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In Your World....

 
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Némésis
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Féminin Bélier (21mar-19avr) 鼠 Rat

MessagePosté le: Dim 20 Jan 2008 - 20:33    Sujet du message: In Your World.... Répondre en citant

 Je remets ici le début de ma fic que j'avais déjà posté sur le premier forum ! Smile

 

Citation:
J'ai commencé à écrire un crossover Docteur Who/Highlander. Je précise que je ne me suis inspirée que des concepts développés dans Highlander, sans reprendre d'immortel préexistant. J'ai crée une immortelle du nom de Rheya Cornwell.    

-> Petit rappel pour ceux ou celles qui connaissent mal l'univers d'Highlander : "Depuis leur énigmatique naissance, ils vivent une sorte de vie ordinaire, vieillissant normalement et ne sachant pas qu'ils ont en eux le "Quickening" jusqu'à ce qu'ils soient tués, soit par accident ou intentionnellement. A ce moment là, ils deviennent Immortels, ne vieillissant jamais et ne pouvant mourir que par décapitation. A partir de là, ils prennent part au « Jeu ». Les immortels se combattent les uns contre les autres pour gagner le ""Quickening", une extraordinaire force vitale qu'ils possèdent tous. Ce "Quickening" est l'essence de leur être, et à chaque fois qu'un immortel en décapite un autre, il récupère son quickening et devient plus puissant. Le Jeu est régi par des règles qu'aucun Immortel ne peut enfreindre. La première et la plus importante de toute les règles est qu'aucun Immortel ne peut combattre sur un Sol Sacré (église, cimetière..). A la fin, un seul immortel survivra et il aura toute la puissance et le savoir des immortels en lui (ou en elle lol).



 
Quelques infos : Les immortels peuvent "sentir" entre eux par un buzz, sorte de bourdonnement qu'ils ressentent dans leur tête. Ils sont stériles."   



 

Citation:


Citation:

Incarnée par : Natascha McElhone
BIO: Britannique de pure souche, Séraphina voit le jour au tout début du 16è siècle à Londres. Bébé, elle est confiée à un orphelinat public et grandit dans la pauvreté mais l'affection des sœurs qui l'élèvent. Elle devient la protégé d'un jeune moine qui voit en elle la petite sœur qu'il vient de perdre et qui lui apprend à lire et à écrire pendant son temps libre.
Quittant le monde familier de l'orphelinat à 16 ans pour vivre sa vie, elle travaille pendant un temps comme servante dans quelques bonnes familles… C'est ainsi qu'elle croise la route d'un certain William Shakespeare qui tombe alors éperdument amoureux d'elle. Marié depuis quelques années à une femme qu'il n'a jamais aimé, le jeune auteur ne pourra pas lui donner d'autre place que celle de maîtresse et elle s'en accommodera tout en masquant sa tristesse.
Très tôt, Shakespeare décèle un potentiel artistique chez la jeune femme et peaufine son éducation, allant jusqu'à lui payer des cours particuliers. Shakespeare l'entretient un temps mais leur relation est très mal vue. Elle même déteste ce qu'il a fait d'elle et cet état de dépendance, même si elle est amoureuse et décide alors de se débrouiller par elle même. Progressant avec travail et patience, elle devient poétesse (au début j'avais pensé actrice de théatre mais les femmes ne jouaient pas à l'époque lol dc je me suis adaptée) et gagne peu à peu une réputation croissante. En quelques années elle devient une "star" incontournable de la scène littéraire de l'époque et la critique salue unanimement "la fille du peuple qui a su gagner une place dans les cœurs de tous en tant qu'auteur pleine de talent".
Pendant quelques années son bonheur est à son zénith, jusqu'à ce que William s'amourache d'une jeune Ecossaise, brisant le cœur de Séraphina qui se retire des planches. Elle meurt à 29 ans, en 1613, dans l'incendie du théâtre du Globe où Shakespeare créa nombre de ses pièces. Certains témoignages laissent à croire qu'elle ne chercha pas à s'échapper du brasier, laissant penser à un suicide…

**********
Plus tard, elle se tournera vers la danse. Profitant de la professionnalisation du statut de danseuse, elle part en France où elle suit des cours et devient danseuse à la cour royale. Passionnée, elle fera de fréquentes réapparitions dans le milieu de la danse dans les deux siècles qui suivront, se faisant généralement passer pour sa propre fille ou petite fille… ! Elle intégrera notamment au 19è siècle le Ballet de Paris sous le nom de Marie Taglioni où elle gagnera le statut de danseuse étoile, incarnant les plus grands personnages des ballets romantiques de cette époque. Théophile Gautier créera même "Giselle" pour elle.

Elle vivra quelques temps en Italie au 18è siècle, et devient actrice en travaillant à "la Comedia dell'arte", assouvissant ainsi un rêve ancien.

Au vingtième siècle, elle se tourne vers les Ballets Russes installés à Paris et en devient l'une des vedettes, entretenant un liaison passionnée avec Antonin Artaud. Elle deviendra l'amie intime de Vaslav Nijinsky, le danseur et chorégraphe, et un lien très profond les liera jusqu'à la mort de ce dernier dans un institut psychiatrique après trente ans de réclusion. Vaslav est sans doute celui qu'elle a le plus souffert de perdre. Certains, pour qualifier leur relation ont parlé d'amour platonique, mais la jeune femme se refusait à la définir ainsi… C'était autre chose que de l'amour, autre chose que de l'amitié, une sorte de fusion de l'esprit…
Outre tout cela, elle s'engage dans les guerres en tant qu'infirmière et n'hésite pas à aller dans les tranchées les plus menacées en 14-18 et sur le front en 39-45 pour soigner les blessés.
Actuellement, elle est danseuse étoile à Covent garden, Londres et elle vient de rencontrer un homme bien curieux ! loool

Caractère : Mystérieuse et secrète, elle sourit tout le temps quand elle est heureuse. Elle écoute beaucoup les gens, mais se confie difficilement. Très douce au premier abord, elle sait se faire respecter et on lui marche difficilement sur les pieds ! mdr
Ses Goûts : Sensible et passionnée, elle ne vit que pour la danse et le théâtre, mais adore aussi les autres arts. Elle a appris à dessiner avec Cocteau ! lol Elle écrit des poèmes qu'elle n'a jamais fait lire et tient un journal intime depuis un ou deux siècle !

ps. je me suis très largement inspirée de la Rheya de Solaris de steven Soderbergh



Citation:


 


Citation:
IN YOUR WORLD Avec

 
 Christopher Eccleston (Le Docteur, oui le 9è lol)


 
Natascha Mcelhone (Rheya Cornwell)*********
DISCLAMER : Je ne détiens aucun droit sur la série du Docteur Who, pas plus que sur Highlander d'ailleurs. Je ne gagne pas d'argent avec cette fic qui n'existe que pour le plaisir des lecteurs et lectrices, et le mien qui est de l'imaginer lol

RESUME: Le Docteur qui vient de se régénérer dans son neuvième corps n'est pas au mieux de sa forme et la situation empire quand il croise la route d'une jeune femme pas comme les autres qui, en tentant de l'aider, va sans le vouloir l'exposer à un danger beaucoup plus grave…
ndlr : l'histoire se passe avant la rencontre avec Rose.
*****
I/ LA RENCONTRE

