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Train d'enfer

 
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Tessa
[Conquête du Cpt Jack]

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MessagePosté le: Jeu 27 Mai 2010 - 19:16    Sujet du message: Train d'enfer Répondre en citant

Train d'enfer

Quand un train disparaît...

Pas de spoiler: l'histoire pourrait se passer au début de la saison 2

Les personnages ne m'appartiennent pas: ils sont la propriété de la BBC

Pas de béta hormis une relecture conjugale

Citation:
Chapitre 1 : Grande- Bretagne, le 21 Mars 1941

Londres, 18 heures 30.

Les rues sont désertes et sombres. Pas âme qui vive ! Aucune lumière, ni réverbères, ni fenêtres allumés. La population, inquiète, est calfeutrée chez elle. Elle a peur… la nuit, les gens ne dorment qu’à moitié, tout habillés prêts à fuir le plus vite possible vers l’abri le plus proche, celui qu’on a construit hâtivement dans le jardin ou celui offert par les couloirs du métro : on y retrouve tous ses voisins, tous aussi hébétés les uns que les autres… Au signal, la sirène au ton si angoissant, on s’y précipite, l’angoisse au ventre. On attend, puis l’enfer se déchaine, c’est d’abord le bruit des moteurs d’avions, puis les explosions, les maisons qui s’écroulent, les flammes qui crépitent, les hurlements d’agonie. Cela fait plusieurs mois que les Londoniens subissent ce calvaire, nuit après nuit. La France a perdu la guerre en Juin 1940 et depuis ce temps, la Grande-Bretagne est la seule à résister à Hitler. Elle est, en Europe, le dernier rempart contre la dictature, mais elle sait aussi qu’elle est la suivante dans la liste des pays à conquérir : l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la France. Ce qu’elle craint par-dessus tout, c’est une invasion par la mer, mais, sa chance, c’est que la marine allemande, pour l’instant, ne peut pas rivaliser avec la marine britannique. Hitler a donc décidé d’affaiblir son ennemi par la voie des airs et, depuis Septembre 1940, la Luftwaffe attaque régulièrement le cœur de la Grande-Bretagne : bombardiers, chasseurs-bombardiers et surtout les terribles Stukas, les bombardiers en piqué, équipés d’une sirène, la fameuse « Trompette de Jéricho » qui terrorise militaires et civils… « Trompettes de Jéricho »… jamais instrument de guerre n’avait si bien porté son nom, il s’agissait bien de faire tomber les défenses britanniques en attaquant directement ses forces vives : sa population.

Mais la R.A.F. veille et ce soir de mars 1941, toute l’escadrille du Captain Jack Harkness, basée à Londres, est prête à décoller. Son but : empêcher les avions ennemis de s’approcher de leurs cibles, les pourchasser et leur infliger le plus de pertes possibles. Des hommes courageux, du matériel de pointe : Hurricane et Spitfire, mais cela ne suffit pas et l’Angleterre subit de gros dégâts. Londres d’abord, bien sûr, mais aussi beaucoup d’autres grandes villes dont Coventry et en cette année 1941, Bristol, Plymouth, Southampton et Cardiff. Si on a peur à Londres, on a peur également à Cardiff…

Cardiff le même soir.

Les derniers passagers se pressent à la gare de Cardiff. Rentrer chez soi avant le couvre-feu, regagner un abri, illusoire, certes, mais familier… La journée a souvent été harassante pour toutes ces femmes et ces hommes : la plupart travaillent dans des usines d’armement ou dans l’industrie du charbon, on a besoin d’énergie pour produire et pour se battre. C’est une époque où on travaille longtemps et beaucoup ! Monter dans le train, cela veut dire souffler un peu, après avoir durement travaillé et fait quelques courses hâtives ! Pas facile de nourrir sa famille en ces temps de rationnement… On se précipite donc sur les banquettes, pas toujours très confortables et on attend avec impatience le départ du train. Aujourd’hui, il n’a qu’un quart d’heure de retard, une chance pour les cent vingt-sept passagers du train 254 !
Comme d’habitude, on a des jeunes gens qui sortent de leur collège : malgré la guerre ou à cause d’elle, il faut bien poursuivre ses études, quelques campagnardes qui sont venues à Cardiff dans l’espoir de trouver un peu de tissu ou quelques pelotes de laine, des employés et beaucoup d’ouvriers. Tout le monde se connait plus ou moins. Le contrôleur, toujours le même à cette heure sur cette ligne, essaie de rassurer tout le monde par ses plaisanteries plus ou moins fines. Tout le monde dans le train sait que sa femme attend leur premier enfant, que l’événement est imminent, que, si c’est un garçon, il s’appellera Winston, comme le Premier Ministre et si c’est une fille, ce sera Mary, comme la Reine. En attendant, il veille sur ses habitués comme sur la prunelle de ses yeux.

Le départ, enfin ! Puis, c’est la traversée de la campagne galloise ; plutôt plaisante dans la journée, elle est sinistre la nuit : aucune lumière ! Les hameaux se succèdent, ou plutôt des fantômes de hameaux : on distingue vaguement les façades blanches des maisons. Les passagers se collent le nez à la vitre pour reconnaitre les lieux « Non ! Pas ici ! C’est le prochain arrêt » Puis un cri « Regardez le ciel » Des oiseaux sombres le traversent, au ventre orné d’une croix noire. « Les Allemands ! Ils sont en route pour Cardiff ! » Mais les cibles sont difficiles à localiser la nuit et les Junkers commencent leur largage de bombes bien avant la banlieue de la ville. Les Stukas interviennent à leur tour : ils prennent pour point de repère le petit point rouge que représente le foyer de la locomotive et le panache de fumée qui s’en échappe. Et le train essaie de prendre de la vitesse, de distancer les avions… la lutte est inégale et les passagers, terrorisés, voient les bombes et les mines pleuvoir de chaque côté de la voie ferrée. L’étau se resserre, les hurlements des Stukas se rapprochent, les tirs deviennent plus précis, de plus en plus menaçants…
Et soudain… Le silence ! Le salut ! Le train plonge dans un tunnel. Pour les cent vingt-sept passagers, c’est le soulagement « Ce n’est pas pour cette fois ! ». L’espoir renaît… puis l’inquiétude revient, d’abord diffuse et sourde, puis plus aigue. Un tunnel ? Mais quel tunnel ? Il n’y a pas de tunnel sur ce tronçon de voie ! On interroge le contrôleur, mais il ne comprend pas plus que les autres. Le train fonce toujours dans un roulement de tonnerre. La cheminée de la locomotive crache des flammes. Les escarbilles voltigent le long des fenêtres… C’est la seule lumière visible… L’inquiétude fait place à la panique : le train ne s’arrête pas, le tunnel semble sans fin. Les femmes commencent à sangloter, les hommes deviennent nerveux et certains regrettent le bruit des bombes. Au moins, c’était un danger humain, tandis que là !... Le train continue sa course folle. On n’entend plus que les grondements de la machine ! On ne sent plus que l’odeur du métal surchauffé ! Derrière les vitres, l’obscurité disparait peu à peu, remplacée par la couleur du sang. Le train semble plonger en enfer !
On ne reverra jamais les cent vingt-sept passagers, ni le conducteur et le chauffeur, pas plus que le contrôleur. Son enfant naitra dans la nuit, mais Winston ne connaîtra jamais son père.


