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Le Maître et l'Ange [16+]

 
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Angel
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MessagePosté le: Ven 14 Sep 2012 - 22:18    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Titre : le Maître et l'Ange


Genre : SF/Drame 

Rating : NC17 (Adultes uniquement)


Disclaimer : Tous les personnages et concepts appartiennent à la BBC. 


Spoilers : le Docteur et l'Ange + certains épisodes de Torchwood (mais il n'y a pas besoin d'avoir vu Torchwood pour comprendre).


Bêta : Personne (mais promis je me relis)


Notes de l'auteur :


Liste des personnages : 

l'Ange, 110 ans, Time Lady
le Maître, âge inconnu, Time Lord
Benjamin Clarke, 43 ans, humain, Agent du Temps.
Ginger Sale, 33 ans, humaine
Argus Holloway, 45 ans, hulmain
Silviana II, âge inconnu, espèce inconnue
Henry Pétruchior IV, âge inconnu, espèce inconnue
Note culturelle

Le seau de Bran est un objet d'un conte celtique intitulé "Bran et Branwen". N'importe quel soldat mort sur le champ de bataille et plongé dedans recouvrait instantanément la vie, mais deumeurait désormais incapable de parler.





- Koschei, quand est-ce qu'on arrive ?
- Bientôt.


La question, aussi innocente soit-elle, avait le mérite d'avoir été posée plus de vingt-cinq fois. L'enfant qui la posait, une gamine blonde assise sur le seul siège de tout le TARDIS du Maître qui possédait une ceinture de sécurité, tapait sur sa chaise - et sur ses nerfs - depuis qu'ils avaient quitté l'Académie. 


-EXTERMINER ! EXTERMINER ! EXTERMINER ! cracha soudain le seul haut-parleur extérieur qui fonctionnait encore, suivi par une explosion et deux embardées du vaisseau.


Le Maître poussa un juron en Gallifreyen, un de ceux qu'il ne faut pas dire devant les enfants. L'Ange lui fit immédiatement remarquer :


-C'est pas bien de dire des gros mots. 
-Tais-toi, Lili, et laisse-moi conduire.
-Grand Frère m'a dit qu'il ne fallait pas dire de gros m...
-Laisse ton frère là où il est, veux-tu ?


Un silence suivit sa déclaration. La colonne romaine avait réussi à semer l'escouade de Daleks à sa poursuite et survolait à présent Gallifrey à la recherche d'un improbable refuge. Au loin, le scanner montrait une large vue de la capitale, assaillie par les soucoupes dorées meurtrières. Des centaines de kilomètres plus loin, l'Enfant-Cauchemar sévissait, impitoyable. Cette vision lui souleva le coeur, et il détourna l'écran pour ne pas que l'Ange voit ce à quoi ils échappaient. Soudain, un hurlement de sirène qui ne présageait rien de bon retentit dans la salle de pilotage.


-Non... non non non non ! hurla le Maître. 


Tous les voyants étaient au rouge, et les commandes explosaient une à une dans ses mains. Ils allaient s'écraser.
Il saisit l'Ange dans ses bras, un fusil laser contre les Daleks de l'autre, et sauta de la machine qui explosa dans les airs en milles morceaux.


* * *


Elle ouvrit les yeux, elle était sur une plage. Sur cette plage, il y avait un homme. Cet homme était vêtu de rouge et or. Il consultait sa montre. 
Elle fronça les sourcils. Où était-elle ? Que lui était-il arrivé ? Que faisait-elle, étalée sur le sable chaud, en compagnie d'un Seigneur du Temps dont elle ignorait l'existence ?


Il n'était pas temps pour les questions. Une douleur abominable à la tête lui rendit ses esprits.
Elle avait sauté dans la faille pour sauver son frère. Et ce faisant, au lieu d’atterrir de l'autre côté, elle avait été récupérée par les autorités de Gallifrey. Pour faire la guerre du Temps.


* * *


-Ha... aaaah...


Le choc était rude, mais il était simplement sonné. Le sol n'était plus des métaux de la capitale, mais de l'herbe rouge et or des plaines du sud de Gallifrey.


-Koscheeeeeeeiiiiiiiiii !


Il battit des paupières et se saisit du fusil laser. Le cri de l'Ange lui avait partiellement fait recouvrir ses esprits. Elle le saisit par la manche et le força à se relever, surexcitée.


-On est à la maison ! On est à la maison !


Et sans attendre qu'il ne soit debout, elle s'élança à travers les herbes folles, en direction du village au loin. Il se frotta les yeux, surpris. 
Ils s'étaient crashés à côté de leur village d'enfance. 


* * *


Elle rampa jusque derrière un rocher. L'homme ne la regardait pas. Et pourtant, elle était sûre que c'était elle qu'il attendait. "La guerre doit être bien avancée pour que le Conseil engage des idiots pareils" se dit-elle en son for intérieur. 
Mais trêve de plaisanterie. Comment pouvait-elle lui échapper ? Tôt ou tard, il se retournerait, et la verrait. 
Soudain, elle vit un petit prieuré décoré à la Cheyriuanne, qui se serait fondu parfaitement dans le décor de la région maritime de Gallifrey... s'il n'avait pas été sur une plage. Un petit raté du circuit caméléon, sans doute. 
Les dieux étaient avec elle. Elle n'allait pas laisser passer sa chance.


