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Pièges [Terminée]

 
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Ahaimebété
[Bad Bad Beans]

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Féminin Bélier (21mar-19avr) 猴 Singe

PostPosted: Mon 16 Jun 2014 - 19:12    Post subject: Pièges [Terminée] Reply with quote

Titre : Pièges

Rating : R (dans une toute petite partie, ce sera indiqué)

Résumé : Le Docteur et Jo sont pris au piège ! Mais ce piège en cache un autre qui se referme sur une victime inattendue. Et le piégé devient à son tour le piégeur.

Spoilers : no spoilers

Disclaimer : Gnagnagna, persos pas à moi. Gnagnagna, à la BBC, OK ?

Bêta : booster


Quote:
Chapitre 1


Jo court en haletant, sa main menue dans la grande main du Docteur.

« Docteur ! gémit-elle. Je ne vais pas… pas y arriver ! »

Derrière eux, le vrombissement d’une voiture se rapproche.

« Courage, Jo, courage ! répond le Docteur. Si vous arrivons… arrivons à cette butte, nous aurons… un répit. »

La route en lacets s’accroche aux flancs abrupts de la montagne. Le véhicule qui les poursuit n’est pas encore visible, mais il n’est pas loin.
Elle pousse un cri, lorsqu’elle le voit soudain surgir du plus proche virage. C’est une jeep de l’armée, marquée du sigle UNIT sur les portières. L’homme qui est au volant a un visage mince aux tempes qui commencent à se dégarnir, et une petite barbe grisonnante marquée de deux mouches blanches sur les côtés. Un sourire triomphal étire ses lèvres, lorsqu’il aperçoit les deux fuyards.

« La glissière, crie le Docteur. Passons derrière, nous serons un peu plus à l’abri ! »

Il soulève la jeune femme et la hisse de l’autre côté de la rambarde métallique.

« Cours ! » lui ordonne-t-il.

Sans oser regarder le précipice en dessous d’elle, Jo se déplace le plus vite possible vers la butte. Elle entend les cailloux qui dégringolent sous ses les pas, et sous ceux du Docteur qui la suit.
Le moteur rugit, de plus en plus près. Le mufle kaki de la jeep fonce vers eux.

« Il va essayer de nous faire tomber ! » hurle le Docteur.

Soudain, c’est le silence. Jo, abasourdie, voit passer au ralenti au dessus d’elle, les roues avant du véhicule, puis son châssis, enfin ses roues arrières. Elle suit le mouvement de la voiture : après une envolée qui la détache quelques secondes sur le bleu du ciel, la jeep bascule vers le ravin et percute la pente une première fois. Puis elle rebondit en tourbillonnant en une courbe élégante pour un second choc, suivit d’un troisième et enfin d’un quatrième qui l’amène au fond du précipice. Une brève explosion, et le feu dévore la carcasse, dont les pneus tournent encore.
Pendant ce temps, un petit objet noir qui s’était détaché de la voiture lorsqu’elle était encore en l’air, heurte le sol rocailleux au milieu du versant, et dégringole ensuite une centaine de mètres avant de s’arrêter.
Jo reprend son souffle, tremblante, ses doigts tétanisés accrochés au garde-fou de métal gris. Le Docteur saisit ses épaules en un geste rassurant.

« Tu vas bien, Jo ? demande-t-il.
– Oui… oui… balbutie-t-elle. Je pense que oui. »

Puis, après avoir avalé sa salive :

« Que s’est-il passé ?
– Je ne sais pas. Allons voir. »

Il enjambe la barrière et se dirige vers le milieu de la route. Elle le voit s’accroupir et lui faire signe de venir. Lorsqu’elle le rejoint, il lui montre un tas de pierres qui sont tombées de l’escarpement au dessus du chemin.

« Regarde », lui dit-il en désignant l’une d’entre elles.

Une des roches, assez grosse, a la forme d’un coin. Les traces d’une roue sont encore visible dessus.

« À la vitesse où il allait, ce cailloux lui a servi de tremplin. »

Mimant l’événement, le Docteur fait glisser sa main sur la surface en pente et la projette en avant vers le ravin en sifflant :

« Ffiiou ! »

***


Ils reviennent vers le rebord et regardent en bas. Le feu finit de brûler ce qui reste du véhicule. À mi-pente, la silhouette noire du Maître est toujours immobile, allongée sur le ventre. Sa jambe droite a pris un angle peu naturel. Ses deux bras entourent son crâne comme s’il avait essayé de le protéger.

