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À l'abandon [Terminée]
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Lennox
[Dark Lord of All]

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MessagePosté le: Lun 24 Juin 2013 - 20:39    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

Titre : À l'abandon

Résumé : Le TARDIS, contrôlé par une force extérieure, emmène le Docteur et Donna à la découverte d'un endroit aussi bien familier qu'inconnu.

Spoilers : Pas vraiment de spoilers. En toute logique l'histoire se déroule pendant la saison 4.

Disclaimer : La série et les personnages ne m'appartiennent pas.

Beta : Ahaimebété (chapitres 1 à 4)

Note de l'auteur : Comme vous le noterez assez vite, cette histoire se déroule dans un TARDIS. Je précise tout d'abord que l'idée de cette fanfiction était déjà dans mon esprit avant la saison 7 donc toute ressemblance avec un épisode en particulier est fortuite.


Citation:

Le Docteur poussa la porte du TARDIS pour regagner la salle de contrôle.

- Et bien voilà qui était pour le moins enrichissant, lança-t-il avec son plus grand sourire en arborant fièrement une coiffe à plumes des plus imposante. Ces indiens d’Amériques sont bien plus fêtards que ne le dépeignent la plupart des films.

- La prochaine fois ils pourront faire la fête sans moi ! répondit Donna en refermant la porte du TARDIS derrière elle.

Par dessus la mine renfrognée de Donna il était impossible de manquer les peintures tribales faites par les femmes du campement. Du front au menton, de l'oreille droite à la gauche, aucun centimètre n'avait été épargné par ce mélange de rouge et de jaune dont la tribu Mawakee avait le secret.

- Voyons Donna, recevoir un traitement pareil est un grand honneur. Surtout pour des étrangers.

- C'est facile à dire pour vous Monsieur le Grand Shaman Chef de Tribu !

- Moui c'est vrai, se contenta de répondre le Docteur qui avait prit la remarque de sa compagne pour un compliment.

Il ôta sa coiffe et la posa sur la console du vaisseau avant de se passer la main des cheveux pour remettre sa coiffure en place. Il pressa ensuite un bouton, actionna un levier puis tira une manivelle afin d'enclencher le processus de dématérialisation du TARDIS qui s'accompagna de son bruit si caractéristique.

- Bien Donna ! Que diriez-vous d'aller résoudre le mystère du nez manquant du sphinx ? Je me sens d'humeur aventureuse aujourd'hui ?

- Vous plaisantez ?! S'exclama Donna. On vient tout juste de rentrer, je n'ai pas pris de douche depuis 5 jours et mon visage est couvert de... Elle essuya une partie de son front avec son index qu'elle porta ensuite à son nez. Couvert de je-ne-sais-quoi !!! Je vais me laver et on verra après.

Le Docteur ne répondit pas en voyant sa compagne disparaître dans les couloirs du vaisseau. Agacé, il rabaissa avec violence un des leviers avant de s'appuyer contre un des piliers de la salle contrôle, les bras croisés. Il n'était pas dur de lire dans le jeu du Docteur. Il boudait.

Ce dernier voyage avait certes était très enrichissant mais avait néanmoins manqué d'action. On aurait pu croire qu'après 700 ans de voyage dans le temps et l'espace le Docteur avait eu son quota d'aventures, mais ce dernier trouvait tout de même parfois le moyen de regretter le frisson de mettre sa vie en jeu pour défaire cybermen, daleks ou autres mégalomaniaques avides de conquête.
Le Seigneur du Temps était face à un dilemme. Certes mettre sa vie en danger pour protéger des innocents ne lui posait pas de problème. Il était parfois même prêt à se sacrifier pour empêcher des catastrophes.
Mais il n'était pas seul. Il y avait Donna. Si elle avait conscience du danger que représentent ces voyages, le Docteur n'était toutefois pas prêt à accepter qu'il lui arrive malheur. Trop de fois, par le passé, il avait dû se séparer de ses compagnons dans les larmes. Et, bien que le Docteur évitait cette pensée, il ne pouvait ignorer que, tôt ou tard, Donna le quitterait. Il devait juste espérer que ce soit pour un meilleur avenir.
Le Docteur fût tiré de ses pensées par un bruit sourd accompagné d'une forte secousse. Comme si le TARDIS avait heurté quelque chose. Le Docteur se rattrapa à la console, évitant ainsi de s'étaler sur le sol de la salle de contrôle. Après quinze secondes la pièce arrêta de trembler. Le Docteur se releva et tira l'écran de contrôle pour essayer de comprendre ce qu'il s'était passé. Au même moment la partie opposée de la console prit soudainement feu suivi par un concert d'étincelles sur tout le tableau de bord. Le Docteur ne savait plus où donner de la tête, essayant tant bien que mal d'éteindre le feu.

- Que se passe-t-il Docteur ? Cria Donna en essayant de couvrir le vacarme ambiant de la machine et des alarmes. Visiblement elle avait juste eu le temps de se laver le visage avant de rejoindre la salle de contrôle.

Le Docteur saisit un petit extincteur sous la console et le dirigea vers le feu.

- Quelque chose a prit le contrôle du système de pilotage secondaire du TARDIS, expliqua-t-il en déchargeant la neige carbonique sur les instruments. Et le système de pilotage primaire n'apprécie pas tellement et essaye de s'en défaire.

Une fois l'incendie éteint, le Docteur retourna devant l'écran de contrôle pendant que des étincelles jaillissaient encore d'un peu partout et les alarmes continuaient leur raffut.

- Je vais devoir désactiver le système primaire. Pas le choix. On verra bien où on a voulu nous entraîner.

En terminant sa phrase il poussa un levier en serrant fort les dents. Il n'avait aucune idée où cela le mènerait mais c'était la seule solution pour ne pas faire sauter les fonctions vitales du TARDIS.
Les alarmes s’arrêtèrent. Les commandes, bien qu’abîmées, ne produisaient plus d'étincelles.
Le Docteur, les mains toujours sur le levier, ouvrit les yeux qu'il avait inconsciemment fermé. Donna s'était cramponnée à la console, les yeux clos également. Sans dire un mot le Docteur posa sa main sur l'épaule de sa compagne, pour lui signifier que tout était rentré dans l'ordre. Elle ouvrit d'abord l'œil droit, comme pour s'assurer qu'elle se trouvait toujours au même endroit, puis après quelques secondes elle ouvrit l’œil gauche.

- Que s'est-il passé Docteur ? Demanda Donna. Exactement ?

- Exactement ?

Il marqua une légère pause.

- Je n'en ai aucune idée.

- Où sommes-nous ?

Il ne répondit pas.

- Quand sommes-nous ?

Il ne répondit toujours pas.

- Et bien voilà qui est rassurant.

- Donna, se contenta de répondre le Docteur.

- Que fait-on maintenant ? On repart ?

- Pas tout de suite. Je veux savoir ce qui nous attiré ici. Il se dirigea alors vers la porte du TARDIS.

- Quoi ? S'exclama Donna.

Elle le rattrapa avant qu'il n'atteigne la poignée et plaqua sa main sur la porte.

- Vous plaisantez ? On ne va pas foncer dans la gueule du loup tout de même ? Demanda-t-elle, paniquée.

- Donna, il y a très peu de gens capable de prendre le contrôle du système secondaire du TARDIS, dit-il calmement. Ils doivent être brillants. Et j'adore les gens brillants, acheva-t-il avec son plus grand sourire avant d'ouvrir la porte.

Ne sachant que répondre la jeune femme le suivi. Alors qu'elle refermait derrière elle la porte du TARDIS, elle entendit dans son dos le Docteur s'exclamer.

- Mais... Mais... C'est un TARDIS !



Citation:
Le Docteur n'avait pas dit un mot depuis déjà plus de deux minutes.
Il n'avait pas bougé non plus.
Seule sa tête examinait lentement l'endroit où ils se trouvaient.
Il ne s'agissait pas réellement d'une pièce à proprement parlé mais plutôt d'un couloir. Un couloir juste assez large pour permettre à la cabine de police d'y tenir. Les murs, d'un orange pale chaleureux, s'étendaient sur une dizaine de mètre avant de donner sur un couloir transversal. Aucune porte ne semblait déboucher sur le couloir dans lequel ils se trouvaient, mais une étrange console, semblable aux instruments de bord du TARDIS, était fichée dans le mur à leur droite.
C'était tout ce qu'avait pu remarquer Donna jusque-là. Même si elle n'était pas rassurée par les lieux, c'était sans nul doute le silence et l'immobilisme du Docteur qui inquiétait le plus la jeune femme. Elle avança à son niveau pour essayer de le sortir de sa torpeur. Le visage du Seigneur du Temps ne rassurait pas Donna sur la situation. Les yeux grand ouvert, le visage tiré, Donna n'avait jamais vu le Docteur si inquiet.

- C'est impossible, répétait-il entre ses lèvres à moitié closes. Impossible.

- Docteur.

Elle posa doucement sa main sur son bras.

- Docteur, où sommes-nous ?

- C'est un TARDIS, répondit-il sans la regarder. Mais c'est impossible. Impossible.

- Oui c'est ce que j'avais cru comprendre mais comment ça se fait ?

- Impossible. Juste impossible.

- Docteur ?

Voyant qu'elle n'arriverait à rien, Donna commença à se diriger vers la console sur le mur de droite. Avant qu'elle n'ai pu l'atteindre un bruit sourd se fît entendre dans le couloir. Cela ressemblait à une cloche très massive proveNont du TARDIS.

- La cloche du cloître ! Hurla le Docteur, sortit de sa torpeur.

Il pivota à 180° avant de foncer vers le TARDIS. Mais avant qu'il n'ait pu atteindre les portes une lourde cloison s’abattît entre le Seigneur du Temps et son vaisseau. Entraîné par son élan le Docteur vint se plaquer de tout son corps contre la paroi. Au lieu de s'en détacher il y colla son oreille pour tenter d'entendre au travers du mur.
Plus un son.
Pendant que le Docteur sortait son tournevis sonique de sa poche, Donna vint le rejoindre.

- Docteur. Le TARDIS. Il est de l'autre côté. Comment allons nous faire pour rentrer ?

- J'y travaille, Donna.

Il pointa son tournevis sur les jointures de la cloison. Après plusieurs secondes passées à scanner la porte avec son tournevis, il finit par le ranger dans la poche de sa veste.

- Bon, ce n'est pas comme ça que je vais y arriver. Un tournevis sonique, aussi fidèle soit-il, n'a aucune chance face à un TARDIS.

Et comme pour appuyer son propos il frappa du plat de la main la cloison qui le séparait de son vaisseau.

- Oui justement à propos de ça. Qu'est-ce que vous voulez dire par « c'est un TARDIS » ? On vient d'en sortir du TARDIS, je le sais.

- Nous sommes dans un autre TARDIS, annonça le Docteur comme une évidence.

- Je croyais que le TARDIS était le nom de votre vaisseau.

- Mais c'est son nom, répondit le Docteur qui ne voyait pas où elle voulait en venir.

- Non mais je veux dire : son petit nom. Vous savez comme l'Enterprise ou le Black Pearl. Je pensais que votre vaisseau s'appelait LE TARDIS. Vous n'allez pas me dire qu'un grand sentimental comme vous, n'avez pas trouvé de petit nom à votre vaisseau?

- Et bien..., répondit-il en se passant la main sur la nuque, visiblement gêné.

- Et ?

Le Docteur marqua une pause de plusieurs seconde avant de se diriger vers la console sur le mur, évitant le regard de Donna ainsi que sa question. Cette dernière, amusée, décida de ne pas insister et de suivre le Docteur. Arrivés devant le console les deux voyageurs l'examinèrent avec attention. Un écran ressortant du mur surplombait une série de commandes diverses ainsi que ce qui ressemblait à un clavier d'ordinateur. Le Docteur, qui savait visiblement ce qu'il faisait, actionna une commande et commença à pianoter sur le clavier. L'écran en face d'eux s'alluma naturellement et se mit à afficher un code qui échappait totalement à Donna. Elle redirigea alors son attention sur le Seigneur du Temps.

- Donc si j'ai bien compris nous sommes dans le même genre de vaisseau que le TARDIS ?

- C'est ça, répondit-il en ne lâchant pas l'écran du regard.

- Mais comment le savez-vous ? Ça ne ressemble pas vraiment au TARDIS que je connais. C'est beaucoup moins sombre et étroit. Je ne vois que ces cercles sur les murs qui sont à peu près les mêmes.

- C'est parce que j'ai refait la déco, fit-il en souriant. Vous auriez du voir ma période steam-punk. Mais croyez-moi c'est bien un TARDIS, je pourrai en reconnaître un les yeux fermés. Les Seigneur du Temps avaient leurs défauts mais en terme d'architecture spatiale d'intérieur, ils étaient uniques.

- Il y a bien un pilote Seigneur du Temps à bord qui va nous sortir de là alors ?

Le Docteur lâcha son écran pour se tourner lentement vers Donna.

- Donna. Je vous ai déjà expliqué. Ce qui est arrivé à mon peuple. Il n'y a plus que moi.

- Je sais. Mais ce TARDIS, c'est bien votre peuple qui l'a construit. C'est votre peuple qui le pilote. Quelqu'un d'autre a peut-être survécu à la guerre.

Le Seigneur du Temps retourna sur son clavier, comme s'il ne voulait pas voir la réaction de sa compagne.

- C'est aussi ce que j'ai pensé au début. Mais Non. Si il y avait un Seigneur du Temps ici je l'aurai senti. Il n'y a personne. Plus personne.

Il continua sa phrase sur un ton moins dramatique.

- Personne. Ni Seigneur du Temps, ni humain, ni rien du tout à bord mis à part nous deux selon les capteurs.

Il désigna du doigts l'écran qui affichait deux silhouettes côte à côte où l'on pouvait reconnaître les deux voyageurs. Il se remit alors à pianoter à la recherche d'informations quand un message s'afficha en grosses lettres sur l'écran.

SYSTÈME D'ASSISTANCE ACTIVÉ


Le Docteur retira immédiatement les mains du clavier, comme s'il avait touché une commande qu'il ne fallait pas.

- Je vous remercie d'être venu, fit une voix derrière le Docteur et sa compagne.



Citation:
L'un comme l'autre ne purent refréner un léger cri de surprise au son de la voix qu'ils venaient d'entendre. Pourtant elle n'avait rien d'agressif, à l'instar du physique de la personne qui venait d'apparaître en face d'eux. Il s'agissait d'un jeune homme aux cheveux noir et aux yeux bleus. Sa peau blanche et ses traits fins lui conféraient un aspect presque juvénile. Ses vêtements étaient paradoxalement ce qui sautèrent en premier aux yeux des deux voyageurs. En effet, on aurait pu trouver les habits qu'il portait dans n'importe quel boutique des rues de Londres. Un pantalon en toile marron et une chemise bleue claire. Pas vraiment la tenue que l'on s'attend à voir à des milliers d'années-lumières de la Terre.

Une fois qu'ils eurent finit d'observer le jeune homme, Donna se lança :

- Qui êtes vous ?

- Je suis l'interface d'assistance de ce TARDIS. Je me nomme Oliver.

- Vous êtes un hologramme ? continua le Docteur.

- Un hologramme ? s'étonna Donna en se tourNont vers le Docteur.

- En effet, répondit le jeune homme d'une voix monocorde.

Comme pour tester la véracité de ses propos, Donna tendit le bras dans sa direction pour essayer de le toucher. Avant qu'elle n'y parvienne le Docteur saisit doucement la retint.

- Non, Donna, non, c'est bon. C'est bien un hologramme.

La compagne, déçue de ne pas avoir pu vérifier par elle même, roula des yeux d'agacement. Le Docteur reprit avec Oliver.

- Bonjour Oliver. Je suis le Docteur et voici Donna, fit-il jovialement.

- Je suis Oliver. Je suis l'interface d'assistance.

- Oui je sais, vous venez de la dire. Je dois comprendre que c'est vous qui nous avez amené ici.

L'hologramme continua d'une voix monocorde :

- Les systèmes de commandes de ce TARDIS sont in-opérationnels. Plusieurs pièces d'équipements nécessaires à la restauration des systèmes sont manquantes.

- Donc vous avez attiré mon TARDIS à vous pour récupérer des pièces de rechange ? Demanda le Docteur, légèrement outré.

- Depuis la disparition de Gallifrey, les vaisseaux disposant des équipements nécessaires à la restauration des systèmes de commandes sont extrêmement rares. Tout comme le sont les personnes dotées des compétences pour effectuer de telles réparation, Docteur.

- Donc je suis votre mécano. Très flatteur...

L'hologramme ne répondit pas.

- Mais dites-moi une chose Oliver, continua alors le Docteur, où est le propriétaire de ce TARDIS ?

- Le propriétaire de ce TARDIS est mort.

Le Docteur se tut. Bien évidemment, il savait qu'il n'y avait plus de Seigneur du Temps vivant se promenant dans l'Univers à bord de leur TARDIS. Mais il avait gardé jusque là un ridicule espoir que cet hologramme lui annonce le contraire. Bien qu'impossible, la perspective d'un autre Seigneur du Temps rescapé de la Guerre du Temps était réjouissante. Bien plus réjouissante qu'un TARDIS endommagé dérivant dans l'espace à la recherche de pièces de rechange depuis on ne sait combien de temps.

- À quoi bon le réparer alors ? demanda Donna.

Le Docteur se tourna vers elle.

- Bonne question Donna, fit il d'un ton enjoué avant de se retouner vers l'hologramme. C'est vrai ça, vous ne pouvez le ramener sur Gallifrey.

- Ma mission est de réparer tout dysfonctionnement au sein du vaisseau, répondit Oliver de sa voix calme.

- Mais une fois réparé, qu'allez vous faire du TARDIS ? Insista le Docteur.

- Ma mission est de réparer tout dysfonctionnement au sein du vaisseau, répéta Oliver. Une fois tout dysfonctionnement pallié, mon programme s'arrêtera.

- Et vous laisserez ce TARDIS à la dérive... conclut le Docteur d'un ton fataliste.

Un silence se fit ressentir quelques secondes. De toute évidence l'idée d'un TARDIS abandonné dans l'espace n'était pas pour réjouir le Docteur. Donna avait, à de nombreuses reprises, entendu le Seigneur du Temps parler de son TARDIS comme d'une personne, mais elle n'avait pas réalisé à quel point celui-ci pouvait prendre à cœur le sort d'un vaisseau.
Voyant le regard de sa compagne en sa direction le Docteur lui répondit.

- Ce TARDIS est sans doute l'un des derniers vestiges d'une des plus grandes civilisations de la Création, Donna.

Il se tourna ensuite vers Oliver.

- Et il est hors de question qu'il soit abandonné dans l'espace de cette façon ! Je vais réparer ce TARDIS ! Je vais le réparer et je vous jure qu'il voguera dans le vortex du temps à nouveau, même s'il n'a personne à son bord ! Un TARDIS n'est pas fait pour l'immobilité.
Alors que le Docteur avait retrouvé son sourire il se dirigea avec enthousiasme vers la cloison derrière laquelle se trouvait son TARDIS. Donna le suivit et, arrivée à sa hauteur, le prit légèrement en aparté.

- Docteur, à quoi bon réparer ce TARDIS s'il n'y a personne pour le piloter ? Et ce n'est pas un peu dangereux de laisser une machine à voyager dans le temps se balader comme ça ? J'ai vu suffisamment de films et été témoin de tellement de choses avec vous que même moi je trouve que ce n'est pas vraiment une bonne idée. Avec les paradoxes et les croisements de traits du temps et tout ça.

- Les lignes du temps, rectifia le Docteur.

- Oui enfin vous voyez où je veux en venir.

- Donna, c'est par ma faute qu'il n'y a plus de TARDIS arpentant l'Univers. Et qu'il n'y en aura plus jamais. J'ai beau avoir plus de 900 ans, je ne suis pas éternel. Un jour je ne serai plus là et mon TARDIS se retrouvera dans la même situation. Alors Non je ne peux pas vous expliquer logiquement mes actes. Je suis mon instinct ici. Il y a encore quelques temps l'idée de laisser mon TARDIS prendre la poussière sur Terre et ne devenir rien d'autre qu'une étrange chose au coin d'une rue qui finirai par se faire enterrer m'était acceptable. Mais il y a peu une figure de mon passé est revenue d'entre les morts. Et je l'ai perdu lui aussi. A nouveau. Mais cela m'a fait réaliser que chaque fragment de l'histoire des Seigneurs du Temps est un trésor qu'il faut préserver. J'ai conscience des dangers que cela peut représenter,mais je ne suis pas prêt à faire ce dernier sacrifice. Je le regretterai peut être plus tard mais n’apprenons nous pas de nos erreurs ?

Donna ne sut quoi répondre. Qui était-elle après tout pour remettre en question les choix du Docteur sur l'héritage de sa propre espèce ? Une simple intérimaire.
Devant le mutisme de Donna le Docteur se retourna vers Oliver.

- Oliver, vous voulez des pièces de rechange ? Il y a tout ce qu'il vous faut de l'autre côté de ce mur. Ouvrez-moi et je réparerai ce TARDIS, fit-il en apposant sa main sur le mur.

- Très bien Docteur, répondit Oliver. Merci à vous.

La cloison se souleva dans un bruit lourd mais à la place de trouver le TARDIS derrière ce mur, le Docteur et Donna se retrouvèrent nez à nez face à un Cyberman. Ce dernier leva son bras menaçant dans leur direction et lança de sa voix mécanique.

- Intrus détectés. Suppression des intrus.



Citation:

Surpris n'était pas le mot pour qualifier la réaction du Docteur lorsqu'il se retrouva face à la créature de métal là où il s'attendait à trouver son TARDIS. A vrai dire il n'avait pas vraiment prit le temps d'essayer de comprendre ce qu'il se passait. Son instinct avait prit le dessus. A peine avait-il aperçu ce visage tristement familier, il avait saisi la main de Donna et fuit dans le sens opposé, traversant l'hologramme Oliver sans même y réfléchir. Ils avaient échappé de justesse aux tirs du Cyberman qui étaient venu s'écraser sur les murs. Arrivés au bout du couloir initial ils avaient tourné à gauche alors qu'ils entendaient les pas de leur ennemi s'accélérer. Ils avaient alors débouchés sur une série de couloirs similaires au premier bien que plus larges et décorés de quelques colonnes blanches dans les angles. Bien que secouée par la course effrénée dans laquelle le Docteur l’entraînait, Donna ne put s'empêcher de se faire la remarque que l'intérieur de ce TARDIS était à milles lieux de celui qu'elle connaissait. Après quelques minutes de course les deux voyageurs avaient trouvé refuge dans une petite pièce dont le Docteur parvint à verrouiller la porte à l'aide de son tournevis. Penchée en avant et les mains sur les cuisses Donna, tentait de reprendre son souffle, alors que le Docteur avait collé son oreille à la porte.