* * *


L'endroit était désert, comme la plupart des endroits qu'ils avaient visités. Ceux qui pouvaient faire la guerre y étaient, ou y étaient morts. Les enfants avaient tous été emportés à l'Académie, où ils étaient en sécurité. Jusqu'à ce que l'Académie soit détruite par les forces spéciales du Dalek Suprême. Ils revoyait des nurses débordées, pour la plupart des mères de famille terrorisées, se faire abattre alors qu'elles tentaient de sauver des enfants de moins de huit ans qu'on avait logés là parce qu'il n'y avait nulle part ailleurs où les emmener. Et lui avait pris la main de l'Ange, perdue seule dans le parc, et l'avait emportée. 


-Koschei regarde c'est la maison !


Elle lui désigna la seule bâtisse qui ne tombait pas en ruine, un peu à l'écart du village. La maison des Lungbarrow, la seule famille de la ville à siéger au conseil. Il eut malgré lui un transport d'émotion quand l'Ange s'élança dans le grand arbre doré pour y cueillir des fruits de la charité. Elle mordit dans la chair brillante et vert pailleté avec autant de joie qu'ils le faisaient des années auparavant, bien avant qu'elle ne vienne au monde. Ce temps lui paraissait si lointain, presque étranger. 
Le tournis le pris soudain. Le choc à la tête était plus sérieux que ce qu'il croyait. Même pour un Seigneur du Temps, la blessure semblait grave. L'enfant n'avait rien, elle venait de naître, elle avait tellement d'énergie vitale que leur chute s'était apparentée à un saut en trampoline. Mais lui... il avait été tiré de la mort quelques semaines seulement auparavant. Et il avait peur, il avait si peur...


-Vassyllyssa ? 


L'Ange se retourna, mécontente.


-Je t'avais dit de ne plus m’appeler comme ça ! Je suis l'Ange maintenant ! Parce que je suis une rebelle, comme vous !


Il sourit malgré lui de cet emportement. Elle les appelait toujours Grand Frère et Koschei, mais ça ne lui avait pas touché l'esprit.


-Je pars à la recherche d'un vaisseau. Tu reste ici et tu m'attends, d'accord ?
-D'accord !


Elle commença à courir vers la maison quand il la rappela. Il posa sa main sur son front, et fit un effort pour s'accroupir sans tomber à la renverse. 


-Je voulais te dire...


De toute façon, elle le savait. Même s'il trouvait ça absurde. Il l'avait vue grandir. Elle le voyait vieillir. Elle n'avait que dix ans. Il ne pouvait pas... L'enfant à l'intérieur de lui était parti il y a bien longtemps. Il n'avait plus que ses tambours, mais même ses tambours ne cachaient pas sa douleur.
 
-N'oublie pas de m'attendre.


Il se retourna vers la plaine, marcha un peu, encore et encore, jusqu'à devenir un point dans la vallée. Et disparut.




* * *


Bam Bam Bam Bam.


-Ma têêêêête...
-Reste tranquille. C'est juste une commotion.


Bam Bam Bam Bam.


Ils étaient de retour. Il était guéri, donc de nouveau complètement malade. Il palpa les draps autour de lui. Un lit dans l'infirmerie. L'infirmerie d'un TARDIS. Avec quelqu'un à ses côtés qu'ils n'aurait jamais cru revoir un jour.
Elle n'avait plus le même visage, plus le même âge. Sa voix d'enfant avait disparut, et dans sa douceur pointait autre chose. Une chose qui changeait son affection en quelque chose de plus... de plus... qui lui rendit immédiatement son énergie.


-Bienvenue dans le monde des vivants, Maître, murmura l'Ange.


Elle lui sourit, le sourire le plus craquant qu'il n'avait jamais vu. Sans attendre son reste, il l'enlaça étroitement et l'embrassa à pleine bouche.




Elle le repoussa vivement.

-Koschei, qu'est-ce que tu fais ?
-Mmh ?

Il secoua la tête, reprennant ses esprits. Elle ne semblait pas partager son transport. Qu'est-ce qui lui prennait de l'embrasser ? Il était le Maître, bon sang ! Il y avait longtemps qu'il avait laissé de côté tous ces enfantillages. Il se reprit, et dit d'un ton légèrement emprunté :

-Oh, la joie de te revoir m'a un peu emballé.

Elle fronça les sourcils.

-Ca ne te ressemble pas, Koschei.

Il ne répondit rien. Il était un peu perturbé. Peut-être avait-il rêvé. Il avait reçu un fort choc à la tête. Mais alors, pourquoi avait-il rêvé de l'aimer, et de manière si passionnée ? Il claqua la langue.
Les rêves, c'était toujours n'importe quoi.

-J'ai fait à boire, fit l'Ange depuis la cuisine juste à côté. Tu en veux ?

Il se leva, et traversa le couloir en titubant. Elle lui avait enfilé une robe de nuit qui avait dû être blanche, mais qui avait ensuite pris la poussière dans un placard. Il vit ses habits de guerrier déchirés jetés dans un panier rempli à ras-bord au fond du couloir.

-C'est ton TARDIS ?
-Non. Je l'ai volé à un bureaucrate qui l'avait laissé traîner.
-Ca m'aurait étonné !

