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The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20]
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Swissgirl
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MessagePosté le: Jeu 18 Fév 2010 - 19:21    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

The Doctor and the Enterprise  
 
 
Résumé: Le vaisseau spatial Enterprise fait une visite inattendu au Whoniverse et c'est au 4eme Docteur de trouver un moyen de les ramener chez eux. Mais tout ne se passe pas comme prévu et comment réagira Kirk face à cet addition de son équipage?

Disclaimer: Doctor Who appartient au BBC, Star Trek à Paramount et The Doctor and the Enterprise copyright Jean Airey

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November 8, 1991
Jean Airey
1306 W. Illinois
Aurora, IL 60506 USA
All Marks are owned by their owners.Doctor Who & related characters are the BBC'sStar Trek & related characters are Paramount's

Traductrice: Swissgirl

Bêta: Fannette

Notes: Ceci est un traduction d'une fic anglaise que j'ai trouvé sur le net, il y a quelques années, je l'ai adorée et j'aimerais maintenant la partager avec vous.
C'est un projet long terme, il y a quatre parties que j'ai divisé en chapitres plus courts. Bon lecture!



Partie 1
Citation:
Un son inconnu transperça les oreilles de Kirk. Il s’arrêta, seul dans le couloir, essayant de déterminer son origine. La salle de transport. Il se retourna et courut vers la porte tandis que la sirène d’alarme se mit à sonner. « M*rde », pensa-t-il. Il semblait que L’Enterprise ne pouvait même pas faire son ultime voyage vers la Terre après 5 années en mission sans complications. D’abord le sauvetage d’une équipe d’enquêtes et de contacts culturels et de l’équipage du vaisseau qui les transportaient, puis un atroce orage magnétique qui avait secoué l’Enterprise sans merci et avait détruit la radio sous-espace, et maintenant… Quand il entra dans la pièce, Lt. Kyle était en train de fixer une grande boîte bleue qui se trouvait sur plusieurs blocs de transport. Elle mesurait environ 2 mètres 50, avec de petites fenêtres opaques au sommet, une lumière blanche sur le toit qui tournait lentement, et une inscription au-dessus des fenêtres qui disaient: `POLICE PUBLIC CALL BOX'.

- « Rapport, Lieutenant. »
- « Ca vient d’apparaître, Capitaine »
- « Le transporteur n’était pas activé ? »
- « Non, Capitaine. Nous étions en train de faire des tests de signaux, mais il n’était pas activé. »

La porte au devant de la boîte commença à s’ouvrir. Kirk et Kyle sortirent leur phasers quand un homme émergea. D’au moins 1m80, il portait un lourd manteau sur des vêtements qui rappelaient à Kirk le style terrien des années 1890. Une longue écharpe était enroulée autour de son cou, et traînait des deux côtés sur le sol. Un chapeau couvrait partiellement une masse de cheveux bruns et bouclés. Ses yeux bleus semblaient fixer subitement Kirk puis Kyle. Une de ses joues avait l’air tuméfiée, et il se balançait légèrement.

- « Et mince », dit-il avec un accent britannique, « ce n'est pas Londres. »
- « Restez là, et gardez vos mains où nous pouvons les voir », dit Kirk.

Il ne semblait pas être une menace, mais Kirk avait vu son vaisseau trop souvent menacé pour ne vouloir prendre aucun risque.

- « Pas la peine de paniquer. » L'homme leva ses mains lentement et fixa les phasers comme s’il les reconnaissait.

La porte derrière Kirk s’ouvrit, et deux gardes prirent position à droite et à gauche pendant que McCoy et Spock se dirigèrent vers Kirk.

- « Capitaine? » Spock avait déjà sorti son tricorder.
- « La boîte s'est matérialisée à cet endroit - et il –» Kirk montra d’un signe de tête l'inconnu (fit un signe avec sa tête à l’inconnu), qui regardait la scène avec curiosité, « en est sorti. Il n'a pas fait de mouvements hostiles. Oh, Spock, le transporteur n’était pas activé. »

L'inconnu examinait l'assemblée comme s'il devinait leurs prochains actions. Kirk ne manqua pas ce regard. Malgré l'apparence peu impressionnante de l'inconnu, il se sentait mal à l’aise. Il pouvait entendre les tricorders de Spock et McCoy bourdonner derrière lui.

- « Spock? »
- « La - boîte - semblerait être la représentation d’un exemple de cabine de Police anglaise du milieu du vingtième siècle. Cependant, il y a quelques anomalies… »
- « Il n'est pas humain, Jim », interrompit McCoy.
- « Capitaine », dit Spock, « je reçois d’étranges indications de l’intérieur de l'appareil. »

Alors que Kirk se rendit compte que « la boîte » était maintenant devenue un « appareil », l'inconnu se déplaçât rapidement vers sa porte. Les gardes firent feu instantanément, mais il réussit quand même à fermer la porte en tombant, s'effondrant sur le bloc de transport.

- « Kyle, allez voir si vous pouvez ouvrir cette porte. Spock, est-il armé? »

Kyle se dirigea vers la porte de l'appareil, mais elle ne voulait pas s’ouvrir. Spock analysa soigneusement les indications de son tricorder.

- « Capitaine, les poches de son manteau sont remplies d’un grand nombre d'objets. Je suis incapable de vous dire si l’un d’eux pourrait être une arme.
- « Videz ses poches », ordonna Kirk à l’un des gardes.
- « Capitaine, étant donné la quantité d’objets, il serait plus rapide d’enlever le vêtement. »

Kirk acquiesça et les gardes obéirent. Alors que les gardes enlevaient le manteau et la veste, l’un d'eux laissa légèrement tomber le corps de l’inconscient. Spock saisit sa tête juste avant qu’elle ne touche à nouveau le sol. Il se raidit subitement quand le contact se fit, sa tête tombant en arrière et ses yeux se vitrant brusquement. Il fallut un moment avant que Kirk ne se rende compte que, d'une manière ou d'une autre, sans le vouloir, Spock avait fusionné mentalement avec l’alien

- « Spock! » Kirk se déplaça rapidement et arracha les mains de Spock à leur prise, laissant la tête de l'alien retomber sur le sol. « Vous allez bien? »

Les yeux de Spock restèrent vitrés quelques instants encore puis il répondit.

- « Plutôt bien, Capitaine. »
- « Que s’est-il passé ? »
- « Il a… d’inhabituelles capacités psychiques. Bien qu’inconscient - j'ai involontairement établi une fusion-mentale.
- « Qu'avez-vous découvert? »
Spock regarda Kirk avec reproche.
- « Capitaine, la fusion-mentale était un accident. »

Kirk réalisa alors que Spock avait, à certains égards, violé son sens de l'éthique en entrant dans la fusion, et maintenant Kirk empirait la situation en posant des questions.

- « Représente-t-il un danger pour le vaisseau? » Spock pouvait au moins répondre à cela.
- « Non, Capitaine, aucun. »

Spock semblait s'être reculé derrière la plus épaisse barrière de réserve vulcaine.

- « Bones, qu’est ce qu’il est ?
- « Rien dont je n’ai ni vu ni entendu parler avant. McCoy se rapprocha du corps inconscient, maintenant vêtu d’une chemise blanche, d’un gilet, d’un pantalon, de bottes, et sa longue écharpe multicolore toujours enroulée autour de son cou. « Il a un double système circulatoire, - pas comme celui de Spock, mais littéralement deux cœurs, un de chaque côté de sa poitrine, une espèce de double système de respiration, une température corporelle de 17°, une tension artérielle presque inexistante. Je ne peux pas vous dire ce qu’il est, Jim, mais même sa réaction au tir de phaser était anormale - il était toujours conscient en tombant. A vrai dire, je crois qu'il pourrait avoir souffert d’une blessure à la tête. »

McCoy repassa le tricordeur médical sur la tête de l'inconnu.

- « C’est le cas - mais on dirait que c’est l’aggravation d’une précédente blessure. Et c’est bizarre - son crâne est très épais, donc qu’est ce qu'aurait pu causer la blessure originale... ? »
- « Combien de temps restera-t-il inconscient? »
- « Jim, je ne peux pas dire - plus longtemps qu’à la normale, avec une combinaison de deux tirs de phasers et au moins une sévère commotion…»




Citation:

- « Docteur », dit Spock, « il me semble que vos capacités de diagnosticien laissent un peu à désirer. » Kirk et McCoy regardèrent l'inconnu. Ses yeux étaient ouverts, et il était manifestement tout à fait conscient. - « Messieurs », dit-il examinant les gardes qui se remirent en position « alerte », « vous ne pensez pas qu’une conversation à deux parties pourrait être plus instructive que votre version unilatérale? » Il sourit, comme s’il trouvait leurs réactions extrêmement drôles. Kirk remarqua avec surprise que les gardes se détendaient. - « Vous vous sentez suffisamment en forme pour nous parler? » - « Oui, bien sûr. J'adore parler - si vous êtes disposé à parler et à ne pas tirer. Je déteste les pistolets paralysants. Jetant un coup d'œil à McCoy et Spock et recevant en seul guise de réponse un haussement d'épaules et un sourcil haut perché, Kirk se retourna vers l'inconnu et dit : - « Nous pouvons nous entretenir dans une de nos salles de briefing. » L'inconnu se leva lentement, acceptant l'aide de McCoy. - « Kyle », dit Kirk, « venez avec nous. Spock, avez-vous pu résoudre ce problème de communication de sous-espace? » - « Non, Capitaine, le problème n’est pas dans le système électronique de scanning. Lt. Uhura et le commandant Scott continuent à travailler dessus. » - « Je veux être informé dès que vous avez la moindre piste sur ce qui a pu le causer - et je veux qu’on y remédie. » - « Oui monsieur. » Spock se tourna pour relayer l'ordre au pont, les informant que le Capitaine pourrait être joint dans la salle de briefing n°4 au niveau de Transport. Les gardes entourèrent l’homme. Il leur jeta un coup d'œil puis revint vers Kirk.

- « Vous considérez que je suis si dangereux? »
- « J'ai vu le danger menacer mon vaisseau sous beaucoup de formes - je préfère ne pas prendre de risques. »

Malgré la déclaration de Spock, Kirk était toujours sur ses gardes. Leurs regards se croisèrent, et l'inconnu sourit d’amusement à nouveau. Kirk plissa des yeux et, en lui retournant soudainement son sourire, il fit signe aux gardes de s’éloigner.

- « Kyle, gardez votre phaser en joue.
- « Un compromis - un choix très judicieux. »
- « Comment vous appelez-vous? » demanda Kirk.
- « Oh, je suis Le Docteur. »
- « Le Docteur? » dit Kirk, alors que le petit groupe quittait la pièce.
- « Docteur qui? » demanda McCoy.
- « Précisément. » dit le Docteur, en lui faisant un sourire radieux.

McCoy parut déconcerté.

- « Dr McCoy », dit Spock, « je crois que son nom est « le Docteur » - et je pense qu’il doit s’agir d’un titre, qu’il serait approprié d’utiliser sans aucun nom de famille. Cependant, le Docteur est apparemment habitué au réflexe humain d'attacher au moins deux noms à n’importe quel être intelligent. Si vous tenez à utiliser un double-nom pour vous adresser à lui, il ne devrait pas s’opposer à ce que vous l’appeliez « Docteur Qui ». »

Le Docteur avait écouté Spock avec un sourire de plus en plus grand sur le visage et Kirk commença aussi à sourire. De toute manière, quelqu’un qui savait apprécier Spock à sa juste valeur ne pouvait représenter une telle menace pour l'Enterprise.
Ils entrèrent dans la salle de briefing et s’assirent. Le Docteur regarda Spock de plus près.

- « Vous n'êtes pas humain non plus? »
- « Je suis Vulcain »
- « Vulcain ? D'une planète nommée Vulcain? »
Un sourcil se leva.
- « Oui. Déjà entendu parler ? »
- « Il me semble – ça va me revenir… »
- « Eh bien, Docteur », dit Kirk, « vous devez vous douter que la première question à laquelle nous voudrions une réponse est : que faites-vous ici? »
- « Je ne sais pas. » Le Docteur sourit alors que Kirk grimaça.
- « Vous voulez dire que vous n'avez pas contrôlé votre arrivée sur ce vaisseau? » demanda Spock.
- « Exactement. Je m’attendais à ce que le TARDIS retourne à Londres – en juin 1980, et elle s'est matérialisée ici. »
- « Est-ce que le TARDIS est l'appareil dans la salle de Transport? »
- « Oui. Depuis que je l’utilise, elle ne va pas toujours où je le voudrais - et je peux vous assurer que je n’avais aucune intention d’arriver sur votre vaisseau. »
- « De quelle planète êtes-vous originaire? », demanda Kirk, espérant obtenir une réponse simple qui pourrait aider résoudre le mystère.
- « Gallifrey. »
- « Spock? » Kirk n'en avait jamais entendu parler, mais cela ne voulait pas dire qu’elle n’existait pas.
- « Pas de traces d’une planète de ce nom. »

Le Docteur étudiait Spock attentivement. Ce dernier consulta la base de données. Dans un souffle, Kirk pourrait l’entendre marmonner : « Vaksh, Vogan, Voord, Vulcain! »
Il se retourna subitement vers Kirk.

- « Combien d’années se sont écoulées – en temps terrien - disons, depuis 1980? »
- « 224 ans. »

Le Docteur eu l’air troublé.

- « Capitaine, il semblerait que nous avons tous les deux une énigme sur les bras. Vous m'avez, moi, et j'ai un Vulcain survivant des siècles après que sa race - et sa planète – aient été totalement détruites dans une monstrueuse guerre civile. »

Spock se retourna et le regarda fixement.

- « Des univers parallèles. », dit Kirk.
- « Vous en connaissez la théorie? »
- « Je - nous - avons déjà rencontré ce phénomène. »
- « Pouvez-vous me donner les coordonnées de votre planète? » demanda Spock.

Le Docteur s’exécuta. Spock les entra dans l'ordinateur et regarda la réponse d’un air résigné.

- « Ce système planétaire a été détruit quand son soleil est devenu une géante rouge il y a 140 000 ans. »
- « Alors mon peuple n'existe pas dans votre univers. »
- « C’est peu probable, en effet. Il y a très peu de races intelligentes, voyageant dans l'espace, qui sont totalement inconnues, et le docteur – Dr McCoy - n'a aucune trace d’une espèce de votre genre. Comment vous appelez-vous? »
- « Seigneurs du temps. »

Le sourcil de Spock se leva, mais Kirk décida d’intervenir avant que la curiosité de son premier officier ne grandisse plus encore.

- «Il semblerait que nous devons trouver comment vous ramener dans votre propre univers. »
- « Non, Capitaine, je pense que la première chose à faire est découvrir dans quel univers nous sommes actuellement. »




Citation:

L’intercom sonna. - « Pont à Capitaine Kirk. » - « Ici Kirk. » - « Ici Sulu, Capitaine. Notre scanner détecte ce qui semble être un grand nombre de vaisseaux. » - « Est-ce que la radio de sous-espace est réparée? » - « Non, monsieur. Nous n'avons pu obtenir aucune transmission sur les fréquences standards du Starfleet. » - « Je viens tout de suite » Kirk se tourna vers le Docteur qui avait écouté la conversation avec un curieux mélange d'intérêt et d’amusement. - « Docteur, voulez-vous vous joindre à nous? Ceci pourrait être la réponse à votre question.» - « J’en serai enchanté. » McCoy se renfrogna. - « Jim, je ne pense pas que le Docteur devrait trop se déplacer avant que je l’y autorise. » - « Oh, je suis en peine forme - vraiment. Je me suis presque habitué à me faire assommer à tout bout de champ. » Le Docteur sourit à McCoy.
- « Je dirai que, compte tenu des circonstances, la présence du Docteur sur le pont pourrait présenter un certain avantage, » interrompit Spock.
- « Très bien, alors, le Docteur se joindra à nous. Kyle, enregistrez votre rapport puis vous êtes libre. Je veux que tous les autres personnels de transport soient alertés au cas où nous accueillons d’autres visiteurs. »

Sur le chemin menant au pont, Kirk remarqua que le Docteur avait découvert l’environnement visuel et sonore du vaisseau spatial avec intérêt mais sans étonnement. Il semblait noter avec un peu plus d’intérêt la présence de deux Andorrans - commentant à Spock : « Donc, vous avez d’autres espèces aliens dans l'équipage. »
Spock ne sembla pas penser que la remarque était digne d’une réponse, mais Kirk observa que le Docteur avait trouvé dans le manque de réponse de Spock une cause de réflexion. Il fit son seul autre commentaire quand ils entrèrent dans le turbo-ascenseur et que Kirk dit « Pont », déclenchant l’habituel mouvement du turbo-ascenseur en avant et vers le haut.

- « Contrôlé par la voix? » Kirk acquiesça. « Très pratique. »
- « C’est aussi notre avis » dit Spock.
- « Une approche logique? » dit le Docteur, souriant à Spock et, étonnamment, faisant un clin d’œil à Kirk.


Spock ne répondit pas, ce qui amusa encore un peu plus le Docteur. Kirk commença à se demander si le Docteur ne se prenait pas pour une sorte de comédien intergalactique.
La porte s’ouvrit sur le pont et Kirk se mit devant la console de navigation.

- « A quelle distance sont les vaisseaux ? »
- « Je les ai maintenant dans notre champ visuel, monsieur » dit Sulu, ajustant les contrôles.
- « Mettez-les à l'écran – la plus haute définition. »
- « Oui, monsieur. »

Un essaim de petits vaisseaux apparut. De forme sphérique, ils semblaient remplir l’écran comme des douzaines de petites étoiles. Kirk entendit le Docteur prendre une grande inspiration.

- « Identification? »

Spock fit une recherche dans la base de données.

- « Type de vaisseau inconnu, trace d’organisme alien à l’intérieur - inconnu également. »
- « Capitaine », dit le Docteur, se plaçant à coté de Kirk. « Il s’agit de mon univers, et je vous suggérerai de vous éloignez de ces vaisseaux aussi rapidement que possible. »

Toute trace du comédien avait disparu.

- « Pourquoi? » demanda Kirk.
- « Ce sont des Sontaran – de simples vaisseaux de fret et d’expédition, à priori, mais ils sont d'ordinaire accompagnés d’escortes armées. »

Il lança un regard sur le Pont, prenant note du personnel varié, semblant évaluer leur expérience et leur possible réaction à ce qu'il disait. Ayant apparemment pris une décision, il continua.

- « Avez-vous déjà rencontré une race dont la plus grande joie est d’asservir d'autres peuples ? De conquérir, tuer, torturer et mutiler - souvent pour le frisson que ça leur amène? Qui n’accorde aucune valeur à sa propre existence - et encore moins aux vies des autres races? »


Maintenant le Docteur parlait avec un ton sérieux dont la gravité étonna et impressionna Kirk. En effet, le Docteur semblait ne plus se préoccuper de son « audience » et se parlait presque à lui-même. Kirk fit un tour d’horizon du Pont. Tout l'équipage avait écouté soucieusement, leur attention complètement fixée sur le Docteur. Même Uhura et Scotty étaient sortis de sous le panneau de communication, où ils étaient en train de travailler.
Quand le Docteur finit de parler, tous les regards se déplacèrent vers l'écran où les vaisseaux aliens devenaient de plus en plus grands. Autant Kirk ne pouvait pas douter de la sincérité du Docteur, autant il n’avait jamais douté que, dans certaines situations, la discrétion était la meilleure partie de la bravoure.

- « Nous avons déjà rencontré ce genre de peuples. Spock, obtenez autant d'informations que vous pourrez des scanners. Sulu, sortez nous d’ici. Uhura, Scotty, vous pouvez arrêter de travailler sur cette radio. Commencez à rechercher n'importe des communications sur les ondes en dehors de la fréquence de Starfleet, ils n'utilisent apparemment pas une gamme aussi haute » Le Docteur se mit à nouveau à sourire quand Kirk finit.
- « Eh bien, Capitaine, vous et votre équipage êtes manifestement rapides et efficaces. »

Il jeta un regard d’approbation sur l'effort organisé sur le Pont.

- « Docteur, » dit Kirk, « je pense que vous et moi devrions avoir une discussion. »
- « Mais bien sûr - quand il vous conviendra. »

Le Docteur se pencha avec désinvolture contre la ballustrade et sourit à Kirk comme s'il était aux manettes d’une situation tout à fait ordinaire. Avec un sentiment d'exaspération, Kirk se tourna vers Spock.

- « Avez-vous. . . »

Il entendit un fracas derrière lui et quand il se retourna, il vit que le Docteur s’était effondré et que McCoy se penchait sur lui.

- « Bones ? »
- « Hémorragie vasculaire cérébrale - nous ferions mieux de le descendre à l'infirmerie. »
- « Allez-y. »

McCoy appela l'équipe de l’infirmerie tandis que Spock se tourna vers Kirk.

- « Capitaine, les vaisseaux armés de cette flotte ont tentés de nous poursuivre. Nous les avons distancés. Cependant, les scanners de gamme longue nous indiquent la présence de vaisseaux similaires partout dans ce secteur. »
- « Combien de temps pouvons-nous continuer à fuir? »
- « Difficile à dire, Capitaine. Nous ne connaissons pas ces vaisseaux, ni leurs capacités. Si c’est en effet un univers parallèle, nous ne pouvons déterminer avec certitude où aller pour être en relative sécurité jusqu'à ce que nous puissions effectuer notre retour. »
- « En d'autres termes, nous avons besoin du Docteur. »
- « S'il possède réellement toute la connaissance dont il s’argue, et s'il veut nous aider - alors oui, nous avons besoin de lui. »

L'équipe de l'infirmerie emporta son malade. Kirk regarda la silhouette inconsciente.