- Bon je ne l'entend plus, annonça-t-il. On a du le semer.

Il se redressa et se tourna pour examiner la pièce dans laquelle ils avaient atterri.

- Oh mais c'est une chambre ! Fit le Docteur d'un ton enjoué.

- Oui ! C'est fantastique ! Répondit Donna de la manière la plus sarcastique possible.

Le Docteur ne prêta pas attention à sa remarque et commença à étudier la pièce plus attentivement.
Il n'y avait rien d'extraordinaire dans cette chambre. Un simple lit faisait face à une bibliothèque débordante de livres qui allaient jusqu'à s'étendre sur le bureau situé à côté. Le Docteur en saisi un au hasard. Il s'agissait d'un roman dont l'action prenait place sur Metebelis III. La lecture de ce nom éveilla chez lui de mauvais souvenirs, si bien qu'il laissa retomber le livre pour un saisir un autre bien plus imposant et doté d'une épaisse couverture en cuir. Il ne s'agissait pas là d'un roman mais plus d'un récit de l'histoire de la planète Monaris dont le Docteur avait déjà entendu parler. Un planète de Niveau 5, comme l'était la Terre aux alentours du 21ème siècle, qui avait disparu à la suite de catastrophiques événements climatiques.

- Docteur, est-ce que c'est vraiment le moment de faire de la lecture ? Lança Donna qui avait retrouvé son souffle.

- Non en effet vous avez raison, répondit-il en refermant le livre et le posant sur le bureau.

- Qu'est-ce que c'était que cette chose que nous venons de fuir ?

- Un Cyberman, une impitoyable machine à tuer.

- Encore une ? Mais qu'est-ce qu'elle fait ici ?

- Ça j'aimerai bien le savoir, répondit le Docteur, agacé.

Comme pour répondre au Docteur, l'hologramme d'Oliver apparu devant eux.

- Toutes mes excuses Docteur. Mon programme est indépendant du système de sécurité du TARDIS, je ne peux pas l'empêcher d'accomplir sa mission qui est de prévenir toute intrusion. Il semblerait que le système ait également relocalisé votre TARDIS en chambre de neutralisation 2. Je peux vous montrer comment y accéder, mais vous trouverez certainement des Cybermen sur votre chemin.

- Des Cybermen ?! Fit le Docteur, stupéfait. Vous voulez dire qu'il y en a plus d'un et que c'est le système de sécurité de ce vaisseau ?

- C'est exact, répondit stoïquement l'hologramme.

- Mais c'est de la folie ! Pour quelle raison des Cybermen accepteraient une telle mission ? Vous n'avez pas idée à quel point les conséquences de laisser une telle créature à l'intérieur d'un TARDIS peuvent être catastrophiques !

- Il ne s'agit pas de Cybermen tels que vous semblez les connaître Docteur. Ce ne sont que d'armures vides automatisées et reprogrammées afin de servir de système de sécurité. Il n'y aucun composant organique ni aucune volonté autre que qu'assurer la protection du TARDIS en leur sein, je peux vous l'assurer.

- Mais qui a bien pu trouver une idée pareille ? Demanda le Docteur qui n'en croyait pas ses oreilles.

- Le précédent propriétaire de ce TARDIS, répondit Oliver sur le même ton monocorde que depuis le début.

Le Gallifreyen réfléchit.
Il avait bien connu plusieurs Seigneurs du Temps capables de telles « fantaisies » mais malgré leur impassible cruauté, ainsi que leur prédisposition à l'élimination, les Cybermen ne constituaient pas la meilleure arme de défense qui soit. Même bien avant la Guerre du Temps et toutes les abominations engendrées, les habitants de Gallifrey avaient accès à des technologies bien plus efficaces. Des technologies qui n’abîmeraient pas les parois du vaisseau qu'elles sont censées protéger comme l'avait fait le Cyberman qui les avait poursuivis plus tôt avec ses lasers.

Comme à son habitude Donna sortit le Docteur de ses pensées. Elle demanda à Oliver :

- Mais comment s'appelle-t-il ce « propriétaire » ?

- Le précédent propriétaire est décédé.

- Oui merci, ça j'avais compris. Mais comment s'appelait-il ? Insista t-elle.

- Donna, Non, ce n'est vraiment pas nécessaire, intervint le Docteur.

Ce dernier ne savait pas encore si il était prêt à entendre la réponse. Bien évidemment, il ne savait que trop bien que tous les Seigneurs du Temps étaient morts et que le propriétaire de ce TARDIS avait très certainement péri dans les flammes de Gallifrey. Cela il restait plus facile pour le Docteur ne pas pouvoir rattacher le nom de quelqu'un qu'il connaissait à ce vaisseau. Il ne faisait aucun doute que les réparations de ce TARDIS deviendraient bien plus pénibles s'il devait faire face au fantôme d'un des ses anciens camarades de l'académie. Il vivait déjà avec le terrible souvenir de ses actes sans vouloir en rajouter.
Mais Donna continua.

- Pas nécessaire ? J'ai envie de savoir moi. Est-ce que tous les Seigneurs du Temps avaient des noms aussi pompeux que Le Docteur ? Fit-elle en preNont une voix grave sur ce dernier mot.

- Son nom m'est inconnu, répondit simplement Oliver.

Donna fut déçue et le Docteur soulagé. Mais la compagne enchaîna sur une autre question qui venait visiblement tout juste de lui venir à l'esprit.

- Et comment est-il mort ?

Le Docteur ne laissa pas le temps à Oliver et enchaîna comme si Donna n'avait rien dit.

- Bon cette chambre de neutralisation, Oliver. comment s'y rend-on ?

Donna fût vexée par l'attitude du Docteur. Elle ne comprenait pas pourquoi il agissait ainsi.

- En sortant de cette pièce, prenez à droite puis la première porte du la gauche, au bout du couloir, deuxième porte sur la droite, au bout du couloir, troisième porte sur la droite, au bout du couloir, quatrième porte sur la droite et vous y êtes.

- Très bien, répondit le Docteur sans y réfléchir un instant.

- Comme je vous l'ai dit, je ne peux pas vous garantir que vous ne rencontrerez pas le système de sécurité.

- Les cybermen vous voulez dire ? Nous n'avons pas vraiment le choix de toute façon, dit il avant de se tourner vers Donna. On y va Donna ?

La compagne le suivit sans dire un mot. Alors qu'ils s’apprêtaient tous deux à sortir, Oliver leur dit un dernier mot.

- Je vous remercie pour ce que vous faites. Je vous retrouverai en chambre de neutralisation 2.



Citation:

Le Docteur et Donna avançaient le plus discrètement possible dans les couloirs, en suivant les indications données par Oliver. Donna n'avait pas retenu un seul mot de la voie à suivre, mais cela ne semblait pas poser de problème au Docteur. Il avançait dans le vaisseau comme s'il s'agissait du sien. À ce détail près qu'il risquait sa vie dans ces couloirs. À tout moment ils pouvaient se retrouver face à un Cyberman qui mettrait fin au voyage.

Donna constatait que malgré les différences entre ce TARDIS et celui du Docteur, il y avait tout de même plusieurs similarités. Tout d'abord la grandeur des lieux. Cela faisait déjà plusieurs minutes qu'ils avaient quitté Oliver et ils n'avaient traversé que deux couloirs. La jeune femme avait toujours voulu demander au Docteur la superficie réelle du TARDIS mais connaissant le Docteur elle se doutait qu'il risquait lui-même de ne pas avoir la réponse. De plus le Seigneur du Temps avait du mal à répondre aux questions qui comprenaient des mots comme « réel », « concrètement » ou « simplement ».

Mais au delà de la taille du vaisseau, Donna remarqua un design très proche de celle du TARDIS dont lequel elle voyageait. Les deux TARDIS contenait des éléments architecturaux plutôt singuliers, que l'on s'attendait plus à retrouver au sein des vieilles bâtisses de plusieurs siècles que dans des vaisseaux voyageant dans le temps et l'espace. Les deux compagnons étaient, par exemple, passés sous une arche, en ce qui semblait être de la pierre, d'une largeur impressionnante. Près de cinq mètres de largeur à plus de trois mètres du sol. Donna avait également noté un bon nombre de colonnes blanches qui semblaient avoir ici plus une fonction esthétique qu'autre chose. En revanche là où le TARDIS du Docteur était sombre et parfois en désordre, les murs de celui-ci était immaculés et seulement colorés par une lumière orange, dégagée par les appliques réparties sur toute la surface des murs.

Alors qu'ils arrivaient dans un nouveau couloir, au milieu duquel se trouvait une arche similaire à celle qu'ils avaient déjà passé, Donna décida de rompre le silence qui s'était installé depuis qu'ils avaient quitté la chambre.

- Docteur, commença-t-elle doucement.

- Oui Donna, lui répondit-il en restant vigilant et attentif au moindre bruit suspect.

- Vous ne trouvez pas qu'il y a quelque chose d'étrange avec cet Oliver ?

- Non. Pourquoi ça ?

- Je ne sais pas trop. C'est censé être un programme informatique c'est ça ?

- En fait il s'agit de l'interface visuelle et sonore du système d'assistance, mais oui c'est ça, rectifia le Docteur.

- Oui d'accord. Mais vous ne trouvez pas qu'il a des réactions plutôt... « humaines ». Elle termina sa phrase en mimant des guillemets sur son dernier mot.

Le Docteur ne lui répondit que par un haussement de sourcil. Elle continua donc.

- Pendant un temps il va se comporter comme une machine, à se répéter comme un disque rayé. Mais la minute d'après il va vous remercier de réparer le vaisseau et même nous souhaiter bonne chance. C'est tout de même étrange pour un programme informatique.

- C'est une interface d'assistance, Donna. Son but est d'apporter des solutions à un problème en imitant le comportement d'un être vivant, afin de construire un semblant de relation de confiance. Ce n'est qu'une intelligence artificielle qui imite la manière d'agir et de parler de son interlocuteur. Ne vous en faites pas.

- Oui, je ne suis toujours pas convaincue, conclut-elle.

Alors qu'ils arrivaient au niveau de l'arche, le Docteur ralentit le pas et finit par s'arrêter.
Il fit signe à Donna de faire de même.
Sans dire un mot il mit son doigt sur la bouche, lui signifiant d'écouter. Donna lui fit comprendre, toujours sans dire un mot, qu'elle n'entendait rien. Le Docteur insista et bougea les lèvres sans qu'aucun son ne sorti. La compagne put lire sur ses lèvres « écoutez », elle prêta alors à nouveau attention. Cette fois-ci elle discerna un battement très léger mais régulier. Cela semblait se rapprocher. Au fur et à mesure que le son devenait tangible Donna reconnut des bruits de pas.
« Des cybermen » fit-elle au Docteur sans émettre le moindre son.
Le Docteur le lui confirma d'un mouvement de tête.
« De quel côté ? » continua t-elle.
Le Docteur examina le couloir du regard pour évaluer la situation. Il avança doucement vers l'autre extrémité du couloir pour tenter de mieux discerner la provenance du cyberman quand il entendit un cri dans son dos.

- Docteur !!! hurla Donna.

Derrière Donna se tenait un Cybermen, les mains serrés sur les épaules de la compagne du Docteur.

- Intrus détectés. Tous les intrus seront supprimés.

Alors que le Docteur voyait les mains du Cybermen se resserrer sur Donna il se précipita dans sa direction. Mais il fut stoppé très rapidement lorsqu'une cloison se referma entre lui et sa compagne au niveau de l'arche. Alors qu'il s’apprêtait à hurler sa frustration il entendit un choc électrique de l'autre côté de la paroi, accompagné par un effroyable cri de douleur de Donna, qui le terrifia. Puis plus un son ne se fit entendre.

Sous le choc, le Docteur resta quelques secondes stoïque avant de sortir son tournevis sonique pour tenter de déverrouiller la cloison. Alors qu'il dirigeait son tournevis sur les angles de l'arche le Docteur tentait de discerner, à travers la paroi, tout son lui indiquant l'état de sa compagne. Mais rien.

Après près d'une minute l'outil du Docteur se révéla inefficace. Il se mit alors à essayer de faire coulisser la porte manuellement, mais sans prise il ne fit que se fatiguer. Ne sachant plus quoi faire, il se mit à cogner du poing sur le mur en hurlant le nom de sa compagne. Il s’énerva ainsi pendant près de dix minutes sans avoir de réponse de Donna. Dix minutes de panique pendant lesquelles le Docteur s'imaginait le pire. Il n'avait fait qu'entendre le Cyberman s'en prendre à Donna mais le cri de cette dernière... Ce cri... Cela lui prouvait malheureusement qu'elle avait reçu un choc terrible. Cela dit il ne pouvait se résoudre à accepter la mort de sa compagne. Certes le Cyberman avait mentionné la suppression des intrus mais c'était un Cyberman. Peut-être souhaitait-il en faire l'une des siens. Et pour cela ils devaient la garder en vie. Malheureusement cette solution était plus qu'improbable. Oliver avait clairement expliqué au Docteur que la seule mission de ces Cybermen étaient d'éliminer les intrus. Mais l'espoir était ce qui caractérisait le Docteur. Tant qu'il n'aurai pas vu de ses yeux sa compagne le quitter, il ne renoncerai pas. Et même après, ce n'était pas certain. Mais malheureusement pour le moment il était bloqué par cette cloison qui lui rappelait tant de souvenirs douloureux.

Il finit par arrêter de s'énerver sur le mur, qui n'avait pas bougé d'un pouce, et appuya son front sur la paroi.

- Désolé Donna, j'ai été un peu lent, fit-il doucement.



Citation:

À l'instant précis où il termina sa phrase il sentit la paroi bouger sous son front. La cloison s'était ouverte. De l'autre côté le Cyberman semblait s'en être allé, ne laissant que le corps inanimé de Donna étendu sur le sol. Le Docteur se précipita vers elle. Il saisit la tête de sa compagne entre ses mains et répéta d'une voix paniquée :

- Donna vous m'entendez ? Vous m'entendez ? Réveillez-vous !

Le Docteur se rendit compte que dans la panique il n'avait pas eu le réflexe de vérifier ses signes vitaux. Il saisit alors le poignet de Donna et rapprocha sa joue du visage de celle-ci. Le Docteur ne se souvenait pas la dernière qu'il avait été soulagé à ce point. Sa compagne respirait et son pouls, bien que quelque peu irrégulier, était fort. Mais la jeune femme était toujours inconsciente.

Même si le Cyberman, pour une raison encore inconnue, avait laissé Donna en vie avant de disparaître, cela ne rendait toujours pas cet endroit sûr. Le Docteur ne se voyait pas porter le corps de sa compagne sur le reste du trajet. Certes il se sentait en forme mais rien n'indiquait qu'ils ne retomberaient pas face à un nouveau Cyberman sur le chemin. Le Seigneur du Temps décida de ne pas prendre de risque et de chercher un endroit où se mettre à l'abri jusqu'à ce que sa compagne reprenne conscience. Il emmagasinait déjà suffisamment de culpabilité au fond de lui sans vouloir en rajouter d'avantage.

Le Docteur prit la porte la plus proche et s'y engouffra, transportant sa compagne dans ses bras. Une fois celle-ci posée au sol et la porte verrouillée, le Seigneur du Temps examina la pièce. Il s'agissait d'une pièce qu'il connaissait bien.
Mis à part le sol et la porte dans son dos la pièce formait un globe parfait. Aucune aspérité au mur, aucun instrument, aucune particularité ne venait perturber cette forme géométrique quasi-parfaite. La paradoxe de cette pièce était que malgré le noir profond des parois et l'apparente absence de toute source de lumière, on voyait y comme en plein jour.
Le Docteur connaissait parfaitement les propriétés et les fonctions de cette pièce.

- Docteur ! Fit une voix dans son dos.

Donna s'était réveillé, mais sa voix - sa si percutante voix - n'avait pas encore retrouvé son tonus. Le Docteur se retourna et ne put s'empêcher de fondre sur la jeune pour la prendre dans ses bras.

- Ne me refaites plus jamais ça Donna, lui chuchota-t-il dans l'oreille.

Une fois que le Docteur relâcha sa compagne de son étreinte, Donna épousseta sa veste machinalement.

- Comment vous sentez-vous ? Demanda-t-il.

- Comme si j'avais mit les doigts dans une prise électrique, lança-t-elle.

- Vous souvenez-vous de ce qu'il s'est passé après que le Cyberman vous ait attrapé ? Pour quelle raison il serait partit ?

- Juste une affreuse douleur dans tout mon corps et puis plus rien. Je me suis juste réveillée ici ensuite.

- Bon le principal c'est que vous alliez bien, conclut le Docteur.

Mais Donna pouvait lire que cela le préoccupait tout de même.

- Qu'est-ce que c'est que cette pièce, Docteur ? Est-ce qu'on est arrivé à destination ? Demanda-t-elle.

- Non pas encore, Donna. Nous voici dans une autre fantastique invention des Seigneurs du Temps. Vous savez, Gallifrey ne se limitait pas au voyage dans le temps, à la régénération et à des manœuvres politiques. C'était aussi un vivier d'artistes plus extraordinaires les uns que les autres. Malheureusement, très peu y prêtait attention.

- Alors cette chambre est de l'art Gallifreyen ? Fit-elle en ne masquant pas sa déception.

- Comment ? Fit le Docteur, très surpris par la remarque de sa compagne. Mais non bien sûr que non, continua-t-il légèrement outré. Vous trouvez que ça ressemble à une œuvre d'art ?

- Non, enfin je sais pas.

- Laissez-moi vous montrer.

Il s'avança légèrement avant de lancer dans le vide.

- Œuvre disponible ?

Donna fronça les sourcils, s’apprêtant à demander au Docteur ce que cela signifiait lorsqu'elle fut interrompue par une douce voix féminine désincarnée.

- Une œuvre disponible : « La plénitude de Cadonflood ».

- Comment ? S'exclama le Docteur. Pas « La plénitude de Cadonflood » de Lord Velinssatel tout de même?

- Correct. « La plénitude de Cadonflood » est l’œuvre de Lord Velinssatelpacterialan, issu du Chapitre Prydonien et membre de la Maison Lungbarrow. Également appelé Velinssatel.

Donna put lire une nouvelle fois le désarroi sur le visage du Docteur à la suite de cette phrase. Ce n'était pas de la nostalgie, de la mélancolie ou de la tristesse que renvoyait le Seigneur du Temps. C'était une stupéfaction mêlée d'angoisse qu'il ne pouvait visiblement pas réprimer.

- Docteur ? Fit timidement Donna.

Lorsque ce dernier se tourna vers elle, son visage avait retrouvé son énergie habituel. C'était de ces moments-là où Donna ne pouvait dire si le Docteur affichait un sourire de façade pour rassurer sa compagne, ou bien pour se rassurer lui-même. Sans dire un mot il se positionna derrière Donna et posa les mains sur ses épaules.

- Bien Donna, fermez les yeux.

La jeune femme s’exécuta.

- Lancement : « La plénitude de Cadonflood », dit simplement le Docteur à la voix désincarnée.

Donna sentit à travers ses paupières que la lumière avait changé. Elle était passé d'un blanc froid à un jaune orangé très chaleureux. Mais ce n'était pas que la lumière. Donna sentait réellement une douce chaleur sur son visage. Comme si tout à coup elle s'était retrouvé dans un parc lors d'un après-midi de printemps. Elle pouvait presque entendre le cours de la rivière qui longeait le parc dans lequel elle se rendait parfois avec son grand-père.
Mais ce n'était pas qu'une impression !
Donna entendait réellement un cours d'eau à quelques mètres. Elle se demanda soudain si elle ne s'était pas retrouvé sur Terre.

Elle se retourna vivement vers le Docteur.

- Docteur, qu'est-ce... 

Donna en eu le souffle coupé. Les yeux désormais ouvert, elle constatait qu'elle ne se trouvait pas au parc. À ses pieds s'étendait sur des centaines de mètres une herbe écarlate balayée par une légère brise. Au loin, une imposante chaîne de montagnes masquait l'horizon. À quelques pas devant elle, Donna apercevait le cours d'eau qu'elle avait entendu. Il s'agissait d'une rivière assez large, traversée par un pont de bois un peu plus bas, qui menait à un grand arbre aux reflets argentés.
À sa droite le Docteur n'avait pas bougé. Les mains dans les poches il semblait amusé par le visage ébahi de sa compagne.

- Donna, bienvenue sur Gallifrey, fit sobrement le Docteur. Ou devrais-je dire, une représentation de Gallifrey. Devant vous s'écoule la rivière de Cadonflood qui s'écoule des montagnes du sud de Gallifrey que vous pouvez voir plus loin.

Donna ne trouvait plus ses mots tant le spectacle auquel elle assistait était magique. Le Docteur s'avança près de la rivière et continua.

- Quand j'étais enfant je venais souvent jouer dans cet arbre, dit il en désigna l'arbre aux feuilles d'argent. Avec un ami - un très vieil ami - c'était là-haut que nous allions nous cacher lorsque nous étions censés être sur les bancs de l'académie.

Il marqua une légère pause avant de continuer.

- Mais le meilleur reste à venir.

Il reprit alors sa compagne par les épaules et la fit faire demi-tour.

- C'est pas vrai ? Lâcha subitement Donna, qui n'en croyait visiblement pas ses yeux.

La rivière circulait au milieu de ce que la jeune aurait appelé un palais. Les pierres blanches constituant le bâtiment ainsi que les lignes arrondis les tours pointant vers le ciel orangé, n'étaient pas sans rappeler à Donna l'architecture orientale terrienne. En réalité, sans les deux soleils qui pointait à l'horizon et cette herbe rouge, on aurait pu se croire devant une réplique du Taj Mahal en plus étendu et moins symétrique.

- Voici la Maison Lungbarrow, annonça le Docteur. Une des maisons les plus influentes de tout Gallifrey. C'est ici que j'ai grandi, tout comme Velinssatel.

- Vous le connaissiez bien alors ?

- Malheureusement non, il est mort plusieurs années avant ma naissance.