LONDRES, un froid matin de Janvier
L'homme, reprenant conscience avec brutalité, ouvrit d'un coup les yeux et inspira profondément une grande bouffée d'air. Il avait les oreilles qui bourdonnaient et les tempes douloureuses. Où se trouvait-il et comment diable était-il arrivé là ?! Il n'en avait pas la plus petite idée. Tout ce qu'il savait c'est qu'il était affalé dans la poussière, face contre terre, devant la haute façade de briques rouges de ce qui paraissait être une ancienne usine désaffectée comme en témoignaient les grandes baies vitrées qu'on avait murées à l'aide de planches. Il se redressa un peu sur le côté, se retrouvant ainsi en position assise, le dos appuyé contre le mur de briques. Levant un peu le nez en l'air, il observa le ciel encore sombre, les nuages de pollution, les grandes cheminées noires qui émergeaient des toits de chacune des bâtisses environnantes... Un maigre rayon de soleil pointant à l'horizon vint le taquiner. Le voile des ténèbres nocturnes commençaient à peine à se lever mais déjà les rares lampadaires s'éteignaient les uns après les autres. Après avoir retrouvé un peu ses esprits, il entreprit de se lever et marcha quelques minutes à la recherche d'un quelconque signe de vie. Son vœu se trouva vite exaucé. Un bruit étrange résonna, suivi d'un second et d'un autre… Se manifestant avec irrégularité, il était difficile de déterminer ce dont il pouvait s'agir, tant il était étouffé par les ténèbres et le fog qui flottait dans l'air, mais il avait quelque chose de… métallique. Il se gratta la tête, découvrant par la même occasion une superbe bosse sur son crâne, mais finit par s'engager dans un long passage couvert sombre, progressant ainsi en direction du son non identifié. Il déboucha dans la cour intérieure de l'usine. De plus en plus distincts, les bruits faisaient à présent penser à ceux d'une lutte, et c'est bien ce qu'il découvrit… Un homme et une femme, tous deux armés d'une épée, s'affrontaient en duel, l'un contre l'autre. L'intrus se figea en découvrant cette scène pour le moins inattendue en un tel lieu, et son visage prit une expression entre perplexité et inquiétude. Que devait-il faire ? Intervenir pour tenter de calmer le jeu ou, plus sagement, éviter de s'en mêler et battre en retraite ?? Il observa un instant encore les deux combattants : L'homme, blond, n'était pas très grand mais par contre il avait une énergie et une nervosité qui jouait pour lui et contre lesquelles son adversaire avait du mal à se défendre. Elle, c'était une jeune femme brune d'une trentaine d'années dont il distinguait surtout la silhouette haute et l'épaisse chevelure. Après réflexion, il songea qu'il était plus raisonnable d'opter pour la seconde solution, surtout après avoir croisé le regard surexcité et malveillant de l'homme… La jeune femme montrait des signes de fatigue que son adversaire ne manqua pas de noter avec un sourire méchant. Il en profita et l'accula habilement dans un coin de la cour sans aucune issue. Elle eut soudain une idée lumineuse et sauta avec une agilité et une puissance étonnante, s'accrochant à une échelle d'incendie qui pendait au dessus d'elle, et qu'elle commença à gravir. L'homme la suivit avec un peu plus de difficulté mais il parvint à la saisir par le pied et à la faire durement chuter, tandis que son épée voltigeait loin d'elle… a présent, elle était étendue dans la poussière, et grimaçait de douleur. Un peu de sang s'écoulait de sa bouche…

Le troisième homme, "l'observateur" n'avait pas bougé jusque là et il retenait son souffle. Il se sentait comme engourdi, incapable d'agir ou de partir… Sortant brusquement de cet état de léthargie, il fit un pas en avant en voyant le blond s'approcher de la jeune femme désarmée, l'épée en position levée.




Jusque là, il avait cru - ou espéré - avoir affaire à un jeu, ou à un entraînement, mais c'était beaucoup plus grave que cela et il le réalisait à cet instant0.. Une odeur pestilentielle flottait dans l'air, celle de la mort qui s'apprête à frapper... Il enfonça machinalement les mains dans ses poches, et serra dans sa main la première chose qu'il y trouva… Après quoi il s'avança plus franchement et… se mit à rire. Un rire sonore et profond, amusé et provoquant. L'autre homme se retourna, l'air stupéfait, tout autant que devait l'être la jeune femme pour tout dire. Il avait gardé l'épée posée sur son cou, la contraignant ainsi à l'immobilité, et regardait à présent le nouveau venu. Un grand type brun, qui à priori n'avait pas grand chose d'effrayant…   
- Qu'est-ce que tu fous là, toi ?! s'exclama le type blond d'une voix peu avenante. - Euh, eh bien je me le demande aussi... Je ne pense pas qu'il était prévu que je sois là mais vous savez ce qu'on dit : on fait avec ce qu'on a... Son interlocuteur, visiblement très méfiant, lui ordonna de sortir ses mains de ses poches.
- J'suis sur que tu planques une arme… marmonna-t-il tandis qu'une lueur rageuse traversait ses yeux.
L'autre s'exécuta et leva lentement les mains. Il tenait quelque chose dans la main droite qui fit paniquer le blond.  





- Qu'est-ce que c'est ça ?!! gueula-t-il en s'éloignant de la jeune femme et en pointant l'épée sur celui qu'il considérait comme son nouvel ennemi, une menace à éradiquer.   
- Quoi, ça ? (il jeta un coup d'œil à l'objet) Ben, euh, ça ressemble à une mini lampe de poche, marmonna d'un air innocent son interlocuteur. L'autre le fixa d'un regard toujours menaçant : - T'es qui toi ? C'est Frémont qui t'envoie ?!
L'homme saisit l'opportunité :
- Oui oui c'est bien ça… Frémont…
- Et t'es qui d'abord ?
- Tiens cette question m'est familière… (l'homme fronça les sourcils, l'air de chercher intensément quelque chose). La réponse est… Le Docteur…
- Docteur ? Docteur qui ? J'te demande pas ton boulot mais ton nom !
Les arcades sourcilières de l'homme se soulevèrent, lui donnant une expression déconcertée.
- Eh bien, pour tout dire…
- Ca suffit, je sais que tu me mens, colle toi dans le coin !
- Oui, je le reconnais, fit avec un sourire l'homme en marchant un peu vers la gauche avant de jeter un regard vers la jeune femme et de lui indiquer, de façon très peu discrète avec des mouvements d'yeux, de filer tant qu'il occupait son agresseur.
Celle ci se releva discrètement mais l'autre homme, s'apercevant de ce qui se passait, ramassa l'autre épée qui se trouvait à ses pieds et les menaça tous deux.
- Soyez raisonnable, nous sommes deux contre un ! s'exclama le brun avant d'ajouter : Lâchez ces épées et laissez nous partir… Il n'y aura aucun blessé !
- Et vous ferez quoi si je refuse, hein ? Vous avez pas d'arme ! pouffa de rire l'autre tandis que, lentement, son adversaire désarmé s'approchait de lui.
Son regard sondait celui du blond et ce dernier se sentait comme paralysé, il lâcha une épée. Bientôt l'étrange homme surgi de la nuit put se saisir de la seconde. Le blond sembla se reprendre au même instant, surprenant son adversaire qui n'eut que le temps de crier à la jeune fille de s'enfuir avant d'être violemment saisi au cou par le blond. Les deux hommes se mirent à se battre, dans un corps à corps acharné. La jeune femme hésitait manifestement à abandonner son mystérieux sauveur aux mains de son ennemi, mais elle croisa bientôt de nouveau le regard de l'inconnu et sut qu'elle devait suivre ses recommandations. Elle s'en alla donc. Les deux hommes se retrouvaient à présent seuls, face à face. Le blond frappait avec la technique d'un boxeur professionnel, ce qu'il était. Son adversaire prenait les coups en faisant mine de ne pas broncher mais l'autre n'était pas dupe et il riait avec force.
- Alors, tu ris moins mon gars ?!
L'inconnu fit un effort pour sourire mais il vacilla sur ses jambes et tomba sur le dos. L'autre en profita et leva son poing pour le frapper en pleine tête, d'un coup qu'il espérait le dernier, quand l'autre homme qui était affalé sous lui, sourit de toutes ses dents.
- Ca te fais donc tant tripper de crever ? demanda le blond d'une voix excédée.
- Je souris parce… que c'est moi qui ai gagné…
- Ce qu'il ne faut pas entendre comme conneries ! soupira l'autre juste avant de s'affaler par terre inanimé.
Son adversaire repoussa le corps qui le bloquait, se releva et secoua ses vêtements pour faire tomber la poussière avant de ranger dans sa poche la pseudo "lampe de poche" dont il venait de faire usage bien étrange sur le boxeur. Il fit quelques pas, avec le secret espoir de retrouver la jeune femme qu'il avait entraperçue, mais cet espoir se révéla vain. C'était sans doute mieux comme ca.. Il s'éloigna vite des lieux de l'étrange rencontre mais après quelques minutes de marche, se sentit mal. Il porta sa main à sa poitrine. Le souffle lui manqua et il trébucha… Allongé par terre, tout ce qui l'entourait devenait de plus en plus trouble. Il roula en boule sur le côté parce qu'il avait froid et sombra dans un état plus profond que le sommeil… Et cette fichue odeur de mort qui flottait toujours dans l'air…
A SUIVRE...