- « Scotty, vous avez le contrôle. Gardez-nous de tout contact avec quoi que ce soit. Spock et moi serons à l'infirmerie. Si j’arrive à obtenir d’autres informations de la part du Docteur, je vous tiendrai au courant. »




Citation:

Dans l'infirmerie, McCoy grimaça devant les indicateurs au dessus du lit où le Docteur était couché. - « Comment va-t-il? » demanda Kirk, inquiet que la seule source d'informations à propos de cet univers alternatif puisse être indisponible. - « Jim, je ne sais pas ce qui est normal pour lui – alors je ne peux pas te dire à quel point l’hémorragie l’affecte – à part le fait qu’il soit inconscient, et je dirais que si c’est la blessure qui cause ça, alors c'est en effet très grave. Il semble y avoir des secteurs précédemment endommagés dans cette partie du cerveau, et bien qu'il semble avoir une capacité de guérison remarquable, ce qui lui arrive maintenant dépasse surement ce que son organisme est capable d’endurer tout seul. » - « Qu’allez vous faire ? » - « Je pense que, même avec ces lésions, avec le temps, il se remettrait sans que j’ai besoin d’intervenir. » - « Bones, nous n'avons pas le temps. » McCoy parut toujours peu convaincu, et Kirk continua. « Il est le seul indice que nous avons sur l’endroit où nous sommes et comment nous sommes arrivés là - et comment nous pouvons rentrer intacts. J'ai besoin de lui conscient - et guéri - le plus tôt possible. » - « Jim, il y a un grand caillot de sang entre son crâne et son cerveau. Il couvre une assez grande zone et il y a toujours un saignement dans le cerveau à cet endroit. Il faut sortir ce caillot et stopper le saignement. » - « Vous avez déjà traité notre équipage pour ce genre de chose avant. » - « J'ai pu les traiter médicalement. Je sais quels médicaments je peux utiliser sur nous - même Spock – la plupart du temps. Je n’oserai pas lui administrer quoi que ce soit. Je n’ai absolument aucun moyen de déterminer quels pourraient être les effets secondaires. La seule chose je peux faire est l’opérer, retirer le caillot et cautériser le saignement. » - « Alors vous allez devoir faire ça.» - « Sans anesthésie ? J'ai le même problème avec ce que nous utilisons normalement comme analgésiques. P*tin, Jim, vous avez vu que même les phasers n’ont pas eu l’effet normal sur lui. Si j'utilise une drogue, je pourrais le tuer. Si j’en utilise pas - Jim, je suis docteur, pas boucher. » - « Docteur? » McCoy se retourna. Les yeux de Docteur étaient ouverts mais toujours légèrement vitreux. Il regarda McCoy.
- « Quel est le problème? »

McCoy lui expliqua.

- « Normalement je pourrai vous dire ce qui serait efficace - mais je ne m’en sens pas capable. J'ai essayé de me mettre en transe catatonique – ce qui vous permettrait d’opérer humainement, mais je soupçonne que la zone de mon cerveau impliquée… »

McCoy hocha. « Ca vous empêche de le faire. »

Kirk remarqua que le discours du Docteur était devenu un peu confus. C’était manifestement difficile pour lui de parler, et l'indicateur de douleur s'élevait/montait plus haut avec chaque effort.

- « Vous proposez une procédure manuelle? »

McCoy hocha.

- « Ca semblerait être une alternative acceptable. »
- « Il y a une possibilité que vous ne soyez pas inconscient pendant l'opération. »
- « Je comprends bien - mais d’après ce que j'ai vu dehors – nous n’avons que peu de temps à perdre. »

McCoy parut toujours hésitant.

- « Allons maintenant », dit le Docteur d’un ton sec, « vous êtes sûrement aussi compétent que vos médecins Incas. Il faut faire l'opération. Je suggérerais que vous m’attach... »

Il glissa à nouveau dans l'inconscience.

- « D’accord Jim, on va essayer. Mais priez pour qu'il reste inconscient. »
- « Je croyais que le cerveau n'avait pas de terminaisons nerveuses ? », dit Kirk.
- « Le vôtre n’en a pas », dit McCoy d’un air grave.

Une fois les contentions en place et le Docteur placé sur le côté pour exposer la partie à opérer, on monta un champ stérile et McCoy commença la délicate opération. En ouvrant le crâne, les yeux du Docteur s’ouvrirent à nouveau. Kirk vit ses mains bouger contre les sangles. Subitement Spock se déplaça et les prit. Les regards des deux extraterrestres se rencontrèrent et quelque chose s’échangea entre eux.

- « Parfois ça aide d’avoir quelqu'un à qui s’accrocher. » Kirk entendit-il vraiment cela ?

Le docteur afficha un petit sourire de réponse alors qu’il fermait à nouveau les yeux. Mais Kirk vit la pression des mains saisissant celles de Spock et sut que l'homme restait conscient pendant que McCoy opérait. C’est seulement quand ce dernier utilisa le laser cautérisant que les mains relâchèrent leur prise et qu’il sombra à nouveau dans l'inconscience.

- « Ca a l’air bon. Chapel, avez-vous pu faire un greffon avec ces fragments de crâne? »
- « Oui, Docteur. »

McCoy installa soigneusement la « rustine » à sa place. Seulement un petit bout d'os avait été enlevé et le greffon, fait avec les propres tissus et os du malade, fusionnerait rapidement la partie ouverte, créant une protection aussi efficace que l'original.

- « Jim, je pense que nous avons réussi. » McCoy regarda soigneusement les indicateurs. « L’indicateur de douleur est bas, les deux cœurs ont un rythme sinusal, tension artérielle stable, le rythme d'alpha coule Etait-il conscient? »
- « Oui. »
- « M*rde. J’ai toujours l’impression d’être un boucher en ayant opéré comme ça. »
- « Pas du tout, docteur », vint une voix du fond du lit. « C'était un travail très bien fait et je vous en remercie. »

Il sembla que le Docteur allait se lever dès que Chapel aurait fini d’enlever les sangles.

- « Vous restez ici », aboya McCoy.
- « Mais Dr McCoy », dit le Docteur d’un ton blessé, « je me sens très bien maintenant et il y a des choses… »
- « Ne me dites pas comment vous vous sentez. Vous restez là encore pour au moins 24 heures - et si je dois laisser les sangles sur vous, je le ferai. »

Le regard de Docteur et de McCoy s’affrontèrent. Le Docteur se redressa en une position mi-assise et McCoy avança. Kirk regarda les indicateurs ; ils recommençaient à bouger. Spock s’interposa entre le Docteur et McCoy.

- « Docteur, je suggérerais que vous suiviez la prescription du Dr McCoy. Mais nous n’avons pas de temps à gaspiller. Nous pouvons vous fournir un lien à l'ordinateur de la bibliothèque d’ici. Si vous allez nous aider, vous aurez besoin d’en savoir plus sur nous. »

McCoy jeta un regard noir à Spock.

- « Bones », dit Kirk, « vous savez bien qu'il ne restera pas là à ne rien faire. »
- « Très bien », McCoy se tourna vers son malade, « mais ne vous levez pas. »
- « Marché conclu – Bones. » et les traces d’un vieux sourire apparurent alors que le Docteur se recoucha. Spock se dirigea vers la porte. « Oh, et Spock… » Spock fit demi-tour et regarda le Docteur d’un œil interrogateur. « Je vous remercie. On m’a rarement fait un geste aussi approprié et aussi volontiers. » Sans attendre une réponse, le Docteur se tourna et sourit à l'infirmière Chapel. « Avez-vous une liste… »
- « Infirmière Chapel », interrompit McCoy. « Je veux que le labo fasse une analyse complète sur lui. Et Docteur, avant que vous ne commenciez à jouer avec l'ordinateur, dites à Chapel tout votre historique médical. Si vous allez rester par ici, je veux savoir comment vous traiter. »

Pendant un moment Kirk pensa que Spock allait faire une autre remarque, mais il se retourna et sortit de la pièce.

- « Bones… » Vu le sourire sur le visage de Docteur, Kirk soupçonna qu'il était sur le point de dire quelque chose qui provoquerait une réaction de McCoy. « Vous estimez vraiment essentiel le fait d’avoir tout mon historique médical? J'ai 749 ans, et aussi charmante que soit l’infirmière Chapel, ça pourrait prendre beaucoup de temps. »
- « Si vous vous limitez aux faits pertinents, je pense qu’on aura suffisamment de temps. Je suis sûr qu’en 749 ans vous avez appris à vous restreindre quand c’était nécessaire. »

1-0 pour McCoy, pensa Kirk.




Citation:

« Et dans les prochaines 24 heures, je vous conseille de vous reposer – ou de dormir - ou quoi que vous fassiez – pendant au moins huit heures », continua McCoy. Le Docteur parut incrédule et McCoy s’arrêta. « Six? » Aucune réponse. « Quatre? » - « Quatre heures devraient être suffisantes. A la fin de mon séjour ici, Capitaine, je suggérerais que vous, moi et vos officiers principaux se réunissent. » Kirk eut la désagréable sensation que le contrôle du vaisseau avait été transféré mais se rappela que le Docteur exprimait seulement ce qu'il avait déjà décidé. - « Dès que McCoy dit que vous êtes en forme, j’organiserai la réunion. » Kirk et McCoy se dirigèrent vers la porte de l'infirmerie. - «A quoi ça correspondait, cette dernière partie à Spock, Jim ? » - « Si le Docteur voyage seul - et ça a l’air d’être le cas - il doit souvent se retrouver à combattre seul dans les situations désagréables. Quel âge il a dit qu'il avait déjà ? » - « 749 ans. » - « Spock devrait trouver ça... » - « Fascinant ! » Quand Kirk pénétra sur le Pont, Spock se leva du fauteuil de commandement.

- « Rapport, Spock ? »
- « Il semblerait que nous avons distancé la flotte Sontaran. Cependant, les scanners indiquent une activité considérable dans la plus grosse partie de ce secteur. Nous avons suivi un chemin qui semblerait mener à un secteur relativement inactif. Quand le Docteur se remettra... »

Il haussa un sourcil interrogatif.

- « On s’attend à ce que le Docteur soit disponible dans 24 heures. D’ici là, nous devrons simplement éviter d’entrer en contact de quelque manière que ce soit avec n’importe quel vaisseau ou personnes dans cet univers. »
- « Capitaine », dit Uhura, « je peux maintenant recevoir des transmissions de vaisseaux dans le secteur. Cependant, nous sommes incapables de les traduire avec cohérence. »
- « Très bien, Lieutenant. Prévenez-moi aussi vite que possible dès que vous arriverez à savoir de quoi ils parlent. Je veux voir tous les officiers supérieurs dans la salle de briefing 2 dans une heure.
- « Oui, monsieur. »

Uhura retourna vers son panneau de communications.

********
Dans la salle de briefing, Kirk observa les officiers déjà rassemblés. McCoy était en retard, et ils l'attendaient. « En cinq ans j'ai traversé toutes sortes d’aventures avec cet équipage - bizarres et habituelles », pensa-t-il. « J'ai perdu 92 membres d’équipage, et pour toute mon expérience de commandement passée et à venir, je n'accepterai jamais ces morts comme étant nécessaires. Ce vaisseau et son équipage sont ma vie, et quoi qu'il en prenne, je verrai à ce qu'ils retournent dans leur univers. C’est ma mission, ma responsabilité. Aucune gloire à en retirer, ça fait partie du boulot. Et quand j’aurai réussi ?» Il décida de ne pas essayer de deviner ce que Starfleet ferait à ce moment là. De toute façon, McCoy était arrivé et ils pouvaient enfin se mettre à travailler sur le problème actuel.
- « Désolé pour le retard, Jim », dit McCoy en entrant, et il s’assit à la table de briefing. « J'ai enfin réussi à calmer mon patient. »
- « Vous avez rencontré un gros problème ? »
- « Pas plus que d’habitude. » McCoy regarda Kirk et Spock avec un oeil accusateur. « Néanmoins je dois dire que vous deux n’impliquez généralement pas Chapel dans des aventures délirantes, ne persuadez pas le personnel médical - et tous mes autres patients à participer à un festin de jellybabies
- « Des jellybabies? » demanda Kirk.
- « Une espèce de bonbon d’à peu près deux centimètres de long, en forme de bébé emmailloté et avec des parfums variés. Il semble en avoir une quantité infinie et il a réussi à en faire mâcher à tout le monde dans l’infirmerie. Et à part distribuer des bonbons et discuter avec Chapel, il parcourt les données de l'ordinateur de la bibliothèque - à vitesse rapide. J'ai finalement dû lui dire que je le mettrais en isolement et sans ordinateur pour qu'il consente enfin à se reposer. »
- « Pourra-t-il nous parler demain? »
- « Oui. Et s'il perturbe mon infirmerie encore plus, je vous permettrai même de l’avoir plus tôt. »
- « Si je peux faire une suggestion, Capitaine…», dit Spock.
- « Je pense que Dr McCoy et moi-même en serions ravis, Spock. »
- « Quand nous avons secouru les passagers et l'équipage du vaisseau Crotone, il y avait une équipe d’Enquêtes et de Contacts Culturels à bord. » Kirk hocha la tête. « EC&C était une division spécialisée récemment créée à Starfleet. Ils avaient leur propre chaîne de commande, mais pendant qu’ils étaient sur son vaisseau, ils étaient sous ses ordres. Depuis le sauvetage, ils ont étés d’une grande aide pour garder l'équipage du Crotone et ses passagers hors du chemin de son propre équipage. L'ajout d'environ 250 passagers a étendu les ressources de l’Enterprise à une limite plutôt inconfortable. »
- « Pensez-vous qu'ils peuvent nous aider, Spock? »
- « Le Lieutenant responsable de l'équipe a un dossier exemplaire en ce qui concerne les expéditions d'enquête initiales, et sur cette dernière expédition, elle a été remerciée par les autres membres de l'équipe pour avoir permis leur transfert sur le Crotone après que leur Capitaine ait été tué. Puisque nous avons un membre d'une nouvelle culture à bord, il semblerait logique de l'assigner à son étude. »
- « Quels sont ses qualifications, Spock? » demanda McCoy.
- « Elle a un Doctorat en Exobiologie et elle est aussi une technicienne paramédicale certifiée. »
- « Bien, je serai ravi de le lui assigner » dit McCoy. « Comment s’appelle-t-elle ? »
- « Stephans, Lt. Dorcy Stephans. » répondit Kirk. « Dès qu’on aura fini ici, je lui notifierai sa nouvelle tâche. »

McCoy hocha avec soulagement. « Le plus tôt sera le mieux. »

- « Maintenant, si nous pouvions en venir au sujet principal de cette réunion ? Scotty, quel sont les dommages actuels? »
- « Nous avons eu des problèmes mineurs juste après l’orage, surtout causés par les vibrations. Ils ont tous étés vérifiés et réparés. Mais il semble y avoir quelque chose qui a perturbe le mélange matière-antimatière quand nous sommes en vitesse de distorsion. Tant que nous restons en vitesse de distorsion, je ne peux pas essayer de le réparer. »
- « Vous voulez passer en énergie d'impulsion? »
- « Oui, Capitaine. »
- « Spock, y a-t-il des signes de vaisseau ennemi sur les scanners? »
- « Négatif, Capitaine. Nous sommes actuellement dans un secteur qui ne montre aucun signe de vie. »
- « Très bien, Scotty, passez en énergie d'impulsion, mais rappelez-vous que nous pourrions avoir à retourner en mode distorsion en un délai très bref. »
- « Oui. Nous laisserons une porte de sortie d'urgence - mais nous ne pourrons pas aller à la vitesse de distorsion maximale tant que nous n’aurons pas trouvé le problème principal. »
- « Capitaine », dit Spock, « nous avons aussi un autre problème avec l’ordinateur de contrôle du système de réanimation. »
- « Je croyais qu’il était dans un système à part avec total relais d’urgence ? N’était-ce pas cela que nous venions juste de faire installer? »
- « Nous avons maintenant un contrôle primaire indépendant et un contrôle secondaire qui est un double du premier. Nous avons aussi un système tertiaire qui peut fournir jusqu'à deux heures de soutien complet. Pendant l'orage, les mémoires mortes du contrôle primaire ont été effacées. Ca prendra 35 heures pour les reprogrammer et les réinstaller sur le système primaire. »
- « Alors on fonctionne sur le système secondaire avec le tertiaire en secours ? »
- « Exactement. Cependant, s’il arrive quelque chose au système secondaire, et que le système tertiaire dépasse son espérance de vie, un retour de secours à l'ordinateur principal démarrera un compte à rebours d’une demi-heure avant de détruire le vaisseau. »
- « Et qui a eu cette brillante idée? « demanda McCoy.
- « C’est sensé organiser un abandon forcé de l'équipage du vaisseau en direction de la planète de type M la plus proche, avec une balise robotisée de secours détachée, et aucune chance que le vaisseau tombe dans de « mauvaises mains ». » Kirk sourit à McCoy. - « Mais Jim, nous n'avons pas assez de combinaisons spatiales ou d’équipement d’évacuation pour tout le monde maintenant - avec les gens du Crotone à bord. » dit McCoy, inquiet.

- « Et il n'y a pas de planètes de type M dans notre champ de portée. » ajouta Spock
- « Et comment pourrait nous aider une balise robotisée ici? » Continua McCoy
- « Messieurs, ne sommes-nous pas en train d’envisager les pires situations possibles? » dit Kirk. « Dans 35 heures, nous aurons de nouveau le système primaire, d’ici là Scotty nous fera voyager en vitesse de distorsion maximale, et dans seulement 24 heures le Docteur pourra au moins nous diriger dans cet univers en sécurité. Nous devrions avoir amplement le temps de trouver comment retourner dans notre propre univers. Tout ce que nous avons à faire est d'éviter des ennuis pour une très courte durée. »
- « Oui, Capitaine », dit Scotty, « seule une sacrée série de circonstances étranges pourrait nous causer des ennuis aussi rapidement. » Il s’arrêta et réfléchit un instant. « Mais Capitaine, pensez-vous vraiment que nous pouvons faire confiance au Docteur? »
- « Qu’est-ce que vous voulez dire? »
- « Eh bien, c’est un extra-terrestre. Son appareil de voyage est d'un type dont nous n'avons jamais entendu parler. Nous ne savons rien de lui - mais il a semblé supposer que nous serions dans le même camp contre des gens comme les Sontarans. Il a l’air d’avoir une expérience considérable en ce qui concerne les rapports avec les humains - mais nous ne savons pas comment il l’a obtenue. »
- « Qu’est-ce qui vous fait penser qu'il a eu autant de contacts avec les humains? » demanda Spock.
- « Eh ben, M. Spock, ce n’est peut-être pas votre type de logique, mais il me semble que quiconque qui peut accepter le fait que la réaction normale d'un garde soit de tirer a du être au contact d’humains pendant pas mal de temps. »


Kirk regarda Spock qui acquiesça. Il savait qu’il ne fallait mieux pas demander catégoriquement à Spock jusqu’où il pensait qu’on pouvait faire confiance au Docteur. Mais il connaissait suffisamment bien son premier officier...


- « Nous lui avons donné un accès complet à l'ordinateur de la bibliothèque. Malgré les perturbations qu’il a causé dans l'infirmerie, il semble être aussi inquiet de notre situation que nous. »
Scott hocha la tête.
- « On ne peut pas nier que nous aurons besoin de toute l'aide que nous pouvons obtenir pour retourner dans notre propre univers, intacts. »
- « Et si nous voulons y arriver, Mr Scott, nous ferions mieux de nous mettre à travailler sur tout ce qu’il y a faire. Réunion ajournée. »

Alors que le groupe se leva pour partir, Spock se dirigea vers Kirk.

- « Capitaine, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que, de temps en temps, le Docteur semble avoir un effet très charismatique sur les humains. »
- « Je l’avais remarqué aussi - mais je ne pense pas que ce sera un problème. » Spock se retourna pour partir. « Oh Spock, avez-vous entendu quel âge il avait ? »
Spock fit demi-tour, un sourcil levé.
- « En effet, Capitaine, et avez-vous déterminé quelle serait son espérance de vie ? »
- « Non, mais... »
- « Je dirais qu'il est encore jeune, en comparant son âge actuel avec la longévité normale de sa race... »

Kirk fixa Spock alors qu’il était en train de sortir et secoua la tête, étonné.
Si Spock avait raison, et que le Docteur était toujours « jeune », ça pourrait peut-être expliquer ses débordements d'humour inappropriés. Peut-être que tous les Seigneurs du Temps traversent cette phase avant de devenir des adultes sérieux. Au moins, il n’avait pas cette cruauté enfantine que Trelaine avait démontrée.
Cependant, Kirk sentit que son raisonnement ne pouvait pas être complètement correct, mais c'était tout de même une pensée réconfortante. Ce dont il n’avait pas besoin sur le vaisseau en ce moment était un comédien, un extra-terrestre qui plus est.




Citation:

Dans la salle de briefing le lendemain, Kirk, Spock, Scott et le Lt. Dorcy Stephans attendaient que Dr. McCoy arrive avec le Docteur. McCoy avait rapporté que le Lt. Stephans et le Docteur travaillaient plutôt bien ensemble et qu'il n’y avait pas eu d’autres perturbations majeures dans l'infirmerie. - « Kirk au pont.» - « Ici Uhura. » - « Si vous recevez une transmission significative pendant que nous sommes ici, alertez-moi et mettez-moi en communication. » - « Oui, Capitaine. » La porte s’ouvrit et le Docteur et McCoy entrèrent. Kirk remarqua que le Docteur avait de nouveau son manteau, sa veste, et son chapeau. « Eh bien », pensa-t-il, « avec une température corporelle aussi basse, il se pourrait bien que le Docteur ait froid dans l'environnement terrien normal de l'Enterprise. » - « Bonjour, tout le monde », dit gaiement le Docteur, en prenant un siège en face de Kirk. Kirk remarqua alors qu’il s’asseyait que c'était comme si le « chef » de la table avait subitement changé. Bon, Spock l'avait averti. Le Docteur avait quelque chose, c'était là, c'était « naturel », et ça affectait les humains – les Vulcans aussi ? Il se demandait. - « Bonjour, Docteur. Je ne pense pas que vous ayez été présenté au Lt. commandant Montgomery Scott. » - « Mr l'Ingénieur principal », répondit le Docteur, se levant et offrant sa main à Scott. Scotty répondit, un peu étonné. « Et le Lt. Stephans et moi avons eu des conversations fascinantes. »
Le Docteur sourit. Le Lieutenant sourit aussi. « Et bien sûr je connais déjà Mr Spock et vous, Capitaine. »
Le Docteur lança un regard interrogatif au Capitaine. « Eh bien, Capitaine, pourriez-vous m’informer sur notre statut actuel ? »

McCoy grogna. Kirk comprit que le Docteur ne s’était pas tourné les pouces pendant sa réclusion dans l'infirmerie, même après que les perturbations aient cessé. Il connaissait probablement la situation aussi bien que tous les autres. »


- « Spock ? »
- « Nous avons pu éviter tout contact avec des vaisseaux étrangers. Voici notre position actuelle. » Les écrans informatiques s’allumèrent, indiquant l'Enterprise et les étoiles les plus proches. « Dans notre univers, cet endroit faisait partie du secteur contrôlé par l'Empire Klingon. »
- « Donc vous n'avez pas beaucoup d'informations dessus? »
- « Très peu . Vous le connaissez ? »
- « Oui, je suis déjà venu par ici. A cette époque - dans cet univers - les Sontarans essaient de conquérir ce secteur des mains des Rutans. »
- « Nos scanneurs de longue portée indiquent un mouvement de vaisseaux considérable. »
- « Docteur », demanda Kirk, « qu'arriverait-il si nous rencontrions une flotte Sontaran? »
- « Ca dépendrait de combien il y en aurait. Avec vos armes d’attaque et de défense vous pourriez probablement vous sortir d’un assaut de, disons, 20-40 de leurs vaisseaux. Plus et ils pourraient vous détruire. »

Il inclina sa tête envers Kirk.

