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Le Navire fantôme
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David-S
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Masculin Bélier (21mar-19avr) 牛 Buffle

MessagePosté le: Lun 2 Nov 2009 - 14:44    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

Suite à mon premier Meeting the Doctor, l’idée m’est venu de créer une sorte d’arc sur la vie d’un compagnon du Docteur, allant de la rencontre jusqu’à…
Ba je sais pas trop en fait… Laughing
Mais au-delà de la séparation en tout cas.

L’idée est de suivre le parcours de la vie d’un compagnon (moi en l’occurrence, même si plus on avance dans l’histoire, moins il me ressemble), en passant par toutes les étapes traditionnelles comme la rencontre, les doutes, la remise des clés et autres…

Donc, cette histoire est la suite direct de la rencontre, mais il n'est pas necessaire de l’avoir lu pour comprendre.

Titre : Le Navire Fantôme

Résumé de l'épisode précédent : Après avoir rencontré le Docteur à Paris, je suis plongé dans les ennuis jusqu'au cou à cause d'une drôle d'histoire de Petits Hommes Verts. Une fois le problème résolu, le Docteur me fait faire un tour de New New York en remerciement. Il décide ensuite de me ramener chez moi...

Spoilers : L'histoire se déroulant après The Next Doctor, des références à tout ce qui précede sont possibles.

Disclaimer : Pas à moi et bla bla...

Pour lire l'épisode précédent : La Rencontre avec le Docteur


Le Navire Fantôme




Citation:
Le Docteur et moi venions tout juste de revenir dans le Tardis après notre visite de New New York et j’étais euphorique. Et il y avait de quoi, cet après midi dans cette ville exceptionnelle m’en avait mis plein les yeux (des yeux tout neufs au passage…).
J’avais foulé du pied une planète différente, respiré un air différent, à une époque différente, rencontré des gens extraordinaires, mangé des aliments parfois un peu bizarres et vu tellement, tellement de choses incroyables !!!
Alors que je m’asseyais sur le siège devant la console, je commençais enfin à entrevoir tout ce que j’avais déjà découvert depuis que j’avais rencontré ce type insensé qui se faisait appeler le Docteur.

Mais je descendis rapidement de mon petit nuage en réalisant que cette visite de New New York devait être mon premier et surtout, mon dernier voyage à bord du Tardis.
En fait, la visite n’était même pas prévue, j’avais réussi à l’obtenir en insistant lourdement et je doutais de pouvoir réussir à convaincre le Docteur de m’emmener une nouvelle fois.

David : - Euh… J’imagine que je vais devoir rentrer maintenant ? Demandais-je timidement.

Le Docteur tournait autour de la console, en pianotant de-ci de-là et c’est en évitant mon regard qu’il me répondit.

Ten : - Je suis désolé, mais je t’avais prévenu. Dit-il. Un cadeau, c’était tout, mais tu m’as convaincu de transformer ça en visite de New New York… Mais maintenant c’est terminé, tu dois rentrer chez toi ! Affirma-t-il d’un air déterminé qui me donna l’étrange impression qu’il essayait surtout de s’en convaincre lui-même.

Bien sûr, je m’étais attendu à cette réponse, il avait toujours été très clair. Mais il s’était déjà laissé convaincre une fois alors pourquoi pas deux…

David : - Et pourquoi ne pas retenter l’expérience encore une fois… ou deux ? Tentais-je malgré tout.

Le Docteur cessa de tourner autour de la console et se décida enfin à me regarder, mais sachant ce qu’il allait dire, je préférais l’interrompre tout de suite.

David : - Oh, s’il vous plait !!! Suppliais-je. C’était génial, vous ne pouvez pas le nier, vous vous êtes autant amusé que moi !!!

Il sourit à l’évocation de cette journée.

Ten : - Oui c’est vrai. Admit-il le sourire aux lèvres. Et je dois dire que c’est bien la première fois que je mets les pieds à New New York sans que les ennuis ne me tombent dessus...

Il resta pensif un instant, comme s’il essayait de se souvenir à quand remontait sa dernière journée sans problèmes.
Puis il reprit subitement ses esprits.

Ten : - Mais que je me sois amusé ou pas n’a rien à voir là dedans, ma vie est dangereuse et toi, tu rentres chez toi, je refuse d’être responsable de…
David : - Oui oui, je sais, l’interrompis-je, vous ne voulez pas être responsable de tous les drames de ma vie et bla bla…

Je croisais les bras de mécontentement, mais je ne pouvais visiblement plus le convaincre.

Finalement, alors que le Docteur entrait les coordonnées de notre prochaine destination avec un air désolé, je décidais de prendre cela avec philosophie, certes j’allais devoir rentrer chez moi bien plus tôt que je ne l’aurais voulu, mais au moins, j’avais eu la chance unique de voyager avec le Docteur et ce n’était déjà pas si mal.

Ten : - Accroche-toi, on est parti !

Pour la dernière fois, je m’accrochais au bord de la console afin d’éviter de me retrouver une nouvelle fois allongé sur le sol.
Puis après quelques secondes de secousses, le Tardis s’immobilisa.

C’est avec la gorge serrée que je me redressais.
Le Docteur baissait la tête, il semblait déplorer mon départ ce qui, je dois bien l’avouer, me fit très plaisir…
Bien qu’en réalité, je n’étais pas dupe, lui et moi ne nous connaissions pas encore assez et à mon avis, le Docteur regretterait sûrement plus de perdre la compagnie que je représentais, plutôt que moi en particulier.
A le voir ainsi, j’en vins à me demander quels genres de malheurs avaient bien pu frapper ses anciens compagnons de voyage pour qu’il préfère rester seul alors que visiblement, il détestait ça…
Malheureusement, je ne le saurais sans doute jamais, car il releva finalement la tête et se dirigea vers la porte du Tardis tout en m’invitant à le suivre.
Je pris alors une grande inspiration et scruta chaque centimètre carré du vaisseau pour m’en imprégner une dernière fois.
Puis, je me décidais enfin à sortir alors que le Docteur m’attendait déjà dehors.
Je me dirigeais vers la porte un peu à la façon d’un condamné à mort se rendant à l’échafaud, d’un pas à la fois lent et digne…

Mais malgré tout, la sortie finit par arriver. La porte s’était refermée derrière le Docteur quand il était sorti et j’en fus très heureux, car cela me donnait l’occasion de l’ouvrir une dernière fois. Même si dans le cas présent, il n’y aurait pas de surprise puisqu’elle déboucherait sur Paris, probablement dans cette même ruelle dans laquelle je l’avais rencontré il y avait tout juste quelques heures.
Quelques heures !!!! J’avais pourtant l’impression que ça remontait à une autre vie…

Cependant, une fois la porte ouverte et franchie, je m’aperçus que ce que j’avais sous les yeux ne ressemblait en rien à la capitale française…

Je fronçais les sourcils. Non, cet endroit n’avait strictement rien à voir avec Paris.
Le Tardis se trouvait dans un coin isolé entre deux bâtiments, des maisons de toute évidence, mais des maisons un peu particulières. En fait on aurait dit qu’elles dataient du Moyen âge ou quelque chose d’approchant.
Je cherchais le Docteur des yeux, mais tout ce que je vis fut quelques étranges passants vêtus à ce que je j’appellerais la mode du Moyen-âge…
Passé l’effet de surprise, je décidais de m’aventurer un peu plus loin dans la rue étroite et m’aperçus que je marchais sur des pavés légèrement boueux.
Une odeur iodée envahissait l’air et cela aurait pu être agréable si une seconde après, mes narines n’avaient pas été envahies par une abominable odeur de poissons.

C’était infect et cela faillit me donner la nausée, mais une voix m’interpella, chassant pour un moment le poisson de mes pensées.
C’était le Docteur, entendre sa voix me rassura et j’entrepris donc de le rejoindre en me guidant au son de sa voix.
Je le retrouvais finalement tout au bout de la rue, aux abords d’une grande place.
Je me plaçais à ses côtés sans pouvoir dire un mot, subjugué que j’étais par ce que j’avais sous les yeux.
Sur la place se trouvait un grand marché et bien sûr, ce qu’on y vendait était principalement du poisson. C’était un marché plein de vie, on y criait beaucoup et une foule compacte s’y pressait. Et cette fois plus de doute, on était bien au Moyen-âge, ou c’est en tout cas ce que j’imaginais au regard de ce qui nous entourait.
Mais plus que le marché, ce fut surtout ce qu’il y avait derrière qui m’interpella.
A l’autre bout de la place, on pouvait entr’apercevoir les mats de plusieurs bateaux.
Je n’aurais pu dire de quels genres de bateaux il s’agissait, car la succession d’étales m’empêchait de voir le reste des vaisseaux, mais le simple fait de voir les étendards flotter au vent m’impressionna plus que je ne saurais le dire.

J’étais à une autre époque !!!!!
Je n’en croyais pas mes yeux, après avoir eu un aperçu du futur de l’humanité, je me retrouvais dans son passé !
Bon, le passé avait une désagréable odeur de poisson, mais ça restait le passé et j’étais si…
Si…
Impossible de trouver les mots, je ne vois pas quel adjectif serait assez puissant pour illustrer tous les sentiments qui se bousculaient en moi à cet instant précis…
La joie, la curiosité, l’excitation, ajoutez en encore quelques-uns et multipliez tout ça par 1 Millions et vous approcherez peut-être un peu de ce que j’ai pu ressentir devant un tel spectacle.
Et encore, je n’évoque même pas toutes les réactions physiques allant du frisson à la chair de poule en passant par toute une palette d’expressions faciales dont j’ignorais encore l’existence il avait tout juste quelques minutes…
Bien sûr, j’avais déjà eu un aperçu de tout cela un peu plus tôt avec les Petits Hommes verts et New New York, mais à ce moment-là, je n’avais de toute évidence pas encore réalisé ce qui m’arrivait et finalement, toutes les émotions de la journée me retombèrent dessus d’un seul coup à la vue…
… D’un simple marché au poisson du Moyen âge et de quelques mâts de bateaux !!!

Le choc me fit chanceler et je dus me maintenir en équilibre en me saisissant du bras du Docteur.
Il me regarda et un immense sourire illumina son visage alors qu’il comprenait que j’étais enfin en train de réaliser tout ce qui m’arrivait, tout ce que j’étais en train de voir et potentiellement, si la chance était avec moi, tout ce que je pourrais découvrir à l’avenir…

Ten : - Ca va aller ? Me demanda-t-il toujours tout sourire.

Je hochais la tête en respirant un grand coup pour me détendre, mais l’odeur de poisson qui emplit mes narines me dissuada de retenter l’expérience.
Finalement, au prix d’un énorme effort, je parvins à redescendre sur terre (autant qu’il était possible de le faire dans ce genre de situation) et levais les yeux vers le Docteur.

David : - Euh… Je ne suis pas un expert, mais j’ai comme l’impression qu’on n’est pas à Paris là... Constatais-je le souffle toujours un peu court et les yeux résolument exorbités.
Ten : - Non, on dirais bien que j’ai commis une petite erreur de réglage… Me répondit-il. Ou alors c’est le Tardis qui a encore fait des siennes, j’ai parfois l’impression qu’il fait ce qu’il veut… Affirma-t-il d’un air faussement contrarié.

Dès lors, je me ressaisis totalement, il s’agissait pour moi de convaincre le Docteur de ne pas rentrer tout de suite et j’avais le sentiment de marcher sur des œufs. Je restais donc un moment sans oser dire le moindre mot de peur qu’il ne décide de retourner au Tardis pour corriger son erreur.
Mais je sentais bien qu’il avait très envie d’aller faire un tour lui aussi. Sa curiosité était une faille évidente et je m’y engouffrais donc pour le tenter et prolonger ainsi mon voyage à ses côtés.

David : - Dites, commençais-je aussi innocemment que possible, puisqu’on est là… On pourrait peut-être en profiter pour faire un tour…
Ten : - Non !

Il avait répondu du tac au tac et son ton si catégorique me surpris. Et moi qui pensais que sa curiosité suffirait à le décider à aller faire un tour…

Ten : - Je suis désolé, mais... Reprit-il sur un ton d’excuse devant mon visage déconfit. Il vaut mieux pour tout le monde que je reste seul…

Il semblait si triste et désemparé que j’en oubliais ma déception. J’étais profondément touché par sa détresse et je brûlais d’envie d’en savoir plus, j’aurais tellement aimé comprendre.
Mais sa peine semblait si profonde que je n’osais pas aller plus loin, aussi je me résignait et me dirigeait tristement vers le Tardis.

J’avais à peine fait trois pas que sa voix retentit derrière moi.

Ten : - Oh non non non non non !!!! Pourquoi tu fais ça ? C’est vraiment pas fair-play !!!

Je me retournais intriguer.

David : - Quoi ?! J’ai rien fait ! Dis-je sur la défensive.
Ten : - Si, tu as recommencé !!!
David : - Mais je… Non !!!

En réalité, je n’avais pas la moindre idée de ce que j’avais bien pu « recommencer » mais comme j’étais persuadé d’être totalement innocent, le « non » devait forcément s’appliquer à tout.

Ten : - Si !!! Tu recommences avec ton regard de chien battu !!!
David : - Oh… Euh… Désolé… Bredouillais-je déconcerté.

Le Docteur poussa un profond soupir.

Ten : - Je vais passer pour quoi moi maintenant si je m’obstine à vouloir te renvoyer…

Il ferma les yeux et sembla hésiter un instant, puis il soupira à nouveau.

Ten : - Oh… Je t’avais dit que je te ramènerais chez toi… Dit-il mi déterminé, mi désespéré.
David - Euh, bah…
Ten : - Non, surtout ne dit rien ! Me coupa-t-il.

Puis le silence s’imposa, je ne savais plus vraiment quoi pensé, si ce n’est que ce type était vraiment cinglé.

Ten : - Bon, c’est d’accord, tu peux venir. Lâcha-t-il résigné après un moment de réflexion. Mais si je cède c’est uniquement parce qu’il s’agit d’une regrettable erreur et que je ne peux décemment pas te refuser ce voyage alors que tu en déjà trop vu, je ne suis pas un monstre… Et je te préviens, c’est la dernière fois, le prochain voyage, c’est direction Paris même si je dois m’y reprendre à 15 fois. C’est clair !

Je secouais la tête pour lui signifier que j’avais compris sans oser ajouter le moindre mot.

Finalement, le Docteur se détendit et je criais intérieurement victoire, la chance, ou le Tardis, était de mon côté et venait de m’offrir une nouvelle expédition.

Sauf qu’à ce moment là, j’étais loin d’imaginer que ce voyage allait rapidement nous ramener à une situation bien plus périlleuse que la tranquille visite de New New York…

Citation:
Une fois résigné à m’avoir à ses côtés pour cette nouvelle destination, le Docteur retrouva sa bonne humeur habituelle très rapidement.

Ten : - Alors, par quoi veux-tu commencer ? Me demanda-t-il plein d’entrain. Oh !!! Je sais !!! Il faut absolument que je te fasse goûter le tentacule de calmar, c’est un pur délice et on n’en trouvera pas de meilleurs que sur un marché comme celui là… S’exclama-t-il en m’entraînant dans la foule.

A le voir aussi enthousiaste, il était difficile d’imaginer qu’il voulait me ramener chez moi il y avait tout juste cinq minutes. Cependant, même si j’étais conscient de la chance que j’avais, je n’étais pas prêt pour le calmar, je n’étais pas vraiment un grand amateur des produits de la mer et voir tout ces cadavres de poissons et de crustacés sur les étales me donnait plus la nausée qu’autre chose.

David : - Euh… Vous savez, avec tout ce qu’on a ingurgité à New New York, je vous avoue que je n’ai pas très faim… Dis-je en grimaçant. Mais on pourrait peut-être allé jeter un œil au port, je serais vraiment curieux de voir des bateaux du Moyen-âge d’un peu plus près.

Le Docteur s’arrêta net en entendant ma proposition et je failli le percuter.

Ten : - Oui, tu as raison, le Milk-shake aux protéines de bananes synthétiques m’est resté sur l’estomac, dit-il en fronçant les sourcils, une balade sur le port nous fera du bien avant la dégustation de fruits de mer… Allons-y !!!

Ouf, j’avais évité, ou repoussé à plus tard, l’épreuve du calmar, mais le port se trouvant à l’autre extrémité de la place, je ne pus échapper à la traverser du marché de part en part.
Et ce ne fut pas très agréable pour moi, voir défiler poissons, crevettes, moules, huîtres, bigorneaux, crabes et j’en passe me donna une nouvelle fois envie de vomir et je vécu l’arrivée sur le port comme une délivrance.

La vue était magnifique et chassa ce carnage de mes pensées et la brise marine se chargea de me rendre des couleurs et de dissiper l’odeur de marée…
Je pus alors me concentrer sur le paysage à couper le souffle qui s’étendait devant nous, avec sur la droite une partie du port abritant de nombreux petits voiliers, de petites coquilles de noix toutes servant sans doute à la pêche.
La taille réduite de ces bateaux permettait d’embrasser du regard l’horizon azur de l’Océan se mêlant au ciel parfaitement bleu qui s’étendait juste derrière.
Sur sa partie gauche, en revanche, le port semblait différent, comme s’il s’y trouvait quelque chose qui n’aurait pas dû y être…
Cela me laissa perplexe et je réalisais tout à coup que cela venait des bateaux.
En effet, dans cette partie du port se trouvait trois énormes navires, ceux dont j’avais aperçu les mâts en arrivant. Je n’y connais pas grand-chose, mais à leur forme, je pensais aussitôt à des galions espagnols, comme ceux qu’on peut voir sur des représentations des navires de Christophe Colomb…
Ces bateaux étaient beaucoup trop imposant pour ce petit port de pêcheurs et il était évident qu’ils n’étaient pas à leurs places ici.
Mais alors que faisaient ils là ?
Sans doute une petite escale avant de repartir pensais-je…

Puis je regardais aux alentours, la ville s’étendait derrière moi, entourant la place qui accueillait le fameux marché aux poissons. Un dédale de ruelles étroites serpentait entre les bâtiments pratiquement collés les uns aux autres. On pouvait également voir l’imposant cloché d’une église se détachant clairement sur le ciel bleu et sans nuages et dominant la petite cité côtière.
Enfin, un peu en retrait de l’agglomération, se trouvait une grande bâtisse à mi chemin entre le château fort et le manoir. Elle surplombait la ville depuis le sommet d’une colline qui se terminait en falaise plongeant directement dans l’océan.

Mais en contemplant tout cela, je réalisais soudain que j’ignorais toujours où nous étions…
Je me tournais donc naturellement vers le Docteur et lui posa tout simplement la question alors qu’une bourrasque de vent marin nous ébouriffais les cheveux…

Ten : - Eh bien, répondit-il, si j’en juge à la forme de ces navires et d’après le genre architectural de l’église qu’on aperçoit la bas… Et si on ajoute à cela le style vestimentaire des habitants je peux dire que nous sommes… Il tourna sur lui-même pour embrasser tout le paysage du regard en réfléchissant. Hum… Renaissance espagnol !!! Enfin… Je crois…

Je haussais les sourcils.

David : - Vous n’en n’êtes pas sûr ? Dis-je moqueur.
Ten : - Non ! Comment le pourrais-je ? Le Tardis a souvent cette manie de débarquer n’importe où… Mais si on veut vraiment le savoir, le mieux est encore de poser la question ! Lança-t-il toujours aussi exalté.

Il plongea ses mains dans les poches de son manteau et se dirigea vers un pêcheur qui reprisait son filet dans un coin.
Je le regardais s’éloigner avec un sourire en coin en ayant la certitude qu’il était complètement fou et pourtant, je ferais tout pour rester avec lui aussi longtemps que possible…

Je m’apprêtais ensuite à le suivre quand je fus distrait par une bribe de conversation juste derrière moi.

- « …Le vaisseau fantôme a encore frappé la semaine dernière… »

Le quoi ???
Je me retournais et aperçus deux jeunes marins qui discutaient appuyé sur une caisse qu’ils venaient de décharger d’un des navires…
Je jetais un regard au Docteur, il n’était qu’à quelques mètres devant moi et semblait très absorbé par sa conversation avec le pêcheur.
Il n’avait pas besoin de moi…
Je décidais donc d’aller tendre l’oreille vers cette histoire de fantôme. Je ne suis pas du genre à écouter aux portes…
Bon, en fait, je suis peut-être un peu du genre à écouter aux portes…
Mais sur ce coup là, j’avais une bonne excuse, qui résisterait à l’envie d’entendre une histoire de bateau fantôme à une époque où les gens y croyaient encore…
Je me glissais donc l’air de rien derrière une autre caisse et tendis l’oreille.

Marin 1 : - C’est la 8ème fois en moins d’un mois, ça ne peut plus durer !!! Disais le marin à son collègue.
Marin 2 : - On dit que le roi a envoyé un navire de guerre pour le combattre… Chuchota l’autre.
Marin 1 : - Pfff, ça ne servira à rien, ce navire fantôme est maudit, seul Dieu en personne pourrait nous en débarrasser…

Voix : - DAVID !!!

C’était le Docteur.
Je sursautais en l’entendant m’appeler et quitta à regret cette étrange conversation.
Je rejoignis mon ami Alien un peu plus loin tout en repensant à ce que je venais d’entendre.

Ten : - Est-ce que ça va ? Me demanda-t-il en voyant mon air pensif.
David : - Hum ? Oh, oui oui, ça va… Le rassurais-je en haussant les épaules. Alors, où sommes nous finalement ?

Il reprit son sourire et prit une grande inspiration.

Ten : - J’avais raison, nous sommes bien en Espagne, à la pointe Nord Ouest du pays pour être plus précis, au XVI ème siècle. Nous ne sommes donc plus au Moyen-Âge, nous entrons dans la Renaissance et le pays est en train de devenir la plus grande puissance européenne grâce à l’or du Nouveau Monde…

Je fus bien sûr très impressionné, mais je fronçais soudain les sourcils.

David : - Euh… Attendez une minute, si on est en Espagne, comment se fait-il que je comprenne ce que disent les gens alors que je ne parle pas un mot d’espagnol ??? Demandais-je étonné en désignant les deux marins que je venais d’espionner en balançant mon pouce par-dessus mon épaule.
Ten : - Je ne te l’avais pas encore dit ?? Le Tardis traduit toutes les langues de l’Univers directement dans ton cerveau… Pratique hein ???

Pour la énième fois, j’écarquillais les yeux de surprise en me demandant combien de révélations de ce genre le Docteur allait encore me faire…
J’allais d’ailleurs le lui demander, mais il était déjà reparti dans un monologue.

Ten : - Ah, la Renaissance, quelle période magnifique, l’humanité qui se redécouvre et qui pousse toujours plus loin les frontières de son savoir… Il poussa un profond soupire d’admiration. Vous êtes une espèce tellement fascinante !
David : - Euh… Merci…

Puis, je me senti soudain mal à l’aise sans raison apparente, le Docteur devait avoir sentit quelque chose lui aussi, car il fronça les sourcils et observa les alentours. L’atmosphère était soudain devenue bizarre, comme si un immense nuage noir était venu obscurcir le ciel d’une belle journée. L’ambiance chaleureuse était parcourue d’une étrange onde de panique alors qu’une rumeur se répandait tout à coup sur tout le port, puis sur toute la ville.
Des gens apparemment tendus couraient dans les rues et un bruissement provoqué par les chuchotements précipités de la population, d’abord tout juste audible, se renforça progressivement sur tout le marché.
Après quelques minutes, il semblait évident que quelque chose de grave venait de se produire.

Le radar « spécial problèmes » du Docteur se mit aussitôt en marche et comme un aimant, il se dirigea en courant en direction du point de départ de la vague d’inquiétude qui venait d’englober la population.

David : - Hey !!! Où est-ce que vous courrez encore ?!

Je levais les yeux au ciel avant de me décider à le suivre, décidément, ce Docteur était intenable et imprévisible !
Il longea le port en courant jusqu’à son extrémité où un petit groupe de personnes composé principalement de marins, était agglutiné devant la devanture d’une sorte de taverne bondée.
Il se frayât un passage et je me plaçais dans le sillon qu’il fendait dans la foule pour le suivre.
Arrivé tant bien que mal dans le bar, nous jouâmes des coudes pour atteindre une table où était assis un homme.
Sans aucun doute celui de qui était partie la rumeur qui mettait la ville en effervescence, car il était confortablement installé et une flopé d’inconnus se relayait pour lui payer à boire afin qu’il raconte encore son histoire.
Le Docteur s’approcha encore un peu et écouta avec attention le témoignage de l’homme qui venait à nouveau de se faire offrir un verre par un curieux.

L’homme porta le verre à ses lèvres et le vida d’une traite avant de recommencer son récit.
Le silence se fit et tout le monde, le Docteur et moi compris, tendit l’oreille.

Homme : - Encore un naufrage !!!! Cria-t-il d’une voix molle et mal assuré.

Le Docteur et moi échangeâmes un regard perplexe, le problème quand on fait boire quelqu’un pour le faire parler, c’est qu’au bout d’un certain temps, ses propos manquent un peu de cohérence.

Homme : - Un seul a… Buuuuuuuuurp !!! Un rot sonore vint l’interrompre un instant, nous arrachant une grimace de dégoût. Survécu… On vient de le retrouver inconscient sur la plage à quelques kilomètres au nord de la ville avec les débris du bateau…

Il fit une pause le temps d’avaler un autre verre.

Homme : - Et vous savez quoi ??? Demanda l’homme qui avait de plus en plus de mal à se tenir droit. Vous savez quoi ??? Répéta-t-il alors que le Docteur et moi nous penchâmes en avant en attendant sa révélation. Vous savez quoi ??? Nous étions maintenant pratiquement pliés en deux comme tout le reste de la taverne et j’arrivais à sentir l’haleine bien chargée de l’homme. Ce sont eux qui l’ont coulé… Déclara-t-il enfin dans un murmure à peine audible avant de se mettre à hurler. Les spectres … ont coulé … le navire … du père … Garcia !!!

Il entrecoupa sa révélation de violents coups de poings sur la table.
A ces mots, tout le monde fut profondément choqué et à nouveau une clameur se répandit comme une traîné de poudre alors que le bouche à oreille faisait son effet.

L’ambiance dans la taverne était partagée entre l’inquiétude et la franche terreur et il était très étrange et peu rassurant de voir la peur dans les yeux de tous ces vieux loups de mer…

Le Docteur aurait aimé en savoir plus, mais le type était tombé raide saoul sur la table de bois à laquelle il était assis.
Il se tourna alors vers moi apparemment très intrigué par ce qu’il venait d’entendre.

Ten : - Les spectres ont coulé le navire ? Dit-il plus pour lui-même que pour me demander s’il avait bien compris.
David : - Il veut sans doute parler du navire fantôme… Notais-je innocemment en haussant les épaules.

Le Docteur tourna la tête vers moi visiblement stupéfait de me voir en possession d’une info qu’il n’avait pas.

David : - Quoi ? Dis-je surpris devant son regard curieux. C’est une histoire que j’ai entendu sur le port, il paraît qu’un vaisseau fantôme fait couler les bateaux du coin… Le roi viens même d’envoyer un navire de guerre pour le combattre et … Quoi ?!
Ten : - Pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt ?? S’écria-t-il tout à coup.
David : - Euh, je sais pas… Parce que je viens de l’apprendre et parce que ce n’est qu’une histoire absurde, les fantômes ça n’existe pas…

Le Docteur me gratifia d’un regard inquiétant, le même que celui qu’il avait eu quand les ennuis nous était tombé dessus à Paris…

David : - Oh, soyez sympa, ne me regardé pas comme ça ! Dis-je anxieux.

Mais il n’arrêta pas, au contraire, il en accentua l’intensité encore un peu plus.

David : - Non, sérieusement, arrêtez ça… Vous me faites peur………… Je levais les yeux au ciel. Rhooo je vous en prie, vous n’allez pas me dire que vous prenez cette histoire de fantômes au sérieux, votre truc à vous c’est les Aliens, pas les spectres ! » Dis-je avec un grand rire qui s’éteignit aussitôt devant le regard toujours aussi intense du Docteur.

Il semblait si sérieux que mes épaules s’affaissèrent de désespoir.

David : - Alors les fantômes existent aussi ? Questionnais-je en soupirant.
Ten : - Non, les fantômes n’existent pas, mais il n’y a pas de fumée sans feu, on va donc aller voir ça de plus près. Et je sais justement où nous trouverons toutes les informations dont nous aurons besoin… Dit-il avant de se frayer un chemin vers la sortie de la taverne qui était encore plus bondée qu’à notre arrivée.

Je fronçais les sourcils en le regardant s’éloigner.

David : - Vous n’allez pas me faire croire que les spectres sont en fait des Aliens ?! Criais-je dans son dos.

Il ne répondit pas, je me décidais donc à le suivre en ronchonnant.

Une fois sorti, je respirais une grande bouffé d’air pure, on n’était plus au Moyen-âge, mais l’hygiène n’était manifestement toujours pas la priorité de certaines personnes et ce n’est jamais très agréable de se frotter à une multitude de marins transpirant et à l’haleine pas toujours très frais…
Le Docteur quant à lui, n’avait pas ralenti l’allure et fonçait droit devant lui.

David : - Où va-t-on ? Demandais-je en le rattrapant.

Il me désigna le manoir qui dominait la ville depuis la colline.
Je regardais l’immense bâtisse, j’ignorais qui y vivait, quelqu’un d’important sans doute, mais je savais que tout ceci nous conduirais sûrement dans les ennuis, à nouveau. Mais étrangement, je ne ressentais aucune appréhension, juste une immense envie d’en savoir toujours plus sur cet étrange bateau fantôme…

Citation:
Nous marchions d’un pas vif en direction du manoir, la colline était relativement haute, mais la pente était douce, alors nous pûmes la gravir rapidement sans pour autant être à bout de souffle.
Le Docteur semblait pressé d’en apprendre plus sur cette histoire de fantômes et il pensait pouvoir trouver des réponses dans cette grande bâtisse.
Alors que nous en approchions de plus en plus, je l’étudiais avec un peu plus d’attention. C’était une grande demeure à mi chemin entre le château et le manoir, entièrement construite en pierre de couleurs claires. La forme générale de l’édifice rappelait le château fortifié du Moyen-âge, les tours à créneaux étaient même encore présentes. Mais le bâtiment massif avait suivi son temps, les fenêtres c’étaient agrandies et d’élégantes décorations sculptées étaient venues s’ajouter, donnant à l’ensemble un aspect plus raffiné digne d’un château renaissant.

A voir l’imposante demeure, il était évident qu’elle appartenait à quelqu’un de puissant.

David : - Qui vit ici ? Demandais-je au Docteur alors que la maison était de plus en plus proche. Un haut dignitaire non ?
Ten : - En quelque sorte, normalement, une demeure aussi grande doit appartenir a quelqu’un de très important, je pense qu’il s’agit du Gouverneur.
David : - Le Gouverneur ?
Ten : - Oui, celui qui gère la région pour le compte du roi d’Espagne… Mais vu l’emplacement, je penserais plutôt qu’il s’agit là d’une maison de campagne. Alors j’espère qu’il s’y sera déplacé pour l’occasion…
David : - Alors en fait, vous espérez voir le Gouverneur pour lui parler de cette histoire de bateau fantôme ?
Ten : - Exactement ! Le Tardis ne me dépose au mauvais endroit que dans deux cas, le premier, quand il veut me contrarier, le deuxième, quand il sent une anomalie…

« Anomalie » ???
J’avais l’étrange impression que ce terme n’était qu’un doux euphémisme pour désigner quelque chose de bien plus compliqué… Et de dangereux…

Ten : - …Et si le roi a réellement envoyé un bateau de guerre pour faire face à ce problème de spectres, alors je pense que c’est suffisamment grave pour que le Gouverneur soit venu jusqu’ici en personne.

Le Docteur se tut, nous venions d’atteindre la porte et je me demandais maintenant comment deux étrangers tels que nous allaient bien pouvoir obtenir une audience auprès d’un personnage aussi important.
Mais ce dernier ne sembla pas se poser de questions, il frappa tout simplement à la porte et attendit qu’on vienne nous ouvrir.
Nous n’eûmes pas à attendre bien longtemps, un homme, sans doute un domestique, arriva presque aussitôt.
Il fut profondément surpris de nous voir et nous observa de haut en bas avec son regard sévère, il semblait particulièrement intrigué par nos vêtements.

