Doctor Who Index du Forum
 
 
 
Doctor Who Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion


Rose Bis in the TARDIS [en cours]

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Doctor Who Index du Forum -> Made in Gallifrey -> Fan Fiction -> Doctor Who fan-fiction
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Juljue
[Centurion solitaire]

Hors ligne

Inscrit le: 28 Déc 2013
Messages: 72
Localisation: le Nord
Féminin Vierge (24aoû-22sep) 猪 Cochon

MessagePosté le: Sam 27 Sep 2014 - 10:39    Sujet du message: Rose Bis in the TARDIS [en cours] Répondre en citant

Titre : Rose BIS in the TARDIS

Rating : pour l'instant je dirais K+. Il y a des allusions mais je ne sais pas encore à quel point certaines scènes pourront être suggestives.

Genre : Romantique, science-fiction,...

Résumé : Après sa régénération sur Trenzalore et alors que le Docteur entame un nouveau cycle de douze vies, son voyage l'emmène vers des retrouvailles inattendues qui vont bouleverser à nouveau cette nouvelle vie.

Spoilers : Doctor Who jusqcu'à Time of the Doctor. Mais fic qui peut être lue par tous.

Disclaimer : Je reconnais ne pas être propriétaire des noms des différents personnages (humains ou non) extraits de la série Doctor Who ou de ses dérivées. La série ainsi que les personnages restent propriété de la BBC ou de leurs créateurs.

Beta : Pas de béta si ce n'est ma mère.

Note(s) de l'auteur : Fan fiction en 30 chapitres qui sera complétée et conclue par ma fic "Doctor Whooves and Assistant : return to our world." (à lire sur fanfiction.net)






Prologue:
Vers un autre monde.

« Allons-y Clara, déclara le Docteur. »

Ou plutôt il l’exclama d’une voix grave qu’elle lui connaissait encore mal. Cela faisait deux jours maintenant que son Docteur était mort sur Trenzalore et s’était régénéré. Deux jours qu’ils couraient. Deux jours sans s’arrêter de courir même. Ce nouveau Docteur ne la changeait pas du dernier pour ça.

« Où va-t-on Docteur cette fois ? Demanda la jeune londonienne.
- Où le Tardis nous emmènera, ma chère Clara. »

Bien sûr... Depuis qu’il s’était régénéré, et s’ils avaient autant couru c’était pour cela : le Docteur ne savait plus piloter le TARDIS ; enfin, si, il savait encore les bases. Mais il pilotait encore moins bien qu’elle-même. Le Seigneur du Temps lui avait affirmé que ses souvenirs précis allaient lui revenir. Mais Clara Oswald doutait fortement du fait que le Docteur sache lui-même ce qui lui était exactement arrivé cette fois.

« Quelle destination vous avez rentré ? Demanda-t-elle quand même malgré tout.
- Le Powell Estate, pour vous ramener chez vous : c’est toujours Noël !
- Encore ? »

Cela faisait la troisième fois – de la journée – qu’il en rentrait les coordonnées. Mais elle aussi avait hâte de rentrer. Sa famille allait s’inquiéter si elle revenait dans plusieurs années, pour eux ou pour elle.

« Très bien, encore un essai dans ce cas, ajouta Clara.
- Je suis sûr de moi cette fois, assura le Docteur.
- Comme les cinq autres dernières fois, rappela sa compagne. »

Et ils avaient atterri loin, très loin de Londres. La première fois, ce n’était pas passé si loin : ils étaient sur Terre. A l’autre bout de la Terre… Et en 1976. La deuxième tentative avait été pire : ils s’étaient retrouvés sur la Lune en 6047. Et après ils avaient découverts deux planètes très exotiques aux temps préhistoriques. Leur dernier voyage dont Clara avait encore du mal à se remettre les avaient conduits sur une station spatiale habitée par un parasite intelligent mais presque maléfique qui en infiltrant les commandes automatiques de la station l’avait fait dériver et dangereusement approcher d’une supernova. En gros, ils avaient encore failli y rester. Et Clara Oswald commençait à redouter sérieusement leurs nouvelles destinations.
Le Tardis se mit à tanguer dans tous les sens puis une fois qu’il se fut calmé, le Docteur annonça à sa compagne qu’ils étaient arrivés. Il s’avança vers la porte.

« Attendez ! Le retint Clara. Et si on vérifiait d’abord où on est cette fois ?
- Bonne idée ! Où est-ce qu’on peut savoir ça ? »

Clara soupira et se dirigea vers la console. Elle tira vers elle l’écran de contrôle du Tardis et appuya sur un gros bouton vert et bleu : une image apparut rapidement sur l’écran.

« Waouh ! Docteur, on dirait bien que vous y êtes vraiment arrivé cette fois !
- On est au Powell Estate ? Jubila le Docteur. Merveilleux ! Je vous avais dit qu’on allait y arriver, Clara ! »

Oui, enfin on n’est pas le 25 décembre malheureusement, pensa Clara. On était selon le TARDIS en juillet. C’était l’été. Une bonne chose même si après avoir failli mourir carbonisée par un soleil mort ; elle aurait aussi très bien appréciée une bonne pluie, ou mieux : une tempête de neige.

De son côté, le Docteur ne s’était pas intéressé à la date qu’il était et avait pris les devants sur sa compagne en sortant du TARDIS. L’air était frais au dehors et des éclats de rires d’enfants lui parvenaient à ses oreilles – bien qu’ils jouaient à l’autre bout de l’aire de jeux où ils s’étaient posés. Sûrement trop passionnés par leurs jeux, les enfants n’avaient pas remarqués l’apparition d’une grande boite bleue dans leur terrain de jeux. Tant mieux. Clara le rejoginit dehors. Elle avait sa dinde dans ses mains et commençait déjà à avancer vers la tour où elle habitait. Le Docteur la retint à son tour.

