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The Fate of the Doctor

 
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Pellinor
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Masculin Bélier (21mar-19avr)

MessagePosté le: Ven 3 Jan 2014 - 14:24    Sujet du message: The Fate of the Doctor Répondre en citant

Bonjour à tous et à toutes ! (je découvre ce forum, soyez indulgents)

Ca fait quelques temps déjà que j'ai commencé une fic sur Doctor Who. J'ai pas eu un franc succès et on m'a conseillé ce forum pour poster ma fan fiction. Eh bien, j'ai vu que y avait cette section dans le forum alors... je tente ma chance Mr. Green

M'enfin bref, parlons plutôt de la fic en elle-même. Désolé de décevoir certains, mais pas de Tenth, pas de Eleventh, et encore moins de Rose ou d'Amy ! Ma fic mettra en scène les aventures d'un tout autre Docteur, inventé de toutes pièces, et de ses compagnons. Donc nul besoin d'être bien avancé dans la série ou d'avoir dévoré les classics (erf, pas mon cas) pour pouvoir lire "The Fate of the Doctor" ! (ps : le Docteur mis en scène est une régénération future, donc il a bien fait face à la Guerre du Temps)

Bah alors, qu'attendons-nous ?

Prologue I


1404. Pour certains, c'était l'année de la prise de Cardiff par notre bien-aimé prince Owen Glendower, pour d'autres, c'était seulement la quatrième année d'un nouveau siècle. Mais quoiqu'il ait pu se passer en 1404, je ne pouvais qu'assimiler cette année à un tournant dans ma vie. J'avais rencontré l'homme qui se faisait appeler le Docteur. L'homme qui changea ma vie.

*

Je n'étais alors qu'une jeune noble des Marches Galloises, la cadette de la famille. On vivait tous dans un modeste château bâti sur le sommet d'une colline. Oh, il fallait le voir ce château ! Même s'il n'était pas le plus grand et qu'il devait certainement faire pâle figure devant la Tour de Londres, notre petit château demeurait pour moi le lieu magnifique de mon enfance, avec ses arbres fruitiers et ses roses qui occupaient nos jardins. Je me souviens encore très bien du jour où je me promenais avec mon frère Edwen (c'est le frère que j'apprécie le plus, mais j'ai toujours préféré le cacher à Cerdic. Il l'aurait pris tellement mal, lui qui m'aimait tant !) et que nous nous étions assis au pied d'un arbre, à avaler par grandes bouchées les pommes que nous avions ceuillies en chemin. C'était tellement reposant que de me forcer à rire aux blagues discutables de mon frère tout en m'empiffrant de ces pommes, et tout cela sous le soleil radieux d'un après-midi de printemps !

Je me rappelle également des fois où j'épiais sournoisement Père, tranquillement en train de lire l'un de ses livres sur un banc de pierre du jardin. Je ne savais pas pourquoi je l'espionnais, peut-être mon frère Alwin m'avait-il inspiré, quand je l'avais surpris un jour en train d'épier furtivement Morgane, une fille noble qu'on avait recueillie chez nous après la mort de ses parents. Ces derniers avaient été emportés par la même maladie, et puisqu'ils étaient de vieux amis de la famille, Père a recueilli l'orpheline qu'était devenue Morgane. Alwin aimait cette jolie jeune fille depuis le jour où elle était arrivée. Et lorsque j'avais aperçu Alwin occupé à ses « observations », j'avais toussé pour montrer ma présence, avant de me faire sèchement chasser. J'aurais aimé qu'Alwin fût moins dur avec moi, mais il ne pouvait s'empêcher d'être méchant avec tous le monde, à part avec Père et Mère bien entendu, comme s'il se considérait comme un génie incompris. Eh bien, ce fut sûrement pour cela que Morgane préféra choisir mon frère Cerdic, l'aîné de la famille. Ils allaient bien ensemble. Furieux et le cœur brisé, Alwin, était parti du domaine familial vers quelque obscure destination. Je ne l'ai plus revu. Et, même si je détestais Alwin, c'était parce qu'il était parti que Cerdic et Morgane me faisaient grincer des dents, quand ils montraient leur bonheur devant tous comme si Alwin et son amour pour Morgane n'avaient jamais existé.

Quoiqu'il en soit, Père me découvrait toujours derrière les buissons et, après un soupir, il tapotait le banc, pour m'inviter auprès de lui. Il m'adressait toujours un sourire quand je venais à lui et, quand j'étais installée à ses côtés, il me lisait son livre. C'était ennuyeux toutes ses histoires sur notre pays, mais c'était les seuls moments que j'arrivais à partager seule à seul avec Père, qui passait pratiquement tout son temps dans sa chambre, à écrire et à lire. En plus de lettres, il m'avait confié qu'il écrivait également un livre de chroniques sur les Princes Gallois. Il espérait qu'un jour ces chroniques puissent intéresser un grand homme, voire même un futur Roi  ! Mais, malheureusement, la maladie emporta Père avant qu'il ne puisse achever l'écriture de son livre. On avait tous pleuré le jour où il était mort. Même Alwin s'était rejoint à Cerdic, Edwen, Mère et moi pour pleurer ensemble.

Oui, le château était magnifique. Pour moi, il était magnifique de par ses jardins mais également de par toute ma jeunesse qui s'y était passée. Pourquoi uniquement de par ma jeunesse ? Eh bien, depuis le jour de la mort de Père (j'avais treize ans, alors), j'avais l'impression que tout semblait s'effondrer autour de moi.

L'héritier devait désormais prendre la place du défunt seigneur pour s'occuper du château, aussi vis-je de moins en moins le charmant sourire de mon frère Cerdic. Il passait de plus en plus de temps dans son bureau, en train de s'occuper de l'administration de ses terres et de sa cour. Mère s'était tournée vers Dieu pour oublier son chagrin, et je me souviens avoir énormément pleuré le jour où elle s'était retiré au couvent. Je ne la revis plus jamais, elle non plus. Alwin tentait de demander la main de Morgane, mais, comme je le disais, Cerdic l'avait devancé et Alwin était parti, lui aussi. Ne restait quasiment plus qu'Edwen pour égayer mes journées. Il était toujours là pour moi, et il était plus mon ami que ne l'étaient toutes ces cruches de servantes qui venaient me parler seulement pour s'attirer des faveurs. Mais il y avait également William, pour me sentir moins seule.

William était arrivé au château quelques temps après la mort de Père. Quelques unes de nos servantes avaient trouvé cet homme presque à deux doigts de mourir (même s'il ne portait aucune blessure apparente, peut-être était-ce un coeur surmené qui le mettait dans cet état), couché dans la boue, près d'une forêt environnante où nombre de nos servantes allaient chercher des champignons pour les repas. On avait alors amené cet homme que personne ne connaissait chez nous, afin qu'il se rétablisse. On ne pouvait pas laisser quelqu'un mourir, même un parfait inconnu.

Quoiqu'il en soit, William était resté presque une semaine parmi nous. Il avait raconté à Cerdic qu'il n'était qu'un vulgaire chevalier errant, épuisé par les voyages qui l'avaient mené en Pays de Galles. C'était avant que Mère ne parte qu'il m'adressa la première fois la parole. Ce jour-là, je tentais tant bien que mal d'oublier les quelques insultes que m'avaient servies Alwin une heure plus tôt en me promenant dans les jardins, mais je n'étais parvenue qu'à me réfugier sous les branches d'un arbre pour pleurer. Mère se faisait plus distante, Alwin était de plus en plus colérique, je ne voyais presque plus Cerdic et Edwen était parti chasser avec notre cousin, ce qui m'avait laissé sans le moindre réconfort. Enfin, c'est ce que j'avais cru.

« Ma Dame. »

Je levai les yeux et vis Sire William devant moi, tenant dans sa main droite son étrange chapeau noir qu'il disait tenir de sa contrée. Essayant tant bien que mal d'essuyer mes larmes pour paraître plus présentable, je lui demandai d'une voix tremblante s'il s'était égaré. Après tout, avait-il une quelconque raison de venir aborder une pauvre fille en pleurs ?

« Pas vraiment, j'erre comme j'en ai l'habitude, m'expliqua-t-il, et j'ai même trouvé l'endroit idéal pour errer !
– Alors, commençai-je en m’éclaircissant la voix, ne pouvez-vous pas continuer à errer au lieu de venir déranger une dame dans ses affaires ?
– Quelles affaires ? Vous étiez en train de pleurer.
– Mais... pas du tout !
– Maintenant, dîtes-moi, ma Dame, aimez-vous votre famille ?
– Je ne pleurais pas ! Et en quoi cela vous intéresse, que j'aime ma famille ou non ? Nous avons eu la bonté de vous recueillir, alors ayez la bonté de me laisser tranquille, vous et vos questions idiotes !
– Certainement, mais aimez-vous votre famille ?
– Mais... bien sûr que j'aime ma famille !
– Vous perdriez toute raison de vivre, s'il arrivait malheur à chacun de vos frères et à votre mère, n'est-ce pas ?
– Certainement. Mais à quoi riment donc vos questions ?
– Je demandais seulement.
– Cerdic devrait vous prendre comme fou, cela m'étonne beaucoup que vous soyez chevalier.
– J'étais, ma Dame. Je n'ai plus de seigneur, maintenant.
– Que s'est-il donc passé, messire ?
– Eh bien... » Sire William soupira et vint s'asseoir auprès de moi. Il semblait réfléchir à ce qu'il allait me dire avant de poursuivre. « Originairement, je viens de l'Écosse, et j'y servais mon seigneur. Mais les troubles dans le pays l'ont mené à bien nombre de batailles, et il trouva donc la mort dans l'une d'entre elles. C'était une belle bataille. Enfin, pour mon pays. Je ne puis considérer une bataille comme belle lorsque j'y vois tomber mes compagnons et mon seigneur. Et aussi... »

Et il continua son histoire encore longtemps. Ainsi se passa cette journée-là. J'étais restée de longues heures assise auprès de William, à écouter son histoire pleine d'hésitations. J'eus comme le devoir de raconter également mon histoire à moi, pourquoi moi aussi j'étais aussi seule. Il m'écouta longtemps me plaindre toujours et encore d'une vie qui ne pouvait qu'être moins misérable que la sienne, aussi fus-je bien étonnée qu'il m'écoutât avec assiduité, sans me couper la parole la moindre fois. C'est ainsi que m'étais liée d'amitié avec ce pauvre chevalier errant qu'était Sire William.