Citation:
Chapitre 2 : Cardiff le 21 Mars 2008

18 heures 20 la gare est grouillante de monde à ce moment-là : c’est l’heure de pointe, comme quelques dizaines d’années en arrière. Sauf qu’au bruit s’ajoutent les lumières, les quais sont violemment illuminés, les boutiques et les cafés entourant le grand hall central essaient d’attirer les clients par des enseignes brillantes et parfois criardes et les trains en partance sont déjà éclairés pour permettre aux passagers de s’installer.
C’est le cas du train 254 qui dessert la périphérie de Cardiff, puis rejoint Londres via Reading et Swindon. Dans le wagon de tête les habitués se regroupent : ils sont les premiers à descendre. Ils s’installent presque toujours à la même place : près de la porte d’entrée, un homme d’âge mûr, au visage banal orné d’une petite moustache ; toujours correctement vêtu, il porte une petite mallette qu’il ouvre parfois et ses voisins savent qu’elle est bourrée de papiers : du travail à la maison sans doute. Derrière lui, une jeune femme à lunettes, manifestement une enseignante : le matin, elle relit ses cours et le soir, elle annote des copies. Ne pas perdre de temps, c’est sa devise. A côté d’elle, un homme jeune souvent plongé dans des revues médicales, un médecin ou un pharmacien probablement, mais tout le monde l’ignore car il n’adresse la parole à personne.
Si ces trois-là sont silencieux, ce n’est pas le cas des autres occupants de la rame : trois employés qui ont lié connaissance dans le train et qui échangent force médisances sur leur patron respectif, une pléthore de collégiens et d’étudiants : certains s’avancent dans leur travail, les autres écoutent de la musique – peu discrètement –, s’interpellent encore moins discrètement en s’esclaffant bruyamment. Aujourd’hui, on a en plus une mère de famille un peu affolée, accompagnée de deux bambins turbulents et impatients. Elle a du se rendre à Cardiff pour raisons médicales et sa journée a été infernale : les deux gamins n’ont pas cessé de geindre, ils ont eu soif, ils ont eu faim, ils ont eu mal aux pieds et, surtout, ils voulaient la voiture téléguidée dernier cri, fort chère, bien sûr ! Trois jeunes filles complètent le tableau, les bras chargés de sacs d’emplettes, elles papotent, elles conspirent, elles gloussent…

Bref, un wagon tout ce qu’il y a de plus ordinaire, sauf que tous ces gens, au comportement si prévisible, sont vaguement inquiets. Ils n’ont pas vraiment peur, mais ils sont un peu mal à l’aise. En effet, depuis quelques mois, des incidents étranges perturbent leur petit trajet quotidien. Rien de dramatique, à vrai dire, mais il leur semble que les choses empirent. La situation ne parait pas très nette à tel point qu’une enquête semble être en cours. Certains passagers ont été interrogés par des policiers un peu bizarres – mais était-ce bien des policiers ? – Une jeune femme brune, plutôt jolie, et deux jeunes gens, l’un un peu abrupt dans ses questions, l’autre très déstabilisant par ses silences.


Citation:
Chapitre 3 : les 48 heures précédentes.

Mercredi 19 Mars 2008
Myfawny planait majestueusement – c’est du moins l’impression qu’il avait – et espionnait la faune d’en bas apparemment en pleine activité. Pourtant l’après-midi était déjà bien avancée, mais toute l’équipe se dirigeait vers la salle de réunion à la demande de Jack. Comme d’habitude, il prit la parole en premier pour exposer les faits

— C’est une affaire un peu inhabituelle qui risque de nous occuper ces prochains jours.

Toute l’équipe se permit de sourire et Gwen fit remarquer :

— Mais, Jack, toutes nos affaires sont un peu inhabituelles. C’est pour ça que nous sommes ici et non dans un commissariat de police !

— Je suis bien d’accord, mais je crois que c’est la première fois que nous avons des problèmes avec des trains.

— Des trains ? renchérit Owen. Je ne crois pas être jamais monté dans un train de ma vie ! Et vous ?

— Moi si ! répondit Ianto. Je l’ai fait souvent à l’époque où je travaillais à Londres. Il n’y a jamais eu de gros problèmes, à ma connaissance ! Des retards, oui ! Mais de véritables problèmes, non ! Que se passe-t-il de si bizarre que cela concerne Torchwood ?

— En fait, Ianto, là non plus, on n’a rien de véritablement dramatique, mais plutôt un faisceau de petits désagréments, des pannes en pagaille : absence de lumière et de chauffage, un peu gênante en cette saison, des ralentissements inexpliqués, assez souvent des arrêts, cinq à dix minutes en rase campagne, des arbres sur la voie…

Ianto se mit à rire.

— Mais, Jack, il n’y a rien d’anormal à cela. Depuis la privatisation, tous ces incidents sont fréquents et affectent toutes les lignes du Royaume-Uni, pas seulement au Pays de Galles.

— C’est également ce que j’ai répondu au responsable des chemins de fer qui nous a alertés. Mais, il m’a rétorqué que ces incidents affectaient surtout un train : le 254 et qu’ils avaient lieu principalement le Vendredi soir. Les passagers qui empruntent ce train commencent à s’inquiéter et la Compagnie doit faire face à une baisse de fréquentation. Evidemment la police s’en désintéresse et affirme que ce n’est pas de son ressort. Je ne sais pas si cela nous concerne davantage, mais il est peut-être bon de mettre notre nez là-dedans ! Tosh, tu vérifies l’activité de la faille, vois s’il y a des anomalies les Vendredis soirs dans le secteur de la voie ferrée concernée. Gwen, Owen et Ianto, vous vous rendez sur place pour questionner usagers et employés. Vous avez juste le temps d’arriver à la gare avant le départ du 254.

Et c’est ainsi que nos habitués, lycéens et étudiants, hommes d’affaires, etc. firent connaissance de quelques membres de l’équipe Torchwood qu’ils prirent, d’ailleurs, pour des policiers.

Des étudiants et des lycéens que Gwen s’était chargée d’interroger, on n’obtint pas grand-chose. Trop occupés par leurs petits problèmes, trop absorbés par leur musique ou leurs papotages, ils n’avaient rien remarqué de particulier, si ce n’est des retards absolument insupportables parce qu’ils leur faisaient louper le début de leur feuilleton, et, ça, c’était pas cool !

Ianto et Owen se chargèrent des autres passagers. L’institutrice se plaignait, elle aussi, des retards, mais ce qui l’avait surtout irritée, c’est qu’une fois, le train avait oublié de s’arrêter, à sa station, à elle ! Juste la veille d’une inspection ! Comme si elle ne stressait pas suffisamment ! Pensez : une inspection, le Samedi matin, au moment où les petits monstres sont les plus excités ! L’homme d’affaires et le pharmacien, eux, étaient surtout irrités par le bruit des jeunes gens « Ça fait vingt ans que je fais le trajet, déclara l’homme d’affaires, au début, rien à dire : les jeunes lisaient, parlaient à voix basse. Aujourd’hui, ils vous cassent les oreilles avec leur musique infernale, ils poussent des beuglements épouvantables ! Ah ! De mon temps, on était mieux élevé ! » le bruit les perturbait, certes, mais surtout les bagarres, de plus en plus fréquentes, semblait-il ! S’il y avait un jour où elles étaient plus nombreuses ? Et bien oui ! Maintenant que vous le dites, le Vendredi, indubitablement !