Valet : - Que puis-je pour vous ? Demanda-t-il hautain après nous avoir soigneusement étudié.

Je me senti un peu mal à l’aise, mais le Docteur lui répondit avec assurance.

Ten : - Je suis le Docteur et voici mon assistant David, je suis un expert en phénomènes étranges et plus particulièrement sur… Il baissa la voix et se pencha en avant pour se rapprocher du valet. Sur les manifestations d’outre-tombe. Chuchota-t-il.

Le serviteur se trouva très troublé par cette révélation, mais le Docteur continua sur sa lancé.

Ten : - Mon fidèle assistant et moi-même sommes ici afin d’étudier d’un peu plus près cette terrifiante histoire de revenants, alors si vous pouviez avoir l’extrême obligeance de nous conduire au Gouverneur, je dois m’entretenir avec lui au plus vite !

Le domestique le dévisagea sceptique.

Valet : - Avez-vous un document officiel pour justifier votre identité…

Le Docteur ne le laissa pas finir sa phrase et plongea sa main dans la poche intérieure de son manteau, il en ressorti aussitôt une petite pochette en cuir qu’il ouvrit et présenta au valet qui changea littéralement de couleur devant le document.

Valet : - Oh, mille excuses ! Entrez Monseigneur, je vous en prie, je suis profondément navré… »
Ten : - Ce n’est pas grave mon brave, allez en paix et Dieu vous bénisse… Lança le Docteur avec un vague signe de croix.

Le valet se pencha pieusement devant le Docteur avant de disparaître dans les couloirs de la maison à la recherche du maître des lieux, nous abandonnant dans un magnifique et luxueux hall d’entrée.

Le valet avait à peine disparue que je me tournais vers le Docteur dans l’attente d’explications.

David : - Pourquoi vous a-t-il appelé « Monseigneur » ? Et puis c’était quoi ce papier que vous lui avez donné ? Chuchotais-je précipitamment.

Le Docteur afficha un petit sourire satisfait avant de me répondre.

Ten : - Il m’a appelé « Monseigneur » parce qu’il me prend pour un évêque et s’il me prend pour un évêque, c’est justement grâce à ce papier.

Il sorti la pochette en cuir de sa poche et me la tendit.

Ten : - Papier psychique ! C’est un bout de papier blanc qui montre ce que je veux que les gens voient, dans le cas présent, c’est une sorte de lettre officielle signé du Pape en personne. Elle confirme que je suis un évêque spécialisé dans les exorcismes en tout genre et toi un jeune apprenti prêtre que je forme…

J’étudiais de plus près ce papier psychique qui avait toujours l’apparence d’une lettre officielle. C’était encore une de ces choses incroyables que le Docteur sortait de sa manche, pensais-je impressionner avant de le lui rendre.

Ten : - Et bien sûr, cette lettre précise que je suis un intime du Pape, le pays étant très catholique, cela devrait nous ouvrir toutes les portes…
David : - Oui, j’ai vu ça, d’ailleurs sur cette lettre, vous semblez si intime qu’on pourrait croire que vous et lui êtes…
Ten : - Hum ! Oui, le papier psychique peut parfois exagérer un peu… Dit-il gêné.

J’éclatais d’un petit rire moqueur, mais au grand soulagement du Docteur, je fus très vite interrompu par le retour du domestique.

Ce dernier nous conduisit jusque dans un grand salon au décor très raffiné. A peine arrivé, le Gouverneur pénétra dans la pièce.

Ten : - Gouverneur ! Salua le Docteur en inclinant légèrement la tête.
Gouverneur : - Monseigneur ! Salua le Gouverneur à son tour en fronçant les sourcils devant l’étrange accoutrement de celui qu’il prenait pour un évêque.

Il saisi cependant la main du Docteur et y posa les lèvres.

Ten : - Oh, je préfère qu’on m’appelle Docteur si cela ne vous dérange pas et il est inutile de vous embarrasser de tout ce protocole…
Gouverneur : - Bien sûr, comme vous le souhaitez. Hum Docteur ? Je suis navré d’avoir à vous le demander mais…
Ten : - Vous aimeriez jeter un coup d’oeil à la lettre du Pape, ne soyez pas navré, il est bien naturel de connaître ceux que l’ont fait entrer chez soi… Coupa le Docteur en tendant le papier psychique au Gouverneur.

Celui-ci étudia le document un long moment avant de finalement décider que tout était en ordre.

Gouverneur : - Oh… Je vois que vous êtes un… intime du Pape… Lança le Gouverneur avec une certaine gêne dans la voix.

J’allais repartir dans un fou rire, mais le Docteur m’interrompit d’un coup de coude.

Je parvins finalement à reprendre mon sérieux et attendit le salue du Gouverneur, mais c’est tout juste s’il me gratifia d’un regard et je compris soudain qu’assistant devait sans doute vouloir dire « larbin ». Mon humeur moqueuse fut donc balayée d’un seul coup et c’est légèrement contrarié que je me plaçais derrière le fauteuil que le maître de maison venait d’offrir à « Monseigneur Docteur ».

Gouverneur : - Je me présente, Gouverneur Francisco De la Vega. Commença le Gouverneur. Je suis surpris de voir que le Vatican soit déjà au courant de cette sordide affaire de navire de l’au-delà…
Ten : - Les nouvelles vont vite et pour tout vous dire, mon assistant et moi-même étions justement dans la région quand nous avons entendu parler de cette terrible histoire de bateau fantôme, je me suis dit que c’était un cas qui méritait mon attention et qui serait sans doute plus que formateur pour mon jeune apprenti. A ce propos, voici David, dit-il en me désignant de sa main. Il vient tout juste de finir son séminaire, il a décidé de se lancer dans la difficile voie de la lutte contre le Malin et j’ai donc été désigné pour le former et achever sa formation de prêtre.

Le Gouverneur De la Vega hocha la tête dans ma direction pour signifier qu’il m’avait vu (enfin...).
Il tenta ensuite de se donner bonne figure, mais son visage semblait quelque peu crispé et il était évident qu’il voyait l’arrivée du Docteur d’un mauvais œil, cependant il parvint à cacher son animosité derrière une voix mielleuse.

Gouverneur : - Votre avis d’expert sera… le bienvenu Docteur, d’autant que le Roi en personne nous a envoyé deux navires de guerre afin de combattre ce… cette monstruosité. Ils devraient arriver demain matin très tôt.
Ten : - Excellent !!! S’exclama le Docteur. Nous embarquerons pour aller voir ça de plus près, n’est-ce pas David !!! Dit-il en levant joyeusement la tête vers moi.

Mon coude, que j’avais appuyé sur le dossier du fauteuil dans lequel le Docteur était assis, dérapa et je faillis m’étaler par terre en l’entendant dire que nous allions embarquer à bord d’un navire de guerre pour partir en chasse d’une bande de fantômes…
De son côté, le Gouverneur ne sembla pas apprécier que l’évêque s’invite à bord et il est plus que probable que s’il n’avait pas été un intime du Pape, nous aurions été raccompagné vers la sortie.
Mais le Docteur n’y prêta aucune attention et continua.

Ten : - Maintenant raconté moi précisément toute l’histoire.

Le Gouverneur s’exécuta, il raconta comment du jour au lendemain de petits bateaux de pêches avaient été attaqués, puis retrouvé échoué sur les plages, sans aucune trace des membres d’équipage.
On finit par croire que des pirates s’étaient installés dans la région, même si les raisons qui les poussaient à s’en prendre aux marins sans toucher aux bien matériels restaient profondément obscures et inhabituelles.
Il raconta ensuite comment les navires envoyés pour combattre les supposés pirates avaient fini par subir le même sort, on finissait par les retrouver totalement vide d’équipage et il arrivait parfois que certains bateaux soient totalement détruits.
Mais parmi tous ces disparus, quelques-uns parvinrent à s’en sortirent et ils purent raconter ce qu’ils avaient vécu.
Les premiers témoins à parler de fantômes furent considérés comme fous, mais devant la concordance des différentes versions, il fut évident que cette histoire insensée était réelle.
Dès lors, la peur s’était installée dans tous les ports de la région…

De la Vega fut interrompu dans son récit par le valet qui nous avait ouvert la porte, il était venu servir un verre d’une espèce de liqueur à son maître ainsi qu’au Docteur qui déclina l’offre. De mon côté, j’aurais adoré goûter, parce qu’après tout, on n’a pas souvent l’occasion de s’essayer à une dégustation de produits du XVI ème siècle, mais visiblement, on n’offrait pas à boire au pauvre assistant de l’évêque…
Je soupirais donc de mécontentement alors que le Docteur reprenait son questionnement.

Ten : - Hum intéressant… Murmura-t-il pour lui-même. Dites-moi, reprit-il à un volume normal, j’ai entendu dire en ville qu’un survivant venait d’être retrouvé. Savez-vous où je peux le trouver ? Je dois absolument savoir ce qu’il a vu !
Gouverneur : - Oui, bien entendu, nous l’avons fait porter ici même, dans la maison des domestiques… Bernardo va vous y conduire immédiatement.

Le Gouverneur fit un signe de tête au domestique et lui ordonna de nous conduire au fameux survivant et de faire en sorte qu’une chambre soit préparée pour nous.

Gouverneur : - Il est bien évident que vous êtes mon invité, Monseigneur Docteur.

Celui-ci sourit en guise de remerciement et nous suivîmes ensuite le valet jusqu'à la petite maison qui hébergeait le personnel.

Il nous conduisit dans une petite chambre rudimentaire, mais propre. Il n’y avait qu’un lit et un petit meuble de rangement.
Sur le lit était allongé un homme en haillon, il semblait sous le choc et un peu fiévreux, mais à part cela, il ne devrait pas avoir trop de mal à se remettre, physiquement en tout cas…
Le Docteur s’assit sur le bord du lit et nous présenta rapidement alors que le valet nous laissait seul.
Il ausculta ensuite le survivant et quand il se fut assuré qu’il ne manquait de rien, il lui demanda ce qu’il avait vu.

Une terreur sourde envahit le regard du pauvre bougre et le Docteur dut déployer toute la douceur dont il était capable pour le calmer.
Je m’approchais également, je ne me sentais pas vraiment à l’aise dans l’exercice de soutient aux personnes traumatisés, mais il semblait si paniqué que je sentis qu’il avait réellement besoin d’aide. Je m’agenouillais donc au pied du lit et posais maladroitement ma main sur son épaule.
Finalement, rassuré par ma présence et celle du Docteur, il se détendit et commença à parler.

Rescapé : - Nous étions sur le pont, dit-il tout bas. Nous remontions le filet, nous étions heureux car il était lourd, c’est signe d’une bonne pêche, nous apprit-il avec un pâle sourire. C’est là qu’il est arrivé…

La panique commença à le gagner de nouveau et je dus forcer un peu sur son épaule pour qu’il reste allongé, le Docteur parvint ensuite à le calmer et il reprit doucement contenance avant de continuer son récit.
Il parlait tout bas et sa voix n’était plus qu’un murmure qu’on entendait à peine, rendant son récit encore plus terrifiant malgré la douce lumière de fin de journée dans laquelle baignait la petite chambre.

Rescapé : - On l’a senti arrivé bien avant de le voir, l’air s’était soudain rafraîchit et un épais brouillard s’était levé. On était inquiet, parce qu’on a tout de suite pensé à cette histoire de navire fantôme, mais on n’a pas eu le temps de faire demi tour qu’il était déjà là, sortit de nulle part… Il a fondu sur nous avec son énorme coque scintillante comme un clair de lune et tout s’est passé très vite. Des formes hideuses ont surgi tout à coup et en quelques minutes, tout était fini… J’ai entendu des cris alors qu’ils emmenaient l’équipage dans leur navire infernal. Moi, j’ai réussi à m’en sortir en sautant par-dessus bord. Je me suis dit que je préférais me noyer plutôt que d’être entraîné en Enfer par ces démons… Après cela je les aient vu partir, leur bateau a fait demi tour et a détruit notre embarcation au passage, je me suis alors accroché à un débris et j’ai attendu…

Sa voix se brisa et il versa une larme.
Je pressais doucement l’épaule du jeune homme en guise de soutient et le Docteur attendit patiemment qu’il se reprenne avant de demander doucement.

Ten : - Désolé de devoir vous demander ça, mais je dois savoir… à quoi ressemblaient ces démons ?
Rescapé : - Je… Je ne sais pas exactement, je n’ai pas bien vu, le brouillard était si épais… mais l’un d’eux m’a saisi par le bras quand je tentais de fuir, alors je sais qu’ils étaient froids comme la mort et qu’ils avaient des tentacules à la place des doigts…

Le silence s’imposa et je frissonnais dans l’ambiance pesante de la petite chambre désormais plongée dans l’obscurité du crépuscule.
L’homme avait dit tout ce qu’il savait, le Docteur donna quelques instructions aux femmes qui s’occupaient de lui avant de repartir.

C’est à la lueur d’une lanterne que le Docteur et moi reprîmes le chemin du manoir.
Il semblait perdu dans ses pensées pendant que je tentais de me remettre de cet entretien qui m’avait, je dois bien l’admettre, un peu retourné.
Voir cet homme dans un tel était de frayeur, savoir qu’il avait failli mourir et que c’était probablement ce qui avait dû arriver à ses compagnons, venait de me faire réaliser que le Docteur avait raison, le suivre impliquait bien plus de choses que je ne l’avais soupçonné de prime abord…

Mais une fois arrivé dans la lumière rassurante de la demeure, mes quelques doutes s’éclipsèrent. Le valet nous accueillit pour nous conduire dans la salle à manger où le Gouverneur nous attendait pour dîner.
Après le repas, nous fûmes conduit à notre chambre, la même puisque j’appris avec beaucoup d’agacement qu’en tant qu’apprenti prêtre je devrais dormir au pied du lit de l’évêque, sur une simple paillasse, pour apprendre l’humilité sans doute…
Le Docteur s’en amusa beaucoup et pris un malin plaisir à m’embêter avec ça, jusqu’à ce qu’il prenne pitié de moi et qu’il demande à ce qu’on m’apporte un vrai lit.
Finalement, nous allâmes tous les deux nous coucher après une toilette rudimentaire et une longue conversation sur le témoignage terrifiant du jeune survivant.

Citation:
Le lendemain, le sinistre valet vint nous réveiller tôt, très tôt.
Vraiment très très tôt, beaucoup trop tôt à mon goût…
Le Docteur bondit hors de son lit avant même que j’ai ouvert les paupières.

Ten : - Bonjour !!! S’exclama-t-il visiblement d’excellente humeur.
David : - Hein ?! Y fait même pas jour encore… Bougonnais-je.
Ten : - Dépêche toi d’émerger, on embarque sur un galions espagnol aujourd’hui !!! Me rappela-t-il surexciter en nouant sa cravate avant de quitter la chambre.

Cette nouvelle me donna un grand coup de fouet et je… replongeais sous la couette.
Sauf que le lit que le Docteur m’avait obtenu la veille était certes plus confortable que la simple paillasse que j’aurais dû avoir, mais malgré tout pas suffisamment pour que j’aie envie de m’y éterniser…
Je me levais donc à contre cœur et ce n’est qu’en m’habillant à la lueur des quelques bougies laisser par le domestique, que je réalisais à nouveau où j’étais.
Aussi, c’est de bien meilleure humeur que je rejoignis le Docteur dans la salle à manger où nous attendait une petite collation avant le départ.
J’en profitais pour lui faire remarquer qu’il avait oublié son manteau dans la chambre.

Ten : - Oh, je ne le prends pas, je tiens beaucoup à ce manteau et je ne voudrais pas le perdre dans un naufrage…

C’est sur ces paroles rassurantes que le Docteur, le Gouverneur et moi partîmes en direction du port.

L’heure suivante nous avions embarqué dans le galion, contrairement à ce que le Gouverneur nous avait annoncé, il n’y avait qu’un seul navire, le deuxième ayant été retenu, il n’arriverait que le lendemain.
L’expédition fut maintenue malgré tout, le deuxième galion pouvant nous rejoindre plus tard.

Malgré la faible lumière de l’aube, je vis parfaitement que ce navire de guerre était bien plus imposant que les trois autres bateaux toujours ancrés au port.
Et alors que la Santa Esperanza, c’était son nom, prenait le large je demandais au Gouverneur a qui appartenait ces trois navires.
Ce dernier sembla surpris que j’aie l’audace de lui poser la question, mais consentit à me répondre.

Gouverneur : - Ces embarcations appartiennent au roi, ils doivent impérativement rejoindre un port plus important un peu plus à l’est, mais avec les attaques des spectres, il a été décidé qu’il serait plus prudent qu’ils fassent escales ici tant que la zone n’aura pas été sécurisé…

Il s’éloigna une fois ma curiosité satisfaite et le Docteur me rejoignit. Il s’appuya sur la rambarde à côté de moi et regarda le port s’éloigner.

Ten : - Ce que le Gouverneur a omis de te dire, c’est que ces trois bateau contiennent un bon gros paquet d’or volé aux Aztèques… Dit-il en souriant.

J’ouvris de grands yeux impressionnés et regarda une dernière fois les trois galions d’un œil totalement différent, pas étonnant que le roi ait été si prompt à envoyer du renfort…

Avant que le bateau ne prenne le large, le Capitaine du navire vint se présenter au Docteur. C’était un homme grand et élégants, son visage était dur et autoritaire et une fine moustache venait renforcer cet aspect sévère. Pour autant que je pus en juger, c’était un homme discret, parlant peu, mais quand il le faisait, c’était sur un ton sec et sans appel. On pouvait également voir dans ses yeux toute sa détermination à en finir avec ces chimères fantomatiques et ce, quel qu’en soit le prix à payer.
Il se présenta rapidement, serra la main de l’évêque Docteur et repartit quasiment immédiatement.
Je sentis que lui non plus n’était pas vraiment heureux de la présence du Docteur sur son navire, mais contrairement au Gouverneur, lui ne cachait pas son mécontentement derrière une voix mielleuse et faussement aimable et on sentait bien qu’il aurait adoré nous renvoyer au port à la nage…

David : - Docteur ?
Ten : - Hum ?
David : - Pourquoi ai-je l’étrange impression que le Gouverneur et le Capitaine ne sont pas vraiment ravis de nous accueillir à bord ?
Ten : - Parce que c’est le cas. Devant mon regard interrogatif, le Docteur poursuivit. Cette chasse au fantôme est une chance unique d’obtenir un avancement considérable. Imagine… Celui qui débarrassera le roi de ces fantômes et qui lui permettra de mettre la main sur son énorme trésor Aztèque, a toutes les chances de devenir riche… très riche. Alors voir débarquer un évêque qui pourrait éventuellement leur faire de l’ombre, et crois moi, de l’ombre, je risque de leur en faire pas mal, n’est pas vraiment bien vu.

Il sourit et j’en fis autant, je n’avais aucun mal à croire qu’il puisse se montrer contrariant.

Puis, le Docteur et moi passâmes ensuite une bonne partie de la matinée accoudée au bastingage. Deux hommes d’église tel que nous n’avaient pas à s’occuper de la navigation et nous pûmes donc profiter tranquillement de ce début de journée.
Ou en tout cas j’aurais pu le faire si je n’avais pas découvert que je souffrais du mal de mer. Ainsi, pendant que Monseigneur Docteur admirait le levé du soleil, tentais de discuter avec moi, regardait les dauphins, je restais penché par-dessus bord à dégobiller. Parfois je tentais de lui répondre, sans succès, ce qui ne déragea pas vraiment le Docteur, c’est l’avantage quand on parle pour deux…
En revanche, je vis parfaitement les dauphins, le visage penché au-dessus de la mer, je ne pouvais pas les rater !

Ce n’est que vers midi que je commençais enfin à me sentir mieux, pas assez pour aller manger, ce qu’était parti faire le Docteur. Je décidais donc de retourner à notre cabine, où m’attendais ma fameuse paillasse !
Mais comme le Docteur ne l’utiliserait pas avant ce soir, je piquais le lit de l’évêque et m’affalais dedans.
Je ne me réveillais qu’en milieu d’après midi, parfaitement frais et dispo. Je rejoignis alors le Seigneur du Temps sur le pont, mon mal de mer avait totalement disparue.

Ten : - Ah, tu sembles aller beaucoup mieux ! Cette petite sieste sur ta paillasse semble t’avoir requinqué ! Dit-il moqueur.

Je le fusillais du regard.

David : - Vous par contre, ça n’a pas l’air de s’arranger… Dis-je en fixant d’un air exaspéré le foulard de pirate qu’il s’était attaché autour de la tête.
Ten : - Quoi ?
David : - Franchement vous êtes ridicule, on a du mal à croire que vous êtes le protecteur de l’humanité…

Le Docteur regarda ses pieds un peu honteux, mais mon regard sévère fondit très vite comme neige au soleil.

David : - Euh… Sinon, vous l’avez trouvé où votre foulard ? Demandais-je l’air de rien.

Il releva soudain la tête en souriant.

Ten : - C’est Roberto qui me l’a donné. Répondit-il en désignant un gros costaud tatoué de partout assis un peu plus loin. Si tu en veux un va lui demander, c’est un garçon tout à fait charmant…

Je me fis prier deux minutes, puis je filais en direction de ce Roberto.

Ten : - Mais fait attention, il crache beaucoup !!! Cria-t-il dans mon dos.

Cinq minutes plus tard, après avoir évité de justesse qu’un énorme crachat ne vienne s’écraser sur ma chaussure, je revenais moi aussi avec un foulard de pirate noué autour de la tête, heureux comme un gamin de huit ans.

C’est d’ailleurs comme deux gamins de huit ans que le Docteur et moi chahutions (« Une tempête à bâbord mon Capitaine !!! » « A l’abordage Moussaillon !!! ») quand le Capitaine arriva inopinément. Il fit une tête étrange en voyant deux hommes d’église jouer aux pirates, mais s’abstint de tout commentaire.
Il prit simplement la parole sur un ton qu’il voulait le plus amical possible, ce qui devait déjà lui être difficile en ton normal vu le ton abrupt qui lui était naturel, était rendu carrément impossible par son évidente hostilité.

Capitaine : - Hum ! Monseigneur, je venais simplement vous prévenir que nous ne devrions pas rencontrer le navire fantôme avant la tomber de la nuit, d’ici là, je vous conseille d’aller vous reposer.

Nous cessâmes aussitôt de faire mumuse et le Docteur ôta brusquement son bandeau et le rangea dans sa poche.

Ten : - C’est très gentil à vous Capitaine, mais si ça ne vous dérange pas, je préférerais étudier les cartes que vous avez à votre disposition, je voudrais me faire une idée de la configuration de la zone. Affirma le Docteur redevenu sérieux.

Le Capitaine n’était pas très heureux de l’apprendre et pinça les lèvres si fort qu’elles faillirent disparaître complètement.
Je lançais un regard en biais au Docteur pour tenter de lui faire comprendre de ne pas trop embêter le Capitaine, je n’avais pas spécialement envie d’aller nager avec les requins…
Il me répondit par un sourire complice et j’étais certain qu’il s’apprêtait à faire exactement le contraire. Aussi, c’est avec soulagement que j’entendis le Capitaine nous dire qu’il partait devant sortir les cartes et que le Docteur n’aurait qu’à le rejoindre dans un moment.
Il s’éloigna alors de son pas vif et déterminé, laissant planer derrière lui une grande contrariété, il avait de toute évidence du mal à comprendre pourquoi un évêque avait besoin de consulter des cartes marines, mais il n’était pas en mesure de s’opposer aux volontés d’un intime du Pape.

David : - Vous avez réellement besoin de consulter ces cartes ou bien c’est juste pour faire grimper la tension artérielle de ce brave Capitaine ?
Ten : - J’en ai réellement besoin, je veux vérifier s’il n’y aurait pas des éléments particuliers dans cette zones, quoi que ce soit qui puisse attirer des Aliens dans le coin… Et puis, c’est vrai que j’aime bien embêter ce brave Capitaine.

Mes lèvres s’étirèrent en un grand sourire qui disparu rapidement devant le retour d’éventuels ennuis.

David : - Finalement, vous pensez vraiment que cette histoire de fantômes pourrait être d’origine Alien ?

Le Docteur soupira.

Ten : - En réalité, ça pourrait tout aussi bien être un délire collectif nourrit par la superstition, mais le fait est que le Tardis nous a déposé ici et ça, ce n’est certainement pas un hasard.
David : - Ok, je vous laisse à vos cartes alors… Mais moi, qu’est-ce que je vais faire en attendant, j’aimerais me rendre utile ? Dis-je plein de bonne volonté.

Le Docteur attrapa alors une brosse des mains d’un mousse qui passait par là et me la tendit.

Ten : - Tiens, t’as qu’à briquer le pont !

Je fronçais les sourcils en grognant.

David : -« Les mousses s’en occupent déjà et vous les avez vus, ils doivent pas dépasser les 15 ans, j’ai passé l’âge de briquer le pont… Non, moi je pensais à quelque chose de plus… cool !
Ten : - Dans ce cas tu pourrais aider les marins à rattacher la grande voile… Il leva le doigt vers le ciel et je vis cinq matelots aguerris en équilibre au sommet du mât, ce qui eut pour effet immédiat de me faire redescendre sur terre.
David : - Ok, donnez moi ça, dis-je en me saisissant de la brosse, je vais briquer le pont !

Le Docteur m’abandonna ensuite à mes brosses et parti rejoindre le Capitaine. Je lui conseillais d’éviter de l’énerver, mais le Docteur me répondit par un clin d’œil qui n’augurait rien de bon pour les nerfs du pauvre homme.
Je me dirigeais ensuite vers un des mousses et lui proposa mon aide. Il fut très étonné de me voir débarquer comme un cheveu sur la soupe avec mes étranges vêtements. D’autant plus qu’il se demandait pourquoi un religieux voulait l’aider dans ses basses besognes.

Mousse : - Vous n’avez qu’à m’aider à finir par ici ! M’interpella alors une voix derrière moi.

Je rejoignis le jeune garçon à qui appartenait la voix.

David : - Bonjour, je suis…
Mousse : - Oui, je sais qui vous êtes, coupa-t-il. Vous êtes le père David, vous accompagnez Monseigneur Docteur. Le jeune garçon esquissa un sourire devant mon air étonné. Ne soyez pas surpris, c’est un grand navire, mais les nouvelles vont vite.
David : - Oui, bien sûr… Cela dit, je ne suis pas encore prêtre en réalité… Dis-je gêner. Et toi tu es ?
Mousse : - Je m’appel Pedro, je me suis fait embaucher sur ce bateau ce matin même. Mon père compte parmi les victimes du navire fantôme, alors je tenais à faire partie de l’expédition qui le détruirait, même si ce n’est qu’en tant que simple mousse.
David : - Oh, je suis désolé pour ton père…
Pedro : - Ce n’est rien…
David : - Et tu as quel âge ?
Pedro : - J’ai 15 ans ! Me répondit-il.

Je fronçais les sourcils, il me semblait encore un peu jeune pour traîner sur un bateau, c’était si dangereux à cette époque.

David : - Ta mère n’est pas inquiète de te savoir en mer ?
Perdro : - Si bien sûr, elle voulait que j’entre dans les ordres comme vous, mais mon père disparu, je deviens l’homme de la maison, alors je dois veiller sur elle et gagner de l’argent.
David : - Oh…
Pedro : - Ne soyez pas triste pour moi mon père, au contraire, je suis bien plus heureux sur ce bateau qu’enfermé dans un monastère. J’ai toujours voulu voyager alors partir en mer, c’est un peu un rêve qui se réalise…
David : - Oui, je vois très bien de quoi tu parles, le Docteur voyage pas mal aussi et même si je ne le connais pas depuis très longtemps, j’aimerais beaucoup continuer à le suivre quand cette histoire sera terminée.

Je continuais ma conversation avec ce Pedro, il semblait très intéressé par le Docteur et tout ce qu’il savait du navire fantômes et me posa beaucoup de questions auxquelles j’essayais de répondre sans prononcer les mots « Aliens », « Vaisseaux spatiaux » et « Voyages dans le temps et l’espace dans une petite boîte bleue… ». Après plusieurs heures de discussion avec lui, il me devint très sympathique et je mis donc d’autant plus de cœur à l’ouvrage pour l’aider un maximum dans son travail qui ferait frémir les défenseurs des droits des enfants…
Parfois mon labeur était entrecoupé par des marins inquiets pour leurs âmes et qui venais me demander l’absolution. J’avais beau leur expliquer que je n’étais pas encore prêtre, ils revenaient toujours à la charge. Aussi après la 5ème tentatives en moins d’une heure, je décidais de les satisfaire en pardonnant tout le monde…
Et finalement, joué au confesseur fut une bonne idée, car au lieu de leur demander de réciter des prières en pénitence, je leur ordonnais de nous aider dans le nettoyage du pont, ils ronchonnèrent tous en affirmant que ce genre de travail était destiné aux mousses, mais c’était ça ou l’Enfer, alors leur choix fut vite fait…
Nous eûmes ainsi fini beaucoup plus vite et nous pûmes, moi et les autres mousses profiter de la fin de la journée en toute tranquillité en se laissant bercer par les vagues frappant contre la coque.

De son côté, le Docteur étudiait toujours les cartes et sortait de temps en temps pour prendre l’air et voir comment je m’en sortais avec les brosses. Parfois il débarquait sur le pont en courant avec un air triomphant et son tournevis clignotant dans sa main, il visait alors le large et lâchait un juron de déception avant de repartir dépiter, visiblement déçu que sa théorie ne soit pas la bonne.

Enfin, le soir arriva et la nuit commençait à tomber.
Le Docteur sorti de la cabine du Capitaine et je laissais Pedro à ses tâches du soir pour le rejoindre.

David : - Alors, vous avez trouvé des choses intéressantes sur les cartes ?
Ten : - Non, absolument rien, cette zone n’a rien de particulier au niveau géographique, ni au niveau des courants, ni au niveau du taux de particules zanzirites, en revanche, j’ai détecté une concentration d’ondes électromagnétiques plutôt inhabituelles…
David : - Et c’est mauvais ?

Il fronça les sourcils et scruta l’horizon d’un air méfiant.

David : - Ouais, c’est mauvais donc…
Ten : - On ne devrait pas tarder à le croiser… Dit-il sombrement.

Je ressentis soudain une certaine appréhension. Jusqu’à présent, ce bateau fantôme était resté très abstrait, mais là, avec la tombée de la nuit et l’excitation tendue de tout l’équipage. La menace devenait de plus en plus présente et je commençais moi aussi à être gagné par l’inquiétude.

David : - A votre avis, qu’est-ce que ça peut être ? Demandais-je en espérant que le jargon scientifique du Docteur me rassurerait un peu.
Ten : - Je n’en sais rien, mais ce n’est certainement pas un navire fantôme ! S’exclama-t-il en souriant.
David : - Ba ça y ressemble pas mal quand même… Murmurais-je doucement.

Le Docteur ne saisit pas tout de suite, mais il n’eut qu’à suivre mon regard pour comprendre.
Le navire fantôme était là, il venait de surgir des ténèbres. L’atmosphère se rafraîchit soudain et un épais brouillard envahit doucement le pont.
Subjugué par ce spectacle, j’entendis à peine le Capitaine hurler au branle bas de combat.

Citation:
J’étais totalement hypnotisé par ce que j’avais sous les yeux.
Le froid commençait à nous entourer et c’est en frissonnant que j’observais le navire glisser doucement vers nous. Le Docteur n’avait cessé de dire que le navire fantôme ne pouvait pas être un navire fantôme, pourtant, ce que j’observais ne pouvait prêter à confusion…
C’était un immense bateau, aussi grand que celui dans lequel nous nous trouvions, un galion également. Mais bien qu’il ait l’air d’être en bois, il scintillait d’une lueur argenté, un peu comme un clair de lune.
C’était incroyable !
J’avais un vrai bateau fantôme juste devant moi !
Je me rapprochais doucement du bastingage et je réalisais soudain que ce navire, aussi beau soit-il, était surtout terrifiant.