Donna se tût et redirigea son regard vers ce spectacle grandiose. Alors qu'elle admirait le mélange harmonieux des courbes et des pointes de chaque bâtiment, elle sentit monter en elle un sentiment étrange. Elle n'avait jamais vu cette Maison auparavant. Il s'agissait d'un des lieux les plus exotiques qu'elle avait pu voir. Malgré cela Donna se sentait apaisée, comme chez elle, en sécurité. Elle n'aurait pas su expliquer pourquoi mais ce lieu lui était particulièrement familier et agréable. De la même façon que si elle se trouvait devant sa maison d'enfance.

Perturbée, elle se tourna vers le Docteur.

- Docteur, c'est très étrange...

- Vous avez l'impression de connaître cet endroit ? Coupa le Docteur.

- Comment le savez-vous ?

- Velinssatel était spécialisé dans une pratique artistique très particulière : la projection chargée. Là où les artistes terriens tentent de véhiculer une gamme d'émotions à travers leurs œuvres, Velinssatel, lui, va bien plus loin. Il ne s'agit pas uniquement d'une projection d'images et de sons. Cette pièce nous envoie des impulsions, stimulant notre cerveau pour recréer l'émotion souhaitée. Ici, le sentiment d'être chez soi.

Il y eu un silence.

Alors que Donna tentait d'assimiler ce que venait de lui dire le Docteur, elle sentit ses jambes se dérober sous elle avant qu'elle ne tombe au sol. La simulation s'arrêta immédiatement et le Docteur se précipita vers sa compagne.
Elle était toujours consciente, la main posée sur son crâne.

- Vous êtes encore sous le choc de l'attaque du Cyberman. Il faut que vous vous reposiez ici encore quelques temps.

Il aida Donna à s'adosser contre le mur.

- Je vais partir seul vers la salle de neutralisation, continua-t-il. Plus on attend et plus on a de risques de se faire surprendre par les cybermen.

- Vous allez me laisser seule ici ? Lança-t-elle.

- Vous y serez plus en sécurité le temps que je revienne. Je vais faire vite.

Il quitta la pièce avant que la compagne ne puisse ajouter quoique ce soit.



Citation:

À la surprise du Docteur, il ne croisa aucun Cyberman sur le trajet menant à la salle de neutralisation. Pour un système de sécurité, les Cybermen ne semblaient pas particulièrement efficaces. Le Docteur et Donna avaient réussi à les semer une première fois sans trop de difficulté puis, au lieu d'éliminer Donna, ils s'étaient contenter de la rendre inconsciente, donnant au passage au Docteur une terrible frayeur.

Et depuis qu'il avait quitté Donna, quelques minutes plus tôt, le Docteur n'avait toujours pas rencontrer la moindre résistance. Quiconque avait mis en place ce système de sécurité, avait visiblement bâclé le travail. Mais le principal était que le Seigneur du Temps était enfin arrivé à destination. Il se tenait devant une imposante et sombre porte qui tranchait avec les murs immaculés du couloir.

La chambre de neutralisation avait pour objectif de protéger le Tardis de tout élément étranger porteur de source d'énergie potentiellement dangereuse. Et un Tardis se matérialisant dans les couloirs d'un autre Tardis représentait un danger certain. Ainsi l'accès à cette chambre ne pouvait se faire qu'en saisissant la bonne combinaison sur le clavier à droite de la porte.

Dans son propre Tardis, le Docteur n'avait jamais utilisé cette pièce qu'il jugeait bien trop énergivore et assez peu efficace. Elle correspondait assez à l'esprit des Seigneurs du Temps consistant à mettre à l'écart tout ce qui était étranger. Une philosophie à laquelle le Docteur n'avait jamais adhéré.

Avant même que le Docteur ne se penche sur le clavier, la porte coulissa sur le côté dans un bruit strident. Le Docteur avança lentement.

La chambre de neutralisation était très sombre en comparaison des couloirs du Tardis. Au centre de la pièce se trouvaient une dizaine de colonnes formant un cercle d'une dizaine de mètres de diamètre. Ces colonnes étaient faites du même alliage que la porte mais arboraient plusieurs symboles gallifreyens.
Mais mise à part les colonnes la pièce était déserte.
Le Tardis n'était pas ici.
Le Docteur n'était pas surpris par l'absence de son vaisseau. Il se dirigea même avec assurance vers une colonne et l'examina. Les mains posés sur l'acier froid, il parcouru du regard les inscriptions avant de poser son regard sur une petite plaque fixée au pied de la colonne. Le Docteur s’accroupit et lut l'inscription gravée. Il n'eut pas le temps de réagir lorsqu'il entendu une voix dans son dos.

- Votre Tardis n'est pas ici, Docteur.

- Le Docteur se releva pour faire face à Oliver qui était apparu au milieu des colonnes.

- Je le savais, dit le Docteur en rangeant ses mains dans ses poches.

Le visage d'Oliver, qui était resté jusque là totalement impassible, affichait désormais un large sourire.

- Alors vous avez compris ? Demanda l'hologramme.

- Il y a quelques temps déjà. Je tenais juste à en être sûr en venant ici.

- Et qu'avez-vous appris ici ? Qu'avez-vous lu sur cette plaque ?

- Vous le savez très bien.

- Bien évidemment, fit Oliver qui semblait amusé par la situation. Mais je veux vous l'entendre dire.

- Il est écrit : TARDIS, Time And Relative Dimension In Space. Site de construction : Chantier de Blackhole, Gallifrey. Date de construction du Type 40 : 1963.

Le Docteur marqua une pause.

- C'est mon Tardis, annonça gravement le Seigneur du Temps.

- Très bien, dit Oliver en ricanant.

Le jeune homme avait abandonné son jeu d'hologramme insensible et semblait dévoiler son vrai visage.

- Vous avez mit un certain à comprendre, continua-t-il.

- J'ai compris lorsque j'ai vu la simulation de Velinssatel. Cette simulation m'a été offerte à mon entrée à l'académie. Je l'ai gardé précieusement tout ce temps. Et il est impossible de dupliquer une projection chargée.

Oliver se mit à rire aux éclats. Il semblait très satisfait des réponses du Docteur. Ce qui n'était pas pour rassurer le Gallifreyen. Donna avait raison : Oliver était tout sauf un simple programme informatique. Ses expressions faciales faisaient bien plus penser à une personne dérangée. Il ria pendant encore une dizaine de secondes avant de s'arrêter net.

- Vous avez tout à fait raison, Docteur. Ceci est votre Tardis. Ou plutôt, était votre Tardis. Ou sera. Je crois que les deux sont applicables ici, fit-il en ricanant.

- Le Docteur ne dit pas un mot mais toisait l'homme du regard. Il savait qu'il ne servait à rien de réagir face à ce genre de personnage.

- Voulez-vous connaître votre avenir ? Demanda-t-il.

- Non, se contenta de répondre le Docteur.

- Vous avez raison, c'est bien mieux de le découvrir par soi-même. Surtout avec ce qui vous attend, ce serait dommage de vous gâcher le plaisir maintenant. Dites-moi, vous avez aimé les Cybermen ?

- Je dois avouer qu'ils m'ont mis le doute. Jamais, que ce soit maintenant ou dans le futur, je ne doterai le Tardis d'un système de défense pareil. Mais j'imagine que c'est vous qui les avez ajouté.

- En effet, il s'agissait d'une petite amélioration nécessaire à mon plan.

Le Docteur s'arrêta un instant. Visiblement, Oliver n'était pas juste un fou à bord d'un Tardis à l'abandon. Malgré son attitude délirante, il semblait être organisé et réfléchi. Et visiblement il n'en avait pas terminé avec le Docteur.

- Qui êtes-vous et que me voulez-vous ? S'exclama le Docteur qui commençait à s'inquiéter sérieusement.

Le visage d'Oliver se figea un moment. Puis il afficha à nouveau un sourire inquiétant.

- Oh Docteur, Docteur, Docteur. Qui a dit que j'en avais après vous ?

Sa phrase terminée, il disparu comme il était apparu, laissant le Docteur seul au milieu des colonnes.


*****************


Debout dans la salle de simulation, Donna faisait les cents pas en attendant le Docteur. Cela faisait déjà près de vingt minutes qu'il l'avait quitté. Alors qu'elle s’apprêtait à sortir elle vu apparaître Oliver devant elle.

- Donna, j'ai une surprise pour vous.




Citation:

Le visage d'Oliver avait changé. L'hologramme que Donna avait laissé plus tôt ne ressemblait en rien à la personne qu'elle avait maintenant sous les yeux. Une personne en effet, car il était maintenant évident pour la jeune femme que ce prétendu système d'assistance n'avait rien d'une intelligence artificielle. Elle avait eu des soupçons auparavant, mais elle en avait désormais là preuve. Oliver avait quelque chose dans ses yeux qui troublait Donna, comme s'il nourrissait à l'égard de la londonienne une certaine rancune. Et de ce que Donna savait, la rancune était un sentiment fort chez les humains. Oliver ne semblait même plus chercher à cacher sa véritable nature.

- Le Docteur est-il arrivé à la chambre de neutralisation ? Demanda Donna, feignant de ne pas avoir lu les intentions hostiles d'Oliver à son égard.

- Le Docteur ne reviendra pas dans l'immédiat. Nous avons quelques minutes devant nous.

- Je me sens mieux, je ferai mieux d'aller le rejoindre.

Donna se dirigea vers la sortie mais Oliver se tenait sur son chemin. Même si elle avait conscience qu'il ne s'agissait que d'un hologramme, Donna était réticente à l'idée passer au travers du jeune homme. Avant qu'elle ne décide à s' exécuter, Oliver leva la main devant elle.

- Une seconde Donna, je voudrais vous montrer quelque chose. Voyez-vous je suis un peu un artiste moi-même. Peut-être pas au niveau de Velinssatel mais je fais de mon mieux. Vous me direz ce que vous en pensez.

Avant que Donna ne puisse répondre une épaisse brume blanchâtre envahit toute la pièce, engloutissant le jeune homme. La brume se faisait de plus en plus épaisse si bien qu'au bout de quelques secondes Donna ne distinguait même plus ses pieds. La jeune femme ne voyait plus qu'une nappe de brouillard mais elle commençait à entendre plusieurs sons. Des bruits de pas, plusieurs personnes discutant, le bourdonnement d'un moteur. Peu à peu la brume se dissipa comme elle était apparue, et au bout de quelques secondes elle avait totalement disparue, laissant place à un décor somme toute assez banal.

Donna se trouvait sur une place. Devant elle, plusieurs enfants jouaient, accompagnés de leurs parents. Plus loin un couple était assis à ce qui semblait être la terrasse d'un café. Toutefois malgré ces éléments Donna remarqua rapidement qu'il ne s'agissait pas de la Terre. En premier lieu, un vaste réseau de câbles tendus au dessus d'elle semblait s'étendre dans toutes les directions, tel une toile d'araignée. Donna compris qu'il s'agissait d'un système de transport lorsqu'elle vit arriver sur un de ces câbles une cabine semblable à une cabine de téléphérique. Les bâtiments étaient eux-aussi assez curieux. Toutes les parois des immeubles étaient faites de verre transparent, pas uniquement les vitres mais bien toutes les parois. Ce qui ne laissait presque aucune intimité aux occupants. Cela contribuait à donner au décor une luminosité sans pareil, le soleil se reflétant sur les immeubles sans jamais éblouir les passants, semblait-il.

Donna fut surprise lorsqu'un des enfants vint la frôler. Elle remarqua une chose très étrange sur ce dernier. Il n'avait pas de visage. Il semblait recouvert par le même brouillard qui enveloppait la scène un instant plus tôt. Comme si le reste du décor s'était matérialisé mais le visage du jeune garçon avait été oublié. C'était en réalité le cas pour toutes les personnes présentes sur la place. Les parents, les enfants, le couple.

Cette simulation était très différente de celle que le Docteur lui avait montré. Donna ne se sentait pas immergée dans la scène comme elle l'avait été devant la maison natale du Docteur. L'illusion était flagrante. Aucune émotion particulière ne se dégageait de la scène si ce n'était un léger malaise devant ces personnes sans visage.
Oliver n'avait pas menti en affirmant ne pas avoir le talent de Velinssatel. À côté de « La plénitude de Cadonflood », cette simulation était du travail d'amateur.

Alors que Donna commençait à se demander la raison qui avait poussé Oliver à lui montrer cette scène elle vit soudainement toute la scène se mettre à trembler violemment devant elle. Le sol sous les pieds de Donna se fissura sur plus d'une dizaine de mètres. Les vitres des immeubles se brisèrent en milliers de morceaux, s'abattant sur les passants affolés. Les câbles des téléphériques se rompirent, relâchant une cabine qui alla s'écraser violemment sur les enfants, avant même que les parents ne puissent réagir. Donna ne put refréner un hurlement devant cette vision. Il avait beau s'agir d'une simulation, ce spectacle était épouvantable.

Devant elle, la place continuait de trembler sans qu'elle ne ressente la moindre secousse. Elle était détachée de la scène et complètement impuissante.

La secousse dura plusieurs minutes. Plusieurs minutes pendant laquelle Donna assista à l'effondrement de toute une ville. Chaque immeuble s'abattant les uns après les autres sur la population affolée, dans une pluie de verre. Les malheureux qui parvenaient à échapper aux fracas des tours de verre se retrouvaient menacés par les cabines qui tombaient sur le sol les unes après les autres.

Donna était horrifiée par ce qu'elle voyait. En quelques instants, ce décor assez banal s'était transformé en chaos apocalyptique. De nombreuses personnes étaient étendues sur sol, complètement inanimées. Au loin s'élevaient de nombreuses colonnes de fumées noires.

Lorsque Donna posa les yeux sur ces nuages sombres qui se formaient au loin, elle sentit monter en elle un afflux d'émotions. Comme si toute la peine, toute la tristesse, tout le chagrin et le désarroi des personnages de la simulation convergeait sur elle en un instant. Donna, ayant compris qu'il ne s'agissait que d'une simulation, avait tenté de rester détachée depuis le début. Mais la peine qui l'envahissait maintenant était insupportable. Elle tomba à genoux et éclata en sanglots.

- Ça suffit ! Hurla Donna, en larmes. Arrêtez ça.

Elle n'eut que pour seule réponse le son d'une énorme explosion semblable à un milliers de coup de tonnerre. Donna leva les yeux devant elle. Pendant quelques secondes elle ne vit aucun changement sur ce théâtre apocalyptique. À peine eut-elle cligné des yeux une fraction de secondes qu'elle aperçu un mur de flammes, s'étendant sur tout l'horizon, arriver à toute vitesse vers elle. Donna eut juste le temps de sentir la chaleur des flammes sur sa peau avant d'être engloutie.

Puis ce fût le noir total.




Citation:

Lorsque Donna reprit connaissance, le visage du Docteur était penché au dessus d'elle. Elle nota un soupir de soulagement au moment où elle ouvrit le yeux.
Avant que le Docteur ne puisse dire un mot, sa compagne se jeta dans ses bras. Après la vision d'horreur qu'elle venait d'avoir avant de s'évanouir, elle avait besoin de réconfort. Le Docteur, surpris par cette étreinte soudaine, manqua de perdre l'équilibre et de tomber en arrière.

- Docteur, c'était horrible ! Dit Donna tout en essuyant les quelques larmes coulant sur son visage.

- Que s'est-il passé ?

- C'était...

- C'était moi, interrompit Oliver.

Le jeune homme était apparu en face du Docteur, les mains jointes dans le dos et arborant un sourire mesquin.

- J'ai tenu à montrer à votre compagne mes talents en projection chargée, continua-t-il. Mais elle ne semble pas avoir apprécier mon œuvre à sa juste valeur.

- C'était horrible ! Répéta Donna en se tournant vers l'hologramme. Quelle personne pourrait créer une scène pareille ? Vous êtes malade !

Donna avait abandonné ses larmes et retrouvé son aplomb habituel. La détresse qu'elle avait éprouvé plus tôt semblait s'être dissipée.

- Je reconnais que le dosage des stimulations émotionnelles n'est pas parfait. Peut être faudrait-il que j'expérimente d'avantage sur un sujet humain. Qu'en dites-vous, Donna ?

- Ça suffit ! Lança le Docteur.

- Non Docteur, nous venons tout juste de commencer.

- Que nous voulez-vous à la fin ? Intervint Donna.

Oliver marqua une pause et posa sur Donna un regard menaçant. Son sourire avait disparu.

- Vous faire souffrir. Tous les deux. Vous faire souffrir comme j'ai souffert.

- La vengeance, c'est donc de ça qu'il s'agit ? Demanda le Docteur.

- Bien évidemment la vengeance n'entre pas dans votre ligne de conduite Docteur. L'étincelant Docteur qui vient à la rescousse des opprimés et qui s'est donné pour mission de sauver l'Univers entier. Ce brillant Docteur qui veut faire régner la paix dans toutes les galaxies. Le Docteur dont on conte les exploits aux enfants. L'exemple pour les jeunes de Gallifrey qui rêvaient d'aventures. Un modèle de vertu.

- Si vous me connaissez, vous savez que c'est loin d'être la vérité.

- En effet, continua Oliver. Il y a eu la Guerre du Temps. Tant de sang sur vos mains, Docteur. Oliver regarda ses propres mains pour appuyer ses propos et afficha une mine de dégoût. Dites-moi, Docteur, cela a dû vous soulager de vous débarrasser finalement de tous ces Seigneur du Temps décadents, dégénérés et pourris jusqu'à l'os ! Ce peuple que vous avez passé votre vie à insulter bien qu'il vous ait donné le jour.

Le Docteur bouillonnait. Il n'avait pas dit un mot mais sa respiration était devenue forte et l'on pouvait voir sa mâchoire se crisper. Il savait parfaitement que répondre aux provocations d'Oliver ne mènerait nul part mais les mots qu'il venait d'entendre étaient durs.

Donna pensait que le Docteur allait craquer lorsqu'elle le vit s'agiter brusquement. Il sortit son tournevis sonique de sa poche et le pointa vers Oliver. À peine l'appareil émit-il un sifflement que l'hologramme se dissipa.
Incrédule, Donna se tourna vers le Docteur.

- J'ai brouillé les émetteurs holographiques de la pièce, annonça-t-il en rangeant son tournevis avant de saisir par la main sa compagne. Venez, je dois vérifier quelque chose.

*****************


- C'est votre Tardis alors ? Répéta Donna.

- Une version de mon Tardis dans le futur, oui. Et Oliver appartient à ce futur.

- Mais il a dit que le propriétaire de ce Tardis était mort. Est-ce que ça veut dire...

Donna refusa de terminer sa phrase. Le Docteur, quand à lui, ne sourcilla pas.

Pendant qu'ils avançaient à nouveau dans les couloirs, le Docteur avait raconté à Donna ce qu'il avait découvert. Donna avait également partagé avec le Docteur, son expérience traumatisante dans la salle de simulation, son horreur devant ce spectacle atroce qu'Oliver lui avait offert.

Donna n'avait pas fait attention où le Docteur l'entraînait. Pour elle tous les couloirs de ce Tardis se ressemblaient. Elle s'était contentée de se laisser emporter par l'assurance du Docteur.

- Vous savez où nous allons? Demanda-t-elle tout de même.

- Je dois en savoir plus sur Oliver, dit-il simplement.

Donna s'apprêtait à lui demander comment il comptait faire cela quand il stoppa sa marche devant une porte. Elle crût reconnaître cette porte, mais elle pouvait très bien se tromper. Le Docteur poussa la porte. Il s'agissait en réalité de la chambre dans laquelle ils avaient trouvé refuge plus tôt. Donna, fatiguée de ses expériences de la journée, vint s'asseoir sur le lit tandis que le Docteur se dirigeait vers la bibliothèque. Bien que la bibliothèque débordait de livres et ne semblait pas avoir de système de classement, elle semblait tout de même entretenue. Les livres n'étaient pas couverts de poussière et les pages n'étaient pas abîmées par le temps. Lorsque Donna regarda le lit sur lequel elle s'était assise, un lit fait au carré avec une minutie militaire, elle comprit pourquoi le Docteur avait voulu revenir ici. De toute évidence cette chambre était entretenue régulièrement, elle était loin d'être abandonnée. Quelqu'un y vivait. Oliver s'était installé ici.

- Venez voir, Donna.

Le Docteur avait rouvert le livre sur l'histoire de Monaris, la planète ravagée par des catastrophes climatiques. Il l'avait ouvert à une page où une cité était représentée en photo. Il mit le livre entre les mains de sa compagne.

- Est-ce que ça vous dit quelque chose ? Demanda le Docteur.

Le lieu n'était pas le même mais il n'y avait aucun doute. Les cabines téléphériques, les immeubles de verres. Il s'agissait de la même ville que Donna avait vu détruite quelques minutes plus tôt. Sans attendre la réponse de Donna, le Docteur continua.

- Monaris avait un niveau technologique similaire à la Terre de votre époque. Mais ils étaient encore plus imprudents. Les monariens ont découverts dans leur sol une énergie fossile qui s'est avérée très propre mais également très instable, le crastinum. Ils ont multiplié les centres de traitement sur toute la planète, si bien que chaque ville disposa, à terme, de son propre centre. Mais un jour, Monaris a fait face à une série de changements climatiques. À l'heure actuelle, on ne sait toujours pas ce qui a causé ces désordres mais très vite les monariens ont essuyé des tempêtes, des tornades et des tremblements de terre. Les installations de crastinum n'avaient jamais été étudiés pour contrer de telles menaces. Elles n'ont pas résisté aux tremblements de terre. L'instabilité du crastinum a entraîné l'explosion des installations, emportant toutes les villes sur lesquelles elles étaient bâties, dans un déluge de flammes.

Donna avait gardé espoir que les images que lui avait montré Oliver n'étaient que le fruit de son esprit malade, mais savoir que cela s'était réellement passé retournait le cœur de la jeune femme.

Le Docteur retourna à la bibliothèque pour chercher des indices sur Oliver, tandis que Donna commença à feuilleter le livre. Alors qu'elle tournait les pages quelque chose tomba sur le sol. Il s'agissait de photographies qui avaient été glissées entre la dernière page et la couverture. Donna ramassa les trois photos et les examina.

La première montrait un paysage lunaire où on pouvait voir la Terre en arrière plan. Devant, se tenait deux personnes en combinaison spatiale orange. Ils semblaient poser devant le Terre comme le ferait des touristes devant un monument. En regardant de plus près Donna distingua les traits d'une jeune femme sous le casque brillant. Un jeune homme se tenait à ses côtés. Malgré la faible qualité de la photo, Donna reconnut les yeux bleus et le visage fin d'Oliver.