Mais il repartit peu après notre rencontre, et je crus bien que je n'allais plus avoir personne pour me tenir compagnie à part Edwen. Mais William finissait toujours par revenir, remerciant à chaque fois mon frère Cerdic de l'avoir soigné et accueilli en son toit quelques mois auparavant. Lors de l'une de ses visites, qui ne duraient pas plus longtemps que trois jours, je le priai de bien vouloir offrir son épée à Cerdic, lequel, lui dis-je, serait ravi de l'accepter au sein de sa garde. Mais Sire William disait sans cesse qu'il n'y arriverait pas, car il ne supporterait pas de cracher sur la mémoire de son ancien seigneur en jurant allégeance en un autre seigneur. Je l'avais très mal pris, et je l'avais interdit de m'adresser la parole lors de sa visite suivante. Mais je n'arrivais pas à être fâché contre lui, l'un de mes seuls amis.

Ainsi se passèrent les années qui me menèrent en 1404 (j'avais dix-sept ans, alors), en attendant avec impatience les visites de mon ami Sire William, presque tous les trois mois, et à tromper l'ennui de mes mornes journées sans Père, Mère, Alwin et Cerdic avec mon frère Edwen.

Mais cette routine devait bien s'arrêter un jour, et elle s'arrêta en 1404, précisément le 23 juin.


Prologue II


Si j'avais seulement su en me réveillant ce jour-là que ce serait loin d'être une simple journée pluvieuse d'été... ! Après m'être lavée et m'être habillée, j'entrepris de descendre à la Grande-Salle, le lieu où j'allais habituellement tous les jours pour manger. La veille, j'avais renvoyé mon repas en prétextant un mal de ventre, mais je regrettais maintenant en sentant mon estomac crier famine de ne pas avoir voulu manger les affreux légumes que l'on m'avait servis. Définitivement, les cuisinières devraient comprendre que je n'aimais pas les légumes, surtout que la fois où j'ai manqué de vomir à cause d'une soupe bien trop verte aurait dû les avertir. Qu'importe, ce matin-là, j'allais comblé ma faim à l'aide du pain que l'on servait habituellement dans la Grande-Salle tous les matins.

Quand j'y entrai, j'aperçus Edwen au fond de la salle, installé à la longue table que l'on réservait aux nobles du château. Il était en compagnie de notre cousin Aidan, aussi préférai-je ne pas rejoindre mon frère. Je n'aimais pas Aidan, avec ses manières peu courtoises et ridicules de me faire la cour. Car oui, cet imbécile en surpoids croyait pouvoir conquérir mon cœur, alors que Cerdic ne consentit jamais à accepter de lui donner ma main.

Je m'installai alors à une autre table que celle des nobles. C'était ici que se retrouvaient les servantes du château pour manger, et elles m’accueillirent avec nombre de sourire et de bonnes manières à leur table. C'était soit elles, soit les soldats de mon frère. Et je n'avais nulle envie d'entendre des hommes cracher des jurons et des grossièretés pendant toute l'heure du repas. Ils étaient ivres dès le matin, c'est dire la qualité des hommes qui se disaient protéger Cerdic ! Mais bon, reculés comme nous étions dans les Marches Galloises, il n'y avait quasiment aucun danger.

Je passai cette heure à manger et à supporter les bienveillances hypocrites des servantes, qui prenaient comme un honneur le fait que je vienne manger avec elles. Exaspérée, je quittai la Grande-Salle avant tout le monde, en adressant tout-de-même un léger signe de tête à Edwen qui avait fini par me remarquer.

Je n'avais pas grand chose à faire le reste de la matinée, alors je vins chercher le silence et la quiétude qu'offraient les jardins. Je m'étais assise sur le banc que Père occupait toujours pour lire ses livres. Je me sentais tellement nostalgique et triste en repensant au sourire que Père faisait en m’accueillant à côté de lui... Il était parti bien trop tôt.

Je m'étais assoupie quand Edwen me réveilla, sourire aux lèvres.

« Il pleut, tu vas tomber malade. Pas assez dormi ? me demanda-t-il.
– Non, seulement... »

Je venais de remarquer Aidan à côté de mon frère. Son sourire calquée sur mon frère me rendait malade.

« ...seulement je viens de me souvenir que j'ai du travail à faire, au revoir Edwen. Aidan. »

J'inclinai légèrement la tête quand je me levai et pris la fuite. Le reste de la journée, je l'avais passé dans ma chambre, à m'efforcer de confectionner quelque chose avec mes mains maladroites. Mes mains étaient couvertes de points rouges que m'avaient dessinés l'aiguille. Je n'avais jamais été douée pour les travaux manuels, contrairement aux autres filles du château. Je voulais toujours faire quelque chose pour Cerdic, qui ne me voyait guère en ses temps, bien trop occupé dans l'administration du château, afin de lui montrer que je ne l'oubliais pas. Mais à quoi bon, le résultat du cadeau serait bien désolant, et Cerdic ne m'adresserait que des remerciements forcés.

Je laissai choir mon travail d'aiguille par terre et me recueillis auprès de la fenêtre qui donnait sur les jardins. Il faisait nuit et la pluie forte n'améliorait en rien ma visibilité. Mais j'aperçus un homme, qui faisait les cents pas dans le jardin, regardant le sol avec intérêt, comme s'il cherchait quelque chose. J'essayai tant bien que mal de le reconnaître, mais la capuche de sa cape était rabattue sur sa tête, et je ne distinguai guère ses traits. Alors fis-je quelque chose que peu de gens auraient pensé faire s'ils voyaient un inconnu vagabonder dans leur jardin. Je pris mon manteau, et, sans avertir le moindre garde, je descendis. Je fis très attention à ce qu'aucun garde suffisamment sobre ne puisse me voir et me demander où est-ce que j'allais.

Je parvins tant bien que mal à sortir sans me faire découvrir. L'homme, entre deux arbres, regardait toujours le sol. Dos à moi, il ne me voyait pas. Je fis quelques pas vers lui, mes bottes s'enfonçant dans la boue, et je m'éclaircis la voix.

« Puis-je vous aider, messire ? » demandai-je d'une voix très calme.

L'homme sursauta et se tourna vers moi. William. C'était William, avec ses vifs yeux bleus et son chapeau noir sur la tête, protégé par la capuche de sa cape tout aussi noire.

« Ma Dame, toussa-t-il en faisant une légère révérence. N'avez-vous pas froid ? Je gèle, pour ma part !
– Sire William, que faîtes-vous ici ? interrogeai-je, lèvres pincées. N'étiez-vous pas censé être en voyage pour Londres ?
– Oh, les temps se font durs, là-bas, ils n'acceptent plus quiconque au sein de la ville...
– Arrêtez de me mentir, messire William. Vous n'avez pas pu faire l'aller-retour en seulement une semaine.
– Des bandits me sont tombés dessus, aussi. J'ai...
– Arrêtez de me mentir. »

Je l'avais alors regardé avec une telle détermination qu'il ne pouvait maintenant plus que me dire la vérité. Il y avait quelque chose qu'il essayait de me cacher.

« Ma Dame, dîtes-moi seulement où puis-je trouver le moindre accès aux sous-sols.
– Mais, pourquoi voulez-vous le savoir ? lui demandai-je. Que cherchez vous dans les sous-sols ?
– Mon but. Un sens à ma vie, peut-être ?
– Messire William... ?
– Comment accède-t-on aux sous-sols ?
– Eh bien... » Je réfléchis longuement avant de continuer « ... Edwen m'y a un jour emmenée, quand Alwin nous courrait après pour se venger d'une de nos farces.
– Et ?
– Et je ne me souviens plus vraiment de la cachette. Mes souvenirs sont flous, messire. Mais je peux être sûr que c'était quelque part dans les jardins !
– Ah, je me disais bien ! »

Il mit ses mains sur mes épaules, se baissa pour que l'on soit à la même hauteur, et me regarda droit dans les yeux. Ses yeux bleus si profonds et brillants me troublèrent tant et, tandis que je me noyais dans ce bleu infini, William dut me secouer pour me ramener sur terre.

« Il faut se souvenir, ma Dame, annonça-t-il. Essayez de vous rappeler... de ce jour ?
– C'était l'après-midi, alors, et nous parlions tranquillement avec Alwin, Edwen et moi. Mais Alwin avait placé un mot en trop qui n'avait pas plu à Edwen. Edwen m'a ensuite emmené avec lui et m'a projeté son plan pour énerver Alwin. Si je me souviens bien, il avait vidé tout un seau d'eau sale sur lui au détour d'un couloir. On était puérils à l'époque vous saviez !
– L'essentiel, ma Dame.
– Et après, continuai-je quelque peu troublée par la brusquerie de William, Edwen et moi avions couru jusqu'aux jardins, Alwin à nos trousses. Il criait qu'il allait nous traîner jusqu'à Père et que nous allions être punis, mais Edwen m'a pris la main et... Mais oui ! »

Je marchai d'un pas pressé, comme possédée par le souvenir qui me regagnait. Sire William me suivait de près, et je l'emmenai dans le coin le plus reculé du jardin, où se trouvait un vieux banc de pierre entre deux arbres.