David : - Docteur ?! Murmurais-je enfin à la recherche d’explication en me tournant vers lui.

Son visage, entourer de brume, était illuminé par le lointain éclat que dégageais le vaisseau ennemi et je le vis froncer les sourcils alors qu’il réfléchissait.

Ten : - Impossible ! Marmonna-t-il en sortant son tournevis sonique de sa poche.

Il le pointa en direction du navire fantôme et actionna la loupiotte bleue.

Ten : - OUI, j’en étais sûr !!! S’écria-t-il satisfait après quelques secondes de silence à écouter le grésillement du tournevis. Je persiste à dire que ceci n’est pas d’origine surnaturel, mais bien Alien !

Je soupirais de soulagement, cette révélation ne rendait pas l’approche de cette chose moins inquiétante, mais au moins, je savais maintenant que tout cela avait une explication logique...
Hey une minute !!! Depuis quand l’explication Alien est-elle devenue une explication logique ???
La réponse à ma question me pris par les épaules et me tira de mes pensées.

Ten : - David, je ne sais pas si je pourrais éviter l’abordage, alors va te mettre à l’abri dans la cabine, je m’occupe de tout !

Et il s’éloigna à grandes enjambés avant de disparaître dans le brouillard de plus en plus épais.
Bien entendu je décidais de le suivre et en me voyant marcher à ses côtés il s’arrêta, moi non, si bien que je le dépassais de quelques pas avant de m’arrêter à mon tour.

David : - Bah alors vous venez, je sais pas si vous avez remarqué, mais il se rapproche votre navire Extra-terrestre !

Le Docteur ne bougea pas.

Ten : - Je t’ai dit de retourner dans la cabine, je ne veux pas…
David : - Qu’il m’arrive malheur. Coupais-je avec agacement. Oui je sais, vous m’avez déjà fait le coup sous la Tour Eiffel je vous rappel et si je n’étais pas revenu…
Ten : - Si tu n’étais pas revenu, je me serais débrouillé autrement !
David : - Je n'en doute pas, mais peu importe, cette fois, je suis avec vous, un point c’est tout !!! Décrétais-je avec détermination. Et puis, franchement, fantômes ou pas, ce truc là me fiche trop la trouille, dis-je en pointant le bateau du doigt, alors je ne vous lâche pas d’une semelle !

Le Docteur esquissa un sourire avant de repartir.

Ten : - Bon, très bien, mais sois prudent !

Je souris à mon tour en le regardant passer devant moi, il avait cédé, relativement facilement d’ailleurs…
J’avais le sentiment que chaque seconde passée avec lui me faisait gagner du terrain dans notre petit jeu du chat et de la souris, son hésitation à me faire partir et mon obstination à vouloir rester commençaient à avoir raison de lui.

Je me secouais soudain et le suivit. Nous courrions maintenant le long du pont, vers l’arrière de la Santa Esperanza, mais notre course était ralentie par la multitude de marins qui nous bousculaient dans leur précipitation à se préparer au combat.

David : - Qu’est-ce que vous comptez faire ? Demandais-je en criant pour couvrir les hurlements des marins.

L’air était si glacial maintenant que je pouvais voir mon haleine, mais l’excitation du moment m’empêchait d’avoir froid, malgré le simple tee-shirt que je portais.
Le Docteur lui, semblait supporter la température sans problème et était toujours d’un calme olympien et rassurant compte tenu de la situation qui promettait d’être explosive.

Ten : - Je veux éviter un carnage ! Dit-il alors que nous approchions du pont supérieur.

Nous y rejoignîmes enfin les deux responsables du navire. Le Capitaine était très concentré et son regard semblait transpercer le brouillard en direction de l’ennemi. Le Gouverneur lui, était plus volubile et sa tête ne cessait de faire des allées et venues entre ses hommes et le vaisseau fantôme.

Gouverneur : - Ah vous voilà Docteur ! S’écria-t-il en nous voyant approcher. Vous arrivez au bon moment, nous allons lancer l’attaque d’une seconde à l’autre, si vous vouliez bien aller bénir nos hommes, cela leur donnera du courage…
Ten : - Je suis désolé, mais je ne suis pas venu pour ça ! Coupa le Docteur. Vous n’êtes pas obligé d’utiliser la force, laisser moi tenter de régler ça autrement.

Le Gouverneur et le Capitaine échangèrent un regard perplexe.

Ten : - Ecoutez-moi, si vous me laissez les approcher, je peux tenter de les raisonner et le combat sera inutile et vous éviterez de nombreuses victimes supplémentaires.
Gouverneur : - Docteur, ne soyez pas stupide ! Comment voulez-vous raisonner les créatures de Satan ! S’exclama le Gouverneur choqué, le Capitaine ne parla pas, mais il était clair qu’il n’en pensait pas moins.
David : - Il veut dire exorciser ! M’interposais-je soudain avant que le Docteur ne reprenne la parole. « Raisonner » c’est le terme technique pour « exorciser » en fait…

Mon explication était plutôt vaseuse, mais sembla convaincre le Gouverneur, mais ça ne le fit pas changer d’avis pour autant.

Gouverneur : - Docteur, je ne remets pas en doute vos compétences mystiques, mais je ne pense pas qu’un exorcisme ait la moindre efficacité sur ce que nous avons sous les yeux. Et en réalité, si nous avons accepté votre présence sur ce navire, c’est uniquement pour rassurer les hommes, alors allez faire ce pour quoi vous êtes là et laisser nous nous charger des spectres !

Le ton du Gouverneur était resté aimable, mais ne souffrais aucune réplique, le vaisseau fantôme était à lui et il ne laisserait personne lui voler la vedette aux yeux du roi d’Espagne.

Et contre toute attente, le Docteur n’insista pas. Il me fit signe de le suivre et redescendit sur le pont inférieur, je le suivis un peu déconcerté, j’avais du mal à imaginer que le Docteur puisse abandonner si facilement.

Ten : - J’aurais dû me douter que le Gouverneur faisait partie de ces gens qui attaquent d’abord et pose des questions ensuite et l’appât du gain n’arrange rien !
David : - Euh, en même temps, les fantômes, je veux dire les Aliens, ne se sont pas montrés très amicaux jusqu’à maintenant. Fis-je remarquer.
Ten : - Je ne crois pas que ce soit une raison suffisante pour tenter de les éliminer. Et puis, leur bateau n’est un bateau qu’en apparence et il n’est pas armé que de simples canons. Autrement dit, je ne donne pas chère de notre coquille de noix si les Aliens se lasse des attaques humaines !

Il s’arrêta alors devant une chaloupe et quand il commença à monter dedans, mes pires craintes furent confirmées.

David : - Oh non, ne me dites pas que nous allons les affronter la dedans ?!
Ten : - Non, JE vais les affronter, toi tu restes à bord, je risque d’avoir besoin de toi si mon plan venait à échouer !
David : - Besoin de moi ? Remarquais-je ravi. Il y a tout juste cinq minutes, vous vouliez que j’aille m’enfermer dans la cabine…
Ten - Oui, mais tu as refusé, tant pis pour toi. Dit-il avec un regard inquiétant qui fit fondre mon air ravi illico.
David : - Ok, je l’ai cherché… Alors, qu’est-ce que vous allez faire ?
Ten : - Je vais tenter de leur parler !
David - Vous allez QUOI ?!?!?!
Ten : - Fais-moi descendre !!!

Je m’exécutais à contre cœur, je me saisi de la corde et la fit lentement glisser dans la poulie. Une fois à flot, plusieurs mètres plus bas, le Docteur me cria ses dernières recommandations.

Ten : - Quand j’aurais été capturé, si le navire…
David : - Capturé ? Coupais-je. Et s’ils décident de vous tuer directement ? Remarquais-je penché par-dessus le bastingage.

Le Docteur pris une inspiration pour parler, mais au lieu de cela, il referma la bouche et fronça les sourcils.

Ten : - Ce serait vraiment pas de chance… Dit-il finalement.

Je levais les yeux au ciel exaspéré, « Pas de chance » !!!!!! Mais d’où il sort ce type…

Ten : - Quoi qu’il en soit, reprit-il, si une fois que je serais à bord, le vaisseau fantôme ne fait pas demi tour, arrange toi pour prendre la fuite au plus vite !!!!
David : - Euh, ok, pas de problème… Je fis une pause le temps que mon cerveau assimile cette information. QUOI !!!!!! Docteur !!! Comment je m’y prends pour faire un truc pareil !!! Docteur !!!!! Hurlais-je.

Mais il était déjà en train de ramer en direction du navire fantôme et très vite, il disparu complètement à ma vu, englouti par le brouillard.
Je ne parvenais plus à le distinguer, mais je pouvais toujours voir la masse fluorescente du bateau Alien se dessiner vaguement dans la brume.
Un silence de mort envahit soudain la Santa Esperanza et je compris que l’attaque était imminente.

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Alors que j’attendais anxieusement de savoir comment les choses allaient tourner, le Docteur ramait aussi vite qu’il le pouvait en direction du navire fantôme en espérant qu’il avait eu raison de penser que les Aliens préféraient des victimes vivantes. Il en était quasiment certain suite au témoignage du survivant, il avait bien affirmé que les Alien avaient entraîné les hommes à bord, pas qu’ils avaient commis un massacre et puis, il n’avait pas entendu parlé de cadavres depuis notre arrivée alors…
Cependant, il commençait à se sentir bien seul dans sa frêle embarcation, sentiment de solitude renforcé par le silence total qui régnait autour de lui, ainsi que par la brume, si épaisse qu’il ne distinguait même pas le bout de ses rames.
Mais son instinct lui disait qu’il était près du but, alors il rama de plus belle.

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J’étais encore appuyé sur le rebord, essayant de distinguer quelque chose, mais tout ce que je pouvais voir était le navire fantôme toujours plus proche de nous.
Et tout à coup.
BANG !!!!
Un bruit assourdissant déchira le silence et résonna à mes oreilles. Je compris très vite que le premier coup de canon avait été tiré et il fut immédiatement suivi d’une dizaine d’autre.
Mon estomac se contracta quand je réalisais que le Docteur se trouvait quelque part entre les deux navires et qu’à cet instant, une pluie de boulet de plomb devait lui tomber dessus.

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SPLASH !!!
Un boulet venait de plonger dans l’océan à quelques mètres à peine de la chaloupe du Docteur, provoquant quelques vagues.
Une fraction de seconde plus tard, c’est un autre boulet qui s’écrasa dans l’eau, si près cette fois que les remouds qu’il provoqua trempèrent le Docteur et manquèrent de le faire chavirer.
Il était cependant assez satisfait, la portée des canons était un peu juste et ne parvenaient pas encore à atteindre l’ennemi. Il avait donc encore un peu de temps devant lui.
Il accéléra la cadence et alors qu’il commençait à se demander s’il arriverait un jour, il se sentit tout à coup happer par une force étrange, mais qu’il avait déjà eu l’occasion de subir au cours de sa longue vie.

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A bord de la Santa Esperanza, le Capitaine venait d’ordonner un cesser le feu. Le son des boulets plongeant dans la mer avait clairement démontré que les projectiles n’atteignaient pas encore leur cible. Il fallait attendre que le navire fantôme se rapproche.
J’en fus rassuré, même si je ne pus m’empêcher de penser qu’un de ces boulets aurait très bien pu toucher le Docteur.
Bon sang ! Que faisait-il ?
L’attente était insupportable et ne rien savoir n’arrangeait pas les choses, je tapais sur le rebord de bois et commença à faire les cent pas…
Que m’avait-il dit déjà ??
Ah oui, si le navire fantôme ne s’éloigne pas, alors je devrais trouver un moyen de prendre la fuite…
Le Docteur avait vraiment un sens de l’humour très particulier !!!

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Ce dernier était justement en train de se relever, il était enfin à l’intérieur du navire fantôme.

Ten : - Oï ! L’ancien modèle de téléporteur ultra-ionique… C’est pas mon préféré celui-là… Marmonna-t-il en se relevant difficilement.

Mais très vite, des mains l’aidèrent à se redresser sans le moindre ménagement.

Ten : - Hey !!! Doucement…

Il s’interrompit en constatent que les mains n’étaient pas des mains, ou en tout cas, pas dans le sens traditionnel de la chose.
En fait, on aurait plutôt dit des tentacules, elles étaient froides et légèrement humides et le Docteur fit immédiatement le rapprochement avec le témoignage du dernier survivant.
Les Aliens qui l’avaient encerclé lui était familier, ils avaient une forme humanoïde avec deux bras et deux jambes, la peau jaune, quatre tentacules à la place des mains et une étrange tête de poulpe avec une sorte de bec de perroquet en guise de bouche.

Une fois debout, il cessa de s’intéresser à ses ravisseurs et pu constater qu’il se trouvait dans une petite salle à l’intérieur d’un vaisseau spatiale. Mais il n’y resta pas longtemps, les Aliens à tentacules le conduisirent dans une autre salle, à l’autre bout du vaisseau.

Ten : - Hey, doucement, je suis venu de mon plein gré pour vous parler !
Alien : - Nous allons vous conduire au Patriarche, il décidera ce que nous allons faire de vous.

Parfait, pensa-t-il, il ne lui restait plus qu’à attendre et en attendant justement, il étudia le vaisseau d’un peu plus près.
L’endroit était anormalement sombre, comme s’il manquait d’énergie. Le Docteur fronça les sourcils, il commençait déjà à comprendre et s’il ne se trompait pas, alors il avait de grandes chances de tout arranger aussi facilement que rapidement.
Après de longues minutes de marche dans les couloirs sinueux se tortillant dans le vaisseau, le Docteur et son escorte arrivèrent enfin à destination. Il s’agissait d’une grande salle, bien mieux éclairé que le reste, sans doute parce que les Aliens concentraient le peu d’énergie qu’il leur restait dans cette salle.

En effet, il semblait qu’une grande partie des passagers de ce vaisseau était rassemblé ici, une bonne centaine en tout.
Le Docteur avait à peine atteint le centre de la pièce que déjà, celui qu’ils avaient appelé le Patriarche s’adressa à lui.

Patriarche : - Qui êtes vous ? Demanda-t-il simplement d’une grosse voix autoritaire en faisant claquer son bec.
Ten : - Bonjour, je suis le Docteur ! Répondit l’intéressé dont l’humeur était très joyeuse, malgré le fait qu’il était toujours trempé d’eau de mer.
Ten : - Bien, maintenant c’est à votre tour de me dire qui vous êtes ! S’exclama-t-il. NON ! Je sais déjà qui vous êtes, vous êtes des Paravins, je me trompe ?

Le visage déconfit des Aliens montrait que non.

Ten : - Alors, ma question sera donc, qu’est-ce que vous faites sur Terre et pourquoi attaqué vous des navire humains sans défense ?!

Cette fois, la bonne humeur du Docteur s’était teintée d’une petite pointe de colère, subtile, mais inratable.
Le chef Paravin la sentit et malgré son évidente supériorité contre ce Docteur, il préféra répondre à son interrogation.

Patriarche : - Vous avez raison, Docteur, nous sommes bien des Paravins, de la galaxie Paravine. Je suis le Patriarche de cette famille. Dit-il en montrant sa grande famille de ses tentacules. Nous avons été abattus au-dessus de cette planète primitive par un vaisseau ennemi de notre peuple, la bataille a fait rage et nous avons fini par l’avoir, mais nous étions gravement touchés et nous avons dû nous poser en catastrophe en plein océan. Mais l’entrée de cette atmosphère n’a pas été sans dommage, toute notre énergie c’est dispersé, nous laissant dans l’incapacité de repartir…
Ten : - Et une fois dans l’océan, votre système caméléon a pris l’apparence de la première chose qu’il a eu à porté de son scanner, c’est un dire un galion espagnol… Brillant ! Maintenant expliqué moi pourquoi vous en prenez vous aux humains… Ne me dites pas que… NON !!!

Le Docteur se passa la main dans les cheveux avant de reprendre en criants presque, les yeux exorbités.

Ten : - Vous utilisez l’énergie naturelle qui se dégage d’un être vivant pour recharger votre vaisseau !
Patriarche : - C’est exact Docteur, vous êtes particulièrement intelligent... Nous avons d’abord tenté l’énergie solaire, mais nos capteurs ont été complètement détruits pendant le crash. Nous avons alors essayé de concentrer l’énergie des poissons, mais ce n’était pas suffisant, il nous aurait fallu vider l’océan pour espérer pouvoir repartir un jour. Mais alors que nous pensions être perdu, nous avons découvert les humains, ils naviguent sur ces eaux avec de petits engins très fragiles, ils sont encore si primitifs, mais suffisamment complexes malgré tout pour être intéressants en terme énergétique, alors nous avons commencé à les cueillir.

Le Docteur sentit la colère monter en lui, mais il respira un grand coup pour se calmer avant de reprendre, ces Aliens semblaient plus inconscient que dangereux, il valait donc mieux y aller doucement.

Ten : - Alors vous avez capturé, puis vider de leur énergie des êtres humains, uniquement pour refaire le plein ??

Les Paravins ne semblèrent pas spécialement choqué par cet état de fait, ce qui exaspéra le Docteur.
Il souffla encore un peu avant de reprendre.

Ten : - Bon, écoutez-moi, je peux sans doute vous aider, dites-moi où se situe le problème et je pourrais y remédier et vous n’aurez plus à vous servir d’êtres humains !
Patriarche : - Mais Docteur, vous nous avez déjà aidé en venant ici. Tout nos capteurs indiquent que vous n’êtes pas humains, j’ignore de quelle espèce vous êtes, mais votre énergie semble illimité, une fois que nous l’aurons extirpé de votre corps, nous serons prêts à repartir. Conduisez-le en cellule de pompage !

Aïe, voilà une éventualité que le Docteur avait prévu, mais qu’il espérait bien ne pas voir se réaliser.

Ten : - Vous commettez une grave erreur !!! Cria le Docteur alors qu’il était saisi par des mains tentaculaires et conduit à travers le vaisseau en direction d’une cellule.

Citation:
David : - Qu’est-ce qu’il fait ? Mais qu’est-ce qu’il fait ?

J’étais toujours sur le pont, les doigts pratiquement plantés dans le bois de la rambarde tant ils étaient crispés par l’inquiétude.

David : - Pourquoi met-il autant de temps ? Murmurais-je en scrutant la brume.

C’était totalement inutile, on ne pouvait rien distinguer d’autre que la triste lueur argenté du navire fantômes à travers ce brouillard opaque, mais c’était suffisent pour savoir que les Aliens ne reculaient toujours pas. Au contraire, ils étaient dangereusement proches et ce n’était plus qu’une question de secondes avant que le Capitaine ne donne à nouveau l’ordre de faire feu.
Et ça ne manqua pas, j’avais à peine formulé cette pensée que je sursautais au son des canons qui s’étaient remis à tirer.

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Le Docteur était mené par son escorte dans l’enchevêtrement de couloirs composant le vaisseau.
Mais alors qu’il cherchait un moyen de s’enfuir, une diversion providentielle lui fut offerte, le tirant provisoirement d’affaire.
En effet, de violents coups de feu se firent entendre en provenance de l’extérieur. Apparemment, les humains se sentaient suffisamment proche maintenant pour se remettre à tirer et une fraction de seconde plus tard, la salve de boulet atterrie lourdement sur la coque du vaisseau, le faisant résonner comme une énorme cloche.
Le Docteur pesta entre ses dents, si les humains reprenaient leurs attaques, ce ne serait plus qu’une question de minutes avant que les Aliens ne ripostent et il devait absolument trouver un moyen d’empêcher ça avant que le navire humain ne soit réduit à l’état de cure dents.
Il profita donc que l’attention de ses geôliers soit détourné par le bruit et les secousses provoquer par les boulets pour sortir son tournevis sonique et faire sauter un panneau de commande sur la paroi juste à côté de lui. Des étincelles en jaillirent et la porte qu’elle contrôlait se referma soudainement, mais pas avant que le Docteur ne se soit glissé derrière.
Il entendit avec satisfaction les coups des Paravins se répercuter inutilement sur la porte métallique alors qu’il la scellait d’un autre coup de tournevis.

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Autour de moi, la pression était à son comble. Les boulets de canon avaient enfin atteint leur but, mais contre toute attente, au lieu de provoquer de cruels dégâts dans la coque de bois, les sphères de plombs ne firent que rebondir tout en émettant un effroyable son métallique.
Les marins avaient cessé tous mouvements et échangeaient des regards abasourdis.
En ce qui me concerne, même si je me doutais que les boulets ne suffiraient pas, je ne pus retenir une exclamation de surprise.
Les hommes autour de moi me lancèrent des regards inquiets et interrogateurs, comme si mon rang d’homme d’église me conférait des réponses qu’ils n’avaient pas, c’était plus ou moins le cas d’ailleurs, mais je n’y prêtais pas vraiment attention, des oreilles du XVI ème siècle n’étaient certainement pas prêtes à entendre la vérité. Je me contentais donc de guetter anxieusement une réaction de la part des Aliens.

Puis, alors que le temps semblait s’être arrêté, une voix déchira le silence tendu qui régnait à bord. C’était le Capitaine qui hurlait pour dissiper le moment de flottement provoqué par le son inattendu de la coque du bateau ennemi. Il ordonnait à ses hommes de recharger les canons et de faire feu à nouveau.
J’arrivais à peine à le distinguer dans la brume, seule la grande plume rouge qui ornait son chapeau me permettait d’apercevoir ses mouvements parmi ses hommes. En revanche, je sentis très bien la main qui se posa sur mon épaule alors que les marins se reprenaient enfin et se remettaient au travail.

Gouverneur : - Mon Père ?

La tension et l’angoisse me firent à nouveau sursauté.

Gouverneur : - Désolé de vous avoir effrayé…
David : - Ce n’est pas grave, mais je ne suis pas encore prêtre, en fait…

Le Gouverneur ne prêta aucune attention à ce détail, comme tout le monde sur ce navire d’ailleurs.

Gouverneur : - Où se trouve le Docteur ?

Son animosité semblait s’être temporairement estompé, remplacé par le stress et l’inquiétude, peut être espérait-il un peu d’aide finalement, dommage qu’il n’est pas réalisé plus tôt…

David : - Euh… Il est… parti… Bredouillais-je alors qu’à nouveau, le son métallique du vaisseau fantôme résonnait dans la nuit.

Le Gouverneur ferma les yeux en entendant se bruit qui ne présageait rien de bon et les rouvrit presque aussitôt.

Gouverneur : - Comment ça « parti » ?!

Je cherchais désespérément une réponse plus satisfaisante que « le Docteur a allégrement piétiné votre autorité pour aller batifoler tout seul avec les fantômes », pour le ménager… et surtout pour éviter de lui rappeler qu’il ne pouvait pas nous supporter, mais il aperçue derrière moi qu’il manquait une chaloupe, il me lança alors un regard interloqué avant de s’écrier :

Gouverneur : - Ne me dites pas que…

Il était visiblement choqué, mais au lieu de me préparer à subir ses foudres, je me rappelais soudain que le Docteur m’avait demandé de fuir au plus vite s’il ne parvenait pas à faire faire demi tour aux Aliens. Je décidais donc de profiter du trouble du Gouverneur pour tenter d’obtenir de lui un ordre de rémission.

David : - Gouverneur ! Le Docteur est parti tenter un exorcisme, mais il a visiblement échoué et il est évident que vos armes sont inefficaces, alors je pense que nous devrions peut-être faire demi tour… euh, genre assez rapidement… Sans vouloir vous commander…

Il sembla étudier ma demande un instant, le regard dans le vague et pendant une seconde, je pensais l’avoir convaincu. Mais il se reprit soudain, la promesse d’une belle récompense et d’un avancement considérable avait dû faire un petit coucou à son cerveau. Il me fixa d’un regard dur, signe qu’il se souvenait à nouveau qu’il nous avait dans le nez le Docteur et moi.

Gouverneur : - Il en est absolument hors de question ! Rugit-il. Ce n’est pas parce que l’évêque a été assez stupide pour se jeter dans la gueule de loup que nous allons laisser tomber ! Nous enverrons cette chose infernale par le fond, quoi qu’il nous en coûte !!!

Il s’éloigna ensuite, toujours un peu nerveux, mais clairement déterminé.

Je hurlais intérieurement contre la bêtise humaine, mais fus très vite interrompu.

Roberto : - Mon père ?
David : - Je ne suis pas encore… Oh… Soufflais-je, lassé de répéter sans cesse la même chose. Oui ?

Je me retournais pour me trouver face à Roberto, le gros costaud tatoué qui nous avait donné nos foulards au Docteur et à moi. Le mien était d’ailleurs toujours noué autour de ma tête et je l’enlevais pour le fourrer dans ma poche. Ce n’était plus le moment de jouer…

Roberto : - C’est vrai ?? Le Monseigneur Docteur est… Mort…

Je ne savais quoi répondre, je n’arrivais pas à faire le point, les coups de canons, inlassablement suivi de l’insupportable résonance métallique, la disparition du Docteur, l’obstination absurde du Gouverneur et le fait que je devais trouver un moyen de nous tirer de cette galère me donnais une migraine carabiné.
Mais voir le visage désemparé, presque désespéré de Roberto qui me regardait droit dans les yeux me donna une idée. Je n’en étais pas très fier, mais si elle marchait alors je pourrais toujours me consoler en me disant que j’avais sauvé l’équipage.

David : - Oui ! Dis-je abruptement au pauvre Roberto. Je suis désolé, mais Monseigneur Docteur est mort, il a été emporté par les démons et je crains que ce ne soit fini pour lui… Ajoutais-je en priant pour que ce soit faux.

Je vis alors le visage du pauvre homme se décomposer et son regard se teinter de peur alors j’enfonçais le clou.

David : - Désormais nous sommes seuls, il n’y a plus personne pour sauver nos pauvres âmes et si les démons nous mettent la main dessus alors… l’Enfer se refermera sur nous pour l’éternité…

J’espérais m’être montrer assez dramatique et convainquant pour semer la panique dans son esprit.
Et mon souhait avait été exaucé, Roberto resta sous le choc un instant avant de se diriger vers le reste de l’équipage dans un état second. Il ne garda pas la nouvelle pour lui bien longtemps et très vite une totale démotivation s’abattit sur le navire. Les tirs continuaient, mais semblaient sans effet et sans l’évêque pour protéger leurs âmes, pas toujours très net, les marins ne se sentaient plus vraiment d’affronter le Malin.

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Dans la salle principale du vaisseau, les coups de canons continuaient de pleuvoir et de résonner dans la pièce dans un vacarme assourdissant. Le Patriarche commençait à s’en agacer sérieusement, d’autant que pour économiser l’énergie, il avait dû ordonner la mise en veille du bouclier de protection. Les pauvres boulets ne risquaient pas de détruire l’appareil, mais à la longue, ils pourraient endommager la coque et ce n’était pas vraiment le moment.

Patriarche : - Ca suffit !!! Tonna-t-il. Détruisez ces ridicules humains !!! Nous ramasserons les survivants dans les restes de leur morceau de bois !

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Pendant ce temps, le Docteur tentait tant bien que mal de trouver son chemin dans se vaisseau composé de boyaux s’entrecroisant dans ce qui semblait être un dédale totalement chaotique.
Il entendait la résonance des boulets qui cognaient encore et toujours contre la coque.

Ten : - Les humains sont si obstinés… Se dit-il en levant les yeux au ciel.

Mais une secousse vint mettre un terme à ses pensées. Une secousse qui n’avait rien à voir avec les coups de canons et qui était de mauvais augure pour les passagers de la Santa Esperanza…

Les Paravins étaient en mouvement et préparaient sans doute leur riposte.
Le Docteur força le pas, il n’avait plus une seule seconde à perdre, car bien que privé d’énergie, ce type de vaisseau avait toujours une arme de secours, qui bien évidement, ne nécessitait pas d’énergie particulière pour fonctionner, c’est d’ailleurs pour cela que c’était une arme de secours…
L’avantage était que cette arme était relativement primitive, elle fonctionnait sur le même principe que le canon, mais en beaucoup plus puissant, avec missiles explosifs. L’inconvénient, c’est qu’un missile sur un galion du XVI ème siècle ferait forcément quelques dégâts.

Ten : - La salle des machines, la salle des machines !!! Marmonnait le Seigneur du Temps en se passant nerveusement la main dans les cheveux.

Ce n’était pas dans ses habitudes, mais là, il commençait vraiment à être inquiet, ce n’était plus qu’une question de minutes avant que les Aliens ne passent à l’attaque et qu’il perde à nouveau un compagnon, qui n’avait même pas eu le temps d’en devenir un à part entière.

Ten : - Bravo, se dit-il, tu fais de plus en plus fort, maintenant ils ne survivent même plus au premier voyage…

Mais alors qu’il pestait contre lui-même de s’être à nouveau laissé envahir par la curiosité au lieu de me ramener chez moi, la salle des machines apparue devant lui, juste au bout d’un couloir.
Un soupire de soulagement s’échappa de ses lèvres et il couru en direction de la pièce, quand un bruit de pas précipité retentit derrière lui, lui signifiant que les Aliens avaient finalement débloqué la porte. Il sprinta et sorti son tournevis, visa le mécanisme d’ouverture et entra en trombe avant de bloquer la porte, alors qu’il voyait déjà apparaître ses « amis » au fond du couloir. Il leur fit un petit signe de la main pendant que le passage se refermait sur lui.

Il se trouvait dans une grande salle, sombre elle aussi, mais il y voyait suffisamment pour se déplacer et bricoler un peu. Et puis, les Paravins n’étaient pas vraiment connus pour leur avancer technologique et le Docteur n’aurait aucun mal à faire ce qu’il voulait de tous ces circuits.
Et ce qu’il voulait, c’était dévier le tir de missile qu’il savait imminent d’après les vibrations qu’il sentait remonter le long de ses jambes.
Il ne perdit donc pas une minute et ouvrit un des nombreux panneaux de contrôle et commença à bidouiller à l’intérieur, pendant que les Aliens tentaient à nouveau de défoncer la porte.

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Sur la Santa Esperanza la panique s’insinuait doucement, mais pas assez vite à mon goût. Et tout cela me sembla encore plus long quand un vent glacé se leva, dispersant un peu le brouillard et que je vis la fausse coque de bois s’ouvrir pour laisser apparaître… un gros tube métallique ?
Je plissais les yeux pour mieux voir.
Etrange, on aurait dit un canon, mais pas du genre de ceux qu’on utilisait sur ce galion, plutôt le genre de ceux qui ornent les bateaux de guerre du XXIème siècle.
Je sentis soudain mon sang se glacer et personne ne pouvait le voir, mais il était évident pour moi que j’avais changé de couleur à une vitesse phénoménale.

David : - Oh non, pas ça… Murmurais-je accablé.

Cependant, je repris aussitôt mes esprits, je n’étais pas encore mort et on pouvait toujours s’en sortir, enfin, à condition que l’on se bouge vite fait… et que la chance soit avec nous… Beaucoup de chance…
Je courais aussitôt en direction du Capitaine et du Gouverneur, ils étaient toujours sur le pont et réfléchissaient à la manière de percer cette mystérieuse coque de bois qui sonnait comme du métal.

David : - C’est impossible, les interrompis-je sans autre forme de préambule, écoutez-moi, nous devons faire demi tour, TOUT DE SUITE !!!

Les deux hommes me jetèrent un regard condescendant et reprirent leur conversation.

David : - Vous ne faites pas le poids, vos armes ne viendrons jamais à bout de cette chose !!!

Le Gouverneur perdit patience et me saisit par un bras sans ménagement et me conduisit un peu plus loin.

Gouverneur : - Rendez-nous service et retourner dans votre cabine pour prier et laissez nous régler cette affaire ! Siffla-t-il avant de retourner auprès du Capitaine.

Je fronçais les sourcils.
Très bien, tant pis pour eux, j’allais devoir utiliser Dieu pour lancer une mutinerie et je n’avais sans doute pas plus de deux minutes pour y arriver…
Je retrouvais Roberto un peu plus loin, il était entouré de marins et tous semblaient inquiets et terrorisés, plus encore après avoir entendu les éclats de voix échangés avec le Gouverneur.
Je me plantais devant eux et balança de but en blanc :

David : - Deux possibilités, l’Enfer ou la fuite, vous choisissez !