L’équipe interrogea ensuite les employés de la Compagnie de chemin de fer. Le conducteur de la machine et le contrôleur ne demandaient qu’à déverser leur rancœur et là, les renseignements fusèrent.

— Des problèmes techniques, en veux-tu en voilà ! Des signaux qui se bloquent et on ne sait pas quoi faire ! Des aiguillages qui se dérèglent… Tiens, Vendredi dernier, le train a changé de voie et on a failli se retrouver à Glasgow. Le pire, c’était il y a deux semaines ! Tiens ! Encore un Vendredi !... Un passage à niveau automatique n’a pas fonctionné et un énorme camion-citerne m’est passé au ras des moustaches. A une seconde près, c’était la collision. Et là, je ne serais plus là pour vous en parler !

Le contrôleur avait, lui aussi, ses problèmes

— J’ai été agressé, moi, messieurs-dames ! En trente ans de carrière, cela ne m’était jamais arrivé. Quatre ou cinq individus m’ont sauté dessus, sans aucune raison. Et les passagers, qu’est-ce que vous croyez qu’ils ont fait ? Et bien rien ! Ils n’ont pas bougé. Même pas un qui aurait sorti son téléphone !

— Et c’était quand ? Voulut savoir Ianto

— En Janvier, le 11… un Vendredi ! Tiens, encore !

Des problèmes, manifestement, il y en avait ! Mais cela concernait-il Torchwood ? Dans le fond, ce n’était peut-être que le résultat de coïncidences : aucun de ces incidents ne sortait réellement de l’ordinaire. C’était leur accumulation visant le train 254 qui était étrange. De retour au Hub, ils furent accueillis par Tosh qui leur apporta une nouvelle pièce du puzzle.

— Je viens de mettre la main sur un rapport de police datant de la semaine dernière. Un automobiliste était arrêté bien sagement à un passage à niveau : les barrières étaient baissées, les feux clignotaient. Et il a vu passer, je cite « un sacré bon sang de bonsoir d’engin ! Jamais vu de ma vie ! un train conduit par une locomotive à vapeur ! Mais il n’y avait pas que ça de bizarre : on voyait à peine la loco et les wagons tant il y avait de fumée ! De la fumée rouge, rouge comme le sang ! » Il a ajouté qu’il avait cru voir également, mais il n’en était pas certain, comme des silhouettes aux fenêtres. La police a enregistré son témoignage le lendemain, mais trop tard pour un contrôle d’alcoolémie. Cependant, il s’agit d’un homme honorablement connu dans la région et il n’a jamais eu de problèmes avec la justice. Pourquoi aurait-il inventé une histoire pareille ?

Et devançant une question de Ianto, elle ajouta :

— J’ai vérifié auprès de la Compagnie des Chemins de Fer, aucun train n’est censé circuler sur cette voie, à ce moment-là.

Quelques instants plus tard, tous étaient penchés sur les rapports qui s’accumulent. Jack tira la conclusion

— Si on résume, tous ces incidents affectent surtout une ligne, toujours le train 254 et principalement le Vendredi soir. C’est curieux, indéniablement. Le fruit du hasard ou quelque chose de plus inquiétant ? Pour l’instant, il est difficile de répondre à cette question et nous allons donc poursuivre nos recherches. Est-ce également votre avis ?

La question était purement formelle et tous acquiescèrent

— Donc, deux lignes de recherche. D’abord les archives : dans le passé, a-t-on eu des cas similaires ? Ensuite, il faudrait d’autres témoignages : ce fameux « train-fantôme » a-t-il été vu par d’autres personnes ? Donc, demain, Tosh et Ianto épluchent les dossiers d’archives, Gwen, Owen et moi-même, allons prospecter le long de la voie ferrée, rencontrer les riverains et essayer d’en savoir davantage.

Le lendemain Jeudi 20 Mars 2008.

Au Hub

Tosh épluchait les rapports de la Compagnie de Chemins de Fer, ceux d’après la privatisation des années quatre-vingt-dix et, dans la mesure du possible, ceux d’avant cette date. Mais beaucoup avaient été égarés, la plupart n’ayant pas été jugés dignes d’être informatisés.

Ianto, lui, retrouvait son univers de vieux papiers. C’était un monde qui lui était familier. Au moment de son arrivée à Torchwood-Cardiff et surtout après la mort de Lisa, il y avait passé des journées entières, lisant, classant et rangeant dans des classeurs tout neufs la multitude d’informations recueillies. Il n’eut donc aucun mal à retrouver les vieux journaux locaux et il les parcourut en se focalisant surtout sur les informations du Samedi et du Dimanche. Quelques incidents, effectivement, mais rien de bien significatif ! Au bout de quelques heures, son attention se relâcha, la poussière lui piquait les yeux et il se mit à rêvasser un peu !
Il s’interrogeait, en effet, sur la tournure que prenaient ses relations avec Jack ! Depuis le début, elles avaient été assez ambigües, alternance de confiance et de méfiance, mélange de gentillesse et de mépris, le tout entouré d’un zeste de sensualité. Depuis peu, la situation semblait plus saine – finis le mépris et la méfiance – mais pas plus claire pour autant. Jack semblait attaché à lui, mais jusqu’à quel point ? Le matin même, Jack lui avait proposé ce qui ressemblait fort à un rendez-vous. Et Ianto avait accepté, même s’il ne savait pas trop quoi en penser.
Le jeune Gallois se secoua, chassa ces idées et décida de se remettre au travail, mais pas avant d’avoir dégusté un bon café. Il s’était à peine soulevé de son siège lorsque ses yeux se posèrent sur un titre en bas de la première page « Où est passé le train 254 ? ». Fébrilement, il lut la date du journal : Dimanche 23 Mars 1941, puis l’article : le soir du Vendredi 21 Mars, le train 254 s’était mystérieusement évaporé avec ses cent-vingt-sept passagers. Pourtant, l’article était peu fourni. Le regard de Ianto remonta vers le haut de la page « Après Londres et Coventry, la Luftwaffe essaie d’anéantir Cardiff ». A l’époque la disparition du train, pour étrange qu’elle soit, n’avait pas fait les gros titres. C’est la guerre qui faisait la une ! L’Allemagne s’attaquait aux populations civiles et beaucoup d’Anglais étaient persuadés que cela annonçait l’Apocalypse. Face à cela, un train disparu ne faisait pas le poids. Mais pour Ianto, cette disparition était une révélation. Il remonta au galop rejoindre Tosh, brandissant triomphalement le journal.

— Tosh ! je crois que j’ai trouvé l’origine du problème. Un train tout entier disparu lors d’un bombardement allemand en 1941 ! Un Vendredi soir ! Et devine ! Il s’agit du train 254 !

— Extrêmement curieux, en effet ! Quel jour, tu dis ? Je vais croiser l’information avec les relevés d’activité de la faille.

— Vendredi 21 Mars 1941. On a vu le train à 18 heures 25 lors de son dernier arrêt, il était un peu en retard, mais rien d’exceptionnel ! Il ne s’est pas présenté à l’arrêt suivant prévu à 18 heures 40. C’est au cours de ce quart d’heure qu’il a disparu.