« On n’est pas au bon endroit, dit-il.
- Quoi ? Je reconnais le Powell Estate, Docteur ! J’y vis depuis plus d’un an maintenant !
- On est bien au Powell Estate, confirma le Gallifréen, mais pas le bon : pas le vôtre… Enfin, pas la bonne année, je veux dire.
- Qu’est-ce qui vous fait dire ça, Docteur ?
- Elle, répondit le Docteur en désignant une jolie fillette d’environ cinq ou six ans qui portait des cheveux blonds mi-longs et donc l’éclat des yeux noisette semblait sublimé par les rayons du soleil, c’est Rose Tyler. »






Chapitre un : La vraie Rose Tyler.

La « Rose Tyler » en question jouait dans l'aire de jeux du Powell Estate. Le Docteur se souvenait fort bien du nombre de fois où avec Rose, il s'était justement posé dans cette aire avant de rejoindre la mère de cette dernière dans leur appartement. Clara habitait peut-être aujourd'hui dans un appartement de la même tour que les Tyler. Et il n'avait jamais fait le lien entre les deux… Quel Seigneur du Temps faisait-il donc, maintenant ?
L'enfant devait avoir entendu le bruit du TARDIS parce qu'elle s'arrêta de jouer avec sa petite pelle rouge et son seau, qu'elle avait d'ailleurs posée sur la tête, et qu'elle se retourna dans leur direction. Si le Docteur aurait pu avoir une hésitation de dos, les yeux noisette de la petite fille ne le trompaient pas. Ils avaient atterris au Powell Estate durant l'enfance de Rose Tyler. Maintenant, alors qu'il voyageait avec Clara, pourquoi le TARDIS n'avait-il donc jamais voulu qu'il revoie sa si chère compagne avant ce jour ? Pourquoi n'avoir jamais voulu se matérialiser à cet endroit en cet instant ? C'était de toute évidence un mystère…
Clara Oswald n'avait sûrement jamais rencontré Rose Tyler, ni même ses échos, parce qu'elle regardait la petite fille comme une parfaite étrangère.

« Et qui est-elle, demanda la jeune femme.
- Euh, une vieille amie à moi. Enfin, là, elle est assez jeune à vrai dire.
- Ah, comme River Song, c'est ça ?
- Rose n'est pas ma femme !
- Vous auriez aimé… »

Il ne démentit pas. Rose Tyler avait été la première femme qu'il avait vraiment aimé – toutes espèces confondues. Et aujourd'hui, dans son présent, elle vivait certainement très heureuse avec son clone à moitié humain de sa dixième régénération. L'une des plus réussies d'ailleurs.

« Vous voulez aller lui parler ?
- Elle est trop jeune, elle ne me connait pas encore.
- Et alors ? Elle ne s'en souviendra peut-être même pas. Vous en crevez d'envie, admettez-le. Si vous ne l'avez pas vu depuis si longtemps, profitez de cette « erreur » du TARDIS. »

Clara avait raison. Rose allait sûrement l'oublier avec le temps. Alors pourquoi ne pas tenter le coup ? Au moins s'approcher. La voir de plus près. Ça ne pourrait pas faire de mal...
Il se décida à rejoindre la petite fille qui se débattait toujours avec sa pelle contre la bordure en bois d'un bac à sable. Elle dût sentir sa présence parce qu'elle se retourna à nouveau vers lui avant qu'il ne fasse le moindre bruit.

« Bonjour monsieur, dit-elle. »

Elle était polie. Plus que dans son souvenir. Mais bon, il ne l'avait pas connu aussi jeune en même temps…
« Bonjour, Rose…
- Rose ? Pourquoi vous m'appelez Rose ?
- Quoi ? Tu ne t'appelles pas Rose ? »

Rose Tyler ne pouvait pas lui manquer au point qu'il ait des hallucinations ! A moins que ce ne soit dû à sa régénération ? Non, la petite était vraiment identique au souvenir qu'il avait de sa compagne. Quelque chose clochait. Ses sens de Seigneur du Temps le lui disait.

« Non, répondit l'enfant.
- Comment tu t'appelles, alors ?
- Harriet.
- Harriet ? Comme Harriet Jones ?
- Non, comme Harriet Noble. »

Noble ? Comme Donna, pensa le Docteur. Mais elle ne ressemblait en rien à Donna. Elle ressemblait uniquement à Rose Tyler. Et puis ça ne pouvait pas être une hallucination, Clara la voyait elle-aussi.

« Alors, Docteur, vous voyez que vous vous trompiez, dit Clara derrière lui.
- Peut-être que tu as raison. Je me suis fait des films. On est en quelle année au fait, Harriet ?
- En 2014, répondit la fillette, vous sortez d'où pour ne pas savoir l'année ?
- Oh, ça, disons qu'on a un peu perdu la notion de ces choses-là…
- 2014 ? Ah, ah ! J'avais raison, Docteur ! Admettez-le ! On est bien arrivés cette fois !
- C'est moi qui disais que nous allions y arriver, Clara. Et quelque chose ne tourne pas rond, j'en suis certain.
- Pourquoi à cause de la ressemblance d'une fillette avec une ancienne de vos compagnes ?
- Pas seulement, je le sens c'est tout. Faites-moi confiance. »

Quelques jours plus tôt, Clara lui aurait alloué sa confiance sans aucune crainte ni aucune question. Mais le Docteur venait de se régénérer, d'entamer un nouveau cycle de régénérations qui plus est. Et Clara Oswald n'était plus certaine d'elle pour ce qui était de lui faire confiance justement. Toutefois, c'était la première fois qu'elle le voyait aussi grave depuis deux jours. Depuis sa dernière « mort ».