Ils éclatèrent de rire. Il s'assit à la table de la cuisine. Elle posa devant lui un bol ouvragé à motifs circulaires, dans lequel elle versa un liquide rose doré. Il fit tourner son bol. Il y avait un nom dessus : "Hégéliaque". L'Ange en sortit un autre, sur lequel était écrit "Capitaine Upsilon". Il haussa les épaules.
Dès qu'il plongea ses lèvres dans le liquide, il sentit une intense chaleur l'envahir. Peu à peu, les événements dans son esprit reprennaient leur place. Mais à mesure que la situation s'éclaircissait, la logique implacable de son esprit découvrait encore des zones d'ombre.

-Pourquoi m'as-tu sauvé ? Demanda-t-il.

Avec le recul, ce n'était peut-être pas la question qu'il aurait dû poser en premier. Tant pis, trop tard.

-Je te dois la vie. Tu m'a sauvée, je t'ai sauvée. On est quittes.
-Ha.

Il but une nouvelle gorgée, et la regarda s'affairer autour de l'autochauffant alimentaire. Il manqua d'évoquer leur différend, mais songea qu'une fois qu'il aurait mis le sujet du Docteur sur la table, il n'en sortirait plus. Il avait d'autres choses à demander avant.

-Qu'as-tu l'intention de faire de moi après ?
-Je ne sais pas. Je n'ai pas vraiment réfléchi.
-C'est-à dire ?

Elle se tourna vers lui. Dans son regard bleu iceberg, il peinait à discerner l'Ange qu'il avait connu. Quel âge avait-elle, à présent ? Leurs lignes de temps étaient liées, ils avançaient dans l'ordre... mais pas à la même vitesse. Elle se rassit, et but un peu du contenu de son bol.

-Quand j'ai volé ce TARDIS, c'était sur un coup de tête. C'était la liberté qui m'appelait en plein vol, la fuite... comme si c'était lui qui m'avait volée.

Il leva les yeux au ciel. Les chiens ne faisaient pas des chats.

-De toute manière, je n'avais pas vraiment réfléchi à l'avenir avant.
-Pourquoi ?
-Juste avant que Gallifrey ne me récupère, j'avais sauté dans une faille.
-QUOI ?

D'un geste emporté, il se leva. Elle le regarda faire, les yeux écarquillés de stupeur.

-Tu as fait quoi ?
-J'ai sauté dans une faille. J'espèrais qu'elle dévorerait mon énergie temporelle, Tu comprends, c'était moi... ou la Terre. J'étais morte. Et ils m'ont ramenée à la vie.

Il se rassit, sidéré. Ainsi, il n'était pas le seul Seigneurs du Temps qu'ils avaient plongés dans le seau de Bran. Combien encore avaient été arrachés au sommeil de la mort pour la revivre une seconde fois sur le champ de bataille ?
Pire que ça, il en voulait au Docteur de l'avoir laissée mourrir.

-Et maintenant ? Demanda-t-il.
-Et maintenant quoi ?
-Qu'est-ce qu'on va faire ?
-Je ne sais pas. Deux Seigneurs du Temps, un TARDIS... Tant qu'on reste discrets, ils ne nous rappelleront pas pour la guerre, répliqua-t-elle d'un ton légèrement enjoué.
-Je n'ai pas l'intention de faire tu tourisme comme lui.

Il avait presque craché le dernier pronom. Il aurait voulu retrouver sa vie d'avant, dominer le monde, faire la guerre aux étoiles. Mais une autre voix, par-dessus la première, lui murmurait :
"Tu dois la protéger".
Devoir envers qui, envers quoi ? Il n'avait aucune dette envers le Docteur. Ce n'était pas pour lui qu'il ne cédait pas à la tentation de la pousser par dessus bord et reprendre sa quête de domination.
Envers elle ?
Elle n'avait pas a payer les erreurs de son peuple. Il devait la protéger contre ça.

-On y va ? fit-elle enfin.
-Où ?
-Je ne sais pas, moi, n'importe où ! A l'aventure !

Elle lui prit la main et l'entraîna jusqu'à la salle de contrôle. Il était encore en pyjama. Il jeta un coup d'oeil à l'écran de contrôle, interloqué.
L'Ange les avait entraînés aux confins de l'univers. Elle avait si peu de notions de vol qu'ils dérivaient dans l'espace, avalant une quantité monstrueuse d'énergie.
Avec ce qui leur restait, ils ne risquaient pas d'aller très loin. Il se mit en colère.

-Mais tu as vu l'énergie qu'il nous reste !
-Comment ça l'énergie ?
-L'énergie temporelle ! Je croyais que tu avais déjà piloté un TARDIS !
-Je... ne crie pas comme ça !

Elle avait posé ses mains sur ses oreilles. Il se tut, choqué. Il aurait voulu s'excuser. Mais il ne s'excusait jamais. Il se contenta de pousser un levier. Le vaisseau émit un couinement navré. Inquiet, il pressa frénétiquement les boutons les uns après les autres. Mais plus rien ne fonctionnait.
Leur TARDIS était en panne, et aucune chance qu'aucun autre ne croise leur route.

* * *

-Est-ce qu'on va mourir ? murmura l'Ange.

Ils ne savaient plus depuis combien de temps ils dérivaient dans l'espace. Echêvelés, les vêtements à moitié déchirés, ils s'étaient allongés tous les deux sur le sol, des déchets de nourriture éparpillés autour d'eux. Ils ne savaient plus ce qu'ils attendaient. Plusieurs fois déjà, ils s'étaient disputés, mais ils n'en avaient plus la force désormais.
L'Ange fit un ultime effort pour se relever, et contempla, hagarde, par l'un des hublots, l'espace infini devant elle.