- « 20-40? » demanda Spock.
- « Je ne peux pas vous donner un nombre plus précis. » Le Docteur lui sourit. « Il y a un nombre significatif de données inconnues. »
- « De combien sont leurs flottes ? » demanda Scotty.
- « Tout dépend de ce qu’ils attaquent. Un effort massif et ils ne se feront aucun souci pour en envoyer 400. » Spock parut sceptique. « Ils ne soucient pas de leurs pertes potentielles », continua le Docteur, ils veulent seulement gagner. »
- « Ils n’accordent aucune valeur à leurs propres pilotes et équipages? » demanda Kirk.
- « Oh non, vous voyez, ce sont des clones. »
- « Des clones? »
- « Oui. Ils se reproduisent par clonage. Donc une vie prise individuellement ne signifie rien pour eux, et ils n’estiment pas grand-chose des races qui respectent ces vies – en particulier les humains. »

Stephans fronçait les sourcils.

- « Mais le clonage voudrait… »
- « Vous devez tenir le compte des facteurs environnementaux, Lieutenant », interrompit le Docteur, se penchant au dessus de la table, « Il y en a qui sont élevés pour diriger, d'autres pour suivre les ordres et mourir. »
- « Docteur », dit Kirk, essayant de rediriger l'attention de la conversation au sujet qu'il estimait être le problème principal, « vous devez vous rendre compte que notre principal soucis maintenant est de retourner dans notre propre univers sans s’enchevêtrer dans le vôtre. »
- « Je peux tout à fait comprendre cela. » Le Docteur se recula dans sa chaise et mit ses pieds sur la table. « Si nos positions étaient inversées, j’aurais certainement envie de faire la même chose. » Il fit un grand sourire.
- « Et en conséquence, nous ne voulons pas faire quoique ce soit qui pourrait changer le cours des événements dans cet univers. »
- « Ah oui, j’ai déjà rencontré ce désir d’être de simples observateurs avant. Votre Directive Primordiale, je crois que vous l'appelez ainsi. » Le groupe acquiesça. « Il se pourrait que cela ne soit pas si simple. » Il se remit droit sur sa chaise. « Les scanneurs des Sontarans ont une portée légèrement plus longue que les vôtres, et si vous avez été détectés, ils ne choisiront pas de simplement vous observer. Et Capitaine, je peux aussi vous dire ceci, vous ne pouvez pas laisser votre vaisseau tomber entre les mains des Sontarans. »
- « Quels en seraient les conséquences ? » demanda Spock.
- « Avec la connaissance qu'ils pourraient gagner grâce à l'ingénierie et à l'armement de votre vaisseau, vous les rendriez capable de conquérir facilement la galaxie. »

Il se bouscula de nouveau contre sa chaise et jeta un œil autour de la table comme s’il estimait la qualité des gens qu'il voyait.

- « Je vois », dit Kirk.

Le Docteur se redressa subitement.

- « En fait, vous devriez vérifier l'activité dans le secteur entourant votre vaisseau – à la limite de la portée de vos scanneurs. »
- « Spock », dit Kirk hargneusement.
- « Scan à 360° autour de l’Enterprise - des vaisseaux étrangers à la limite du troisième secteur maintenant. »
- « Capitaine » -c'était Sulu- « Nous avons des vaisseaux en approche depuis le troisième secteur. Uhura n'a pas pu terminer la traduction de leurs transmissions. »
- « Etat d'alerte, Mr Sulu. J’arrive. Bien, Docteur, si vous avez raison, il semblerait que nous allons devoir combattre pour sortir d’ici. »

Kirk se tourna pour partir.

- « Si vous dirigiez à 185 degrés, Capitaine, vous devriez pouvoir vous retrouver dans un secteur relativement sûr », cria Le Docteur quand Kirk franchit la porte.


***********


Sur le pont Kirk trouva son équipage en état d'alerte et prêt pour le combat. La lueur rouge de la lumière d'alerte donnait une atmosphère étrange au secteur.

- « Mr Scott, pouvons nous aller en vitesse de distorsion? »
- « Je peux aller jusqu’en vitesse 2, Capitaine, mais au-delà il y a toujours une instabilité dans mélange matière/antimatière. »
- « A quelle vitesse vont les vaisseaux Sontaran, Mr Spock ? »
- « Actuellement en vitesse de distorsion 1, Capitaine. »
- « Passez en vitesse 2, Mr Sulu. »
- « Oui, Capitaine. »
- « Les Sontarans peuvent atteindre l'équivalent de votre vitesse 3, Capitaine. »

Kirk regarda autour de lui et vit que le Docteur s'était installé sur une des marches du pont. « Merveilleux », pensa-t-il, « maintenant j'ai un passager qui donne sans arrêt des conseils au conducteur. »

- « Les Sontarans passent aussi en vitesse 2, Capitaine. » Spock étudia son écran de près. « Maintenant en vitesse 2,5 et ils gagnent sur nous. »
- « Mr Sulu, faites un virage à 180° et revenez en vitesse 1. »
- « Oui, Capitaine. »

L'Enterprise tourna facilement et quand elle se retourna vers les petits vaisseaux globuleux, ils se dispersèrent devant elle, et finirent par former un cercle autour d'elle.
- « Passez maintenant en énergie d'impulsion, Mr Sulu. Il y en a combien, Spock ? »
- « 53, Capitaine. »
- « Bien, nous allons les laisser nous passer en revue. Jusque là ils ne se sont pas montrés ouvertement hostiles – retournons-leur la faveur. »
- « Capitaine, les Sontarans ne décideront pas qu'un vaisseau de cette taille peut être ignoré. Si vous tirez maintenant, vous pourriez prendre la plupart d'entre eux par surprise. » Le Docteur parut tout à fait sérieux. « À moins bien sûr que vous aimiez jouer les cibles faciles. »

Kirk ignora son commentaire.

- « Chekov, armez les torpilles à photons, longue portée. Sulu, réglez les phasers à puissance maximale. Ne tirez pas sans mon ordre direct. »

Pendant un certain temps, il sembla que l'impasse serait indéfinie. Soudain des explosions de feu simultanées émergèrent de tous les vaisseaux Sontaran.

-« Des missiles à photons ont été tirés sur nous, Capitaine. Temps avant la collision : 12 secondes », dit Spock
- « Sulu, Chekov, tirez - MAINTENANT! »

Entre le large balayage des torpilles et les tirs de phasers qui suivirent, la plupart des missiles de l'ennemi furent détruits avant qu'ils aient atteint leur cible. Cependant un certain nombre était passé, et Kirk commençait à recevoir des rapports de dommages.
- « Maintenant, Chekov, je veux qu’on envoie une série de torpilles à photons à éclatement étroit directement sur ces vaisseaux. Sulu, réglez les phasers sur pistage et occupez-vous des trainards que les torpilles vont manquer. »

La stratégie de combat semblait être efficace et trente-cinq des petits vaisseaux tombèrent grâce à l'offense coordonnée. Certains autres, cependant, commencèrent de se diriger rapidement vers l'Enterprise. Ils ne firent pas d’effort pour tirer. Leur zigzag rapide les rendit capable d'éluder des coups directs.

-« Ils vont écraser leurs vaisseaux sur vos boucliers, Capitaine. Cela va faire exploser tout leur armement et leurs réacteurs sur vos principaux boucliers de défense », dit Le Docteur.
- « Des kamikazes? dit Kirk dans l'étonnement.
- « C’est comme ça que vous dites - ils appellent cela combattre pour la gloire du glorieux Empire Sontaran. »
- « Scotty, toute l’énergie sur le boucliers! Sulu, essayez de les atteindre avant qu'ils nous atteignent. Chekov, continuez à lancer des torpilles sur ceux qui sont encore à distance. »

Une secousse violente et soudaine avertit Kirk que la technique kamikaze avait été efficace.

- « Rapport de dommages, Mr Spock »
- « Le dernier coup a atteint le principal lien d’alimentation entre l’Ingénierie et le contrôle informatique secondaire. Impossible de déterminer le niveau exact de dommage… »


Une autre explosion secoua le vaisseau, mais Sulu et Chekov tirèrent simultanément avec leurs armes et laissèrent sortir un hurlement d'exaltation.

- « Tous les vaisseaux ennemis ont étés détruits, Capitaine »
- « Très bien, messieurs. Dirigez-vous à 185 degrés, Mr Sulu. Stations de combat, repassez en alerte jaune. Rapport de dommages, Lieutenant Uhura. »
- « L'infirmerie compte trente blessés - deux morts. »
- « Les systèmes de réanimation et d’assistance ont étés endommagé pendant ce dernier assaut, Capitaine. »

Scotty regarda ses écrans avec consternation.

- « A quel point? »
- « Il nous reste moins de 60% de capacité. »
- « Capitaine », Spock revint de la console, « le secteur informatique a aussi subi de gros dommages au niveau du système secondaire de mémoire du contrôle d’assistance. Avec les dommages directs au système lui-même, il nous reste qu’à peu près deux heures de support du système tertiaire.

Un silence engloutit le pont.




Partie 2
Citation:

« Combien de temps est-ce que ça prendra pour le réparer? » demanda Kirk. Les regards de Spock et Scott se croisèrent, puis Spock prit la parole. - « Pour le système d’assistance lui-même, la partie d'ingénierie, à peu près trois heures, pour sur le système secondaire de mémoire informatique, à peu près cinq heures. » Kirk regarda le Docteur qui était toujours juché sur les marches du pont. - « Docteur, pouvez-vous partir d’ici avec votre TARDIS? » - « Je pourrais, mais... » Le Docteur lui jeta un regard inquisiteur. - « Si nous ne pouvons pas finir de réparer dans les deux heures et récupérer le système secondaire, ce vaisseau initiera automatiquement une séquence d'autodestruction. Donc je suggérerais que vous vous prépariez à partir. » - « C’est une alternative, Capitaine, mais il pourrait y en avoir une autre », dit le Docteur calmement. « Dites-moi, Mr Scott, Commandant Spock, de combien de personnes avez-vous besoin pour finir de réparer vos systèmes? » Scotty réfléchit un moment. - « Environ cinq pour le système de survie. » - « Et pour le système informatique ? » Le Docteur se tourna vers Spock.
- « Moi et un autre. Ca ne demandera pas beaucoup de travail, on passera la plupart du temps à faire des tests. »
- « Eh bien alors, Capitaine », le Docteur descendit pour se placer à côté de la chaise de Kirk et s’appuya sur l’accoudoir, « si vous aviez seulement un équipage de, disons, 8 personnes - dans trois secteurs - je suppose que quelqu'un devrait contrôler le pont - et que vous fermiez tous les autres secteurs complètement - combien de temps d’assistance aurait-on? »

Kirk faillit faire une remarque sur les questions absurdes, mais il y avait quelque chose dans le ton de voix du Docteur.

- « Scotty ? »
- « 10 heures. »
- « Voilà votre réponse ! » s’écria le Docteur joyeusement, en se retournant.
- « Docteur », Kirk lui tapota l’épaule et attendit jusqu'à ce qu'il lui fasse face à nouveau, « nous avons un équipage de 430 personnes - et 250 passagers supplémentaires. Nous n'avons pas suffisamment de combinaisons spatiales pour tout le monde. »
- « Mais mon TARDIS est à bord ! » En voyant le regard vide de Kirk, il s’empressa de continuer. « Installez 422 membres de votre équipage - et vos passagers – dedans, et ceux qui restent devraient pouvoir piloter votre vaisseau et faire les réparations nécessaires. »

Kirk prit une grande respiration avant de parler.

- « Docteur, essayez-vous de me dire que votre boîte peut contenir plus de 600 personnes ? »
- « Elle est bien plus grande à l'intérieur qu’elle ne le parait à l’extérieur. Vos gens tiendront dedans - et elle a son propre système de survie. »
- « Capitaine », dit Spock après avoir fait quelques calculs, « l’évacuation vers le TARDIS exigerait une pleine assistance pendant la majeure partie du temps. Aux vues des ressources disponibles et du temps que l’évacuation prendra, nous aurons totalement épuisé nos réserves d’oxygène une heure avant que les réparations ne soient terminées.»
- « Spock - vous avez besoin de moins d'oxygène qu'un humain. » déclara le Docteur.

Spock hocha la tête.

- « Environ deux tiers de moins. »
- « Et je peux survivre tout à fait confortablement avec moins d’assistance que ce que vous fournissez en ce moment, » Le Docteur se tourna vers Kirk. « Et vous avez assez de combinaisons spatiales pour les humains impliqués ? »

Spock se retourna vers l'ordinateur. Le Docteur sourit à Kirk.

- « Spock ? »
- « Les calculs du Docteur sont corrects, Capitaine. La marge de temps serait suffisante. » Il regarda le Docteur. « Vous m'aideriez ? »
- « Je suis quelque peu familier avec les systèmes informatiques. »

Kirk se tourna vers Uhura. Il n’y avait aucun doute sur le fait que la décision avait été prise et qu’il n’était là que pour l'appliquer.

- « Ordonnez à tout l’équipage et à tous les passagers, sauf les ingénieurs de Mr Scott, de suivre l’ordre d'évacuation n°5 – en utilisant la salle de Transport n°2 » Il fit demi-tour vers le Docteur « Docteur, si vous voulez bien ouvrir votre TARDIS, nous allons procéder. »

Quand ils arrivèrent au TARDIS, ils trouvèrent McCoy en train de les attendre.

- « Vous allez emmener vos blessés en premier ? » demanda le Docteur.
- « Oui, » McCoy regarda sceptiquement la boîte. « si vous êtes sûr qu'il y suffisamment de place. »
- « Oh oui, bien assez ! »

Le Docteur ouvrit la porte et mena Kirk et McCoy dans ce qui semblait être une salle de contrôle très moderne. Kirk regarda les environs avec stupéfaction. La pièce était au moins deux fois plus grande que la taille de la boîte dans laquelle ils étaient entrés et plusieurs portes indiquaient qu’il y avait encore des pièces plus loin.

- « Maintenant, Dr. McCoy, si vous passez cette porte, et que vous tournez à droite puis encore à droite, il y a une zone que vous trouverez adapté pour soigner vos gens pendant que nous réparons votre vaisseau. »

Il se retourna vers Kirk et Spock qui regardaient la grande table de commande à six côtés au centre de la pièce.

- « Fascinant ! », dit Spock en tournant autour de l'appareil, « Il faudrait que je discute de ses principes et de ses fonctions avec vous un jour, Docteur ! »
- « Eh bien, le TARDIS fait d'ordinaire ce que je veux qu’elle fasse. » Kirk eut la sensation que Spock n'allait pas satisfaire sa curiosité à propos de cet appareil aussi facilement. « Pourquoi ne commencez-vous pas les réparations informatiques, et je vous rejoindrai bientôt ? »
- « Une suggestion logique. »

Spock se retourna et sortit.

- « Un curieux petit diable, vous ne trouvez pas ? » commenta le Docteur à Kirk. Il accepta apparemment son silence comme un accord et il continua. « Maintenant, Capitaine, je suppose qu'il restera suffisamment de temps pour nous évacuer après que vous ayez commencé la séquence d'autodestruction? »
- « Il devrait y en avoir. »
- « Au cas où ça ne serait pas le cas - qui parmi votre équipage pourrait rapidement apprendre à se servir de ceci » il montra le panneau garni de boutons et de leviers « pour emmener le TARDIS et ses passagers en sûreté ? »

Kirk sourit. Le Docteur savait qu'il resterait sur le pont jusqu'à la dernière minute.

- « Lieutenant Sulu »
- « Votre timonier - très bien. Si vous pouviez le faire descendre ici… »

Kirk ouvrit son communicateur.

- « Sulu, descendez à la pièce de transport. »
- « Oui monsieur. »

McCoy apparut à la porte, avec un air abasourdi.

- « Stupéfiant - il y a une ville entière ici! »
- « Pas tout à fait, Bones, mais elle servira vos besoins. Je suggérerais que vous commenciez votre évacuation. »

Le Docteur marcha vers les panneaux de commande et commença à régler certains contrôles. Kirk et McCoy échangèrent des coups d'œil. Il était clair d’après les manières du Docteur qu'il était habitué à ce que les gens soient stupéfaits par son vaisseau - et que cet étonnement l’enchantait.
L'évacuation commença de manière méthodique. Après que les blessés furent déplacés, l'équipage commença à venir. Lt. Stephans fut la première à bord et le Docteur se détourna des contrôles.

- « Oh, Dorcy - si vous pouviez menez le reste de ce groupe en bas de l'escalier, tournez à gauche, à droite, puis à gauche et à droite, il y a un secteur qui vous devriez tous trouver satisfaisant. Servez vous dans les réserves de nourriture, vous risquez d’attendre un bon moment. »

Lt. Stephens regarda Kirk qui acquiesça.

- « Très bien Docteur. »

Quand Lt. Sulu entra, le Docteur se tenait éloigné des contrôles, apparemment satisfait de ce qu'il avait fait.

- « Lieutenant Sulu » Le Docteur fit signe à Sulu de venir à côté de lui. « J'ai préréglé les contrôles pour que vous puissiez les utiliser. » Il montra quelques boutons et un levier sur une des sections de la table de commande. « S’il vous faut emmener le TARDIS loin d'ici, vous n’aurez qu’à pousser ces boutons, puis ce levier. Compris? »
- « Oui monsieur. »
- « J'ai programmé le TARDIS pour qu’elle atterrisse sur une petite planète de type terrien. Vous devriez pouvoir vous débrouiller une fois là-bas. »
- « Sulu », dit Kirk.
- « Oui monsieur »
- « Si nous ne revenons pas, vous devrez suivre les ordres du Docteur à la lettre. Gardez votre communicateur à portée de main et je vous informerai si vous devez partir. »
- « Oui monsieur. Bonne chance, Capitaine. »
- « Je vous remercie, Lieutenant. »


Kirk regarda l'équipage qui continuait à défiler et à descendre l'escalier. Il pourrait entendre des rires provenant du niveau inférieur.

- « Eh bien, Docteur, je suggèrerai que nous nous mettions au travail.»
- « Exactement ce que je pensais. »




Citation:

Sur le Pont, assis dans le siège du timonier, portant la nouvelle combinaison de survie X-E, Kirk eut la sensation qu'il pilotait un vaisseau fantôme. Derrière lui il pourrait entendre Uhura se déplacer alors qu’elle éteignait méthodiquement les systèmes de survie dans les secteurs désertés du vaisseau. - « Tous les secteurs ont été évacués, monsieur. Le système de survie a été éteint sauf dans la zone d’ingénierie, le contrôle de mémoire informatique et sur le Pont. » - « Avez-vous reçu des transmissions? » - « Non monsieur. » - « Très bien. Descendez au TARDIS, Lieutenant. Une fois que vous serez partie je couperai le système de survie ici. » Avec Uhura partie, la sensation de vaisseau fantôme devint encore plus oppressante. Dans un effort pour le dissiper, il appela Scotty pour veiller sur la progression des réparations. Scotty l'informa que son équipage progressait « comme prévu » et du ton de sa voix, Kirk sut que de nouvelles interruptions ne seraient pas très bien accueillies. Il n'avait rien entendu de Spock ni du Docteur. Aucun des deux ne semblait enclin à venir au rapport à moins que quelque chose de décisif ne se produise et, même plus que Scotty, ils supporteraient mal les interruptions inutiles. Kirk décida qu'il pouvait toujours ouvrir la liaison avec le secteur de Mémoire Informatique. S'il ne pouvait pas être là-bas, il pourrait au moins entendre ce qu’il se passait. - « Etes-vous prêt à tester de nouveau ce panneau? » La voix de Spock, aussi calme que si ceci était un contrôle d'entretien de routine. - « Tout à fait prêt. » - « Je lance le programme de diagnostique maintenant. Il devrait réussir la séquence en cinq minutes. »
- « Ou échouer en moins de temps que ça. »
- « Exactement. » Spock s'arrêta un moment. « Docteur, pourquoi avez-vous quitté votre peuple pour aller sur Terre ? »
- « Qu’est-ce qui vous fait penser que j’ai fait ça? »
- « Pendant que vous étiez inconscient dans la pièce de Transport, je suis entré par inadvertance en fusion-mentale avec vous. Cette information était là. »
- « Vous êtes un télépathe de contact ?
- « Oui. Je dois vous demander pardon… »
- « Oh ce n’est rien, ne vous embêtez pas. Mon cerveau a été envahi par des êtres bien plus méchants. Pourquoi ai-je choisi la Terre ? Ben, j'aime les terriens - comparé à la plupart des autres races que j'ai rencontrées. »
- « C’est une race très émotive. »
- « Vous trouvez ? Ils ne sont certainement pas aussi émotifs ou illogiques que d’autres que j'ai pu rencontrer. Ils sont une foutue nuisance de temps en temps et plutôt indomptables - ils peuvent aussi causer plus d'ennuis que presque n’importe quelle autre race si vous les laissez faire. Bien sûr, les choses peuvent être différentes dans votre univers, mais ce que j'aime chez les terriens est que, en général, ils se soucient des autres.
- « Se soucier a une telle importance pour vous? »
-« Oui, quand cela signifie que les gens peuvent se dépasser pour se soucier des autres - et tout particulièrement pour ceux qui ne sont pas de leur propre espèce – c’est extrêmement rare. Et, c’est plutôt surprenant, les terriens peuvent vous étonner et faire juste cela. »
- « Et votre propre peuple ? »
- « Ils ont arrêté de se soucier de quoi que ce soit il y a longtemps – donc je suis parti. »
- « Votre peuple a-t-il été d'accord pour que vous partiez ? »

Kirk eut subitement la sensation qu'il écoutait une conversation à deux niveaux. Spock essayait-il d'interroger le Docteur - ou le Docteur, Spock ?