« D'accord, Docteur. »

Harriet Noble les regardait tous les deux très bizarrement. Comme s'ils venaient d'une autre planète… Le grand type en costume se rapprocha plus encore d'elle et elle tressaillit à l'idée qu'il voulait la toucher. Pourquoi diable ferait-il ça ?
Harriet cria, elle ne pleurait plus comme un bébé depuis longtemps déjà. Elle avait cinq ans quand même ! Non, elle cria le premier mot qui vient à l'esprit d'un enfant de son âge quand il se sent en danger :

« Maman ! »

Et comme une lionne protégeant son bébé, la mère arrivait. Voilà comment les petites filles de cinq ans voyaient le monde. Harriet le voyait aussi ainsi. Et elle fut inquiète de ne pas voir sa mère débouler à l'entente de ses cris. Elle se recula alors de quelques pas avant d'enfin apercevoir au loin sa mère qui courait vers elle, arme au poing.
Harriet Noble courut vers elle. Et un tir de plasma fendit l’air au-dessus de ses cheveux blonds, ratant de peu le crâne du Seigneur du Temps.

« Eloignez-vous de ma fille ! Cria-t-elle à l'encontre du Docteur encore sous le choc du tir. »

Clara s'était précipitée vers lui et l'aidait à se relever. Derrière elle, la mère d'Harriet continuait de les menacer du canon de son arme atypique. Le Docteur reconnut un blaster de Sontariens. Qui donc sur Terre avait un blaster de Sontarien ?
Harriet se jeta dans les bras protecteurs de sa mère qui relâcha sa garde une courte seconde pour la serrer fort contre son sein maternel.
Elle releva ensuite à nouveau la tête et le Docteur découvrit enfin l'identité de la jeune mère. Il ne bougea pas. Même son regard était figé dans les yeux mi noisette, mi dorés de la jeune femme. Cette fois, il n'avait vraiment plus aucun doute. Et il comprenait d'où lui venait cette impression de danger. Ils avaient traversés le Void…

« Rose, dit-il tout bas comme dans un murmure.
- Vous allez arrêter avec cette femme, Docteur ! Vous êtes en train de perdre la tête !
- Non. Pas du tout. Jamais, en fait… »

Clara Oswald n'en était pas tout à fait sûre. Et elle n'était pas non plus rassurée car la jeune femme n'avait toujours pas montré l'intention de baisser son arme. Au contraire, elle se rapprocha d'eux et après avoir sorti un drôle d'appareil électronique d'une de ses poches, elle le pointa en direction des deux voyageurs. Le scan lui révéla comme elle le craignait la présence d'éléments extraterrestres chez ces étrangers.

« D'où venez-vous ? Demanda Rose d'un ton plus menaçant encore.
- Du Powell Estate. On n'est pas au Powell Estate, demanda Clara.
- Si. Mais vous n'êtes pas humains alors ne mentez pas ainsi. Et puis si des extraterrestres avaient investi les lieux, on serait au courant.
- Qui serait au courant ?
- Moi et le père d’Harriet. Ainsi que Torchwood bien sûr.
- Torchwood… Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Disons que c'est l'entreprise où je travaille. Et je vous assure qu'il vaut mieux que vous restiez dans l'ignorance de nos… Activités.
- Le ton menaçant te va assez bien.
- Quoi ?
- J'ai dit que le ton menaçant t'allait assez bien. On y sent toujours cette pointe d'ironie acerbe. Il faudrait vraiment y travailler…
- Quoi ? Qui êtes-vous ? Vous venez de quelle planète ? Je peux vous assurer que j'en connais un rayon là-dessus.
- Je n'en doute pas une seconde. Je viens de Gallifrey.
- Gallifrey ? Vous vous moquez de moi ?
- Pas du tout. Je suis né là-bas. C'était bien la question, non ? Clara est terrienne – et humaine. Je ne sais pas si vous avez déjà eu affaire à des Siluriens… Ils sont terriens eux-aussi.
- Non, mais je connais leur existence.
- Je devine par qui…
- Qu'est-ce que vous voulez à ma fille ?
- Rien du tout. Je l'ai confondu avec quelqu'un de ma connaissance…
- Qui ? Votre fille ? Nièce ? Tous les enfants humains se ressemblent peut-être pour vous, monsieur l'extraterrestre ?
- Monsieur l'extraterrestre ? Pas mal comme surnom… Non, je l'ai prise pour une très, très vieille amie à moi.
- Vieille ? Harriet n'a que cinq ans !
- Et je suis vieux, pas mon amie. Ça fait seulement très longtemps que je ne l'avais pas vu.
- Vous l'avez revu récemment et vous la confondez quand même avec ma fille ?
- Je viens à peine de la retrouver. Et ça n'aurait jamais dû être possible. C'est bien ce que je lui ai dit. Elle doit me détester pour ça d'ailleurs…
- Vous pouvez arrêter votre charabia, Docteur, se plaignit Clara, si on est bien en 2014 pourquoi ne pas me laisser rentrer et vous retourner dans votre maudit TARDIS ?
- Docteur ? TARDIS ? Demanda Rose la première, vite suivie d'Harriet qui ne faisait pourtant pas que répéter les mots de sa mère.
- Oui. Si vous vous y connaissez en aliens, vous en avez sûrement entendu parler, j'imagine.
- Il n'y a pas de Docteur dans cet univers, ni de Gallifrey, Clara.
- Où il est le TARDIS ? Demanda Harriet. »

C'est aussi ce que ce demandait sa mère. Si cet énergumène, qu'elle avait failli tuer en pensant sa fille en danger, était vraiment le Docteur, le TARDIS ne devait pas être bien loin. Mais elle ne l'avait pas encore vu…
Elle jeta un coup d'œil autour d'elle puis derrière les jeux de l'aire de jeux du quartier où le TARDIS s'était déjà posé de nombreuses fois. Et elle était là : la cabine bleue. Semblable à celle de ses souvenirs. Aucune autre raison qu'une matérialisation ne pouvait expliquer la présence nouvelle de cette boite bleue.

« Docteur, murmura-t-elle à nouveau. »

Et dire qu'elle avait failli lui tirer dessus… Rose se précipita à son tour vers le Seigneur du Temps qui la reçut dans ses bras avec un sourire et sans une once de surprise.

