objet étrange dans la rue des Filigranes ? Qu’est-ce qui vous fait supposer ça ?

Rincevent réajusta son chapeau, faisant tomber quelques paillettes sur le bureau et pris une profonde inspiration.

R – Nous étions en train de revenir vers l’Université lorsque le coffre que voici s’est mis à courir subitement. Nous nous sommes mis à sa poursuite mais il nous a rapidement distancé. J’ai bien cru que nous ne le rattraperions jamais. C’est que ça court vite avec toutes ces petites jambes.

G – Je crois savoir aussi que l’on vous a demandé d’être bref, je n’ai pas toute la journée moi !

R – Oui, pardon, enfin bref, arrivés dans la rue des Filigranes, nous avons vu le coffre faire soudain demi-tour et revenir vers nous tout aussi vite. J’ai juste eu le temps de m’écarter pour l’éviter. Un coffre comme ça, lancé à pleine vitesse, ça peut faire de sacrés dégâts !

G – Bref !

R – Oui, désolé. C’est alors que nous avons vu une étrange cabine de couleur bleue, visiblement en bois. En tout cas, c’est l’impression que j’ai eu en le voyant. Je ne me suis pas plus approché que ça.

D – Une Peau-lisse Beau-que-ce…

R – Silence, c’est moi qui raconte. Et le coffre s’est arrêté devant. Il s’est mis à en faire le tour et à se frotter à elle comme s’il la connaissait. Et croyez-moi, ce n’est pas vraiment bon signe si un coffre en poirier intelligent se frotte à un autre objet en bois. J’ai un mauvais pressentiment.

Ciredutemps fronça les sourcils. Il savait que le coffre était un objet particulier, il avait toujours voulu l’étudier de plus près mais celui-ci ne s’était jamais laissé faire, refusant de se laisser toucher par quelqu'un d’autre que son maître. Il faut dire que ceux qui s’y risquaient, ben, on ne les a pas revus depuis.
Il resta silencieux un instant, plongé dans ses pensées. Il avait beau réfléchir, il ne voyait pas d’où pouvait provenir cette Peau-lisse Beau-que-ce.

G – Je pense qu’il n’y a qu’une seule personne ici qui pourrait éventuellement nous renseigner au sujet de cet objet. Je vais dépêcher des trolls sur place pour le rapatrier ici. Mais en attendant qu’ils soient revenus, nous allons voir cette personne tous les deux. Votre ami et votre coffre n’auront qu’à nous attendre dans le hall.

R – Vous voulez que je vous accompagne ?

G – Bien entendu, c’est même essentiel. Allez, suivez-moi, nous allons à la bibliothèque.

----------------

Duam attrapa le pichet de jus de Youplà et en versa dans chaque choppe. Le jus avait une étrange couleur à mi-chemin entre le jaune et le gris qui n’était pas des plus rassurante. Le Docteur attrapa sa choppe, Duam et moi –même l’imitâmes, plus méfiantes.

T – Au disque-monde et aux retrouvailles !

Les trois choppes s’entrechoquèrent et nous regardâmes le Docteur porter la choppe à ses lèvres. J’avais un peu honte de mon manque de courage, Duam n’était pas plus fière que moi d’ailleurs. Il but une grande gorgée puis reposa sa choppe en faisant un grand sourire.

T – Délicieux ! Ça pique un peu, mais on sent bien le goût du Youplà. Ça me rappelle la pomme granny, aussi acide. Ben, vous ne buvez pas ?

Duam se dépêcha de porter la choppe à ses lèvres, visiblement rassurée par le comportement du Docteur.

D – Si, si.

Je l’imitais et bu une petite gorgée. Effectivement, pour être acide, c’était acide. Mais on sentait un léger goût fruité par derrière. Vraiment léger le goût. Je reposais ma choppe en grimaçant légèrement et constatais que Duam faisait à peu près la même tête que moi.

Y – Y’a d’la pomme ?

D – Y’en a oui, mais c’est vraiment, comment dire, spécial.

Le Docteur éclata de rire en nous regardant toutes les deux. Il avait visiblement l’air d’être content d’être en notre compagnie, ce qui était plutôt agréable, je dois l’avouer. Nous parlâmes pendant un long moment de ce qu’ils avaient vécus ensemble, avec Jack et Ianto d’abord, puis avec Utopia et l’étrange Super-Converses. C’était plutôt inquiétant cette histoire d’ailleurs. Mais j’étais contente de savoir que tout le monde allait pour le mieux. J’étais en train de donner des nouvelles de Willy et de Laurence au Docteur lorsque soudain, une silhouette sombre s’approcha de la table.

? – DOCTEUR ? ÇA FAISAIT LONGTEMPS DITES-MOI. ENFIN, LONGTEMPS, PAS TANT QUE ÇA EN FAIT. LA DERNIERE FOIS QUE JE VOUS AI VU, VOUS AVIEZ LES CHEVEUX PLUS COURTS.

La voix qui résonna à l’intérieur nos têtes me glaça le sang. J’avais peur de savoir qui pouvait parler comme ça. Je levais timidement la tête, ce que Duam fit aussi.

D – Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Y – erf

? – MESDEMOISELLES.

T – Effectivement, ça faisait longtemps que nous ne nous étions pas vus. Yeles, je pense qu’il est inutile de vous faire les présentations. En revanche Maud, j’ai l’honneur de vous présenter la Mort.

M – ENCHANTE.

Duam déglutit difficilement. Qui ne ferait pas la même chose face à la Mort ? Il, parce que la Mort est un mâle nécessaire, nous regardait, enfin, je supposais qu’il nous regardait puisque son visage, enfin, sa tête se résumait à un crâne avec des lueurs bleues dans les orbites. Il était immense, plus de deux mètres de haut et sa longue robe noire ne faisait qu’accroître l’effet de sa taille.

M – VOUS SAVEZ QUE JE GARDE TOUJOURS UN ŒIL SUR VOUS. J’AI TOUJOURS ETE FASCINE PAR VOTRE SABLIER.

Sa main fouilla une poche de sa robe et en sortit un objet de taille moyenne. Apparemment, les poches de la Mort avaient la même particularité que celle du Docteur. Il posa cet objet sur la table. Je su tout de suite ce que c’était et je priais le ciel pour qu’il n’ait pas les mêmes pour nous à portée de main, ce qui aurait été plutôt mauvais signe.
C’était un sablier, il était en bois argenté, finement ciselé. Le sable orangé qui se trouvait à l’intérieur s’écoulait très lentement. A sa base, on pouvait lire « Le Docteur 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ». Je regardais Duam qui, elle, regardait ce sablier d’un air plutôt inquiet. Je me penchais vers elle en chuchotant.

Y – ça représente la vie du Docteur. Visiblement, on a encore de la marge, il est loin de s’être entièrement écoulé.

D – J’avais bien peur de comprendre de quoi il s’agissait. Je ne sais pas si ce que tu me dis doit me rassurer, mais bon, je vais faire comme si. Tant qu’il ne sort pas les nôtres, tout ira bien.

La main osseuse reprit le sablier et le leva.

M – C’EST VRAIMENT UN OBJET FASCINANT QUE CELUI-CI. UNIQUE EN SON GENRE.

Le Docteur s’assombrit en entendant cela. Nous ne savions que trop bien à quel point il était unique.

M – JE N’AI TOUJOURS PAS COMPRIS COMMENT VOUS FAITES MAIS A PEINE LE DERNIER GRAIN EST-IL TOMBE QUE TOUT REMONTE DANS LE BULBE SUPÉRIEUR EN UN TEMPS RECORD. FASCINANT, VRAIMENT FASCINANT.

Les doigts osseux faisaient tourner le sablier de la droite vers la gauche pendant qu’il répétait ce mot, songeur. On peut dire en tout cas qu’il avait légèrement plombé l’ambiance.

T – Mais vous ne travaillez pas ? Il doit bien y avoir une âme à récupérer quelque par sur le Disque en ce moment non ?

M – J’AI DÉCIDÉ DE PRENDRE QUELQUES CONGÉS. J’AI ENGAGE UN APPRENTI, UN JEUNE GARÇON QUI A L’AIR D’AVOIR TOUTES LES COMPÉTENCES REQUISES CETTE FOIS-CI. J’AVAIS BIEN APPRÉCIÉ MA LIBERTÉ LA DERNIÈRE FOIS QUE JE L’AVAIS FAIT MAIS MALHEUREUSEMENT, NOS ROUTES SE SONT SÉPARÉES.

T – La Mort en vacances ? Ça ferait un bon titre ça. J’espère que vous en profitez bien.

M – J’ESSAYE EN TOUT CAS. MAIS ET VOUS, DITES-MOI, VOUS ÊTES VENUS FAIRE QUOI PAR ICI AVEC VOS CHARMANTES COMPAGNES ?

Charmantes ? La Mort nous trouvait charmantes ? Je ne sais pas si Duam et moi, nous devions nous sentir flattées ou effrayées par cette information. J’avais encore du mal à réaliser que je me trouvais face à elle, enfin, lui.

T – C’est le T.A.R.D.I.S. qui nous a amené ici, on en profite pour visiter un peu. Mon amie Yeles ici présente connaissait de réputation votre monde magnifique et j’avais envie de le faire découvrir à mon autre amie Maud.

M – FAITES ATTENTION. MON APPRENTI SE MÉLANGE PARFOIS LES SABLIERS. SURVEILLEZ VOS ARRIÈRES. MAIS BON, JE GARDE UN ORBITE SUR LUI. C’EST PAS TOUT ÇA MAIS JE DOIS VOUS LAISSER. JE N’AI PAS BRIGADIN ET JE DOIS RENTRER CHEZ MOI, ÇA ME PREND TOUT DE SUITE PLUS DE TEMPS.

Y – Brigadin, c’est son cheval.

D – Parce qu’il monte à cheval en plus ?

T – Ce fut un plaisir de vous revoir, autrement qu’en pleine régénération. J’espère malgré tout que nous ne nous reverrons pas trop vite.

Duam et moi-même, nous acquiesçâmes énergiquement, ce qui fit sourire le Docteur. En revanche, je serais bien incapable de dire si la Mort avait sourit.




Citation:
----------------

Rincevent suivit l’archichancelier à travers les méandres de l’Université. Il réajustait régulièrement son chapeau qui s’obstinait à vouloir tomber de sa tête. Ils laissèrent Deuxfleurs et le bagage dans le hall, devant le socle sur lequel trônait il y a encore peu la statue d’Alberto Malik, un des plus grands mages de toute l’histoire du Disque, fondateur de l’établissement.

R – Attendez-nous ici, nous allons à la bibliothèque. J’espère que nous y trouverons des réponses. J’espère revenir rapidement.

Le Bagage se détourna avec dédain. Visiblement, il n’appréciait pas d’être mis de côté et n’avait pas pardonné à Rincevent de l’avoir emmené de force. Celui-ci préféra ne pas s’approcher trop près. Il avait beau être le propriétaire du Bagage, il craignait toujours ses réactions. Deuxfleurs s’installa avec sa petite boîte dans les mains, dos à la grande porte d’entrée, près à immortaliser l’endroit.

R – Vous ferez bien attention, le Bagage ne doit pas me suivre et il ne doit pas partir seul. S’il se passe quoique ce soit, vous venez me chercher à la bibliothèque.

Deuxfleurs opina du chef et regarda Rincevent et l’archichancelier s’éloigner en souriant. Puis il sortit son petit boîtier de son sac et se plaça face au grand hall, contre la grande porte d’entrée, pour immortaliser l’instant.

D – Dommage que la statue ne soit plus là, ce devait être magnifique. Est-ce que la lumière est bonne ?

P – ça devrait aller, mais je ne garantie rien pour le résultat. Je n’ai plus du tout de bleu. Il va falloir que je me casse la tête pour trouver une solution pour les fenêtres.

Un bruit de métal que l’on entrechoque et de vaisselle qui se brise sembla sortir de la petite boite.

P – Ne bougez plus !

Deuxfleurs s’immobilisa alors. Pendant ce temps, le Bagage s’était allongé dans un coin du hall. Il resta un long instant là, à bouder.

D – J’y pense… Tu sais où se trouve la bibliothèque toi ? Non parce que bon, je n’ai pas de plan de l’Université et apparemment, il n’y en a pas de disponible ici. Ils manquent vraiment d’organisation ici tu ne trouves pas ?

Mais le Bagage ne montra aucun intérêt à ce que Deuxfleurs lui disait. Il marqua même son désintérêt profond par un quart de tour vers la gauche, à l’opposé du touriste.

P – Arrêtez de bouger ! C’est pas possible ça ! Aucun respect pour les artistes.

D – Oh pardon, désolé.

P – Si ça continue comme ça, je vais finir par donner ma démission moi.

Deuxfleurs se remis en position, immobile, attendant patiemment que l’image soit terminée. Soudain, le Bagage se redressa brusquement. Il se tourna vers la droite, puis vers la gauche pour enfin foncer à toutes jambes (et c’est peu de le dire) en direction d’une porte qui se trouvait au fond du hall.

D – Hey ! Ne pars pas comme ça !

P – Si vous bougez d’un poil, je rends mon pinceau !

D – Nan, mais… Oh, c’est terrible. Que va dire Rincevent ? Il faut que je le rattrape avant qu’il n’arrive une catastrophe. Vous avez bientôt terminé ?

P – On ne presse pas un artiste en pleine création.

D – Certes, mais si vous ne vous dépêchez pas, c’est le toit de l’Université s’écroulant sur nos têtes qui va vous interrompre.

P – Bon… D’accord. Mais ne vous plaignez pas si ça ne ressemble pas à l’original. C’est la dernière fois, je vous jure, c’est une honte de traiter un artiste de la sorte. Je mérite mieux que…

Deuxfleurs rangea précipitamment la boîte d’où sortaient des jurons et autres ronchonnement dans son sac puis il partit à la poursuite du Bagage.

Pendant ce temps, Rincevent et l’archichancelier descendaient les escaliers qui menaient à la bibliothèque. L’éclairage laissait sérieusement à désirer et ils risquaient à chaque pas de louper une marche et donc, par la même occasion, de dégringoler jusqu’en bas. Rincevent sentit les poils de ses bras de hérisser et un frisson parcourut sa nuque. Tout ça ne lui disait rien qui vaille.
Il n’y avait pas un mage qui vive sur leur trajet. L’archichancelier avait parlé peu de temps avant d’incidents provoqués par le bibliothécaire et visiblement, tout le niveau avait été déserté suite à cela. L’atmosphère devenait plus épaisse au fur et à mesure de leur progression et ils eurent de plus en plus de mal à avancer.

R – L’air est vraiment très chargé en Octarine. Je ne sais pas si c’est vraiment une si bonne idée que ça de nous rendre à la bibliothèque.

G – Ne soyez pas ridicule. Vous n’êtes pas tout seul, vous êtes avec moi. Et puis vous allez bien réussir à lui faire entendre raison. Nous avons besoin de consulter les archives de l’Université pour voir si nous avons des informations relatives à votre Peau-lisse Beau-que-ce.

R – Finalement, ce n’est peut-être pas si grave que ça, je me suis sûrement un peu emballé. Je devrais aller voir Deuxfleurs à l’étage, il en sait beaucoup plus sur le comportement du Bagage que moi.

G – Vous restez avec moi ! Nous sommes bientôt arrivés de toute façon. Attention !

Rincevent manqua se prendre un chandelier dans la figure. En effet, depuis quelques marches, ils croisaient des objets qui se déplaçaient en l’air, en flottant. Après avoir encore évité une chaise, un seau d’eau et une babouche qui trainaient par là, il arrivèrent devant la porte de la bibliothèque. Ciredutemps s’en approcha avec grande difficulté tandis que Rincevent se tint prudemment en retrait. Celle-ci vibrait dangereusement.

----------------

La Mort sortit de l’auberge. Nous n’étions plus que trois dans la salle, enfin quatre si l’on compte l’aubergiste. Duam reposa sa choppe en étain sur la table et me regarda, soulagée que notre interlocuteur soit parti. J’avais du mal à terminer mon jus de Youplà, tant le fait d’avoir vu la Mort en face m’avait chamboulée.

T – Quel convive agréable ! Vous ne trouvez pas ?

J’avalais ma dernière gorgée de jus de Youplà de travers et un peu d’acidité me remonta dans le nez.

D – Gné ? Agréable ? ! ? Je ne sais pas si c’est vraiment le mot que j’aurais choisi.

Y (très enrouée) – Moi non… hum hum… Moi non plus.

T – Rhooo, allons, il faut le connaître un peu avant de juger. Je vous assure qu’en soirée, après deux ou trois cocktails, c’est le roi de la piste.

Je regardais Duam, les yeux écarquillés. Visiblement, elle aussi essayait d’imaginer la Mort en train de faire une macarena et nous éclatâmes de rire.

T – Ben quoi ? Qu’est-ce que j’ai encore dit ?

Y – Non, non, rien du tout.

Le Docteur se renfonça dans sa chaise, un peu vexé. Duam fit une tentative pour détendre l’atmosphère.

D – C’est pas tout ça, mais je meurs d’envie de visiter cette ville. Mes précédents voyages ne m’ont amenée que sur Terre. Pour une fois que je suis dans un autre monde, je voudrais en profiter.

Y – C’est vrai ça ! Attends, moi c’est pire, je me suis retrouvée là où je partais en vacances quand j’étais petite.

D – Te plains pas, tu es allée à Torchwood.

Y – Tu peux parler, toi, tu t’es mariée avec.

Le Docteur s’était redressé sur sa chaise et nous regardait nous chamailler en souriant.

T – Bon, mesdemoiselles, si vous avez terminé vos consommations, je pense que nous allons pouvoir lever le camp.

Il se leva et nous l’imitâmes. Après avoir salué le tenancier comme il se doit, nous sortîmes de l’auberge. Le Docteur se mit entre nous deux et leva les bras de façon à ce que chacune de nous puisse en prendre un.

T – Allez, en route pour une visite guidée d’Ankh-Morpork !

Nous avancions d’un bon pas dans les rues de la ville. Il était encore tôt dans la journée et le marché était en train de s’installer.

T – La dernière fois que je suis venu, il y avait eu un grand incendie. C’est assez fréquent d’ailleurs.

D – Incendie ? Euh, je ne suis pas sûre de vouloir mourir brulée vive.

T – Non, pas de risque cette fois-ci. Il a plut récemment, on devrait être tranquilles.

Y – On devrait peut-être se tenir pas trop loin de l’eau non ?

T –Si vous cherchez à sauter dans l’Ankh, vous risquez de vous faire mal. Vous aurez plus vite fait de prendre la fuite en courant dessus. J’en ai été de quelques bleus lors de ma venue.

D – Dessus ? Mais c’est un fleuve non ? ça se voit !

Y – Un fleuve oui, mais un fleuve presque à l’état solide. Il y a même des courses à pied organisées sur sa surface.

T – Je vois que vous connaissez bien vos classiques.

Y (rougissant légèrement) – On va dire que j’essaye. Je n’ai pas lu tous les tomes, loin de là. Et puis ces derniers temps, je suis plutôt occupée par autre chose.

Duam réprima un nouveau fou-rire. Nous passâmes le reste de la matinée à déambuler dans le marché, à regarder les différents étals. Les épices, les tissus, les peaux qui séchaient près des tanneries. Parfois, le vent nous rapportait une nouvelle bouffée en provenance des abattoirs mais l’odeur était plus supportable qu’à notre arrivée. Ça restait de toute façon bien plus agréable que l’odeur du périphérique, aux heures de pointes. Et puis finalement, peu importait l’odeur, j’étais en train de me promener bras-dessus, bras-dessous avec le Docteur ! Duam devait penser la même chose mais si je suis sûre qu’elle aurait bien aimé le faire avec son Ianto.

A peine avais-je pensé cela que le téléphone de Duam se mit à sonner.

Try to remember, when life was so tender


Y – Nan, sérieux ? T’as osé ?

D – Ben quoi ? Elle est belle cette chanson non ?

Y – Oui, très…

Le bruit était tel que personne d’autre n’entendit la sonnerie du portable. Nous nous dirigeâmes dans un angle de rue un peu isolé afin que Duam puisse prendre la communication sans problème.

D – Oui allo ? Oui, bien, et toi, ça va ? Oui, bien sûr, embrasse-le pour moi aussi.

Y – Si c’est Ianto, tu le salues de ma part et du lui dit aussi d’embrasser Jack pour moi, ainsi que Gwen et l’autre Ianto.

D – Ah oui, c’est vrai que tu les connais. Non, pardon, ce n’est pas à toi que je parlais mon chéri. Je suis avec une amie de BOT, tu sais, le forum. C’est Yeles. Tu diras à Jack et à l’équipe qu’elle les embrasse. Oui, elle les connait aussi. Oui ? Oh Jack ? C’est toi ? Oui, attends, je te la passe.

Duam me tendit le téléphone.

Y – Oui, allo ?

J – Yeles ! Comment vont ma jolie botienne et son adorable bambin depuis la dernière fois que nous nous sommes vus ?

Y (frisant le pourpre) – Je vais bien. Willy est avec son père en ce moment, mais je lui dirai que vous lui passez le bonjour.

J – Et votre charmante belle-sœur ? Quoi ? Mais non Ianto, ne soit pas ridicule. Ianto ! Attends-moi ! Bon, désolé, il faut que je vous laisse.

Y – Au revoir Jack, bon courage.

Je repassais le téléphone à Duam. Pas que je ne voulais pas parler à son Ianto, mais le coup de fil était pour elle à la base.

D – Oui, tu ne devineras jamais où nous sommes. Ankh-Morpork ! Sur une autre planète ! Non, ne t’inquiète pas, je vais faire attention. Et puis nous sommes avec le Docteur. Oui, je te rappellerai plus tard… Oui… Moi aussi… Oui, non, je le dirai pas là… Oui, je t’embrasse…

Duam raccrocha son téléphone et resta un instant là, songeuse, l’esprit sans doute parti à Cardiff. Le Docteur se pencha devant elle en souriant.

T – C’est bon ? On peut y aller ? On va passer au T.A.R.D.I.S. pour déposer nos achats et puis nous nous rendrons dans un autre quartier pour continuer la visite.

Nous fîmes le chemin en sens inverse comme le soleil commençait à décliner. Avec tous les vendeurs que nous avions vus, les achats que nous avions faits, les photos que j’avais prises, je n’avais pas vu le temps passer. Nous tournâmes dans la rue de Filigranes où le T.A.R.D.I.S. nous attendait sagement depuis le moment où nous l’avions quitté. Mais en lieu et place de la cabine bleue, nous nous retrouvâmes devant une pile de cageots de choux.

T – Ah… Voilà qui va considérablement nous compliquer la tâche.




Citation:
----------------

Rincevent fixait la porte avec inquiétude. On était encore loin de la catastrophe de l’In-Octavo mais la charge d’octarine qui semblait irradier de la bibliothèque était déjà considérable. L’archichancelier se tenait avec difficulté devant la porte. Il avait eu la bonne idée de prendre son bourdon avant de quitter son bureau. Un mage, sans son bourdon, ça n’est pas vraiment un mage. C’est bien pour ça que Rincevent n’était pas, à proprement parler, un mage.

Il prit son bourdon à deux mains et frappa. Un éclair violet zébra l’air, faisant tomber la coiffe de Ciredutemps et dresser ses cheveux sur sa tête. Le bourdon lui échappa des mains et roula au sol. Il se baissa pour le reprendre mais une étincelle lui piqua le doigt alors même qu’il approchait sa main. Il du se résoudre à ce que le bourdon se décharge un peu avant de le reprendre. Ciredutemps se tourna vers Rincevent.

G – Venez ici ! Tout de suite. Si je ne peux frapper, vous pourrez peut-être l’appeler. Il vous fait confiance.

R – Oui, mais alors là, je suis pas très chaud.

G – Ne soyez pas ridicule ! C’est un ordre !

Rincevent se leva et s’approcha à grand peine, d’une part, parce qu’il avait vraiment du mal à avancer et d’autre part, parce qu’il n’avait vraiment pas envie d’avancer. Il avait pris soin de poser son chapeau avant de se lever. Il ne voulait pas qu’il soit plus abîmé qu’il ne l’était déjà. Ce qu’il avait oublié, c’était la force des ondes octarines qui sortaient de la bibliothèque. Le chapeau de Rincevent entama la remontée de l’escalier une fois que le mage eu tourné le dos.

G – Dépêchez-vous !

R – voilà, voilà, pas la peine de vous énerver.

Il s’éclaircit la voix, avala difficilement sa salive et prit une profonde inspiration.

R – Euh… Bonjour ! ça va bien là dedans ? On aimerait vous parler…

Rincevent attendit un instant, tendant l’oreille aussi près que possible. Enfin, pas trop, il ne voulait pas rester collé à la porte. Mais il avait beau se concentrer, il n’entendit rien.

G – Alors ?

R – Désolé, mais je n’entends rien du tout. Je crains bien que ça ne serve à rien.

G – Réessayez !

R – Bon, bon, d’accord… Eh Oh ! Vous êtes là ? C’est Rincevent… Je suis avec l’archichancelier. On doit vous parler de toute urgence !

Il tendit une nouvelle fois l’oreille et entendit un murmure étouffé provenir de derrière la porte.

G – Alors ? Vous avez une réponse cette fois ?

R – Il a dit que… Il ne souhaite pas s’entretenir avec nous pour le moment. Il a faim et n’a plus de quoi se nourrir.

Rincevent ne faisait que retranscrire les paroles du bibliothécaire de manière aussi politiquement correcte que possible. Littéralement, le bibliothécaire lui avait crié qu’ils pouvaient aller se faire peindre chez les trolls et qu’il laisserait la bibliothèque et, par la même occasion tout Ankh-Morpork, se faire pulvériser par la magie des livres qu’elle contenait s’il n’avait pas sa ration quotidienne dans l’heure.

G – Plus de quoi se nourrir ? Vous rigolez j’espère. C’est pour ça qu’il fait tout ce tintouin ? Est-ce que c’est une blague ? (puis se tournant vers la porte en haussant le ton) C’EST UNE BLAGUE ?!

Il y eu une violente secousse et les chaussettes de l’archichancelier s’enfuirent en bêlant.

R – Je crois qu’il ne plaisante pas.

Ciredutemps réajusta rapidement ses chaussures et pu enfin reprendre son bourdon.

G – Je pense, j’arrive pas à croire que je dise ça, que vous avez raison. Ils ont sans doute rapporté votre fameuse Peau-lisse Beau-que-ce. On va bien voir ce qu’on pourra en tirer en attendant de trouver une solution à notre problème de bibliothécaire.

Pendant ce temps, Deuxfleurs essayait de rattraper le Bagage qui détalait comme un lapin à travers l’Université. Il traversa les cuisines, semant la panique parmi le personnel. Il renversa au passage une jeune femme qui transportait une panière à linge et Deuxfleurs se retrouva sous un tas de robes de mages fraîchement lavées.

D – Hey ! Mais attends-moi ! Rincevent m’a demandé de te surveiller. Il ne va pas être content du tout de savoir que je n’ai pas été capable de le faire.

Une fois débarrassé de la dernière robe de mage qui était sur sa tête, Dieu sait que c’est lourd une robe de mage, surtout quand elle est encore mouillée, Deuxfleurs redémarra. Le Bagage envoya voler la porte du fond dans un grand fracas. Il se retrouva dans la cour intérieure.

L’équipe de mages que l’archichancelier avait dépêchée pour aller rechercher le T.A.R.D.I.S. était revenue. C’est non sans mal qu’ils avaient rapporté l’étonnant objet à l’université. La cabine était là, au trônant au milieu de la cour et déjà les curieux se pressaient autours pour l’étudier. Deuxfleurs arriva lui aussi dans la cour. Il sourit en voyant que sa si belle Peau-lisse Beau-que-ce était là.
Le Bagage s’approcha de nouveau du T.A.R.D.I.S. et recommença son manège. S’il avait eu une queue, il l’aurait remuée comme un petit chien. Il avait l’air visiblement content de voir la cabine. Il en fit le tour en trottinant. Il se frotta une nouvelle fois contre elle.

D – Ooooooooh ! Il y a de la lumière ! Vite ! Il faut que j’immortalise ça !

Il sortit précipitamment la petite boîte de son sac et se mis en position. Mais à peine eut-il retiré le cache…

P – Même pas en rêve ! Je vous ai dit que je n’avais plus de bleu !

D – C’est dommage… Vous ne pouvez pas utiliser une autre couleur ?

P – Et faire une image fausse ? Vous faites insulte à mon art ! Pas la peine de me redemander !

D – Désolé. Je ne voulais pas vous vexer.

P - …

D – Vous boudez ?

P - …

Deuxfleurs rangea piteusement la boîte dans son sac et resta là à regarder sa si belle Peau-lisse Beau-que-ce dont les fenêtres rayonnaient d’une belle couleur orangée.

D – C’est vraiment dommage, c’est si beau…

----------------

Les sourires qui se trouvaient sur nos visages quelques instants avant s’étaient évanouis. Pourquoi les voyages du Docteur ne se passent-ils jamais normalement ? C’est trop demander un aller-retour sans encombre ?

D – Et maintenant ? On fait quoi ? Hein Doc ? Une idée ?

T – C’est fâcheux…

Y – Fâcheux ? C’est tout ce que vous trouvez à dire ? Fâcheux ? Le T.A.R.D.I.S. a disparu ! On va rentrer comment ?

Je commençais légèrement à paniquer. Ankh-Morpork, c’était bien sympa mais j’avais un fils qui m’attendait sur Terre. Je ne me voyais pas l’appeler en disant : Allo mon chéri ? C’est maman… Je vais rester absente pendant euh… toute ta vie ? Je suis où ? Rhooooooooo, rien de grave, juste sur le dos d’une tortue. Vous voyez le topo ?

Duam remarqua une feuille qui était au sol. Elle se pencha pour la ramasser. Elle poussa un cri en voyant ce qui était représenté dessus et elle me la tendit. Je regardais moi aussi l’image qui était dessus. C’était le T.A.R.D.I.S., représenté par une sorte de dessin très réaliste. On aurait presque pu penser que c’était une photo mais le bleu qui palissait en bas de la cabine laissait à supposer que son auteur avait manqué de peinture.

D – Doc ? Vous avez vu ce que j’ai trouvé ?

A mon tour, je tendis le dessin au Docteur qui le regarda attentivement. Il se mit à sourire en rangeant la feuille dans sa poche. Puis, il fouilla l’autre poche et en sortit un objet de forme triangulaire.

Y – Mais je connais ça ! C’est pas le truc que vous avez utilisé pour retrouver les adiposes ?

D – Siiiiiiiiiiiii ! C’est bien ça ! Vous pensez pouvoir retrouver le T.A.R.D.I.S. avec ça ?

Il nous regardant en arborant son plus beau sourire.

T – Si je le pense ? Allons, vous me connaissez bien non ? Évidemment que je ne le pense pas !

D & Y – Gné ?

T – J’en suis sûr !

D – Malin ça…

Le Docteur se mit à pointer son détecteur dans toutes les directions possibles et celui-ci se mit subitement à clignoter avec insistance.

T – Ah ah… C’est bien ce que je pensais.

D – Vous avez trouvé ?

T – Tout à fait. Et si je ne me trompe pas, le T.A.R.D.I.S. se trouve actuellement à l’Université Invisible. Prêtes à courir ?

D – Toujours !

Y – Et comment !

Quelle bonne idée j’avais eue de mettre mes converses !

Le Docteur partit à grandes foulées en direction de l’Université. Duam et moi, essayions de tenir le rythme, ce qui n’était pas chose facile, mais courir avec le Docteur a quelque chose de… magique, oui c’est ça, magique, qui donne des ailes à quiconque doit le suivre.

Nous nous frayions un passage parmi la foule mais je ne voyais pas le bâtiment vers lequel nous nous dirigions.

Y – Vous êtes sûr que c’est par là ?

T – Catégorique. (Il secoua son détecteur devant moi) Avec ça, je ne peux pas me tromper.

D – On court vers rien quand même, vous en avez conscience j’espère.

T – Je vous pensais plus perspicaces que ça mesdemoiselles.

D – Facile à dire ça. On n’est pas dans votre tête !

Y – Je peux pas être dans la tête de tout le monde en même temps.

Duam éclata de rire une nouvelle fois. C’est moi tout craché ça, dans les moments d’inquiétude, je réplique par l’humour. C’est un mécanisme de défense salutaire mais qui déconcerte souvent les gens. Visiblement, ce n’était pas le cas de Duam. Encore moins celui du Docteur.

Y – Mais Doc, on ne va pas pouvoir entrer dans l’Université. En tout cas, Duam et moi, on va devoir rester dehors. Au mieux, on aura le droit d’entrer en cuisine, mais sûrement pas ailleurs.

Le Docteur se tourna une nouvelle fois vers moi en agitant un objet en cuir noir de forme rectangulaire.

