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Soif de conquête (chap 11)
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athenalix18
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Féminin Scorpion (23oct-21nov)

MessagePosté le: Mar 2 Mar 2010 - 20:01    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

Spoilers : après la saison 2.

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter. Merci à Russel T Davies et à la BBC de les avoir créés.

Résumé : l'équipe réduite se retrouve confronté a des enlèvements précis et massifs de weevils.
Merci a Tessa pour les corrections.

L’alarme n’avait pas cessé de sonner de toute la semaine, des weevils la plupart du temps, mais chaque fois que l’équipe, maintenant réduite, se rendait sur place pour les attraper, les créatures avaient déjà disparu, et elle n’arrivait pas à trouver comment.
-Mais enfin c’est impossible! S’écria Jack en entrant dans le hub après une énième chasse aux weevils infructueuse, ils ne peuvent pas tous se volatiliser comme ça!
Surpris par les éclats de voix, leur gardien préhistorique protesta, mais Jack l’ignora, continuant à se plaindre.
-Je commence à en avoir marre de courir après des…. Je ne sais même plus après quoi on court! Ça fait combien de temps qu’on n’a pas aperçu un weevil de près? Je veux dire, on a beau les voir sur les vidéos de surveillance, on n’en a pas approché un seul depuis des semaines. Rha! Ça m’énerve!
Gwen et Ianto ne disaient rien, conscients que leur chef avait besoin d’exprimer sa frustration. Ianto gagna la salle de repos pour préparer un café pour tout le monde pendant que Gwen s’installait devant un ordinateur pour visionner les vidéos de surveillance de la ville. Elle avait beau le faire à chaque retour de mission, elle n’avait toujours pas découvert comment les weevils pouvaient disparaitre.
-Tiens ! Ton café, dit Ianto en posant la tasse à côté d’elle, je vais essayer de le calmer un peu, ajouta-t- il en regardant vers le bureau dans lequel s’était enfermé Jack.
-Merci, répondit-elle, je regarde les vidéos, au cas où et je file. Bon courage !
Elle rit en le voyant pousser un long soupir et grimacer.
-Ne t’en fais pas, il n’est pas violent, dit Ianto en reprenant son visage impassible habituel, jamais avec moi en tout cas.
-C’est ça! Se moqua Gwen, je te parie que demain tu vas te lever couvert de bleus!
Le Gallois resta un moment silencieux, comme perdu dans ses pensées, puis il se mit à sourire.
-Pari tenu! Si je gagne, c’est toi qui fais mon boulot toute la semaine.
-D’accord. Si c’est moi qui gagne, tu ne t’approches pas de Jack de la semaine!
-Parfait, par contre, tu ne feras pas le café, tu vas me massacrer ma machine!
-Tu sembles bien sûr de toi.
Ianto lui fit un clin d’œil avant de partir porter le café à son chef.
-Tu vas avoir beaucoup de travail cette semaine, lança-t- il à Gwen par-dessus son épaule.
Il referma la porte derrière lui.
Jack était assis derrière son bureau, le regard perdu dans le vague. Il ne s’était pas aperçu de la présence de Ianto. Ce dernier posa la tasse sur le bureau suffisamment fort pour que le bruit sorte son chef de sa torpeur.
-Où étais-tu encore parti, Jack?
Le capitaine leva sur son amant un regard las avant de s’emparer de la tasse fumante et de boire la boisson revigorante. Ianto vint se placer derrière Jack et commença à lui masser les épaules, espérant le détendre un peu.
-Allez, qu’est-ce qui te tracasse? Insista le jeune Gallois.
-Tu veux toujours avoir le dernier mot, toi, n’est-ce pas ?
Jack se retourna pour faire face à son compagnon, qui s’agenouilla pour se mettre à la même hauteur que lui. Jack l’embrassa, puis le repoussant doucement, il soupira.
-C’est cette histoire avec les weevils, avoua-t-il enfin, je…. Je ne comprends pas comment à chaque fois, ils disparaissent avant notre arrivée, ni pourquoi on n’a plus aucune trace d’eux ensuite. C’est complètement dingue, cette histoire!
Ianto sourit, quand Jack avait une idée dans la tête, rien ne pouvait l’en détourner. Au moins, comme c’était parti, il avait toutes les chances de gagner son pari.
-Tu sais, peut-être qu’ils ont trouvé un moyen de se cacher.
Le capitaine leva la tête.
-Tu es en train de parler de weevils, Ianto! Comme s’ils étaient capables de se cacher. Jamais un de ces aliens ne m’a échappé, et ce n’est certainement pas aujourd’hui que ça va commencer.
-En fait, dit Ianto timidement, ça fait deux semaines que ça a commencé.
Il obtint l’effet voulu, un léger sourire barrait le visage de son capitaine.
Le Gallois l’embrassa, doucement d’abord, puis de plus en plus passionnément à mesure que Jack répondait à ses caresses. Ils se levaient pour descendre dans la chambre lorsque la voix de Gwen retentit.
-Les gars, vous devriez venir voir ça!
A regret, ils se séparèrent.
-Elle va me le payer, jura Ianto, elle va avoir tellement de boulot que Rhys sera obligé de venir l’aider pour qu’elle puisse rentrer chez elle le soir!
Jack l’interrogea du regard, mais le jeune homme se contenta de sourire.
Gwen leva les yeux de son écran lorsque les deux hommes arrivèrent derrière lui.
-Qu’est-ce qu’il y a, Gwen? Demanda Jack sans cacher son mécontentement d’avoir été dérangé.
-Les vidéos de surveillance. Je crois que je viens de trouver pourquoi on ne retrouve pas les weevils, dit- elle, excitée par sa trouvaille.
-Et… ? s’impatienta Jack.
-Je pense qu’ils sont enlevés, regardez.
Elle lança la vidéo.
Trois weevils longeaient la rue en reniflant les poubelles sur leur passage, ils allaient sortir du champ de vision de la caméra lorsque l’avant d’un véhicule apparut. Quatre silhouettes cagoulées prirent à revers les créatures et les assommèrent à l’aide d’un pistolet paralysant. Ils les chargèrent à l’arrière du véhicule qui disparut.
Le silence s’installa dans le hub.
-Mais M***e ! s’exclama Jack en faisant sursauter tout le monde. C’est quoi, ce B**l ? Gwen, on n’a pas d’images plus précises de cette voiture?
-Désolé, Jack, j’ai regardé partout, c’est comme si les ravisseurs savaient où se trouvent toutes les caméras de la ville.
-On a la plaque? Le modèle de la voiture? Quelque chose pour nous dire qui sont ces types?
-Non, on n’a strictement rien, soupira la jeune femme, tout ce que cette vidéo nous apprend, c’est pourquoi on ne retrouve jamais les weevils…
-Je peux déjà vous dire que ce n’est pas une voiture, intervint Ianto, c’est un pick up, un Hummer pour être précis.
Surpris, ses deux collègues le regardèrent.
-Quoi? C’est sa ligne qui me fait dire ça, j’avais envisagé d’en prendre un avant le SUV, mais ils étaient trop…larges à mon gout : difficile de circuler partout, et les pièces sont trop difficiles à trouver.
-Tu en es sûr?
-Certain. Mais on n’est pas plus avancé, y en a pas mal dans le pays.
-Gwen ! Lance quand même une recherche, on ne sait jamais. Et après, rentre te coucher, on va avoir du travail demain, ordonna Jack.
Elle s’exécuta, puis se leva.
-Bonne soirée à tous les deux, dit- elle avant de partir. Oh ! Et Ianto, n’oublie pas! Ajouta-t-elle en franchissant le seuil, si tu perds…
Elle disparut avant qu’aucun des deux hommes ne puisse dire quoi que ce soit.
Jack soupira.
-Tu vas m’expliquer?
Ianto lui lança un regard coquin.
-Disons que tu as intérêt à être très doux ce soir, sinon, je ne pourrais pas t’approcher pendant une semaine.
-Mais j’ai toujours été très doux, protesta le capitaine.
-Bien sûr… sauf que si Gwen trouve le moindre bleu demain, c’est fini.
-Et bien je n’ai plus qu’à être très gentil, conclut Jack en le couvant du regard.
Sans un mot, il enlaça son amant et l’embrassa doucement.
Cette nuit-là, Ianto découvrit un Jack très doux, totalement différent de ce dont il avait l’habitude, ce qui ne lui déplut pas. C’est parfaitement comblés que les deux hommes s’endormirent, dans les bras l’un de l’autre.



Le lendemain, lorsque Gwen arriva, Ianto était déjà en train de préparer des cafés pour tout le monde et Jack regardait les résultats de la recherche lancée la veille par la jeune femme. Ianto afficha un grand sourire en tendant sa tasse à Gwen, qui se mit à jurer.
-Je te l’avais dit! Il n’est jamais violent.
Gwen se retourna vers le capitaine qui essayait à grande peine de ne pas éclater de rire.
-Tu lui as dit! Ronchonna-t-elle en regardant à nouveau le Gallois. Ça compte pas.
-Si! Tu ne m’as jamais interdit de lui en parler, et il est aussi concerné que moi. Allez! Y a les pensionnaires à nourrir…. Et n’oublie pas le chocolat!
Cette fois, Jack ne put s’en empêcher, il explosa littéralement de rire, bientôt rejoint par Ianto.
-Bon! Dit Gwen en souriant à son tour, quand vous aurez fini de vous moquer de moi, vous pourrez peut-être commencer à enquêter sur ces enlèvements de weevils.
Jack se calma immédiatement.
-Occupe-toi des pensionnaires, nous, on s’occupe de ça.
La jeune femme disparut en marmonnant entre ses dents.
-La recherche sur les Hummer, ça a donné quelque chose? Demanda Ianto.
-Je ne sais pas trop, il y a plus de deux cents propriétaires de cette marque sur le pays, et près d’une cinquantaine sur Cardiff et dans les environs. Non, soupira Jack, je ne sais pas si ça vaut le coup de regarder de ce coté-là.
L’alarme s’enclencha.
Ianto se précipita sur un ordinateur.
-Weevils! A Splott.
-Ok, prépare-toi, on y va. Gwen, ajouta-t- il en branchant son oreillette, remonte tout de suite.
Quelques secondes plus tard, Gwen arrivait en courant.
-Que se passe-t-il, Jack?
-Weevils ! Ianto et moi, on se rend sur place, tu restes ici, et tu ne les quittes pas des yeux.
-Mais je… commença-t- elle.
-Pas le temps ! Coupa Jack. On y va.
Ils se précipitèrent au garage et montèrent dans le SUV. Tout en démarrant, Jack vérifia que les weevils n’avaient pas à nouveau déjà disparu.
-Gwen, ils n’ont pas bougé?
-Pas encore, ils ne font que se ``balader``. Faites vite avant qu’ils ne disparaissent ou ne s’attaquent à quelqu’un.
-On fait ce qu’on peut. C’est dingue, y a toujours un monde fou sur les routes quand on est pressé, ajouta-t- il à l’attention de Ianto.
-Ouais ! Fais donc attention ! Cria ce dernier alors que le capitaine faisait un écart pour éviter un cycliste.
Ils n’étaient plus qu’à quelques minutes de leur but quand Gwen les recontacta.
-Jack, le pick up vient de refaire son apparition, ils viennent d’embarquer les weevils.
-Suis -les! Ordonna le capitaine en accélérant.
-Impossible! Ils arrivent à éviter toutes les caméras, je ne sais même pas quelle direction ils ont pris. Je suis désolée.
-C’est rien. On va quand même sur place, peut-être qu’on pourra y trouver quelque chose.
Dans la rue en question, Jack et Ianto cherchèrent un indice qui pourrait leur permettre de suivre les ravisseurs, mais il n’y avait rien.
-Même pas une trace de pneu, grommela le Gallois…. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc?
-Oui, c’est exactement ce que je me disais. Même un fantôme est plus facile à pister. Allez ! On rentre, cela ne sert à rien de rester là.
Il avait déjà la main sur la poignée du SUV lorsqu’un bruit se fit entendre dans une rue adjacente. Sortant son arme, Jack suivi de Ianto, en prit la direction.
-Gwen, je veux savoir ce qu’il y a dans la rue à côté, ordonna Jack, par le biais de l’oreillette.
-Un instant.
Les deux hommes pouvaient entendre les touches qui s’enfonçaient à mesure qu’elle tapait. Ils s’avancèrent jusqu’à une bouche d’égout ouverte. Jack se plaça au dessus et à l’aide d’une lampe de poche scruta les profondeurs. Rien.
-Il est sorti par là. Constata Jack. Il se plaça dos à dos avec son compagnon, et tournant sur eux-mêmes, ils scrutèrent les alentours.
-Jack ! Il n’y a rien, murmura Ianto, tu es sûr qu’il n’est pas là dedans?
-Certain. Reste sur tes…
-JACK A TA GAUCHE! Hurla Gwen dans l’oreillette.
Du coin de l’œil, le capitaine aperçut un mouvement. Réagissant au danger, il se retourna, faisant tomber Ianto au passage juste au moment où un weevil se jetait sur lui. La créature visa la gorge du capitaine, enfonçant ses dents dans la chair offerte. D’un geste désespéré, Jack essaya d’attraper son arme tombée un peu plus loin. Mais elle était hors de portée. Il commençait à perdre connaissance lorsqu’il entendit deux coups de feu. Immédiatement, le poids qui le plaquait au sol disparut et il sentit qu’on le soulevait par les épaules.
-Tu ne peux pas t’en empêcher, hein? Murmura une voix à son oreille.
Le capitaine esquissa un faible sourire.
-Mieux vaut que ce soit moi. A tout de suite. Dit-il avant que les ténèbres ne s’emparent de lui.
Il sursauta lorsque ses poumons se remirent à fonctionner, et aspira l’air à grande goulées. Il regarda autour de lui. Il était toujours dans la ruelle, la tête sur les genoux de Ianto. Il lui serra la main avec reconnaissance avant de se lever. Ayant repéré le cadavre du weevil, il se baissa pour le soulever, dans le but de le mettre dans le SUV, mais il ne réussit qu’à chanceler et manqua de tomber.
-Laisse ! Je m’en occupe, dit Ianto en se précipitant à ses côtés. Monte dans la voiture. Et c’est moi qui conduis, ajout-t-il en voyant le capitaine ouvrir la porte côté conducteur.
Jack grommela mais s’exécuta. Ils mirent un peu plus de temps pour rentrer à la base, ce qui permit à Jack de se remettre.
Dans la base, Gwen avait fini le travail de Ianto et continuait à visionner les vidéos, mais sans vraiment y croire.
Ianto descendit le cadavre à la morgue, non sans avoir auparavant ordonné à Jack d’aller prendre une douche et de se changer.

-Je préfère t’attendre, avait protesté ce dernier.
Mais Ianto avait refusé.
-Il faut qu’on sache ce qui se passe avec les weevils, je n’aime pas ça.
Le trio se retrouva dans la salle de réunion moins d’une demi-heure plus tard.
-Bon. La seule chose qu’on a, commença Jack, c’est qu’une bande enlève des weevils sous notre nez, à l’aide d’un Hummer, si ce que tu dis est juste, ajouta-t- il en regardant Ianto, mais on ne sait pas où ils vont, ni ce qu’ils en font, ni même comment ils font pour les trouver avant nous et combien ils en ont déjà.
-Pour ça je peux t’aider, coupa Ianto, j’ai visionné à nouveau les bandes des deux dernières semaines, et j’ai calculé combien de weevils étaient apparus à chaque fois. Jack, ça fait quarante neuf.
Le capitaine gronda.
-Une idée de la direction prise par la voiture ?
. Aucune !
-De ce qu’ils en font?
-Non plus. Jack, traite-moi de parano, mais ça me fait penser à cette affaire avec Mark Lynch, lança Gwen.
-Ianto, pas de blessures étranges, pas de meurtres non élucidés ressemblant à une attaque de weevils?
Le Gallois hocha négativement la tête.
-Au risque de passer pour un parano à mon tour, dit-il, je pense que je sais comment ils trouvent les weevils.
-Hein?
-Je crois qu’ils ont piraté nos ordinateurs.
-C’est impossible, protesta immédiatement Jack.
-Si, depuis que… il hésita à prononcer le nom de son amie, depuis que Tosh est morte, on n’a pas changé les codes ni rien. Pour quelqu’un qui s’y connait, nous pirater doit être un jeu d’enfant.
- Et on fait comment? Demanda Gwen.
Le silence s’installa dans la pièce.
-Et si… commença Ianto, si on leur tendait un piège?
-Comment ? Ils sont toujours sur place avant nous, fit remarquer Gwen.
-On n’a qu’à falsifier les données de nos ordis et faire croire à une activation de la faille, dans un endroit que nous aurons choisi, et où nous serons planqués.
-Et s’ils ont piraté les caméras? Ils sauront qu’il n’y a pas d’alien.
-Je n’y avais pas pensé. Jack, tu crois qu’on pourrait relâcher un de ceux qu’on a ici? Avec un émetteur bien sûr.
-Je ne sais pas si c’est une bonne idée, mais on n’a pas vraiment le choix.
Il se leva.
-Ianto, trouve-nous un endroit où on pourra organiser tout ça sans danger pour la population. Gwen bidouille les ordis, je m’occupe du weevil.
Ils se séparèrent pour se mettre au travail. Gwen s’installa devant un écran et commença à pianoter sur le clavier.
-Il va falloir que tu me donnes les coordonnées, Ianto. Sans ça, je ne peux rien faire.
-Une minute Gwen, je cherche. Jack! Ce serait plus efficace d’implanter une puce directement dans la peau des weevils, la dernière fois, ils l’avaient trouvée sur leurs vêtements.
-Je vais voir ça.
Ils s’affairèrent encore un moment.
-Gwen! S’exclama Ianto, ici ça devrait aller.
Il avait choisi une ancienne usine à l’entrée de la ville, pas loin d’une bouche d’égout, histoire de pouvoir expliquer la présence des weevils.
Jack remonta.
-C’est bon ! j’ai implanté une puce à deux weevils. Ils sont prêts. Où en êtes-vous?
-Ianto a trouvé un lieu, je n’ai plus qu’à entrer tout ça et simuler une ouverture de la faille.
-Ne le fais pas ce soir, Gwen, dit Ianto, on n’est pas prêt, et il nous faudra être sur place quand ça se déclenchera. Je pense aussi qu’il faudra y être vraiment en avance, histoire qu’ils ne se doutent de rien s’ils ont accès aux vidéos.
-Je suis d’accord, approuva Jack, si tout est décidé. On examine ce que l’on a sur les propriétaires de pick up, Gwen, je pense que tu devrais demander un coup de main à Andy, savoir si l’un des proprios n’aurait pas un casier. Ça pourrait nous avancer.
-Bien ! Je crois que je vais commander des pizzas, conclut Ianto.
Il était près de dix huit heures.
A vingt deux heures, ils n’avaient toujours rien.
-Je suis désolée, Jack, dit Gwen après quatre heures de recherches infructueuses, ça ne nous apprendra rien de plus.
Ses yeux ne cessaient de se fermer, et les mots dansaient quand elle les regardait. Ianto subissait le même sort, et même les cafés qu’il avait préparés n’avaient plus d’effets.
-Oui, tu as raison. Rentre. Sois ici demain à 9 heures pour lancer le piège. Ianto et moi serons déjà sur place.
-Quoi? Et je vous rejoins comment? Protesta-t- elle.
-Tu restes à la base, il faudra quelqu’un pour suivre les mouchards et nous guider. Ianto et moi serons déjà ensemble, on pourra partir en avance. Et puis Ianto connait déjà l’usine.
Gwen se rangea de mauvaise grâce aux arguments de son chef.
-Bon, bien je vous laisse. A demain.
Sitôt qu’elle eut disparu, Jack se tourna vers Ianto, un sourire carnassier sur les lèvres.
Ianto recula sous l’effet de la surprise.
-S’il te plait Jack, pas ce soir, je suis crevé, et il faut que je sois en forme demain.
Face au visage suppliant et fatigué de son amant, Jack renonça à ses projets. Prenant Ianto par la main, il l’accompagna jusque dans sa chambre, le dévêtit et se déshabilla à son tour. Puis ils se couchèrent, l’un contre l’autre, profitant simplement d’être ensemble.

Le lendemain matin, c’est le bruit de Jack pestant contre la machine à café qui réveilla Ianto. Ouvrant difficilement les yeux, il chercha le réveil des yeux. 6h30. En grommelant il se leva, gardant le drap serré autour de sa taille, et rejoignit Jack qui s’acharnait sur la machine récalcitrante.
-Tu sais bien qu’elle n’obéit qu’à moi, souffla le Gallois à l’oreille de son chef, le faisant sursauter.
Le capitaine se retourna pour l’attraper par la taille, avant de l’embrasser.
-Désolé, je ne voulais pas te réveiller tout de suite…
-Mais tu voulais ton premier café, continua Ianto. Allez, pousse-toi et laisse faire les pros.
Faisant en sorte que le drap ne tombe pas, le gallois s’activa à la préparation de la boisson sacrée, sous le regard impatient de Jack. Sitôt le précieux nectar dans la tasse, Ianto le donna à son compagnon.
-Profites-en, dit- il, je vais prendre une douche.
-Attends! S’exclama Jack en lui attrapant le poignet, tu ne veux pas que je vienne avec toi?
Son regard à lui seul montrait ce qu’il désirait, mais Ianto savait que s’il le laissait faire, lui-même serait épuisé et incapable de tenir éveillé alors qu’une mission importante les attendait.
-Je t’interdis d’approcher la salle de bains tant que je n’en serai pas sorti!
-Ah oui? Et qu’est-ce qui va m’en empêcher? Demanda Jack blagueur.
-Si tu t’approches Jack, ce sera la dernière fois pendant au moins un mois. Me suis-je bien fait comprendre?
Il fusillait son amant du regard. Surpris, et vraiment inquiet de voir Ianto mettre sa menace à exécution, Jack le laissa partir. Frustré, il avala le café, qu’il trouva moins bon sans Ianto pour l’accompagner.
Une demi heure plus tard, Ianto sortait de la salle de bains, les cheveux encore humides, vêtu d’un jean délavé et d’un léger pull bordeaux qui le mettait parfaitement en valeur. Le cœur de Jack manqua quelques battements lorsqu’il aperçut son amant.
-Dis-moi, Ianto, tu pars en mission ou tu veux faire tomber les cœurs? Demanda le capitaine lorsqu’il eut retrouvé sa voix.
-Quoi? C’est plus pratique que le costume, et j’en ai marre d’en racheter à chaque fois que je reviens d’expédition. Allez Jack, va t’habiller, faut qu’on y aille.
-Bon ! Ça va, mais jure-moi que tu me laisseras t’enlever ce pull.
Ianto leva les yeux au ciel en poussant son compagnon vers la salle de bains.
-Je te prépare un autre café, et dès que tu es prêt, on va pouvoir partir.
Après avoir déposé la tasse fumante sur la table, Ianto descendit chercher les deux weevils et les fit monter à l’arrière du SUV, puis il alla prendre les armes qu’il estimait nécessaires, Jack avait toujours son pistolet, Ianto glissa un Glock dans sa ceinture avant de s’emparer de deux pistolets paralysants. Il regardait encore une fois les plans de l’usine quand Jack réapparut enfin. Ianto lui tendit un des pistolets paralysants.
-Bon, maintenant que Monsieur est prêt, on va pouvoir se mettre en route. Et c’est moi qui conduis, ajouta Ianto en partant en courant. Il démarrait le SUV quand Jack arriva.
-Tu as triché, protesta Jack, tu avais les clefs.
-Mauvais joueur!
Le SUV traversa la ville qui commençait seulement à se réveiller.
-Pourquoi les weevils sont-ils aussi calmes? Demanda le capitaine au bout d’un moment.
-Je leur ai administré un léger sédatif, expliqua Ianto. Quand on va arriver à l’usine, on va les laisser pas loin de la bouche d’égout, et semer des appâts jusqu’à l’usine, comme ça eux mêmes serviront d’appâts à nos ravisseurs. Les weevils devraient se réveiller quelques secondes avant que Gwen ne déclenche l’alarme, le temps qu’ils reprennent leurs esprits, ce sera comme s’ils émergeaient des égouts.
-Tu es… machiavélique, Ianto, fit Jack, impressionné.
-On est arrivé, aide-moi à les sortir de là et à éparpiller les appâts.
Mettre le piège en place leur prit une demi-heure. Cela fait, Ianto dissimula le SUV de façon à ce que personne ne le voit, mais qu’il soit prêt en cas d’urgence. Puis ils s’assurèrent que l’usine n’avait aucune autre issue en dehors de la principale et s’installèrent en attendant l’heure prévue.
A 9h précises, la voix de Gwen résonnait dans leurs oreillettes.
-Jack, tout est en place, je lance l’opération quand tu veux.
D’un geste, le capitaine demanda à Ianto de regarder où en étaient les weevils.
-Ils se réveillent. Elle peut y aller.
-Gwen? Vas-y!
Ils entendirent le hurlement de l’alarme dans leurs oreillettes.
-Jack, je viens de penser à quelque chose, s’ils ont accès aux caméras, ils peuvent nous voir sortir.
Jack pâlit.
-Gwen, tu charges les données sur un GPS, et tu sors de la base avec le 4X4 de Ianto. Tout de suite!
Ils l’entendirent s’activer, puis leur parvint le bruit caractéristique d’un moteur qui démarre.
-C’est bon, je fais quoi maintenant? Demanda la jeune femme.
-Tu viens par ici. Mais garde un œil sur le tracé des puces.
-Jack! S’exclama Ianto. Les weevils.
Le capitaine se retourna à temps pour voir les deux créatures pénétrer dans le bâtiment désaffecté.
-OK, murmura-t-il à son équipier, va te placer de l’autre coté de l’entrée, et surtout reste invisible.
Heureusement pour les deux hommes, les weevils étaient trop occupés par la nourriture éparpillée ça et là pour faire attention à leur présence.
-Jack, dit Gwen dans l’oreillette, je serai là dans moins de cinq minutes.
Elle finissait sa phrase lorsqu’un pick up entra à son tour. Jack et Ianto se regardèrent.
Le capitaine fit signe d’attendre de voir combien les passagers étaient.
Trois silhouettes cagoulées sortirent du véhicule et se précipitèrent sur les weevils surpris. En quelques secondes, les deux créatures étaient enfermées à l’arrière du pick up. D’un geste, Jack indiqua à Ianto de se montrer, et tous deux se placèrent entre le véhicule et la sortie.
-Plus personne ne bouge! Cria-t- il en levant son arme. Le bâtiment est cerné et les sorties bloquées. Vous sortez tous du véhicule les mains en l’air.
Ianto ne put s’empêcher de sourire. Comme s’ils allaient se rendre sans faire d’histoire.
-D’habitude tu préfères tirer dans le tas, fit remarquer le Gallois.
-Sauf que là, je veux qu’ils s’en aillent, murmura Jack, à l’attention de son compagnon, ils ne doivent pas être seuls, et je veux savoir ce que deviennent les weevils.
Il avança d’un pas. Le pick up démarra fonçant droit sur les deux hommes. Jack eut à peine le temps de pousser Ianto sur le côté que le véhicule le percutait à pleine vitesse. Jack roula par-dessus le capot avant de s’écraser brutalement sur le béton. Il se releva péniblement alors que l’arrière du pick up disparaissait. Ianto vint l’aider.
-Je déteste quand tu fais ça, grommela le Gallois. Dépêche- toi.
A nouveau c’est lui qui prit le volant du SUV et ils tentèrent de suivre les ravisseurs.
-Gwen? Demanda Jack, dis-moi où sont les weevils.
-Je n’en sais rien, avoua la jeune femme, les traceurs se sont arrêtés il y a deux minutes.
Jack jura.
-C’est quand ils sont montés dans le pick up. Ianto, hurla-t- il en tendant la main. Ils sont devant! Et…
-Et m***e! s’exclama Ianto, y en a deux maintenant!
-Et ils ont la même plaque d’immatriculation, constata Jack.
Les deux véhicules se séparèrent.
-Je suis lequel? Demanda Ianto.
-Prends à droite. Il va vers les quais.
Ianto suivit le véhicule slalomant entre les voitures qui semblaient ne pas vouloir avancer. Malgré cela, le pick up prenait de l’avance et il finit par disparaitre au détour d’une rue.
Ianto se résolut à arrêter le SUV.
-Flûte! S’écria-t- il en frappant le volant du poing. C’est pas vrai ça.
Jack ne put s’empêcher de rire devant la colère de son compagnon.
-Arrêtes, ce n’est pas ta faute! Dit-il pour le calmer.
-Tu parles, qui a mis en place ce plan foireux?
-Il n’était pas si nul, la preuve, ils ont avec eux 2 weevils sur lequel on a placé une puce, dès que leurs brouilleurs cesseront de faire effet, nous saurons où ils sont.
Ianto soupira.
-Bon ! On rentre ! Gwen? Dit Jack par l’oreillette, on rentre au hub.