-Anne, ma soeur Anne, ne vois tu rien venir ? fit le Maître d'un ton sarcastique, parodiant irrévérencieusement le vieux conte de fées qu'elle lui avait raconté pour lui faire passer le temps, quelques heures plus tôt.
-Je vois les étoiles qui brilloient, les nébuleuses qui onduloit, et les systèmes qui tournoient... et...
-Et ? Et les trous noirs qui dansoient ?
-Et une planète !

Il se releva.

-QUOI ?
-Là ! Une planète !

Elle lui désigna le fond de la vitre. En effet, à a peine quelques années-lumières, une planète leur tendait les bras. mais il y avait quelque chose d'étrange... Un sentiment de déjà-vu...

-C'est la Terre, s'exclama soudain l'Ange, d'un ton totalement différent.

Elle était passée de l'excitation au dégoût.

-Parmi toutes les planètes, il a fallut qu'on tombe sur cette maudite Terre ! Ne pourrais-t-on pas changer de direction ?
-Trop tard.

Les mots de Koschei tombaient comme une pierre.
-Quoi ?
-Trop tard. J'ai enclenché l'atterissage d'urgence. Nous allons nous crasher.
-Quoi ? Non !

Elle tenta d'appuyer sur le bouton pour empêcher le vaisseau d'atterir. Il la retint, et finit par la pousser sur le sol. Ils commencèrent à se battre. Mais au dernier moment, une seconde avant l'impact, il la saisit dans ses bras, et malgré sa rage, parvint à la contenir pour ne pas qu'elle se blesse.

Le vaisseau s'écrasa sur le sol. La fumée retombée, une ouverture en forme de portière de voiture s'ouvrit à la volée quelque part dans la pièce, puis se referma d'un geste tout aussi rageur, avant que le vaisseau fut à nouveau complètement plongé dans le noir.





Le Capitaine Clarke courut aussitôt se cacher dans un buisson. Son cerveau lui criait d'aller les voir et de leur montrer sa carte d'agent du temps. Mais il avait une sensation, sans doute ce langage, ou cette lumière dans leur regard, qui lui criait de ne pas le faire.
Il n'était pas de nature à rivaliser.

Soudain, il s'arrèterent de se chamailler. Le Capitaine risqua un coup oeil. L'homme se tenait droit sur ses jambes et reniflait l'air, tandis que la femme attendait, les bras croisés.

-Ca sent l'humain, fit l'homme.

Le Capitaine se rétracta dans sa cachette. En disant ces mots, "Kos-chai", le Magicien s'il en croyait son appareil, avait eu une expression de prédateur. La femme ("Véssilyza", la princesse, traduction que le Capitaine trouvait particulièrement ironique vu son état) renifla à son tour.

-Tu as raison, Kos-chai. Cependant...
-Cependant quoi ?

Son expression s'adoucit. Elle n'était plus si énervée. Il semblait même à l'Agent du Temps voir apparaître une lueur d'humanité dans son regard. Un mélange de soulagement, mais aussi d'une pointe de déception. Des émotions illogiques au regard de ce qu'elle disait, mais tellement humaines...

-Ce n'est pas la Terre.
-Pardon ?

Le Capitaine fronça les sourcils. Malgré lui, il prennait part à la scène qui se déroulait devant ses yeux. Et la manière dont l'homme parlait à la "princesse" ne lui plaisait pas.

-Ce n'est pas la Terre. Elle y ressemble, oh oui... mais ce n'est pas cette vieille planète.

Le Capitaine ouvrit des yeux immenses, terré dans son buisson.
Son intuition avait vu juste. Ils étaient des dieux. Des dieux capables de savoir si la planète où ils se trouvaient était la véritable Terre ou bien sa copie, bien que cette copie ai été mise au point par les plus grands architectes astronomes du monde pour pouvoir tromper n'importe quel être qui en foulerait le sol.
Son sang ne fit qu'un tour. Il devait les arrêter.
Il devait les arrêter avant qu'ils ne révèlent à tous les habitants le secret de cette planète.
Il inspira un grand coup et se rapprocha doucement. Ils pénètraient dans la forêt, ce serait plus facile. Il prêta une attention particulière à ne pas faire craquer de feuilles sous ses pieds, bien que cela le ralentisse pendant que les deux inconnus dissertaient sur les raisons - malheureusement exactes - pour lesquelles cette planète n'était pas la Terre. Leur langue était dangereuse, comme l'atlante, elle pouvait être comprise par tous. Car il l'avait vite réalisé : il pouvait comprendre ce qu'ils disaient, même si ce n'était pas de l'humain. Chaque seconde à parler était une probabilité supplémentaire de révéler la vérité aux indigènes.
Pendant qu'il réfléchissait à tout cela, il s'était sans vraiment s'en apercevoir, bien rapproché. Ils n'étaient plus qu'à deux mètres d'eux, et pouvait presque voir les taches brillantes de nourritures divines qui recouvrait les vêtements de l'homme.
Soudain, l'Agent du Temps marcha sur une branche qui lui parut tout d'abord inoffensive, mais qu'il trouva - une seconde trop tard - peu naturellement taillée. Le son qu'elle émit était tout aussi étrange - un sifflement, un mélange d'élastique et de réveil mal réglé.
Les deux Seigneurs du Temps se retournèrent aussitôt, les sourcils froncés. Il y eut un instant de flottement, pendant lequel le Capitaine souriait bêtement, partagé entre l'envie de beugler un juron et celui de fuir en courant. Puis, un filet les souleva tous les trois dans les airs, le Maître, l'Ange, le Capitaine et une pluie de terre battue.
L'Ange poussa un cri. De fines cordes de nylon les saisirent prisonniers, meurtrissant leur peau dès qu'ils tentaient de se débattre.
Une voix chantante jaillit alors de nulle part, mâtinée de l'accent particulier des Exilés. Un homme vêtu d'un camouflage quasi parfait se détacha du feuillage et sauta au pied du baluchon dans lequel ils pendouillaient tous trois misérablement. Lui aussi jura, mais je préfèrerais ne pas répéter ces mots.