_________________

- "Ton amour est en moi comme le roseau au creux des bras du vent" -
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MessagePosté le: Dim 20 Jan 2008 - 20:33    Sujet du message: Publicité

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hannyah
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MessagePosté le: Sam 16 Fév 2008 - 13:55    Sujet du message: In Your World.... Répondre en citant

Ou peut-on trouver la suite? Je suis allé sur ton blog, j'ai pas trouvé.
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Némésis
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Féminin Bélier (21mar-19avr) 鼠 Rat

MessagePosté le: Sam 19 Avr 2008 - 16:01    Sujet du message: In Your World.... Répondre en citant

Dsl de ne pas avoir répondu plus tôt ! En fait la fic n'est pas sur ce blog mais sur un forum :


Je mets quand même le chapitre 2 ici lol


Citation:
II Youri 

Guest Star : Gary Oldman (Youri Kasimov)

 ******
Un vent froid s'était levé en même temps que le soleil, balayant de son souffle glacé les allées désertes. Dans un recoin, une ombre se mit en mouvement et s'approcha à pas légers de l'homme inanimé. La jeune femme, car il s'agissait bien d'elle, se pencha sur lui pour vérifier son état et tenta de le réveiller en le secouant doucement, sans succès. Elle jeta des regards désemparés autour d'elle, puis, ne sachant plus trop à quels saints se vouer, enjamba le corps de l'homme qu'elle attrapa par les bras et qu'elle commença à traîner. Elle parcourut ainsi environ 300 mètres, à demi courbée par le poids de ce grand corps. Elle fit de fréquentes pauses pour reprendre son souffle, avant de déboucher dans une rue nettement plus large mais guère plus fréquentée que les passages qu'elle venait d'emprunter. Là, elle sortit de sa poche un portable argenté et composa rapidement un numéro…

Une vingtaine de minutes s'écoulèrent avant qu'une grosse bagnole noire en piteux état ne vint se garer sur le côté. Un grand type brun portant un bouc s'en extirpa et marcha à grands pas jusqu'à la jeune femme qui semblait impatiente de lui parler. Elle se frottait les mains l'une contre l'autre à la fois pour se les réchauffer mais aussi par nervosité sans doute.
- Dans quel pétrin es-tu encore allée te fourrer ma belle ? demanda-t-il en riant avec un fort accent russe.
La jeune femme haussa les épaules et répondit par un sourire désemparé absolument charmant.
- J'ai besoin de ton aide Youri…. Murmura-t-elle en posant sa main sur le bras de l'homme.
Ce n'est apparemment qu'à ce moment là que le susnommé "Youri" remarqua la forme allongée par terre, un homme inanimé.
- Il est drogué ou il est mort ? s'enquit-il avec une désinvolture splendide. Dans tous les cas je t'arrange ça ! Tu sais que je ferais n'importe quoi pour mes amis, princesse ! il me suffit de passer un coup de fil et c'est réglé !…
- Ni l'un ni l'autre, le coupa-t-elle avant de soupirer avec légèreté en posant son regard sur l'homme: J'ignore complètement ce qu'il a… On dirait une sorte de coma… Il a reçu quelques… coups… acheva-t-elle en baissant un peu les yeux.
- Rheya... Regarde moi... C'est toi qui l'as mis dans cet état ? s'étonna-t-il.
- Indirectement on va dire que c'est peut être de ma faute…
- Donc si j'ai bien compris tu te sens responsable de lui…?
- C'est à peu près ça, confirma-t-elle.
- Bon, ben il ne reste plus qu'à voir ce qu'on peut faire pour ton chevalier servant ! se moqua gentiment Youri en attrapant l'homme par les pieds tandis que la jeune femme le saisissait par les mains.
Ils le transportèrent jusqu'à la voiture et l'allongèrent sur la banquette arrière, après quoi ils grimpèrent devant et Youri démarra le moteur.
- Je ne suis pas mécontente de m'en aller d'ici… remarqua la jeune femme dans un soupir tandis qu'elle repoussait d'une main la masse imposante de ses cheveux mordorés.
- Ca… Ca c'est vraiment mal passé ?! s'enquit avec sollicitude le Russe tout en conduisant
- Un vrai cauchemar… Tu n'aurais sans doute pas eu le plaisir de revoir ta chère amie si ce monsieur n'était pas intervenu… ce que beaucoup de mortels auraient fait…
- Hé, protesta en riant Youri, j'espère que tu ne m'inclus pas dans ce "beaucoup de mortels" !!
- Ca ne me viendrait même pas à l'idée voyons… mais regarde plutôt la route si ça ne t'ennuie pas, tu roules littéralement sur le trottoir et je n'ai pas envie d'être arrêtée par la police avec un homme inconscient dans la voiture…
Youri donna un brusque coup de volant à droite, et la jeune femme s'accrocha à ce qu'elle put pour garder son équilibre.
- Dis… tu l'as passé où déjà ton permis ?? soupira-t-elle.
- A Moscou, il y a 23 ans exactement… j'avais 18 ans… Je m'en souviens comme d'hier, on s'amusait à éviter les barrages de contrôle de la police communiste… c'était ca l'aventure… ! C'est en voiture que j'ai pu "passer à l'ouest"…
- C'est bon, c'est bon, range les violons, je n'ai pas besoin de détails, je te rappelle que c'est là qu'on a fait connaissance… Berlin, 1969… Tu m'as harcelée jusqu'à ce que je t'emmène de l'autre côté du Rideau de fer.
- Ah oui, fit-il en se tapotant plusieurs fois la tête, j'ai tendance à oublier… Désolé ça doit être l'âge, soupira-t-il d'un air comique.
La jeune femme sourit.
- Tu as 41 ans ça va encore, qu'est-ce que je devrais dire moi qui vais sur mes 420 ans selon toi ?
Youri haussa les épaules.
- Vive la vie ?! proposa-t-il…
La jeune femme adorait son ami, son franc parler et sa perpétuelle bonne humeur, aussi finit-elle par abandonner la partie.
- Qu'est-ce qu'on fait de lui alors ? Je le laisse devant l'hôpital ? finit par demander Youri.
Rheya semblait soucieuse.
- J'avais envisagé cette solution, mais… j'ignore ce qu'il a vu exactement… Et s'il lui venait l'idée de parler à des gens influents de ce qu'il peut savoir cela pourrait créer quelques complications pour nous, les immortels...
- Gare à la chasse aux sorcières ! s'exclama à tue tête Youri.
- C'est exactement ce que je crains et c'est pour cela que j'ai toujours mené mes combats en des lieux isolés mais qui aurait cru que ce type débarquerait au plein milieu de l'un d'entre eux…
- Son apparition ne fut en fin de compte pas une si mauvaise chose pour toi…
- Oui, mais à quel prix ?
- Tu sais quelque chose de lui ? On pourrait peut être le faire chanter…. proposa Youri en passant presque au feu rouge.
Son amie le regarda avec un brin d'exaspération :
- Je ne fais pas dans ce genre de pratiques !
- Ne me regarde pas avec cet air féroce ma douce, moi je cherche à te proposer la meilleure solution envisageable, c'est tout…
Après un moment de silence, la jeune femme murmura :
- De toute manière je ne sais que peu de choses.. Tout ce qu'il a dit si je me rappelle bien c'est qu'il était… docteur.
Elle jeta un coup d'œil derrière elle pour vérifier qu'il dormait toujours.
- Un docteur, ça gagne beaucoup d'argent…
La jeune femme se retourna vers Youri, stupéfaite. Elle semblait savoir où le russe voulait en venir.
- Youri… !
- Ben quoi un docteur c'est un bon parti, non ?! S'il est célibataire, tu l'épouses et ton secret sera en sûreté…
Rheya leva les yeux au ciel.
- Et si tu tiens réellement à rester célibataire, j'ai beaucoup de cousines qui se feront un plaisir de venir vivre à Londres et d'épouser un docteur… Regarde donc s'il a une alliance ! lui demanda Youri en faisant un geste de la main pour l'y pousser.
- Mais non ! Je ne vais pas faire ça ! Ce n'est pas très convenable… Il dort.
- Justement profites en ma chérie ! minauda Youri, juste avant de marmonner quelque chose en russe, une insulte dirigée contre le conducteur d'un véhicule blanc qui essayait désespérément de les dépasser.
- Bon, on fait un marché : je ralentis si tu regardes s'il a une alliance ! proposa Youri qui savait que sa très libre interprétation des limitations de vitesse mettait la jeune femme mal à l'aise.
Elle hésita puis accepta. Youri freina assez brusquement et sa voisine passa à l'arrière. Elle attrapa la main de l'homme et Youri sourit en notant l'absence de bague à l'annulaire de la main gauche.
- C'est une affaire qui roule ma belle ! s'exclama-t-il en appuyant brusquement sur l'accélérateur.
- Youri !! Espèce de menteur… ! J'aurais dû le savoir, se récria-t-elle en tombant un peu en arrière.
Le Polonais lui adressa un sourire innocent par l'intermédiaire du rétroviseur.
- Fouille ses poches ! Ca nous en dira peut être plus sur lui, murmura-t-il en avalant un réglisse, sa friandise favorite.
Elle finit par s'exécuter, mais ses poches étaient vides à l'exception de l'étrange objet qu'il avait exhibé un peu plus tôt. Elle le tourna et le retourna dans tous les sens, quand soudain une lumière en émana, de plus en plus forte. Elle lâcha l'objet, persuadée d'avoir fait une mauvaise manipulation, et peu à peu la lumière décrut.
- C'était quoi ça ? Un sabre laser de Jedi ?? s'exclama Youri après avoir fait une violente embardée pour éviter de rentrer dans le véhicule qui le précédait.
- Si je le savais… soupira Rheya en appuyant sa tête dans sa main.
- Dis… Il faut que tu te décides vite ma belle sur notre destination, à moins que tu ne préfères que je fasse le tour de la ville à perpétuité…
- Très bien, on va au foyer…
- Tu es.. sûre.. ?!
- Tu vois une autre solution ?
- Il y a mon atelier ! proposa-t-il.
- Je préfère garder directement un œil sur lui et j'ai une répétition prévue dans une heure… On n'a plus le temps d'aller chez toi.
- C'est comme tu voudras…
****