— Nos relevés sont anciens et pas toujours aussi précis que ceux dont nous disposons aujourd’hui, mais effectivement, on peut observer une grande activité de la faille vers 18 heures 30 dans cette partie du pays. Tu crois que…

— C’est possible, en effet. Nous verrons ce que Jack en pense. Je vais lui téléphoner l’info. Cela lui permettra peut-être de réduire ses recherches. En attendant, je retourne en bas lire plus en détail les journaux de l’époque.

Au même moment, dans la campagne galloise

Jack referma son téléphone

— Un coup de téléphone de Ianto. Tosh et lui ont trouvé quelque chose d’intéressant. En 1941, sur cette ligne – il désigna la voie ferrée à côté de laquelle le SUV était stationné – un train a disparu avec ses cent vingt-sept passagers. Ianto m’a indiqué le lieu approximatif de cette disparition. Je propose que nous interrogions les habitants des villages voisins.

Dans le premier village, l’équipe fit chou blanc. Quelques anciens avaient bien entendu parler de l’affaire, mais ce soir- là, le train s’était arrêté comme d’habitude, déversant son lot de collégiens et de travailleurs dans la quasi-obscurité, et puis il y avait eu le bombardement. Alors… Depuis longtemps déjà le train ne s’arrêtait plus : pas assez rentable !

Le deuxième village était plus concerné, c’est le premier arrêt que le train avait loupé et quelques habitants de la commune s’étaient volatilisés sans explications. Le chef de gare leur indiqua quelques noms et adresses. Presque à chaque fois, ils rencontrèrent des gens encore jeunes qui avaient perdu un membre de leur famille dans cette étrange catastrophe ferroviaire… Mais ils ne savaient rien du drame. Une seule fois, ils purent discuter avec un septuagénaire qui s’intéressait vraiment à la question et qui répondit avec plaisir à leurs questions, malgré la présence de sa petite-fille, assez sceptique.

— C’est que je suis un survivant, moi !

— Vous étiez dans le train ? questionna Gwen, pleine d’espoir. Enfin un témoin ! La petite-fille leva les yeux au ciel.

— Mais non ! Mais j’avais cinq ans et mon père m’avait promis de m’emmener à Cardiff pour mon anniversaire ! Pas de chance, j’ai attrapé la rougeole !

— Pas de chance ! Pas de chance ! Au contraire, me semble-t-il ! Répliqua sa petite-fille.

— Oui, tu as raison. Mais je me suis toujours demandé ce qui s’était passé ce soir-là ! Je suis en retraite maintenant et tous les jours je me promène le long de la voie ferrée. Et j’ai vu des choses bizarres, surtout à la tombée de la nuit.

— Papy ! Arrête tes histoires, elles n’intéressent pas ces messieurs-dames.

— De la fumée ! Non, ce n’est pas du brouillard, dit-il en s’adressant à sa petite fille, ça sentait la fumée ! J’ai vu également des lueurs, rouges ! J’ai cru entendre des cris, mais, ça, je ne peux pas le jurer ! Et je ne radote pas encore !!

— Ne vous inquiétez pas ! Vous nous avez beaucoup aidés, ajouta Gwen en prenant congé.

L’homme la retint par le bras et lui murmura à l’oreille :

— Je serais vous, j’irais faire un tour du côté d’une vieille gare désaffectée, à une dizaine de kilomètres d’ici. Il s’y passe de drôles de choses. Moi, j’ai jamais osé m’en rapprocher.

Jeudi 20 Mars après-midi

En début d’après-midi, l’équipe se retrouva au Hub pour compulser les informations recueillies. Il apparut alors assez évident pour tous que les incidents étranges de 2008 avaient un lien avec la disparition du train en 1941, disparition sur laquelle, finalement, on savait peu de choses. Ianto lança une idée :

— Et si nous allions enquêter du côté de la Compagnie de Chemins de Fer, tout simplement ? Elle doit bien savoir quelque chose !

Jack et Ianto se rendirent donc immédiatement au siège de la Compagnie : assez bizarrement, ils pressentaient qu’il y avait urgence. On était le Jeudi 20 Mars et les incidents semblaient se multiplier. Cependant une déception les attendait : des bâtiments tout neufs, des employés fort aimables mais aussi fort jeunes. Interrogés sur les événements de 1941, ils avouèrent leur ignorance. Eux, ils représentaient une compagnie très récente et les propriétaires de la ligne avaient changé plusieurs fois : une compagnie privée en 1941, les Southern Railways, puis l’Etat avec les nationalisations des années d’après- guerre. Et dans les années 90 une vague de privatisations avait encore changé la donne ! La compagnie actuelle ignorait tout des événements de 1941. De toute façon, perdre un train, ça fait mauvais effet. Donc on préfère en effacer le souvenir.
Déçus, Jack et Ianto s’apprêtaient à tourner les talons, lorsqu‘un employé un peu plus âgé que les autres leur suggéra de rencontrer une certaine Allison Thorpe, une ancienne collègue à lui, qui était littéralement obsédée par l’histoire des chemins de fer. Mais elle avait été licenciée – dégraissage des effectifs – et il fallait la contacter chez elle.



Citation:
Chapitre 4 : Vendredi 21 mars 2008

L’équipe s’était partagée le travail : Owen se rendrait chez Allison Thorpe pour plus amples renseignements sur le fameux train disparu, Jack, Gwen et Ianto iraient inspecter la gare désaffectée qu’on leur avait signalée la veille. Tosh, quant à elle, resterait au Hub, comme c’était souvent le cas lorsqu’il fallait coordonner les recherches. Le temps de s’organiser et de se rendre sur place, on était déjà en début d’après-midi.

L’appartement d’Allison

Lorsqu’Owen se présenta à l’appartement en question, il fut accueilli par la voisine d’Allison, apparemment en pleine mission d’espionnage.

— Vous venez chez Allison ? Vous êtes de la police ?

Mais elle n’attendit pas la réponse et poursuivit
— J’ai téléphoné hier au service des personnes disparues, mais on m’a dit que c’était trop tôt, que, de toute façon, elle était largement adulte et qu’elle avait le droit de faire ce qu’elle voulait… Deux jours qu’elle n’est pas rentrée, cela ne lui était jamais arrivé. Je suis inquiète. J’ai bien la clé, mais je n’ose pas entrer ! Vous pouvez, vous ? dans la police, je veux dire, vous pouvez entrer partout ?

Owen, sans détromper la femme, saisit la clé et entra dans l’appartement, la voisine sur les talons. Personne ! Owen, fermement, mit la curieuse à la porte.

— Le secret de l’enquête, vous comprenez !