-D'autres humains ! D'autres fichus humains qui marchent sur notre territoire ! Ginger, vient voir ça !

Une femme jaillit à son tour de l'arbre où ils étaient perchés. Ses cheveux roux étaient couverts de feuilles. Elle examina les trois prises avec une grimace. Le Capitaine poussa un gémissement. Il se fit la réflexion passagère qu'il commençait à être vieux pour les missions de terrain. Les deux autres ne disaient rien, le Maître se contentant de grogner dans sa barbe que c'était bien leur veine, et qu'ils n'avaient pas pris d'armes au "TARDISSE".

-Hon, fit-elle.
-T'en pense quoi ? Crime ou pas Crime ?
-J'en sais rien, Arg, répliqua-t-elle. Je pencherais pour pas Crime. Quoique... celui là... - elle désigna le Maître - Il a un air de membre de l'équipe des Doms. Ce même regard là... "j'ai envie d'être le maître".
-On les emmène à la base ?
-Ouaip'. De toute façon, pas le choix. Z'ont découvert notre position, on peut pas les relâcher.
-Okay.

L'homme sortit un talkie-walkie de son sac à dos et passa un court appel. Quelques minutes plus tard, les renforts parvinrent à les rejoindre. Ginger détacha le filet de son perchoir, et les trois prisonniers furent aussitôt mis dans un camion pour être emportés à la base. Ce fut l'instant que le Maître choisit pour faire une dernière tentative de fuite. Il se dégagea d'un de ses assaillants, et asséna un coup de poing à un autre. Le Capitaine voulut se dégager pour l'aider, mais il était déjà solidement menotté à un premier camion. De toute manière, il était trop tard. L'Ange poussa un cri. le dénommé Arg tira. Une fois, deux fois, trois fois. Trois doses de sédatifs. De quoi assommer un cheval. Et tuer un homme.
Deux militaires saisirent le Maître et l'emmenèrent dans un deuxième camion, sans brancard, tandis que l'Ange était conduite dans celui du Capitaine. Elle s'assit à côté de lui. Des larmes baignaient son visage. Elle ne pouvait même pas les essuyer, car ils l'avaient menottée dans le dos. Le Capitaine fut soudain pris de pitié pour elle.
Il avait été fou de les prendre pour des dieux, elle et son compagnon assommé dans son brancard. Ils n'étaient pas des dieux. Il repensa à la vieille caisse dans laquelle ils avaient échoués sur cette planète.
Ils étaient juste deux fous dans une boîte.

* * *

Au même moment, de l'autre côté de la planète.

-J'ai des résultats, monsieur.

Un jeune homme en blouse blanche parlait à un fauteuil tourné dos à lui. Il avait l'air particulièrement enthousiaste.

-Dans combien de temps sera-t-il prêt ? répondit le cuir noir brillant, finitions couture.

-Dans quelques jours, monsieur. Il ne manque plus que les résultats des tests sur les animaux. Nous voudrions être sûrs que le vaccin n'est pas mortel.
-Bien, bien, bonne initiative, agent Q. Je préfère que ce soit ça plutôt que...
-Plutôt que quoi, monsieur ?

Il y eu un silence. La voix rauque soupira. L'agent était jeune, il ne comprendrait pas...

-Agent Q ?
-Oui monsieur ?
-Vous n'avez jamais vu mon visage ?
-Non monsieur. A chaque fois que je suis venu dans ce bureau, vous m'avez toujours tourné le dos.
-Veux-tu savoir pourquoi ?

L'agent déglutit. Il n'en était pas sûr. Aussi loin qu'il s'en souvienne, le boss l'avait toujours fait flipper.

-Je veux que tu saches. Avant d'arriver, Ils m'ont injecté quelque chose. Et tu veux savoir ce que ça m'a fait, quand j'ai su ? Quand j'ai découvert l'ultime vérité sur ce monde ?

L'agent fit non de la tête, mais c'était idiot, l'autre ne pouvait pas le voir. Il ne pourrait jamais le voir.
Le fauteuil se retourna. Jusqu'au cou, il y avait un costume cravate tout ce qu'il y a de plus normal. Et ensuite, un bas de visage âgé de quarante ans. Tout en haut, des cheveux poivre et sel, creusés de deux allées sur le front, du même âge que le bas. Et au milieu... rien.
Deux orbites vides et noires contemplaient l'agent Q.
Inhumaines.




Bam Bam Bam Bam.

Le monde avait disparu. Il ne voyait plus, il n'entendait plus. Il sentait. Deux mains se saisirent de lui et l'allongèrent sur un support dur. il tenta de bouger. C'était impossible.

Bam Bam Bam Bam.

S'il avait pu faire autre chose, il ne Les entendrait pas autant. Mais là, il ne restait que le noir, le silence, le froid, les mains brûlantes et les tambours.