Plus tard au hub.

L’équipe était à nouveau rassemblée dans la salle de réunion. Jack tournait en rond alors que Gwen et Ianto gardaient les yeux fixés sur la table.
-Au moins, maintenant, on sait quel genre de voiture ils utilisent et pourquoi ils sont sur place avant nous, finit par dire Gwen. Jack, tu ne veux pas arrêter de faire ça? Je vais finir par vomir.
Après l’avoir fusillée du regard, il finit par s’assoir. Et commença à tapoter sur la table du bout des doigts. Gwen se prit la tête dans les mains dans un geste désespéré. Que Jack ne remarqua même pas.
-Bon, dit Ianto, il faut qu’on recherche quelqu’un qui a plusieurs Hummer. Peut-être que, là, on aura une piste valable.
-Je ne crois pas, intervint Gwen. Sur la liste, il n’y en a pas un seul qui en possède plus de deux. Ça ne donnera rien.
-S’ils étaient entrés illégalement dans le pays? Après tout, les plaques elles-mêmes étaient fausses, fit remarquer Jack.
-Possible, mais dans ce cas, on n’a aucune chance de trouver quelque chose, se désespéra Ianto. Résumons: on a une bande qui pirate nos systèmes, qui enlève les weevils, et on ne sait pas ce qu’ils en font. Je pense qu’il y a plus de deux voitures, qu’ils se placent à des points stratégiques de la ville et que c’est comme ça qu’ils peuvent arriver si vite sur les lieux. Je dirais… cinq voitures, six maximum, ils doivent quand même être discrets. Et je dirais qu’ils sont quatre par voiture. Le chauffeur et les trois qui sortent.
-Oui, dit Jack, ça se tient. Nous aurions donc une bande organisée, de vingt à vingt-cinq membres, ayant de très bonnes connaissances en informatique, connaissant l’existence de Torchwood, et surtout des aliens.
-Je dirai que ceux qui se promènent en ville ne sont pas les seuls, il y a forcément quelqu’un au dessus pour donner les ordres, et j’ose même ajouter que puisqu’ils capturent les weevils en grand nombre, sans les tuer, c’est qu’ils les gardent quelque part, donc il faut quelqu’un pour les surveiller, ce qui augmente encore le nombre de personnes. Je dirai une trentaine. En tout cas, pas plus de quarante, pour ne pas trop éveiller les soupçons.
Jack sourit à Ianto, qui ne put que sentir le feu lui monter aux joues.
-Excellente analyse. Dommage qu’elle ne nous permette pas de retrouver ce gang. Bon, je pense qu’on ne pourra rien faire de plus tant que les puces ne se réactiveront pas. Chacun reprend son travail habituel et on garde tous les yeux grands ouverts.
Ils se levèrent, Gwen s’apprêtait à sortir quand Ianto la rattrapa.
-Quoi encore?
Ianto souriait.
-Le pari. Tu n’as pas oublié?
-Oh ! S’il te plait, Ianto.
-Pas question! Tu n’aurais pas renoncé, toi.
Jack les regardait, conscient qu’il ne devait pas intervenir, même si ce n’était pas l’envie qui lui en manquait.
L’équipe retourna à ses occupations. La semaine passa, la faille resta plutôt calme, quelques artéfacts, un alien ressemblant à un poisson-chat sur pattes, et des weevils. Si l’équipe n’eût aucun problème pour récupérer les artéfacts et l’alien, ils n’arrivèrent jamais à temps pour les weevils. Jack commençait à désespérer de voir les puces se réactiver, quand à la fin de la semaine, Ianto l’appela.
Il était déjà tard, 22h15, Jack avait autorisé Gwen à rentrer et il lui avait donné son week-end, à condition qu’il n’y ait pas d’attaques majeures. Ianto finissait de ranger le hub tandis que Jack mettait à jour les dossiers importants.
-Jack! Les puces se sont activées! cria le Gallois.
Immédiatement, le capitaine se précipita aux côtés de son compagnon.
-Où ça?
-Pour l’instant, les weevils se déplacent, et très vite, si j’en crois ces données. Ils sont en train de traverser la Manche, et à cette vitesse, dans quelques minutes, ils seront en France. Ianto hésita. Je pense qu’ils sont en avion, ils vont trop vite pour que ce soit un ferry.
Jack soupira.
-Alors maintenant, ils exportent les weevils. Comme si on n’avait pas assez à faire sur Cardiff. Une idée de la destination?
-Non, on ne le saura que quand ils arrêteront de bouger.
-Enregistre le parcours, ça nous donnera peut-être un indice. Et viens te coucher, je n’en peux plus de ces dossiers et on ne peut rien faire au sujet des weevils pour l’instant.
-Oui chef!
Ianto mit en route l’enregistrement des données avant de rejoindre son capitaine dans la chambre. Le lendemain, comme à son habitude, Jack fut le premier debout. Ianto le trouva devant les ordinateurs à retracer le chemin emprunté par les weevils dans la nuit.
-Du nouveau ? demanda Ianto en embrassant Jack dans la nuque.
-Ils sont dans le sud de la France, ils n’ont pas bougé depuis quatre heures maintenant, dit Jack en se retournant, et je ne pense pas qu’ils bougeront.
Il saisit le Gallois par la taille pour l’attirer à lui, mais ce dernier résista.
-Ce n’est pas le moment, Jack, murmura-t-il à l’oreille de son compagnon, maintenant que nous savons où vont les weevils, nous pourrons peut-être savoir comment et par qui ils sont envoyés là bas.
Les sourcils de Jack se froncèrent, montrant à la fois son étonnement et sa frustration.
-Et comment comptes-tu faire, Einstein?
Ianto sourit, il adorait quand Jack n’avait plus le contrôle, quand il était perdu.
-Ils sont partis par avion, nous connaissons la destination, l’heure d’atterrissage, les différentes étapes qu’ils ont faites. Où as-tu dit qu’ils étaient?
-Je ne l’ai pas dit: la ville s’appelle Carcassonne, j’ai fait des recherches plus poussées, ils ne sont plus à l’aéroport, ils ont été transportés dans l’ancienne ville, plus précisément dans l’enceinte de la cité médiévale autour de laquelle est désormais bâtie la ville.
-Merci pour le cours d’histoire, dit Ianto.
Il s’assit à coté du capitaine et s’empara d’un clavier.
-Donne-moi l’heure à laquelle ils ont atterri.
Ianto rentra les données et resta silencieux quelques secondes.
-Nous n’avons qu’un avion en provenance de tout le Royaume Uni qui a atterri à cette heure.
-Et…? Interrogea Jack.
Le Gallois soupira, faisant mine d’être désespéré.
-Et si on compare la liste des propriétaires de Hummer avec celle de ceux qui ont envoyé un gros colis par cet avion, on aura peut-être quelque chose.
Jack plissa les yeux, comme s’il cherchait à comprendre quelque chose de trop difficile pour lui. Ianto lui envoya un coup de poing sur l’épaule.
-Avoue que c’est du bon travail.
-C’en est. Tu veux une récompense?
Le Gallois leva les yeux au ciel.
-J’y compte bien, dit il, mais pas maintenant, je saurai te le rappeler ce soir. J’appelle Gwen ou tu t’en charges?
-Je lui ai donné son week-end, dit Jack, on fait les recherches, et si elles donnent quelque chose, on la fait venir. Sinon, vaut mieux ne pas la déranger, elle nous le ferait payer très, très, très cher.
-Bon ! bien, je suppose que je n’ai plus qu’à aller faire du café. Tu n’as qu’à commencer à chercher.
Ils passèrent la journée à chercher un nom qui soit commun à la liste des propriétaires de véhicules et à celle des clients de la compagnie aérienne, mais les listes étaient longues, et la faille semblait ne pas vouloir les laisser en paix. Exaspéré, Ianto avait fini par appeler Gwen à l’aide en début d’après midi. La jeune femme n’était pas revenue de gaité de cœur mais avait amené du renfort. Rhys qui avait pris lui aussi son week end pour pouvoir passer du temps avec sa femme avait refusé de se séparer d’elle, aussi l’avait- il accompagnée au hub et il participait à la recherche. Ce fut d’ailleurs lui le premier à trouver un élément intéressant.
-J’ai ici un Monsieur Jasper MacBurn, il a acheté deux Hummer il y a un peu plus d’un an, et il est sur la liste des passagers de la compagnie, annonça Rhys, par contre je ne sais pas si vos weevils étaient avec lui.
Gwen le regardait avec fierté et Ianto était trop fatigué pour ressentir quoi que ce soit.
-C’est une piste à envisager, dit Jack, continue à éplucher les listes, Rhys. Gwen, tu me fais une recherche sur ce MacBurn, je veux savoir s’il a déjà fait ce genre de voyage. Ianto, tu viens avec moi on va lui rendre une petite visite.
Lentement le Gallois se leva sous le regard amusé de son chef. Il en avait assez de cette affaire, Jack le voyait bien, mais ils n’avaient pas le choix, il fallait retrouver les weevils avant qu’ils ne provoquent des catastrophes à travers le monde.
-Gwen, tu nous transmets tout ce que tu trouves au fur et à mesure, qu’on sache dans quoi on se lance.
-Il habite en dehors de Cardiff, répondit cette dernière, j’ai déjà envoyé l’adresse sur le GPS du SUV. Mais, Jack, si notre ami a pris l’avion, il ne sera pas chez lui.
Jack sourit en haussant les sourcils.
-Je le sais bien. Comme ça, il ne pourra rien nous cacher.
Les deux hommes partirent, Jack au volant et Ianto somnolant sur le siège passager. Le capitaine jetait de temps en temps un coup d’œil à son amant, mais ne disait mot, si bien qu’il régnait une certaine tension dans l’habitacle.
-Jack? Demanda Gwen par l’intermédiaire de l’oreillette, j’ai du neuf sur notre homme.
-Explique, ordonna le capitaine, heureux d’échapper au silence de son compagnon.
-Il dirige une boite de gardes du corps, il a plusieurs centres dans tout le pays, mais aussi à travers le monde, dit-elle, d’où je pense les différents voyages.
-Pas forcément, coupa Jack. Quelque chose sur les véhicules?
-En fait, il semble que sa société possède douze Hummer, mais sous différents noms, c’est pour ça que l’on n’a pas fait le lien tout de suite.
-Bon ! Continue à chercher s’il n’y a personne d’autre qui pourrait correspondre, on va faire un tour chez MacBurn et on revient.
Il ralentit et soupira en jetant un coup d’œil à Ianto.
-Bon, ça commence à bien faire, Ianto! S’écria-t- il soudain, faisant sursauter le jeune homme.
-Quoi? Qu’est-ce qui se passe?
Il paraissait vraiment surpris.
-Qu’est-ce que tu as? Interrogea Jack avec plus de douceur. Tu ne me dis plus rien depuis ce matin, et même là, tu restes indifférent, qu’est-ce que je t’ai fait?
Ianto l’observa. Sa passivité de la journée était due à une grande fatigue qu’il essayait de cacher, son capitaine n’étant en rien responsable. Avec douceur, il posa sa main sur celle de Jack. Ce dernier quitta la route des yeux pour se fixer dans ceux de son amant.
-Tu n’y es pour rien, Jack, dit Ianto, je suis juste fatigué aujourd’hui, et ça me met souvent dans des états pas possibles. Mais ne t’en fais pas, ça ira mieux quand j’aurai quelques heures de sommeil derri…. Jack ! Regarde la route! S’écria-t- il en donnant un brusque coup de volant.
Jack se reprit à temps pour éviter de rentrer dans un mur.
-Oups! Dit- il simplement.
-Quoi? Comment ça, oups?! S’énerva Ianto, tu as failli nous tuer, et moi je ne ressuscite pas, je te signale!
Jack ne put s’en empêcher, il éclata de rire.
-Et bien enfin! Dit- il une fois qu’il se fut calmé, je te retrouve tel que je t’aime. Tiens ! Nous voilà rendus.
Ils étaient devant d’immenses grilles en fer forgé. De part et d’autre de ces dernières, se dressait un mur, véritable rempart de briques et de végétation, aucune autre entrée n’était visible.
-Comment va-t-on entrer? Demanda Ianto.
Sans répondre, Jack sortit du SUV et s’avança vers les grilles. Ianto se résigna à le suivre.
-Et maintenant?
-Nous allons escalader.
-Et les caméras?
Le capitaine fronça les sourcils.
-Heureusement que je t’ai avec moi! J’allais les oublier! Gwen? Coupe les vidéos de surveillance et les alarmes chez MacBurn.
Une fois qu’il eut reçu la confirmation de la jeune femme, Jack se hissa sur le mur. Une fois au sommet, il se retourna, Ianto n’avait pas bougé.
-Tu attends quoi? Fit-il mine de s’impatienter. Qu’il revienne nous faire faire une visite guidée?
Le pauvre Gallois n’eut d’autre choix que de le suivre. De l’autre coté des grilles, les deux hommes longèrent le sentier jusqu’à la maison.
-Et bien! S’exclama Ianto en sifflant, il ne s’embête pas, le bougre!
La bâtisse ressemblait plus à un manoir qu’à autre chose, totalement construite en briques et pierres, elle se dressait sur quatre étages, et une tourelle dominait l’ensemble sur la façade ouest.
-C’est immense, constata le Gallois, par où on va commencer?
Sans répondre, Jack partit en direction d’une porte en bois dérobée.
-S’il garde des weevils ici, finit par expliquer le capitaine, ce n’est certainement pas dans des chambres d’amis.
Et il força la porte.
Comme il s’y attendait, elle descendait aux sous -sols. Il chercha des yeux l’interrupteur, mais il était hors d’usage. Sortant une lampe de poche, il s’enfonça dans l’obscurité, suivi de Ianto. Il n’y avait aucun bruit hormis celui de leurs pas, Ianto était de plus en plus nerveux à mesure qu’ils s’enfonçaient dans l’obscurité, et malgré les efforts qu’il faisait pour le cacher, le capitaine s’en rendit compte. Ralentissant le rythme pour se placer à la hauteur de son compagnon, Jack lui entoura les épaules d’un geste protecteur.
-Désolé, dit- il. Je n’y pensais plus.
Le Gallois essayait de contrôler tant bien que mal les tremblements qui l’habitaient. Dieu ! Qu’il détestait les endroits sombres, enterrés et confinés
-C’est moi qui suis désolé, Jack, souffla-t-il. Je crois que nous y sommes.
Ils venaient d’entrer dans une large salle, environ vingt mètres sur trente, bordée de chaque coté par des cellules de deux mètres sur trois, toutes vides à l’exception de trois, contenant chacune un weevil.
-Cette fois, on en est sûr, c’est bien lui qui enlève nos aliens, dit Ianto.
-Oui, mais qu’est-ce qu’il en fait après?
-Il les envoie en France, nous devrions peut-être aller sur place pour en savoir plus, proposa le Gallois.
-Hum… un petit week -end en amoureux? Demanda Jack avec un sourire coquin.
-Ce n’est pas vraiment à ça que je pensais, mais peut-être qu’après… dit Ianto en entrant dans le jeu de son chef.
-Ok ! On en sait assez maintenant, dit Jack en se reprenant, tu as raison, il faut se rendre sur place pour en savoir plus. Allez, viens, on sort d’ici avant que tu ne tombes dans les vapes.
Main dans la main, ils quittèrent la cave. Jack avait essayé de contacter Gwen, mais la communication était coupée. Sitôt sorti, il réessaya.
-Et bien ce n’est pas trop tôt, râla la jeune femme, ça va faire une demi -heure que j’essaye de vous joindre.
-Qu’y a-t-il de si important?
-Ce n’est pas que ce soit important, c’était pour vous dire que Rhys et moi avons fini d’éplucher les listes. Nous n’avons rien trouvé, mais on a commencé à s’inquiéter quand on s’est aperçu que vous ne répondiez pas.
-Dans une cave, les communications sont souvent difficiles, s’excusa Ianto. Par contre, nous, on a du nouveau, c’est bien au nom de MacBurn que les weevils sont emmenés.
-Gwen, réserve-nous deux billets pour Carcassonne, Ianto et moi nous nous rendons sur place pour savoir ce qu’ils deviennent, ordonna Jack. On rentre.
Les deux hommes remontèrent dans le véhicule et Jack prit la direction de la base.
Ils furent accueillis par les cris de leur chien de garde préhistorique. Rhys somnolait sur le canapé pendant que Gwen scrutait les écrans.
-Alors? Demanda Jack en la faisant sursauter. Est-ce que tu as l’adresse de notre homme en France? Et…
-J’ai son adresse, votre avion part demain à 8h30, et je vous interdis de le rater, coupa Gwen. Si tu es d’accord, Rhys va rester ici pour m’aider pendant votre absence.
-Ça me va. Mais faites attention, approuva le capitaine. Ianto ! Va préparer tes affaires, on se retrouve ici demain à 7h00.

Le jeune Gallois partit sans dire un mot vers son appartement. Comme il n’habitait pas loin, il s’y rendit à pied ; en moins de dix minutes, il avait rassemblé trois costumes complets ainsi que deux jeans et deux tee-shirts qu’il enfourna dans un sac de voyage. Une douche rapide, et au lit. Le lendemain, malgré une longue nuit de sommeil, il eût du mal à se réveiller, l’eau froide de la douche l’aida à remettre ses idées en place. Puis il s’habilla, sur un jean, le pull bordeaux qui plaisait tant à Jack. Enfin prêt, il retourna au hub où son patron l’attendait déjà.
-On peut dire que tu sais te faire désirer, murmura le capitaine à l’oreille de son amant.
Le Gallois rougit mais ne releva pas.
-On y va, oui ou non? Préféra-t-il demander
-Oui, répondit Jack. Gwen, tu nous conduis ?
Durant tout le trajet, Jack ne cessa de raconter des blagues pour détendre l’atmosphère, et c’est hilare que l’équipe arriva à l’aéroport. Juste avant d’embarquer, Gwen les enlaça tous les deux.
-Tachez de rentrer sans dommages, leur dit- elle, je ne veux pas être la dernière de l’équipe.
Jack sourit.
-Tu sais bien qu’il ne peut rien m’arriver.
-Oui, mais ce n’est pas à toi que je pensais, Capitaine.
Et ils s’étaient séparés.

 Malgré ses efforts pour rester éveillé, Ianto dormit tout le long du voyage, veillé par un Jack plutôt inquiet face à cette fatigue inhabituelle. Cependant, Ianto était parfaitement réveillé lorsque l’avion atterrit. Chargé de récupérer leurs bagages, Ianto appela un taxi pendant que Jack téléphonait à Gwen.
-Oui ! C’est bon, on est bien arrivé, entendit le Gallois…non, il n’y a pas eu moyen de le réveiller, oui une vraie marmotte!
Il sourit lorsqu’il s’aperçut que la ``marmotte`` en question le fusillait du regard.
-Oui, je sais…. Non, il faut que tu m’envoies le signal des traceurs sur mon GPS, ainsi que l’adresse de MacBurn ici…. Ok, merci Gwen, à bientôt… Oui, je lui transmets.
Il raccrocha. Un bip confirma qu’il venait de recevoir les données envoyées par la jeune femme. Le taxi arriva avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit à Ianto qui semblait faire la tête.
-La Cité, dit le capitaine au chauffeur dans un français impeccable. Le trajet ne prit pas dix minutes, et le taxi les déposa devant l’entré de la Cité. Après avoir réglé, Jack contempla le monument. A leur droite, dominé par l’imposante muraille, un carrousel entrainait enfants et parents dans sa danse infinie. Jack prit son compagnon par la main avant de passer sous l’arche et de traverser le pont- levis, puis de pénétrer dans la Cité prise d’assaut par les touristes et les visiteurs de tout genre.
-Dis- moi Ianto, on est quel jour? Demanda le capitaine.
-Heu, le douze Juillet, répondit ce dernier surpris.
Jack jura.
- Quoi? Interrogea le jeune homme en suivant tant bien que mal son chef.
- Le 12, deux jours avant le 14…Le feu d’artifice…
Les ruelles déjà étroites étaient bondées, les gens se marchaient sur les pieds, et Jack devait tenir fermement la main de Ianto pour qu’ils ne soient pas séparés, si bien que le Gallois se demandait s’il n’allait pas finir par se faire arracher le bras. Au bout de la ruelle principale, les deux hommes débouchèrent sur une petite place donnant sur une sorte de croisement : au centre une fontaine, à leur gauche, un café-restaurant qui avait dressé quelques tables sur la terrasse, toutes occupées par des touristes cherchant un peu d’ombre et de fraicheur. Jack souffla, appuyé contre la fontaine, la chaleur l’accablait à tel point qu’il dut enlever son manteau.
- Où est l’hôtel réservé par Gwen? Tu le sais ? Demanda Ianto. Il avait relevé les manches de son pull, mais n’en avait pas moins chaud. Il serait bon de se débarrasser de nos sacs, ils sont plus encombrants qu’autre chose.
Jack se leva et interpella le premier passant.
-Excusez-moi, l’Hôtel de la Cité, s’il vous plait, dit- il toujours dans un français parfait.
L’homme lui indiqua la direction et les deux hommes s’empressèrent de s’y rendre. A l’accueil, le réceptionniste demanda s’il pouvait les aider.
-Nous avons une réservation au nom de Jones, dit Jack.
-Oui, chambre 412, quatrième étage. Voilà la clef ! Voulez- vous que quelqu’un monte vos bagages?
-Non merci, ça ira.
Jack lui glissa un billet dans la main.
Une fois dans la chambre, Ianto soupira d’aise, la climatisation marchait à plein régime, offrant aux deux hommes une température plus raisonnable.
-Au fait, pourquoi avoir fait la réservation à mon nom? Demanda le Gallois, j’espère que ce n’est pas moi qui vais payer la note!
Jack éclata de rire.
-Gwen a pensé que le nom de Torchwood serait trop voyant si on est sous surveillance, et pareil pour Harkness. Ton nom était neutre, expliqua Jack. Mais ne t’en fais pas, cela ne sera pas retiré de ton pauvre salaire.
Il s’approcha pour l’embrasser. Apparemment la chaleur faisait beaucoup d’effet sur le capitaine.
-Jack, on n’est pas là pour ça, fit mine de protester Ianto, je vais prendre une douche, ajouta-t-il en s’éloignant.
Mais le capitaine ne l’entendait pas de cette oreille, il le rattrapa par le bras.
-Non, dit il, tu m’as promis que je pourrai t’enlever ce pull.
Le jeune homme renonça, il alla de lui-même s’emparer des lèvres de Jack et commença à lui ôter sa chemise.
-C’est que tu prends des initiatives, approuva Jack, en lui retirant le pull. Oui, décidément, il est trop chaud pour ce climat méditerranéen.
Il finit de dévêtir son amant qui fit de même avec lui, cela fait, le capitaine poussa le Gallois sur le lit avant de l’y rejoindre.


 Une heure plus tard, Ianto essayait de se dégager des bras possessifs de Jack.
-Il faut que j’aille prendre une douche, dit le jeune homme en l’embrassant dans le cou, on n’est pas ici pour faire du tourisme.
Le capitaine finit par le libérer et le Gallois se rendit dans la salle de bain.
-Commande un repas au moins, lança-t- il par-dessus son épaule, je n’ai rien mangé depuis ce matin, et il est presque 14h00.
-Je croyais que tu voulais qu’on en finisse? Se moqua Jack.
-On ne pourra pas en finir si je meurs de faim entre temps! Protesta Ianto par-dessus le bruit de l’eau.
Il ne fut pas surpris d’être rejoint à peine deux minutes plus tard par le capitaine. Ianto se retourna.
-Est-ce que tu as commandé? Demanda-t- il, en retenant Jack qui semblait penser que Ianto était plus appétissant que n’importe quelle collation.
-Oui, on a le temps, dit le capitaine en s’emparant des lèvres de son amant.
Doucement, Ianto le repoussa pour sortir de la cabine.
-On aura tout le temps pour ça quand on aura retrouvé les weevils.
Le Gallois laissa son capitaine et alla se sécher. Vêtu d’un jean propre et d’un tee shirt léger. Il finissait de se coiffer lorsque le service d’étage apporta la commande.
-Jack ! Dépêche-toi ou il ne restera plus rien!
Le capitaine s’installa face au Gallois. Il était habillé comme à l’accoutumée, sauf qu’il avait troqué la chemise pour un simple tee shirt blanc.
Vingt minutes plus tard, ils étaient dans les rues de la cité. Même si les touristes continuaient à déambuler, malgré la chaleur, le long des boutiques et à occuper les terrasses de plus en plus envahissantes des cafés et restaurants, les deux Britanniques avaient moins de difficultés à se déplacer. Suivant les indications de son GPS, Jack les conduisit à la sortie de la cité médiévale, le long des remparts extérieurs.
-Le signal vient de quelque part par là, dit Jack en désignant une des tours. Viens.
Ils remontèrent le sentier et pénétrèrent le premier cercle de garde. Jack s’arrêta devant le grillage qui condamnait une oubliette.
-Ça vient d’en bas, finit-t il par dire. Regarde s’il n’y a pas un moyen d’accès autre que l’escalade.
Ils s’affairèrent pendant quelques minutes, essayant d’ignorer les regards surpris et parfois désapprobateurs des touristes.
-Là! S’exclama Ianto, la pierre est descellée et plus claire.
Jack s’approcha, la pierre avait une taille normale, au mieux, elle permettait le passage d’un petit chien, mais jamais un humain et encore moins un weevil ne pourrait se faufiler par là.
-Il s’agit peut-être d’un mécanisme d’ouverture, proposa le Gallois. De toute façon, on ne peut pas le vérifier maintenant, avec tout ce monde, ce serait risqué.
-Tu as raison, nous reviendrons cette nuit.
-On rentre? Interrogea Ianto.
Le capitaine s’empara de son bras avant de répondre.
-Et si on en profitait pour visiter ?
Il entrainait déjà son compagnon à travers les ruelles anciennes, s’arrêtant devant les boutiques sans vraiment faire attention à ce qu’elles proposaient, Jack semblait chercher quelque chose, mais visiblement ne trouvait rien. Ils rejoignirent l’hôtel sur le coup des 19h, et après avoir demandé à prendre leur repas dans la chambre, ils s’enfermèrent pour se reposer. Jack téléphona à Gwen. La conversation fut longue. Ianto vit Jack se décomposer, puis tourner en rond dans la chambre comme un lion en cage, fulminant contre le téléphone. Jamais le jeune homme ne l’avait vu aussi furieux, même lorsqu’il avait découvert Lisa cachée dans les sous-sols de la base.
-Et m***e! cria le capitaine en raccrochant.
Il resta figé devant le lit, tremblant de colère. Ianto s’avança derrière lui pour l’attraper par la taille. Posant son menton au creux de l’épaule du capitaine, joue contre joue, il le serra jusqu’à ce que les tremblements cessent.
-Que se passe-t-il ? Jack, tu me fais peur.
-John Hart est de retour, répondit-t-il sobrement
-Qu’est-ce qu’il a encore fait? Finit par demander Ianto en poussant le capitaine à s’assoir sur le lit.
-Je rêve, ne put que dire Jack, Ianto, dis-moi que je rêve! Il va falloir qu’on rentre au plus vite.
Il s’était remis à trembler.
-Jack ! Dis- moi ce qui se passe ou j’appelle Gwen!
-John est revenu à Cardiff! Ce… cet espèce de… il s’est introduit dans la base et il a… oh punaise, ce sale fumier a volé le corps de Gray et il l’a réveillé, et en plus il lui a dit où nous étions! Oh celui là ! Si jamais je lui mets la main dessus, je vais le…
Ianto posa sa main sur la bouche du capitaine pour le faire taire.
-Pitié! Dit- il, pas de menaces de mort. Ils sont en route?
-Gwen n’en sait rien, aucune réservation au nom de Hart, mais il n’est pas aussi stupide, d’autant qu’il a son bracelet. Heureusement que celui de Gray est enfermé et sous bonne garde. Celui -là, au moins, ils ne l’ont pas.
-Ils n’ont rien fait à Gwen ou à Rhys? S’inquiéta le Gallois en palissant.
-Non, apparemment, la seule chose que voulait John, c’était réveiller Gray. Si seulement je savais pourquoi il a fait ça? Qu’est-ce que ça peut bien lui rapporter?
Quelqu’un frappa à la porte, les faisant sursauter tous les deux. Ianto vérifia que son arme était chargée avant d’aller ouvrir. Il ne put s’empêcher de soupirer en voyant qu’il ne s’agissait que du service d’étage. Il remercia le serveur avant de fermer la porte à clef, il déposa les plats sur la table avant de rejoindre Jack dans la chambre.
-Viens manger. A la tombée de la nuit, on retournera voir du côté de la tour. Si ça ne donne rien, on avisera, mais pour l’instant, on ne peut pas faire grand-chose, ni pour ton frère, ni pour Hart.