Et il put entreprendre de fouiller l’appartement. Petit, propre, bien rangé, il ne fut pas difficile à inspecter. Sauf que dans une petite pièce servant de bureau, Owen découvrit des murs entièrement tapissés de panneaux en liège : des photos, des rapports, des coupures de presse y étaient punaisées par ordre chronologique. Et le train disparu en 1941 occupait un panneau entier à lui tout seul. Pratiquement, tous les renseignements réunis là concernaient la ligne de ce même train.
Owen mit quelque temps avant de comprendre ce qu’il voyait. Pourquoi Allison s’intéressait-elle tant à ce train ? Et à cette ligne ? Accroché à un mur, un arbre généalogique agrémenté de photos, le renseigna : Allison était née en 1984 d’un certain James, lui-même conçu en 1962 et fils d’un Winston Thorpe né en Mars 1941. Un simple coup d’œil sur la liste des disparus de 1941 : le nom de Thorpe y figurait en bonne place : c’était le contrôleur du train. Et son fils avait vu le jour au moment même où son père disparaissait…
Owen téléphona tous ces renseignements à Tosh et conclut en avançant une explication

— Elle a relevé tous les faits qui se sont passés aux abords de la voie ferrée et selon ses hypothèses, tout est lié à la date du 21 Mars 1941, donc à la disparition du train. C’était un Vendredi et tous les problèmes survenus récemment ont eu lieu le Vendredi soir : ses recherches le soulignent bien. Cela concorde avec ce que nous savions déjà. Mais ce qui m’inquiète, c’est qu’aujourd’hui, on est le 21 Mars et, qui plus est, un Vendredi !

Tosh l’interrompit

— D’accord, mais depuis 1945, combien de Vendredi 21 Mars ?... Attends ! Une petite recherche rapide… Si on ne tient compte que des dernières années : en 2003, 1997, 1986, 1980 et combien d’autres fois entre 1941 et 1980 ? Il ne s’est rien passé. Pas d’activité anormale de la faille pour ces jours-là en particulier. Finalement, on ne sait pas grand-chose de plus. On sait seulement pourquoi Allison s’intéresse tant à la ligne 254.

— Tu as raison, mais comment expliques-tu ces incidents qui se multiplient actuellement ?

— C’est vrai que c’est plutôt étrange ! D’autant plus qu’ils ont lieu à peu près dans le même secteur et que, à chaque fois, la faille semble s’activer. Toutefois, rien de très spectaculaire : une petite ondulation dans les relevés, c’est à peine perceptible. On verra ce que Jack en pensera.

La gare désaffectée

Au même moment, Gwen, Jack et Ianto parvenaient à la vieille gare. D’abord, ils ne virent qu’un vieux bâtiment abandonné : une odeur de moisi et d’humidité, le bruit des souris dans les murs, protestant contre les intrus, des fenêtres cassées, des vieilles affiches jaunies par le temps, les dalles des quais craquelées par le gel hivernal. Puis, au bout d’un instant, ils ressentirent une sorte de malaise, une vague inquiétude, sans aucune raison ! Mais la lumière était bizarre, un rouge orangé peu naturel, l’air était devenu lourd, difficile à respirer et même le silence était devenu pesant : les souris avaient cessé de grignoter les papiers peints, les oiseaux ne chantaient plus dehors et même les planches du parquet ne craquaient plus. Involontairement, Gwen et Ianto se rapprochèrent de Jack, cherchant la sécurité. Ils étaient là, tendus, inquiets, lorsque le sifflet d’une locomotive les fit sursauter.
Le bruit de la vapeur qui s’échappe, le grincement des essieux, le grondement du piston et des bielles ne les rassurèrent pas davantage : manifestement, on avait affaire à une machine à vapeur. Cela faisait bien longtemps que de tels engins ne circulaient plus sur les voies ferrées britanniques. Jack se précipita en direction du quai, suivi de ses deux équipiers. Et sous leurs yeux ébahis, ils virent s’arrêter, dans un grincement infernal, un très vieux train : une locomotive hors d’âge avec sa cheminée crachant une fumée si épaisse qu’elle masquait presque complètement motrice et wagons, tout juste si on pouvait distinguer le numéro du train.

— Le 254 ! s’exclamèrent d’une même voix Gwen et Ianto.

C’est à ce moment-là que l’odeur les frappa : l’odeur du métal chauffé à blanc et celui, plus insupportable, de la chair humaine en train de bruler. Gwen en eut un haut-le-cœur et chancela. Ianto se précipita pour la soutenir.
Jack, lui, courut vers le train et en vit sortir une apparition épouvantable : un homme, ou ce qui avait été un homme, vêtu de lambeaux d’uniforme, la casquette de contrôleur sur ce qui lui restait de cuir chevelu. Sa chair était à moitié calcinée, fumant par place, laissant apparaitre quelques dents au niveau du visage. Les yeux, injectés de sang, fixaient Jack avec l’expression du plus profond désespoir.

— La sauver… Il faut la sauver… Aidez-moi, par pitié ! … Je dois la sauver… Ils la veulent… Passage à niveau… Le troisième…

Jack, pris de pitié, se rapprocha de l’homme pour essayer de mieux l’entendre, mais celui-ci l’agrippa fermement par le bras et le propulsa à l’intérieur de la rame. La portière se referma en claquant bruyamment. Ianto, pris de surprise, ne put rien faire, à part hurler et se meurtrir les mains sur les parois brulantes du wagon. Il voulut lui aussi monter dans le train, mais les portières étaient verrouillées et le convoi s’ébranlait déjà. Rapidement le train prit de la vitesse, laissant Gwen et Ianto, pantois, sur le quai. Ianto fut le premier à réagir

— On le suit ! Vite ! La route longe la voie, on va essayer de rattraper ce fichu train !

Tandis que Ianto, en proie à une panique grandissante, conduisait plus vite qu’il ne l’avait jamais fait, Gwen contactait Tosh et Owen pour leur décrire la situation.

L’appartement d’Allison.

Owen reprit ses recherches dans l’appartement d’Allison : s’il avait bien compris les explications quelque peu hystériques de Gwen, c’était son arrière-grand-père, disparu depuis 1941, qui avait enlevé Jack… Il inspecta la seule pièce qu’il n’avait pas encore fouillée : la cuisine et là, bien en évidence, dans une corbeille de pommes, une lettre, avec le très classique, mais très inquiétant message « A ouvrir si je ne reviens pas ».
Fébrilement, il déchira l’enveloppe et parcourut le message : ce n’était pas tout à fait celui qu’il attendait. Plutôt que les habituelles lamentations, c’est un véritable réquisitoire qu’il avait sous les yeux, une attaque en règle contre les différentes compagnies de chemins de fer qui s’étaient succédées au Pays de Galles.. Allison accusait ces dernières d’avoir ruiné sa vie et celle de sa famille et à lire ses arguments, cela semblait logique. Son arrière-grand-père avait disparu en 1941 dans le fameux train 254, son grand-père Winston avait péri dans un accident ferroviaire en 1965 (son train avait percuté un camion-citerne, plein de gaz, à un passage à niveau dont les barrières avaient mal fonctionné), son père qui travaillait en tant que contrôleur, avait été agressé en 1990 et s’il en était sorti vivant, il en était resté paralysé à vie. Une véritable malédiction semblait frapper la famille et elle était apparemment liée aux chemins de fer. Elle-même, Allison, qui travaillait également pour la Compagnie ferroviaire – une sorte de tradition familiale – avait été licenciée pour raisons économiques en Janvier 2008 et elle avait très mal vécu la perte de son emploi.
Beaucoup de raisons d’en vouloir aux chemins de fer !!! Leur en vouloir ? oui, mais Allison semblait plutôt considérer que cette suite d’incidents ou d’accidents n’était pas fortuite et qu’elle résultait d’une sorte de malédiction. Elle ne se l’expliquait pas mais elle pensait que les problèmes de ces derniers mois étaient liés à cette malédiction, qu’ils étaient le prélude à une catastrophe imminente : un accident meurtrier peut-être ou la disparition d’un convoi tout entier comme cela avait été le cas en 1941. Elle supposait qu’elle se produirait, comme cette année-là, le Vendredi 21 Mars, qu’elle concernerait très certainement le train 254 et qu’elle aurait lieu à l’endroit où le premier train avait disparu. Paranoïa ou don de prophétie ? Owen était bien en peine de répondre. Avant son entrée à Torchwood, il aurait fait un diagnostic de déséquilibre mental, mais maintenant…

Ce n’était pas tout. La jeune femme semblait persuadée que cette étrange malédiction touchait également sa propre famille et que c’était à elle, Allison, d’empêcher la catastrophe qu’elle pressentait. Elle avait donc projeté, d’après sa lettre, d’arrêter le train au dernier passage à niveau avant le lieu fatidique, cependant sa lettre n’expliquait pas comment elle comptait s’y prendre.

