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[Terminé] Coincidences

 
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Tessa
[Conquête du Cpt Jack]

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MessagePosté le: Jeu 4 Mar 2010 - 17:34    Sujet du message: [Terminé] Coincidences Répondre en citant

Les personnages sont la propriété de la BBC.

Coïncidences
  



[terminé][/b]
Citation:



C’est la fin de l’histoire.  
  
La fin de l’histoire pour une humanité orgueilleuse et trop sûre d’elle. Jusqu’alors, elle avait dompté la nature, elle avait rêvé de conquérir l’espace. Certes, elle avait déjà connu des guerres, des invasions, mais rien qui ressemblât à cela. Jusque-là, le danger venait des hommes eux-mêmes, même si certains étaient plus des monstres que des hommes. Mais les hommes avaient pu contrer les menaces, repousser les envahisseurs, éliminer les monstres. On savait d’où venait le danger et on avait des armes pour y faire face. Mais celui-là…il était entièrement nouveau : il venait de l’espace ; certes, il y avait déjà eu des alertes, mais, selon les gouvernements en place, rien de bien sérieux : des météorites, des aurores boréales que des journalistes en mal de copie avaient monté en épingle entretenant ainsi une véritable psychose collective. Cette fois, cela avait été plus grave, les enfants avaient été directement menacés et si les envahisseurs avaient brutalement quitté les lieux, on ne s’expliquait pas pourquoi. L’humanité avait peur et elle doutait d’elle-même.  
  
Jack, lui aussi, doutait de lui-même. Pour lui aussi, c’était la fin de l’histoire. Il s’était donné pour mission de protéger les hommes. En un sens, il avait réussi, mais pas à ses yeux. A quoi bon sauver l’humanité si on ne peut pas sauver ceux à qui on tient le plus ? Il avait sacrifié son petit-fils, perdant du même coup l’amour de sa fille. Il avait entrainé Ianto à la mort, une mort inutile et imbécile… Ianto, la prunelle de ses yeux, son ami, son compagnon, son amant… Accablé, il avait fui, incapable de faire face au désespoir de sa fille, au chagrin de Gwen, à celui de la famille de Ianto  et à son propre sentiment de culpabilité. Il n’avait même pas pu se résoudre à assister aux funérailles, un simulacre de toute façon : le cercueil était vide, le corps congelé de Ianto reposait dans la crypte de Torchwood –Glasgow. Sir Allistair Gaynor s’était occupé de tout.  
  
Et Jack s’était envolé vers les étoiles, plus seul que jamais. Il avait visité des paysages étonnants, vu des amas d’étoiles dont la beauté coupait le souffle : la nébuleuse du Cygne ou celle de l’Aigle, malgré leur splendeur l’avaient laissé indifférent. Il avait assisté à la naissance d’étoiles sans ressentir la moindre émotion. Il avait vu des mondes disparaitre, engloutis par leur Soleil, sans sourciller.  
  
Il n’était pus qu’une coquille vide, sans âme. La seule chose qui le tirait un peu de son apathie était la fréquentation régulière et assidue des bars, cabarets, tavernes et autres débits de boisson. Il s’y saoulait méthodiquement et c’est ainsi qu’il trouvait un peu d’oubli. Même la compagnie ses autres lui était devenue insupportable. Il n’avait pas cherché à revoir Gwen ni à nouer d’autres relations. Le Docteur lui avait bien présenté un certain Alonso, dont, en temps normal, il aurait bien fait son ordinaire, mais il lui rappelait trop Ianto, l’âge, les yeux, la silhouette…Il n’adressait pas non plus la parole à ses compagnons de beuverie. Non, décidément, il préférait la solitude. Il s’y noya pendant six mois.  
  
Et c’est alors que, malgré l’alcool, les cauchemars commencèrent.  
 



  
  
   
  
Citation:
— Jack ! Jack !  
  
Le Capitaine se réveilla en sursaut, baigné d’une sueur froide. Cette voix, il la reconnaitrait entre mille…Mais ce n’était pas réelle, ce n’était pas possible, c’était la voix d’un mort. Il avait seulement rêvé. Mais un rêve si réaliste qu’il en eût des nausées, en proie à un malaise qui persista toute la nuit.  
  