« Un chemin muletier ! » s’exclame le Docteur en montrant à Jo un sentier qui débute à quelques centaines de mètres vers l’aval, et gagne le fond de la vallée en formant de longs zigzags.

Une des courbes passe à quelques pas seulement du gisant.

« Vous voulez que nous descendions ? questionne la jeune femme, surprise.
– Pour voir comment il va, oui. On ne peut pas le laisser là, de toute façon. Il appartient aux autorités de ce pays qui seront ravis de le récupérer pour le boucler solidement.
– Dans un bon cercueil très certainement, marmonne Jo. Je ne vois pas comment quelqu’un pourrait survivre à une telle chute.
– N’en sois pas si sûre. Les Seigneurs du Temps sont extrêmement résistants. Viens.
– J’arrive Docteur. J’appelle le Brigadier pour qu’il sache où nous sommes. »

Quelques instants plus tard, elle le retrouve en train de longer prudemment le chemin escarpé.

« Attention, Jo, lui murmure-t-il. C’est très étroit par endroits.
– Ils vont venir, répond-elle. Le Brigadier était content que nous l’ayons attrapé.
– Nous ne l’avons pas attrapé, Jo. Il s’est pris à son propre piège.
– Je sais, Docteur. Je ne suis pas entrée dans les détails », ajoute-t-elle en souriant.

La descente est si difficile, qu’ils parviennent au niveau du Maître seulement quand les camions de UNIT se garent tout en haut, sur la route.

« Je me demande comment on peut avancer sur ce raidillon, soupire Jo, même une mule. »

Le Docteur s’accroupit près de son vieil ennemi.

« Attention, Docteur ! s’écrie-t-elle. C’est peut-être une ruse.
– Ne t’inquiète pas. Je le connais, je me méfie. »

Il commence par tâtonner à la recherche de la carotide.

« Il est vivant, annonce-t-il.
– Dommage, grogne sa compagne.
– Oh, Jo, murmure le Docteur d’un ton de reproche.
– Pardon, Docteur. Mais, cela aurait résolu pas mal de problèmes, non ? »

Se redressant et lui faisant face, le Docteur la regarde d’un air tristement sévère.

« Souhaiter sa mort te met dans le même camp que lui, Jo. »

La jeune femme rougit légèrement.

« Je suis désolée, murmure-t-elle. Il a fait tellement de mal…
– Je sais, soupire le Seigneur du Temps. Cependant, cela ne nous donne le droit ni de le tuer, ni de désirer sa mort. Nous sommes d’une autre trempe, n’est-ce pas ? »

Elle grimace et hoche la tête.
Le bourdonnement d’un hélicoptère attire leur attention. Il vient assez rapidement se mettre à leur aplomb. Une croix rouge sur fond blanc se détache sur le gris-vert de l’engin.

« Un véhicule sanitaire ? s’étonne le Docteur, criant pour se faire entendre dans le ronflement des pales.
– J’ai prévenu le Brigadier qu’il y aurait peut-être un blessé grave dans un lieu difficile d’accès », lui répond-elle sur le même ton.

Le visage du Docteur s’étire dans un grand sourire. Il prend le menton de Jo et lève sa tête vers lui.

« Voilà la mademoiselle Grant que je connais ! » s’exclame-t-il.

***


De l’ambulance volante, descendent deux hommes équipés de matériel médical. Ils atterrissent à quelques mètres au dessus d’eux, et dégringolent dans leur direction avec la facilité de personnes ayant l’habitude des situations hasardeuses.

« Chirurgien-major Linddell, se présente le premier en serrant la main du Docteur.
– Le Docteur.
– Un docteur ? Docteur qui ?
– Appelez-moi juste le Docteur.
– Jo Grant, membre de UNIT, intervient Jo en tendant le bras à son tour. Le Docteur est notre conseiller scientifique.
– Oh d’accord ! Enchanté mademoiselle Grant. »

Il montre l’autre homme :

« L’infirmier McMullin. Bien ! Que se passe-t-il ? »

Sans attendre leur réponse, les deux militaires se penchent sur la silhouette noire toujours immobile.
Jo les regarde manipuler le corps inconscient avec une grande douceur et une grande habileté. Ils discutent entre eux et avec le Docteur. Ils déplient des objets que la jeune femme n’arrive pas à identifier, jusqu’à ce qu’elle les voit en entourer le cou et le torse du Maître, ainsi que sa jambe.
Très vite, ils l’étendent sur le dos, tout le haut du corps bloqué dans un corset. Jo en profite pour jeter un coup d’œil à son visage. Difficile de dire quoi que ce soit, sinon qu’il a la joue gauche éraflée et les yeux fermés. Une civière arrive à son tour de l’hélicoptère, et les deux hommes y attachent le blessé.
Au moment où elle commence à remonter vers l’engin volant, le communicateur de Jo grésille.