ET le troisième :
Citation:
III/ PREMIER CONTACT

L'homme rouvrit les yeux avec un petit grognement agacé. Tout ce qui l'entourait lui parut comme recouvert d'un voile flou et il avait aussi mal au crâne que s'il avait passé la nuit entière à se saouler dans un bar. Il songea un instant que cette situation avait comme un curieux air de déjà vu, si ce n'était le cadre dans lequel il se réveillait à présent, très différent de ce qu'il pouvait se rappeler... se pouvait-il donc qu’il ait tout rêvé ? C'était fort probable. Il tenta de se redresser pour mieux juger de sa situation, mais n'ayant visiblement pas encore récupéré toutes ses capacités, il jugea mal de la distance et glissa du divan sur lequel il était étendu pour se retrouver par terre. Curieusement, une fois au sol, il se sentit plus à même de reprendre ses esprits et jeta un coup d'œil tranquille autour de lui… Il se trouvait dans une pièce circulaire, aux tonalités plutôt chaudes, alliant avec goût tout un éventail de couleurs lumineuses. De longs rideaux de lin clair avaient été à moitié tirés devant la grande fenêtre. Les murs et le plafond étaient couverts de scènes mythiques représentées dans un style impressionniste, et le plancher, fait d'un bois noir… Il s'agissait sans conteste d'un endroit cossu et ancien. Une grande coiffeuse en marbre occupait un coin de la pièce, tandis que l'on devinait la présence d'une penderie dans une alcôve, à demi masquée par des portes coulissantes sur lesquelles avaient été apposés de grands miroirs. Le reste du mobilier était restreint au minimum - un grand coffre en bois fermé à clef, le vieux divan qui devait avoir une cinquantaine d'années mais qui gardait un cachet superbe, un mini-frigo dissimulé dans un coin, une étagère sur laquelle étaient exposés plein de petits objets et une bibliothèque bien fournie. Après s’être relevé, il passa rapidement en revue les ouvrages alignés le long des rayonnages : beaucoup de poésie, Byron, Blake, Dylan Thomas, mais aussi Nerval, Rimbaud, Baudelaire… des classiques modernes, Hemingway, Dos Passos, Dickens, Goethe… Et puis du théâtre anglais… Beaucoup de théâtre… Un poste de radio était posé par terre, à côté d'une grande plante en fleurs. L'homme remarqua qu’on avait posé un bouquet de roses blanches sur la coiffeuse. Il s’approcha, et ce faisant, croisa son reflet dans la grande psyché ancienne qui se trouvait à gauche de la fenêtre. Il eut un bref mouvement de recul, puis se rapprocha de la surface lisse qui reflétait ce visage… Son visage. Il effleura dans un mouvement descendant son front, ses tempes, ses joues, son nez, s’attarda sur ses oreilles avec un air dépité, et termina par sa mâchoire. Un peu perdu, il poursuivit néanmoins son observation des lieux, seule chose à laquelle il pouvait rattacher son esprit à cette seconde précise. Quelques photos d’art, mises sous verre, ornaient les murs, et un coin était réservé à un grand panneau sur lequel on avait épinglé plein de petits mémos, un calendrier annoté et une série de photos plus personnelles. L'endroit était accueillant, décoré certes avec retenue, mais marquant une personnalité originale et forte, qui savait s'exprimer en dépit de ce dépouillement relatif… L'homme s'approcha du cadre où il jeta un œil intéressé aux quelques photos qui y étaient accrochées. Elles montraient toutes des groupes de jeunes filles souriantes, et il ne tarda pas à remarquer que sur chacune de ces photos se retrouvait toujours la même jeune femme… Où qu'elle se trouve, une sorte de charme mystérieux émanait d'elle… Peut être à cause de ce sourire qui, bien que joyeux ne parvenait pas complètement à masquer une certaine gravité du regard… Cette jeune femme c'était celle qu'il avait "imaginé" rencontrer la veille… Ces preuves concrètes l'amenèrent aussitôt à réviser son hypothèse du "rêve" et à envisager que tout s'était réellement passé comme il s'en souvenait, aussi surprenant cela soit-il… N'importe qui d'autre aurait sans doute patiemment attendu le retour de la maîtresse des lieux, mais notre homme était d'un naturel curieux aussi n'hésita-t-il pas une seconde à s'aventurer en dehors de la pièce… En refermant la porte derrière lui, il découvrit qu'un nom était inscrit dessus, peint de plusieurs couleurs dans un style très oriental, chaque lettre prenant la forme d'un animal ou d'un végétal…