« Désolée pour le tir, dit-elle en se retirant de ses bras.
- Tu m'as manqué, par chance.
- Je ne voulais pas vraiment te tuer. Je voulais seulement te faire peur…
- Avec une arme sontarienne ? Tu ne peux pas avoir une arme terrienne classique comme un arc ou une arbalète pour ça ? »

Rose rit à cette idée. Elle retrouvait bien là l'extravagance du Seigneur du Temps.

« Si tu veux tout savoir, j'étais en train d'en analyser les munitions quand j'ai entendu les cris d'Harriet.
- Tu ne pouvais pas faire ça à Torchwood ? J'ai cru comprendre que tu travaillais toujours pour eux…
- John préfère éloigner les armes aussi mortelles que celle-là des agents peu fiables de Torchwood Londres.
- John ? Vu le nom d'Harriet, j'imagine qu'il a choisi de se faire appeler John Noble, alors ?
- Oui.
- Et toi, tu es Rose Noble, aussi, dans ce cas ?
- Non, toujours Tyler. Mais on a tous les deux préférés donner à notre fille le nom de son père.
- Donc vous n'êtes pas mariés, tous les deux ?
- Non. »

Parfait, songea-t-il. Pourquoi penser une telle chose ? Que son clone n'ait pas épousé Rose ne lui donnait pas le droit de la récupérer. Et ils devaient rentrer dans leur propre univers avec Clara !

« C'est ta nouvelle compagne, je suppose, dit Rose.
- Oui.
- Originaire du Powell Estate…
- Une coïncidence. Je ne l'avais même pas remarqué avant ce voyage.
- Je vois... Tu t'es régénéré.
- Oui. Deux fois depuis nos derniers adieux.
- Je croyais qu'il ne te resterait qu'une seule vie… C'est ce que John m'avait dit.
- Et il avait raison. C'était le cas. Mais Clara m'a donné la possibilité d'accéder à un tout nouveau cycle de régénérations en discutant avec des Seigneurs du Temps à travers une faille spatio-temporelle voire inter-universelle. Longue histoire…
- J'imagine. Tu as parlé d'une très vieille amie que tu avais confondue avec Harriet. J'imagine que c'est facile de confondre la mère et la fille… Depuis combien de temps tu ne m'avais pas vu, Docteur ?
- Quelques centaines d'années. Presque mille ans en fait.
- Autant ? S'exclama Rose Tyler.
- Et toi ? Je sais déjà qu'Harriet a cinq ans, donc plus de cinq ans.
- Oui. Ça fait sept ans.
- Et il ne t'a toujours pas passé la bague au doigt !
- J'attends toujours. »

Rose sourit et le Docteur sentit sa jeunesse lui revenir en flashs. Des flashs où il se revoyait avec Rose Tyler alors qu'ils voyageaient encore ensemble dans le TARDIS. Le bon vieux temps…

« Bon, Docteur, est-ce que ça te dirait de prendre le thé chez nous ?
- Vous habitez vraiment ici ? Je pensais que vous vivriez au manoir des Tyler.
- Trop grand. Après avoir perdu le TARDIS, John ne voulait pas se souvenir de son vaisseau dans un immense manoir.
- Bien sûr…
- Et puis au moins on est tranquilles : loin de ma mère. »

Ils rirent tous deux brièvement. Clara derrière eux cherchait à trouver un sens à leur échange. Sans vraiment y parvenir. Le Docteur avait un lourd passé et beaucoup de secrets, et apparemment Rose Tyler était l'un d'entre eux. Une histoire dont il s'était bien gardé de lui faire part comme tant d'autres mais une histoire qui semblait le toucher plus aussi que toutes les autres.

« Alors, ce thé ? Redemanda-t-elle.
- Avec plaisir. Clara ?
- Bien sûr. Allons-y. Le TARDIS ne va pas s'envoler de toute façon.
- Oh, tu serais surprise, dit Rose avec un clin d'œil au Seigneur du Temps. »

Le Docteur lui adressa un autre sourire puis tous trois rejoignirent, avec Harriet dans les bras de sa mère, le petit appartement que partageait Rose Tyler avec son petit-ami depuis six ans.




Chapitre deux : Du thé et des regrets.

L’appartement où vivaient Rose Tyler, John Noble et leur fille était causy, chaleureux et sa décoration rappelait par endroits le thème corail de leur vieille TARDIS. Le Docteur le remarqua très vite en entrant dans le salon et il en fut très ému. La présence d’un extraterrestre était discrète et l’appartement aurait pu ressembler à n’importe quel logement terrien du XXIème siècle si l’arme sontarienne en question qu’analysait Rose n’avait pas nécessité une boite à outils très spéciaux qui se retrouvaient dispersés sur la table de la salle à manger.

« Ne faites pas attention au désordre, dit Rose en laissant entrer ses invités, et toi, Harriet, va dans ta chambre s’il te plait.
- Je peux montrer mes jouets à Clara ? Demanda la petite fille blonde aux yeux noisette. »

Depuis qu’Harriet avait compris qui était l’inconnu aux cheveux gris qui l’avait abordée quelques minutes plus tôt, elle se sentait impressionnée par sa présence, elle lui rappelait trop celle de son père.

« D’accord, mais seulement le temps que je prépare le thé, ma chérie. »

Clara Oswald était professeur de lettres mais elle avait toujours aimé le contact des enfants et elle se sentait déjà très proche de la petite Harriet Noble qui l’entrainait très excitée vers sa chambre. En sachant que la fillette était d’une certaine façon la fille du Docteur et donc une Dame du Temps, Clara ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle voulait surtout laisser sa mère et le Docteur seuls tous les deux. Et la jeune femme le voulait d’ailleurs aussi.
Rose Tyler et le Docteur se retrouvèrent alors seuls dans la salle à manger qui jouxtait la cuisine semi-ouverte de l’appartement.