« Ici le Brigadier. Mademoiselle Grant, me recevez-vous ?
– Ici Jo. Je vous reçois très bien.
– Nous vous envoyons des grappins pour vous permettre de remonter plus facilement.
– Merci Brigadier, ce n’est pas de refus. Nous avons mis un temps fou pour arriver jusqu’ici. C’était assez acrobatique. »

Peu après, ils ont de retour sur la route.

« Eh bien, Docteur ! s’écrie le Brigadier en se frottant les mains avec satisfaction. Enfin, cette fois-ci nous le tenons !
– Du moins… pendant un certain temps, réplique le Docteur.
– Voyons ! Vous n’allez pas me dire qu’il va réussir à s’évader dans l’état où il est !
– Pas tout de suite, Brigadier. Non, certainement pas tout de suite. Mais il va récupérer, et alors, il faudra l’avoir à l’œil.
– Bien entendu, répond le militaire. Même sa chambre d’hôpital sera un vrai bunker, croyez-moi. »


Quote:
Chapitre 2


« Comment va-t-il ?
– Il est toujours inconscient. »

Comme chaque matin depuis une dizaine de jours, en arrivant dans le laboratoire du Docteur, Jo demande des nouvelles du Maître. Plus par habitude que par véritable intérêt. Elle-même n’est pas encore allée le voir dans la chambre d’hôpital "de haute sécurité" qui a été aménagée spécialement dans l’établissement sanitaire militaire de la région. Mais le Docteur y passe tous les jours.

« C’est curieux vois-tu, ajoute le Seigneur du Temps, sa guérison est extrêmement lente. Aucune de ses fractures n’a véritablement commencée à se ressouder. Même un être humain, à se stade-là, serait en bien meilleur état.
– Un être humain serait mort, Docteur !
– Bien sûr, Jo, répond-il en souriant. Mais notre capacité de récupération est bien supérieure à la vôtre. Même sans aide médicale appropriée – je veux dire : telle qu’il en aurait reçue sur Gallifrey – il devrait être guéri à soixante dix pour cent au moins.
– Le fait qu’il soit toujours inconscient, est-ce que cela joue ?
– Là, je ne comprends pas ! »

Le Docteur fait un instant les cents pas, en se grattant la nuque avec perplexité.

« Les appareils les plus sophistiqués de votre époque primitive ont scruté son crâne en long, en large et en travers et il n’y a rien ! Absolument rien qui justifie qu’il ne se réveille pas. À tel point que je me demande…
– Quoi donc, Docteur ? questionne Jo, comme celui-ci se tait et fronce les sourcils en se mordillant les lèvres.
– Si ce n’est pas volontaire de sa part. Un Seigneur du Temps est parfaitement capable de simuler la perte de connaissance… et même la mort – pour un temps réduit, bien entendu.
– Quel serait son but en faisant ça ?
– S’attirer ma pitié. Et ainsi me donner envie d’utiliser une des machines plus avancées que je possède dans le TARDIS pour en savoir plus.
– Il simulerait l’inconscience pour s’introduire dans le TARDIS ?
– Oui, Jo… »

À cet instant, le téléphone sonne. La jeune femme va décrocher.

« Le Docteur, dit brièvement une voix d’homme au bout du fil.
– Je vous le passe. »

Elle tend le combiné au Docteur et celui-ci murmure, en réponse à son interlocuteur :

« Hum, oui. D’accord, j’arrive tout de suite. »

Il raccroche et va prendre sa cape au porte manteau.

« Il vient de se réveiller. J’y vais, Jo.
– Je viens avec vous, Docteur ! »

***


Le Brigadier avait raison en parlant de bunker. La chambre où repose le Maître se trouve au sous-sol de l’établissement, derrière trois portes blindées, chacune gardée par un soldat. À chaque étape, il faut montrer patte blanche, c'est-à-dire sa carte de l’UNIT ou une accréditation spéciale.
Le garde qui est à la porte de la pièce la déverrouille pour eux. Jo constate alors que, à l’intérieur même de la chambre, sont postés deux autres soldats, leurs mitraillettes pointées vers le blessé.

« Il a vraiment pris toutes les précautions, murmure-t-elle au Docteur.
– Impressionnant, n’est-ce pas ? » répond celui-ci sur le même ton.