- « Oh non. J’ai « emprunté » le TARDIS, puis ils m'ont capturé et m'ont exilé sur Terre. Jusqu'à ce qu'ils aient eu besoin de moi. »
- « Besoin de vous ? »
- « Eh bien, ils étaient déterminés de ne pas interférer - mais quand vous savez ce qui va se passer, l'intervention est quelquefois nécessaire. Alors je les ai aidés. »
- « Et maintenant ? »
- « Bien, je pourrais retourner à Gallifrey, m’installer, me ranger, prendre ma place au Conseil, même enseigner à l'Académie - mais je ne suis pas prêt pour cela. Il semble y avoir encore tellement à apprendre. Quoiqu'un professeur puisse dire, on n'apprend rien - surtout de soi-même - dans la Tour d'Ivoire. » Le Docteur s'arrêta. « Et vous? »
- « Moi ? » Kirk pouvait presque voir son sourcil remonter.
- « Oui, vous. Vous savez, une des raisons pour lesquelles je suis parti était à cause de Vulcan. Quand les Seigneurs de Temps n'ont pas interféré, j’ai ressenti qu'un peuple très valeureux avait été perdu - inutilement. Je suis très content de voir que ma supposition était correcte. Bien que je ne devrais pas baser ma décision sur vous seul. Vous êtes moitié humain. »
- « Je suis vulcain. »
- « Vous voulez dire que vous avez choisi les manières vulcaines plutôt que les manières humaines quand vous avez dû le faire, je sais au moins cela de vous… Apparemment la fusion mentale a agit des deux cotés. Pourquoi ne pouviez-vous pas devenir le meilleur des deux mondes, au lieu d’avoir eu à choisir l’un par rapport à l’autre ? »
- « Ce n’est pas possible être à la fois humain et vulcain. »
- « Est-ce que quelqu’un a déjà essayé avant? Je pense que vous êtes… est-ce que ce panneau est sensé fumer? »

Spock murmura quelque chose que Kirk ne put pas comprendre.

- « Arrêt en cours… Il doit y avoir encore plus de problèmes ici que ce que notre première analyse a montré. »
- « Si celui qui avait fait le dernier entretien avait utilisé le bon fusible, cette surtension n’aurait pas du tout affecté ce secteur. »
- « C’est malheureusement une caractéristique humaine commune de choisir le moyen le plus rapide d’agir et d’éviter la difficulté du moyen vraiment requis. »
- « Surement une caractéristique pas uniquement limitée aux humains. » Une pause.
- « C’est pas faux. »
- « Ce panneau a l’air plutôt mal en point. En avez-vous un autre pour le remplacer ? »
- « Nous n’avons plus de modules de stockage de mémoire de rechange de ce genre. »
- « D’autres parties de rechange alors ? »
- « Il y a un établi de test de systèmes là-bas et des parties de rechange sont disponibles. Les nouveaux dômes de mémoire devront aussi être reprogrammés. »
- « Je vais m’y mettre dès maintenant. »

Kirk coupa la liaison et analysa la conversation en détail. Bien qu’il ne fût pas un expert en maintenance du système informatique de l’Enterprise, il avait cependant assez de connaissances basiques pour comprendre ce qu’il venait de se passer. Lors de la dernière maintenance programmée, quelqu’un avait mis le mauvais fusible dans le système de contrôle de la mémoire de l’assistance secondaire. Le « nouveau » fusible n’a pas pu éviter une surtension de se produire et d’endommager ce qu’il semble être les trois panneaux que Spock avait identifiés. L’Enterprise avait plusieurs panneaux de rechange pour le système informatique, mais pas une provision infinie.
Les dégâts supplémentaires apparemment causés par la surtension résultèrent en une réparation plus longue que ce que Spock avait prévu au départ. Il regarda le chronomètre. Plus qu’une demi-heure avant que le système tertiaire commence la séquence d’autodestruction.
L’interphone sonna.

-« Ici Kirk. »
- « Les réparations sont terminées dans l’ingénierie, Capitaine. Nous attendons le contrôle informatique. »
- « Très bien, Mr Scott. Le contrôle informatique n'est pas encore réparé. Pourrez-vous prendre les choses en main quand ça sera le cas ?
- « Oui, Capitaine. »
- « Alors envoyez le reste de vos gens au TARDIS. Ils devront porter les combinaisons X-E jusqu'à qu'ils arrivent ici. Kirk à Spock. »
- « Ici Spock, Capitaine. »
- « Scotty nous informe que les réparations de l’ingénierie sont terminées. Dans combien de temps estimez-vous pouvoir finir de réparer le système informatique ? »
- « Des dommages antérieurs indéterminés dans ce secteur ont nécessité la reconstruction d’un des panneaux de mémoire qui a été endommagé. Je suis sur le point de le remplacer maintenant. Les réparations devraient être terminées dans quinze minutes. »

Quatorze minutes plus tard, la voix de Spock se fit entendre dans l'interphone.

- « Le test diagnostique sur les systèmes informatiques ont étés fait avec succès, Capitaine. Je mets à jour les systèmes de mémoire de l’ingénierie. »
- « Mr Scott, Mr Spock met à jour votre système de mémoire informatique. »
- « Bien, si c’est le cas, Capitaine, il n’y a rien sur le moniteur d'interface de signal asynchrone. »
- « Spock, vous avez entendu? »
- « Affirmatif, Capitaine. Il semblerait que nous ayons un problème supplémentaire. Nous le recherchons. »

Kirk pouvait entendre le son de quelqu'un sifflant en fond pendant que Spock parlait. Il se demanda à propos de quoi le Docteur pouvait bien siffler.

- « Spock », dit le Docteur, « regardez ceci. »
- « Les conducteurs sur le câble de bus en fibre optique? »
- « Il semblerait qu’ils aient aussi été touchés lors de la surtension. Quelle est votre procédure de remplacement pour eux? »
- « C’est difficile. Nous devons envoyer un nouveau câble à l'ingénierie par les conduits intérieurs du vaisseau. »
- « Vous n'utilisez pas un connecteur de câble? »
- « Pas avec ce câble. Les bandes de bus plantent trop facilement. »
- « Mais vous avez un câble de rechange? »
- « Oui. »
- « Alors c’est parti ! »
- « Spock », interrompit Kirk, « dans 12 minutes le système tertiaire prendra à défaut l'ordinateur principal et initiera l'autodestruction. »
- « Et nous ne pouvons pas contourner le système principal pour arrêter l'autodestruction après ce point, Capitaine. Le Docteur va tenter de connecter le câble d'ici à l'ingénierie. Je resterai là pour mettre à jour le système informatique si la connexion est rétablie à temps. »
- « Très bien, Mr Spock. Docteur, vous vous rendez compte du risque que vous prenez? »
- « Il est déjà parti, Capitaine. Je peux vous assurer qu'il est bien conscient du risque en cause. »


Les minutes s’écoulèrent. Plus que cinq minutes. Kirk eut une vision soudaine d’une vie sur une planète de genre terrien, sans aucun moyen de retourner chez lui, et avec l'Enterprise détruite. Ce serait comme si tout ce pourquoi il avait lutté depuis les cinq derniers années n’avait compté pour rien. Quatre minutes.

- « Capitaine, le Docteur est arrivé, j'ai le câble. »

Deux minutes.

- « Le câble est attaché, Mr Spock. »
- « Mise à jour de votre contrôle informatique, Mr Scott. »

Une minute.

- « Le système secondaire d’assistance est activé, Capitaine. Le système tertiaire est coupé. »

Kirk regarda le chronomètre. Il restait trente secondes. Il ouvrit son communicateur.

- « Sulu, dès que le système de survie est revenu à l'état normal, évacuez le TARDIS. »
- « Oui monsieur! »

Dans le fond il put entendre ce qui semblait être les bruits de fête - des rires, des chants. Eh bien, quoique l'équipage faisait, au moins ils n’étaient pas seul pour traverser l'agonie de ces dernières heures. Et l’un des premiers projets de Spock et de Scotty quand tout cela sera terminé sera de trouver quelque façon de passer outre ce système tertiaire d'autodestruction. Ce sera lui qui décidera quelles grandiloquences étaient appropriées pour son vaisseau.




Citation:

Alors que l'Enterprise errait parmi les étoiles étrangères, la plupart de l'équipage était occupé à réparer les dommages de l'orage et le combat subséquent. Mais toutes leurs assignations étaient la routine en comparaison de la tâche des officiers de Science et Ingénierie - trouver un moyen pour que l'Enterprise puisse retourner dans son univers. Spock et le Docteur étaient tous les deux dans cette équipe, et leurs premiers efforts avaient été consacrés à analyser la physique de l'entrée de l’Enterprise dans cet univers alternatif. Une fois que ceci sera découvert, l'équipe pourra décider ce qu’il fallait faire pour inverser l'effet. Ni Spock ni le Docteur n’avaient besoin d’autant de sommeil que les humains dans l'équipe. Spock, bien sûr, passa son temps dans des travaux et des recherches supplémentaires, mais le Docteur n’y était pas enclin. Kirk avait proposé au Docteur de choisir entre une cabine de son choix sur l'Enterprise ou de rester dans son TARDIS. Le Docteur avait choisi l'Enterprise. Il signala qu'il serait plus au fait des événements en étant au plus proche du système de communication de l’Enterprise – et de toute façon - il n'avait jamais été sur un vaisseau comme l'Enterprise avant. Kirk commença à se demander s'il prenait vraiment le travail qu’il était censé faire sérieusement - s'il prenait la moindre chose sérieusement. Il avait l'air de « travailler » avec l'équipe scientifique pendant seulement dix à quinze minutes par ci par là. Quand Kirk assistait aux séances il remarquait que le Docteur passait la plupart de son temps à examiner les résultats que l'équipe de l'Enterprise avait trouvé, à observer l'espace pendant quelques minutes, puis à faire quelques changements mineurs dans l’une des équations en cause, avant de quitter la pièce. Alors que l'équipe ne semblait pas être dérangée par son style de « travail », Kirk commençait sérieusement à se demander ce à quoi le Docteur contribuait. S’il traversait un couloir de l'Enterprise, il pourrait apercevoir le Docteur faisant des tours avec un yo-yo à un croisement – le plus souvent avec un membre de l'équipage qui regardait. Il avait aussi réussi à apprendre de quelqu’un comment programmer les générateurs de nourriture pour produire ce qui semblait être sa source majeure de nutrition - ces omniprésents jellybabies. Malheureusement, ses programmations avaient eu comme résultat le fait que tous les autres qui commandaient quoi que ce soit obtenaient aussi au moins un jellybaby. Kirk soupçonna que c’était intentionnel. Il regarda fixement la petite forme rouge à côté de sa salade de fruits, jeta des coups d’œil aux autres membres d'équipage qui mangeaient la leur joyeusement, et décida qu'il ferait mieux de discuter de la situation avec McCoy. - « Jim, j'ai toujours 23 personnes sérieusement blessées à m’occuper, et je ne peux pas dire que le comportement du Docteur m’ait gêné dans mon travail. » - « J'ai seulement l’impression qu'il s’aide lui-même peut être plus que nous. » - « Avez-vous parlé à Spock à propos de ça ? » - « Spock est occupé. »
- « Ecoutez, s'il y avait un problème avec le Docteur et l'aide qu’il est sensé apporter à l'équipe, Spock aurait dit quelque chose. Vous pouvez avoir l’impression qu'il ne fait rien, mais Spock peut penser que ce qu'il fait est exactement ce dont l'équipe a besoin. Et je peux vous dire ceci, d’après les tests que nous avons pu faire sur lui et les rapports du Lt. Stephans, son esprit est au moins l'égal de celui de Spock, s’il n’est pas meilleur. Avez-vous lu les rapports du lieutenant ? »
- « Non, pas encore. »
- « Alors au lieu de vous inquiéter de ce qu'il fait ou pas, pourquoi ne les lisez-vous pas ? Vous vous attendez à ce qu’il agisse comme s’il était humain, mais croyez-moi, il ne l'est pas. »
- « Excusez-moi, Capitaine. » C'était Uhura.
- « Oui, Lieutenant ? »
- « Monsieur, l'équipage se demandait si nous pourrions faire une fête pour le Docteur ? »
- « Une fête ? »
- « Oui monsieur. Nous aimerions le remercier – tous autant que nous sommes - pour nous avoir aidé avec le problème du système de survie - et pour nous permettre d'utiliser son TARDIS et… »
- « Lieutenant Uhura, le Docteur est censé essayer de découvrir comment ramener ce vaisseau dans notre propre univers. Je ne pense pas qu'une fête serait appropriée. »
- « Allez, Jim ! », dit McCoy. « Considérant ce que l'équipage a traversé, et l’expression de leurs sentiments par la Lieutenante, pourquoi ne la laissez-vous pas voir avec Spock et le Docteur ? S'ils ont le temps, ce pourrait être une bonne idée ! »

Uhura regarda Kirk dans l'expectative. Il jeta un coup d'œil contrarié à McCoy.

- « Très bien, Lieutenant. Si Mr Spock dit qu'il peut se passer du Docteur et si le Docteur accepte, vous pouvez avoir votre fête. »
- « Merci, monsieur. »

La fête commença avec calme. Le Docteur avait revêtu pour l’occasion un manteau de velours noir, une écharpe blanche, et un haut-de-forme. Kirk supposa que ceci était son compromis à la formalité.

La boisson et la nourriture étant à foison, tout le monde, y compris le Docteur, semblait être de la meilleure humeur possible. Kirk fut plutôt étonné de voir Spock se joindre à la fête, mais aussi soulagé. La présence de son premier officier empêchait normalement une fête à bord de l'Enterprise de tourner en une affaire bruyante.

Spock avait amené sa lyre vulcaine avec lui, et Kirk ne fut pas étonné de voir que lui et Uhura allaient faire une représentation. Ce qui l’étonna par contre fut la représentation. Uhura avait trouvé une vieille chanson terrienne - jamais populaire - appelée « Mon ami le Docteur ». Une version quelque peu revisitée qui fit rire le Docteur au bout d’une minute et le reste de l'équipage avec lui au bout de deux.

A partir de ce moment, la consommation de boissons augmenta considérablement.

Kirk partit au milieu de la soirée. Ce dernier remarqua que le Docteur avait emprunté la lyre de Spock, avec son approbation. Poussé par Lt. Kyle, il se mit à enseigner à l'équipage plusieurs chansons à boire anglaises. Kirk entendit que la soirée se termina en un concours spontané de rimes.



* * * * * * *  
 
 
Kirk fit exprès d’arriver tôt dans la salle de briefing utilisée par l'équipe scientifique le lendemain matin. A sa grande surprise, l'équipe entière était là, au travail, et, quelques instants plus tard, le Docteur entra. Il avait l’air anormalement sombre. -« J'ai bien peur que vous allez devoir quitter cet univers. »Spock se retourna et regarda le Docteur, les sourcils haussés.- « Vraiment ? » - « Regardez, Docteur, cette équipe essaye de résoudre ce problème depuis maintenant presque une semaine », dit Kirk, fâché. « Qu’est ce qui vous fait dire que… » -« Je crois que le terme important dans la déclaration de Docteur était « devoir » », interrompit Spock. Kirk le regarda, puis le Docteur, surpris. « Qu'avez-vous découvert ? » continua Spock. -« J'ai lancé quelques études hier soir, dans le TARDIS, et à moins que vous soyez partis d’ici dans les trois semaines, il y aura de sérieuses perturbations dans le continuum d'espace-temps qui auront les pires conséquences pour plusieurs races indigènes de cet univers, et qui finiront par vous détruire. » Kirk regarda Spock. Son officier scientifique accepta la déclaration du Docteur. Eh bien, au moins cela fera travailler le Docteur sur le problème avec plus de dévouement qu'il n’en avait démontré auparavant. Spock se dirigea vers l'ordinateur et afficha une équation. -« Je pense que c’est l'effet qui nous a amené ici. »
Le Docteur l’étudia.

-« Oui, ça a l’air d’être ça. »
-« Alors, on a plus qu’à l’inverser ! », dit Scotty.

L'équipe étudia les chiffres. Kirk remarqua que le Docteur avait l’air de s'endormir. Subitement il se redressa.
-« Bien sûr ! »

Il modifia quelques chiffres de l'équation.

-« Cela semblerait produire l'effet désiré », dit Spock.
-« Et nous avons tout juste assez de dilithium pour le faire », dit Scotty.

Kirk poussa un soupir de soulagement. Enfin il semblait y avoir une issue à ce piège. Et s'il devait remercier le Docteur pour ça, il le ferait.

-« Attendez une minute ! », dit le Docteur, dévisageant attentivement l’équation. « Il y a quelque chose qui cloche. »
-« Je ne vois pas d’erreur », dit Spock.
-« Vous n'êtes pas un Seigneur de Temps », dit le Docteur, toujours en train de fixer l’équation. « Non, vous ne pouvez pas utiliser cela, mais je ne peux pas... » Il se leva brusquement et fit le tour de la table. « La Matrice ! »




Citation:

-La Matrice ? » demanda Spock. - « Oui, la Matrice des Seigneurs du Temps – la somme de toutes les expériences des Seigneurs du Temps - la réponse est là. » - « Pouvez-vous y accéder ? » demanda Spock. Le Docteur resta immobile un moment, sa tête jetée en arrière. Puis une goutte de sueur dégoulina sur son visage et il se laissa tomber dans une chaise. - « Docteur » dit Spock, « vous vous sentez bien ? » - « Oui - et non. » Le Docteur regarda autour de la table et esquissa un vague sourire. « J'ai été exposé à la Matrice, mais elle était contaminée, et je - je n'ai pas un accès complet à toute la connaissance qu’elle contient. » Spock leva un sourcil. - « Pouvez-vous expliquer cela plus en détail, Docteur ? » demanda Kirk. Le Docteur hésita, puis, haussant les épaules et échangeant un coup d'œil bref avec Spock, il commença à parler.

- « Quand je suis devenu un - renégat - cette partie de mon esprit m’a été interdite d’accès. Par le Conseil des Seigneurs du temps. Depuis… Il y a des fois où je semble pouvoir y accéder en partie, mais pas avec régularité - et pas maintenant. »
- « Spock » ? Kirk sut que les blocages de l’esprit de ce type étaient plus probablement familiers aux vulcains qu’à n’importe qui d’autre sur le vaisseau. Le regard de Spock croisa celui de Kirk et il se retourna vers le Docteur, qui regardait alors fixement l'écran avec une frustration évidente.
- « Docteur » Le Docteur se tourna pour regarder Spock. « Vous déclarez qu'il y a un blocage sur certaines portions de votre mémoire ? »

Le Docteur acquiesça. « C'était leur droit de me l’installer – c’est leur façon de punir. »
- « Est-ce que ce blocage a toujours un sens ? »

Le Docteur sembla étonné et subitement pensif.

- « Non - non, il n'y a plus de raison que je le garde. Personne n’y a pensé, jusqu'à maintenant. »
- « Peut-on lever le blocage, alors ? »
- « Etes-vous un Seigneur du Temps, Spock ? Y a-t-il un autre Seigneur du Temps sur ce vaisseau ? » Le Docteur se leva et traversa la pièce à vive allure. Il fit demi-tour et regarda fixement Spock. « Pouvez-vous entrer dans mon esprit et l'enlever ? Oh, je sais que vous êtes un télépathe de contact, mais pouvez-vous détruire ce que des Seigneurs du Temps de premier rang - avec infiniment plus d'expérience – ont fait ? »

Il se rassit et, pour une fois, son sourire ne montra aucun signe humour.

- « Docteur, » dit Spock, en massant ses tempes. « Vous êtes un Seigneur du Temps. Pensez-vous que le blocage doit être levé ? » Il y eut une pause. Le Docteur regarda Spock, manifestement perplexe. « Ou est-ce que vous l'acceptez toujours comme votre punition ? Est-ce que vos compatriotes Seigneurs du temps – à l’heure actuelle - le considèrent toujours comme nécessaire ? »
- « Nécessaire ? Non, je ne pense même pas qu'ils s’en souviennent. Et jusqu'à présent, je n'en ai pas vraiment eu besoin. »

Il regarda une nouvelle fois l’écran, contrarié.

- « Comme vous l’avez observé, Docteur, je ne suis qu’un télépathe de contact. Cependant, les vulcains ont une certaine compétence dans ces matières - si vous pouvez coopérer avec moi. »
- « Vous pensez pouvoir le lever ? »
- « Pas tout seul, mais avec votre aide. Sans votre pleine coopération, vos propres capacités psychiques pourraient interférer et pourraient venir contrarier notre objectif. »
- « Alors cela comporte aussi un risque pour vous. » Le Docteur fixa Spock du regard.
- « C’est une possibilité. La fusion d'un esprit et d’un autre - surtout entre espèces différentes et de capacités psychiques variables – pour enlever ou changer quelque chose dans un des esprits – comporte des dangers. L’un ou nos deux esprits pourraient être perdus. Il y a donc un risque pour vous aussi. »
- « Pas une rencontre banale, alors. » dit le Docteur, et Kirk pensa alors qu'il était presque en train de rire.
- « Non. » dit Spock, maintenant la tension. « Est-ce que vous souhaitez faire une tentative ? »

Le Docteur réfléchit un moment, puis se tourna vers Kirk.

- « Capitaine, est-ce que ce que Spock propose est aussi dangereux pour lui que je le pense ? »
- « Ça se pourrait bien. Spock n'a jamais utilisé la fusion mentale avec désinvolture. »


Kirk se sentit frustré. Le Docteur agissait comme s’il comprenait tout à propos de son premier officier, et dans ce secteur Kirk savait que sa connaissance était limitée.

- « S’il vous était possible de rester dans cet univers sans torts - ou si nous avions plus de temps pour y travailler, je suggérerai d’attendre. Mais dans notre situation… Que doit-il être fait ? »
- « Je suggérerai d’aller voir Dr. McCoy et d’utiliser la zone d'isolement de l'infirmerie. »

McCoy n’était pas ravi à l'idée de cette tentative, mais prépara la zone d'isolement comme Spock avait demandé, un lit simple avec une chaise à côté et un monitoring médical complet. Il contempla la pièce d’un air grave.