T – Ne vous inquiétez pas, il trouvera bien une idée. Il ne m’a jamais fait défaut.

Le papier psychique ! J’étais vraiment à côté de la plaque ! Bien sûr, il allait nous faire entrer avec le papier psychique !

Y – Forcément, au temps pour moi.

T (en souriant) – Non, le temps, c’est mon affaire.

Nous approchions d’une grande place vide. Enfin vide, en apparence. Le Docteur nous fit signe de ralentir, enfin. Il avança prudemment, pas à pas et Duam et moi-même l’imitâmes. Soudain, au moment où je posais mon pied droit, un immense bâtiment apparut devant nous.

D – Ouah ! Mais c’est quoi ce truc ? !

Y – L’Université Invisible. Elle porte plutôt bien son nom !

D – Mais comment ? Pourquoi ?

Le Docteur se tourna vers nous, tout sourire.

T – Vous n’avez pas une petite idée ? Reculez un peu pour voir.

Je regardais Duam, intriguée. Mais où le Docteur voulait-il en venir ? La curiosité étant plus forte que tout, nous nous exécutâmes. A peine avions nous posé un pas en arrière que l’Université et le Docteur disparurent !

D – Hey ! Mais ils sont passés où ? Naaaaaaaaan j’y crois pas, y’a ça ici aussi ?

Y – ça quoi ? De quoi tu veux… Oooooooooooooh mais si ! Mais que je suis boulette ! Un filtre de perception !

T – Hi hi… Enfin !

Y – Doc, avouez, vous avez fait plus que du simple tourisme ici.

Nous avançâmes de nouveau, c’était gênant de parler ainsi dans le vide.

T – Disons que j’ai eu mon mot à dire sur la construction du lieu. Alberto Malik est vraiment quelqu’un de très sympathique. Mais je vous raconterai ça plus tard, si nous allions voir de plus près ce qu’ils ont pu faire de mon T.A.R.D.I.S..

Je me recoiffais rapidement, la course que nous venions de faire avait un peu mis à mal ma présentation. Duam était en train d’épousseter son jean. Le Docteur s’approcha de la grande porte d’entrée, nous restâmes en retrait. Il frappa et nous attendimes quelques minutes. Un homme passa la tête par l’ouverture.

? – Oui, c’est pour quoi ?

T – Bonjour, nous aimerions pouvoir entrer dans votre noble établissement pour nous entretenir avec l’archichancelier au sujet d’une chose importante.

? – Qui êtes-vous ? Et ces femmes ne sont pas admises.

Le Docteur tendit son papier psychique.

T – Harry Potter, mage de première classe. Et voici mes assistantes Hermione Granger et Ginny Weasley. Je ne me sépare jamais d’elles.

L’homme regarda attentivement le papier, puis le Docteur, puis enfin, nous. Je notais avec quel air de dégoût il nous regarda. Il examina une nouvelle fois le papier puis disparut derrière la porte.

Y – Vous êtes sûr que ça va marcher ?

Mais le Docteur n’eut pas le temps de répliquer. La grande porte s’ouvra complètement pour nous laisser entrer.

Je me tournais vers Duam en chuchotant.

Y – T’as vu, il a dit que je m’appelais Ginny… hihi. Tu crois qu’il a lu le dernier tome ?

D – ça va hein.

Y – Roooooooh, pense que Ron est à Cardiff. Mouarf.

D – Euh… Nan, le roux ne lui va pas au teint.

T – Un souci ?

Y (cramoisi) – Non, non, aucun.

T – Bon, alors allons-y !




Citation:
----------------

Rincevent remonta alors, l’archichancelier sur ses pas. Il en profita pour récupérer son chapeau sur le trajet. En revanche, les chaussettes de Ciredutemps étaient définitivement perdues. Elles étaient déjà loin, à brouter dans un pré à proximité de la ville. Lorsqu’ils arrivèrent dans le hall, ils constatèrent que Deuxfleurs et le Bagage avaient disparu.

R – Il ne manquait plus que ça. Un Bagage en liberté dans l’Université. Je ne peux pas les laisser deux minutes tous les deux sans qu’il ne se passe une catastrophe !

G – L’heure n’est pas aux jérémiades. Ils ont dû arriver avec cet objet, votre Peau-lisse Beau-que-ce, je suis sûr que le Bagage l’a senti, enfin, si tant est qu’un bagage puisse sentir. S’ils ont suivi les instructions que je leur ai données, ils doivent se trouver dans l’arrière-cour à l’heure qu’il est.

L’archichancelier se dirigea vers les cuisines. Rincevent resta un instant à réfléchir, regardant le plafond comme s’il pensait y trouver une réponse puis se résolut à suivre Ciredutemps.
Ils arrivèrent dans l’arrière-cour et constatèrent que, effectivement, la Peau-lisse Beau-que-ce avait bien été rapportée et que, effectivement, le Bagage l’avait senti.
Celui-ci était maintenant couché au pied de l’armoire bleue, comme un chien serait couché au pied de son maître. Rincevent remarqua Deuxfleurs dans un coin de la cour, en train de parlementer avec sa boîte.

D – Je vous dis que je m’excuse pour les propos déplacés que j’ai tenus tout à l’heure. Vous êtes un grand artiste. J’aimerais tant voir cet instant reproduit par vos soins.

P - …

R – Bien joué la surveillance.

D – Oh, vous êtes là ? Ça me rassure. Je n’ai rien pu faire. Le Bagage se tenait bien sagement dans un coin du hall, là où vous l’aviez laissé en partant. Et tout à coup, il est parti comme une furie. Je suppose qu’il a du sentir la présence de la Peau-lisse Beau-que-ce.

R – Oui, oui… C’est bon, on l’avait compris nous aussi. Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ensuite ?

D – Ensuite ? Comment ça ?

R – Ben oui, ensuite… Le Bagage a fait quelque chose ? Ce truc a réagit ?

D – Oh oui ! Vous auriez dû voir ça, c’était si beau ! Le Bagage a fait le tour de la Peau-lisse Beau-que-ce en se dandinant. Il avait l’air très heureux de retrouver cette cabine. Et la cabine a eu l’air d’être heureuse aussi.

R – Hein ? Heureuse ? Mais comment ça heureuse ?

D – De la lumière s’est mise à briller à l’intérieur. Je l’ai vu par les petites fenêtres qui sont en haut. C’était tellement beau !

Rincevent n’était pas un esthète. Il se fichait de savoir si c’était beau ou non. Tout ce qu’il savait, c’est que ça n’était pas normal et ça, ça l’inquiétait plus que tout. Il devait faire part à Ciredutemps de ce que Deuxfleurs venait de lui raconter. Peut-être que ça leur permettrait de comprendre un peu mieux ce qu’était cette chose, ce truc, enfin, cette Peau-lisse Beau-que-ce.
L’archichancelier fit le tour de la cabine en l’inspectant d’aussi près qu’il le pu. Arrivé au niveau du Bagage, celui-ci se redressa et se montra quelque peu hostile à l’égard de Ciredutemps. Son couvercle était en train de se soulever lorsque Rincevent arriva pour expliquer à l’archichancelier ce que Deuxfleurs lui avait dit. Lorsque Ciredutemps s’avança vers Rincevent, il entendit un claquement sonore retentir derrière lui.

G – Et vous dites que ça s’est illuminé ?

R – C’est ce que Deuxfleurs m’a raconté. Et si je me fie à la tête qu’il faisait en me disant ça, je suis prêt à penser que c’est vrai.

L’archichancelier fit un signe à l’un des mages qui se trouvait encore dans l’arrière-cour. Celui-ci s’approcha.

G – C’est vrai ce qu’il me dit ? C’est vrai que cette chose s’est illuminée tout à l’heure ?

M – Oui, c’est exact. Une lumière orangée, qui semblait pulser à l’intérieur. J’ai même cru entendre un son, comme une sorte de murmure.

G – Un son ? Vraiment ?

Ciredutemps se mit hors du champ de vision du Bagage, de l’autre côté de la cabine et il s’approcha pour coller son oreille contre la paroi. Il entendit le murmure en question, comme une respiration. C’était très apaisant.

G – Avez-vous eu du mal à apporter l’objet ?

M – Non Archichancelier. Il était étonnamment léger. Nous avons pu le charger sans problème, juste à deux, dans la charrette que nous avions pris soin d’emporter avec nous. C’est surprenant quand même. Comment cette chose si grande peut-elle peser si peu.

G – Etrange en effet. Rincevent ? Vous pouvez vous mettre de l’autre côté ? J’aimerais essayer.

L’archichancelier se plaça d’un côté de la cabine, Rincevent de l’autre. Tout deux relevèrent les manches de leurs robes respectives et placèrent leurs bras afin de l’embrasser.

G – A mon compte ! Un… Deux… Trois… Humpf !

Les deux hommes avaient le visage déformé par l’effort qu’ils étaient en train de produire, en vain. La cabine ne bougea pas d’un iota. Ciredutemps regarda le jeune mage furieux.

G – Vous vous fichez de moi !

M – Non, non, pas du tout. Je vous assure qu’on a pu le soulever à deux tout à l’heure.

G – Montrez-moi immédiatement !

Un deuxième mage s’approcha d’un pas rapide et prit la place de Rincevent. Le premier s’installa à la place de l’archichancelier sous le regard furibond de celui-ci. Ils se mirent en position, placèrent leurs bras comme ils l’avaient déjà fait précédemment et… rien. Rien du tout. La cabine ne bougea pas d’un poil.

M – Je… Je ne comprends pas. Par quel sortilège ? Comment ?

R – Quand je vous dis que je sens pas ce truc, c’est que j’ai une bonne raison de ne pas le sentir.

M – Mais il a bougé tout à l’heure. Il n’était pas plus lourd qu’un homme. Nous n’avons usé d’aucun sort pour le transporter ici. Nous avons été les plus discrets possibles. Je ne comprends pas.

G – Mais comment expliquez-vous que ça ait été possible tout l’heure et pas maintenant ?

T – Parce que tout à l’heure, il voulait venir ici. Et que maintenant, il veut y rester.

----------------

Nous entrâmes alors dans l’immense cour d’honneur de l’Université Invisible. Je n’en croyais pas mes yeux. Le grand mur d’enceinte nous encadrait et je voyais devant nous la monumentale porte d’entrée du bâtiment. Le mage qui nous accompagnait la frappa avec son grand bâton. Duam le regardait faire, intriguée. Je me penchais discrètement vers elle pour éclairer sa lanterne.

Y – C’est un bourdon.

D – Un quoi ?

Y – Un bourdon. C’est une sorte de canne qui permet aux mages d’exercer leur art. Tu vois les petites étincelles violettes ?

D – Oui, c’est joli. Mais c’est quoi ça ?

Y – De l’octarine. C’est l’énergie magique d’ici.

D – Gniiiiiiii ! Y’a vraiment de la magie ici ?

La grande porte s’ouvrit mais Duam n’avança pas. Elle restait là, à regarder le mage entrer, suivi du Docteur. Je me tournais pour voir si elle arrivait et constatais qu’il n’en était rien du tout. Duam était comme pétrifiée par la panique.

Y – Euh, Do… Harry ? On a un léger problème. Hermione ne veut pas venir.

D’un mouvement vif, le Docteur se pencha dans l’encadrement de la porte et vint ensuite à la rencontre de Duam. Il la prit par le bras et d’un sourire, il sembla la rassurer.

T – Ben alors Hermy, tu vas pas louper ça tout de même.

Nous nous retrouvâmes dans le hall d’entrée. Je vis le socle de la statue d’Alberto Malik. La statue, en revanche, n’y était plus. Dommage, j’aurais bien aimé la voir celle-là.

T – Oh ? La statue d’Alberto n’est plus là ?

Le mage se retourna, surpris.

M – Vous connaissez le grand maître Malik ?

T – Alberto ? Oui, quelqu’un de vraiment charmant. Nous n’étions pas tout à fait d’accord sur la configuration exacte à adopter dans la conception de l’aile droite mais…

M – Mais comment est-ce possible ? Maître Malik a disparu il y a des décennies de là. Vous semblez bien jeune pour l’avoir rencontré.

T – Oh, je suis moins jeune que je ne parais. On me le dit souvent d’ailleurs.

Cette fois-ci, ce fut à mon tour de m’arrêter. Je regardais le Docteur, hésitant entre le doute et la stupéfaction. J’avais bien entendu ? Le Docteur avait parlé de la construction de l’Université ! C’est Albeto Malik qui était cité comme fondateur. Mais visiblement, le Docteur était aussi de la partie. Ce dernier remarqua mon étonnement.

T – Hi hi. Comme quoi j’ai encore quelques secrets.

Y – Mais vous avez aidé Alberto Malik ?

T – Il ne trouvait pas de solution pour stocker ses livres. Il faut dire qu’ils sont difficiles à gérer les livres ici.

Y – ça je sais. Encore plus qu’à Poudlard.

T – C’est sûr.

Il posa sur moi un petit regard mystérieux, lourd de sens.

Y – Ne me dites pas que…

M – Par ici, l’archichancelier se trouve dans la cour intérieure.

Le Docteur repartit à la suite du mage, accompagné par Duam. Je restais encore quelques secondes immobile.

Y – Pourdlard aussi ?

Puis je rattrapais rapidement mes compagnons. Rester seule dans le grand hall de l’Université Invisible n’était pas une perspective qui m’enchantait particulièrement. Nous traversâmes les cuisines. Les femmes qui s’y trouvaient ne purent s’empêcher de s’exclamer sur notre passage. J’entendis même un bruit de vaisselle brisée. Des femmes en compagnie d’un mage ! Et qui venaient de l’entrée principale ! C’était une chose impossible pourtant. Aucune femme n’avait le droit de venir dans le bâtiment, hormis en passant par la porte de derrière et à condition de venir y faire le ménage ou la lessive. Et quelles drôles de tenues ! Il faut dire que nous ne portions pas des vêtements très conventionnels. Duam et moi, nous portions des pantalons.

Nous arrivâmes enfin dans la cour intérieure. Et à mon grand soulagement, le T.A.R.D.I.S. se trouvait là. Le Docteur sourit et Duam me tapa dans le dos pour me signifier sa joie de revoir la chère cabine. Je manquais d’ailleurs m’étaler de tout mon long dans la cour.

Devant le T.A.R.D.I.S. je reconnus le Bagage. Il semblait allongé au pied de la cabine, comme s’il montait la garde. Deux mages se tenaient de chaque côté du vaisseau, les bras posés sur les parois de la cabine. Mais ils essayaient de faire quoi ? De le soulever ? En retrait, je remarquais un autre mage vêtu d’une grande robe somptueuse, manquant clairement de simplicité, sans doute l’archichancelier. Duam me donna un coup de coude.

D – Regarde celui-là, même pas foutu d’écrire le mot « mage » correctement.

Effectivement, à côté de l’archichancelier se trouvait un autre mage. Il était vêtu d’une robe qui avait sans doute été rouge dans une autre vie et portait sur la tête un chapeau où l’on pouvait lire « MAJE » écrit en lettres dorées. Le doute n’était pas permis. Il s’agissait de Rincevent.

D – Et celui-là ! T’as vu ? Un vrai touriste !

Et quel touriste ! Un petit homme, vêtu d’un bermuda et d’une chemise hawaïenne, j’avais du mal à y croire, mais c’était bien Deuxfleurs que je voyais là, se tenant sur la gauche du T.A.R.D.I.S., une boîte entre les mains. La plus belle équipe de bras cassés du Disque était là, devant nous.

L’archichancelier avait l’air de s’énerver contre les deux mages qui tenaient le T.A.R.D.I.S.. Nous nous approchâmes aussi discrètement que possible. Mais nous aurions pu arriver accompagnés d’une fanfare que personne ne l’aurait remarqué tant la conversation était animée.

M – Mais il a bougé tout à l’heure. Il n’était pas plus lourd qu’un homme. Nous n’avons usé d’aucun sort pour le transporter ici. Nous avons été les plus discrets possibles. Je ne comprends pas.

G – Mais comment expliquez-vous que ça ait été possible tout l’heure et pas maintenant ?

T – Parce que tout à l’heure, il voulait venir ici. Et que maintenant, il veut y rester.

L’archichancelier se tourna pour voir qui lui avait parlé ainsi. La surprise lui fit lâcher son bourdon.

T – Faites attention, si ça se casse, nous aurons tous de gros problèmes.

G – Mais… mais qui… que font ces deux femmes ici !

Duam et moi-même sursautâmes. Courageusement, nous allâmes nous réfugier derrière le dos du Docteur. Celui-ci reprit la parole sans se démonter. Comme à son habitude.

T – Harry Potter, mage de première classe. Et voici mes assistantes Hermione Granger et Ginny Weasley. Je vois que vous avez retrouvé mon T.A.R.D.I.S.

D – Tare D’hisse ? C’est comme cela que s’appelle cette magnifique Peau-lisse Beau-que-ce ? Quel joli nom.

G – Cette chose est à vous ?

T – Oui, c’est mon véhicule de transport. Et je vous serai fort gré de me le restituer afin que je puisse rentrer chez moi avec mes compagnes.

R – Excusez-moi, mais pourriez-vous m’expliquer pourquoi le Bagage que voici semble tant aimer votre Tare D’hisse ? Il se comporte avec lui comme un toutou avec son maître. Nous avons bien essayé de nous renseigner à la bibliothèque mais le bibliothécaire traverse une sorte de crise existentielle et interdit l’entrée à tout le monde.

T – Une chose à la fois. Et on va passer à la plus grave en premier. Quel genre de crise ?

G – Il se plaint de ne plus avoir à manger. Il faut dire que nous traversons une pénurie sur le Disque. Plus un seul plan pour le nourrir. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais il refuse de s’alimenter autrement.

Le Docteur fronça un sourcil, écoutant attentivement l’archichancelier puis il sourit.

T – Je pense avoir la solution à votre problème de bibliothèque. Ça devrait être réglé en un aller-retour.

R – Mais ! Et pour le Bagage ?

T – chaque chose en son temps mon ami, chaque chose en son temps.




Citation:
----------------
Rincevent regarda le Docteur, décontenancé. Qui était donc cet homme ? Qui étaient ces femmes qui l’accompagnaient bravant ainsi les interdits de l’Université ? Les mages étaient voués au célibat et ils devaient éviter autant que possible la proximité des femmes. Etaient-elles mages comme lui ?

L’archichancelier était tout aussi déstabilisé que Rincevent. Après un long moment de silence à dévisager le Docteur, ainsi que Duam et moi-même, il se redressa comme pour se redonner de l’assurance et de l’autorité. Ben oui, c’était tout de même le patron ici.

Il s’apprêta à dire quelque chose quand le Docteur s’avança vers lui.

T – Pourrais-je me rendre à la bibliothèque ? J’ai deux mots à dire à son gardien. J’ai aussi quelque chose pour lui qui devrait le faire patienter, le temps que nous remplissions notre mission avec mes deux charmantes compagnes.

Je sentis le feu chauffer mes joues. Ma voisine de gauche n’était pas beaucoup mieux. Elle avait beau être mariée à son Ianto, un compliment du Docteur faisait toujours son petit effet.

G – D’accord mais vous venez seul. C’est déjà beaucoup de voir ces deux femmes ici. Je ne veux pas les voir approcher de la bibliothèque. Je ne sais pas du tout comment tout ceci pourrait se terminer.

Je fusillai l’archichancelier du regard. Nan mais pour qui il se prend lui ? Hein ? Duam et moi, on vaut aussi autant que lui, peut-être même plus. Le Docteur n’allait sans doute pas nous laisser. Pas comme ça.

T – D’accord.

D & Y – QUOI ?

T – C’est une simple formalité. Je vais aller calmer un peu le jeu et je reviens. Vous n’aurez pas le temps de dire Raxacoricofallapatorius.

D – Euh, Doc ? On peut vous parler deux secondes ?

Y – En privé ?

Le Docteur nous regarda, surpris, mais nous suivit à l’écart.

D – Vous n’allez tout de même pas nous laisser toutes seules ici ?

Y – Avec ces deux bras cassés en plus ? ! ? Je vous aime bien mais ça va pas la tête ?

T (souriant) – Je préfère ne pas me mettre l’archichancelier à dos tout de suite. Et puis, si le bibliothécaire est en colère, il ne doit plus s’occuper des livres donc l’air doit être surchargé en Octarine. Je ne peux pas me permettre de prendre le risque de vous y exposer. Dieu seul sait en quoi vous pourriez vous retrouver transformées.

D – Gné ? Transformées ? Euh, finalement, on va peut-être rester là, hein Yeles ?

Y – Oui, pas de soucis. On va garder un œil sur le T.A.R.D.I.S.

T – Ah oui, le T.A.R.D.I.S., surtout vous n’entrez pas dedans ! A aucun moment ! On va essayer d’éviter d’y voir un Bagage lâché en liberté. Quand je repense à la dernière fois.

Y – La dernière fois ?

T – Plus tard. Là, je dois y aller si on veut pouvoir partir rapidement.

D – Soyez prudent Doc ! N’oubliez pas, vous ne m’avez pas expliqué comment piloter ça.

T – Je reviens tout de suite. Vous pouvez discuter entre filles en attendant.

Y – Ah ah ah.

Nous regardâmes le Docteur s’éloigner, avec un sentiment mêlé d’appréhension et de peur. Il n’y avait pas de banc, pas de chaise pour nous asseoir en l'attendant.

************

Je fixais le Bagage qui n’avait pas bougé de sa place. Il avait l’air d’être assoupi, si tant est que l’on puisse savoir si un bagage comme lui dort ou pas. D’un signe de la tête, je montrais à Duam un côté du T.A.R.D.I.S. où nous pourrions nous adosser en attendant.

Il faisait plutôt bon, assises là, dans la cour de l’Université Invisible, adossées à la Blue Box. J’en profitais pour montrer à Duam les photos que j’avais prises. Cela intrigua Deuxfleurs qui s’approcha.

Dx – Vous avez une drôle de petite boîte en argent. Qu’est-ce que c’est ?

Y - Un appareil numérique. Ça prend des photos. Vous voulez voir ?

Dx - Un appât-raye-nu-mais-ric ? Je peux regarder ?

Y – Bien sûr.

Deuxfleurs s’assit à côté de moi. Je lui montrais le fonctionnement de mon appareil. Il était fasciné comme un gosse de 5 ans. Il n’était pas très grand, à peine plus grand que Willy en fait. C’était quelqu’un de très sympathique et attentif. Il poussait des petits cris d’émerveillement à chaque fois que je faisais la démonstration des capacités de la « boite en argent ».

P – Pfff... Du travail d’amateur ! C’est honteux !

En entendant cela, je ne pu m’empêcher de demander à Deuxfleurs si, moi aussi, je pouvais tester sa boîte. Il me la tendit en faisant un immense sourire, tout fier de l’intérêt que je portais à ses affaires.

D – Fais voir ce truc ?

Y – C’est avec ça qu’à été faite l’image du T.A.R.D.I.S.

D – Ah bon ? Mais comment ?

P – Si vous parlez de votre truc, maintenant, je n’ai plus de bleu.

D – Hey ! Mais c’est quoi ça ?

Y – Attends, j’ai toujours rêvé de le faire. (me tournant vers Deuxfleurs) Je peux ?

Deuxfleurs acquiesça et c’est d’une main légèrement tremblante que j’appuyais sur le petit loquet en or qui se trouvait à l’arrière de la boîte et ouvrit la porte.

D – Ouah ! Dément !

Un petit atelier se trouvait à l’intérieur de la boîte et, assis devant un chevalet, se trouvait un petit bonhomme. Il était vêtu d’une grande blouse qui était parsemée de tâches de peinture. Il leva la tête vers nous en nous fusillant du regard.

P – C’est à vous ce truc ?

D – C’est au Do… à Harry. Pourquoi ?

P – A cause de ce machin, je n’ai plus une seule goutte de bleu. Il va falloir qu’il me rembourse !

Y – On verra ce que l’on peut faire. C’est promis.

P – Mouais. Si vous saviez ce que j’en fais des promesses des grandes personnes ? Je les prends et je me t…

Je refermais précipitamment la boîte. J’allais pas en plus me faire insulter par ce petit bout de peintre non ? Je préférai rendre la boîte à Deuxfleurs en me disant qu’il allait se calmer dans le sac de son propriétaire.

Rincevent restait en retrait, à nous observer. Il avait visiblement toujours peur du T.A.R.D.I.S. A côté de nous, le Bagage semblait avoir un sommeil légèrement agité. Il était parfois secoué de petits soubresauts mais redevenait immobile l’instant d’après. Je ne suis même pas sûre qu’il ait remarqué notre présence. Je regardais Duam. Elle aussi avait l’air de penser la même chose que moi. Nous étions toutes les deux impatientes de revoir notre pilote.

----------------

Le Docteur emboita le pas de l’archichancelier et pénétra à nouveau dans l’Université. Ciredutemps marqua une légère hésitation avant d’emprunter l’escalier qui descendait vers la bibliothèque. Au fur et à mesure qu’ils progressaient, ils sentirent l’air s’épaissir tout autour d’eux. Le Docteur fronça un sourcil et sortit son tournevis.

G – Qu’est-ce que c’est que cet objet ?

T – C’est un peu comme votre bourdon, en plus petit. Mais il n’en est pas moins efficace.

Les pans du manteau du Docteur commencèrent à se soulever. Les derniers mètres furent franchis très lentement tant l’air ambiant était devenu lourd et poisseux. Ciredutemps s’arrêta en bas des marches, à une dizaine de mètres de la porte. Vu ce qu’il avait subit la dernière fois, il ne voulait pas perdre son caleçon cette fois-ci. Mais ce détail, il le garda pour lui et il se contenta de faire un signe de tête au Docteur en direction de la porte pour lui signifier qu’il pouvait y aller.

Le Docteur s’approcha de la porte et pointa son tournevis dessus. Elle rayonnait d’un champ de force d’Octarine et il semblait difficile, voir impossible de frapper pour demander à entrer. Après quelques petits réglages et une bonne minute d’attente, un petit cercle libre de toute énergie magique apparut sur la porte. Avec précaution, le Docteur y passa la main et frappa. Tout d’abord deux coups, puis cinq, puis trois, puis six, tout en prenant soin de marquer une pause entre chaque série de coups. Puis il attendit.

Le champ de force sembla diminuer légèrement et, dans un grincement sinistre, la porte s’ouvrit, suffisamment pour que le Docteur puisse passer, mais pas assez pour que Ciredutemps puisse passer lui aussi. Le Docteur se tourna vers l’archichancelier et haussa les épaules en souriant.

T – visiblement, il n’a envie de parler qu’à moi. Je reviens.

Il entra dans la bibliothèque. Il y régnait un silence assourdissant et il y avait très peu de lumière qui y filtrait. De ce fait, le Docteur avançait avec beaucoup de prudence. Il n’avait pas envie de buter sur quoique ce soit, ne sachant pas sur quoi il risquerait de buter ici, surtout avec autant d’énergie magique. De temps à autre, un livre s’envolait d’un rayonnage pour aller se poser sur un autre. Mais où était donc ce fichu bibliothécaire ?

T – Bonjour mon ami ! ça fait un bail non ? Un sacré bail même. Alors... toujours le même ? Finalement, ça vous plaît bien cette situation. Quoique, visiblement, ces derniers temps, ça semble ne plus être vraiment le cas.

Pas de réponse. Le Docteur continuait à avancer, à pas de loup.

T – Mais je suis là pour tout arranger. Il faut croire que le T.A.R.D.I.S. a capté votre détresse. Vous vous souvenez du T.A.R.D.I.S. ? Il a nettement moins changé que moi. A part peut-être la décoration intérieure, mais ça, c’est une autre histoire.

La voix du Docteur résonnait dans la bibliothèque, mais aucun signe de vie de son interlocuteur. Sentant comme une présence à quelques mètres, il s’arrêta.

T – Allons mon ami, même si j’ai changé, vous devez bien sentir que c’est toujours moi. Vous avez confiance non ? Et puis j’ai quelque chose pour vous.

Le Docteur fouilla dans sa poche et sortit ce dont il parlait. Il tendit la main qui le tenait et effectua un demi-cercle afin de montrer, si tant est que l’on puisse montrer quelque chose dans le noir, ce qu’il tenait à l’assistance qui n’était pas là. Puis il attendit encore, mais cette fois, son attente fut de courte durée.

B – Ook ?

T – Ah vous êtes là ? Alors, racontez-moi donc vos malheurs.

Une main velue se tendit pour attraper ce que le Docteur avait dans sa main, d’un geste vif et rapide.

Après un court instant, l’air ambiant sembla s’alléger quelque peu.

T – ça va mieux déjà n’est-ce pas ?

B – Ook !

T – Comme ça, il n’y a plus un seul plan sur le Disque ? Mais c’est terrible ça.

B – Ook…

T- Je vous comprends mon ami. J’aurais moi-même du mal à tenir le coup si je venais à en manquer.

B – Ook ?

T – Oui, comme je vous le disais, le T.A.R.D.I.S. a dû sentir votre désarroi. C’est sans toute pour ça que j’ai atterri sur le Disque monde avec mes deux compagnes.

B – Ook ?!

T – Oui, deux ! Elles sont charmantes. Je vous les présenterai bientôt.

B – Ook ?

T – Sarah-Jane ? Elle va très bien. Oh, elle a un garçon maintenant. Luke ! Un garçon brillant d’ailleurs.

B – Oook ?

T – Ah ? Nooooooooooon, Luke n’est pas mon fils. D’ailleurs, elle ne m’a toujours pas expliqué d’où il vient, ni qui est son père. C’est vrai qu’on pourrait se méprendre, il est visiblement aussi brillant que…

B – Ook !

T- Oui, pardon, au temps pour moi. Je disais donc que je ne suis sûrement pas ici par hasard. Maintenant que je sais la raison de ma présence ici, je vais aller chercher de nouveaux plans plus résistants, pour votre réserve personnelle. En attendant, je vais vous en laisser encore un peu afin que vous puissiez patienter le temps que je fasse l’aller-retour.

B – Ook ?

T – Oh, ça ne sera pas long. Enfin je ne pense pas. Enfin si. En tout cas, on essayera de faire au plus vite. Tenez, deux-trois de plus devraient faire l’affaire. Ça me laisse une marge.

B – Ook.

T – Mais de rien mon ami. C’est le minimum que je puisse faire. Finalement, si vous êtes comme ça, c’est un peu de ma faute non ? Allez, courage et à très vite. C’est une promesse.

Le Docteur tendit la main dans l’obscurité et serra celle de son ami. Il ressortit ensuite de la bibliothèque. Le champ de force avait quasiment disparu mais une fois que le Docteur eut passé la porte, il réapparut immédiatement. A priori, le bibliothécaire ne souhaitait pas être dérangé.

G – Alors ?

T – J’ai parlé avec lui, je l’ai rassuré. Je lui ai expliqué ce que j’allais faire et je lui ai laissé quelques vivres pour patienter. Je pense que vous allez être tranquilles le temps que je fasse ce que j’ai à faire.

G – Vous pensez seulement ?

T – J’en suis sûr !

Ils remontèrent avec moins de difficulté, l’air étant un peu plus léger qu’à l’aller. Lorsqu’ils arrivèrent dans la cour, ils nous trouvèrent en grande conversation avec Deuxfleurs.

T – Mesdemoiselles ? Nous devons y aller. Nous avons une mission importante à remplir !

D – Une mission ? Quelle mission ?

Y – Docteur ? Qu’est-ce qu’il est arrivé à vos cheveux ?

Je regardais le Docteur, la bouche ouverte, les yeux écarquillés. Notre si charmant seigneur du temps avait une magnifique coiffure façon playmobil.

T – Ah ! ça. Sans doute un effet dû à l’octarine. (il se passa la main dans les cheveux) voilà ! Mieux ?

Y & D – Nettement mieux !

Après quelques explications, le Docteur s’apprêta à mettre la clef dans la porte du T. A.R.D.I.S., mais il avait oublié un tout petit détail, détail qui s’était réveillé au pied de la cabine. Le Docteur se pencha et passa la main sur le sommet du couvercle du Bagage, comme s’il ébouriffait un chien.

T – T’es là mon vieux ? Ne t’inquiète pas, on va revenir. Promets-moi d’être bien sage en attendant. C’est promis ? Bon. Maintenant, tu vas nous laisser y aller. Voilà.

G – Qu’est-ce qui nous garantit que vous allez revenir ?

T – Ma parole de Seigneur du temps devrait vous suffire ?

G – Seigneur du temps ? Ne me dites pas que…

Mais la porte du T.A.R.D.I.S. s’était refermée et déjà il se dématérialisait.

Le Docteur était remonté vers la console alors que nous étions restées en bas de la rampe à le regarder. Où allait-on aller ?

D - Quelqu'un peut me dire ce qu'il se passe ?

Y – Docteur ? Le Bibliothécaire, il est toujours…

T – Oui…

D – Toujours quoi ?