Bam Bam Bam Bam.

Il sentit qu'On le déshabillait. Il aurait voulu se débattre, mais On l'en empêchait. Peut-être ne reviendrait-il jamais des tréfonds de la réalité où il était enfermé.
On le fit asseoir sur un siège froid. Et là le temps s'arrêta. Peut-être qu'On attendait qu'il se réveille ? Il perdit soudain toute notion du temps. Ses sens bouchés par une glu qui se déversait dans ses veines depuis l'endroit où l'homme - le Maître avait déjà oublié son visage - avait tiré. Même l'odeur du Temps avait disparu. C'était horrible, horrible.

Bam Bam Bam Bam.

Sa seule certitude : il n'était pas mort. Les tambours continuaient encore et encore. Il sentait autour de lui le poids de l'air sur sa peau. Il ne savais plus. Peut-être était-il là depuis toujours ? Mais soudain, la délivrance. Comme si une force impossible l'avait sorti de l'eau. Cette sensation que quelqu'un avait ouvert une porte par laquelle tourbillonnait tout ce qui avait fait son esprit. Pendant une seconde, il vit ses souvenirs quitter la boîte de Pandore. Quand soudain une autre force vint s'opposer à cette fugace liberté, et quelques éléments s'accrochèrent au bord. Le Maître s'approcha et vit desquels il s'agissait. C'était tout ce qu'il avait pu accomplir de mauvais, tout ce qui en lui portait le sceau du Mal.

Non, non, voulait-il hurler, ces choses font partie de moi, je ne peux pas les perdre, je ne peux pas les cacher ! Arrêtez, qui que vous soyez, arrêter !

Mais On continuait à les trier, les séparer, les jeter dans le vide. Il voulait s'y aggripper mais il n'avait pas de doigts. Alors deux ailes emplumées enveloppèrent la boîte de sa mémoire, et tout explosa en mille couleurs.

...

...

...

-KOSCHEI !

La voix de l'Ange sortait des tréfonds du monde. Il ouvrit les yeux. Le retour au réel le frappa en plein fouet. D'un seul coup, la lumière et le bruit occultèrent les tambours - même s'ils restaient en bruit de fond diffus.

Un homme vêtu d'une blouse blanche rapiécée poussa l'Ange presque aussitôt. Le Maître poussa un grognement intérieur lorsqu'elle fut obligée de lâcher sa main. Le médecin de fortune se pencha sur lui. Ses deux yeux grossis par ses lunettes lui donnait un air d'insecte douteux.

-Vous m'entendez ? fit-il d'un ton stéréotypé, comme celui qui répète cette phrase quinze fois par jour.

-Oui... Oui je vous entends... bredouilla le Maître, la bouche encore pâteuse.

-Vous croyez que vous réussirez à vous lever ?

Le Maître regarda alternativement le médecin et l'Ange. Le monde lui paraissait encore flou, mais ses muscles pouvaient le porter. Il s'assit sur le lit avec difficulté. Sa tête était si douloureuse qu'il dut la saisir de ses mains pour ne pas s'écrouler. L'Ange posa sa main sur son front, l'air soucieux.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-il.

A présent qu'il reprenait ses pensées en main, il lui semblait que sa mémoire était pleine de trous.
L'Ange ouvrit la bouche, mais le médecin la prit de court.

-Simple protocole d'entrée. On vous a sondé pour savoir si vous étiez compatible avec le reste de la communauté.
-A...attendez... vous avez QUOI ?
-Ils ont sondé ton esprit, Koschei, reprit l'Ange. Avec cette horrible machine...
-Il fallait que nous sachions, répliqua le docteur.
-Vous n'avez rien à savoir ! s'exclama le Seigneur du Temps.

L'Ange et le jeune soigneur échangèrent un regard. L'Ange, dans une position diplomatique délicate, fit signe à l'humain de débarrasser le plancher.

-Vous pourriez sortir deux minutes, que je lui parle ?

Il ne se fit pas prier, tellement impressionné par la colère du Maître qu'il en oubliait les règles élémentaires de sécurité de la communauté.
Dès qu'il furent seuls, le Maître laissa exploser son stress.

-Tu peux m'expliquer ce qui se passe, nom de...

Elle lui plaqua une main sur la bouche. Surpris, il se tut. La jeune femme se lança alors dans un flot d'explications dont le rythme n'avait rien à envier à celui du délirant flot de paroles dont son frère était capable.
Les chiens ne faisaient pas des chats. Tel Docteur, tel Ange.