Donna passa à la photo suivante. Cette fois-ci on y voyait un groupe de jeunes gens en train de pique-niquer sur une herbe blanche. Il y avait Oliver, la même jeune femme que sur la photo précédente (à ceci près qu'elle avait relâché ses longs cheveux bruns) et un autre jeune homme, plus âgé qu'Oliver et plus imposant physiquement. Tous semblaient passer un moment des plus agréables. Le visage d'Oliver, en particulier, frappa Donna. Il était tout simplement radieux. Le sourire qu'il affichait n'avait rien de similaire à ceux qu'il avait pu leur donner jusque là. Il était paisible.

Enfin sur la dernière photo, Donna reconnut les trois jeunes gens de la photo précédente, alignés les uns à côté des autres, posant pour la photo. À droite se tenait l'homme à la carrure imposante, puis la jeune femme et enfin Oliver. Mais il manquait une personne sur cette photo. La partie gauche, à côté d'Oliver, avait été arrachée, si bien qu'on apercevait uniquement le bras d'une personne posé sur l'épaule d'Oliver, qui affichait toujours son sourire si radieux. Donna mit quelques secondes avant de réaliser ce qui se tenait en arrière plan de la photo. À moins d'un mètre derrière eux se tenait les portes du Tardis.

Donna leva la tête en direction du Docteur.

- Alors c'est ça ? Oliver est un de vos compagnons dans le futur!



Citation:

Le Docteur examina la photo que lui avait tendu Donna. Il avait eu quelques doutes depuis qu'il avait comprit qu'il s'agissait de son Tardis. Les propos d'Oliver sur la Guerre du Temps prouvait qu'il connaissait très bien le Docteur. Ce dernier ne discutait que très rarement de la guerre qui avait décimé son peuple et du rôle qu'il avait joué. De toute évidence le Docteur avait été assez proche d'Oliver pour lui en parler. Mais dans ce cas, pourquoi ce dernier lui en voulait-il à ce point aujourd'hui ? Qu'avait-il bien pu se passer dans la vie d'Oliver pour qu'il en arrive là ?

- Soucieux, Docteur ? Lança Oliver.

Son apparition soudaine fit sursauter Donna qui bondit du lit.

- Vous savez, vous devriez apprendre à vous annoncer avant d'arriver ! Ça devient très agaçant ! Lança Donna.

Oliver ne répondit que par un léger sourire, toujours aussi inquiétant, avant d'apercevoir la photo dans la main du Docteur.

- Oh, je vois que vous avez trouvé des fragments de mon ancienne vie. Tout cela me semble terriblement loin maintenant. Les moments que j'ai passé à voyager avec vous, Docteur, resteront gravés à jamais dans ma mémoire. C'était la première fois depuis de nombreuses années que je me senti aussi libre, aussi heureux de vivre. Aussi aimé.

Donna senti la nostalgie dans les mots d'Oliver. Elle décida d'en profiter.

- Mais pourquoi faites-vous tout ça alors ? N'êtes-vous pas reconnaissant pour ce que le Docteur vous a offert ?

- Reconnaissant ? S'exclama Oliver. C'est justement parce que j'ai voyagé avec le Docteur que je connais son vrai visage. J'étais comme vous également à cette époque. Heureux mais naïf, pensant que le Docteur veillerait sur moi et sur mes compagnons.

La voix d'Oliver s'emporta.

- Mais au final vous verrez Donna. Il finira par vous abandonner ou par vous laisser mourir !

Donna se tourna vers le Docteur qui n'avait pas dit un mot depuis qu'elle lui avait donné la photo. Il était resté de marbre mais elle pouvait voir ses mains trembler. Voir le Docteur rester silencieux inquiétait Donna plus que n'importe quelle menace extraterrestre. Elle regarda la photo qu'il tenait toujours entre ses doigts et nota qu'il la serrait très fort. Comme si elle était lourde de signification.

- Et vos autres compagnons de voyages, que leur est-il arrivé ? Demanda Donna.

Elle préféra orienter la discussion vers les autres personnes sur la photo car elle n'était pas certaine de vouloir entendre ce qui était arrivé à Oliver. Et elle n'était pas certaine qu'elle voulait que le Docteur ne l'entende non plus. Oliver ne répondit pas immédiatement. Il baissa la tête avant de dire doucement :

- Voyez par vous même.

L'image de l'hologramme se brouilla un instant, si bien qu'on ne distinguait plus qu'une silhouette. Au bout de cinq secondes, l'image redevint nette. Une jeune femme avait prit la place d'Oliver, la tête penchée en avant si bien que Donna ne pouvait voir son visage. Mais elle remarqua à sa silhouette et à ses cheveux qu'il s'agissait de la jeune femme qui accompagnait Oliver sur les photos.
Après quelques instants elle leva la tête, dévoilant son visage. À la vue de celui-ci, Donna ne put refréner un cri d'horreur et vint aussitôt plaquer ses mains sur sa bouche.
Si la jeune femme sur les photos avait été séduisante, il n'en était plus rien aujourd'hui. La moitié droite de son visage était brûlée. Il ne restait pas un centimètre carré de peau qui n'était pas calciné et à la place de son œil droit se tenait un trou sombre. Certains morceaux de peau s'étaient détachés, révélant une partie de l'os de la mâchoire de la jeune femme. La partie gauche de son visage avait été quelque peu épargnée mais était tout de même complètement ensanglantée. La jeune femme fixa Donna de son œil unique et leva doucement le bras. Elle la pointa d'un doigt accusateur :

- Tu es la suivante !

Donna lâcha un nouveau cri avant que le Docteur se précipite vers elle et lui tourne le visage.

- Ça suffit ! Cria le Docteur. Donna n'est pour rien dans tout ça ! Si c'est après moi que vous en avez : allez-y. Mais laissez Donna en dehors de tout ça.

L'hologramme changea pour reprendre la forme d'un Oliver souriant et visiblement satisfait de son effet.

- Oh mais elle a tout à voir là dedans, Docteur. S'il y a bien une chose que j'ai compris vous concernant c'est qu'il ne sert à rien de s'en prendre à vous. Si l'on veut vraiment vous faire souffrir, il faut s'en prendre aux gens que vous aimez. L'empathie, Docteur. Certainement l'une de vos plus grandes faiblesses. Une empathie que vous n'avez pas éprouvé à mon égard visiblement.

- Encore faudrait-il que vous le méritiez ! Dit Donna qui s'était remise de ses émotions.

- Mais je n'ai pas toujours été ainsi, répondit-il. Avant que le Docteur ne me trahisse j'étais moi-même quelqu'un de très attentionné, dévoué et loyal. Mais le Docteur a détruit tout cela en moi.

- Mais vous êtes en train de changer votre histoire, continua Donna. Même si vous laissez le Docteur partir après ça, je ne pense pas qu'il vous invitera à bord de son Tardis dans le futur. Je sais que la mémoire du Docteur n'est pas son point fort mais je doute qu'il oublie un coup comme celui-ci.

Elle se tourna vers le Docteur avant de continuer.

- Est-ce que ça ne va pas créer une sorte de paradoxe ?

Le Docteur ne répondit pas mais son regard se posa sur Oliver, comme s'il attendait la réponse du jeune homme.

- Avec votre Tardis en ma possession je pourrai aisément manipuler les lignes temporelles pour soigner ce petit paradoxe.

- Mais c'est impossible, intervint le Docteur. Vous ne pouvez pas avoir les connaissances nécessaires !

- Non Docteur. « Vous » ne pouvez pas avoir les connaissances nécessaires ! Je ne suis peut-être pas un Seigneur du Temps mais je suis très certainement ce qui s'en rapproche le plus. Contrairement à vous qui faites honte à votre planète d'origine. Il ne me manque plus que votre clé, Docteur.

Oliver marqua une pause et porta sa main derrière son oreille.

- Et écoutez, je crois que vos amis Cybermen viennent pour la récupérer. Et accessoirement, terminer le travail avec Donna.

En effet, le Docteur et Donna entendirent très clairement les pas de Cybermen se rapprocher d'eux. Le Docteur saisit alors la main de sa compagne et sortit à toute allure de la chambre, passant une nouvelle fois à travers le corps immatériel d'Oliver. Il laissa tomber au sol la photographie d'Oliver et de ses compagnons.

Oliver fixa un instant la photo avant de disparaître.




Citation:

Donna sentait le Docteur lui serrer la main plus fort que jamais. Le fait d'arpenter à nouveau ces couloirs, poursuivie par des Cybermen, était certainement une source de stress capable de faire paniquer le Docteur. Mais Donna sentait que plus que les Cybermen, c'étaient les révélations d'Oliver sur le futur du Docteur qui le bouleversaient. De ce que la jeune femme savait des anciens compagnons de voyage du Docteur, même s'ils ne l'avaient pas tous quitté dans la joie, ils étaient, pour la majeure partie, aujourd'hui sains et saufs. Mais là, Oliver venait d'annoncer qu'au moins une des ses futurs compagnes allait mourir. Une mort qui semblait très violente au vue de la projection qu'avait montré Oliver. Comment le Docteur pouvait-il réagir face à cela ?

Arrivé à un croisement, le Docteur s'arrêta. Donna en profita pour reprendre son souffle.

- Vous les entendez encore ? Demanda-t-elle.

- Non. Mais ils ne doivent pas être loin, répondit le Docteur en penchant sa tête pour surveiller le couloir dont ils venaient. Je pense savoir où se cache Oliver mais le problème c'est que je ne connais pas l'architecture de ce Tardis en détail. Pas encore.

- « Où il se cache » ? Répéta Donna. Mais vous m'avez dit qu'il ne s'agissait que d'un programme informatique.

Le Docteur lança un regard perplexe à sa compagne. Donna connaissait ce regard. Il le lui avait déjà donné à plusieurs occasions lorsqu'elle lui posait une question dont la réponse semblait évidente aux yeux du Docteur.

- C'est ce que je pensais au départ. Mais une intelligence artificielle ou une interface quelconque ne peut avoir l'imagination dont a fait preuve Oliver jusque là.

- L'imagination ? Vous voulez dire la cruauté, répondit Donna qui se remémorait l'attaque du Cyberman, la salle de simulation et le visage ravagé de la compagne du futur.

- La cruauté nécessite une bonne dose d'imagination, Donna.

Donna ne souhaita pas argumenter sur la dernière remarque du Docteur et préféra demander :

- Mais tout à l'heure, le scan du Tardis nous a indiqué que nous étions seuls à bord du vaisseau. Comment ça se fait ?

- Je sais, mais il a pu aisément trafiquer les données. En revanche il n'a pu le faire que depuis la salle de contrôle. C'est là que nous devons aller. L'ennui, comme je vous l'ai dit, c'est que je ne sais pas où elle se situe.

- Mais est-ce que...

Donna fut interrompu par un laser qui vint frapper le coin du mur derrière lequel ils s'étaient réfugiés. La réaction du Docteur fut immédiate : il saisit à nouveau la main de la jeune femme et se remit à courir.
Ils entendaient tous les deux les pas de plusieurs Cybermen s'accélérer. De toute évidence Oliver avait décidé de passer à la vitesse supérieure.

- Je peux réussir à trouver la salle de contrôle, dit le Docteur tout en courant. Mais pas en étant poursuivi par des Cybermen en colère. Il faut d'abord que l'on s'en débarrasse.

- Et vous avez un plan pour les neutraliser ?

Le Docteur freina sec lorsqu'il entendit la question de Donna. « Les neutraliser ». Il se tourna vers sa compagne et lui offrit un des ses plus beaux sourires.

- Donna, vous êtes brillante ! Dit-il en la prenant dans ses bras.

- Docteur, je ne crois pas que nous avons le temps.

Le Docteur relâcha son étreinte avant de se retourner. Il jeta rapidement un œil à sa droite et à sa gauche.

- Très bien, on ne doit pas être trop loin.

- Trop loin de quoi ? Demanda Donna.

- Si je me souviens bien, après ce croisement nous arrivons à une allée bordée de colonnes et elle se trouvera au bout à droite.

- Mais qui ?

- La chambre de neutralisation, lança le Docteur comme une évidence.

Il saisit la main de Donna et se remit en marche.

- Vous voyez Donna, la chambre de neutralisation à pour rôle de bloquer toute source d'énergie potentiellement dangereuse. Si j'arrive à la reprogrammer je devrai être en mesure de défaire les Cybermen pour de bon.

Le Docteur ne s'était pas trompé. Après seulement quelques instants ils se retrouvèrent devant la porte de la chambre de neutralisation. Le Docteur s'approcha du clavier pour déverrouiller la porte.

- Comment allez-vous faire pour l'ouvrir ? Demanda Donna.

- Rien de plus simple, fit le Docteur. Je vous rappelle qu'il s'agit de mon Tardis, je pense être en mesure de deviner la combinaison que mon futur moi a choisi.

Avec assurance il saisit une combinaison sur le clavier. La porte resta fermée.

- Alors ? Demanda Donna les bras croisés.

Le Docteur se passa la main sur la nuque, un peu gêné. Il finit par sortir son tournevis et délogea le clavier de sa paroi dévoilant plusieurs fils électriques. Après quelques secondes de manipulation la porte finit par s'ouvrir.

- Rien de plus simple, se moqua Donna en entrant dans la pièce.

Le Docteur ferma la porte la porte derrière lui et pressa le bouton de verrouillage d'urgence situé à côté de la porte. Un bouton similaire était disposé au dessus du clavier, du côté du couloir. La difficulté de cette pièce n'était pas de la fermer mais de l'ouvrir.

- Le verrouillage ne tiendra pas longtemps à partir du moment où Oliver a accès à toutes les commandes du Tardis.

Il se dirigea vers une console à droite de la porte et commença à pianoter. Donna, quand à elle, admirait les hautes colonnes en cercle au milieu de la pièce. Le Docteur se tourna soudainement vers elle.

- Mettez-vous au milieu du cercle Donna et ne bougez pas ! Ordonna le Docteur.

- Pourquoi faire ? Demanda-t-elle tout en s'exécutant.

- Il faut que tous les Cybermen soient à l'intérieur du cercle lorsque j'activerai cette manette.

- Oh donc je fais l'appât, merci ! S'exclama Donna. Pourquoi est-ce que vous ne le faites pas vous-même ?

- Parce que je dois m'occuper des commandes et que...

Il marqua une pause quand il entendit plusieurs Cybermen arriver derrière la porte.

- Et que visiblement les Cybermen ont pour ordre de s'en prendre à vous, continua-t-il rapidement.

- Oh merci beaucoup ! Mais attendez, et si ils me tirent dessus avant d'être entré dans le cercle ?

- Ils auraient pu vous tuer la première fois mais se sont contenter de vous laisser inconsciente.

Donna n'eut pas le temps de répondre au Docteur. La porte s'ouvrit soudainement, laissant entrer cinq Cybermen dans la pièce. Ils ne prêtèrent pas attention au Docteur et se dirigèrent directement vers Donna qui se tenait, fébrile, au milieu de la pièce. Les Cybermen semblait avoir ralenti le rythme à leur arrivé dans la pièce et avançaient maintenant vers Donna quasiment à l'unisson. Donna tremblait de tout son corps alors que les regards vides des Cybermen se posaient sur elle. Le Docteur tremblait également, prêt à abaisser la manette dès que le dernier Cyberman pénétrerai le cercle. Mettre la vie de Donna en danger le répugnait mais il n'avait pas d'autre option. Les Cybermen continuaient d'avancer vers Donna, les bras en avant, prêts à saisir le coup de la jeune femme. Enfin, les cinq Cybermen se trouvaient maintenant tous dans le cercle. Le Docteur abaissa alors violemment la manette de ses deux mains.

Mais rien de se passa. Les Cybermen continuaient d'avancer vers sa compagne. Il réessayait une seconde fois avec le même résultat.

- Docteur c'est quand vous voulez ! Hurla Donna qui reculait au fur et à mesure que les Cybermen approchaient, elle était presque sortit du cercle.

Le Docteur continuait d'abaisser la manette en vain. Alors qu'il regardait ses ennemis menacer sa compagne il remarqua à la base de la nuque des Cybermen un boîtier noir qu'il n'avait jamais vu chez d'autres Cybermen. Ce devrait être avec cela qu'Oliver les contrôlait.

Le Docteur profita que l'attention des Cybermen soit portée sur Donna pour avancer le plus rapidement possible vers l'un d'eux. En l'espace de cinq secondes le Docteur pointa son tournevis sur le boîtier noir et parvint à l'arracher à son propriétaire. Le Cyberman s'écroula comme une marionnette à qui l'on venait de couper les fils. Immédiatement toute l'attention des quatre autres Cybermen se dirigea vers le Docteur.

- Courez, Donna ! Hurla-t-il à sa compagne avant de faire de même.

Il atteignit très rapidement le seuil de la porte tandis que Donna arrivait aussi vite que possible. Les Cybermen levèrent leur bras droit à l'unisson et se mirent à tirer. Deux tirs frappèrent le haut de la porte, un s’abattit sur le sol et un dernier vint faucher la jambe droite de Donna alors qu'elle arrivait à hauteur du Docteur. La compagne vint s'écrouler sur le Docteur, les faisant chuter tous les deux à l'extérieur de la pièce. Le Docteur se releva immédiatement et plaqua sa main sur le bouton de fermeture d'urgence. La porte se ferma brutalement sur les tirs des Cybermen. Le Docteur se dirigea ensuite là où se situait le clavier qu'il avait délogé. Il saisit les fils électriques qu'il avait utilisé pour ouvrir la porte et les arracha dans une gerbe d'étincelles. Il retourna ensuite auprès de sa compagne, toujours au sol.

- Donna, est-ce que ça va ? Lui demanda-t-il en examina sa jambe. Heureusement la blessure n'était que superficielle, le tir l'avait seulement effleuré.

- Je croyais qu'ils ne devaient pas tirer ! Répondit sèchement Donna qui ne semblait pas anéantie par la douleur.

- Et bien... ils ne vont ont pas tuer.

- Fantastique ! Répondit-elle.

Le Docteur sourit. Heureux de voir que malgré ces épreuves Donna avait su rester la même. Il l'aida à se relever.

- Vous pensez pouvoir marcher ?

- Je pense que ça va aller. Mais ne me demandez pas de courir avant quelques temps.

- Ça devrait être bon maintenant que les Cybermen sont enfermés. Avec les commandes endommagées, il va être bien plus difficile pour Oliver de commander l'ouverture de la porte. Il ne nous reste plus qu'à trouver Oliver.

- Lui j'aurai quelques mots à lui dire!




Citation:

Même si elle ne voulait rien laisser paraître Donna souffrait terriblement de la jambe. L'adrénaline étant retombée, la douleur s'était réveillée pour le grand damne de la jeune femme. Le Docteur était peut-être habitué aux blessures « superficielles » mais pour Donna la douleur s’apparentait à un fer rouge que l'on aurai planté dans sa jambe. En d'autres circonstances elle n'aurait pas hésité à demander au Docteur de s'arrêter de marcher pour se reposer mais la situation était bien trop préoccupante. Le Tardis avait disparu, Oliver semblait tout connaître du Docteur et Donna n'avait rien été d'autre qu'un outil dans ses mains dans le but d'atteindre le Docteur. Même si les Cybermen étaient bien enfermés comme l'avait dit le Docteur ; qui pouvait savoir quel autre danger renfermait le Tardis d'Oliver ? Alors qu'elle regardait le Docteur examiner l'appareil qu'il avait arraché au Cyberman, Donna profita que celui-ci ne la regardait pas pour s'adosser à un mur et reposer sa jambe. En silence elle ferma les yeux et grimaça de douleur. Elle les rouvrit instantanément lorsqu'elle entendit la voix du Docteur

- Ça ne va pas Donna ? Demanda-t-il. Il avait abandonné l'appareil pour porter son attention vers sa compagne et dirigeait vers elle un regard inquiet. C'est votre blessure, elle vous fait souffrir ?

- Non, non. C'est juste une crampe, ça va aller, mentit Donna avant de changer de sujet. Qu'allez-vous faire avec cet engin ?
Le Docteur marqua une pause avant de lui répondre. Il semblait avoir remarqué que sa compagne lui mentait mais ne releva pas.

- Il s'agit d'un récepteur de signal qui permet à Oliver de contrôler le Cyberman qui le porte. Si il reçoit toujours un signal, je devrais être en mesure d'en déterminer la source.

Il pointa son tournevis sur le boîtier jusqu'à ce que l'appareil sonique se mette à émettre une série de bips réguliers.

- Bingo ! S'exclama le Docteur. Il a trouvé la source du signal. On peut aller chercher Oliver, continua-t-il avec enthousiasme.

Il saisit la main de Donna et se mit en marche. À la grande surprise de la jeune femme, le Docteur avança d'un pas léger. Elle réalisa rapidement qu'il avait comprit que sa compagne souffrait plus qu'elle ne le laissait paraître et avait décidé de la ménager. Un sourire se dessina au coin des lèvres de Donna.

- Bingo ? Vraiment ? Se moqua Donna. Ne me dites pas que ça sera votre nouvelle expression fétiche.
Le Docteur regarda sa compagne d'un air légèrement vexé avant de reporter son attention sur le son qu'émettait son tournevis. Un léger sourire commença également à s'afficher sur le visage du Docteur.

******************************


Après quelques minutes ils arrivèrent face une porte semblable aux dizaines qu'ils avaient croisé jusque là. Mais devant celle-ci le tournevis du Docteur émit un son strident qui perça les oreilles de Donna et du Docteur.

- Ce doit être ici, fit le Docteur en grimaçant alors qu'il rangeait son appareil. En toute logique il s'agit de la salle contrôle et également l'endroit où l'on devrait trouver Oliver.

Le Docteur actionna le dispositif d'ouverture de la porte et s'apprêta à franchir le seuil quand sa compagne lui saisit le bras.

- Est-ce bien sage, Docteur ? Est-ce que l'on n'est pas en train de se jeter dans la gueule du loup ? La porte n'était même pas verrouillée.

- Que voudriez-vous faire, Donna ? Faire demi-tour ? Errer dans les couloirs de ce vaisseau dont nous ne savons rien en espérant tomber miraculeusement sur notre Tardis ? Je comprends que vous puissiez être effrayée mais lorsque l'on se trouve dans une impasse, la meilleure chose à faire est encore d'avancer. Aussi paradoxal que cela puisse paraître.