Owen réfléchissait intensément. Il essayait de rapprocher les propos assez incohérents de Gwen et les mots de la lettre : une malédiction familiale… Un passage à niveau… Un train disparu qui réapparait… L’appel au secours d’un contrôleur censé être mort depuis 1941… Pour Owen, il ne faisait guère de doute que quelqu’un ou quelque chose menaçait la jeune femme. Quoi ? Il n’en savait rien exactement, mais il lui parut soudain urgent d’empêcher Allison d’approcher du fameux passage à niveau. Il sauta dans sa voiture et fonça vers la voie ferrée.

Tosh, complètement désarmée, suivait les opérations depuis le Hub : elle surveillait l’activité de la faille qui semblait prise d’une frénésie soudaine et en même temps, grâce aux puces GPS dont les véhicules de l’équipe étaient pourvus, elle pouvait visualiser leurs déplacements. Les deux voitures étaient sur la même route et fonçaient droit l’une vers l’autre, chacune, d’après ce que Tosh avait compris, derrière un train, Owen à la poursuite d’un train bien réel, rempli de passagers bien vivants et heureux d’être en week-end, Gwen et Ianto aux trousses d’un train-fantôme dont Jack était prisonnier. Enfin, dans le meilleur des cas !! Mais Ianto refusait de penser à une autre éventualité. Il se concentrait sur la route et il serrait si fort le volant que ses jointures en étaient toutes blanches. A côté de lui, Gwen priait silencieusement.

Le passage à niveau.

Owen le guettait depuis plusieurs minutes. D’après les indications de Tosh, il savait qu’il était proche. Il arriva enfin à sa hauteur, quelques minutes avant que le train 254 venant de Cardiff ne surgisse. Un instant, il eut le fol espoir que la jeune femme avait changé d’avis. Mais non ! Sa petite voiture était bien là, sur le bas-côté de la route. Et au milieu de la voie, une petite silhouette, penchée en avant, donnait tous les signes d’une profonde panique. Owen courut vers elle.

— Ne restez pas là ! Le train, il arrive ! Dans une minute, je l’entends !

— Je ne peux pas bouger ! Je suis coincée ! Ma chaussure…

Owen jeta un coup d’œil à l’objet en question. Le talon s’était coincé entre deux rails et, malheureusement, il s’agissait de chaussures à lacets qui s’attachaient haut sur la jambe, la jeune femme était incapable de les dénouer, tant ses doigts tremblaient.

— Les lacets… Je n’arrive pas à les dénouer…

Owen s’attaqua aux lacets sans succès. Le train se rapprochait ! en fait, c’était pire que cela, les deux trains se rapprochaient ! de l’autre côté de la route, le SUV arrivait également à toute vitesse. Il était parvenu à la hauteur du train. Mais que faire ? Ianto hurlait de rage devant son impuissance.

Pendant ce temps, Owen prenait la seule décision qui lui était venue à l’esprit

— Excusez-moi, Mademoiselle, si j’abime vos jolies chaussures, mais je ne vois pas d’autre solution.

Et s’emparant de la petite trousse médicale de poche qui ne le quittait jamais, il en extirpa un scalpel et d’un geste vif, il trancha les lacets récalcitrants. Ensuite, il eut à peine le temps de prendre la jeune femme à bras le corps et de rouler avec elle sur le ballast que le train passait à côté d’eux en sifflant, si près qu’Owen en sentit la chaleur sur le visage.

Ianto n’eut pas le temps de voir ce sauvetage inopiné ; les yeux exorbités, il regardait les deux trains foncer l’un vers l’autre ! Il criait son désespoir, Gwen sanglotait… La catastrophe était inévitable. Les deux locomotives allaient se percuter de plein fouet. C’était imminent…Et pourtant devant les yeux incrédules de l’équipe, le train-fantôme disparut, se dissolvant comme une bulle de savon… emmenant Jack avec lui.

Le silence retomba, un silence lugubre… Owen releva la jeune femme très choquée. Gwen dut voler à son secours. Ianto, quant à lui, restait appuyé au SUV, sans rien dire, regardant fixement les rails, espérant contre toute attente. Il fut tiré de son hébétement par le téléphone. Tosh cherchait à le joindre. En quelques mots mouillés de larmes, il lui expliqua

— Jack a disparu ! comme le train… Tosh, est-ce que tu vois quelque chose ?

— La faille a été très active, il y a quelques instants, mais maintenant plus rien… Rien ! Ianto, je ne vois rien ! Aucune trace du train-fantôme, ou de Jack… Oh ! Ianto, si tu savais comme je suis désolée…



Citation:
[b]Chapitre 5 : Retour à Cardiff.


Le retour vers Cardiff se fit dans le silence le plus total. Aucun mot ne convient pour exprimer l’état d’esprit de l’équipe : la stupeur, le désarroi, la consternation, sans doute, mais c’était pire que cela, le désespoir peut-être surtout pour Ianto. Le matin même, il se posait des questions sur ses sentiments pour Jack. Maintenant, il savait exactement ce qu’il en était. Il savait qu’il l’aimait, mais c’était trop tard. Il ne voulait pas pleurer, pas devant les autres. Il se réfugia dans la cuisine sous prétexte de préparer une boisson chaude pour l’équipe, mais c’était en réalité pour être seul avec son chagrin. Il se sentait vide, une coquille sans âme ! Machinalement, il prépara les tasses, celle de Jack également. Quand il réalisa ce qu’il était en train de faire, la colère le prit et il redescendit en trombe vers les autres.

— On ne va pas accepter ça sans rien faire. Il y a peut-être une solution ! Jack ne nous aurait pas abandonné, lui ! Qu’aurait-il fait à notre place ?

Tosh comprit ce qu’il cherchait à faire : agir pour moins souffrir.

— Il réfléchirait et il chercherait les causes du problème. Pourquoi le train-fantôme est-il réapparu si longtemps après sa disparition ? 1941 à 2008 ! C’est long !

Gwen fouillait dans sa mémoire

— Nous avons entendu une partie de ce que disait le contrôleur, n’est-ce pas, Ianto ? Sur le coup, je n’ai pas bien compris. Mais j’ai cru entendre « Je dois la sauver » ou quelque chose comme ça !