Y – Alors, si j’ai bien compris, on va aller à… Ne me dites pas qu’on va à…

D – Qu’on va où ?

Le Docteur nous regarda avec des yeux brillants et un immense sourire lui barrait le visage.

D – Prêtes mesdemoiselles ? En route pour Villengard !




Citation:
----------------

Je me tenais à la rampe, impatiente et secouée comme un prunier. Duam était accrochée à un montant de la structure. Il faut dire que pour le coup, le Docteur avait mis le turbo. Il avait laissé des provisions au bibliothécaire mais elles n’étaient pas éternelles et le bibliothécaire avait une faim de loup.
Villengard ! On allait à Villengard ! Paradis mythique de la banane. N’importe quel Botien qui se respecte rêve d’aller à Villengard ! Duam avait les yeux qui brillaient d’impatience. Je ne devais pas être mieux.

Le T.A.R.D.I.S. s’immobilisa. Le Docteur se dirigea vers l’arrière du vaisseau. Etonnant, j’aurais plutôt pensé qu’on serait sortis par la porte. Il se tourna avant de passer dans le couloir.

T – Vous devriez aller chercher une tenue plus adéquate dans le vestiaire. C’est tout de même plutôt tropical. Ah ! Autre chose, quelqu’un craint les moustiques ici ?

Y – Moi, ça va. Heureusement que Willy n’est pas là, il les attire comme du sucre attire les guêpes.

D – Gniiiiiiiiiiiiii ! Moustiques ? Y’a des moustiques à Villengard ! ça existe aussi sur les autres planètes ?

T – Ben, en même temps, d’où voulez-vous qu’ils viennent ?

D – J’en étais sûre ! Ça ne pouvait être qu’extraterrestre ces saletés ! Pas que tout ce qui est extraterrestre soit une saleté, mais ça si… Enfin vous me comprenez hein ?

Le Docteur riait à gorge déployée en voyant Duam se confondre en explications foireuses et autres rattrapages aux branches.

T – J’ai compris. En revanche, venez avec moi, j’ai quelque chose qui devrait faire parfaitement l’affaire et qui devrait vous éviter tout problème avec ces petits nuisibles ailés.

Quelques minutes après, je ressortais du dressing, vêtue d’une tenue digne d’apparaître dans un « Indiana Jones ». J’avais même trouvé des converses assorties et à ma pointure. Faudra m’expliquer comment il se fait que le Docteur ait en sa possession une paire en pointure 36. J’avais attaché mes cheveux en une longue natte africaine, sorti la ceinture banane qui se trouvait dans mon sac et j’y avais mis mon portable et mon appareil photo. J’étais parée.

Duam arriva peu de temps après. Elle avait, elle aussi, passé une tenue plus adéquate. Un pantalon en toile kaki, un t-shirt beige et des converses de même couleur. Visiblement, elle aussi avait réussi à trouver sa pointure. En même temps, depuis le temps qu’elle voyageait avec le Docteur, elle avait dû apporter quelques affaires à elle. Je remarquais un petit pendentif bleuté qui scintillait au bout d’une chaine en argent.

Y- C’est quoi ce truc ? Tu le portais pas ça tout à l’heure ?

D – C’est le Docteur qui m’a prêté ce pendentif. Il permet d’éloigner les moustiques à l’aide d’une onde sonique qui vibre sur leur fréquence. Je ne l’entends même pas.

Y – Cool ! C’est super joli en plus.

Le Docteur revint à son tour. Il était vêtu… de la même chose que d’habitude. Je l’aurais bien vu en bermuda kaki, version safari. Mais bon, le long manteau et le costume, ça lui allait très bien aussi.

T – Parées mesdemoiselles ? Alors allons-y !

Lorsque le Docteur ouvrit la porte du T.A.R.D.I.S., je sentis mes vêtements se coller à ma peau immédiatement. Une chaleur moite pénétra dans le vaisseau. Les bananes ne poussent pas dans le grand nord non plus.

Y – Erf ! Ça me rappelle mes vacances.

T – Vous étiez allée où ?

Y – Martinique, à côté d’une bananeraie. J’ai beaucoup pensé à vous d’ailleurs.

T – Hi hi ! Brillant ! Très belle île, impressionnant volcan, excellente cuisine. Ça fait longtemps que je n’y suis pas allé d’ailleurs.

Là, c’était trop, je venais d’avoir une vision du Docteur en bermuda et chemise à fleur, flemmardant au bord de la mer Caraïbe. Je regardais Duam, essayant désespérément de réprimer un fou rire, mais c’était un très mauvais calcul puisque je vis qu’elle aussi était au bord d’exploser. Ce que nous fîmes d’ailleurs de concert.

T – Oï ! Quoi encore ?

Y – Désolée, c’est nerveux. Sans doute l’enchaînement des voyages en T.A.R.D.I.S.

T –Ah bon ? ça ne vous avait pas fait ça la dernière fois pourtant. Maud ? Vous aussi ?

D – Sûrement le Youplà. Je vois que ça.

Et nous repartîmes de plus belle. Le Docteur leva les yeux au ciel et repartit les mains dans les poches, en boudant. Je regardais Duam, embêtée. Nous étions sans doute allées un peu loin. J’accélérai le pas pour le rattraper et elle fit de même.

Y – Hey Doc ! Faut pas faire la tête comme ça !

En même temps que je lui disais ça, j’ébouriffai sa tignasse qui n’était pas encore tout à fait remise de son aventure octarinesque. Duam s’était mise de l’autre côté et donna un petit coup de coude.

D – Allez Doc, on va les chercher ces bananes ?

Le visage du Docteur s’illumina de nouveau. Il n’était vraiment pas rancunier. En tout cas, pas avec nous. Et c’est tant mieux ! Je ne pense pas qu’il soit très bon pour sa santé de déclencher la rancune d’un seigneur du temps. Nous reprîmes alors notre avancée dans la forêt où le T.A.R.D.I.S. s’était matérialisé.

La végétation tout autour de nous était luxuriante. D’immenses arbres nous masquaient presque les deux soleils qui brillaient dans le ciel. Je voyais des lianes qui pendaient ça et là. Il y avait aussi des fleurs magnifiques, de toutes les couleurs, et sortant par endroit de grosses touffes d’herbe verte. Un léger vent chaud soufflait de temps en temps. Le ciel était dégagé, pas un nuage à l’horizon. ça me rassurait un peu, parce que bon, qui dit climat tropical dit pluie tropicale. Et sincèrement, je n’avais aucune envie de prendre une douche pour le moment.

Notre progression était relativement rapide. Un détail cependant attira mon attention. Et a priori, je n’étais pas la seule.

D – C’est calme !

T – C’est trop calme…

Y – J’aime pas trop beaucoup ça…

T – Habituellement, ça grouille de vie. Les insectes, les lézards, de magnifiques lézards mauves, vous devriez voir ça, ils se faufilent dans votre pantalon, ça chatouille. Pas farouches du tout ces bestioles. D’ailleurs je me demande si…

D – Doc ! Avec nous là ! Y’a pas un bruit, pas une bestiole qui ne bouge. Franchement, ça ne me rassure pas plus que ça. Je préfèrerais presque être assaillie de moustiques. J’ai dit presque hein !

T – Vous avez raison, ça n’est pas très normal. Pas normal du tout d’ailleurs.

Finalement, ça serait visiblement plus compliqué que prévu de rapporter les bananes.

----------------

Le Docteur sortit son tournevis sonique et commença à le diriger dans toutes les directions possibles, attendant de voir les réactions. Je n’étais pas particulièrement rassurée de la tournure que prenaient les événements et Duam n’avait pas l’air plus ravie que moi.

Y – Moi qui me faisait une joie de venir ici.

D – A qui le dis-tu !

Try to remember, when life was so tender

Y – Ah ? Ianto chéri au rapport ?

Duam sortit son téléphone à la hâte et décrocha.

D – Allo ? Tu voudrais qu’on passe te récupérer ? Tu as terminé ce que tu avais à faire ? Euh… ça va être difficile là. Non, nous ne sommes plus à Ankh-Morpork. On est sur Villengard, en mission. Mais non, y’a pas de risque…

Elle grimaça. Elle n’aimait pas mentir à son homme, mais parfois un mensonge est un mal nécessaire.

D – Oui, mais on doit repasser à Ankh-Morpork après. Ne t’inquiète pas. Je t’embrasse. Oui, moi aussi mon sucre. Et non Jack, on ne te rapportera pas de pistolet sonique. Bisou mon sucre.

Elle raccrocha son téléphone et le remis dans sa ceinture banane. Sentant bien qu’elle était mal à l’aise, je passais mon bras par-dessus ses épaules pour la réconforter.

Y – T’inquiète, on va bientôt le retrouver ton sucre.

D – Oï ! Y’a que moi qui ai le droit de l’appeler comme ça !

Avec mes âneries, j’avais réussi à ramener un sourire sur son visage. On oublie à quel point c’est dur d’être loin de celui que l’on aime. Nous continuâmes d’avancer dans les pas du Docteur qui, lui, poursuivait ses investigations. Nous avions pénétré dans une zone plus sombre de la forêt et il devenait difficile de voir où nous allions. Et ce silence qui pesait de plus en plus ne laissait vraiment rien présager de bon. Soudain, le Docteur effectua un brusque quart de tour vers la droite.

T – Ah ! Je crois que j’ai trouvé quelque chose. Par là !

Il accéléra la cadence, ce que nous fîmes aussi pour ne pas être distancées. La pénombre plus la végétation chargée, ça n’est pas très conseillé pour avancer rapidement. Et ce qui devait arriver, arriva. Je butais dans une racine qui avait eu la mauvaise idée de se trouver sur mon passage et m’étalai de tout mon long.

Y – Aow !

D – Yeles ? ça va ? Tu ne t’es pas fait mal j’espère ?

Je me relevais avec l’aide de Duam. Tout alla bien jusqu'à ce que je sente une douleur sourde dans mon genou, un vieux reste d’accident qui m’avait coûté un ménisque.

Y – Ah ! Put*** C’est pas vrai ! Pas maintenant !

D – Quoi ?

Y – C’est mon genou. Fait ch*** !

Je massais mon genou en espérant que ça passe mais je sentais déjà que ça enflait. Il faudrait que je serre les dents. Peut-être que le Docteur avait quelque chose pour ça aussi.

Y – Hey ! Mais il est passé où le Docteur ?

D – Hein ? ! ?

Duam tourna la tête dans la direction où aurait dû se trouver notre seigneur du temps préféré mais il avait totalement disparu de notre champ de vision.

D – C’est pas vrai ! Il a pas pu nous faire ça ! Quand il est concentré sur quelque chose, plus rien d’autre n’existe… C’est vraiment pénible !

Y – Attends, je vais l’appeler sur son portable. Je vais le faire revenir très vite. La colère d’un seigneur du temps, c’est peut-être quelque chose, mais attends-voir qu’il goûte à la mienne !

J’attrapais mon portable dans ma ceinture et composait le numéro du Docteur. Une sonnerie… Deux sonneries… Trois sonneries…

Ça marche comment ce truc ? J’aime vraiment pas parler dans ces bidules là. Appuyer sur étoile ? *bip* Non, c’est pas ça. Ah oui ! là. Vous êtes bien sur le répondeur… messagerie… boîte vocale… non, ici le Docteur, je ne suis pas disponible pour le…

Y – Messagerie… Ne me dis pas qu’il n’a pas pris son téléphone… Non, ne me dis pas qu’il n’a pas pris son téléphone…

D – Je ne te le dirai pas.

Y – Mais bon sang ! Il n’a pas pris son téléphone ! ! !

D – Calme-toi. Ça se trouve, il est juste éteint. Quand il va remarquer notre absence, parce qu’il va forcément la remarquer, il va essayer de nous appeler. On n’a qu’à rester ici, à l’attendre.

Y – Rester ici ? En même temps, c’est le plus raisonnable à faire. Mais si on doit l’attendre, je préfère m’asseoir. J’ai trop mal.

Une fois assise, je relevai la jambe de mon pantalon. Mon genou était maintenant rouge écarlate. Je ne m’étais pas écorchée, c’était déjà mieux que rien. Mais la chaleur ambiante n’aidait pas à faire diminuer le gonflement. Il me fallait de l’eau fraîche… ou de la glace. De la glace ici ? Ça allait être très facile à trouver.

Duam me rejoignit par terre et s’appuya contre le même arbre que moi. Il devait être immense, je n’arrivais même pas à distinguer son sommet et son tronc était très large.

Y – Je ne suis pas mécontente du fait qu’il n’y ait pas de bestioles.

D – Ah bon ?

Y – Ben… les petits oiseaux, les lézards, tout ça, ça ne me gène pas. Mais Dieu seul sait quelles sortes de vilains grouillants pourraient rôder dans les parages.

D – Ah oui, ça j’y avais pas pensé.

Mais à peine avais-je dit ça qu’un léger vrombissement se fit entendre.

D – Oh non ! Je le crois pas ça ! C’était trop beau pour être vrai.

Y – Heureusement que tu as le médaillon du Docteur.

D – Tu m’étonnes ! J’aimerais pas retrouver Ianto avec des bubons purulents plein la figure.

Y – Pour le meilleur et pour le pire… n’oublie pas.

D – Mouais, l’amour rend aveugle mais quand même, j’ai ma fierté. Et elephant man, c’est pas son truc.

Nous éclatâmes de rire mais la joie fut de courte durée.

BZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ

Je tournais timidement la tête, ça me paraissait un peu fort pour n’être qu’un simple moustique.

Y – Euh… Duam ? Je crains qu’il ne nous faille bien plus qu’un simple pendentif sur ce coup-là…

D – Aaaaaaaaaaaaaaaah !







Citation:
----------------

Le Docteur avançait très rapidement dans la forêt. Les bips de son tournevis accéléraient au fur et à mesure de sa progression. Il touchait au but, restait à savoir de quel but il s’agissait. Il arriva devant la porte d’un bâtiment délabré. Il semblait avoir été laissé à l’abandon depuis plusieurs mois, si ce n’était pas plusieurs années. Le Docteur n’était pas revenu sur Villengard depuis un certain temps mais il lui semblait reconnaître ce bâtiment.

T – Je pensais n’avoir rien laissé debout à ma dernière visite. Apparemment, celui-ci a tenu bon. Vous voyez mesdemoiselles, je…

Il stoppa net son explication. Il s’était retourné pour parler à ses compagnes mais elles n’étaient pas là. Où pouvaient-elles bien être passées ?

T – Mais… Yeles ? Maud ? C’est pas possible, comment ai-je pu être aussi inattentif ? Il a dû se passer quelque chose. J’espère que ce n’est pas grave et qu’elles m’attendent là où elles ont perdu ma trace. Mais comment… Bien sûr ! Le téléphone, Yeles et Maud ont leur téléphone. Je vais les appeler, je serai vite fixé.

Fébrilement, il composa un premier numéro. Une sonnerie… Deux sonneries… Trois sonneries…

Bonjour, c’est William, ma maman n’est pas là, laissez un message. Merci. Voilà, c’est tout.

T – Messagerie ? Plutôt surprenant. Je vais essayer celui de Maud, j’aurai peut-être plus de succès.

Une sonnerie… Deux sonneries… Trois sonneries…

Vous êtes sur la boîte vocale de Maud Jones, je ne suis pas disponible pour le moment. Veuillez laisser un message et je vous rappellerai après avoir pris mon café. Ianto arrête ! Je suis en train de, hi hi...

T – Messagerie aussi ? Pourtant, Ianto l’a appelée tout à l’heure. Son portable n’était pas coupé. Il a dû se passer quelque chose. Que faire ? Réfléchit bon sang ! Réfléchit !

Le Docteur entama ses cent-pas habituels, signe d’une grande réflexion. Il devait faire vite, pour agir vite et aller à la rescousse de ses compagnes. Il savait qu’elles étaient débrouillardes, il les avaient déjà vues à l’œuvre. Mais là, elles étaient en terrain inconnu avec un minimum de ressources. Mais il y avait aussi ce signal étrange qui provenait des restes de l’usine qu’il avait détruite. Quelque chose avait dû se produire, modifiant la faune environnante. Que faire ?

T – Elles comprendront sûrement. J’ai confiance, elles devraient se débrouiller jusqu’à ce que je trouve et corrige la raison de ce changement.

La conviction n’était pas au rendez-vous mais il devait agir vite, il le savait. Plus vite il débrouillerait cette histoire, plus vite il repartirait, ça, c’était une certitude. Il pointa alors son tournevis sur la porte. Quelques étincelles jaillirent et il entra dans le bâtiment, non sans remords.
Il arriva dans un hall immense. Le sol était en marbre mais les dalles étaient, pour la plupart, fissurées. Les murs, qui avaient dû être blancs à une époque, étaient lézardés.

T – La déflagration a dû se ressentir jusqu’ici. Mais elle n’a pas été assez forte pour détruire ce bâtiment-ci. Bon, quelle direction maintenant ? Gauche… Droite… Oui ! Droite. Allons…

Le Docteur marqua une nouvelle hésitation. Il était seul, à quoi bon s’encourager ? Ses deux compagnes lui manquaient déjà. Leurs chamailleries lui manquaient aussi. Leurs petites piques amicales aussi. Mais ils les retrouveraient vite. Il ne pouvait que les retrouver vite. Il ne se voyait pas expliquer à un petit garçon et à un mari qu’il avait perdu la mère de l’un et la femme de l’autre juste parce qu’il n’avait pas fait attention. Foi de seigneur du temps, il n’en serait rien ! Une fois ressaisit, il se remit à courir.

T – Allons-y !

Il pénétra dans un couloir sombre. Le lieu étant à l’abandon, il n’était pas éclairé. Seul le tournevis produisait de la lumière. C’était plus qu’il n’en fallait au Docteur pour voir où il allait. Le couloir n’en finissait pas et le Docteur commençait à se demander s’il avait bien fait de prendre cette option là au lieu d’aller retrouver ses compagnes. Mais après plusieurs virages, il vit une lueur apparaître au loin. Lueur qui s’amplifiait à chaque pas du Docteur. Il arriva alors dans une nouvelle pièce. A sa grande surprise, elle était toujours alimentée en énergie.

En son centre se trouvait un immense anneau lumineux qui dégageait une puissante lumière bleue, semblable à celle que produisait le tournevis sonique. De part et d’autre de cet anneau se trouvaient des ordinateurs. Passé l’effet de surprise, le Docteur se dirigea vers un des ordinateurs pour l’inspecter de plus près.

T – Voyons voir. Qu’est-ce qui a bien pu se passer ici. Et à quoi peut bien servir ce démodulateur sonique ? Il a été modifié, je le vois bien. Mais dans quel but ? Et par qui ?

Il essaya d’utiliser le tournevis pour faire « parler » l’ordinateur mais rien ne se passa. La proximité du démodulateur semblait interférer avec le fonctionnement de l’outil fétiche du Docteur.

T – Oh non ! C’est pas vrai ! Je vais devoir me résoudre à procéder à l’ancienne. Voyons si je ne suis pas trop rouillé.

Le Docteur croisa ses doigts, tourna ses mains, la paume vers l’extérieur, et une série de craquements se fit entendre. Il plaqua ensuite ses mains sur le clavier de l’appareil et commença à pianoter à toute allure. Il essayait de craquer le code d’accès mais sans indices sur l’auteur de ce code, ça pourrait prendre beaucoup plus de temps qu’il ne fallait. Il inspecta le bureau où se trouvait l’ordinateur pour voir s’il n’y verrait pas quelque chose qui pourrait l’aiguiller.

C’était plutôt très dépouillé mais il remarqua un petit vase où se trouvait une fleur, posé sur la gauche. Il nota ensuite la présence d’une brosse, sur laquelle on pouvait trouver encore quelques cheveux. Ils étaient longs, ce qui pouvait laisser supposer que le propriétaire de ce bureau était une propriétaire. Mais le dernier indice et non des moindres il le trouva dans un cadre numérique, à droite de l’écran.

Des photos défilaient. Sur l’une d’elle, on y voyait une jeune femme brune, avec de magnifiques cheveux longs et ondulés, posant dans les bras d’un homme. Tous deux souriaient en direction de l’objectif. Le sourire de l’homme semblait irradier sur l’image.

T – J’y crois pas. C’est une plaisanterie ? Ça serait vraiment un monde que ce soit ça.

Le Docteur recommença à pianoter. Ce fut au troisième essai que l’ordinateur céda à ses avances.

T – Si jamais il vient à l’apprendre, on va en entendre parler pendant des siècles.

----------------

Je me levais d’un bond et me mis à courir, Duam à mes côtés. Mon genou me lançait mais l’adrénaline avait des effets anesthésiants non négligeables et très vite, la douleur se fit nettement moins sentir. Nous devions à tout prix échapper à ce moustique sorti tout droit des pires cauchemars de Duam.

D – C’est pas vrai ! On va pas ne faire aspirer par cette chose horrible ! Il faut qu’on trouve rapidement un abri où il ne pourra pas nous atteindre.

Y – Oui ! Mais où ? Je n’ai pas vu de grotte ou de bâtiments jusqu’à présent. Et où est donc le Docteur ?

D – Pas le temps de le chercher. On verra quand on sera à l’abri.

Y – Si on arrive à se mettre à l’abri.

D – On y arrivera ! Foi de botienne on y arrivera !

Y – T’as raison ! Allons-y !

Nous arrivâmes à l’orée de la forêt. Ce n’était pas vraiment ce que nous souhaitions. Au lieu de trouver un abri, nous nous retrouvions totalement à découvert ! Il était totalement exclu que nous fassions demi-tour mais le moustique allait progresser nettement plus vite sans arbres à éviter. C’est un peu résolue que je tournais de nouveau la tête vers l’horizon lorsque soudain, je remarquais quelque chose.

Y – Regarde là-bas ! On dirait des bâtiments ! C’est à quoi ? 500 mètres ?

D - Je dirais plus mais j’ai du mal avec les distances. Je n’ai pas le coup d’œil de Ianto pour les mesures.

Y – Peu importe, dépêchons- nous ! Nous pouvons espérer atteindre un abri avant que le moustique ne nous rattrape.

Nous nous remîmes à courir. Le sol était plus dur. L’herbe était rare et sèche. Ça ressemblait un peu à la savane. On avait du mal à croire qu’il avait plu seulement quelques minutes plus tôt dans la journée. Je sentais le soleil me chauffer la peau, ou plutôt les soleils. Et c’est ça qui faisait toute la différence. Deux soleils, brillant haut dans le ciel, ça chauffe, énormément. C’est un détail que nous avions négligé dans notre course folle.

Dans la forêt nous avions été épargnées par le feuillage, mais là, nous n’avions plus une seule ombre. Heureusement que nous avions pris des casquettes avant de sortir du T.A.R.D.I.S.. Malheureusement, ça ne nous empêchait pas de nous déshydrater vitesse grand V. Je sentais que ma salive se faisait plus rare. La gorge et les yeux me piquaient terriblement. Je respirais par le nez, par la bouche, c’était tout simplement impossible tant l’inspiration me brûlait les parois buccales.

Je tournais la tête pour constater que Duam n’avait pas plus fière allure que moi. Nous étions trempées de sueur, au bord de l’évanouissement. Mais nous tenions bon. Plus que quelques mètres nous séparaient de ce qui semblait être une petite maison de terre. A mon grand soulagement, le toit me paraissait solide, rien qui ne puisse être détruit par un moustique en folie.

Nous entrâmes en trombe dans la maison et, avec Duam, nous attrapâmes une chaise qui se trouvait sur notre droite pour la caler sous la poignée et ainsi bloquer la porte. Un grand boum nous indiqua que le moustique s’était fracassé la trompe en essayant de nous atteindre.

Je me laissais glisser le long du mur, soulagée. Duam fit la même chose. Pendant un instant, la seule chose que l’on pouvait entendre, c’était nos respirations lentes. Une fois que j’eu repris mon souffle, j’inspectais du regard l’endroit dans lequel nous nous trouvions dans l’espoir d’y trouver un… Oui ! Un évier !

Je me levais précipitamment, indiquant cela à Duam d’un geste de la main. J’avais la bouche bien trop sèche pour parler. L’installation était plutôt rudimentaire et paraissait ne pas avoir servi depuis longtemps. Il y avait une sorte de pompe à activer pour que l’eau, enfin, j’espérais qu’il s’agisse d’eau, puisse couler dans l’évier.

Je me saisis du levier de la pompe et essayais de le baisser mais rien n’y fit. Le mécanisme était grippé. Duam vint me prêter main forte pour tenter de faire bouger ce fichu levier mais toujours rien. Certes nous étions à l’abri mais nous allions mourir de soif, sans même pouvoir dire Adieu a ceux que l’on aimait. Mais le regard de Duam s’illumina soudain et je la vis fouiller dans sa ceinture banane. Elle en ressortit triomphalement un tube de crème solaire.

Je me dis d’abord qu’elle avait dû perdre définitivement la raison à cause de la soif et du choc mais très vite, je compris où elle voulait en venir. Je me mis alors en position, les deux mains sur le levier et lui fis signe de la tête pour qu’elle intervienne. Elle ouvrit le tube et fit couler la crème à la base du levier. Pendant ce temps, j’appuyais par à-coups, espérant que le levier cède enfin.
Le levier commença à donner de légers signes de fatigue et quand Duam eut fini de vider le contenu du tube, elle attrapa elle aussi le levier pour porter le coup final. En deux tractions, le levier finit par céder et nous pûmes l’actionner sans problème. Il fallut encore plusieurs mouvements de va et vient pour qu’un liquide brun-jaunâtre se mette à couler. Encore quelques mouvements et le liquide s’éclaircit pour enfin devenir translucide. Nous pouvions enfin boire !

Je continuais d’actionner le levier pendant que Duam se désaltéra puis ce fut mon tour. Une fois que nous eûmes bu toutes les deux, mon genou se rappela à mon bon souvenir mais j’avais maintenant la possibilité de le rafraîchir avec de l’eau. Je remarquais une sorte de torchon sur le côté de l’évier. Je le pris et le passa sous l’eau pour le mouiller complètement. Nous nous laissâmes alors une nouvelle fois glisser au sol, soulagées. Le moustique avait l’air d’être parti. Mais pour combien de temps ? Et comment le Docteur nous trouverait-il ? Alors que j’étais en train d’appliquer le torchon mouillé sur mon genou, Duam se tourna vers moi.

D – Et maintenant ? On fait quoi ?




Citation:
----------------

Le Docteur tapotait sur le clavier, à la recherche d’indices qui pourraient expliquer la situation. Il arriva dans le répertoire principal et cliqua sur un dossier appelé « bananatron ». Il trouva plusieurs documents texte, des tableaux, des graphiques. Mais il trouva aussi des vidéos. Celles-ci étaient classées selon un ordre assez simple à comprendre : jour 1 – jour 2 – jour 3… et ce jusqu’à jour 6. Le Docteur devait comprendre ce qu’il s’était passé. De plus, il avait toujours eu beaucoup de mal à résister à la tentation. Ces fichiers étaient un appel à la lecture et il double cliqua sur le premier fichier.

Une femme apparut à l’écran, elle devait avoir une quarantaine d’années. Elle ressemblait à la jeune femme que l’on pouvait voir sur la photo posée à côté de l’écran, elle avait juste quelques années de plus. Elle était vêtue d’une blouse blanche, un crayon retenait sa chevelure en un savant chignon. Elle ajusta l’objectif de la webcam qui était posée au dessus de l’écran et se replaça au fond de son siège.



? – Premier jour d’expérimentation. Alya Sankaï, analyse de premier degré. J’entreprends ici, à la demande du directoire, la mise au point d’un modulateur subsonique qui devrait permettre d’augmenter le rendement de la production de bananes. C’est donc dans ce qui reste de l’ancienne usine que j’ai choisi de mettre en place ce dispositif. Vous pouvez d’ailleurs voir derrière moi (elle se pencha légèrement sur la gauche) l’anneau d’induction qui est sur le point d’être finalisé.


Une main se posa sur celle de la jeune femme. Elle leva la tête vers la personne qui venait d’arriver et lui sourit.

A – Mais voici le professeur Minoche Parder qui m’assiste dans mes recherches. Alors Minoche, les branchements sont terminés ?

M – Presque, il faudrait que tu viennes vérifier deux ou trois choses avant qu’on active le dispositif.

A – Visiblement, le lancement n’est pas encore pour tout de suite. (Se tournant vers Minoche) J’arrive. C’est tout pour ce premier jour.

Elle se pencha vers l’écran et l’image disparut.

Le Docteur était intrigué par ce qu’il venait de voir. Ces doutes étaient fondés, il s’agissait bien d’un anneau d’induction subsonique qui se trouvait dans cette pièce. Visiblement, il était lié à ce qui avait pu se passer sur Villengard. Mais dans quelle mesure était-il intervenu ? Et pourquoi ne semblait-il pas avoir d’influence sur lui ou sur Yeles et Maud ? Ses pauvres compagnes. Il espérait qu’elles soient hors de danger. Elles étaient débrouillardes, elles avaient sans doute dû trouver un endroit où l’attendre. Mais il devait en savoir plus et il cliqua sur « jour 2 ».



Une nouvelle fois, la jeune scientifique apparut à l’écran. Les cheveux relâchés, elle avait chaussé ses lunettes et semblait soucieuse. On pouvait voir Minoche s’agiter derrière elle, faisant les cent pas devant l’anneau.

A – Les premiers résultats obtenus en simulation semblent être concluants mais il reste encore des zones d’ombre quand à un usage constant. J’aimerais faire un test grandeur nature mais Minoche n’est pas convaincu.

Elle se tourna vers son collègue.

A – Minoche ? Que donnent les relevés aujourd’hui ? Tu penses que c’est stabilisé ? On va pouvoir se lancer dans les essais grandeur nature bientôt ?

Le jeune homme se tourna vers elle. Il avait une coiffure plutôt désordonnée et des cernes commençaient à se dessiner sous ses yeux. Visiblement, la nuit n’avait pas été très reposante.

M – L’induction semble pouvoir se mettre en place sans problème. Mais la concentration sonique ne m’a pas l’air encore suffisamment stable pour démarrer les essais. Est-ce que tu peux venir par ici ?

Alya se leva et se dirigea vers Minoche. Il lui indiqua un ensemble de câbles qui se trouvaient sur la droite de l’anneau.

Le Docteur dû monter le son, il avait du mal à suivre la conversation des deux scientifiques. Surtout qu’elle avait l’air plutôt agitée cette conversation.



M – C’est une erreur je te dis. Jamais on n’aurait dû se lancer là-dedans !

A – Tu te rends compte de l’avancée technologique ? Tu réalises les répercutions ?

M – C’est bien pour ça que je te dis qu’on n’aurait jamais dû se lancer là-dedans !

A – Passe-moi plutôt le tournevis au lieu de faire ton frileux.

M – Tu es inconsciente, voilà ce que tu es.

Alya regarda Minoche puis se tourna vers l’ordinateur. Elle s’en approcha d’un pas rapide.

A – Ce sera tout pour aujourd’hui.

L’écran redevint noir.

Le Docteur se redressa une nouvelle fois. Les ondes soniques étaient normalement inoffensives. Que sous-entendait Minoche ? Pourquoi semblait-il dire qu’Alya était inconsciente ? Il devait le savoir. Jour 3.



Alya était installée face à la webcam et le Docteur remarqua qu’un plan de travail avait été installé dans la pièce, juste à côté d’elle.

A – Premier test à petite échelle avec ce modèle réduit d’anneau d’induction. Minoche, Tu peux apporter le plan s’il te plaît ?

Parder s’approcha, portant un pot dans ses mains. Il le déposa sur le plan de travail qui se trouvait à côté d’Alya et s’éloigna rapidement.

A – Ne sois pas ridicule, ça ne va pas te mordre.

M – Tu te souviens des premières simulations ?

A – C’était une erreur de calcul, les données étaient mal rentrées dans la matrice. J’ai revu ma copie depuis et ça devrait se passer pour le mieux.

M – Je ne serais pas si sûr. Tu as utilisé et détourné la variable de Kripsol en y intégrant l’équation Sotienne. Je ne suis pas sûr que ce soit une si bonne idée que ça.

Ten sursauta. L’équation Sotienne ? Il s’agissait d’une formule visant à contrôler le SOT : Sonic Outray Transfert. Mais la variable de Kripsol était hautement instable. Comment était-il possible de conjuguer les deux sans que tout explose ?

A – Allez, branche le dernier câble et… c’est parti !



Alya activa l’anneau miniature et un rayonnement bleuté s’éleva au dessus du plan.

A – On va commencer avec 20 secondes d’exposition pour avoir un début de relevé quantifiable. Voilà. Minoche, tu as le mètre ruban ?

Minoche sortit son mètre et s’approcha du plan de banane qui se trouvait dans le pot. Alya se leva et se dirigea vers son collègue.