Le jour suivant, il le passa à la taverne, noyant ses cauchemars dans un mauvais alcool. Le soir venu, il eût peur de se coucher, de s’endormir, mais assommé par les abus de la journée, il sombra dans le sommeil.  
  
— Jack ! Jack ! Au secours ! viens à mon aide !  
  
De nouveau, le cauchemar fit bondir Jack de son lit. Ce n’est pas possible, pensa-t-il, je suis en train de perdre la raison ! Je deviens fou ! Le chagrin me fait  complètement dérailler. Et désormais, toutes les nuits, le même cauchemar revenait, le même leitmotiv, les mêmes prières  
  
— Au secours, Jack !  
  
A la voix déchirante, s’ajoutèrent ensuite des images insoutenables : des gens agglutinés aux portes, en train de suffoquer, du sang, le visage de son petit-fils tordu par la douleur, et Ianto, les yeux clos, le corps sans vie, abandonné dans ses bras.  
  
Jack sombrait doucement dans la démence, sans arrêter sa course folle de planète en planète dans une tentative désespérée d’échapper à ces épouvantables visions. La planète Shan Shen lui parut, pour un temps du moins, un refuge possible : il avait toujours aimé son marché coloré, ses odeurs d’épices lointaines, ses attractions délirantes, ses magiciens et ses vendeurs d’illusions et le spectacle le distrayait quelque peu. Il déambulait lentement entre les échoppes lorsqu’une femme se campa devant lui. Elle était très attirante, un teint cuivré, des yeux verts, des boucles sombres, le tout habillé ou plutôt déshabillé de voiles colorés  
  
— La bonne aventure, Officier ? Voulez- vous connaître votre avenir ?  
  
Jack eut un mouvement de recul. Son avenir ? il s’en fichait bien. La femme s’accrocha et poursuivit  
  
— Vous avez perdu un être cher. Je peux sans doute vous soulager.  
  
Jack secoua la tête : pas besoin d’être devin pour se rendre compte qu’il était désespéré.  Mal rasé, les yeux injectés de sang, il n’était pas beau à voir. Un chagrin d’amour, un deuil étaient plausibles. Mais la femme insista :  
  
— Il était jeune, fidèle et loyal. Il n’aurait pas du mourir, surtout ainsi… pour rien. Privé de souffle, privé de sa vie…  
  
Jack tressaillit : comment savait- elle cela ?... D’un autre côté, elle n’avait rien dit de très précis. Curieux, intrigué, vaguement inquiet, il la suivit sous sa tente. Il s’attendait à voir l’attirail classique des voyantes : boule de cristal, jeux de tarots, mais rien de tel. Juste une petite table, deux chaises ; dans un coin, une amphore très épurée dégageait une épaisse vapeur au parfum entêtant, plus loin dans une semi-obscurité, une sorte d’aquarium grouillant de gros insectes ressemblant vaguement à des scarabées. La femme lui fit signe de prendre une chaise et elle s’installa face à lui. Le regardant droit dans les yeux, elle lui prit les mains, les caressant doucement. Jack, qui l’observait attentivement, la vit se crisper  
  
— Qui êtes-vous ? D’où venez- vous ? Vous n’appartenez à aucun monde, à aucune époque !  
  
Mais après un instant d’hésitation, elle reprit  
  
...non ! non ! Ce n’est pas exact…en réalité, vous appartenez à toutes les époques…Vous ne pouvez pas mourir. Qu’avez-vous donc fait pour souffrir d’une telle malédiction ?...Car vous souffrez, je le sens bien, vous êtes tourmenté et vous ne connaissez pas la paix. Rien ne peut vous consoler, rien ne peut vous faire oublier la cause de votre peine.  
  
Etourdi par les vapeurs qu’il respirait, encouragé par les douces caresses sur ses mains, Jack raconta tout : comment il avait sacrifié son petit-fils, comment par sa faute étaient morts Tosh et Owen, comment il avait perdu Ianto, le compagnon cher à son cœur. Il parla de ses cauchemars et déballa toutes les questions qu’il se posait : entendait-il vraiment un appel au secours ? Etait-ce possible, et si c’était le cas, que pouvait-il faire ?  
  