Et le choix fut vite fait, ils n’hésitèrent qu’une fraction de seconde en jetant un coup d’œil vers leur Capitaine à qui ils devaient théoriquement une obéissance sans faille, mais un autre regard vers ce qu’ils prenaient pour des démons et vers moi, qui les toisait d’un regard que j’espérais implacable les convaincu rapidement.
Ils se mirent donc au travail et des instructions ordonnant le retour au port furent hurlées par Roberto.
Le reste de l’équipage hésita également, mais devant l’obstination du petit groupe de mutins, les autres tout aussi inquiets cédèrent rapidement, au grand damne du Capitaine et du Gouverneur qui me foudroyèrent du regard.
Ils n’eurent cependant pas le temps de s’en prendre à moi, ils couraient déjà parmi les marins pour les menacer d’un châtiment exemplaire s’ils n’obéissaient pas aux ordres.
Mais le navire fantôme préparant visiblement sa riposte, ces menaces restèrent vaines et la Santa Esperanza entama progressivement un demi tour.
Toutefois, il était un peu tôt pour crier victoire, la portée de ce canon Alien n’était sûrement pas la même que celles des canon du XVI ème.
C’est donc avec une inquiétude grandissante que je gardais un œil sur cette arme encore bien trop menaçante…

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Au même moment, le Docteur continuait son bricolage électronique, il était déjà parvenu à dériver un peu d’énergie de la salle principale pour la faire venir jusqu’à lui et pouvait maintenant espérer accéder au système de surveillance du vaisseau, c’est ainsi qu’il avait pu afficher une image de la Santa Esperanza et c’est avec un immense soulagement qu’il vit que le navire faisait demi-tour.

Ten : - Bien joué ! Murmura-t-il à mon intention.

Les passagers du navire n’étaient pas hors de danger pour autant, mais il ne lui restait plus que quelques manipulations supplémentaires et tout serait prêt, il planta son tournevis sonique au milieu des câbles et des circuits imprimés et parti pianoter sur l’écran pour accéder à la vidéo de surveillance de la salle d’armement, juste à temps pour voir que les Paravins avaient terminé de charger et s’apprêtaient à tirer.

Ten : - Oh non non non non non !!!! Ca ne va pas se passer comme ça !!!

Il se précipita, saisi son tournevis et actionna les ondes soniques. Des étincelles jaillirent de toute la salle des machines et une grande vibration secoua le vaisseau au moment même où les Paravins firent feu. Comme prévu par le Docteur, le tir fut légèrement dévié vers le haut.
Restait à savoir si ça serait suffisant…
Il retourna à l’écran de surveillance et refit apparaître la Santa Esperanza en priant de toutes ses forces que ce soit le cas.

Citation:
Tout ce passait à merveille, la Santa Esperanza avait effectué son demi tour et nous filions maintenant à l’opposé du navire fantôme.
Mais alors que je commençais seulement à me dire que nous étions peut-être enfin tiré d’affaire, le Capitaine me prit par les épaules et me força à le regarder et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’avait pas l’air content…
Je soupirais d’exaspération, décidément, quand ce n’était pas le Gouverneur, c’était le Capitaine qui s’y mettait, ça commençait vraiment à devenir lassant…

Je fus cependant sauvé des hurlements et des menaces qu’il s’apprêtait à me faire par un puissant coup de canon. Le Capitaine fut si surprit qu’il me lâcha et me lança un regard assassin, comme si j’étais responsable de se tir. Sauf que le tir en question ne provenait pas de notre navire, mais bien du vaisseau Alien.
Je palis en voyant une rocket traverser le ciel d’encre à toute vitesse en se dirigeant droit sur nous.
J’entrouvris la bouche, mais aucun son ne put en sortir.
Le missile filait à une vitesse phénoménale et pourtant, j’avais l’impression de le voir arrivé au ralenti, comme si le temps s’était suspendu pour me laissé profiter de ces quelques secondes qu’il me restait à vivre.
Mais il finit malgré tout par arriver sur nous et j’eus tout juste le temps de me dire que j’aurais aimé profiter encore d’une petite seconde de plus avant que le missile n’explose juste au-dessus du navire.
Le souffle de la déflagration propulsa tout l’équipage au sol, moi y compris. La chute fut rude, mais je n’eus pas le temps de me remettre que déjà il fallu rouler au sol pour éviter les nombreux débris de bois qui tombais du ciel.
De toute évidence, le souffle avait fait voler en éclat le sommet du mât et les morceaux de bois nous tombaient dessus comme une pluie fine, mais tranchante.

Puis, le silence revint, assourdissant après un tel vacarme.
J’étais encore allongé sur le ventre, les mains me couvrant la tête, il me fallu quelques secondes pour réaliser que c’était terminé.
Je roulais alors sur le côté pour m’allonger sur le dos, le souffle court.
J’étais indemne… bon, indemne je n’en étais pas encore totalement sûr, mais au moins j’étais vivant !
Je me relevais finalement et une fois debout, je pus constater que j’étais bel et bien en un seul morceau, quelle chance, même pas une écharde !

A côté de moi, le Capitaine se relevait avec difficulté, je m’apprêtais à l’aider, mais il m’envoya paître avec sa joie de vivre habituel, c’était au moins le signe qu’il allait bien…
Je m’occupais donc d’aider d’autres marins et je fus soulagé de voir que personne ne semblait gravement blesser. Et mon soulagement atteignit des sommets quand le Gouverneur hurla la retraite en sortant de sous des débris.
Le Capitaine surgit alors, il ne semblait pas d’accord avec le Gouverneur, ce n’était clairement pas le genre d’homme à prendre la fuite, même quand la victoire n’était pas possible. Mais heureusement pour nous tous, le Gouverneur avait plus de pouvoir et lui n’était pas du genre à mourir au champs d’honneur.
Finalement, devant l’obstination du Gouverneur et la mutinerie de son équipage, le Capitaine dû se plier à contrecœur à l’ordre de rémission.

Notre fuite était grandement handicapée par la destruction du mât principal, mais les rameurs prirent la relève et très vite, la lueur sinistre du navire fantôme disparu dans le brouillard et après plusieurs minutes, le brouillard lui-même se dissipa à son tour et le bateau pu glisser en toute quiétude sur une mer d’huile en direction du port, guidé par la lueur de la lune qui brillait haut au-dessus de nous.

Après avoir fait le tour de la Santa Esperanza pour être sûr que tout le monde allait bien, je me rendis à la poupe.
Dans le silence de la nuit, je pensais au Docteur.
Que lui était-il arrivé ?
Et si les Aliens l’avait laissé en pleine mer ?
Il était peut-être en train de se noyer !
Peut-être que j’avais commis une erreur, peut-être que je n’aurais pas dû provoquer la fuite…
Je savais bien que le Docteur m’avait demandé de le faire, je savais aussi que la fuite était notre seule chance de nous en sortir vivant pourtant…
Le Docteur était peut-être mort et je me sentais affreusement coupable d’être parti ainsi.

Je sentis alors une présence derrière moi et je soupirais de lassitude.
Je n’avais aucune envie de me faire hurler dessus par le Capitaine et le Gouverneur, mais à mon grand soulagement, ce n’était que Pedro.

Pedro : - Je suis désolé pour Monseigneur Docteur. Me dit-il simplement.

Entendre Pedro me présenter ses condoléances pour la mort du Docteur me mis du baume au cœur, pour la bonne et simple raison que cela sonnait à mon oreille comme un contre sens absurde. Certes je connaissais encore bien peu mon nouvel ami, mais il m’avait déjà prouvé qu’il n’était pas du genre à se laisser tuer aussi facilement.

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Dans la salle des machines du vaisseau Paravin, le Docteur avait pu constater avec bonheur que les dégâts du missile avaient été minimes.
Il avait ensuite laissé éclater sa joie quand il comprit que les Paravins ne partirais pas à la poursuite de la Santa Esperanza.
En effet, les Aliens avaient décidé de ne pas s’acharner sur les humains, c’était inutile puisqu’ils avaient toute l’énergie d’un Seigneur du Temps à porter de tentacules.
La porte de la salle des machines vola alors en éclat et le Docteur eu tout juste le temps de récupérer son tournevis sonique avant d’être à nouveau capturé.
Cette fois, son passage devant le Patriarche des Paravins fut rapide. Juste le temps de subir quelques hurlements qui laissèrent le Docteur totalement indifférent.

Patriarche : - Conduisez-le en cellule de pompage et ne le laissé pas s’échapper cette fois ! Hurlais le Patriarche.

Mais avant d’être emmené par ses gardes, bien plus nombreux cette fois, le Docteur ne put s’empêcher d’ajouter un dernier mot.

Ten : - Quand je serais libre à nouveau, pourrons nous avoir une véritable conversation ? Je peux vous aider, mais uniquement si vous me laissez faire. Enfin, je pourrais vous aider contre votre gré en fait, mais ce serait beaucoup plus compliqué et j’avoue que je préfèrerais que vous entendiez enfin raison…

Le Patriarche intrigué et légèrement inquiet par le ton étrange qu’avait employé le Docteur, le regarda s’éloigner avec une soudaine appréhension.

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La Santa Esperanza avait navigué toute la nuit dans le calme le plus complet, puisque la moitié de l’équipage était occupée à ramer et l’autre moitié était sous le choc de ce qu’ils avaient vu et restait dans un état second.
Quand le port fut enfin en vue, le soleil commençait tout juste à pointer ses rayons à l’horizon.
J’avais peu dormi, mais je ne me sentais pas fatigué, juste profondément inquiet pour le Docteur.
Même en partant du principe qu’il était toujours en vie, comment allait-il faire pour s’échapper ?
Et s’il arrivait à s’échapper, comment allait-il rejoindre la côte ?
Autant de questions auxquelles je n’avais pas de réponses et qui me mettait les nerfs à vifs et qui me maintenait parfaitement éveillé.
Pedro avait passé la nuit à me tenir compagnie. Il semblait très triste et m’avait confié qu’il était déçu de ne pas avoir pu venger son père.
J’avais tenté de le réconforter, mais je n’étais pas certains d’y être parvenu, trop absorbé par mes propres préoccupations.
Quoi qu’il en soit, le port était enfin en vue, remettre les pieds sur la terre ferme m’aiderais à réfléchir à ce que je pourrais faire pour aider le Docteur.

Après une bonne heure, le navire était enfin amarré et je m’apprêtais à quitter le navire quand le Gouverneur m’interpella… Encore…
Il était furieux bien sûr et me hurla dessus aussi fort que le lui permettait ses cordes vocales.

Gouverneur : - Ce désastre est entièrement de votre faute, à vous et à votre stupide évêque !!! La seule chose qui vous évite la pendaison, c’est votre appartenance à notre Sainte Eglise, mais je vous prévient, si je vous vois à nouveau dans mon champs de vision, j’oublierais que vous êtes prêtre et je vous ferais exécuter dans la minute, est-ce claire ?!

J’aurais bien eu deux ou trois objections à formuler, comme par exemple le fait que c’était lui qui avait fini par ordonner la rémission et que je n’étais toujours pas prêtre en réalité…
Mais étrangement, j’étais persuadé que ce n’était pas vraiment le bon moment pour la ramener, encore moins si c’était pour lui rappeler que je n’appartenais pas encore à la Sainte Eglise, aussi je me contentais de hocher la tête avant de descendre sur le quai.

J’avais tout juste mis pied à terre que je fus à nouveau sollicité, par Pedro cette fois.

Pedro : - Mon père ! S’exclama le jeune homme en dévalant la passerelle qui menait sur le quai.
David : - Je ne suis pas encore… Oh, rien… Qu’est ce qu’il y a ? Dis-je en me retournant.
Pedro : - Je me rends compte que je ne vous ai pas encore remercié, je sais que si nous sommes toujours en vie un peu grâce à vous…
David : - Oh… C’est… C’est gentil… Bredouillais-je gêné.
Pedro : - Et maintenant que le Docteur est… mort, que comptez-vous faire ?

Encore une fois, Pedro ne pouvait pas s’en douter, mais il était un peu tôt pour affirmer une chose pareille, le Docteur ne pouvait pas être mort…
Cependant, le doute commençait à s’insinuer en moi, bien sûr qu’il pouvait, c’était un Alien survolté, impressionnant et incroyablement intelligent, mais il n’était pas immunisé contre la mort…
Je me sentis soudain profondément abattu, j’étais bien obligé d’envisager cette éventualité, si le Docteur était mort alors je me retrouvais seul au XVI ème siècle et ce que j’allais faire ? C’était une excellente question.

David : - Euh… Je crois que je vais commencer par disparaître de ce port avant que le Gouverneur ne me retombe dessus... Lançais-je avec un pâle sourire censé cacher ma détresse.

Je m’éloignais donc en direction de la place désormais vide, le marché ayant été plié, laissant Pedro seul sur le quai.
Sa question ne me quittais plus, qu’allais-je bien pouvoir faire maintenant ?
L’idée de voler un bateau et de prendre le large pour tenter de retrouver le Docteur, mort ou vif, me traversa l’esprit, mais je ne faisais même pas la différence entre bâbord et tribord alors c’était plutôt mal barré comme plan.

Je déambulais donc un moment oscillant entre espoir et découragement et sans vraiment m’en rendre compte, mes pas me conduisirent devant le Tardis.
Il était toujours là, planter entre ces deux grandes maisons à la fois détonnant par son bleu foncé et invisible grâce à cette histoire de filtre à perception.
Le voir me rassura un peu, j’avais l’étrange impression qu’il n’était pas inquiet, c’est sans doute idiot, une petite boîte bleue n’est pas censé ressentir des choses, mais tout réconfort était bon à prendre alors j’accueillis celui là avec beaucoup de reconnaissance.
J’essayais d’en pousser la porte, je n’avais pas la clé, mais j’espérais que le Tardis me laisserait entrer.
Mais non, j’eus beau pousser de toutes mes forces, la porte ne bougea pas d’un pouce.
Le Tardis pouvait se montrer rassurant, mais n’était de toute évidence pas du genre à se laisser amadouer au point de s’ouvrir sans la précieuse clé.
Je me contentais donc de m’asseoir sur le sol en m’adossant à l’une des parois du vaisseau.
Le front posé sur les genoux, je réfléchissais en espérant que mon cerveau ferait tilt et qu’une idée géniale en ressortirait.

Mais aucun tilt ne vint m’éclairer, non, au lieu de cela, c’est une sonnerie de téléphone qui retentit soudain…
Une sonnerie de téléphone ?!
Je relevais la tête brusquement en me demandant si je n’étais pas tout simplement en train de rêver.
Mais non, j’entendais bien une sonnerie de téléphone, aucun doute là-dessus.
Et elle provenait…
Du Tardis !
Je haussais les sourcils, à force de le voir en temps que Vaisseau, j’avais fini par oublier qu’il avait l’apparence d’une cabine téléphonique.
Je me relevais donc rapidement et cherchais d’où provenait le son et je ne le découvris qu’après en avoir fait le tour.
J’ouvris alors une sorte de petite trappe dissimulée sur le côté et décrocha le combiné d’un vieil appareil.
Je le portais à mes lèvres et bredouilla un « Allo » parfaitement ridicule puisqu’on était au 16ème siècle et qu’à cette époque, les téléphones sont plutôt rare.

Ten : - Allo ! David ?
David : - Euh… Oui…
Ten : - C’est le Docteur, j’aurais besoin que tu me rende un petit service…

Citation:
David : - Docteur ?! Mais… Comment c’est possible ?!

Excellente question, comment le Docteur pouvait-il me téléphoner ?
Parce que même en partant du principe qu’il avait réussi à échapper à la noyade et aux Aliens, il était quand même en train de m’appeler sur un téléphone qui n’était raccordé à rien du tout !!!

Ten : - Et bien c’est tout simple en réalité, j’utilise mon téléphone portable que par chance j’ai gardé dans ma veste, parce que d’habitude je le laisse à bord du Tardis ou dans mon manteau, alors je sais bien que ce n’est pas très malin, mais comme en ce moment je voyage seul, je n’ai pas besoin de le garder sur moi et comme je cours beaucoup il est inutile de risquer de le perdre, mais aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi je l’ai pris, j’ai dû…

Il semblait un peu essoufflé et parlais tout bas, mais tout cela ne l’empêchait pas de parler avec le débit d’une mitraillette.

David : - Docteur !!! Le coupais-je.
Ten : - Oh, désolé… Oui, je disais, je t’appel grâce à mon téléphone portable, je l’ai connecté au Tardis en utilisant une incroyable source électromagnétique qui me sert d’antenne relais en quelque sorte. J’avais déjà découvert cette concentration électromagnétique pendant mes recherches sur la Santa Esperanza, j’avais compris qu’elle provenait du Navire Fantôme, évidemment de quoi d’autre à cette époque ?! Mais je sais maintenant que ce vaisseau en est entièrement saturé. En fait le métal Alien qui en compose la coque s’est chargé magnétiquement en pénétrant dans l’atmosphère terrestre. C’est d’ailleurs cette surcharge électromagnétique qui lui donne cette luminosité phosphorescente et qui dérègle le climat aux alentours. Enfin, tout cela est extrêmement compliqué, mais tout à fait fascinant…

Cette fois, il s’interrompit de lui-même, il devait avoir de la visite, car j’entendis un son étrange à l’autre bout du fil, des voix… Mais je ne parvins pas à définir clairement ce qu’elles disaient…

David : - Docteur ? Appelais-je doucement.

Il ne répondit qu’après que les éclats de voix se soient éloignés.

Ten : - Oui désolé… Bref, tout ça pour dire que si j’ai fait sonner le téléphone du Tardis, c’est parce que j’espérais bien que tu y reviendrais sitôt de retour sur la terre ferme, c’est ce que font tous les compagnons quand ils se sentent perdu, ils retournent au Tardis. Mais c’est compréhensible, il a un effet tellement rassurant, il émane de lui quelque chose d’apaisant et j’ai pu remarquer que les humains y sont très réceptifs, je devrais peut être faire des recherches là-dessus, ça peut-être intéressant et…
David : - Docteur !!!!!!!!!!!!!!!! Je suis vraiment, VRAIMENT ravi de vous entendre, vous n’imaginez même pas à quel point je suis heureux, mais vous êtes à bord d’un vaisseau Alien et vous étiez sur le point de me demander un service, alors restez concentré et demandez-moi avant qu’il ne vous arrive une tuile…
Ten : - Oui, tu as raison, j’ai besoin que tu me rapportes mon manteau.

Sa voix était instable et entrecoupé de soubresauts comme s’il courait, mais l’étrangeté de sa requête me fit oublié de lui demander ce qu’il fabriquait.

David : - Votre manteau ?
Ten - Oui, j’ai besoin de quelque chose se trouvant dans une de mes poches, c’est très important.
David : - Ok, pas de problème… Euh, si en fait il y a un problème. Comment je vous apporte ça si vous êtes en pleine mer ?
Ten : - Ne t’inquiète pas pour ça, trouve juste un bateau, n’importe quelle barque fera l’affaire et rame vers le large, je m’occupe de te récupérer… Enfin, si tout ce passe bien…
David : - Comment ça « si tout ce passe bien » ???
Ten : - Je n’ai plus beaucoup de temps, je suis presque arrivé, je vais devoir te laisser !
David : - Hein ?! Arrivé où ??? Docteur ?!
Ten : - Longue histoire, pas le temps de t’expliquer, n’oublie pas ce que je t’ai dit, à bientôt bisous bisous !

Il raccrocha et le silence se fit dans le combiné que je raccrochais, je fermais ensuite la trappe en haussant les sourcils.

David : - Bisous bisous ????

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Le Docteur raccrocha son téléphone et le glissa dans sa poche tout en courant comme un dératé à travers le vaisseau. Il n’était plus qu’à quelques mètres de sa destination, les voix des Paravins retentirent à nouveau derrière lui, mais cela n’avait plus d’importance désormais, car il touchait au but.
Il déboula comme une furie au milieu de la salle principale où se tenait toujours réuni la famille Paravine et ne s’arrêta qu’une fois devant le Patriarche.

De nombreuses heures plus tôt, le Docteur avait été conduit par les Paravins dans une de ces cellules de pompage. Il y avait passé toute la nuit, dans un état de méditation afin de lutter contre des ondes invisibles qu’il sentait lui traverser le corps en essayant de lui extirper son énergie vital au passage. Au petit matin, il avait estimé que je ne devrais plus tarder à rejoindre le port et avait décidé qu’il était temps pour lui de sortir d’ici, d’autant qu’après tout ce temps passé dans un état de concentration intense, il avait grand besoin de se dégourdir les jambes…

Il avait donc ressortit son tournevis qu’il avait actionné sur le système de verrouillage de la porte et après quelques manipulations, était enfin parvenu à le faire céder.
Il eut le triomphe modeste cependant, car encore une fois, les Paravins n’étaient pas réputés pour leurs avancées technologiques.

Aussitôt sortit, il avait couru dans les couloirs, en prenant garde de ne pas se faire repérer et ce n’est qu’après avoir estimé que j’avais dû rejoindre le Tardis, qu’il chercha un endroit sûr pour téléphoner. Ce vaisseau étant un véritable labyrinthe à moitié plongé dans l’obscurité, il ne lui fallut pas longtemps pour trouver un recoin tranquille d’où passer son coup de fil.
Il avait ensuite utilisé la charge électromagnétique entourant le vaisseau pour permettre au Tardis de capter l’appel et tenta d’appeler… J’ignore si c’est le Docteur qui est incroyablement chanceux, ou si c’est moi qui me suis montré particulièrement prévisible, mais le fait est que j’avais répondu dès sa première tentative.

Mais après quelques instants, les Paravins alertés par ses chuchotements dans le combiné furent attiré vers lui et il dut attendre que les Aliens se soient éloignés avant de se remettre à courir tout en continuant de me parler. Pour terminer, il m’avait ensuite fait son étrange demande et avait dû raccroché rapidement, la salle principale étant enfin en vue.

Pendant tout ce temps, le Docteur était resté introuvable pour les Paravins et le Patriarche avait commencé à s’en inquiéter sérieusement. Il avait de toute évidence sous-estimée ce Docteur qui était parvenu à résister à la cellule d’absorption pendant toute une nuit et qui c’était à nouveau échappé. Comme il l’avait prévenu. Il ignorait ce que recherchait cet homme, mais ça ne pouvait pas être bon, contrairement à ce qu’il annonçait, il était impensable qu’un prisonnier décide d’aider ses agresseurs.
Cependant, alors qu’il hésitait à donner l’ordre à ses hommes de le tuer dès qu’il le verrait, le Docteur était soudain apparu devant lui, légèrement essoufflé, mais le sourire aux lèvres.

L’assemblée fut si surprise de cette soudaine apparition que personne ne fit le moindre geste et le Docteur s’avança donc nonchalamment jusqu’au centre de la pièce.

Ten : - Alors, êtes vous enfin décidé à m’écouter Patriarche ?

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Le manoir du Gouverneur me dominait depuis le sommet de la colline et c’est avec une grande appréhension que je la gravis.
Ma seule chance était que le Gouverneur devait toujours être au port à s’occuper de préparer la prochaine expédition avec son ami le Capitaine.
Mais si par malheur il était chez lui…
Je n’osais même pas y penser.
Quand finalement j’atteignis la porte, je respirais profondément avant de frapper.
Peut être qu’il n’était pas sérieux quand il avait dit qu’il me pendrait si je revenais rôder dans son champ de vision.
Quand le majordome vint ouvrir la porte en me toisant de toute sa hauteur, je réalisais que non, ce n’était sûrement pas le genre à plaisanter.

David : - Bonjour…

Le serviteur ne répondit pas et se contenta de me fixer de son regard sévère.

David : - Euh… Vous vous souvenez de moi ? Je suis le jeune prêtre qui accompagne Monseigneur Docteur…

Cette fois il me répondit après un petit moment de silence.

Bernardo : - Je croyais que vous n’étiez pas encore prêtre.
David : - Ok… Bon écoutez, je ne vais pas m’attarder ici bien longtemps, en fait je voudrais simplement récupérer le manteau de l’évêque qu’il a laissé dans la chambre.

Le valet ne semblait pas vouloir réagir.

David : - S’il vous plaît… Monsieur… Ajoutais-je presque suppliant.

Il me transperça de son regard et j’avais la désagréable impression que j’avais commis une erreur fatale en venant frapper à cette porte au petit bonheur.

Bernardo : - Le Gouverneur m’a fait savoir que si je vous voyais rôder dans les parages, je devais vous faire arrêter et vous envoyer directement en prison en attendant la pendaison.

Mon impression venait d’être confirmé et je cru un instant que mes jambes allaient céder sous moi, mais je me repris aussitôt. Il était seul et rien ne m’empêchait de lui sauter dessus pour l’assommer avant de filer chercher le manteau et de ficher le camp d’ici en courant, le temps qu’il appel à l’aide je serais déjà loin…

David : - Et si on faisait comme si je n’étais jamais venu ?

Et alors que je réfléchissais au moyen de l’assommer avant qu’il n’ait eu le temps d’appeler du renfort, le brave Bernardo m’interrompit.

Bernardo : - Ne bougez pas, je vais le chercher.

Il me fit alors entrer dans le hall et me demanda d’attendre ici, je restais méfiant, mais il me rassura en me disant que je risquais moins de me faire remarquer en restant à l’intérieur qu’en attendant devant la porte à la vue de tout le monde.
C’est donc profondément anxieux que j’attendis le retour du valet en me demandant à chaque seconde si tout ça n’était pas un piège.
Au retour de Bernardo, je compris que je m’étais inquiété pour rien, il me confia le précieux manteau.

Berardo : - Pensez-vous sérieusement que je sois suffisamment payé pour risquer de faire pendre un prêtre ? Me demanda-t-il en sentant mon soulagement.

Il me conduisit ensuite à travers le manoir jusqu’à une petite porte latérale qui donnait sur l’autre versant de la colline, le trajet de retour serait donc plus long puisque cela m’obligerait à faire tout le tour de la butte pour revenir vers le port, mais au moins, je ne risquais pas de croiser un Gouverneur hystérique qui aurait envie de me pendre pour se détendre…
Je remerciais le valet une dernière fois avant de partir.

Bernardo : - Oh et si vous pouviez faire par au Tout Puissant de ce que je viens de faire pour vous…

Je haussais les sourcils.

David : - Euh, pas de problème, je lui enverrais un SMS quand je serais rentré ! Plaisantais-je. Oh, laissez tomber, jargon religieux… Ajoutais-je devant son incompréhension avant de filer pour de bon.

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Patriarche : - Docteur, il semblerait que vous soyez vraiment un être à part !
Ten : - Evitons les évidences et passons aux choses sérieuses ! J’ai compris que vous vous étiez écrasé sur Terre par erreur et que vous aviez besoin d’énergie pour repartir. Hors, si vous me le permettez enfin, je sais comment vous faire repartir sans avoir à pomper l’énergie vitale de qui que ce soit. Il suffit que vous me fassiez confiance !

Il fit une pause pour laisser le temps aux Paravins de saisir toute la portée de ses paroles.
Et sa déclaration fut aussitôt suivi d’un brouhaha alors que les Aliens faisait claquer leurs becs de perroquet en échangeant leurs avis, mais très vite, le Patriarche imposa le silence.

Patriarche : - Silence ! Nous n’avons pas vraiment le choix, j’imagine qu’il vaut mieux vous avoir de notre côté… Il poussa un profond soupire de lassitude et de résignation. Et après tout, qu’avons-nous à perdre…

Son immense famille semblait méfiante, mais se plia à la volonté de leur père, il avait raison, qu’avaient-ils à perdre ? Au mieux, ce Docteur les tiraient d’affaire, au pire, il se moquait d’eux et alors ils n’auraient qu’à le tuer à défaut de pouvoir lui prendre son énergie et à reprendre la cueillette des humains…

Patriarche : - Comment comptez-vous nous aider Docteur ?
Ten : - Avant de vous aider, j’aimerais que vous libériez les humains encore en vie, que vous les soigniez et que vous les rameniez sur la terre ferme ! Ensuite je vous renverrais dans l’espace…

Le Patriarche hésita un instant, ces humains étaient son passeport pour quitter cette planète, si le Docteur le trompait il en aurait plus que jamais besoin.
Mais le regard de cet homme était devenu glacial et il n’avait guère envie de se le mettre à dos pour l’instant. Il disait vouloir l’aider, alors le mieux était encore de lui faire confiance en espérant qu’il n’aurait pas à le regretter par la suite.

Patriarche : - Très bien. Mais les humains resteront à bord tant que le vaisseau ne sera pas opérationnel ! Dit-il finalement.

Le Docteur accepta la condition sans rechigner, il savait que les Paravins ne s’encombreraient pas d’humains une fois qu’ils pourraient repartir…
Le Patriarche ordonna alors à l’un de ses enfants de préparer une salle du vaisseau pour y rassembler les humains encore en vie et de les soigner au plus vite.

Ten : - Parfait, maintenant que vous et moi êtes amis, expliquez-moi qui vous a mis dans cette situation, juste au cas où ils leur prendraient l’envie de recommencer.
Patriarche : - Ma famille est entrée en conflit avec une bande de renégat de l’espace. Expliqua le Patriarche. Ils en avaient après nous, mais nous nous sommes défendus. Comme je vous l’ai dit nous les avons vaincu, leurs vaisseaux c’est disloqué dans le ciel de cette planète. Aucun d’entre eux n’a survécu…
Ten : - De quelle espèce s’agissait-il ?
Patriarche : - Des Copieurs !

Le Docteur fronça les sourcils.

Ten : - Vous êtes certains qu’aucun n’a survécu ? Les Copieurs sont plutôt rancuniers et s’il y a un survivant il fera tout pour vous faire payer votre victoire.
Patriarche : - J’en suis certains, je ne vois pas comment qui que ce soit aurait pu survivre à une telle explosion…

Le Docteur expliqua ensuite que réparer le vaisseau n’aurait rien de compliquer et qu’il attendait justement quelqu’un qui lui apportait la solution.
Il demanda alors au Patriarche de bien vouloir s’approcher de la côte pour récupérer ce fameux quelqu’un. Celui-ci accepta aussitôt, au point où il en était, autant obéir jusqu’au bout.
Le Seigneur du Temps s’éclipsa ensuite pour veiller à ce que les survivants humains soient soignés le mieux possible.

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De mon côté, j’avais rejoint la plage et j’avais déjà réussi à mettre la main sur une barque, elle était plutôt veille et en piteux état, probablement abandonné depuis plusieurs mois sur cette plage, mais après les menaces du Gouverneur, il était exclu d’aller faire un tour au port pour voler quelque chose de plus solide, alors je n’avais plus qu’à espérer très fort que le Docteur passerait me prendre avant que la veille embarcation ne se disloque en pleine mer.
Je m’apprêtais à grimper dedans après l’avoir mise à l’eau, j’en avais d’ailleurs jusqu’aux mollets quand je fus coupé dans mon élan par une voix familière.

Pedro : - Mon Père ?

Je sursautais, mais ce n’était que Pedro.

David : - Oh, mon Dieu, Pedro, tu as failli me tuer !!!
Pedro : - Désolé, mon Père, mais si vous continuez à traîner dans les parages, le Gouverneur ne vous ratera pas lui. Il répète à qui veut l’entendre que tout est votre faute…

Je pris un air outré.

David : - Dis donc, il est gonflé lui !!! Il me fait porter le chapeau pour faire oublier qu’il n’a pas attendu longtemps avant de donner l’ordre de la retraite… Mais peu importe, qu’est-ce que tu fais ici, tu ne devrais pas être sur la Santa Esperanza ?
Pedro : - Je devrais, en fait le Gouverneur a ordonné à ce que l’on répare le mât avant ce soir, il veut que la Santa Esperanza soit prête à repartir quand l’autre navire de guerre sera arrivé…

Je soufflais de mécontentement, quelle bonne idée, ça fera deux fois plus de morts comme ça. Je fus interrompu dans mes réflexions par une autre voix, elle aussi familière qui m’interpellait.

Roberto : - Mon Père ?!