A – Alors ?

M – Rien… pas un millimètre de différence.

A – Rien du tout ? Tu es sûr ?

M – Mon mètre ne ment jamais. Tu as l’air d’être déçue.

A – J’ai passé la nuit sur cette formule. Je pensais être arrivée à la bonne conclusion.

Soudain, Alya regarda son Parder avec insistance.

M – Qu’est-ce qu’il y a ?

A – Tu as changé de chaussures ?

M – Non, pourquoi ?

A – C’est étrange, j’ai l’impression que tu es plus petit que d’habitude.

En entendant cette dernière phrase, le Docteur blêmit. Il avait peur de comprendre ce qui s’était passé.

----------------

La nuit allait tomber et nous étions toujours dans la maison qui nous avait permis d’échapper à une piqure mémorable et probablement définitive. Toujours aucune nouvelle du Docteur. Je commençais à m’inquiéter sérieusement quant à l’issue de notre aventure Villengardienne. A moins que ce soit Villengardoise… Villengardaise ? Peu importe, nous étions coincées là, sans nouvelles de notre chauffeur, sans possibilité de contacter qui que ce soit étant donné que nos appels n’aboutissaient que sur des messageries vocales. Duam avait essayé d’appeler Ianto mais elle n’avait pas eu plus de réussite que moi avec le Docteur précédemment.

Bon, nous étions ensemble, c’était déjà mieux que rien du tout. Mon genou allait mieux et je décidais de me relever pour faire le tour de l’endroit où nous nous trouvions. C’était une jolie petite maison très simple. Il y avait une cuisine, là où nous nous étions installées en arrivant, une salle d’eau avec des toilettes (ouf !) et une petite chambre. Il n’y avait presque pas d’appareils dits modernes, en tout cas, rien qui ressemble au confort moderne de chez nous.

D – Regarde, ce doit être un réfrigérateur.

Elle était penchée sur ce qui semblait être une petite armoire et essayait de l’ouvrir. Je m’approchais d’elle. Mon estomac était effectivement en train de se rappeler à mon bon souvenir et il devait en être de même pour Duam.

Y – Attends regarde, il y a un petit mécanisme sur la gauche, ça doit permettre d’ouvrir.

J’appuyais sur un bouton et tournais la petite manivelle qui se trouvait en dessous. Duam releva la poignée et la porte s’ouvrit. A notre grand soulagement, nous constatâmes qu’il y avait encore des choses à l’intérieur. Il y en avait même encore beaucoup. Ce qui était surprenant compte tenu du fait que l’endroit semblait abandonné depuis un certain temps. Restait à savoir si c’était encore comestible. Enfin, comestible pour nous. Je tirais sur le bac qui se trouvait en bas de l’armoire et constatait qu’il contenait des bananes. Ça, au moins, on pouvait être sûres que c’était comestible. J’en attrapais deux et en tendis une à Duam.

D – Une banane de Villengard. Le Docteur m’en a dit tellement de bien. Voyons si leur réputation est justifiée.

Elle pela le fruit et mordit à pleines dents.

D – Hummmm. Ché délichieux !

Y – Ché clair ! Encore meilleur que che que j’avais imaginé.

Nous mangeâmes notre banane avec un plaisir non dissimulé. Ça faisait du bien d’avoir l’estomac un peu rempli après toutes ces émotions. Après avoir fini de déguster notre repas frugal, nous continuâmes l’inspection des lieux. J’étais dans la salle d’eau, en train mouiller à nouveau mon torchon afin de rafraîchir encore mon genou qui me faisait toujours mal.

D – Yeles ! Viens voir !

Je remis le torchon autour de mon genou à la hâte et retournais dans la cuisine où se trouvait Duam.

Y – Que se passe-t-il ?

D – Regarde là !

Duam pointait le plan de travail.

Y – Y’a de la farine… Et alors ?

D – Et alors ? Regarde mieux !

Je me penchais sur le plan de travail en fronçant les sourcils Au milieu de la farine, je constatais avec effroi qu’il y avait des. traces de pas ! Elles étaient minuscules mais elles étaient bien là.

Y – Mon Dieu ! Tu penses que…

D – Je ne sais pas si je dois penser ça, mais je n’aime pas ce que je pense en tout cas. Mais… oh ! Regarde !

Duam s’était figée, pointant mon pied avec un doigt encore tremblant. Ce fut avec une certaine appréhension que je baissais la tête pour regarder. Je me figeais subitement.

Y – Oh mon Dieu ! Ne me dis pas que c’est…

D – Du sang ?

Mon estomac se retourna et la banane sembla subitement vouloir faire le trajet inverse. Je devais en avoir le cœur net. Je me baissais et approchais un doigt de la semelle rougie.

D – Mais tu n’y penses pas !

Y – Tu crois que j’ai le choix ? Je dois savoir.

Je passais le doigt sur la tâche rouge et poisseuse qui se trouvait sur ma semelle et le portais à ma bouche. Duam grimaça en me voyant faire mais ne dit rien. Elle savait que c’était le seul moyen d’être sûres. Mais alors que je m’apprêtais à mettre le doigt dans ma bouche, une odeur vint à mes narines, une odeur qui me fit sourire.

D – Que se passe-t-il ? Pourquoi souris-tu ?

Y – Groseille !

D – Gné ?

Y – J’ai dû marcher sur des groseilles pendant notre fuite tout à l’heure. Je préfère ça ! Par contre, ça tâche la groseille, le Doc va pas être ravi, j’ai flingué une paire de Converses.

D – Je ne pense pas qu’il t’en tienne rigueur. Et puis de toute façon, il ne va sans doute pas trop la ramener. Je te rappelle qu’il nous a un peu perdues.

Y – Tu marques un point !

C’est avec un immense soulagement que nous nous rassîmes par terre. Je n’avais écrasé personne. Duam avait l’air tout aussi soulagée que moi mais elle était en train d’inspecter le dessous de ses chaussures, histoire de se rassurer complètement.

Y – Mais qu’est-ce qui s’est passé ici ? Où sont passés les habitants de cette planète ? Et c’est quoi ces traces de pas miniatures dans la farine ?

D – Aucune idée mais je suis sûre que ça a un rapport avec le moustique géant de toute à l’heure.

Y – Sûrement. Si seulement le Docteur était là. Il saurait lui.

D - J’n’en suis pas si sûre que ça. Mais il aurait sans doute plus de réponses que nous. Il connait cet endroit. Il y est déjà venu.

Soudain, Duam se figea et commença à frotter son oreille droite sur son épaule.

Y – C’est clair qu’on n’a pas cette chance là. Mais qu’est-ce qui t’arrive Duam ?

D - Je ne sais pas, y’a un truc qui me gratte là. Tu peux jeter un coup d’œil ?

Je m’approchais pour regarder de plus près le lobe déjà rougi de son oreille qu’elle s’apprêtait à gratter de plus belle.

Y – Oh ben ça ! Arrête tout de suite de gratter !


Citation:
Une boule d’angoisse commençait à se former dans le ventre du Docteur. Il regarda autour de lui, inspectant de plus près le bureau puis, secouant la tête, il se remit à visionner les vidéos sauvegardées sur l’ordinateur d’Alya. Jour 4.

Alya semblait nerveuse.

A – Quatrième jour de tests, avant mise en route du dispositif. Les résultats semblent probants. Nous devrions pouvoir espérer une augmentation du rendement de plus de 50% d’ici deux à trois semaines.

Elle se leva et se dirigea vers l’anneau d’induction. Minoche apparut à son tour, tenant un câble à la main.

M- Voilà, Je pense qu’avec le dernier branchement, tout devrait se passer comme prévu. Enfin, j’espère.

A – Ne commence pas à te montrer si défaitiste. Les calculs sont exacts. Je n’ai pas pu me tromper.

Alya se rapprocha une nouvelle fois de la caméra.

A – Voilà, le branchement est fait. Nous avons procédé à la même manipulation sur le modèle réduit et placé un nouveau plan à proximité. Je vais rentrer la clé d’activation et Minoche va se tenir à côté, au cas où.

M – Au cas où quoi ?

A – Mais non, c’est juste une formule comme ça… T’es prêt ?

M – Si je dis non, ça change quelque chose ?

A (éclatant de rire) – Idiot va ! Allez, c’est parti !

Une nouvelle fois, le rayonnement bleuté s’éleva, pendant 30 secondes cette fois-ci. Puis Alya pianota sur son clavier et tout s’arrêta. Elle se leva et se dirigea vers son collègue.

A – Alors ? Ça a marché cette fois ?

Mais le résultat était visible à l’œil nu. Le plan de banane avait pris 15 bons centimètres de hauteur d’un seul coup. L’expérience était une réussite.

A – Mais c’est merveilleux ! On va pouvoir se lancer très très vite. Mais avant tout, attendons 24 heures pour être sûrs que le plan de banane ne souffre pas de la manipulation. Tu peux en emporter un échantillon pour mesurer ça dans l’accélérateur ?

M – Bien sûr ! C’est fantastique Alya ! Tu te rends compte ?

A – Ce dont je me rends compte surtout, c’est que j’avais raison.

M – ça va, je te l’accorde.

A – Monsieur est trop bon.

M – Bon, j’emporte ça et je file.

Minoche procéda à un prélèvement et se dirigea vers la sortie. Alya s’apprêtait à éteindre la caméra lorsqu’elle interpela une nouvelle fois son collègue.

A – Minoche ! Ta chaussure !

M – Hein ?

A – Tu as perdu ta chaussure ! Tu ne l’avais pas attachée ?

M – Ben pourtant si… Tu peux m’expliquer ?


Alya se tourna précipitamment vers la caméra et stoppa l’enregistrement.

Le Docteur ne prit même pas le temps de réfléchir et cliqua sur le fichier du cinquième jour. Il devait savoir et il sentait qu’il était proche de la réponse.

Alya était une nouvelle fois assise à son bureau, l’air préoccupé.

A – Pour ce cinquième jour, je procèderai aux expériences seule. Mon collègue Minoche est à l’infirmerie pour un contrôle de routine. Il sera de retour très bientôt. Nous sommes à l’avènement d’un bouleversement dans le domaine de la culture bananière et de la culture en général. Les résultats des tests conduits sur l’échantillon de bananier sont plus que concluants. Nous avons simulé un cycle normal de pousse, jusqu’à maturation complète du régime et le plan ne s’est pas dégradé. Je vais donc finaliser les derniers branchements sur l’appareil et nous pourrons lancer le dispositif demain.

Alya se recula, regarda sur sa droite, puis sur sa gauche et refit face à la caméra.

A – Je suis plus inquiète sur l’état de Minoche. Sa perte de taille est plutôt surprenante. Mais je ne pense pas qu’il y ait de lien avec l’anneau. Je n’ai rien subit de mon côté. Je ferai une petite vérification de contrôle tout de même. Allez, demain, c’est le grand jour !


Alya se pencha vers la caméra et l’écran redevint noir.

Le Docteur fronça les sourcils et se recula un instant. Plus il avançait dans le journal de la scientifique, plus ses craintes semblaient fondées. Il espérait qu’avec le dernier fichier, il serait entièrement rassuré et qu’il aurait la réponse à ses questions. Et surtout, il espérait que tout ceci lui permettrait de retrouver ses compagnes.
Une nouvelle fois, il cliqua sur un fichier et lança le journal vidéo du sixième jour.

Plusieurs personnes étaient présentes et Alya avait revêtu la blouse de cérémonie. Visiblement, l’inauguration allait se faire en grandes pompes.

A – C’est aujourd’hui le grand jour. Je vais procéder à la mise en route du dispositif en présence du président de la Villengard bananas, Knutt Eyla, le vice-président Helmut Eyla ainsi que les représentants du comité de direction.

Elle se leva et se dirigea vers les invités. Elle leur serra la main et leur fit faire le tour des installations.

A – Comme vous pouvez le constater, l’anneau est d’une dimension relativement importante. Il doit pouvoir permettre d’agir sur l’ensemble de la production de la planète en un temps record. Les différents essais auxquels j’ai procédé avec l’aide de mon collègue Minoche ont permis de mesurer les répercutions et je peux vous garantir des résultats rapides et par là même des profits tout aussi rapides. La banane villengardaise rentrera dans l’histoire de l’agro-alimentation universelle.

Le groupe d’invité se mit à applaudir tout en s’auto-congratulant. Ils avaient l’air plus que satisfaits par ce qu’Alya venait de dire.

A – Maintenant, si vous voulez bien prendre place et protéger vos yeux.


Tout le petit groupe d’invités se positionna sur la gauche du dispositif et chaussa des lunettes noires. Alya s’approcha du panneau de contrôle, appuya sur une série de boutons et leva la tête vers l’anneau. Des vibrations commencèrent à résonner, une puissante lueur bleue apparut tout autour de l’anneau et puis… et puis plus rien. Ou plutôt, plus personne. Tout à coup, Alya, le président, le vice président et les représentants du comité de direction, tout ce petit monde avait disparu purement et simplement.

Le Docteur resta figé devant l’écran, les yeux écarquillés, cherchant le moindre indice du regard. Mais rien. L’anneau fonctionnait à plein régime, comme il le faisait maintenant mais la caméra continuait d’enregistrer. Le Docteur accéléra la vidéo pour voir s’il se passait encore quelque chose pendant le temps restant. Et à 2h42, l’image se coupa. Il remonta légèrement pour voir ce qui avait pu provoquer l’arrêt de l’image et remit en route à 2h39.

L’anneau était toujours en train de briller mais soudain, un texte s’afficha à l’image.


«Si quelqu'un lit ce message : Au secours ! Et surtout, regardez où vous mettez les pieds »

L’écran redevint noir. Le Docteur se leva en faisant visiblement plus attention que précédemment. Il sortit son tournevis de sa poche et fit le tour de la pièce du regard.

T – Alya ! Alya, je sais que vous êtes là. Si vous m’entendez, ce dont je ne doute pas, j’ai la voix qui porte plutôt bien, donc, si vous m’entendez, essayez de me signifier votre position aussi rapidement que possible afin que je vous retrouve. Je pense savoir ce qu’il faut faire pour régler votre problème.

Le Docteur attendit quelques instants, scrutant la pièce avec attention quand soudain une lampe qui se trouvait à quelques pas de lui s’alluma puis s’éteignit presqu’aussitôt. Le Docteur sourit, chaussa une paire de lunettes équipées d’une loupe de bijoutier et se dirigea vers la lampe.

T – Ah ah ! Vous voilà ! Ne bougez surtout pas !

----------------

Duam s’arrêta et retira sa main en tremblant. Je m’approchais et sortit mes lunettes pour les utiliser comme une loupe. Ce que je vis me glaça le sang.

Y – Oh mon Dieu !

D – Quoi ? T’as vu quoi ?

Y – C’est… c’est…

D – Mais quoi ? Tu vas me le dire ?

Y – C’est un être minuscule ! Il est dans le pavillon de ton oreille. Il semble agiter les bras.

D – Hein ? ! ? Tu rigoles j’espère !

Y – J’ai bien peur que non. Attends… Il parle. Mais je n’arrive pas à l’entendre. En revanche, il doit bien nous entendre lui.

Le petit homme agita la tête pour signifier qu’effectivement, il nous entendait parfaitement. En même temps, le contraire aurait été surprenant. Mais comment comprendre ce qu’il essayait de nous dire. Soudain, une idée me traversa l’esprit. Je fouillais une nouvelle fois dans ma sacoche et en sortit mon lecteur mp3. Il avait une fonction d’enregistrement.

Y – Peut-être qu’avec ça nous allons réussir à rentrer en communication.

D – Mais oui ! Ça devrait marcher. Fantastique !

Y – je vais approcher le micro juste à côté de l’oreille de mon amie. Si vous criez suffisamment fort nous devrions pouvoir vous entendre. Vous êtes prêts ? Alors c’est parti.

Je mis en route mon appareil et attendit un instant. Au bout de quelques minutes le petit homme me fit un signe pour indiquer qu’il avait terminé. J’arrêtais l’appareil et je le posais à côté de moi puis j’approchais ma main de l’oreille de Duam. Je voyais à son regard que la présence du petit homme dans son oreille n’était pas des plus agréables et qu’elle mourrait d’envie de se gratter une nouvelle fois. L’homme monta sur mon doigt puis se dirigea vers la paume de ma main. Avec milles précautions, je me dirigeais vers le plan de travail et je le déposais à un endroit où il n’y avait rien d’autre, en sécurité. Une fois l’opération de sauvegarde effectuée je repris mon lecteur et mis sur lecture en ayant pris soin de monter le son au maximum.

Le son était saturé mais nous parvînmes à entendre le message de cet étrange petit personnage.

Vous m’entendez ? J’espère que vous m’entendez. Je m’appelle Jack. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais je me suis retrouvé dans cet état il y a quelques jours. En l’espace d’un instant, je suis devenu minuscule. Je n’ai pas compris. Je n’ai aucune nouvelles de ma mère, Alya. Si vous l’avez vue, j’aimerais savoir pourquoi elle n’est pas venue me retrouver. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé de fâcheux. Je n’ai pas osé sortir d’ici et je meurs de faim. Si vous pouviez me donner quelque chose à manger, je vous en serais reconnaissant.

Nous restâmes un instant à nous regarder en silence. Qu’avait-il bien pu se passer pour qu’il arrive cela à ce pauvre garçon. Et surtout, est-ce que ça allait nous arriver à nous ? Duam se leva et se dirigea vers le réfrigérateur. Elle l’ouvrit et en sortit une nouvelle banane. Elle la pela et attrapa un couteau pour couper un petit morceau qu’elle déposa sur le plan de travail juste à côté de l’endroit où j’avais déposé le garçon. Je regardais avec mes lunettes et constatais qu’il était en train de sauter de joie. Il se précipita sur le morceau de banane et le dévora à pleines dents. En revanche, il risquait d’avoir soif avec tout ça. Je fis couler de l’eau sur la lame du couteau et fis tomber une goutte à côté de lui, suffisamment grosse pour qu’il ait de quoi boire, ce qu’il fait dans la foulée.

Lorsqu’il fut rassasié, il s’assit et regarda dans notre direction. Je me penchais vers lui.

Y – Bonjour, je m’appelle Isabelle et voici Maud. Nous sommes venues ici avec notre ami, le Docteur. Il est parti pour essayer de trouver des indices et surtout comprendre ce qu’il s’est passé sur votre planète. Malheureusement, nous n’avons aucune nouvelle de lui depuis plusieurs heures. Mais rassurez-vous, il ne nous a jamais laissé tomber jusqu’à présent et je suis sûre que tout va rentrer dans l’ordre très bientôt. Le mieux pour le moment, c’est de dormir. Je vais vous installer de quoi dormir confortablement ici et nous aviserons demain.

Le garçon acquiesça et attendit patiemment que j’installe un mouchoir pour qu’il puisse s’y coucher. Le soleil s’était couché et l’obscurité commençait à gagner dans la maison. Je me levais pour chercher de quoi éclairer la pièce pendant que Duam se mit à chercher de quoi nous coucher aussi confortablement que possible. Il y avait des lits superposés dans la chambre mais je ne me voyais pas dormir dans le lit de quelqu’un. Elle ouvrit l’armoire qui se trouvait dans la chambre et en sortit deux couvertures qu’elle disposa au sol. Ça n’était pas forcément comme cela que nous avions envisagé notre première nuit sur Villengard mais ça aurait pu être bien pire. Au moins, nous avions l’estomac plein et nous étions en sécurité. Pour le moment en tout cas. Une fois que le garçon fut installé et visiblement endormit, je m’installais à côté de ma compagne d’infortune et soufflait sur la bougie.

Il faisait maintenant totalement noir et aucun bruit ne filtrait, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur. Après quelques instants d’hésitation, Duam se tourna vers moi.

D – Tu penses que le Doc trouvera la solution ?

Y – Je l’espère. Sinon, foi de Yeles, je lui fais bouffer ses converses.




Citation:
Le Docteur se leva et s’apprêta à se diriger vers la lampe où se trouvait Alya quand soudain il réalisa quelque chose. Si Alya se trouvait dans la pièce, à l’état de miniature, il devait en être de même pour le président, le vice-président et les représentants du comité de direction. Il ne devait pas prendre le risque d’en écraser un seul sur son passage.

T – Messieurs, je sais que vous vous trouvez quelque part dans cette pièce. Je vous prie de vous réfugier dans un coin où je ne risquerai pas de passer, c'est-à-dire loin de l’installation et loin des ordinateurs. Je vais attendre quelques minutes pour vous laisser le temps de vous déplacer aussi vite que vous le pourrez. Ne vous inquiétez pas, je vais vous sortir de cette situation pour le moins ennuyeuse.

Il attendit quelques minutes puis jugea qu’il pouvait maintenant se rendre à l’endroit où la jeune femme l’attendait. Il avança prudemment mais aussi rapidement que possible. Il s’accroupit et chaussa ses lunettes équipées de la loupe de bijoutier. Une jeune et minuscule femme se tenait au pied de la lampe. Elle avait l’air légèrement affaiblie mais elle souriait. C’était la jeune femme qui se trouvait sur la photo, vieillie d’une vingtaine d’années, la jeune femme que le Docteur avait vue sur les films qui se trouvaient sauvegardés dans l’ordinateur. C’était Alya.

T – Professeur Alya Sankaï je présume ?

Elle fit « oui » de la tête. En souriant le Docteur posa sa main à plat sur le pied de la lampe pour permettre à Alya de monter dessus et il retourna vers l’ordinateur. Il la déposa ensuite sur le bureau et s’assit.

T – Je vais tout d’abord faire deux ou trois modifications afin de vous permettre de communiquer facilement avec moi. J’ai beau avoir l’ouïe fine, j’ai mes limites.

Il fronça les sourcils et commença à tapoter sur le clavier.

T – Voyons voir, si je change la formule qui se trouve là dans le panneau de configuration et que j’intègre les paramètres suivants je devrais pouvoir augmenter le volume d’entrée. Maintenant, je vais mesurer votre fréquence exacte, si vous permettez… Protégez vos yeux en revanche.

Il dirigea son tournevis vers la jeune femme, l’actionna pendant quelques secondes puis le pointa sur l’unité centrale.

T – voilà. Alors ce qu’il me faut, c’est…

Il se pencha, fouilla dans le tiroir qui se trouvait dans le caisson et en sortit triomphalement un micro qu’il brancha immédiatement sur l’unité centrale. Il baissa ensuite le micro vers Alya et cliqua sur une icône.

T – Et voilà ! Parlez pour que je vérifie, quoique je sache déjà que ça fonctionne.

A – Vous m’entendez ? Oh oui ! Ça fonctionne !

T – Vous en doutiez ? On voit que vous ne me connaissez pas.

A – A qui ai-je l’honneur ?

T – Je suis le Docteur.

A – Docteur qui ?

T – Juste le Docteur.

A – Vous voulez dire… Non, pas CE Docteur ?!?

T – Vous pensez à quel docteur ?

A – Celui qui a détruit l’usine d’armement il y a une quinzaine d’années ? Celui qui a converti cette planète en coopérative bananière ? C’est impossible !

T – Ce docteur là ? Et bien oui, vous l’avez devant vous.

A – Je ne sais pas si je devrais vous embrasser ou vous gifler.

T – L’une ou l’autre des options me paraissent difficiles à réaliser.

A – Oui, vous avez raison.

T – De toute façon, il y a bien plus urgent à faire pour l’instant. Avant tout, je dois vous dire que vous avez réalisé un travail brillant.

A – Merci… Je…

T – Mais vous avez négligé un facteur important.

A – Ah bon ? Lequel ?

T – Et je plaide coupable en ce qui concerne cet élément.

A – Comment ça ? Je ne vous suis pas.

T – Je sais, je suis quelqu’un de difficile à suivre.

Le Docteur marqua une pause en repensant à ses deux compagnes qu’il avait perdues au milieu de la jungle de Villengard mais se ressaisit rapidement et poursuivit.

T – Bref, vous avez mis au point un dispositif impressionnant avec ce démodulateur sonique, je vous tirerais mon chapeau si j’en avais un mais…

A – Mais ?

T – L’explosion de l’usine a généré un courant d’énergie sonique résiduelle qui a contaminé la totalité de la population de cette planète.

A – Contaminé ? Comment ça contaminé ? ! ?

T – Rien de toxique rassurez-vous, enfin, pas à ma connaissance en tout ca. Mais les particules négatives qui se trouvent sur chaque être vivant sont rentrées en résonnance avec l’énergie déployée par le démodulateur. Ça a eu un impact direct sur votre structure moléculaire et une sorte d’inversion des proportions s’est opérée à l’instant même où vous avec mis en route l’appareil.

A – Et vous pensez pouvoir remédier à cela ? Il va falloir des heures de calculs pour corriger le tir.

T – Des heures ? Oh non. Il fait déjà nuit depuis longtemps et je suis attendu ailleurs. Je ne peux pas me permettre de perdre de temps. Heureusement que la solution est simple.

A – J’ai déjà passé plusieurs jours à mettre au point le dispositif, vous n’allez pas me faire croire que vous avez trouvé la solution en si peu de temps ! Encore moins que vous allez vite la mettre en application ! Personne n’est aussi doué !

Le Docteur sourit en regardant dans la direction d’Alya. Il continua de pianoter sur le clavier, cette fois dans la matrice même du programme de gestion du démodulateur. Ses doigts allaient à une vitesse vertigineuse et, lorsqu’il eut enfin terminé, il se leva et se dirigea vers l’appareil.

A – Vous allez m’expliquer ce que vous faites ?

T – Il me reste plus qu’à inverser la polarité du flux des neutrons et…

Un bourdonnement assourdissant retentit subitement. Une intense lueur bleue inonda entièrement la pièce. Soudain, Alya reprit sa taille normale, manquant de faire basculer le bureau sur lequel elle se trouvait. Il en fut de même avec le président, le vice-président et les membres du conseil d’administration qui étaient apparus dans un angle de la salle. Tous regardaient le Docteur, hébétés, ne comprenant pas ce qu’il s’était passé. Il était là, face à eux, un immense sourire s’était dessiné sur son visage.

T – Ah oui, j’avais oublié de vous préciser. Je suis brillant.

----------------

La lumière commença à percer à travers les volets. Le soleil était en train de se lever. J’ouvris un œil et me tournais vers Duam. Elle ne dormait plus elle non plus. La nuit avait été courte mais nous avions réussi à récupérer un peu. Mon genou me faisait moins souffrir. C’était déjà un bon point. Restait à savoir comment nous allions nous sortir de cette impasse. Nous étions toujours sans nouvelles du Docteur. Je me levais et me dirigeais vers le réfrigérateur pour voir ce que nous pourrions nous préparer pour le petit déjeuner. Les bananes étaient bonnes mais c’était un peu juste pour contenter nos estomacs. Le gargouillement qui retentit derrière moi ne fit qu’attester cet état de fait.

D – Désolée.

Y – Tu sais, je ne suis pas mieux. Et je suis sûr que notre petit ami doit avoir faim aussi.

Je m’approchais de la table où j’avais installé Jack la veille au soir et me penchais pour voir comment il allait. Il était réveillé lui aussi et me salua de la main.

Y – Bonjour Jack. Bien dormi ?

Il secoua la tête pour acquiescer.

Y - Je vais regarder si je trouve de quoi nous faire un petit déjeuner.

J’ouvris le réfrigérateur et regardai à l’intérieur. Il y avait une bouteille remplie d’un liquide blanc, des œufs, un paquet contenant un morceau de viande, si je me fiais à l’odeur. De quoi faire un véritable petit déjeuner de rois. J’ai tendance à juger les gens sur l’organisation de leur cuisine. Si je m’y retrouve facilement, je sais que je vais bien m’entendre avec le propriétaire des lieux. Et le propriétaire de cette cuisine-ci devait sans doute être quelqu’un de bien puisque je trouvais tout ce dont j’avais besoin sans la moindre difficulté.

Je sortis mon briquet de ma poche et allumai sous la poêle que j’avais trouvée sous l’évier. Duam cassa les œufs dans un bol et me le tendit. Je versai le contenu du bol dans la poêle et rapidement, la préparation se mit à frémir. Avec une cuillère en bois, je cassai la préparation pour obtenir des œufs brouillés légèrement baveux.

Y – J’espère que ça te convient.

D – Tu sais, là, j’ai tellement faim, je mangerais n’importe quoi.

Duam découpa la viande afin que je la fasse cuire à son tour et ensuite, elle sortit des assiettes d’un placard et les disposa sur le plan de travail. Elle déposa aussi une petite coupelle pour que Jack puisse manger sa part lui aussi.

D – Je ne vois pas de café.

Il y avait une légère tristesse dans sa voix. Elle n’avait pas réussi à joindre Ianto depuis son dernier appel et je sentais bien que ça lui pesait.

Y – Ne t’inquiète pas, tu vas très vite le retrouver ton sucre. J’en suis sûre.

Elle me sourit timidement et son visage se colora à nouveau.

D – J’espère que tu as raison.

Y – Bien sûr que j’ai raison !

Je remarquais du coin de l’œil que Jack s’agitait dans son coin. Je remis en route mon lecteur mp3 pour qu’il puisse communiquer à nouveau avec nous. Lorsqu’il eut terminé, il me fit signe de la main. Je sélectionnai le fichier et mis en route l’appareil.

J – D’abord, je vous remercie pour votre aide. Sans vous, je pense que je serais mort de faim. Mais je reste très inquiet pour ma mère. Elle est absente depuis très longtemps. Vous savez, c’est une scientifique. Elle a été missionnée pour mettre au point quelque chose pour le compte de Villengard Bananas. Elle n’a pas voulu m’expliquer quoi mais c’était très important. Je n’ai plus une seule nouvelle d’elle depuis plusieurs jours. Et j’ai peur qu’il lui soit arrivé la même chose qu’à moi.

On sentait l’angoisse dans la voix du jeune Jack. Il avait visiblement l’air très attaché à sa mère.

D – Tu n’as que ta mère ?

Y – Attends avant de répondre. On va faire un petit condensé de questions pour gagner du temps. Ma batterie a des limites et j’ai peur qu’elle ne me lâche bientôt.

Une nouvelle fois Jack acquiesça.

Y – Depuis combien de temps es-tu sans nouvelles d’elle ? Depuis combien de temps es-tu dans cet état ? As-tu entendu ou remarqué quoique ce soit de particulier ? Duam, quelque chose à rajouter ?

D – Non, je pense que tu as soulevé les points principaux.

Je remis en marche mon lecteur et le jeune Jack se mit à parler. Au bout de cinq minutes, il me fit signe de la main et j’arrêtais l’enregistrement. Il s’assit et se pencha vers la goutte de lait que j’avais laissé tomber sur la coupelle.

J – Je vis seul avec ma mère. Je n’ai jamais connu mon père. Elle m’a expliqué qu’il s’agissait d’un homme merveilleux. Elle était tombée amoureuse de lui dès le premier regard. Ils ont vécu peu de temps ensemble mais elle s’est rapidement retrouvée enceinte. Malheureusement, elle ne l’a su qu’une fois que cet homme est parti. Tout ce que je sais d’autre à son sujet, c’est que je porte le même prénom que lui. Je ne l’ai jamais vu, hormis sur une photo. Je ne suis pas sûr qu’il soit aussi bien que ce que ma mère m’en a dit mais je ne veux pas la blesser alors je la laisse rester sur son opinion.


Pour en revenir à des faits plus actuels, ça fait environ dix jours que ma mère est partie. Je suis assez grand, enfin assez grand, c’est plutôt risible quand on me voit maintenant non ? Bref, elle m’a laissé seul à la maison pour se rendre à son laboratoire. Je me suis retrouvé dans cet état il y a à peu près quatre jours. Je ne sais pas comment, ni pourquoi mais d’un coup, pouf, j’étais réduit à l’état de miniature. Il m’a fallut quelques temps pour m’organiser et j’ai lutté pour me nourrir jusqu’à votre arrivée. J’ai bien cru que j’allais y rester. Encore une fois, je pense que je ne vous remercierai jamais assez.

Duam et moi-même écoutâmes le récit de Jack. Visiblement, nous étions arrivées à temps pour sauver le jeune garçon, c’était déjà ça. Mais qui allait nous sauver maintenant ? Le regard que me lança mon amie était lourd de sens. Elle était tout aussi inquiète que moi. Mais bon, il ne fallait pas se laisser abattre aussi décidais-je qu’il était grand temps de… faire la vaisselle. Duam rangea les affaires du petit déjeuner pendant que je me mis à laver les assiettes, les couverts et les verres qui nous avaient servi.

Tout à coup, un bourdonnement résonna dans le lointain et une ombre apparut sur ma droite. Je me tournais pour voir d’où elle pouvait bien provenir et, sous l’effet de la surprise, lâchais le verre qui se trouvait dans ma main en poussant un cri.

J – Ah ça !