« C’est drôle, on se croirait presque chez ta mère, dans l’autre univers. Les pièces sont presque les mêmes…
- On a voulu se trouver un endroit calme et j’ai passé toute mon enfance ici alors ça a été un choix rapide. L’appartement n’avait jamais été loué depuis que mon père et ma mère avaient emménagé dans leur manoir quand Pete a commencé à avoir du succès avec ses inventions… Ça a été une évidence pour nous deux de venir s’installer ici. Et comme ça, Harriet grandit au même endroit où j’ai grandi. Bien sûr, le style de vie n’est pas du tout le même…
- Alors c’est vraiment l’appartement que tu as habité avec Jacky dans l’autre monde ?
- Oui. Tu ne sais plus compter les étages ?
- Mille ans… Je n’ai pas une si bonne mémoire que ça.
- Bien sûr… »

La théière se mit à siffler et Rose retourna brièvement en cuisine avant de revenir avec un plateau de trois tasses fumantes. Le Docteur en avait profité pour observer de plus près les artefacts extraterrestres qui « décoraient » l’appartement. Privé du TARDIS et des étoiles, son double avait dû commencer à collecter tout ce qui lui rappelait son ancienne vie et qui tombait sur Terre.

« Impressionnant, où donc a-t-il déniché tout ça ?
- Oh, ça ? Ce sont des babioles pour épater les collègues de Torchwood, expliqua Rose, les vrais trésors ne sont pas exposés dans le salon. Le plus impressionnant comme tu dis c’est notre tête de lit : un vrai tableau de bord de vaisseau spatial chuba. »

Le Seigneur du Temps grimaça, jamais il n’aurait dû entrer ici. Rose ne le comprenait peut-être pas, mais quand il lui avait dit qu’elle lui avait manqué, il avait été très sérieux. A peine quelques jours plus tôt, il croyait vivre ses dernières heures ; et ça avait été le cas pendant trois cent ans, au minimum. Durant tout ce temps, il avait réfléchi à sa vie, à River et à Rose Tyler. Le nom et le visage de cette dernière étaient le plus souvent dans ses pensées et encore plus alors qu’il devait affronter des Daleks, des Cybermen et tant d’autres monstres qu’ils avaient jadis combattu ensemble. Oui, sur Trenzalore, il avait eu le temps de penser à sa Rose.
Et maintenant, il se sentait tel un intrus dans la vie et l’intimité de la jeune femme.
Des photos de John et elle, dans des pays terriens très divers comme l’Egypte, le Zimbabwe, le Brésil, la Nouvelle Zélande et dans d’autres paysages urbains innommables sans les souvenirs qui allaient avec, lui montraient cette vie qu’il ne partagerait jamais avec la jeune femme. Et il en souffrait.
Cette nouvelle régénération était pourtant moins jeune d’apparence, et il s’était montré plutôt dur avec ses ennemis depuis Trenzalore… Mais Rose Tyler avait et aurait toujours le don d’adoucir ses cœurs.

« J’en suis sûr, mais je ne veux pas le voir.
- Je ne te le proposais pas, répondit Rose du tac au tac, Clara, Harriet, venez au salon ! »

Deux minutes plus tard, Harriet Noble revint avec ses bras chargés de jeux électroniques en tous genres, mais dont la plupart n’étaient ni originaires de la Terre, ni de cette époque. Clara se trainait derrière elle, avec le dos en compote.

« Docteur vous ne me croirez jamais si je vous disais qu’Harriet avait son propre TARDIS, n’est-ce pas ? »

Rose rit de bon cœur en l’entendant. Et Harriet, qui n’avait jamais pu monter dans un vrai TARDIS ne comprit pas pourquoi.

« C’est un TARDIS ! Je l’ai dit à Clara !
- Un TARDIS, vraiment ? Vous avez pu en construire un ?
- Non ! C’est une cabane de jeux qu’a construit John il y a des années que l’on appelle affectueusement le TARDIS en souvenir du bon vieux temps mais qui n’a que le nom de commun avec notre ancien vaisseau.
- Mais… C’est plus grand à l’intérieur !
- Comme beaucoup de choses, ici, confirma Rose, vous croyez que l’on range où notre matériel scientifique et mes habits ? Presque tous les placards ont une dimensionnalité transcendante ! »

Evidemment, pensa le Docteur, science des Seigneurs du Temps. Cet appartement restait celui de son clone après tout. Et c’était un savoir qu’il maîtrisait depuis bien longtemps…

« Et c’est pourquoi l’acronyme TARDIS ?
- Tente à relativité dimensionnelle infiniment spéciale.
- Ah… Et ces jeux, où est-ce qu’il les a trouvés ?
- La plupart sont de sa main, mais ce ne sont pas les plus utilisés par Harriet, et sinon les autres viennent d’autres planètes. John a des contacts avec des extraterrestres. On ne peut pas voyager dans le Temps mais on continue parfois de faire quelques virées spatiales… »

Ils continuaient de voyager. Ce qu’il avait toujours fait. Ce qu’il ferait toujours, sûrement.

« Et où-est-il là, John ? Demanda Clara.
- Au boulot, il devait tester une technologie développée à partir d’une épave raxacoricofallapatorienne. Enfin, en vérité, il essaie plutôt de saboter les recherches pour que les humains n’aient pas accès à la technologie qu’utilisaient les Slitheen. Tu imagines pendant des guerres que des soldats tuent leurs ennemis et enfilent leurs corps pour jouer les espions ?
- C’est le discours qu’il t’a fait ?
- A quelques mots près, oui. »

Le Docteur sourit. C’était bien un tel discours que sa régénération aurait pu tenir. Et sortant de la bouche de Rose Tyler, il ne sonnait que plus vrai.