Ils soupèrent en silence, Jack perdu dans ses pensées, cherchant des réponses à ses questions, Ianto n’osant pas le déranger. Le repas fini, ils s’allongèrent en attendant qu’il fasse nuit noire. Par sécurité, Ianto avait mis son portable sur alarme au cas où ils s’assoupiraient. Ils furent réveillés tous les deux à 23h30 par la sonnerie stridente du téléphone. -Allez debout, chef! Dit le Gallois d’une voix ensommeillée.
Jack grogna mais se leva et ouvrit la fenêtre pour laisser entrer l’air frais de la nuit.
-Tu ferais bien de mettre un pull pour sortir. Ça s’est bien rafraichi.
Ianto troqua son tee shirt pour un pull beige, Jack prit son manteau et ils sortirent. Ils ne firent pas attention au regard surpris du concierge et quittèrent l’hôtel. Il leur fallut cependant plus de temps que dans l’après midi pour retrouver l’oubliette, Jack n’arrivant pas à distinguer le bon chemin dans l’obscurité, ce qui lui valut de nombreuses moqueries de la part de son compagnon.
-Comment peut-on se perdre avec un GPS? Raillait le jeune homme. Non !mais franchement!
-Oh ça va! Ça ne t’est jamais arrivé à toi?
-Si !bien sur! Mais jamais en ayant un GPS dans la main signalant l’endroit où je dois me rendre. Et encore moins dans une cité aussi petite!
Et il ne put se retenir d’éclater de rire, ce qui lui valut un bon coup de poing sur l’épaule.
-Doucement! Protesta-t-il, on n’abime pas ses affaires lorsque l’on veut en profiter! Allons par là, ça ira plus vite.
Le Gallois guida son ainé et retrouva la bonne route en quelques minutes seulement.
-Hum, si j’avais su que tu étais plus doué que cette machine, dit Jack avec un étrange sourire, je t’aurais employé plus vite….
Ianto l’ignora et s’approcha de la pierre qu’il avait repérée plus tôt. Il souffla et appuya dessus. Elle s’enfonça sans difficultés et deux secondes plus tard, un léger clic se fit entendre. Les grilles empêchant l’accès aux oubliettes s’ouvrirent alors.
-Et en plus, il sait trouver les passages secrets…. Il va falloir que je t’augmente si je ne veux pas que la concurrence te prenne, plaisanta Jack.
-Je ne dirai pas non à une augmentation, dit Ianto. Mais on en reparlera plus tard. Après toi, ajouta-t- il en laissant la place à Jack pour qu’il entre le premier.
-Tu veux être augmenté mais c’est moi qui dois prendre les risques?
-Tu ne risques rien, toi, je te signale, fit remarquer le Gallois. Tu descends ou on passe la nuit à palabrer?
Sans discuter plus, le capitaine sauta. A sa grande surprise, la chute fut très courte, il n’y avait pas plus de trois mètres de profondeur. Il se retrouva devant un grand trou dans le mur, invisible depuis l’extérieur. Jack s’y enfonça légèrement pour laisser la place à Ianto qui le rejoignit quelques secondes plus tard.
-Pas mal, la planque, constata ce dernier, un tantinet inaccessible, mais bon ! on ne peut pas tout avoir.
Jack sourit et alluma sa lampe avant de pénétrer dans le tunnel. Ils s’enfoncèrent sous la cité féodale pendant presque dix minutes, si bien que Ianto finit par croire qu’ils étaient sortis de l’enceinte. Finalement, le tunnel laissa place à une grande salle, aux murs de pierre, éclairée par une dizaine de néons accrochés au plafond. Le long des murs, des tables en bois croulaient sous le poids d’ordinateurs et de câbles en tout genre. Au fond de la salle, une partie du mur disparaissait sous des dizaines d’armes de toute sorte, allant du pistolet et de la mitraillette à la lance et aux masses d’armes.
Surpris, Ianto regarda Jack . Il n’y avait personne dans la pièce, les ordinateurs étaient éteints ou en veille, et il n’y avait aucune trace des weevils.
-D’où ils sortent ces machins là? Demanda Ianto en s’approchant des armes, depuis quand on utilise ce genre de truc?
Il désignait un fléau posé sur le pommeau d’une épée.
-On n’est plus au moyen-âge à ce que je sache!
Mais Jack ne l’écoutait pas. Il avait relancé un des ordinateurs et commençait à chercher dans les fichiers tout ce qui pourrait les aider à comprendre ce qui se passait dans cette ville.
-Jack! Appela finalement Ianto se détournant du Capitaine, il y a une autre porte dérobée par ici.
Abandonnant l’examen de l’écran, Jack rejoignit son compagnon.
-Je suis prêt à parier que les weevils sont là dedans.
Sans répondre, Jack sortit son arme et se plaça devant la porte. Ianto fit de même en se mettant sur le coté.
-C’est fermé.
-Comme si ça nous avait déjà arrêtés! Plaisanta Jack. Prêt?
Ianto acquiesça et Jack enfonça la porte d’un coup de pied. Le capitaine entra le premier, suivi de Ianto en couverture. Il n’y avait aucune lumière mais une horrible odeur leur agressa l’odorat, c’était comme s’ils avaient pénétré dans un égout surchauffé, la chaleur qui régnait manqua d’ailleurs les faire suffoquer.
Jack ralluma sa lampe d’une main tout en se couvrant la bouche avec celle qui tenait son arme. Bien que puissante, la lampe ne parvenait pas à éclairer le fond du couloir. Jack inspecta les côtés et jura. Ils étaient entourés de cellules, toutes occupées.
-M***e! Combien en ont-ils capturés ?
Pendant deux ou trois minutes, ils avancèrent dans le couloir sans en voir la fin et Ianto avait déjà compté une centaine de cachots. Enfin le rayon se posa sur un mur.
-Ianto, c’est pas fini, dit Jack en s’apercevant que le mur n’était en fait qu’un couloir menant à une autre salle remplie de cellules.
Il avait beau avoir l’air serein, il bouillonnait à l’intérieur, il cherchait à quoi pouvaient bien servir autant de weevils? Mais le pire pour le capitaine, c’était de se rendre compte qu’ils étaient passés à côté de quelque chose de gros, comment ne s’étaient-ils pas rendus compte de la disparition d’autant d’aliens ?.
-Depuis combien de temps est-ce qu’ils font ça? Demanda Ianto derrière lui.
Il se collait au capitaine et essayait de rester calme.
Maudits endroits clos! Pensait-il.
-J’en sais rien, répondit finalement Jack, il faut qu’on remonte et qu’on demande à Gwen de faire des recherches. Il faut savoir depuis quand MacBurn a commencé à les envoyer ici.
Les deux hommes retraversèrent le couloir, suivis des yeux par des weevils passifs, éteints.
Jack referma tant bien que mal la porte qu’il avait enfoncée.
-Espérons qu’ils ne s’en apercevront pas tout de suite, dit-il… Ianto?
Le Gallois lui tournait le dos et avait les mains levées.
-Vous allez posez votre arme, capitaine, ou votre ami risque de ne pas voir le jour se lever.
Le Gallois tremblait de rage à l’idée de s’être fait avoir aussi facilement. Jack avança pour faire face à l’homme qui tenait en respect son compagnon.
-A qui ai-je affaire? Demanda-t-il en se portant à la hauteur de Ianto. Il fut surpris de voir que l’étranger menaçait le Gallois de la pointe d’une épée. La lame s’enfonçait déjà dans la chair tendre du cou.
-Je ne pense pas que cette information vous concerne!
-Vous semblez me connaitre, répliqua Jack, pourquoi n’aurais-je pas le droit de savoir à qui je suis confronté?
L’homme qui lui faisait face était jeune, trente-cinq ans maximum estima le capitaine, blond, quelques mèches retombant devant les yeux, le visage plutôt fin. Jack pensa reconnaître en lui Jasper MacBurn. Étrangement, ni son poigner, ni son bras ne tremblaient sous le poids de l’arme, qui pourtant à ce que Jack pouvait en juger pesait lourd. Il avait déjà eu ce genre d’arme entre les mains, elle devait peser près de 5 kilos pour les plus légères, le poids pouvant augmenter en fonction de la matière dans laquelle était faite la garde. Ce genre de lame était en général manipulé avec les deux mains, autant pour donner plus de puissance et de précision aux coups que pour éviter à l’épéiste de s’épuiser immédiatement ou de perdre l’équilibre ; pourtant là, non seulement MacBurn tenait l’arme d’une seule main, mais en plus il la tenait levée et à bout de bras sans sembler éprouver la moindre difficulté. Même s’il ne l’avouerait jamais, le capitaine savait que c’était un exploit qu’il aurait du mal à imiter. Curieux de savoir à qui il avait affaire, Jack l’observa plus attentivement, l’homme était plutôt maigre, pas le genre à faire de la musculation à longueur de journée, grand, ses vêtements pourtant à la dernière mode lui donnaient un air étrange, mais en y réfléchissant bien, cela devait venir de son manteau, une sorte de cape noire. Même si cet homme n’en avait pas l’air au premier abord, Jack en était convaincu, il était dangereux. Très dangereux.
-Et si vous baissiez votre lame ? c’est que ça coupe, ces choses- là, finit-il par dire, je ne pourrais rien faire pour vous s’il lui arrive quoi que ce soit.
-Capitaine, posez votre arme, et peut-être que je ne lui ferais aucun mal.
MacBurn accentua la pression sur le cou de Ianto où perlèrent quelques gouttes de sang. Jack baissa son arme.
-Je savais que vous seriez coopératif. Maintenant passez devant, vous connaissez le chemin.
Le capitaine obtempéra, suivi de Ianto toujours menacé par MacBurn qui fermait la marche, ils pénétrèrent enfin dans la première pièce, au grand soulagement du pauvre Gallois qui commençait à en avoir par-dessus la tête des espaces confinés, d’autant que l’homme relâcha enfin la pression de la lame. MacBurn s’avança et prit l’arme de Jack en plus de celle de Ianto.
-Aucun de vous ne bouge, précisa-t-il, au moindre geste je vous réduis à l’état de brochette humaine.
Les deux équipiers étaient côte à côte. Le sang qui coulait dans le cou de Ianto le picotait méchamment, c’est donc naturellement qu’il porta la main à sa gorge, mais MacBurn se méprit et crut qu’il dissimulait une arme. Sans crier garde, il se jeta sur le Gallois, épée en avant, prêt à le transpercer. Avant que Ianto n’ait pu esquisser le moindre geste, Jack se jeta entre lui et la lame qui le traversa de part en part. Il s’effondra en avant. Ianto le rattrapa avant qu’il ne touche le sol. Il le coucha sur le dos et retira la lame que MacBurn avait laissée après s’être reculé précipitamment. Du sang coulait au coin des lèvres du capitaine.
-Jack! Murmura Ianto, tiens le coup s’il te plait, pas cette fois, pas encore…
Le capitaine eut un faible sourire.
-Je suis désolé. A tout de suite, souffla-t- il.
Sa tête retomba et il s’affaissa dans les bras de Ianto qui le serra plus fort contre lui. Le Gallois leva la tête et fixa l’homme qui venait de tuer son amant, le regard flamboyant, et s’il n’avait pas eu le corps de Jack dans les bras, il se serait jeté sur lui et l’aurait tué de ses propres mains sans aucune hésitation.
-Pourquoi avez-vous fait ça? Demanda finalement le Gallois d’une voix blanche.
Jack tardait à se réveiller, et cela l’inquiétait.
-Je vous avez prévenus qu’au moindre geste…
L’homme semblait n’éprouver aucun remords, ce qui faisait enrager Ianto. Il sentit le corps de Jack se crisper imperceptiblement, mais il avait beau regarder, rien n’avait changé. MacBurn se tenait maintenant devant eux, devant lui, le dominant de toute sa hauteur.
-Maintenant vous allez laisser ce cadavre inutile et me suivre, on n’a pas toute la nuit.
Il attrapa Ianto par l’épaule pour l’obliger à se lever, mais le Gallois résista et s’accrocha à Jack, il venait de se rendre compte que ce dernier s’était remis à respirer. C’était imperceptible, et MacBurn ne s’était aperçu de rien. Ianto s’accrochait à Jack et furieux, l’homme se détourna pour attraper une arme. Dès qu’il eut le dos tourné, Jack ouvrit les yeux et souffla:
-Vas-y, je vous suis
Il s’immobilisa à nouveau alors que MacBurn revenait armé d’un poignard et d’un pistolet qu’il pointa sur la tempe de Ianto.
-Maintenant tu me suis ou tu rejoins ton petit copain.
Déposant délicatement le corps de Jack, il précéda le criminel, le pistolet sur l’arrière du crane, la pointe du poignard au creux des reins.
-Où va-t-on? Demanda Ianto.
-Pour l’instant tu vas rejoindre les bestioles au cachot, ensuite je verrai, un otage peut toujours être utile, surtout maintenant que votre institution a retrouvé ma trace… dommage que le capitaine ait voulu jouer les héros, je ne souhaitais pas que ça aille jusque-là, il avait une certaine valeur en vie. Maintenant….
Ils venaient de passer devant les cages des weevils et MacBurn l’arrêta devant une cellule vide et le força à rentrer avant de verrouiller la porte.

Ianto lui tourna le dos et dès son départ, il s’adossa au mur et se laissa glisser pour se retrouver assis, la tête entre les mains. Même s’il savait qu’il revenait toujours, voir Jack mourir lui brisait le cœur à chaque fois, il ne le montrait pas au capitaine pour ne pas le blesser davantage, il savait que cela le faisait souffrir aussi et ne voulait pas en rajouter, mais c’était de plus en plus douloureux et le Gallois avait du mal à y faire face.
Un bruit attira son attention et il releva la tête, son regard croisant celui, si bleu, de Jack. Un sourire apparut en même temps sur leurs visages et le capitaine s’empressa d’ouvrir la cellule. Ianto se précipita dans les bras de Jack qui l’enlaça. Il fut quelque peu surpris par les larmes que Ianto n’avait pas réussies à cacher .Il n’en comprenait pas la raison, et maintenant, le jeune Gallois s’accrochait à lui comme à une bouée de sauvetage, signe d’une détresse qui ne s’était jamais produit avant.
-Ianto?
Le comportement du Gallois devenait inquiétant, d’autant plus qu’ils n’avaient que très peu de temps avant que MacBurn ne découvre que son cadavre avait disparu, et que Ianto n’était plus dans sa cellule.
-Ianto, qu’est-ce qui t’arrive?
Le Gallois se recula en reprenant ses esprits.
-Je… désolé… ce n’est rien, bredouilla-t-il, je ne sais pas ce qui m’a pris. Où est notre homme?
Ses yeux avaient repris leur éclat habituel, si bien que Jack crut qu’il avait rêvé ces instants de désespoir…
-Il… je ne sais pas, mais nous ne devons pas rester ici.
Le capitaine s’empara de la main de Ianto et l’entraina vers la sortie, faisant attention cette fois de ne pas se faire surprendre.
-Jack , on fait quoi? On ne peut pas laisser les weevils ici.
-On ne peut pas non plus les relâcher, la population ne saurait pas comment y faire face. Et puis nous avons eu assez d’émotions pour ce soir. On rentre et on reviendra ici demain.
-Tu n’as pas peur qu’il disparaisse entre temps?
C’était un risque à courir, mais ils n’avaient pas le choix, rester ici était trop dangereux, d’autant qu’ils n’avaient aucun moyen de contacter Gwen ou l’extérieur.


Ça faisait des semaines qu’il l’observait, depuis ce jour où il avait assisté au rapt des weevils qu’il avait repérés. Il les suivait dans l’espoir de le revoir, Lui, simplement le revoir, même de loin. Il savait qu’Il avait fait son choix, il avait choisi son équipe, et Ianto. John l’avait accepté, mais Jack ne l’avait pas cru, c’est vrai que son passé n’était pas des plus glorieux, John ne savait que tricher, mentir et escroquer, il n’avait appris que ça. Enfin pas vraiment, mais c’était la seule chose qu’il ait retenue, qui l’ait aidé. Mais il ne savait pas lui mentir à Lui, d’ailleurs il était surprenant que Jack se soit laissé avoir si facilement la première fois, et qu’il n’ait pas compris que ce n’était pas lui qui menait le jeu lorsque Gray avait fini par se décider à se venger.
-Il aurait du savoir que je n’étais qu’une marionnette, que jamais je n’aurais pu lui faire ça, pensa-t- il alors qu’il longeait les rues de Cardiff à la suite de l’homme.

Il aurait bien aimé intégrer Torchwood, non pour essayer de reprendre avec Jack là où ils en étaient restés autrefois -Il avait compris que c’était fini et il était enfin passé à autre chose- mais pour se donner à lui-même une chance de changer : si cet institut et cette planète avaient tant changé Jack, pourquoi pas lui? Il en avait assez des arnaques foireuses, de s’enfuir sans cesse parce que ses mensonges le mettaient en danger. Mais Jack n’avait pas eu l’air de comprendre à quel point il désirait changer,
-Il était trop désespéré, l’excusa-t- il, il venait d’enfermer son frère dans une chambre froide alors qu’il venait à peine de le retrouver, et après que ce même frère eût tué deux de ses équipiers. En un sens, heureusement qu’il n’a pas touché à ce Jones, sinon, là, je crois que Jack ne s’en serait jamais remis. C’est incroyable, il aime cet homme, plus qu’il n’a jamais aimé quelqu’un, et il ne s’en rend même pas compte!... M***e !... Il est passé où, celui là?

Perdu dans ses pensées, John avait perdu de vue l’homme qu’il filait. Depuis presque trois semaines maintenant, il suivait ce type, ce MacBurn, c’est à cet homme que menaient toutes les enquêtes qu’il avait faites : il était le propriétaire des 4X4 qui transportaient les aliens enlevés, c’était ses employés qui s’emparaient des weevils, c’est au nom de sa société qu’ils étaient envoyés en France, où ils devenaient Dieu sait quoi. Enfin, ce qu’ils devenaient, John commençait à en avoir une petite idée, il avait déjà pénétré plus d’une fois chez lui, et il avait piraté les ordinateurs de l’homme suffisamment de fois pour se rendre compte que ce manège durait depuis presque deux ans. Ce détail, John ne l’avait pas encore donné à Torchwood, d’abord parce qu’il n’avait pas de preuves réelles, juste ce qu’il avait vu sur l’écran et qu’il n’avait pu imprimer, ensuite parce qu’il voulait d’abord vérifier que sa théorie était juste avant d’alerter Jack.
-Il est bien capable de m’enfermer pour me renvoyer par la faille, et avec la chance que j’ai, je vais finir sur une planète inhospitalière à galérer le restant de ma vie, pensa-t-il. Ah ! Tiens ! Te revoilà, toi!

Depuis que John le suivait, cet homme faisait une étrange impression sur lui ; il était certain de l’avoir déjà vu quelque part, mais il n’arrivait pas à se souvenir où, et ça faisait trois semaines qu’il se triturait les méninges pour s’en souvenir… en vain. Par ailleurs, John trouvait l’attitude de MacBurn des plus étranges, sa première idée avait été qu’il venait d’un autre temps, d’une autre époque, mais il s’était ravisé, voyant à quel point l’homme était parfaitement intégré à cette époque, à ce siècle. Pour l’instant, l’homme rentrait chez lui, comme presque tous les jours à la même heure. Ce n’était pas difficile de repérer ses faits et gestes, il faisait quasiment toujours la même chose, départ de chez lui tous les matins à 9h précises, il allait prendre un café non loin et lisait le journal jusqu’à environ 9h30, ensuite il se rendait au siège de sa société, et y restait jusqu’à 17h45, heure à laquelle il quittait le bureau pour faire une promenade en ville. C’est seulement à ce moment là que ses habitudes variaient, il prenait toujours un itinéraire différent, mais était toujours chez lui avant 19h. Si les ``balades`` de MacBurn n’avaient pas toujours été si différentes, John aurait fini par mourir d’ennui à mesure que les jours passaient. Mais heureusement pour lui, il ne passait pas non plus son temps à le suivre, il avait fait pas mal de recherches de son côté, pour en savoir plus sur l’homme qu’il poursuivait, mais aussi sur ses activités, officielles ou non, et sur ce qui pouvait bien se passer en France lorsque les weevils étaient réceptionnés. Tout ce qu’il avait pu découvrir était que les aliens étaient transférés quelque part dans la vieille ville de Carcassonne, mais il ne savait pas où précisément, si c’était dans la Cité médiévale même ou ailleurs dans la ville, et ce malgré ses recherches.
Il était 19h, MacBurn rentrait chez lui. Avant que l’homme ne traverse la rue menant à sa ``forteresse,``John fit une chose qu’il n’avait jusqu’alors jamais osée faire, il avança, croisa MacBurn et le bouscula.
-Excusez- moi, dit il immédiatement en aidant l’homme à se relever.
Leurs regards se croisèrent quelques secondes, suffisamment longtemps cependant pour que John se souvienne où il avait déjà vu cet homme.
-Je suis vraiment navré, répéta-t-il, encore toutes mes excuses. J’espère que vous n’avez rien?
``Oh bon sang ! Tais-toi et tire-toi de là!``se dit il.
Il se bénit d’avoir changé d’apparence depuis qu’il avait vu Jack la dernière fois, il s’était fait une teinture, laissé pousser un bouc et portait des lentilles. Heureusement pour lui, l’autre ne parut pas le reconnaitre.
-Non, ce n’est rien. Mais faites quand même attention où vous mettez les pieds.
Rapidement, mais sans courir, John s’éloigna. Dès qu’il fut hors de vue de la demeure de MacBurn, il s’adossa un mur et souffla.
-C’est pas possible, murmura-t- il, pas lui! Pas maintenant.

Flash back:
Plusieurs années auparavant bien loin de la Terre. John vient de retrouver Gray, laissé pour mort sur une planète abandonnée, au milieu de centaines de cadavres. A quinze ans, l’adolescent avait déjà connu six ans de servitude.

Tout d’abord, John n’avait pas trop su quoi en faire. Il l’avait cherché, c’est vrai, il voulait le ramener à Jack qui avait remué ciel et terre pour le retrouver. Mais il ne put le contacter, le capitaine Harkness ayant disparu de la circulation. Il avait fui l’agence du temps, Hart avait bien entendu des rumeurs comme quoi il serait devenu mercenaire, mais comment trouver un mercenaire qui se cache ? Il avait donc gardé Gray avec lui, essayant de lui redonner goût à la vie. Il avait du faire preuve de patience, d’une infinie patience, ce dont il ne se serait jamais cru capable, Gray sursautait au moindre bruit, se recroquevillait sur lui-même dès que quelqu’un élevait la voix ou faisait un geste trop brusque, même si ce n’était pas contre lui. Il y avait aussi les cauchemars, toutes les nuits, Gray se réveillait en hurlant, tremblant comme une feuille, marmonnant des paroles incompréhensibles et sans fin, incapable de se rendormir, John passait alors plus d’une heure à le bercer en parlant, peu importe ce qu’il disait, seul le son monocorde de sa voix arrivait à apaiser l’adolescent et lui permettait de se rendormir. Il en avait passé des nuits blanches à veiller sur le frère de son ancien compagnon Et puis un jour, un matin, Gray avait rejoint John dans la cuisine du vaisseau, il n’y avait qu’eux deux. Alors il avait commencé à parler. Pendant des heures, il lui avait raconté tout ce qui lui était arrivé depuis son enlèvement. Quand il eut terminé, quelque chose en lui avait changé, il semblait avoir moins peur, il n’était plus renfermé sur lui-même comme avant. A partir de ce moment là, il n’avait plus fait de cauchemars, il s’intéressait à tout ce que faisait John, que ce soit en matière de pilotage de vaisseau ou de combat, et John était plus que ravi de lui apprendre ce qu’il savait. Il avait même réussi à lui obtenir un bracelet semblable au sien auprès de l’agence du temps. Pendant cinq ans, John s’occupa de Gray, ce dernier semblait enfin avoir repris une existence normale, il avait même trouvé une petite amie, tout allait enfin pour le mieux…. jusqu’à leur rencontre avec cet homme.


Fin du flash back

John se remit à marcher, il n’avait plus le choix, MacBurn quittait Cardiff le lendemain, il devait agir avant qu’une autre catastrophe n’ait lieu. Rapidement, Hart rentra à l’appartement qu’il louait depuis qu’il s’intéressait à cette affaire. Le lieu était petit, une cuisine simple, une chambre avec salle de bain et un salon minuscule dans lequel il avait entassé une montagne d’ordinateurs achetés grâce à quelques arnaques. Après avoir jeté sa veste sur un des porte-manteaux, il s’installa devant un écran et commença à pianoter sur le clavier. Deux écrans s’allumèrent simultanément, le premier se divisa en quatre, diffusant les images des caméras dissimulées chez MacBurn. Sur le second écran, il faisait défiler les rapports de Torchwood, il soupira.
-C’est pas possible d’être aussi long à la détente, jura-t-il, comment est-ce que vous faites pour traquer des aliens de toute sorte et ignorer ce qui se trame juste sous votre nez?
Dès qu’il s’était rendu compte de l’ampleur qu’avait prise cette histoire, il avait piraté les systèmes de l’institut, ce qui, à sa grande surprise, avait été un jeu d’enfant, et il suivait en direct l’évolution de leurs recherches, se retenant d’aller leur donner un coup de main chaque fois qu’il constatait qu’ils n’avançaient pas. Il craignait la réaction de Jack.
-Au moins vous allez savoir qui est derrière tout ça d’ici à demain, murmura-t- il en voyant qu’un des membres de l’équipe avait lancé une recherche sur les horaires du trafic aérien. Pourvu que vous compreniez rapidement, parce qu’avec ce type, il n’y a pas que Cardiff qui soit dans la m***e.

Flash back.