A nouveau je sursautais, moi qui pensais que la plage serait un endroit calme pour partir à la recherche d’une petite embarcation, c’était plutôt raté.

David : - Roberto ?! Vous vous êtes donné le mot ou quoi ? Dois je m’attendre à voir débouler tout l’équipage ?
Roberto : - Mon père, vous ne devriez pas traîné par ici, j’ai l’impression que le Gouverneur ne vous aime pas beaucoup… Il acheva sa phrase par un énorme crachat qui vint s’écraser lourdement dans le sable.
David : - Oui, j’ai cru comprendre, dis-je avec un froncement de nez écoeuré. Alors, expliquez-moi ce que vous faites ici tous les deux !

Roberto m’expliqua rapidement qu’après mon départ, le Capitaine avait décidé de punir sévèrement tout l’équipage pour la mutinerie, mais le Gouverneur s’y était opposé parce qu’il tenait à repartir le soir même et qu’il n’aurait pas le temps d’embaucher un autre équipage. Le Capitaine c’était donc résigné, mais il avait malgré tout décider de faire un exemple en faisant exécuter l’initiateur de la mutinerie, c'est-à-dire Roberto qui d’après le Capitaine, avait eu la faiblesse d’écouter les divagations d’un petit prêtre bien couard.

David : - Couard !!! Faut peut-être pas exagérer…
Pedro : - Quoi qu’il en soit, je ne pouvais pas laisser Roberto se faire tuer, alors je suis allé le libérer et nous nous sommes enfuis… Nous sommes ensuite venus nous cacher sur la plage et Roberto devait partir chercher un bateau pour qu’on puisse fuir par la mer, bizarrement c’est l’endroit le plus sûr, c’est une route peu fréquenté depuis que le Navire fantôme fait des siennes. Et vous mon père, que faites-vous là ?
David : - Moi ? Et bien c’est un peu étrange, mais… je m’apprêtais à partir en mer moi aussi, je dois absolument aller faire un tour au large… Dis-je en leur montrant ma barque.

Pedro me regarda hésitant.

Pedro : - Pourquoi faire une chose pareille ?

Je soupirais, inutile de tenter de leur faire croire que je voulais aller pêcher…

David : - Je suis persuadé que Le Docteur est vivant, non en fait, je sais qu’il en vivant et je veux simplement aller le récupérer !

Pedro et Roberto me regardèrent visiblement en plein questionnement, mais ils n’eurent pas le temps de poser des questions, un hurlement lointain vint les interrompre.
Des hommes ! Et pas très amicaux visiblement.

Roberto : - Les hommes du Gouverneur, il a dû les envoyer à nos trousses !
Pedro : - Au bateau vite ! Ordonna Pedro en se précipitant dans ma petite barque.

Je grimpais rapidement dedans, suivit de près par Pedro. Roberto, plus costaud poussa l’embarcation aussi loin qu’il le put avant de nous rejoindre à l’intérieur. Pedro et moi nous étions déjà emparés d’une rame chacun, mais il nous les arracha des mains et pris le relais. Et force est de constater qu’un marin baraqué… Bah, ça rame mieux qu’un gamin et qu’un pauvre citadin du 21 ème siècle.
Le marin dut lutter un moment contre le courant qui ne cessait de vouloir nous ramener sur la plage, puis le courant ce fit de moins en moins violent quand enfin, nous atteignîmes le large.
Les hommes du Gouverneur n’étaient plus que de petits points noirs sur la plage lointaine, nous étions tirés d’affaire, pour le moment…

J’avais réussi !!! Contre toute attente, j’étais en pleine mer et je n’avais plus qu’à attendre que le Docteur vienne me chercher.
Bon, Pedro et Roberto ne faisaient pas vraiment parti du plan de départ, mais le principal est que le Docteur allait retrouver son manteau, que je gardais précieusement sur mes genoux, on aviserait ensuite pour mes deux accompagnateurs imprévus…

Citation:
Après avoir ramé pendant plus d’une heure, Pedro, Roberto et moi décidâmes que nous étions assez loin de la côte et nous arrêtâmes donc d’avancer pour nous laisser porter par le courant.

Roberto : - Mon Père… Commença Roberto sur un ton très hésitant. Vous réalisez que nous n’arriverons jamais à atteindre Monseigneur Docteur dans cette barque ? Il nous a fallu presque une journée de navigation avec la Santa Esperanza !

Bien sûr que j’avais réalisé, mais comment lui expliquer que le Docteur m’avait téléphoné pour me dire qu’il allait passer me prendre ???

David : - Euh… Je… Je lui dois d’essayer… Répondis-je en espérant que ça lui suffirait.

Il me regarda perplexe.

David : - Si vous voulez, je peux vous déposer hors de porté des hommes du Gouverneur et continuer seul…
Pedro : - C’est hors de question ! C’était Pedro qui venait de sortir de son silence. On vous accompagne, vous nous avez sauvé la vie, deux fois, alors on vous doit au moins ça !

Il était si catégorique que ça en devenait étrange, pourquoi tenait il tant que ça à m’accompagner dans ma folie furieuse, alors que lui aussi ignorait que le Docteur devait venir à ma rescousse…
Mais après tout peu importe, imaginé qu’un gamin de 15 ans puisse avoir plus de courage que lui titilla Roberto dans sa fierté, si bien qu’il reprit les rames et continua d’avancer en direction de l’horizon avec une fougue hors du commun. Au final, même si je savais qu’il aurait mieux valu qu’ils ne m’accompagnent pas, j’étais malgré tout heureux d’avoir un peu de compagnie…

La matinée passa à une vitesse folle et j’avais l’impression que notre retour au port remontait déjà à une autre vie.
Mais en y repensant, tout ce que je vivais depuis ma rencontre avec le Docteur était si extraordinaire que chaque seconde me semblait être une vie à part entière…
Cependant, je commençais à trouver le temps long et fierté ou pas, Roberto semblait de plus en plus envieux de faire demi tour. Seul Pedro paraissait encore confiant…
Soudain, alors que le soleil commençait à cogner durement sur nos têtes, le jeune garçon fut secoué d’un frisson et aussitôt après, je sentis à mon tour ma colonne vertébrale être parcourue d’une secousse.
Toute la matinée, la chaleur n’avait cessé de grimper au fur et à mesure que le soleil gagnait en hauteur et tout à coup, la température c’était mise à chuter.
Pas la peine d’être un génie pour comprendre ce qui était en train de se passer, la lumière du jour commençait à diminuer, filtré par un brouillard aussi épais que soudain qui venait de s’installer autour de notre petite embarcation.
Roberto semblait inquiet et pour la première fois depuis notre départ, Pedro aussi. En ce qui me concerne en revanche, je ne l’étais pas du tout, ou en tout cas, pas autant que j’aurais pu l’être puisque tout ceci signifiait que le Docteur ne devait pas être loin, je crispais donc mes mains sur le manteau en attendant de voir ce qui allait se passer.
Enfin, la coque scintillante du navire fantôme apparu et je ressentis alors une sensation étrange et désagréable. C’était comme si chaque particule de mon corps était aspirée avec une violence inouïe et la planche de bois sur laquelle reposaient mes fesses disparues tout à coup avant d’être presque aussitôt remplacé par un sol dur et froid…

En ouvrant les yeux après avoir repris mes esprits, je réalisais que ce n’était pas la barque qui avait disparu, mais mes fesses qui avaient changé de place !
Je n’étais plus en train de flotter dans l’océan, j’étais à présent dans une sorte de petite pièce sombre aux murs recouverts de symboles étranges, à moins que ce ne soit qu’un décor…
Une fois mon cerveau réadapté, je compris que je me trouvais dans le vaisseau fantôme et que j’y avais probablement été…

Ten : - Téléporteur ultra-ionique ! Lança alors une voix plus que familière. Je sais, ce n’est pas très agréable, je leur ai dit de faire installer le nouveau modèle, ils m’ont promis qu’ils le feraient dès qu’ils seraient rentrés !
David : - Oh Docteur ! M’exclamais-je en me relevant. Si vous saviez comme je suis heureux de vous revoir !
Ten : - Oui moi aussi, pendant un moment j’ai bien cru que… enfin… tu t’en es très bien sorti !

A ma grande surprise, il me serra brièvement dans ses bras.

Ten : - Ne va pas t’imaginer des choses, dit-il après m’avoir lâché, quand un compagnon de voyage survit, je le sert dans mes bras, c’est un peu une tradition… Bien, maintenant que l’instant émotion est derrière nous, est-ce que tu as mon manteau ?

Il avait parlé très vite, pour changer et il me fallut un instant pour comprendre qu’il avait déjà changé de sujet, d’autant que je venais de me rendre compte qu’il y avait deux Aliens jaunes et tentaculaires juste derrière lui.

Ten : - Oh, ne t’inquiète pas pour eux, ils rentreront chez eux dès que j’aurais récupéré mon manteau…
David : - Hein ?! Oh, oui le manteau, euh, il est…

Je baissais la tête pour le chercher, il était forcément ici puisque je ne l’avais pas lâché depuis que j’avais quitté le manoir.

David : - Là !

Il était en effet sur le sol, à moitié caché par le corps massif de Roberto qui ne s’était toujours pas réveillé du choc de la téléportation.
Je me baissais et tentais de le réveiller pour pouvoir récupérer le précieux vêtement.

Ten : - Qu’est-ce qu’ils font ici ? Questionna le Docteur pendant que je tentais toujours de bouger la masse du marin.
David : - Je suis désolé, je ne voulais pas qu’ils viennent, mais on a eu comme un petit problème avec le Gouverneur alors, je n’ai pas vraiment eu… Je m’interrompis quand je parvins enfin à dégager le manteau. Le choix !!!

Je me redressais et rendit son bien au Docteur.

Ten : - Merci, grâce à toi, je vais pouvoir enfin remettre de l’ordre dans toute cette histoire ! Viens !
David : - Euh Docteur ? Qu’est-ce qu’on fait d’eux ? On ne va pas les laisser ici ! D’ailleurs, Roberto se réveil…

En effet, mes tentatives pour récupérer le manteau du Docteur avaient fini par le tirer de son inconscience. Il se releva avec difficulté et le Docteur et moi dûmes lui donner un petit coup de main.

Roberto : - Wow, qu’est-ce qui s’est passé ? Monseigneur ? Vous êtes vivant ?
Ten : - Oui, je vais même très bien, écoutez…

Mais Roberto n’écouta pas, il aperçue les formes Aliens dans la pénombre et se rua sur eux en hurlant sans que le Docteur et moi ne puissions l’arrêter.
Mais alors que je m’étais attendu à ce que le puissant Roberto, battit comme une armoire à glace ne vende chèrement sa peau, il fut interrompus dans son cri de guerre d’un simple geste de la part de l’Alien sur lequel il s’apprêtait à sauter et s’effondra sur le sol avant même d’avoir pu distribuer le moindre coup.
J’hésitais un instant, puis me précipitais pour voir s’il allait bien.

David : - Docteur ! Qu’est ce qu’ils lui ont fait ? Demandais-je paniqué à l’idée que Roberto puisse être mort.
Alien : - Sédatif. Lança calmement l’Alien responsable de l’état du marin.

Je relevais la tête, l’Alien en question tenait toujours une sorte de seringue à la forme étrange, mais parfaitement adaptée aux tentacules lui servant de main.
Sa réponse et surtout, le fait que ce soit lui qui me réponde, me troubla un moment, car mon expérience des Aliens était encore limité et dans mon esprit étriqué d’être humain, j’avais du mal à imaginer qu’un être jaune avec des tentacules et un bec de perroquet à la place de la bouche puisse être capable de me comprendre et de me répondre (avec le recul, j’avoue que ce sentiment me fait un peu honte…).
Le Docteur me rejoignit et pu constater qu’effectivement, le pauvre homme ne faisait que dormir profondément.

Alien : - Il devrait rester tranquille pendant quelques heures… Ajouta l’Alien en faisant claquer son bec.

J’étais soulagé de ce que j’entendais. Et toujours un peu troublé par ces Extra-terrestres qui ne semblait pas aussi mauvais qu’ils en avaient l’air…

Ten : - Bien, j’aurais préféré qu’on évite d’en arriver là, mais bon, après tout c’est peut-être mieux ainsi… Pourriez-vous conduire les deux humains à l’infirmerie, avec les autres ? Demanda aimablement le Docteur.

Les Aliens hésitèrent, puis ils se mirent d’accord pour que l’un s’occupe des humains endormis pendant que l’autre nous escorterait.

Après avoir quitté Pedro et Roberto, le Docteur, l’Alien et moi commençâmes à marcher dans les nombreux couloirs du vaisseau.
J’étais absolument abasourdi par ce qui m’entourait, car malgré le manque de lumière, j’arrivais assez bien à distinguer les parois. Elles étaient entièrement recouvertes de symboles étranges, mais très gracieux. Je me demandais un instant ce que ces écritures pouvaient bien signifier, puis je réalisais que si le Tardis traduisait toutes les langues directement dans ma tête, alors je devrais être capable de lire ceci. J’en déduisis donc que ces symboles n’étaient que pur décor, mais ce n’en était pas moins magnifique…
Le Docteur remarqua très vite mon émerveillement et afficha un petit sourire en coin, il était évident qu’il aimait particulièrement voir ce sentiment sur le visage de ses accompagnateurs.

David : - Dites-moi Docteur, l’intérieur du vaisseau ne ressemble pas vraiment à l’intérieur, est-ce que ça signifie que se vaisseau est équipé d’un circuit caméléon comme sur le Tardis ?

Le Docteur s’immobilisa apparemment impressionné.

Ten : - Hum, brillant… Je souris de contentement, j’avoue que j’appréciais énormément quand le Docteur me disait que j’étais "Brillant". Mais absolument FAUX !!! S’exclama-t-il soudain, choqué comme si je venais de prononcer le plus horrible des blasphèmes.
Ten : - Le système caméléon de ce vaisseau n’est rien comparé à celui du Tardis !!! Enfin, sans vouloir vous offenser. Glissa-t-il a l’intention du Paravin qui nous suivait toujours.
David : - Oh, pardon…
Ten : - Le circuit du Tardis est bien plus performant et unique en son genre, le vaisseau n’a pas l’apparence d’une petite boîte bleue, il EST une petite boîte bleue, tu t’en est rendu compte, il est bien en bois, il sonne comme du bois, il a le touché du bois et surtout il a les dimensions de la cabine téléphonique. Ici, le système caméléon n’est ni plus ni moins qu’un effet d’optique, si tu touchais la coque, tu t’apercevrais très vite qu’il y a un problème et surtout, SURTOUT, ce vaisseau ni aucun autre, ne sera JAMAIS plus grand à l’intérieur !!!
David : - Ok, je m’en souviendrais, le Tardis, c’est le top du top ! Dis-je pour me rattraper.

Il sembla satisfait de ma conclusion concernant son cher vaisseau et entrepris ensuite de me mettre au parfum concernant ces Aliens, à commencer par leur nom, puis il me raconta leur histoire, comment ils avaient combattu les « Copieurs » qu’ils avaient vaincu et comment ils s’étaient écrasés sur Terre. Je fus ensuite rassuré d’apprendre qu’il n’y avait eu aucune victime chez les humains capturés, en effet, afin de s’en servir plus longtemps, les Paravins les soignait quand ils commençaient à être trop mal en point avant de les vider à nouveau de leur substance, si bien que tous avaient été secourus à temps, même si, pour les premiers, ça avait vraiment été tout juste.
Mais cela signifiait surtout que Pedro pourrait retrouver son père quand il se réveillerait et ça, c’était une excellente nouvelle.
Mais toutes ces explications, sommes toutes très intéressantes, ne m’éclairais pas vraiment sur ce que nous allions faire maintenant.

David : - Ok, je vous suit, mais comment allez-vous réparer ce vaisseau si même son propriétaire n’a pas réussi ?
Patriarche : - C’est justement la question que j’allais poser ! Lança une voix profonde.

Je sursautais (encore, mais il faut savoir que ça m’arrivait déjà très souvent avant de rencontrer le Docteur alors forcément, être avec lui n’arrangerait certainement pas les choses…). J’avais été si absorbé par le récit du Docteur que je ne m’étais pas rendu compte que nous étions arrivés à destination.
Nous nous trouvions à présent dans une grande salle, bien mieux éclairé que le reste du vaisseau, entouré d’une centaine de ces Paravins, la famille au grand complet.
Celui qui avait parlé devait être ce fameux Patriarche dont venais de me parler le Docteur. Il était placé au centre de la pièce, il était un peu plus grand que ses enfants et paraissait sensiblement plus âgé.

Patriarche : - Vous nous aviez affirmé pouvoir réparer notre vaisseau dès que votre ami vous aurait rejoint à bord, maintenant qu’il est là, dites-nous comment ! Parce qu’il est clair que ce n’est pas cet humain insignifiant qui détient la solution…

A ces derniers mots je relevais la tête en fronçant les sourcils, mais n’osai pas pousser plus loin mon indignation, la présence d’une centaine de ces individus à la peau luisante et jaune poussin et surtout, le ton étrange employé par le Patriarche me retint.

En effet, il y avait dans sa voix un mélange d’espoir enrobé de menaces…
J’espérais bien que le Docteur n’avait pas menti en prétendant pouvoir réparer le vaisseau, parce que le Patriarche attendait beaucoup de ce dernier espoir et je n’osais imaginer sa réaction s’il avait été trompé.

Et à nouveau, je réalisais à quel point ces Aliens étaient « normaux », enfin, je veux dire, non monstrueux, certes ils avaient l’air plutôt étrange avec leur peau citronné et leur tête de poulpe qui ressemblait un peu à de la glace fondue sur un cornet, mais en réalité, ils n’avaient aucune envi de nous envahir, ni de nous asservir, ni de nous détruire, ils voulaient simplement rentrer chez eux. Et puis, être en minorité parmi eux me fis comprendre qu’ici, c’était moi l’Alien et finalement, il était assez réconfortant de voir que des Extra terrestres pouvaient venir sur terre sans mauvaises intentions, contrairement à ce que m’avait laissé pensé les Petits Hommes Verts…

Ten : - Vous avez raison, l’humain n’est pas la solution… Bien qu’il ne soit pas insignifiant, ajouta-t-il pour me faire plaisir… et parce que je lui avais demandé de le faire par un discret coup de coude. La solution est… ici !!!

Pendant qu’il parlait, il avait fouillé dans les poches de son manteau qu’il avait remis pendant le trajet qui nous avait mené jusqu’ici et en ressorti un drôle de petit appareil, un…

Ten : - Démodulateur à particules électromagnétique !!!

Toute l’assemblée se pencha en avant pour observer de plus près le petit objet qui n’était pas plus gros qu’un radio réveil.
Le Patriarche semblait perplexe, mais le Docteur était si sûr de lui qu’il ne dit rien.

Ten : - Je vais tout simplement l’insérer dans votre système électronique et après quelques branchements, vous devriez pouvoir repartir…

Cette explication n’éclaira pas plus le Patriarche, mais il n’avait pas d’autre choix que de lui faire confiance.

Patriarche : - Très bien, dans ce cas, allez-y !

Le Docteur se figea.

Ten : - C’est tout à fait ça Patriarche, Allons-y !!!

Il suivit ensuite le Paravin qui nous avait escorté jusque là et qui nous servirait de guide à travers le vaisseau.

Ten : - Tu viens David ?
David : - J’arrive !

Je fis une espèce de révérence gauche et complètement inutile au Patriarche en guise d’au revoir avant de filer rejoindre le Docteur.

Après avoir à nouveau traversé cet étrange vaisseau de long en large (ce qui ne m’ennuyait pas, je ne me lassais pas de voir défiler ce décor, magnifique malgré la pénombre) nous arrivâmes dans la salle des machines, toujours dans le désordre dans lequel l’avait laissé le Docteur après sa première visite.

David : - Wow, qu’est ce qui s’est passé, on dirait qu’une tornade est passé par là…
Alien : - On peut le dire comme ça… Marmonna le Paravin qui nous accompagnait depuis mon arrivée en fixant le Seigneur du Temps.
David : - Alors Docteur, vous pensez vraiment pouvoir faire redémarrer ce vaisseau ?
Ten : - Bien sûr, sans aucun problème, en fait, le plus difficile sera de trouver l’emplacement idéal pour brancher cet appareil et vu le nombre de panneau, c’est ce qui risque d’être le plus long, mais une fois l’emplacement défini, ça ne me prendra pas plus de quelques minutes pour le faire fonctionner… Expliqua-t-il en tournant sur lui-même, à la recherche du panneau qui aurait le plus de chance de le satisfaire.

Le Docteur venait de démonter son troisième panneau quand il fut interrompu par un petit bip, je me tournais, tout comme lui vers la direction d’où venait ce petit bruit et m’aperçu qu’il provenait du Paravin. Il semblait très concentré et après quelques secondes, il nous regarda.

Alien : - Je dois vous laisser, on a un petit problème à régler… Tenez vous tranquille ! Dit-il avant de disparaître dans le dédale de couloirs.
David - Euh… qu’est-ce qui vient de se passer ? » Demandais-je...
Ten : - Il a dû recevoir une communication Annonça le Docteur en reprenant ses recherches.
David : - Une communication ? Vous voulez dire qu’ils sont télépathes ??? Demandais-je impressionné.
Ten : - Je crois surtout qu’il a utilisé son oreillette… Répondit-il distraitement.
David : - Oh… Soufflais-je déçu.
Ten : - Celui-là !!!

Je relevais la tête et m’aperçu que le Docteur avait sorti son tournevis pour ouvrir un quatrième panneau, tout au fond de la pièce. Je le rejoignis juste à temps pour l’aider à déposer le lourd pan métallique sur le sol. En dessous se trouvait un paquet chaotique de fils et de circuit imprimé si complexe que j’avais du mal à croire que quelqu’un puisse réellement y comprendre quoi que ce soit et pourtant…

Ten : - Ca me semble pas trop mal…

Je reculais de quelques pas pour le laisser travailler tranquillement et éviter de me prendre un coup de coude dans la figure et surtout, pour ne pas être un obstacle au peu de lumière qui arrivait jusqu’à nous.

Ten : - Tu vois, ce panneau correspond bien à ce que je recherche, parce qu’il est tout près de la source d’énergie, enfin, à ce stade, ce n’est pas encore de l’énergie, mais une fois convertit par le démodulateur, ça en deviendra et de la bonne si je puis me permettre et totalement écologique !!! Le principe est enfantin, le démodulateur va…
David : - Capter les ondes électromagnétiques les plus proches et les convertir en une énergie concentrée et très puissante, suffisamment puissante pour faire bouger cette engin et le renvoyer dans l’espace…
Ten : - Exact… Quand je disais que c’était enfantin, je n’imaginais que c’était à ce point… Dit-il désarçonné.
David : - Cela dit, il y a quand même quelque chose qui m’échappe, c’est où allez-vous dégotter suffisamment d’ondes électromagnétiques ?? Oooooh la coque… Dis-je en me souvenant soudain de notre conversation téléphonique.
Ten : - Exactement, la coque de ce vaisseau est suffisamment chargée en onde électromagnétique pour faire bouger n’importe quoi ! Tu as le droit de dire que je suis génial… Arf, non, je ne suis pas génial, j’ai un trou de mémoire, je ne me souviens jamais de la correspondance des polarités, est-ce que c’est Zimi avec Zama, ou Zomo avec Zumu…
David : - C’est Zimi avec Zomo et Zama avec Zumu, si vous vous plantez ça risque de provoquer un champs magnétique à tendance Zirmanique qui risque de pas mal compliquer les choses et on n’a pas besoin de ça…

Le Docteur me fixa d’un regard si étonné et pour la première fois depuis notre rencontre, il ne savait plus quoi dire…

David : - Vous avez le droit de dire que je suis génial…
Ten : - Tu es… Brillant. Anormalement brillant à vrai dire… Depuis quand les êtres humains sont-ils familiarisés avec le fonctionnement des démodulateurs et à la physique Zirmanienne ?
David : - Depuis que l’humain en question est tombé sur le mode d’emploi du démodulateur… Il a dû glisser de votre poche tout à l’heure, je m’en suis aperçu en faisait ma révérence ridicule au Patriarche et j’avoue que je n’ai pas pu résister…

Je pris un air contrit et le Docteur, bon joueur, retourna dans son bricolage en souriant.

Citation:
Le Docteur était empêtré dans les câbles, il les suivait un moment, pour voir à quoi ils étaient reliés, avant de les mettre de côté en réalisant que ce n’était pas les bons, il bidouillait à droite à gauche avec son tournevis et donnait même quelques coup de pied en veillant auparavant à ce que personne ne le voit en jetant un coup d’œil à la porte.

De mon côté, mon génie ne se limitant qu’à la lecture du mode d’emploi, j’avais décidé d’aller admirer les décors sur les murs. Je ne m’en lassais pas, c’était si beau, si soigné et si fin…
J’avais fini par penser qu’il s’agissait sans doute de l’Histoire des Paravins qui étaient dessinés sur toutes les parois du vaisseau, en effet, certain dessin rappelait la forme des Paravins de manière stylisée et on les voyait dans des scènes diverses, dont une qui devait sans doute représenter une scène de guerre contre des Aliens terrifiant avec plein de… pattes. J’aurais aimé qu’on me raconte cette histoire, mais ce n’était pas vraiment le moment alors tant pis, une autre fois, espérais-je.

Encore une fois, je réalisais que les Aliens n’étaient pas que des monstres sanguinaires avec pour seul but dans la vie de détruire la Terre.
Ce qui était à la fois rassurant et intimidant, tant de populations différentes à travers l’Univers, avec chacune leur propre culture, leur propre Histoire. Statistiquement, cela réduisait considérablement le nombre d’ennemis potentiels de ma pauvre petite planète, sur les milliards d’espèces, très peu croiseraient le chemin de la Terre finalement.

David : - Vous réalisez tout ce qu’il y a à découvrir dans cet univers ? Dis-je rêveur sans quitter les murs des yeux.
Ten : - Aaah, je touche au but, je ne devrais pas tardé à trouver l’emplacement idéal !
David : - A lui seul, ce vaisseau me fait réaliser toute la diversité qui nous entoure sans qu’on en est conscience…
Ten : - Ensuite ce ne sera qu’une question de minutes…
David : - Depuis que je suis à bord, je réalise à quel point je ne sais rien sur… rien !
Ten : - Enfin, ça c’est parce que je suis brillant…
David : - Je me sens si petit tout à coup, j’en ai presque le vertige…
Ten : - Extrêmement brillant même, je pourrais monter le démodulateur les yeux fermé…
David : - Et en même temps, je me sens vraiment prêt à tenter l’expérience…
Ten : - Enfin, une fois que j’aurais réglé ce petit problème de polarité…
David : - Vous savez tant de choses, il ne tient qu’à vous de le partager…
Ten : - Je ne sais pas pourquoi ça ne veut pas rentrer ???
David : - Hey, vous m’écoutez ?!
Ten : - Oh, pardon, tu disais ?
David : - J’essayais subtilement de vous faire comprendre que je tuerais pour que vous partagiez avec moi tout ce que vous savez de l’Univers, de ceux qui le peuplent, de leur histoire, leur mode de vie…
Ten : - Moi je te disais que j’avais presque fini…

Je fronçais les sourcils avec désappointement (parce que j’étais très désappointé !), je lui faisais part de tout ce que m’inspirait toutes ces découvertes, tout ce qu’il m’a apporté depuis que je l’avais rencontré, je lui confiais toute l’admiration que j’avais pour lui et il n’y faisait même pas attention !

David : - Je vais faire un tour ! Grognais-je avant de quitter la pièce alors que le Docteur c’était déjà remis au travail.

Il termina de m’énerver en ne répondant que par un marmonnement distrait.
Je quittais donc la pièce en trombe…
…Et heurtais de plein fouet un Paravin qui semblait passablement énervé lui aussi.
Il ne s’arrêta pas et entra directement dans la salle des machines. Je le suivis sitôt remis du contact frais, humide et mou de sa peau jaune…
Toucher une peau Alien, c’était si… Ooooh, ça suffit l’émerveillement pour un oui, pour un non !!!
Je me précipitais dans la pièce pour y retrouver le Paravin et le Docteur, qui pour l’occasion avait quitté son panneau électronique.

Ten : - Que ce passe-t-il ?

Le Paravin me toisa d’un regard accusateur.

Alien : - L’humain qui est venu avec lui, celui qui nous a attaqué… Il a disparu, il a failli tué l’un des notre !!!

Je fus trop choqué pour dire quoi que ce soit. Le Docteur lui, parut un peu surpris, mais ce repris aussitôt.

Ten : - Ca se passait trop bien, ça ne pouvait pas durer… Ecoutez, euh… votre nom ? Je ne vous ai pas demandé votre nom ?
Alien : - Mykoritrovath.

Le Docteur soupira.

Ten : - Mykoritrovath ? Ca vous ennui si je vous appel Myko ?

Au grand soulagement du Docteur, l’Alien accepta.

Ten : - Bien, dans ce cas Myko, retrouvez-le et faites lui une autre piqûre de sédatif, mais surtout, ne lui faites pas de mal ! J’ai presque terminé ici, je vous rejoins dès que j’ai fini et vous pourrez vous débarrasser de tous les humains avant de rentrer chez vous… Ca vous va ?

Le Paravin hésita.

Myko : - Le Patriarche vous fait confiance, je vais donc faire ce que vous dites, mais si vous nous trompez, je…
Ten : - David va vous accompagner ! Décida soudain le Docteur pour le rassurer sur ses intentions. Il connaît bien Roberto, il pourra lui parler quand vous l’aurez retrouvé… Je n’en ai plus que pour quelques minutes…

Le Docteur le fixa droit dans ses gros yeux noirs et le Paravin céda.
Il me fit signe de le suivre avant de sortir de la salle des machines.
Je fis la grimace, cette balade en tête-à-tête avec un Alien, autre que le Docteur, aurait pu me réjouir, mais ce Myko ne semblait pas de très bonne humeur et je craignais que le chemin ne soit pas vraiment très agréable…

Pendant que le Docteur s’activait dans la salle des machines, le Paravin et moi marchions dans les couloirs en direction de l’infirmerie dans un profond silence.

David : - C’est joli ici, ce décor raconte l’Histoire de votre… espèce ? Demandais-je en espérant briser la glace et accessoirement assouvir un peu de ma curiosité.

Il me regarda, mais ne me répondit pas.

David : - Alors, Myko, c’est vous qui nous accompagne depuis que j’ai débarqué ici ?
Myko : - J’ai pour mission de garder un œil sur le Docteur, il est turbulent et le Patriarche ne veut pas qu’il saccage encore davantage notre vaisseau.

Je ne pus m’empêcher de sourire, Myko le remarqua et je dus aussitôt le rassurer.

David : - Ne vous inquiétez pas, c’est vrai qu’il est un peu turbulent, mais pour ce que j’en sais, il est très efficace. Vous rentrerez chez vous, j’en suis absolument persuadé.

Myko sembla rassuré, enfin je le pense, il faut dire qu’il est très difficile de lire les expressions sur un visage de poulpe…
Le reste du chemin se passa dans le silence, jusqu’à ce que nous arrivions en vue de l’infirmerie.

Myko : - Vous avez raison, le décor du vaisseau raconte bien notre Histoire… Me confirma Myko d’un ton bourru et sans me regarder.

Nous pénétrâmes ensuite dans l’infirmerie de fortune mise en place à la demande du Docteur. Elle était installée dans une grande salle, très éclairé comparé à la pénombre du reste du vaisseau. Ils devaient vraiment mettre toute leur confiance dans le Docteur pour gaspiller ainsi leur énergie pour sauver des humains dont ils n’avaient strictement rien à faire…
La pièce était remplie de lits sur lesquels reposaient des corps endormis, une bonne centaine au total. Les premiers corps, juste devant moi, semblaient en assez bonne santé, sans doute les dernières victimes capturées par les Aliens.
Mais plus on avançait dans la pièce, plus les corps étaient amaigris, comme si on les avait totalement vidé de leur substance, cependant, ils étaient tous sous perfusion et la plupart avaient déjà repris des couleurs et quelques forces.
Puis nous atteignîmes enfin le lieu du « crime ». Deux lits étaient renversés et sur un autre lit se trouvait un Paravin, il détonait allongé ainsi au milieu de tout ces humains.

