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[Série UK] Sherlock
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Tyr
[Master of the Vortex]

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MessagePosté le: Ven 8 Jan 2016 - 01:22    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Mieux vaut tard que jamais, voilà mon pavé de janvier.^^ Je mets tout en spoilers pour éviter de faire fuir ceux qui n'aiment pas les longs textes.



Chrismas special : The abominable bride


-I thought I was losing you.I thought perhaps we were... neglecting each other.
- Well, you're the one who moved out.
-I was talking to Mary.


Après une « courte » attente, nous avons enfin eu droit à un nouvel épisode de Sherlock. Moffat ayant été très frustré de nous avoir pondu une saison de Doctor Who quasiment linéaire, il a donc décidé de se rattraper sur son autre série qui se déroule dans le passé…heu…le présent….heu…la tête de Sherlock… heu…les trois ? Un aspirine et quelques jours de réflexion plus tard, je vais donc tenter de décortiquer cet épisode. Puisque Moff-tiss a eu le bon goût de nous proposer un Christmas special en deux parties très distinctes, je vais économiser mes neurones et reprendre le même plan qu’eux.


I L’époque victorienne
“But then I've always known I was a man out of his time.”

Comme on nous l’avait annoncé depuis quelques temps déjà, le christmas special se déroule à l’époque des romans, dans l’Angleterre victorienne. L’épisode fait le choix de retranscrire dans le pré-générique la rencontre entre Sherlock et Watson, reprenant exactement la même histoire que dans le début de l’épisode 1 de la série. Joignant à cela un générique adapté à l’époque mais très proche de l’original, Moffat et Gatiss cherchent visiblement à nous prouver que leur série est une adaptation très fidèle à l’œuvre originale malgré le fait qu’elle se déroule à l’époque contemporaine.

C’est amusant et bien fait mais, en ce qui me concerne, assez inutile : je n’en ai personnellement jamais douté. Leurs choix esthétiques depuis le début de la série cherchent à donner une impression d’intemporalité et les références incessantes au canon qu’ils maitrisent tout deux parfaitement font que les amateurs de Sherlock Holmes ne peuvent pas se sentir dépaysés.

J’ai néanmoins beaucoup apprécié cette adaptation victorienne de leur adaptation contemporaine, qui n’a néanmoins pas dû trop les fatiguer puisqu’elle consiste bien souvent à se contenter d’effacer les changements qu’ils ont eux-même effectués : les sms avec lesquels Sherlock communique redeviennent ainsi des télégrammes et le blog de Watson le roman feuilleton du Strand. Mention spéciale au mind palace à base de coupures de presse, qui m’a beaucoup amusé.

Bref, tout est fait pour que le spectateur comprenne que la série peut tout à fait passer d’une époque à l’autre sans changer fondamentalement. La description de Sherlock par Mike dans le pré-générique en est d’ailleurs un bon résumé : son « yes, he’s always like that ! » amusé de l’épisode 1 devient ici « He’s always been like that”, rappel subtil que cette version de Sherlock est loin d’être la première mais que ses caractéristiques de base ne changent pas.


Le décor de Londres et celui de l’appartement sont bien sûr superbes (et bourrés de petits clins d’œil à l’œuvre originale comme le courrier de Sherlock « épinglé » par un couteau) mais je n’en attendais pas moins de la BBC, dont le point fort a toujours été la série historique. Ce qui m’a le plus intéressé dans cette adaptation (enfin, ce retour aux sources plutôt) reste cependant les détails plus ou moins subtils montrant que Moff-tiss ne s’est pas contenté de gommer les aspects modernes mais a également réfléchi à la différence entre la mentalité victorienne et celle de notre époque.

Cette réflexion se retrouve dès le le pré-générique. Si les dialogues sont, comme je l’ai dit, très proches de ceux de l’épisode 1, certains changements sont uniquement là pour mettre le doigt sur l’évolution des mentalités. Ainsi Mike, l’ami commun de Holmes et Watson, s’exclame en voyant ce dernier « You're as thin as a rake! » alors que Freeman, bien que loin d’être gros, n’est pas non plus squelettique ; or, dans l’épisode 1, ce personnage dit à Watson «I know, I got fat ! ». Je prends cette différence comme un clin d’œil à la fois à l’évolution des canons de beauté (les rondeurs étant bien plus appréciables à l’époque) et à la vision traditionnelle du personnage de Watson, souvent représenté comme rondouillard : par rapport à ce cliché, Freeman est en effet maigrichon.

Dans la même optique, Lestrade se retrouvera plus enclin à accepter de boire deux verres de whisky coup sur coup (socialement plus acceptable pour un homme à l’époque que maintenant). Les personnages principaux eux-même n’échappent d’ailleurs pas à une légère re-caractérisation. Ainsi, si Sherlock reste impoli, cassant et fort peu psychologue, il réserve les pires aspects de sa personnalité à ceux qui le connaissent bien comme Lestrade, Watson et Mycroft mais se montre correct voire courtois envers ceux qu’il connait moins, même les personnages agressifs comme « Molly ». Ses piques sont plus indirectes, ses attaques plus voilées. Epoque oblige, son registre de langue est d’ailleurs plus élevé encore que dans les épisodes précédents.

L’impolitesse méprisante voire agressive de sa version moderne ne passerait tout simplement pas dans une société aussi codifiée que l’Angleterre victorienne, le personnage est donc réécrit en conséquence même si sa caractérisation de base ne change pas. Les lois sur la consommation de tabac dans les lieux publics n’étant pas encore passées, il pourra néanmoins se consoler en fumant sa pipe aussi souvent qu’il le souhaite là où son homologue contemporain se voit forcé d’utiliser des patchs.