A cette époque là, il se faisait appeler Stoyan, mais tout le monde le surnommait le Conquérant, le Voleur de Planètes. Il avait des méthodes radicales, et des moyens sans limites, même les agents du temps ne pouvaient rien faire contre lui, et ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais il avait beaucoup trop d’alliés derrière lui, trop puissants. John ne se rappelait plus la cause, toujours est-il qu’un jour, ils avaient croisé cet homme, et il s’était beaucoup intéressé à Gray. A ce moment- là, ni John ni le jeune homme qu’était devenu Gray ne connaissaient la réputation du Voleur de Planètes, et c’est sans méfiance que Gray accepta de l’accompagner quelque temps, Stoyan lui ayant promis de lui en apprendre plus sur le peuple qui l’avait enlevé. Que l’homme soit au courant pour le passé de Gray n’avait pas surpris John, pourtant cela aurait du lui mettre la puce à l’oreille, mais son indépendance d’autrefois commençait à lui manquer. Non que la présence de Gray le dérangeât, mais il lui rappelait tellement Jack et toutes les aventures qu’ils avaient vécues à deux qu’il avait du mal à ne pas les comparer, à ne pas blesser le garçon en lui parlant de son frère alors qu’il pensait que celui-ci l’avait abandonné.
John se souvenait du début avec Gray, lorsqu’il était encore adolescent, il n’arrêtait pas de demander pourquoi Jack l’avait abandonné, et il avait fallu plus de deux ans avant que John n’arrive à le convaincre que ce n’était pas un abandon, mais un dramatique accident. Hart lui avait raconté ce qu’avait fait Jack, les recherches entamées alors qu’il n’était encore qu’un enfant solitaire, le travail et les efforts accomplis auprès de l’Agence du Temps aux seules fins d’obtenir le droit et la possibilité de voyager librement à travers les galaxies dans le seul but de le retrouver, lui.
-Où est-il alors? Avait demandé l’adolescent, pourquoi est-ce toi et non lui qui m’a découvert?
-Parce qu’il a eu des problèmes avec l’Agence du Temps, je ne sais pas quoi exactement, mais il est parti comme ça, du jour au lendemain, et depuis, je n’ai des nouvelles de lui que par des rumeurs. Mais il ne t’a jamais oublié, crois-moi. Si tu avais pu voir son regard, ses yeux… il était tout le temps triste et inquiet, quelque chose en lui s’est brisé lorsque tu as disparu, et il ne s’en est jamais remis.
A partir de ce jour Gray n’avait plus posé de question, il semblait avoir admis l’idée que son frère ne l’avait pas abandonné, mais s’était juste retrouvé impuissant face à son enlèvement.
Jusqu’à ce qu’il parte avec Stoyan.


Fin du flash back.
Deux jours plus tard.

-C’est le moment ou jamais. Si je dois le faire, c’est maintenant, après il sera trop tard. Il est le seul à pouvoir empêcher ça.
John attendait devant l’office de tourisme, il tournait en rond depuis près d’une heure, hésitant, incertain de la marche à suivre. Il savait ce qu’il avait à faire, mais il craignait les conséquences, pas pour lui, mais pour les autres, pour Jack, pour ce qui restait de son équipe.
-Si tu ne le fais pas, c’est toute cette planète et d’autres qui vont en faire les frais! Se répétait-il.
Jack et Ianto étaient partis le matin même, il voulait profiter que l’équipe soit réduite au minimum pour s’en charger, et pour cela, il devait agir sans tarder.

Flash back.

Gray était parti un mois, un seul et unique mois qui l’avait radicalement changé. Si John avait su ce qu’il allait devenir, jamais il ne l’aurait laissé partir, s’il avait su ce qui allait se passer, jamais il ne l’aurait repris avec lui. Lorsqu’il est revenu auprès de lui, John n’avait pas fait attention au regard de Gray, trop heureux qu’il était de le retrouver. Il ne s’en était rendu compte qu’une fois le jeune homme parti, mais il appréciait sa présence, de ne plus être constamment seul, d’avoir un compagnon de voyage, et surtout quelqu’un à qui transmettre ce qu’il savait. Pendant quelques jours, presque une semaine, Gray avait eu un comportement normal s’il en est, puis il avait changé. Ça avait commencé par des disputes, assez violentes entre les deux hommes, Gray voulant que John l’aide à retrouver Jack, il tenait à se venger de ce que lui avait volé son frère, de l’enfance qu’il n’avait pas eu, et dont lui avait pu profiter, il le tenait même responsable de la mort de leur père. John avait refusé, essayant de lui faire entendre raison, mais le jeune homme s’était mis à le menacer, il avait acquis de très bonnes connaissances auprès du Voleur de Planètes, ainsi qu’une technologie plus développée que celle auquel avait accès le capitaine. Il avait rapidement eu le dessus, il avait trafiqué le bracelet de John, le transformant en bombe humaine, menaçant de le faire exploser s’il ne trouvait pas son frère rapidement. Ce que Gray ne savait pas encore, c’est que John savait exactement où se trouvait Jack, qu’il avait revu pendant que le jeune homme était auprès du Voleur de Planètes. Par chance pour John, Gray ne pouvait pas toujours rester derrière lui, et il disposait de certaines libertés, surtout lorsque le jeune homme rejoignait Stoyan. Le capitaine profitait alors de ces moments pour visiter un maximum de planètes, officiellement pour retrouver Jack, officieusement pour trouver un moyen de libérer Gray de l’emprise qu’avait le Voleur de Planètes sur lui. C’est à ce moment là qu’il eut connaissance de la prophétie.


Fin du Flash back.

Entrer dans la base avait été un jeu d’enfant, surtout grâce à son bracelet, mais aussi parce qu’il n’y avait plus que deux personnes présentes et que l’un d’eux n’était même pas un membre de l’institut. Lors de sa première visite, Jack avait été beaucoup trop méfiant, il ne lui avait pas fait voir tout ce qu’elle contenait, mais la seconde fois, John avait eu tout le loisir de fouiller, de chercher, et la première chose qui avait attiré son attention avait été les chambres froides, il s’était alors rendu compte que tous les membres de Torchwood morts en service ou non étaient cryogénisés et reposaient là, de même que tous les aliens qui mouraient sur cette planète. Et surtout, il avait vu de ses yeux Jack y enfermer son frère. Il savait donc où chercher. Évidemment l’alarme s’était déclenchée, et Gwen avait rappliqué immédiatement, suivie de près par Rhys, mais il avait déjà lancé le processus de réveil, et il n’eut aucune difficulté à désarmer la jeune femme, pour cela, il lui avait suffi de menacer de tuer Rhys. Bien sûr, il ne voulait pas réellement les tuer, son seul but était de réveiller Gray et de partir, mais il n’avait pas eu le choix.
-Jack va me tuer, pensa-t- il.
En attendant que le processus de réveil se finisse, il récupéra tous les enregistrements des vidéos de surveillance de la morgue depuis que Gray y était enfermé, il en aurait bien besoin, ensuite il attendit, menaçant toujours Rhys pour que Gwen se tienne tranquille.

Flash back.

C’était sur la planète Glabarora, en plein cœur du marché aux puces. il avait fait connaissance d’un voyant Chuklalan, originaire d’une planète qui s’était éteinte, dont le peuple, par ailleurs très pacifique, était connu pour sa capacité à prédire des évènements importants dans l’avenir. Mais les Chuklalan avaient du fuir à la mort de leur planète et ils s’étaient révélés incapables de se défendre face aux chasseurs de primes et autres trafiquants en tous genres. Après avoir été à la limite de l’extinction, les Chuklalan bénéficiaient aujourd’hui d’une protection intergalactique et avaient enfin pu s’établir sur une petite planète qu’ils ne quittaient pas ou très peu, et rares étaient les représentants de cette espèce qui abandonnaient leur foyer pour partager leurs dons prophétiques. Ce jour-là pourtant, l’un d’eux interpella John, l’alien n’avait pas d’échoppe, il se promenait simplement, et cela avait suffi à intriguer le capitaine. Il suivit la créature vaguement reptilienne jusque dans une ruelle presque déserte. Là, le Chuklalan se plaça face à lui, levant les mains, qu’il posa de chaque coté du visage de son client, qui frémit en sentant de longues griffes acérées toucher sa peau. Évitant de bouger, John observait le visage de la créature si près du sien, si semblable à celui des humains, si ce n’est qu’il était recouvert d’écailles émeraudes. Relevant les yeux, John croisa ceux du Chuklalan et sentit un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale quand il s’aperçut qu’il avait les yeux jaunes, et que ses pupilles étaient verticales. Puis, brusquement, la créature rejeta la tête en arrière, John pouvait voir ses yeux se révulser, sa bouche s’ouvrir et se fermer, mais aucun son n’en sortait.
-Le Maitre… le Voleur… John sursauta, l’autre n’avait pas parlé, la voix pénétrait directement son esprit. Seule l’arme qu’il a lui-même créée pourra le vaincre, seule la haine peut le détruire. Il sera tué par son seul élève, sa plus grande réussite.
Subitement, l’alien le libéra et s’éloigna d’un pas pour le fixer. John avait du mal à tenir debout, la rupture du lien télépathique avait été trop brutale,et il retrouva ses esprits difficilement.
-Qu’est-ce que c’était? Demanda-t-il au voyant, qu’est-ce que ça voulait dire?
-Aucun de nous ne peut donner un sens à nos prédictions, répondit l’alien, elles n’ont de sens que pour ceux qui les reçoivent.
Sans laisser le temps à l’homme de répondre ou de réagir, le Chuklalan quitta la ruelle et s’enfonça dans la foule, disparaissant.
Ressassant ces paroles, John était retourné à bord de son vaisseau, mais ce n’est que quelques jours plus tard, lorsque Gray fit son retour pour savoir où en étaient les recherches qu’il en avait compris le sens.


Fin du Flash Back.

Avant que Gray ne soit entièrement réveillé, John l’entrava. Il n’était pas fou, il savait parfaitement que même à demi-conscient, le jeune homme n’aurait qu’une envie, finir ce qu’il avait commencé, or ils n’étaient pas là pour ça, bien au contraire. Il s’était arrangé pour enfermer Gwen et Rhys dans leur salle de réunion en bloquant les portes avec son bracelet, il savait qu’ils pouvaient le voir par les caméras de surveillance. Mais peu lui importait, de toute façon, ils étaient déjà au courant de ce qu’il faisait même s’ils n’en comprenaient pas le sens. Il ne lui restait plus qu’à gérer la fureur de Jack lorsqu’il l’apprendrait et la soif de vengeance de Gray, mais ce qui l’inquiétait surtout, c’était de ne pas réussir à changer la façon de penser du jeune homme.
-Tu l’as déjà fait une fois, marmonna-t-il en guettant le réveil de Gray, il n’y a pas de raison, de toute façon, tu n’as pas le choix, l’avenir en dépend, le sien, le tien, le leur, celui de tous.
Enfin, le processus de dé cryogénisation fini, avant que Gray n’ait pu se redresser, John se plaça au dessus de lui et lui montra un objet que le jeune homme sembla reconnaitre.
-Je sais où il est, dit John, il est en France, je vais t’y emmener.
Il l’aida à se relever et à marcher, et l’un soutenant l’autre, ils quittèrent la base. Avant de partir, John supprima les entraves qu’il avait placées sur les portes ainsi que le brouillage téléphonique, libérant enfin le couple Williams, qui s’empressa de mettre Jack au courant de la situation.




Il était près de 4h00 du matin lorsqu’ils rentrèrent à l’hôtel, le concierge s’était endormi et ils se firent discrets pour remonter dans leur chambre et ne pas déranger le pauvre homme. Pendant que Ianto se glissait sous la douche, Jack laissa un message à Gwen afin qu’elle effectue quelques recherches et qu’elle lance une surveillance sur tout ce qui concernait MacBurn, puis il rejoignit son amant sous l’eau chaude.
-Il va falloir soigner ça, dit Jack en passant ses doigts sur la gorge de Ianto, là où la lame avait entaillé la peau.
-Ce n’est rien, Jack, je ne suis pas mort.
A cette remarque, Jack repensa au regard et au comportement qu’avait eu Ianto sous terre. Ils sortirent de la douche et s’allongèrent, l’un en face de l’autre, se fixant en silence.
-Dis-moi, finit par dire Jack, que t’est- il arrivé tout à l’heure?
A sa grande surprise, Jack vit son amant rougir. Que pouvait-il bien lui cacher?
-Quoi? Insista le capitaine, pourquoi es-tu si gêné ?
-Ce… ce n’est rien.
Le pauvre Gallois bafouillait et ne savait pas quoi dire, il ne voulait pas inquiéter le capitaine avec ses propres craintes, en effet, après chacune de ses morts, Jack était toujours revenu.
-Ianto, je te connais, je sais que quelque chose ne va pas.
Ianto fit la moue, son visage légèrement penché sur le coté, il espérait attendrir Jack et mettre fin à la discussion, mais le capitaine ne se laissa pas faire, il commençait à connaitre toutes les ruses du jeune homme.
-Non, dit Jack, tu ne m’auras pas comme ça. Dis-moi ce qui t’est arrivé dans cette oubliette.
Le jeune homme n’avait pas le choix, mais son hésitation était palpable.
-Tu sais, je…
Il fuyait délibérément le regard du capitaine.
-C’est juste que quand tu es mort tout à l’heure, j’ai ressenti un vide, un vide immense. C’est stupide, je sais que tu es immortel, mais j’ai eu peur que tu ne reviennes pas.
Jack garda le silence de longues minutes devant cet aveu, il ne trouvait pas la réflexion du jeune homme stupide ; lui-même, après chaque agonie, ne savait pas s’il reviendrait ou non. Même si le Docteur lui avait dit qu’il était un point fixe dans le temps et l’espace et qu’il ne pouvait pas mourir, ni lui ni Jack n’étaient vraiment certains qu’il survivrait toujours.
Le capitaine était mort tellement de fois déjà qu’il n’y faisait presque plus attention, c’était devenu quelque chose de naturel, comme une seconde nature. Il ne s’était jamais intéressé à ce que pouvaient ressentir ses proches, il ne s’était pas rendu compte à quel point cela pouvait affecter Ianto.
-Je ne savais pas que cela te touchait à ce point, murmura-t- il, tu aurais du m’en parler avant, me le dire, j’aurais fait plus attention, j’aurais pu éviter de mourir plus d’une fois si j’avais su.
Il effleurait légèrement la joue de Ianto de la main, que le jeune homme saisit pour y déposer un baiser.
-Je ne te reproche rien, finit par dire le Gallois, c’est plutôt à moi que je fais des reproches, quasiment à chaque fois, c’est à cause de moi que tu meurs. Je te perds par ma faute, c’est ça le pire…
Jack l’attira à lui et Ianto se blottit dans ses bras avec reconnaissance.
-Non, tu n’as rien à te reprocher, souffla Jack, au contraire. Je te promets de faire plus attention par la suite, je ferai tout ce que je pourrai pour ne plus mourir stupidement, mais sache que je n’hésiterais pas une seconde si c’est pour te sauver.
Il sentit Ianto acquiescer puis bailler.
-Dors, dit- il en riant silencieusement, la journée a été rude.
Il éteignit le réveil, de toute façon il n’avait aucune idée de la façon dont ils devaient agir, et Ianto semblait avoir besoin de beaucoup de repos, puis il s’endormit à son tour.

Les matins où Ianto se réveillait le premier étaient rares, et chaque fois, le jeune homme en profitait pour observer Jack. ``Il est tellement touchant quand il dort, tellement vulnérable…`` pensa-t- il. Il n’osait pas le toucher de peur de le réveiller et de briser ces instants magiques. Alors qu’il couvait son compagnon des yeux, Ianto repensa à la discussion qu’ils avaient eu, il n’avait pas envisagé de confier à Jack les sentiments qui le traversaient chaque fois qu’il voyait le capitaine mourir, mais il ne regrettait pas de l’avoir fait, surtout si cela évitait à Jack de nouvelles morts ``barbares``.
-Tu comptes me mater comme ça encore longtemps?
Il avait toujours les yeux fermés, mais un grand sourire illuminait son visage.
-Il y a des lois contre le voyeurisme, monsieur Jones.
-Et il y en a contre le harcèlement au travail!
Jack ouvrit les yeux et éclata de rire.
-Un point pour toi. Il soupira. On a du boulot aujourd’hui, non?
Il faisait mine d’être déçu, Ianto entra dans son jeu.
-Oui, il faut qu’on trouve un moyen de renvoyer tous nos weevils chez nous, histoire de pouvoir les pourchasser par la suite… et… ah oui, il nous faut mettre fin aux agissements de MacBurn, alors qu’il sait qui nous sommes, où nous sommes et sachant qu’il peut disparaitre à tout instant. A son tour, il sourit. En somme, une journée normale à Torchwood.
Cette fois le capitaine ne tint plus, il se jeta sur les lèvres de son Gallois préféré afin qu’elles ne servent plus à proférer de telles effronteries.
-Non, mais sans blague, continua Jack en le libérant, faut qu’on l’arrête, ce type.
-Et sans blague, je n’ai aucune idée sur la façon de nous y prendre, avoua Ianto. Il sait qui tu es, il savait qu’on était là, et il garde au minimum deux centaines de weevils! Jack, on n’est que deux et on ne sait même pas ce qu’il a en tête.
Exprimer leur impuissance faisait du bien au Gallois, il espérait que cela lui permettrait de trouver une solution, mais ils devaient bien se l’avouer, ils n’avaient strictement rien. Il espérait aussi ne pas avoir à redescendre là-dessous, une seule visite lui avait suffi et il n’était pas pressé de se retrouver dans ces couloirs étroits et sombres.
-Jack?
Le capitaine le regarda.
-On est vraiment obligé de retourner là-dessous? Je…
Il ne savait pas comment exprimer son malaise sans passer pour un lâche ou un peureux.
Jack passa une main apaisante sur sa joue, descendant lentement vers le menton pour s’attarder sur la gorge, ce qui fit frémir puis trembler Ianto. Ce dernier leva les yeux au ciel, furieux contre lui-même, deux ans déjà que cette histoire était finie, et il tremblait encore comme un enfant dès que le souvenir des cannibales revenait le hanter. Jack s’aperçut du changement d’humeur dans les yeux de son amant, et retira vivement sa main en comprenant le malaise de Ianto.
-Ianto, je suis désolé.
L’intéressé secoua la tête et sourit.
-Non, c’est moi qui suis désolé, je devrais m’en être remis, mais parfois ça me revient à l’esprit et alors…
Il ne termina pas sa phrase, il n’en avait pas besoin, Jack avait compris.
-J’ai fait pas mal d’erreurs ce jour- là, la première a été de t’emmener avec nous…
Ianto posa ses doigts sur la bouche de son amant pour le faire taire.
-Ce n’est pas ta faute, Jack, dit il, même si ça ne s’est pas passé comme nous l’espérions, je ne regrette pas d’être venu avec vous, j’ai… j’ai vraiment apprécié d’être sur le terrain avec vous tous. Bien qu’au début ça n’a pas vraiment été simple, surtout quand j’ai évoqué Lisa, j’ai fini par me sentir intégré à cette équipe. Je n’étais peut-être pas dans mon état normal à la fin de la mission, mais avec le recul, j’ai vraiment eu l’impression de participer à quelque chose. Quand nous avons fait arrêter tous les villageois cannibales, je me suis enfin senti utile, j’ai… retrouvé un but… un sens à mon existence alors que je n’étais plus qu’une coquille vide après la mort de Lisa.
Il ne craignait plus d’évoquer son ancienne petite amie. Il avait fini par accepter sa mort et vivait pleinement sa relation avec Jack, et ce dernier avait fini par lui pardonner sa trahison, parce qu’il s’était rendu compte qu’il tenait à lui plus qu’aux autres, et cette histoire avec les cannibales avait été le déclencheur de leur liaison. Cependant, Jack n’avait jamais pensé que cette affaire ait pu avoir un effet bénéfique sur le Gallois.
-Tu sais, j’ai tellement eu peur de te perdre ce jour-là, commença Jack, et cette peur est revenue chaque fois que tu étais en danger, chaque fois que tu risquais ta vie, je craignais que tu ne disparaisses, et aujourd’hui encore, cette lame sur ta gorge… c’était… je ne sais pas, pendant quelques secondes, mon cœur s’est arrêté et j’avoue que j’ai vu rouge. S’il n’y avait pas eu autant de risques pour toi, je lui aurais sauté dessus et je l’aurais tué à mains nues, Ianto, je te jure que je l’aurais fait…
Encore une fois, Ianto lui posa les doigts sur les lèvres.
-Je sais que tu l’aurais fait, Jack, mais pas la peine de revenir là-dessus, dit-il, j’ai confiance en toi, je sais que tu viendras à mon aide si besoin est, et que tu seras toujours là pour moi, pas la peine de menacer de mort tout ce qui bouge. Et puis, ces mots… dans ta bouche… il avait un sourire espiègle, elle devrait servir à autre chose!
Jack éclata de rire avant de se jeter sur son compagnon.

Une heure plus tard, Ianto demandait grâce, et dut rappeler à son capitaine le but initial de leur présence en France.
Après une douche rapide et une collation légère, les deux hommes s’habillèrent et quittèrent la chambre.
-On va observer l’entrée aujourd’hui, je veux savoir qui passe par là, quand et pourquoi. On en profitera pour contacter Gwen, et lui donner un peu plus de travail!
Ils s’étaient à nouveau fait passer pour des touristes, Jack avait troqué sa tenue habituelle pour un jean et un simple tee shirt, ainsi qu’une casquette, ce qui le rendait méconnaissable, à l’instar de Ianto qui, en plus, ne s’était pas rasé ce matin -là. Il aurait vraiment fallu les connaitre et être face à eux pour savoir que l’on avait affaire à deux membres de Torchwood Cardiff. Ils déambulèrent, faisant mine d’observer la muraille et son architecture, tout en gardant l’entrée secrète à l’œil. Sur les coups de 14h, ils achetèrent des sandwichs qu’ils dégustèrent assis sur la muraille, observant la vue.
-C’est dingue que l’on ne soit pas capable de faire du pain comme ça! Finit par dire Ianto.
-Oh ça va! Protesta Jack, ces amateurs de grenouilles ne savent faire que ça. C’est la seule chose pour laquelle ils nous battent.
Le jeune Gallois ne put s’empêcher d’éclater de rire devant la mauvaise foi de son compagnon.
-Capitaine Harkness, votre manque de respect envers la culture française est une insulte à la courtoisie britannique!
-Jones, je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler comme ça!
Mais il ne put s’empêcher d’éclater de rire.
-Au fait, tu as appelé Gwen? Se rappela tout à coup Ianto.
Du coup Jack cessa de rire. Il sortit son portable et composa le numéro de leur équipière.
-Qu’est ce que je ferai sans toi, mon cœur? Dit-il le temps que la jeune femme réponde.
-Des bêtises certainement.
Il n’avait pas relevé le mot doux, mais Jack ne l’avait jamais appelé ainsi.
-Ah Gwen! C’est Jack… oui, ça va… oui… non… oui, on l’a trouvé, c’est bien lui… oui, c’est ça, on en a vu près de deux cents, et il est possible qu’il y en ait plus que ça… oui, fais des recherches, je veux savoir depuis quand il se livre à ce genre d’activité. Oui… promis, je lui transmets, oui, il est à côté de moi.
Il posa la main sur le combiné.
-Gwen et Rhys te saluent, dit- il.
-Passe-leur le bonjour.
-Gwen, il vous passe le bonjour, oui. Et heu… Gwen, est-ce que tu as des nouvelles de John et… ah ! Non, ce n’est pas grave… oui, bien sûr, à ce soir Gwen.
Il raccrocha et son regard se perdit dans la contemplation des montagnes face à eux.
-Jack? Demanda le jeune homme devant l’expression perdue de son compagnon, Jack, qu’est-ce qu’elle a dit?
Il avait posé sa main sur celle de son amant. Jack avait perdu son frère, et il l’avait à peine retrouvé que ce dernier avait tout fait pour le tuer, forçant le capitaine à le mettre hors d’état de nuire. Maintenant, le danger qu’il représentait était à nouveau présent et Jack ne pouvait pas faire face à deux menaces en même temps. Jack ne se sentait pas capable d’affronter à la fois son frère et ses remords. Ianto comprenait l’état d’esprit de Jack, il était déjà passé par là, ou en tout cas cela se rapprochait.
-Si tu as besoin, je suis là, d’accord? Proposa le jeune homme.
Jack se confierait quand le besoin s’en ferait sentir. Le laissant à ses pensées, Ianto s’absorba dans la surveillance de l’entrée secrète. Ils restèrent silencieux de longues minutes qui devinrent une heure, puis une heure et demi.
-Tout ce temps, je me suis demandé où il était.
Ianto se tourna vers Jack qui avait commencé à parler.
-Chaque matin quand je me levais, mes premières pensées étaient pour lui, où pouvait-il bien être? Était- il bien traité ou souffrait il? Je n’ai jamais douté qu’il soit en vie, mais je n’avais aucun moyen de le retrouver, je n’étais encore qu’un gamin lorsqu’il a disparu et que mon père est mort, ma… ma mère et moi sommes restés ensemble quelque temps, mais la culpabilité me rongeait et je n’osais même plus la regarder en face. Finalement je suis parti, je voulais trouver un moyen de retrouver Gray, de le rendre à ma mère, lui rendre un peu de ce qu’elle avait perdu par ma faute.
Il resta silencieux quelques secondes, comme perdu dans ses souvenirs et Ianto ne chercha pas à l’interrompre.
-J’ai voyagé seul pendant des jours, jusqu’à ce que je rencontre John, il venait d’intégrer l’Agence du Temps, et m’a parlé des avantages qu’il avait, pouvoir voyager dans l’espace, mais aussi dans le temps, j’ai pensé que c’était ma chance, d’autant qu’il m’a proposé de rejoindre l’Agence. Au départ, les dirigeants n’étaient pas très emballés, ils choisissaient eux -mêmes les enfants qui entreraient dans leurs rangs, ils ne me connaissaient pas et j’étais plus vieux que les recrues habituelles, ils craignaient que je ne sois pas à la hauteur, ou trop, apparemment ils avaient déjà eu affaire à une recrue qui n’en faisait qu’à sa tête et ils craignaient que je sois comme lui, mais John a réussi à les convaincre, je ne sais pas comment…
Alors j’ai suivi la formation, et j’ai enfin eu l’occasion de rechercher plus activement Gray, même si personne ne le savait, je n’avais parlé de lui à personne, pas même à John, enfin jusqu’à ce qu’on se retrouve coincé dans cette boucle temporelle. Là, j’ai fini par lui avouer mes origines et pourquoi j’avais tant désiré intégrer l’Agence. Alors quand on a enfin pu quitter cette boucle infernale, il m’a aidé un temps, jusqu’à ce que je découvre que l’Agence m’avait volé deux ans de souvenirs. Je l’ai quittée, et j’ai suivi ma route, mais j’ai fini par ne plus vraiment penser à Gray, j’ai fini par renoncer à le trouver, j’avais perdu tout espoir de le retrouver vivant. Maintenant que je sais ce qu’il a vécu, je m’en veux de l’avoir abandonné quand nous étions enfants, et ensuite d’avoir renoncé à lui.
Ianto serra plus fort la main qu’il tenait toujours.
-Tu as fait tout ce que tu pouvais, Jack, dit il, tu l’as cherché, tu as intégré l’Agence pour avoir plus de chances de le retrouver, mais tu l’as dit, tu n’étais qu’un gamin, tu n’aurais pas du avoir à le rechercher seul, et pourtant tu l’as fait. Tu n’as rien à te reprocher, et lui ne devrait pas t’en vouloir. Ce sont ceux qui l’ont enlevé qui sont responsables de ses souffrances et de ses malheurs, ce sont eux qui l’ont torturé, battu, violenté, pas toi.
-Tu devrais me détester pour ce que j’ai fait, à cause de moi, Gray a détruit Cardiff, et il a tué Tosh et Owen, il a…
-Stop! Jack, arrête-toi immédiatement! Jamais je ne pourrais te haïr, encore moins pour quelque chose dont tu n’es pas responsable!
Il se servit de son autre main pour forcer Jack à le regarder en face.
-Il n’y a rien à pardonner parce que tu n’es coupable de rien sinon de la malchance et de la cruauté d’un autre peuple. Jack, il est temps que cette histoire cesse de te hanter, tu ne mérites pas de te torturer ainsi, pas après tout ce que tu as fait pour ce monde et pour les autres, tu t’es battu au bénéfice des autres sans rien attendre pour toi en retour. Alors maintenant, oublie le passé, et ne pense qu’à l’avenir, qu’à nous, à Gwen et Rhys, à Torchwood et ce que nous pourrions faire pour améliorer notre travail et les moyens de défense de cette planète.
Ianto savait que rappeler à Jack sa mission lui ferait oublier ses remords: souvent (trop souvent), la mission passait avant les sentiments, Ianto espérait que ce serait pareil cette fois. Il connaissait bien un moyen pour consoler le capitaine, mais ce n’était ni le moment, ni le lieu pour cela, il leur aurait fallu être à Cardiff pour ça.
``Dès que nous serons chez nous, je te promets de te faire oublier tout ça. `` se jura le Gallois, ``mais en attendant…``
-Jack, il commence à se faire tard, et nous n’avons rien de neuf, nous devrions rentrer à l’hôtel et retourner là-dessous à la nuit tombée.
Il n’en avait pas plus envie que ça, mais il voulait vérifier quelque chose, il voulait savoir où menait cette porte qu’il avait à peine eu le temps d’entrevoir lorsque MacBurn l’avait mis en cellule.
-Oui, on rentre, il faut que l’on ait conclu cette affaire avant demain, dit Jack.
-Pourquoi? S’étonna Ianto.
-Le 14 juillet est le jour de la fête nationale en France, et les Français la célèbrent avec des feux d’artifice, notamment ici à la cité même. Tu ne l’as peut-être pas remarqué, mais certaines zones ici ne sont pas accessibles, et demain ce sera pire, les artificiers doivent finir d’installer les fusées, et les touristes seront plus nombreux que jamais. Et…
Il se figea. Ils venaient de se lever et commençaient à longer la muraille pour regagner le cœur de la cité lorsque Jack s’était arrêté, autant dans sa phrase que dans ses gestes, ce qui inquiéta Ianto.
-Jack?
Ce dernier jura avant de saisir Ianto par les épaules et de le secouer violemment.
-Et mais, ça va pas? Protesta le Gallois en se débattant, Jack ! Arrête ça tout de suite !
-Désolé, il libéra son compagnon immédiatement, je… désolé. Je crois que je sais ce que veut faire MacBurn. Viens ! il faut qu’on rentre!
Et s’emparant de la main de son compagnon, Jack se précipita vers leur hôtel.