Devant le regard intense du Docteur, Donna finit par le lâcher. La jeune femme savait qu'il avait raison mais elle ne pouvait s'empêcher de penser que c'était la curiosité du Docteur qui le contrôlait et non pas son instinct de survie.

En passant le seuil de la porte, la première chose qui vint à l'esprit de Donna était que le Docteur avait encore fait une erreur. Comment cette pièce pouvait-elle être la salle de contrôle du Tardis ? Elle devait facilement faire le triple de la taille que celle que Donna connaissait et, de là où elle se tenait, aucune console n'était visible. La jeune femme remarqua rapidement qu'elle surplombait la salle depuis le haut d'un large balcon. De chaque côté de ce dernier se trouvaient des marches descendant une demi-douzaine de mètres plus bas. Donna fit quelques pas devant elle avant de heurter une rambarde métallique. De sa position elle avait une vue d'ensemble de la pièce. D'un ovale parfait, la salle de contrôle s'étendait en profondeur jusqu'à un immense écran concave où l'on pouvait apercevoir une nébuleuse bleutée dans le vide spatiale. Juste en dessous d'elle, Donna vit enfin la console, aussi différente que le reste de ce Tardis l'avait été jusque là. La colonne centrale ne venait pas toucher le plafond mais sortait de la console d'à peine plus d'un mètre. À sa grande surprise elle remarqua que le Docteur avait déjà descendu les escaliers sans l'attendre. Elle décida de le rejoindre en emprunta l'escalier gauche. Alors qu'elle descendit les marches elle nota que de nombreux câbles traînaient au sol. Arrivée au niveau du Docteur, Donna suivit du regard le chemin que prenaient ces câbles. Plusieurs descendaient les marches qu'elle venait d'emprunter, de même que sur l'escalier de droite tandis que d'autres tombaient du balcon. Tous ces câbles étaient raccordés à d'imposantes consoles électroniques de la taille d'une armoire en bas des escaliers. Cet aspect négligé ne correspondait en rien à ce que Donna avait vu du Tardis d'Oliver jusque là. Jusque là tout avait été immaculé, impeccablement ordonné, à l'image de sa chambre, mais cette pièce-ci était plus sombre et une odeur de métal brûlé y régnait. Derrière ces consoles, Donna porta son attention sur la nébuleuse bleutée à l'écran tandis que le Docteur se dirigea vers la console de contrôle.

Entourée par les deux escaliers, la console se trouvait encore légèrement en contrebas du reste de la pièce. Après avoir descendu les trois petites marches, le Docteur put enfin examiner la console de près. Le rotor temporel ressemblait d'avantage à ce qu'il avait été il y a fort longtemps. La forme triangulaire du rotor était toutefois une originalité à laquelle le Seigneur du Temps ne s'était encore jamais tenté. Les commandes, quant à elles, n'avaient rien de singulières. Un œil non averti aurait certainement considéré toutes ces manettes, boutons ou leviers comme un ramassis de bric à brac assemblé aléatoirement mais le Docteur reconnu immédiatement l'utilité de chacune de ces commandes. Ainsi sa surprise fut grande lorsqu'il les manipula rapidement et effleura des doigts le rotor du Tardis.

- Ce n'est pas possible, marmonna le Docteur alors qu'il se déplaça autour de la console.

Donna, qui l'avait entendu, vint le rejoindre.

- Qu'y-a-t-il, Docteur ?

Le Seigneur du Temps s’apprêta à répondre à sa compagne lorsqu'il entendit une porte grincer et se claquer juste derrière lui. Les deux amis se retournèrent pour faire face à Oliver qui se tenait devant deux portes blanches en bois surplombées d'une inscription que Donna reconnu même à l'envers : POLICE PUBLIC CALL BOX. Il s'agissait de la porte d'entrée du Tardis. Un des rares éléments en commun que ce Tardis avait avec celui qu'elle connaissait. Sans qu'elle comprenne pourquoi cela rassura Donna. Du moins jusqu'au moment où elle aperçut l'arme qu'Oliver pointait sur elle et le Docteur.



Citation:

Il était étrange de voir Oliver porter une arme dans ses mains. Malgré tout ce qu'il avait fait subir à Donna et au Docteur, physiquement le jeune homme n'avait jamais réellement dégager d'aura meurtrière. Aussi, à le voir pointer ce staseur contre elle, Donna ne pût s'empêcher de penser que les armes à feu ne correspondait pas au style d'Oliver. Il avait été malin, manipulateur, cruel mais avait su garder une certaine « classe ». Cette arme ne reflétait pas l'intelligence dont il avait fait preuve jusque là.
Comme s'il avait pu lire dans les pensées de Donna, le jeune homme lança :

- Je suis désolé de recourir à une forme de menace aussi primaire mais il semblerait que quelqu'un ait neutralisé mes Cybermen. Même si, comme vous Docteur, je méprise les armes à feu, je dois bien avouer qu'elles peuvent se montrer utiles dans certaines conditions.

Les mots d'Oliver étaient toujours aussi précis mais le ton de sa voix avait légèrement changée. Comme si être face au Docteur en chair et en os l'avait soudainement rendu nerveux.

- Donc vous avez décidé d'arrêter de jouer les hologrammes, lança le Docteur. Je dois avouer que vous faites beaucoup plus petit en vrai, je suis un peu déçu.

Oliver sembla déstabilisé par la remarque du Docteur. Quelques heures plus tôt, il aurait certainement rit à cette tentative du Docteur de déboussoler son adversaire. Mais là, Oliver ne fit que resserrer nerveusement les doigts sur son arme avant de plonger son autre main dans une de ses poches. Sans un mot il en sortit un petit boîtier noir qui émit un bip lorsqu'il pressa un bouton. Une trappe carrée s'ouvrit alors à la gauche du jeune homme de laquelle sortit la boîte bleue du Docteur.

- Le Tardis ! S'exclama Donna à l'attention du Docteur comme si ce dernier ne l'avait pas reconnu.

- Oui, votre Tardis Docteur, répéta Oliver. Je vous remercie pour ce magnifique cadeau, vous n'avez pas idée des possibilités que cela va m'offrir.

- À quoi cela peut il vous servir d'avoir deux Tardis ? Fit Donna.

Un silence régna pendant quelques secondes. Oliver et le Docteur se fixèrent, l'un sondant l'autre du regard. Au bout d'un moment le Docteur se tourna vers sa compagne.

- Donna, nous ne sommes pas dans un Tardis. C'est un faux. Un faux presque parfaitement imité mais un faux.

- Comment ? Demanda la jeune femme, estomaquée.

Le Docteur se tourna alors vers la console, il poussa un levier, appuya aléatoirement sur quelques touches sans que rien ne se passe.

- Tout ceci n'est rien d'autre qu'une mise en scène, continua-t-il en tapotant le rotor temporel. Il n'y a pas énergie atron, pas d'œil de l'harmonie...

Il se retourna alors vers Oliver.

- Et il n'est certainement pas plus grand à l'intérieur !

- Il y a encore du travail, c'est vrai, répondit Oliver visiblement peu surpris que le Docteur ait découvert son secret. Le circuit de dimensions transcendantales n'est pas encore au point, la chambre de neutralisation, comme vous l'avez constaté, n'est pas opérationnelle...

- C'est pour ça n'a pas fonctionné sur les Cybermen ? Coupa Donna, qui n'en revenait toujours pas.

- Il y a encore beaucoup de choses à finaliser, c'est vrai, dit Oliver.

- Mais vous n'y parviendrez pas, lança le Docteur. Tout cela n'est que du bricolage !

- Un bricolage qui a tout de même réussi à vous extirper du vortex en plein vol, Docteur ! S'énerva le jeune homme.

La voix d'Oliver s'emballa lors de cette dernière phrase. Comme s'il s'était jusque là retenu de répondre aux provocations du Docteur.

- Alors vous avez construit ce Tardis uniquement dans le but de piéger le Docteur ?

Oliver, qui avait retrouvé son calme secoua la tête.

- Vous n'y êtes pas du tout Donna. Voyez-vous, le Tardis du Docteur a été pour moi un refuge après tant d'années passées sans toit.

Il marqua une légère pause avant de poser à nouveau un regard noir sur le Docteur.

- Et lorsqu'il me chassa, je ne me voyais habiter nul part ailleurs ! J'ai donc entrepris de reconstruire mon refuge.

- Tout seul ? S'interrogea le Docteur. Vous avez construit tout ça par vous même ?

Le Seigneur du Temps semblait sincèrement impressionné. Même si ce vaisseau n'était rien en comparaison d'un Tardis, sa construction relevait tout de même du génie.

- Et bien, il a fallu « convaincre » certains entrepreneurs et « pirater » quelques projets de recherches, répondit Oliver sans cacher une certaine fierté.

- Mais ce n'est pas suffisant. Ce n'est pas comme ça que l'on bâtit un Tardis !

- Ne prenez pas cet air supérieur avec moi, Docteur ! S'énerva encore Oliver. Ne croyez pas que je ne sais pas comment fonctionne un Tardis. J'en sais très certainement autant que vous, si ce n'est plus !

Le Docteur ne sembla pas interpellé plus que cela par cette dernière remarque d'Oliver mais Donna se questionna. Alors qu'elle s'apprêtait à demander à Oliver comment un humain pouvait-il en savoir d'avantage sur le Tardis, elle fût interrompu par le Docteur

- Alors vous savez que ce vaisseau ne peut voyager dans le temps.

- Peut être pas de la manière traditionnelle des Seigneurs du Temps mais il y a bien un moyen. En utilisant votre Tardis, très rapidement mon vaisseau sera en mesure de voyager dans le temps lui aussi.

Le Docteur resta silencieux. Il ne voyait pas où Oliver voulait en venir. Oliver ne pouvait avoir l'arrogance d'essayer recréer ou de copier la matrice de son Tardis pour l'implanter à son vaisseau. C'était impossible. Oliver devait avoir autre chose en tête.

- Le chronon paradoxe ! Cria le Docteur, s'interrompant lui-même dans ses pensées.

- Le chronon paradoxe ! Confirma Oliver.

- Qu'est-ce que c'est que le chronon paradoxe ? Demanda Donna.

Le Docteur se tourna vers Donna, faisant abstraction d'Oliver.

- Lors de chaque voyage temporel, des particules, que l'on appelle chronons, sont relâchées. Mais pour pouvoir initier un premier voyage temporel il faut des chronons. D'où le paradoxe.

- Et en utilisant votre Tardis je libérerai les particules nécessaires au fonctionnement de mon vaisseau, conclut fièrement Oliver. Et j'arriverai enfin à mon but.

Oliver avait reprit l'ascendant sur ses adversaires. Ses mots étaient bien plus assurés que quelques minutes auparavant. Il avait fini par s'habituer à faire face directement au Docteur, sans hologramme, sans Cyberman.

- Mais dans quel but ? Fit Donna, exaspéré par cette situation qu'elle peinait à comprendre.

- Afin de pallier au paradoxe de votre mort, répondit froidement Oliver.




Citation:


Donna lança un regard inquiet en direction du Docteur. Malheureusement, le visage de ce dernier ne la rassura guère. Elle vit dans son regard la même inquiétude qui l'avait atteinte. Elle avait tellement de questions qui se bousculaient dans sa tête suite aux mots d'Oliver « pallier au paradoxe de sa mort ». Mais Donna n'était pas morte. Et pourquoi sa mort entraînerait-elle un paradoxe ? Comment Oliver voulait-il le pallier et surtout pourquoi ? Mais la jeune femme ne parvint pas à sortir un seul mot. Elle se contenta de se tourner vers Oliver en attendant qu'il s'explique.

Le jeune homme, amusé du désarroi de Donna, s'expliqua.

- Vous l'avez dit vous-même, après les événements d'aujourd'hui comment le Docteur pourrait accepter de voyager avec moi dans l'avenir ? Surtout après votre mort, Donna. Car oui, j'ai peut-être oublié de le préciser. Lorsque j'aurai fini de jouer avec vous, Donna, ce sera la fin du voyage.

En entendant ces mots le Docteur perdit son sang froid et se mit à avancer d'un pas menaçant vers Oliver. Ce dernier, quelques peu surpris par l'attitude du Docteur, réagit tout de même rapidement en appuyant sur la gâchette. Un rayon lumineux sortit de son arme avant de s'écraser sur le bras droit de Donna qui poussa un cri de douleur. Le Docteur se précipita alors instantanément vers sa compagne pour s'assurer de son état.

- Ça va aller, rassura Donna.

Le Docteur se retourna alors pour faire face à Oliver avec un de ses visages les plus sombres.

- Oh ce regard, Docteur ! Je l'ai vu tant de fois lorsque j'étais à vos côtés. Je ne pensais jamais le voir dirigé contre moi !

Oliver se racla la gorge avant de reprendre d'un ton plus calme.

- Comme je le disais, le fait que je tue ici votre compagne entraînera un paradoxe assez évident. Je tue Donna, vous m'en voulez, vous ne m'invitez pas à voyager avec vous, vous ne m'abandonnez pas comme un chien, je ne vous connais pas et je n'ai donc aucune raison de faire du mal à votre compagne. Un paradoxe assez basique en somme. Mais comment donc peut-on faire pour maintenir en place un tel paradoxe, Docteur ? Demanda naïvement Oliver.

- Une machine à paradoxe... répondit fatalement le Docteur.

Oliver afficha un grand sourire face à l'abattement du Docteur.

- Votre ami le Maître n'était pas le seul Seigneur du Temps à maîtriser cette technologie, continua-t-il.

- Mais vous n'êtes pas un Seigneur du Temps ! S'énerva le Docteur.

- Non !Hurla Oliver comme pour surenchérir sur le Docteur. Et par votre faute il n'y en aura plus jamais !

Les mots d'Oliver résonnèrent sur les murs de la salle de contrôle. Il venait à nouveau de perdre son sang froid. La main qui tenait son arme tremblait alors que son visage commençait à se crisper. Il continua d'une voix frémissante.

- Si vous saviez comme je meurs d'envie de vous tuer, Docteur. Mais même si ma satisfaction sera grande sur le moment, votre souffrance, elle, ne durera qu'un instant. Une fois que j'aurai activé ma machine et tué votre chère Donna, vous ne vous souviendrez même plus de cette journée. Peut-être même plus de Donna, qui sait ? Une machine à paradoxe peut réserver quelques surprises. Mais une chose est certaine, vous ressentirez toujours ce vide et saurez au fond de vous que par votre faute une de vos amies a trouvé la mort. Et qui sait, peut-être répéterai-je cela sur d'autres de vos compagnons.

- Mais vous avez vous-même été un compagnon de voyage du Docteur, lança Donna, même si vous en voulez au Docteur, ces gens ne vous ont rien fait. Et vous voudriez les tuez uniquement pour faire souffrir le Docteur ? Est-ce que vous n'avez rien appris à ses côtés ?

La main sur sa blessure, Donna se tourna vers le Docteur. Comment avait-il pu proposer à Oliver, ce fou dangereux, ce meurtrier, de le rejoindre à bord du Tardis pour lui faire découvrir l'Univers ? Elle en savait au final assez peu sur les compagnons que le Docteur avait invité à bord. Elle avait déjà rencontré Martha ; et Rose était encore très présente dans l'esprit du Seigneur du Temps lors de leur première rencontre. Mais le Docteur lui avait une fois annoncé que plus d'une trentaine de personnes avaient voyagé avec lui depuis qu'il avait quitté sa planète natale. Elle n'avait donc, comme souvent avec le Docteur, fait qu'effleurer la surface. Donna était pourtant certaine d'une chose : le Docteur savait juger les gens précisément les gens.

- Allez-y Donna, intervint Oliver. Vous en mourrez d'envie. Demandez à votre cher Docteur comment il a pu voyager avec quelqu'un d'aussi malfaisant que moi. Quelqu'un prêt à tuer une personne juste pour en faire souffrir une autre. Allez-y, demandez lui ! Mais il ne vous répondra pas, car lui-même l'ignore encore.

Le mutisme du Docteur, d'habitude si éloquent, rendait Donna d'autant plus nerveuse.

- Je n'étais pas différent de vous au départ, Donna, continua Oliver. Enthousiaste, plein d'espoir, prêt à suivre le Docteur au bout de l'Univers. Cette vie, bien que pleine de dangers, m'offrait l'opportunité de voir ce que peu de personnes dans toute l'histoire de la Création pouvaient voir. Quand je repense à mon temps aux côtés du Docteur, il m'aurait été impossible de, ne serait-ce qu'imaginer, vouloir faire le souffrir. Mais vous Docteur ! Vous m'avez rendu mauvais !

Alors que sa voix s'emportait à nouveau il pointa son arme vers le Docteur, comme un doigt accusateur. Le Seigneur du Temps et sa compagne restèrent tout deux muets face à Oliver.

- Peut-être voudriez-vous que je vous raconte mon histoire, continua Oliver.

Ni le Docteur, ni Donna ne répondirent. La jeune femme mourrait d'envie de savoir ce qui avait pu transformer Oliver en ce monstre tout comme elle était très curieuse sur l'avenir du Docteur. Mais elle se doutait que ce dernier ne souhaitait pas nécessairement connaître son futur, surtout s'il avait engendré quelqu'un comme Oliver. Elle s'attendait à une objection du Docteur, arguant un risque temporel accompagné de charabia technique pour lui de connaître son avenir mais ce dernier se tût. Sa curiosité semblait l'avoir emporté.

- Très bien alors je vais commencer, dit Oliver comme s'il s’apprêtait à réciter un discours. Mon souvenir le plus ancien doit remonter à mes 4 ans. Je me souviens du sol qui tremblait sous mes pieds, des immeubles se fracassant autour de moi. Je me souviens d'une foule apeurée me bousculant, me séparant de ma mère. Aujourd'hui encore je n'arrive pas à me rappeler de son visage. Je n'entends que sa voix m'appeler avant de s'éteindre.

Oliver marqua une courte pause, comme si se souvenir de ce moment lui demandait un réel effort. Au vue de l'âge qu'Oliver semblait avoir, Donna déduit que cela avait du se passer il y avait plus de vingt ans. Oliver continua :

- Après que la foule m'ait dépassé je me suis retourné pour voir ce que les gens fuyaient et je vis au loin un mur de flamme se rapprochant. Terrorisé par cette vision je ne pouvais plus bougé. Jusqu'à ce qu'une personne saisisse mon bras et me dise de la suivre. Il ne s'agissait pas de ma mère mais d'un parfait inconnu. Sans réagir je laissa cet homme m'entraîner à l'intérieur de son Tardis.

- Son Tardis ? Répondit le Docteur, estomaqué. Vous voulez dire que je... ?

Oliver leva les yeux au ciel.

- Ce que vous pouvez être égocentrique, Docteur, répondit Oliver. Pensez-vous être le seul à n'avoir jamais possédez un Tardis ?

- Il s'agissait d'un autre Seigneur du Temps alors ? Demanda Donna.

- Est-ce que le nom de Lord Lianos vous dit-il quelque chose, Docteur ?

- Non.

- Non, bien sûr que vous ne le connaissez pas, continua Oliver. Lianos n'était pas un renégat comme vous, il était en mission pour le Haut Conseil afin d'étudier et de comprendre les causes de la destruction de Monaris, ma planète natale. Bien entendu mon sauvetage allait à l'encontre de toutes les règles Gallifreyennes, les Seigneurs du Temps ayant fait de la non-intervention leur leitmotiv. Mais ce n'était qu'une règle. Et il n'est pas toujours facile de regarder un peuple entier brûler sans rien faire. J'imagine que Lianos m'a secouru afin d'apaiser quelque peu ce sentiment de culpabilité.

- Ce Lianos me semble quelqu'un de bien, j'aurai aimé le connaître, dit sincèrement le Docteur profitant du calme qu'avait retrouvé Oliver.

- Oui, sachez vous n’étiez pas le seul parmi les Seigneurs du Temps à avoir une conscience, s'énerva Oliver.

- Je n'ai jamais dit ça, se défendit le Docteur.

Le calme d'Oliver n'avait pas duré longtemps. Il semblait prendre chaque mot du Docteur comme une attaque. Qu'importe ce que ce dernier aurait pu dire, ce n'aurait pas satisfait Oliver. Donna essaya alors de réorienter la conversation.

- Que s'est-il passé une fois que vous êtes monté à bord du Tardis de Lianos ? Demanda la jeune femme.

Oliver marqua une pause. Il finit par lâcher le Docteur du regard pour le porter sur Donna.

- Lianos manipula quelques commandes et nous décollâmes loin de Monaris. Il ne m'a pas tout de suite dit que toute ma famille, tout mon monde et tout ma vie venaient d'être détruits. Il se contenta de m'expliquer que nous partions en voyage pour quelques temps. Sa mission sur Monaris étant terminé il devait rentré le plus rapidement possible sur Gallifrey. Mais il ne pouvait pas expliquer ma présence au Haut Conseil. Ainsi lorsque nous sommes arrivés sur Gallifrey, il m'ordonna de rester à l'intérieur du Tardis.
J'étais un petit garçon timide et très influençable, j'ai donc obéis donc sans discuter, comme je l'avais fait depuis qu'il m'avait fait monter à bord. Il ne partit peut être que deux ou trois heures mais, enfermé dans la salle de contrôle avec toutes ces commandes lumineuses et ce bruit incessant, cela me parût durer des jours. Mais Lianos finit par revenir et nous quittâmes Gallifrey aussitôt. Il avait réussi à se faire assigner une nouvelle mission d'observation.
Je pense qu'encore à ce moment-là, il ne savait pas ce qu'il allait faire de moi. Il était toujours resté très secret sur sa vie passée mais j'avais cru comprendre qu'il avait eu un enfant qu'il avait depuis perdu. Cela dit je n'ai compris cela que bien plus tard. Les cinq années qui suivirent furent assez floues. J'avais énormément de mal à me repérer dans le Tardis et l'absence de cycle jour/nuit normal est très perturbant pour un enfant.

- Attendez, attendez, attendez, intervint le Docteur. Vous voulez dire que vous avez passé plus de cinq ans à bord du Tardis et ce sans jamais en sortir ?

- J'y ai passé ma vie ! Corrigea Oliver. Lianos choisissait volontairement des missions de longues durées pour passer le moins de temps possible sur Gallifrey. Les quelques fois où nous y allions je restais caché dans le Tardis en attendant son retour. Selon lui, il aurait été trop dangereux pour moi de sortir. Et ce même si je mourrai d'envie de découvrir cette planète après qu'il m'ait montré quelques projections de la Capitale et des montagnes.