Mlle Rheya Cornwell

Il sourit, puis il se mit à longer un long couloir qui ne tarda pas à bifurquer vers la gauche. De temps en temps, il passait devant une porte sur laquelle était inscrit un nom… Il descendit d'étroits escaliers en colimaçons taillés dans la pierre donnant sur d'autres couloirs, qui eux-mêmes permettaient d'atteindre de grands escaliers de marbre multicolores ouvrant sur un espace immense… Il ne les emprunta pas mais préféra s’engager dans un autre couloir au même niveau. Il n'avait croisé personne, mais arrivé là, il ne tarda pas à se heurter à une nuée de fillettes qui se dirigeaient toutes vers un vestiaire en papillonnant littéralement...
Plus loin, il dépassa de grands ateliers où des filles un peu plus âgées étaient entrain de se relaxer. Il commençait à avoir des soupçons quant au lieu où il pouvait bien se trouver, soupçons qui ne tardèrent pas à être confirmés quand il parvint devant une série de longue pièces à l'intérieur desquelles il put apercevoir quelques jeunes femmes entrain de danser en petit groupe, certaines vêtues du tutu blanc classique, d'autre plus simplement d'un justaucorps et de collants. L'un de ces "studios" comportait une grande baie vitrée qui permettait d'observer à loisir les danseuses de l'extérieur, sans les déranger. L'homme s'immobilisa et regarda. Parmi toutes les danseuses, l'une d'entre elles se démarquaient par sa grâce et sa souplesse, mais aussi par la manière dont les autres ne se lassaient pas de l'observer travailler. Elle portait un justaucorps noir et avait ramené ses longs cheveux châtains en un chignon sur la nuque que maintenait un large bandeau noir. Elle achevait de s'échauffer en faisant des pliés (mouvement qui s'effectue en pliant les jambes en-dehors) quand, tournant lentement sur elle-même, elle prit conscience qu'on l'observait. Elle se relâcha aussitôt et marcha jusqu'à la porte en s'épongeant un peu le front. Les autres jeunes femmes regardaient à présent le nouveau venu avec suspicion. La jeune danseuse, - Rheya - s'immobilisa à quelques pas de la porte et prit le temps de considérer l'homme, cet homme à qui elle devait sa vie et sa tête… Presque une minute s'écoula ainsi, l'un regardant l'autre en silence, sans gêne, avec juste un sentiment… indéfinissable. L'homme repensa aux photos et maintenant qu'il pouvait examiner le visage de la jeune femme, cerna mieux ce qu'il exprimait… C’était l’un de ces visages que l’on n’oublie pas, magnétique et troublant… Elle était belle, d'une beauté peu commune que rehaussait une espèce de mélancolie innée qui n'était pas sans évoquer les héroïnes des grandes tragédies grecques… Andromaque, Cassandre, Electre…

Rheya, elle aussi observait avec attention cet homme d’une trentaine d’années, grand et bien charpenté, avec un visage aux traits marqués et des cheveux bruns coupés très courts… Il lui sembla sans qu'elle sache exactement d’où lui venait cette impression qu’il avait du beaucoup souffrir par le passé. Peut être était-ce l’étincelle sombre de son regard qui était à l’origine de cette sensation…?! L'une des danseuses s'approcha pour s'assurer que tout allait bien, mettant brusquement fin à cet étrange intermède. Rheya laissa échapper un sourire à la fois tranquille et sibyllin, puis murmura qu’elle prenait une pause, tout en demeurant tournée vers l’homme. Puis, s'adressant directement à celui-ci :
- Je suis heureuse de voir que vous vous êtes remis… Je commençais à m'inquiéter…
- …Puis je savoir où je me trouve exactement…? se contenta de demander son interlocuteur, pensif.
- Covent Garden, le Royal Opera House… Ca vous dit quelque chose ?
L’expression de l’homme suffit à lui répondre.
- Londres… Je suis à Londres… Et… Quand sommes nous exactement ?? demanda-t-il encore.
- Vous voulez dire… Quel jour ?!
- Oui… Et l’année…
- Eh bien, le 12… Non le 13 Janvier 2002.
- D'accord… et donc vous êtes…(il balbutia un peu et baissa la tête, semblant chercher un court moment ses mots) danseuse ici, c'est cela… ?!
Rheya sourit à cette phrase :
- Visiblement oui… Ecoutez… je suis prête à vous répondre mais je vous suggère qu’on aille bavarder dans un endroit plus tranquille… Accordez moi deux minutes… Ou plutôt, allez dans le hall, je vous y retrouverai dès que je serai prête…
Il accepta puis demanda où était ce fameux hall. Elle sourit de nouveau et demanda à une fille qui passait de l’y conduire. L'homme la regarda disparaître, fasciné par la légèreté avec laquelle elle se déplaçait.