Lorsqu’ils regagnèrent leur chambre, il était presque 19h, la chaleur de la journée commençait à retomber, laissant place à une faible brise annonçant la fraicheur nocturne. Les touristes profitaient de cette baisse de température pour se reposer sur les terrasses de cafés et restaurants, vidant les rues, ce qui avait permis à Jack de s’y retrouver dans les rues tortueuses et trompeuses et d’aller plus vite.
Après une douche rafraîchissante, Ianto avait attendu les explications de Jack, mais elles se faisaient attendre.
Depuis qu’ils étaient rentrés le capitaine était resté silencieux, il se contentait de fixer la ville par la fenêtre, les poings serrés.
-Jack, tu veux bien m’expliquer? Finit par demander Ianto.
Lentement Jack tourna la tête vers son compagnon…
-Viens par là, mon cœur, dit- il en tendant une main que Ianto s’empressa d’attraper. Jack l’attira contre lui avant de continuer.
-Tu vois ces rues, demain elles seront pleines de gens, des centaines, voir même davantage, le feu d’artifice de la Cité est le plus beau de France, souvent plus beau que celui de la tour Eiffel.
-Où veux- tu en venir?
-Imagine le nombre de personnes qui vient ici le 14 juillet, les gens se massent dans la rue, les voitures sont immobilisées, les rues et les routes fermées…
-Jack, je ne vois pas ce que tu veux dire.
-Sous cette cité, il y a près de deux cents weevils sûrement affamés. A ton avis qu’est-ce qui arriverait s’ils étaient relâchés demain soir?
Ianto pâlit.
-Non… non ! Il ne peut pas faire ça!
-Tu crois vraiment qu’il va se gêner? Même en n’en relâchant que la moitié, les ravages sur la population seraient énormes.
Ianto se serra plus fort contre Jack.
-A nous de l’arrêter, dit-il, tu sais, hier lorsqu’il m’a emmené dans cette cellule, j’ai remarqué qu’il y avait une autre porte, cachée, d’ailleurs je l’ai à peine vue, et MacBurn ne s’en est pas aperçu.
-Très bien, c’est là-bas que nous irons en premier ce soir. Tu te sens capable d’y retourner?
Le capitaine était inquiet, Ianto pouvait mal réagir lorsqu’il était dans un endroit clos, surtout sous terre.
-Ne t’en fais pas, je n’aurai pas de problèmes. On passe à table?
Pour changer du service d’étage, Jack l’emmena dans un des restaurants de l’enceinte, là ils profitèrent d’un repas typiquement français, alors qu’un soleil couchant rougeoyant embrasait les murailles. Le repas fini, les deux hommes retournèrent devant l’oubliette, après être repassé par leur chambre pour prendre des armes.
-Bon, je passe le premier, dit Jack une fois le passage ouvert, s’il n’y a aucun piège, tu viens à ton tour, ensuite nous irons directement vers cette porte.
Il embrassa Ianto avant de sauter. Il n’y avait aucun piège, il appela donc le jeune homme qui s’empressa de le rejoindre. Lampe de poche en main, les deux hommes avancèrent le plus silencieusement possible, longeant les tunnels obscurs et humides. Ianto était surpris de ne déceler aucune trace de piège ou quoi que ce soit montrant que MacBurn attendait leur arrivée. Jack aussi était inquiet, il s’était préparé à tomber sur un piège à chaque intersection, mais ils ne trouvaient que le silence, le vide et l’obscurité.
-Il y a quelque chose qui cloche, Jack, murmura Ianto alors qu’ils passaient devant les cages des weevils. Aucune trace de MacBurn, ce n’est pas normal.
-Je sais.
Jack était perplexe, il s’était attendu à ce que leur ennemi les attende de pied ferme, d’autant qu’il avait pas mal d’hommes à sa disposition. Si l’on prenait en compte toutes les sociétés de gardes du corps qu’il dirigeait, toutes les personnes employées pouvaient donc être considérées comme de potentiels ennemis, pourtant, il n’y avait rien ici, les locaux étaient totalement vides à l’exception des weevils.
-La porte est par là, indiqua Ianto.
Jack, toujours en tête, s’avança et, le canon de son arme pointé en avant, il posa la main sur la poignée. Un coup d’œil vers Ianto pour s’assurer que ce dernier était prêt, puis il ouvrit la porte, se plaçant dans l’encadrement, arme en avant. Il n’y avait aucune lumière hormis celle venant du couloir, et le faisceau de la lampe n’était pas assez puissant pour atteindre le mur opposé, ce qui laissa penser au capitaine que la pièce était plus grande qu’elle ne le paraissait. Il s’enfonça vers l’intérieur, suivi par Ianto, leurs deux lampes conjointes éclairant à peine davantage. Ils s’étaient pas mal avancés lorsque la porte derrière eux claqua violemment, les faisant sursauter. Reprenant ses esprits, Jack se précipita vers elle pour constater qu’elle était fermée… De l’extérieur. Furieux, il lui donna un violent coup de pied, qui n’eut d’autre effet qu’une douleur fulgurante dans le pied, puis dans la cheville et le long de la jambe. Il perdit l’équilibre et serait tombé si Ianto ne l’avait pas rattrapé de justesse.
-Ça va? Lui demanda le Gallois.
-Oui… je crois.
-A-t-on idée de shooter comme ça dans un mur! Se moqua Ianto. Tes pieds devraient servir à autre chose.
-Ah oui et quoi? Répliqua Jack furieux en se massant le pied par-dessus la chaussure.
-A nous sortir de là par exemple! J’espère au moins que tu n’as rien de cassé, pas question que je te porte!
Il avait dit ça pour plaisanter, et surtout pour détendre le capitaine qui semblait plutôt en colère.
-Excuse- moi Ianto, dit finalement Jack en voyant l’expression de son compagnon.
Il allait ajouter quelque chose lorsqu’ils entendirent grogner derrière eux. Les deux hommes firent volte-face en même temps, arme au poing, lampes de poches dirigées vers l’origine du grondement, mais les faisceaux étaient trop faibles. D’un commun accord, ils s’avancèrent, l’un couvrant l’autre. Ils progressaient à petits pas, prudemment, mais ne voyaient toujours rien. Pourtant les grognements semblaient s’intensifier. Alors que Jack pensait qu’ils allaient atteindre le mur opposé, un violent courant d’air se mit à souffler, les forçant à se tenir l’un à l’autre pour ne pas tomber, puis ils purent distinguer une lumière, faible, comme la lumière d’un soir de pleine lune. Inquiet, Jack empêcha Ianto d’aller plus loin
-C’est peut- être la sortie? Lâcha Ianto en guise de protestation.
-Ah oui? Répliqua Jack, et quand as-tu vu que la lune était pleine tout à l’heure?
Ianto se figea.
-On ne peut aller nulle part ailleurs, fit- il remarquer, et il y a dans cette pièce une créature qui n’a pas l’air très sympathique.
Ianto n’avait pas tort, Jack le savait, de plus le capitaine mourait d’envie de visiter cet endroit. Autrefois, lorsqu’il était avec le docteur, ou avant de perdre Tosh et Owen, il n’aurait pas hésité une seule seconde, il se serait précipité au devant de cette nouvelle aventure, mais il avait changé. Il ne connaissait rien de cet endroit, et il pouvait être dangereux, pas pour lui mais pour Ianto, et il n’était pas prêt à risquer la vie du Gallois.
-Ce n’est pas une bonne idée, Ianto, dit- il, nous ne savons rien de cet endroit. Je…
Jack avait bien une théorie sur ce que pouvait être ce lieu, mais il devait le visiter pour en être sûr, et il était hors de question que Ianto l’accompagne, mais jamais le jeune homme n’accepterait de l’attendre sagement, et il fallait aussi prendre en compte la créature tapie quelque part dans la pièce derrière eux.
-Jack, que tu le veuilles ou non, moi, je vais voir ce que c’est.
Le capitaine n’eut d’autre choix que de le suivre, sachant qu’au moins là il pourrait le défendre.
Ianto sourit quand il sentit la main de Jack sur sa taille.
-A ton avis, où est-on ? Demanda-t- il.
-Je dirais un monde parallèle, mais je n’en suis pas sûr. Il se peut très bien que cette ville soit, elle aussi, construite sur une faille semblable à celle de chez nous. Ou peut être n’est-ce qu’une simple porte entre deux mondes, ou vers une autre planète. Je n’ai que des suppositions…. Restons prudents.
Ils avaient définitivement quitté la pièce dans laquelle ils étaient enfermés.
C’était bien la pleine lune qui diffusait sa lumière argentée sur une immense plaine, lui donnant une teinte bleutée. Jack se retourna, et jura.
-Ianto, on est toujours à la Cité.
Le jeune homme se tourna à son tour pour contempler les murailles qu’ils avaient quittées peu de temps auparavant. Ils en étaient à peine éloignés de cent mètres
-Ce sont bien les murailles, mais rien autour n’est semblable, constata le Gallois, la ville a comme disparu.
En effet, là où auraient du se trouver des buildings et de multiples constructions, il n’y avait que des plaines et des champs cultivés, ainsi que quelques fermes isolées, manifestement de facture ancienne.
Jack observa les environs quelques minutes en silence, puis il se perdit dans la contemplation de la cité.
-Ce ne sont pas les mêmes remparts, finit-il par dire, ils sont différents, il leur manque quelque chose.
Ianto le regarda surpris, ne voyant pas où son compagnon voulait en venir.
-J’ai bien l’impression que nous sommes allés faire un petit tour dans le passé, début 13ème siècle, je dirais, pas loin de cette période en tout cas. Ce que nous voyons est l’enceinte extérieure, et elle est ``neuve`` si je peux me permettre cette expression, c’est à cette époque qu’elle a été bâtie, expliqua Jack.
-Et qu’est-ce qu’on fiche ici?
-Il y avait une faille temporelle dans cette pièce, nous l’avons fran…
Il s’arrêta net au milieu de sa phrase, le grondement qu’ils avaient déjà entendu avait repris, beaucoup plus près d’eux. Jack fit un pas vers Ianto et l’incita à se mettre derrière lui. Le son semblait proche, droit devant eux, mais ils étaient entourés de rochers, et la créature pouvait se cacher n’importe où derrière les pierres. Les deux hommes se mirent dos à dos, armes levées.
-Jack?
Le capitaine fit volte face en moins d’un quart de seconde, et ce qu’il vit le figea.
Devant eux se dressait un chien, aussi grand qu’eux, aussi large qu’une voiture. L’animal avait trois têtes, deux fixaient les deux hommes, la troisième était tournée vers la cité d’où provenait un bruit de cloche.
-Jack, qu’est-ce que c’est que ce truc?
En entendant la voix de Ianto, les deux têtes tournées vers eux montrèrent les dents, des crocs jaunâtres et effroyablement aiguisés. L’animal se mit tourner autour d’eux, lentement, sans jamais les quitter des yeux, Jack et Ianto suivaient le mouvement afin de ne pas être pris par surprise.
-A mon signal, prépare- toi à tirer, murmura Jack.
Encore une fois, au son de la voix, l’animal gronda.
Jack allait donner le signal lorsque le son d’un cor retentit depuis la cité, suivi par le bruit du pont levis qui s’abaisse, et enfin par le martèlement de sabots sur le bois puis la terre dure. Les deux hommes quittèrent des yeux la bête pour se tourner vers les remparts, l’animal oublia leur présence pour grogner en direction des cavaliers qui approchaient. Ces derniers étaient une demi –douzaine. Malgré la pénombre, Ianto s’aperçut que tous portaient une armure métallique reflétant les rayons de la lune, leurs chevaux étaient caparaçonnés de la même manière, deux cavaliers tenaient une lance, deux autres avaient un arc à la main, et les deux derniers brandissaient une torche.
-Ils sortent d’où, ceux là? Murmura Ianto.
-Ce sont des chevaliers, je pense, répondit Jack en les observant, cache ton arme, ils ne connaissent pas cette technologie et ils risquent de nous accuser de sorcellerie.
Immédiatement Ianto dissimula son arme dans sa ceinture, dans son dos, imité par le capitaine. L’animal reculait lentement, sur ses gardes alors que les cavaliers approchaient. Les deux archers tirèrent, une seule fois chacun, chaque flèche touchant une des têtes de l’animal, lui arrachant deux plaintes sourdes et un aboiement de rage.
Après un dernier regard à Jack et Ianto, puis aux cavaliers, la bête s’enfuit en courant.
-Ne dis rien, laisse- moi parler, ordonna Jack en levant les mains.
Les cavaliers arrivèrent à leur niveau, encerclant les deux hommes perchés sur leurs rochers. Instinctivement, Jack se plaça entre Ianto et les hommes qui les menaçaient de leurs armes .
-Que faites-vous en dehors des enceintes après la tombée de la nuit? Demanda l’un des cavaliers en pointant sa lance sur la poitrine de Jack.
-Nous venons du nord, et nous avons été attaqués en chemin, mentit Jack, nous n’avons pas pu atteindre la sécurité du château avant la nuit. Alors nous sommes restés ici en attendant le jour, mais ce… cette chose a décidé de faire de nous son repas.
Ianto ne disait rien, il ne comprenait même pas ce que disait le capitaine - et pour cause c’était de l’ancien français - cependant l’expression qu’affichaient les cavaliers exprimait parfaitement leur état d’esprit.
- Un grand merci pour votre intervention, Messires.
Le cavalier s’approcha plus encore, posant la pointe de sa lance sur Jack.
-Nous pensions que tout le monde était au courant pour cette menace, finit par lâcher l’homme. Venez avec nous, vous serez plus en sécurité à l’intérieur.
Il baissa son arme et tendit la main au capitaine, l’invitant à monter derrière lui, le second lancier fit de même avec Ianto, et une fois les deux hommes prêts, les chevaliers prirent la direction de la cité.
-Vous portez une bien étrange tenue, Monsieur, fit remarquer le cavalier devant Jack.
-Jacques, dit Jack, mon nom est Jacques. Nos vêtements ont été volés avec le reste de nos possessions, nous avons mis ce que nous avons trouvé, voyez le résultat, ce n’est pas fameux.
Jack éclata de rire, finissant de détendre l’atmosphère, les cavaliers s’apitoyant plutôt que se méfiant.
Les chevaux franchirent le pont levis, qui se referma derrière eux. Le lancier qui avait pris Jack en croupe, leva le poing, stoppant tous les cavaliers, Jack et Ianto mirent pied à terre.
-Qui devons- nous remercier? Demanda Jack.
-Chevalier Liam de Tyson. Et voici mes hommes. Savez-vous où aller cette nuit?
-En réalité, non, avoua Jack. Pourriez- vous nous indiquer une auberge?
-Ne m’avez-vous pas dit que vous aviez été détroussés? Fit remarquer de Tyson.
Jack baissa la tête, son expression fit éclater de rire le chevalier.
-Allez ! Venez avec nous, nous ne laisserons deux gentilshommes en détresse. Dit- il hilare. Le temps de rentrer nos chevaux.
Sans le montrer, Jack était soulagé par la proposition du chevalier, Ianto et lui risquaient beaucoup, d’autant que Ianto ne parlait que le gallois, ce qui pourrait poser pas mal de problèmes. Les deux hommes suivirent les cavaliers en silence, pourtant de Tyson essayait de les faire parler mais conformément aux ordres du capitaine, Ianto ne disait rien, et Jack contrairement à son habitude semblait à court de mots. Finalement, les six chevaliers confièrent leurs chevaux à des écuyers et conduisirent les deux hommes jusqu’à une taverne encore pleine malgré l’heure. Les chevaliers se séparèrent, seul de Tyson resta avec Ianto et Jack, et leur offrit une bière.
-Je comprends que vous ayez pu vouloir être discret devant mes hommes, finit par dire le chevalier, mais maintenant que nous sommes seuls, j’aimerais savoir qui vous êtes, et d’où vous venez.
-Je vous l’ai dit, répliqua Jack, du nord.
-C’est vaste le nord, fit remarquer l’autre homme, avant que vous ne disiez quoi que ce soit, et surtout des mensonges, sachez qu’il y a dans les geôles de ce château un homme portant une tenue semblable à la votre, il porte un nom étrange et semble venir d’ailleurs.
Ianto observa la réaction de Jack, sans comprendre la discussion, le gallois su qu’il pensait à MacBurn, rien qu‘a la lueur de haine qui éclairait son regard. Se pourrait il que l’homme se soit retrouvé lui aussi dans ce monde? Aucun d’eux ne le savait.
-Sachez aussi que si vous n’êtes pas encore allés le rejoindre, c’est que vous avez la tête d’honnêtes gens.
Il jeta à Jack un drôle de regard, et Ianto ne put s’empêcher d’enrager intérieurement. ``C’est pas possible, même au moyen âge, il y a des gens qui ne peuvent s’empêcher de le draguer!``. Jack, lui, fit mine de ne rien remarquer.
-Je suis né à Lespinassière, Jack pria intérieurement pour que le village existe aussi dans ce monde, une forteresse nichée au cœur des montagnes, mais le village était trop petit à mon goût, déjà tout enfant, je ne rêvais que d’une chose, voyager. J’étais le plus jeune, et mes parents ne possédaient pas grand-chose, si bien que je n’ai hérité de rien à leur mort si ce n’est d’un de leurs chevaux, aussi, je suis parti, j’avais enfin l’occasion de réaliser mon rêve. Je suis parti directement vers le nord et j’ai atteint la Bretagne en quelques mois, j’allais où je voulais selon mes humeurs, je savourais ma liberté et les paysages. J’avais à peine 19 ans quand je suis arrivé là- bas, et je ne suis rentré au pays que récemment, pour me retrouver ici. Je ne me rappelais pas que les routes étaient si peu sûres pour les voyageurs. Que se passe-t- il?
Il espérait que l’homme leur expliquerait d’où venait la créature qui les avait attaqués, et surtout ce qu’elle était, même s’il en avait une petite idée. La bête à laquelle il pensait n’avait pas sa place ici.
-Et lui? Demanda cependant De Tyson, en désignant Ianto qui n’avait toujours rien dit.
Ce dernier jeta un regard interrogateur à Jack, il n’avait pas compris de quoi ils parlaient, mais savait que l’on parlait de lui.
-Il ne parle pas notre langue, expliqua Jack, je l’ai rencontré lors de mon voyage, il avait une quinzaine d’années, et il m’a sauvé la vie alors que je me battais contre un animal étrange. Comme il était orphelin, je lui ai proposé de rester avec moi, et je n’ai jamais eu à le regretter, sauf qu’il est Breton, et que je n’ai jamais réussi à lui apprendre la langue d’Oc
Il fit mine de prendre l’air désespéré, ce qui eut pour effet de faire rire le chevalier méfiant.
-Quoi? Demanda Ianto à Jack en gallois.
-Heu… désolé ! Il te prend pour un crétin.
Lui aussi partit d’un fou rire, et Ianto dut se retenir de lui mettre un coup de pied sous la table. Il avait d’autres moyens de lui faire payer…
-Tu aurais mieux fait de te taire, Harkness, dit- il sachant que leur hôte ne comprenait pas ce qui se disait. J’espère que l’abstinence ne te fait pas trop peur…
Du coup Jack perdit son sourire. Bien qu’il s’empressa de reprendre contenance devant l’expression surprise de de Tyson, Ianto sut qu’il avait compris la leçon, le Gallois n’était cependant pas prêt à lui pardonner tout de suite.
-Quelle était cette créature ? demanda Jack, histoire de faire diversion. Je ne me souvenais pas avoir entendu parler de semblables bêtes avant mon départ.

Cette fois ce fut à l’homme de marquer une pause.
-Effectivement, elles sont apparues il y a bientôt deux ans, en même temps qu’une autre sorte de créature, volante, elle. Nous ne savons pas d’où elles viennent, elles sont arrivées comme ça, et elles nous ont attaqués d’un coup. Beaucoup sont morts parce que nous ne savions pas comment nous défendre, des serpents avec des ailes nous ont attaqués par le ciel tandis que les chiens forçaient les portes.
-Comment vous en êtes- vous sortis? Interrogea Jack, le visage grave.
-C’est là que ça devient étrange, on ne sait toujours pas pourquoi exactement, mais à un moment donné, au lieu de s’attaquer à nous, les deux espèces se sont attaquées l’une l’autre. Depuis, nous subissons leur guerre, certaines régions sont absolument à éviter à moins de vouloir finir dévorés. Ces monstres ont décimé une grande partie de nos bétails, les fermiers craignent de cultiver leurs champs, et quand ils le font, les reptiles volants détruisent les récoltes en se posant dessus. Ils sortent le jour ou la nuit, mais surtout après le coucher du soleil, les volants parce que leur ombre ne les trahit plus ou les chiens parce qu’ils ont une vision parfaite. D’où l’instauration d’un couvre -feu. Vous avez eu de la chance que ce soit moi qui ait été de garde ce soir, d’autres vous auraient laissés…
-Ont-elles un nom? Demanda Jack.
-Et bien pour certains, les ``volants`` seraient des descendants de Draco Magnus, tué par Saint Michel, mais je n’y crois pas trop, en tout cas, les habitants leur ont donné le nom de Dragons. Pour les chiens, certains parmi ceux qui ont voyagé disent qu’il y a loin à l’est un pays où cet animal était craint parce qu’il gardait les portes des Enfers…
Il se tut en frissonnant, refusant de continuer.
-Quel est leur nom? Insista cependant Jack.
Les deux hommes s’affrontèrent du regard, et de Tyson détourna les yeux le premier.
-Cerberes, murmura-t- il.
Le silence tomba brusquement dans la salle pourtant bruyante quelques secondes auparavant, tous les regards se tournèrent vers leur table. Jack était quelque peu surpris, et Ianto qui n’avait rien compris de la conversation questionnait son chef du regard.
-Liam, tu sais qu’il est interdit de parler d’Eux! Lança quelqu’un, ce n’est pas ton rang qui doit te dispenser d’obéir aux lois.
-Retourne cuver ton vin, Alf.
Mais les autres s’étaient levés.
-Ces étrangers ne devraient pas être là! Disait l’un.
-Ils sont étranges, tu devrais les enfermer tant que l’on ne sait pas d’où ils viennent.
- Enferme-les!
- Enferme-les!
Jack soupira, Ianto l’observait vaguement inquiet, ces cris ne lui disaient rien qui vaille. Le chevalier lança à Jack un regard implorant, le capitaine comprit la situation.
-Allez-y ! Emmenez- nous, chuchota Jack.
Après un vague sourire de gratitude, l’homme se leva, incitant Jack et Ianto à le suivre.
-C’est bon, ils vont passer la nuit dans les geôles, dit il à la foule, et demain je les interrogerai.
Cela sembla calmer les clients qui retournèrent à leurs boissons, de Tyson précéda Jack et Ianto jusqu’à la sortie.
-Je suis désolé, s’excusa-t-il une fois dans la rue, les gens ne sont pas comme ça d’habitude.
-Ne vous excusez pas, chevalier, après tout c’est vrai que nous sommes étranges.
-Appelez- moi Liam, coupa l’homme, vous êtes peut- être étranges, mais il en va de notre honneur d’être courtois, et ces hommes manquent à leurs devoirs.
Il marqua une pause, il avait vraiment l’air d’avoir honte du comportement des ses ``compatriotes``.
-Pour ce soir, je ne peux rien faire, mais demain matin je viendrai vous rechercher, je vous fournirez tout ce qu’il vous faut pour partir.
Jack le remercia chaleureusement.
-Vous n’êtes pas obligé, vous savez, laissez- nous juste partir demain matin, nous nous débrouillerons.
-Bien sûr, vu comment vous êtes habillés, et depuis le temps que vous êtes parti de la région, je parie que vous ne tiendrez pas deux jours… c’est par là.
Ils pénétraient dans la prison du château, Liam leur fit traverser un couloir bordé de cellules au sol couvert de paille et de terre battue, presque toutes étaient utilisées, la plupart par des hommes ivres, quelques- unes par des prisonniers de guerre qui devaient croupir là depuis pas mal de temps.
-Ca ne vous dérange pas si je vous mets à coté de l’autre étranger?
-Oh non! S’exclama Jack sans hésitations.
Il comptait avoir une bonne discussion avec MacBurn, et c’était l’occasion ou jamais. La réponse sembla soulager Liam.
-Encore merci pour ce que vous faites, Liam, se sentit obligé de dire Jack.
Le capitaine jeta un coup d’œil à Ianto, jamais le Gallois n’avait été aussi obéissant, ``Pourtant il doit avoir du mal à comprendre ce qui se passe`` pensa-t- il.
-Et bien, c’est ici.
Liam sortit un grand trousseau de clés et en sélectionna une, il allait ouvrir la porte lorsque de la cellule voisine s‘éleva une voix:
-Jack?!
Jack se retourna.
-Vous?!