-Ecoute moi bien, Kosch', parce que c'est important : nous avons été capturés par un groupe d'humains dont l'aspect sauvage ne doit pas te tromper. J'ai cuisiné l'Agent du Temps qui nous accompagnait : apparemment, nous avons atterri sur Terra-6, une reproduction de la Terre destinée à y envoyer les délinquants, les criminels, les pauvres... tout ceux dont la société n'a pas besoin.
-Un genre de poubelle humaine ?
-Oui, voilà, un genre de poubelle humaine. Mais attends, ce n'est pas terminé...
-Parce qu'il y a pire ?
-Ecoute, je ne sais pas comment ils ont fait ni ce qui s'est passé, mais cette planète est parvenue à un niveau de développement quasi égal à celui de la planète-mère en moins d'un siècle. C'est pour ça que Benjamin est venu.
-Benjamin ? Tu parle de l'idiot qui a marché dans le piège et qui nous a fait capturer ?
-Oui, lui. D'après lui, les Exilés - c'est comme ça qu'on les appelle - sont jetés sur cette planète quasiment sans rien. C'est a peine si on leur donne leur vêtements. Et même si dans la population il reste des ingénieurs, des techniciens qui pourraient avoir reconstruit tout de mémoire, un tel niveau de développement en si peu de temps est impossible sans qu'ils n'aient reçu une aide extérieure.
-Des aliens ?
-Shhhhht, souffla-t-elle.
-En quoi ça a un rapport avec le fait qu'ils aient essayé de drainer mon esprit ? reprit-il.
-Ah non, ça c'est moi. Je t'ai dit que c'était surtout les délinquants et les criminels qui étaient envoyés ici ? Hé bien... ici, c'est tout le contraire. Ils ont mis au point cette machine pour pourvoir choisir ceux qu'ils accueillaient en fonction de leur... de leur...
-De leur innocence ?
-Oui, voilà.
-Et je ne suis pas exactement ce qu'on peut appeler "blanc comme neige" ?
-Exactement.

Le Maître éclata brièvement de rire.

-Ils vont faire quoi alors ? Me tuer ?
-Non. Justement. Tiens, regarde...

Elle posa ses doigts sur ses joues. La pointe de ses majeurs appuyait sur ses tempes. Elle ferma les yeux. Ce geste semblait la soulager intensément. Le Maître quant à lui sentit les trous de sa mémoire se boucher un a un. Quand ce fut terminé, ils soupirèrent tous deux.

-Alors c'était ça ? Les ailes...
-Chuuuuut.

Elle mit son index pâle sur ses lèvres rosées. Le Maître sentit là un secret d'une importance capitale, qu'il ne comprenait pas.
Les humains le l'effrayait pas. Il les dominait, les méprisaient. Il ne voyait pas l'intérêt de se protéger d'eux. "L'Agent du Temps" ne l'impressionnait pas non plus. Il cherchait des aliens ? Qu'il les trouve ! Il n'avait rien à voir avec cette histoire. S'il devait prendre parti, songea-t-il, il se sentait plus proche de ces rebuts de l'humanité qui jetés nus sur une île déserte, n'avaient fait que suivre l'instinct premier : survivre dans les meilleures conditions possibles.
Au milieu de ce schéma d'une cohérence surprenante, il lui restait une épine en travers de la gorge : ceux qui les avait capturés. De toute évidence, ils n'étaient pas des criminels. Ils étaient même plutôt le contraire. Et pourtant, quelque chose lui disait qu'ils étaient tout aussi rejetés et exilés que les autres. Comme un groupe religieux sensé, rejeté par les laïcs comme par les extrémistes.
Il n'eut pas le temps de pousser la réflexion plus loin. La porte s'ouvrit brutalement, et Benjamin Clarke entra sans cérémonie.

-Salut salut !

Il s'assit entre le Maître et l'Ange, et donna une tape familière sur l'épaule du Maître. Ce dernier haussa les sourcils.

-Comment ça va ? s'exclama l'Agent du Temps.
-Depuis quand sommes nous amis ? fit le Maître d'un ton méprisant.

Il eut été moins affaibli, il l'aurait renvoyé dans ses buts. Mais l'Ange lui fit signe de ne rien faire de tel. Le Maître soupira. S'il était nécessaire de faire semblant d'être gentil, il grimacerait et mimerait la bonté du mieux qu'il pourrait. Même si le Capitaine mettait déjà ses nerfs à rude épreuve.

-Alors, continua-t-il, on est allé dans la méchante machine ? D'après le mécano, elle a failli péter après votre passage. Mémoire pleine, qu'il disait. Mais tout le monde sait qu'avoir autant de souvenirs, c'est inhu...
-Et si nous sortions ? coupa l'Ange.

Elle sourit faussement. Le Maître fronça les sourcils et lui murmura à l'oreille :

-Ils ne savent pas qui nous sommes ?
-Lui, si. Je lui ai brièvement expliqué, et il a admis que nous n'avions rien à voir avec les problèmes temporels de cette planète. Les autres se doutent de quelque chose. Mais moins ils en sauront, mieux ça vaudra.

Il se détacha. Le raisonnement de la jeune femme était étonnamment sage. Il convint que pour une fois, il avait trouvé quelqu'un qui réfléchissait plus que lui. Son ego s'en trouvait perturbé. Il décida de le ranger un instant. Il avait d'autres préoccupations pour l'instant. L'endroit où il était par exemple. Comme s'il avait lu cette dernière pensée, le Capitaine s'exclama :

-Venez ! Maintenant que vous êtes tous les deux sur pied, et qu'aucun de nous n'a été déclaré Crim, ils vont pouvoir nous accueillir dignement !
-Nous... accueillir ? bredouilla le Maître.
-Oui. D'après l'infirmier Hopkins - le médecin à lunettes de mouches hocha la tête - nous manquons de population en ce moment.
-N... nous ? reprit le Maître.
-Oui. allez, venez.

Il lui fit un clin d'oeil appuyé, dans le plus pur style du "nous sommes une équipe d'agents secrets en inflitration ooouuuuuaaaaiiiiis". Le Maître était consterné. Il imaginait qu'un Agent du Temps, avec un tel titre, serait plus vigilant. Mais non. Le Capitaine venait de se faire happer tout cru.