« Ça ne doit pas être facile tous les jours de protéger la Terre et l’espèce humaine comme ça, dit Clara.
- Non mais ce n’est pas beaucoup plus dur que la vie dans le TARDIS.
- Tu ne regrettes pas parfois de ne plus voyager dans le Temps ?
- Si, surtout John évidemment –même s’il essaie de le cacher, je sais qu’il ne se fera jamais complétement à cette seule époque et je crois qu’il continue de chercher un moyen de construire une machine spatio-temporelle, peut-être comme le bracelet de Jack ? »

Il n’abandonnerait sûrement pas. Mais ça devait lui prendre du temps… Peut-être qu’il espérait toujours pouvoir retourner sur cette planète au IVème siècle de l’ère de Juranus ? Près de mille deux cent ans plus tôt, alors qu’il voyageait encore avec Rose Tyler, il avait vu une magnifique bague aux reflets dorés sur un diamant d’une pureté inégalée. Il n’avait pas osé l’acheter mais, déjà, il avait pensé à la jeune femme blonde et pétillante qui l’accompagnait depuis plus d’un an et qui ne cachait jamais son attachement à la vie qu’elle menait avec lui.
John voulait sûrement retrouver cette même bague. En tout cas, lui, le Seigneur du Temps qu’il était toujours, le voudrait dans sa situation. Rose Tyler pouvait attendre longtemps…
Et elle pouvait même attendre encore longtemps. Mais il ne voulait plus la faire attendre. Et ils avaient un TARDIS avec eux à présent. Après que Rose et Clara eurent aussi fini leurs tasses de thé, Clara et la jeune mère débarrassèrent alors que le Docteur était profondément plongé dans ses pensées. Il avait le TARDIS, et Rose méritait de n’avoir aucun regret.




Chapitre trois : Un dernier voyage.

Clara Oswald et le Docteur étaient assis dans le canapé du salon. Ils avaient fini de boire le thé préparé par Rose Tyler depuis une bonne demi-heure et ils discutaient avec leur hôtesse de la vie qu’elle menait à Torchwood et aussi de sa famille. Pourquoi ça intriguait Clara était un véritable mystère pour le Seigneur du Temps mais il se retrouvait forcé d’entendre que le jeune Tony, qui allait maintenant au collège, parce que John lui avait donné quelques cours particuliers en secret, envisageait déjà de devenir médecin ou encore que Jackie et son double n’arrivaient toujours pas à rester ensemble plus d’une heure sans se chamailler, que Pete Tyler avait fait ses débuts en politique et que John contredisait toujours ses méthodes en parlant de crises interplanétaires qui auraient eu lieu dans des galaxies très éloignées et auraient découlé de la même décision politique… Rien de très excitant pour le Seigneur du Temps qui commençait même à s’endormir, quand il entendit le son familier d’un tournevis sonique.

« C’est pas vrai, ne me dites pas qu’il a encore oublié sa clé ! Pesta Rose en se levant.
- Il ne peut pas sonner comme tout le monde ? Demanda Clara qui avait aussi compris comme le Docteur qui se trouvait derrière la porte.
- J’étais censée me rendre chez mes parents avec Harriet, expliqua Rose.
- Il a peut-être vu le TARDIS ? Suggéra le Docteur. »

Même si l’heure du thé était normalement fixée vers quatre heures de l’après-midi au Royaume Uni, et dans la République de Grande Bretagne dans cet univers, chez Rose Tyler, on était habitué aux voyages dans le temps et les repères temporels n’étaient pas du tout fixes.
Et il était en fait déjà plus de dix-huit heures. Pas très tard pour un mois de Juillet mais assez tard pour que le Docteur à moitié humain ne remarque pas une boite bleue même s’il l’avait connu toute sa vie.



John Noble passa le seuil de son appartement en pestant sur la lenteur de son nouveau tournevis sonique, comme quoi il ne valait pas celui qu’il avait perdu quelques jours plus tôt sur Axaris IV dans sa course poursuite avec les Axariens, des extraterrestres rapides et dangereux qui ressemblaient à des crabes en quatre à cinq fois plus grand… Mauvais souvenir…
En entrant dans le salon, il eut la surprise de voir sa petite-amie marcher d’un pas décidé vers sa direction. L’appartement aurait dû être vide à cette heure-là… Mais il ne l’était pas, loin de là : dans le canapé de son salon, deux étrangers semblaient avoir pris leurs aises. Il s’agissait d’une jeune femme, jolie mais sans charme particulier, brune et assez petite, et d’un homme d’âge fort mûr aux cheveux grisonnants et assez grand. Il devait même avoir au moins le double de l’âge de sa femme, enfin fiancée, enfin future fiancée… Bref, il devait avoir la soixantaine… John fonça vers ce dernier qu’il sentait au plus profond de lui comme une menace plus que la jeune femme. C’est donc sans un regard vers Clara que John Noble se planta devant le Seigneur du Temps alors que Rose cherchait à l’apaiser de son mieux :

« John, disait-elle, écoute, c’est pas ce que tu crois.
- Pourquoi tu n’es pas chez ta mère avec Harriet, lui demanda-t-il.
- Euh, et bien à cause d’eux. Mais j’ai un peu oublié ma mère à vrai dire. Il faudrait peut-être que je l’appelle… Qu’est-ce que tu en dis ?
- Laisse tomber, répondirent les deux Docteurs en même temps ce qui surprit John autant que Clara. »

Rose sourit à leur empressement de lui faire abandonner son projet et capitula. Ce ne serait pas la première fois qu’elle ferait faux bond à Jackie de toute façon.

« Qui êtes-vous ? Demanda John aux deux étrangers.
- Oh cette question… Toujours cette question… En tout cas je vois que tu as un peu perdu de ma… Perspicacité.
- Quoi ? Docteur ? Comment tu peux être là ?
- Oh, longue histoire. Je dirais bien erreur du TARDIS, mais tu sais comment elle est.
- Toujours aussi peu coopérative ?
- Oh, pire encore, elle m’a dit qu’elle m’emmenait toujours « là où j’avais besoin d’aller » ! »

Les deux Docteur éclatèrent de rire et Rose soupira en silence alors que Clara ne comprenait vraiment plus rien à ce qui arrivait. Harriet choisit ce moment pour débouler dans le salon et se jeta dans les bras de son père.
A ce moment-là, Clara Oswald et le Docteur remarquèrent tous deux qu’hormis les cheveux et les yeux de Rose, la petite fille tenait beaucoup de son père.