« Ce banc-là, on peut le porter, contrairement aux autres, informai-je. Normalement, si on le levait, on devrait voir... »

Le chevalier errant porta alors le banc, devançant mes paroles, et le lâcha hâtivement un petit peu plus loin, pour revenir vers moi. Il s'agenouilla alors devant la trappe en bois qui, autrefois cachée dans l'ombre du banc, se présentait désormais à nous. Il tira trois fois sur la poignée de la trappe, laquelle finit par s'ouvrir. Une échelle menait aux sous-sols, et William commençait déjà à la descendre. Quand il fut arrivé en bas, je descendis à mon tour, sous le regard perplexe du chevalier.

« Ma Dame, que faîtes-vous donc ? me demanda-t-il.
– Je veux savoir en quoi ces sous-sols vous ont forcé à me mentir, répondis-je d'une voix froide. »

Je sautai les quelques mètres qui me séparaient du sol et fixai William, les bras croisés. Les torches qui brûlaient dans le long labyrinthe de couloirs me montrèrent vivement une légère tristesse dans le regard de messire William.

« La vérité n'est parfois pas bonne à entendre, soupira-t-il, et encore moins à concevoir.
– Messire, qu'y a-t-il ?
– Il y a que vous devez remonter et vous en aller dormir, il se fait tard.
– Que me cachez-vous ? Que me cachez-vous depuis le début ? Depuis que je vous ai rencontré ce jour-là ?
– Je cache que j'apprécie trop la jeune fille solitaire qui pleurait sous un arbre pour la mettre en danger. Remontez. Maintenant. »

Il me regarda droit dans les yeux, encore une fois. Je me résignai alors à le laisser dans les sous-sols et remontai l'échelle, tandis qu'il s'éloignait dans un couloir.

Mais je ne m'étais pas ennuyée à l'aider à trouver cette fichue trappe pour abandonner si facilement. Je redescendis après avoir attendu quelques temps et, me munissant d'une torche, je m'engageai dans le couloir dans lequel il était passé. J'errai longuement, espérant trouver William au détour d'un virage, mais je ne faisais qu'avancer sans jamais le trouver.

Tandis qu'une autre chose m'avait trouvé, moi.

En entendant ce long gémissement inhumain, je me retournai. Alors, je ne pouvais que courir aussi vite que je le pouvais.


Prologue III


Les flaques de boue omniprésentes dans ces sous-sols n'avaient guère épargné ma robe, et encore moins mes bottes, tandis que je courrais sans ressentir la moindre fatigue. On dit souvent que lorsque l'on est face à la mort, l’instinct de survie est si fort que l'on arrive à dépasser les limites de notre corps. Ainsi, je courrai, je courrai et je courrai. Pour sauver ma vie.

Elle me suivait, glapissant et gazouillant, hurlant après moi comme si ma vie aurait pu la soulager. Je n'osai pas regarder en arrière, de peur de voir la créature me rattraper. J'étais plus que certaine que si elle m'attrapait, je pouvais dire adieu à ma vie, à mon corps, à mon âme. Ça ne pouvait être qu'une créature du Diable, envoyée par son Maître à mes trousses pour me châtier. Mais qu'avais-je donc fait pour mériter le courroux de la Bête elle-même ? Enfin, ce jour-là, je ne pouvais admettre de manière rationnelle l'existence d'une telle créature. Mais c'était quand j'étais encore bien ignorante...

Je continuai ainsi de courir, sans jamais m'arrêter. Je ne savais pas combien de temps était passé ainsi, mais je croyais bien avoir fait une centaine de fois le tour du dédale qu'était ces sous-sols. Au bout d'un moment, je ressentis un soudain élancement au ventre. Je fatiguais. Mon corps commençait à trouver ses limites, et il y eut une larme qui perla sur ma joue, alors. Je ne pouvais m'en sortir. Je ne savais plus où l'échelle se trouvait, les couloirs se ressemblaient tous. J'allais mourir ici. Et messire William ? Était-il lui aussi tombé sur la créature ? Était-il... mort ?

Et, soudain, je trébuchai, et tombai lourdement de tout mon long sur le sol. Je me retournai, et, sanglotant, je me traînai en arrière à l'aide de mes deux bras.

« Je vous en prie, implorai-je, laissez-moi tranquille... »

J'étais épuisée, et mes bras n'arrivaient plus à me faire reculer. La créature s'approchait de plus en plus. Gluant, translucide et visqueux, ce monstre qui ne ressemblait à rien d'autre qu'à de la gelée ouvrait sa gueule en ma direction. Attendant ma mort, je me mis en boule, et mes larmes se déversaient sur le sol. Père, Mère, Cerdic, Edwen, Alwin, et Sire William... Ma famille, mon chevalier... Je les abandonnerai ici. Et j'irai rejoindre Père au Paradis. Sauf seulement si le Diable ne m'envoyait une de ses créatures pour m'amener à lui...

Et on m'attrapa le bras, puis on me mit sur pieds. Entre deux hoquets, je me retournai et vis Sire William.

« Vous êtes vivants ? parvins-je à dire d'une voix tremblante.
– Oh que oui, et nous ne le resterons pas longtemps si on s'attarde par ici ! S'exclama-t-il. »

La bête ouvrit sa gueule jusqu'au plafond et menaçait de nous engloutir, quand Sire William serra ma main dans la sienne.

« Cours ! »

Et même si ma folle course d'auparavant m'avait épuisée, j'arrivai à suivre le chevalier, sans doute car sa présence me donnait une force nouvelle. Le monstre ne réussit à avaler que le chapeau de messire William, avant de s'affaler par terre telle une flaque et de disparaître.

« Il est parti ! criai-je.
– Non, il a fusionné avec le sol, rectifia mon ami, et il risque bien de... »

Soudain, devant nous, la gelée monstrueuse s'extirpa du sol. Il criait et hurlait. Un cri de triomphe. On y percevait que trop la victoire.

« Reculez, ma Dame ! » ordonna-t-il.

Je fis ce qu'il me dit, et, alors, William sortit quelque chose qui ressemblait à un bâtonnet métallique de sous sa tunique. Il le dirigea vers l'une des torches du couloir, et le bâtonnet émit une étrange lueur bleue au bout. Le feu de la torche s'amplifia comme par sorcellerie, avant de bâtir devant nous et le monstre un mur de flammes. Je restai stupéfiée devant ce spectacle, pendant que la chaleur me gagnait.

« L... l'avez-vous tué, demandai-je ?
– Si seulement, répondit William. Dire qu'il a mangé mon chapeau !
– Vous avez fait explosé une torche devant moi comme si c'était normal... Et vous me parler de chapeau ! Comment, messire, comment avez-vous fait ça ?
– Ma Da...
– Vous êtes un sorcier !
– Non, ce n'était pas de la sorcellerie, juste... »

La créature hurla soudainement, et je sursautai. William ne m'avait pas lâché la main.

« Juste, courrez, ça ne va pas le retenir plus longtemps » soupira le chevalier.

Et il m'entraîna dans nombre de couloirs et de détours, tandis que nombre de questions se bousculaient dans ma tête. Si ça n'était pas de la sorcellerie, qu'était-ce donc ? Et comment un chevalier pouvait-il donc réaliser de tels prodiges ? Il y avait quelque chose qui clochait. Et, pendant que je me laissais guider par messire William, je ruminais ces pensées, jusqu'à ce que je sois ramenée sur terre par le même son étrange que j'avais entendu tout à l'heure, quand William avait fait « exploser » cette torche. Le bâtonnet métallique à la lueur bleue, encore. Il s'en servait sur la serrure d'une porte.

« Il vous faut une clé pour ouvrir cette porte, commençai-je, pas... une baguette de sorcier.
– J'ai fait brûler cette torche avec, pourquoi ne pourrais-je pas ouvrir une porte ? Et ce n'est pas une baguette de sorcier, mais un tournevis sonique, corrigea-t-il.
– Un quoi ?
– Ah désolé, j'avais oublié qu'on ne se servait pas encore de tournevis au Moyen-Âge. Disons alors que c'est... allez, une baguette sonique ?
– Que racontez-vous William ? Vous divaguez, sincèrement ! »

J'entendis alors comme la porte se déverrouiller, et vis avec effarement messire William l'ouvrir, tout en m'adressant un sourire ironique. Je ne pus que le suivre et fermer la porte derrière moi.

« Magnifique ! s'écria-t-il. Une réserve ! Non... mieux que ça... Un laboratoire d'alchimie. »

Des brûloirs de toutes sortes, des alambics, des mortiers, des pilons, on ne voyait que ça dans toutes la pièce, ainsi que nombre de tables, de coffres et d'armoires. Il régnait un désordre complet dans la pièce et une sale odeur de renfermé. La poussière imprégnait chaque objet de cette salle, comme si personne depuis bien longtemps n'y avait mis les pieds. Sire William lança sa « baguette sonique » en ma direction, et je l'attrapai gauchement.

« Verrouillez la porte, vous voulez bien ? » C'était plus un ordre qu'une demande. Le manque de courtoisie de William me blessait, lui qui était si poli avec moi d'habitude...
« Dîtes-moi d'abord ce que vous êtes, messire, répliquai-je avec détermination.
– Un chevalier errant venu d'Écosse, répondit William.
– Ne me mentez pas.
– Quelque chose nous cherche en dehors de ces murs, si vous voulez vivre, fermez cette porte. »

Soupirant, je dirigeai le « tournevis sonique » vers la serrure de la porte et maintins sur un bouton trop gros pour être raté. La même lueur bleue, le même son, et le bruit d'une porte que se verrouillait. Cet arme, si on pouvait appeler ce bâtonnet une arme, semblait venir de bien loin... Il semblait venir des temps futurs. On ne connaissait pas en 1404 d'objet semblable et on ne pouvait encore moins en confectionner. C'était une technologie qui dépassait une jeune noble chrétienne de dix-sept ans. Et cela devait aussi dépasser le misérable chevalier errant qu'était Sire William.