Ils sortirent dans le couloir. Par la fenêtre de l'hôpital, on pouvait voir la ville s'étendre paresseusement. La vision était pathétique : les bâtiments propres, les champs paresseusement labourés, les enfants jouant dans la rue, tout faisait penser à un genre d'enclave de secte pacifique, indolente, retirée du monde. Un mélange bizarre de Salt Lake City et Woodstock. Et le Capitaine en faisait déjà partie.

-Bienvenue !

La voix était venue du fond du couloir. Les deux Seigneurs du Temps se retournèrent. Une femme, vêtue d'un tailleur bleu pervenche illuminé par des LED, ses cheveux blonds cendré ramenés en chignon sur sa nuque, et deux hommes quelconques vêtu d'un costume noir suréquipé, encadraient un vieillard aux longs cheveux, vêtu tout de blanc, assis sur un trône porté par quatre colosses en pagne.

"Allons bon, voilà Gandalf" songea le Maître avec amertume.

Le vieil homme posa sur eux son regard majestueux. La femme leur serra la main. Koschei restait dubitatif.

-Bienvenue à la Communauté des Innocents, fit la femme d'un ton joyeux.

Oui, songea le Maître, la Communauté des Pigeons Joyeux, plutôt.

Il saisit la main de l'Ange et soupira. Cet exil forcé ne serait décidément pas de tout repos.



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Dernière édition par Angel le Mar 1 Jan 2013 - 18:04; édité 10 fois
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MessagePosté le: Ven 14 Sep 2012 - 22:18    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 14 Sep 2012 - 22:57    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Lu. Wink Attends la suite. Style télégraphique, vu l'heure.
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MessagePosté le: Sam 15 Sep 2012 - 11:48    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Un premier chapitre intrigant pour commencer en beauté. Le rythme saccadé de certaines phrases rend la lecture assez agréable, même si je pense qu'elles pourraient tout de même être plus longues.

J'attends la suite avec impatience. Wink
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MessagePosté le: Sam 24 Nov 2012 - 17:41    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Chapitre 1 posté, après une longue attente. J'espère pouvoir à nouveau retrouver un autre rythme ^^
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MessagePosté le: Dim 25 Nov 2012 - 12:25    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Un très bon nouveau chapitre, toujours aussi bien écrit. J'espère que tu réussiras à trouver un rythme constant qui te permettra de publier plus rapidement les prochains. Razz

Angel a écrit:
Le seau de Bran est un objet d'un conte celtique intitulé "Bran et Branwen". N'importe quel soldat mort sur le champ de bataille et plongé dedans recouvrait instantanément la vie, mais deumeurait désormais incapable de parler.

Ah, tu connais le Mabinogi aussi ? L'histoire du mariage de Branwen, la bataille, la tête coupée, tout ça (spoilers... XD) ? D'ailleurs, je crois que c'est un chaudron, non un seau. Wink En revanche, je n'ai pas compris le rapport entre le titre et le chapitre, désolé. :/

Sinon, tu veux que je te bêta ? Ça ne me dérange pas et j'aime bien corriger les autres. Wink
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MessagePosté le: Dim 25 Nov 2012 - 13:40    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Il manquait un bout les enfants ^^ mon PC a mal copié (Open Offic de merde) et je m'en suis aperçue que ce matin (mon internet a coupé, j'ai eu une soirée, et... bref, j'espérais pas que quelqu'un lise avant que je corrige XD)
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MessagePosté le: Dim 25 Nov 2012 - 13:46    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Toi aussi, tu es sous Open Office ? ^^
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MessagePosté le: Dim 25 Nov 2012 - 14:06    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Matt181095 a écrit:

Sinon, tu veux que je te bêta ? Ça ne me dérange pas et j'aime bien corriger les autres. Wink



Hum ! Wink


Je vais relire alors, avec le texte en entier, parce que du coup, j'ai lu quand il manquait un morceau. Smile
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MessagePosté le: Lun 3 Déc 2012 - 13:00    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Hum, je comprends mieux avec le bout qui manquait. Ça c'est de la bonne mise en bouche. J'attends la suite.
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MessagePosté le: Mer 5 Déc 2012 - 17:20    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Nouveau chapitre posté.

Benjamin Clarke est l'homme de l'épilogue du Maître et l'Ange ^^
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MessagePosté le: Mer 5 Déc 2012 - 22:57    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Han han, là, ça commence à devenir bigrement intriguant ! Qui sont donc Arg et Ginger, l'agent (bon, j'ai saisi la référence ^^) et cet homme étrange ? Pourquoi le Maître rate-t-il toujours son coup ? Benjamin Clarke va-t-il trouver l'amour ? ^^

Non, sans rire, j'aime bien ce chapitre. *sort le popcorn et l'Ice Tea* Wink
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MessagePosté le: Jeu 27 Déc 2012 - 17:08    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Nouveau chapitre sorti ^^ En fait les explications, mine de rien, ça prend du temps (et puis je me suis un peu fait plaisir sur le début du chapitre en explorant la tête du Master aussi XD)

J'update également le rating de la fic, qui passe à NG17 par sécurité, parce que je ne sais pas encore à quel point l'expliciterait... ce que je veux expliciter. BREF. Bon chapitre !
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MessagePosté le: Jeu 27 Déc 2012 - 19:28    Sujet du message: Le Maître et l'Ange [16+] Répondre en citant

Pourquoi ai-je cette désagréable sensation que ça va être weird ? ^^

Très bon chapitre, au passage. Wink
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