Donna repensa à la chambre de simulation dont elle avait fait l'expérience plutôt et se demanda si Oliver faisait référence à cette même technologie.

- Alors, lorsque je devais avoir dix ans, j'ai profité d'une escale sur Gallifrey pour m’éclipser discrètement du Tardis. Je découvrais pour la première fois les couloirs de la ville et très vite j’arrivai à un balcon donnant sur une vaste plaine d'herbe rouge. Je resta bien une demi heure à fixer l'horizon avant de repartir me promener dans la ville. Mais au détour d'un couloir je rentra dans quelqu'un avant de tomber à la renverse. Il s'agissait d'une femme blonde accompagnée par un chien robotique qui me lança très rapidement des menaces.

Le Docteur ne put s'empêcher d'afficher un léger sourire à la dernière phrase d'Oliver. Heureusement, ce dernier ne le remarqua pas. Dieu seul sait comment le jeune homme aurait réagit.

- La femme rappela immédiatement son chien à l'ordre et m'aida à me relever. Elle me demanda gentiment mon nom mais je resta bouche bée jusqu'à ce que j'entende Lianos m'appeler au loin en courant dans ma direction. Une fois arrivée à notre niveau, lui et la femme s'éloignèrent quelque peu, me laissant avec le chien pour me surveiller. Je n'entendis pas ce qu'ils se disaient mais la conversation dura plusieurs minutes et semblait agitée. Finalement Lianos finit par revenir vers moi et nous repartîmes tranquillement dans le Tardis.

La voix d'Oliver était apaisée comme jamais auparavant. Cette histoire semblait réchauffer le cœur du jeune homme au fur et à mesure qu'il la racontait.

- La femme blonde devait être Romana, la Présidente de Gallifrey, annonça le Docteur. Et le chien répond au nom de K9, continua-t-il avec un large sourire.

Le Docteur s'attendait à ce qu'Oliver perde à nouveau son calme comme il l'avait fait jusqu'alors dès que le Docteur ouvrait la bouche, mais celui-ci était trop plongé dans son récit et continua.

- Oui et visiblement ce K9 avait repéré dans la Capitale une signature neuronale particulière que lui et la Présidente étaient partis tracer. Ce n'était pas un hasard s'ils étaient tombés sur moi puisqu'il s'agissait de ma signature neuronale. À notre retour dans le Tardis, Lianos m'expliqua que d'après la Présidente et K9 mon cerveau était bien plus performant que celui d'un humain ordinaire.

- La Présidente de Gallifrey a autorisé Lianos à vous garder à bord ? Fit Donna, surprise. Je pensais que ça aurait été contre les lois des Seigneurs du Temps, continua-t-elle en se tournant vers le Docteur.

- Romana n'était pas une Présidente comme les autres, répondit le Docteur. Elle a beaucoup œuvré pour sortir Gallifrey des plusieurs siècles de traditions et de xénophobie. Je pense qu'elle a du, comme Lianos avant elle, voir en Oliver un certain potentiel.

- Et je suppose que c'est à vous qu'on le doit Docteur, lança Oliver.

- J'aime à penser que j'ai jouer un rôle dans ce qu'est devenue Romana, oui.

Oliver soupira de mépris à la réflexion du Docteur avant de continuer.

- Bref, après cette journée, le comportement de Lianos avait quelques peu changé à mon égard. Il commença ce qu'il appela mon « instruction aux sciences de l'Univers ». Maintenant qu'il avait conscience des capacités de mon esprit il s'employa à m'enseigner tout ce qu'il pouvait. Ainsi, pendant les années qui suivirent je passa mes journées à étudier les plans du Tardis, analyser les équations de Méridia, apprendre de nouvelles mathématiques. Lianos était surpris de la vitesse à laquelle j'emmagasinais ces informations pour un humain. À l'âge de 15 ans il me laissa même faire atterrir le Tardis sur Gallifrey.
Mais malgré tout ce temps passé, Lianos ne me laissait toujours pas sortir du vaisseau lorsque nous étions sur sa planète. C'était une règle que j'avais appris à accepter. Si bien que ma surprise fut d'autant plus grande lorsque, pour mon 18ème anniversaire, il positionna le Tardis en vol stationnaire juste au dessus de la Citadelle. À la travers les portes ouvertes du vaisseau je me souviens que l'on pouvait voir toute l'étendue et la beauté de Gallifrey. Du dôme de glace de la Citadelle reflétant les lumières des soleils, aux forêts d'arbres argentés jusqu'aux immenses lacs à l'horizon.

Donna crut déceler dans la voix d'Oliver la même émotion que chez le Docteur, les rares fois où il parlait de sa défunte planète. Elle aussi, de son côté, comprenait un peu ce que les deux hommes pouvaient ressentir grâce à son bref passage dans la chambre de simulation. Bien qu'interressée par l'histoire d'Oliver, la jeune femme était tout de même fatigué.

- Et le Docteur dans tout ça ? S’impatienta Donna.

- J'y viens, j'y viens, répondit calmement Oliver, visiblement peu perturbé par l'intervention de Donna.

Il continua alors son récit avec entrain.

- Peu de temps après ma vingtième année, alors que je travaillais avec Lianos sur des réparations de la console du Tardis, une alarme se déclencha sur un des panneaux de contrôle et toutes les lumières s’éteignirent d'un coup. Seul un halo rouge, émanant du rotor temporel, éclairait la pièce. Lianos s'approcha d'un écran de contrôle et y lut un message. Savez-vous ce que c'était ? Demanda Oliver d'un ton glacial, en se tournant vers le Docteur.

- J'ai bien une idée, fit nonchalamment le Docteur qui semblait savoir parfaitement à quoi cela correspondait.

- Qu'est-ce que c'était ? Demanda Donna.

- Un appel aux armes ! Répondit Oliver. Le début de la Dernière Grande Guerre du Temps. Tous les Seigneurs du Temps ont été rappelés sur Gallifrey pour prendre part au combat.

Oliver marqua une pause lança un regard accusateur au Docteur. Après quelques secondes de silence il continua.

- Au début je ne compris pas ce que cela signifiait. Mais très vite Lianos m'expliqua qui étaient les Daleks et ce que les Seigneurs du Temps devaient faire pour les arrêter. Malheureusement cela voulait aussi dire que le Haut Conseil allait mettre fin à ses missions d'observations. Lianos ne pouvait pas non plus me ramener sur Gallifrey pendant ce temps de conflit, il prit alors une terrible décision.
Il me laissa sur une planète, colonisée il y a bien longtemps par les Hommes, où, d'après lui, je saurai me rendre utile. Il me promit qu'une fois la guerre terminée il reviendrai me chercher. N'ayant nul doute sur la parole de l'homme qui m'avait élevé je regarda son Tardis se dématérialiser au milieu du spatioport de cette planète.

- Il vous a laissé sur une planète inconnue et ça ne vous a pas dérangé ? S'interrogea Donna, à la fois émue et perplexe.

- Bien évidemment que j'étais bouleversé ! Cracha Oliver. Lianos était tout ce que j'avais au monde et le Tardis était mon seul toit ! Mais j'avais une foie inébranlable en cet homme. En plus de 15 ans, jamais il ne m'avait menti. Alors lorsqu'il m'a promis qu'il reviendrai je n'avais aucune raison de ne pas le croire. Il allait peut être mettre un an, deux ans ou trois, cela n'avait pas d'importance. Même au bout de cinq années passées sur cette planète je n'avais pas perdu espoir. Grâce à mes connaissances j'avais réussi à trouver un travail d'ingénieur mais j'étais prêt à tout laisser en une seconde si Lianos revenait me chercher.

Donna se reconnaissait beaucoup en Oliver. Après sa première rencontre avec le Docteur, elle avait commit l'une des plus grosses erreurs de sa vie en refusant de l'accompagner. Mais, comme Oliver, elle n'avait pas perdu espoir de retrouver enfin le Docteur et de s'enfuir avec lui.

- Et il a fini par revenir ? Demanda timidement la jeune femme.

Oliver marqua une pause et lança un regard étrange sur Donna. Comme s'il pouvait sentir en elle une surprenante sincérité. Il finit par baisser les yeux et reprit calmement.

- Un jour, sur le chemin du travail, j'entendis un sifflement familier. Puis un grincement. Il ne fît nul doute dans mon esprit qu'il s'agissait d'un Tardis. J'avais été bercé par ce son toute mon enfance. Je me précipita alors vers la ruelle dont provenait le son et tomba nez à nez avec une boîte bleue.

Donna et le Docteur partagèrent un regard que Oliver ne remarqua pas.

- J'étais certain qu'il s'agissait d'un Tardis. Mon instinct me trompait rarement. Mais il n'y avait aucune raison que le Tardis de Lianos ait pris cette forme singulière, pas du tout adaptée au paysage de la planète. Ma déception fut alors immense.

- Il s'agissait du Tardis du Docteur ? Interrompit Donna.

- Je devais toutefois m'assurer qu'il ne s'agissait pas de Lianos, continua Oliver sans se préoccuper de la question de Donna. Aussi lorsque je m’apprêtais à frapper à la porte de cette étrange cabine, cette dernière s'ouvrit devant moi et un homme en sortit. Il fût très surpris de me voir alors qu'il manqua de me rentrer dedans. Il s'excusa et se présenta très rapidement.

- Est-ce que c'était... ? Fit le Docteur après s'être tu pendant plusieurs minutes.

- Oui, c'était vous Docteur.



Citation:

La description physique qu'Oliver fit du Docteur perturba grandement Donna. Il avait dépeint un jeune homme au visage carré, au large menton et coiffé d'une mèche qui lui descendait sur le front. Donna avait déjà vu le Docteur arborer des tenues singulières mais le nœud papillon associée à la veste en tweed et aux bretelles dont Oliver fit la description laissa la jeune femme perplexe. Elle se tourna alors vers le Docteur cherchant à faire correspondre la description d'Oliver au Docteur qu'elle connaissait.

Le Docteur lui expliqua alors brièvement le principe de la régénération et comment ce dernier pouvait changer de corps s'il en éprouvait le besoin. Donna acquiesça poliment même si elle n'avait pas tout saisi et laissa Oliver reprendre.

- Je compris rapidement que le Docteur n'était pas un Seigneur du Temps comme les autres. Lianos m'avait expliqué une fois que certains Seigneurs du Temps, en désaccords avec la politique de Gallifrey, s'étaient placés eux-mêmes en exil. En moins de quelques minutes le Docteur comprit que j'en savais plus sur Gallifrey et les Seigneurs du Temps qu'un humain ordinaire. Il m'invita alors à déjeuner pour discuter. Pour moi, c'était l'occasion idéale d'avoir des nouvelles de Lianos et peut être même un moyen de le retrouver.

- Je vous ai invité à déjeuner à bord du Tardis ? Demanda le Docteur.

- « Il », rectifia Donna qui était encore sceptique sur la véritable identité du Docteur qu'Oliver décrivait.

- Oui, « il », « je », « nous », peu importe, répondit le Docteur.

- Nous sommes allé dans un restaurant non loin de la ruelle, continua Oliver. Vous étiez alors accompagné d'une jeune femme et d'un homme.

Donna repensa aux photos qu'elle avait découvert plus tôt dans la chambre d'Oliver.

- Il s'agissait des personnes avec vous sur les photos ? Demanda la jeune femme. La jeune femme aux cheveux noirs et l'homme très costaud ?

- Jemma et Clay, répondit Oliver. Une sœur et son frère qui voyageaient avec le Docteur depuis peu.

Les mots d'Oliver sortaient désormais plus difficilement de sa bouche alors qu'il avait été aussi éloquent pour raconter son enfance aux côtés Lianos. Il continua tout de même d'une voix assurée.

- Je ne m'explique toujours pas aujourd'hui mais je me suis livré à vous instantanément, Docteur. Vous racontant ma vie, mes voyages avec Lianos, mes excursions sur Gallifrey. Votre visage m'inspira confiance immédiatement. Si seulement j'avais su à l'époque.

- Su quoi ? Demanda le Docteur comme légèrement vexé par cette remarque.

- Su qui vous étiez réellement ! S'énerva Oliver en dressant son arme vers le Docteur.

Le Docteur se tut. Oliver se tourna vers Donna et repris calmement.

- Alors que je finissais d'expliquer la raison de ma présence sur cette planète, le Docteur marqua une pause de plusieurs secondes et finit par m'annoncer la terrible nouvelle : la Guerre du Temps s'était terminée par l'extermination de Gallifrey et de tous les Seigneurs du Temps.
Curieusement, lorsque j'appris cette nouvelle ma réaction fût très calme. Comme si le Docteur ne faisait que confirmer quelque chose que je savais au fond de moi. Pourtant au cours de ces cinq dernières années je n'avais pas perdu espoir de revoir Lianos frapper à ma porte.
Pendant deux jours, nous avons continué à parler, partageant nos souvenirs communs à propos de Gallifrey, des endroits de l'Univers que nous avions visités l'un comme l'autre. Le fait de parler de Lianos au passé éveilla tout de même en moi une peine que je n'avais ressenti que lorsque j'avais perdu ma mère près de 20 ans auparavant.

- Le visage d'Oliver se mit à trembler tandis que ses yeux embrumés fixaient le vide. Il passa rapidement la main sur son visage pour chasser cette expression et renifla un grand coup.

- Je suis désolé, fit simplement le Docteur d'un ton compatissant.

- Bien sûr que vous l'êtes, répondit le jeune homme alors qu'il essuyait une larme avec la main qui tenait son arme. Vous l'êtes aujourd'hui comme vous l'avez été à l'époque et le resterez toute votre vie. Et c'est votre culpabilité, je pense, qui vous a amené à me proposer de vous accompagner dans vos voyages. Bien évidemment, une proposition comme celle-là ne se refuse pas, d'autant que je n'avais plus rien à attendre sur cette planète et que l'Univers me manquait.
Je me souviendrai toujours de la première fois que je suis rentré dans le Tardis du Docteur. L'extravagance des lieux n'avait rien à voir avec la sobriété du décor dans lequel j'avais grandit.

Il marqua une pause pour montrer des mains la salle de contrôle où ils se trouvaient.

- Cette pièce ne reflète-t-elle pas l’exubérance du Docteur ? Lança-t-il d'une voix puissante qui alla frapper les murs.

Il leva ses bras sur les côtés.

- Ces escaliers gigantesques.

Il désigna du menton la nébuleuse affichée derrière le Docteur et Donna au fond de la pièce.

- Cet écran de contrôle complètement disproportionné. Un effet garanti sur les esprits impressionnables. Et je n'ai pas honte d'avouer que cette vision me coupa le souffle.

Donna se tourna vers le Docteur pour voir si ce dernier appréciait le « compliment » qu'Oliver venait de faire sur son Tardis, même si techniquement il ne l'était pas encore. Mais le visage du Docteur était dur. Connaître son futur ne l'enchantait visiblement pas et c'était assez compréhensible étant donné que l'histoire ne devait pas se terminer dans la joie ou ils ne seraient pas dans cette situation en ce moment-même. Mais ni Donna, ni le Docteur ne pouvaient y faire quoique ce soit. Oliver pointait toujours son arme sur eux et il était plus instable que jamais.

- Je suis donc parti à l'aventure avec le Docteur, Jemma et Clay. Et c'était tout simplement fantastique. J'ai pu voir des choses que même avec Lianos il m'était impossible d'imaginer. Il s'agissait d'une façon de voyager qui m'était totalement inconnu. Même si ma présence aux côtés de Lianos était en contradiction avec les règles de Gallifrey, ce dernier m'avait toujours élevé selon les lois des Seigneurs du Temps. La non-interférence était pour moi une règle primordiale lorsque l'on voyageait à travers les galaxies. Mais en seulement quelques semaines, vous, Docteur, avez fait voler en éclats toutes les certitudes que j'avais, me faisant réaliser que ces règles n'étaient pas la seule manière de faire et que l'Univers avait parfois besoin d'interférences.

- Donc vous reconnaissez que les agissements du Docteur ont un impact positif sur l'Univers ? S'emporta Donna. Dans ce cas pourquoi lui vouez-vous une haine pareille ?

- Donna, non, intervint le Docteur qui posa sa main sur sa compagne pour essayer de la calmer.

- Je suis en accord avec ce que fait le Docteur, mais pas nécessairement sur la façon dont il le fait ! répondit Oliver. Cela dit le Docteur et moi avons lié des liens forts très rapidement. Je me souviens que nous passions des heures entières à parler de Gallifrey. Pour dire vrai, je me contentais plus d'écouter pendant que le Docteur racontait ses histoires. Les miennes étaient malheureusement assez limitées.
Mais au fil du temps, nos discussions ne tournaient plus exclusivement autour de Gallifrey, mais de notre vie en général. C'est ainsi que j'appris que très peu de temps avant de faire ma connaissance, le Docteur venait de perdre deux compagnons, un mari et sa femme, et qu'il ne pourrait jamais les revoir.
J'ai, à plusieurs reprises, craint que Jemma et Clay se sentent mis à l'écart lorsque le Docteur et moi parlions seul à seul, mais lui ne sembla pas le remarquer.
Enfin, un soir, alors qu'il m'apprenait les spécificités de pilotage d'un Tardis de Type 40, le Docteur finit par m'avouer les véritables circonstances de la disparition de Gallifrey et son implication dans la guerre. La façon dont il était responsable du génocide. Il parvint à me convaincre qu'il n'avait pas eu le choix et que c'était la seule chose à faire. Je ne lui ai toutefois pas adressé la parole pendant une semaine. Mais bon, à l'époque j'étais naïf et en admiration devant le Docteur, je finis donc par lui pardonner... Du moins pendant un temps.

Le Docteur avait déjà raconté à Donna ce qu'il avait dû faire pendant la Guerre du Temps, malgré tout elle n'arrivait toujours pas à imaginer comment l'homme qu'elle connaissait avait pu commettre un tel acte. Pour elle c'était tout simplement impossible. Donna avait donc enfoui cette pensée au fond de son esprit. Elle se dit que c'était ce que Oliver avait dû faire à l'époque. Car toute la magnificence du Docteur parvenait à faire oublier certaines choses plus sombres. Mais Oliver n'arrivait visiblement plus à faire abstraction cette part sombre du Docteur. Il ne voyait plus que ça.

Oliver continua sur un ton plus calme.

- Comme pour se faire pardonner le Docteur m'emmena dans une pièce du Tardis que je n'avais pas encore exploré jusque là. Il s'agissait de la chambre de simulation où il me fît faire l'expérience de « La plénitude de Cadonflood ».

- La simulation que vous m'avez montré tout à l'heure, Docteur ? Demanda Donna.

Le Docteur hocha silencieusement la tête, toujours avec une mine grave.

- Pouvoir revoir Gallifrey fût pour moi une expérience formidable, continua Oliver, les yeux clos et le sourire aux lèvres. Après que vous m'ayez fait découvrir cette pièce je m'y rendais au moins une fois par jour. Parfois dix minutes et parfois plusieurs heures.

Les changements d'humeur d'Oliver devenaient de plus en plus fréquents et commençaient à inquiéter sérieusement Donna. Il était impossible de prédire comment il allait réagir et cela était très dangereux. Mais cela pouvait aussi bien s'avérer être une chance.

- Et donc au fil des mois, reprit Oliver, le Docteur Jemma, Clay et moi avons vécu tout un tas d'aventures, combattu des Daleks, sauvé des civilisations et bien d'autres choses encore. Ce fût les meilleurs moments de ma vie. Car malgré toute les épreuves que j'avais subi, je parvins toutefois à trouver du plaisir dans cette vie. Plusieurs mois qui ont fait de moi l'homme que je suis aujourd'hui.

- Qu'est-ce qu'il a bien pu se passer alors ? S'interrogea Donna.

Oliver marqua une pause et se tourna vers le Docteur.

- Savez-vous ce qui a causé la destruction de Monaris, Docteur ?

- Une série de changements climatiques a fragilisé la résistance des usines de crastinum qui ont été détruites et ont emporté toute la planète dans de gigantesques explosions, répondit le Docteur.

- Et à quoi a-t-on dû ses changements climatiques soudain ? Continua Oliver.

- Personne ne l'a jamais su.

- Lianos le savait. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'il se trouvait sur Monaris à l'origine : pour découvrir les raisons de sa destruction.

- Et il vous l'a dit ?

- Bien sûr que non, répondit Oliver. J'imagine qu'il avait peur de ma réaction. Mais un jour lorsque j'étudiais sur un des ordinateurs de son Tardis je suis tombé sur son rapport de mission. C'est là que j'ai appris la vérité.

Donna était anxieuse. Le Docteur pouvait-il avoir eu un rôle dans la destruction de la planète d'Oliver ? Était-ce pour cette raison qu'Oliver gardait une telle rancune envers lui ? Si c'était le cas, il serait alors complètement impossible de raisonner le jeune homme.

- Le Docteur n'y était pour rien, fit Oliver comme s'il avait pu lire dans les yeux de Donna les questions qu'elle se posait. Cessez de croire que l'Univers ne tourne qu'autour de lui.

- Que s'est-il passé dans ce cas ? Demanda le Docteur.

- Saviez-vous que la moitié de la surface de Monaris est en réalité un désert aride ? Non, certainement pas. Enfin bref, il y a plusieurs années un vaisseau Sunari s'y est posé en toute discrétion. Il s'agissait du vaisseau d'une compagnie qui expérimentait de nouvelles techniques de terraformation pour rendre certaines planète à l'environnement hostile propice à la vie.

- Mais toute expérience de terraformation est interdite sur les planètes de niveau 5 ! Lança le Docteur, outré par ce qu'il entendait.

- Vous connaissez les Sunaris, Docteur. Vous savez que ce n'est pas ça qui va les arrêter, répondit Oliver quelque peu dépité. Comme vous vous en doutez, leurs expériences ont mal tourné et ont endommagé irrémédiablement la planète. Bien évidemment ils ont fuit Monaris sans faire face aux conséquences de leurs actes.

- Et vous avez su ça tout ce temps ? Demanda le Docteur.

- À l'époque où j'ai découvert cela je vivais encore avec Lianos. Ce fût bien évidemment un terrible choc mais j'avais été élevé selon les principes des Seigneurs du Temps. Il ne me vint pas à l'esprit une seconde de vouloir obtenir réparation pour ce qui avait été fait à mon peuple. Et puis j'ai rencontré le Docteur.

- Ne me dites pas que... commença le Docteur avec une grimace désapprobatrice.