- « Jim, vous vous rendez compte que nous pourrions les perdre tous les deux ? »
- « Ils ont déjà évoqué cette possibilité. Notre préoccupation majeure à l’heure actuelle doit être de trouver une façon pour que l'Entreprise retourne dans notre univers. Même le Docteur l’admet. »
- « Même le Docteur ? Jim, je pense que... »

Le Lieutenant Stephans entra dans la pièce et McCoy ne termina pas sa phrase. Kirk décida de ne pas le lui demander - si c'était important, McCoy trouvera bien le moyen de lui dire. Le Lieutenant examina la zone d'isolement avec autant de dégoût que McCoy. Kirk l'étudia un moment. De tous les membres d’équipage, c’était elle qui avait passé le plus de temps avec le Docteur depuis qu’il était arrivé. Il était curieux de sa réaction.

- « Lieutenant, vous semblez partager les craintes du Dr. McCoy à propos de cette expérience. »

Elle le regarda, étonnée.

- « Capitaine, vous vous rendez compte que des deux, il nous est beaucoup plus probable de perdre Mr Spock si l'expérience échoue ? »

Kirk l'étudia. Alors que tous ses rapports indiquaient une approche pratique dans ses missions sur le terrain, ses rapports sur le Docteur avaient une légère pointe de crédulité. Manifestement l’étrange Docteur avait eu autant d'effet sur elle que sur les autres membres de l'équipage.

- « Qu’est ce qui vous fait dire ça ? »
- « À cause de l'assentiment vulcain au sujet de la fusion mentale, Mr Spock est celui qui a le moins d’expérience pour faire une sonde mentale puissante. C’est une capacité que l’on développe avec la pratique. Le Docteur, d’un autre coté, a non seulement exercé sa capacité à créer et à maintenir une sonde puissante, il a aussi éprouvé et résisté à des sondes d'esprit d’autres espèces aliènes. »
- « Et comment savez-vous cela ? »
- « Parce que je l’ai étudié, je lui ai parlé, et je l’ai observé depuis que vous en avez fait ma mission. Oh, il ne s’en vante pas, Capitaine, mais obtenir de telles informations est mon domaine. Croyez-moi, ses expériences ne sont pas favorables à permettre une intrusion étrangère dans les profondeurs de son esprit. Je doute même qu'il tolère une telle intrusion de la part de sa propre espèce. »
- « Avec Spock alors, que pourrait-il arriver ? »
- « Tout dépend du Docteur. S'il fait véritablement confiance Spock - pas juste consciemment, mais inconsciemment également, suffisamment pour permettre à la sonde d’atteindre son objectif, alors ils réussiront. S'il ne lui fait pas confiance - ou s’il ne peut pas - le mécanisme de défense de son esprit pourrait subitement fermer et détruire l'esprit de Spock. »

Elle commença à ajouter quelque chose d'autre mais s’arrêta quand Spock entra la pièce.

- « Est-ce que le Docteur est ici ? » demanda Spock.
- « Pas encore. » répondit McCoy. « La pièce est prête. Spock, êtes-vous certain que ceci est nécessaire ? Lieutenant Stephans trouve que c'est plutôt dangereux. »

Spock hésita un moment.

- « Dr McCoy, c'est tout à fait nécessaire ».

Il s’était retiré dans ses tréfonds vulcains. Kirk le regarda. Le danger que la Lieutenante avait évoqué était-il réel ? Il commença à dire quelque chose à Spock, mais le vulcain se retourna et entra dans la pièce d'isolement. Il s’assit sur la chaise, les mains sur les tempes, replié sur lui-même.

- « Vous ne pouvez plus l'arrêter maintenant, Jim. » dit McCoy. « C'est entre eux. »




Citation:

Le Docteur entra. Il avait enlevé son manteau, son écharpe, et son chapeau et portait à nouveau une chemise blanche de type cosaque, un pantalon en tweed, et des bottes. - « Est-ce que tout est prêt ? » dit-il joyeusement. McCoy désigna gravement de la tête la pièce dans laquelle se trouvait Spock, silencieux. - « Si vous êtes tous les deux sûrs de vouloir le faire. » Le Docteur sourit à McCoy et commença à entrer dans la pièce quand Lt. Stephans l'arrêta. - « Docteur. » Il la regarda, surpris. « Souvenez-vous que vous devez abandonner le contrôle à Spock. » Leurs yeux se rencontrèrent brièvement et il hocha la tête avant d’entrer dans la pièce. Kirk eut un frisson, se rendant compte que plus que la vie de son premier officier, de son ami, était entre les mains de cet étranger auquel il ne faisait pas confiance. McCoy ferma la porte et alluma le système d'interphone. Les moniteurs médicaux étaient prêts. Il jeta un nouveau coup d’œil à Kirk, qui cette fois secouait la tête.
- « Vous ne pouvez plus l'arrêter maintenant, Jim ».

Le Docteur franchit le seuil de la porte et regarda Spock. Sans le déranger, il s’allongea sur le lit, ferma ses yeux quelques instants puis dit : « Mr Spock, si vous êtes prêt ? »

Spock ouvrit lentement les yeux et il regarda le Docteur. Le Docteur sourit et ferma les yeux. Spock enleva ses mains de ses tempes puis les posa sur le visage du Docteur.

- « Mon esprit à votre esprit… » vinrent les mots familiers.

Le corps du Docteur se raidit momentanément. La prise de Spock se resserra.

- « Le Docteur doit baisser ses propres blocages télépathiques » chuchota Lt. Stephans.

Une goutte de sueur dégoulina sur le visage du Docteur et les yeux fermés de Spock se crispèrent. Le corps du Docteur se détendit.

- « Mon esprit à votre esprit… »

Le corps de Spock sembla enserrer celui du Docteur bien qu'il n’avait pas bougé. Il y eu un silence de mort dans la pièce. Kirk attendait le déballage de mots qu'il était habitué à entendre pendant les fusions mentales de Spock. Mais rien ne semblait se produire. Il regarda Lt. Stephans.

- « Que ce passe-t-il ? »
- « Ce sont tous les deux des télépathes naturels, Capitaine. Ceci est tout à fait différent de ce que vous avez pu voir avant ».

La transpiration luisait sur le sourcil de Spock. Le corps du Docteur se crispait et se relâchait alternativement. Soudain leurs yeux s’ouvrirent et se rencontrèrent. Kirk pouvait presque voir une sorte d'échange se produire.

- « Ils sont en contact proche maintenant », dit Lt. Stephans. « Il n’y a plus qu’à casser la barrière. »

Les yeux de Spock et du Docteur se refermèrent. De sa propre expérience, Kirk se souvenait de la sensation d'un autre esprit dans le sien, et il n'était pas télépathe. Que pouvait-on ressentir si cet esprit attaquait le vôtre ? Et si vous aviez une réelle capacité à vous défendre… Pour la première fois il se rendit compte que le danger que Spock affrontait volontairement était gigantesque. Tout dépendait de la capacité d'un autre à abandonner le contrôle, l'ensemble dépendait des disciplines strictes des esprits impliqués.
Discipline - et le Docteur ?

- « Rythmes cardiaques en augmentation, Jim » dit McCoy.

La tête du Docteur commença à s’agiter entre les mains de Spock. Un cri s’échappa de la bouche du Docteur mais c'était la voix de Spock qui retentissait.

- « Non, il doit rester, c'est la peine. / La peine n’existe plus : la peine a été payée. » La voix de Spock était maintenant dans un mono-dialogue familier. « La punition doit être poursuivie. / La punition n'est plus exigée. Vous avez gagné le droit d’être libre. / Je suis le Président. La Matrice est mienne. La Matrice est envahie. Le - le Maître. La mort pour tous les Seigneurs du temps. Mon peuple. Il y a du danger. Je ne peux pas libérer la Matrice. Je dois chasser l'ennemi ! »
- « Rythmes cardiaques toujours en augmentation. Je ne sais pas combien de temps ils pourront encore le supporter ».


Les yeux du Docteur s’ouvrirent et fixèrent le plafond. La voix de Spock continua, cette fois en monologue.

« Couche par couche, j’entre… »

Une autre « voix » - qui explosa cette fois-ci dans l'esprit de Kirk.

- « Télépathie d'émission, » dit Lt. Stephans, tressaillant. « Spock a accès à une nouvelle capacité qui appartient au Docteur. »

« L'ennemi est parti, le chemin est ouvert. »

Les mains de Spock brisèrent le contact. Attrapant les épaules du Docteur, il le regarda droit dans les yeux.

-« Vous devez procéder seul. Je ne sonderai pas votre connaissance. »
-« J’ai besoin de votre soutien, ou je ne pourrai jamais totalement surmonter la barrière. »

Spock fit une pause puis reprit le contact. Les yeux du Docteur se fermèrent à nouveau.

« Voilà... Comme ça, lentement… » La tête du Docteur se secouait vivement entre les mains de Spock. « Vous y êtes, la voie est ouverte. J'entre. »

Un calme remplit la pièce.

- « Rythmes cardiaques en baisse. »

Le Docteur transpirait de nouveau ; Spock avait l’air d’être dans une transe passive et Kirk se rappela du premier contact involontaire que Spock avait établi avec le Docteur.

- « Les indications retournent à la normale, Jim. »
- « S'ils pouvaient casser le lien maintenant... » dit Lt. Stephans.

Les deux paires d’yeux s’ouvrirent et se rencontrèrent encore une fois. Spock projeta sa tête en arrière. La texture de la voix mentale se modifia.

« Oui, vous avez donc décidé de nous rejoindre. »
- « Non ! » Spock voulu briser la fusion mais les mains du Docteur maintinrent rapidement celles de Spock en place. « Je suis moi-même. Je suis Vulcain ! »
« Vous l’êtes toujours. Mais vous êtes plus que ça. Vous l’avez mérité. » Spock ferma les yeux. Le Docteur posa ses mains sur le visage de Spock, stimulant les points de contact du Vulcain. « Acceptez. »


Spock sembla hocher la tête dans la prise du Docteur. Les mains de Spock lâchèrent le Docteur, puis inversement. Le Docteur revint à une position moitié assise. La tête de Spock était toujours penchée, les yeux fermés.

- « Spock ! » cria Kirk, se dirigeant vers la porte. McCoy et Stephans l’arrêtèrent.
- « Jim, » dit McCoy. « Vous devez laisser finir le Docteur maintenant. »

Le Docteur prit les mains de Spock qui étaient posées inertes sur le lit.

- « Spock » appela le Docteur, puis plus fort, et Kirk pouvait presque sentir un appel mental couplé avec le verbal. « Spock. » Spock ouvrit les yeux. A cet instant, ils avaient une profondeur que Kirk avait rarement vu auparavant.
- « Que m’avez-vous donné ? »
- « Quelque chose en plus de ce que vous aviez avant, mais rien que vous n'avez pas mérité,
que vous n'avez pas été autorisé à avoir, ou que vous ne pouvez supporter. Pourquoi ne demandez-vous pas plutôt ce que vous m'avez donné ? » Le regard de Spock rencontra celui du Docteur. Ce dernier sourit. « Spock, je suis de nouveau entier. Je pense que vous pouvez vous rendre compte de ce que ça veut dire. Je vous connais - maintenant - et je sais ce que vous avez risqué. Je n’ai pas risqué plus que ce que j'avais déjà risqué avant, ni pour une meilleur raison. Acceptez mon cadeau, mon ami, et voyez-le comme une compensation pour ce que mon peuple n'a pas réussi à faire dans cet univers pour votre peuple. »

Spock regarda attentivement le Docteur et hocha la tête. Le Docteur se tourna vers la fenêtre.

- « Capitaine, je crois que j'ai la solution au problème ! »

McCoy ouvrit la porte. Spock se leva lentement. Kirk se dirigea vers lui.

- « Spock, vous allez bien ? »
- « Je crois, Capitaine. C'était une expérience très curieuse. »
- « Spock, » appela le Docteur, « venez, nous devons résoudre cette chose. »
- « J’arrive. »

Spock et le Docteur quittèrent la pièce. Kirk et Stephans les suivirent. McCoy décida de se plonger à nouveau dans les dossiers médicaux de l'expérience.

- « Lieutenant », dit Kirk, qui marchait derrière Spock et le Docteur alors qu’ils se dirigeaient vers la salle de briefing, « qu’est-ce que Spock a maintenant qu'il n'avait pas avant ? »
- « C'est difficile à dire, Capitaine. Certainement une connaissance accrue ou une conscience augmentée, normalement unique aux Seigneurs du temps. Peut-être une amélioration de ses propres capacités télépathiques, peut-être un peu du sens de l'humour du Docteur. »
- « Lieutenant, je ne trouve pas ça drôle. »
- « Non monsieur, mais vous ne trouvez pas que ça serait intéressant ? »
- « Non »
- « Eh bien, monsieur, vous devriez savoir qu’il n'est pas rare après une telle fusion que les participants échangent certaines caractéristiques - pour un temps ».

Le Lieutenant montra de la tête la paire au loin. Kirk vit que Spock acceptait un des jellybabies du Docteur.

- « Eh bien, Lieutenant, si cela nous permet de quitter cet univers et de retourner dans le notre, je peux tolérer n'importe quoi. »
- « J'espère que votre tolérance est vraiment prête pour ce qu’il pourrait se produire, Capitaine. »




Citation:

De retour dans la salle de briefing, le Docteur et Spock observèrent à nouveau l’écran. Après quelques minutes, le Docteur commença à sourire. En se penchant au dessus de la table, il se tourna et regarda Spock. - « Vous le voyez ? » Avec un air confus, Spock indiqua un secteur de l'équation. « Là ? » - « Exactement. » Il sembla à Kirk que Spock souriait en retour au Docteur, mais aucun changement n’était visible en dehors de la disparition de sa perplexité. Il jeta un coup d'œil au Lt. Stephans et elle hocha la tête. Il n'était donc pas le seul à avoir remarqué quelque chose ! Le Docteur commença à rentrer de nouvelles données dans l'ordinateur et l'affichage changea. - « Vous auriez pu trouver un moyen, mais vous pouvez voir qu’utiliser cette formule aurait été catastrophique pour vous. » - « En effet. » Spock acquiesça. - « Quel était le problème ? » demanda Kirk. Le Docteur regarda Spock et lui fit un geste comme pour lui donner le centre de l’attention.
- « Le Facteur Temporel, Capitaine. »
- « Le Facteur Temporel ? »
- « Oui, en basculant entre les univers il y a toujours un Facteur Temporel inhérent. Si nous avions essayé de retourner dans notre univers en utilisant la formule originelle, nous serions arrivés dans le bon univers, mais 300 ans avant le moment où nous avions disparu. » Spock se retourna vers le Docteur, un sourcil haut perché.
- « Une explication quelque peu simplifiée, mais tout à fait correcte. Avec ce changement, vous devriez revenir dans les cinq minutes suivant votre disparition et vous n'aurez pas besoin de retourner dans le secteur des Sontaran. »

Scotty, qui était en train d’examiner l’équation modifiée, pris soudainement la parole.

- « Capitaine, j’peux pas dire que ça fera pas l’affaire, mais on a pas l’énergie pour le faire. »

Spock et le Docteur examinèrent l'équation. Spock acquiesça.

- « Mr Scott a raison, Capitaine. La nouvelle formule nécessite au moins un tiers d’énergie supplémentaire que celle fournie actuellement par notre dilithium. »
- « Pourrions-nous renverser la polarité ? » demanda le Docteur.
- « Docteur, vous rigolez ! » s’exclama Scotty.
- « Je ne pense pas que ça marcherait - cette fois. » Kirk aurait pu jurer que Spock s’empêchait de rire.
- « Bien, bien, jamais de solution mais encore un problème, » dit le Docteur. « De quoi avez-vous besoin pour résoudre celui-ci ? »

Scott était également en train de faire des calculs et il répondit tout de suite.

- « Au moins six cristaux de dilithium supplémentaires. Je pourrais bricoler un truc pour qu'ils nous donnent l’énergie quand nous en aurons besoin, mais il nous faut le dilithium. »


Kirk remarqua, sans grande surprise, que tout le monde dans la pièce se retourna vers le Docteur. Eh bien, après tout, c’était son univers, et il avait l’air d’aimer jouer au deus ex-machina et de tirer l'Entreprise de ses problèmes.

- « Eh bien, Docteur, où pouvons-nous obtenir du dilithium ? »
- « Il y a une planète dans ce secteur qui a une provision de cristaux de dilithium. »
- « Pouvons-nous acheter - ou marchander - avec eux pour obtenir des cristaux ? »
- « Je ne sais pas. »

Le Docteur s’assit avec un air pensif, en mettant ses mains devant son visage. Kirk fut un peu choqué en voyant le Docteur adopter cette gestuelle typique de Spock. Il lança un regard à Spock et sentit son malaise grandir quand il vit que Spock se reculait dans sa chaise et semblait être sur le point de mettre ses pieds sur la table. Il sentit le Lt. Stephans lui toucher doucement le bras et l’entendit chuchoter : « Tolérance, Capitaine. »
Le Docteur fit tomber ses mains et se leva.

- « Cette planète est extrêmement étrange, même pour cet univers. Apparemment une race humanoïde s’y est installée il y a un millier d’années. Ca aurait dû être une installation normale - tout le monde travaillant ensemble pendant les premières années, les guerres et les autres problèmes apparaissant plus tard - vous connaissez le schéma. » Kirk vit le Lt. Stephans acquiescer - apparemment ce que le Docteur disait était familier à l’équipe d’Enquête et de Contact Culturels. « Au lieu de ça, une division s’opéra très tôt. Certains colons étaient déterminés à maintenir un haut niveau de technologie, malgré des difficultés presque insurmontables, et d'autres préféraient vivre un certain « retour à la nature », un mode de vie qui semblait correspondre à la planète. »
- « Alors nous aurons affaire avec un groupe ou l'autre ? » demanda Kirk.
- « Plus que cela. Certains aspects de la planète ont causé un développement anormal de ce que vous appelez des pouvoirs psy chez certaines personnes – des deux côtés. Le groupe « retour à la nature » les acceptait et les encourageait. Les technologues les négligeaient et les réprimaient. Les deux groupes ont maintenant développé deux façons totalement opposées de traiter n'importe quel type de problème. »
- « Je ne vois pas où cela fait une différence. » Kirk eut l’impression que le Docteur voyait des problèmes là où il n'y en avait pas.
- « Il n’y en aurait pas eu – si l’invasion n’avait pas eu lieu. »
- « L’invasion ? »
- « Oui - une espèce totalement impitoyable a récemment essayé de conquérir la planète et les deux côtés se sont finalement unis pour combattre les envahisseurs. »
- « Alors nous n’avons affaire qu’à un seul côté ! »
- « Eh bien, quand les conquérants vaincus sont partis, ils ont voulu prendre leur revanche sur la planète et sur les gens qui leur avaient résisté – pour prouver qu’ils pouvaient gagner au bout du compte. Vous voyez le genre. » Kirk vit Spock acquiescer de la tête du coin de l’œil et, en lui lançant un regard, il vit que ses pieds étaient maintenant sur la table. Il était sur le point de dire quelque chose quand un coup de pied sur son tibia le distraya. Il lança un regard noir au Lt. Stephans qui regardait innocemment le Docteur. « En tous cas, Capitaine, » continua le Docteur. Kirk fut certain que ce dernier n’avait rien manqué de la petite scène. « Les envahisseurs ont placé plusieurs bombes à fission autour de la planète de telle manière qu’à certains moments pendant les cinq prochaines années, les orbites se détérioreront et une bombe tombera. »
- « Et s'ils font tout simplement exploser les bombes, ils créeront un anneau de radiation autour de la planète qui pourrait les détruire. » dit Scotty.
- « Exactement. »
- « J’ai l’impression que nous pourrions aider. » dit Kirk.
- « Nous pouvons en effet enlever les bombes de leurs orbites et s’en débarrasser quelque part où elles ne feront pas de mal. » dit Scotty.
- « Serait-il possible d’échanger ce service contre du dilithium ? » demanda Kirk.
- « C’est possible ». Le Docteur sembla à nouveau étudier ses mains. « Est-ce que votre Directive Primordiale vous empêche d'aider les gens ? »
- « Non. Seulement d’interférer avec le développement naturel d'une culture indigène. » répondit Lt. Stephans.
- « Bien, sur cette planète, les cristaux de dilithium sont extraits et contrôlés par le groupe « retour à la nature » - les Normes, comme ils s'appellent. Ils peuvent utiliser le dilithium pour augmenter et amplifier leurs capacités psychiques. Et c'est une de leurs villes qui a été frappée par la première bombe qui est tombée. » Le Docteur regarda Kirk dans l'expectative.
- « Vous suggérez que nous fournissions une aide médicale ? »
- « Oui. Pouvez-vous accepter cela ? »
Kirk répondit sans l'hésitation.
- « Oui. »
- « Très bien, alors, allons sur cette planète et faisons du maquignonnage. Les coordonnées... » Le Docteur afficha quelques données sur l'écran.
- « Comment, » dit Spock, à nouveau assit droit dans sa chaise, « s’appelle cette planète ? »
- « Lightunder, » dit le Docteur. Il se dirigea vers la porte puis s’arrêta. « Encore une chose, vous savez que je vous ai dit qu’une partie de la population avait des capacités psychiques ? »
- « Oui. » Kirk ne voyait pas pourquoi le Docteur insistait encore sur ce point.
-« Bien, apparemment cette capacité est liée à un gène récessif, parce que vous pouvez normalement également reconnaître un médium par son apparence physique. »
- « Comment ? » demanda Lt. Stephans. Kirk supposa qu’une telle information pouvait avoir un intérêt pour un xenobiologiste.
- « Par la couleur de leurs cheveux. » Le Docteur se redirigea vers la porte.

Le Lieutenant parut perplexe un moment puis cria : « Quelle couleur ? »
Le Docteur passa sa tête par la porte. Son sourire rappela à Kirk le chat de Cheshire dans une vieille histoire.

- « Vert. » dit-il, puis il disparut.