Je m’approchais et failli tomber à la renverse en glissant dans une grande flaque gluante et jaune.
Eurk, je me penchais pour voir ce que ça pouvait être et je pâlis en réalisant que c’était probablement du sang…
Du sang de Paravin !!!
Je m’approchais du lit du blesser et constatais une profonde entaille sur son torse. Et cette fois, plus de doute, la substance jaune qui couvrait mes chaussures étaient bien du sang.

David : - Il va s’en sortir ?

Myko sembla surpris que je m’inquiète du sort de l’un des siens.

Ten : - Oh, j’en suis persuadé !!! Les Paravins ont une très grande capacité de cicatrisation. S’exclama une voix juste derrière nous.

Je me retournais vivement.

David : - Docteur ???
Ten : - J’avais dit que je n’en aurais pas pour très longtemps !
David : - C’est terminé ?
Ten : - Et oui !
David : - Et ça fonctionne ?
Ten : - Comme sur des roulettes !
Myko : - Alors pourquoi sommes nous toujours dans le noir ? Demanda Myko sceptique.
Ten : - Parce que le démodulateur doit encore se synchroniser à la source électromagnétique, ça ne prendra pas longtemps, rassurez-vous. Maintenant expliquez-moi ce qu’il s’est passé ici !

Avant que le Paravin « infirmier » ne commence sont récit, je m’éloignais pour voir si Pedro allais bien.
J’étais inquiet pour lui, il n’y avait pas de raison particulière, c’était seulement que je savais que son père était là, allongé quelque part parmi toutes ces personnes et je ne voulais pas qu’il se réveil apeuré comme Roberto et qu’il fasse une bêtise.
Pendant ma recherche, j’entendais parfaitement la conversation du Docteur.

Alien infirmier : - J’étais en train de changer des perfusions un peu plus loin, votre ami c’est réveillé subitement et à surgit sur Gyromatrinoth. Il Désigna le Paravin blessé. Et lui a entaillé la poitrine avec une arme primitive, une sorte de bout de métal…

Alors qu’il expliquait comment Roberto c’était enfui après avoir laissé son infirmier pour mort, je constatais que Pedro n’était pas là…
Je fronçais les sourcils, quelque chose ne collait pas, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus.
Je revins vers le Docteur avec l’idée de lui faire part de mon malaise, mais il parlait encore avec les Paravins et je ne voulais pas le déranger sous prétexte que j’avais une drôle d’impression. Et puis, je n’avais pas trouvé Pedro, cela ne signifiait pas qu’il avait disparu, il y avait une centaine de personnes ici, il était possible que je sois passé à côté sans le voir.

Alien infirmier : - J’ai ensuite essayé de le maîtriser, mais il ne s’est pas laissé faire, il a réussi à m’assommer, mais je ne suis pas resté inconscient très longtemps, car quand j’ai rouvert les yeux, je l’ai aperçu prendre la fuite.

Il pointa la direction d’un couloir et le Docteur s’y engouffra, suivit par Myko et moi-même, le Paravin infirmier resta dans l’infirmerie pour veiller sur son frère et collègue.
Le passage était court et menait directement à une autre pièce, relativement grande elle aussi. A sa disposition, je compris qu’il devait s’agir d’une sorte de laboratoire, il y avait une succession de tables couvertes de flacons contenant des substances colorées.
En fait, cela ressemblait beaucoup à un labo tel qu’on les connaît, seul le matériel utilisé était différent.
Le Docteur et Myko ne prirent pas le temps de s’arrêter et poursuivirent leur chemin à travers le labo pour voir si Roberto n’avait pas laissé d’indices sur la direction qu’il avait prise.
Le Docteur enleva son manteau qu’il abandonna sur une table en passant à côté, pour ne pas être gêné dans sa course.

En ce qui me concerne, j’étais resté dans le labo, hypnotisé par tous ces objets étranges et mon regard fut soudain attiré par une substance jaune, sur une sorte de grande armoire métallique.
Le sang de Paravin ???
Pas de doute, un coup d’œil à mes chaussures me confirma que ça ne pouvait pas être autre chose.
Je m’approchais donc lentement de l’armoire et mes mains se posèrent sur les poignées, je jetais un dernier regard derrière moi et déglutit avant de me décider à ouvrir.
J’avais la peur irraisonnée de découvrir un cadavre d’Alien là dedans. J’espérais de tout mon cœur que Roberto n’ait pas commis une grave erreur en tuant un Paravin…
Mais à la dernière seconde avant de faire pivoter les poignées, je réalisais que si Roberto avait tué un Alien, il n’aurait jamais pris la peine de cacher le corps, on n’est pas dans les Experts !!!
C’est sur cette pensée que j’ouvrais enfin les portes et…

David : - Aaaah !!! Hurlais-je alors que quelque chose de lourd s’effondrait sur moi.
Ten : - David !!!!! Appela le Docteur, alerté par mon cri de surprise.

Il déboula en trombe, toujours suivi de Myko et me découvrit…
Coincé sous le corps massif de Roberto, visiblement inconscient.

Ten : - Euh… Qu’est-ce que tu fais ??? Demanda-t-il en me regardant me débattre pour faire basculer Roberto.
David : - Roberto et moi avons décidé de vivre notre amour au grand jour, c’est ce qu’on appel sortir du placard… Surtout ne m’aidez pas, il est tellement pas lourd !!!
Ten : - Oh pardon !

Le Docteur se précipita alors pour m’aider à retourner Roberto sur le dos et je pus enfin me relever et respirer normalement.

Myko : - Il a du sang sur lui ! Constata Myko.
Ten : - Oui, mais ce n’est pas l’agresseur ! Regardez, le sang est placé sur le haut de ses bras, comme si on l’avait tiré…
David : - Tiré ?? Mais par qui ?
Ten : - Tu l’as trouvé ?

Je fixais le Docteur sans comprendre.

Ten : - Pedro…
David : - Pedro ? Euh, non… Mais pourquoi cette… Vous ne pensez tout de même pas que c’est lui qui est responsable de tout ça ? Pedro n’est pas plus haut que moi et il est bâti comme une crevette, je ne vois pas comment il aurait pu poignarder un Paravin et traîner Roberto jusqu’ici !
Ten : - Pourtant, il y a bien deux lits renversés dans l’infirmerie…
Alien infirmier : - Non, c’est bien cet homme là qui nous a agressé ! S’exclama le Paravin infirmier qui nous avait rejoint en m’entendant crier.

Le Docteur examina Roberto de plus près.

Ten : - Impossible, il dort encore, il ne s’est sans doute pas encore réveillé de la dose de sédatif que vous lui avez injecté tout à l’heure…
David : - Qu’est-ce que ça veut dire, si c’est Roberto qui a agressé le Paravin et que Roberto est ici ?
Ten : - A ton avis ?
David : - Euh… j’en sais rien moi… Mais ça ne peut pas être Pedro, ça n’a pas de sens…
Ten : - Et pourtant !

Il sortit ses lunettes et les posa sur son nez avant de saisir le bras de Roberto pour l’observer de plus près.

Ten : - J’en étais sûr !! Rugit-il. Regarde !

Je m’accroupis au côté du Docteur et me penchais sur le bras de Roberto, mais ne vis rien de particulier, si ce n’est un énorme tatouage. Je tentais de remonter mes lunettes sur mon nez avant de me rappeler avec plaisir que je n’en portais plus (quel bonheur !). Puis je relevais les yeux en haussant les épaules pour signifier au Docteur que je ne voyais rien de particulier.
Celui-ci sourit et me désigna alors un minuscule point rouge sur la peau, il était pratiquement invisible à cause du tatouage et il était évident pour moi que le Docteur savait ce qu’il cherchait avant, car il était impossible de trouver cette petite marque autrement.

David : - On dirait, une piqûre… Tentais-je.
Ten : - Exactement, c’est une piqûre, mais pas n’importe laquelle…
David : - Oui, ça je me doute que c’est pas un moustique !
Ten : - A mon avis, c’est l’œuvre d’un Copieur ! Dit-il en remettant ses lunettes dans sa poche.

Cette révélation fit l’effet d’une bombe chez les Paravins, en ce qui me concerne par contre, j’avais plus de mal à saisir la portée de l’information.

David : - Attendez une minute, vous pouvez affirmer que c’est un… Copieur, juste avec cette petite marque ?
Ten : - Absolument, les Copieurs sont des Aliens capables, comme leur nom l’indique, de copier l’ADN des êtres vivants qu’elle croise, pour ça, ils prélèvent tout simplement un peu d’ADN en piquant celui qu’ils veulent copier grâce un dard rétractile caché dans leur poignet…
David : - Et pourquoi aurait-il copié Roberto et caché l’original ?
Ten : - Pour deux raisons, d’abord parce qu’il avait besoin d’un corps puissant pour s’échapper et Roberto était l’être le plus fort qu’il avait à porté de la main et ensuite pour brouiller les pistes, on est moins méfiant devant un humain apeuré que devant un Copieur en colère, ça lui aurait simplifié la tâche, quel que soit ses intentions…
David : - Ouais… Sauf qu’ils sont censés être tous morts…
Ten : - Et bien il semblerait que ce ne soit pas le cas !

Le Docteur tourna la tête vers les Paravins, ils semblaient perdus, il était évident qu’ils n’étaient plus aussi sûrs que tous leurs ennemis avaient été tués.
Le Docteur questionna Myko du regard.

Myko : - Je me souviens avoir vu quelque chose se détacher du vaisseau des Copieurs juste après qu’il ait commencé à se désintégrer, j’ai pensé à un morceau du vaisseau qui se serait détaché, mais maintenant que j’y repense, il est possible que ce soit une capsule de secours…
Ten : - Et c’est seulement maintenant que vous y pensez !!! Bon, nous allons devoir être très prudent nous ignorons ce qu’il veut, mais ce n’est certainement pas du bien…

Et il ne se trompait pas, il avait à peine fini sa phrase qu’un effroyable bruit d’explosion en provenance des niveaux inférieurs se fit entendre et secoua le vaisseau si violemment que nous nous retrouvâmes tous projeté au sol.

Citation:
La violence de la secousse qui venait d’ébranler le vaisseau avait cessé.

David : - Aïe ! Me plaignis-je en me relevant péniblement. Je crois que je ne suis jamais autant tombé que depuis que je vous ai rencontré…
Myko : - Silence ! Siffla Myko.

Les deux Aliens s’étaient déjà relevés, ils semblaient tous les deux très concentrés, comme s’ils écoutaient un bruit lointain.
Le Docteur lui, était toujours assis sur le sol et fixait les Aliens tour à tour.

David : - Vous pensez que c’est l’œuvre du Copieur ? Chuchotais-je finalement.
Ten : - Ca ne fait aucun doute ! Lança-t-il en se relevant d’un bond. Et je parie même que je sais ce qu’il vient de faire…

Les deux êtres jaunes tournèrent la tête dans sa direction d’un même mouvement.

Ten : - Il a désactivé les systèmes de communication n’est-ce pas ?

Ils firent une sorte de grimaces étranges, sans doute l’équivalent Paravin d’un froncement de sourcils, puis ils échangèrent un regard mécontent.
Cela devait vouloir dire « oui »…
Cependant, le Docteur n’avait pas besoin qu’on lui réponde, il avait compris à la seconde où l’explosion avait retentit. Le Copieur avait atteint le système de communication centrale, rendant inutilisable les fameuses oreillettes.

Ten : - C’est bien ce que je pensais…
David : - Qu’est-ce que ça veut dire ? Demandais-je inquiet.
Ten : - Ca veut dire que le vaisseau, déjà extrêmement affaiblit par le manque d’énergie, est maintenant totalement sans défense, parce que sans système de communication, impossible de coordonner les recherches pour retrouver le Copieur dans cet immense vaisseau ! C’est un petit malin… Mais sûrement pas autant que moi !

Il s’interrompit pour réfléchir à un plan d’action.

Ten : - Nous devons faire vite ! Vous ! Il pointa son doigt sur le Paravin infirmier. Retourné à l’infirmerie, remettez ce pauvre Roberto dans son lit et veillé à ce qu’il n’arrive rien à personne. Et vous. Cette fois il désigna Myko. Retournez à la salle principale prévenir le Patriarche et déployé vos hommes dans tout le vaisseau, enfin, quand je dis « vos hommes » c’est une façon de parler bien sûr, je devrais dire « vos Paravins », mais ça sonne moins bien et… Oui, peu importe ! Surveillez de près la salle des machines, je ne veux pas que le Copieur sabote mon travail, nous aurons besoin d’énergie le plus vite possible. Ensuite vous enverrez du renfort à l’infirmerie. Oh et pour finir, évitez autant que possible de vous déplacer seul, le Copieur ne peut prendre que l’apparence de la dernière personne qu’il a piqué, alors évitons qu’il puisse changer à nouveau et le meilleur moyen d’éviter ça, c’est encore de se surveiller les uns les autres !

Nos deux amis Paravin hésitaient, ne pas pouvoir prendre leurs ordres directement de leur père les contrariait, le Docteur le sentit et s’impatienta.

Ten : - Je vous en prie, nous n’avons pas de temps à perdre, tant que le démodulateur ne se sera pas synchronisé, le vaisseau ne pourra pas réparer les dommages que le Copieur est susceptible de provoquer et chaque seconde perdue lui permet de faire encore plus de dégâts. Faites ce que je vous dis et tout ira bien…

Ce discours convainquit les deux Aliens, qui partirent chacun là où le Docteur les avait envoyé.

David : - Et nous ? Qu’est-ce qu’on va faire ? Demandais-je après qu’ils aient tous les deux disparu au détour d’un couloir.
Ten : - Nous, nous allons descendre voir si on ne peut pas mettre la main sur ce Copieur avant qu’il ne provoque une catastrophe !
David : - J’étais sûr que vous diriez ça…

Nous commençâmes donc à marcher, le Docteur avait le pas vif, comme d’habitude, mais je commençais à prendre le rythme et je ne me laissais pas distancer.

Ten : - Tout se déroulait si bien, dit-il alors que nous descendions un escalier, le démodulateur installé, il ne restait plus qu’à attendre quelques minutes et tout serais rentré dans l’ordre. Pourquoi fait-il toujours que les choses empire ?!

On pourrait penser que le Docteur était en train de se plaindre, pourtant, il affichait un sourire qui ne pouvait prêter à confusion, il adorait quand les choses se compliquaient !
De mon côté, j’étais beaucoup moins heureux…

David : - Je suis désolé. Dis-je piteusement.

Le Docteur tourna un visage intrigué vers moi.

David : - Tout est de ma faute… Je n’aurais jamais dû laissé Pedro et Roberto venir avec moi, maintenant c’est le chaos, il y a eu des blessés et il y aura peut-être bien pire et…
Ten : - Oh, ce n’est pas ta faute ! Coupa le Docteur. Et si ça peut te consoler, je pense même que tu as bien fait d’agir de cette façon, parce qu’il est clair que Pedro, alias le Copieur, ce serait montré beaucoup moins amical si tu ne l’avais pas emmené avec toi de ton plein gré !

Ces paroles me réconfortèrent et je me reconcentrais, nous étions maintenant un bas de l’escalier et nous approchions du lieu de l’explosion, le Copieur pouvait être n’importe où.

Le Docteur avait ralenti le pas, un filet de fumée âcre et grise sortait encore de la grande pièce entièrement consacrée à la gérance des communications.
Nous y entrâmes pour constater que les dégâts étaient irréparables, il ne restait plus rien à l’intérieur que des restes calcinés.
Le Docteur soupira pendant que je trébuchais sur les débris de ce qui avait dû être… euh… bah j’en sais trop rien en fait, du matériel Alien quoi !

Ten : - C’est irréparable…
David : - Sans blague…

Le Docteur me lança un regard en biais, mais n’eut pas l’opportunité de répondre, un bruit de pas se fit entendre et il sortit en trombe de la pièce pour jeter un œil.
Comme à mon habitude, je suivis le Docteur et sorti à mon tour de la pièce fumante. J’avais à peine eu le temps de le rejoindre, que déjà il s’était remit à courir. Je soupirais en levant les bras avant de me mettre à courir à sa suite, il ne s’arrêtait donc jamais !

Nos pas se répercutaient dans le couloir toujours très sombre et il était difficile de définir clairement la provenance de ceux du Copieurs, mais le Docteur semblait savoir où il allait.
Puis il s’arrêta… sans prévenir bien sûr, si bien que je le percutais de plein fouet.

David : - Aïeuuuh !!! Prévenez quand vous vous arrêté !!!
Ten : - Désolé, dit-il confus. Je voyage seul depuis trop longtemps on dirait…

Il tendit ensuite l’oreille pour déterminer où notre ami pouvait bien se trouver.
Cette fois, nous touchions au but, il devait être tout proche, j’arrivais à entendre ses pas juste devant nous, les pas lourd de Roberto. Cette pensée ne me rassura pas. J’étudiais attentivement le Docteur de haut en bas, il était peut-être génial, mais…

Ten : - Qu’est-ce qu’il y a ? Me demanda-t-il en s’apercevant que je l’observais.
David : - Je me disais que vous étiez bâti comme un bout de fil de fer…
Ten : - Et ?
David : - Et du coup je demande comment on va arrêter ce… type s’il décide de nous sauter dessus…

Une fois encore, il n’eut pas le temps de répliquer, une porte venait de claquer violement, suivi par les pas précipités de quelqu’un qui court. Le Docteur et moi eûmes tout juste le temps d’échanger un regard perplexe avant de voir Roberto au bout du couloir qui nous fonçait droit dessus. Il accéléra encore en nous voyant, baissa le haut de son corps comme un rugbyman et nous percuta. Et comme je l’avais imaginé, le Docteur ne fit pas le poids et nous fûmes tous les deux mis hors service pendant quelques secondes, ce qui était largement suffisent pour lui pour filer hors de notre vue. Le Docteur se rétabli rapidement cependant et se lança à sa poursuite, mais il fut coupé dans son élan par une nouvelle explosion toute proche…

Il hésita un instant entre allé constater les dégâts et continuer la poursuite et opta finalement pour la deuxième solution en une fraction de seconde.
Mais il était déjà trop tard. Le Copieur avait profité de son avance pour verrouiller la porte derrière lui, nous étions coincés.

David : - Bon…
Ten : - Quoi ?
David : - Bah ouvrez ! On va quand même pas attendre qu’il ait fait sauter autre chose non !

Le Docteur haussa les épaules en signe d’incompréhension.

David : - Tournevis sonique !
Ten : - Oh, euh, je ne l’ai pas…
David : - Comment ça ?
Ten : - Je l’ai rangé dans la poche de mon manteau, que j’ai laissé dans le labo…
David : - Mince, le temps qu’on trouve une autre sortie, il nous aura semé c’est sûr !

Le Docteur ne répondit pas et me fit signe de me taire et d’écouter, je me tendis pensant que le Copieur avait peut-être décidé de revenir pour nous éliminer une bonne fois pour toute, mais en écoutant attentivement, je compris que cela n’avait rien à voir.

David : - Qu’est-ce que c’est ? Demandais-je alors que le Docteur s’avançait dans le couloir en direction du lieu de l’explosion qui venait de retentir.

Je le regardais s’éloigner sans oser le suivre, j’avais un mauvais pressentiment. En fait, j’étais persuadé de savoir ce que signifiait ce bruit, mais je ne voulais surtout pas y penser.

Ten : - A quoi te fait penser ce son ? Et pourquoi n’y a-t-il pas de fumée comme tout à l’heure ? Me demanda le Docteur.

Je levais les yeux vers le plafond, c’était vrai, il n’y avait aucune trace de fumée.
Il continuait de s’éloigner, je dus alors me résigner à le suivre.
Ce n’est qu’après l’avoir rattrapé dans le fond du couloir que je répondis.

David : - On dirait… Je soupirais avant de finir. Un robinet qui fuit…
Ten : - Qui fuit vraiment beaucoup alors…

Je sentis alors une sensation de fraîcheur sur mes pieds et je baissais les yeux pour constater que le Docteur et moi pataugions dans de l’eau et une fois l’angle du couloir passé, nous comprîmes immédiatement le but de cette deuxième explosion.

La pièce que le Copieur venait de faire sauter se trouvait au fond du couloir, juste devant nous. Le décor était là, toujours aussi magnifique, mais cette fois, je n’avais pas vraiment la tête à l’émerveillement.
La porte qui menait à la pièce victime du Copieur était fermée, on pourrait penser qu’il était plutôt étrange de prendre le temps de la refermer s’il avait fait sauter tout ce qu’il y avait l’intérieur, c’était totalement inutile et surtout une perte de temps…

Sauf que la porte en question dégoulinait d’eau par chaque interstice et celle-ci n’étant pas étanche, l’eau ruisselait en cascade sur tout le pourtour, d’où l’absence de fumée.
C’était donc de là que provenait ce bruit de fuite…
Le Docteur avança encore un peu plus près de la porte et je le suivit à contre cœur, l’eau couvrant entièrement nos pieds maintenant.
C’était un peu froid, mais je me consolais en me disant que ça ferait peut-être disparaître les traces de sang jaune qui tâchaient mes chaussures.

Cependant, l’eau qui ruisselait semblait gagner en débit et ça ne présageait rien de bon.

David : - Docteur ? Je vous en prie, dites moi qu’il a juste fait sauter une canalisation… Dis-je dans un souffle.

Il me regarda avec un air profondément sceptique avant de se baisser, il plongea sa main dans l’eau et la porta à ses lèvres.

Ten : - Non, c’est de l’eau de mer, pas de doute là-dessus !
David : - Heureusement que c’était pas l’eau des toilettes… lançais-je dégoûté. Bon, alors si c’est de l’eau de mer, est-ce que ça veut dire ce que je crois que ça veut dire ?
Ten : - Les Paravins n’utilisent pas de toilettes, ensuite je ne sais pas si ce que tu crois que ça veut dire correspond à ce que je pense, mais si c’est le cas alors oui, tu as raison… Le Copieur a fait un trou dans la coque du vaisseau et nous sommes en train de couler. S’il a refermé la porte, c’est sans doute pour avoir le temps de fuir avant que l’eau n’envahisse tout le niveau…
David : - Mais… Mais ce n’est pas logique ! Comment il va quitter la Terre s’il coule le vaisseau ??? Il vient de se tirer une balle dans le pied, c’est totalement absurde !!!
Ten : - Il doit avoir un plan, j’ignore juste de quoi il s’agit… Pour l’instant…

Il se tut alors, interrompu par un craquement sinistre. Un écrou céda tout à coup, emporter par la pression de l’eau sur la porte comme un bouchon de Champagne.
Le Docteur réagit rapidement et se mit à courir, plié en deux pour éviter d’être transpercé par les boulons qui fusaient maintenant de partout comme des balles de revolvers.

Ten : - Court !!! Ordonna-t-il.

Je ne me le fis pas dire deux fois, je courus à mon tour aussi vite que j’en étais capable tout en étant penché en avant.
Nous dépassâmes très vite l’angle du couloir, mais nous n’eûmes pas le temps de souffler, car un bruit terrible nous signifia que la porte avait cédé sous la pression et qu’une vague puissante déferlait maintenant sur nous.

Ten : - Par ici !!! Hurla le Docteur en m’attirant dans un autre passage.

Le dédale de couloirs de ce vaisseau labyrinthique allait peut-être nous sauver la vie, si on parvenait à prendre suffisamment de virage, l’eau perdrait de sa puissance et ne nous écrabouillerait pas sur une de ces parois que je trouvais certes fascinantes, mais pas au point de vouloir me retrouver incruster dedans.

Je n’aurais jamais pensé être capable de courir aussi vite, mais j’imagine qu’être poursuivi par une vague potentiellement mortelle, ça aide un peu…
Mais quel que soit notre motivation, la vague finie par nous rattraper et le Docteur et moi fûmes happés par sa violence. Je perdis l’équilibre et sombra, emporté par les remous. Sous l’eau, j’aperçue une jambe vêtu d’un pantalon marron, le Docteur avait été emporté lui aussi. Rien d’étonnant, personne n’aurait pu y résister.

Je faisais tout mon possible pour tenter de m’agripper à quelque chose, n’importe quoi pouvant stopper cette course folle dans laquelle je risquais de me noyer d’une seconde à l’autre.
Ballotter dans le flot, je ne parvenais plus à distinguer le sol du plafond et tout ce que ma main touchait était désespérément lisse.
L’air avait maintenant totalement déserté mes poumons et ma poitrine commençait sérieusement à me brûler.
Tant pis, encore une petite seconde et mes voies respiratoires se rempliraient d’eau… Sans doute pour toujours.
Du moins c’est ce que j’avais cru, car au même moment, je perçu une main m’agripper par le col et me tirer hors de l’eau avec force.
Ma tête émergea enfin et je sentis avec un bonheur infini une grande bouffé d’oxygène envahir mes poumons et pour la première fois de ma vie, je réalisais à quel point il était bon de respirer.

La main appartenait bien sûr au Docteur, j’ignorais comment il était parvenu à s’accrocher à quoi que ce soit et je fus surpris par la force dont il était capable, mais au final, cela n’avait aucune espèce d’importance, je le laissais me tirer vers lui jusqu’à ce que mes pieds heurtent quelque chose de dur. Je pris alors appui et constatais qu’il s’agissait d’un escalier.
J’en montais les marches, toujours soutenu par le Docteur qui me tenait maintenant par le bras. Il ne me lâcha qu’après m’avoir hissé hors de l’eau. Je m’effondrais alors comme un naufragé sur les escaliers métalliques, c’était inconfortable, mais sec et c’était amplement suffisant pour recracher l’eau salée en toussant et remercier le Docteur.

Ten : - Est-ce que ça va ? Demanda-t-il quand j’eus retrouvé mes esprits.
David : - Oui, oui, ça va… Grâce à vous… Merci !
Ten : - Pas de quoi, mais on n’est pas encore tiré d’affaire…

Je constatais alors que nous étions dans un énième couloir qui menait dans les étages supérieurs du vaisseau, l’eau n’avait pas encore atteint ce niveau, mais vu la vitesse avec laquelle elle montait, ce ne serait qu’une question de minutes.
Le Docteur était au sommet des escaliers, mais il n’avançait plus !
Pourquoi n’avançait-il plus alors que l’eau continuait sa progression ?
Je réalisais soudain qu’il était tout simplement bloqué par une porte…

Ten : - Verrouillé ! Dit-il simplement.

Je fermais alors les yeux de désespoir avant de me relever, l’eau me léchait à nouveau les pieds. Je rejoignis le Docteur et tentais de forcer le passage en poussant avec lui, mais rien n’y fit, cette foutue porte était sacrément solide et l’eau montait inexorablement…

Citation:
Nous étions toujours coincés et l’eau continuait de monter un peu trop rapidement à mon goût. Le Docteur et moi poussions la porte avec toute la force dont nous étions capables, mais c’était inutile, elle refusait obstinément de bouger.
Nous essayâmes les coups de pieds qui ne furent pas plus efficaces, jusqu'à ce que le niveau de l’eau atteigne la moitié de mes mollets.

Ten : - C’est inutile ! S’exclama le Docteur dont les cheveux habituellement ébouriffés étaient maintenant plaqués sur son front par l’eau, lui donnant un air bizarre qui aurait pu me faire rire si la situation n’avait pas été aussi catastrophique.

Il s’adossa alors à la porte pour réfléchir, j’en fis autant en attendant qu’une brillante idée lui fasse signe quand tout à coup, un cliquetis métallique se fit entendre.
L’espace d’un instant, je ne pus m’empêcher de penser que c’était peut-être le cerveau du Docteur qui surchauffait, puis la porte s’ouvrit soudainement, nous propulsant tous les deux en arrière.

Une fraction de seconde plus tard, nous étions allongés sur le dos, l’eau se déversant par l’ouverture de la porte jusqu’à ce que les trois Paravins qui venaient de l’ouvrir parviennent à la refermer.

Ten : - Ravi de vous revoir Myko ! Le timing était parfait ! Lança le Docteur en se relevant.

Une fois sur ses deux jambes, il essora sa cravate, secoua la tête et se passa la main dans les cheveux, leur redonnant ainsi leur désordre habituel, pendant que j’étais toujours par terre à me demander comment il parvenait à reconnaître notre ami parmi ces trois Paravins qui pour moi étaient tous parfaitement identiques.

Ten : - Mais comment nous avez-vous retrouvé ?
Myko : - Nous avons entendu les coups résonner contre la porte.

Je me relevais à mon tour avec l’impression d’avoir fait un séjour dans le tambour d’une machine à laver.
Et alors que je m’apprêtais à les remercier, je fus interrompu par un bruit effroyable en provenance des étages supérieurs du vaisseau cette fois.
Bien évidement, je sursautais.

David : - C’est pas vrai, ça ne s’arrêtera donc jamais !!! Qu’est-ce qu’il a encore fait sauter ce psychopathe extra-terrestre ?!

Les Paravins et le Docteur avaient la tête tournée vers le plafond.

Ten : - Je doute que le Copieur soit le responsable cette fois…

Je fronçais les sourcils, exaspéré.

David : - Mais combien d’ennemis avez-vous …

Ma question fut coupée par un autre bruit, le même qui venait de retentir. Le vaisseau vibrait et tremblait sous les coups qui pleuvaient pratiquement sans interruption maintenant. J’avais l’impression d’avoir déjà entendu ça quelque part et il ne me fallut que quelques secondes pour comprendre.

David : - Oh non, il ne manquait plus que ça… Le Gouverneur et le Capitaine sont repassés à l’action, le deuxième navire de guerre a déjà du arriver. Mais comment ont-ils pu nous rejoindre aussi rapidement ?

Le Docteur profita d’une accalmie dans les coups de canon pour me répondre.

Ten : - On s'est beaucoup rapproché de la côte pour te récupérer et en plein jour, une nuée de brouillard ne doit pas être bien compliquée à repérer.

Les coups reprirent et le bruit, incessant causé par de l’action combinée des deux galions, commençait à devenir franchement insupportable.

David : - Est-ce qu’ils ne risquent pas de nous couler ? Demandais-je en sentant le vaisseau vibrer de plus en plus fort.
Ten : - Non, je ne pense pas, ce vaisseau est fait d’un métal très résistant, on ne risquera rien avant plusieurs heures d’acharnement intensif et puis le trou que vient de faire le Copieur nous aura coulé bien avant, mais bien sûr, j’aurais réglé tout ça avant que cela n’arrive ! Ajouta-t-il avec un optimisme à toute épreuve.
Myko : - Je l’espère pour eux Docteur, intervint notre ami Paravin. Je parle de ces humains qui semblent vous être si chers. Le Patriarche ne supportera pas ce bruit infernal très longtemps et quoi que vous en disiez, il finira par riposter s’ils continuent à nous faire sonner comme une cloche géante !

Le Docteur se passa la main dans les cheveux.

Ten : - Aïe, je n’avais pas pensé à ça ! Puis il se fendit d’un grand sourire avant de poursuivre. Bien, dans ce cas, il va falloir faire vite.
David : - Pffff… Soufflais-je en levant les yeux au ciel avec une pointe de panique dans la voix. Faire vite, je veux bien, mais faire quoi ? On ne peut rien faire tant que votre démodulateur ne se sera pas mis en…

Les lumières envahirent soudain le couloir.

David : - Marche… Terminais-je en fermant les yeux pour les protéger de cette lumière soudaine et aveuglante après tout ce temps passé dans la pénombre.
Ten : - Et bien voilà, il suffisait de demander !
Myko : - Excusez-moi Docteur, mais si votre appareil fonctionne enfin, pourquoi les portes étanches ne se sont-elles pas mises en route ?

Le Docteur fronça les sourcils et se gratta la tête.

Ten : - Oui, ce n’est pas normal, pourquoi le système automatique ne s’est-il pas remis en marche… Oh je sais !!! Rien de grave, le vaisseau est resté en veille trop longtemps, il suffit de réinitialiser le système et tout rentrera dans l’ordre.

Je soupirais de soulagement.

Ten : - On retourne à la salle des machines !