John avait ramené Gray à son appartement. Même si le jeune homme n’avait aucune chance de se libérer, le capitaine ne voulait pas prendre de risque ; au moins, chez lui il pourrait l’avoir à l’œil. Lui montrer la chevalière de Stoyan avait été efficace, cela avait tout de suite mis Gray en confiance, lui faisant oublier son but premier (détruire la vie de Jack), et le jeune homme avait suivi John sans hésiter, pressé de retrouver son ancien mentor.
En arrivant, John conduisit Gray immédiatement à sa chambre, il lui fixa un petit bracelet métallique au poignet et actionna le système d’alarme. Il avait truffé la pièce de capteurs, qui, jumelés au bracelet, empêchaient quiconque de quitter la pièce, ainsi Gray ne pourrait pas partir, ni même le menacer, et John aurait ainsi une chance de lui parler, de lui expliquer la situation sans prendre de risque.
Sortir d’un état de cryogénisation n’est pas sans conséquences et Gray resta dans un état quasi léthargique presque toute la journée, mais le soir venu, il était parfaitement lucide et il avait compris que John l’avait trompé.
-Tu as intérêt à me libérer immédiatement, avant qu’Il ne vienne me récupérer! Disait-il à chaque fois que John entrait dans son champ de vision.
Et chaque fois, il avait droit à la même réponse:
-Il te croit mort, il ne fera rien pour toi. Il n’a d’ailleurs jamais rien fait pour toi.
Il y avait un écran dans la pièce où le jeune homme était enfermé, ainsi que des haut-parleurs disséminés ça et là, et depuis que Gray y était enfermé, John diffusait les enregistrements des caméras de surveillance de la base Torchwood. Comme il s’en était douté, Jack avait passé des heures devant le corps de son frère, lui parlant tout le temps, s’excusant, rappelant des souvenirs de leur enfance commune, ou simplement restant assis à pleurer. John avait cependant fait attention à effacer tous les passages où Ianto rejoignait son amant, ainsi Jack ne pourrait pas lui reprocher d’être celui qui avait dévoilé sa liaison avec le jeune homme.
Au début, Gray refusait d’écouter, il restait assis les mains sur les oreilles à murmurer que ce n’était que des mensonges.
Pendant tout ce temps, John essayait de savoir où en étaient Jack et Ianto, il serait bien allé leur donner un coup de main, mais il ne pouvait pas laisser Gray seul. En revanche, en poussant plus avant ses recherches dans les données informatiques personnelles de MacBurn, il trouva un fichier concernant Torchwood. En l’ouvrant, il vit un dossier au nom de chacun des membres y compris de Toshiko Sato et d’Owen Harper. Il comprit alors que l’institut était sous surveillance depuis déjà pas mal de temps, et inquiet, il ouvrit le dossier de Jack afin de le parcourir entièrement.
-Ouf, au moins aucune allusion à son immortalité, murmura-t-il.
Par acquis de conscience, il chercha encore, mais le capitaine n’était plus mentionné nulle part si ce n’est qu’en tant que chef de la branche Cardiff, ce qui le rassura partiellement. Mais que le Voleur de Planètes en sache autant au sujet de Torchwood montrait la puissance des appuis qu’il avait dans ce monde, ce qui était loin d’être rassurant. John se demandait bien qui pouvait encore soutenir cet homme pourtant dangereux et recherché, quelle personnalité connue du grand public pouvait bien, en toute connaissance de cause, mettre en péril l’humanité.
Sachant qu’il n’obtiendrait pas de réponses, il délaissa les ordinateurs et se concentra sur le jeune homme dans la chambre.

Flash back: Durant le mois passé par Gray auprès de Stoyan.

Cela faisait seulement quatre jours que le jeune homme avait rejoint Stoyan, et il avait l’impression de vivre un rêve. L’homme lui laissait piloter son vaisseau, il lui avait même appris plusieurs manœuvres à faire en cas de combat contre un autre vaisseau. Gray prenait tous ses repas en sa compagnie et très vite il se sentit suffisamment en confiance pour répondre sincèrement aux questions sur son enfance, sa vie jusque-là. Il alla même jusqu’à confier ses sentiments, ses espoirs de revoir un jour son frère, mais surtout, il avoua à Stoyan qu’au départ il avait considéré son frère comme responsable de ce qu’il avait vécu.
-Tu n’as jamais pensé qu’il t’avait lâché la main exprès?
La phrase avait été dite comme ça, sans préambules au milieu du repas. Gray avait fixé Stoyan, surpris.
-Il n’aurait jamais fait ça, réussit-il à bégayer.
L’homme avait souri de sa réaction.
-Pourtant il avait tout à y gagner.
Gray lâcha sa fourchette qui rebondit bruyamment sur la table, puis sur le sol.
- Que voulez-vous dire?
Le sourire de Stoyan s’était élargi.
-Oh franchement Gray! S’exclama-t-il, toi disparu, il aurait à nouveau eu toute l’attention de tes parents.
-Sauf que notre père est mort!
Sa colère était palpable, il s’était même levé si brusquement que sa chaise s’était renversée.
-Ton père est mort parce qu’il essayait de sauver ta mère, parce que ton frère vous a lâchement abandonné, parce qu’il a fui.
Furieux, Gray posa ses poings, si serrés qu’il en avait les jointures blanchies, de chaque coté de son assiette. Le jeune homme était maintenant légèrement penché en avant, regardant Stoyan droit dans les yeux.
-Mon… frère… n’y… est… pour… rien, dit- il en martelant chaque mot.
Et, brusquement, il tourna le dos et quitta la pièce, sans voir le léger sourire triomphant qui s’était dessiné sur les lèvres de l’homme.
Celui-ci avait perçu la colère de jeune homme, mais il avait aussi décelé autre chose dans son regard, une infime trace de doute.
La première phase était en marche.

Fin du Flash Back

La haine était profondément enracinée dans l’esprit de Gray, il fallait accorder ça à MacBurn : quand il faisait quelque chose, son travail était parfait. Pourtant John n’avait pas le choix, il devait faire entendre raison au jeune homme quoi qu’il arrive. Mais cela prendrait du temps, et il n’en disposait pas réellement. Alors John avait fait la seule chose possible pour gagner un maximum de temps: en s’aidant de son bracelet, et d’un logiciel volé lors d’un de ses voyages au 48ème siècle, il avait enfermé son appartement dans une boucle temporelle. Il pourrait ainsi se passer des semaines, des mois, voir des années dans l’appartement et seulement quelques heures à l’extérieur, la seule limite étant lui-même et sa capacité à rester enfermé. Pour le moment, cela faisait deux mois qu’il n’était pas sorti, pourtant, en piratant Torchwood, il savait qu’il ne s’était passé en réalité qu’une heure.

Au début, Gray se mettait à hurler lorsque John essayait de lui parler, refusant catégoriquement d’entendre ce qu’il avait à dire, passant son temps à exiger du capitaine qu’il le relâche et le laisse rejoindre le seul homme qui l’ait aidé. Dans ces moments- là, John retenait à grande peine sa tristesse, il se souvenait du temps passé à réconforter le jeune garçon traumatisé par des années de captivité et de tortures, et il continuait à parler, comme si de rien n’était, sans tenir compte des cris de rage du jeune homme. Il s’entêtait à raconter les mois passés auprès de Jack à le rechercher, lui, son jeune frère, depuis son enfance jusque maintenant. Et une fois son récit terminé, il recommençait, inlassablement. Le reste du temps, il passait les enregistrements vidéo de la crypte de Torchwood, en boucle.
Un troisième mois passa, de la même façon que les deux précédents, puis enfin, vers le milieu du quatrième mois, Gray commença à écouter ce que disait John. Il avait cessé de crier, il fixait simplement l’homme qui se tenait devant la porte, des larmes coulant parfois le long de ses joues. Mais il ne disait rien. Pas encore. Encouragé par ce changement d’attitude, John se faisait plus précis dans ses descriptions, insistant souvent sur ce que ressentait Jack à cette époque, sur son sentiment d’impuissance lorsque chaque piste qu’ils trouvaient se révélait une impasse.

-Est-ce qu’il m’en veut?
John sursauta, cela faisait six mois maintenant qu’ils étaient enfermés dans cet appartement, et presque deux mois et demi qu’il n’avait pas entendu la voix du jeune homme, qui n’avait plus ouvert la bouche depuis qu’il avait cessé de hurler.
-De quoi?
Le jeune homme était assis sur le lit, le dos appuyé au mur, les genoux remontés contre la poitrine, il fixait ses mains sans oser relever les yeux.
-Il a toujours du s’occuper de moi, je voulais toujours le suivre, et nos parents l’obligeaient à me prendre avec lui, ça ne lui plaisait pas mais il obéissait, et après il y a eu ces attaques, et tu me dis qu’il a passé toute sa vie à me chercher, j’ai…
Il s’était tu, le temps de relever la tête et de croiser le regard de John, toujours debout devant la porte.
-J’ai gâché toute sa vie, j’ai toujours été un poids pour lui, il a tout sacrifié pour moi et la seule chose que j’ai trouvée à faire c’est de tuer ses amis et détruire ce à quoi il tenait. Pourquoi est-ce qu’il ne m’a pas tué? Pourquoi? Je ne mérite pas d’être là aujourd’hui, je ne devrais plus être en vie. Je ne le mérite pas.
Des larmes coulaient le long de ses joues, et il avait l’air si désemparé que John pensa le rejoindre, mais il n’était pas encore sûr que le garçon ait réellement changé, peut-être était-ce encore un piège.
-Il n’a jamais pensé que tu étais un poids pour lui, dit- il à la place. Combien de fois il m’a raconté vos promenades à tous les deux, les jeux que vous faisiez ensemble au bord de la mer, que vous inventiez lorsque vous ne pouviez pas sortir à cause du mauvais temps, il t’aimait réellement, et c’est pour ça qu’il n’a pas pu se résoudre à te tuer. Au lieu de ça, il t’a pardonné, il a cherché à comprendre ce qui te poussait à faire ça, et il t’a excusé. Le pire pour lui a été de savoir qu’il t’avait retrouvé pour te perdre à nouveau. Il passait le plus de temps possible à la crypte, pour te parler, pour à nouveau être près de toi. Sa plus grande torture a été de devoir rester là, de savoir que tu étais si près et pourtant inaccessible, il ne rêvait que d’une chose, te réveiller, mais il avait peur… oui, j’ai bien dit peur. Peur que tu ne t’en prennes à nouveau à ceux qu’il essayait de protéger, à ses amis, cette ville, cette planète…
En sachant ce que tu risquais de faire à tout ce qu’il y a autour de lui, il a du faire un choix, et il s’est sacrifié, encore, pour le bien de tous, il a encore pris sur lui et il a continué à souffrir de te savoir à nouveau perdu.
Gray continuait à le fixer, il ne disait rien, mais à son regard, John comprit qu’il réfléchissait à ce qu’il venait de dire.
``Tant mieux, peut-être finira-t-il par comprendre`` Pensa-t il.

Flash back

Gray évita Stoyan le reste de la journée ainsi que la suivante, il était troublé et ne voulait pas que l’homme s’en aperçoive.
Tant qu’il était auprès de John, il avait pris conscience que son frère n’était pour rien dans son enlèvement, que c’était la « faute à pas de chance ». Même si une parcelle de lui en voulait toujours à Jack, il avait réussi à l’enfouir au fond de lui, comprenant qu’elle représentait seulement son besoin de rendre quelqu’un responsable de son malheur.
Sauf que les mots de Stoyan avaient fait remonter ses doutes et il repensa à tout ce qu’il avait vécu, tout ce qu’il avait appris à accepter comme étant son passé, et plus il y repensait, plus il sentait croitre sa colère. Au début, il essaya de contenir cette colère, cette rage, il repensait alors à John, comment il l’avait soutenu, aidé, à ce qu’il lui avait appris.
Il était presque parvenu à retrouver son calme quand il croisa à nouveau Stoyan.
C’était le soir, bien après l’heure du repas, Gray n’avait rien avalé depuis la veille à midi et les insinuations de Stoyan, et c’est naturellement qu’il s’était dirigé vers la cuisine, ne s’attendant pas à y trouver qui que ce soit vu l’heure tardive. Pourtant l’homme était là, assis à table, un verre de vin à la main, le reste de la bouteille devant lui, il fixait son cadet sans rien dire, mettant ce dernier légèrement mal à l’aise.
Essayant d’ignorer le regard fixé sur lui, Gray se prépara une collation, puis vint s’installer face à Stoyan, à la seule place assise. Il mangea en silence, les yeux baissés sur son assiette, parfaitement conscient du regard de l’homme qui semblait le pénétrer.
-As-tu réfléchi à ce que nous nous sommes dits hier?
Gray leva enfin les yeux et fixa à son tour celui qui lui faisait face.
-Il n’y avait pas à réfléchir, Jack n’est pas en cause dans ce qui m’est arrivé, répondit le jeune homme avec assurance.
-Pourtant… Stoyan marqua une pause. Il a fallu des années avant que tu ne sois libéré, et ce n’est même pas lui qui t’a retrouvé.
-Il était occupé ailleurs, le défendit Gray, à nouveau rongé par la rage. Il…
-Il quoi? Coupa Stoyan, je croyais que sa seule préoccupation, c’était toi? Il y a pourtant un moment que tu es libre, pourquoi n’est- il jamais revenu? Ne devrait- il pas être là? Avec toi?
Quelque chose en Gray se réveilla, c’était comme s’il avait un dragon dans le corps, un dragon qui criait vengeance, qui voulait sa revanche, qui voulait que quelqu’un paye pour ce qu’il avait vécu, pour toutes les souffrances subies. Il se leva brusquement, ivre de rage, le visage figé dans une expression de haine pure. D’un grand geste de la main, il envoya voler son assiette contre le mur sur lequel elle explosa en mille morceaux.
Stoyan affichait le même sourire qu’un enfant le matin de noël, découvrant le cadeau tant espéré.
-Tu es enfin prêt, mon ami.
Fin du Flash back.


Une nouvelle semaine passa, Gray n’avait plus rien dit, mais il écoutait attentivement ce que lui disait John, et ce dernier l’avait surpris plus d’une fois à fixer l’écran, les yeux brillants de larmes.

-John?
Le capitaine Hart était à la cuisine, en train de préparer le diner, il se précipita vers la chambre. Gray avait quitté le lit, debout devant la porte, il faisait face à John.
-Qu’y a-t- il? Demanda John, cachant mal son inquiétude de le voir ainsi.
-Si ce que tu me dis est vrai… à propos de Jack… de tout ce qu’il a fait pour moi… pour me retrouver… alors ce que m’a dit Stoyan, qu’est-ce que c’était? Qu’est-ce qu’il avait à gagner en me faisant haïr mon frère ?
John se força à rester impassible, mais intérieurement il jubilait. Depuis qu’il avait passé ce mois auprès du Voleur de Planètes, Gray n’avait plus jamais appelé Jack autrement que par des mots plus vulgaires les uns que les autres, ou alors simplement Jack, et encore, le ton employé ne laissait aucun doute sur les sentiments que ce nom provoquait.
-Connais -tu seulement la réputation qu’il a à travers l’univers? Interrogea John.
S’il voulait que Gray change réellement et qu’il oublie toute la rancœur qu’il avait pour Jack, il devait se rendre compte par lui-même qu’il avait été trompé, c’était la seule façon d’éviter qu’il se retourne à nouveau contre son frère.
Gray le fixa dans les yeux, cherchant à déceler toute marque de tromperie dans le regard de John.
-Il m’a tout dit de lui, dit Gray sur un ton de défi, l’air de dire ``prouve- moi le contraire``.
John essaya de ne pas rentrer dans son jeu.
-Je veux que tu te fasses ta propre opinion de lui, après tout tu es certainement celui qui a passé le plus de temps avec lui, dit- il, mais sache aussi que les actions d’un homme n’ont pas les mêmes répercussions pour ses alliés et pour ses victimes. Il avait besoin d’un allié. Quoi de mieux qu’un jeune homme aveuglé par la haine ?
Il pouvait voir dans le regard de Gray qu’il était troublé. Pour lui laisser le temps de réfléchir à ses paroles, John le laissa, retournant à la cuisine finir de préparer le repas. Heureusement pour eux, il avait pas mal de réserves, mais il commençait à en avoir assez des plats surgelés ou en conserve. Mais il ne pouvait pas quitter l’appartement sans interrompre la boucle temporelle, ce qui était impossible tant que Gray ne serait pas revenu à la raison. En six mois, le jeune homme avait fait d’énormes progrès, plus que ce à quoi s’était attendu John. Maintenant, Gray était capable de parler de Jack sans qu’une lueur de haine pure n’allume son regard, et il s’en voulait de ce qu’il avait fait, c’était déjà un bon point si l’on prenait en compte qu’avant, il n’avait aucun remords. Par ailleurs il commençait à se poser des questions sur le Voleur de Planètes, et ce sans que John n’ait eu trop à l’influencer, le capitaine n’aurait pas pu rêver mieux.
Quand John servit le repas ce soir là, Gray était à nouveau allongé sur le lit, lui tournant le dos.

Trois autres jours passèrent sans que Gray ne dise un mot, jusqu’à un après midi (enfin à ce que John pouvait en juger sachant qu’à l’extérieur il était continuellement 15h du même jour) où le jeune homme s’approcha à nouveau de l’entrée de sa prison.
John regardait un film sur un des ordinateurs pour la troisième fois au moins. L’avantage lorsque le temps ne compte pas, c’est que l’on peut rattraper son retard sur le visionnage des programmes TV, l’inconvénient, c’est qu’ils ne se renouvellent pas et au bout d’un moment, on a tout vu.

-Tout ce qu’il m’a dit à propos de Jack, qu’il était responsable de mon enlèvement, de mes souffrances… il a su trouver les mots si justes que ça m’a paru si réel… si vrai… et maintenant, j’ai l’impression de m’être fait avoir, et en même temps, il y avait un soupçon de vérité dans ses paroles, sinon il n’aurait pas pu convaincre qui que ce soit.
John s’était rapproché et chercha à croiser le regard du jeune homme, il voulait que Gray voit qu’il était sincère dans ce qu’il disait et qu’il ne lui mentait pas.
-Lorsque vous étiez enfants, Jack et toi, tu as été enlevé par une race alien hostile à ton peuple. Ton frère était à peine plus âgé que toi, comment veux-tu qu’il soit responsable de ça?
-Il m’a lâché, murmura Gray en baissant les yeux.
-Il était aussi jeune et apeuré que toi, il n’est pas coupable, juste une autre victime qui a du subir ton enlèvement, la mort de ton père et vivre avec le poids de la culpabilité et du remords. Et crois-moi, cela le ronge toujours aujourd’hui. La seule chose dont pourrait être coupable Jack, c’est de ne pas avoir réussi à te retrouver. Comment peux-tu le lui reprocher alors qu’il était si jeune?
-Il m’a abandonné!
-Il a passé tant d’années à te chercher qu’il en a oublié de vivre, j’ai passé des journées à l’hôpital parce qu’il était tombé comme ça, d’un coup, il était tellement obsédé par l’idée de te retrouver qu’il en oubliait de manger pendant des semaines.
-Il…
-Il… rien du tout, Gray, coupa John, tu as été enlevé, tu n’as pas eu d’enfance, mais lui non plus n’en a pas eu, vous avez vécu les mêmes choses, tu as été torturé, physiquement, lui l’a été mentalement, tu ne pouvais pas manger, mais lui non plus ne le pouvait pas, trop préoccupé par ce que tu pouvais bien devenir, tu pensais à lui, lui pensait à toi. Vous êtes pareils, Gray, et quoi que Stoyan ait pu te dire, ça ne changera pas.
Gray releva enfin les yeux. Il avait compris, enfin, qu’il avait été dupé, trompé, trahi.
-Je sais qui il est, dit-il enfin. Et je sais comment l’arrêter.


-Non, je ne peux pas le croire! S’exclama Jack, mais qu’est-ce que vous faites ici?
Sans s’en rendre compte, le capitaine s’était exprimé en anglais, Liam n’avait donc aucune idée de ce qui se disait, mais il comprit immédiatement que les deux hommes étaient de vieilles connaissances.
-Vous l’avez déjà vu? Demanda-t-il à Jack.
-Oh, excusez-moi, répondit le capitaine se rendant compte qu’il l’avait exclu de la conversation, nous avons voyagé ensemble quelque temps, mais je ne m’attendais pas à le voir ici.
-Est-ce qu’il est fiable? Je… je veux dire, si je le relâche, il ne fera pas d’histoire?
Jack regarda l’autre prisonnier.
-Qu’en dites-vous? Lui demanda-t-il, resterez-vous avec nous s’il vous libère?
-Je n’ai pas trop le choix? Si… ?
Il souriait.
-Ne vous en faites pas, dit alors Jack à Liam pour le rassurer, il ne posera aucun problème.
Le chevalier acquiesça, visiblement rassuré.
-Je reviendrai avant l’aube demain, affirma-t- il après les avoir enfermés.
Il les laissa après leur avoir jeté un dernier regard.

Sitôt l’homme disparu, Ianto se tourna vers Jack.
-Maintenant, vas-tu m’expliquer ce qui se passe? Exigea-t-il.
-Oui, moi aussi j’aimerais une explication, dirent en même temps le capitaine et l’autre prisonnier.
Les trois hommes s’esclaffèrent.
-Ianto, dit Jack une fois calmé, je te présente le Docteur, bien que tu l’ais déjà vu par l’intermédiaire des caméras de surveillance.
-Je ne vous avais pas reconnu, s’excusa le Gallois.
-Oh ! ne vous en faites pas pour ça.
-Pour ma défense, continua Ianto, c’est bien le dernier endroit où j’aurais pensé vous voir.
Il y eut un silence, que le capitaine finit par interrompre.
-Il a raison, Docteur, que faites-vous ici?
L’homme, qui s’était levé à l’entrée des membres de Torchwood se rassit, visiblement attristé.
-Je ne sais pas trop comment j’ai atterri ici, commença-t-il, j’étais à bord du TARDIS, seul, jusqu’à ce qu’il se mette à trembler et vibrer dans tous les sens, puis quelque chose l’a percuté, lui arrachant un morceau et il s’est ``écrasé`` pas loin d’ici. J’étais sorti pour évaluer les dégâts quand je me suis fait attaquer par un Cerbere, puis par des Nâga et je n’étais pas loin de leur servir de repas quand ces chevaliers sont arrivés. Évidemment, ils m’ont pris pour un fou ou je ne sais pas trop quoi et je me suis retrouvé ici.
Il marqua une pause. Jack et Ianto l’observaient: assis, les épaules voutées, la tête dans les mains, ``Il fait vraiment peine à voir`` pensa Ianto.
-Que vous arrive-t- il? S’étonna Jack qui ne l’avait jamais vu aussi sombre, sauf autrefois lorsqu’il évoquait Rose.
-J’ai bien peur que le TARDIS soit très mal en point, lâcha-t-il, il faut vraiment que je retourne là -bas et que je l’aide.
Jack n’essaya pas de masquer sa surprise, d’habitude aucune cellule ne résistait longtemps au Seigneur du Temps.
-J’ai laissé mon Tournevis à bord du TARDIS, expliqua le Docteur, je ne pensais pas en avoir besoin.
-Au fait, qu’est-ce qu’un Cerbere? Interrogea Ianto, je croyais que c’était de la mythologie, et un Nâga?... Et où est-on, parce qu’on se croirait revenu dans le passé ?
-C’est compliqué, nous sommes dans le passé de votre monde, expliqua le Docteur, mais avant que je ne m’avance à faire des hypothèses, comment avez-vous atterri ici? Je vous croyais à Cardiff.
-Nous y étions! Protesta Jack, jusqu’à ce qu’on se rende compte que quelqu’un enlevait les weevils qui sortaient de la faille et des égouts.
Il résuma les événements qui s’étaient déroulés entre le moment où ils avaient constaté la disparition des Weevils et leur arrivée dans ces geôles.
-Lorsque Liam m’a dit qu’ils avaient enfermé quelqu’un ``comme nous``, j’ai pensé qu’il s’agissait de MacBurn, imaginez ma surprise lorsque je vous ai vu!
Enfin le Seigneur du Temps retrouva son visage habituel, les yeux curieux, toujours en mouvement, il s’était relevé et tournait en rond dans la cellule exigüe en faisant de grands gestes et en marmonnant.
-Jack? Appela doucement Ianto, qu’est-ce que tu as prévu avec ce chevalier?
Le capitaine qui observait les allées et venues du Docteur se retourna vers son compagnon.
-Appelle-le Liam, il va nous aider à sortir et je l’espère, à repartir chez nous.
Jack s’assit aux cotés du Gallois et posa un bras autour de ses épaules, essayant de l’apaiser.
-Je suis désolé de t’avoir embarqué là-dedans, s’excusa le capitaine. J’aurais du t’empêcher de franchir cette porte.
Ianto se dégagea brusquement pour lui faire face.
-Comme tu le dis, c’est moi qui ai voulu franchir cette porte… même si il n’y en avait pas à proprement parler.
Il rit de sa remarque mais se reprit rapidement.
-Alors pourquoi es-tu dans cet état?
-Parce que ça me trouble d’être dans un endroit où je ne comprends strictement rien. Encore lorsque nous étions dans la Cité, j’arrivais à saisir quelques mots, et les réactions des gens étaient… normales… là, je ne comprends strictement rien à cette langue, et leurs coutumes sont tellement étranges… on risque notre vie à tout instant et on ne sait même pas pourquoi!
Jack ne put s’en empêcher, il éclata de rire.
- Bienvenue au Moyen- Âge, dit-il.
Il obtint un faible sourire de son compagnon et l’attention du Seigneur du Temps.
-Et maintenant, demanda Ianto, on va avoir droit à une explication? Et si quelqu’un a une idée pour partir d’ici, je suis preneur.
Les deux compagnons se tournèrent d’un même mouvement vers le Docteur.
-Ne le prenez pas mal, Jack, mais ma priorité pour l’instant est de sortir d’ici et de m’occuper du TARDIS.
-Oh, croyez-moi, je comprends tout à fait, c’est d’ailleurs pour ça que nous nous rendrons immédiatement auprès de votre vaisseau lorsque Liam viendra nous chercher.
-Je parlais surtout des créatures, vous ne nous avez toujours pas dit ce que vous savez d’elles.
-Il a raison, confirma Jack, d’après Liam, elles sont apparues il y a quelques années, ce qui laisse penser qu’elles ne sont pas originaires de cette planète. C’est le cas?
Tout d’abord, le Docteur resta silencieux, puis il s’approcha des deux hommes, à toucher les barreaux.
-Non, elles ne sont pas d’ici, en fait certains représentants de chacune des espèces auraient pu effectivement faire leur apparition sur cette planète, mais certainement pas à cette époque et dans ce pays. On est bien en France, non? Les Cerberes n‘auraient du apparaitre qu’en Grèce, et encore, au temps de son apogée, il y a des siècles. Quand aux Nâga, ils doivent être à l’origine du mythe du dragon dans les pays hindous, ils n’ont rien à faire en Europe!
-Ils viennent d’où, dans ce cas? S’étonna Ianto.
-De Carsfilstray, ces deux espèces en sont les seuls habitants, et ils sont en guerre depuis des siècles.
-Et personne n’a cherché à l’arrêter? Lança Ianto surpris, je croyais que c’était votre travail!
Le Docteur éclata de rire.
-Et d’un je ne peux pas être partout, et de deux, pour mettre fin à une guerre, il faut en connaitre la raison, ce qui n’est pas le cas ici. Cette lutte dure depuis si longtemps que nul ne se souvient de l’origine, pas même ceux qui se battent. Mais peut-être vous avez-vous la solution? Ajouta-t- il ironique.
Ianto devint rouge de confusion, il ne savait plus où se mettre.
-Heu… je… non… désolé, parvint-il à bafouiller.
-Il n’y a rien à pardonner, vous ne pouviez pas savoir, l’excusa le Seigneur du Temps. En fait, quelqu’un avait trouvé une solution, il est arrivé un moment où il ne restait quasiment plus aucun survivant de ces deux espèces, de l’ordre d’une dizaine de représentants par espèce. Donc, il y a longtemps, cet autre seigneur du Temps a envoyé les derniers survivants ici sur Terre, mais dans des pays et des époques différentes, pour leur donner une chance de ne pas s’éteindre, mais aussi pour faire partager aux humains les connaissances qu’ils avaient.
-Mais qu’est-ce qu’ils font ici et maintenant alors?
-Je n’en ai pas la moindre idée. Mais je suppose que c’est pour ça que le TARDIS m’a emmené ici. Pour que vous puissiez partir d’ici, je pense que le mieux est de passer par où vous êtes venus.
-Et bien ! En fait, je ne suis pas sûr que ce soit possible, avoua Jack, lorsque nous avons été attaqués par ce Cerbere, nous étions ``devant la porte`` si je puis m’exprimer ainsi, mais nous n’avons pas pu faire marche arrière, c’est d’ailleurs à cause de ça qu’on se retrouve ici.
-Coincé dans un monde de fous! Murmura Ianto un léger sourire aux lèvres.
-Ce n’est pas un monde de fous, Monsieur Jones, corrigea le Docteur hilare, c’est le monde dans lequel ont vécu vos ancêtres, mais je vous accorde qu’il puisse paraitre déroutant à des habitants du 21ème et 51éme siècle.
-Et! Protesta Jack, je ne me suis pas plaint, moi!
-Non, bien sûr, toi, tu comprends tout ce qu’on te dit et tu en profites pour faire passer les autres pour des imbéciles, lança Ianto.
Jack en resta bouche bée, incapable de répondre à cette attaque. ``Mieux vaut ne rien dire`` pensa-t- il `` sinon, Il n’a pas fini de me le faire payer ``

-Décidément, cet endroit pose beaucoup de problèmes, finit par dire Ianto après plusieurs longues minutes de silence, entre notre ami MacBurn qui en connait l’entrée, j’en suis certain, et ces créatures qui n’ont rien à faire là. A croire que tous les mondes se sont ligués contre celui-ci.
Le jeune Gallois observait les réactions du Docteur. Ce dernier s’était à nouveau assis et semblait méditer, il se frappait souvent le front, ce qui troublait beaucoup Ianto. Jack, lui, en avait l’habitude et il avait compris que le Seigneur du Temps était en train de ruminer la dernière remarque de Ianto, qu’il cherchait une explication à tout cela, et qu’il en aurait surement pour un moment.
-Tu devrais essayer de dormir, chuchota-t-il à son compagnon alors que ce dernier baillait, je veille et je te réveille s’il y a du neuf.
-Non, pas la peine ! refusa Ianto, je suis parfaitement éveillé.
-C’est ça! Il n’y a pas deux jours tu dormais debout, et tu as à peine dormi depuis. Ianto, s’il te plait dors un peu, je ne veux pas qu’il t’arrive quoi que ce soit parce que la fatigue amoindrit tes reflexes. Il ne faudrait pas abimer ce corps parfait.
Il cherchait à plaisanter, mais il était vraiment inquiet de la fatigue quasi permanente de son amant. Finalement Ianto céda et finit par s’allonger sur la paillasse, la tête posée sur les cuisses de Jack qui lui caressa machinalement les cheveux. Moins de dix minutes après, il dormait profondément.