Partie 3
Citation:

Kirk était inquiet à propos du moral de son équipage. Ils n’avaient, après tout, pas eu le temps de se reposer et de récupérer avant de commencer le voyage retour vers la Terre, et ils avaient eu toute une succession d'urgences dans un laps de temps relativement court. Il passa la soirée à se balader dans le vaisseau, visitant les secteurs où l'équipage s’était stationné et s’était rassemblé. Dans la salle de gym, Sulu pratiquait ce qui avait l'air d'être de nouveaux et difficiles mouvements d’escrime. - « Vous améliorez votre technique, Mr Sulu ? » - « Oui monsieur. Le Docteur m'a montré quelques mouvements offensifs dont je n'avais jamais entendu parler. Le problème est de les maîtriser. » - « Le Docteur ? » - « Oui monsieur, il dit qu'il les a appris d'un Capitaine dans l'armée de Cléopâtre ! » Kirk regarda Sulu qui reprit son entrainement. Il connaissait suffisamment bien l’histoire pour savoir qu’à l’époque de Cléopâtre, les épées utilisées n'étaient pas les mêmes que celle de Sulu. Mais Sulu semblait trouver la chose plausible, donc Kirk décida de ne pas essayer de discuter là-dessus.
En passant par le secteur de l'Ingénierie, Kirk vit que Scotty était en train d’analyser un objet argenté d’environ 13 centimètres de long et 3 centimètres de diamètre. Il savait que Scotty travaillait sur un système pour utiliser les cristaux de dilithium supplémentaires et il se dirigea vers lui pour voir ce qui se passait. L'objet argenté était quelque chose qu’il n’avait jamais vu auparavant.

- « Quelque chose de nouveau, Scotty ? »
- « Oui, Capitaine. C'est un Tournevis Sonique, et c'est un beau p’tit bébé. »
- « Un Tournevis Sonique ? » Le terme lui faisait plus penser à un breuvage exotique qu’à quelque chose qui fascinerait son Ingénieur Principal.
- « Ouais, c’est au Docteur. »
- « Au Docteur ? »
- « J'ai essayé de le persuader de me laisser étudier son TARDIS, mais il semble pas vouloir me laisser faire ça. »
- « Alors comment avez-vous obtenu ce – Tournevis Sonique ? »
- « Ben, il dit que si j’arrive à le dupliquer, je pourrais étudier le TARDIS. »
- « Vous y arrivez ? » Kirk était sur que rien de mécanique n’était au-delà des compétences de Scotty.
- « Pas encore. Oh, c'est un magnifique p’tit bébé. Jusque là je lui ai trouvé trente usages, mais j’arrive pas encore à le copier. »
- « Le Docteur l'a fait ? »
- « Ben, il l'a conçu. »
- « Eh bien, Scotty, si vous persévérez, vous trouverez le secret ! »
- « Secret ! Nan, Capitaine, c’est du pur génie d'ingénierie ! Et c’est un honneur de travailler dessus ! »

Kirk sortit en secouant la tête. Le Docteur avait manifestement trouvé le bon moyen d’éloigner Scotty du TARDIS.
Une des salles de jeu avait été transformée en ce que le Lt Kyle présenta à Kirk comme étant le site du Championnat de Yo-yo de la Starfleet.

- « D’où viennent tous ces yo-yos, Lieutenant ? »
- « Oh, le Docteur nous les a donnés ! »
- « A-t-il établi les règles pour cette… compétition ? »
- « Etabli ? Non monsieur. Il nous a dit que ces règles venaient de la Terre. »
- « Est-ce qu’il va participer ? »
- « Non monsieur. Il a dit qu'il avait déjà gagné son championnat en 1923. » Kirk regarda un Andorien tenter de « promener le toutou ». « Tout les Andoriens sont très doués, monsieur. Ils semblent avoir le coup de main pour ça. »
- « Effectivement, ça aide. »
- « Si vous voulez bien m’excuser, Monsieur, c’est bientôt mon tour. »
- « Bien sûr. »

Sur son chemin vers la salle de jeu n°4, Kirk réfléchit à ce qu'il avait vu. Son équipage était éveillé, heureux, et il n’y avait assurément pas de quoi s’alarmer. Il décida d’aller voir si Spock le rejoindrait pour une partie d'échecs. Ils méritaient bien une pause tous les deux.

Dans la salle de jeu n°4, Spock jouait déjà aux échecs - avec le Docteur. Kirk se dirigea vers eux et regarda l’échiquier. On était manifestement près de la fin de la partie, et quand Kirk les approcha le Docteur fit un déplacement.

- « Echec et mat, je crois bien. »
Spock étudia l’échiquier. « Vous avez bien compris le jeu ! »
- « C'est bien plus compliqué que la version unidimensionnelle à laquelle je suis habitué. Je vais devoir l'enseigner à K-9 quand je l’aurai réparé ! »
- « K-9 ? » demanda Kirk. »
- « Mon chien. »
- « Votre chien ?... Joue aux échecs ? » Kirk regarda Spock dans l’espoir qu’il développe cette déclaration étrange.
- « En fait, K-9 est un robot extrêmement sophistiqué. » dit Spock, en replaçant les pièces sur l’échiquier. Kirk se détendit, au moins son premier officier était redevenu normal. « Cependant, » continua Spock, « c’est vraiment un très bon chien. »

Le Docteur avait eu l’air légèrement déçu à l'explication très terre-à-terre de Spock, mais maintenant il lui faisait un grand sourire. Kirk fut choqué de voir son premier officier sourire en retour.

- « Spock… » Spock se retourna pour le regarder, son visage de nouveau inexpressif. « Heu… diriez-vous que le Docteur joue de manière aussi illogique que les humains ? »
- « Capitaine, » dit-il en levant un sourcil, « le fonctionnement du cerveau du Docteur est unique. Je ne les comparerais pas. »
- « Voulez-vous jouer la prochaine partie, Capitaine ? » demanda le Docteur, en commençant à lever de sa chaise.
- « Non, non. » Kirk lui fit signe de se rasseoir. « Mr Spock et moi jouons assez souvent. »

Bien sûr, comme leur mission se terminait, lui et Spock... Eh bien, pensa-t-il, au moins le Docteur était sans malice. Il retourna à sa cabine, résolu à avoir une conversation avec McCoy le lendemain.

*********
- « Bones, êtes-vous sûr que Spock va bien ? »
- « Jim, il est en pleine forme. Je viens de lui faire l’examen physique complet qu’il avait demandé. »
- « Il l'avait demandé ? »
- « Jim, c'était la chose - logique - à faire. Il voulait être sûr qu'il n’y avait pas d’effets secondaires découlant de cette fusion-mentale. Il m’a aussi demandé d’en faire un au Docteur. Mais ce n’est pas comme si j’avais besoin d'ajouter encore plus d’indications étranges à mes rapports ! »
- « Vous ne le trouvez pas – curieux ? »
- « Avant que tout ceci ne se produise - oui. Maintenant - bien, je ne sais pas de quoi vous avez peur, mais Spock est plus sain – de corps et d'esprit, que je ne l’ai jamais vu. Vous vous souciez de quoi ? »
- « Bones, je ne sais pas. J'ai juste cette sensation étrange que quelque chose n’est pas normal - avec l'Entreprise - et que le Docteur y est lié d'une manière ou d'une autre. »
- « Eh bien, il n’a rien fait à part nous aider depuis que nous sommes tombés dans ce pétrin. L'équipage l'aime bien, je l'aime bien et Spock l'aime bien. Vous êtes le seul à avoir un problème avec lui. Jim... »
- « Dr. McCoy, le Lieutenant Caffrey est encore en fibrillation ! » cria Chapel de l’autre côté de l'infirmerie.
- « M*rde. Jim, on en reparlera après que je me sois occupé de mon patient. »

Kirk pris un air mélancolique alors que McCoy quitta la pièce. Il ne pouvait pas croire qu'il était le seul à ressentir cela. N’importe quelle impression à laquelle il avait appris à se fier lui disait que quelque chose n’était pas normal.

- « Capitaine Kirk. » C'était Sulu depuis l'interphone du Pont.
- « Ici Kirk. »
- « Nous arrivons dans le système Lightunder. »
- « J’arrive. »





Citation:
En orbite autour de la planète le lendemain, le groupe choisi pour aller sur la planète se réunit dans une des salles de briefing. Lt. Stephans avait travaillé avec le Docteur afin de rassembler des informations sur la planète grâce à une liaison entre les détecteurs du TARDIS et ceux de l'Entreprise. - « Heureusement les Technos - les technologues - et les Normes se parlent toujours, » dit-elle, « Nous ne voulons pas être impliqués dans une guerre civile. Juste une seule bombe est tombée sur un secteur peuplé – c’était la première. Elle a détruit la ville norme de Metebe et a laissé d’importantes répercussions radioactives. La population dans ce secteur souffre de l'exposition aux radiations. Les Normes ont réussi à dévier la deuxième bombe alors qu’elle était en train de tomber, mais ont grillé - perdu - cinq de leur meilleurs télékinésistes pour le faire. Le secteur sur lequel elle est tombée était inhabité, mais nous aurons besoin d’évacuer les radiations. Les bombes sont trop lointaines pour que les Normes puissent les repousser plus loin dans l’espace, ou les maintenir en orbite, et les Technos n'ont pas une compréhension suffisamment claire mécanisme interne qui rend Normes capables de les désamorcer quand elles tombent. Ils sont dans une situation désespérée et ils le savent. Cependant, ils sont très fiers et supporteront mal une intrusion, même si c’est pour rendre service. » - « Beaucoup de diplomatie alors, Lieutenant » dit Kirk. Il remarqua que McCoy le fixait mais il avait été trop occupé avec le plan pour entrer en contact avec la planète - y compris de l’usage possible du TARDIS du Docteur comme « base hospitalière » - pour revenir lui parler. Ça allait devoir attendre. - « Une abondance de diplomatie, Capitaine, si nous espérons accomplir quoi que ce soit. » - « Docteur, si vous êtes prêt ? »
Le Docteur avait ses pieds sur la table et son chapeau sur sa tête. Kirk était convaincu qu’il s’était endormi.

- « Quoi ? - Oh oui - sommes-nous prêts ? »
- « Nous nous téléportons dans la salle de réunion de la capitale des Technos. Les leaders des deux côtés devraient être là. » dit Spock.

++++++++++++

Alors que le groupe se matérialisa, Kirk put voir la surprise des hommes et des femmes dans la pièce. Il espéra que la démonstration d’une technologie supérieure leur donnerait un avantage de négociation. Il regarda les gens qui s’étaient rassemblés. Il pouvait distinguer les deux groupes rien qu’en regardant leurs vêtements. Les Technos portaient des combinaisons de style militaire, et les Normes portaient des vêtements en cuir et en fourrure et portaient tous des épées.

- « Nous venons en paix. » dit Kirk, ouvrant ses mains pour montrer qu’il n’avait pas d’arme. « Nous voudrions offrir notre assistance… »
- « Nous ne voulons pas de l'assistance d’aliens ! » cria un des Normes, un homme petit mais plutôt bien bâti. Les marmonnements provenant des autres personnes dans la pièce indiquaient qu'ils étaient du même avis. Kirk s’apprêtait à commencer une autre phrase quand le Docteur s’avança brusquement. Il regarda le groupe calmement et dit :
- « Je suis le Docteur, un Seigneur du Temps de Gallifrey. Nous avons déterminé que sans notre intervention, votre planète sera détruite dans 16 mois. Nous avons décidé d’intervenir pour vous sauver - pour un certain prix. »

Kirk trouva que l'arrogance dans son ton était sans ambiguïté. L'homme qui avait tenu tête à Kirk regarda fixement le Docteur. Ses cheveux verts semblèrent se dresser sur sa tête.

- « Un Seigneur du Temps. Nous avons entendu parler de vous. » Le petit cristal de dilithium poli qu'il portait à son poignet gauche commença à luire quand il leva la main. Quand sa main fut à la hauteur de ses yeux, le cristal se mit soudainement à clignoter. Kirk sentit ce qui lui sembla être une pression sur son esprit et entendit Spock prendre une profonde inspiration. Le Docteur semblait amusé. « Très bien. C'est vrai. Quel est votre prix et qui sont ces gens avec vous qui ne sont pas des Seigneurs du Temps ? »
- « Nous vous demandons six grands cristaux d'énergie - la taille que vous n'utilisez pas parce que vous ne savez pas les contrôler. » Le dédain dans la voix du Docteur flotta dans l'air. « Ces gens ont été choisis pour m'aider. »
- « Que nous offrez-vous ? »
- « Une assistance médicale pour ceux qui souffrent des effets de la première explosion. Et nous enlèverons les autres bombes de vos cieux. »
- « Allez-vous traiter notre peuple sur notre propre terre - sans apporter de grosses machines ? »
- « Nous installerons notre lieu de résidence où vous nous le spécifierez. Les machines que nous utiliserons ne seront pour vous rien de plus qu'une boîte noire qui fait du bruit. Quelles machines nous avons dans notre lieu de résidence ne vous regarde pas. »
- « Est-ce que vous nous enseignerez quoi faire pour que ce genre d’événement n’arrive plus ? » demanda un des Technos. Le Docteur le regarda comme s'il était un insecte de la plus petite espèce.
- « Nous vous en enseignerons assez pour mieux vous défendre. » Le Docteur regarda le groupe. « Acceptez-vous notre offre ? »
- « Nous devons discuter… » murmura le Techno.
- « Qu’est-ce qu’il y a à discuter ?! » dit le Norme. « C’est un Seigneur du Temps et il dit la vérité. Devons-nous discuter si nous souhaitons vivre ou mourir ? »


On n’entendit aucune voix dissidente dans le groupe qui avait l’air piteux. Le Norme se retourna vers le Docteur.


- « Très bien, Seigneur du Temps. Nous acceptons votre marché. Mais ceux qui viennent sur notre terre doivent se conformer à nos coutumes. »
- « Accordé. » dit le Docteur. « Où voulez-vous que nous installions le centre de traitement médical ? »
- « Nous avons monté un centre de traitement à Besteco. »
- « Alors nous atterrirons là-bas. Après que nous ayons enlevé les appareils qui orbitent autour de votre planète, nous enverrons des gens pour vous rencontrer. »


Le Docteur fit un signe de tête aux Technos. Un d’entre eux fit un pas en avant. Il était grand, et avait des cheveux blonds et une barbe.

- « Je suis Lif d’Lewis, le dirigeant de mon peuple. Nous serons enchantés d’apprendre tout ce que vous voudrez bien nous enseigner. »


Le Docteur hocha la tête en reconnaissance de la déclaration du Techno. Kirk ne pourrait pas s’empêcher de penser que s'ils avaient eu seulement affaire à cet homme et ses gens au lieu du Norme courageux qui avait pris la parole, toute l’opération aurait pu être mieux traitée.

- « Capitaine, si vous voulez bien initier la téléportation. » Le Docteur se retourna vers le Norme. « Alertez vos gens à Besteco. Nous serons là dans une heure. »


Il se tourna et fit un signe de tête à Kirk, concluant manifestement la conversation. Kirk ouvrit son communicateur. Il eu à nouveau l’impression de n’être qu’un messager.

- « Kirk à l'Entreprise, téléportez-nous. »


Alors que le rayon de transport prit le groupe, Kirk sentit une soudaine vague de colère. De quel droit le Docteur pouvait-il intervenir comme ça ?! Il pouvait sentir l'émotion monter en lui quand le groupe se matérialisa sur l'Entreprise. Alors qu’il s’était tourné vers le Docteur, prêt à exprimer sa colère, Spock s’avança et dit « Excellent travail, Docteur. Je crois bien que vous avez accompli tout ce que nous désirions ! »
- « Ce que vous avez offert aux Technos est même bien en dessous des limites de la Directive Primordiale. Comment avez-vous su que c’était la bonne façon de les approcher ? » demanda le Lt. Stephans. Le Docteur sembla légèrement surpris.
- « C'était la chose - logique - à faire. » Il sourit à Spock, secouant doucement sa tête.


Kirk eu l’impression qu’on lui avait lancé un seau d'eau glacée. Spock et le Lieutenant avaient raison. Ce qu'ils voulaient avait été fait – alors pourquoi accorder une si grande importance à QUI l'avait fait ? Pour éliminer la désagréable sensation d'avoir été dans l'erreur, il se tourna vers McCoy.

- « Bones, est-ce que vous et votre équipe médicale êtes prêts ? »
- « Aussi prêts que possible, Jim. C'est une bonne chose que nous avions déjà prévu d’utiliser le TARDIS du Docteur comme base. Nous y avons installé certains de nos ordinateurs médicaux et équipement de laboratoire. Le Docteur et Mr Spock ont également travaillé à créer un lien direct entre le système informatique du TARDIS et notre ordinateur. »
- « Vous êtes satisfait de ces arrangements, alors ? »
- « Ils sont meilleurs que la plupart des autres avec lesquels j'ai dû travailler avec la Directive Primordiale sur une planète primitive. »
- « Bones, » dit le Docteur. « Pouvez-vous avoir votre équipe médicale dans le TARDIS dans - disons - quinze minutes ? Le Lt. Stephans et moi voudrions réexaminer certaines des coutumes de la population locale. Dorcy a l’impression qu’elle n’a pas suffisamment insisté sur certains aspects de la coutume locale dans la présentation qu'elle nous a fait plus tôt. Les Normes sont très stricts sur certaines choses, et nous ne pouvons pas nous permettre de les offenser. »
- « Nous y serons. »
- « Capitaine, si vous avez l’intention de descendre sur la planète, vous devriez entendre ceci. » dit le Docteur.
- « Je le ferai plus tard, Docteur. Mais à l’heure actuelle, nous devons préparer le vaisseau à détruire les bombes en orbite. »

Le Docteur regarda Kirk et, avec un faible sourire, hocha la tête. « Bien sûr, Capitaine. »




Citation:

Téléporter le TARDIS sur la planète fut une expérience instructive pour Lt. Kyle, bénéficiant alors des enseignements de Spock. Apparemment quelque chose dans la nature unique du TARDIS devait être pris en compte pour la manœuvre, et Kirk fut reconnaissant que la téléportation avec son équipage à bord ait réussi. Il regarda les plateformes de transport maintenant vides et se tourna vers Spock. - « Pourquoi le Docteur n'a-t-il pas descendu le TARDIS lui-même, Spock ? Ça n'aurait pas été plus simple ? »
- « Dans l’état dans lequel est le TARDIS actuellement, il y avait toujours la possibilité qu'il n’atterrisse pas là où c’était prévu. »
- « Vous voulez dire que le Docteur ne peut pas le contrôler ? »
- « Son niveau de « maitrise » du TARDIS lui convient, Capitaine. Mais dans cette situation, j'ai préféré que nous contrôlions nous même la téléportation. »
- « Spock, il y a certaines choses que je ne comprends tout simplement pas. ».
- « Oui, Capitaine ? » Kirk vit que son premier officier le regardait dans l'expectative.
- « Pas maintenant, Spock, nous avons des bombes à nous débarrasser. »
- « Mais bien sûr, Capitaine. »

++++++++++


L'enlèvement et le désamorçage des bombes en orbite prit beaucoup de temps mais ce fut relativement simple pour l'équipage de l'Enterprise. Les bombes désamorcées furent jetées dans le soleil d'un système planétaire inhabité proche. Kirk fut content de voir que son équipage contrôlait la situation de leur façon efficace habituelle. Apparemment, sans l'influence perturbatrice du Docteur, les choses allaient retourner à la normale. Une semaine plus tard, l'Enterprise était de retour et orbitait à nouveau autour de la planète Lightunder.


Scotty, une équipe d'ingénieurs de l'Enterprise et des membres choisis du groupe d’Etude et de Contact Culturel se téléportèrent sur la planète pour rencontrer Lyf d’Lewis. Un autre groupe fut chargé de « nettoyer » le secteur non peuplé de la deuxième explosion. Kirk décida de descendre avec Spock pour voir comment le groupe médical se débrouillait.


Dans la salle de transport, Spock plaça une petite boîte noire sur la console.

- « Lieutenant Kyle, initiez la séquence de signal 21CQ305260. » dit Spock.
- « Oui monsieur. »
- « Qu’est ce que c’était que ça, Spock ? » demanda Kirk alors qu’ils marchaient vers les plateformes de transport.
- « Sans l'ajustement et l’amplification que cette boîte va donner à nos signaux, nous ne pourrions pas nous téléporter à l’intérieur du TARDIS. Le Docteur a spécifiquement demandé que le groupe qui doit se téléporter à Besteco atterrisse directement dans le TARDIS et attende là-bas avant d’autres instructions. »
- « Etes-vous en train de dire que sans cet appareil, nous ne pourrions pas nous téléporter dans le TARDIS ? »
- « Le TARDIS a des aptitudes défensives uniques. »


Kirk soupira. Il était de retour dans le monde étrange du Docteur.
Ils se matérialisèrent dans la salle de contrôle du TARDIS juste au moment où le Docteur entra par la porte extérieure.

- « Oh, Spock, » dit-il, « je suis content de vous voir ici ! Descendez dans l'atelier. Je veux regarder quelque chose. » Spock et le Docteur sortirent par une des autres portes, puis le Docteur repassa sa tête par la porte. « Capitaine - ne quittez pas le TARDIS avant d’avoir vu le Lt. Stephans. » Et il disparut de nouveau.


Kirk attendit un moment, son impatience grandissant. D’autres membres de l'équipe médicale traversèrent précipitamment la salle de contrôle, venant probablement de la même pièce où se trouvaient le Docteur et Spock. Ils remarquèrent à peine sa présence. Le Lt. Stephans ne vint pas.


Sa patience enfin épuisée, il décida que ça ne serait pas grave de partir à la recherche du Lieutenant, ou encore mieux, de McCoy. Ils voulaient probablement juste remettre l’accent sur certaines coutumes locales. Il avait déjà vu la vidéo de briefing deux fois, et il avait survécu sur des planètes étrangères plusieurs années avant le Lieutenant, mais s’ils voulaient insister sur un point spécial, il les trouverait et les laisserait faire.


Alors qu’il sortit du TARDIS, il remarqua que « l’hôpital » était un grand bâtiment en pierre aménagé pour l’occasion. Le TARDIS avait en fait été localisé dans une pièce du bâtiment.


Les autres pièces qu’il vit en se dirigeant vers le hall étaient pleines de patients. Le personnel médical, composé de ses propres gens et de natifs de la planète semblait être constamment occupé. Il ne pouvait voir McCoy ou Stephans nulle part.