Watson, quant-à lui, est un parfait gentleman adapté à son époque et bien-pensant, et cela ne change pas ici. Il est donc poli, sert comme d’habitude de « tampon » entre Sherlock et le reste du monde (comme lorsqu’il le force à reformuler lorsqu’il dit à Mme Carmichael qu’il souhaite faire de son époux un appât)…mais partage aussi les idées rétrogrades de son temps.

Il est condescendant envers les femmes : il ne donne aucune place aux personnages féminins dans ses œuvres et traite son épouse avec une affection très paternaliste. Il n’imagine même pas qu’elle pourrait les suivre dans leurs aventures et, lorsqu’elle lui demande si elle est censé les attendre patiemment pendant qu’ils enquêtent, lui répond un « Surely not. We’ll be hungry later ! » qui aurait certainement valu à son homologue contemporain un très mauvais moment. Restant néanmoins profondément un brave type, il ne dénoncera pas Hooper alors qu’il a compris qu’il s’agissait d’une femme.

Comme tout bon bourgeois britannique de son temps, il éprouve également une grande méfiance envers les éléments perturbateurs comme les socialistes, les anarchistes, les suffragettes, les Français, les Ecossais (vu ce que Moffat lui fait parfois faire et dire on peut le comprendre sur ce point^^), les Serbes… Il est d’ailleurs amusant de constater que dans sa paranoïa il a par hasard pointé du doigt les véritables coupables du crime de l’épisode, les féministes. Mais bon, je suis bien placée pour le savoir : à force de proposer une myriade de théories débiles, l’une d’entre elle finit bien par tomber juste.^^

Mais le personnage qui change le plus est évidemment Molly, qui passe de jeune femme assez effacée, fascinée par Sherlock et clairement amoureuse à… Mr Hooper, jeune « homme » agressif et méprisant dont la caractérisation fait bien plus penser à celle de Sally Sullivan dans le reste de la série. Cette dernière n’apparait d’ailleurs pas dans ce délire mental de Sherlock, que ce soit parce qu’elle n’est pas assez importante pour qu’il l’hallucine ou parce que le double handicap d’être femme et noire dans l’Angleterre victorienne rendrait peu crédible toute adaptation de son rôle.

Outre son aspect comique (surtout le fait que seul Watson soit capable de remarquer qu’il s’agit d’une femme alors que cela est évident), cette transformation du caractère du personnage n’est pas illogique : forcée d’aller jusqu’ à dissimuler sa féminité pour réussir sa carrière dans ce monde d’hommes, comment ne pourrait-elle pas en vouloir à cet amateur sans le moindre diplôme qui parvient, visiblement sans effort de sa part, à être mieux considéré qu’elle par son chef ? Confrontée chaque jour de sa vie au sexisme assumé et socialement acceptable de ses collègues, il n’est pas incroyable qu’elle se venge plus ou moins consciemment sur ces hommes qui sont soit ses subordonnés (Anderson, qu’elle traite comme un larbin)soit des personnes dont les privilèges lui semblent injustes.

Bref, il s’agit là d’une adaptation tout à fait réussie, même dans les détails, mais ce que je trouve de loin le plus intéressant dans cette idée est le jeu sur le 4eme mur auquel se livrent Moff-tiss à cette occasion. Il est bien sûr encore plus tentant de faire référence à l’ œuvre originale dans ce contexte et il est clair que les scénaristes ne se gênent pas.

J’ai dans mon introduction un peu exagéré la complexité de la timeline de l’épisode : s’il est déconseillé de tenter de la comprendre quand on n’a pas encore dessaoulé des fêtes de fin d’année, elle n’est en soi pas très compliquée : tout l’épisode sauf les dernières minutes se passent dans le mind palace d’un Sherlock complètement drogué qui croit plusieurs fois se réveiller et tout ce que ce dernier a réellement fait à notre époque est insulter son frère, descendre de l’avion et monter dans une voiture. En revanche, je persiste dans ma théorie de la frustration de Moffat face à la linéarité des dernières saisons de Who (la 8 était pareille) : n’ayant pas pu nous présenter son habituel timey-wimey, il se rattrape ici avec ce qu’on pourrait tout à fait qualifier de paradoxe littéraire.

En effet, l’intégralité des personnages de cette version victorienne semble parfaitement consciente de son statut de personnage de fiction et ne cesse d’en jouer. Cela s’explique bien sûr par le fait que dans cette version alternative, comme dans le canon, ces personnages sont à la fois réels et fictionnels puisque Watson relate leurs aventures de manière romancée dans le Strand : il n’empêche que les scénaristes ne cessent de brouiller la frontière entre fiction et réalité.

Le festival commence avec Mme Hudson, qui décide ouvertement de se révolter contre sa fonction narrative limitée et demande à avoir droit à plus de dialogue. « I’m your landlady, not a plot device ! » s’indigne-t-elle, allant même jusqu’à se mettre en grève et refuser de parler si son texte n’est pas plus étoffé que celui dévolu aux concierges. Ironiquement, en refusant de s’exprimer par protestation, elle réduit encore plus son rôle qui se cantonne alors à celui d’un clin d’œil narratif amusant résumé brièvement par Sherlock : « I fear she has branched into literary criticism by means of satire”.

Lestrade enchaîne alors dans cette destruction systématique de la barrière entre réalité et fiction en assumant quant-à lui son rôle de personnage de série. Résumé à son plus simple rôle (Sherlock l’appelle plusieurs fois « Scotland yard »), il peut, lorsqu’il raconte à Sherlock et Holmes les exactions de l’abonimable bride,lancer les flash back de façon totalement assumée en se tournant vers la caméra. Sherlock a cependant le pouvoir d’exiger des arrêts sur image et des gros plans (ce qui d’ailleurs aurait dû nous mettre sur la piste, nous l’avons déjà vu faire cela dans son mind palace).