— Par pitié, donnez-moi un peu d’espoir.  
  
— Je ne peux pas vous aider…Je ne vois rien, rien que je comprenne…Tout ce que je devine, c’est que le salut de la jeunesse viendra de la vieillesse… cela ne signifie rien pour moi. Et pour vous ? Est-ce que cela vous aide ?  
  
Apparemment pas ! Désabusé, Jack secoua la tête : à son âge, se faire avoir par une voyante de bas étage ! Tête basse, il s’éclipsait sans bruit de la tente lorsqu’il entendit un chuchotement presqu’inaudible, qui émanait apparemment de l’aquarium «  Charon… cherche Charon ». il se retourna brusquement. Il était seul. Seul avec ses doutes et ses questions.  
  
   
  
 


 
Citation:

  
   
  
Au cours des jours suivants, Jack repensa souvent à cette consultation : il retournait les mots dans sa tête : vieillesse… Charon… sans leur trouver le moindre sens. En même temps, les cauchemars ne lui laissaient pas de répit. Comment s’en libérer ? Il était loin, le fier capitaine Harkness, le chef de Torchwood- Cardiff, lui qui avait toujours une solution à tous les problèmes, lui qui donnait des ordres sans hésiter, l’ancien agent du temps, sûr de lui… L’ancien agent du temps… Machinalement, Jack caressait son bracelet. Il ne lui servait plus guère, mais il l’avait gardé, peut-être par superstition. Ce geste instinctif lui rappela un morceau de son passé et peu à peu, une idée s’imposa à lui… Un agent du temps, c’est bien une sorte de policier, non ? En principe du moins ! Or, il existe une police intergalactique, la Proclamation du Temps : Jack s’était d’ailleurs toujours demandé d’où venait ce nom absurde.  Elle était, naturellement, composée d’enquêteurs, de troupes de choc, mais aussi de psychologues, de télépathes et elle était censée intervenir chaque fois qu’un incident quelconque menaçait l’ordre naturel des choses… Peut-être s’intéresserait-elle à son cas ?  
  
Mais là non plus, il n’eut pas de réponse, du moins pas celle qu’il attendait.  
  
La Proclamation de L’Ombre accepta de le recevoir après maintes hésitations et lui délégua une jeune femme, certes fort distinguée, mais également très subalterne. Elle admit que l’attaque des 456 n’aurait pas du avoir lieu, qu’elle aurait pu être évitée, qu’elle aurait du être évitée et que des hommes étaient morts pour rien. Et que oui ! Ianto n’aurait pas du mourir : ce n’était pas son heure. Mais qu’y faire à présent ? Cette désinvolture ainsi que le fait que la mort de Steven soit passée sous silence firent bondir Jack. Il hurla, tempêta, mais on lui répondit que, si la police intergalactique s’efforçait de maintenir la paix entre les planètes, elle ne pouvait, hélas, rien faire pour un individu. Ce qui lui arrivait était bien regrettable, mais personne n’y pouvait rien.  
  
Jack se laissa de nouveau envahir par le désespoir ; en hésitant, il murmura cependant :  
  
— On m’a donné un nom… Charon…  
  
La femme sourit  
  
— Charon… peut-être… mais il s’agit de vieilles superstitions, de légendes fort anciennes. Certains de nos ancêtres pensaient que parfois on pouvait ramener les défunts à la vie… Si on avait vraiment la foi…  Ce n’est pas du ressort de la police. Je ne peux vous en dire plus : c’est à vous et à vous seul que revient de faire le chemin.  
  
Ce n’était pas la réponse attendue -d’ailleurs, qu’attendait-il au juste ?- mais c’était mieux que rien, cela lui donnait un but. Faire des recherches lui occuperait l’esprit. Et puis, après tout, que risquait-il ? Perdre un peu de son temps ? Il n’en manquait pas.  
  