-Je ne vous connaissais pas ainsi, Jack, dit le Docteur, faisant sursauter ce dernier.
Le capitaine s’était perdu dans la contemplation du visage enfin paisible de son amant, si bien qu’il en avait oublié la présence de tout ce qui les entourait et même du lieu où ils se trouvaient.
-Pardon?
-Je disais que je ne vous connaissais pas ainsi, Jack, répéta le Docteur, vous semblez vraiment attaché à ce jeune homme, beaucoup plus qu’à quiconque auparavant… je dirais même que cela ne vous était strictement jamais arrivé, et pour quelqu’un qui vous connait, c’est assez surprenant.
-Vous trouvez? Je n’ai pourtant jamais perçu de changement, s’étonna Jack.
-Oh ! Croyez- moi, cet homme vous a changé.
Jack garda le silence, il fixait Ianto les sourcils froncés, perdu dans ses pensées.
``Dieu! Se pourrait-il que ce soit vrai? Ianto m’aurait- il changé à ce point? C’est vrai que depuis que je le connais, il y a quelque chose de différent, mes flirts ne sont plus aussi… sérieux, et… mais c’est vrai, depuis ce soir-là dans le parc, il ne cesse de m’obséder, tout en lui m’attire… non, me plait. Et c’est vrai que lorsqu’il n’est pas là, c’est comme s’il me manquait quelque chose… qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire? Que je suis…? Non, je ne peux pas…? Pas de lui. Si? ``
Il redessinait les traits de Ianto du bout des doigts, très doucement pour ne pas le réveiller.
``Pourtant il n’y a pas de doutes, il est vraiment différent des autres… de tous les autres. Jamais avant je n’avais ressenti ça, et je doute que ça m’arrive à nouveau par la suite, il est vraiment… unique, oui voilà c’est le mot, unique. Et… et oui ! je l’aime. Plus que tout, plus que ma propre vie! Oh bon sang, pourquoi est-ce que je ne m’en suis pas rendu compte plus tôt? Pourquoi est-ce que je m’en aperçois maintenant que nous sommes loin de chez nous et que nous risquons d’y rester, de ne pas pouvoir rentrer. ``
-Je… je l’aime, murmura Jack.
Il leva les yeux pour fixer le Docteur.
-Il ne faut pas qu’il reste là, je ne veux pas qu’il lui arrive quelque chose, il n’est pas immortel comme moi, et ne se régénère pas comme vous. Ici, il est vulnérable.
-Il l’est partout, Jack, c’est un humain, ils le sont tous.
-Je sais, mais il est plus important que le reste de l’humanité.
-Alors, il faudra bien faire attention à lui, conclut le Docteur. Si le TARDIS s’en sort, il devrait pouvoir vous aider à retourner au 21ème siècle. Sinon je trouverai bien une autre solution.
-Oh ! Je ne m’en fais pas pour ça, Docteur. Jack resta silencieux un instant puis reprit, vous savez, j’ai l’impression que cette porte, ce portail, enfin… ce truc quoi ! est un passage entre les trois ``mondes`` notre présent, celui-ci, le passé, et Carsfilstray, mais ce qui m’étonne c’est qu’aucun Cerbere ou Nâga n’ait pénétré dans notre présent, leur futur.
-Oui, c’est en effet surprenant, mais parfois la chance peut nous faire quelques surprises.
Les deux hommes passèrent le reste de la nuit à deviser sur les apports de la chance ou non dans cette histoire, et sur leurs possibilités de quitter cet endroit sans dommages.

Comme il l’avait promis, Liam vint les chercher peu avant l’aube. Doucement, Jack réveilla Ianto qui fut sur pied en à peine quelques secondes.
-Nous n’avons pas beaucoup de temps, dit Liam, j’ai laissé des chevaux à l’extérieur des remparts. Je ne suis pas de garde aujourd’hui, mais si quelqu’un me cherche, il risque de penser à vous et de venir voir ici et…
-Vous ne devriez pas nous accompagner dans ce cas, coupa le Docteur, c’est plus sûr pour vous.
-Non, je veux venir, si ça ne vous dérange pas, bien sûr. Par ailleurs je connais la région, pas vous.
-Je vous rappelle que je suis né pas loin, souligna Jack.
Liam se mit alors à rire.
-A qui espérez-vous faire croire ça? Depuis le début je sais que vous n’êtes pas d’ici.
-Alors, pourquoi nous aider dans ce cas? S’étonna le capitaine.
-Je ne sais pas, avoua le chevalier, j’ai le sentiment que je peux avoir confiance en vous, et euh…
Il semblait chercher ses mots.
-Et quoi?
-Et bien, j’espérais que vous pourriez m’aider, ou plutôt aider cette cité, ce pays, contre les créatures…
Jack et le docteur se regardèrent, surpris. Ianto qui ne comprenait rien, demanda des explications.
-Il veut que nous l’aidions à se débarrasser des créatures, traduisit Jack.
-Il faut d’abord que l’on empêche MacBurn de lâcher son armée de weevils au milieu de la foule chez nous, protesta le Gallois, je… ce n’est pas contre lui, mais au moins ici ils savent se défendre, pas à notre siècle.
-Là, il n’a pas vraiment tort, dit Jack à l’intention du Docteur.
-Oui, sauf que c’est l’erreur d’un seigneur du Temps qui les a mis dans cette situation, j’en suis donc responsable. Allons au TARDIS, on verra ce que l’on peut faire ensuite ! Avec un peu de chance, on pourra régler les deux problèmes.
Jack se tourna alors vers le chevalier qui n’avait pu comprendre la discussion.
-Il faut que nous allions là où vous l’avez trouvé, d’un geste de la main il désigna le Seigneur du Temps, il a peut-être un moyen pour régler tout ça.
-Dans ce cas, suivez-moi.
Le chevalier les guida vers la sortie des geôles. Avant de sortir, il leur donna des vêtements plus appropriés, espérant qu’ils seraient plus discrets ainsi. Jack constata qu’aucun des ses hommes n’accompagnait Liam, ce qui d’abord le surprit. Sans doute ces derniers risquaient-ils de réagir comme les clients de la taverne, et donc leur chef avait préféré les laisser en dehors de cette affaire.
Ensuite, Liam leur fit quitter l’enceinte de la cité sitôt le pont levis baissé, heureusement sans aucune question de la part des gardiens. Les quatre hommes commencèrent seulement à respirer lorsqu’ils arrivèrent enfin auprès des chevaux. A ce moment, Liam les arrêta tous brusquement, il avait les yeux fixés sur un point précis, juste à coté des chevaux. Les autres hommes suivirent son regard, jusqu’à apercevoir les restes d’un animal, un des chevaux. Il semblait baigner dans une flaque de sang, mais avec la lueur rougeoyante de l’aube, ils ne pouvaient en être certains à moins de s’approcher.
-Nathan? Appela Liam doucement d’abord, puis plus fort alors qu’il ne recevait aucune réponse. Il se précipita en direction du cadavre, vite suivi des trois autres hommes.
-Oh non, Jack! S’exclama Ianto en remarquant le corps d’un homme couvert de sang.
Le capitaine observa à son tour l’homme, détaillant son corps jusqu’à ce que son regard se pose sur sa gorge.
-Et M***e !


Liam et le Docteur regardaient Ianto et Jack, se demandant pourquoi ils réagissaient ainsi face au deux cadavres.
-Qu’y a-t-il, Jack? Demanda Liam, vous n’avez jamais vu le travail d’un Cerbère?
Jack esquissa un sourire, mais le cœur n’y était pas.
-Ce n’est pas un Cerbère qui a fait ça, Liam, je vous l’assure.
-Et bien alors, c’est un Dragon, bien qu’en général, ils n’attaquent jamais les hommes.
Jack regarda Ianto l’air désespéré, puis le Docteur, cherchant un peu de soutien, mais le Seigneur du Temps ne comprenait pas pourquoi les deux membres de Torchwood étaient dans un tel état.
-Ce ne sont ni les Cerbères ni les Nâga qui ont fait ça! Expliqua Ianto à l’attention du Docteur, c’est un weevil qui a tué cet homme et ce cheval. Cela veut dire que MacBurn peut aussi les faire passer dans ce monde.
-Trois espèces d’aliens dans un monde où ils ne devraient pas vivre… moi qui espérais des vacances, plaisanta le Docteur en levant les yeux au ciel. Je suis désolé pour votre ami, ajouta-t-il à l’attention de Liam.
Le chevalier sembla reprendre conscience de la réalité, il cherchait à comprendre la conversation qui se déroulait autour de lui, mais le seul mot qu’il était certain d’avoir entendu était le mot weevil, cependant il n’en comprenait pas le sens. Il contemplait le corps de celui qui avait été son meilleur ami, le seul qui avait accepté de l’aider sans poser de question.
-Oui, murmura-t-il, moi aussi.
Il s’agenouilla et ferma les yeux du mort avant de se tourner vers les autres qui l’observaient en silence.
-Mes hommes viendront le chercher plus tard, dit-il tristement, venez ! Allons-y !
Il se releva et détacha un des chevaux avant de l’enfourcher. Les autres l’imitèrent, bien que Ianto n’ait jamais monté à cheval de sa vie. Par chance, sa monture avait bien été dressée et elle ne chercha pas à le désarçonner.
Il leur fallut près d’une heure et demie pour atteindre l’endroit où le TARDIS avait été laissé à l’abandon.
A la vue de sa cabine, le Docteur ne put s’empêcher de ressentir une bouffée d’espoir. En effet, un des côtés était endommagé, mais moins que lorsqu’il l’avait quittée, ce qui le rassura légèrement.
-Qu’est-ce que c’est? Demanda Liam qui ne connaissait pas cette technologie, de la sorcellerie?
Le Seigneur du Temps s’esclaffa, son TARDIS avait déjà eu droit à pas mal de surnoms étranges, mais jamais personne ne l’avait pris pour un instrument de sorcellerie.
-Non, Chevalier, il n’y a rien de satanique là-dedans, c’est juste mon TARDIS, il me permet de voyager, heu… un peu partout. Mais pour l’instant il va nous falloir le soigner, sinon j’ai bien peur que l’on doive rester là.
Il mit pied à terre pour faire le tour de son précieux vaisseau et poussa un soupir de soulagement en constatant qu’il s’était pratiquement remis. De l’accrochage avec le Nâga il ne restait que peu de traces : des écailles de peinture arrachées qui s’estomperaient d’ici peu.
-Je le croyais bien plus mal en point que ça, avoua Jack qui s’était approché, il va s’en sortir?
-Oui! Bien sûr! S’exclama joyeusement le Docteur, pour tout vous dire, je m’attendais à pire que ça. Il est temps de renvoyer ces créatures dans leur espace-temps!
Liam et Ianto s’approchèrent à leur tour de la cabine.
-Vous savez comment faire, Docteur? S’étonna le jeune Gallois.
Le Seigneur du Temps le fixa quelque secondes la bouche ouverte, comme s’il avait été pétrifié alors qu’il s’apprêtait à parler.
-Et bien… No…on! Pas encore! Mais on va trouver! Dit-il en ouvrant la porte.
Il invita les trois hommes à le suivre. Jack qui avait déjà vu le Tardis de l’intérieur ne dit rien, mais il ne put s’empêcher de sourire en voyant l’expression ébahie de Ianto et Liam. Le Gallois commençait à avoir l’habitude de tout ce qui était surnaturel, aussi se reprit-il très vite, mais le chevalier resta figé, les yeux exorbités, la bouche grande ouverte comme s’il allait parler, mais aucun son ne sortait. Il finit par reculer brusquement et sortir de la cabine pour la contempler à nouveau, avant de rejeter un coup d’œil à l’intérieur.
-Oui, finit par dire le Docteur, il est plus grand dedans que dehors, mais vous verrez, il fait des merveilles.
Liam ne disait toujours rien, se contentant, muet de stupéfaction, de fixer le Seigneur du Temps.
-Bon ! Vous nous accompagnez ou pas? Finit par s’impatienter ce dernier.
Le chevalier allait répliquer lorsqu’un cri attira leur attention. Jack et Ianto sortirent en entendant le bruit et le Docteur leur montra deux silhouettes qui se dirigeaient vers le TARDIS à grands pas.
Ianto vit Jack se raidir et lui-même serra les poings en reconnaissant les deux hommes.
-Ianto, murmura Jack, surtout tu ne m’approches pas et tu ne fais aucun geste vers moi. Je t’en supplie, ne montre pas ce que tu ressens pour moi, il te tuerait.
S’il était surpris par la demande de Jack, Ianto n’en montra rien, il se contenta de s’éloigner de quelques pas, rejoignant Liam. Au moins, s’il y avait un combat, il pourrait toujours protéger le jeune chevalier contre les armes à feu.
-Jack? Interrogea le Docteur, tu les connais?
Le capitaine mit quelques secondes à répondre, trop occupé qu’il était à essayer de se calmer et à se faire du souci pour son amant.
-Oui. Le blond, c’est John Hart, ancien Agent du Temps, l’autre c’est Gray… Mon frère.
-Pourquoi tant de colère et de peur, alors? S’étonna le Seigneur du Temps.
Voyant que Jack ne répondait pas, Ianto le fit à sa place.
-Lorsqu’ils étaient enfants, Gray a été enlevé. Aujourd’hui, il tient Jack pour responsable et il veut se venger, il a détruit une partie de Cardiff et il est responsable de la mort de deux de nos amis. Jack a finalement pu l’arrêter en le cryogénisant, mais il y a deux jours, pendant que nous nous occupions de MacBurn et des weevils, John s’est introduit à Torchwood et l’a réveillé.
En comprenant la situation, le Docteur ne sut pas trop quoi dire.
-Vous voulez qu’on parte avec le TARDIS avant qu’ils n’arrivent? Proposa-t-il.
Jack reprit enfin part à la conversation.
-Non, dit-il, il faut régler ça au plus vite, on ne peut pas se permettre de les avoir sur le dos en plus de MacBurn et de ses weevils. Par contre, vous devriez rentrer dans le Tardis, Liam, Ianto et vous, je ne veux plus de morts.
-Alors là, pas question! S’exclama Ianto. Il se planta devant Jack en le menaçant du doigt. Tu m’avais promis de ne plus te faire tuer si tu pouvais l’éviter! Et si tu es seul, c’est exactement ce qui va t’arriver, et une fois mort, qu’est-ce que tu crois qu’ils feront de nous, enfermés ou non dans cette boite ?
-Je suis capable de me défendre, Jack, rajouta le Docteur, et je peux toujours essayer de les raisonner…
Le capitaine n’avait pas le choix. John et Gray n’étaient plus très loin, et il n’avait pas le temps pour convaincre ses amis de s’en aller.
-Faites au moins rentrer Liam, il ne sait pas contre qui il se bat. Ni contre quoi.

Le chevalier n’ayant pu suivre la discussion, commençait à s’impatienter et à se demander ce qui troublait autant ses nouveaux amis.
``Que sont donc ces deux hommes pour les mettre dans un tel état ?`` se demandait-il.
Il ne posa pas la question, presque certain qu’il n’obtiendrait pas de réponse. Il se laissa faire lorsque Jack lui demanda de rentrer dans l’étrange boite bleue et de s’y enfermer, mais il s’étonna de devoir y rester seul.

Une fois Liam à l’abri, Jack, Ianto et le Docteur attendirent, de pied ferme, l’arrivée des deux hommes.
-Baisse ton arme, Jack, dit John dès qu’il fut à portée de voix, nous ne sommes pas là pour nous battre.
-Et quoi encore? Pourquoi devrais-je te faire confiance? Cria en réponse Jack.
Immédiatement, John et Gray levèrent les bras, montrant qu’ils n’avaient rien dans les mains et franchirent la distance qui les séparait du trio.
Sitôt John à sa portée, Jack lui frappa le visage de son poing, envoyant l’homme rouler au sol sous le choc.
-Je ne pense pas l’avoir mérité, celui-là, dit John en se relevant, portant la main à sa lèvre ensanglantée, laisse-moi parler avant de frapper, s’il te plait. Tu feras ce que tu voudras ensuite.
-Pourquoi l’as-tu réveillé ? S’énerva le capitaine, levant à nouveau le poing.
-Pour t’aider, réussit à glisser Gray
Stupéfait, Jack lui fit face.
-Et en quoi cela est-il censé m’aider? La dernière fois que nous nous sommes retrouvés face à face tous les deux, tu as voulu détruire ce qui m’était cher, en quoi serait-ce différent aujourd’hui?
-Il m’a fait comprendre mes erreurs, expliqua Gray en désignant John du menton.
-En deux jours?
-C’est compliqué, Jack, intervint John, laisse-le t’expliquer ce qu’il sait.
Le capitaine jeta un coup d’œil hésitant à Ianto, puis au Docteur, les deux hommes se contentèrent de hausser les épaules avant d’acquiescer.
-Dépêche-toi alors ! Il sortit son pistolet et le pointa sur son frère, cette fois je n’hésiterai pas, alors pas d’entourloupes.
Le jeune homme montra qu’il avait compris.
-John m’a appris que Stoyan avait jeté son dévolu sur cette planète…
-Stoyan? Coupa Jack.
-MacBurn, expliqua John, il n’est pas ce que l’on pourrait appeler un humain…Il va t’expliquer.
Tous se tournèrent vers Gray.
- Asseyez-vous.

Flash back.

-Tu es enfin prêt, mon ami.
Gray cessa de tout casser pour le fixer.
-Prêt à quoi?
Stoyan se leva, contourna la table et se plaça devant le jeune homme.
-Mais à devenir celui que tu dois être.
Gray haussa les sourcils.
-Tu es exceptionnel, tu ne le sais pas? Avec toi à mes cotés, nous allons enfin pouvoir nous emparer de cette planète qui nous résiste depuis des années.
La surprise chassa toute trace de colère en Gray, qui semblait maintenant totalement perdu.
-Non, tu ne comprends pas, ajouta Stoyan, mais ne t’en fais pas, je vais tout t’expliquer.
Il guida le jeune homme à travers le dédale de couloirs du vaisseau, jusqu’à sa chambre personnelle. Elle était presque trois fois plus grande que celle de Gray ou des autres occupants, divisée en deux pièces distinctes. La première était semblable à toutes les chambres, un lit, un bureau et un coin salle de bain, ainsi qu’un hublot offrant une vue sur l’espace. L’autre pièce faisait deux fois la taille de la première, c’est vers elle que le dirigea Stoyan. La première chose que remarqua Gray était l’abondance du matériel de pointe généralement utilisé pour le maintien en « vie » d’un droïde. Il avait déjà vu ce genre de matériel lors d’un de ses voyages avec John et en connaissait parfaitement l’usage. Il savait qu’il était parfaitement illégal de posséder un tel attirail dans un vaisseau privé, en raison des actes que peuvent commettre ces machines lorsqu’elles ne sont plus contrôlées par les usines de fabrication.
-Vous avez un droïde à bord?
-Oui.
Même s’il s’attendait à cette réponse, Gray se retourna vers Stoyan et ce qu’il vit lui fit faire un bond en arrière.
Sous ses yeux, Stoyan avait entrepris d’ enlever la peau recouvrant la partie droite de son visage, laissant apparaitre une armature de métal à la place du squelette, et des câbles semblant remplacer les muscles, les nerfs, les tendons… seul l’œil était resté humain. Gray baissa les yeux, pour s’apercevoir que les deux bras, le flanc droit et la jambe droite de Stoyan étaient dans le même état.
-Impressionnant, n’est-ce pas?
-Que… qui… qui êtes-vous ?
Le rire émis par ``l’homme`` avait tout d’humain, mais maintenant qu’il connaissait la nature de Stoyan, Gray y décela une nuance métallique.
-J’ai été un homme, commença Stoyan, je le suis toujours d’ailleurs… en partie du moins.
Il y a de cela des années, loin de cette galaxie, j’étais un mercenaire, et à l’époque, j’avais été engagé par l’AHH, Alliance pour l’Hybridation Humaine, je ne savais pas ce que cela voulait dire à ce moment- là. Mon travail consistait à éliminer le groupe des opposants, et ce qu’elle appelait les « erreurs »`. Je ne posais pas de questions, je faisais mon travail correctement, jusqu’au jour où ils m’ont envoyé chercher quelqu’un. Il s’agissait d’une de leurs ``expériences`` qui s’était réveillée avant la fin de la procédure, elle n’était qu’en partie terminée et elle avait gardé toute sa conscience humaine. Je l’ai traquée pendant trois jours, effaçant les traces de son passage, pour que personne ne pose de questions et que cela ne compromette pas mes employeurs. Elle était douée, j’ai vraiment eu du mal à la trouver, mais elle a commis une erreur et j’ai enfin pu mettre la main dessus.
C’était dans un vieil immeuble désaffecté, bordé par un terrain vague. Elle était couchée à même le sol poussiéreux, et pour la première fois, j’ai vu ce que faisait cette agence.
Il fixa Gray.
-Tu as déjà entendu parler des cybermen, n’est-ce pas?
Le jeune homme avait hoché la tête, John lui en avait parlé, mais il n’en savait guère plus.
-Vois-tu, les cybermen transformaient les humains en machines, leur ôtant toute leur humanité, tous se ressemblaient et partageaient les mêmes pensées. L’AHH s’est inspirée de cette technique, mais elle l’a couplée avec les techniques de fabrications droïdes. Ils ont essayé d’offrir à l’homme la force et la précision de la machine tout en lui laissant son humanité et son intelligence.
-Quel rapport avec cette fille? Demanda Gray qui avait du mal à suivre les explications.
-Et bien, l’AHH était presque parvenue à cette hybridation avec elle, si elle ne s’était pas réveillée, l’expérience aurait réussi. Mais elle a réussi à s’enfuir, et pour être franc, je ne sais pas comment elle a fait pour survivre. Elle était complètement mutilée, perdant du sang en abondance à tel point que je ne suis pas sûr qu’elle en avait encore beaucoup en elle. Maintenant que j’y repense, je me dis qu’elle n’a tenu que dans le but de m’entrainer avec elle dans la mort. Lorsqu’elle m’a entendu, elle s’est retournée difficilement et m’a souri.
-``Maintenant vous ne ferez plus de mal à personne`` a-t-elle dit avant de presser un bouton sur le boitier qu’elle tenait.
-J’aurais du le voir venir, ce coup là, continua Stoyan, mais j’étais trop sûr de moi… l’explosion ne m’a pas tué, j’étais trop loin, elle n’était pas assez forte. Elle m’a arraché une partie du visage, tout le coté droit de mon corps a souffert, les os brisés, la peau arrachée et brulée, les muscles et les nerfs déchirés… la douleur était atroce, et je n’ai même pas perdu connaissance. Par chance pour moi, j’avais fait un rapport à l’AHH avant d’entrer dans l’immeuble, et lorsqu’ils ont entendu parler de l’explosion, ils ont été les premiers sur place et m’ont directement ramené à leurs labos. Et là, ils m’ont soigné, remplaçant tout ce qui avait été détruit en moi, me greffant une puce afin d’accroitre mes capacités intellectuelles, m’offrant une nouvelle force, une nouvelle vie.
Lorsque enfin, après une dizaine de mois de convalescence, j’ai enfin pu me remettre au travail, je me suis dévoué corps et âme à l’AHH, je leur devais tout, je le leur rendais bien. Fort de nouvelles capacités, j’ai trouvé un moyen de leur offrir plus d’espace pour implanter leurs laboratoires, mais surtout, grâce à une nouvelle méthode, je leur offre toutes les planètes contenant des ressources nécessaires à l’hybridation, plantes accélérant la guérison, métal… tout ce dont-ils ont besoin pour offrir à l’univers cette chance de dépasser les faiblesses de la vie.

Lancé dans son monologue, Stoyan marchait de long en large dans la pièce, faisant de grands gestes de la main comme s’il revivait ces moments, il avait repris sa forme totalement humaine, ce qui effrayait un peu moins le jeune homme à coté de lui. Gray pouvait s’imaginer les avantages qu’il y avait à avoir une telle nature, il n’aurait plus à craindre d’être enlevé, ou torturé, ce serait lui le chasseur, plus jamais il ne serait la proie, plus jamais il n’aurait de raison d’avoir peur de qui que ce soit. Et surtout, il pourrait se venger, enfin il aurait sa revanche sur ce frère qui lui avait gâché la vie.
-Apprends-moi, dit il, stoppant net l’hybride qui continuait à parler. Aide-moi à devenir comme toi.
Un grand immense sourire se dessina sur les lèvres de Stoyan.
-Je peux t’apprendre à penser comme moi, à agir comme moi, mais pour ce qui est de l’hybridation, tu devras leur prouver que tu le mérites… c’est leur façon de penser… c’est une récompense.
-Apprends-moi, répéta Gray.