Rôle de narrateur/personnage oblige, Watson est bien sûr largement touché par cette ambiguïté entre fiction littéraire et réalité. Et il faut bien admettre que pour un narrateur, qui devrait donc avoir un certain pouvoir sur sa propre histoire, il n’a pas le beau rôle ! Non seulement sa propre épouse définit sa fonction de manière fort restrictive (« Well, what do you do, except wander around taking notes, looking surprised?!”)mais il est rapidement remplacé dans le rôle de personnage par un simple fauteuil vide, Sherlock notant même une amélioration ! Ce dernier n’hésite pas plus tard à résumer de manière très grossière et méprisante ce qui, il faut l’admettre, est un de ses rôles principaux dans l’œuvre originale (« Oh, good old Watson! How would we fill the time if you didn't ask questions?! »).

Son rôle de narrateur ne lui permet donc pas d’étoffer celui de son personnage. Pire encore, il l’empêche d’avoir la moindre illusion sur le sujet et c’est d’ailleurs lui-même qui fournira la description la plus désobligeante : « I'm happy to play the fool for you.I will run along behind you like some halfwit,making you look clever,if that's what you need ». Il se fait même voler son pouvoir le plus prestigieux, celui de décrire et raconter, par l’illustrateur de son œuvre et se retrouve obligé de se faire pousser les moustaches pour ressembler à…lui-même.

Pauvre Watson ! Moqué en tant que narrateur (Sherlock parle de ses « stupid stories »), sans cesse caricaturé comme sidekick balourd en tant que personnage… Même sa servante ne lui montre pas le moindre respect et là encore son pouvoir principal, celui des mots, est bafoué : incapable de l’utiliser de manière directe, il ne peut que menacer sa servante de parler à celle qui aura le droit de la rabrouer, sa femme. Seule la fin de l’histoire lui redonne son statut d’assistant utile (il sauve Sherlock du Moriarty mental) mais aussi son pouvoir littéraire puisqu’il est celui qui libère Sherlock de la fiction et le renvoie dans le monde réel en admettant son propre statut de personnage (« I'm a story-teller, I know when I'm in one.”).

Enfin, Sherlock lui-même n’échappe bien sûr pas à ce jeu sur le 4eme mur. Il se plaint de peu apparaître dans le Chien des Baskervilles et se voit obligé de porter son fameux « deerstalker » parce que ce chapeau est devenu synonyme de son personnage à cause de l’illustrateur. il se fait même rabrouer par Watson après son overdose parce qu’il doit désormais se montrer digne du statut de héros que les histoires de ce dernier lui ont accordé.

“I convinced the reading public that an unprincipled drug addict was some kind of gentleman hero. » maugrée Watson dans le fiacre, et il faut bien admettre que la version littéraire du détective ne mérite pas plus ce titre que son homologue de la série. Mais le pouvoir des mots et de l’image est tel que, dans l’imaginaire collectif, Sherlock Holmes a bel et bien obtenu ce statut et ce malgré les gros défauts que Conan Doyle et les nombreux adaptateurs de son œuvre n’ont pourtant pas manqué de pointer du doigt.

Est-il donc surprenant que les personnages eux-mêmes se mettent à confondre fiction et réalité en ce qui concerne Sherlock ? Celui-ci tente d’expliquer à Watson combien il trouve que tout sentiment est un abominable défaut qui distrait son intellect sans même réaliser que ce sont les propres mots de Watson qu’il utilise et que ce dernier les a écrits dans un but fictionnel, sans les penser réellement. Watson, quant-à lui, reproche à Sherlock de s’être drogué alors qu’il avait une enquête à poursuivre mais cette promesse, « Never on a case ! », ne vient pas de Sherlock mais de la version romancée qu’il a lui-même créée. Holmes complique encore les choses en admettant, lors de son faux réveil, lire le blog de Watson parce que «It helps me if I see myself through his eyes sometimes.».

Nous avons donc là un personnage adapté d’une ouvre fictionnelle mais traité comme réel dans une série de fiction qui fait largement référence à l’œuvre originale et dans laquelle ladite œuvre existe sous forme de roman feuilleton, avec des personnages qui passent sans cesse de la version fictionnelle à la version « réelle ». Ce même personnage est à la fois acteur et auteur/réalisateur (tout se passe dans sa tête) de sa propre histoire. Cette accumulation de mises en abyme rend du coup l’affirmation de Sherlock à Watson « Nothing made me. I made me! » Complètement hypocrite : Conon doyle l’a créé, et Watson, et Cumberbatch, et Moffat et Gatiss, et les innombrables adaptateurs et acteurs avant eux.

Enfin, l’histoire elle-même joue sur le brouillage des frontières entre fiction et réalité. Les incessantes références au canon comme les cinq pépins d’orange,les passages de la narration de Watson parfois directement tirés de l’oeuvre, le poids énorme de Mycroft ou la mort de Moriarty (ce dernier étant à nouveau un professeur) dans les chutes de Reichenbach alternent ainsi avec les nombreux indices parsemés dans l’épisode (j’y reviendrai) qui indiquent au spectateur attentif que nous ne sommes pas dans une adaptation fidèle de l’époque victorienne.