Je soupirais de lassitude…

Nous arrivâmes dans la salle des machines en un temps record, accompagnés par les coups de canons qui n’avaient pas cessé une seule seconde.
Le Docteur s’était littéralement rué dans la pièce, bousculant au passage les quelques Paravins chargés de la surveiller et courut jusqu’à l’un des écrans de contrôle. Après avoir enfilé ses lunettes, il commença à pianoter sur le clavier, ses doigts courant d’une touche à l’autre avec une incroyable dextérité au vu de l’apparence étrange de l’engin qui devait habituellement servir à des tentacules.

Ten : - Rhaa, il me faut mon tournevis, Myko ? Je peux vous demander d’aller chercher mon manteau pendant que je termine ici ? Je l’ai laissé à l’infirmerie ou peut-être bien au labo, je ne sais plus…

Myko accepta.

David : - Je vais avec lui ! Lançais-je. Après tout, je suis un expert en recherche de manteau maintenant… J’en profiterais pour questionner Myko sur ce décor, il est encore plus magnifique à la lumière !
Ten : - Je ne crois pas que ce soit le moment pour cela !
David : - Avec vous ce n'est jamais le moment pour rien, il faut toujours courir dans tous les sens ! Ronchonnais-je.

Il me sourit en me gratifiant d’un clin d’œil avant que Myko et moi ne filions.

Nous prîmes le chemin de l’infirmerie que je connaissais maintenant par coeur. Mais le Docteur avait raison, ce n’était vraiment pas le moment de parler de quoi que ce soit, d’abord parce que nous étions effectivement en train de courir et ensuite, parce que les coups de canon en provenance de l’extérieur ne nous auraient de toute façon pas permis d’avoir une conversation cohérente.

Nous arrivâmes donc rapidement sur place où un groupe de Paravins veillait sur les humains toujours allongés sur leurs lits, tout allait bien et le Paravin blessé semblait se sentir bien mieux.

Pendant un instant, je contemplais tous ces gens et me surpris à penser qu’ils devaient être bien tous allongés dans leurs lits, sans avoir la moindre conscience du chaos qui les entourait et qui pourrait bien les tuer si les choses venaient à mal tourner.
Puis un coup d’œil aux Aliens me fit réaliser que, malgré l’issue incertaine de cette histoire, je n’échangerais ma place pour rien au monde.

Je me ressaisis et commençais aussitôt à chercher le manteau, décidément, cela devenait une habitude, pendant que Myko expliquait la situation à ses frères (et sœurs peut-être, impossible pour moi de faire la différence).

David : - S’il pouvait faire un peu plus attention à ses affaires ! Grognais-je tout bas. Puis je me souvins qu’il avait dit l’avoir peut-être laissé dans le labo. Je vais faire un tour à côté. Ajoutais-je à Myko qui me signifia qu’il avait compris par un petit signe de tête.

Dans le labo, rien ne semblait avoir bougé depuis notre dernier passage et je ne voyais aucune trace de ce maudit manteau qui m’avait déjà attiré suffisamment d’ennuis comme ça à mon goût.

Je me mis alors à quatre pattes sur le sol au cas où il serait tombé et je le vis finalement sous une table un peu plus loin. Je me précipitais pour le ramasser et m’apprêtais à retourner vers l’infirmerie de fortune, quand tout à coup, une main puissante vint se plaquer contre mes lèvres et me retint fermement. Je reconnus aussitôt la main comme étant celle de Roberto grâce aux nombreux tatouages qui la couvraient. Seul problème, je savais que Roberto se trouvait sous sédatif dans la pièce à côté, mon sang se glaça quand je compris que je venais de tomber dans les bras du Copieur.
Je n’avais aucun moyen de m’échapper, il avait la taille et la force de Roberto et il me serrait si fort que j’en avais du mal à respirer et mes pieds touchaient à peine le sol.

Copieur : - Il aurait mieux valu que tu restes chez toi… Susurra la voix de Roberto à mon oreille.

Puis il resserra son étreinte de l’un de ses bras afin de libérer l’autre qu’il leva jusque devant mes yeux. Il me montra sa main et je vis clairement une longue et fine aiguille lui sortir du poignet, aucun doute, il s’agissait sûrement du fameux dard dont avait parlé le Docteur.

Copieur : - Ne t’inquiète pas, ça ne fait pas très mal…

Il approcha ensuite le dard de mon bras, je tentais de me dégager, au moins un tout petit peu pour pouvoir faire du bruit et attirer l’attention des Paravins restés juste à côté, mais je fus tout juste capable de remuer les pieds. Enfin, l’aiguille finit par percer la surface de ma peau.
Je fermais les yeux, mais je dus admettre qu’il n’avait pas menti, ça ne m’avait pas fait mal, en tout cas, pas plus qu’un banal vaccin (ouais, je sais, je suis brave…).

Copieur : - Bien, chuchota mon ravisseur. Maintenant, je suis désolé, mais je vais devoir en finir avec toi ! Je ne peux pas prendre le risque de voir l’original se promener dans les couloirs pendant que la copie retournera auprès de ce Docteur, je sais qu’il possède un vaisseau très performant, il me sera utile pour rentrer chez moi et détruire ces maudits Paravins !

Oh mon Dieu !!! Pensais-je. J’aurais bien hurlé comme une fillette, mais heureusement pour ma virilité, il serrait sa main si fort sur ma bouche que je réussis seulement à émettre un petit couinement parfaitement inaudible (pas si brave que ça finalement…).
Je fermais les yeux aussi fort que possible en me demandant comment il allait en finir avec moi et si ce serait douloureux, mais par chance, je n’eus jamais la réponse à mes questions.

Myko : - Vous l’avez trouvé ? Cria la voix de Myko depuis l’infirmerie.

Le bruit de ses pas indiquait qu’il se rapprochait.

Copieur : - Tu as de la chance… Siffla le Copieur avant de me jeter dans le même placard qui lui avait servi à cacher Roberto un peu plus tôt, il s’arrangea pour que ma tête heurte le fond du placard afin de m’assommer au passage.

Myko, inquiété par le bruit qui en avait résulté se précipita dans le labo pour trouver…
… Moi !
Ou ma copie conforme plutôt. Le faux moi était adossé au placard et regardait le Paravin avec l’air le plus innocent que j’avais en rayon.

Copieur : - Je l’ai trouvé ! Lança-t-il triomphalement en ramassant le manteau du Docteur qui était resté sur le sol.

Quelques minutes plus tard, Myko et le Copieur avaient tous les deux rejoint le Docteur dans la salle des machines, ce dernier remit son manteau et récupéra son tournevis.
Il mit ensuite en place la dernière étape de la réinitialisation et un léger bourdonnement indiqua qu’il avait réussi.

Une voix monocorde retentit soudain, faisant la liste des dégâts subis par l’appareil depuis qu’il s’était écrasé sur Terre. La plupart étaient minimes et le vaisseau rechargé en énergie s’affairait déjà à les réparer de lui-même.

Les niveaux inférieurs ayant été envahis par l’eau furent hermétiquement celés et le pompage commença tout de suite après. Au même instant, le bouclier protecteur du vaisseau se remit en route, empêchant ainsi l’eau d’entrer à nouveau et surtout, mettant fin à ce bruit insupportable que provoquait le bombardement incessant des boulets de canons sur le métal de la coque.
Toute cette agitation occupa tout le monde si bien que le Copieur n’eut pas de difficultés particulières à se faire passer pour moi, il n’avait qu’à rester discret.

La situation revenait enfin sous contrôle. Le vaisseau était pratiquement remis en état, seul les communications restaient coupées, mais elles seraient rapidement réparées.
Et le bouclier étant rétabli, plus rien ne représentait de réelle menace.

Ten : - Molto bene ! Tout est rentré dans l’ordre, enfin, tout sera rentré dans l’ordre quand nous aurons remis la main sur le Copieur…
Myko : - Pour ça pas d’inquiétude à avoir, Docteur. Nous allons nous en charger nous même, il ne pourra plus nous échapper bien longtemps !

Le Docteur rejoignit alors celui qu’il prenait pour moi et le serra brièvement par les épaules. (Comment je sais qu’il le prenait pour moi ? Et comment je peux bien savoir tout ce qui s’est passé alors que je suis censé être assommé dans une armoire Extra terrestre ? Et bien j’en sais rien, ça doit faire partie de ces mystères de l’Univers qu’on ne pourra jamais expliquer, mais au final l’important, c’est que je le sais et pis c’est tout !!!)

Ten : - Dans ce cas, Renvoyez nous, David et moi auprès du Gouverneur, je m’occupe de le préparer psychologiquement au retour de tous les disparus, tenez vous prêts à les remettre sur pied…
Myko : - Très bien Docteur… Et merci…
Ten : - Oh plus tard pour les remerciement Myko, je ne serais tranquille qu’une fois le Copieur retrouvé… Dit-il en fronçant les sourcils.

A côté de lui, l’ironie de la situation fit sourire le Copieur, car même si son plan pour détruire les Paravins en les coulant avait échoué à cause de ce Docteur, il savait qu’il pourrait retenter sa chance et les éliminer grâce à cette même personne…

Citation:
Pendant que nous nous acharnions à rétablir l’ordre dans le vaisseau Paravin, le Gouverneur et le Capitaine avaient rejoint le Navire Fantôme en un temps record.
D’abord parce que la Santa Esperanza avait été réparée rapidement par un équipage apeuré par les sanctions que le Gouverneur pourrait éventuellement leur infliger s’ils n’étaient pas efficaces, ensuite parce que le second galion de renfort était arrivé plus vite que prévu.

Mais, contrairement à ce qu’ils avaient imaginé, ils n’eurent pas besoin de naviguer longtemps avant de retrouver leur ennemi, les Paravins s’étant rapprochés de la côte à la demande du Docteur pour me récupérer un peu plus tôt.

Ils avaient très vite été attirés par la masse de brouillard se détachant clairement sur l’horizon et avaient décidé de lancer une attaque éclair. Ils s’étaient alors rapprochés rapidement et avaient encerclé le vaisseau fantôme avant de commencer à tirer.

Mais surpris par le son métallique inattendu, les marins du galion de renfort s’interrompirent un instant avant d’être rattrapé par leur mission. Ils reprirent donc les tirs sans interrupton cette fois jusqu’à ce qu’un événement étrange les oblige à cessé le feu pour de bon.

En effet, le choc des boulets contre la coque avait soudain cessé de faire cet atroce bruit métallique, alors que rien en apparence n’avait bougé du côté de l’ennemi…

Encore plus déconcertant, le navire perdit progressivement sa luminosité fantomatique, le brouillard lui-même commençait à se dissiper et après seulement quelques minutes, le terrifiant Navire Fantôme n’était plus rien d’autre qu’un galion de bois tout ce qu’il y a de plus classique flottant sous le soleil de l’après-midi…

La température ambiante remonta en flèche, en même temps que la motivation des marins qui pensaient naïvement être à l’origine de ce changement soudain.
Le Capitaine ordonna donc la reprise des tirs le sourire aux lèvres, en se disant que la victoire était proche, mais au lieu de cela, il ne se passa… rien !

Les boulets de canon ne résonnaient plus sur la coque, mais en réalité, ils n’atteignaient même plus leur cible, ils heurtaient silencieusement une sorte de mur invisible à quelques mètres du navire et rien ne se passait, il restait totalement inerte.

Contrairement à la nuit précédente, aucune riposte n’avait l’air de se mettre en place.
Cette absence de réaction entama l’enthousiasme de l’équipage qui devint rapidement très nerveux et le Capitaine et le Gouverneur durent se réunir sur le pont pour éviter qu’ils ne soient tentés de lancer une nouvelle mutinerie.

C’est alors que le Gouverneur demandait au Capitaine s’il avait une idée pour mettre fin à cette impasse, que le Docteur et le faux moi firent leurs apparitions sur le pont dans un rayon de lumière aveuglante.

L’équipage fut bien sûr très choqué de cette arrivée inexplicable et forcément dû aux puissances maléfiques du Navire Fantôme et tous dégainèrent leurs armes, prêts à affronter les intrus.

Mais devant ces deux hommes désarmés et apparemment sans défense, l’équipage se détendit et reteint l’assaut.

Gouverneur : - VOUS !!!
Ten : - Oui, moi. Bonjour ! Répondit simplement le Docteur en souriant comme dans une pub pour le dentifrice.
Gouverneur : - Comment… Vous devriez être mort… et le prêtre… enfin… Comment ?!

Le Docteur se tourna vers le Copieur, quelque chose clochait, mais il n’aurait su dire quoi, il fronça les sourcils une seconde avant de se tourner à nouveau vers le Gouverneur.

Ten : - C’est une longue histoire Gouverneur et je ne suis pas sûr que vous aimeriez l’entendre, pourtant, je dois absolument vous parler et cette fois, vous devrez m’écouter !

Son ton était sans appel, le Gouverneur le sentit et lui fit signe de le suivre dans sa cabine pour parler plus tranquillement. Le Capitaine de son côté semblait plus réticent, il n’avait guère confiance en cet évêque qui venait d’apparaître comme par magie alors qu’il aurait dû être tué par les démons du Vaisseau Fantôme.

Mais il ne pouvait aller contre la volonté du Gouverneur, alors il se contenta de faire signe au Copieur, qui gardait toujours mon apparence, de passer devant afin qu’il puisse surveiller tout ce petit monde et ordonna à l’équipage de garder l’œil ouvert et de se tenir prêt à toutes éventualités.

****************

Pendant ce temps, dans le placard du labo, je commençais enfin à remuer. Le choc que j'avais reçu à la tête me faisait horriblement mal, j’étais littéralement plié en quatre dans ce petit espace et comme si ça ne suffisait pas je m’étais mordu la langue…

La première chose qui me vint à l’esprit quand j’ouvris les yeux, était que le Copieur avait réussi à détruire le vaisseau puisqu’il était à nouveau plongé dans l’obscurité, puis, la douleur me rappela ce qui s’était passé. Je me secouais en pensant au fait que cet Alien se promenait librement avec mon apparence à travers le vaisseau.

Je parvins tant bien que mal à me redresser et après quelques contorsions, je réussis à ouvrir la porte du placard et basculais en dehors pour m’étaler de tout mon long devant des pieds jaunes.

En relevant la tête, je m’aperçus que le labo était rempli de Paravins.
Et alors que j’étais soulagé de les voir, l’un d’eux me saisit par le col et me colla contre un mur, n’arrangeant pas mon mal de crâne.

Paravin : - Te voilà enfin, tu vas nous payer ça très cher !!!

Sa voix était froide et je compris soudain qu’il me prenait pour le Copieur.

David : - Non, c’est pas lui !!! Je veux dire, c’est pas moi !!! Enfin, je ne suis pas le Copieur !!!

Je relevais vivement le bras sous son nez (enfin, pour ça, il aurait d’abord fallu qu’il ait un nez) pour lui montrer la petite marque rouge, montrant l’endroit où le dard du Copieur avait percé ma peau.
Cela ne sembla pas l’impressionner outre mesure.

Paravin : - On en reparlera devant le Patriarche !

Il me saisit fermement et s’apprêtait à me conduire au Patriarche quand il fut interrompu par un autre Paravin.

Myko : - Attends une minute !

Celui-ci s’approcha et observa la marque sur mon bras, je reconnus alors Myko, je ne sais pas trop comment, sa façon de parler et de bouger sans doute, mais j’étais certain que c’était lui et j’en fus soulagé.

Myko : - Ce n’est pas le Copieur ! Déclara-t-il enfin. Relâche-le, je m’en occupe ! »

Le Paravin obéit et me lâcha tout en continuant de me toiser d’un regard suspicieux.
Myko m’entraîna un peu plus loin et je déblatérais à toute vitesse tout ce que je savais.

David : - Où est le Docteur ? Il y a un autre moi qui se balade dans le vaisseau, nous devons le prévenir, il compte se servir de mon apparence pour s’emparer du Tardis, je ne sais pas comment il connaît son existence mais…

Myko m’interrompit d’un geste de ses tentacules qui ne me semblaient plus aussi étrange désormais.

Myko : - C’est trop tard, le Copieur a déjà rejoint le Docteur, ils sont tous les deux sur l’un des bateaux humains !
David : - Quoi !!! Et il ne s’est rendu compte de rien ?! Ça par contre, je sais pas trop comment je dois le prendre… Mais il n’est peut-être pas encore trop tard, nous sommes toujours en mer, le Copieur ne pourra donc pas agir avant d’être de retour sur la terre ferme s’il tient vraiment à mettre la main sur le Tardis. Transportez-moi auprès du Docteur, tout de suite !

Myko semblait d’accord, sauf qu’il interpella deux de ses frères Paravins, il semblait évident qu’il comptait m’accompagner.

David : - Qu’est-ce que vous faites ?
Myko : - On vient avec vous !
David : - Non, vous ne pouvez pas ! Ne le prenez pas mal, mais les humains n’ont pas l’habitude de voir des… des poulpes sur pattes, s’ils vous voient ils passeront à l’attaque !
Myko : - Le Copieur est dangereux, s’il s’en sort vivant, il nous pourchassera sans répit jusqu’à ce qu’il ait trouvé un moyen de nous détruire !

J’ouvris la bouche pour répliquer, mais je sus immédiatement qu’il n’y avait rien à faire. Je dus alors m’incliner, ça ne m’enchantait pas vraiment, mais je n’avais guère le choix et c’est donc accompagné de Myko et de deux autres Paravins armés que je rejoignis la salle de téléportation.

Mon angoisse ne cessa d’augmenter tout le long du chemin menant à cette salle, des Aliens jaunes armés confrontés à des humains du XVI ème siècle armés eux aussi, la situation risquait d’être compliqué à gérer. Sans parler du Copieur…

J’avais l’estomac secoué de gargouillis d’angoisse et la pensée d’utiliser à nouveau ce truc de téléportation n’arrangeait rien.
Mais il fallait bien y aller alors je croisais les doigts en espérant que tout ce passerait bien.
Puis pour la deuxième fois de la journée, je sentis mon corps se désintégrer avant de se recomposer presque aussitôt sur le pont du navire.

Citation:
Le Docteur, le Copieur, le Capitaine et le Gouverneur étaient tombés d'accord. Le Docteur s’était montré très convainquant, je ne sais pas s’il leur avait dit la vérité sur les Paravins ou s’il avait brodé une histoire pseudo religieuse pour que la pilule soit plus facile à avaler, mais dans tous les cas, le visage du Gouverneur était décomposé et blême.
Le Capitaine quant à lui ne laissait rien paraître dans son expression, mais il était un peu pâle également.
C’est la voix tremblante que le Gouverneur prit la parole pour s’adresser à l’équipage.

Gouverneur : - Messieurs, nous venons de nous entretenir avec Monseigneur Docteur, le problème des démons est maintenant résolu… Il semblerait que l’évêque se soit montré plus efficace que je ne l’avais prévu… Nous rentrons au port ! Ordonna-t-il.

Mais alors que l’équipage déconcerté par cette nouvelle commençait à entamer la manœuvre de retour, un autre éclair aveuglant envahit le pont pour me laisser apparaître, moi et ma petite escorte jaune.

Évidement, cette apparition soudaine et imprévue changea immédiatement la donne.
Tous les hommes du navire restèrent sans bouger pendant de longues secondes face à cette vision étrange de ces démons jaunes encerclant le jeune prêtre, qui se trouvait également à côté de l’évêque.

Le moment de flottement créé par la surprise ne dura pas, le Docteur fut le premier à se reprendre.

Ten : - Tout va bien !! Hurla-t-il. Que tout le monde garde son calme !!!

Mais comme on pouvait s’en douter, personne ne garda son calme et la fin de sa phrase fut noyée dans un terrible brouhaha.

Gouverneur : - Vous nous avez trahi ! S’exclama-t-il en se tournant face au Docteur.
Capitaine : - Aux armes ! Ordonna le Capitaine.
Myko : - Tuez-le !!! Cria Myko à ses frères en pointant mon clone de ses tentacules.

Le tout était enrobé par le bruit des marins s’apprêtant à faire feu.
Dans quelques secondes, je deviendrais le témoin d’une véritable tuerie, à moins que je n’en sois une des victimes au vu de la confusion qui régnait partout autour de moi. Je me sentais terriblement impuissant, comme pris dans un engrenage que personne ne peut arrêter.
Mais c’était sans compter sur le Docteur.

La confusion était totale, mais il parvint à se placer au centre du pont et à pousser un hurlement suffisamment puissant pour que tout le monde l’entende.
Cependant, je ne parvins pas à comprendre ce qu’il avait dit parce qu’au même moment, j’avais senti qu’on me tirait vers l’avant, entraîné par mon élan, je tombais à genoux un peu plus loin.

Finalement, quand je me redressais, le silence était revenu. Personne n’avait tiré, personne n’était blessé, tous se tenaient immobile attendant de pouvoir reprendre là où ils s’étaient arrêtés, comme si quelqu’un avait appuyé sur Pause pendant un film.

En me relevant, je constatais que la configuration avait changé. Le Docteur se tenait maintenant au centre du pont, les Paravins d’un côté et le Gouverneur et le Capitaine de l’autre. En ce qui me concerne, je me trouvais maintenant devant le Docteur et nous étions tous encerclés par l’équipage.

Un coup d’œil à côté de moi me permit de comprendre qui m'avait tiré. Ce n’était autre que… Moi !
Enfin, le Copieur bien sûr, il avait mis ces quelques secondes de confusion à profit pour me rejoindre.

J’en profitais pour le, pour me, regarder…
Quelle étrange sensation !
C’était très déroutant de se voir ainsi, c’était très différent que de se contempler dans un miroir. J’avais l’impression d’être déformé, je me voyais trop gros, avec des bras trop longs et une tête trop petite, finalement, le seul point positif était peut-être que je me voyais plus grand que ce que j’imaginais…

Et ce n’est que quand je commençais enfin à me dire que je n’étais peut-être pas aussi difforme que ça que la voix du Docteur retentit, m’arrachant à mes réflexions purement vaniteuses.

Ten : - Bien ! Commença le Docteur. Tout va bien et tout ce passera parfaitement bien si tout le monde reste calme… Gouverneur, Capitaine, je vous présente Myko et deux de ses frères… ou sœurs, j’avoue que j’ai un peu de mal à faire la différence entre les sexes, mais ce n’est pas vraiment le sujet. Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas des Démons et leur but n’est pas de vous tuer, tout ceci n’est qu’un terrible mal entendu…
Gouverneur : - Un malentendu ! Ils ont tué une centaine de marins !!! Ce n’est pas vraiment ce que j’appellerais un malentendu ! S’emporta le Gouverneur provoquant une vague d’approbation parmi l’équipage.
Ten : - Oui, oui, oui je sais tout ça, mais comme je vous l’ai déjà dit, ils ne sont pas morts, ils vont parfaitement bien et au moment où je vous parle, ils sont sur le point d’être débarqués…

La nouvelle détendit un peu l’atmosphère, même si la plupart des hommes restaient sceptiques.

Capitaine : - Et pourquoi sont-ils deux ? Demanda le Capitaine méfiant.
Ten : - Un problème à la fois Capitaine, ceci est une autre histoire qui ne vous concerne pas et que nous allons devoir régler sans blesser qui que ce soit !

Il appuya son regard sur Myko pour bien lui faire comprendre qu’il ne tolérerait aucune violence.

Ten : - Tout se passera bien parce que tout le monde va se calmer et baisser son arme…

Le Docteur leva les mains en signe d’apaisement et tout le monde obéit plus ou moins, les armes ne pointaient plus directement, mais elles étaient toujours prêtes à faire feu au moindre mouvement de trop.

Ten : - Parfait… Enfin, façon de parler, j’aurais préféré que tout le monde se débarrasse de son arme par dessus bord et se jette dans les bras les uns des autres dans la joie et l’allegresse, mais je me rend bien compte que j’ai souvent des excès d’optimismes alors tant pis, je saurais me contenter de ça... Lança-t-il avant de se tourner vers moi et ma copie. Bon, maintenant, problème numéro deux !

J’allais lui dire que j’étais le vrai David, mais le Copieur me prit de vitesse.

Copieur : - Docteur, comment allez-vous nous distinguer ? S’inquiéta-t-il avec ma voix qui sonnait étrangement à mes oreilles, c’était tellement étrange d’entendre ma propre voix sortir d’une autre bouche que la mienne.

Le Docteur soupira.

Ten : - Les compagnons… Comment faites-vous pour vous mettre dans ce genre de situation ?
David : - Docteur, je suis moi !!! M’exclamais-je. C’est lui le Copieur, il a pris ma place pour vous voler le Tardis !
Copieur : - Non, c’est lui le Copieur ! Répliqua mon double. Sinon comment connaîtrait-il les plans du Copieur ?
Ten : - Hum, il marque un point…
David : - Hey !!! C’est toi qui me l’as dit avant de me piquer !
Ten : - Voilà la solution ! Interrompit le Docteur. On va vérifier lequel de vous deux a une piqûre !

Il s’approcha alors de nous et je souris de satisfaction devant ce que je prenais pour une solution imparable.
Le Docteur observa mon bras sur lequel figurait la petite marque rouge, il en fit autant sur le bras du Copieur qui, contre toute attente, avait lui aussi la marque de piqûre.

David : - Non !!! M’exclamais-je paniqué. C’est lui le Copieur, il a dû se piquer lui-même pour brouiller les pistes !
Copieur : - Je pourrais en dire autant de toi ! Répliqua mon clone.
David : - Oh non, mais c’est un cauchemar !

Les marins qui nous entouraient nous regardaient perplexes, ils avaient du mal à comprendre ce qui se passait.

Capitaine : - Monseigneur ? Expliquez-moi comment ces monstres ont pu dédoubler le prêtre si ce n’est pas par la sorcellerie ? Demanda le Capitaine qui avait bien du mal à imaginer que ces créatures n’étaient pas des démons venus de l’Enfer.

A ces mots, je fus pris d’une intuition soudaine et je m’exclamais :

David : - Je ne suis pas encore prêtre !!!
Gouverneur : - Tiens, si vous voulez mon avis, le « vrai » c’est celui-là ! Annonça le Gouverneur avec dédain…

Mais le Docteur l’avait déjà deviné, car il me fit signe de le rejoindre, ce que je fis sans demander mon reste.

David : - Dis donc, vous avez mis le temps !
Ten : - Désolé. Ça va, tu n’es pas blessé ? Demanda-t-il plein de sollicitude.
David : - Bah je me suis mordu la langue…
Ten : - Aïe ! Blessure de guerre, ça arrive parfois quand on voyage, tiens, une fois, je me suis enfoncé une écharde dans le petit doigt, tout le monde me disait que ce n’était rien, mais ça fait mal, surtout que j’ai dû l’enlever avec une aiguille chauffée à blanc parce que j’avais perdu ma pince à épiler, c’est une histoire très amusante d’ailleurs, en fait elle était tombé dans un… Il fut alors interrompu par un toussotement agacé du Gouverneur et je ne sus jamais dans quoi était tombée la pince à épiler. Hum, oui, pardon… » Dit-il confus avant d’être à nouveau interrompu.
Copieur : - J’aurais dû te tuer le moment venu ! Rugit le Copieur avec ma voix qui avait prit une dureté dont je ne la savais pas capable.
David : - Ouais t’aurais dû !!! Fanfaronnais-je, parce qu’il est très facile de fanfaronner quand on sait qu’on ne court plus aucun risque. Mais tu as raté ta chance et maintenant tu vas… euh… Docteur ? Il va quoi ? Est-ce qu’il existe quelque part une prison pour Alien rebelle ?
Ten : - Personne n’ira en prison… Écoutez-moi, je peux vous aider, vous n’avez pas besoin de faire de mal à qui que ce soit, dites-moi simplement ce que vous… NON !!! Hurla-t-il, précédant de peu un sifflement étrange.

Je me tournais vivement vers la provenance du bruit et constatais qu’il venait d’une arme, celle de Myko.
Mon regard suivi la trajectoire de l’arme et je compris qu’il avait tiré sur le Copieur. Ce dernier avait les mains crispées sur mon ventre, sur son ventre, le visage déformé par la douleur.

Me voir ainsi en train de souffrir autant me mis profondément mal à l’aise et j’aurais aimé détourner le regard, mais quelque chose attira mon attention.

Le Copieur était en train de changer, sa peau d’apparence humaine perdait peu à peu sa couleur chair et devenait de plus en plus argentée et les traits de mon visage se lissaient progressivement. Je le regardais maintenant de la tête au pied, les plis de mes vêtements disparaissaient également et quand il eut terminé sa transformation, il ne restait plus qu’une silhouette semblable à celle des mannequins sans visages qu’on peut voir dans les vitrines des magasins et sa peau était parfaitement lisse et argentée comme la surface d’un miroir.

Ten : - Il reprend sa forme originelle… Souffla le Docteur.

Il s’appretait à lui venir en aide, mais il était déjà trop tard, la blessure était parfaitement visible sur son ventre et des fissures se formaient sur la surface lisse de sa peau.
En fait, il se brisait, comme s’il était fait de verre.

Le Copieur releva alors la tête une dernière fois vers le Docteur avant de se briser comme du cristal en des milliers d’éclats brillants se répandant sur le pont.

La scène avait fait oublier à tout le monde la tension qui régnait ici et tous les regards étaient restés figés sur ce qu’il restait du corps du Copieur.

Ten : - Tu sais maintenant pourquoi les Copieurs copient les ADN des autres espèces vivantes, leurs corps est trop fragile pour rester tel quel…

Il semblait triste de l’issue de cette histoire, je suppose qu’il aurait voulu que tout le monde s’en sorte, le « Méchant » y compris…

Je venais d’apprendre une autre chose sur le Docteur, il était du genre à offrir une autre chance, même à ceux dont on penserait qu’il ne le mérite pas et ceci me donnait encore plus envie de continuer de voyager avec lui…

Citation:
Les Paravins retournèrent sur leur vaisseau avant que le choc de ce qui venait de se passer ne se dissipe et qu’on se retrouve à nouveau dans une situation compliquée où tout le monde vise tout le monde.

Le Docteur et moi restâmes à bord, pour rassurer encore le Gouverneur qui commençait à craquer nerveusement.

Le Capitaine quant à lui restait toujours impassible, comme si son visage était en pierre, mais ses lèvres étaient plus crispées que jamais et il devait lui aussi souhaiter que toute cette histoire prenne fin au plus vite.

Ten : - Gouverneur, nous allons rentrer au port et le vaisseau fantôme va nous suivre pour déposer les disparus, ensuite, ils quitteront vos vies pour toujours. Je vous suggère donc d’oublier tout ce qui s’est passé aujourd’hui et de vous contenter de raconter au roi que vous avez vaincu les spectres…

Le Gouverneur demanda silencieusement l’approbation du Capitaine, comme si son cerveau en avait trop assimilé d’un coup et qu’il n’était plus capable de penser par lui-même. Ce dernier lui répondit d’un hochement de tête affirmatif.
Les navires firent donc demi tour, suivi par le navire fantôme.

Le Docteur me rejoignit ensuite à l’avant où je réfléchissais.
Il y avait matière avec tout ce qui m’était arrivé ces derniers jours !

Ten : - Tout va bien ? Me demanda-t-il doucement.
David : - Oui. Répondis-je fermement pour lui montrer que rien ne pourrait me convaincre de le voir repartir sans moi.

Le silence s’imposa et le Docteur, qui n’aimait pas beaucoup ça, m’expliqua ce que le Copieur avait eu en tête depuis son atterrissage forcé sur Terre.

Il avait dû errer quelques temps dans la campagne jusqu'à ce qu’il vole l’apparence d’un jeune garçon. Puis en apprenant l’existence d’un bateau fantôme, il avait fait le rapprochement avec les Paravins et avait alors décidé de se venger en montant à bord de la Santa Esperanza, mais la présence du Docteur, qu’il savait ne pas être humain (une capacité de Copieur leur permettant de reconnaître les différents ADNs grâce à l’odeur) avait changé ses plans.