De toute façon, le nom de Charon ne lui était pas vraiment inconnu. Ancien agent du temps, il avait parcouru l’espace et il connaissait les satellites de la plupart des planètes. Il savait donc qu’un des satellites de Pluton portait ce nom. Certes, il n’était pas bien gros et pas très intéressant à explorer : une surface d’eau gelée, l’obscurité  quasi permanente… Bon ! Mais cela le menait où ? Sur un rocher peu accueillant ? Quel rapport avec les défunts ? Il feuilletait distraitement une vieille encyclopédie toute poussiéreuse lorsque la réponse lui sauta aux yeux. Charon n’était pas seulement un morceau de glace gravitant autour d’une planète du système solaire, c’était également un personnage de la mythologie grecque. Surnommé « le passeur des enfers », il était censé conduire les défunts vers le séjour des morts. Vieille légende ! Difficile à croire dans une époque où la technologie était reine. Jack, de toute façon, n’avait jamais été très tenté par le mysticisme, mais, au point où il en était, il était disposé à avaler n’importe quoi.  
  
   
  



  
  
   
  
Citation:
Il se fit donc déposer sur Charon. Le paysage était celui qu’il attendait : le vide, le désert, la glace. Pas âme qui vive ! Mais il ne s’attendait pas à trouver une réponse si vite. Il se mit donc en route, scrutant la semi-pénombre, à la recherche d’un signe quelconque. Il déambula pendant des heures, puis des jours, assailli par le vent qui soufflait en rafales, rongé par un  froid de fin du monde, désorienté par l’obscurité. L’espoir ténu qui le soutenait au départ s’amoindrit encore et finit par disparaitre. Rien ! Il n’avait rien trouvé. Epuisé, désespéré, il tomba à genoux.  
  
— Au secours, Jack !   
  
… De nouveau, cette voix dans sa tête. Dans un dernier sursaut d’énergie, Jack se releva, fit quelques pas en titubant et s’écroula de nouveau. Peut-être était-ce le moment de mourir ? Soulagé à cette idée, il s’allongea sur la glace, ferma les yeux en pensant « cette fois, peut-être, je ne me réveillerai pas »  
  
Il fut tiré de sa léthargie par un fou furieux qui le secouait comme un prunier : un vieillard peu aimable, maigre et sec mais manifestement costaud, enveloppé dans une longue robe fort sale, au visage émacié à moitié dissimulé par une capuche crasseuse et s’appuyant sur un bâton épais et noueux.  
  
— Eh ! Mon gars ! Qu’est-ce que tu fais là ? Tu n’es pas mort, que je sache ! Ouste ! Déguerpis !  
  
— Qui diable êtes-vous ? Réussit à placer Jack qui n’en croyait pas ses yeux.  
  
— Charon ! Je suis Charon ! Ce n’est pas moi que tu cherches ? Grace à moi, les âmes des morts peuvent traverser ce fleuve que tu vois là, devant toi et gagner le lieu de leur repos éternel.  
  
Le fleuve en question, d’un gris métallique,  était si large qu’on n’en voyait pas l’autre rive. Il roulait des eaux impétueuses, encombrées de blocs de glace tourbillonnants. Une petite embarcation dansait, attachée à la rive la plus proche.  
  
— Je suis le seul à pouvoir naviguer sur ce fleuve. Quiconque le traverse sans moi meurt empoisonné. Bien sûr, cela ne te concerne pas, mais tu seras condamné à rester éternellement au Royaume des Morts, sans espoir de retour. Je te connais bien, Jack Harkness, tu m’as trop souvent défié. Allons ! Parle ! Que viens-tu faire ici ? Que veux-tu ?  
  
Abasourdi par l’étrangeté des propos du vieillard, Jack posa les questions qui le tourmentaient depuis si longtemps  
  
— Je cherche l’âme d’un ami qui n’aurait pas du mourir et je veux le ramener. Son âme est-elle là ? Comment est-ce que je peux le savoir ?  
  
— Tu ne peux pas ! Tu devras vérifier par toi-même.  
  
— Alors, vieillard, fais- moi traverser !  
  