« Votre père était un homme magnifique, dit le chevalier en me souriant. Absolument magnifique.
– Oui, il était magnifique avec moi, soupirai-je empreinte de nostalgie.
– Il a réussi à jongler entre son château, sa famille, et sa passion !
– Sa passion était la lecture et l'écriture, en effet.
– Non, je ne parle pas de ça, ma Dame. La lecture et l'écriture sont des passes-temps, pas des passions. Même le plus simple des hommes peut...
– Mon père n'était pas le plus simple des hommes ! m'entendis-je crier. »

William posa alors l'alambic qu'il examinait entre ses mains et se rapprocha de moi, avant de poser ses mains sur mes épaules, comme il l'avait tellement fait depuis que je l'avais rencontré. Il me fixait de ses yeux bleus.

« Votre père n'a jamais été le plus simple des hommes, dit-il. Et je n'allais pas dire ça.
– Je... croyais que...
– Non, jamais je ne dirais ça du père d'une femme que je chéris. »

Et il abandonna mes épaules pour revenir à son étude des alambics et des mortiers. Jamais William ne m'avait dit une pareille chose. Il me chérissait, disait-il. Il me chérissait comme il chérirait sa propre fille, évidemment. Évidemment...

« Votre père était aussi un alchimiste, m'annonça-t-il. Et je crois bien que c'est cela qui va nous sauver la vie aujourd'hui !
– Et... messire, qu'est-ce donc la créature qui nous poursuit ? demandai-je.
– Un Slimiin. Il est né dans ces sous-sols, après la mort de votre père. Le chagrin de toute une famille l'a fait naître et, pour vivre, un Slimiin a besoin de se nourrir du malheur de la famille qui l'a invoqué. Ce monstre vous est étroitement lié, ma Dame. Je croyais, la première fois que je suis venu ici, que le monstre n'aurait pas encore assez d'expérience pour commencer son œuvre, mais ce Slimiin-là est très intelligent et il n'a pas eu besoin de méditer durant un siècle. Mais quand je suis revenu la seconde fois, il avait déjà cocmmencé à tisser sa toile. Sa toile des malheurs.
– Quand vous êtes revenu la deuxième fois... Mère venait de partir !
– Le prêtre qui a embobiné votre mère avec ses histoires de retrait religieux était manipulé par le Slimiin. Comme Morgane, qui a fait fuir Alwin. Et comme Aidan, qui allait vous assassiner avant de vous faire disparaître dans la forêt. »

J'écarquillai les yeux, plus qu'effarée.

« On... voulait me tuer, répétai-je.
– Oui, commença William. Et il allait bien déjà à passer à l'acte, si je ne l'avais pas intercepté tant bien que mal, avant d'extraire le virus Slimiin qui l'avait infecté.
– On... on voulait me tuer. »

Ces mots se répercutèrent sur les murs de pierre du sombre laboratoire, répétant ma phrase en écho, comme une lourde fatalité.


Prologue IV


« Raah, s'exaspéra William, comment retrouver quoique ce soit dans une pagaille pareille ? »

Il sautillait dans toute la salle, allant d'une table à l'autre, tournant un tabouret par-ci et ouvrait une armoire par-là. Pour ma part, je m'assis sur un des coffres en bois de la salle, et pris ma tête dans mes mains. Tout cela était bien trop étrange pour moi. D'où venait donc cette créature qui nous poursuivait ? Il n'y avait rien d'humain en elle, et ce qu'elle faisait l'était encore moins. Elle manipulait les gens de mon entourage, les forçant à détruire chaque parcelle de ma vie. Alwin, Mère... Partis à cause de ce satané Slimiin. C'était lui qui était derrière ma solitude. C'était lui qui m'avait causé tant de torts et qui avait réduit ma vie à Edwen et messire William. Je sentis les larmes monter en moi, mais je réussis à m'interdire de pleurer. Tout ce que je pouvais faire, c'était de grincer les dents et d'attendre. D'attendre que le monstre vienne mettre fin à mon existence de malheurs.

« Oui, oui, oui ! s'exclama soudainement William, triomphant. Il venait de tirer d'un coffre une petite fiole contenant un étrange liquide noir argenté. Du mercure, le poison de l'univers dans mes mains !
– Mon père faisait... cela ?
– Oh non, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas un assassin, seulement un génie ! Il nous a sauvés, ma Dame ! »

Et il se tourna vers moi, tout sourire, admirant la fiole qu'il brandissait. Je crus l'espoir revenir, je crus qu'il était encore possible de nous en sortir. Mais un hurlement nous parvint, et, soudain, le Slimiin gluant apparut derrière Sire William, s'extirpant du sol. Le « chevalier » n'eut que le temps de lâcher la fiole, qui roula par terre sans se casser, avant de se faire engloutir par la bête. Je poussai un cri d'effroi. Le monstre l'avait tué ! Et il allait me tuer à mon tour !

Ce qui m'effraya le plus, je crois, c'était qu'il n'y avait plus la moindre trace de mon ami. Translucide comme il était, le Slimiin ne pouvait pas faire disparaître William comme ça, c'était impossible...

Et le monstre s'avançait vers moi, ouvrant sa bouche et la refermant comme s'il ricanait. Il se nourrirait du malheur d'Edwen et de Cerdic, quand je mourrai. Et il continuerait de tisser sa tragique toile des malheurs. Il ne s'arrêtera pas à moi et à messire William, il s'en prendra aussi à mes frères... Et ce fut cette pensée qui anima en moi le peu de courage que je possédais.

J'avais toujours le tournevis sonique dans ma main droite. Je le dirigeai alors vers le Slimiin, qui s'arrêta pendant deux secondes.

« Partez d'ici et laissez-nous tranquille, ma famille et moi, sinon je n'hésiterais pas à utiliser mon arme » menaçai-je.

La bête me regarda longuement, avant de ricaner, comme avant.

« Imbécile » Il parlait. Le monstre parlait ! « Cette chose ne sert à rien contre moi, elle n'est utile qu'à ouvrir des portes et amplifier son environnement...
– Vous... vous parlez, chuchotai-je.
– J'ai absorbé les connaissances du Seigneur du Temps, bien sûr que je parle ! Tant d'intelligence... Oh, presque dommage qu'il ait fini dans mon estomac ! Et... »

Il s'arrêta soudain de rire et de parler.

« Il est tout. Le Seigneur du Temps est tout. Il sème la mort dans l'univers, à travers le temps et l'espace, il est la Justice qui stabilise les flux. Quasiment immortel, il est l'Épée qui régit les lois du monde. Ma Dame, prenez la fiole. Il est la Loi de l'Épée, il est le Destin, il est... »

Je me figeai soudain, tandis que le monstre continuait son discours sans queue ni tête, comme possédé. « Ma Dame, prenez la fiole »... Sire William m'avait parlé ! Il était encore vivant !

Je marchai prudemment, sans faire le moindre bruit, même si le Slimiin ne portait guère d'attention à moi. Il était bien trop occupé à poursuivre son étrange monologue.

« ... il est l'Impitoyable, continuait-il alors que je prenais en main la fiole, faisant régner l'ordre dans l'univers, c'est son destin, toujours seul, toujours seul. Il est le Dernier. Il est l’Exécuteur de la Guerre du Temps, il est... il est... LA FILLE NE ME TUERA PAS ! »

Je m'apprêtai à déverser sur lui le mercure, quand il ouvrit soudainement la gueule et m'engloutit. J'avais l'impression d'être dans le néant. Un néant bleu et infini, comme l'océan lui-même. Je ne pouvais pas bouger, à part tous les doigts de mon corps, et je ne voyais rien d'autre que le bleu qui s'étendait, s'étendait... ! J'allais mourir ici. Dans l'extrême solitude de l'océan.

Mes yeux se tournèrent alors vers ma main droite, qui serait fortement la fiole. Le poison de l'univers... et je pouvais bouger mes doigts, déboucher la fiole d'une pichenette... Et c'est ce que je fis. Le bleu infini céda sa place au noir argenté, avant que j'eus l'impression de tomber dans le vide. Ma vision se brouillait. J'allais mourir, mais je savais que la bête ne survivrait pas au mercure versé dans son propre corps. Au moins mes frères pourront finir leurs jours heureux, sans être obligés de s'occuper de la gamine que j'étais... Et, soudain, mes yeux se fermèrent.

*

« Vous êtes réveillée, enfin » me dit alors une voix familière.

J'ouvris les yeux lentement. Sire William était agenouillé devant moi. J'étais couchée sur un sol inconfortable, et ça n'était sûrement pas mon propre lit. Je reprenais mes esprits, tandis que ma vision reprenait ses couleurs. Je me trouvais dans une étrange salle. Circulaire et de grande taille, de nombreux escaliers descendaient vers quelque sombre pièce. Tous ces escaliers tournaient autour du centre de la salle, une plate-forme où se tenait en son centre un bien étrange pilier. Au pied et autour du pilier, j'aperçus de petites tables envahies par des boutons de toutes sortes.

« Des tableaux de bord » m'expliqua William tandis que je les regardais.

Quelques tuyaux pendaient au dessus de ma tête, s'échappant d'un plafond mal assemblé. Tout ce que je voyais là dépassait mon imagination. Ça n'appartenait pas à mon temps. Pas à mon époque. Pas à ma planète...

« Vous n'êtes pas humain, n'est-ce pas ? demandai-je alors que je ne savais que trop bien la réponse.
– En effet, confirma William.
– Qu'êtes-vous donc alors ? Vous ressemblez tellement à un humain...
– Les Seigneurs du Temps ont cette apparence, en effet.
– Vous n'avez jamais été William.
– En effet.
– Notre amitié se base sur des mensonges.
– En effet.
– Arrêtez de dire ça !
– Désolé.
– Vous... vous m'avez parlé il y a des années seulement pour vous informer sur cette créature. Vous n'avez jamais voulu être mon ami.
– Non, ma Dame, c'est faux.
– Et en quoi l'est-ce donc ? »

« William » soupira et se leva. Il marchait sans s'arrêter autour du pilier central, les mains dans les poches d'un étrange manteau beige. Il s'était changé et s'était de nouveau coiffé de son chapeau noir. Il ne portait rien que je ne connaissais... Ces nouveaux vêtements semblaient aussi venir d'un autre temps.