- Est-ce que j'ai essayé de changer ce qui est arrivé à Monaris et empêcher ma planète d'être détruite ? Compléta Oliver.

- L'avez-vous fait ?

Oliver secoua la tête.

- Vous ne me comprenez vraiment pas, Docteur. Ni à l'époque, ni maintenant. Non je n'ai pas essayé de modifier l'histoire. J'ai fait ce que vous auriez fait.

- Quoi donc ? Demanda le Seigneur du Temps.

- J'ai réussi à retrouver la compagnie qui a conduit ses expériences sur Monaris. Ils étaient basés sur une station spatiale en orbite au dessus d'une géante gazeuse. Un soir, alors que vous étiez parti en vadrouille avec une étrange femme et que Jemma et Clay dormaient profondément, j'ai emprunté votre Tardis.

- Vous avez quoi ? S'offusqua le Docteur.

Oliver laissa échapper un petit rire.

- Je n'ai aucun mal à piloter un Tardis vous savez. De plus un Type 40 n'est pas vraiment un modèle très complexe..

Le Seigneur du Temps se retint de répondre à cette attaque sur son précieux Tardis.

- Vous êtes donc allé sur cette station spatiale ? Demanda-t-il à la place.

- Je réussis très facilement à m'y infiltrer et parvins à atteindre la salle des machines en moins de quelques minutes. Après quoi, je suis retourné à l'intérieur du Tardis d'où j'ouvris les communications vers le pont principal. J’expliquai alors aux dirigeants de cette compagnie la situation : je leur laissais une heure pour se rendre aux autorités de la Proclamation de l'Ombre pour répondre de leurs actes ou alors j'activais le programme de surcharge que j'avais installé en salle des machines et faisais exploser leur station avec tous ses occupants.

- Quoi ? Hurla le Docteur. C'est une blague ? Vous n'avez pas fait ça ?

- Je n'ai fait que ce que vous auriez fait à ma place, Docteur.

- Ce n'est pas comme ça que je fonctionne, se défendit le Seigneur du Temps.

- Bien sûr que si. N'oubliez pas que j'ai voyagé avec vous, je vous ai vu faire.

- Et comment les Sunaris ont-ils réagit à votre menace ? Demanda le Docteur.

- Disons que les Sunaris sont une espèce très têtue.

Il marqua une pause.

- Je leur ai pourtant laissé toutes leurs chances mais ils ont fait l'erreur de penser que je bluffais. Une erreur qu'ils ne seront plus jamais en mesure de faire.

- Donc vous les avez tous tué ?! S'exclama Donna.

- Ce n'était que justice ! Renchérit Oliver. La justice du Docteur.

- N'essayez pas de me blâmer pour ça, intervint le Docteur. Faire exploser une station sans défense n'est pas de la justice, ce n'est que de la vengeance !

- On croirait entendre votre futur vous, répondit Oliver.

- Et comment ce dernier a-t-il réagit quand vous lui avez annoncé cet acte de barbarie ?

- Je suis revenu plusieurs heures plus tard à l'endroit même où j'étais parti et où vous m'attendiez déjà. Une fois rentré dans le Tardis je vous ai expliqué ce que je venais de faire. Vous avez eu exactement la même réaction qu'à l'instant. À l'exception d'une question que vous m'avez posé. Une question qui résonne encore lourdement dans mon esprit aujourd'hui.

- Quelle question ? Demanda le Docteur, soudain très inquiet.

- « Où sont Jemma et Clay ? »

- Je ne comprends pas, fit Donna.

Oliver ne dit rien pendant plusieurs secondes. Son visage recommençait à se décomposer et Donna remarqua très clairement qu'il retenait ses larmes avec la plus grande des difficultés. La main qui tenait son arme tremblait dangereusement. La jeune femme se dit que le coup pouvait partir à tout moment, indépendamment de la volonté d'Oliver. Enfin le jeune homme déglutit et reprit la parole d'une voix tremblotante.

- Le Docteur et moi n'arrivions pas à trouver Jemma et Clay où que ce soit dans le vaisseau. Ni dans leur chambre, ni dans la cuisine, nulle part. Le Docteur a donc interrogé l'interface du Tardis qui nous apprit qu'ils avaient quitté le Tardis moins de deux minutes après moi lorsque je m'étais posé sur la station Sunari. Ils m'avaient suivi mais n'avaient visiblement pas réussi à retourner à bord du Tardis à temps.

- Vous voulez dire qu'ils étaient à bord de la station quand elle a explosé ? S'exclama Donna.

- Mais je ne savais pas qu'ils m'avaient suivi ! Lança Oliver, soudainement sur la défensive.

- Oh mon Dieu, lâcha Donna avant de couvrir sa bouche avec sa main, imaginant le sort de deux pauvres jeunes gens.

- C'est votre besoin de vengeance qui les a tué ! S'exclama à son tour le Docteur.

Le jeune homme répondit au Docteur de façon bien plus agressive qu'avec Donna.

- Je n'ai fait qu'imiter ce que vous faites tout le temps, Docteur ! Se battre pour la justice, proposer une alternative pacifique et être capable d'aller jusqu'au bout de ses paroles.

- Mais je ne m'en prendrai jamais à des personnes sans défense, répondit le Docteur très calmement.

- Jemma et Clay étaient sans défense, dit Oliver. Et ils sont morts à cause de vous.

- Vous plaisantez ? Intervint Donna. Vous venez de nous dire qu'ils étaient morts dans le vaisseau que VOUS avez fait exploser ! Le Docteur n'y est pour rien.

Oliver ne répondit pas immédiatement. Il fixa la jeune femme du regard pendant quelques secondes comme s'il cherchait quelque chose à lui répondre. Il finit par se tourner vers le Docteur.

- Si vous aviez prêté plus attention à eux, Docteur, ils seraient encore en vie. Dès l'instant où je suis monté à bord du Tardis vous n'avez fait que les ignorer. Comme s'ils n'étaient là que pour remplacer vos précédents compagnons.

- Vous n'allez tout de même pas reprocher au Docteur de s'être intéressé à vous ? Demanda Donna qui était complètement consternée par l'argument d'Oliver.

Une fois encore Oliver ne répondit pas directement à Donna et enchaîna.

- Très peu de temps après leur disparition vous m'avez annoncé que je n'avais plus ma place à bord du Tardis. Que vous ne pouviez rien faire contre tant de haine car je refusais de me soumettre à votre avis sur ce que j'avais fait. Puisque, pas un instant, je n'ai et ne regrette le fait d'avoir puni les responsables de l’annihilation de mon monde. J'acceptai néanmoins une part de responsabilité dans la mort de Jemma et Clay alors que vous, vous refusiez d'admettre que vous étiez coupable au même titre que moi.
C'est cette obstination à ne pas vouloir reconnaître vos torts qui vous a conduit à me ramener sur la planète où vous m'avez trouvé. Vous m'y avez abandonné avec seulement quelques livres et photos. Peu de temps après votre départ je découvris que vous aviez glissé dans un livre un disque où était inscrit « La plénitude de Cadonflood ». Un dernier cadeau. L'unique exemplaire de la simulation que j'aimais tant. C'était très certainement votre manière de vous excuser une dernière fois pour la destruction de Gallifrey. L'une des rares choses où vous admettiez vos torts.
Mais ce geste fût loin d'être suffisant pour apaiser la colère que j’éprouvais à votre égard. Vous m'aviez offert l'Univers alors que je n'avais plus rien. Vous m'aviez donné un toit et des amis. Une raison de vivre. Tout ça pour finir par me le retirer !
Mais au lieu de me lamenter et de conspuer votre nom dans le noir je décida d'agir. J'ai alors entrepris de rebâtir votre Tardis car c'était là où je me sentais vraiment chez moi. Pas pour me venger, juste pour retrouver un toit. Mais avec le temps...

Oliver marqua une pause. Sa voix s'arrêta de trembler, son colonne vertébrale se dressa et il déplia son bras armé en direction du Docteur.

- Avec le temps la vengeance fût tout ce qui occupait mon esprit! Conclut-il d'une voix grave.



Citation:

Le visage d'Oliver était redevenu impassible, presque serein. Il avança de quelques pas vers le Docteur et tendit sa main.

- La clé de votre Tardis, lança-t-il.

- Pour que vous puissiez utiliser mon Tardis, créer votre machine à paradoxe, tuer Donna et réécrire mon histoire ? Répondit le Docteur. Non, je ne crois pas que je vais vous la donner.

- Ne m'obligez pas à recourir à la force !

- Qu'est-ce que vous pourriez bien faire de toute façon ? Intervint Donna. Vous ne pouvez pas le tuer, ni moi, tant que vous n'avez pas créé votre machine c'est ça ? Je pense que vous avez commis une grosse erreur stratégique.

Fière d'elle, Donna croisa les bras et afficha un sourire même si au fond d'elle, elle était terrifiée.

- Je peux aisément récupérer cette clé sans vous tuer, répondit Oliver, mais ce ne sera pas indolore. Réfléchissez-y, Docteur. Je n'ai aucune raison de faire souffrir Donna au moment où je la tuerai. Après tout, vous ne vous en souviendrez probablement pas. Mais je peux lui faire du mal jusqu'à ce que vous m'obéissiez.

- Je dois dire qu'aucune des solutions ne me satisfait, répondit le Docteur.

- Je dois dire que moi non plus, enchaîna Donna.

- Ce sont pourtant les seuls choix que vous avez, lança Oliver. Et après tout vous devriez être content, Docteur. Après tout, je suis vos règles.

- Je ne vois vraiment pas en quoi cette situation correspond à mes règles !

- Et bien je vous laisse une voie de sortie. Donnez-moi votre clé et les souffrances de Donna s'arrêteront.

- Et je mourrai ! S'exclama Donna.

- Est-ce que ce n'est pas mieux plutôt que de passer les dernières heures de votre vie à souffrir jusqu'à ce que le Docteur se décide à mettre fin à vos supplices en me donnant la clé ? Vous ne pensez pas que votre compagne en a assez enduré comme ça, Docteur ? N'en avez-vous pas assez de ne semer que peine et souffrance partout où vous allez ? Regardez votre pauvre compagne. Rien qu'aujourd'hui elle a été électrocuté, a subi un terrible choc cérébrale en chambre de simulation et s'est faite tirer dessus à deux reprises.

- C'est vous qui êtes responsable de ça ! Hurla Donna.

- Mais sans le Docteur, jamais vous n'auriez été dans cette situation.

La jeune femme se tourna vers le Docteur qui affichait un visage très dur. Comme si Oliver venait de lui asséner une vérité qu'il connaissait déjà mais qu'il refusait d'accepter. Certes, voyager avec le Docteur comportait des risques mais Donna était consciente de cela lorsqu'elle l'avait accompagnée. Et elle n'échangerait cela pour rien au monde.

- Il a raison, Donna, dit le Docteur. Je ne fais que nous mettre en danger sans m'inquiéter de votre sort. C'est mon aveuglement qui nous a conduit ici.

- Ne dites pas n'importe quoi, Docteur ! S'énerva Donna.

- Ce n'est pas n'importe quoi Donna, répondit Oliver. Le Docteur a toujours été ainsi et il le sera toujours, j'en suis la preuve. Il nous invite à voir l'Univers et lorsque l'on n'est pas victime de ses erreurs de jugement, que l'on paye très durement, il nous abandonne. Ce sont les deux seuls destins qui attendent les compagnons du Docteur.

- Comment est-ce que vous pouvez dire une chose pareil ? Continua Donna.

- Je suis désolé, Donna, fit Oliver d'un ton étrangement compatissant. Je sais qu'il vous est difficile de vous mettre à ma place. Vous ne voyez le Docteur que comme ce héros légendaire qui apporte la paix à travers les galaxies. Je le sais, j'étais comme vous ; et peut-être que si les choses s'étaient passées différemment vous auriez finit par le voir comme je le vois.

- Je suis certaine que non, répondit la jeune femme avec aplomb.

- Heureusement pour vous, jamais vous ne connaîtrez la peine que le Docteur m'a infligé. Réjouissez-vous, Donna. Je vous offre l'opportunité d'échapper à ce terrible destin.

- En me tuant ! Conclut Donna qui peinait à comprendre la logique d'Oliver.

- C'est peut être mieux ainsi, fit le Docteur qui commençait à fouiller dans sa poche.

Donna ne sût que dire alors qu'elle voyait le Docteur sortir la clé de sa poche. Le jeune femme, d'habitude si éloquente restait sans voix. Le Docteur abandonnait. Pire, il envoyait Donna à une mort certaine.

Mais alors qu'il déposait la clé dans la paume d'Oliver, il tourna son visage en direction de la jeune femme et lui fit un discret clin d’œil. Bien que Donna ne sache pas ce que le Docteur avait en tête elle s'en retrouva néanmoins rassurée. Elle parvint difficilement à cacher son soulagement afin de ne pas alerter Oliver. Mais il était évident que le Docteur avait un plan, il avait toujours un plan. Donna se demanda comment elle avait pu croire un instant que le Docteur l'avait ainsi trahit.

- Vous avez pris la bonne décision, dit Oliver alors qu'il refermait sa main sur la clé du Tardis. Ne lui en voulez pas, Donna. Je sais que c'est difficile à accepter mais au final le Docteur fait ici preuve de bon sens en vous épargnant d'avantage de souffrance.

- N'essayez pas de blâmer le Docteur pour vos actes ! S'exclama Donna, jouant le jeu d'Oliver.

Le jeune homme recula vers le Tardis sans lâcher Donna et le Docteur du regard. Son arme toujours pointée sur eux, il examina la clé avant de l'insérer dans la serrure. Au moment précis où le métal de clé entra en contact avec celui de la serrure, la clé se désintégra dans une gerbe d'étincelles, brûlant le main d'Oliver. Saisi par la douleur, le jeune homme lâcha un cri et se crispa de douleur.

Le Docteur profita de la diversion pour se retourner vers la console derrière lui et commença à actionner plusieurs manettes.

- Qu'est-ce que vous faites, Donna ? S'inquiéta Donna. Je croyais que c'était un faux.

- Ce n'est peut être pas un vrai Tardis mais c'est d'ici qu'Oliver contrôlait les systèmes principaux, répondit rapidement le Docteur. Si je parviens à les reprogrammer, je pourrai...

Avant même qu'il n'ait pu terminer sa phrase le Docteur fût frapper par un énorme champ électrique qui entoura soudain de la console. Il resta quelques secondes figé avant de s'écrouler au sol. Donna vint immédiatement auprès de lui pour s'assurer de son état.

- Comment osez-vous vous moquer de moi, Docteur ? Fit Oliver d'une voix glaciale.

Le jeune homme tenait dans sa main le même boîtier noir dont il s'était servit pour faire apparaître le Tardis du Docteur plus tôt.

- Je peux envoyer à travers la console une décharge électrique assez puissante pour vous neutraliser par la simple pression de ce bouton.

Oliver avait visiblement pris toutes ses précautions.

- Maintenant, donnez-moi la vraie clé, Docteur ! Continua-t-il.

Le Docteur, toujours au sol fit signe à Donna de s'approcher. La jeune femme s'exécuta et écouta le Docteur.

- Vous devez parler avec lui, fit péniblement le Docteur visiblement toujours sonné. Il n'y a rien que je puisse dire qui pourrai le raisonner, sa haine envers moi est beaucoup trop forte.

- Mais pourquoi est-ce qu'il m'écouterai moi ? Demanda Donna.

- Tout ce que je pourrai lui dire ne ferai que l'énerver d'avantage. Vous avez bien vu ses réactions. Mais avec vous il semble plus enclin à l'empathie, je crois même qu'il commence à s'attacher à vous.

- S'attacher à moi ? S'exclama la jeune femme. Mais il veut me tuer.

- Ne jamais essayer de comprendre la logique d'un psychopathe, dit le Docteur avec un léger sourire.

Donna lui rendit son sourire sans dire un mot puis se leva.

- Qu'est-ce que vous marmonniez vous-deux ? Lança Oliver, agacé.

La jeune femme prit une longue inspiration.

- Je suis d'accord pour vous donner ma clé du Tardis, dit calmement Donna.

Tout d'abord surpris par cette annonce Oliver fronça les sourcils. Puis son visage se relâcha et il afficha un sourire. Pas un sourire menaçant. Mais un sourire compatissant.

- Vous avez enfin pris la bonne décision, dit il. Vous savez je n'ai rien contre vous, vous n'êtes qu'une victime, je le sais. Mais rien ne m'empêchera d'accomplir ma vengeance.

- Je suis prête à vous donner ma clé mais vous devez d'abord répondre à une question, dit la jeune femme, la voix tremblotante.
Oliver hocha la tête.

- Je pense que je vous dois bien ça.

Donna se racla la gorge et se lança.

- Une fois que vous aurez la clé du Tardis du Docteur, pourquoi ne pas aller sauver vos amis Jemma et Clay plutôt que de vous en servir pour vous venger ?

- Parce que ce qui est fait est fait ! Répondit Oliver, quelque peu surpris par la question de la jeune femme. C'est comme ça que j'ai été élevé et c'est aussi une des règles du Docteur : accepter de perdre certaines personnes.

- Donc vous suivez encore les règles du Docteur malgré tout ?

- Non, je ne fais que...

Avant qu'il n'est pu terminer sa phrase Donna le coupa :

- Et vous parlez d'accepter de perdre des personnes chères mais vôtre vengeance prouve bien le contraire.

- C'est tout ce qu'il me reste. Après que le Docteur...

- Et que penseraient vos anciens camarades s'ils voyaient ce que vous êtes devenu ? Le coupa-t-elle à nouveau.

Donna essaya de se donner une constance mais au fond d'elle, elle était terrifiée. Elle priai pour qu'Oliver ne ressente pas ce doute au fond d'elle. Mais ce dernier ne semblait pas s'en apercevoir et se tût. Il était visiblement très mal à l'aise. Donna continua alors.

- Et Lianos ? Il vous a appris à ne pas profiter du voyage dans le temps pour votre intérêt c'est bien ça ? Est-ce que vous n'êtes pas en train de renier tout ce qu'il vous a appris ?

Après quelques secondes de silence Oliver parvint un peu à reprendre ses esprits.

- J'ai passé ma vie à suivre des règles, dit-il calmement. Celles de Lianos, celles des Seigneurs du Temps, celles du Docteur. Et je n'ai cessé d'accepter mon sort malgré toute son injustice : la destruction de ma planète, l'anéantissement de mon peuple, le départ de Lianos, le meurtre de tous les Seigneurs du Temps. Et j'étais sincère, j'ai, au plus profond de moi, fait mon deuil de toutes ces catastrophes puisque je gardais toujours en moi l'espoir. Mais avec ce que m'a fait le Docteur c'en était fini de l'espoir.

- Mais les règles que vous suivez, répondit Donna, que cela vous plaise ou non ce sont les règles du Docteur.

- Ne me comparez pas au Docteur ! hurla Oliver.

- Je n'ai pas dit ça, répondit Donna sur la défensive.

- Jamais je n'aurai fait ce qu'il a fait, aussi bien à ses compagnons qu'à son propre peuple ! Continua Oliver qui n'avait pas tenu compte de la réponse de la jeune femme. Moi je prends soin des gens que j'aime, je ne les abandonne pas comme des chiens !

La voix d'Oliver était plus puissante que jamais et la main qui tenait son arme bougeait dans tous les sens. Mais malgré les cris d'Oliver, Donna répondit calmement :

- Et qui sont les gens que vous aimez ?

- Pardon ? Répondit Oliver d'une petite voix.

- Qui sont les gens que vous aimez ? Répéta Donna.

- Je ne comprends pas, répondit Oliver décontenancé.

- C'est pourtant simple : qui aimez vous dans cet univers? Demanda à nouveau la jeune femme d'une voix douce. Jemma, Clay ?

- Oui, bien sûr, répondit Oliver.

- Lianos ?

Évidemment, répondit nerveusement Oliver.

- C'était comme un père pour vous c'est ça ?

Oliver déglutit, sa respiration s'accéléra et son visage commença à trembler. Voyant qu'Oliver ne répondait pas, Donna continua :

- Et pourtant il vous a abandonné. Comme le Docteur.

- Non, c'est faux ! S'emporta Oliver, les yeux imbibés de larmes. Ne comparez pas Lianos au Docteur ! Lui m'a sauvé la vie, offert un toit et enseigner les merveilles de l'Univers !

- Est-ce que ce n'est pas également ce que le Docteur a fait? Demanda Donna qui essayait de mettre sa voix au même volume qu'Oliver. Lianos et le Docteur ne sont pas si différents. Si vous en voulez au Docteur vous pouvez tout aussi bien en vouloir à Lianos ! Vous auriez très bien pu choisir de recréer le Tardis de Lianos au lieu de celui du Docteur. Après tout vous y avez passé bien plus de temps. Je pense que vous en voulez plus à Lianos que vous ne le pensez.

- Non ! Répondit simplement Oliver.

Le jeune homme était maintenant complètement en larmes. Ses mains tremblaient plus que jamais et ses mouvements devenaient imprévisibles. Il piétinait, tournait sur lui-même avant de se retourner à nouveau et se prenait le visage entre ses mains.

Donna se demanda si elle n'avait pas fait une erreur en provocant ainsi Oliver. Le Docteur lui avait demandé de le raisonner mais cela semblait être une tâche impossible. Oliver était un jeune homme bien trop tourmenté et il était maintenant plus perturbé que jamais.

Alors que la jeune femme réfléchissait à quelque chose pour calmer Oliver elle sentit la main du Docteur se poser sur son épaule. Le Seigneur du Temps était de nouveau sur ses pieds et lança un regard à Donna qui la rassura. Ce regard qu'elle avait tant de fois vu et qui signifiait « Tout va bien se passer, je m'en occupe ». Bien évidemment le Docteur lui avait offert le même regard quelques instants plus tôt avant de se retrouver électrocuté mais la jeune femme se dit que le Docteur ne pouvait se tromper à ce point deux fois de suite. Du moins elle l'espérait.

Oliver remarqua que le Docteur s'était relevé.

- Ça suffit maintenant, Docteur. Il est temps d'en finir, dit-il presque comme une demande.

Avant que le Docteur puisse répondre, un bruit attira l'attention d'Oliver. Il s'agissait de la porte d'accès de la salle de contrôle par laquelle le Docteur et Donna étaient entrés. Oliver se retourna et leva les yeux pour voir qui pouvait bien venir le déranger.