— Oh la ! Pas si vite ! –Le vieillard fixait Jack de ses petits yeux rusés– Le service n’est pas gratuit : une pièce d’or, c’est ce que je réclamais autrefois. Pour toi, surtout si tu veux ramener ton ami, le prix sera plus élevé.  
  
— Que veux-tu ? Je suis disposé à te donner tout l’or que tu souhaites.  
  
— Je ne veux pas d’or. Ce n’est pas ce genre de salaire que j’attends de toi ! Je ne t’ai pas choisi au hasard, Jack Harkness. Et oui ! Tu crois que tu es venu de ta propre initiative ! Pas du tout. C’est moi qui t’ai envoyé ces cauchemars pour te faire venir à moi.   
  
Jack était de plus en plus mal à l’aise.  
  
— Parle, à la fin !  
  
   
  
— Un enfant ! Je veux un enfant ! C’est pour cela que je t’ai choisi ! Cela ne doit pas te poser de problème, à toi qui en a déjà sacrifié plusieurs… Un enfant et je te rends ton ami.  
  
Epouvanté, Jack eut du mal à trouver ses mots  
  
— Tu es fou, vieillard ! Un enfant ! Rien que cela ! Et dans quel but ?  
  
— Je m’ennuie ici ! Depuis des siècles, je veille sur le monde des morts et on m’a oublié. Je veux un enfant que j’élèverai et qui me remplacera plus tard et moi,  je pourrai partir, vivre un peu… Il ne sera pas maltraité et en retour, je lui offrirai la vie éternelle.  
  
Jack était paralysé d’effroi devant l’incroyable égoïsme du vieux bonhomme : arracher un enfant à son foyer, le condamner à vivre éternellement dans cet enfer gelé, au milieu d’ombres glacées… Un enfant à qui on enlèverait tout espoir… Il fut surtout terrorisé par son propre égoïsme : l’espace d’un instant, il fut tenté d’accepter la proposition : la vie d’un enfant contre celle de Ianto. L’idée de retrouver un peu de chaleur humaine, un peu de tendresse le tentait désespérément. Le manque d’amour le taraudait comme un mal lancinant. Mais, tout de suite, l’image de son petit-fils s’imposa à lui. Il ne pouvait pas –encore une fois – sacrifier un innocent, même pour l’amour de Ianto. D’ailleurs, celui-ci ne l’aurait pas voulu et il ne lui aurait pas pardonné ce choix.  
  
Le cœur déchiré, il secoua la tête  
  
— Je ne peux pas faire cela ! C’est trop injuste. La vie d’un enfant est sacrée et nul ne peut se permettre de violer cette règle ! Ni toi, ni moi, ni personne ! Si je l’ai fait, c’est parce que c’était le seul moyen que j’avais : en sacrifier quelques-uns pour sauver une multitude d’autres, mais ces enfants perdus sont une faute que je n’oublierai jamais. Tu n’auras pas cet enfant, prend-moi plutôt à sa place !  
  
Le vieil homme rugit de colère et, menaçant, s’avança vers Jack en brandissant son bâton  
  
— Sois maudit, Jack Harkness ! Tu seras seul à jamais ! J’en fais le serment.  
  
Et il lui porta un très méchant coup à la hauteur des genoux. Déséquilibré, Jack chuta de toute sa hauteur et sa tête heurta très violemment un des éperons rocheux qui hérissaient la banquise. Il eut juste le temps de penser « cette fois, peut-être… » et il perdit conscience. Il gisait là, seul, loin de tout et abandonné de tous.  
  
Pour Jack, c’était la fin de l’histoire.  
  
   
  


  
  
   
  
Citation:
Quelques jours plus tard…  
  
—Jack ! Jack ! Hé oh ! La Belle au Bois Dormant ! Bon sang ! Réveille-toi !  
  