« Je suis venu vous parler car j'ai vu à quel point vous étiez seule, soupira-t-il. Je n'arrivais pas à voir cette petite fille pleurer sous son arbre, abandonnée de tous. Moi aussi... je suis seul, ma Dame. Peut-être vous ai-je parler ce jour-là car j'avais vu que vous me ressembliez.
– Et, pourquoi étiez-vous seul aussi, messire ? demandai-je, Un homme aussi gentil...
– Je ne suis pas un homme, ma Dame, rectifia-t-il. Et je ne suis pas gentil !
– Oh que si, ne vous mentez pas à vous même !
– On m'a pris pour un fou, un maniaque, un hurluberlu, un simplet, un inconscient, un dandy, un gay, un homme qui n'avait pas de “swag” – ah les jeunes de 2012 ! – , un impertinent, un pervers, un kidnappeur, un homme avec de... trop grandes oreilles ? Un imbécile, un professeur, un...
– C'est bon j'ai compris, arrêtez !
– ... mais jamais pour un gentillet... Excusez-moi je me suis égaré »

Un long silence plana entre nous et une certaine gêne vint me gagner.

« Vous... vous voulez peut-être rentrer chez-vous, après toutes ces aventures ? proposa William.
– J'aimerais surtout savoir où je me trouve, répondis-je.
– Sortez, alors. »

Je me levai et me dirigeai vers une porte bleu, puis l'ouvris. La porte débouchait sur ma chambre et je tournai la tête vers « William » d'un air intrigué, qui m'incita à sortir d'un signe insistant de tête. Alors je sortis pour arriver dans ma chambre et me retournai.

Je vis alors devant moi une cabine bleue. Une petite cabine bleu qui n'avait rien à avoir avec l'immensité de la pièce qu'elle renfermait. Je rouvris la porte, et la refermai, toujours et toujours et cela dura bien une minute. Finalement, je rentrai de nouveau dans la salle où se tenait le « chevalier ».

« Compression de dimensions, expliqua-t-il comme si c'était parfaitement normal. Ceci est mon vaisseau, à la forme d'une cabine bleue, magnifique, n'est-ce pas ?
– Je n'arrive pas à y croire, dis-je, hébétée.
– Disons que c'est la... magie du Tardis !
– Le quoi ?
– T.A.R.D.I.S, Temps À Relativité Dimensionnelle Inter Spatiale. Tardis. Le nom de ce vaisseau.
– Un vaisseau ? Et, comment une cabine bleue peut affronter les mers et les océans ?
– Oh, ça ne voyage pas à travers la mer. Mais à travers l'Espace et le Temps, ma Dame ! »

Je ne pus réprimer un rire, tandis que messire William me lança un regard noir.

« Je suis absolument sérieux ! se vexa-t-il.
– L'Espace et le Temps, hein ? Et puis vous allez me dire que la Terre est ronde, aussi ?
– Et elle l'est ma Dame !
– Oh, oui, je vous crois, je vous crois.
– Vous avez vu un extra-terrestre se nourrissant du malheur des autres, un bâton qui ferme des portes comme par magie, et une cabine bleue plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur et vous refusez encore d'admettre l'existence du voyage dans le temps ?
– Je peine à le croire, messire, et je crois surtout que tout ceci est un bien trop long rêve ! »

William m'adressa soudain un sourire.

« Eh bien, commença-t-il, peut-être que la dérive de la Lune dans l'espace vous réveillera. Quoique non... Pourquoi pas la Fin du Monde ? Non non, j'y suis déjà allé... La naissance de la Géante Rouge Aldébaran ? Non, pas assez spectaculaire...
– Que... que racontez-vous messire William ? demandai-je, soudain inquiète.
– Oh oui, je sais ! »

Il s'arrêta alors devant l'une des tables des commandes, et appuya sur nombre de bouton, avant de mettre sa main sur une poignée et tourner la tête vers moi, avec un sourire.

« Ah et on m'appelle le Docteur, aussi, sourit-il, pas William. Sinon, accrochez-vous, ma Dame !
– Non non non, Will... Docteur ! Ne faîtes pas ça, j'ai mes frères qui m'atten... »

Je chutai lourdement sur le sol, en même temps que le Docteur, sauf que ce dernier était pris d'un fou rire interminable, tandis que moi je ne cessais de crier.

Et ce fut ce jour-là que tout dans ma vie bascula. Je m'appelle Catrin ap Drystan, et j'avais dix-sept ans lorsque le Docteur m'emmena avec lui dans le Tardis pour la première fois.


« C'est terminé, relevez-vous maintenant ! » répéta le Docteur, perdant patience.

Cela faisait cinq minutes que je m'étais roulée en boule dans un coin du vaisseau, afin d'échapper aux précédentes secousses. Celles-ci avaient cessé depuis bien longtemps quand le Docteur vint se planter devant moi, m'obligeant à me relever. Mais voilà, comment donc se relever si on avait l'impression qu'un tel effort suffirait à vous faire recracher votre propre estomac. Je ne voulais pas me lever, ou plutôt je n'en avais pas la force.

« Je vous en prie, soupira mon ami.
– Vous m'avez enlevée, pourquoi vous suivrais-je donc ? me plaignis-je.
– Mais je ne vous ai pas enlevée, je...
– Vous m'avez gentiment fait subir tout un séisme, coupai-je sèchement. Et je n'ai rien demandé !
– Oh ! cessez de mentir jeune fille, vous m'avez provoqué !
– Jeune fille ? Et vous oubliez vos bonnes manières en plus ? Vous croyez n'avoir plus le besoin de m'appeler « ma Dame » car vous êtes le Docteur ? Eh bien, si c'est le cas, rendez-moi William, lui il savait être poli !
– D'accord ! C'est bon ! Si vous voulez faire votre gamine, eh bien faîtes votre gamine ! »

Le Docteur regagna ses tableaux de bord, tout en grommelant, tandis que je me levai enfin, non sans un haut-le-cœur. Je le regardai toucher sur quelques boutons puis remettre la main sur la poignée. Non ! Ça allait recommencer ! Mais, avant d'avoir pu me remettre en boule telle la pleutre que j'étais, il actionna la poignée. Je m'attendais à trébucher sur le sol, mais il n'y eut pas la moindre secousse. D'une démarche énervée, le Docteur ouvrit la porte du Tardis et m'invita à sortir d'un geste de main.

« Votre chambre, ma Dame, et laissez-moi tranquille, au lieu de faire perdre mon temps ! grinça-t-il.
– Que venez-vous de faire quoi là ? Demandai-je.
– Passer de 157 à 1404, mais bon, le voyage dans le temps n'existe pas !
– Je vois.
– Oui, maintenant, sortez.
– Emmenez-moi encore en 157. S'il vous plaît, Docteur. »

Ce dernier crispa sa bouche pour paraître excédé, mais je ne devinai qu'il tentait de dissimuler son sourire. Il était seul, avait-il dit, et il n'avait jamais souhaité me renvoyer dans ma chambre.

Et, finalement, le Docteur actionna de nouveau la poignée, encore sans la moindre catastrophe, et nous sortîmes du Tardis.

La neige tombait, recouvrant de sa blancheur les plaines autrefois verdoyantes où nous étions arrivés. Le soleil n'était qu'un vague point lumineux dans le ciel, presque complètement caché par les nuages omniprésents dans cette région. Ça n'étaient pas les Marches Galloises où j'avais passé mon enfance, non c'était pas elles. En 1404, le printemps régnait, tandis qu'ici l'hiver semblait avoir pris siège depuis bien longtemps. Et comment passer des fleurs et des arbres fruitiers aux mornes plaines froides et à la neige, si ce n'était par un quelconque voyage dans... le temps ?

Le Docteur s'avança de quelques pas, les mains dans son manteau beige. Il portait toujours son chapeau melon noir, comme si c'était un quelconque porte-bonheur. Un vent soudain vint faire s'envoler le chapeau, mais le Docteur parvint à l'attraper de sa main droite avant qu'il tombe. Ses courts cheveux bruns ondulaient face au vent. Et enfin, il se tourna vers moi. Je m'attendais à ce qu'il m'adresse l'un de ses sourires chaleureux, mais non, rien de cela.

« Aucune colline à des milles d'ici, dit-il alors. Ce n'est pas Rome, en tous cas.
– Où sommes-nous donc ? demandai-je quelque peu inquiète.
– Plus au nord que vous ne l'aviez jamais été, Catrin »

Voilà qu'il m'appelait par mon prénom, maintenant ! William et ses « ma Dame » avaient disparu, et je sentis un léger vide en moi quand je m'en fus rendu compte.

« En Écosse ? essayai-je.
– Presque. Nous sommes au sud du Mur d'Hadrien, en 157, m'annonça le Docteur.
– Je ne vois pas le Mur.
– Derrière vous, peut-être ? »

Je me retournai et vis le spectacle que m'offrait ce jour-là le temps. Un mur qui devait faire trois fois ma taille s'étirait, s'étirait, et s'étirait, à perte de vue. La neige recouvrait chaque pierre de ce mur, chaque tour, et on avait bien l'impression que c'était un mur de neige, s'il n'y avait pas certains endroits où l'on percevait la pierre dure.

Lors de très rares fois où mon frère Alwin ne se comportait pas puérilement et méchamment, il nous racontait à Edwen et moi nombre d'histoire sur le gigantesque empire qu'avait bâti l'une des plus grandes civilisation de notre monde, Rome. Étant donné que c'était les seuls fois où Alwin se montrait plus ou moins bienveillant, j'avais dévoré et enfoui dans ma mémoires chacune des histoires qu'il racontait. La guerre qu'avait menée l'illustre Jules-César en Gaule, la fondation de Rome, la chute de l'Empire Romain... Je me souvenais encore de ce qu'il m'avait conté au sujet de ce mur loin au nord, bien plus au nord que notre château ne l'était par rapport à Cardiff. Le Mur d'Hadrien, construit afin de garder le sud des barbares pictes du nord. Alwin était passionné par Rome. Tout comme Morgane, avais-je une fois entendu...