Fidèle à sa parole, elle reparut peu de temps après à l'endroit convenu, plus convenablement vêtue pour la saison, et s'immobilisa à quelques pas de l'homme, l'air indécis, presque inquiète, comme si l'étrangeté de la situation qu’ils vivaient lui sautait enfin aux yeux…L'homme aussi se sentait un peu bizarre, mais il n’en laissait rien paraître… Il s'approcha et tendit son bras que la jeune femme finit par saisir, puis ils se mirent à marcher l'un à côté de l'autre. Il ne faisait pas très chaud mais le soleil brillait magnifiquement dans un ciel bleu ce jour là, fait assez rare à Londres où le fog envahissait encore souvent les rues à cette époque de l'année. Ils longèrent Russell street, puis Lancaster Avenue avant d'atteindre les bords de la Tamise et de s'asseoir sur un banc situé un peu à l’écart de la foule.
- Votre loge est très confortable… commença l'homme dans une tentative désespérée pour relancer la conversation.
Rheya ne répondit rien, elle contemplait les nuages, l'air songeuse.
- Vous savez qui je suis à présent… finit-elle par remarquer de sa voix douce mais chaude.
- Je connais votre nom Mademoiselle Cornwell, ça ne veut pas dire que je sais qui vous êtes… répliqua-t-il presque aussitôt.
- C'est vrai… admit-elle en souriant, mais vous m’avez comprise, allez-vous enfin vous décider à me dire votre nom ?
L'homme se gratta la tête, l'air gêné.
- Je n'y vois pas d'inconvénient, le seul problème est que je ne m'en rappelle plus…
Rheya lui lança un regard déconcerté.
- Vous êtes amnésique ?!
- Je crois bien que oui.
Elle le sonda un moment du regard, cherchant à savoir s’il n’était pas entrain de se moquer d’elle, puis se résolut à accepter l’évidence telle qu’elle était.
- Et ça ne vous inquiète pas plus que ça ?
- Non… avoua-t-il. Ca finira bien par revenir !
La jeune femme ne trouva rien à répliquer à cette logique, et bientôt un sourire vint se substituer à l’expression perplexe qui s’était figée sur son visage en entendant cette réponse. Il semblait si sûr de lui qu’elle n’arrivait pas à croire qu’il put se tromper, même si ce genre de comportement aurait pour le moins déconcerté pas mal de gens.
- Mais… Vous vous rappelez de quoi en fait ? finit-elle par lui demander.
- Eh bien… De pas mal de choses à la réflexion ! De l'histoire de l'Angleterre, celle de la France aussi, des Etats Unis… D'autres pays…
- Vous avez une sacré culture générale, on croirait que vous avez vécu des centaines d’années… remarqua en riant Rheya.
Reconsidérant ce qu’elle venait de dire, elle se mordilla un peu la lèvre, à la fois amusée et décontenancée avant de ré-aiguillonner rapidement la conversation sur un domaine qui lui parut moins dangereux mais qui, sans qu’elle le sache, allait la mener tout droit à une pente savonneuse.
- Est-ce que… est-ce que vous avez le souvenir de quelque chose de personnel ? Quelque chose que vous ayez vécu…demanda-t-elle après s’être un peu éclairci la gorge.
Il fit signe que non.
- J’ai beau me creuser la cervelle, je ne sais ni d'où je viens, ni qui je suis… Pour tout vous dire je ne me rappelais même pas de mon propre visage… Ca m’a fait un de ces chocs de me croiser dans votre miroir tout à l’heure !… C’est bizarre, je me sens gauche et pas à l’aise… Vous savez, comme on se sent parfois dans un nouveau costume…
- A l’étroit… J’ai déjà connu ça en effet… murmura Rheya d’une voix rêveuse.
- Enfin bref, poursuivit l’homme, je ne me souviens de rien au delà de notre rencontre… et même ça c’est flou… Je n’ai pas oublié combien elle fut… explosive !
L’expression qu’affichait la jeune femme se métamorphosa de manière perceptible, passant de la sérénité à une contrariété teintée d’inquiétude. Ses grands yeux clairs évitaient à présent de rencontrer ceux de l’homme qui lui faisait face. Sentant qu’elle prenait de la distance, il tenta aussitôt de se rattraper par des mots rassurants :
- Surtout n’ayez aucune inquiétude, je ne parlerai à personne de vos étranges activités de loisir…
- Ca n'est pas un jeu… répliqua-t-elle, visiblement pincée.
- Ca n'en avait pas l'air en effet… acquiesça-t-il d’une voix plus grave. Vous voulez en parler… ?
Elle leva les yeux au ciel, l’air ennuyé et secoua vaguement la tête, à la grande déception de l’homme qui se découvrit alors comme quelqu’un de nature curieuse. Il songea qu’il finirait bien par découvrir ce qu’il se tramait par ici et, sans rien laisser paraître de ses pensées, se contenta de remarquer d’une voix volontairement légère:
- Chacun a ses secrets… Moi aussi à n’en pas douter. Alors je ne vous demande pas de m’expliquer…
- Merci…
- Mais de rien…
Ils restèrent un moment encore à contempler la Tamise, avant que l’homme ne se lève en lâchant abruptement :
- Bon eh bien je vais vous laisser…
Rheya, qui ne s’y attendait pas, esquissa un geste pour le retenir, saisissant sa main, et lui demanda d’un ton soucieux ce qu’il pensait faire à présent. Son interlocuteur jeta un œil à la ronde avec un grand sourire insouciant.
- Je vous ai déjà suffisamment ennuyé comme ça, je trouverai bien, lui répondit-il en haussant avec nonchalance des épaules, avant de commencer à s’éloigner, les mains dans les poches. Elle se leva à son tour et le rattrapa presque aussitôt.
- Attendez… (Il s’arrêta) Je tiens à vous aider… pour retrouver votre identité… Ne dites pas non, je vous dois bien cela après ce que vous avez fait pour moi l’autre soir…Ce ne serait rien d’autre qu’un juste retour des choses vous ne pensez pas ?
- Un échange de bons procédés en quelque sorte ?!
- C’est exactement cela…acquiesça-t-elle avec un sourire pensif. Jusqu’à ce que vous ayez retrouvé la mémoire, il serait plus sage que je veille sur vous…
- Très bien, finit par céder l’homme, mais jusqu'à ce que cela arrive, nous voilà confronté à un grave problème… (il laissa s’écouler quelques secondes avant de poursuivre pour créer un effet d’attente) Par quel nom allez vous vous adresser à moi ?
Rheya rit de bon cœur.
- Pourquoi pas Docteur, puisque cela semble être votre profession…proposa-t-elle.
- Ah bon… ?! De qui tenez vous cette information ? s’enquit celui ci avec perplexité.
- De vous-même, vous avez donc oublié cela aussi?!
- On dirait bien, oui, mais bon faut dire que ça ne tourne pas très rond ces temps ci dans ma pauvre tête.
- En parlant de docteur, on devrait peut être vous emmener en consulter un… Vous avez une très vilaine bosse qu’il faudrait faire examiner…
Le Docteur, bien qu’extrêmement touché par l’air soucieux de la jeune femme, l’assura qu’il allait bien et n’avait nullement besoin de voir de médecin… Quelque chose d’instinctif venait de se réveiller en lui, le poussant à refuser tout net cette option. Rheya n’insista mais elle garda le secret espoir de le convaincre du bien-fondé d’une consultation quand ils seraient davantage en confiance tous les deux. Elle l’entraîna avec elle dans une ballade le long de la Tamise.
- « Docteur »… murmura l’homme à lui-même. Ca sonne très familier en effet… Ca me plait bien votre idée mademoiselle…
- Rheya… Vous pouvez m'appeler Rheya… le coupa-t-elle.
- Entendu mademois… euh Rheya.
Ils se sourirent mutuellement, content de cet accord. Poursuivant leur ballade en toute insouciance, ils ne s'aperçurent pas qu'une silhouette masculine se détachant de l'autre côté de la Tamise les suivait du regard…
A suivre


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MessagePosté le: Ven 31 Juil 2009 - 20:43    Sujet du message: In Your World.... Répondre en citant

Que se soit ici ou sur fanfiction.net, continues ta fic...
s'il te plait
j'adore...
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Lapitchounette
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MessagePosté le: Ven 30 Oct 2009 - 17:22    Sujet du message: In Your World.... Répondre en citant

Hé Némi ^^ J'ignorais que tu étais aussi sur ce site... que le net est petit !

Je suis déçue, je pensais qu'il y aurait davantage de chapitres ici sur sur Methos-Legende et en fait, il y en a encore moins ! Bon je sais que tu as un peu lâché HL et DW, mais si jamais ça pouvait t'encourager à écrire la suite, ou nous la mettre en ligne, ça serait cool !
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MessagePosté le: Lun 27 Juin 2011 - 21:53    Sujet du message: In Your World.... Répondre en citant

Bon ça fait des siècles que je ne suis plus passée ici mais comme j'ai un bout de texte pas encore publié ici je vous le mets. En tout cas merci des coms. Je suis assez occupée entre mes études et d'autres textes en ce moment mais je garde dans un coin de la tête l'idée de reprendre ce récit un de ces jours =)

Citation:
Chapitre IV/ Cauchemar nocturne

Rheya et le Docteur s’installèrent dans un pub pour déjeuner, profitant de ce court moment de répit pour faire un peu mieux connaissance l’un de l’autre (ou tout le moins tenter dans le sens où l'un des deux susnommés ne se rappelait pas de grand chose le concernant). A la demande du Docteur, la jeune femme lui parla de son expérience en tant que danseuse étoile, sujet qui la passionnait totalement comme le constata avec un sourire le Docteur en notant l'étincelle brillant dans ses yeux. Ce dernier fit lui aussi quelques tentatives pour replonger dans ses souvenirs personnels, cherchant à voir si rien ne lui était familier, mais cette opération se solda par un parfait échec à sa profonde déception…

Par la suite, ils regagnèrent ensemble la maison de l'Opéra où la jeune femme passa le restant de la journée à travailler et à mémoriser les mouvements et enchaînements du ballet dans lequel elle allait bientôt tenir l'un des rôles phares, « le Sacre du Printemps ». Paradoxalement, travailler sur cette chorégraphie l'emplissait d'une énergie survoltée et enfiévrée tout en engendrant chez elle de grands moments d'abattement et de vague à l’âme… Depuis l’instant où elle avait su que l’Opéra allait monter ce chef d’œuvre qu’était le Sacre, elle s’était remise à penser à Nijinski et à combien il lui manquait depuis sa mort… S'il avait vécu un siècle plus tard on eut probablement pu lui venir davantage en aide qu'en l'enfermant pour le restant de ses jours au fin fond d'un asile sordide… Ne restait de lui aujourd’hui que l'image d'un génie perdu dans les affres de la folie, alors qu'il avait été tellement plus que ça…! Rheya se remémorait cela tout en répétant inlassablement la même série de mouvements devant le miroir, toujours insatisfaite du résultat qu'elle pouvait observer dans les grands miroirs. Son regard survolait par moments l'étrange "Docteur" qui, assis dans un coin, consultait la presse des dernières semaines, à la recherche de n’importe quoi qui puisse produire un déclic… Si la situation dans laquelle il se trouvait lui avait semblée un temps anodine, elle commençait à lui peser.