Y – Ouah ! C’est dingue ! On dirait…

D – Gniiiiiiiiiiiiiiii.



Citation:
Le Docteur regardait tour à tour Alya, le président, le vice-président et les membres du conseil d’administration, satisfait de ce qu’il venait d’accomplir. La jeune femme, une fois qu’elle eut repris ses esprits, se dirigea vers lui d’un pas aussi rapide que possible compte tenu de ce qu’elle venait de vivre. C’était sans compter sur les autres personnes présentes dans la pièce qui ne manquèrent pas de se mettre sur son passage.

K – Mademoiselle Sankaï, vous êtes priée de m’expliquer ce qu’il s’est passé ici ! C’est inadmissible. Vous allez avoir des comptes à rendre auprès de mon administration. Jamais je n’ai été traité de cette sorte ! Je devrais vous poursuivre en justi…

T – Pardon ? Excusez-moi ? Je pense que le professeur Sankaï à tout autant pâtit de la situation que vous. De plus, je tiens à vous faire remarquer que son installation va parfaitement remplir son objectif, peut-être encore plus qu’elle ne l’avait prévu au départ. D’ailleurs, je pense que vous devriez vous dépêcher d’organiser un planning de récolte vu que cela fait quatre jours que l’anneau fonctionne. Vos bénéfices vont crever les plafonds.

Knutt Eyla regarda le Docteur comme s’il venait d’une autre planète, ce qui était le cas, mais là n’était pas la question. Mais cet homme étrange avait soulevé un point important : les bénéfices. Instantanément, il tourna les talons et se dirigea vers la sortie, entrainant derrière lui le vice-président et les membres du conseil d’administration, laissant le Docteur et Alya seuls.

La jeune femme regarda l’homme qui se trouvait face à elle. Il avait l’air à la fois si jeune et pourtant si vieux. Il ne ressemblait en rien à celui qui était décrit dans les histoires qui avaient circulé sur Villengard. Elle avait assisté à l’explosion de l’usine mais n’avait jamais eu l’occasion de croiser le coupable. Comment cet homme si souriant et charmant pouvait-il être la tornade qui avait détruit les installations de l’armurerie il y a quinze ans de cela ?

Le Docteur regardait Alya, amusé. Il sentait bien qu’il intriguait la jeune femme. Et il ne niait pas le fait qu’il aimait ça, à chaque fois. Il fut tiré de sa torpeur par un bip qui retentit soudainement.

T – Hum ?

A – Je crois que ça vient de votre poche.

T – Oh ? Ah oui ! J’arrive toujours pas à m’y faire ? Oh tiens, un appel en absence de Yeles ?

A – Qu’est-ce que c’est que cet appareil ?

T – Un téléphone portable, technologie terrienne. J’ai pourtant pas éteint l’appareil. Ah moins que…

A – Terrienne ? ! ? Vous venez donc de la Terre ?

T – Oui, enfin, non, enfin pas directement. Je ne comprends pas… mais bien sûr ! Les interférences entre les ondes émises par l’anneau et l’énergie résiduelle de l’explosion ont dû bloquer les ondes des portables. J’espère qu’elles vont bien.

A – Elles ? Qui ça elles ? Vous voulez dire que vous n’êtes pas venu seul ? On vous décrivait pourtant comme étant quelqu’un de solitaire. Et de colérique.

T – J’ai beaucoup changé depuis ma dernière venue. A un point, vous n’imagineriez même pas. Je n’ai jamais aimé être seul. Mais j’ai malheureusement égaré mes deux compagnes en venant ici pour comprendre ce qu’il se passait.

A – Egaré ? ! ? Comment peut-on égarer quelqu’un ?

Le Docteur commença à passer nerveusement sa main dans ses cheveux.

T – Euh, ben à vrai dire, je ne sais pas trop comment c’est arri…

I am a doctor, I’ll be your doctor, I’m on my way, and you won’t come down today

T – Oui allo ? Yeles ! Quelle joie de vous entendre ! Oui, non, attendez, pas si vite ! Oui… un moustique géant ? Votre genou ? Mais ça va mi… un jeune garçon ? C’est parfait et vous avez… ah ? Oh, c’est amusant ça, figurez vous que je suis avec… Oui ? C’est parf… Oui… Le temps que je récupère des pl… Disons dans cinq mi… D’accord ! J’arri…

Le Docteur marqua une pause, l’air visiblement très embêté puis rangea son téléphone dans sa poche.

A – Un problème ?

T – Disons que mes compagnes ont l’air plutôt fâchées par cette mésaventure. Elles ont rencontré un moustique géant qui les a poussées à se réfugier dans une habitation.

A – Un moustique géant ?

T – Oui, géant. Je vous ai parlé tout à l’heure d’une inversion de proportions il me semble.

A – Oui, je me souviens. Vous voulez dire que… Mon Dieu ! J’espère qu’il n’y a pas eu de victimes.

T – On sera très vite fixé par un état des lieux rapide. Mais vous ne devinerez jamais où mes compagnes ont trouvé refuge.

A – Non, ou ça ?

T – Dans la maison d’une jeune mère et de son fils. Mais elles n’ont trouvé que le fils à l’intérieur.

A – Et sa mère ? Elle était où sa mère ?

T – Sa mère ? Elle se trouve en face de moi.

Le Docteur affichait une nouvelle fois un large sourire. Alya se précipita sur lui pour le prendre dans ses bras puis recula presqu’aussitôt.

A – Pardon, je ne voulais pas…

T – Ce n’est rien, je comprends.

A – Mon fils est vivant ! Je n’ai que lui ici, s’il lui était arrivé quelque chose, je crois que je ne m’en serais jamais remise.

T- Mais tout va bien. Maintenant, si vous le permettez, j’aimerais récupérer des plans de bananiers, autant que possible et de la meilleure qualité possible. C’était le but initial de ma venue sur votre planète et je dois rapporter cela à un ami, il en va de l’équilibre d’une partie de l’univers.


A – Le temps de passer deux ou trois appels et ce sera réglé. Je dois d’abord m’assurer que mon collègue va bien. Et puis, quand tout sera réglé, je vous accompagnerai chez moi. Je pense que nous sommes tous deux impatients de retrouver nos proches.

T – Parfaitement. Alors, allons-y !

Alya attrapa son communicateur et appela quelques bons contacts qu’elle avait au sein des meilleurs sites de l’exploitation bananière. Le nombre de plans que le Docteur lui avait demandé lui paraissait énorme mais il avait insisté. Comment comptait-il emporter tout ça restait un mystère pour elle mais peu importe, il lui avait sauvé la mise et sauvé la vie de toute cette planète, elle pouvait bien lui rendre ce service.

Une fois rassurée sur l’état de santé de son collègue Minoche elle se dirigea vers son bureau pour prendre un trousseau de clés dans le tiroir. Elle passa brièvement la main sur l’écran du cadre puis se tourna vers le Docteur.

A – vous êtes prêt ?

T – Toujours. Mais j’aimerais savoir, votre fils, il a quel âge ?

A – 20 ans pourquoi ?

T – Pour rien… Enfin si… l’homme sur l’image… c’est son…

A – Oui…

----------------

Nous étions là, toutes les deux, à regarder notre jeune hôte qui avait retrouvé sa taille normale. Les yeux écarquillés, muettes, sous le coup de la surprise.

J – Un problème ? Quelque chose ne va pas ?

D – Non, non… Dison que… ça surprend. C’était si… soudain ! Yeles, ta bouche.

Duam referma ma bouche en remontant mon menton avec la main. La ressemblance était tellement flagrante que cela m’avait laissée sans voix. Ce qui est plutôt rare. Mais je réalisais soudain que, si Jack avait retrouvé sa taille normale, ça voulait sûrement dire que les moustiques avaient retrouvé la leur et que je pourrais enfin retourner au T.A.R.D.I.S. avec Duam et y attendre le Docteur de pied ferme.

Mais nous ne pouvions pas partir comme ça en laissant Jack seul. Le jeune homme paraissait bien secoué par l’aventure qu’il venait de traverser et il avait l’air encore très inquiet. Mais un bip me sortit de mes pensées. Mon portable ? ! ? Celui de Duam fit le même bruit, plusieurs fois.

Je tournais la tête vers elle et nous sortîmes nos appareils de concert.

D – Oh ! J’ai des appels en absence ! Mais mon portable n’était pas éteint ! Comment ça se peut ça ? Le Docteur ! Il a essayé de m’appeler !

Y – Moi aussi ! Attends un peu que je l’appelle tiens ! Il va voir qu’il ne faut pas traiter ses compagnes de la sorte ! Je m’en vais lui pas…

D - Gni ! Ianto aussi ! Au moins six fois ! Il doit être mort d’inquiétude, je l’appelle tout de suite. Tu m’en veux pas ?

Y – Non bien sûr, vas-y. J’appelle notre ami de mon côté.

Duam s’éloigna pour se rendre dans la pièce voisine. Elle avait du temps à rattraper et un gallois à rassurer. Et pour tout ça, elle avait besoin d’intimité. De mon côté je composais le numéro de téléphone du Docteur et attendit.

Y – Allo Docteur ? Où étiez-vous passé bon sang ! On était mortes d’inquiétudes avec Duam. Seules sans vous sur une planète inconnue ! Vous ne pouviez pas faire un peu attention ? ! ? Vous vous rendez compte, nous avions été poursuivies par un moustique énorme ! J’ai bien cru que nous allions y passer ! En plus, je me suis bousillé le genou. Mais bon, on a pu trouver refuge dans une maison. Et là, on a trouvé de quoi manger ainsi qu’un garçon minuscule. Bon, il ne l’est plus là. Il vit seul avec sa mère Alya, qui est une scientifique si j’ai bien compris ce qu’il nous a expliqué tout à l’heure. Maintenant que tout est rentré dans l’ordre, je pense qu’il serait temps que nous rapportions les bananiers comme convenu sur Ankh-Morpork. Et rapidement. Ce n’est pas que je n’aime pas Villengard mais un peu de calme serait le bienvenu. On vous attend dans la maison de Jack. Je pense que vous nous retrouverez plus facilement que nous nous vous retrouverons.

Jack me regarda ranger mon téléphone dans ma poche, les yeux écarquillés.

J – Eh beh !

Y – Je gère très mal la colère. Surtout après avoir eu peur comme ça. Pourtant, on ne peut pas lui en vouloir. Quand vous le verrez, vous comprendrez. Mais parfois, il est tellement…

J – Exaspérant ?

Y – On peut dire ça oui.

Sans le connaître Jack semblait déjà bien cerner notre ami. Je restais là, à le regarder sourire mais je me ressaisi rapidement en secouant la tête puis me rendis dans la pièce voisine pour voir si Duam avait fini. J’entrouvris la porte et remarquais qu’elle était encore au téléphone, à faire les cent pas dans la pièce.

D – Mais oui tout va bien mon chéri. Si tu savais comme j’ai eu peur ! Mais heureusement, je n’étais pas seule. Oui, elle va bien. Tu peux rassurer Jack et Ianto. Je pense qu’elle a réussi à contacter le Docteur. Oui mon sucre, je vais bientôt revenir à Cardiff. Oh, tu ne devineras jamais ! Quoique… je ne sais pas si je devrais te dire ça.

Je frappais doucement à la porte pour signaler ma présence à Duam.

Y – Dis… j’ai réussi à joindre le Docteur. Il devrait nous retrouver ici très rapidement. On va bientôt repartir je pense.

D – Oh ! Parfait. Bon, je te raconterai ça plus tard je pense. Non, ne t’inquiète pas… Mais non, rien de grave. Je t’appelle dès qu’on est arrivés à Ankh-Morpork. Oui, moi aussi… Et tu embrasses les autres pour Yeles et moi. Mais tu m’as comprise… Non idiot. Bon, tu fais comme tu veux. Ton café me manque. Et toi aussi. A très vite !

Duam rangea son téléphone dans sa ceinture banane et me regarda, l’air légèrement absent, mais visiblement heureuse.

Y – Rassuré ?

D – Je pense que ça va. Il était vraiment mort d’inquiétude. Je pense qu’il va passer un savon au Docteur quand on va rentrer à Cardiff.

Nous retournâmes dans la pièce principale pour aider Jack à faire un peu de rangement avant l’arrivée du Docteur. Nous étions tous soulagés de voir que tout était rentré dans l’ordre mais tous curieux de savoir comment ça s’était passé. Avec Duam, nous savions pertinemment que le Docteur n’était pas étranger à cela. Il n’est jamais étranger à cela.

Nous étions en train de finir de plier les couvertures quand la porte de la maison s’ouvrit. Une femme apparut dans l’encadrement, suivie de près par le Docteur. Jack se précipita vers la femme.

J – Maman ! Si tu savais ce que je suis content de te voir ! Tu sais, sans ces deux jeunes femmes, je n’aurais sans doute pas aussi fière allure.

A – Jack mon chéri ! Tu vas bien ! (puis se tournant vers nous) Je ne vous remercierai jamais assez d’être venues à l'aide de mon fils.

Le Docteur s’avança vers nous en souriant mais alors que Duam s’approchait de lui pour le saluer, je la bousculais pour me précipiter sur lui. Il commença à écarter les bras, pensant que j’allais m'y jetter.

Y – Vous nous avez abandonnées ! Vous nous avez perdues ! Comment avez-vous pu ! Et mon fils ? Et son mari ? Vous y avez pensé ! Vous êtes responsables des personnes qui vous accompagnent ! Responsable !

J’étais en train de frapper sa poitrine, des larmes de colère et de déception coulaient sur mon visage. La fatigue jouait beaucoup aussi. Et tout ça s’évacuait sur le pauvre Docteur qui semblait bien déstabilisé. Puis il referma ses bras autours de moi et passa sa main dans mes cheveux dans un geste d’apaisement. Les battements de ses cœurs et sa respiration lente eurent raison de ma colère. Et soudain, je réalisais où je me trouvais et me reculais en regardant le seigneur du temps, le feu aux joues.

Y – Pardon, je ne voulais pas…

T – Ce n’est rien, je comprends. Je devrais faire plus attention, vous avez raison. Maintenant mesdemoiselles, si vous êtes d’accord, nous allons partager un délicieux repas avec nos hôtes et partir ensuite pour Ankh-Morpork où un bibliothécaire nous attend. Ça vous va ?

D et Y – Perfectamundo !




Citation:
----------------

Nous étions rassurées, Duam et moi-même, d’avoir retrouvé notre cher Docteur. La tournure que les événements avaient pris jusque là avait fini par me faire douter. Moi ! J’avais douté au sujet du Docteur ! Mais il avait suffit d’un câlin et d’un sourire pour que ces doutes s’effacent et que ma colère disparaisse.
De son côté, le jeune Jack semblait tout aussi ravi d’avoir retrouvé sa mère. Il la serrait dans ses bras en la faisant décoller du sol. Il faut dire qu’il était plutôt grand et bien bâti, maintenant qu’il avait retrouvé sa taille normale. Sa mère riait aux éclats. Il la redéposa au sol puis il se tourna vers celui qui avait permis ces retrouvailles et s’avança en tendant sa main, un immense sourire aux lèvres.

J – Jack Sankaï, ravi de faire votre connaissance.

Y – Gniiii

D – Oubs. Yeles, mâchoire.

Y – Tu peux parler.

T (levant les yeux au ciel) – Hérédité, quand tu nous tiens.

A – Pardon ?

Le Docteur sourit à Alya et serra vigoureusement la main de Jack.

T – Jack ! Bonjour ! Je suis ravi de faire la connaissance du fils d’une si remarquable scientifique.

A – N’exagérez pas Docteur, sans moi, vous n’auriez pas eu tant d’ennuis.

T – Des ennuis ? Ça ? Noooooooooon ! C’était plutôt… Distrayant non ?

Duam attrapa mon bras et le tint vigoureusement. J’étais à deux doigts de lui sauter à la gorge. Mais le clin d’œil qu’il me fit en tournant la tête dans ma direction me coupa toute envie de le faire.

J – Vous avez de drôles de distractions.

T – Disons que j’aime bien faire de l’exercice.

D – Et courir.

Y – Ah ça… Je ne peux pas en dire autant. Ça vous gène si je m’assieds ?

Mon genou s’était réveillé et la douleur pulsait de manière plutôt intense. Duam se précipita vers une chaise pour l’approcher afin que je m’asseye.

A – Vous vous êtes blessée ?

Y – Je suis tombée en essayant de suivre le Docteur (je lui lançais un regard noir) et c’est mon genou qui a tout pris. On m’a retiré une partie du ménisque il y a plusieurs années de ça mais il est toujours fragile. Et là, il n’a pas vraiment aimé la chute.

T – Bien sûr ! Votre genou. Je manque vraiment à tous mes devoirs. Attendez, ne bougez surtout pas.

Le Docteur chaussa ses lunettes, s’approcha de moi, s’agenouilla et fouilla un instant dans sa poche. Enfin, quand je dis un instant… Vous avez déjà fouillé des poches de gallifreyen ? Donc, après quelques minutes de patience, je vis le Docteur sortir un objet de sa poche et qu’il posa contre mon genou. Le contact froid du métal me fit tressaillir. Il plaça ensuite son tournevis sonique de l’autre côté de mon genou et l’enclencha. Il avait pris son air sérieux et concentré. Tout le monde regardait la scène en silence. Une douce chaleur envahit mon articulation meurtrie. Ce n’était pas du tout douloureux, bien au contraire.
Lorsque la vibration du tournevis s’arrêta, le Docteur leva la tête vers moi, il affichait un large sourire.

T – Et voilà ! Un genou tout neuf.

Y – Tout neuf ? Vraiment ?

Il agita le petit objet métallique devant moi. De forme ovale, il semblait être fait en cuivre. Il n’avait rien d’extraordinaire. C’était un simple bout de métal.

T – Petit souvenir de New-New York. Quand il rentre en résonnance avec mon tournevis, il intervient sur certaines structures moléculaires altérées.

Y – Ce qui veut dire…

A – Que le Docteur a reconstitué votre ménisque et ainsi remis votre genou en état.

T – C’est tout à fait ça. Remarquable, vous voyez, j’avais raison, elle est remarquable.

Y – Ouah ! Par contre, pour la cicatrice…

T – Ah, malheureusement, je ne peux rien y faire. Mais ça fait partie de votre charme.

Le Docteur s’était relevé et avait retiré ses lunettes pour les ranger dans la poche intérieure de sa veste. Je restais là, à contempler mon genou. Mais ma contemplation fut de courte durée.

http://www.deezer.com/listen-537524

Alya poussa un cri. J’attrapais à la hâte mon portable, manquant de l’envoyer voler à l’autre bout de la pièce. Le Docteur avait fait volte-face et me regardait les yeux écarquillés. J’étais écarlate jusqu’à la pointe de mes oreilles.

Y – Oui ? Oui, ça va. Où je suis ? Avec des amis, en ballade. Non, tu ne les connais pas. Mais oui, ça va. Et vous ? Oui, je sais.

Je m’éloignais pour poursuivre la conversation. Duam se tourna vers le Docteur, visiblement amusée par sa réaction.

D – C’est la mère de Yeles.

T – Avec cette sonnerie ? Charmant. Quoique, j’ai connu certaines mères à qui ce thème aurait parfaitement convenu.

D – Je ne peux que plussoyer.

Ils éclatèrent de rire à l’unisson, laissant Alya et son fils complètement perplexes. Le Docteur essuya la petite larme qui perlait au coin de son œil droit et rassura nos hôtes.

T – Disons que la musique de mon amie n’est pas très flatteuse pour les mères de familles. Mais je pense que c’est plutôt affectueux.

A – Vous avez de bien étranges façons de faire. Quelque part, ça me fait penser à son père.

T – Hein ? !

D – Hein ? Quoi hein ? Docteur, on se demandait avec Yeles… C’est bien…

T – Il faut croire que oui.

D – Faut dire que la ressemblance…

T – Oui, elle est frappante.

A – La quoi ?

T – Hum ? Comment ? Oh, ne faites pas attention. Si nous passions à table ? Je meurs de faim. Pas vous ?

A – Oui bien sûr, Jack, tu peux dresser le couvert ? Je vais préparer le dîner.

D – Attendez, je vais vous aider.

Avant d’aller prêter main forte à Alya, Duam se tourna vers le Docteur.

D – Vous n’allez rien lui dire ?

T – Je ne sais pas si j’ai le droit d’intervenir dans cette histoire.

D – Vous n’allez pas me sortir l’excuse du Seigneur du temps et des points fixes. Là, il s’agit d’une famille. Elle doit savoir qu’il est toujours en vie. Il doit savoir qui est son père. Et surtout, il faudra bien le dire à Lui.

T – Laissez-moi le temps du dîner. Ils ont l’air très heureux comme ça. Je ne veux pas bouleverser leur équilibre.

D – Si vous ne le faites pas, c’est moi qui le ferai.

Y – Ou moi !

Duam et le Docteur sursautèrent.

D – ça va pas d’arriver comme ça sans prévenir ?

Y – Rhoooooo. Ça va, ça n’est que moi.

T – Votre mère allait bien ?

Je sentais bien la légère pointe de sarcasme dans la voix du Docteur. Je savais l’amour qu’il portait pour les histoires de famille et les mères en particulier.

Y – Rassurez-vous, vous n’êtes pas prêt de la rencontrer. Mais si vous insistez.

T – Non, non, ça va aller. Allez, je vais aller aider Jack à mettre le couvert.

Le Docteur tourna rapidement les talons et en trois enjambées se retrouva avec le jeune Jack, à poser les assiettes et les couverts sur la table.

Y – J’y crois pas. Ma mère a réussi à faire battre le dernier Seigneur du temps en retraite.

D – T’as vraiment décidé de le faire tourner en bourrique ?

Y – On va finir par croire que je suis rancunière.

D – Oh, si peu. Allez viens, on a un dîner à préparer.

----------------

Le dîner se passa dans une ambiance plutôt détendue. La cuisine villangardaise était assez proche de la cuisine antillaise et Alya nous avait concocté un repas délicieux à base de viande et d’épices et bien sûr, de bananes. Elle nous avait ensuite raconté, à Duam et moi, ce qu’il s’était passé dans le laboratoire. Pendant ce temps-là, Jack avait passé tout le repas à bombarder le Docteur de questions : d’où il venait, qui il était, comment était-il venu ici, pourquoi avait-il détruit l’usine. A l’évidence, notre ami était ravi d’avoir un auditoire aussi attentif chez ce garçon. Il faut dire que ça l’arrangeait plutôt pas mal. C’était reculer pour mieux sauter, mais ça lui permettait de gagner du temps.

Avec Duam, j’avais cherché de quelle façon nous allions révéler à Alya et à Jack ce que nous savions. Le Docteur n’avait pas tort quand il disait que c’était délicat. Mais je ne pouvais me résoudre à camoufler la vérité à nos amis. Duam avait l’air tout aussi ennuyée que moi.

A – Jack, tu peux aller préparer le café ?

D – Café ? ! ?

Try to remember, when life was so tender

Le visage de Duam prit une magnifique couleur rouge pivoine lorsqu’elle décrocha son téléphone. Je ne pu m’empêcher de sourire en la regardant faire.

A – Décidément, je ne me ferai jamais à ces sonneries.

Y – Et encore, vous n’avez pas entendu celle que j’ai lorsque Duam m’appelle.

D – Allo mon chéri ? Oui, on a retrouvé le Docteur. On va bientôt partir, ne t’inquiète pas. C’est amusant que tu m’appelles pile au moment où nous allions prendre le café. Oui, je sais, ça me manque aussi. Bientôt, très bientôt. Qu’est-ce qu’il y a ? Hein ? Non, tu lui diras qu’ils n’en font plus. Non ! Nous ne rapporterons pas de pistolet ! L’usine a été détruite par le Docteur, il l’a déjà oublié ? Non, je ne veux pas lui… Bonjour Jack.

Mon sang ne fit qu’un tour. Pendant toute la durée du dîner, j’avais envisagé toutes les options possibles qui s’offraient à nous et Jack, avec sa subtilité légendaire allait tout ficher par terre. J’essayais de ne pas trop montrer ma panique en regardant tour à tour le Docteur puis Alya. Mais les grands yeux que je faisais semblèrent éveiller les soupçons de cette dernière. Duam semblait très embêtée aussi et avait du mal à couper court. Lorsqu’elle raccrocha enfin, un silence lourd de sens s’installa dans la pièce. Seul le jeune Jack ne semblait pas comprendre ce qui se tramait.
Alya regarda Duam avec insistance, puis moi, puis enfin le Docteur. Son teint était blême.

A – Jack ?

J – Oui ?

A – Non, il ne s’agit pas de toi mon chéri. Docteur ? Dois-je comprendre ce que je dois comprendre ?

T – Je suppose. Que comprenez-vous ?

A – C’est impossible. Pareille coïncidence ne se peut.

Elle se tourna une nouvelle fois dans notre direction. Des larmes commençaient à perler au coin de ses yeux.

A – Duam ? Yeles ? C’est vrai ?

J’étais horriblement gênée. Je tournais nerveusement ma serviette entre mes doigts. Je voyais bien qu’Alya était sous le choc.

J – Maman ? Qu’est-ce qui se passe ?

A – Mon Dieu, je ne pensais pas entendre parler de lui à nouveau. Si j’avais… si seulement…

J – EST-CE QUE QUELQU’UN VEUT BIEN M’EXPLIQUER !

Tous les visages, sauf celui d’Alya, se tournèrent vers le jeune garçon qui fulminait à l’autre bout de la table. Il tremblait de rage, interrogeant tous les convives du regard, semblant chercher une réponse à ses questions. Le Docteur posa sa main sur l’épaule de Jack et prit une profonde inspiration.

T – Je crois qu’il faut que je t’avoue quelque chose mon garçon. Nous avons, ta mère et moi, un ami commun. Enfin, un ami… Pour ta mère, il s’agit de bien plus que cela.

J – Je ne comprends pas. Où voulez-vous en venir. Maman, tu veux bien m’expliquer ?

Alya n’osait pas regarder Jack. En fait, elle n’osait regarder personne. Mais, après un court moment de réflexion, elle redressa la tête et fixa son fils droit dans les yeux.

A – Mon chéri, il s’agit de ton père…

J – Mon père ? La belle affaire ! Tu sais très bien ce que je pense de mon père. Lui qui t’a laissée ici. Qui est parti sans donner de nouvelles. Je n’ai rien à voir avec cet homme.

Jack serrait les poings, sa respiration s’était accélérée. La rancœur cumulée pendant toutes ces années refaisait surface. Le Docteur se leva brusquement, nous faisant sursauter Duam et moi.

T – Je crois qu’une petite mise au point s’impose. L’homme que tu sembles haïr n’a même pas conscience de ton existence. Sois sûr que cette erreur sera corrigée dès mon retour sur Terre. Je le connais bien, très bien même. J’éprouve pour lui un profond respect, qui va au-delà des siècles. S’il n’est jamais revenu ici, ce n’est pas parce qu’il ne le voulait pas, mais parce qu’il ne le pouvait pas. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais sache qu’il a vécu bien plus de drames et de souffrance que quiconque ici présent à cette table, mis à part moi peut-être.

J – Et alors ! ça ne me fait ni chaud, ni froid !

C’était plus que je ne pouvais supporter. La panique céda le pas à la colère.

Y – ça suffit ! Je veux bien admettre que tu lui en veuilles mais il n’est en rien responsable. Pour une fois. Tu n’as pas la moindre idée de ce qu’il a subit pendant les vingt ans qui se sont écoulés pour toi. D’autant plus que pour lui, il s’est écoulé bien plus de temps que ça.

A – Comment ?

T – Disons que votre ligne temporelle a progressée de manière rectiligne pendant que la sienne a fait plusieurs allers-retours.

A – Il m’avait expliqué sa fonction au sein de l’agence du temps mais…

T – C’est plus compliqué que ça.

A – Compliqué comment ?

T – Très compliqué.

A - Je pense être capable de comprendre.

Le Docteur se rassit et se tourna vers Duam.

T – Maud, pouvez-vous vous occuper des cafés avec Yeles ? Je pense que ça va prendre un peu plus de temps que prévu avant que l’on reparte.





Citation:
----------------

Duam se leva de table. Je lui emboîtai le pas et nous nous dirigeâmes vers la cuisine, emportant avec nous les assiettes et couverts sales. Il régnait un silence pesant dans la pièce. Jack s’était levé et regardait par la fenêtre, le visage fermé. Une fois les cafés prêts, nous retournâmes à table. Après avoir déposé les tasses, je me dirigeai vers Jack. Qu’il le veuille ou non, il devait savoir.

Y – Allez, viens nous rejoindre. Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le au moins pour ta mère.

Il tourna la tête et me fixa droit dans les yeux. J’avais rarement vu pareille expression dans un regard. De la fureur, de la tristesse et de l’incompréhension, tout se bousculait à cet instant dans sa tête, ça ne faisait aucun doute. Mais sans protester, il retourna à table et vint s’asseoir à côté d’Alya.

T – J’ai rencontré Jack il y a quelques années. A cette époque, il avait déjà quitté l’agence du temps et travaillait à son compte. Au premier abord, je l’avais trouvé prétentieux et pédant mais, très rapidement, je me suis rendu compte que derrière son sourire éclatant et ses belles paroles se trouvait un homme de grande valeur. C’était à Londres, pendant la guerre et une bombe menaçait de nous exploser dessus. Je ne sais pas si c’était de l’inconscience ou bien du courage, sans doute un peu des deux, mais il a mis sa vie en péril pour nous éviter cette issue fatale.

Ma compagne ne pouvait pas accepter qu’il finisse ainsi et je dois bien admettre que ça ne m’enchantait pas plus que ça. Je l’ai donc pris comme passager. Nous avons voyagé ensemble, tous les trois, pendant un certain temps, jusqu’au jour où nous nous sommes retrouvés dans une station spatiale, à devoir lutter contre de terribles ennemis. Encore une fois, il n’a pas hésité et il est tout de suite parti en première ligne. Mais cette fois-ci, sa chance l’a abandonné et il est tombé.

A – Il… Il est mort ?

T – Malheureusement, oui.

A – Mais… je ne comprends pas…

T – Attendez, j’y viens. C’était le chaos. L’univers était à la merci des êtres que nous affrontions, enfin, que j’affrontais. Tous ceux qui se battaient à mes côtés étaient morts et ma compagne était loin, en sécurité.

Le Docteur marqua une pause. Duam et moi-même, nous savions à quel point cet épisode était douloureux. Je pressais doucement ma main sur son avant-bras. Il me regarda brièvement, me sourit et poursuivit son récit.

T – C’est alors que c’est arrivé. C’est alors qu’Elle est arrivée.

A – Qui ?

T – Ma compagne… Rose. Elle n’avait pas supporté que je l’éloigne de moi, elle n’acceptait pas la défaite et trouva le moyen de revenir pour me sauver, pour nous sauver. Elle s’est servie de mon vaisseau, de l’énergie qui se trouve en lui, pour revenir et vaincre l’ennemi définitivement. Mais elle ne s’est pas contentée de ça et elle a ramené Jack à la vie. En fait, elle a fait bien plus que cela. Elle l’a fixé définitivement dans le temps.

A – Vous voulez dire qu’il est bloqué à cette époque précise ?

T – Non, je veux dire qu’il ne peut plus mourir.

A – Pardon ? J’en ai vu et entendu des énormités mais là, ça dépasse l’entendement.

Jack, de son côté, restait silencieux. Mais il écarquillait les yeux, la bouche entrouverte. Visiblement, il était plus touché par l’histoire de son père qu’il ne l’aurait supposé.

T – Je n’en étais pas sûr moi-même mais, quand je l’ai revu, plusieurs mois après, je n’ai pu que me rendre à l’évidence. Nous nous sommes retrouvés à la fin de l’univers, nous avons, encore une fois, affronté le mal et la souffrance. Et il a souffert, vous pouvez en être sûrs. Le plus drôle dans l’histoire, c’est que je sais qu’il me reverra à l’avenir mais lui ne le sait pas.

A – Mais que fait-il ? Où est-il ?

T– Il vit à Cardiff où il s’occupe d’une agence qui surveille une faille temporelle. Il défend la Terre du mieux qu’il peut. Il a trouvé une sorte d’équilibre là-bas. Oui, en fait, je suppose qu’on peut dire qu’il a trouvé la paix.

Alya se recula contre le dossier de sa chaise, digérant toutes les informations que le Docteur lui avait communiquées. Elle n’avait même pas touché à son café.

J – Mais vous avez dit qu’il avait fait plusieurs allers-retours dans le temps. Je ne vois qu’une simple progression linéaire.

Nous tournâmes tous la tête en direction de Jack. Il regardait fixement le Docteur, les bras croisés. Il attendait encore d’être convaincu de la valeur de cet homme que l’on semblait visiblement vouloir lui vendre comme un père idéal.