— Mais oui ! s’exclama Owen. Sauver son arrière- petite- fille ! Elle pensait que le train et sa famille étaient le jouet d’une malédiction, qu’une catastrophe allait arriver. Et elle voulait arrêter le train ! Elle a failli y perdre la vie ! Le train-fantôme, ou plutôt son contrôleur, voulait lui sauver la vie. Ianto proposa alors :

— Peut-être pourrions-nous miser là-dessus pour faire revenir ce fameux train ? Et si on retournait près du passage à niveau et que nous y amenions la jeune femme ? Cela pourrait provoquer le retour du train ? Qu’en pensez-vous ?

Tosh fit une moue dubitative.

— Je te comprends, Ianto, et moi aussi je souhaite le retour de Jack, mais je doute que cela soit aussi simple. Nous sommes dans le domaine du surnaturel et comment peut-on penser qu’un… truc aussi irrationnel qu’un train-fantôme agisse de façon rationnelle ? Même si on admet qu’un train puisse être influencé par l’état d’esprit d’une femme, il faudrait recréer cet état d’esprit. Allison est à présent à l’hôpital, abrutie de calmants. On ne peut tout de même pas recréer chez elle cette paranoïa qui la minait.

— Tu as raison, Tosh ! mais peut-être que…

Il fut interrompu par la sonnerie du téléphone.

Un peu avant, à la gare de triage de Cardiff.

— Chef ! Chef ! Venez voir !

— Qu’est-ce qu’il y a encore ?

— Il faut venir, chef ! Vous n’allez jamais me croire !

— Bon, d’accord ! j’arrive !... Qu’est-ce que tu as à me montrer ?

— Et bien… ça ! Et l’employé montra d’un doigt un peu tremblant un très vieux train qui semblait revenir du champ de bataille… Le 254… Il est revenu !

Gwen décrocha le téléphone et hurla un « quoi ? » peu aimable… Puis, elle se tut, écoutant de toutes ses oreilles, bouche bée, hochant parfois la tête de façon mécanique. Lorsqu’elle raccrocha, elle fut obligée de s’assoir, tant elle était émue.

— Le train, le 254 de 1941, il … il est revenu à Cardiff, à la gare de triage… A bord, on n’a retrouvé aucun des cent-vingt-sept passagers, juste un corps calciné : les restes du contrôleur apparemment… et Jack.

Owen intervint un peu brutalement :

— Dans quel état ?

—Il est vivant ! Mais un peu roussi, parait-il ! Les témoins ne s’expliquent absolument pas ce qui s’est passé et apparemment, Jack non plus. Un miracle ? Une fantaisie de la faille ? Ou quelque chose de particulier concernant Jack ? On ne le saura probablement jamais. Quoiqu’il en soit, il est de retour !

Tosh s’exclama :

— Allons tous le chercher !

Ce bel enthousiasme fut douché par Gwen

— Non ! Jack a demandé à ce que Ianto vienne seul. Il l’a bien spécifié. Il a également demandé des vêtements propres.

Si les autres membres de l’équipe furent un peu déçus, Ianto ne se fit pas prier et le cœur plein d’allégresse, il prit le chemin de la gare. Pourquoi moi seulement ? se demandait-il. Qu’est-ce que cela signifie ? Quand il arriva, il trouva le dépôt plein d’animation, grouillant d’employés abasourdis, de journalistes curieux, mais il oublia tout ce tintamarre dès qu’il vit Jack. Il ne participait pas à la liesse générale et il restait seul, un peu à l’écart. Physiquement, il n’avait pas trop souffert de l’aventure, même si ses vêtements avaient été léchés par les flammes et sentaient la fumée. Mais ses traits étaient tirés, son regard encore légèrement égaré, son sourire, si éclatant d’ordinaire, était infiniment triste. Il étreignit Ianto avec une sorte de désespoir qui fit mal au jeune homme. Qu’avait donc-t-il vu ? Qu’avait-il vécu pour provoquer chez lui autant de tristesse ? En silence, le jeune homme l’aida à se changer avant de lui demander où il souhaitait aller.

— Au hub, peut-être ! Tous les autres t’attendent. Nous avons tous eu si peur !

— Tu leur téléphoneras que je vais aussi bien que possible. Mais pour l’instant, j’ai besoin de calme et de solitude… Tu crois que tu pourrais m’héberger quelques heures ? Ou alors, si cela te dérange, conduis –moi jusqu’à un hôtel…

— Un hôtel ? Tu n’y penses pas ! Je t’emmène chez moi ! Il y a là-bas un canapé et une machine à café qui n’attendent que toi.

Quelques instants plus tard, à bout de forces, Jack s’était écroulé sur le canapé de Ianto. Il reprit un peu de vigueur en sirotant un café bien serré. Ianto, assis à côté de lui, ne disait mot, attendant d’éventuelles confidences. Voyant qu’elles ne venaient pas, il hasarda :

— Qu’est-ce qui s’est passé, Jack ? Qu’as-tu vu qui t’ait autant bouleversé ? Tu veux m’en parler ? Ou tu préfères que je te laisse seul ?

— Reste, je t’en prie ! Mais, je ne peux pas te raconter ce que j’ai vu ! Pas maintenant en tout cas ! C’était l’Enfer ! Ce soir, je veux oublier tout ça. J’ai besoin de calme.

Et comme Ianto faisait mine de se lever, Jack le retint par la main

— J’ai besoin de calme, mais aussi de douceur, de délicatesse, de tendresse peut-être… Est-ce que j’ai eu tort de m’adresser à toi ? Est-ce que tu peux me donner tout cela ?

Ianto ne répondit pas, simplement il se rapprocha de Jack, lui tendit les bras et l’enlaça. Jack se blottit contre lui et se laissa bercer par le jeune homme. « Le monde à l’envers! » pensa fugitivement le Gallois, un peu effarouché par la situation. Un long moment passa ainsi, Ianto dorlotant Jack, jusqu’au moment où ce dernier, se redressant, lui chuchota une prière à l’oreille. Ianto sourit, il n’avait plus aucun doute sur ses sentiments, il savait exactement ce qu’il désirait. Il prit la main de Jack, dit simplement :

— Viens !

Et l’emmena dans la chambre à coucher.

FIN



Dernière édition par Tessa le Ven 11 Juin 2010 - 23:46; édité 4 fois
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MessagePosté le: Jeu 27 Mai 2010 - 19:16    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 27 Mai 2010 - 19:25    Sujet du message: Train d'enfer Répondre en citant

he bien tu as réussi à poster enfin de compte !
bravo
début assez massif je dirais
mais qui pose le décor : un train, le 254 a disparu en 41 et en 2008 des incidents bizares sur le "même" ligne de train
voilà que TW enquête et voici l'entrée en scène de Gwen, Owen et je dirais .. .Ianto Exclamation

le décor étant posé j'attends donc avec plaisir la suite des développements : mais quu'est ce qui se passe avec le 254 ???
tant que ne c'est pas le 456 !!! ça me va Wink
Okay
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MessagePosté le: Ven 4 Juin 2010 - 18:47    Sujet du message: Train d'enfer Répondre en citant

Le chapitre 3 est posté, non sans mal. La touche "spoiler" ayant refusé de fonctionner et me renvoyant toujours sur la page de garde du site. On a donc "bidouillé" avec la fonction "copier-coller" ce qui fait que le chapitre 3 n'a pas de nom. Ne peut-on mettre au point un système pour les Nuls pour qu'ils puissent envoyer leur fic sans crise de nerfs?