Il s’était donc rapproché de moi pour en apprendre plus, puis après notre retour au port, il m’avait probablement suivi en espérant que je le mènerais au vaisseau du Docteur.
Malheureusement pour lui, le Tardis était resté obstinément fermé, mais il avait compris qu’il s’agissait d’un vaisseau hors du commun. C’est alors que pendant que j’étais à la recherche du manteau du Docteur, il était parti libérer Roberto pour l’utiliser afin de rejoindre le large par ses propres moyens. A nouveau la chance lui avait souri puisqu’il me croisa alors que je cherchais moi aussi à retrouver le Docteur.

Ensuite, il avait fait semblant d’être inconscient et avait pris l’apparence de Roberto, plus fort qu’un gamin de 15 ans, pour couler le vaisseau Paravin…

Pour la fin de l’histoire, je la connaissais déjà…

Après cela, le silence s’imposa de nouveau, le port était déjà en vue.
Tout était si calme comparé à l’euphorie de ces dernières heures, j’en profitais donc pour me reposer un peu et étudier le Docteur qui était toujours à mes côtés.
Il semblait si triste tout à coup, il avait le regard perdu au loin, mais j’étais certain qu’il regardait bien plus loin que l’horizon.

Je compris soudain pourquoi il semblait ne pas aimer le silence, cela le forçait à penser à des moments douloureux de son passé, sans doute ces mêmes moments qui faisaient qu’il refusait ma présence à bord du Tardis.
Puis, il dut s’apercevoir que je l’observais, car il quitta son air mélancolique pour le remplacer immédiatement par un sourire trop joyeux pour être honnête.

Ten : - Nous y sommes presque, je vais voir le Gouverneur et le Capitaine !

Il s’éloigna ensuite rapidement et je le suivis.

Ten : - Capitaine, Gouverneur, nous arrivons alors je voudrais être sûr que nous sommes bien d’accord. Vous avez détruit le Navire Fantôme grâce à votre courage et à celui de vos hommes ! Ceci signifie que le roi vous offrira l’avancement que vous attendiez en plus d’une récompense plus que conséquente ! Le simple terme « récompense » eu un effet immédiat sur le Gouverneur qui se reprit dès que le mot atteignit ses oreilles. Mais, je sais que vous êtes tous les deux très généreux et que vous récompenserez à votre tour tout votre équipage comme il se doit !

Les deux hommes se renfrognèrent un peu en comprenant qu’ils devraient partager, mais la simple idée que le Docteur puisse revenir avec son lot de problèmes les convainquit qu’il valait mieux obéir, d’autant qu’un peu d’argent aiderait tous ces marins à oublier qu’il n’y avait jamais vraiment eu de vaillant combat…

David : - Oh et Roberto sera gracié bien sûr ! Ajoutais-je, fier de pouvoir imposer mes conditions.
Gouverneur : - C’est évident mon Père… Répondit le Gouverneur de son ton mielleux qu’il avait subitement retrouvé.
David : - Ohhhh ça suffit ! Je ne suis pas encore prêtre !!! Quand est-ce que ça va rentrer à la fin je… Oh, pourquoi je m’énerve, je ne serais jamais prêtre de toute façon !

Le vaisseau Paravin déposa ensuite les humains capturés sur une plage, à l’abri des regards indiscrets et j’en profitais pour faire mes adieux au pauvre Roberto qui commençait enfin à émerger. Seuls le Capitaine et le Gouverneur furent invités à nous suivre pour qu’ils puissent faire venir de l’aide une fois que nous serions partis.

Le Docteur leur rappela une dernière fois leur petit accord avant que nous ne disparaissions à nouveau dans le téléporteur pour nous retrouver dans le vaisseau qui reprenait déjà la direction du large.

Le Seigneur du Temps avait encore quelques détails à régler (entre autre bricoler un nouveau système de communication) et Myko en profita pour me raconter les légendes des Paravins qui figuraient sur les murs.

La nuit était tombée depuis un bon moment quand l’heure du départ arriva enfin. Nous fîmes nos adieux aux Paravins, en particulier à Myko et au Patriarche, qui remercia chaleureusement le Docteur, puis le vaisseau abandonna son camouflage de galion espagnol et décolla pour nous déposer juste devant le Tardis, qui nous attendait sagement, avant de disparaître dans les étoiles.

Le Docteur tapota doucement la paroi de son Tardis en chuchotant comme s’il parlait à la femme de sa vie. Puis il en poussa la porte et je le suivis à l’intérieur.
Aaaah quel bonheur de retrouver la tranquillité apaisante de ce vaisseau qui certes, n’avait pas de magnifiques décors sur les murs, mais qui me donnait l’impression de rentrer à la maison après une dure journée…
Sauf que ce n’était pas ma maison, un simple regard vers le Docteur eut vite fait de me le rappeler.

Il était devant la console et me fixait la tête légèrement inclinée sur le côté comme s’il se disait « pauvre garçon, il est grand temps que tu rentres chez toi ! »
Mais bien sûr, je n’en avais toujours pas envie.

Ten : - Bien ! Une bonne chose de faite ! S’exclama-t-il en pianotant sur la console, comme j’aimais de plus en plus à le voir faire.
David : - Où va-t-on maintenant ? Tentais-je en croisant les doigts.

Il me répondit par un coup de manivelle qui fit trembler le Tardis, je parvins miraculeusement à rester debout jusqu’à notre arrivée.
Une fois le Tardis immobilisé, le Docteur me désigna la porte.
Je n’arrivais pas à croire que nous allions déjà repartir, mais trop heureux et surtout, trop curieux de cette nouvelle destination, je décidais d’ignorer la fatigue et me précipitais sur la porte, je l’ouvrais à la volée pour tomber…
… Sur un parking !!!

Mais pas n’importe lequel, il s’agissait de celui qui se trouvait juste en bas de l’immeuble où vivait ma tante.
Je compris le cœur serré qu’il m’avait ramené au bercail, s’en était fini de mes voyages en Tardis.

La déception était si grande que j’en avais les larmes aux yeux.
Je me tournais alors vers le Docteur, que j’avais entendu sortir juste derrière moi, avec l’intention de lui dire un millier de choses qui auraient éventuellement pu le faire changer d’avis, mais j’avais la gorge trop serrée pour pouvoir parler.
De son côté, il ne disait rien non plus, il n’avait pas d’expression particulière, il ne semblait même pas triste…
En fait, on aurait dit qu’il attendait.

Ten : - Tu as 5 minutes ! Dit-il enfin.

Je fronçais les sourcils sans comprendre.

Ten : - Si dans 5 minutes tu n’es pas revenu avec tes affaires, je pars sans toi !

Son visage s’éclaira alors d’un grand sourire et il me fallut un temps de réaction si long que je remercie le ciel aujourd’hui que les 5 minutes offertes par le Docteur n’étaient qu’une façon de parler, parce qu’il m’en fallu au moins la moitié pour comprendre ce qu’il disait.

Ten : - J’attends !
David : - Euh, mais… Je…J’ai… Répondis-je soudain pris au dépourvu.

Je regardais mes pieds, j’étais dans un état lamentable, mes vêtements étaient froissés, sales et encore humides d’eau de mer, je sentais la marée et la sueur et je n’osais même pas imaginer la tête que je devais avoir. Alors la réflexion qui me vint en premier quand mon cerveau se remit enfin à fonctionner fut :

David : - C’est pas assez 5 minutes pour prendre une douche !

Le Docteur soupira amusé.

Ten : -« Il y a tout ce qu’il faut dans le Tardis. Allez !!!

Cette fois, je courus aussi vite que je le pus en direction du hall de l’immeuble… dont je n’avais pas la clé, mais un petit grésillement derrière moi me fit comprendre que ce n’était pas un problème et en me retournant, je vis le Docteur ranger le sonique dans sa poche.

Ten : - Et n’oublie pas ta brosse à dent ! Ajouta-t-il.

Une fois dans l’immeuble, j’appelais l’ascenseur qui ne vint pas assez vite à mon goût, je me précipitais donc dans les escaliers juste au moment où la porte se décida enfin à s’ouvrir.
Tant pis, trop tard !

Je grimpais les marches à toute vitesse et arrivais finalement devant la porte que j’ouvris rapidement en espérant que ma tante ne serait pas là, mais à cette heure, il y avait peu de risque, il était encore tôt, d’ailleurs, en regardant l’horloge, je remarquais que le temps n’avait quasiment pas bougé depuis que nous étions partis pour New New York.

Parfait, je n’aurais pas à expliquer ce départ précipité ni mon état lamentable.
Je me dépêchais donc de rassembler mes quelques affaires que je fourrais dans mon sac, ce fut rapide puisque je n’étais venu que pour quelques jours, je souris en prenant ma brosse à dent, j’écrivis ensuite un petit mot pour prévenir de mon départ, en espérant que mes vagues explications soient suffisantes pour n’inquiéter personne. Puis je me figeais soudain en posant ma main sur la poignée de la porte pour repartir.

Qu’étais-je en train de faire ?
Partir avec le Docteur était-il réellement le bon choix ?

Je soupirais.

C’est malin tiens, depuis que je l’avais rencontré, j’avais passé le plus clair de mon temps à essayer de persuader le Docteur de me garder à ses côtés et c’est maintenant qu’il se laissait enfin convaincre que j’étais soudain pris d’un doute…

Je savais que je pouvais lui faire confiance, j’en avais la plus intime conviction, mais je le connaissais si peu…
Et voyager avec lui pouvait être si dangereux…

Depuis que je l’avais rencontré, j’avais failli être désintégré par des Petits Hommes verts, j’avais failli exploser avec la Tour Eiffel, être coulé par un navire fantôme, me noyer, être tué par un Alien voleur d’ADN et j’étais tombé si souvent que je n’étais plus qu’un bleu sur pattes ! Oh et je m’étais mordu la langue aussi…

En tentant de rassembler les bons côtés, je réalisais que je n’y arrivais pas, pas parce qu’il n’y en avait pas, mais parce qu’il y en avait trop au contraire !

Mon choix était fait, peu importe mes doutes et mes peurs (légitimes je pense), le Docteur et la découverte de l’univers méritaient amplement qu’on prenne tous ces risques !

Quand je fus enfin de retour dans le Tardis, le Docteur était assis devant la console, il sifflait !

Ten : - Oh te voilà ! Dit-il le sourire aux lèvres en se relevant. J’étais en train d’essayer de me rappeler une chanson que j’avais entendu sur Siglon, non attends, c’était sur la planète Mérinus… Ah je ne sais plus ! Tiens !! Qu’est-ce que tu dirais si on allait vérifier ça, sinon ça va me hanter pendant des jours et je vais être insupportable !!!

Je jetais alors mon sac dans un coin en souriant.

J’étais absolument certain d’avoir fait le bon choix !

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Dernière édition par David-S le Mar 23 Mar 2010 - 13:50; édité 17 fois
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MessagePosté le: Lun 2 Nov 2009 - 14:44    Sujet du message: Publicité

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Samaël
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MessagePosté le: Lun 2 Nov 2009 - 15:16    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

Ouais une suite ! Le moyen-age donc...cool j'aime bien cette époque Mr. Green
Citation:
A le voir ainsi, j’en vins à me demander quels genres de malheurs avaient bien pu frapper ses anciens compagnons de voyage pour qu’il préfère rester seul alors que visiblement, il détestait ça…
Il faut peut-être mieux que tu ne le saches pas, ça pourrait refroidir ton enthousiasme.
Citation:
Ten : - Si !!! Tu recommences avec ton regard de chien battu !!!
Vachement efficace dit donc, à chaque fois il craque en deux secondes Laughing

Bon ben la suite ! la suite! Mr. Green
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MessagePosté le: Sam 7 Nov 2009 - 18:02    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

 Chapitre 1 : Retour à la maison ?!
 
Ahah ce Docteur, toujours impossible… Il dit non, mais ses cœurs disent oui. ET j’imagine son énorme sourire à ce moment là !!! Ahaha…. La suite ?
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MessagePosté le: Lun 9 Nov 2009 - 13:22    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

"Ten : - Oh non non non non non !!!! Pourquoi tu fais ça ? C’est vraiment pas fair-play !!!"
Pas fair-play dis dont david-s ^^c'est pas bien!!
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MessagePosté le: Lun 9 Nov 2009 - 15:02    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

Merci Samael, Lapitchounette et Persee2 pour vos comms.
Ca fait toujours très plaisir à lire Mr. Green

Sinon pour la suite, et bien (je ne peut pas m'empêcher de mettre l'hôte à chaque nouveau chapitre Laughing ), le chapitre 2 est posté Smile
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MessagePosté le: Lun 9 Nov 2009 - 16:11    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

ah chouette je vais te lire!
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MessagePosté le: Lun 9 Nov 2009 - 16:21    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

"Je le regardais s’éloigner avec un sourire en coin en ayant la certitude qu’il était complètement fou et pourtant, je ferais tout pour rester avec lui aussi longtemps que possible… "

C'est l'effet fous. Les gens ont beau etre fous ils restent géniaux. Comme moi XD ( nan je blague).

"Ten : - Je ne te l’avais pas encore dit ?? Le Tardis traduit toutes les langues de l’Univers directement dans ton cerveau… Pratique hein ???"

ça serait bien en cours d'anglais et d'espagnol!!Ou pour vois doctor who en anglais!!

"Ten : - Ah, la Renaissance, quelle période magnifique, l’humanité qui se redécouvre et qui pousse toujours plus loin les frontières de son savoir… Il poussa un profond soupire d’admiration. Vous êtes une espèce tellement fascinante !
David : - Euh… Merci… "

On dirait qu'il est au zoo.Regarde ce babouin!!Fascinant!!



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MessagePosté le: Mar 10 Nov 2009 - 19:23    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

Chapitre 2 : Le retour des ennuis

J’adore les "Quoi ? Quoi ? Quoi ?" qui pour une fois ne viennent pas de Ten !

Humhum cette histoire me rappelle vaguement pirates de Caraïbes, malgré le fait que je n’ai vu qu’un épisode sur les 3 !

Bref, en tout cas, ton récit et toujours aussi prenant et intriguant. Je crois que si je n’étais pas aussi curieuse, j’attendrais que tu ais fini de poster tous les chapitres de ton histoire avant de lire… Mais je ne tiendrais pas …
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MessagePosté le: Mer 11 Nov 2009 - 11:06    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

moi non plus je ne tiendrais pas!!
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MessagePosté le: Ven 13 Nov 2009 - 23:49    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

Yahou ! Le retour du fils de la revanche des aventures de David avec le Doc !

Citation:
Le Docteur et moi venions tout juste de revenir dans le Tardis après notre visite de New New York et j’étais euphorique. Et il y avait de quoi, cet après midi dans cette ville exceptionnelle m’en avait mis plein les yeux (des yeux tout neufs au passage…).


David avant le Doc :


David après le Doc :


Le Doc, plus fort que relooking extrême Mr. Green

Citation:
Mais je descendis rapidement de mon petit nuage en réalisant que cette visite de New New York devait être mon premier et surtout, mon dernier voyage à bord du Tardis.


Crying or Very sad Pauvre David... c'est tellement bien de voyager dans le Tardis... Même si sa secoue... c'est bien...

Citation:
David : - Euh… J’imagine que je vais devoir rentrer maintenant ? Demandais-je timidement.


siteplé Doc ? Je peux rester dis ?

Citation:
Ten : - Je suis désolé, mais je t’avais prévenu. Dit-il. Un cadeau, c’était tout, mais tu m’as convaincu de transformer ça en visite de New New York… Mais maintenant c’est terminé, tu dois rentrer chez toi !


Mon pauvre David (je sens que je vais le dire souvent ) j'ai pas l'impression qu'il soit très chaud sur ce coup là Confused

Citation:
Bien sûr, je m’étais attendu à cette réponse, il avait toujours été très clair. Mais il s’était déjà laissé convaincre une fois alors pourquoi pas deux…


Je l'espère pour toi... même si les aventures avec le Doc... on sait comment ça commence... mais jamais comment ça se termine... crois-moi !

Citation:
David : - Et pourquoi ne pas retenter l’expérience encore une fois… ou deux ? Tentais-je malgré tout.


Allez Doc... allez quoi... fais pas ta p...

Citation:
Ten : - Oui c’est vrai. Admit-il le sourire aux lèvres. Et je dois dire que c’est bien la première fois que je mets les pieds à New New York sans que les ennuis ne me tombent dessus...


David 1 | Doc 0 ?

Tu vas réussir à le faire craquer ? Mr. Green

Citation:
Ten : - Mais que je me sois amusé ou pas n’a rien à voir là dedans, ma vie est dangereuse et toi, tu rentres chez toi, je refuse d’être responsable de…
David : - Oui oui, je sais, l’interrompis-je, vous ne voulez pas être responsable de tous les drames de ma vie et bla bla…




Quelle impertinence Mr. Green En même temps, il fatigue avec ce discours ! Les gens le suivent parce qu'ils le veulent ! Bon sang

Citation:
Pour la dernière fois, je m’accrochais au bord de la console afin d’éviter de me retrouver une nouvelle fois allongé sur le sol.


ça balance dans le Tardis !


Citation:
Le Docteur baissait la tête, il semblait déplorer mon départ ce qui, je dois bien l’avouer, me fit très plaisir…


Oooooooooooh il est triste

C'est trop chou ça Smile

Citation:
A le voir ainsi, j’en vins à me demander quels genres de malheurs avaient bien pu frapper ses anciens compagnons de voyage pour qu’il préfère rester seul alors que visiblement, il détestait ça…


Crying or Very sad Ils ont souffert ses compagnons de voyage... oh, ce qu'ils ont souffert... Crying or Very sad

Citation:
Je me dirigeais vers la porte un peu à la façon d’un condamné à mort se rendant à l’échafaud, d’un pas à la fois lent et digne…




On partirait tous la mort dans l'âme... Je compatis

Citation:
Cependant, une fois la porte ouverte et franchie, je m’aperçus que ce que j’avais sous les yeux ne ressemblait en rien à la capitale française…


Shocked

Ah ? Le Tardis se serait encore gourré ?

en même temps

Citation:
Je cherchais le Docteur des yeux, mais tout ce que je vis fut quelques étranges passants vêtus à ce que je j’appellerais la mode du Moyen-âge…
C’était le Docteur, entendre sa voix me rassura et j’entrepris donc de le rejoindre en me guidant au son de sa voix.


Moyen-âge ? ! ? Surprised

Citation:
C’était infect et cela faillit me donner la nausée, mais une voix m’interpella, chassant pour un moment le poisson de mes pensées.


On voit que tu n'es pas allé à Ankh-Morpork... parce que niveau puanteur... ça se pose là ! Et alors les habitants... ils sont... euh oups, je m'égare... vas-y continue

Citation:
Je me plaçais à ses côtés sans pouvoir dire un mot, subjugué que j’étais par ce que j’avais sous les yeux.




Nan, mais Le Moyen-Age ! ? !

Citation:
J’étais à une autre époque !!!!!


Ben oui ! C'est juste

Citation:
Impossible de trouver les mots, je ne vois pas quel adjectif serait assez puissant pour illustrer tous les sentiments qui se bousculaient en moi à cet instant précis…




Attends, ça doit donner un truc de ce genre :


Citation:
La joie, la curiosité, l’excitation, ajoutez en encore quelques-uns et multipliez tout ça par 1 Millions et vous approcherez peut-être un peu de ce que j’ai pu ressentir devant un tel spectacle.


Ah ben voilà, j'avais raison...


Citation:
Il me regarda et un immense sourire illumina son visage alors qu’il comprenait que j’étais enfin en train de réaliser tout ce qui m’arrivait, tout ce que j’étais en train de voir et potentiellement, si la chance était avec moi, tout ce que je pourrais découvrir à l’avenir…


Mr. Green Il ne peut pas résister à la tête que l'on fait dans ces moments là... je le sais ^^

Citation:
Finalement, au prix d’un énorme effort, je parvins à redescendre sur terre (autant qu’il était possible de le faire dans ce genre de situation) et levais les yeux vers le Docteur.


Je peux rester ?

Avoue, tu vas lui poser la question petit filou

Citation:
Ten : - Non, on dirais bien que j’ai commis une petite erreur de réglage… Me répondit-il. Ou alors c’est le Tardis qui a encore fait des siennes, j’ai parfois l’impression qu’il fait ce qu’il veut… Affirma-t-il d’un air faussement contrarié.


Ben voyons, on va le croire :


Citation:
David : - Dites, commençais-je aussi innocemment que possible, puisqu’on est là… On pourrait peut-être en profiter pour faire un tour…
Ten : - Non !




Non ? ! ?

NON ? ! ?

Citation:
Ten : - Je suis désolé, mais... Reprit-il sur un ton d’excuse devant mon visage déconfit. Il vaut mieux pour tout le monde que je reste seul…


Mais il est pas croyable !

Têtu comme une mûle

Citation:
J’avais à peine fait trois pas que sa voix retentit derrière moi.
Ten : - Oh non non non non non !!!! Pourquoi tu fais ça ? C’est vraiment pas fair-play !!!




Ben quoi ? Il est triste... il a le droit non ?

Citation:
Ten : - Si !!! Tu recommences avec ton regard de chien battu !!!
David : - Oh… Euh… Désolé… Bredouillais-je déconcerté.

Mr. Green Yeux de chiens battu !

Malin ça Mr. Green




Citation:
Une fois résigné à m’avoir à ses côtés pour cette nouvelle destination, le Docteur retrouva sa bonne humeur habituelle très rapidement.


Et c'est reparti !

Citation:
Ten : - Alors, par quoi veux-tu commencer ? Me demanda-t-il plein d’entrain. Oh !!! Je sais !!! Il faut absolument que je te fasse goûter le tentacule de calmar, c’est un pur délice et on n’en trouvera pas de meilleurs que sur un marché comme celui là… S’exclama-t-il en m’entraînant dans la foule.
Cependant, même si j’étais conscient de la chance que j’avais, je n’étais pas prêt pour le calmar,


No pasaran !

Citation:
Ten : - Oui, tu as raison, le Milk-shake aux protéines de bananes synthétiques m’est resté sur l’estomac, dit-il en fronçant les sourcils, une balade sur le port nous fera du bien avant la dégustation de fruits de mer… Allons-y !!!


Ah ben ça, je comprends que le milk-shake aux protéines de bananes laisse un meilleur souvenir... mais c'est vrai que c'est un peu lourd Mr. Green

Citation:
La vue était magnifique et chassa ce carnage de mes pensées et la brise marine se chargea de me rendre des couleurs et de dissiper l’odeur de marée…


ça va mieux là non ? Smile

Citation:
En effet, dans cette partie du port se trouvait trois énormes navires, ceux dont j’avais aperçu les mâts en arrivant. Je n’y connais pas grand-chose, mais à leur forme, je pensais aussitôt à des galions espagnols, comme ceux qu’on peut voir sur des représentations des navires de Christophe Colomb…


La Niña, la Pinta et la Santa-Maria... 1492, quelle grande époque... Je me souviens avoir lu une partie du journal de bord de Chris... oups j'ai recommencé... sorry

Citation:
Mais alors que faisaient ils là ?
Sans doute une petite escale avant de repartir pensais-je…


Confused Sans doute... à moins que...

Citation:
Mais en contemplant tout cela, je réalisais soudain que j’ignorais toujours où nous étions…


C'est vrai ça... si c'est pas Paris (ben vi, y'a pas la mer à Paris)... c'est où ? Confused

Citation:
Ten : - Eh bien, répondit-il, si j’en juge à la forme de ces navires et d’après le genre architectural de l’église qu’on aperçoit la bas… Et si on ajoute à cela le style vestimentaire des habitants je peux dire que nous sommes… Il tourna sur lui-même pour embrasser tout le paysage du regard en réfléchissant. Hum… Renaissance espagnol !!! Enfin… Je crois…


Il croit ? ! ? Il est même pas sûr ? ! ?

Citation:
David : - Vous n’en n’êtes pas sûr ? Dis-je moqueur.
Ten : - Non ! Comment le pourrais-je ? Le Tardis a souvent cette manie de débarquer n’importe où… Mais si on veut vraiment le savoir, le mieux est encore de poser la question ! Lança-t-il toujours aussi exalté.


Ben voilà, on va aller chercher des


Citation:
- « …Le vaisseau fantôme a encore frappé la semaine dernière… »


Fantôme ? ! ?

Euh... Il rigole là non ? Hein ? Il rigole ?

Citation:
Je décidais donc d’aller tendre l’oreille vers cette histoire de fantôme. Je ne suis pas du genre à écouter aux portes…


je sais pas pourquoi, mais je te crois pas vraiment sur le coup ^^

Citation:
Bon, en fait, je suis peut-être un peu du genre à écouter aux portes…


Je me disais bien que j'avais raison de ne pas te croire Mr. Green

Citation:
Marin 1 : - C’est la 8ème fois en moins d’un mois, ça ne peut plus durer !!! Disais le marin à son collègue.
Marin 2 : - On dit que le roi a envoyé un navire de guerre pour le combattre… Chuchota l’autre.
Marin 1 : - Pfff, ça ne servira à rien, ce navire fantôme est maudit, seul Dieu en personne pourrait nous en débarrasser…


Dieu ? Ou... Le Doc ?

Citation:
Ten : - Est-ce que ça va ? Me demanda-t-il en voyant mon air pensif.
David : - Hum ? Oh, oui oui, ça va… Le rassurais-je en haussant les épaules. Alors, où sommes nous finalement ?


Il a peut-être eu plus d'infos que toi...

Citation:
Ten : - J’avais raison, nous sommes bien en Espagne, à la pointe Nord Ouest du pays pour être plus précis, au XVI ème siècle. Nous ne sommes donc plus au Moyen-Âge, nous entrons dans la Renaissance et le pays est en train de devenir la plus grande puissance européenne grâce à l’or du Nouveau Monde…


Que viva España ! Olé !

Citation:
Ten : - Je ne te l’avais pas encore dit ?? Le Tardis traduit toutes les langues de l’Univers directement dans ton cerveau… Pratique hein ???


Pratique oui... mais bon, il a une fâcheuse habitude à ne pas prévenir les gens... Oh Doc ! Le Tardis est pas livré avec le mode d'emploi !

Faudrait songer à faire une petite brochure pour le "nouveau compagnon" ^^

Citation:
Vous êtes une espèce tellement fascinante !


Espèce ?

Lovely

Citation:
Puis, je me senti soudain mal à l’aise sans raison apparente, le Docteur devait avoir sentit quelque chose lui aussi, car il fronça les sourcils et observa les alentours.


Confused J'aime pas quand il commence à froncer les sourcils, ça ne présage jamais rien de bon

Citation:
Après quelques minutes, il semblait évident que quelque chose de grave venait de se produire.




Tu me préviens quand ça se sera calmé ?

Citation:
Je levais les yeux au ciel avant de me décider à le suivre, décidément, ce Docteur était intenable et imprévisible !


C'est pour ça qu'on l'aime !

Citation:
Il longea le port en courant jusqu’à son extrémité où un petit groupe de personnes composé principalement de marins, était agglutiné devant la devanture d’une sorte de taverne bondée.


Le Doc a finalement une grande capacité à se rendre dans le premier troquet du coin... So typical... Rolling Eyes

Citation:
Homme : - Encore un naufrage !!!! Cria-t-il d’une voix molle et mal assuré.


Shocked Encore ? ! ?

Citation:
Le Docteur et moi échangeâmes un regard perplexe, le problème quand on fait boire quelqu’un pour le faire parler, c’est qu’au bout d’un certain temps, ses propos manquent un peu de cohérence.




Super... ça va être facile à suivre tiens

Citation:
Les spectres … ont coulé … le navire … du père … Garcia !!!


Le père Garcia ? ! ? Shocked



euh...



C'est qui le père Garcia ?

Citation:
A ces mots, tout le monde fut profondément choqué et à nouveau une clameur se répandit comme une traîné de poudre alors que le bouche à oreille faisait son effet.


Ah... ça doit être quelqu'un de connu... a priori Confused

Citation:
Ten : - Les spectres ont coulé le navire ? Dit-il plus pour lui-même que pour me demander s’il avait bien compris.
David : - Il veut sans doute parler du navire fantôme… Notais-je innocemment en haussant les épaules.


Comment il se la pète le David Mr. Green

Citation:
David : - Quoi ? Dis-je surpris devant son regard curieux. C’est une histoire que j’ai entendu sur le port, il paraît qu’un vaisseau fantôme fait couler les bateaux du coin… Le roi viens même d’envoyer un navire de guerre pour le combattre et … Quoi ?!


En plus, il fait le modeste

Citation:
Ten : - Pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt ?? S’écria-t-il tout à coup.


Planque-toi David Planque-toi ! Le Doc va se fâcher là, je le sens... il aime pas qu'on lui cache des trucs

Citation:
David : - Oh, soyez sympa, ne me regardé pas comme ça ! Dis-je anxieux.


pas taper
pas taper
pas taper


Citation:
Ten : - Non, les fantômes n’existent pas, mais il n’y a pas de fumée sans feu, on va donc aller voir ça de plus près. Et je sais justement où nous trouverons toutes les informations dont nous aurons besoin… Dit-il avant de se frayer un chemin vers la sortie de la taverne qui était encore plus bondée qu’à notre arrivée.


Et voilà ! C'est vraiment parti cette fois-ci !

Allez David ! Fonce !


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MessagePosté le: Lun 16 Nov 2009 - 11:35    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

Chapitre 3 en ligne Mr. Green

Et merci encore pour vos commentaires

Sinon, je suis bien influencé par Pirates des Caraïbes, ce n'est pas vraiment intentionnel, mais comme c'est le seul film avec des bateaux, des marins et des fantômes que j'ai vu bah... forcément ça ressemble un peu Laughing

Sinon, vous remarquerez sans doute que la plupart des noms de ma fics sont tiré de Zorro, pour la connotation espagnole Laughing
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Lapitchounette
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MessagePosté le: Mar 17 Nov 2009 - 18:35    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

Chapitre 3

Pour les prénoms, je cois que même si tu n’avais pas précisé, on aurait reconnu ceux de Zorro ! C’est mythique quand même nan ?
Sinon, la suite est toujours dans l’esprit Doctor Who avec les papiers psychiques et le fait de ne jamais rester en place. Le marché, le port, la taverne, le château, le naufragé, et bientôt le bateau royal ^^

Citation:
David : - Oui, j’ai vu ça, d’ailleurs sur cette lettre, vous semblez si intime qu’on pourrait croire que vous et lui êtes…
Ten : - Hum ! Oui, le papier psychique peut parfois exagérer un peu… Dit-il gêné.
LOL, ah la religion et leur souhait d’abstinence, ça fait couler beaucoup d’encre !

Citation:
« Monseigneur Docteur ».
EXCELLENT ! J’adore trop l’idée ^^

Citation:
Après le repas, nous fûmes conduit à notre chambre, la même puisque j’appris avec beaucoup d’agacement qu’en tant qu’apprenti prêtre je devrais dormir au pied du lit de l’évêque, sur une simple paillasse, pour apprendre l’humilité sans doute…
J’imagine bien ta tête ^^

Citation:
Le Docteur s’en amusa beaucoup et pris un malin plaisir à m’embêter avec ça, jusqu’à ce qu’il prenne pitié de moi et…
Ohhhh sur le coup, j’ai cru que tu allais nous refaire l’épisode de Martha avec Shakespeare, allongé tous les deux dans le même lit une place !
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David-S
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MessagePosté le: Lun 23 Nov 2009 - 13:44    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

Chapitre 4 en ligne

Merci Lapitchounette pour ton comms Mr. Green

Non, le Docteur et moi ne partageons pas de petit lit une place Laughing
Mais je trouvais sympa de faire une sorte de parrallèle avec Martha...
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yeles
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MessagePosté le: Lun 23 Nov 2009 - 13:47    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

Mais l'affreux bonhomme qui publie sans attendre les copines... c'est pas sympa Sad

pfff, va falloir que je bosse deux fois plus ce soir
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MessagePosté le: Lun 23 Nov 2009 - 19:01    Sujet du message: Le Navire fantôme Répondre en citant

yeles a écrit:
Mais l'affreux bonhomme qui publie sans attendre les copines... c'est pas sympa Sad

pfff, va falloir que je bosse deux fois plus ce soir


Oups, désolé
J'ai mis un point d'honneur à sortir un chapitre par semaine...
Mais si ça va trop vite, je peux ralentir un peu Laughing
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:37    Sujet du message: Le Navire fantôme

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