« Vous voulez que l'on aille autre part ? demanda le Docteur.
– Non, j'ai envie de rester, répondis-je.
– Alors, qu'attendons-nous pour y aller, sur ce Mur ? »

Il me prit alors la main sans que je ne l'eusse demandé et m'entraîna vers le Mur d'Hadrien. Il semblait oublier parfois qui j'étais, une noble des Marches Galloises.

« Edwen se poserait des questions s'il ne me voyait pas le lendemain, confiai-je.
– Le Tardis peut nous ramener chez vous une seconde après que nous sommes partis, expliqua-t-il. Plutôt pratique, non ?
– Plutôt, oui. Sinon... vous disiez être seul, n'avez-vous jamais emmener quiconque avec vous auparav...
– On doit pouvoir monter par ici, je pense. »

Il fuyait la question... Quoiqu'il en soit, nous étions arrivé devant une tour de guet construite dans le Mur d'Hadrien. Aucune porte, seulement un carré dans la pierre qui pouvait laisser passer quiconque. Des escaliers montaient devant nous, dans la tour de guet. Me tenant toujours la main, le Docteur m'aida à monter l'escalier, même si je n'en avais guère le besoin.

« Il devrait y avoir au moins quelques soldats romains, par ici, non ? interrogeai-je.
– Je ne sais pas, cette partie du mur à l'air complètement désertée, grimaça le Docteur. Ce n'est pas normal, en 157, le Mur d'Hadrien est encore bien défendu ! »

L'escalier continuait encore, mais nous nous étions arrêtés à l'étage, où deux sorties débouchaient sur le sommet du Mur. Le Docteur me fit emprunter l'une d'une, et s'arrêta soudain, après quelques pas dans la neige déposée sur le sommet du Mur. Il regardait devant lui, comme ébahi, et je ne pus que l'imiter. Des monts enneigés, des collines, et des plaines à perte de vue, devant nous. Le pays des Pictes.

« Bienvenue dans le nord » fit soudain une voix derrière nous.


L'homme qui se présenta devant nous devait avoir une trentaine d'année, même si la fatigue qui étirait son visage le vieillissait davantage. Sa forte mâchoire et son bouc imposant lui donnaient un aspect bourru, mais ses yeux noirs rougis par le vent ajoutaient néanmoins un certain charme à la dureté de ses traits. Ses cheveux presque noirs allaient de pair avec la couleur de ses yeux. Il portait la même armure que celle que j'avais aperçue sur une peinture, un jour. Une armure qui ne pouvait venir que d'une seule civilisation. Rome. Tout ce cuir couplé à ce rouge si vif ne montraient que trop bien à qui nous avions à faire. L'un des innombrables soldats avec lesquels Rome avait forgé son Empire dans quasiment toute l'Europe.

« Belle vue que vous avez là, se contenta de dire le Docteur après un long silence.
– Vous allez me dire qui vous êtes, surtout, et immédiatement, ordonna le soldat.
– Attendez... » Mon ami tira de l'une des poches un portefeuille contenant une petite feuille blanche parfaitement vierge et le montra à l'homme. « Voilà. Médecin venu de Rome, et voici mon assistante.
– On vous appelle le Docteur ?
– Original, non ?
– Mmouais. Vous êtes habillé bien bizarrement, et votre esclave aussi...
– Je ne suis pas une esclave, corrigeai-je en toussotant.
– Affranchie, je vois ça.
– Je n'ai jamais été esclave.
– Donc, vous êtes... sa femme, si je comprends bien ?
– Oh non, non, c'est... c'est ma fille, inventa le Docteur.
– Et vous lui avez fait endurer tout un voyage, de Rome jusqu'à ici, dans le froid du Nord ? demanda le soldat en haussant un sourcil. Mmouais, ne me répondez pas, suivez-moi plutôt »

L'homme se contenta alors de se mettre en marche sans plus de formalité et le Docteur le suivit. Je dus hâter mes pas pour rattraper mon ami et me tenir à ses côtés. Le soldat romain aux brusques manières ne prenait pas la peine de regarder en arrière pour voir si nous le suivions bien, il continuait de marcher et de cracher quelques fois par dessus le mur, comme si nous ne nous étions jamais rencontrés. Indifférent comme il était, il n'écouterait certainement pas nos conversations.

« Le papier était blanc, comment avez-vous fait ?
– Papier psychique, ça montre ce que j'ai envie que les gens voient, me répondit-il. Mon gadget préféré, avec mon tournevis, bien sûr !
– Vous êtes épatant, Wi... Docteur. Vous voyagez dans le temps, vous faîtes exploser des torches et vous avez du vulgaire papier qui peut faire croire que vous êtes le Roi en personne !
– Je suis né sur la bonne planète. Enfin, je ne dis pas que la Terre est une infâme planète, loin de là, seulement que la technologie était plus avancée chez moi que jamais elle ne l'avait été ici.
– Votre planète, comment s'appelle-elle ? Elle doit être proche de la Terre si vous ressemblez tant à un humain, non ?
– Gallifrey, elle s'appelle. Et elle est bien loin d'ici, Catrin. Trop loin... »

Nous arrivâmes bientôt à une deuxième tour, bien plus imposante que la première. Le soldat romain nous y fit entrer, avant de nous inviter à monter les escaliers, la chambre de son commandant se trouvant au dernier étage de la tour, dit-il. L'homme aux yeux noirs ne nous y accompagna pas. Dommage, cet homme ne nous avait même pas dit son nom.

Nous montâmes d'étages en étages, avant de finalement nous arrêter devant une lourde porte en bois. L'escalier s'arrêtait ici, la porte devait donc être celle de la chambre du commandant. J'avais pensé faire face à deux gardes postés devant la porte pour la garder, mais il n'y eut personne. Voyant mon air intrigué, le Docteur haussa les épaules et tapa trois fois sur le bois.

Un homme d'une cinquantaine d'années nous ouvrit la porte. Il portait lui aussi une armure romaine, mais la sienne portait des pièces en acier. Les lourdes cernes en dessous de yeux bleus clairs du Romain démontraient une certaine fatigue chez le vieil homme, qui ressemblait presque en tous points au soldat qui nous avait menés jusqu'à la tour. Même yeux et même cheveux courts, quoique ceux de celui qui se présentait comme étant le commandant étaient légèrement gris par endroits.

« Un de vos soldats nous a demandé de nous présenter à vous, Commandant, expliqua le Docteur.
– Et ce soldat ne prend même pas la peine de venir vous présenter à moi par lui-même ? soupira le Commandant. Ah, ça doit sûrement être mon neveu Caius. Un véritable flemmard... Ne restez pas ici à me regarder bêtement, entrez et installez-vous. »

Et les mêmes brusques manières... Caius était la parfaite copie de son oncle, mais en plus jeune. La chambre du Commandant ressemblait à bien des salles de travail que l'on trouvait dans les châteaux de mon époque. Ces salles où l'on établissait les stratégies et où l'on dessinait les cartes. Rien n'avait réellement évoluer, tout compte fait. Il y avait toujours ces chambre poussiéreuses en bois dur envahies par la paillasse, même mille ans et quelques siècles plus tard. C'était drôle.

« On m'appelle Tiberius Marcius Longus, Commandant de la dix-neuvième garnison du Mur d'Hadrien, élut par l'Empereur lui-même pour défendre Brittania des barbares pictes, se présenta le Commandant quand nous nous fûmes installés à sa table.
– Et moi je suis le Docteur, Commandant du Tardis, élut de mon propre chef, ironisa mon ami. Ne posez pas de question, je suis un petit peu cinglé. Ah, et voici ma fille, Catrin !
– Eh bien, nous n'avons pas vraiment besoin de docteur... Docteur.
– Le Docteur, c'est comme ça qu'on me nomme, mais je ne suis pas réellement médecin, Tiberius Marcarirus Longevitus.
– Appelez-moi Commandant, si vous êtes trop touché psychologiquement pour pouvoir retenir mon nom. Et pourquoi êtes-vous donc venus ici, vous et votre fille ?
– Pour vous aider, Commandant.
– Et comment ?
– C'est fou, mais je ne le sais pas moi-même. J'ai vu l'état de votre garnison, Commandant. Il n'y a eu qu'un seul homme qui est venu nous chercher, et nous nous tenions déjà sur le Mur depuis quelques temps déjà sans que personne ne nous ait remarqués. Votre garnison est quasiment vidée et ce n'est pas normal.
– Qui êtes-vous, bon sang, pour me parler de l'administration de ma garnison ?
– Seulement le Docteur.
– Vous commencez à m'énerver, Doct...
– Écoutez ce que nous avons à dire, l'interrompis-je malencontreusement.
– Femme, vous n'êtes rien dans ce monde, gronda-t-il, pas même une mauvaise herbe, et si ça ne tenait qu'à moi, je vous prendrais comme esclave pour vous apprendre le respect ! »

Je m'apprêtai à me lever de ma chaise pour le gifler, gagnée par une colère noire, mais le Docteur serra appuya sur mon épaule et me força à rester assise.

« Ces mots, ce ne sont pas ceux d'un Commandant, mais ceux d'un homme tourmenté et au bord de l'épuisement » dit alors mon ami.

Il soutint le regard du Commandant pendant longtemps, avant que celui-ci ne soupire et ne s'affale sur sa chaise.

« Ils prennent mes soldats, un par un, confia Tiberius. Chaque nuit, ils parviennent à entrer dans le Mur je ne sais comment et capturent l'un de mes hommes. Deux cent sept jours, deux cent sept soldats disparus. Je ne comprends pas comment ils font. Ces satanés Pictes... changés du jour au lendemain. Avant, ils se contentaient de rester dans leurs grottes ridicules. Ils avaient bien trop peur du Mur d'Hadrien, mais maintenant...
– Changés du jour au lendemain, vous dîtes ? releva le Docteur.
– Oui. Ce n'est pas normal, n'est-ce pas ?
– Non, en effet. Catrin, je crois que notre voyage risque de se prolonger un petit peu »


« Ave Tiberius Marcius Longus ! » scandèrent les soldats d'une seule voix.