Mais surtout, l’histoire est passée au crible et jugée par les différents personnages. Les facilités scénaristiques sont écartées sans pitié, que ce soit le fait que l’abominable bride puisse avoir une jumelle secrète (presque aussi cliché que le coup du passage secret pour les crimes en huis clos cela dit^^)ou la possibilité que la coupable soit réellement un fantôme. Sherlock va même jusqu’à prendre en compte le style littéraire de l’œuvre dans laquelle il évolue pour éviter les erreurs, demandant à Lestrade de préciser si sa description effrayante de l’abominable bride est « poetry or truth ».

Quant-à ce qui était le plus gros cliché de l’épisode, le fait que le groupe de féministes coupables soit une sorte de société secrète caricaturale psalmodiant en latin et déguisé comme des membres du Klu Klux Klan, il s’explique par le fait que le cerveau drogué de Sherlock, qui a de son propre aveu un goût pour le dramatique, a inventé tous ces détails. cela n’empêche d’ailleurs pas l’autre hallucination présente, Moriarty, de s’en moquer : «Come on, be serious. The costumes, the gong? Speaking as a criminal mastermind, we don't really have gongs or special outfits. »

La dernière minute de l’épisode achève alors de brouiller la frontière entre fiction et réalité. Après avoir assisté à ce qui semble être le véritable réveil de Sherlock, nous revenons soudain dans l’Angleterre victorienne dans une scène où Watson et Sherlock discutent de la vision du futur de ce dernier : la conversation nous laisse alors entendre que la série contemporaine que nous connaissons est une invention de celui-ci, qui s’amuse à tenter de deviner à quoi ressemblerait le futur. Sherlock prend donc le rôle de narrateur dévolu à Watson et ce dernier prend alors le rôle de critique que Sherlock occupait jusqu’alors. Ce genre de trollage est tellement typique de Moffat que je n’ai personnellement aucun doute sur l’auteur de cette scène.^^


II. Retour au monde réel
“No ghosts…save those we make for ourselves”

Le dernier quart de l’épisode amène donc une surprise de taille : ce christmas special n’est pas un « what if » alternatif totalement déconnecté de la série comme le promettaient les scénaristes (first rule : Moffat lies !^^) mais le mind palace d’un Sherlock complètement drogué qui n’est pas sorti de l’avion qui l’amenait en exil. Enfin, quand je dis surprise… Il faut reconnaître que les indices ne manquaient pas même si j’ai personnellement mis 52 minutes à comprendre (quelle idée de diffuser l'épisode un premier janvier aussi).

La toute première image de Sherlock, juste après le récap, est un gros plan sur ses pupilles complètement dilatées ; j’ai pris cela comme un effet de style, la série n’en manque pas, mais c’est évidemment le premier indice nous indiquant que Sherlock est sous l’emprise de la drogue. Après cela, l’épisode prend un malin plaisir à nous rappeler ce fait, comme durant ce dialogue entre Sherlock et Watson juste avant que Lestrade ne vienne présenter le cas de l’abominable bride :

-The stage is set, the curtain rises. We are ready to begin.
-Begin what?
-Sometimes to solve a case, one must first solve another.
- Oh, you have a case, then, a new one?
- An old one, very old.I shall have to go deep.
-Deep? Into what?
-Myself.


Nous sommes à un quart d’heure du début et tous les indices sont là! La première réplique de Sherlock annonce le côté fictif de ce délire mental avec la métaphore du théâtre, sa deuxième nous précise qu’il est en réalité en train de tenter d’élucider le mystère de la résurrection de Moriarty à travers le cas de la semaine et ses deux suivantes nous disent directement qu’il est en réalité dans son esprit, probablement trop profondément. Watson, quant-à lui, joue de manière presque caricaturale son rôle de poseur de questions destiné à faire avancer la narration dont Sherlock se moquera plus tard dans la scène du fiacre.

Pire encore, l’épisode ne cessera de faire répéter à Sherlock « I have to go deeper », paraphrasé également par Mycroft qui lui annonce « you’re in deep ». Cela dit, Sherlock a un tel goût pour les tournures de phrases et postures dramatiques que j’avoue avoir totalement ignoré cela à première vision. Je me souviens même avoir trouvé que la transition entre les scènes de cet épisode, une image fixe qui tournoie, donnait l’impression que le personnage était complètement saoul… Comme d’habitude, j’ai juste raté la conclusion qui s'imposait.^^

J’ai personnellement flairé la solution au moment où l’épisode ne prend presque plus de gants, lors de la deuxième confrontation avec Mycroft. Celui-ci fait remarquer à Sherlock que ses sens le trompent clairement, il ne peut pas avoir grossi visiblement en une journée. Il est intéressant de remarquer d’ailleurs que durant cette scène, Sherlock est en pleine crise de synesthésie : il renifle avant de demander à son frère s’il n’a pas grossi comme si c’était son odorat qui lui donnait cette information. Enfin, Mycroft enfonce le clou en délivrant l’indice qui m’a personnellement enfin fait comprendre ce qui se passait, un bel anachronisme comparant Moriarty a un « virus in the data ».

Moriarty était bien sûr l’indice le plus évident et que j’ai d’ailleurs totalement ignoré durant la première moitié de l’épisode alors que ce n’est pourtant pas subtil. L’abominable bride est très clairement son double fictionnel et je ne l’ai compris qu’à la moitié de l’épisode malgré le lapsus là encore assez évident de Sherlock lorsqu’il observe le cadavre de la mariée à la morgue : « gun in the mouth, a bullet through the brain… how could HE survive ?” Les paroles de la mariée, « YOU »,sont également un rappel évident au « IOU » de Moriarty dans le 2x03 et elle est franchement aussi flippante que lui.