Un peu plus tard dans la journée, il descendit chercher des boissons, avant de passer la fin de l’après-midi à explorer l'Opéra un peu plus en détail avec la bénédiction de Rheya. Il visita le Foyer et la grande salle de spectacle, datant tous deux du 19è siècle, achevant sa flânerie par les coulisses qu'il traversa avec une insouciance enfantine, pénétrant au sein d’une machinerie pleine de fils, câbles et autres ustensiles...

N’ayant nulle part où aller, et aucun argent, il avait accepté, après une brève hésitation, la proposition d'hébergement que Rheya lui avait faite au cours de leur déjeuner. C'est ainsi que vers 19h, la jeune femme et le Docteur s'engagèrent tous deux dans les longues travées sombres que formaient les couloirs du réseau métropolitain de Londres. Assis dans la rame, ils se faisaient face sous une lumière artificielle écrasante. Le néon qui éclairait la voiture dans laquelle se trouvaient le docteur et Rheya se mit à faiblir d’un seul coup -le Docteur sentit son pouls s'accélérer l'espace d'un instant- avant que la tension ne revienne à un niveau normal. Ayant fermé les yeux, il sentit qu’on freinait…Débouchant bientôt à l'air libre, Ils se retrouvèrent au beau milieu d'une large avenue, fleurie malgré le froid qui régnait sur la ville, au cœur même de Londres. Rheya vivait là, occupant un duplex dans une ancienne maison de maître dont disposait l'Opéra pour loger ses danseurs vedettes lorsque ceux-ci -travaillant à un futur projet - avaient besoin d'être tranquilles et de se retrouver dans un environnement propice à la création.

La jeune femme poussa une grille en fer forgé bleue et traversa un passage couvert avant de déboucher dans une grande cour gravillonnée où étaient plantés des hêtres, pommiers et peupliers. Sur un banc ancien on avait déposé une toile vierge et un matériel de peintre... Le bâtiment, en lui-même, comportait seulement trois étages. Massif et large, il rappelait les vieilles fermes anglaises auxquelles aurait été ajouté une pincée du style des hôtels particuliers bâtis à la fin du 19è siècle. Plusieurs portes s'ouvraient au rez-de-chaussée, et de grandes fenêtres perçaient la façade peinte d'un jaune orangé lumineux. Surprenant le regard transporté du Docteur, Rheya sourit et murmura :
- Cet ensemble de monuments est classé au patrimoine national, mais la ville manquait de fonds pour les entretenir, ce qui fait qu'ils étaient entrain de tomber en ruines. L'Opéra a réussi à convaincre la municipalité de lui laisser la libre occupation des lieux en échange du financement des travaux nécessaires à sa préservation, et nous avons atterris ici il y a quatre ans ! L'intérieur était en ruine, tout à été refait dans un style très fidèle à l'original… Du moins autant que possible.
- Vous avez de la chance de vivre ici… fit le Docteur en levant encore les yeux sur le toit de chaume.
- J'en ai parfaitement conscience ! Allez venez, je vais vous faire visiter les lieux !
Elle l'attrapa avec douceur par la main et l'entraîna à l'intérieur : un petit hall hexagonal ouvrait directement d'une part sur une vaste cuisine "de maître" sur la gauche ; d'autre part, sur un vaste salon en coude sur la droite. La cuisine dans laquelle ils venaient de pénétrer était pourvue d'une de ces immenses cheminées, sous lesquelles on aurait pu faire rôtir un porc entier à la broche. A cela s'adjoignait un large plan de travail, une grande table couverte d'un carrelage en émail multicolore qui dessinait des motifs arabisants, une table plus petite, toute une série de tabourets hauts, ainsi que tout ce qu'on aurait pu rêver de trouver dans une cuisine : un immense frigo, une cuisinière, un large évier, un lave-vaisselle, des placards encastrés en bois naturel, et même une collection d'instruments de cuisine tranchants suspendus au mur… Le salon était plus typé. Visiblement, Rheya appréciait les cultures africaines et asiatiques qui imprégnaient de leur marque les lieux de façon très évidente. Des masques traditionnels pendaient le long des murs crépis ; le sol carrelé était recouvert d'un immense tapis persan chatoyant ; au centre se trouvait une immense table basse ajourée en bois de rose et garnie d'incrustations d'émaux ; deux grands sofas aux teintes crèmes complétaient la décoration avec une série de plantes vertes dispersées dans la pièce. Etant très demandée à Londres, Rheya passait beaucoup de temps dans ce duplex - qu'elle avait pu redécorer en partie à son goût - tandis qu'elle passait le reste de son temps à voyager à travers le monde avec une compagnie de danse moderne ou donnait des cours quand elle en avait le temps. Cet emploi du temps chargé ne lui laissait en tout cas guère de temps pour d'autres loisirs et encore moins pour sa vie privée, mais elle ne s'étalait jamais trop sur la question… Le Docteur approcha de la fenêtre qui s'ouvrait au fond du salon, offrant de fait un surcroît de luminosité, et découvrit une jolie vue sur un parc de l'autre côté de la ruelle qui passait là.
- De là haut, on peut voir la tamise… ! s'exclama Rheya en pointant du doigt l’étage supérieur.
Le Docteur se dirigea vers les escaliers, mais à ce moment là une porte s'ouvrit derrière lui et un grand homme châtain d'une quarantaine d'années à l'air tranquille sortit d'une autre pièce qui selon Rheya ne servait que d'entrepôt pour les artistes qui occupaient d'autres appartements dans la maison… L'homme s'arrêta net et regarda le Docteur puis la jeune femme d'un air surpris :
- Tu ne m'avais pas dit que tu comptais ramener du monde à la maison princesse, sinon j'aurais fais place nette !
Rheya jeta à Youri un regard qui voulait tout dire, puis elle tourna les yeux vers le Docteur, l'air désolé.
- Je vous présente mon agaçant meilleur ami, Youri Kasimov…
Youri prit les devants et vint serrer la main du Docteur, ne laissant rien échapper du fait qu'il l'ait déjà "croisé" par le passé dans des circonstances pour le moins inhabituelles !
- Vous vivez ici ? s'enquit le Docteur.
- Moi… ? Non, je squatte un peu mais c'est temporaire… Le temps d'en finir avec un divorce et…
- Youri est chorégraphe, le coupa Rheya avant d’ajouter en baissant la tête avec un sourire non dénué d'arrière-pensées : entre autres choses…. Avec un autre danseur chorégraphe il a entrepris de reconvertir l'immense grenier de la maison en un studio de danse… Il y travaille ses chorégraphies…
- Et les danseurs viennent y travailler assez souvent aussi…ajouta Youri l'air fier comme un coq.
- Il n'y a pas assez de place à l'Opéra ? fit le Docteur, surpris.
Youri grimaça avant de répondre :
- On y manque d'intimité et surtout de liberté !
Rheya éclata de rire, avant de murmurer au docteur :
- Vous venez de choisir d'aborder un sujet qui passionne Youri, je crois que nous ne sommes pas couchés !
Elle répliqua au regard grognon de Youri en l'embrassant sur la joue avec un sourire rayonnant, puis elle entraîna le docteur avec elle, laissant le Russe en arrière marmonner ses habituelles diatribes contre le pouvoir en place et contre le classicisme suranné d'une partie de l'intelligentsia Londonienne…