 La voix était étrangement familière : c’était celle de ses cauchemars. Mais le ton était radicalement différent : de plaintive, la voix était devenue plus assurée, voire autoritaire et même légèrement excédée. Jack ouvrit les yeux, découvrant un Ianto à demi hystérique, un peu amaigri et nettement plus pâle que dans ses souvenirs, mais visiblement bien vivant et toujours aussi séduisant. Derrière lui, un inconnu en jupette vérifiait un écran de moniteur cardiaque…Ianto vivant !... Un homme en jupe !...ça y est, je replonge dans mes rêves, pensa-t-il, mais celui-là était bigrement agréable. En même temps, il se sentait bien : au chaud, sous une couette douillette, la tête sur un oreiller moelleux.   
  
—Il revient à lui,  poursuivit la voix…. Jack ! Tout de même… tu te décides ! Qu’est-ce que tu fichais sur ce bout de glace ? Tu peux te vanter d’avoir eu de la chance ! Une navette de l’UNIT passait par là. Elle t’a repéré et s’est déroutée pour te récupérer. Et c’est comme ça que tu t’es retrouvé ici en Ecosse, à Torchwood. Et cela fait cinq jours que nous attendons que Monsieur veuille bien se réveiller !  
  
S’ensuivit un tohu-bohu général : sir Allistair, son équipe (à vrai dire fort maigre), Ianto,  bien sûr, et même Gwen largement enceinte, accompagnée de son mari, tous étaient là et tous parlaient en même temps, s’efforçant d’expliquer à Jack ce qui s’était passé ou plus exactement ce que chacun en savait ou en pensait.  
  
Jack apprit donc pêle-mêle qu’on l’avait ramené à Glasgow, aussi raide qu’un brochet congelé sur un étal de supermarché quelques jours seulement après le réveil de Ianto. Difficile à expliquer, ce miraculeux réveil ! C’est Sir Allistair qui s’y colla. D’après lui, le fameux gaz asphyxiant dont on pensait qu’il était mortel n’aurait été, en réalité, qu’un puissant sédatif qui plongeait ses victimes  dans un profond coma artificiel, bloquant leurs fonctions vitales pour une durée indéterminée. Lui, Sir Allistair, s’en serait douté et il avait branché Ianto à toute une batterie d’appareils pour le conserver en forme. D’ailleurs, cela avait été la panique à Londres lorsqu’il avait fallu déterrer des dizaines de morts-vivants Et, si Jack ne s était pas enfui comme un voleur dès le départ des envahisseurs, sans doute qu’il aurait appris tout cela beaucoup plus tôt. Gwen lui fit remarquer, sur un ton un peu acide, que s’il s’était donné la peine de la contacter, il se serait épargné bien des tourments.   
  
Bon ! Admettons ! …Mais ce que Jack n’arrivait pas à comprendre, c’était l’incroyable coïncidence entre le réveil de Ianto et sa propre mésaventure sur Charon. Il n’avait pas rêvé son passage sur la petite planète. Impossible ! Les rêves ne modifient pas la réalité de façon durable et le Ianto qui le serrait dans ses bras était bien réel. De toute façon, c’était bel et bien sur Charon qu’on l’avait retrouvé.  
  
Si ce n’était pas un rêve, comment expliquer cette chaîne d’événements ?   
  
La Providence divine ? Charon, après tout, appartenait au panthéon grec. Mais une faveur octroyée par des dieux vieux de presque vingt siècles et oubliés depuis longtemps ? Laissez-moi rire.  
  
Ou bien les talents médicaux de Sir Allistair avaient enfin payé. Mais pourquoi juste à ce moment ? Pourquoi pas avant ? Le vieux Lord était excentrique, certes, mais pas devin.  
  
Ou encore Jack avait été manipulé par la voyante de Shan Shen : on les disait très habiles, elle et ses sœurs. Il serait donc bien allé sur Charon (c’était un fait irréfutable), mais il n’y aurait vu aucun fleuve, il n’y aurait trouvé personne et il n’aurait parlé à aucun vieillard. Tout cela ne serait donc qu’une gigantesque illusion. Mais une illusion qui tombait à point. Pourquoi ? Dans quel but ?  
  