Le Maître est assis dans son lit qu’on a redressé, ses poings serrés, posés sur les draps. Il est branché à toutes sortes d’appareils qui mesurent ses signes vitaux – dont deux pour ses deux cœurs. Tout le haut de son corps et sa tête sont pris dans un plâtre. Sa jambe droite aussi.
Il tourne les yeux vers eux à leur arrivée.

« Docteur, dit-il d’une voix lente. Mademoiselle Grant. Quel honneur de vous recevoir dans mon modeste pied à terre ! »

Jo ressent un malaise indéfinissable. Il regarde vers eux, mais pas tout à fait dans la bonne direction. Elle se déplace silencieusement pour contourner le lit. Le Docteur lui emboîte le pas. Les yeux du Maître ne suivent pas leur mouvement.

« C’est coquet ici », répond-elle à sa plaisanterie.

Seulement alors, il tourne les yeux vers eux, mais à nouveau il ne les regarde pas vraiment. Il semble fixer un point légèrement à leur gauche. Elle s’approche du lit et passe rapidement la main devant son visage. Il ne réagit pas.

« Comment vas-tu, mon vieux ? demande le Docteur.
– Bien, parfaitement bien », répond-il.

Il a toujours ce débit très lent qui n’est pas sa façon habituelle de parler.

« Comme tu peux le voir, on a même pensé à me procurer de la compagnie. Assez peu bavarde cependant, j’en ai peur. »

Le Docteur regarde les courbes qui s’inscrivent sur les moniteurs. Puis il s’exclame d’un ton joyeux que dément son visage grave.

« C’est parfait ! Je suis content. Nous allons te laisser, maintenant. Plein de choses à faire, tu sais ce que c’est. Je repasserai demain.
– À demain, Docteur. Mademoiselle Grant, ce fut un plaisir. »

Ils se dirigent vers la porte et toquent à celle-ci. Cependant, au moment où ils vont la franchir, le Docteur fait signe à la sentinelle de la refermer, en les laissant rester à l’intérieur. Il met un doigt sur ses lèvres pour inciter Jo à ne pas faire de bruit.
Les croyant partis, le Maître se laisse aller sur son oreiller, ferme les yeux, et déplie les mains. Jo peut voir alors le tremblement qui les agite. Tremblement qu’il avait réussi à maîtriser en serrant les poings.
Le Docteur fait signe à un des soldats qui gardent le malade, et celui-ci appelle son camarade de la porte.

« Hé Dave, tu peux me laisser sortir une seconde ? »

Les deux visiteurs s’éclipsent discrètement. Ils ne commencent à échanger leurs impressions qu’une fois passé le dernier barrage du bunker.

« Il est aveugle, n’est-ce pas ? demande alors Jo.
– Oui, mais pas que ça. As-tu remarqué sa façon de s’exprimer ?
– Il parlait très lentement.
– Pour pouvoir prononcer chaque phonème correctement.
– Ses mains tremblaient, ajoute Jo. Qu’est-ce que ça veut dire tout ça, Docteur ? Et pourquoi a-t-il tout fait pour nous cacher qu’il n’y voyait rien ?
– Par vanité. Pour ne pas se montrer faible et sans défense devant moi.
– Vous croyez toujours qu’il simule, Docteur ? »

Tout en conduisant son vieux roadster jaune vers les locaux de l’UNIT, le Seigneur du Temps réfléchit.

« Je ne sais pas, Jo. Tout est possible avec lui. Mais s’il ne simule pas, il a un sérieux problème. Qui se cache probablement au fin fond de son crâne. Indétectable avec vos engins…
– … primitifs ! Oui, je sais Docteur, complète Jo. Vous allez l’amener dans le TARDIS, alors ?
– Hum ! C’est risqué, très risqué. Voilà un vrai dilemme, Jo. Pour quelqu’un d’autre, je n’aurais pas hésité. Mais lui… il est capable de tout. Et extrêmement rusé.
– Pourquoi nous dissimuler ses faiblesses, si son but est d’attiser votre pitié ?
– Aucune idée. Pour rendre la chose plus authentique peut-être.
– Vous voulez dire qu’il fait semblant de faire semblant d’aller bien pour que vous soyez persuadé qu’il va mal ?
– Oui… ça a l’air particulièrement tordu, n’est-ce pas ? » grimace le Docteur.

***


« Maintenant qu’il est réveillé, nous allons redoubler de vigilance, grogne le Brigadier.
– Je ne vois pas ce que vous pouvez faire de plus que deux sentinelles qui le menacent constamment de leurs armes, réplique le Docteur avec un léger ton de reproche.
– Je n’oublie pas qu’il peut être très "persuasif" avec les gens. Ces soldats ont été particulièrement mis en garde c