Bref, je vais cesser de recenser tous les énormes indices qui m’ont échappé afin de me pencher sur ce que l’épisode nous apprend maintenant que nous savons qu’il se déroule bien dans la timeline de la série. Du point de vue de l’intrigue, une seule vraie révélation : « notre » Moriarty est bel et bien mort malgré la vidéo du 3x03. J’ai personnellement toujours théorisé que c’était bien le cas mais que Moriarty est en fait une fonction transmissible et non un véritable nom (l’identité qu’endosse tout chef de la monumentale organisation criminelle que Sherlock a en partie démantelée), je suis ravie que ma théorie semble s’avérer pour une fois correcte.^^ Je suppose que « notre » Moriarty a tourné la vidéo bien avant sa mort, par « sécurité » afin que son successeur puisse l’utiliser pour brouiller les pistes.


L’intrigue de la série avance donc fort peu : l’avion atterrit, Sherlock descend et explique que Moriarty est bien mort mais qu’il sait ce que son successeur va faire puis monte dans la voiture. C’est cela dit plus que ce que l’on pouvait espérer, l’épisode étant censé être un total hors-série (le « alternatively » du début de l’épisode est donc encore un mensonge, vilain Moff-tiss^^). En revanche, nous avons à travers ce délire de Sherlock un certain nombre d’informations sur la psyché du personnage.

Pour les rares qui niaient encore la relation ambigüe entre Moriarty et Sherlock, je pense qu’il n’y a plus de doutes possibles (y en avait-il vraiment avant ?). Je ne vais pas relever toutes les références homoérotiques (Moriarty en robe de mariée prêt à embrasser Sherlock restant ma favorite^^) mais l’on peut remarquer que si la grande majorité d’entre elles est bien sûr à l’instigation du Moriarty mental (son flirt a toujours été plus visible il faut dire^^), Sherlock ne se ment pas à lui-même et s’avoue qu’il ne le laisse pas indifférent.

Ainsi, il dit à Watson dans le fiacre que pour lui toute émotion (ils parlent à ce moment-là d’émotions amoureuses) est dangereuse et à éviter car un « crack in the lense » de son intellect. Or, le Mycroft mental dit peu de temps après à Sherlock, qui ne le nie pas, que Moriarty est son « crack in the lense ». Les fanfiqueurs slash seront ravis, les sentiments entre les deux personnages sont donc bien réciproques, ce sont les scénaristes qui le disent.^^

L’épisode nous rappelle également que si Sherlock est conscient de sa supériorité intellectuelle évidente sur Lestrade et Watson (ses piques sur le sujet abondent), il ne doute en tout cas pas de leur loyauté à toute épreuve : durant son faux réveil, Sherlock imagine ainsi Lestrade prêt à creuser une tombe jusqu’à la nuit noire pour permettre à Sherlock de résoudre ce crime vieux de plus d’un siècle simplement parce que ce dernier estime en avoir besoin : lorsque le cercueil s’avère ne contenir qu’un cadavre, sa seule réaction est un impassible « bad luck ! » sans la moindre récrimination.

Quant-à Watson, il refuse de creuser uniquement parce qu’il estime que cela encouragerait Sherlock dans son délire et donc sa consommation de drogues : en revanche, c’est lui que Sherlock imagine à ses côtés au moment où Moriarty est sur le point de le pousser dans les chutes. « There's always two of us » énonce cette version de Watson comme une évidence. Et il faut admettre que la seule raison pour laquelle je n’ai pas vu arriver l’intervention de Watson est ma connaissance du canon (le personnage n’est pas présent durant cette lutte) car elle était en soi évidente si on se souvenait qu’on était dans l’imaginaire de Sherlock.

Peu de choses à dire concernant Mary (qu’il reconnait d’ailleurs à son parfum au début, son subconscient se souvient clairement de la saison précédente^^). Il la traite de la même manière dans son hallucination qu’en réalité : il l’aime assez pour voler à son secours alors qu’il est totalement drogué et la respecte assez pour ne pas lui demander de rester en arrière lorsqu’ils partent confronter le groupe d’abominable brides.

Mais ce qui m’a le plus intéressée reste le traitement de Mycroft. On l’avait remarqué plusieurs fois dans la saison précédente, Sherlock est intimement persuadé que son frère est son supérieur intellectuel et c’est toujours clairement le cas ici. Dans son hallucination, Sherlock lit une œuvre complexe d’astronomie, sujet dont il ne connait rien, dans l’espoir de ne pas trop se ridiculiser devant lui mais le Watson mental n’est pas dupe : Sherlock potasse parce qu’il sait qu’il va se confronter à une intelligence supérieure. Mycroft a toujours une longueur d’avance, même concernant les affaires hors écran comme celle de l’astronome jaloux et Mary elle-même appelle Mycroft (devant Sherlock !) le « clever one » des frères Holmes et va jusqu’à demander ce que cela fait d’être le « slow little brother », ce qu'il ne nie d'ailleurs pas.

Bref, cela n’est pas nouveau (et c’est d’ailleurs canon), Mycroft est le plus intelligent des deux et tous le savent. Ce qui m’a en revanche plus intéressée est le côté extrêmement touchant du personnage dans cet épisode. On avait déjà vu dans le 3x03 combien il est protecteur vis-à-vis de son frère mais n’est-il pas choupi au moment où il explique que Sherlock lui a juré d’avoir toujours sur une liste des drogues qu’il a consommées ?

Dans le flash back, on devine sa silhouette penchée sur celle de son frère drogué puis, dans l’avion, il admet son sentiment de culpabilité devant l’addiction de Sherlock (Mycroft a donc apparemment permis voire favorisé un court passage de son frère en prison, ce qui l’a rendu dépendant). Enfin, à la toute fin de l’épisode et alors que Sherlock l’a encore une fois rembarré, il supplie Watson de veiller sur lui avant de ramasser avec précaution les morceaux de la liste et de les glisser dans un carnet qui semble consacré à Sherlock. J’admets avoir toujours beaucoup aimé Gatiss en tant qu’acteur (et Mycroft en tant que personnage) mais je ne pense pas avoir été la seule à avoir eu envie de lui faire un gros câlin à ce moment précis.