« Bon, maintenant que les présentations sont faites,…
- Oui, désolé de m’être emporté comme ça, chérie. Mais tu ne devineras jamais ce que ton père a dit au sujet de l’épave raxacorricofallapatorienne !
- Qu’est-ce qu’il a dit ? Demanda le Seigneur du Temps intrigué et inquiet à la fois.
- Que Torchwood saurait utiliser cette technologie pour le bien de tous… Et bla bla bla, discours de politicien, oui ! Non, mais comment cette technologie en particulier pourrait-elle aider le genre humain ? Elle n’a aucune utilité, aucune raison d’être même ! C’est une catastrophe ! »

Le Seigneur du Temps était tout à fait d’accord. Mais ce n’était pas son monde et John saurait parfaitement s’en sortir pour faire échouer le projet de Torchwood. S’il avait vécu ainsi durant sept ans, il y arriverait encore maintenant. En même temps, comme il l’avait dit à son double, Sexy lui avait avoué l’avoir toujours emmené là où il devait aller. Là où on avait besoin de lui. Seulement, il était persuadé que ce n’était pas John Noble, scientifique à Torchwood et extraterrestre caché parmi les humains, qui avait le plus besoin de son aide. S’il était là, c’était pour Rose. Sa Rose Tyler qui cachait ses regrets de sa vie d’antan à ses côtés du mieux qu’elle le pouvait mais qui ne trompait pas le Seigneur du Temps. Rose regrettait sa vie passée dans le TARDIS. Et il pouvait l’aider contrairement à John : il pouvait lui offrir un dernier voyage.
Il ne restait plus qu’à le faire accepter à John parce qu’il savait déjà que Rose ne refuserait pas. Le Docteur prit alors son courage à deux mains et proposa à la jeune femme blonde ce que son amant à moitié humain et à moitié Seigneur du Temps ne pourrait jamais lui offrir : un dernier voyage, dans l’espace et le Temps.





Chapitre quatre : De dures retrouvailles.

Le TARDIS n’avait pas oublié Rose Tyler, elle avait emmené le Docteur et sa compagne dans cet univers parallèle pour cette raison. Et le TARDIS savait que le Docteur n’avait pas oublié Rose Tyler lui non plus, aussi Sexy ne fut-elle pas le moins du monde étonnée quand elle vit arriver dans la salle de contrôle principale du vaisseau la jeune femme et le Docteur, seuls. Le Seigneur du Temps portait une valise que le TARDIS comprit tout de suite être plus grande à l’intérieur. Rose semblait venir s’installer. Ça ce n’était pas prévu ! Le TARDIS commença à jalouser quelque peu la jeune femme, elle avait toujours eu une grande place dans les cœurs du Docteur. Et en revenant vivre dans le TARDIS, elle semblait retrouver sa place.

« Un seul voyage, Docteur, comme vous l’avez promis. Dit Rose en s’installant sur l’un des sièges présent dans la salle de contrôle. Au fait il fait très Spok ce nouveau TARDIS !
- Tu aimes ?
- J’adore ! Enfin, je serais toujours nostalgique du corail, bien sûr, mais au moins je n’oublierais pas que je ne suis pas vraiment de retour dans notre ancien TARDIS. »

Rose sourit à cette idée. Elle avait fait ses « adieux » à sa fille et à son petit-ami juste à l’entrée de la cabine de police mais elle espérait les revoir très vite. Clara était restée avec John et Harriet, d’abord parce qu’elle et la fillette s’entendaient à merveille et ensuite parce que John avait très envie d’en apprendre plus sur cette nouvelle compagne qu’il aurait dû avoir et n’aurait jamais ainsi que sur la Guerre du Temps et Trenzalore dont le Docteur avait parlé.

Rose Tyler et le Docteur se retrouvaient donc seuls tous les deux dans le TARDIS. Et ils ne trouvaient rien à se dire… Rose était contente d’être de retour. Le Docteur lui avait dit que sa chambre n’avait jamais été détruite malgré les années et qu’elle pouvait directement y aller mais la jeune femme n’osait pas trop s’aventurer dans le TARDIS qui lui semblait plus que jamais ressembler à un vaisseau spatial et dans lequel elle avait peur de se perdre. Cela faisait trop longtemps qu’elle n’avait pas arpenté les couloirs du TARDIS.

« Bon on va où, alors, Docteur ? Demanda Rose excitée comme elle l’avait toujours été quand ils étaient seuls devant la console du TARDIS.
- Hum, je ne sais pas, répondit le vieux Seigneur du Temps, tu as une préférence ?
- Pas vraiment, non. John m’a beaucoup parlé de son passé et de Gallifrey, mais je sais qu’on ne peut pas s’y rendre – même dans ton univers.
- Non, en effet… Bon, alors, que dis-tu de laisser le TARDIS décider ?
- Bonne idée, si elle nous emmène vraiment « là où on doit aller ». »

Le Docteur sourit à son amie et lui promit que ce serait le cas avant de lancer le TARDIS dans le vortex du Temps. Et il se mit à crier « Allons-y ! » avant de lancer un clin d’œil à Rose en souvenir du bon vieux temps. Et le TARDIS se dématérialisa lentement sous le regard des trois « jeunes » enfants du Temps.