La première leçon apprise par Gray, c’était comment tenir et se servir de toutes les armes possibles et inimaginables. Gray se montra un élève attentif et doué, mais malgré son désir d’apprendre le plus rapidement possible, il se fatiguait vite, très vite, aussi dès que le jeune homme ne pouvait plus tenir une arme sans voir ses mains ou ses bras trembler, Stoyan lui enseignait toutes les stratégies qui pourraient lui servir, autant dans un combat que dans la traque d’une personne, ainsi que les meilleurs moyens de s’emparer d’une planète en toute impunité, c’est d‘ailleurs cette partie que Gray maitrisait le mieux.
En moins de trois semaines, Gray ne jurait plus que par Stoyan et l’AHH, mais s’il avait déjà accompagné l’homme quelques fois lors de ses missions pour l’Agence, jamais Gray n’avait pu en mener une lui-même, il n’avait toujours pas eu l’occasion de mettre en pratique ce que l’homme lui avait enseigné. Chaque fois qu’il lui avait demandé l’autorisation d’agir seul, il avait toujours droit à la même réponse énigmatique:
-Tu es déjà en train de remplir une mission, la plus importante même. Tu t’en rendras compte le temps voulu.
Au bout d’un mois, Stoyan proposa à Gray de retourner voir John. Comme le jeune homme refusait, Stoyan lui lança son meilleur argument:
-Il est le seul à pouvoir t’aider à retrouver Jack, le dernier rempart entre toi et ta vengeance, il sait où il est… sers-toi de ce que je t’ai appris pour ``l’aider`` à se souvenir.
Alors Gray était rentré, et avait forcé la main à John.

Fin du flash back.

Gray s’était interrompu.
-La suite, vous la connaissez, John t’a retrouvé, et… enfin…
Il n’arrivait pas à trouver ses mots.
-Et tu as voulu bousiller ma vie, compléta Jack amer. Je ne comprends toujours pas ce que tu fais ici ni en quoi tu vas pouvoir nous aider contre MacBurn.
Cette fois, c’est John qui prit la parole
-Alors que je disais te chercher, je cherchais une solution pour arrêter Stoyan, et j’ai rencontré un Chuklalan, tu connais leurs dons, il m’a dit que le seul à pouvoir arrêter Stoyan, c’était son arme la plus réussie, son meilleur élève. En gros Gray, puisque c’est le seul.
-Tout ce qu’il sait, je le sais, ajouta Gray, si on ajoute mes connaissances et votre technologie, il peut être détruit.
-Il y a quand même quelque chose qui me chiffonne, intervint Ianto ignorant le coup d’œil meurtrier de Jack, qu’est-ce qu’il fait avec les weevils à Carcassonne? Et ici? Pourquoi est-ce qu’il les a envoyés ici?
Tout le monde se tourna vers Gray, le seul à détenir la réponse.
-C’est une de ses méthodes pour s’emparer d’une planète et de ses richesses, il…
Un grand cri résonna dans la plaine, les faisant tous sursauter. Le cri se répéta, si aigu cette fois qu’ils durent se boucher les oreilles et plusieurs aboiements répondirent à ce hurlement.
-Les Nâgas!
-Les Cerbères! S’exclamèrent en même temps le Docteur, Jack et Ianto.

John et Gray dévisagèrent les trois hommes, surpris de la panique qui venait de les prendre.
Ianto et Jack, hésitants, se fixaient du regard.
-Venez! Finit par dire le Docteur, nous serons plus en sécurité à bord du TARDIS qu’ici.
-Sauf que votre vaisseau a subi pas mal de dommages la première fois qu’il a été attaqué par ces créatures, il a de fortes chances de subir le même sort maintenant, objecta Jack, détournant enfin son regard de celui de Ianto. C’est bon, tu as gagné, ils viennent ! ajouta-t-il à l’attention du Gallois.
- Et bien dépêchez vous! S’impatienta le Seigneur du Temps, déjà devant la porte entrouverte de son précieux TARDIS, ils arrivent.
En effet, à quelques kilomètres d’eux à peine, ils pouvaient distinguer la silhouette de plusieurs Cerbères, ils arrivaient vite ; à cette vitesse, ils seraient là en moins de quelques minutes. Jack se retourna et vit arriver dans la position opposée trois créatures qu’il n’avait jamais vues jusqu’alors. Même distantes de plusieurs kilomètres, elle étaient imposantes, leur corps ressemblait à ceux des lézards qu’on pouvait rencontrer en été en pleine campagne, mais cent fois plus grand, recouvert d’écailles étincelantes sous le soleil, les trois bêtes étaient pourvues d’ailes, mais ne semblaient pas vouloir s’en servir.
``Normal, vu où nous sommes, nous n’avons aucune chance de leur échapper`` pensa-t- il en se rapprochant de Ianto, fermement décidé à le protéger quoiqu’il en coûte.
Les rugissements reprirent de plus belle, incitant les cinq hommes à se jeter à l’intérieur du vaisseau sans tarder.
Dès leur entrée, Liam se précipita sur Jack pour comprendre ce qui se passait, et qui étaient les nouveaux venus.
-Liam, commença Jack en jetant de fréquents coups d’œil vers la porte, comme s’il s’attendait à voir entrer quelqu’un dans l’instant, voici John Hart, il a voyagé avec moi autrefois, et Gray, mon… mon… enfin mon frère.
Heureusement pour le capitaine, ni John, ni Gray ne comprenaient ce qu’il disait, aussi aucun d’eux ne pouvait se vexer de son hésitation.
-Il y a des Cerbères et des Nâgas qui arrivent droit sur nous, pour l’instant il semblerait que nous soyons en sécurité, mais il se peut que cela ne dure pas, prévint le capitaine, alors tenez-vous prêts à vous battre si nécessaire, et surtout ne soyez pas surpris des armes que nous utiliserons, cela pourrait vous coûter la vie.
Pour que le chevalier sache à quoi s’en tenir, Jack sortit son arme et tenta en quelques mots de lui en expliquer le fonctionnement.
Pendant ce temps, le Docteur s’affairait devant le tableau de bord du TARDIS, courant dans tous les sens, actionnant tel ou tel instrument, levant ou baissant certaines manettes. John finit par lui proposer son aide et il se retrouva à maintenir deux leviers pendant que le Seigneur du Temps terminait ses réglages.
Ianto, lui, s’était rapproché de Gray. Le frère de Jack se tenait à l’écart, ne sachant pas quoi faire pour aider et essayant de gêner le moins possible. Il leva la tête en voyant le Gallois venir vers lui et fut surpris de ne pas voir de la haine assombrir ses yeux, mais au contraire il y lut de la compréhension et de la compassion. Il fronça les sourcils, sincèrement étonné.
-Qu’y a-t-il? Demanda le Gallois une fois à ses côtés.
-Heu… c’est juste que je ne comprends pas ton attitude, finit-il par avouer en baissant les yeux, je… enfin… j’ai failli te tuer, j’ai détruit une partie de ta ville, j’ai enterré vivant ton amant… ne me regarde pas avec cet air là, ça se voit comme le nez au milieu de la figure, je suis responsable de la mort de deux de tes collègues et toi, tu n’as pas l’air de m’en vouloir, j’avoue que je ne comprends pas du tout.
Ianto fut envahi de deux sentiments contradictoires, le premier le poussant à éclater de rire devant l’expression du jeune homme, le second l’incitant à le frapper, à se venger de tous les actes commis, mais alors qu’il allait dire quelque chose, un bruit de choc se fit entendre et l’intérieur de la cabine trembla.
Tout le monde sursauta et Jack et Ianto jurèrent.
-Docteur! S’écria Jack, il va falloir que vous trouviez un moyen de nous sortir de là!
-Ah! S’exclama le Seigneur du Temps entre ses dents, et vous croyez que je fais quoi là? Que je prépare une croisière?
Sans attendre de réponses, il retourna s’occuper de sa machine. Alors qu’un second choc se faisait ressentir, le Docteur poussa une exclamation de victoire.
-C’est bon! Accrochez- vous tous, nous partons d’ici!
Une faible sonnerie retentit, la cabine trembla et ses occupants durent s’accrocher à ce qu’ils avaient sous la main. Le Docteur courait à nouveau dans tous les sens, ordonnant à John de ne surtout pas relâcher les leviers qu’il tenait. Enfin la cabine se stabilisa jusqu’à s’immobiliser complètement.
-Où nous avez- vous emmenés, Docteur? Demanda Ianto.
-Carcassonne, 21ème siècle, s’exclama joyeusement le Seigneur du Temps en allant ouvrir la porte.
Tous se précipitèrent à sa suite, et tous jurèrent en même temps. Devant eux se dressait la cité médiévale telle qu’ils l’avaient quittée quelques instants plus tôt.
-On est toujours au moyen-âge! Protesta Jack, pourquoi est-ce qu’on n’est pas revenu à notre époque?
Alors que les autres discutaient du pourquoi du comment de la chose, Ianto observa les alentours, quelque chose clochait dans ce qu’il voyait, les fermes entourant les remparts quelques heures plus tôt semblaient avoir disparu ; en y regardant de plus près, il pouvait apercevoir plusieurs bâtiments de grande taille au loin, crachant de longues volutes de fumée blanche, à l’instar des usines de leur époque. Le Gallois se retourna et fixa les remparts de la cité, voilà ce qui n’allait pas, ils étaient usés, certains menaçaient de s’écrouler sous peu, bref ils étaient semblables à ceux qu’ils avaient visités à leur arrivée en France.
-Jack? Appela-t-il doucement, puis plus fort alors que le capitaine ne répondait pas.
-Quoi?
Tout le monde était maintenant tourné vers lui.
-Je crois que nous sommes bel et bien revenus à notre époque, expliqua le Gallois, regarde les remparts, et regarde autour de nous, il n’y a plus aucune ferme ou habitation… et ces bâtiments là -bas, dit il en tendant le bras pour leur montrer, ils n’existaient pas au moyen âge.
-Effectivement, il y a quelque chose qui cloche! Déclara le Docteur en examinant son tournevis. Mais je n’arrive pas à comprendre quoi! Rhaaaaaaa!! Réfléchis, réfléchis…
Les autres comprirent qu’il ne s’adressait plus à eux et essayèrent de comprendre par eux -mêmes ce qui se passait. Troublés, ils ne remarquèrent même pas que tous se comprenaient désormais.
-Je pense que je sais ce qui s’est passé, finit par dire Gray, s’attirant les regards de tous, y compris du Docteur qui pourtant ne semblait pas faire attention à eux.
Flash Back
Une fois certain que John chercherait Jack pour lui, Gray retourna auprès de Stoyan pour lui annoncer que, bientôt, le capitaine serait à portée de main. A cette annonce, l’homme dissimula difficilement sa joie, mais par chance pour lui, Gray était trop obnubilé par son désir de vengeance et sa soif d’apprendre pour le remarquer.
-L’AHH m’a donné une nouvelle mission, et j’ai leur accord pour que tu m’accompagnes et que tu m’aides, déclara l’homme.
Le jeune homme essaya de retenir sa joie, mais elle était parfaitement visible, et Stoyan jubila intérieurement, son plan marchait à merveille, le jeune homme leur était désormais parfaitement dévoué à lui et à l’Agence, et maintenant, ils avaient une chance de récupérer ce qui leur faisait cruellement défaut pour terminer leurs recherches.
-Tu vas enfin savoir comment nous faisons pour prendre possession d’une planète en toute impunité.
-Je suis heureux de pouvoir enfin faire mes preuves et mettre en pratique tes enseignements, dit joyeusement le jeune homme.
Le lendemain matin aux aurores, Stoyan avait dirigé son vaisseau vers la planète Andorillia, nouvelle cible de l’Alliance. Pendant le trajet, il expliqua rapidement les bases de la technique qu’ils allaient utiliser.
- Chaque planète, quelque soit le système solaire ou la galaxie auxquels elle appartient, possède au moins un Tokls, c’est une sorte de portail entre la planète et une autre, mais aussi entre le présent et le passé, et en général il y a les deux sortes de passages à proximité l’un de l’autre.
-Quel est le rapport?
Le sourire carnassier qui se dessina sur le visage de l’homme fit frissonner le jeune homme, sans pour autant l’effrayer.
-Élémentaire! S’exclama Stoyan, la plupart du temps, les portes qui relient une planète à une autre sont en quelque sorte un lien entre deux mondes qui souvent s’opposent.
-Je ne comprends vraiment pas, avoua le jeune homme.
-Je m’en serais douté, plaisanta l’homme, et bien prenons comme exemple Tissjy, tu sais cette planète entièrement recouverte de forêts, les habitants qui vivent là-bas sont en harmonie avec les créatures peuplant leur monde. Or il y a des années, l’AHH m’avait envoyé sur place, officiellement pour négocier un contrat, officieusement pour retrouver ce portail, j’avais enfin mis la main dessus, et je me suis retrouvé dans un monde peuplé de créatures pour le moins… inhospitalières, voire même dangereuses. A cette époque, l’AHH ne savait pas encore comment faire pour s’approprier les ressources d’une planète sans avoir de contrats ou autres paperasses à faire, en bref, d’avoir l’exclusivité de tout, sans rien donner en retour, c’est le meilleur moyen de faire des bénéfices. J’ai pris pas mal de notes sur cet autre monde et je suis reparti, sauf que… et bien ! je suis effectivement retourné sur la planète de départ, mais dans son passé… j’ai fini par retrouver l’époque d’origine et j’ai pu rentrer, mais ces découvertes m’avaient donné une idée. Par…
-Si l’AHH ne savait pas comment s’attaquer à une planète, pourquoi t’avoir envoyé chercher ce portail? Coupa Gray.
-Des années avant que je n’intègre l’AHH, elle s’est aperçue de l’existence de ces portails qui permettent d’accéder à une planète sans avoir à rendre de comptes. Intéressant pour les vaisseaux qui stationnent en orbite entre autre… c’était un bon moyen de ne pas avoir à déclarer les matériaux exploités. Et lors de mes débuts, c’était surtout à ce genre de missions que j’étais affecté, repérage des portails, des ressources cachées, puis par la suite quelques négociations, et quand l’Agence a vu qu’elle pouvait me faire confiance, je suis devenu son homme de main.
Enfin… ce n’est pas le sujet de la discussion, se reprit l’homme, lorsque j’ai enfin pu quitter Andorillia, ça m’a donné une idée, mais je n’ai pas pu la mettre en pratique immédiatement, je ne savais d’ailleurs pas si elle était réalisable… je n’ai d’ailleurs pu l’expérimenter qu’il y a 2 ans… sur la planète Bipartélk…
-Mais je pensais que la planète avait toujours appartenu à l’AHH, s’étonna Gray, c’est de notoriété publique!
S’il ne souriait pas déjà de toutes ses dents, le sourire de Stoyan se serait agrandi.
-C’est bien là le plus beau! S’exclama l’homme en riant. A l’origine cette planète était comme toutes les autres, mais… comment dire… j’ai retrouvé plusieurs portails sur Bipartélk, dont l’un menant vers son passé, et l’autre vers une autre planète, peuplée de Crons, enfin c’est le nom qu’ils se sont donnés, imagine les Scorpions de Boeshane…
A ces mots le jeune homme frémit, ces créatures, aussi grosses qu’un chat, étaient une vraie plaie sur sa planète, notamment parce qu’ils s’attaquaient surtout aux enfants, moins méfiants et qu’une simple piqure était fatale, et jusqu’à présent, on n’avait trouvé aucun antidote.
-Imagine des Scorpions de Boeshane, aussi grands qu’un humain, et tu auras une idée de ce qu’est un Cron.
-Qu’as-tu fait? S’impatienta Gray?
Ils approchaient d’Andorillia, et le jeune homme craignait de ne pas avoir la fin du récit.
-J’ai incité les Crons à franchir le portail menant au passé de Bipartélk, et je les ai poussés à travailler pour le compte de l’AHH en échange de terrains de chasse plus grands que ceux qu’ils avaient sur leur planète d’origine. Ils ont… comment dire… ils m’ont servi d’armée pour prendre le pouvoir au nom de l’AHH, qui a alors pu exploiter toutes les richesses de la planète, ce depuis des siècles maintenant, et en toute impunité puisque les autorités n’ont pas connaissance de ces faits.
L’explication fit apparaitre sur le visage de Gray un sourire glacial qui plut immédiatement à Stoyan, le jeune homme était dans le plus parfait des états d’esprit, il ne s’était pas trompé dans son choix.
Enfin ils arrivèrent sur Andorillia, Stoyan fit en sorte de poser son vaisseau à proximité des failles qu’il avait repérées plusieurs mois plus tôt. Puis il indiqua à Gray les armes à prendre et lui demanda de ne surtout rien dire sans son autorisation. Ensuite, ils s’enfoncèrent dans le bois à proximité de l’endroit où l’homme de main de l’AHH avait trouvé les portails.
A mesure qu’ils avançaient, l’excitation de Gray augmentait, il allait enfin pouvoir passer à l’action, montrer ce qu’il valait, rendre fier Stoyan.
Le jeune homme ne se rendit compte qu’ils avaient franchi le portail que lorsqu’il se retrouva non pas face à des conifères, comme quelques secondes auparavant, mais devant des sortes de chênes hauts de près de cinq mètres et d’une couleur étrangement bleutée.
Stoyan ne put s’en empêcher, il éclata de rire devant l’air surpris de son protégé.
-Ici, presque toute la faune a cette teinte! Va falloir t’y faire! Et heu… Gray, fais attention, ils ne vont pas tarder à arriver, évite les impairs.
Il ne voulait pas laisser croire au jeune homme qu’il n’avait pas confiance en lui, mais cette mission était d’une très grande importance pour l’AHH, et le peuple particulièrement méfiant de cette planète risquait de mal réagir à tout signe de menace de la part de Gray. Mais le jeune homme savait à quoi s’en tenir, il ne commettrait aucun impair, du moins l’espérait- il.
Ils marchaient ainsi depuis moins de vingt minutes lorsqu’un groupe de créatures apparut devant eux, faisant sursauter Gray.
Ils étaient une demi- douzaine, mesurant presque 2 mètres de haut, Gray avait l’impression d’être face à des mantes religieuses géantes, sauf que les créatures avaient la même couleur que le sang, que leurs visages étaient semblables à ceux des humains et qu’en plus de leurs immenses pinces, ils avaient de longs bras, armés de fusils. Tous pointés sur eux deux.
Immédiatement, Stoyan rangea son arme et posa son poing droit sur son cœur en baissant la tête, d’un simple coup d’œil, il intima au jeune homme de faire de même. Ce n’est que lorsque toutes les créatures eurent accompli le même geste que Stoyan releva enfin la tête.
-Heureux de te revoir Trasleï, commença Stoyan, voici Gray, il est avec moi.
-Heureux de te revoir Sto, répondit la créature dénommée Trasleï, que reviens- tu faire ici?
-Discuter, la dernière fois, je t’ai dit avoir besoin de l’aide des Gleïs, je viens aujourd’hui pour ça. J’ai besoin de vous.
La créature observa les deux hommes, puis les invita à le suivre. Escorté des six Gleïs, Stoyan et Gray s’enfoncèrent un peu plus dans la forêt, jusqu’à atteindre une heure plus tard le pied d’une montagne si haute que malgré le beau temps, Gray n’arrivait pas à en distinguer le sommet. Les flancs du massif avaient été creusés, si bien qu’ils étaient percés de centaines de cavités, la plupart occupées par une ou plusieurs créatures, si bien que Gray supposa qu’il s’agissait de sorte d’habitation. Trasleï poussa une sorte de rugissement qui fit stopper net toutes les autres créatures. Toutes se rapprochèrent jusqu’à entourer les deux hommes.
-Gleïs! Commença Trasleï, vous connaissez tous Sto, il est revenu aujourd’hui demander notre aide! Vous savez ce qu’il veut et vous savez ce que cela implique.
-Pourquoi devrions- nous l’aider? Lança l’un des Gleïs, cette créature n’est pas des nôtres, il n’apportera que la mort à notre peuple!
-Tu ne sais pas de quoi tu parles Pfroft! Le coupa Trasleï, il nous apporte de nouveaux territoires, ce qui veut dire plus de terrains de chasse, nous pourrons augmenter notre espace de culture, car nos réserves s’amenuisent, et notre terre est devenue trop pauvre, et bientôt nous ne pourrons plus nourrir tout notre peuple.
La créature s’avança pour se placer devant les deux hommes et se mettre en vue de tout son peuple.
-Que ferons- nous lorsque nous n’aurons plus rien? Nous avons déjà exploité tous les minerais que nous offrait cette planète, nous avons tellement utilisé la terre qu’elle en est devenue stérile, et les arbres ne produisent plus de fruits… combien de temps tiendrons- nous encore? Notre monde se meurt, et Lui arrive et nous offre l’opportunité d’aller ailleurs, d’avoir à nouveau de quoi sauver TOUT notre peuple… et toi, oui, toi Pfroft tu hésites? Pire ! tu incites les nôtres à ne pas le suivre! Mais que veux- tu réellement? Souhaites- tu que notre race s’éteigne? Car en agissant comme tu le souhaites, tout ce que nous obtiendrons, c’est la mort des Gleïs.
Le dénommé Pfroft se retira, il ne pouvait rien dire sans s’attirer les foudres et de son chef, et de son peuple.
A coté de lui, Stoyan jubilait, cette fois encore, il avait réussi à berner tout un peuple et à se servir des problèmes de ce dernier à son avantage et à celui de la société qui l’employait.
Fin du flash back.
Gray poursuivait son récit :
-Seulement quelques heures après, tous les Gleïs en état de se battre étaient prêts à franchir le portail, Stoyan les a menés sur Andorillia, presque 3000 ans avant notre époque actuelle, le peuple était primitif et les Gleïs n’ont eu aucun mal à assoir leur domination, pendant mille ans, ce peuple a régné sur la planète, puis des représentants de l’AHH sont arrivés et ont demandé aux GleiÏs d’exploiter certains minerais pour leur compte, c’est comme ça que la société s’empare d’une planète en toute impunité. En lui volant son passé.
Les autres restèrent sous le choc de cette révélation quelques minutes. Même le docteur avait cessé de tourner en rond pour écouter le récit de Gray, horrifié par ce qu’il entendait.
-Je suis désolé, Jack, dit Gray, mais c’est ce qui est arrivé à la Terre.
Jack et Ianto se regardèrent pensant tous les deux à leurs amis.
-Gwen!
-Rhys!
-Attendez! Coupa le Docteur, si le passé de la Terre a changé, pourquoi monsieur Jones est- il toujours là? Et nous- même, nous ne devrions plus nous trouver ici ou même nous souvenir de la planète telle qu’elle était avant!
-Je pense que nous devons ça à votre TARDIS, Docteur, finit par dire Jack, je pense que ses propriétés nous ont protégés de toutes les manipulations temporelles exercées par cet homme et cette société.
-Comment faisons-nous pour remettre tout en ordre? Demanda John.
Tous se tournèrent vers le Docteur, le seul ayant les connaissances suffisantes pour permettre d’arranger tout ça. Mais pour une fois, le Docteur dut s’avouer vaincu.
-Je n’en sais rien, finit- il par dire. Même si nous retournons dans le passé, nous sommes trop peu nombreux pour combattre toutes les créatures qu’il a envoyées, et même en prévenant tous les habitants, ils ne pourront pas faire face, la seule chose que nous gagnerons, c’est la mort d’innocents.



_________________

merci Numb22z

It's not... man, it's him... it's just him.

Dernière édition par athenalix18 le Ven 30 Avr 2010 - 17:39; édité 12 fois
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MessagePosté le: Mar 2 Mar 2010 - 20:01    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 4 Mar 2010 - 00:13    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

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MessagePosté le: Jeu 4 Mar 2010 - 08:16    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

Comme quoi, quand on fait un peu attention, on évite les bleus alors fais gaffe Jack, sinon ceinture pendant une semaine
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MessagePosté le: Jeu 4 Mar 2010 - 21:44    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

chouette une autre nouvelle fic TW

j'adore

bon début en plus les weevils disparaissent ... tient ç Confused a me rappelle quelque chose !!! mais Owen n'est plus là pour infiltrer

Pari gagné on dirait ! bien fait pour Gwen !!! et  pour Ianto /Jack un peu de douceur ne nuie pas !


hâte de savoir ce qui leurs arrivent à nos weevils et la tête de GWen ! quoique Mr. Green Confused   Idea  DIS  comment elle va s'assurer que Ianto ne porte pas de bleu nul part  Question Question  hein ?
t'y as pensé ????
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MessagePosté le: Ven 5 Mar 2010 - 07:43    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

Très bon début, plein de suspens, avec une touche d'humour: j'adore l'idée du pari Je te l'ai déjà dit, mais j'aime le naturel de tes conversations. Ce n'est pourtant pas facile à faire passer.
Au fait, c'est vrai ce que dit Nath 7: comment pourra-t-elle -elle être sûre des résultats du pari?
C'est très bon, nous attendons la suite
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MessagePosté le: Ven 5 Mar 2010 - 12:56    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

   CHAP 1 posté.
pour les résultats... heu... Confused la confiance vous connaissez???

en tout cas, merci pour les encouragements.
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MessagePosté le: Mer 10 Mar 2010 - 12:57    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

Chapitre 3 posté
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MessagePosté le: Mer 10 Mar 2010 - 14:18    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

La suite est à la hauteur du début: un très bon sens du suspens, des dialogues naturels et une petite touche d'humour par- dessus, de bons ingrédients qui font une bonne recette
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MessagePosté le: Jeu 11 Mar 2010 - 19:56    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

ouh là Surprised
Ianto qui fatigue ? ça nous cache quoi ça ???? il est pas malade au moins ? pas content
et puis la nouvelle qui tue  non seulement Hart est de retour mais en plus  il a réveillé Gray ???
t'es pas malade ????????
et pour ne rien faciliter ils savent où sont Ianto et Jack

suffit qu'aussi Gray se doute des liens de Jack et Ianto et c'est la cata !!!

VITE LA SUITE je veux savoir ....
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MessagePosté le: Sam 13 Mar 2010 - 11:57    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

Chapitre 4 posté. merci Tessa et Nath. Et NON je ne suis pas malade Laughing , j'adore juste me compliquer la vie
l'éxplication a tout ça au prochain chapitre promis.
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MessagePosté le: Sam 13 Mar 2010 - 20:02    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

elle est normale la réaction de Ianto  face à la mort de Jack Question Question
 tu serais pas  en train de nous préparer une histoire à tiroir ??? ce Mcbrun qui connait TW  mais ne sait pas la particularité de Jck - heureusement d'ailleurs !! / Gray & John "perdu" dans la nature / Ianto dont les nerfs semblent lâcher associer à sa grosse fatigue ......
D'un autre coté Ianto qui se repère sans GPS et Jack qui se perd avec un GPS  
je trouve qu'ils sont entrés facilement et tous ces ordis...  z'auraient du creuser un peu ++ à mon avis
et ses armes médiévales et ce MacBurn qui tient l'épée comme si c'était unstylo
  quelque chose me dit que ça peut empirer  tout ça ...


et je sais pas Idea   mais  y aurait pas du John la dessous


allez tous mes  pour la suite
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MessagePosté le: Dim 14 Mar 2010 - 16:56    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

fanfic géniale, le fait de déplacer l'histoire est pas mal mais pourquoi carcassonne

a quand la suite
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MessagePosté le: Dim 14 Mar 2010 - 17:13    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

Nath: comment est-ce que tu réagirais si ton compagnon se faisait tuer a tout bout de cchamps sous tes yeux Question Question Question  même en sachant qu'il reviendra... peut être.
ensuite, par rapport a MacBurn qui ne connait pas la particularité de Jack, si j'ai bien tout suivit, Suzzie, Owen, Tosh er Ianto ont mis des années avant de la connaitre cette particularité.
quand a John... surprise

CptJackHarkness: merci, j'ai choisi Carca parce que j'habite a coté et que j'ai passé une grande partie de mon enfance a me ballader a la Cité, donc je connais bien et c'est plus facile pour écrire. Et puis le coté médiéval se prétait a la suite de la fic...
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MessagePosté le: Dim 14 Mar 2010 - 17:15    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

ok athenalix, carcassonne est une belle ville
j'ai hate de lire la suite
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MessagePosté le: Dim 14 Mar 2010 - 17:17    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11) Répondre en citant

oui très belle ville... la suite est en cour de correction. merci de me lire Smile
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:27    Sujet du message: Soif de conquête (chap 11)

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