- Votre ami est… intéressant ! s'exclama avec une sincérité désarmante le docteur alors qu'il montait les marches d'un escalier en colimaçon pour atteindre le premier étage.
- Intéressant… C'est en effet un mot qui pourrait servir à le définir mais ne lui dites pas, il pourrait se vexer, s'amusa Rheya.
Tout en continuant de discuter, ils longèrent un long couloir de traverse duquel on avait une vue sur tout le rez-de-chaussée.
- Qu'a-t-il réellement contre les autres chorégraphes ?
Rheya hocha pensivement la tête.
- Disons que les "Anciens", comme il les appelle, ont un peu de mal à se faire au ton très moderne de son travail…
Ils venaient de dépasser une grande paroi en verre teinté qui cachait la salle de bain principale. De l'autre côté, un peu en décalage, se trouvait la porte de la chambre de Rheya. Ils partirent sur droite, le couloir fit un coude et Rheya ouvrit une porte donnant sur une chambre accueillante, assortie d'une petite salle de bain privée.
- Voilà, j'espère que vous serez bien…
- Merci… C'est vraiment très généreux de votre part de m'accueillir…
Rheya resta plantée sur place quelques secondes, le visage légèrement empourpré. Elle avait ses mains dans ses poches et triturait nerveusement quelque chose qui s'y trouvait.
- Bien… Je… (Elle observa le Docteur) Je vais voir si Youri peut vous passer de nouveaux vêtements, vous êtes à peu près de la même corpulence ça devrait aller…
Le Docteur accepta d'un signe de la tête. Il était vrai que les vêtements qu'il portait étaient plus que défraîchis !

Rheya redescendit parler avec Youri. Ce dernier, occupé à régler les cordes d'une guitare dans un coin du salon, prit la parole dès qu'il la vit :
- Je croyais que tu comptais t'assurer qu'il ne dise rien de ce qu'il savait, puis te débarrasser de lui… ? Tu devrais éviter de t'impliquer davantage en ce qui le concerne !
- Il est amnésique…murmura-t-elle en se laissant tomber au fond du sofa. Et ça me pose un problème de conscience de l'abandonner comme ça après qu'il se soit interposé pour me sauver… Même s'il n'aurait pas du…
- D'après vos "règles"… mais lui les ignorent. Tu sais, je pense que vu son état, il aurait meilleur temps d'aller voir la police… Ce sont eux les plus qualifiés pour retrouver son identité et sa famille ! Mais il y a autre chose, n’est-ce pas… autre chose qui te pousse à… (Il se coupa) Même s'il t'a "sauvée" tu as toujours eu un mal fou à t'ouvrir aux autres, pas avec lui, c'est curieux ! remarqua-t-il. Se pourrait-il qu'il t'ait séduite ?! lança-t-il avec un grand sourire taquin qui découvrit toutes ses dents.
Rheya soupira et porta ses mains à son visage.
- Non… Non. C'est juste que… Tu as raison, je ne sais pas trop ce qui m'arrive ces temps-ci…Il y a quelque chose qui me pousse à lui faire confiance, et c'est énervant de ne pas savoir quoi !

Le Docteur avait reparu peu après. Il s'était douché et avait enfilé un t-shirt blanc et un pantalon noir. La soirée passa tranquillement. Après avoir souhaité une bonne nuit à ses deux "colocataires", Rheya monta dans sa chambre...
Après une douche rapide, elle revêtit une sortie de bain, et - approchant de la grande fenêtre de sa chambre - repoussa d'une main les grands rideaux bleus. Dehors il faisait nuit noire, pourtant nulle étoile n'était visible dans le ciel que polluait les lumières et les exhalaisons de la ville. Bien qu'avec les temps elle s'y fut habituée, Rheya ne pouvait s'empêcher de regretter le temps où elle pouvait observer à loisir les étoiles… Il y avait quelque chose d'étrangement réconfortant pour elle à les regarder… Un inexplicable sentiment de nostalgie qu'elle avait fini par apprendre à aimer. Avec un bref sourire désenchanté sur les lèvres, elle referma le rideau d'une main et alla s'étendre sur son lit.

Tout était éteint depuis un moment, mais elle ne parvenait à trouver le sommeil. Ses pensées allaient et venaient constamment dans sa tête et la maintenaient éveillée. Pourtant elle ne se releva pas, ni ne ralluma les lumières. Peu à peu -et à force de patience- une lente torpeur s'empara d'elle et Rheya glissa doucement dans les bras de Morphée.

Quand elle rouvrit les yeux, il lui sembla que seules quelques secondes s'étaient écoulées, mais s'il faisait encore sombre dans sa chambre, une lueur vive était perceptible de derrière les volets clos. Saisie d'un malaise, Rheya sursauta. Elle n'était pas seule, elle en avait la certitude ! Et soudain, elle la vit…. Une silhouette humaine dont elle n'eut pu dire s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme, était assise sur une chaise, au pied de son lit !

Aucun buzz… Rheya N'hésita pourtant pas et se retourna pour saisir l’un des poignards de collection qui étaient suspendus à côté de la tête de son lit, mais c'est avec angoisse qu'elle s'aperçut que toutes ses armes avaient disparues. Faisant volte-face, elle découvrit qu'elle était seule. L'intrus avait disparu, volatilisé comme par magie… Elle survola la pièce d'un coup d'œil troublé… Puis elle se réveilla, trempée de sueur…

Rheya raconta son cauchemar à Youri en prenant son petit-déjeuner, et celui-ci tenta vainement de la réconforter.
- Je n'ai jamais vécu rien de tel auparavant ! soupira-t-elle. Je veux dire… J'ai déjà fait des rêves bizarres mais rien qui me laisse une telle sensation de réalité !
- Bizarre… fit Youri. Dans mon pays….
- J'aimeras bien comprendre ce qui m'arrive à la fin, poursuivit Rheya comme si elle n’entendait pas son ami.
- C'est depuis que tu nous as ramené ton ami, le "Docteur" que les choses ont commencé à changer…
- Je t'en prie Youri, arrêtes avec ça, répliqua Rheya, à moitié convaincue néanmoins.
- Que va-t-on faire de lui ? Parce qu'on ne va pas attendre ad vitam eternam qu'il se souvienne de quelque chose le monsieur.
- Tu squattes chez moi depuis trois mois, il peut bien rester quelque jours ! lui répliqua Rheya avec causticité. Et puis, je sens que les choses ne vont pas tarder à évoluer significativement.
Le Docteur fit son apparition peu après la fin de cette discussion. Il s'étira un peu avant de prendre place à table.
- Bonjour !
- Bien dormi ? s'enquit Rheya avec empathie.
- Oui, très bien, merci…
- Vous vous souvenez de quelque chose ?! fit alors Youri sans tourner davantage autour du pot.
Le Docteur laissa échapper une petite grimace désabusée :
- Non… Ou du moins… J'ai l'impression que je pourrais s'il ne me manquait quelque chose d'important… mais j'ignore quoi !
Rheya lança un regard à Youri qui ne tarda pas à décamper dans son atelier.

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