Le Commandant se tenait sur une estrade de pierre, le Docteur à ses côtés. Tiberius traversa la sombre salle de pierre du regard, considérant chacun des soldats qui lui restaient. Une trentaine, tout au plus, avaient été épargnés par les enlèvements journaliers des Pictes. Je m'étais installée à une table, à l'écart du rassemblement de soldats, et personne ne m'aurait remarqué si le Docteur ne m'avait pas fait un signe de main indiscret, un sourire inconscient dessiné sur son visage.

« Soldats, commença le Commandant d'une forte voix, vous n'êtes pas sans savoir que nous sommes en situation très critique. Hier encore, l'un de vos compagnons d'armes a été capturé par ces chiens de Pictes. Et, la nuit tombée, cela recommencera encore. C'est pour cela que moi, Tiberius Marcius Longus, ai dû faire recours à cet homme. Il se nomme le Docteur.
– Salut, sourit ce dernier.
– Il dit pouvoir nous aider. Je dois donc demander à chacun d'entre vous de lui faire confiance et d'obéir à ses ordres comme s'il est mon égal »

Un murmure général s’éleva dans la froide salle de pierre, mais un geste de main agacé de Tiberius vint y mettre un terme.

« Docteur, vous avez la parole, lui dit le Commandant.
– Tout le monde arrive à m'entendre ? demanda le Docteur en s'avançant d'un pas. C'est bon ? »

Le Docteur attendit qu'on lui réponde, mais le long soupir de Tiberius l'obligea à poursuivre :

« Donc, donc, donc, donc. Donc.
– Êtes-vous sûr, Commandant Tiberius Marcius Longus, toussa un soldat, que c'est le bon homme ?
– Ne me coupez pas, si vous voulez être encore tous là dans trente-sept jour, avertit mon ami. Nous avons envoyé des messages aux autres garnisons du Mur d'Hadrien pour leur demander s'il se produisait les mêmes enlèvements, chez eux, et nous avons reçu trois réponses disant de nous débrouiller et une qui dit qu'il n'y a rien d'aussi anormal qui se passe chez eux. Cela touche donc uniquement la dix-neuvième garnison.
– Et en quoi cela nous avance ? demanda le même soldat.
– Oh, toi, j'espère que tu seras le prochain à être enlevé ! s'agaça le Docteur. Bref, où en étais-je ? Ah oui, que ça ne touchait que cette garnison. Il y a quelque chose ici qui attire les Pictes. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils ont attendu trois cent jours pour diminuer nos effectifs au lieu de simplement nous attaquer, mais ce n'est pas important... Euh, Commandant ?
– Quoi donc ? interrogea Tiberius.
– Donnez-leur l'ordre de fouiller chaque recoin de votre partie du Mur et d'amener ici tout ce qui ne paraît pas naturel, ce serait magnifique de votre part.
– Pourquoi ne le faîtes-vous pas vous-même ?
– C'est mieux quand ça sort de la bouche du Commandant »

Tiberius regarda le Docteur sauter de l'estrade et s'éloigner pour me rejoindre, avant de soupirer et de s’exécuter. Mon ami m'aida à me lever et je sortis de la salle en sa compagnie.

« On vous a déjà dit que vous étiez fort étrange, Docteur ? fis-je en rigolant légèrement tandis que nous traversions un long couloir.
– Oh, vous ne m'avez pas vu par le passé, Catrin ! s'exclama mon ami. Toujours à sautiller partout. Mais j'ai changé, je porte un chapeau maintenant.
– C'est exactement ça, vous êtes complètement fou, Docteur.
– Holà, vous me blessez en disant ça »

Nous continuâmes à bavarder de tout et de rien tout en marchant, jusqu'à ce que la porte du fond du couloir ne s'ouvre violemment. Trois hommes apparurent alors, l'un armé d'une lance, l'autre d'une hache, et le dernier d'une épée. Quand je vis leur torse nu couvert de motifs bleus ainsi que les fourrures qui leur servaient de vêtements, je sus alors à qui j'avais à faire.

« Pictes, murmura le Docteur, figé. Diantre, pourquoi toujours courir ? »

L'un des trois Pictes nous poursuivit, avant de s'arrêter brusquement. Serrant la main du Docteur, je jetai un coup d’œil en arrière et vis le Picte en train de se tordre de rire. Pourquoi riait-il ainsi, au lieu de nous pourchasser ? J'eus la réponse quand je vis cinq autres guerriers du Nord venir droit sur nous. Nous nous arrêtâmes de courir, essoufflés. Tous les pictes nous encerclèrent alors, nous menaçant de leurs haches et de leurs lances.

« C'est bon, nous nous rendons, souffla le Docteur en levant les bras au ciel.
– Ils ne parlent pas notre langue, murmurai-je à mon ami.
– Comme les Romains » se contenta-t-il de me répondre.

L'un des assaillants fit deux pas en notre direction, après avoir baissé son arme. Il semblait plus sage que ses compères, avec sa barbe plus galante, mais tout-de-même aussi importante. C'était sans doute leur chef.

« Vous n'êtes pas comme les autres, vous deux, déclara-t-il. Non, ces vêtements... Pas d'ici...
– Oui, en effet, ajouta le Docteur.
– La ferme. Je parle, vous vous taisez. Fotla, Bridei, Drest, emmenez-les avec tous les autres »

Une femme vint me tirer le bras brusquement, et je grimaçai en entendant un craquement. Un autre Picte fit mettre à genoux le Docteur du dos de sa lance, avant de ricaner et de le relever sans ménagement. Le dernier resta en arrière, tandis que nous nous mettions en marche. Certainement chargé d'abattre celui tenterait de fuir...

Les Pictes nous menèrent à un chemin souterrain, certainement celui par lequel ils étaient venus. Je restais perdue dans mes pensées, me laissant guider par la femme qui me traînait. Qu'allaient-ils donc faire de nous ? Allaient-ils nous tuer ? Pourquoi étaient-ils passé à l'attaque seulement maintenant ? Peut-être que le plan du Docteur était parvenu à leur chef... Mais comment ? Y avait-il donc un traître dans la garnison romaine ?

Mais ce qui me terrifiait le plus, c'était bien ce que les Pictes feraient de nous. Je ne pouvais mourir ici, aussi loin de chez moi. Je ne pouvais disparaître du jour au lendemain de chez moi. Edwen et Cerdic me chercheraient dans tout le pays, sans jamais savoir que je serais morte mille ans plus tôt... Et le Docteur, qui m'avait amené sur le Mur d'Hadrien pour me montrer « la magie de son Tardis » ! J'allais me faire tuer car j'avais eu le caprice de le suivre... Je jetai un regard de reproche au Docteur, qui se contenta de hausser les sourcils et de crisper la bouche en signe d'excuse. J'allais mourir, mais pas de problèmes, le Docteur s'était excusé !

La lumière du soleil nous parvint bientôt. Nous étions arrivé au pied d'une colline enneigée, certainement bien loin du Mur d'Hadrien, étant donné tout le temps que nous avions mis à traverser le passage secret. Le bois d'une lance me frappa le dos et je lançai un petit « Ah ! » de douleur.

« Avancez » ordonna le Picte à la lance.

Les trois guerriers nous firent alors monter la colline. À son sommet se trouvait, creusé dans un immense rocher, une profonde grotte. Avec deux trois jurons, le Picte qui se chargeait de nous surveiller par derrière alluma une torche, et fit signe à ses deux compagnons d'avancer dans la grotte.

Les ténèbres étaient omniprésentes et seule la torche nous arrivait à nous faire voir où se mettait nos pieds.

Et, soudain, les deux Pictes qui nous tenaient, le Docteur et moi, nous lancèrent dans ce qui semblait être une fosse. Je sentis m'être salement écorché le genou, et le Docteur devait être en plus mauvais état que moi pour répéter « Oh, ma main, oh, ma main... » inlassablement. Grimaçant de douleur, je parvins à me redresser et tentai de voir quelque chose à travers les ténèbres.

« On dirait bien qu'on se retrouve de nouveau » ricana amèrement Tiberius.


Chapitre IV : Une menace fantôme


« Allumez une torche pour la gloire de Tiberius Marcius Longus ! » ordonna le Commandant.

Il n'attendit guère longtemps, car déjà se dissipait l'obscurité pour faire place à la lumière. Une faible et vacillante lumière, certes, mais ç'aurait été un bien trop grand luxe de demander plus dans cette sombre grotte. Autour de moi, je remarquai enfin que nombre de soldats se trouvaient dans le fossé avec nous. Certains étaient couchés par terre, ne bougeant plus, et j'eus un frisson quand je devinai qu'ils étaient morts. D'autres regardait la terre, le regard presque vide. Et il y avait ceux qui, comme nous, avaient été capturés le même jour. Je reconnus le neveu de Tiberius, celui qui nous avait emmené jusqu'à sa tour, ainsi que le soldat qui avait de si nombreuses fois coupé la parole du Docteur, lors de son discours. Mais bien tous les soldats semblaient vidés de toute énergie.

Tous, moi y compris, avaient les yeux rivés sur Tiberius Marcius Longus, se tenant debout d'une allure altière au centre de la fosse, juste devant le Docteur. Quand je vis les deux Pictes qui le flanquaient, je sus tout de suite quel traître avait laissé ouvert le Mur d'Hadrien aux Pictes. Le Commandant lui-même, livrant ses propres soldats à ceux qui devraient être ses ennemis.