CHAPITRE 3 POSTE
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MessagePosté le: Ven 4 Juin 2010 - 18:56    Sujet du message: Train d'enfer Répondre en citant

pour poster un chapitre il te suffit de copier-coller ce code dans ton message, en remplaçant "TITRE DE TON CHAPITRE" et "TON TEXTE"
Code:

[hide=TITRE DE TON CHAPITRE][quote][justify] TON TEXTE [/justify][/quote][/hide]


Wink


si d'autres problèmes n'hésite pas à demander Smile
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MessagePosté le: Ven 4 Juin 2010 - 20:30    Sujet du message: Train d'enfer Répondre en citant

A Duam, merci beaucoup! Lors du prochain post, j'appliquerai tes conseils! Et merci aussi pour la réorganisation de mon texte: c'est beaucoup plus attractif de cette façon.
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MessagePosté le: Ven 4 Juin 2010 - 21:37    Sujet du message: chp 3 Répondre en citant

bonsoir !!
bon première, enfin, seconde impression après ce 3me chp : les descriptions et explications - qui nous permettent de comprendre - font des paragraphes assez lourd / difficile à lire vu la taille de la police et desdits paragraphes ! . faudrait que tu essayes d'aérer un peu en alllant peut êre plus souvent à la ligne suivante.
voir passer des lignes - après tout je ne pense pas que tu sois limité par la place

je reconnais que certaines fics/auteurs utilisent trop le "à la ligne" mais toi ce n'est pas le cas et j'avoue que mon plaisir à lire ta fic est un peu gâcher par le fait qu'il faut +/- déchiffrer et ne pas rater la ligne suivante !!!
voilà pour la forme


quand au fond : l'histoire Okay

sinon j'aime tes explications , le travail d'enquête qui démarre doucement en étant sceptique : est ce bien un boulot pour TW ??

et puis le faisceau d'indice converge vers le vendredi , quelques témoins sont découverts et Ianto qui bien sur découvre dans ses archives le fameux train !!
et puis sa révasserie sur Jack Razz

bref tous mes encouragements pour la suite !!
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MessagePosté le: Ven 4 Juin 2010 - 22:09    Sujet du message: Train d'enfer Répondre en citant

A Nath 7, désolée que ma présentation ne te plaise pas, mais poster ici pour moi relève de l'exploit: les touches ne fonctionnent pas et je ne fais pas ce que je veux! D'autre part, j'ai toujours appris à mes élèves qu'un argument doit former un paragraphe et qu'il ne faut pas couper une idée en deux! En outre, quand on prévisualise le texte, les caractères sont plus grands! J'ai vraiment beaucoup de difficultés à envoyer mes textes et je me demande maintenant si cela vaut le coup de continuer.
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MessagePosté le: Ven 4 Juin 2010 - 22:40    Sujet du message: Train d'enfer Répondre en citant

en fait je suis d'accord avec toi pour l'argument et le paragraphe (le pire c'est que j'y ai pensé en écrivant tout à l'heure Rolling Eyes )

si tu as autant de mal pour poster : alors chapeau bas pour ta persévérance Exclamation et continue STP
après tout c'est moi qui m'adapterais car tu fait l'effort de poster ici et je t'en remercie (dans un sens j'aurais ainsi le plaisir de la lire 2 fois pour mieux suivre Razz )
ta fic a bien démarré et tous ce fourmillements de détails ajoutent énormément à l'histoire qui se construit petit à petit sans pour le moment nous laisser deviner où tu vas !!! donc le mystère reste total et j'aime ça

donc je te renouvelle mes encouragements et encore plus sachant les pb que tu rencontres pour poster
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MessagePosté le: Ven 4 Juin 2010 - 23:03    Sujet du message: Train d'enfer Répondre en citant

Merci à toi, Nath pour tes encouragements! J'essaierai de me renseigner pour savoir si on peut mettre une police plus grosse (à condition que j'y arrive: quand on est nulle en informatique...)
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MessagePosté le: Sam 5 Juin 2010 - 03:44    Sujet du message: Train d'enfer Répondre en citant

La police utilisée est la même que dans les autres posts = taille 12

Il est vrai que l'on m'a aussi rabâché durant mes années d'études qu'une idée = 1 paragraphe ... mais dans les fics et surtout pour le confort de la lecture, je suis partisan d'espacer les descriptions ... c'est beaucoup plus fluide...

ex ton 1er paragraphe:
Citation:
Les rues sont désertes et sombres. Pas âme qui vive ! Aucune lumière, ni réverbères, ni fenêtres allumés. La population, inquiète, est calfeutrée chez elle. Elle a peur… la nuit, les gens ne dorment qu’à moitié, tout habillés prêts à fuir le plus vite possible vers l’abri le plus proche, celui qu’on a construit hâtivement dans le jardin ou celui offert par les couloirs du métro : on y retrouve tous ses voisins, tous aussi hébétés les uns que les autres… Au signal, la sirène au ton si angoissant, on s’y précipite, l’angoisse au ventre. On attend, puis l’enfer se déchaine, c’est d’abord le bruit des moteurs d’avions, puis les explosions, les maisons qui s’écroulent, les flammes qui crépitent, les hurlements d’agonie.

Cela fait plusieurs mois que les Londoniens subissent ce calvaire, nuit après nuit. La France a perdu la guerre en Juin 1940 et depuis ce temps, la Grande-Bretagne est la seule à résister à Hitler. Elle est, en Europe, le dernier rempart contre la dictature, mais elle sait aussi qu’elle est la suivante dans la liste des pays à conquérir : l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la France. Ce qu’elle craint par-dessus tout, c’est une invasion par la mer, mais, sa chance, c’est que la marine allemande, pour l’instant, ne peut pas rivaliser avec la marine britannique. Hitler a donc décidé d’affaiblir son ennemi par la voie des airs et, depuis Septembre 1940, la Luftwaffe attaque régulièrement le cœur de la Grande-Bretagne : bombardiers, chasseurs-bombardiers et surtout les terribles Stukas, les bombardiers en piqué, équipés d’une sirène, la fameuse « Trompette de Jéricho » qui terrorise militaires et civils… « Trompettes de Jéricho »… jamais instrument de guerre n’avait si bien porté son nom, il s’agissait bien de faire tomber les défenses britanniques en attaquant directement ses forces vives : sa population.

Mais la R.A.F. veille et ce soir de mars 1941, toute l’escadrille du Captain Jack Harkness, basée à Londres, est prête à décoller. Son but : empêcher les avions ennemis de s’approcher de leurs cibles, les pourchasser et leur infliger le plus de pertes possibles. Des hommes courageux, du matériel de pointe : Hurricane et Spitfire, mais cela ne suffit pas et l’Angleterre subit de gros dégâts. Londres d’abord, bien sûr, mais aussi beaucoup d’autres grandes villes dont Coventry et en cette année 1941, Bristol, Plymouth, Southampton et Cardiff. Si on a peur à Londres, on a peur également à Cardiff…


PS: sa lecture m'a donné envie d'en savoir plus, je reviendrai te donner mon avis Wink
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MessagePosté le: Ven 11 Juin 2010 - 23:49    Sujet du message: Train d'enfer Répondre en citant

CHAPITRE 4 ET 5 POSTES
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