T – Tu marques un point, jeune Jack. Lorsqu’il est revenu à la vie, il a voulu nous rejoindre ma compagne et moi-même, mais nous étions déjà repartis. Il a donc utilisé son manipulateur de vortex, une sorte de bracelet qui lui permettait de se déplacer dans l’espace et le temps, pour nous retrouver. Malheureusement, ça n’a pas fonctionné comme prévu et il est arrivé sur Terre un siècle trop tôt. Il a dû vivre toute cette période, attendre de me retrouver, voulant comprendre ce qui lui était arrivé. Il voulait savoir pourquoi il était devenu immortel et s’il pouvait redevenir comme avant.

Lorsque nous nous sommes retrouvés, nous avons vécu ensemble pendant une année entière mais pour tous ceux qui ne trouvaient pas au même endroit que nous, cette année n’a jamais eu lieu. Je ne rentrerai pas dans les détails mais je peux dire que nous avons en quelque sorte rebooté l’univers. Ça répond à ta question ?

Jack inclina la tête en signe d’approbation et se leva de nouveau. Alya lui attrapa le bras pour le retenir.

A – Jack, tu te rends compte ? Ton père est vivant et nous savons où il vit. Tu pourrais enfin le rencontrer. C’est merveilleux non ?

J – Mouais… si jamais ça l’intéresse. Je suis sûr qu’il t’a oubliée, qu’il a refait sa vie. Depuis le temps. Tu dois être bien loin.

Alya se crispa et se tourna vers Duam et moi.

A – C’est vrai, je m’emballe peut-être un peu trop vite. A-t-il refait sa vie ? Non, je ne veux pas savoir. Ou plutôt si, dites-le moi, s’il vous plaît.

Duam grimaça et me regarda.

Y – il a effectivement quelqu’un dans sa vie. Quelqu’un qui participe à son équilibre.

J – Tu vois, c’est bien ce que je te disais.

A – Bien sûr… suis-je bête. Il a vécu si longtemps, il n’allait pas passer sa vie à attendre après moi. C’est logique. Mais c’est très bien comme ça. S’il est heureux, c’est tout ce qui compte. Et puis elle doit être bien si elle lui apporte l’équilibre.

Là, ce fut à mon tour de grimacer.

D – hum, hum… En fait, comment dire. C’est Il. Et il s’appelle Ianto.

A – Un homme ? Sacré Jack.

Elle éclata de rire. Nous avions oublié qu’à l’époque où la jeune femme vivait, les mœurs avaient considérablement évolué et ça nous soulagea grandement. Je me tournais vers Jack.

Y – En revanche, le connaissant, je suis sûre qu’il nous en voudrait si nous ne le mettions pas au courant de ton existence. Je te promets qu’à notre retour sur Terre, si tu n’as rien contre, je lui parlerai de toi et je suis certaine qu’il voudra te rencontrer. Je ne me vois pas lui annoncer cela autrement que de vive voix. Et je connais quelqu’un qui se fera un plaisir de l’y aider. N’est-ce pas Docteur ?

T – Hum ? Mais oui, bien entendu !

----------------

Le lendemain matin, à la première heure, nous retournâmes au T.A.R.D.I.S. Il était toujours à l’endroit où nous l’avions laissé, imperturbable. Lorsque le Docteur pénétra à l’intérieur, une légère vibration sembla l’accueillir. Il s’approcha de la console et la tapota avec la main.

T – Oui, tu m’as manqué aussi.

Puis il ouvrit la porte en grand afin de permettre aux employés de Villengard bananas de charger les plans de bananiers à bord, dans une des nombreuses soutes du vaisseau. Ils étaient postés à l’extérieur, se demandant comment ils pourraient bien faire rentrer tous les pots qu’ils avaient apportés mais lorsqu’ils pénétrèrent à l’intérieur, ils ne se posèrent plus une seule question. En tout cas, plus aucune à ce sujet. Le chargement n’aurait pris qu’une petite heure si un des employés ne s’était pas perdu en tournant à droite au lieu de tourner à gauche en sortant de la soute.

Heureusement, le T.A.R.D.I.S. n’appréciant pas trop les passagers clandestins, il nous permit de le retrouver assez rapidement.

Alya et Jack arrivèrent nous rejoignirent alors que les derniers plans étaient chargés à bord. Tous deux avaient meilleure mine. Malgré les révélations de la veille, ils étaient parvenus à dormir et une bonne douche avait fait le reste. Jack portait un pantalon sombre et une chemise de coton clair. C’était impressionnant à quel point il pouvait ressembler à son père. Je n’étais même pas sûre qu’il s’en fût rendu compte jusqu’à présent. Alya avait passé une tenue beaucoup plus décontractée.

Compte tenu des derniers événements et, suite au plaidoyer du Docteur, elle avait bénéficié, non seulement d’un congé de plusieurs semaines, mais aussi d’une compensation financière non négligeable. Ce qui était plus que mérité. Mine de rien, les bénéfices que son invention allait permettre à l’entreprise risquaient d’être colossaux et Villengard Bananas n’avait aucune envie que des informations filtrent malencontreusement, risquant de compromettre ces bénéfices.

A – Je vois que vous êtes parés au départ. Je vous ai préparé un petit panier repas pour la route. Mais vous avez réussi à tout charger là-dedans ?

Le Docteur sourit. Il aimait toujours le petit moment qui précède la découverte du T.A.R.D.I.S.

T – Constatez par vous-même.

Il ouvrit la porte et d’un signe de la tête l’invita à entrer. Après avoir hésité un court instant, Alya pénétra dans l’étrange cabine bleue suivie de près par le Docteur qui ne voulait rien louper de l’instant.

Y – Parfois je me dis qu’il n’a pas l’âge qu’il dit.

M – Un vrai gosse. Alors Jack, ça va mieux ? La nuit t’a-t-elle permis de réfléchir ?

Jack nous regardait, les mains dans les poches, un petit sourire au coin de lèvres. C’était plus du déjà-vu, c’était presque de la caricature.

J – ça va. J’ai beaucoup réfléchi et j’en suis arrivé à la conclusion que cet homme méritait finalement que je le rencontre. Je ne dis pas que je vais sauter à son cou en le voyant mais je veux bien faire sa connaissance. Je veux savoir s’il mérite un fils comme moi.

En disant cela, il décocha un sourire éblouissant qui me fit monter le rouge aux joues une nouvelle fois. Décidément, il avait hérité de bien plus que du physique avantageux de son père. La porte du T.A.R.D.I.S. se rouvrit derrière nous.

A – Jack ! C’est incroyable ! Tu devrais venir voir ça !

Y – Allez, tu paries combien qu’elle va le dire ?

D – Oh, ça pourrait changer un peu non ? Ok, mais pas d’argent ! Je te paye le café une fois à Cardiff.

Y – Sans l’aide de ton homme hein ?

D – Tenu !

A – C’est plus grand à l’intérieur !

Y – Gagné !

D – Rho flûte ! Les gens n’ont aucune imagination. Je parie que le Docteur a programmé le T.A.R.D.I.S. pour qu’il leur fasse dire ça à chaque fois.

Y – Mouarf ! Mauvaise perdante. Moi en tout cas, je peux t’assurer que je n’ai pas dit la même chose.

Nous éclatâmes de rire tandis que Jack entrait à son tour dans le T.A.R.D.I.S. pour vérifier si sa mère n’était pas devenue folle. Ce qui, bien évidemment, se révéla être faux. Alya était bel et bien saine d’esprit et la « petite » cabine du Docteur était effectivement immense à l’intérieur. Décidément, cet homme était plein de surprises.

Il était grand temps pour nous de partir, nous étions attendus à Ankh-Morpork, enfin, si la bibliothèque n’avait pas implosé sous l’impulsion de l’octarine depuis notre départ. Mais avant de rentrer dans le T.A.R.D.I.S. je sortis mon appareil photo de ma sacoche banane.

Y – J’y pense ! J’aimerais avoir une photo souvenir, une photo que je pourrais montrer à Jack à notre arrivée à Cardiff. Vous êtes d’accord ?

Alya et Jack acquiescèrent.

T – Attendez ! J’ai une idée.

Le Docteur entra en trombe dans son vaisseau et, quelques bangs plus tard, il en ressortit, tenant un pied d’appareil photo qu’il déplia.

T – Voilà, avec ça, nous pourrons tous être sur la photo. A moins que…

Y – Non ! C’est parfait !

J’installais l’appareil sur le pied et effectuai les réglages. Alya se plaça sur la gauche, son fils à ses côtés, un bras passé sur ses épaules. Maud s’installa tout de suite à droite de Jack, puis le Docteur vint se placer. Je n’aurais plus qu’à me mettre à la droite du Docteur avant que le retardateur n’ait terminé sa course. J’appuyai sur le bouton et vint à la place qui m’attendait.

T – Parés ? Tous avec moi A…

Tout le monde – Allons-y !



Citation:

----------------

Après avoir dit au revoir à Alya et Jack, nous remontâmes dans le T.A.R.D.I.S.. Le docteur se dirigea vers la console tandis que Duam et moi, nous nous rendîmes à l’arrière du vaisseau pour nous changer et passer des tenues plus adéquates pour retourner à Ankh-Morpork. Nous ne pouvions décemment pas débarquer à l’Université Invisible en pantalon de randonnée. Tout du moins, pas avec ceux que nous portions. Nous avions besoin de prendre une bonne douche et de passer des vêtements propres.

A ma grande surprise, je retrouvais mes habits propres et repassés. Décidément, le T.A.R.D.I.S. n’avait pas fini de me surprendre. Lorsque nous rejoignîmes le Docteur, le vaisseau s’était arrêté. Nous étions arrivés à destination. Notre chauffeur se dirigea vers la porte mais, alors que nous nous apprêtions à lui emboiter le pas, il se tourna vers nous et nous fit signe de nous arrêter.

T – Mesdemoiselles, avant de sortir, je vais jeter un œil pour vérifier que tout est en ordre.

Il ouvrit la porte et passa la tête pour regarder au dehors. Il se recula précipitamment et se tourna vers nous.

T – Je pense qu’il sera plus raisonnable que vous m’attendiez ici un instant. Je reviens vous chercher dès que la crise sera maîtrisée.

Je regardais le Docteur, les yeux écarquillés. Un léger sentiment de panique me saisit.

Y – Docteur ?

T – Hum ? Oui ?

Y – Vos cheveux…

T –Oh ? Encore ?

D – J’en ai bien peur.

Y – On arrive trop tard ?

T – Je ne pense pas. Mais la charge d’Octarine est bien trop importante pour que je puisse vous laisser sortir pour le moment. Je ne risque rien, enfin, je ne pense pas. J’ai déjà affronté pire ici auparavant. Vous serez bien plus en sécurité ici.

La mort dans l’âme, nous regardâmes le Docteur sortir du T.A.R.D.I.S., nous laissant seules. Nous restâmes un instant sans parler. Puis Duam pris la parole.

D – Tu penses qu’il va réussir à calmer le bibliothécaire ?

Y – J’espère ! En même temps, il a emporté quelques bananes pour le faire patienter, le temps de décharger les plans de bananiers. J’espère que les mages vont nous prêter main forte pour le faire. Je ne nous vois pas sortir 500 plans avec nos petits bras musclés. Non, c’est juste pas possible.

Cette remarque fit rire mon amie ce qui eut pour effet immédiat de détendre l’atmosphère.

D – Tu veux un café ?

Y – Un magic coffee à la mode Ianto ? Plutôt deux fois qu’une !

Duam se dirigea vers le percolateur et s’activa. Je m’assis sur la banquette qui se trouvait juste derrière. Je sortis mon appareil numérique de ma ceinture banane et fis défiler les photos que j’avais prises depuis le début de l’aventure. William sera dingue quand il verra tout ça. Le souci, c’est qu’il sera sans doute furieux que je ne l’ai pas emmené avec moi. Je ne parle même pas de Laurence qui va sans doute m’étriper. Je m’arrêtais sur une des dernières photos, où Jack posait, tout sourire, avec sa mère.

Y – Duam ?

D – Oui ?

Y – Comment penses-tu que Jack va réagir quand il va apprendre l’existence de son fils ?

D – Je ne sais pas. Je ne sais déjà pas comment on va le lui annoncer.

Y – C’est sûr, c’est bien plus compliqué que d’apprendre à son homme qu’il va être père.

Voyant le visage de Duam se décomposer, je réalisais ce que je venais de dire.

Y – Oh, je suis confuse, je ne voulais pas…

D – Non, c’est rien. Ne t’en fais pas.

Y – Je ne sais que trop bien à quel point ils doivent te manquer.

D – Oui, ils me manquent… Ils nous manquent… Mais je sais qu’ils vont bien. J’en suis sûre. Ils sont restés entre de bonnes mains. Je ne me fais aucun souci. C’est juste que…

Y – Ce sont tes fils.

Je me levais pour aller prendre Duam dans mes bras, dans un geste de réconfort. Finalement, nous étions deux mamans séparées de leurs enfants. A la différence que moi, je savais que j’allais retrouver le mien. La vie est parfois bien injuste.

Duam tapota dans mon dos pour me faire comprendre que ça allait mieux. Elle me tendit une tasse fumante de laquelle s’échappait une odeur absolument divine. Je soufflais sur le liquide encore fumant puis en bu une grande gorgée.

Y – Peu importe la dimension, la magie du café reste la même.

D – Comment ça ?

Y – Je te rappelle que j’ai déjà eu l’occasion de boire le divin café du Ianto de ce monde ci.

D – C’est vrai ! Tu trouves qu’il est aussi bon ?

Duam se mit à rougir jusqu’aux oreilles.

Y – Tu n’as pas à rougir. Ton mari t’a bien transmis son savoir. C’est excellent.

You can leave your hat on… you can leave your hat on…

Je sortis mon portable et appuyais sur le bouton pour prendre l’appel. Voyant l’air surpris de Duam, je lui fis un clin d’œil entendu pour lui signifier que c’était un appel sans gravité.

Y – Allo ? Salut doudou ! Oui, ça va et vous ? Ah… oui… Allo mon chéri ? Comment ça va ? Ça se passe bien chez papa ? Ah bon ? Rho, t’es un filou toi. Moi ? Ce que je fais ? Je suis avec Duam. Oui, c’est ça, ma copine du forum. Et qu’est-ce qu’on fait ? On est en train de boire un café.

Duam se mordit la lèvre pour ne pas se mettre à rire. Elle voyait bien que j’essayais par tous les moyens d’éviter de dire à William que j’étais dans le T.A.R.D.I.S., à des années-lumière de la Terre.

Y- Tu es sage ? Tu manges bien ? Bon… Oui, on se voit bientôt mon chéri. Oui… quoi ? Tu me montreras ça à ton retour d’accord ? Tu me repasses Lolo ? Oui… Moi aussi, je t’embrasse fort fort. Oui, je lui dis (en direction de Duam) William t’embrasses.

D – Tu lui diras que moi aussi.

Y- Elle aussi poussin. Allez bisous. Allo doudou ? Tout se passe bien ? Oui, oui… ça va. Euh… Tu peux t’éloigner de William un instant ? Non, parce que je n’ai pas envie qu’il t’entende réagir à ce que je vais te dire. Non… rien de grave non. Enfin, pas encore. C’est bon ?

Je marquais une pause, inspirant profondément comme pour chercher du courage.

Y- Tu ne le croiras jamais… Mais… j’ai retrouvé le Docteur.

D’un geste vif, j’éloignais le combiné de mon oreille, ma belle-sœur étant partie dans les ultra-sons, faisant par la même occasion sursauter Duam. J’attendis quelques instants qu’elle se calme puis je repris la conversation.

Y- Oui, je sais, j’aurais pu te prévenir. Mais tout s’est passé si vite ! Je te raconterai en rentrant. Quoi ? Je ne sais pas… Il aura peut-être autre chose à faire. Comment ça c’est trop facile ? Quand est-ce que je rentre ? Je ne sais pas trop. Tout dépendra de comment ça se passe ici. Et puis on doit passer à Cardiff, Duam a un chéri à retrouver. Oui, elle est là. Quoi ? Oh mais oui ! T’as raison ! J’en touche deux mots à Duam et on voit avec les autres quand on sera à Cardiff. Je te tiens au courant dès que possible. Mais c’est une super idée. Rhooooooo et puis je pense à un autre truc. Ça va être excellent ! Je te rappelle très bientôt, enfin, j’espère. Allez zou doudou.

Duam me regarda, intriguée.

D – Qu’est-ce qui est si génial ?

Y – Je vais t’expliquer t’inquiète. Je sens qu’on va bien s’amuser à notre retour à Cardiff.

----------------

Le T.A.R.D.I.S. s’était posé dans l’arrière cour de l’Université Invisible. L’endroit était désert et l’atmosphère était lourde et épaisse. Le Docteur sortit rapidement et referma aussitôt la porte de la boîte bleue pour préserver ses compagnes qui se trouvaient toujours à l’intérieur. La forte présence d’Octarine tout autour de lui rendait son avancée difficile. Il sortit son tournevis sonique afin de détecter la présence de quelqu’un. Visiblement, le lieu avait été vidé de tous ses occupants. Tous hormis un. Il entreprit donc la descente en direction de la bibliothèque. Son manteau claquait mollement dans l’air poisseux. Il évita sur son passage quelques objets qui semblaient avoir pris vie sous l’effet de la puissante décharge de magie qui provenait du sous-sol.

La descente lui pris beaucoup plus de temps que la dernière fois et, lorsqu’il arriva devant la porte de la bibliothèque, il constata que celle-ci avait commencé à reprendre son aspect initial, des branches avaient commencé à pousser de part et d’autre. Il pointa son tournevis pour se créer, comme précédemment, un petit espace vierge de toute magie afin de lui permettre de frapper.
Une nouvelle fois, il effectua le code pour signifier au maître des lieux qu’il venait en ami, qu’il était revenu comme promis. Plusieurs minutes s’écoulèrent avant que la porte ne s’entrouvre permettant au Docteur de pénétrer à l’intérieur. Des étincelles violettes s’échappaient des étagères où se trouvaient les différents ouvrages dont regorgeait la bibliothèque. Certains volumes passaient de l’une à l’autre, d’autres étaient littéralement projetés en l’air et le Docteur dût faire preuve de rapidité et de souplesse pour les éviter. La lueur violacée qui nimbait le lieu lui permit d’avancer plus rapidement que la dernière fois et enfin, il parvint à rejoindre le maître des lieux.

T – Alors mon ami, j’espère que je ne vous ai pas trop fait attendre. Tenez, comme promis.

Le Docteur tendit une banane vers son interlocuteur qui s’en saisit. D’un geste vif, il en retira la peau et la dévora. L’effet fut immédiat. La charge d’octarine commença à diminuer.

B – Ook !

T – Mais de rien. Je vous ai fait une promesse et vous savez bien que je tiens toujours mes promesses.

B – Ook ?

T – Tout à fait ! D’ailleurs, j’en ai tout un chargement dans mon T.A.R.D.I.S. mais ça n’a pas été sans mal. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons mis autant de temps pour revenir. Mais nous sommes là maintenant.

B – Ook…

T – Je veux bien, mais il va falloir agir et discipliner les livres, faire en sorte que l’Université soit de nouveau un lieu sûr afin que ses occupants puissent revenir. J’ai besoin de bras pour décharger et mes compagnes n’apprécieraient sans doute pas d’effectuer le travail sans aide.

B – Ook !

T – Il va falloir se montrer raisonnable maintenant. Je n’ai pas fait tout ce chemin pour faire les frais de vos caprices. Mes compagnes n’ont pas affronté toutes les mésaventures auxquelles elles ont dû faire face pour que vous puissiez vous permettre de faire l’enfant. Nous avons rempli notre part du contrat, à vous de remplir la votre !

B – Ook…

T – Je préfère ça. Vous savez bien qu’il n’est jamais de bon ton de me mettre en colère. Mais je ne vous souhaite pas d’avoir à subir celle de mes compagnes.

Le bibliothécaire fit un geste en direction des rayonnages et les livres reprirent leur place initiale. La lueur violacée fut remplacée par l’éclairage discret des candélabres qui se trouvaient disposés un peu partout dans le lieu. Une fois qu’il se fut assuré que tout était revenu à la normale, le Docteur se dirigea vers la porte.

T – Allez, venez que je vous présente à mes amies.

B – Ook.

T – Oh et puis ne croyez pas que vous allez rester là à attendre que tout soit déchargé. Vous allez bien nous prêter main forte.

B – Ook…

Le Docteur éclata de rire en voyant la mine légèrement déconfite du bibliothécaire et tous deux sortirent pour remonter au rez-de-chaussée. Une fois arrivés dans la cour, le Docteur sortit son tournevis sonique et le leva vers le ciel.

T – J’ai failli oublier. Il faut que je prévienne l’archichancelier.

Et d’un geste, il lança une boule lumineuse bleutée qui explosa en un nuage d’étincelles bleutées au dessus du bâtiment.

T – Voilà ! Comme ça, ils savent qu’ils peuvent revenir en toute sécurité. J’espère d’ailleurs qu’ils vont le faire rapidement maintenant. Bon et si nous allions voir mes compagnes ?

Le Docteur sortit sa clef et ouvrit la porte du T.A.R.D.I.S., nous faisant sursauter Duam et moi-même.

Y – Alors ? Tout c’est bien passé ? Docteur, pitié, faites quelque chose pour vos cheveux !

Le Docteur se passa rapidement la main dans sa tignasse pour lui faire reprendre son aspect décoiffé habituel.

D – On peut sortir ?

T – Oui mesdemoiselles, la crise a été évitée de justesse. Et maintenant, si vous me le permettez, je vous présente le Bibliothécaire.

D – Mais… Mais c’est…

Y – Ah ben oui, j’avais oublié de t’en causer…

D – Un orang-outan ?!?

B – Ook !

[/quote]

Citation:
----------------

Duam regardait le bibliothécaire, les yeux écarquillés. Elle ne s’attendait pas à ça, mais en même temps, elle avait bien compris qu’à Ankh-Morpork on pouvait s’attendre à tout. Elle avait juste été prise au dépourvu. La tête qu’elle faisait fit rire le Docteur.

T- J’imagine que ça surprend. Ne faites pas cette tête mon ami, on ne peut pas dire que Maud soit habituée à ce genre de chose. Elle en a déjà vu beaucoup en voyageant à mes côtés, mais pas un orang-outan en charge d’une bibliothèque.

D – Je comprends mieux l’histoire des bananes. Forcément. Mais comment se fait-il que la bibliothèque de l’Université invisible soit tenue par un primate ?

B – Ook !

T – Euh… Disons que la conception de la bibliothèque ne s’est pas faite sans casse… L’octarine est extrêmement difficile à contrôler et un moment d’inattention peut avoir des conséquences surprenantes. Mais ne pensez pas que ça le dérange. Au contraire, il aime être ainsi.

B – Ook…

Je cru voir un sourire se dessiner sur le visage du bibliothécaire. Décidément, le Docteur était plein de surprises. Dieu seul sait ce qu’il cachait encore. Mais l’heure n’était pas aux questions mais plutôt au déchargement.

Y – Dites, c’est pas que je m’ennuie, mais j’ai un fils à retrouver et je pense que Duam serait contente de retrouver son petit mari.

D – Je plussoie.

T – Bien sûr ! Tiens, regardez qui arrive !

Je tournais la tête et vit l’Archichancelier faire son entrée dans la cour, suivi de près par quelques mages. Rincevent et Deuxfleurs fermaient la marche. Le bagage trottinait en tête de file et s’arrêta devant le T.A.R.D..I.S, la moitié de ses jambes repliées, assis comme un petit chien content de retrouver son maître.

T – Vous arrivez à point nommé ! Nous avons besoin de paires de bras pour décharger le T.A.R.D.I.S..

G – Maître Potter ! Vous êtes enfin de retour ! J’ai bien cru à un moment que vous nous aviez oubliés. Je vois que notre bibliothécaire est ici, j’en déduis donc que vous avez rempli votre mission.

T – Tout à fait. Ça n’a pas été sans mal, mais j’ai ce qu’il vous faut. En revanche, il va falloir y mettre du vôtre maintenant. Il faudrait faire venir le plus de monde possible pour vider mon vaisseau de sa cargaison.

G – Je m’en charge.

T – Vous allez nous aider bien entendu.

G – Euh… Hum hum… Est-ce vraiment nécessaire ? Mon statut ne se prête pas aux tâches physiques, j’en ai bien peur.

T – Vous allez me faire le plaisir d’y mettre du vôtre. Mes compagnes ont risqué leur vie pour rapporter notre précieux chargement ! Alors, ne serait-ce que par égard pour elles, vous mettrez la main à la pâte, que ça vous plaise ou non !

L’Archichancelier nous fusilla du regard, Duam et moi. Visiblement, la perspective de devoir mouiller la robe ne l’enchantait pas, surtout si c’était pour faire plaisir à deux femmes. Mais le ton qu’avait employé le Docteur était sans appel. Ciredutemps était méfiant et craintif de nature et il n’avait pas envie de risquer quoique ce soit avec cet homme étrange qui semblait si bien connaître son monde et son Université.
Une vingtaine de mages arrivèrent et le Docteur se plaça devant la porte du T.A.R.D.I.S.. Avant de l’ouvrir, il fit quelques recommandations d’usage.

T- Messieurs, je préfère vous prévenir tout de suite, aucune magie ne peut fonctionner à l’intérieur de ce vaisseau. Vous devrez donc transporter le chargement vous-même.

Rincevent regardait l’étrange boîte bleue, dubitatif.

R – ça m’a l’air bien petit, ça devrait se décharger rapidement non ?

T – Oh, venant de vous, cette réflexion m’étonne. Si je vous disais que le T.A.R.D.I.S. a un certain point commun avec votre bagage ?

Dx – Ah bon ? Je ne vois pas de pattes pourtant.

Le Docteur éclata de rire et poussa la porte.

T – Jugez par vous-même. Mais suivez moi bien et surtout, ne vous aventurez pas ailleurs.

R – Nous aventurer ailleurs ? Mais comment pourrait-on-nous avent… ooooooh ! Mais c’est plus...

Dx – Grand à l’intérieur ! C’est magnifique !

Deuxfleurs resta planté sur le pas de la porte, les yeux écarquillés, tel un enfant de huit ans devant un sapin de noël illuminé. Il fut sorti de sa contemplation par le bagage qui le bouscula en entrant en trombe dans le T.A.R.D.I.S., se précipitant vers la console. Il en fit le tour, apparemment tout joyeux de retrouver une vieille connaissance. Amusée par ce spectacle, je m’approchais du Docteur qui avait fini de montrer aux mages à quel endroit se trouvait la précieuse cargaison.

Y – Dites… Le bagage et le T.A.R.D.I.S… Il s’est passé quoi entre eux deux ?

T – Vous avez remarqué ?

D – Il faudrait être aveugle.

T – Quand je suis venu la première fois sur le Disque-monde, il y a… ouh là ! Fort longtemps, j’ai eu le malheur d’atterrir près d’un poirier. Vous savez que je suis allergique au poirier. En plus, celui-ci était magique. Il a bien manqué provoquer une régénération chez moi. Je n’ai pas eu d’autre choix que de l’abattre. Mais comme je n’aime pas faire les choses gratuitement, j’ai mis mes talents à profit pour fabriquer un bagage avec le bois magnifique de cet arbre. Une fois abattu, je ne risquais plus rien, j’ai donc pu réaliser mon travail sans problème. J’avoue m’être un peu amusé.

Y – Mais… Et les pattes ?

T – La magie du poirier, combinée au pouvoir du cœur du T.A.R.D.I.S., ça a eu un résultat pour le moins surprenant. Mais je trouve que c’est extrêmement pratique de ne pas avoir à porter son bagage, pas vous ?

D – Oui, c’est sûr.

Y – Je comprends mieux sa grande capacité de contenance.

T – Savoir-faire des Seigneurs du Temps. Mais bon, j’ai dû me résoudre à le laisser ici, trop difficile à tenir et K9 commençait à être jaloux.

Je ne pus m’empêcher de rire avec cette ultime révélation, entraînant Duam et le Docteur dans un fou-rire généralisé. Pendant ce temps là, les mages s’activaient, déchargeant les bananiers dans la cour pendant que l’Archichancelier supervisait leur envoi dans une serre prévue pour les accueillir afin qu’ils puissent pousser dans les meilleures conditions possibles. Rincevent et Deuxfleurs avaient eux aussi relevé leurs manches et prêtaient main forte aux autres mages. Tout ce petit monde étant très efficace, ça arrive parfois, le déchargement fut terminé assez rapidement.

Il était grand temps pour nous de repartir. Le calme était revenu sur Ankh-Morpork, si tant est qu’il puisse vraiment y régner. Le Docteur donna ses dernières instructions quant à la façon de traiter les bananier de Villengard afin qu’ils puissent pousser convenablement. Pendant ce temps, avec Duam, nous discutâmes encore un peu avec Deuxfleurs. Rincevent, de son côté, essayait désespérément de faire sortir le bagage du T.A.R.D.I.S..

Dx – Vous avez vraiment beaucoup de chance de pouvoir voyager dans un si beau vaisseau. Si seulement je pouvais immortaliser cet instant !

Il regarda tristement sa petite boîte.

Y – Toujours pas de bleu ?

Dx – Non, je n’ai pas réussi à en trouver.

D – Docteur ? Vous pouvez venir par ici ?

T –Oui ?

D – Je crois que vous devez quelque chose à notre ami.

T – Oh ? Aaaaah mais oui ! Où avais-je la tête ! Tenez, je pense que ça devrait vous suffire.

Le Docteur sortit un petit pot de sa poche et le tendit à Deuxfleurs.

T – J’ai retrouvé ça dans une des cales du T.A.R.D.I.S., ça devrait faire l’affaire.

Intrigué, Deuxfleurs ouvrit précautionneusement le petit pot et découvrit pour sa plus grande joie qu’il était rempli de peinture bleue. Il s’empressa d’ouvrir la petite porte à l’arrière de la boîte et tendit l’objet au peintre qui se trouvait à l’intérieur.

P – Quoi encore !

Dx – J’ai du bleu ! Vous allez pouvoir peindre à nouveau cette si belle Peau-lisse Beau-que-ce.

P – Ah ben c’est pas trop tôt ! Mais vous n’allez pas imaginer que je vais encore peindre ce truc ? ! ? Ça va pas la tête ?

Je pris pitié du pauvre Deuxfleurs qui espérait tant avoir une jolie image de sa « Peau-lisse Beau-que-ce » et me tournais vers le Docteur.

Y – Dites, j’ai une idée. Vous avez bien une imprimante et un ordinateur à bord ?

T – Euh… Ben oui, bien sûr. Pourquoi donc ?

Y – Je me disais qu’on pourrait bien faire une petite photo avec mon appareil et qu’on pourrait l’imprimer pour notre ami avant de partir non ?

T – Mais oui ! Excellent ! Mais qui va prendre la photo ?

B – Ook !

T – Vous ? Vous saurez faire mon ami ?

B – Ook…

Je me retrouvais donc à expliquer le fonctionnement de mon appareil au bibliothécaire qui écoutait attentivement. Une fois qu’il sembla avoir compris, je m’approchais de Deuxfleurs, Duam et le Docteur. Rincevent qui avait fini par faire entendre raison au bagage, non sans négliger le sermon fait par le Docteur, était sorti lui aussi. Tous se tenaient devant le T.A.R.D.I.S., prêts à prendre la pose.

Cinq minutes plus tard, je ressortais du vaisseau en tenant à la main une photo fraîchement imprimée que je remis à Deuxfleurs. Une nouvelle fois, la joie se dessina sur son visage. Une joie simple et sincère qui faisait plaisir à voir.

L’heure des adieux avait enfin sonné et, après avoir salué les mages qui avaient vidé le T.A.R.D.I.S., nous fîmes nos adieux à l’Archichancelier, Rincevent et Deuxfleurs. Le Docteur tapota affectueusement le dessus du bagage. Je préférais me tenir à distance de celui-ci, ne voulant pas terminer dans ses entrailles. Un incident est si vite arrivé.

G – Encore merci Maître Potter. Vous nous avez rendu un fier service.

Il se baissa en signe de salutation sous l’œil amusé du Docteur.

T – Vous n’oubliez rien ?

G – Hum, oui, pardon. Mesdames, merci à vous aussi.

Je voyais bien à son expression que ce remerciement lui coûtait énormément mais quel plaisir c’était que de voir la misogynie de l’Université être mise à mal par le Docteur. Duam et moi-même, nous nous inclinâmes par politesse. J’adressais ensuite un signe de tête à Rincevent qui semblait avoir envie de disparaître dans un trou de souris. Toutes ces émotions l’avaient plutôt ébranlé et il estimait qu’un peu de calme ne lui ferait pas de mal.

Deuxfleurs paraissait plutôt triste à l’idée de nous voir partir. Il regardait le T.A.R.D.I.S., les yeux humides de larmes.