« Appréciez-vous mon œuvre, mon cher Docteur ? demanda Tiberius, amusé.
– Vos propres soldats, Tiberius, grinça le Docteur. Vous avez envoyé vos propres soldats à l'abattoir... mourir de faim et de froid dans cette fosse !
– Je ne le sais que trop bien.
– Pourquoi ? »

Je me rappelle encore de la colère noire qui avait accompagné ce dernier mot. Je n'avais jamais vu le Docteur avoir été aussi furieux, depuis que je le connaissais. Je vis sa mâchoire se durcir, tandis qu'il tentait tant bien que mal de se relever, comme si grincer des dents lui aurait permis de ne pas laisser exploser sa colère sur le Commandant. Finalement, il parvint à se maintenir et à garder un semblant de calme quand il se leva enfin. Sa main droite ballait dans le vide, inanimée.

« Pourquoi ? répéta-t-il, cette fois-ci d'une manière plus calme.
– Je n'ai jamais eu que cet imbécile qui me sert de neveu dans ma vie, commença Tiberius. Ni femme ni enfant...
– En même temps, vous êtes-vous vu ? s'écria un soldat caché par l'ombre.
– Héhé, moi qui croyais cependant vous avoir bien formés ! ricana le Commandant. Ne t'inquiète pas, toi, le soldat caché dans l'ombre, ton tour viendra après le Docteur.
– Pourquoi ? répéta encore une fois le Docteur, d'un ton tellement sec et dur qu'il en fit frémir Tiberius.
– On m'a proposé ce que mon Empereur ne m'aurait jamais proposé. Notre Terre elle-même !
– Et ce « on », comment avez-vous pu le croire ?
– Oh, voyez-les seulement, Docteur, et vous comprendrez bien que la Terre n'est qu'un vulgaire bac à sable à conquérir pour eux.
– Montrez-les moi, alors.
– Oh, ils sont bien plus au nord, cachés dans un désert de neige. Ils sont venus à moi il y a de cela... deux cent sept jours. C'était un jeu d'enfant ensuite que de m'allier aux Pictes pour leur livrer mes chers soldats.
– C'est eux qui vous l'ont demandé ? Ceux qui vous ont proposé la Terre ?
– Effectivement. Ils voulaient une certaine babiole, piégé dans la glace, dans les souterrains cachés du Mur. Si je la leur apportais, ils me feraient Maître de la Terre. Il nous a fallu quasiment une tribu entière de Pictes pour récupérer cette fichue babiole ! Je n'aurais pu me permettre de laisser de laisser mes chers Pictes mourir dans un assaut sur notre garnison. Aussi leur ai-je livrer mes soldats. Un par un, partis comme des petits pains ! »

Son rire aigu me glaça le sang. Je ne pouvais rien faire, je ne servais à rien. Je n'avais jamais servi à grand chose, après tout, à part pleurnicher pour pleurer mes malheurs. Tiberius avait anéanti la vie de nombre de ses soldats, comme le Slimiin avait anéanti la mienne en manipulant les membres de ma propre famille. Je sentis une colère naître en moi. Une terrifiante colère qui m'avait déjà gagné lorsque j'avais appris que le Slimiin était derrière ma solitude. Je tremblais de partout et je n'arrivais pas à arrêter ces tremblements. Je me levai soudainement, les poings serrés, et tous les regards convergèrent sur moi. Le Docteur me lança un regard peiné. « Enfuis-toi, ne tente rien ». C'est ce que ses yeux parvenaient à me dire.

« Tiberius, fis-je d'une voix qui se voulait assurée.
– Encore elle, cracha le Commandant. Une femme qui ose se dresser devant le Maître de la Terre !
– Je vous défis en combat singulier. Et je vous tuerai.
– Quoi ? s’étouffa le Docteur.
– Comme si je suis assez bête pour risque ma vie maintenant ! Pictes, faîtes-la taire, commanda Tiberius. Elle l'aura, son combat singulier...
– Ah, je ne crois pas, se reprit mon ami.
– Comment... »

Le Docteur visa la torche que tenait l'un des Pictes de son tournevis-sonique, et le feu grandit tellement qu'il carbonisa le visage du Picte, qui se roula par terre en criant effroyablement. Le deuxième Picte lâcha sa lance et s'enfuit le plus vite possible, tout en criant « Sorcellerie ! ». Tiberius resta hébété sur place, la main sur la poignée de sa garde.

« Fou ! dit-il enfin, les yeux écarquillés. Des dizaines et des dizaines de Pictes sont dans la grotte !
– Ça non plus, je ne le crois pas, sourit amèrement le Docteur. Vous avez été bien inconscient de laisser un futur ennemi, sans aucun doute plus malin que vous, écrire lui-même les messages aux autres garnisons.
– Non... non non non, pas maintenant !
– Les soldats de trois garnisons cachés au pied de la colline, attendant le signal d'un émetteur en forme de cube de pierre. Ils doivent certainement se demander comment un simple cube de pierre a pu leur faire deviner notre position, mais bon... Qu'auraient-ils dit avec un objet électronique dans leurs mains ? Je ne tiens pas à dépêcher le temps, quoique j'aurais pu changer d'habits, aussi...
– Vous avez fait tout votre théâtre de rage... vous avez deviné que j'étais le traître depuis le début...
– Précisément, je l'ai deviné quand vous avez traité Catrin comme la plus infâme des esclaves. Un digne Commandant n'aurait rien fait, mais vous, un homme à l'aube de devenir le Maître de la Terre, vous avez osé insulter mon amie. J'ai su alors que je devrais vous tuer, Tiberius »

Des dizaines et des dizaines de soldats sautèrent alors dans le fossé, glaive à la main. Je soupirai, alors, comme certainement un bon nombre de ces soldats qui avaient été capturés. Nous étions tous saufs. Et c'était grâce au Docteur.

Tous les soldats se mirent en ligne derrière mon ami, sauf deux hommes qui s'approchèrent de Tiberius.

« Vous êtes tombés bien bas, Tiberius, soupira l'un des deux hommes.
– Nous nous devons d'appliquer la Loi de l'Épée, fit l'autre, comme notre devoir de Commandant nous l'ordonne »

L'un d'eux mit alors le Commandant traître à genoux. Ce dernier n'arrêtait pas de gémir, suppliant un combat singulier. Me souvenant enfin de l'idée saugrenue que j'avais eue en défiant le Commandant, je rougis, et le Docteur dut le remarquer pour m'adresser un sourire compatissant. Je détournai la tête, encore plus rouge du fait qu'il m'ait remarquée.

Quand le deuxième Commandant dégaina son glaive pour décapiter son ancien compagnon, le Docteur les arrêta soudainement d'un « Arrêtez ! ».

« Oui ? demanda le Commandant qui avait dégainé son arme.
– Je me charge de lui. J'ai une punition bien plus intéressante à lui infliger »


Voili voilou, bonne lecture à ceux qui liront


Dernière édition par Pellinor le Mer 8 Jan 2014 - 20:44; édité 4 fois
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MessagePosté le: Ven 3 Jan 2014 - 14:24    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 3 Jan 2014 - 16:31    Sujet du message: The Fate of the Doctor Répondre en citant

Ce n'est pas un peu long pour des prologues? XD

C'est incroyable! N'arrêtes surtout pas d'écrire et de partager!
Ton histoire est superbe et j'ai très hâte de lire la suite!

Sinon, j'adore! Et si tu as besoin d'un bêta (j'ai aperçu quelques fautes...), je suis ton homme (enfin, ta femme, mais ça fait bizarre à dire...)! Bref, j'espère que tu comprends! Mr. Green

Le Moyen-Âge, ma période historique préférée...


Continue comme ça et bienvenue à toi sur !

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P.S. Tu devrais faire une <fiche de présentation> de ta fanfiction avant qu'un modérateur ne vienne te taper sur les doigts! Wink
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MessagePosté le: Ven 3 Jan 2014 - 19:39    Sujet du message: The Fate of the Doctor Répondre en citant

Merci bien
dieu je sais pas ce que j'ai avec ce smiley

M'enfin bref, merci d'avoir lu, et pour la découpe monstrueuse du prologue, c'tait juste prenons plutôt ça pour... un épisode entier de la série classic, découpé en plusieurs épisodes :p

Mais les chapitres en tant que soit auront leur propre numérotation, pas de chapitre I.II, loin de là

Et merci de proposer ton aide, mais j'ai commencé à me relire pour les prochains chapitres, et j'aimerais pas te faire perdre du temps si je peux le faire moi-même :p


En tous cas, merci d'avoir lu, rendez-vous demain peut-être pour un nouveau chapitre !
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MessagePosté le: Ven 3 Jan 2014 - 23:01    Sujet du message: The Fate of the Doctor Répondre en citant

Mais de rien! C'est vrai après tout!

Moi aussi j'adore un smiley... (Mais il est sur un autre site... Sad
N'est-ce pas, MiniMisterMaster? ;p
)!

Ok, super! ^^

Ah d'accord. Mais n'hésites surtout pas si tu en auras besoin plus tard!

J'ai déjà hâte à demain alors! Wink

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MessagePosté le: Sam 4 Jan 2014 - 22:31    Sujet du message: The Fate of the Doctor Répondre en citant

Ajout du chapitre I et II, bonjour Rome... ou presque !
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MessagePosté le: Dim 5 Jan 2014 - 16:59    Sujet du message: The Fate of the Doctor Répondre en citant

Ah, ah! Super!
À quand la suite? ^^

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MessagePosté le: Dim 5 Jan 2014 - 17:30    Sujet du message: The Fate of the Doctor Répondre en citant

Demain ou après-demain, j'serais un peu débordé avec la rentrée ^^"
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MessagePosté le: Dim 5 Jan 2014 - 22:30    Sujet du message: The Fate of the Doctor Répondre en citant

Ah d'accord. Pas de problème tant que ça ne prendra pas plus d'un mois! ^^

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MessagePosté le: Mer 8 Jan 2014 - 20:45    Sujet du message: The Fate of the Doctor Répondre en citant

Ajout des chapitres 3 et 4 !
Traîtrises et tensions sont au rendez-vous
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 21:35    Sujet du message: The Fate of the Doctor

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