Enfin, sa promenade le rendit à la porte d'entrée du bâtiment. La lumière du soleil et l'air frais de l’extérieur étaient très attirants après l'atmosphère close de l'hôpital. Il se sentit même légèrement nauséeux à cause de l’odeur acre étrange. Tous les hôpitaux sentent, pensa-t-il, et il décida de sortir et de regarder les environs.

En s’appuyant sur la construction en pierre en forme de bête au pied des marches de l’hôpital, il vit ce qui lui sembla être une place centrale de marché. Il y avait des magasins sur trois des côtés et des gens qui entraient et sortaient avec ou sans paquets. Des chevaux - ou une espèce très proche de l'animal terrien, sauf pour les sabots fendus et les cornes – et des chariots étaient attachés à l’extérieur des magasins.


Il prit une grande inspiration de l’air de la planète. Ca avait un bon goût.

Il remarqua une fille - une jeune femme – qui se tenait près d’un des magasins, apparemment en train d’attendre de quelqu’un. Il la regarda intensément. Ses cheveux étaient vert foncés, si foncés qu’ils étaient presque noirs. La petite brise qui soufflait contre le léger tissu rose de sa robe le long de sa cheville dessina une ligne d’une charmante proportion.


Elle le regarda subitement, révélant des yeux noirs jusque là masqués par des cils épais et recourbés. Sa peau était claire, relevée par une légère ombre rose naturelle sur ses joues et des lèvres dont Kirk pouvait dire qu’elles ne devaient rien à un quelconque artifice. Elle rencontra son regard une seconde puis rebaissa les yeux momentanément. Il ne fut pas surpris quand, après un bref moment, son regard ouvert et provocateur rencontra à nouveau le sien.


Comme elle était belle - et elle le serait sur n'importe quelle planète qu'il n’a jamais visité. Le rose de ses joues sembla s’approfondir, un petit sourire apparut sur ses lèvres et ses yeux noirs semblèrent étinceler. Il ne pouvait pas lui parler, il avait appris cela dans la vidéo de briefing, mais il continua à sourire à ces yeux brillants et il lui sembla que son sourire lui était retourné. Cela faisait un long moment pour lui, et ses pensées devinrent plus spécifiques. Son corps et le sien, se rencontrant, se mélangeant... Un regard horrifié apparut dans ses beaux yeux et elle retourna et courra le magasin. « Eh bien, vous ne pouvez pas toutes les remporter », pensa-t-il mélancoliquement.


Il se sentit légèrement étourdi et fit volte-face pour retourner dans l'hôpital quand il vit Spock, McCoy et le Docteur en sortir.




Citation:

- « Jim, » dit McCoy, « avez-vous vu le Lt. Stephans ? » - « Pas encore, Bones. » répondit-il, en souriant. Spock et McCoy échangèrent des coups d'oeil - d'irritation ? En quoi voir le Lt. Stephans pourrait être une chose si importante ? - « Idiot de première », dit le Docteur. « Vous feriez mieux de rentrer à l’intérieur et nous laisser vous examiner. »

Kirk se hérissa. De quel droit le Docteur lui donna un tel ordre ? Et, de toute façon, ils pourraient très bien l’examiner ici.


Il y avait une agitation de l'autre côté de la rue. Le petit groupe, alors sur les marches de l'hôpital, se retourna. Trois hommes approchèrent rapidement. Kirk vit la fille qu'il avait observée se faire embarquer dans une calèche avec d’autres femmes.


Les hommes s’arrêtèrent, faisant maintenant face au Docteur et à l'équipage de l'Enterprise. Kirk reconnut un des Normes qui avait assisté à la réunion dans la capitale technicienne. Le Norme regarda le Docteur.

- « Vous aviez dit que vos gens se conformeraient à nos coutumes. »
- « En effet. »
- « Cet homme, » il fit un signe en direction de Kirk, « a violenté une de nos femmes. »


Le Docteur sembla prendre une grande inspiration. Spock et McCoy s’écrièrent simultanément « Capitaine ! » et « Jim ! ». Kirk les regarda et, avec un choc, se rendit compte qu'ils semblaient prendre l’accusation au sérieux.

- « Bones, Spock - je viens juste d’arriver ! » Il sentit une vague de vertige s’abattre sur lui.
- « Le temps est relatif, Capitaine, » dit le Docteur. Il se retourna vers l'homme qui avait porté l’accusation. « Vous êtes Raul D’Colm'n, le chef du clan D’Colm'n, et vous faites cette accusation. »
- « De la part de ma parente, Namona de Colm'n, oui. »
- « L’accusé a le droit de se défendre par un défi. »
- « Avec des épées et des couteaux. » D’Colm'n regarda le Docteur avec mépris.
- « Votre clan acceptera-t-il le défi de défense ? »
- « Nous le ferons - et le meilleur de nos guerriers fera face à ce pervers personnellement. »
- « Où se tiendra le défi ? »
- « Dans le hall des D’Colm'n. Nous allons emmener l'accusé là-bas dès maintenant. »
- « Je suis le seigneur de l'accusé. J'irai avec lui. »
- « C'est votre droit. Mais il n’y a que vous, en tant que seigneur, qui peut le faire. Et vous devez laisser toutes vos machines étrangères ici. Nous avons des chevaux supplémentaires ; nous partons maintenant. Le défi sera demain. »

Kirk se redit compte qu’il se soutenait à la sculpture. Ses vertiges semblaient être de pire en pire. Etait-ce un rêve ?


Les trois D’Colm'n repartirent vers la place. Kirk entendit le son d'un tricorder derrière lui. Il se retourna et vit Spock et McCoy regarder quelque chose sur l'écran du tricorder de ce dernier. Ils prirent tous deux un air grave. Le Docteur réapparut par la porte en tenant une épée et un couteau dans un double fourreau curieux et une veste en cuir. Il se dirigea vers Kirk quand McCoy l'arrêta. Bizarre, pensa Kirk, les trois semblaient être flous - avait-il bu ? Ils parlaient. Il entendit des mots mais ne voulait pas essayer de les comprendre. La sculpture en pierre parut fraîche et confortable.

- « A quel point le défi est sérieux ? »
- « Très sérieux. Ne vous en faites pas, je vais m’en occuper. Il sera de retour dans deux jours. »

Maintenant c’était le Docteur qui parlait - il va s’en occuper ! Il croyait vraiment qu’il pouvait s’occuper de n'importe quoi. Eh bien, James Kirk pouvait s’occuper de ça, et de son vaisseau, et de son équipage, et de ses amis ! Il va leur montrer – s’occuper de cette situation de la même façon que toutes les autres qu’il y avait rencontré, et tout se passera bien.


Le floutage sembla s’empirer et il put à peine reconnaître la forme de McCoy se diriger vers lui avec un hypospray. Il sentit l’hypospray pénétrer, mais rien ne se produisit. Le Docteur était en train de lui enfiler une veste en cuir. Il essaya de l’enlever. Il n'avait pas froid ; il faisait trop chaud sur cette fichue planète. Le visage de Spock devint subitement net et il se rendit compte que le Vulcain lui remettait la veste.

- « Jim ? » Etait-ce Spock ? Il ne l'avait pas appelé Jim depuis longtemps. Il essaya de l'écouter. « Jim - vous devez faire ce que le Docteur dit. Est-ce que vous comprenez ? »


Kirk hocha la tête. Il sentit Spock lui enlever son phaseur et son communicateur. Bien sûr, même Spock voulait que le Docteur dirige tout.


- « Docteur, il y a un problème. » Le Docteur avait récupéré quelques provisions médicales de la part de McCoy et les bourrait dans ses poches.
- « Un problème, Spock ? » Kirk sentit les yeux bleus se fixer sur lui. Il se détourna du regard pénétrant. « S'il ne coopère pas, nous serons tous les deux perdus. »


Spock fit demi-tour vers Kirk qui avait maintenant décidé de ne plus regarder personne. Le brouillage semblait se dissiper, mais la sensation de conflit demeurait. Il sentit les mains du Vulcain saisir sa tête, la tournant pour qu'ils soient face à face, ses mains se plaçant dans la position de fusion-mentale.

- « Non, Spock ! » Avait-il dit cela, ou l'avait-il seulement pensé ? Les yeux du Vulcain, maintenant proches des siens, semblèrent s’adoucir, mais il sentit l'esprit de Spock pénétrer le sien.


- « Vous devez nous revenir vivant. Vous devez faire ce que le Docteur vous dit de faire. »
- « Il vous a tous tourné contre moi. Il est un ennemi. »
- « Il n'est pas un ennemi. Il est notre ami. »
- « Il vous a tous dupés.
- « Il ne m'a pas dupé ! Jim ! Vous ne devez pas penser cela ! Maintenant, réfléchissez sur ce qui est arrivé. Réexaminez tout ! Notre amitié est-elle si fragile que vous ne pouvez plus me faire confiance ? »
- « Je vous fais confiance. »
- « Alors faites aussi confiance au Docteur. Si vous ne le faites pas, nous ne nous reverrons plus jamais. J’ai votre parole ? »
- « Vous avez ma parole. »


Un contact extérieur – un esprit ? – entra la fusion.


- « Ils sont de retour. »


Spock rompit la fusion. « Il est entre vos mains, Docteur. »


Le Docteur hocha la tête. Les vertiges étaient passés maintenant, et Kirk put monter sur le cheval sans aide. Pendant le trajet, le Docteur chevaucha à côté de Kirk et les deux étaient entourés d’hommes armés. Raul mena le groupe à travers des chemins rugueux et pistes rocheuses. Kirk passa la plupart de son temps à essayer de rester sur le cheval. Il était soulagé quand ils arrivèrent à leur destination.


Une structure qui ressemblait à un château, lourdement fortifié, se trouvait sur une des plus petites montagnes. Il remarqua des bannières volant au sommet des tourelles qui correspondaient aux bannières que portaient plusieurs membres de l’expédition. Un mouton blanc sur un fond jaune et bleu avec une cloche à l’intérieur d’un double anneau dans un coin semblait être l'emblème affiché.

- « Pourquoi un mouton ? » Il ne put pas s’empêcher de demander au Docteur alors qu’ils descendaient de leurs chevaux dans la cour du château. Le Docteur lui jeta un coup d'œil.

- « Vous ne connaissez pas les moutons de Lightunder. C'est un emblème tout à fait approprié pour ce clan. »


Les hommes armés les escortèrent dans une grande chambre. Ils quittèrent la pièce et Raul se tint face au Docteur. Kirk sentit à nouveau ses genoux faiblir curieusement et il s'assit dans une des chaises à haut dossier. Le petit homme regarda le Docteur et dit :

- « Puisque vous n'êtes pas de notre race, nous vous accueillerons comme il se doit pour ce défi. »
- « C’est un honneur » répondit le Docteur. Raul examina Kirk.
- « Votre homme ne va pas bien ? »
- « C’était un long voyage et il a bien trop bu. » Raul sembla peser les mots du Docteur. Kirk voulu se débattre et protester qu'il n'avait pas bu du tout mais l'effort lui parut trop important.
- « Ce n’est pas une excuse. », déclara Raul catégoriquement.
- « Je n’ai pas dit que s’en était une. » Raul hocha la tête, satisfait de la réponse.
- « On vous enverra de la nourriture. Le défi se déroulera au chant du coq demain. On vous appellera. »
- « Qui combattra pour les D’Colm'n ? »
- « Je combattrai. »
- « Comme c’est mon droit, je combattrai pour mon vassal. »
- « Comme vous le voulez. Je n’aurai pas pensé qu’il en valait la peine. »


Raul se retourna et sortit de la pièce. Kirk se rendit subitement compte qu'il boitait. Puis il perdit l’importance de cette dernière remarque alors que la léthargie l’emporta.





Citation:
 
Que voulez-vous dire, vous combattez pour moi ?? Je peux me battre tout seul ! »
- « Capitaine, » le Docteur vint et rassit Kirk de force sur sa chaise. Il prit appui sur un bras. « Savez-vous vous battre avec une épée et un couteau ? »
- « J'ai déjà utilisé ces armes ! »
- « Contre la personne la plus douée dans cette discipline, sur une planète qui utilise constamment ces armes ? »
- « … Lui ? »
- « Capitaine - vous ne devez pas juger sur les apparences. Malgré sa taille et sa jambe blessée, il est le meilleur que cette planète n’ait jamais connu. Vous ne pourriez pas gagner contre lui. »

Le vertige sembla revenir. Kirk secoua la tête, essayant de s’éclaircir l’esprit.

- « Et vous, vous le pouvez ? »
- « Oui - probablement. C'est notre seule chance. Comment vous sentez-vous ? »


Les mots semblaient venir de loin. Spock avait dit de « lui faire confiance ».

- « Faible et étourdi. Que se passe-t-il ? »


Le Docteur commença à fouiller dans les poches de son manteau et en retira un des hyposprays de McCoy. Kirk l’entendit siffler contre son bras.

- « Cela devrait aider. Je vous réveillerai dès que la nourriture sera là. »

Kirk se réveilla, soutenu par le Docteur. Il était allongé sur un des lits. Le Docteur lui versa une sorte de bouillon dans sa bouche. Il commença à se débattre mais cessa après quelques instants.

- « Bien, je suis content de voir que Spock a réussi à vous convaincre. » Il ne semblait plus y avoir de bouillon, le Docteur lui offrit un gros morceau de pain et le redressa sur le lit. « Mangez ce que vous pouvez. Vous avez besoin d’énergie. » Le Docteur retourna s'asseoir dans une chaise et sortit un sac de jellybabies.

- « Docteur – qu’est ce qui ne va pas avec moi, bon sang ? »
- « Vous n'avez pas vu le Lt. Stephans avant de sortir du TARDIS, n’est-ce pas ? »
- « Non. Je... »
- « Vous vous êtes dit que ce n’était pas vraiment nécessaire. Eh bien, puisque vous ne l'avez pas vu, vous n'avez pas reçu l'injection pour vous immuniser contre la mutation actuelle du virus qui flotte dans les airs. Du coup, maintenant, vous avez attrapé la maladie. »
- « Alors les injections que j'ai reçu sont le remède ? »
- « Les injections aident à faire disparaitre les symptômes, mais nous n'avons pas encore trouvé de remède. Le taux de mortalité est de 97%. » Kirk perdit subitement l’appétit. Le Docteur se pencha vers lui et lui prit le pain qui lui restait dans la main. « Vous savez, Capitaine, il y a des fois où ça paie d’écouter quelqu'un que l’on aime pas. »
- « Docteur, je… »
- « N’essayez pas de vous excuser, Capitaine. Je peux comprendre ce qui est arrivé, et j'aurais dû le reconnaître plus tôt. Vous étiez sur le point de finir votre mission dans la gloire, quand vous vous êtes retrouvé emmêlé là-dedans. » Le Docteur fit un vague geste circulaire avec sa main.
- « Je n’étais certainement pas préparé à rencontrer quelqu’un comme vous. » Le Docteur rit tout bas.
- « Mais sûrement, Capitaine, vous devez vous rendre compte qu'une des choses que j'ai faite, par inadvertance, a été de déclencher chez vous certaines craintes que vous aviez de votre avenir, après avoir terminé votre mission. »
- « Le changement. »
- « Oui - le changement » dit le Docteur joyeusement, « la séparation et la solitude. Et vous êtes tellement lié à votre vaisseau que la séparation… » Il devint curieusement pensif. « Je pense que vous devriez me dire ce qui est arrivé sur la place, ce qui nous a embarqué dans cette situation. »


Kirk relata les événements comme il s’en souvenait, en remarquant que le vertige et le brouillard semblaient revenir. Alors qu’il finissait son récit, il sentit l’hypospray contre son bras.
Le son sifflant d'un autre hypospray le réveilla dans la matinée.

- « Dr. McCoy ne sera pas emballé de ce que je fais, mais vous devez rester debout pendant les prochaines heures. Tenez, buvez ceci. » Le Docteur lui tendit une petite fiole de liquide. Sans hésiter, Kirk la but. L'effet fut immédiat ; il se sentit à nouveau normal. Il sortit de son lit et vit le Docteur en train d’attacher le double fourreau autour de lui. Il ne portait qu’une chemise blanche immaculée, un pantalon de tweed, et des bottes. Le reste de ses vêtements était soigneusement plié.

- « Pouvez-vous emporter ceci ? »
- « Oui. »


Le Docteur tira l'épée du fourreau et la regarda. Elle avait une forme étrange. Un des bords était légèrement courbé alors que l'autre était droit. Les deux bords étaient finement aiguisés. L’étrange mélange de lignes droites et courbes formait une forme allongée.

- « C’est une épée plutôt étrange. » commenta Kirk.
- « Elle est conçue pour avoir une grande efficacité. A cause du bord courbé, vous gagnez un élan si vous décidez de lancer l’épée vers votre ennemi – mais la pointe vous permet aussi de porter un coup. » Sa voix semblait plutôt académique. « Vous voyez ces rainures? » Il montra deux sillons sur chaque côté de l'arme. « Si vous poignardez votre ennemi jusqu’à cette profondeur et que vous retirez rapidement l’épée, alors, une aspiration est créée - qui cause une perte sanguine encore plus importante qu’avec une arme avec des côtés plats. »


Avec une intuition soudaine, Kirk dit : « Vous n'aimez pas les armes, n'est-ce pas ? »
- « Tous les hommes ne sont-ils pas sensés aimer les combats ? »
- « Vous ne voyagez pas même armé - vous étiez complètement sans défense quand vous êtes sorti du TARDIS. »
- « Selon mon expérience, quand on sort armé, plus de gens sont enclins à vous attaquer. Vous autres humains semblez ressentir un besoin absolu d’avoir en permanence une arme sur vous. »
- « Je pense que, pour nous, cela représente une certaine forme de sécurité – à cause du fait de nous attendre plus souvent à des hostilités qu’à des accueils. Laisser ses armes derrière – constamment - serait une chose au delà de notre compréhension ».
- « Je n’aurai jamais pensé que vous étiez philosophe. »
- « Pas un philosophe, mais en tant que Capitaine d’un vaisseau spatial, je dois avoir une bonne compréhension de n’importe quel équipage - et la plupart d’entre eux sont humains, comme moi. »


Kirk fit un petit sourire forcé. Le Docteur regarda Kirk avec perplexité et ce dernier se demanda ce qu’il avait bien pu dire pour étonner ainsi le Docteur.
On frappa à la porte.

- « Nos escortes. » dit le Docteur.


On les fit descendre dans un grand hall circulaire. Des places assises tout autour, inclinées pour que tous puissent avoir une bonne vue, et des entrées devant et derrière, firent désagréablement penser Kirk aux combats de gladiateurs de la Rome antique.
Le Docteur et Kirk entrèrent sur la piste, leurs escortes suivant derrière. Le Docteur fit signe à Kirk.

- « Tenez-vous éloigné de l’aire de combat et n'interférez pas - quoi qu'il arrive. Si je suis tué, ils seront obligés de vous laisser partir. »
- « Donc, vous n'êtes pas certain de gagner ! »
- « Bien sûr que je le suis ! » dit le Docteur, blessé. « La probabilité que je batte Raul est d’au moins… 90% ! » Il prit un air pensif quelques instants puis dit avec une honnêteté incorrigible : « Bon, 70% en tous cas ! »


Il se dirigea vers le centre de la piste, puis fit demi-tour vers Kirk, en souriant. « Au moins, mes chances sont toujours 100% meilleures que les vôtres ! »







Citation:
 
Alors que Kirk regardait le Docteur se diriger vers le centre de la piste, il se rendit compte qu’il était presque en train de rire. Toutes ses craintes et sa méfiance envers le Docteur avaient disparu. Le Docteur était ce qu'il était et il était digne de toute la confiance que Spock et McCoy avaient placé en lui, confiance que Kirk était maintenant enclin à lui accorder. S'il avait été le meilleur épéiste, le Docteur l’aurait laissé s’engager dans son propre combat. Comme ce n’était pas le cas, le Docteur combattrait pour lui.


Raul émergea de l'autre porte. Il portait un équipement complet d’épéiste – cuir, argent, l'épée et le couteau. Les deux hommes qui l’accompagnaient se placèrent sur un côté et Raul, ses cheveux verts flamboyant, marcha vers le centre.


Une cloche retentit et les deux hommes dégainèrent leurs armes.

Le combat commença lentement, les deux hommes se déplaçant, tentant quelques feintes, cherchant des faiblesses. Quand l'action commença enfin, Kirk eut quelques moments d’inquiétude en voyant que le Docteur semblait être dominé face à la compétence d'un homme entraîné à vivre et à mourir avec ces armes. Puis il remarqua que le Docteur se déplaçait constamment plus rapidement que Raul, le forçant à s’appuyer sur sa jambe blessée. Et alors que Raul portait souvent des coups et des passes au Docteur, ce dernier avait rarement besoin de les bloquer - il semblait toujours être en avance sur lui.
Puis, subitement, le Docteur passa à l'offensive, faisant tourner Raul sur place. En quelques secondes, le Docteur prit l'avantage. Kirk vit Raul tomber, désarmé, l'épée du Docteur contre sa gorge.

- « Votre vie est mienne, Raul, et l'innocence de mon homme est prouvée par vos propres lois. »
- « Alors tuez-moi rapidement, avec honneur. »
- « Avec honneur, je ne le ferai pas. Je ferai éclater la vérité dans cette affaire – nous avons seulement prouvé avec ce combat que je suis un meilleur épéiste que vous. Je vous laisserai la possibilité de sonder l'esprit de mon vassal pour découvrir la vérité - si vous consentez à vérifier sa version des faits en plaçant votre cousine Namona sous un sort de vérité. »
- « Ca ne correspond pas à nos mœurs. »
- « La mort est-elle donc plus importante à vos yeux que la vérité ? » L'épée du Docteur était toujours contre sa gorge exposée.
- « Je vous accorderai que vous demandez. » Un murmure s’éleva dans le hall. Raul lança un regard furieux au Docteur. Ce dernier retira son épée et Raul se leva. « Silence ! On fera comme je l'ai dit. Appelez votre homme. » Raul se tourna. « Faites venir Namona et El Donna. »


- « Jim », le Docteur fit signe à Kirk de venir. Il déboucla le fourreau et laissa les armes tomber au sol. Kirk arriva rapidement. Lorsqu’il rendit ses affaires au Docteur, il lui chuchota : « Qu'est-ce qui se passe ? »
- « Nous allons les laisser découvrir ce qui est vraiment arrivé. » Le Docteur remit son manteau long, enroula son écharpe autour de son cou, et ajusta son chapeau sur sa tête. « Raul va sonder votre esprit. Il faudra juste vous concentrer sur ce qui s’est passé. Il ne s’intéressera à rien d’autre. »


Namona, habillée tout en blanc, le regard baissé, entra de l'autre côté. Une autre femme était avec elle, plus mince, plus sombre, un cristal de dilithium au creux de son cou. Les deux femmes rejoignirent les hommes au centre de la pièce.