Mais si les sentiments de Mycroft envers Sherlock semblent désormais évidents, qu’en est-il de ceux de Sherlock envers son grand frère ? Il est intéressant de constater que même au milieu de son hallucination, Sherlock sait que Mycroft ne le laissera pas tomber : celui-ci lui demande la fameuse liste en plein milieu de la discussion sur l’enquête et l’on apprend plus tard qu’il emploie Mary pour veiller sur lui (un Watson a donc enfin accepté sa proposition de l’épisode 1^^). De même, lors du faux réveil, il est le seul avec Lestrade à rester jusqu’à la nuit pendant qu’ils exhument l’abominable bride (sans pour autant les aider bien sûr, le « leg work » n’est pas son genre^^).

Il est également intéressant de constater que cet aspect protecteur de Mycroft, dont au fond Sherlock ne doute pas, l’agace prodigieusement au point qu’il imagine dans son hallucination que c’est Mycroft qui a une conduite addictive à risque (l’excès de nourriture). Mais, contrairement à ce dernier, il ne cherche pas à stopper ses excès et va même jusqu’à l’encourager et parier avec lui sur le moment (très proche !) de sa mort.

Cette scène est très drôle sur le moment mais bien plus dérangeante à deuxième vision, quand on réalise que c’est l’inconscient de Sherlock qui s’exprime. Je suppose qu’elle s’explique par le fait que c’est le contrôle que son frère a sur lui, en particulier lorsqu’il est drogué et donc vulnérable, qu’il cherche inconsciemment à tuer en renversant les rôles et en mettant Mycroft en position de faiblesse (forcément physique puisque même au plus profond de son délire Sherlock ne parvient pas à imaginer Mycroft comme son inférieur intellectuel). Cela dit, joint au fait que Mycroft soit très attachant dans cet épisode, cette scène est pour moi rétrospectivement très triste. Ou alors, extrapolons un peu, c’est en réalité Gatiss le scénariste que Sherlock veut voir mourir à travers Mycroft : je le comprendrais hein, c’est parfois un sadique ce monsieur.^^

L’épisode creuse enfin un dernier aspect de la psyché de Sherlock : son rapport aux femmes. Le personnage est clairement écrit comme asexuel (même s’il est évident qu’Adler ne le laissait pas indifférent) mais il n’empêche qu’il côtoie malgré tout un certain nombre de femmes… et qu’il ne les a pas toujours traitées correctement. Il le sait bien, comme le montre son lapsus lors de la scène où il confronte le groupe d’abominable brides : « A league of furies awakened. The women I...WE have lied to, betrayed. The women we have ignored and disparaged.”

Ses deux victimes principales sont d’ailleurs présentes et correspondent parfaitement à cette constatation de Sherlock : Molly, qu’il a utilisée souvent tout en l’ignorant le reste du temps et Janine qu’il a feint d’aimer et même de vouloir épouser puis trahi sans scrupules pour pouvoir pénétrer le bureau de Magnusson. Ses remords inconscients ne sont donc pas surprenants, on a d’ailleurs pu constater une évolution de son comportement envers Molly en saison 3 qui montrait qu’il était conscient de cette faute.

Cela dit, ce n’est clairement pas seulement Sherlock qui s’exprime dans cet aspect de l’épisode : il est après tout odieux et manipulateur envers l’immense majorité de la population, pas seulement les femmes. Je pense que la véritable voix est ici celle de Moffat, qui continue ce qu’il a clairement tenté de faire durant toute la dernière saison de Doctor Who : casser sa réputation de misogyne en abordant des thèmes clairement féministes. Je ne reviendrai pas sur ce débat du fandom whovien (je pense personnellement que sa prétendue misogynie est une simple maladresse concernant son écriture de certains personnages féminins) mais je trouve qu’entre Doctor Who saison 9 et ce choix d’intrigue, le but de Moffat est assez évident.

C’est d’ailleurs l’aspect de l’épisode qui m’a le moins emballé. Pas le choix du féminisme bien sûr mais le manqué de subtilité du message lors de la confrontation avec les abominable brides : la tirade féministe de Sherlock, mise bout à bout (il y a des interruptions) dure alors plus d’une minute, ce qui je trouve est un peu too much vu que l’intrigue elle-même faisait passer le message tout à fait correctement et que le personnage n’est pas vraiment du genre à s’impliquer dans les grandes luttes sociales et politiques en règle générale.

En gros, et je suis persuadée que ce n’était pas le but des scénaristes, j’ai eu la désagréable impression qu’on ne m’estimait pas assez intelligente pour comprendre le message de moi-même : ledit message étant qu’il ne faut pas être condescendant envers les femmes, c’est assez ironique que cette scène m’ait donné exactement cette impression.^^ C’est d’autant plus dommage que le reste de l’épisode traite le thème très judicieusement. On voit ainsi sans cesse différentes femmes (Mary, Mme Hudson, la servante, Mme Carmichael…) réduites au silence, littérairement ou verbalement, par des personnages masculins. Que dire aussi de Molly, forcée de nier sa féminité pour pouvoir vivre sa vie comme elle l’entend ?