Dx – Est-ce que je la reverrai ?

T – Peut-être. Mais je ne peux rien vous promettre. Prenez soin du Bagage en attendant.

Dx – Promis ! Au revoir Maître Potter.

T – Vous pouvez m’appeler Docteur.

----------------

Le Docteur se dirigea à nouveau vers la console et commença à appuyer sur quelques boutons, puis il desserra le frein à main.

T – En route pour Cardiff !

D – Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Y – J’en connais une qui est contente.

D – Ben quoi ?

Y – Non, non… Rien. Mais ne te réjouis pas trop vite. N’oublie pas qu’on a une nouvelle à apprendre à quelqu’un.

D – Oubs, c’est vrai. Tu as une idée sur la façon dont on va s’y prendre ?

Y – Le meilleur moyen c’est de montrer la photo. Je te parie un café qu’il ne fera même pas attention.

D – Oh tu penses ?

Y – On parie ?

D – Ok, tope-là !

Le trajet pris peu de temps. Mais Duam le mit à profit pour se refaire une beauté. Elle voulait être à son avantage pour retrouver son mari. J’en profitais aussi pour me recoiffer. C’est vrai quoi, je n’avais peut-être pas de mari à retrouver, mais j’avais quand même encore un peu d’amour propre.

Le Docteur stationna le T.A.R.D.I.S. sur la faille pour faire le plein et nous sortîmes sur la place. Nous nous dirigeâmes vers la fontaine et nous positionnâmes sur la fameuse dalle.

T – Voyons, si je ne me trompe pas, ça devrait fonctionner ainsi.

Il actionna le tournevis sonique, la dalle s’ébranla et commença à disparaître dans le sol. Nous allions faire une entrée fracassante dans le Hub.
Myfawny nous salua au passage et lorsque nous arrivâmes en bas, Gwen nous accueillit à bras ouverts.

G – Vous voilà enfin ! Maud, si tu savais. Ton Ianto était intenable ! Il a fallut que Jack lui ordonne de rentrer à l’appartement de l’autre Ianto pour qu’il se calme. Tu devrais aller le rejoindre avant qu’il ne pète définitivement les plombs.

D – Tu as raison ! Yeles ? Doc ? Si ça ne vous dérange pas.

Y – Pas du tout, file et plus vite que ça !

D – Mais pas un mot avant mon retour hein !

Y – Promis !

G – Pas un mot sur quoi ?

Y & D – Rien, rien.

Gwen nous regarda un instant, intriguée.

G – Dites, elles font souvent ça ?

Le Docteur leva les yeux au ciel.

T – Si vous saviez.

Y & D – Oï !

T - Qu'est-ce que je disais...

Duam sortit du hub par la porte circulaire, elle était trop pressée pour tenter la remontée par l’ascenseur.
Sur ces entrefaites, Jack et Ianto, le sien, firent leur entrée. Ou plutôt, leur sortie. Ils étaient dans le bureau de Jack et n’avaient visiblement pas entendu notre arrivée.

J – Doc ! On ne t’attendait plus ! Un Ianto en manque, c’était dur à gérer mais alors un second, en manque et inquiet, c’est véritablement l’horreur. J’ai songé pendant un instant à le cryogéniser. Mais on m’a suggérer de l’envoyer se « reposer » en dehors d’ici.

Jack adressa un clin d’œil ravageur à Ianto, dont les joues se teintèrent légèrement.

J – Mais qui je vois ? Yeles ! Quel plaisir de te revoir.

Jack s’avança vers moi et me prit dans ses bras, me faisant décoller du sol. Décidément, tel père, tel fils. Une fois qu’il m’eut reposée au sol, je me tournais vers Ianto pour le saluer. Il fut, comme à sa habitude, moins démonstratif que son aîné mais pas moins chaleureux.

I –J’imagine qu’un petit café ne sera pas de trop.

Y – Franchement ? Ça sera avec plaisir !

T – Noir comme une nuit sans lune pour moi.

I – Je n’ai pas oublié Docteur.

Cinq minutes plus tard, nous étions installés sur les canapés du Hub, à savourer le délicieux café concocté par Ianto. Le Docteur racontait à nos amis notre périple sur Ankh-Morpork ainsi que sur Villengard, évitant avec talent de mentionner l’existence de Jack Junior ou bien encore de mentionner le prénom de l’aimable scientifique que nous avions rencontrée là-bas. Je commençais à m’assoupir, épuisée par toutes ces émotions. Je n’avais pas pu prendre de douche dans le T.A.R.D.I.S., le voyage ayant été trop court. Et maintenant que le Docteur l’avait laissé à faire le plein, tous les équipements qui se trouvaient à son bord étaient mis en veille.
Je me tournais donc vers Ianto pour lui demander si, par le plus grand des hasards, je pouvais prendre une douche dans le Hub.

I – Pas de problème. Suis-moi, je vais te montrer.

Après une douche plus que réparatrice, je retournais auprès de Jack et Ianto. Le Docteur, qui les avait abandonnés un instant pour vérifier que le plein se déroulait convenablement, nous rejoignit.

Oooh eeee Ooooh ah ah ting tang walla walla bing bang Oooh eeee Ooooh ah ah ting tang walla walla bing bang

Y – Ah ? Les Jones vont nous rejoindre ? Oui, allo ? Super ! On vous retrouve là-bas alors ? D’acc. Non, on n’a rien dit. T’inquiète ! A tout’ !

Duam et son Ianto nous avaient préparé un repas et nous attendaient tous les quatre, Gwen étant rentrée chez elle pour retrouver son petit mari, pour le dîner. L’appartement de Ianto était tel que je l’imaginais, sobre et impeccablement rangé. Le couvert était dressé dans le séjour et une délicieuse odeur de sauce bolognaise embaumait l’endroit.

J – Rien de tel qu’un bon repas après de grosses émotions !

D – Tu ne crois pas si bien dire. J’ai bien cru qu’on allait y rester. Heureusement qu’on a pu trouver un endroit pour nous abriter. Pas vrai ?

Y – C’est clair ! Sans ça, le moustique nous aurait bouffées !

Ia – Je ne vous félicite pas Docteur. Si vous aviez perdu ma femme, je crois bien que j’aurais accéléré votre processus de régénération jusqu’à son terme.

Le Docteur manqua s’étrangler en entendant la déclaration glaciale du Ianto de Duam. Celle-ci posa sa main sur celle de son époux, pour lui rappeler qu’elle était bien rentrée et que tout allait bien. Il lui fit un clin d’œil en retour. Ça faisait vraiment plaisir de les voir comme ça tous les deux.

Une fois le repas avalé, nous nous installâmes dans le salon pour prendre une dernière boisson. J’en profitais pour demander au maître des lieux si je pouvais raccorder mon appareil photo à sa télévision afin de montrer les quelques images de notre périple. Mon auditoire étant confortablement installé, je démarrais le diaporama. Nous nous relayions pour décrire les lieux, compléter le récit que le Docteur avait fait dans le hub. Jack et les deux Ianto écoutaient, très studieux. Lorsque la photo de Jack et Alya s’afficha à l’écran, le Ianto de Jack ne put s’empêcher de pousser une exclamation. Jack, de son côté, ne put s’empêcher de faire une remarque sur le physique avantageux de la jeune femme qui se trouvait à l’image. Puis il marqua un temps d’arrêt.

J – Hey ! Mais, je la connais ! C’est dingue ! Doc, tu as rencontré Alya ? Comment va-t-elle ?

I – Tu la connais ? Ah ben je comprends mieux alors !

J – Comprendre quoi ?

Y – Qu’est-ce que je t’avais dit. Duam, tu me dois un café.

D – Gna gna gna. Malin ça.

I – Ne me dis pas que tu n’as rien remarqué.

J – Remarqué quoi ? J’ai loupé un truc ?

Il plissa les yeux un moment, scrutant attentivement l’écran puis sa bouche forma un O indiquant qu’il avait enfin compris.

J – C’est… Il est… Doc ?

T – Oui, Jack. Je te présente ton fils… Jack.

J – Mais com… comment ?

I – Ne me dis pas qu’on ne t’a jamais expliqué !

T – Alya n’a su pour sa grossesse qu’après ton départ de Villengard. Elle n’a jamais pu te prévenir. Si tu souhaites aller les voir et ainsi faire la connaissance de ton fils, je me ferai un plaisir de t’y conduire.

J – Merci Doc. Mais laisse-moi un peu de temps pour me faire à l’idée.

T – Aucun problème.

Un ange passa dans la pièce. Jack et Ianto étaient encore sous le choc de la nouvelle. Je décidais donc de reprendre la parole pour détendre l’atmosphère.

Y- Dites, j’aurais bien une suggestion à vous faire pour nous changer les idées. Y’a un spectacle plutôt sympa qui passe à Londres en ce moment. Si ça vous dit. Et bien sûr, si le Docteur est d’accord pour nous y conduire.

J – Un spectacle ?

I – Pourquoi pas. On manque de distraction ici.

J- Je ne te suffis plus ?

I – Je ne parle pas de ça Jack.

Y – Docteur ? C’est bon pour vous.

T – Allez, je suis partant ! A l’heure qu’il est, le T.A.R.D.I.S. doit avoir fini son plein.

Y – Parfait ! En revanche, on va d’abord passer récupérer quelqu’un si ça ne vous embête pas.

D – C’est ce dont tu parlais tout à l’heure ?

Y –Yep. Et puis j’en connais une qui risque d’être surprise. Tu verras.



Citation:
----------------

Pendant que Jack, Ianto et Ianto se préparaient, Duam débarrassa la table avec le Docteur et je me mis à l’écart pour passer un coup de téléphone.

Y – Allo Doudou ? Oui, c’est moi. Oui, on est à Cardiff là. Tu verrais l’appart de Ianto, tu adorerais. Oui, très chouette. Si tu veux, je prendrai une photo. Bon, au sujet de ce dont tu m’as parlé tout à l'heure, tu es dispo là ? Oui ? T’es rentrée ? Et Willy ? A Maisse ? Nickel ! Alors, prépare-toi, on ne va pas tarder à partir. On passe te prendre et hop, go to Londres ! Ah, couvre-toi bien ! Il fait frisquet en Angleterre. Zoux !

Je raccrochais le téléphone et me tournais vers Duam.

Y – C’est bon, tout est réglé. C’est bien aujourd’hui qu’elle y va ?

D – Attends, je regarde… Oui ! On ne pouvait pas tomber mieux !

J – Qui ça ?

Y – Une amie.

T – Une botienne ?

Y – Tout à fait. Je sens qu’on va bien rigoler.

D – Indeed.

Je regardais Duam et nous éclatâmes de rire.

Ia – Et c’est reparti.

T – Désolé, vraiment désolé.

Ia – Mais non, c’est ça qui fait leur charme.

Duam sourit à Ianto. Une fois que tout le monde fut prêt, nous nous rendîmes sur la place pour monter dans le T.A.R.D.I.S.. Tout le monde était déjà à l’intérieur à l’exception du Ianto de Jack qui resta un instant sur le pas de la porte, le temps de s’habituer aux dimensions de l’endroit.

J – Non, ne sors pas ton mètre ruban, on ne va pas avoir le temps.

I – C’est malin ça. Comme si j’avais besoin de ça pour évaluer la taille des choses.

Ianto jeta un regard plus qu'explicite à Jack qui ne put s'empêcher de sourire en retour.

Je m’approchais du Docteur qui était en train de faire les derniers réglages sur la console.

Y – Vous vous souvenez des coordonnées ?

T – Bien sûr. Le T.A.R.D.I.S. conserve toujours les informations relatives aux endroits où il atterrit dans sa base de données.

Y – Super. Alors…

Y, D & T – Allons-y !

Comme la dernière fois, le T.A.R.D.I.S. se posa dans la cour intérieur de l’immeuble dans lequel vivait Laurence. Une chose différait : elle nous y attendait de pied ferme. J’entrouvris la porte de la cabine et la fit entrer.

Y- Parée ?

L – Bien sûr ! Oh ! Mais y’en a du monde !

Jack s’avança, tout sourire, suivi de près par Ianto.

J – Laurence ! Comment vas-tu ?

Laurence vira au cramoisi et balbutia un « hiiiiiii gna va » embarrassé puis elle salua rapidement Ianto avant de se diriger vers Duam et son Ianto.

L – Bonjour Duam ! Comment va ? Je suppose que c’est ton fameux sucre ?

Duam émit un petit rire nerveux, regardant Ianto du coin de l’œil pour contrôler sa réaction. Celui-ci s’avança vers Laurence et la salua.

Ia – Bonsoir. Enchanté de faire la connaissance de la fameuse belle-sœur dont Yeles m’a tant parlé.

L – C’est un plaisir. Salut Doc !

T – Bonsoir Laurence, ravi de vous revoir. Bon, maintenant que les présentations sont faites, on peut y aller ?

Y – Yep, sinon, on va louper le début !

D – Mais au fait, comment on va faire pour rentrer ? On n’a pas de billets !

Le Docteur agita une petite pochette en cuir noir en souriant.

T - Aucun problème, j’ai ce qu’il faut. Il faudra juste que l’on attende que la salle soit éteinte pour entrer. On risque de ne pas passer inaperçu. Au fait, attrapez ça !

Il sorti de sa poche une série de clefs qu’il me tendit afin que je les fasse passer aux garçons.

T – J’espère qu’il y en aura assez. Jack, tu as toujours la tienne ?

J – Yep Doc !

T – Parfait ! Alors, en route pour Londres !

Le T.A.R.D.I.S. se posa dans une petite rue située non loin du théâtre. Notre petit groupe sortit et se dirigea vers l’entrée. Le spectacle était sur le point de commencer, nous arrivions vraiment de justesse.

Une fois le contrôle passé, nous nous installâmes au balcon où sept places libres nous tendaient les accoudoirs. Ianto et Jack s’avancèrent en premier, suivis par Laurence, puis le Docteur, Maud et Ianto. Je m’intercalais entre ma compagne d’aventures et notre chauffeur. J’étais ravie de revoir ce spectacle, surtout dans de telles conditions. Laurence était calée dans son siège, un immense sourire lui barrait le visage. Il faut dire qu’elle avait une place de rêve.

La musique commença et le rideau se leva. Je me tournais vers Duam.

Y – C’est repartit !

D – Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.

We are what we are, and what we are is an illusion.

On ne pouvait pas dire que Jack était des plus discrets mais comme toute la salle riait aux éclats, ça passait comme une lettre à la poste. Lorsque John Barrowman fit son entrée sur scène, les hurlements éclatèrent dans l’assistance.

J – Ouah ! Beau morceau !

I – Jack ! T’es vraiment tordu, c’est ton sosie.

J – Et alors ? Je peux tout de même apprécier non ?

La première partie passa, encore une fois, à toute vitesse. Mon cœur battait à cent à l’heure et je serrai les dents à la pensée de la chanson qui allait commencer. John était seul en scène, vêtu de sa robe en lamé, le souffle court, des larmes au bord des yeux. On pouvait entendre les mouches voler dans l’assistance.

I… am… what I am… I am my own… special… creation…

Lorsque la lumière se ralluma à l’entracte, je sortis un mouchoir de ma ceinture banane pour essuyer les larmes qui coulaient sur mes joues. Duam m’en demanda deux, visiblement, Ianto avait lui aussi été touché par l’interprétation du chanteur. Je jetais un coup d’œil sur ma gauche pour constater que mes voisins n’étaient pas plus frais que moi. Ce fut donc la distribution générale de mouchoirs en papier.

Une fois l’entracte passé, le spectacle reprit de plus belle. Jack ne put s'empêcher de remarquer qu'on aurait été mieux aux tables du premier rang, Ben quoi, j'aurais bien jeté un coup d'œil sous la nuisette moi !. Le dénouement était proche et Simon Burke et John Barrowman étaient là, seuls en scène.

La dada da, dada da, dada da, da da da... And I'm young and in love.

Je les regardais tous les deux s'embrasser, la tête machinalement posée sur l'épaule de mon voisin. Ianto et Duam s'étaient rapprochés, se serrant la main un peu plus fort tandis que Jack et son Ianto se regardaient dans les yeux, visiblement en communion avec le couple qui se trouvait sur les marches du grand escalier. Laurence s'était avancée, la tête posée sur les mains, dévorant la scène des yeux pour ne pas en perdre une miette.

C’est vraiment frustrant de voir à quel point les moments agréables passent bien trop vite et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, l’heure des saluts arriva. Tout le monde s’était levé et applaudissait à tout rompre. Encore une fois, nous avions eu droit à un spectacle magnifique, plein d’humour et d’émotion et tout le monde avait apprécié. Le public était en train de sortir, certains se dirigeaient vers la sortie des artistes pour se faire dédicacer leur programme.

Y – Dis ? Tu l’appelles ou je le fais ?

D – Je lui envois un sms.

Y – Oki.

D – Je sens que ça va bugguer sévère.

Y – Tu crois ?

D – Allez, « envoi ». Y’a plus qu’à…

----------------

Nous attendîmes quelques instants avant que le téléphone de Duam ne se mette à vibrer.

Quoi ? Vous êtes là ? ! ? Et vous ne m’aviez pas prévenue ? Bon, je vous attends « stage door ». Dépêchez-vous avant que je m’évanouisse ou que j’engueule quelqu’un.

D – C’est bon, elle nous attend. Vous venez ? Ah, messieurs, si vous pouviez mettre votre clef, ça serait sans doute mieux.

Ianto, Jack et le Docteur s’exécutèrent. Le Ianto de Duam étant plus vieux, il risquait moins d’attirer l’attention même si quelques jeunes femmes ne pouvaient s’empêcher de le regarder fixement. J’en surpris même une qui disait à sa voisine « T’as vu ? Il ressemble drôlement au gars de la série… Pas mal du tout. Elle a de la chance celle-là ! »
Duam ne put s’empêcher de sourire en m’entendant lui rapporter cette conversation. Nous sortîmes du théâtre.

D – Elle est là !

Y – cool !

Nous nous avançâmes vers notre amie. Elle se tourna vers nous en agitant son programme fraîchement signé en souriant.

? – Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, salut les botsisters ! Ça fait plaisir. Ça fait longtemps que vous êtes arrivées à Londres ?

Y – Environ 3 heures.

? – 3 heures ? Seulement ? Mais comment ? Oh ? Mais c’est ton Ianto ? Ouah ! Et qui c’est ? Tain, c’est dingue !

Y – Je te présente ma belle-sœur Laurence.

Maud l’entraîna à l’écart tandis que je tournais la tête pour vérifier que personne ne nous regardait. Tout le monde était absorbé par la sortie des artistes.

D – Disons que nous avons eu un petit coup de pouce. Vous êtes prêts les gars ?

? – Les gars ? Quels gars ?

D – Messieurs, permettez-moi de vous présenter Missy, Missy… les gars.

? – Duam ? Tu es sûre que ça va bien, parce que moi je ne vois peeeeeeeeeeeers…

Le Docteur, Jack et Ianto avaient retiré leurs clefs. Missy était restée là, la bouche grande ouverte, les yeux rivés sur les trois hommes qui venaient d’apparaître devant elle. Ianto fut le premier à s’avancer pour la saluer.

I – Bonsoir, enchanté de faire votre connaissance.

Mi - …

J – Voyons Ianto, une si charmante demoiselle, je pense que tu peux la tutoyer. Captain Jack Harkness, enchanté.

Mi - … xfskq

T – Bonsoir Missy, moi, c’est le Docteur. Mais je suppose que vous le saviez déjà.

Machinalement, Missy tendit la main en direction du Docteur, tout en regardant fixement Jack. Elle resta là, bouche bée.
Inquiet, le Docteur se tourna vers nous.

T- Vous êtes sûres que votre amie va bien ?

D – Euh, je crois que là, on la perdue… Il faut dire que ça fait beaucoup de Captain Harkness en une seule soirée.

J – Sauf que moi, je suis le vrai Captain. Le seul et l’unique.

I – Continue et moi je vais aller voir l’autre.

J – Rho, tout de suite. Et si nous allions prendre un verre quelque part avec cette charmante demoiselle ? Tiens d’ailleurs Ianto, tu as raison, va voir John, histoire qu’il nous accompagne. Ça fait un bail que je souhaite le rencontrer.

I – Bien Monsieur.

J – Arrête de faire l’imbécile et file tu veux ?

Ianto s’éloigna de notre groupe et se dirigea vers le véhicule dans lequel John Barrowman s’apprêtait à monter. Celui-ci le regarda, tout d’abord surpris, puis finalement ravi. Ianto lui expliqua la raison de sa venue. John tourna la tête vers notre groupe et sourit. Il se baissa vers le chauffeur pour lui glisser un mot puis sortit son téléphone pour envoyer un message. Une fois que la voiture eut démarré, il s’avança vers nous, un immense sourire aux lèvres.

Jo – Bonsoir ! Je suis vraiment ravi de voir que vous êtes venus assister au spectacle. Enfin, y’en a une qui est venue un petit peu plus souvent que vous d’ailleurs. Ça fait combien 3, 4 fois ?

M - …

Je claquais des doigts devant le visage de Missy pour tenter de la ramener dans le monde réel. Enfin, si tant est que le fait de se trouver en compagnie de deux Ianto, un Jack, un Docteur et John Barrowman puisse s’appeler le monde réel.

Y – Missy ! Youhou ?! Tu peux rejoindre le monde des vivants ?

M – Hum ? Ouiii ? Oh pardon, je crois que j’ai buggué.

D – Non, tu crois ?

M – Ah ah, malin. C’est la quatrième fois que je viens. C’est vraiment toujours aussi bien.

Jack s’avança pour saluer son « double ». Voir les deux hommes se serrer la main était franchement surréaliste mais loin d’être désagréable. Laurence et Missy ne savaient plus où donner de la tête.

J – Captain Jack Harkness, enchanté de faire enfin la connaissance de celui qui m’interprète. Le casting a été plutôt bien fait.

T – C’est sûr, la ressemblance est frappante. Merveilleuse prestation au fait. Bravo !

I – A la différence que Jack, lui, chante comme une casserole. Vous l’entendriez le matin sous la douche.

J – Hey ! Jaloux va !

Tout notre petit groupe éclata de rire. La rue était maintenant déserte. Je parvins à demander à John s’il connaissait un endroit où nous pourrions prendre un verre sans risquer d’être dérangés.

D – Et de préférence un endroit où l’on sert du Coca.

Jo – Je connais bien un club privé. En revanche, ils ne servent peut-être que du Pepsi. Ça fera l’affaire ?

M – Ah non ! Coca ou rien !

John s’arrêta et regarda Missy un instant.

Jo – Je me disais bien que je vous avais vu ailleurs qu’au théâtre. Miss blueB.

Missy vira au rouge pivoine, bafouillant un « désolée, pas pu m’empêcher » mais John la rassura d’un sourire et nous nous rendîmes dans le club qu’il nous avait indiqué.
Après avoir expliqué au videur qu’il souhaitait un salon privé, à l'abri des regards indiscrets, pour lui et ses amis, John nous fit entrer. Nous nous installâmes dans une petite pièce confortable, aux murs tendus de tissus pourpre. Des canapés étaient placés de manière à former un angle et de petites tables étaient installées devant.

Missy s’était calée entre John et Jack. Le reste du groupe s’était placé de la même manière qu’au théâtre. Le serveur arriva pour prendre notre commande. Et comme John l’avait supposé, pas de Coca. On frisait l’incident diplomatique. Le Docteur prit la parole.

T – Je pense avoir une idée qui va contenter tout le monde. J’avais eu un grand succès à Versailles avec ça.

Y & D & L – Oh oui !

T – Ah ah ! Je vois que vous connaissez vos classiques. Alors garçon, neuf Banana Daïquiri.

Nous passâmes une bonne partie de la nuit à parler de tout et de rien. Surtout de tout et n’importe quoi. Enfin, surtout de n’importe quoi. Missy avait repris son débit normal et elle était en train de parler chiffon avec Jack, John et Laurence. Les deux Ianto, quant à eux, parlaient Histoire avec le Docteur. Le débat battait son plein à savoir si oui ou non le nez de Cléopâtre était aussi grand qu’on le disait dans les livres.

Je me tournais vers Duam. Mon voyage avec elle et le Docteur s’achevait. J’avais vraiment passé un séjour fantastique en leur compagnie. J’aurai un tas de choses à raconter à Willy à mon retour à la maison. Et cette fois, j’avais pensé à prendre plus de photos. Photos !

Je sortis de la pièce pour faire venir le premier serveur que je trouvais et lui demandais de nous prendre en photo. Je voulais à tout prix immortaliser cet instant, Dieu seul sait quand je reverrais tout ce petit monde.

Y – S’il vous plaît ? J’aimerais qu’on se place tous de manière à tenir dans l’objectif.

Jo – Une photo ? Je pourrai en avoir un exemplaire ?

Mi – Sans problème ! Mais il nous faudra ton mail. Tiens Yeles, tu peux passer mon appareil au serveur aussi ? Merci.

Duam se pencha vers Missy et lui chuchota à l’oreille.

D – Hé hé, tu ne perds pas le nord toi.

Mi – Qu’est-ce que tu crois ? Je vais pas louper cette occasion !


Je tendis mon appareil au serveur et posais celui de Missy sur la table à côté puis je retournais m’asseoir à ma place. Le serveur prit mon appareil dans ses mains et effectua quelques réglages.

Serveur – Tout le monde est prêt ?

Tout le monde en chœur – OUI !

Serveur – Alors, un… deux… trois…

Tout le monde – TAAAAAAAAAARDIIIIIIIIIIIIS !

_________________
thx sis' pour avoir tenu la caméra Smile


Dernière édition par yeles le Sam 9 Jan 2010 - 14:10; édité 22 fois
Revenir en haut
MSN
Publicité






MessagePosté le: Jeu 3 Sep 2009 - 19:58    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
duam78
Lady Of The Tardis
Lady Of The Tardis

Hors ligne

Inscrit le: 20 Aoû 2008
Messages: 4 205
Localisation: Entre le Hub, le Tardis et sa maison avec son mari... épuisant ...
Féminin Verseau (20jan-19fev) 蛇 Serpent

MessagePosté le: Jeu 3 Sep 2009 - 20:38    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

 Et c'est reparti pour un tour ^^  

 
Citation:
« Mes vacances de maman », comme je me plais à le dire. J’adore mon fiston, mais de temps en temps, j’apprécie d’avoir du temps pour moi

C'est vrai que ça doit être plaisant de temps en temps....

Citation:
Je voulais profiter de mon « célibat » pour me rendre au marché aux puces à Montreuil.

J'adore faire les puces... pourquoi j'habite pas près de Paris.. Sad


Citation:
Ça faisait un moment que je voulais y aller. J’avais une quête à accomplir. La quête du « Saint livre de Docteur Who » en français.

LA quête de tout fan français Laughing

Citation:
Mon regard s’arrêta sur une vieille montre à gousset et je ne pu m’empêcher de sourire. Je demandais au vendeur si je pouvais la regarder, juste histoire de vérifier quelque chose. Il tiqua légèrement alors je l’approchais de mon oreille. On ne sait jamais, des fois qu’un seigneur du temps ne se mette à me parler.

... "ouvres moi Yeles, c'est moi Le Docteur, je suis dedans !!! "

Citation:
C’est à peine s’il avait déjà entendu parler de la série. Je lui faisais un topo rapide, c’était plus fort que moi, il fallait que je répande la bonne parole. Après un exposé de plusieurs minutes, je me dirigeais vers l’étal suivant, avec le sentiment d’avoir accompli mon devoir.

Tu es notre prêcheur attitré !!! diffuse la bonne parole !!!!

Citation:
Posées sur l’étal, je trouvais de vieilles éditions de Docteur Who, mais en anglais.

C'est déjà bien ...  Wink


Citation:
Y – Ah bon ? Enfin, oui, c’est un peu logique vu qu’ils ont lancé une nouvelle saison. La communauté de fan en France est de plus en plus importante.


744 membres sur BOT !!!!!

Citation:
Y – Vous devriez, c’est brillant. Vous connaissez BOT ?

Yeles en mode pub *ON* Laughing   Laughing

Citation:
V – Malheureusement, non. J’ai vendu le dernier que j’avais à un monsieur tout à l’heure. Il était ravi d’en trouver un. Surprenant ce type d’ailleurs… Un peu difficile à suivre mais très sympathique. Mais vous pouvez toujours essayer de le rattraper, il est parti dans cette direction y’a pas 5 minutes. Je l’ai vu tourné dans la première rue, à gauche. Vous ne pourrez pas le louper, il porte un grand trench-coat. En cette saison, faut être cintré quand même.

NE ME DIS PAS QUE ........... Surprised Surprised   Surprised

Citation:
Un trench-coat ? Sûrement un fan hardcore.



Citation:
Mon sang ne fit qu’un tour. Il faut vraiment que tu arrêtes les sucrettes ma fille, tu deviens grave ! 

Et pas que les sucettes Laughing   Laughing  

Citation:
Elle était là, devant moi, la cabine bleue ! Ce cher T.A.R.D.I.S. ! C’était bien plus qu’un fan hardcore qui avait acheté ce livre. C’était le personnage principal ! Enfin, l’un de ses successeurs

Le TARDIS !!!!!!!!!!!!!!!! j'avais raison, c'est le Docteur qui a acheté le livre !!!!!!!!!!!!

Citation:
Ni une, ni deux, je sortis mon portable de mon sac et fouillais dans mon répertoire. Je n’avais jamais osé composer ce numéro depuis qu’il nous avait ramenés, Willy et moi, à la maison. J’avais le cœur qui battait à cent à l’heure, à la fois excitée et angoissée.

T – Oui allo ?

Y – Docteur ? 

T – Yeles ! Ça faisait longtemps dites-moi ! Comment ça va ? Et Willy ? Et Laurence ? Ça fait plaisir de vous entendre.

Y – ça va, ça va, tout le monde va bien. Dites Doc, vous pouvez sortir du T.A.R.D.I.S. ?

T – Sortir du… comment savez-vous ? Naaaaaaaaaaaan, ne me dites pas que…

... j'adore le coup du téléphone ... Laughing   Laughing

Citation:
T – Mais si ! Brillant ! Mais entrez-donc ! On sera mieux à l’intérieur. Le café est encore chaud.

CAFE ????? Confused   Confused

Citation:
La décoration n’avait pas changé d’un pouce à part peut-être deux ou trois détails, comme un pot de Nutella posé sur la console

... et no comment

Citation:
ou encore un percolateur installé au fond à droite. Je remarquais qu’une jeune femme était en train de s’affairer devant l’appareil. Le Docteur le remarqua et sourit encore plus.



Citation:
T – Ah oui, je suis accompagné en ce moment. Une excellente compagne d’ailleurs, même si nos dernières aventures ont été plutôt… mouvementées, elle reste avec moi. Pour l’instant. Mais je crois que vous vous connaissez.



Citation:
Il se tourna vers la jeune femme qui continuait de bricoler le percolateur en se trémoussant. 




Citation:
T –Maud… Maud !? MAUD !

hé c'est moiiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!!!!! Mr. Green   Mr. Green   Mr. Green   Mr. Green
heu ...  Confused pourquoi je me trémousse ???????????

Citation:
D – You are my voodoo child, my voodoo child, oubs, oui ? C’est… qui ? (puis, plissant un peu les yeux comme pour essayer de faire la mise au point) GNIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! C’EST PAS VRAI ! YELEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEES !

Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.................. mais heu, je suis pas myope Laughing   Laughing
You are my voodoo child, my voodoo child  j'y avais pas pensé à celle là Laughing  

Citation:
T – Désolé, je suis collectionneur.

D – Rho, tu devrais voir tout ce qu’il a dans le deuxième sous-sol ! C’est dingue ! Le paradis du botien. Depuis qu’il sait qu’il existe une série sur lui, il passe son temps à essayer de trouver des objets qui ont un rapport plus ou moins direct avec.

T – Plus tard peut-être. Je n’ai pas encore fini de tout répertorier.

D – Doc, je vous ai dit que je le ferai.

Y – Sacrée Duam… Archiviste jusqu’au bout des ongles.

Déformation professionnelle, mais que veux-tu .... c'est tellement le bordel dans sa pièce DW ...

Citation:
(Je jetais un coup d’œil au percolateur) Et tu t’es mise au café ?

D (subitement pivoine) – Disons que j’ai eu un excellent professeur.

Y – Mais il est où d’ailleurs ton Ianto ?

Je précise pour le rapport que le teint pivoine me va très bien ... Laughing   Laughing

Citation:
T – Si Yeles est d’accord, pourquoi pas.

Y – Plutôt deux fois qu’une ! 

Je m’agrippais à la rambarde la plus proche.

Y – Vous pouvez y aller Doc, je suis prête

YESSSSSSSS ! préparez vous au pire ... Duam et Yeles ensemble dans le Tardis... c'est la fin des haricots bananes .. Laughing   Laughing

Citation:
D – Et si cette fois-ci, on allait vraiment à Barcelona ?