- « El Donna, » dit Raul, « placez Namona sous le sort de vérité. »
- « Comme vous souhaitez, Raul. » Les mots étaient soumis, mais Kirk sentit que si elle le voulait, un refus aurait été aussi facilement accordé. Elle fit face à Namona. « Regardez-moi, mon enfant. » Namona leva les yeux et dès que son regard rencontra celui d’El Donna, le cristal placé autour de son cou se mit à pulser d’énergie. Namona se tenait droit, les yeux fixes. El Donna se retourna vers Raul. « C’est fait. »


Raul se mit en face de Kirk. Ce dernier regarda dans ses yeux sombres et fut subitement soulagé que le Docteur ait été celui à l’affronter dans le combat.
Le contact de leurs esprits fut soudain et tranchant, tout à fait l’inverse de ce qu’il n’avait jamais ressenti avec Spock. C’était un couteau qui brûlait dans son esprit. A un moment, Kirk essaya de résister. Puis, se souvenant de ce que le Docteur lui avait dit, il se concentra plutôt sur ce qu’il s’était passé dans le square.
Le contact se rompit. Kirk se senti affaibli et il était reconnaissant que le Docteur se soit rapproché et ait prit son bras. Raul se retourna vers la fille aux yeux écarquillés.

- « Alors, c’est ce qu’il s’est passé ? » Kirk eut l’impression de pouvoir voir l'échange entre les deux esprits.
- « Oui, tout s’est passé comme il s’en est souvenu. » La main de Raul vola et Namona chancela sous le coup. Kirk voulu se ruer vers Raul, mais le Docteur l’en empêcha.
- « Idiote ! » Raul se tourna vers El Donna. « Veillez à ce qu’elle retourne à la garderie encore une année jusqu'à ce qu’elle soit prête à vivre avec des adultes. »
- « Comme vous le voulez. » El Donna fit un signe et deux femmes arrivèrent pour emmener la fille en sanglots. Raul fit face au Docteur et s’inclina solennellement.
- « Tout l'honneur est pour vous et votre vassal. Ma maison est la vôtre. »
- « L'honneur est sur vous pour avoir accepté de faire un changement à vos traditions. », répondit le Docteur, en s'inclinant en retour. Puis il se redressa et regarda Raul avec un œil interrogateur. « Si vous pouvez accepter le changement, alors je vous parlerai un moment avant notre départ. »
- « Très bien. Pad ! » Un jeune homme s’avança d’un groupe à l’écart. « Veillez à ce que des chevaux et une escorte soient mis à la disposition de nos invités. El Donna, pendant que le seigneur et moi-même parlons, pouvez-vous accompagner le vassal aux chevaux ? » El Donna hocha sa tête pour acquiescer. Raul revint vers le Docteur. « Sans doute que votre vassal souhaitera vérifier que tout est en ordre. »
- « Sans doute. » répondit le Docteur sarcastiquement, jetant un coup d'œil à Kirk.


Le Docteur et Raul partirent ensemble. Kirk remarqua que, bien que ses jambes semblaient être stables, le brouillard était de retour, atteignant ses pensées.





Citation:
« Capitaine ? » C'était El Donna. « Pouvez-vous venir avec moi ? Nous pouvons les attendre dehors. »


Elle se retourna et le mena hors du bâtiment. En arrivant à l'entrée, Kirk fut soulagé de voir qu'il y avait quelques bancs en pierre devant. Les chevaux et l'escorte n’étaient pas encore arrivés.


- « Pouvons-nous nous asseoir pendant que nous attendons ? », demanda Kirk.


El Donna hocha de la tête. Il était content qu'elle ne fût pas disposée à causer, bien qu’il eu quelques questions à lui poser.


- « Vous avez des questions, Capitaine ? »
- « Oui. Si vous ne les trouvez pas trop offensantes. Je ne comprends pas encore tout à fait toutes vos mœurs. »
- « Je crois que vous comprenez très peu nos mœurs, mais vous pouvez poser vos questions. »


Dans un effort, Kirk essaya de se concentrer sur le principal. Le brouillard sembla s’éclaircir une minute ; il remarqua que le cristal que portait El Donna autour du cou luisait.


- « Pourquoi Raul a-t-il frappé Namona ? » Mon Dieu, pensa-t-il, c’était direct.
- « Une question directe est préférable pour déclencher la bonne réponse. Raul a frappé Namona pour deux raisons. Premièrement, il est d’usage parmi nos femmes - surtout celles avec de grandspouvoirs – de ne pas regarder un homme ne faisant pas partie de leur propre famille jusqu'à leur mariage. Vous avez l’air choqué, Capitaine, mais je peux vous dire que ses simples coups d'œil osés envers vous auraient été suffisants pour entrainer une punition. Mais son pire crime fut de crier au viol après avoir lu dans vos pensées la réponse à son invitation. »
- « Vous dites qu'elle a lu dans mon esprit ? Qu’elle a lu ce que je pensais sur elle ? » Kirk se sentit mal - ses pensées ? - Un viol mental - et ils ont dit qu'elle était coupable ?
- « Mais j'ai fait… »
- « Capitaine. » La figure leste se tourna vers lui et ses yeux sombres le fixèrent avec sympathie mais aussi avec une pointe d’amusement. « Avez-vous déjà physiquement violé une femme ? »
- « Non. » *Je n’en ai jamais eu besoin*, pensa-t-il. Il rougit instantanément lorsqu’il vit dans son regard qu'elle avait entendu cette petite pensée supplémentaire.
- « Notre coutume de ne pas regarder les hommes étrangers est pour notre propre protection. Il y en a certains dont les pensées seraient sans aucun doute – un viol. Vos pensées, cependant - oh oui, Raul les a lus, comme nous tous d’ailleurs, - étaient toutes flatteuses, stimulantes, et excitantes, pour n'importe quelle femme qui en était l'objet direct. Vous êtes gêné. Vous n’avez aucune raison de l’être. Nous avons tous nos passions et nos désirs, et les vôtre envers Namona n'étaient ni pervers ni avilis. Sa réaction, par contre, démontra qu'elle ne pouvait pas encore être considérée comme une femme, mais qu’elle était toujours un enfant, et elle sera désormais traitée comme telle. Ce qu’elle a fait aurait pu tout à fait causer une mort inutile, sans l’aide de votre Seigneur. Vous comprenez ? »


C'était étrange mais,…


- « Oui. Même si je dois dire que je serai heureux de quitter cette planète. Je n'aime pas la sensation de savoir que mon esprit est ouvert à tous ici. »
- « Pas à tous. Ce serait déshonorant, et épuisant pour les vrais télépathes. Je n’ai fait que parcourir vos pensées à la surface, parce qu'il me semblait que cela faciliterai notre conversation. »

Il y eu un bruit de sabots, et Kirk vit que l’on amenait les chevaux. Il se demanda s'il allait survivre au voyage du retour. Il sentit le brouillard disparaître et une force douce pénétrer son corps. Il seretourna vers la femme à côté de lui. Ses yeux étaient fermés et le bijou autour de son cou pulsait. Les yeux sombres s’ouvrirent et plongèrent dans les siens.

- « Vous vous en sortirez – et vous retournerez chez vous. » Un léger sourire sembla le caressa.
- « Je dois y aller maintenant. Raul et le Docteur arrivent. »


Kirk regarda les chevaux sans enthousiasme. Même s’il se sentait mieux, il n'était pas un cavalier. Bizarrement, l’idée d’exposer ses muscles encore douloureux à un autre voyage sur cette bête ne lui disait pas grand-chose. Il entendit le soupir d’El Donna à ses cotés.

- « Ceci vous aidera beaucoup, Capitaine. » Il la regarda et vit que son cristal pulsait encore.
- « Quoi ? »
- « C'est juste une petite chose, Capitaine. Un cadeau pour vous de ma part. Pour que vous ayez aussi des souvenirs pas-si-désagréables que ça de cette planète. »


Le Docteur et Raul franchirent le seuil de la porte. Elle se retourna et partit.


- « Vous venez, Capitaine ? » dit le Docteur en passant devant lui et en se mettant en selle.

Kirk le suivit, montant un des chevaux derrière le Docteur. Alors qu’il chevauchait, il se rendit compte que son corps savait déjà monter et contrôler l'animal. Tout collait - les doubles rênes, la selle et les étriers - il faisait corps avec l'animal. Kirk jeta un œil vers l’entrée où se tenait El Donna. Il vit un sourire énigmatique sur ses lèvres alors que le groupe s’éloignait.


En chevauchant à travers les collines, il pensa à elle. Le Docteur avait pris une légère avance et parlait au chef de leur escorte, le jeune homme que Raul avait appelé Pad.


Kirk se demanda pourquoi une escorte armée était nécessaire. Ils n’avaient pas eu d'ennuis à l’aller et la campagne semblait paisible. Maintenant, en milieu de matinée, il n'y avait même pas besoin du veston en cuir qu’il avait porté pour l’aller.


Un flash lumineux et des cris le sortirent de ses pensées. Des phaseurs ? Les personnes à la tête de l’escorte et leurs montures étaient à terre. Le Docteur fit faire fermement demi-tour à son cheval. Sans aucune hésitation, Kirk le suivit.

- « Pad », cria le Docteur, « Fuyez ! »
- « Nous ne battrons pas en retraite ! »


Kirk vit que les membres restants de l’escorte sortaient leurs épées, se préparant à attaquer. Des épées contre des phaseurs ? Kirk éperonna son cheval qui partit au galop, pour rattraper le Docteur. Un flash lumineux jaillit encore et le Docteur regarda en arrière. Il secoua la tête et sortit du convoi vers un passage rocheux.

- « Laissez les chevaux partir. Ils feront de bons leurres. »


Le Docteur descendit de son cheval et lui donna une petite tape sur la croupe, pour le faire s’en aller. Kirk fit de même rapidement. Alors que les chevaux galopaient au loin, il suivit le Docteur vers le flanc de la montagne et le rejoignit, s'accroupissant derrière un grand rocher.


- « C’était quoi tout ça ? »
- « Des Daleks » dit le Docteur sévèrement.
- « Qui sont les Daleks ? »
- « Ceux qui ont déjà envahi cette planète auparavant. Apparemment ils ont laissé un petit groupe sur place pour maintenir la pression alors que les bombes descendaient. »


Le Docteur se leva prudemment et regarda par-dessus le rocher. Kirk resta baissé, l’observant.


- « Vous êtes le Docteur. »


Une voix métallique artificielle résonna de derrière les rochers. Le Docteur resta complètement immobile, faisant signe à Kirk de rester baissé.


- « Exterminez le Docteur ! »
- « Non. Je voudrais le questionner d’abord. »


Il y en a au moins deux, pensa Kirk. Probablement plus encore. Il y avait un ton absolument vicieux dans ces voix. Le Docteur fit le tour du rocher. Pas le temps pour élaborer un plan ou des signes. Le Docteur attendait-il de lui qu’il le suive et vienne à la rescousse ou qu’il s’enfuie ?


- « Baissez cette chose », dit la voix métallique et un bref flash lumineux jaillit entre les rochers.
- « Ce n’est qu’un jouet », dit le Docteur plaintivement.
- « Vous viendrez avec nous. Vous garderez vos mains en vue. Maintenant. »
- « Eh bien, c’est pas la peine de pousser. »


Kirk entendit des bruits alors que le groupe s’éloignait. Il jeta un œil très prudemment derrière le rocher. Il put voir le Docteur et quatre étranges créatures en forme de dômes métalliques d’environ 1m50 se déplacer le long du chemin. Il attendit qu’ils atteignent un virage et commença à les suivre.


En sortant de sa cachette, il vit une marque sur un des rochers et, en se penchant, il vit un yo-yo sur le sol. Il le ramassa. Juste un jouet d’enfant, mais le Docteur avait pris un risque en le laissant. Si le docteur avait fait ça, c’est qu’il y avait peut être une raison.


Il continua à pister le Docteur et ses ravisseurs. Une espèce de robot – mais avec une pensée libre, pensa-t-il. Sans doute un design éminemment pratique, pas du tout anthropomorphique. Leurs armes semblaient leur être intégrées, formant une des proéminences au centre du corps en forme de douille. L’autre proéminence était probablement une « main », bien qu’elle ne fasse penser à absolument rien d’humanoïde. Une troisième proéminence près du sommet pivotait, comme si la créature s’en servait comme d’un oeil. Il n’arrivait pas se rendre compte comment ils se déplaçaient. La base du corps était si proche du sol qu’on ne pouvait rien voir. Pas possible d’utiliser des roues sur ce terrain – peut-être un genre de suspension aérienne ? En tous cas ils étaient là, cette création était lumineuse et, avec cette attitude affichée, diabolique.





Partie 4
Citation:

Le groupe arriva dans une structure circulaire en pierres. On entendit un bruit court, une ouverture apparut et ils entrèrent. L'ouverture se ferma derrière eux. Une espèce de champ de force, pensa-t-il.

Il rampa prudemment jusqu'au mur. La structure était solide, mais elle faisait un peu moins de trois mètres de hauteur. « Quand on veut, on peut », songea Kirk avant de se rendre compte que le brouillard pesait à nouveau sur son esprit. « Non », pensa-t-il, « pas maintenant », et il le repoussa. Ces Daleks n’avaient pas de pieds, de jambes ou de vrais bras, donc ils ne seraient peut être pas préparés à une attaque venant du haut du mur. Il trouva des prises dans le rocher rugueux et grimpa au sommet du mur. Il réalisa qu'il avait gardé le yo-yo dans sa bouche. « Comme une arme »,pensa-t-il. Ca pourrait en devenir une ?

Se mettant à plat ventre au sommet du mur, il regarda en bas. Le Docteur se tenait au milieu de la construction. Une lumière étrange l'entourait.

- « Pourquoi êtes-vous ici ? », demanda un des Daleks, et la lumière changea de couleur. Le Docteur ne répondit pas et la lumière scintilla encore. Elle sembla se resserrer sur lui. « Un autre champ de force », pensa Kirk.
- « Je regardais juste les environs. Et vous, que faites-vous ici ? »

Le Docteur leva la tête et sourit au Dalek le plus proche.

Au moins il était conscient, et s'il était conscient, et qu’on pouvait briser le champ de force… Kirk rampa lentement le long du mur tout en cherchant une espèce de panneau de commande dans la structure.

- « Je ne vous crois pas. Vous direz la vérité. »
- « Exterminer ! »
- « Non. Il peut avoir des informations importantes. »

La lumière changea à nouveau de couleur et Kirk entendit le Docteur haleter. S'il n'agissait pas rapidement, le Docteur ne serait plus capable de fuir.

Kirk repéra ce qu'avait l'air d'un panneau de commande – des interrupteurs, des boutons, et des lumières qui clignotaient. Il rampa pour être directement au-dessus. Maintenant – y a plus qu’à sauter. Il lança un regard vers le Docteur qui lui fit signe d’arrêter.

- « Vous aimez toujours le bleu ? », demanda le Docteur au Dalek qui le questionnait.
- « Ce n'est pas une réponse. » La lumière changea à nouveau.

Le bleu ? Il y avait un panneau qui luisait de cette couleur. Kirk regarda le Docteur et réalisa qu'il tenait toujours le yo-yo dans la main. Il le soupesa. Lourd - peut-être pas un yo-yo ordinaire,finalement. Et sur une ficelle. Kirk sourit intérieurement. Il y a de la méthode dans la folie du Docteur. Il accrocha un bout de la ficelle à son doigt et envoya le poids en bas vers le panneau. Raté. Il le remonta et essaya encore.

- « Vous nous direz ce que nous souhaitons savoir. »
- « Ca va être difficile, sans pouvoir respirer ! »

Kirk sentit le poids rebondir lorsque le yo-yo frappa le panneau et le brisa. Toute l’électricité du complexe se coupa et Kirk vit le Docteur sprinter vers la sortie. Il glissa le long du mur et le Docteurle rejoignit. Il l’attira derrière un rocher.

- « Restez ici. Ils vont s’attendre à ce qu’on fuit. »

Ils restèrent cachés jusqu'au crépuscule, en silence. Le Docteur bougea et Kirk le suivit dans les montagnes. Une petite caverne sembla être une étape acceptable et le Docteur invita Kirk à le suivre à l'intérieur. Kirk s’effondra sur un côté et regarda le Docteur qui s’était penché contre l'autre mur.

- « Docteur », dit Kirk, « vous ne connaissez pas une seule personne de sympa ? »

Le Docteur se tourna vers Kirk.

- « Où avez-vous appris à faire du cheval comme ça en un jour ? »

Kirk le regarda, subitement perdu. « Oh non », pensa-t-il, « il a encore dévié ». Les yeux bleus qui plongeaient dans les siens étaient tout à fait sérieux.

- « Je pense que El Donna m’a fait quelque chose avant de partir. »
- « Psychiquement ? »
- « Je crois bien. Je me sens mieux et j'ai effectivement su contrôler le cheval. Je n’ai pas d’autre explication pour tout ça. »
- « Ce dernier point a probablement épargné votre vie. Et maintenant… »

Kirk attendit patiemment. Le Docteur semblait être dans un autre monde, mais maintenant il avait compris que c’était (l’accepter comme) la façon dont son esprit travaillait. Ils étaient seuls dans une étendue sauvage sans armes ou de moyens de communication, poursuivis par des Daleks. N'importe quelle idée du Docteur pourrait aider.

- « Avez-vous des capacités psychiques ? », demanda-t-il soudainement.
- « Non. Les tests reviennent toujours négatifs. »
- « Les tests ne donnent pas toujours la bonne réponse. »
- « Que pensez-vous faire ? »
- « Il y a une possibilité. »

Le Docteur s’arrêta et regarda ses mains. Kirk aperçut qu'une des deux avait été brûlée par l'arme du Dalek.

- « S'il y a n'importe quelle possibilité, je veux bien essayer. Que voulez-vous que je fasse ? »

Le Docteur l’étudia soigneusement et dit :

- « El Donna est le médium le plus puissant de cette planète. Vous avez récemment été en contact télépathique avec elle. Pour avoir fait ce qu'elle a fait, elle a dû se sentir attirée par vous. »

Il s’arrêta. Kirk attendit que le Docteur reprenne, en vain. Il dit alors :

- « Le problème, c’est que je ne suis pas télépathe, donc je ne peux pas la contacter. »
- « Vous n'êtes pas télépathe. »
- « Vous ne pouvez pas la contacter, vous? »
- « Je n'ai pas eu le contact nécessaire avec elle pour établir un lien. Ce que je connais d'elle… je ne la connais pas. »

Le Docteur semblait scruter le côté du rocher.

- « Docteur, si vous me dites ce qu’il faut que je fasse, je le ferai. »

Le Docteur regarda Kirk et sourit.

- « Ce que je veux que vous fassiez, c’est essayer d'atteindre El Donna psychiquement. Je m’immiscerai dans votre esprit, j’activerai votre signal – je l'augmenterai, puis parlez avec elle, mentalement. »
- « Vous voulez que je sois le lien entre vous deux ? »
- « Un signal ET un lien. Ce ne sera pas facile. »

Kirk regarda le Docteur attentivement. Il était toujours sérieux.

- « D’accord, essayons. Que dois-je faire ? »
- « Imaginez-la dans votre esprit. Aussi clairement et précisément que vous pouvez. Quand l'image sera nette, prononcez son nom. »


alors qu'est-ce que vous en pensez?


Grand merci à Fannette pour avoir tout relu et corrigé!
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Dernière édition par Swissgirl le Sam 9 Avr 2011 - 12:04; édité 30 fois
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MessagePosté le: Jeu 18 Fév 2010 - 19:21    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 19 Fév 2010 - 13:34    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

Youppiiii!!!!!! La suite la suite la suite!! Qu'est-il arrivé au doc? Quel doc est-ce?( 5? 10?)
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MessagePosté le: Dim 21 Fév 2010 - 17:36    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

Chapitre 2 en ligne!


et c'est le doc 4 si jamais...
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MessagePosté le: Jeu 25 Fév 2010 - 16:52    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

Chapitre 3 posté!
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MessagePosté le: Jeu 25 Fév 2010 - 17:32    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

Je sais pas trop quoi dire à part :
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MessagePosté le: Lun 1 Mar 2010 - 09:02    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

C'est excellent ! Continue à nous les poster parce que j'adore Smile
Merci de les traduire pour nous faire partager ça ^^ J'aime beaucoup les deux univers et le mélange est très réussi.

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MessagePosté le: Dim 7 Mar 2010 - 19:13    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

Chapitre 4 en ligne!!!


j'espère que ça vous plaise!
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MessagePosté le: Mar 9 Mar 2010 - 19:43    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

On a pas idée de se faire opéréer du cerveau en restant conscient!!!!
Et en plus il veut retourner bosser après... Quel fou ce doc!!
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MessagePosté le: Mar 16 Mar 2010 - 19:17    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

chapitre 5!!!
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MessagePosté le: Ven 19 Mar 2010 - 15:42    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

chapitre 6 posté et fin de la première partie!!!
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MessagePosté le: Sam 27 Mar 2010 - 09:56    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

Chapitre 7 en ligne!
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MessagePosté le: Mar 6 Avr 2010 - 09:53    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

Chapitre 8!

j'espère que ça vous plait!

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MessagePosté le: Sam 17 Avr 2010 - 09:34    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

Chapitre 9 posté!
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MessagePosté le: Lun 19 Avr 2010 - 18:18    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

Chapitre 10 prêt à être lu!
bon lecture !
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MessagePosté le: Mar 20 Avr 2010 - 18:10    Sujet du message: The Doctor and the Enterprise [PARTIE 4; ch. 20] Répondre en citant

SSSSSSSSSSSSUuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuppppppppppppppeeeeeeeeeeeerrrrrrrrrrrr

La suite suitesuite....
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