De même certaines répliques prennent toutes leurs saveurs à deuxième vision comme lorsque Sherlock, voulant convaincre l’assistance que le meurtre de Carmichael n’est pas l’œuvre d’un fantôme, s’exclame « this is man’s work !». Mention spéciale aussi à la réplique de la servante lorsque Watson la houspille pour son retard, “I’m rather behind my time this morning” qui s’adresse clairement plus à John qu’à elle-même. Bref, l’épisode était tout à fait capable de faire passer son message sans enfoncer le clou de manière si peu subtile durant la scène de confrontation.



Pour conclure (enfin^^), je dirais qu’il s’agit là d’un très bon christmas special… enfin, qui n’a d’ailleurs pas grand-chose de « christmassy » à l’exception de deux trois flocons et un rapide « merry christmas » (tout comme pour Doctor Who, Moffat n’était clairement pas touché par l’esprit de noël^^). La réalisation est superbe, les acteurs toujours au top, j’ai éclaté de rire plusieurs fois, ricané souvent aux petites piques trollesques (comme lorsque Sherlock manque nous dire ENFIN comment il a survécu à la chute avant de se reprendre^^) et le jeu sur l’ambiguïté permanente entre fiction et réalité m’a enchantée. Je reprocherais juste un manque de subtilité sur le message pourtant fort louable de l’épisode, en particulier lors de la scène de confrontation (heureusement qu’on nous met bien vite Moriarty en robe de mariée pour faire passer la pilule hein^^).

Je finirai par un petit détail qui est peut-être anodin : lorsque Sherlock quitte Mycroft, le majordome du club annonce à ce dernier qu’un certain Monsieur Melas souhaite le voir. Je me demande si cela reviendra dans l’intrigue vu que les scénaristes ont clairement peu l’habitude de laisser traîner des détails sans importance dans leur série. Serait-ce le mystérieux « other one » qu’évoquait Mycroft à la fin du 3x03 et qu’une partie d’entre nous avait pensé être un 3eme frère Holmes ? Cette interrogation me permet en tout cas d’achever cette review sur une théorie probablement foireuse, il ne faut pas que les traditions se perdent.^^ Sur ce à… 2017. Crying or Very sad

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MessagePosté le: Ven 8 Jan 2016 - 01:22    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 10 Jan 2016 - 04:34    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Encore une fois, un grand merci à toi, Tyr, pour ton analyse limpide. Tu m'as ouvert les yeux sur une foule de petits détails qu'un seul visionnement en anglais sans sous-titres m'aura fait manquer. J'ai d'autant plus hâte de revoir l'épisode en ayant ton analyse en tête. Smile

J'ai mis moins longtemps que toi à penser au mind palace, mais disons que j'avais été mise au parfum par des théories évoquées en ligne depuis décembre (et qui finalement étaient peut-être des fuites, qui sait).

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MessagePosté le: Dim 10 Jan 2016 - 13:19    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Merci bien. Smile

Je suis restée très loin de tout spoiler potentiel, je n'avais même pas regardé les trailers ou lu les interviews des scénaristes, donc surprise totale de mon côté. Je ne le regrette pas même si du coup je me trouve rétrospectivement pas futée d'avoir compris si tard. Laughing

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MessagePosté le: Mar 26 Jan 2016 - 23:06    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Moi j'ai hate d'avoir la saison 4, vu que ce sera la saison que je pourrais suivre petit à petit, comme ce fut le cas pour la saison 8 de doctor who à l'époque.
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MessagePosté le: Lun 4 Avr 2016 - 17:15    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

D'après les tweets et Radio Times, le tournage de la saison 4 aurait commencé :

http://www.radiotimes.com/news/2016-04-04/sherlock-series-four-begins-filming-and-fans-are-preparing-for-setlock

Et ça vient d'Amanda Abbington elle-même. Donc, ça a l'air sérieux.
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MessagePosté le: Sam 9 Avr 2016 - 13:05    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Je viens d'apprendre, grâce à Annuséries, que le Blu-Ray de "The Abominable Bride" sortira en France le 3 juin, sous le titre "L'Effroyable Mariée". Par contre, étant donné que le téléfilm a été monté au cinéma et fait plus d'une heure, ça risque de faire comme le premier épisode de la saison 8 de Doctor Who, à savoir qu'il ne passera pas à la télé avant. Mais on verra bien.
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MessagePosté le: Ven 6 Mai 2016 - 17:56    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Et bien, j'avais tort ! D'après le TV Grandes Chaînes que j'ai consulté lundi, "L'Effroyable Mariée" passera bien sur France 4, le jeudi 19 mai, à 20.45 (et quelques). A noter qu'avant ça, on aura eu droit à la saison 3, avec les deux premiers épisodes le mardi 17, et le troisième épisode le mercredi 18 mai. Préparez-vous !
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MessagePosté le: Dim 24 Juil 2016 - 21:06    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Premier trailer de la saison 4 :

https://www.youtube.com/watch?v=qlcWFoNqZHc

Et se pourrait-il que Toby apparaisse dans la série ? Si oui, ce Sherlockien sera ravi :


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MessagePosté le: Lun 25 Juil 2016 - 00:49    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Toby sera là en temps que Seigneur des Rêves ? Mr. Green
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MessagePosté le: Lun 25 Juil 2016 - 09:47    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Ça laisse effectivement penser que Toby sera de la partie et j'aime beaucoup ce genre de références. Après le trailer n'est pas vraiment emballant, son coté hollywoodien me laisse totalement de marbre. Après ça permet quand même d'émettre quelques hypothèses sur les évènements que je met sous spoiler :

On sait que dans le canon holmésien la première femme de Watson , Mary est censée mourir entre The Final Problem et The Adventure of The Empty House. Ce qui me laisse penser que sa mort sera mise en scène dans cette saison pour deux raisons.