Toutes ces hypothèses, plus bizarres les unes que les autres, avaient cependant un vague rapport avec la prédiction de Shan Shen : vieux sorcier, vieux passeur d’âmes, vieux dieux. Mais ce n’était que des hypothèses, la réalité également confirmait la prédiction : Ianto avait été maintenu en vie par le vieux Lord anglais et c’était chez lui que Jack s’était réveillé. La vieillesse avait bien sauvé la jeunesse.  
  
Coïncidence ? Hasard ? Manipulation ? Récompense ou punition ? Jack était bien en peine de le savoir, mais il resta intimement persuadé que le réveil de Ianto  et son propre séjour sur Charon étaient  deux événements  liés entre eux  et que le second avait provoqué le premier.  
  
Ou bien…  
  
. Mais peu importe ! Ianto était là,  bien vivant, toujours aussi séduisant et, visiblement, toujours aussi amoureux.  
  
   
  
« Il y a plus de choses dans le ciel et sur la Terre, Horatio, que n’en rêve votre philosophie ». Hamlet  


Dernière édition par Tessa le Jeu 11 Mar 2010 - 18:38; édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 4 Mar 2010 - 17:34    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 4 Mar 2010 - 21:55    Sujet du message: [Terminé] Coincidences Répondre en citant

jolie petite fic qui reste mystérieuse ... alors a t il vraiment été sur sharon ??? et que c'est t-il passé réellement ??

Sir Allistair ou le vieillard ???  saurons nous le fin mot de l'histoire ???je suppose que nom puisque le dernier ch est aussi le titre !
en tout cas : un gaz trés soporifique : en voilà une bonne solution !!!!!



bref le résultat est là :  Ianto est vivant !!!!!!
Okay Okay
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MessagePosté le: Jeu 4 Mar 2010 - 23:40    Sujet du message: [Terminé] Coincidences Répondre en citant

l'aurai-je déja dit?? Confused j'adore cette fic  Torchwood, Mythologie, Iantio return, et encore des quetions... Tessa tu remets ça quand tu veux!!
encore une fois, bravo  
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merci Numb22z

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MessagePosté le: Sam 13 Mar 2010 - 19:08    Sujet du message: [Terminé] Coincidences Répondre en citant

wahoo fantastique j'ai adoré, le retour de ianto est chouette et super cool
pauvre jack, il ne sait pas ce qui s'est passé
je vais me répéter mais bon elle est magnifique, bravo
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missy
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MessagePosté le: Mar 16 Mar 2010 - 17:05    Sujet du message: [Terminé] Coincidences Répondre en citant

Oh une bien belle histoire et le mystère reste entier aussi bien pour nous que pour Jack!
j'ai vraiment beaucoup aimé ton histoire!
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Merci Duam^^

No, I am not a Johnette...
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MessagePosté le: Mer 24 Mar 2010 - 11:09    Sujet du message: [Terminé] Coincidences Répondre en citant

J'ai enfin rattrapé mon retard et lu ta fic, qui m'a scotché, que j'ai dévorée d'une traite.
Le début est très bien écrit, très poignant, Jack désespéré qui se balade de planète en planète et noie son chagrin ... dur !
En quelques mots tu plantes les décors, c'est vraiment très bien écrit.
La suite est très mystérieuse et c'est une excellente idée de mêler cette légende .... pour le meilleur puisque Ianto revient !
Et les retrouvailles alors ?? ça aurait été pas mal aussi ;-)) 
Bravo en tout cas, tu as un très joli style, très fluide et les idées sont là, j'ai passé un très bon moment    
_________________

Merci Samaël
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MessagePosté le: Jeu 25 Mar 2010 - 15:23    Sujet du message: [Terminé] Coincidences Répondre en citant

Tout d'abord : c'est môche l'alcool !

Ensuite : bonne trouvaille le gaz qui n'est pas un gaz mortel, en fait ! pourquoi pas, dans le 2x12, dans fragments, au tour du recrutement de Owen, ce qui tua sa fiancée et les docs en salle d'opération, était volatile même si mortel dans les premières secondes (toujours dit de retenir sa respiration)
Sacré CHARON toujours aussi drôle !

       Quand c'est pas l'heure : c'est pas l'heure !!
Wink
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:10    Sujet du message: [Terminé] Coincidences

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