Alors qu'Oliver leur tournait le dos, Donna regarda le Docteur, attendant que celui-ci profite de l'occasion comme il l'avait fait plus tôt. Mais le Docteur ne bougeait pas et regardait dans la même direction qu'Oliver : six mètres plus haut, au sommet des escaliers.

Deux cybermen passèrent la porte et avancèrent d'un pas unis jusqu'à la rambarde métallique avant de se séparer et d'emprunter chacun un escalier pour venir les rejoindre.

- Les cybermen, décidément pas le système de sécurité le plus ponctuel qui soit, lança Oliver, quelque peu amusé. Mais bon, ils ont visiblement réussi à s'échapper de la chambre de neutralisation, Docteur.

Une fois arrivé en bas des escaliers les cybermen levèrent leur bras armé et les dirigèrent vers Oliver.

- Menace détectée ! Lancèrent à l'unisson les cybermen.

- Mais qu'est-ce que vous faites ? S'exclama Oliver.

- Ils font ce pourquoi vous les avez programmé, dit le Docteur. Neutraliser toute menace identifiable. Oh bien sûr j'ai oublié de préciser que j'ai quelque peu bidouiller leur programmation.

Le Docteur sortit de la poche de sa veste l'objet qu'il avait arraché de la nuque d'un cyberman plus tôt et qui lui avait permit de localiser Oliver.

- Voyez-vous, continua-t-il, pendant que ma chère compagne Donna tentait tant bien que mal de vous raisonner, j'en ai profité pour reprogrammer légèrement le code source de vos petits agents de sécurité en rendant leur tâche bien plus primaire : neutraliser toute personne représentant une menace. Et dans cette pièce la personne la plus menaçante est sans nul doute celle qui porte une arme, autrement dit vous Oliver. Je vous conseille donc de poser votre arme et de ne plus bouger si vous ne voulez pas que ces gaillards s'agitent.

La respiration d'Oliver s'accéléra à nouveau. Dans le regard qu'il adressa au Docteur, on pouvait y lire toute la haine qu'il lui portait.

- Ne croyez pas que vous allez gagner comme ça, lança Oliver.

À peine sa phrase terminée, il se précipita à toute vitesse en direction de Donna et du Docteur. Les cybermen réagirent trop lentement et tirèrent dans le vide, à l'endroit où Oliver se tenait une demi-seconde plus tôt.

Donna voyait Oliver foncer droit sur le Docteur, les yeux plein de rage. Elle était tellement pétrifiée par la peur qu'elle ne parvint pas à bouger. Mais, arrivé au Docteur, Oliver ne s'arrêta pas et le bouscula avant de continuer sa course jusqu'à la console derrière le Seigneur du Temps. Il poussa violemment un large levier et les cybermen tombèrent comme des pantins désarticulés.

- Cet endroit ressemble peut être à votre Tardis, Docteur, mais c'est moi le maître ici, lança Oliver, le souffle court.

Donna regarda le Docteur d'un air désespéré. Malgré tous les efforts du Docteur son plan avait échoué une fois de plus. Depuis le début Oliver avait un coup d'avance sur eux et ils n'avaient jamais réussi à réellement prendre l'avantage.

Alors qu'Oliver s'appuyait sur la console pour se redresser cette dernière se mit à émettre un léger crépitement avant de s'électrifier complètement, saisissant le corps d'Oliver. De nombreuses éclairs entourèrent le jeune homme un court instant avant de s'éteindre, laissant Oliver s'écrouler au sol.

- Vous devriez faire plus attention à vos affaires, lança le Docteur qui tenait le boîtier qu'Oliver avait utilisé pour électrocuter le Docteur quelques instant plus tôt. J'ai récupéré votre petit engin lorsque vous m'avez bousculé en tentant d'échapper aux cybermen.

Oliver se tordait de douleur au sol mais parvint tout de même à lancer un regard assassin au Docteur. Bien qu'ayant les muscles saisit par la douleur il tenta d'atteindre son arme qu'il avait laissé tomber à côte de lui mais Donna arriva avant lui et fit glisser du pied le staseur très loin dans la pièce.

- Je suis désolé, fit le Docteur alors qu'il regardait Oliver lutter contre la douleur qui envahissait son corps.

Donna se retint dire au Docteur qu'il n'avait aucune raison d'être désolé, qu'Oliver était seul responsable de ses actions et que s'il se retrouvait dans cette situation ce n'était que justice après tout le mal qu'il avait causé. Elle se retint car elle savait que même si le Docteur ne connaissait pas encore réellement Oliver il se sentait responsable de lui.

- Épargnez-moi ça Docteur, gémit Oliver.

Le jeune homme fouilla alors dans sa poche et en sortit un objet curieusement familier. Au premier abord Donna avait cru voir un stylo mais c'était sans aucun doute possible un tournevis sonique.

- Accorde-moi au moins cette victoire, marmonna Oliver à son tournevis.

Avant que le Docteur n'ait le temps de réagir Oliver dirigea son tournevis en direction de la console et l'actionna. Suite à quoi une voix féminine résonna dans la pièce :

« Abandon de tous les programmes en cours. Destruction de l'appareil dans 30 secondes »





Citation:

- Qu'est-ce que c'est Docteur ? Demanda Donna.

- Un système d'auto-destruction ! S'exclama le Docteur.

- C'est une blague ?

- J'ai bien peur que ce ne soit pas vraiment le genre d'Oliver, lança le Docteur alors que le voix amorçait le décompte.

- Vous ne pouvez pas annuler ça ? Demanda Donna complètement paniquée.

- J'essaye, fit le Docteur qui tentait de se repérer parmi les manettes et levier de la console du Tardis.

Il finit par porter son attention sur Oliver qui était presque inconscient. Il saisit le tournevis du jeune homme et tenta de le faire fonctionner en vain. Au bout de quelques secondes il lâcha l'appareil et se précipita vers Donna. Il lui saisit la main et l'emmena se réfugier vers son Tardis.

- Je ne comprends pas Docteur, dit Donna qui tentait de couvrir la voix du compte à rebours derrière elle. Vous ne pouvez pas mourir ici, puisque Oliver vient de votre futur !

- Vous voulez vraiment mettre à l'épreuve cette théorie ? Parce que moi non !

Arrivé aux portes du Tardis le Docteur sortit sa clé, sa vrai clé, et l'enfonça dans la serrure quand il entendit la voix arrêter le décompte.

- Destruction de l'appareil annulée.

- Comment ça « annulée » ? fit Donna.

Il n'y avait aucune raison que la séquence d'auto-destruction s'arrête brusquement. Même le Docteur n'avait pas réussi à comprendre comment l'annuler. La seule personne connaissant assez l'appareil était Oliver. Le jeune homme avait-il eu un sursaut de conscience en voyant Donna et le Docteur craindre pour leur vie et l'abandonner dans ce vaisseau sur le point d'exploser ? Cela n'aurait pas été surprenant après tout, étant donné le caractère plus qu'instable d'Oliver. Mais alors qu'elle regardait le jeune homme toujours étendu sur le sol elle comprit qu'Oliver n'était pour rien dans l'annulation de l'auto-destruction.

Le jeune homme semblait aussi surpris que l'étaient le Docteur et Donna.

- Non, ce n'est pas possible, dit-il en pleure. Pourquoi ?

- Oui Docteur, pourquoi ? Demanda Donna.

- Je ne sais pas, répondit le Docteur en s'avançant vers d'Oliver. Peut-être que le paradoxe que ma mort aurait créé dans la vie d'Oliver était trop grand et que l'ordre naturel des choses est intervenu pour nous sauver.

Donna lança un regard sceptique au Docteur quand un léger grincement se fit entendre. Le bruit s'intensifia et Donna sentit un faible vent balayer son visage.

- Ou alors ce n'est pas du tout ça et quelqu'un d'autre est intervenu, rectifia le Docteur avec un large sourire.

Le bruit se fit bien plus net et Donna reconnu le son caractéristique du Tardis en train de se poser. Les deux voyageurs virent alors les contours de l'appareil se dessiner devant eux, juste à l'endroit où Oliver se trouvait.

Encore au sol et incapable de bouger le jeune homme voyait le Tardis se matérialiser tout autour de lui et se mit à hurler. Ses cris furent si puissant qu'ils parvinrent presque à couvrir le vacarme du Tardis.

- Donna, fit Oliver en tendant sa main vers la jeune femme, je vous en prie ne le laissez pas...

Le jeune homme n'eut pas le temps de terminer sa phrase que la boîte bleue avait terminé sa matérialisation. Incrédule de voir apparaître le Tardis en face d'elle, Donna se retourna pour constater que celui qu'elle connaissait n'avait pas bougé. Il y avait deux Tardis dans la pièce.

- Qu'est-ce que ça veut dire Docteur ? Demanda-t-elle après quelques secondes.

- C'est brillant ! Répondit simplement le Docteur tout en admirant le Tardis apparu sous ses yeux. Ce n'est pas tous les jours que je vois mon Tardis se matérialiser.

Le Docteur s'approcha du Tardis et se mit à caresser l'engin comme pour s'assurer de son authenticité. Voir le Docteur sourire à nouveau après les événements de la journée faisait plaisir à Donna mais elle aurait aimé quelques réponses.

- Docteur, lança-t-elle. Est-ce que vous allez finir par m'expliquer ce que tout ça signifie ?

- Donna ? Est-ce que c'est vous ? Fît une voix masculine sortit tout droit des hauts parleurs de la console d'Oliver.

Donna parcouru la pièce du regard pour essayer de déterminer d'où provenait le son avant d'afficher une mine perplexe. Elle se pencha vers le Docteur et chuchota :

- Qui est-ce que c'est ?

- C'est moi Donna, dit la voix. Le Docteur.

Toujours penchée vers le Docteur la jeune femme continua :

- Le futur vous ?

- Il semblerait, répondit le Docteur toujours avec le plus grand sourire.

- Je sais que ça doit paraître bizarre, continua la voix. Surtout à vous Donna. Je suis désolé de ce que vous avez dû subir à cause d'Oliver. Cela fait maintenant quelques temps que je suis à sa recherche depuis que j'ai appris ce qu'il tramait. Mais je vais m'occuper de lui maintenant, soyez rassurés.

- Pourquoi est-ce que vous ne sortez pas ? Demanda le Docteur. Que l'on puisse discuter en face à face ? Prendre une tasse de thé ?

- Je ne crois pas que ça soit une bonne idée. Oliver a déjà assez perturbé notre temporalité sans avoir à ajouter ce problème à l'équation.

- Je comprends. Il semblerait que je devienne plus responsable avec l'âge.

- Ce n'est pas l'avis de tout le monde, répondit l'autre Docteur en riant.

- Qu'est-ce qu'il va se passer maintenant pour Oliver ? Intervint Donna.

- Malheureusement vous n'êtes pas les seuls à avoir fait les frais de son désir de vengeance à mon égard. Pour construire son simulacre de Tardis, Oliver a causé beaucoup de souffrance autour de lui. Il va donc devoir répondre de ses actes.

- Est-ce que tout ce qu'il a dit à propos de vous était vrai ? Demanda Donna. La mort de Jemma ? De Clay ? Le fait que vous l'ayez abandonné ?

Les deux Docteurs restèrent silencieux plusieurs secondes. Voyant qu'elle n'obtenait pas de réponse Donna se tourna vers son Docteur qui avait perdu son sourire.

- En mon grand regret, oui, finit par répondre l'autre Docteur. Et j'en assume l'entière responsabilité, quoi qu'en dise Oliver. Je n'ai pas prêté assez attention à eux.

Un nouveau silence s'installa dans la pièce. Donna repensa à tout ce que lui avait raconté Oliver sur la disparition de ses camarades et à quel point cela avait dû toucher le Seigneur du Temps. Après plusieurs secondes le Docteur finit par relever la tête et reprit d'un ton plus enjoué :

- Est-ce que c'est vraiment ce à quoi ressemble notre Tardis maintenant ?

- À peu de chose près oui.

- J'aime beaucoup.

- C'est vrai ? Répondit l'autre Docteur en riant. Pas moi. Je pense que je vais le redécorer à nouveau. Peut être dans un style plus sobre.

- Qu'est-ce que vous allez faire maintenant ? Demanda Donna. Repartir sauver des planètes ?

- Je ne pense pas.

- Comment ? Fit la jeune femme qui avait voulu sa question plus rhétorique qu'autre chose.

- Ce qui est arrivé à Oliver, à Jemma et à Clay m'a mit face à mes défauts. Plus j'interviens dans la vie des gens et plus je les fais souffrir.

- Mais c'est faux ! S'exclama Donna.

Le Docteur posa sa main sur son épaule pour tenter de la calmer mais sans effet.

- Qu'est-ce que vous allez faire alors ? Insista-t-elle.

- J'ai quelques amis dans le Londres Victorien. Je sais que je pourrai compter sur eux dans ma retraite.

- Votre retraite ? Mais vous ne pouvez pas simplement...

- Donna, dit calmement le Docteur. Laissez. Ça ne sert à rien.

La jeune femme se tourna vers le Docteur et lut dans ses yeux que c'était inutile d'insister. Que ce soit le Docteur qu'elle connaissait ou celui du futur elle savait que lorsque ce dernier avait une idée en tête, peu de chose pouvait l'arrêter.

- Vous pouvez rentrer, continua l'autre Docteur, je vais m'occuper du bazar qu'a laissé Oliver derrière lui. Dans tous les cas ce fût un véritable plaisir de vous revoir Donna. Et Docteur, j'ai bien envie de te dire de ne pas faire les mêmes erreurs que moi mais je pense que dans notre cas cela risque de s'avérer quelque peu compliqué.

- En effet, répondit le Docteur.

- Alors tu sais ce qu'il te reste à faire ?

- Oui.

Le Docteur prit alors la main de sa compagne et l'emmena vers son Tardis. Alors que le Docteur passait la porte Donna se retourna vers l'autre Tardis.

- Prenez soin de vous Docteur.

- Prenez soin de lui Donna, lui répondit l'autre Docteur.




Citation:

Donna referma la porte du Tardis derrière elle et avança lentement vers la console. C'était assez étrange de retrouver cet environnement familier après avoir erré tout ce temps dans ce faux Tardis. Toute cette aventure n'avait duré peut-être qu'une journée mais pour Donna cela avait semblé être une éternité.

Alors qu'elle observait la salle de contrôle elle se dit que redécorer l'endroit ne serait peut-être pas du luxe. Le Tardis d'Oliver, enfin celui du Docteur du futur, était bien plus ordonné et sophistiqué que cet endroit, et surtout beaucoup mieux éclairé. Donna se dit qu'il faudrait qu'elle en touche deux mots au Docteur.

Mais elle ne voyait pas le Docteur. Il était pourtant entré dans le Tardis à peine quelques secondes avant elle. Il n'avait pas pu se volatiliser. La jeune femme se prit soudain de panique.

- Docteur ? Lança-t-elle. Docteur, vous êtes là ?

- Par ici, répondit le Docteur à l'autre bout de la pièce.

Le Seigneur du Temps s'était aventuré sous le grillage qui constituait le sol de la salle de contrôle. Il était en train de fouiller dans ce qui semblait être un coffre où il avait amassé tout une panoplie d'objets divers.

- Vous y verriez peut-être mieux avec un peu plus de lumière, dit-elle.

Le Docteur, la tête plongé dans son coffre ne prit pas la peine de lui répondre. La jeune femme soupira avant de reprendre sur un ton plus sérieux.

- Docteur, est-ce que vous pensez vraiment qu'Oliver aurait pu vous faire oublier mon existence ?

- Oliver était certes un esprit très brillant, répondit le Docteur la tête toujours dans son bric à brac, mais je doute qu'il ait pu construire une machine à paradoxe.

- Il a pourtant réussi à vous faire croire que vous vous trouviez dans votre Tardis.

- Il n'était pas dénué de talent mais je pense qu'il était loin d'avoir la concentration nécessaire pour construire une telle machine.

- Pas comme vous ? Se moqua Donna.

Le Docteur releva la tête brusquement, l'air légèrement vexé. Il se redressa ensuite complètement.

- Cela dit, Oliver a perturbé le continum de ma ligne temporelle. Et c'est très grave. Ce qui fait qu'il ne nous reste qu'une seule chose à faire.

Il ouvrit sa main pour laisser apparaître deux pilules blanches.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Donna.

- Avalez un de ces pilules et vous oublierez tout ce qu'il s'est passé les dernières 24 heures.

- Vous plaisantez ?

- C'est le seul moyen pour préserver le futur et la continuité de ma ligne temporelle. Nous devons oublier ce qu'il vient de se passer pour que cela n'influence pas mes choix dans le futur.

- Vous voulez dire pour que voyagiez avec Oliver dans le futur ?

Le Docteur hocha la tête.

- Mais pourquoi ? Vous avez bien vu comment cela va finir !

- Ce n'est pas à moi de prendre cette décision. C'est une erreur que mon futur moi doit commettre. C'est comme ça qu'il avancera.

- Mais il n'avance pas. Il va jouer les ermites à l'époque victorienne, vous l'avez attendu.

- Laissez-lui du temps. Il finira par s'en remettre, je le connais.

Il adressa un large sourire à Donna.

- Mais...

- Donna !

- Mais je ne veux pas oublier. Je sais que cette journée a été particulièrement éprouvante. J'ai été électrocuté, j'ai perdu connaissance à plusieurs reprises et on m'a tiré dessus. Mais tout même.

Le Docteur tendit une pilule à Donna. Devant le regard insistant du Docteur la jeune femme se résigna et prit la pilule entre ses doigts.

- Bon d'accord, fit-elle avant de porter la pilule à ses lèvres. Mais promettez moi une chose.

- Ce que vous voulez.

- Je ne veux plus jamais oublier une seule de nos aventures. Pas un seul moment.

Le Docteur lui lança un large sourire.

- Je vous le promets, assura le Docteur.


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Dernière édition par Lennox le Dim 5 Jan 2014 - 13:17; édité 15 fois
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MessagePosté le: Lun 24 Juin 2013 - 20:39    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 24 Juin 2013 - 21:59    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

Ah, depuis le temps que je voulais lire quelque chose de toi Lenn, je suis content !

Un style très agréable à lire, une intrigue intriguante qui m'intrigue et qui me fait théoriser beaucoup, ce qui est rare !


Pour moi, le Tardis abandonné est celui de Eleven après sa mort. Ca correspond vu le décor et le fait que tu n'avais pas vu la saison 7.
La description de l'interface ressemble un peu à Eleven je trouve: cheveux noirs, yeux bleus, chemise bleu clair et pantalon marron comme dans Eleventh Hour il me semble. Bon, les traits fins, on met de côté XD
Les Cybermen ont été installés par le précédent propriétaire, c'est à dire Ten, pour ne pas perturber l''espace-temps quand il comprendra l'affaire.
L'interface dit qu'elle ne connait pas le nom du propriétaire mort. Logique.

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MessagePosté le: Lun 24 Juin 2013 - 22:24    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

J'adore ton histoire jusqu'à maintenant, le propriétaire du TARDIS m'intrigue mais j'ai quelques idées et revoir cette bonne vieille Donna est toujours agréable. Tu écris très bien c'est un plaisir de te lire.
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MessagePosté le: Mer 26 Juin 2013 - 17:23    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

Chapitre 5 posté.
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MessagePosté le: Mer 26 Juin 2013 - 18:44    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

Et ouais, Donna en savait trop alors Oliver/Eleven l'a supprimé. J'en suis sûûûûûr

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MessagePosté le: Mar 2 Juil 2013 - 12:56    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

Chapitre 6 posté. (un peu plus long que les autres)
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MessagePosté le: Mar 2 Juil 2013 - 17:11    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

Sixième chapitre très imaginatif j'aime bien l'art gallifréen comme tu le décrit.
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MessagePosté le: Mar 2 Juil 2013 - 18:25    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

C'est boooooooooo ! Je m'y voyais !
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MessagePosté le: Mar 2 Juil 2013 - 18:31    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

Merci pour vos messages.

J'ai oublié de préciser d'une partie de ce dernier chapitre est inspiré d'une œuvre de notre Eleusys adorée Mr. Green

http://dameeleusys.deviantart.com/art/Doctor-who-truants-328746418
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MessagePosté le: Mar 2 Juil 2013 - 23:39    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

Lennox a écrit:
Merci pour vos messages.

J'ai oublié de préciser d'une partie de ce dernier chapitre est inspiré d'une œuvre de notre Eleusys adorée Mr. Green

http://dameeleusys.deviantart.com/art/Doctor-who-truants-328746418


Alors là, je suis super flattée!
Je viens de tout lire d'une traite et j'en veux encore!!!!

J'ai tout adoré: ton écriture très plaisante, les descriptions et la narration qui sont habilement menées, l'intrigue qui nous tient en haleine. Bref, c'est très efficace et j'ai hâte de connaitre la suite!

Par contre c'est malin moi Qui devais me coucher de bonne heure, c'est grillé. ^^
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MessagePosté le: Mer 3 Juil 2013 - 14:48    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

J'ai aussi tout lu d'une traite , et j'adore tant sur le plan scénaristique que sur celui du style. Vivement la suite !
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Merci à la grande Dame Eleusys pour ce magnifique avatar .

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Lennox
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MessagePosté le: Jeu 4 Juil 2013 - 15:27    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

Merci Eleu et Tanuki, ça me fait plaisir.

Pour la peine je vous mets chapitre 7 tiens Wink
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julienh
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MessagePosté le: Jeu 4 Juil 2013 - 17:29    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

Je viens aussi de tout lire d'une traite !
Ça se lit bien, ton style est fluide et agréable. Les descriptions sont claires. Ta vision de l'art gallifreyan est très jolie <3
Vivement la suite !
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Lennox
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MessagePosté le: Mar 9 Juil 2013 - 09:58    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

Merci pour ton message julienh Wink

Voici le chapitre 8 pour vos beaux yeux à tous Mr. Green
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MessagePosté le: Mar 9 Juil 2013 - 21:26    Sujet du message: À l'abandon [Terminée] Répondre en citant

Wow, ce chapitre se démarque des autres ! C'est un bon point car même si ça va aux antipodes de ce que tu as déjà fait, ça reste dans la logique de l'histoire...


Bon, je fais une petite pause sur ma théorie du Tardis d'Eleven pour dire que cette scène apocalyptique est un effet d'un sauvetage du Docteur dans une de ses vieilles aventures... Et que Oliver n'aime pas trop beaucoup ça.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:15    Sujet du message: À l'abandon [Terminée]

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