Primo, certaines scènes du trailer semblent se passer dans un hôpital , on voit Watson devant un lit ainsi que Sherlock sous le choc dans un couloir. Pour moi ces scènes concernent Mary , et sa mort permettrait en outre de déclencher l'équivalent moderne de la retraite de Sherlock Holmes dans le Sussex, élément du canon holmésien. On peut imaginer qu'il soit responsable directement ou indirectement de sa mort , et que la culpabilité le mène à prendre sa retraite. D'une part ça ferait une fin de série convenable si la saison 4 devait être la dernière à cause de la disponibilité de plus en plus réduite des acteurs. Et si une saison 5 devait avoir lieu, ça correspondrait à la période du canon où Holmes finit par sortir de sa retraite.

Mais comme je le disais en premier lieu, du point de vue de la chronologie du canon , ça ne tiendrait pas puisque The Empty House a déjà été adapté dans la série dans le premier épisode de la saison 3 ( mais cela dit le mariage de Watson est arrivé bien plus tardivement donc au final c'est assez anecdotique comme considération) . Et c'est là où une autre théorie entre en jeu , l'identité du personnage joué par Toby Jones. Le personnage a été décrit par Moffat comme étant un méchant de premier choix. Et si on excepte Moriarty , le second méchant le plus emblématique c'est son bras droit , le colonel Sebastian Moran. Vous me direz, il y a déjà eu un personnage portant ce nom dans la saison 3 mais il n'avait aucun rapport avec le personnage d'Arthur Conan Doyle, donc une adaptation du personnage reste possible ( et la mention du nom est peut être une fausse piste pour nous éloigner de la véritable adaptation du personnage) . D'autant plus si on considère le contexte de la saison 4 : Moriarty qui serait bien mort, ce qui justifierait la vengeance de son bras droit ( qui en outre vient semer le trouble en diffusant des vidéos de Moriarty qui auraient très bien pu être enregistrées en prévision de sa mort) , ce qui est le fond de l'intrigue de The Empty House. Et pour être honnête , à part Moran, j'ai du mal à voir quel méchant de l'univers de Conan Doyle serait suffisamment emblématique, à part peut être Henry Peters , personnage de The Disappearance of Lady Frances Carfax (histoire que 'j’espère voir adaptée dans la série d'ailleurs, je pense que la tonalité sombre pourrait correspondre à la saison). En tout cas j'espère être surpris.

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MessagePosté le: Mar 20 Sep 2016 - 18:45    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Le monde de Sherlock a eu droit à une bonne et une mauvaise nouvelle dans la même soirée.

La bonne nouvelle, c'est que "The Abominable Bride" a gagné l'Emmy du meilleur téléfilm. La mauvaise nouvelle, c'est que Amanda Abbington (Mary Morstan-Watson) s'est fait piquer son sac à main en allant chercher la récompense :

http://www.radiotimes.com/news/2016-09-19/sherlocks-amanda-abbington-had-her-purse-stolen-as-she-collected-her-emmy

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MessagePosté le: Dim 25 Sep 2016 - 20:07    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Les noms des deux premiers épisodes de la saison 4 viennent d'être annoncés :

Le premier se nomme The Six Thatchers , ce qui me semble être une référence à The Adventure of the Six Napoleons , une nouvelle qui est la dernière apparition directe de Lestrade dans l'ordre chronologique du canon. En outre on trouve une référence directe à ce nom sur le blog tenu par John Watson : http://www.johnwatsonblog.co.uk/blog/19december

Le deuxième quant à lui se nomme The Lying Detective , une référence évidente à The Adventure of The Dying Detective.
Du coup le fait que le nom du dernier épisode ne soit pas révélé me conforte dans l'idée que ce dernier épisode marquera la fin de la série et que son nom en dirait trop à ce sujet.



Du coup comme chacune des trois premières saisons adaptait un des quatre romans ( A Study in Scarlet pour la première , The Hound of the Baskervilles pour la deuxième et The Sign of Four pour la troisième) , on peut envisager que le dernier épisode sera une adaptation du roman restant , The Valley of Fear . Mais ce n'est qu'une hypothèse.
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MessagePosté le: Dim 25 Sep 2016 - 20:44    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Monsieur Tanuki a écrit:
Les noms des deux premiers épisodes de la saison 4 viennent d'être annoncés :

{{{Spoiler}}}

Du coup comme chacune des trois premières saisons adaptait un des quatre romans ( A Study in Scarlet pour la première , The Hound of the Baskervilles pour la deuxième et The Sign of Four pour la troisième) , on peut envisager que le dernier épisode sera une adaptation du roman restant , The Valley of Fear . Mais ce n'est qu'une hypothèse.



Pour e premier, je peux mettre une explication (sous spoiler, bien sûr) qui confirme ton explication quant à la provenance du titre :

Un "Thatcher" est un nom d'argot pour la pièce de 1 £ivre, parce qu'elle est "Bold, Brassy and thinks it's a Sovereign". Un Napoléon étant une pièce en or, la relation est vite établie, non ?

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MessagePosté le: Dim 25 Sep 2016 - 20:52    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Effectivement j'avais pas pensé à ça sous cet angle mais ça se tient , c'est juste que dans le texte original

Il s'agit non pas de pièces , mais de véritables bustes de Napoléon , mais comme les adaptations sont souvent très libre ça pourrait être un jeu de mots sur le titre original.

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MessagePosté le: Jeu 27 Oct 2016 - 03:44    Sujet du message: [Série UK] Sherlock Répondre en citant

Radio Times a annoncé que le premier épisode sera diffusé le 1° janvier 2017 :

http://www.radiotimes.com/news/2016-10-26/sherlocks-series-4-air-date-has-finally-been-revealed

J'ai hâte !
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