Y –Oh oui ! Les chiens sans truffe !

T – Décidément ! Bon, si c’est votre choix et bien Allons-y !

  ... je vais enfin voir Barcelona !!!!!!!!!!!!!!

Citation:
Au moment ou le Docteur passa la porte, il fut bousculé par quelque chose d’assez rapide et trapu. Une espèce de grosse malle… pourvue de centaines de pattes ? Une forte odeur âcre nous pris à la gorge.

mais c'est quoi ça ?????????

Citation:
D – Des parfums étourdissants ? Vous êtes sûr de votre coup Doc ?

T – J’ai bien peur que non. J’ai l’impression que nous sommes à…

Y – Ankh-Morpork ! J’y crois pas !

et ben, c'est encore raté pour Barcelona ... Sad   Sad   Sad   Sad


--------------------
bon, pour l'instant ça va Laughing   Laughing  vu que je connais pas Pratchett, j'espère ne pas être trop larguée pour les chapitres suivants...

Mais ... Je voyage avec Yeles et Le Docteur !!!!!! Confused je me demande ce qui va nous arriver... parce que forcément, il va arriver quelque chose, c'est obligé, ça ne serait pas une aventure DW sinon... Confused    Confused
_________________

http://drolededuam.hautetfort.com
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur MSN
missy
[En Rehab' avec John Hart]

Hors ligne

Inscrit le: 22 Mai 2009
Messages: 257
Localisation: nancy
Féminin

MessagePosté le: Jeu 3 Sep 2009 - 21:40    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

ahah quand j'ai vu le titre j'ai rigolé toute seule! on va toutes tourner en banane je crois bien!
en tout cas pour l'instant ça me plait beaucoup ( ouais ouais t'as vu j'ai lu quelque chose hors de la section TW fanfiction!!)
_________________
Merci Duam^^

No, I am not a Johnette...
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Evan
[Conquête du Cpt Jack]

Hors ligne

Inscrit le: 17 Fév 2009
Messages: 146
Localisation: Ici
Masculin Taureau (20avr-20mai) 蛇 Serpent

MessagePosté le: Ven 4 Sep 2009 - 09:48    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

J'adore, vite la suite.  Anhk Morpork génial. Les annales du disque monde pourquoi ni ai-je pas pensé SNIFFFFFFFFFFFFFF  vite la suite. COmme ça tu pourras faire un topo au docteur, ça changera un peu MDR. IL y aura les dalek .
_________________
Revenir en haut
yeles
Time Agent
Time Agent

Hors ligne

Inscrit le: 15 Sep 2008
Messages: 4 108
Localisation: les yeux dans les étoiles
Féminin Gémeaux (21mai-20juin) 牛 Buffle

MessagePosté le: Lun 7 Sep 2009 - 10:12    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

Merci pour vos coms Smile


CHAPITRE 1 POSTE



Et c'est parti pour un tour ^^ Smile
_________________
thx sis' pour avoir tenu la caméra Smile
Revenir en haut
MSN
Evan
[Conquête du Cpt Jack]

Hors ligne

Inscrit le: 17 Fév 2009
Messages: 146
Localisation: Ici
Masculin Taureau (20avr-20mai) 蛇 Serpent

MessagePosté le: Lun 7 Sep 2009 - 19:42    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

J'adore, (faut dire les annales du disque monde miam) 


Tu es méchante avec le doc mais laisse moi le un peu MDR. 
Mince tu ne t'es pas fait vendre, ça aurait été bien le docteur qui geule un peu. 
_________________
Revenir en haut
missy
[En Rehab' avec John Hart]

Hors ligne

Inscrit le: 22 Mai 2009
Messages: 257
Localisation: nancy
Féminin

MessagePosté le: Lun 7 Sep 2009 - 22:29    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

ben dites donc, sympa les filles! vous laissez le doctor gouter en premier!
sinon, trop chou la conversation sur la relation Ianto/Duam!
bon allez, Tchin à vous trois!^^
_________________
Merci Duam^^

No, I am not a Johnette...
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
duam78
Lady Of The Tardis
Lady Of The Tardis

Hors ligne

Inscrit le: 20 Aoû 2008
Messages: 4 205
Localisation: Entre le Hub, le Tardis et sa maison avec son mari... épuisant ...
Féminin Verseau (20jan-19fev) 蛇 Serpent

MessagePosté le: Lun 7 Sep 2009 - 22:42    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

Citation:
C’était une ville grouillante d’activités aussi diverses que le commerce, la tannerie et les abattoirs, des ateliers de toutes sortes, la banque mais aussi le vol et les assassinats. 



je sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que c'est pas bon pour nous ça ... Confused    Confused

Citation:
Il règne dans la ville une odeur qui lui est propre, un mélange d’eaux usées, de sang, de choux et d’épices, qui faisait la fierté des morporkiens.



Erk ....

Citation:
et sa devise est « Nunc id vides, nunc ne vides » (qui signifie à peu près « maintenant vous la voyez, maintenant vous ne la voyez pas »).



Il est oùùùùùù le bébé ??? Il est là !!!! ( partie trèèèèèès loin )


Citation:
Il faut préciser que c’était un bagage magique fabriqué avec du bois de poirier intelligent et qu’il était pourvu d’une centaine de petits pieds.



Poirier ... Surprised oh oh ... il va pas aimer ça le Docteur ...

Citation:
Il avait aussi une grande capacité de contenance et un appétit féroce.



Bigger on the inside ??? Surprised    Surprised

Citation:
Le coffre s’arrêta devant le T.A.R.D.I.S. et en fit le tour. Il semblait renifler la cabine bleue.



Elle va pas faire comme les chiens hein ?????

Citation:
Deuxfleurs se saisit d’une petite boîte et se plaça devant le T.A.R.D.I.S.. Il ouvrit la petite porte qui se trouvait à l’arrière du boîtier.

D – Il y a assez de lumière ?

Un petit personnage se trouvait à l’intérieur. Il était en train d’installer un chevalet et fouillait dans ses tubes de peinture.

P – J’espère que je vais avoir assez de bleu ! Travailler dans des conditions pareilles ! ça ne devrait pas être permis.




C'est quoi ce truc Laughing   Laughing

Citation:
D – Etonnante cette Peau-lisse Beau-que-ce non ? Et magnifique !



Peau-lisse Beau-que-ce Laughing  

Citation:
Le Docteur avançait dans la rue, regardant à droite et à gauche, tel un gamin devant des vitrines de Noël.



Il ne change pas ... un vrai gosse ...

Citation:
Duam et moi avions un peu de mal à tenir son rythme mais nous faisions tout notre possible pour ne pas être trop distancées. Je savais bien que la ville était peu sûre et il valait mieux ne pas perdre de vue notre chauffeur.



Faut dire qu'il va vite même si il ne court pas Laughing  

Citation:
D – J’avoue que là, je suis un peu paumée. Ça fait partie des choses « à faire » de ma longue liste. 



une parmis tant d'autre... mais je viens de me faire parvenir les 3 1ers tomes

Citation:
T – C’est une étonnante planète, un monde plat et circulaire, une immense cataracte s’écoulant sur ses bords. Il est soutenu par quatre éléphants, qui sont eux-mêmes sur la carapace d’une immense tortue, la…

Y – Grande A'tuin.



Mais bien sûr ... et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d'allu ...

Citation:
T – Oh ! Une taverne ! ça vous tente une boisson locale ?

Y – Vous êtes sûr ?

T –Rooooooh allez quoi, qu’est-ce qu’on risque ?

D – Euh, vous, au pire, une régénération, nous par contre…



c'est vrai quoi, on se régénère pas nous ... il pense pas à ça hein... et puis d'abord qui nous dit que c'est sûr de boire ce que ces gens boivent...

Citation:
Duam et moi, nous nous installâmes après avoir longuement essuyé les chaises avec des mouchoirs en papier que j’avais eu la bonne idée d’emporter.



ce dont je ne te remercierai jamais assez

Citation:
Ta – Alors, j’ai du jus de Youplà. 



heu ... j'ai le droit de passer mon tour ... Confused Surprised

Citation:
T (souriant) – Aucun risque. Vous pouvez me faire confiance. Mes amies ici présentes restent pour m’attendre de toute façon. Et croyez-moi, je n’ai aucune intention de les laisser ici.



heu y'a pas une autre option???? il va pas nous laisser seules dans cette taverne ????? Surprised  

Citation:
Ta – Si vous n’êtes pas revenu dans 5 minutes, je les vends comme esclaves sur le marché.



il a intérêt à revenir ... sinon.....

Citation:
T – Voici du jus de Youplà.

D – De Youplà ? C’est quoi ça ?

T – C’est un fruit qui pousse aux environs. Une sorte de pomme. C’est de lui que vient le surnom de la ville, la grosse Youplà.

Y – Mouais… Z’êtes vraiment sûr que c’est de la pomme ?

T – ça en a l’odeur en tout cas. Vous pouvez prendre trois choppes sur l’étagère et attendez-moi ici, je vais chercher de quoi payer.



je suis toujours pas sûre qu'il faille en boire de ce Youplà ... j'aime pas beaucoup trop ça ... Shocked   Shocked

Citation:
D – Hein ? Vous allez nous laisser seules ?

Y – Ici ?! ça va pas ?

T – Pas de panique, je reviens tout de suite. 



*Maud sort son chronomètre offert par Ianto et l'enclanche en disant : Vous avez 2 minutes! *

Citation:
Mais avec Duam, nous arrivâmes à la conclusion que nous préférions voir le Docteur gouter ce breuvage le premier. S’il se mettait à briller, on saurait à quoi s’en tenir.



Pas folles les guêpes  

Citation:
Y – Ianto et toi alors…

D – Ouiiiiiiiiiiiii ?

Y – Tu l’as présenté à tes parents ? Ils en pensent quoi ?

D – Euh… Tu n’as idée à quel point ça a été compliqué d’expliquer la situation à mon père. Surtout que Ianto et lui n’ont finalement pas beaucoup d’écart. Ça, il n’a pas vraiment apprécié. Maman, en revanche, elle était intenable quand elle a su. Il faut dire qu’elle connaît bien la série. Mais ça, tu le sais vu qu’elle m’avait accompagnée à Cardiff. Et puis elle adore le café de son gendre. Et ça, c’est…

Y – Imparable.

D – Mais ! Arrête de finir mes phrases !



C'est presque ce qui pourrait arriver si je présentais Ianto à mes parents Laughing  
sauf que je suis sûre que mon père et lui auraient de nombreux points communs... sauf le café... mon père ne boit pas de café ...

et puis c'est vrai quoi ... sors de ma tête !!!!!!!! Laughing  

Citation:
D – T’as vu le client qui est installé au comptoir ?

Y – Oui ? Quoi ?

D – Tu ne trouves pas ça bizarre qu’il ne se soit pas retourné une seule fois ? Même pas quand on a rigolé.



J'ai remarqué un truc qui cloche ... Surprised   et quand je remarque un truc qui cloche ... Surprised   Surprised

Citation:
Y – Je suis sûre que tu adorerais.



je te le dirais bientôt Wink   Wink

Citation:
T – Je vous ai manqué ?

Y –On a papoté.

T – Ah oui ? Et de quoi ?

D – Des trucs de filles.



Quel petit curieux ... entre filles, on a des petits secrets non mais .. Laughing  

Citation:
D – Bon, je vous sers ?

T – Vous n’avez pas encore bu ?

Y – On vous attendait pour trinquer voyons.



Voyons... on est polies nous... on attend avant de boire que tout le monde soit à table Laughing

-------------------------------

Un chapitre de découverte qui m'éclaire bien sur cette planète ...
Je sens qu'on va aller de découvertes en découvertes.... des bonnes comme des mauvaises .. Laughing


_________________

http://drolededuam.hautetfort.com
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur MSN
David-S
[Face of Boe]

Hors ligne

Inscrit le: 09 Jan 2009
Messages: 562
Masculin Bélier (21mar-19avr) 牛 Buffle

MessagePosté le: Mar 8 Sep 2009 - 00:12    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

Alors, ça y est, je me lance...

Prologue :

Hum Confused
Je viens seulement de lire trois lignes et j'ai déjà l'impression que les "vacances de maman" vont être un chouilla contrarié Laughing

Ooooh, toi aussi tu aimes squatter le grenier de mamie...
Moi aussi j'adore, sauf que ma grand mère à moi n'a pas de grenier................................................
ou en tout cas un pas un grenier facile d'accès et vide de toute façon... Ouais la vie est mal faite... Sad

Bon, voilà, le prologue est lu, passons aux choses sérieuses, première chose :
Je suis pas content, comment ce fait-il que Duam soit là à faire du café et à écouter de la musique alors qu'elle a des chapitres d'une certaine saison 4 à écrire ???? pas content
A ce train là, l'épisode 6 je vais l'attendre longtemps !!! Laughing

Mais bon, si c'est ça vous permet de nous raconter une autre histoire, alors je veux bien rester cool et ne pas me mettre à hurler...

Ensuite, c'est quoi cette manie que vous avez tous, enfin que NOUS avons tous (parce que je m'y suis mis aussi, pas de la même façon, mais ça compte quand même, non mais...) de tomber sur le Tardis comme ça, par hasard...
Je veux pas vous faire peur, mais il doit forcément exister un lien psychique très fort entre les Botiens et le Doctor, hors, la dernière à avoir eu un lien très fort avec lui, c'était Donna et on sait ce qui lui est arrivé... Crying or Very sad
Peut-être qu'un jour nous serons amenés à tous nous réunir pour sauver le monde Confused
A méditer donc...

Bref, je m'égare...

Barcelona !!!!
Cette planète doit être maudite, c'est LA planète qu'un être humain ne doit pas avoir le droit de voir Laughing

Sinon, "une grosse malle" OK
"Pourvue de centaines de pattes" ????

Pour la planète, si toi tu connais, moi je suis un peu à l'ouest, mais je sens que je vais l'aimer...
Parce que oui, une planète avec des malles sur pattes, c'est forcément cool... Mr. Green


Chapitre 1 :

Houla, j'ai pas commencé à lire que déjà le titre m'interpelle Mr. Green
"Youplà" en particulier Laughing

Yeles a écrit:
Ankh La Fière et Morpork La Putride. C’était une ville grouillante d’activités aussi diverses que le commerce, la tannerie et les abattoirs, des ateliers de toutes sortes, la banque mais aussi le vol et les assassinats.

Grand Dieu !!! Shocked
Quelle ville charmante Laughing

Wouaw !!! Shocked
Le disque monde a l'air d'être un endroit tout à fait fascinant... Confused
Un peu déjanté Laughing, légèrement dangereux, mais clairement fascinant !!!

Et j'adore trop la "Peau-lisse Beau-que-ce" Laughing Mais il m'a fallu du temps pour capter quand même Laughing (qui m'a traité de bourrique ??? )

"Gné ?" Duam et moi, même combat

C'est donc ça le "Youplà" Confused
Laughing Laughing Laughing "La grosse Youplà !!!
Hum... Encore de la pomme quoi... (Je sais pas ce que j'ai contre les pommes en ce moment moi Rolling Eyes )

Roooo, les mécréantes...
Elles font genre d'attendre alors qu'elles veulent seulement faire goûter le Docteur...
Je vous signale juste au passage que d'habitude, les compagnes ont plutôt tendance au sacrifice pour le sauver mais bon, chacun son style j'ai envie de dire Laughing

Enfin bref, le crossover avec un livre que je ne connais pas me faisait un peu peur, je pensais ne rien comprendre, mais finalement, c'est super bien fait et puisque Duam n'y pige rien non plus, je sais que je pourrais bénéficier des explications que tu lui donnera au fur et à mesure...

Donc je l'affirme, j'ai lu et approuvé et j'attends la suite

PS : je viens de relire mon com et je le trouve un chouilla décousu, mais comme il est plus de 1h du mat' c'est pas si mal Laughing
(Et pis je crois qu'ils sont tous comme ça mes coms en fait Confused )
_________________
Revenir en haut
yeles
Time Agent
Time Agent

Hors ligne

Inscrit le: 15 Sep 2008
Messages: 4 108
Localisation: les yeux dans les étoiles
Féminin Gémeaux (21mai-20juin) 牛 Buffle

MessagePosté le: Mer 9 Sep 2009 - 06:36    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

Plaisir de voir que ça donne déjà envie à certains de découvrir le monde de Pratchett. Et c'est parti pour la suite.


CHAPITRE 2 POSTE

_________________
thx sis' pour avoir tenu la caméra Smile
Revenir en haut
MSN
duam78
Lady Of The Tardis
Lady Of The Tardis

Hors ligne

Inscrit le: 20 Aoû 2008
Messages: 4 205
Localisation: Entre le Hub, le Tardis et sa maison avec son mari... épuisant ...
Féminin Verseau (20jan-19fev) 蛇 Serpent

MessagePosté le: Mer 9 Sep 2009 - 15:57    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

Et c'est repartiii ^^

Citation:
Rincevent avait du mal à convaincre le coffre d’entrer, celui-ci avait essayé tout le trajet de faire demi-tour pour aller retrouver cette cabine bleue qui avait tant l’air de lui plaire.

faut dire ... qui résisterait à une cabine bleue ... Laughing   Laughing

Citation:
R – Mais je vous dis que c’est très important ! C’est même primordial que je le vois. Nous avons vu un objet étrange dans la rue des Filigranes, un objet qui n’est pas de ce monde. Et le coffre que voici a eu un comportement des plus étranges à son contact.

C'est le moins qu'on puise dire Laughing

Citation:
Le bibliothécaire a encore fait des siennes et des élèves ont dû quitter la bibliothèque précipitamment à cause d’une surcharge d’octarine.

Et on sait bien que l'Octarine, c'est pas bon pour la santé

Citation:
R – Si jamais il se passe quelque chose et que l’on vient à apprendre que vous n’êtes pas intervenu alors que je vous en avais informé, j’ai bien peur que votre poste ici soit compromis.
Il avait dû être convaincant puisque le secrétaire se leva et se dirigea vers la porte du bureau de l’archichancelier.

Rhooooo... le chantage ^^ 

Citation:
R – vous n’y pensez pas ? ! ? Il est hors de question de retourner là-bas sans une armée de mages qualifiés pour nous accompagner. Et quand bien même ils seraient là, je ne pense pas que je retournerais voir cette chose. Je vous dis, je le sens pas.

C'est qu'une boite... y'a pas de quoi en faire un fromage au Youplà

Citation:
C’est que ça court vite avec toutes ces petites jambes.

un sérieux concurent pour le Docteur Laughing   Laughing

Citation:
D – Une Peau-lisse Beau-que-ce…

J'adôôre ce mot Laughing

Citation:
Les trois choppes s’entrechoquèrent et nous regardâmes le Docteur porter la choppe à ses lèvres. J’avais un peu honte de mon manque de courage, Duam n’était pas plus fière que moi d’ailleurs. Il but une grande gorgée puis reposa sa choppe en faisant un grand sourire.

T – Délicieux ! Ça pique un peu, mais on sent bien le goût du Youplà. Ça me rappelle la pomme granny, aussi acide. Ben, vous ne buvez pas ?

Duam se dépêcha de porter la choppe à ses lèvres, visiblement rassurée par le comportement du Docteur.

D – Si, si.

En espérant que les effets ne soient pas à retardement ...

Citation:
Y – Y’a d’la pomme ?

D – Y’en a oui, mais c’est vraiment, comment dire, spécial.

Surprised   Surprised  ça pas vraiment l'air d'être aussi bon que ce qu'en pense le Docteur Confused Confused

Citation:
Le Docteur éclata de rire en nous regardant toutes les deux. Il avait visiblement l’air d’être content d’être en notre compagnie, ce qui était plutôt agréable, je dois l’avouer. Nous parlâmes pendant un long moment de ce qu’ils avaient vécus ensemble, avec Jack et Ianto d’abord, puis avec Utopia et l’étrange Super-Converses. C’était plutôt inquiétant cette histoire d’ailleurs.

Que de souvenirs ... pas tous très agréables ... mais c'est la vie avec le Docteur Wink

Citation:
La voix qui résonna à l’intérieur nos têtes me glaça le sang. J’avais peur de savoir qui pouvait parler comme ça. Je levais timidement la tête, ce que Duam fit aussi.

D – Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Y – erf

? – MESDEMOISELLES.

Surprised   Surprised  c'est qui ??? j'aime pas beaucoup trop ça ... j'aime pas trop les voix qui résonnent .. ni mes capuchons...

Citation:
T – Effectivement, ça faisait longtemps que nous ne nous étions pas vus. Yeles, je pense qu’il est inutile de vous faire les présentations. En revanche Maud, j’ai l’honneur de vous présenter la Mort.

M – ENCHANTE.

Duam déglutit difficilement.

la m... la ..mo ... la mor... la mort ??????????????


Citation:
M – VOUS SAVEZ QUE JE GARDE TOUJOURS UN ŒIL SUR VOUS. J’AI TOUJOURS ETE FASCINE PAR VOTRE SABLIER.

Sa main fouilla une poche de sa robe et en sortit un objet de taille moyenne. Apparemment, les poches de la Mort avaient la même particularité que celle du Docteur. Il posa cet objet sur la table. Je su tout de suite ce que c’était et je priais le ciel pour qu’il n’ait pas les mêmes pour nous à portée de main, ce qui aurait été plutôt mauvais signe.
C’était un sablier, il était en bois argenté, finement ciselé. Le sable orangé qui se trouvait à l’intérieur s’écoulait très lentement. A sa base, on pouvait lire « Le Docteur 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ». Je regardais Duam qui, elle, regardait ce sablier d’un air plutôt inquiet. Je me penchais vers elle en chuchotant.

Y – ça représente la vie du Docteur. Visiblement, on a encore de la marge, il est loin de s’être entièrement écoulé.

Et c'est censé me rassurer ça ???? Surprised    Surprised

Citation:
D – J’avais bien peur de comprendre de quoi il s’agissait. Je ne sais pas si ce que tu me dis doit me rassurer, mais bon, je vais faire comme si. Tant qu’il ne sort pas les nôtres, tout ira bien.

C'est clair... je veux pas savoir combien de temps il me reste à vivre ...

Citation:
M – JE N’AI TOUJOURS PAS COMPRIS COMMENT VOUS FAITES MAIS A PEINE LE DERNIER GRAIN EST-IL TOMBE QUE TOUT REMONTE DANS LE BULBE SUPÉRIEUR EN UN TEMPS RECORD. FASCINANT, VRAIMENT FASCINANT.

ça s'appelle la régénération tout simplement Laughing   Laughing

Citation:
T – La Mort en vacances ? Ça ferait un bon titre ça. J’espère que vous en profitez bien.

toujours le bon mot dans les circonstances les plus spéciales .. Laughing   Laughing

Citation:
Charmantes ? La Mort nous trouvait charmantes ? Je ne sais pas si Duam et moi, nous devions nous sentir flattées ou effrayées par cette information

heu si il pouvait nous oublier ... je me sentirai mieux ...


Citation:
M – FAITES ATTENTION. MON APPRENTI SE MÉLANGE PARFOIS LES SABLIERS. SURVEILLEZ VOS ARRIÈRES. MAIS BON, JE GARDE UN ORBITE SUR LUI. C’EST PAS TOUT ÇA MAIS JE DOIS VOUS LAISSER. JE N’AI PAS BRIGADIN ET JE DOIS RENTRER CHEZ MOI, ÇA ME PREND TOUT DE SUITE PLUS DE TEMPS.


J'aime pas ça ... j'aime vraiment pas ça ... je l'ai déjà dit... mais j'aime pas ça .. Surprised   Surprised

Citation:
T – Ce fut un plaisir de vous revoir, autrement qu’en pleine régénération. J’espère malgré tout que nous ne nous reverrons pas trop vite.

Duam et moi-même, nous acquiesçâmes énergiquement, ce qui fit sourire le Docteur. En revanche, je serais bien incapable de dire si la Mort avait sourit.

vi vi , je plussoie le Docteur sur ce coup là ... RDV le plus tard possible ... 


--------------


Et beh ... rencontrer la mort ... je ne l'aurais jamais imaginé ... Surprised 


  again .. vivement la suite ...
_________________

http://drolededuam.hautetfort.com
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur MSN
king doctor
[Face of Boe]

Hors ligne

Inscrit le: 07 Mar 2009
Messages: 569
Localisation: dans le tardis
Masculin Taureau (20avr-20mai) 羊 Chèvre

MessagePosté le: Mer 9 Sep 2009 - 18:22    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

bien les chapitres même si je m'embrouille un peu 
_________________
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
David-S
[Face of Boe]

Hors ligne

Inscrit le: 09 Jan 2009
Messages: 562
Masculin Bélier (21mar-19avr) 牛 Buffle

MessagePosté le: Mer 9 Sep 2009 - 23:50    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

Wow !!!!

Ça c'est un chapitre plutôt particulier...

Le truc qui m'a marqué le plus... Euh... Attend, je réfléchis... Ah oui !!! je sais... LA MORT !!!
Elle, ou il plutôt, fait un peu peur quand même, il a l'air un peu désinvolte quand même a faire mumuse avec ses sabliers et à refiler son job a des stagiaires (j'espère qu'il a pas laissé traîner mon sablier n'importe où, je voudrais pas me réveiller mort demain matin... )


Mais malgré ce type de rencontre, je trouve que découvrir le Disque Monde avec le Docteur (et toi et Duam aussi bien sûr) est vraiment très très sympa, j'adore !!!
J'ai passé un super moment Okay , et ça risque d'être de mieux en mieux...

Et puis surtout ta fic me fait bien marrer, la "Peau-lisse Beau-que-ce" je m'en remet pas !!! Laughing
Et puis l'étrange sablier du Docteur Laughing
En bref, c'est pas rare que je soit secoué d'un petit rire en lisant cette nouvelle aventure...

Bref, tu l'auras compris, je suis fan et j'ai hâte de lire la suite !!! Mr. Green
_________________
Revenir en haut
missy
[En Rehab' avec John Hart]

Hors ligne

Inscrit le: 22 Mai 2009
Messages: 257
Localisation: nancy
Féminin

MessagePosté le: Jeu 10 Sep 2009 - 15:00    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

hop, j'me suis trouvée un peu de temps pénard pour lire trankillou ta fic. ( qui à chaque fois que je la lis me fait penser que je devrais lire vos autres aventures à toi et duam)
ben dis donc, je m'attendais pas du tout à ce nouveau personnage! c'est pas le genre de perso qu'on a envie de croiser au coin de la rue hein!
en tout cas, il n'a pas eu des paroles très rassurantes: un apprenti qui s'emmêle: youpi!
ça présage rien de bon!
_________________
Merci Duam^^

No, I am not a Johnette...
Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Marguerite
[Passager clandestin du Tardis]

Hors ligne

Inscrit le: 22 Avr 2009
Messages: 375
Localisation: Beauvais
Féminin Taureau (20avr-20mai)

MessagePosté le: Dim 13 Sep 2009 - 16:19    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane Répondre en citant

Bon Yeles, je lis ta fic et je n'ai pas encore faire de commentaires. Ce n'est pas parce que je ne l'aime pas, c'est que ce n'est pas dans mon habitude. Enfin bref. Mais j'ai décidé de changer un peu mes habitudes.

Citation:
R – vous n’y pensez pas ? ! ? Il est hors de question de retourner là-bas sans une armée de mages qualifiés pour nous accompagner. Et quand bien même ils seraient là, je ne pense pas que je retournerais voir cette chose. Je vous dis, je le sens pas.


Ok, ce n'est qu'une cabine bleue, y a pas de quoi en faire un fromage. Rolling Eyes

Citation:
Duam attrapa le pichet de jus de Youplà et en versa dans chaque choppe. Le jus avait une étrange couleur à mi-chemin entre le jaune et le gris qui n’était pas des plus rassurante.


Moi, je ne boirais pas ça.

Citation:
T – Effectivement, ça faisait longtemps que nous ne nous étions pas vus. Yeles, je pense qu’il est inutile de vous faire les présentations. En revanche Maud, j’ai l’honneur de vous présenter la Mort.

M – ENCHANTE.


Enchanté? La Mort est enchantée? Étrangement, je ne sais pas pourquoi, ces deux mots ne vont pas ensemble. Confused

Citation:
C’était un sablier, il était en bois argenté, finement ciselé. Le sable orangé qui se trouvait à l’intérieur s’écoulait très lentement. A sa base, on pouvait lire « Le Docteur 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ».


C'est pas rassurant ça. J'espère que ce n'est pas ce que je pense.

Citation:
Y – ça représente la vie du Docteur. Visiblement, on a encore de la marge, il est loin de s’être entièrement écoulé.

D – J’avais bien peur de comprendre de quoi il s’agissait. Je ne sais pas si ce que tu me dis doit me rassurer, mais bon, je vais faire comme si. Tant qu’il ne sort pas les nôtres, tout ira bien.


Ouais c'est sur, si la Mort se met à sortir les sabliers des compagnes, on est mal barré. Mr. Green

Citation:
M – JE N’AI TOUJOURS PAS COMPRIS COMMENT VOUS FAITES MAIS A PEINE LE DERNIER GRAIN EST-IL TOMBE QUE TOUT REMONTE DANS LE BULBE SUPÉRIEUR EN UN TEMPS RECORD. FASCINANT, VRAIMENT FASCINANT.


Régénération quand tu nous tiens. Vu qu'il y en aura minimum 13, la Mort n'en a pas fini avec le Docteur.

Citation:
T – Mais vous ne travaillez pas ? Il doit bien y avoir une âme à récupérer quelque par sur le Disque en ce moment non ?


Parce que la Mort c'est un job? Il faut faire des études pour ça ou bien c'est comme bourreau ça se transmet de père en fils? Et ça paye combien? Parce que si ça paye bien...

Citation:
M – J’AI DÉCIDÉ DE PRENDRE QUELQUES CONGÉS. J’AI ENGAGE UN APPRENTI, UN JEUNE GARÇON QUI A L’AIR D’AVOIR TOUTES LES COMPÉTENCES REQUISES CETTE FOIS-CI. J’AVAIS BIEN APPRÉCIÉ MA LIBERTÉ LA DERNIÈRE FOIS QUE JE L’AVAIS FAIT MAIS MALHEUREUSEMENT, NOS ROUTES SE SONT SÉPARÉES.


Un apprenti? Comment il l'a trouvé? Par les petites annonces? « Cherche quelqu'un qui pourrais prendre l'âme d'un mort sans pitié et qui aimerait les trucs morbides »

Citation:
T – La Mort en vacances ? Ça ferait un bon titre ça. J’espère que vous en profitez bien.

M – J’ESSAYE EN TOUT CAS. MAIS ET VOUS, DITES-MOI, VOUS ÊTES VENUS FAIRE QUOI PAR ICI AVEC VOS CHARMANTES COMPAGNES ?


Bon ok, la Mort n'a plus qu'à s'assoir et on trinque comme des vieux potes Razz

Citation:
T – C’est le T.A.R.D.I.S. qui nous a amené ici, on en profite pour visiter un peu. Mon amie Yeles ici présente connaissait de réputation votre monde magnifique et j’avais envie de le faire découvrir à mon autre amie Maud.

M – FAITES ATTENTION. MON APPRENTI SE MÉLANGE PARFOIS LES SABLIERS. SURVEILLEZ VOS ARRIÈRES. MAIS BON, JE GARDE UN ORBITE SUR LUI. C’EST PAS TOUT ÇA MAIS JE DOIS VOUS LAISSER. JE N’AI PAS BRIGADIN ET JE DOIS RENTRER CHEZ MOI, ÇA ME PREND TOUT DE SUITE PLUS DE TEMPS.


Si le stagiaire de la Mort fait quelque chose avec mon sablier, je le tue. Et puis la Mort devrait être plus sélective avec ses stagiaires? Confused

Citation:
Y – Brigadin, c’est son cheval.

D – Parce qu’il monte à cheval en plus ?


Il doit y avoir un problème avec la robe non? Parce que je sais pas, mais c'est pas pratique la robe de la Mort pour faire du cheval.

Citation:
T – Ce fut un plaisir de vous revoir, autrement qu’en pleine régénération. J’espère malgré tout que nous ne nous reverrons pas trop vite.

Duam et moi-même, nous acquiesçâmes énergiquement, ce qui fit sourire le Docteur. En revanche, je serais bien incapable de dire si la Mort avait sourit.


Je suis complètement d'accord avec Ten.

La Mort sourire? Ce sont deux autres mots qui ne vont pas ensemble.
_________________
Sainte Marguerite, protectrice des pervers et dépravés

Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:52    Sujet du message: [Terminé] De l'importance de la banane

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Doctor Who Index du Forum -> Made in Gallifrey -> Fan Fiction -> Cross-over whoniverse Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page: 1, 2, 3, 4, 5, 6  >
Page 1 sur 6

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Template lost-kingdom_Tolede created by larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com