Le TARDIS se matérialisa dans une plaine, une prairie bleue et verte en fait. Le ciel au-dessus de l’herbe aux senteurs d’orange était bleu aussi mais d’un bleu azur sans nuage. Les fleurs qui la tapissaient étaient petites et leurs couleurs variaient du orange le plus vif au blanc le plus pâle de l'univers tout entier. Rose sortit la première du TARDIS après que le Docteur ait vérifié les conditions météorologiques de l’endroit choisi par son vaisseau. La jeune femme fut charmée par l’endroit en question dès qu’elle posa un pied dans l’herbe humide de rosée. C’était le matin et le soleil d’un orange tout aussi vif qu’une orange apparaissait à peine à l’horizon. Les fleurs dégageaient leurs parfums en même temps que l’herbe et le mélange de senteurs était étrange et à la fois paradisiaque. Le Docteur la rejoignit à l’extérieur de la cabine très vite et fut aussitôt charmé à son tour par la vue et tous ses sens furent conquis par ce que dégageait cette belle prairie.
« Waouh, fit-il, et bien c’est très beau. Mais je ne vois pas pourquoi on aurait besoin de nous, ici…
- Peut-être qu’elle t’a emmené ici pour faire une pause, justement ? Elle nous emmène où on doit aller et je trouve cet endroit magnifique. Pas toi ?
- Si. Mais ne me mens pas, Rose Tyler, tu aurais préféré du danger, courir pour sauver nos vies, et aider des extraterrestres ou des humains qui seraient morts sans notre aide.
- Oui… Mais on n’est pas obligé de ne faire qu’un voyage, non ? John ne le saura pas de toute façon. »

Avait-il rêvé ou bien Rose Tyler qui disait tout à l’heure ne vouloir qu’un seul voyage – ce qui le décevait beaucoup à vrai dire – demandait maintenant à rester plus longtemps ? Et en plus elle disait que mentir à son Docteur à moitié humain n’était pas très grave. Vu la façon dont elle l’avait dit, Rose Tyler semblait tout aussi bien prête à le tromper sur ses voyages. Jusqu’où irait-elle alors pour le tromper ? Le Docteur chercha à s’effacer cette très mauvaise idée de la tête mais sans vraiment y parvenir alors que Rose, lui parlant de leur courte visite de New Earth, souhaitait s’allonger dans l’herbe à ses côtés. Il devait se retenir de l’embrasser. Il y avait eu River, depuis ! Mais Rose lui faisait toujours autant battre les cœurs, même après toutes ces années, ces siècles qu’il avait passé loin d’elle. Sans elle.
Aux côtés de la jeune femme, il se sentait revivre. Un nouveau cycle de régénérations… Une nouvelle chance que lui offrait le TARDIS ? Mais devait-il la saisir ? Rose ne lui appartenait pas. Il devait seulement profiter de l’instant et de ce champ fleuri… Et de sa fleur favorite, sa Rose.



Le soleil s’était couché sur Amapha Lila, la troisième planète fleurie qu’ils visitaient de la journée. Mais ce n’avait pas été aussi calme que les deux premières : les fleurs étaient ici des fleurs carnivores et très vite le Docteur et sa compagne avaient compris qu’elles étaient aussi intelligentes, et qu’elles pouvaient, en sortant leurs racines de terre, poursuivre leurs proies.
Ils avaient couru. Et les éclats de rire qui résonnaient à présent dans le TARDIS reflétaient à la fois la peur qu’ils avaient eus, l’amusement qu’ils en avaient tirés et la joie de s’être vraiment retrouvés, au cœur de l’action et du danger.
Pliés en deux sur le sol du TARDIS, Rose et le Docteur se retrouvaient allongés côte à côte et très près l’un de l’autre… Le Seigneur du Temps se pencha sur sa compagne qui avait peine à se relever et sans attendre de consentement de sa part l’embrassa passionnément sur ses douces lèvres encore trempées de la rosée de Mar Fa Gyta, la première planète du Monde de Pete où le TARDIS les avaient emmenés ce matin-même. Rose, d’abord surprise, ne répondit pas à son baiser et essaya même d’y échapper. Elle tremblait quand il la lâcha enfin et n’osa rien dire mais le Docteur se sentit très mal d’avoir voulu ce baiser en pensant qu’elle aussi le désirait. Il s’était trompé… Et elle n’allait sûrement pas le lui pardonner.

« Je suis désolé, Rose, dit-il, j’imagine que tu veux rentrer… »

Ce fut alors au tour de Rose de le surprendre : elle se jeta sur lui et le frappa au ventre en pleurant en l’accusant de l’avoir abandonné alors qu’il avait raison : c’était la vie qu’elle voulait. Elle lui en voulait de ne jamais lui avoir dit qu’il l’aimait et de l’embrasser ainsi. Elle lui en voulait d’être revenu après sept ans alors qu’aujourd’hui elle était heureuse avec John.
Elle lui en voulait encore de croire qu’elle voudrait repartir alors qu’il lui offrait le plus beau « dernier voyage » de sa vie et qu’elle aimerait même qu’il dure toujours. Et ensuite après l’avoir autant accusé elle s’abandonna dans ses bras.
Le Docteur la serra fort contre lui comme il l’avait toujours fait par le passé et embrassa ses cheveux tout en lui demandant pardon à chacune de ses accusations qu’il ressentait comme des piques dans ses deux cœurs simultanément. Il lui dit alors à quel point il aurait voulu la garder près d’elle, à quel point il l’aimait, même si elle le savait déjà grâce à John, à quel point il était fier d’elle et reconnaissant qu’elle ait donné sa chance à son clone et à quel point il l’avait jalousé ce clone durant toutes ces années.
Il lui promit qu’elle pourrait rester aussi longtemps qu’elle le voudrait et qu’il n’attendait rien en échange de ses instants qu’il pouvait encore passer à ses côtés. Et Rose le fit taire en l’embrassant à son tour, plus longuement et avec plus de douceur mais non moins d’amour et de pleurs. Ces retrouvailles étaient difficiles mais ils savaient tous deux qu’ils les surmonteraient. Ensemble. Comme ils auraient toujours dû l’être.




Chapitre cinq : Un besoin de Rose Tyler.

Ils voyageaient depuis deux mois dans le TARDIS, le dernier voyage de Rose Tyler s'éternisait. Et ça les ravissait. Sexy avait aussi fini par s'y faire. Et tout allait pour le mieux dans la cabine de police bleue. Jusqu'au soir où Rose reçut un appel de son Docteur à moitié humain resté sur Terre chez eux. Elle n'avait pas réfléchi. Elle avait répondu.
Deux mois s'étaient aussi écoulés au Powell Estate. Elle ne pouvait pas cacher combien de temps elle avait voyagé avec le Docteur. Et John se connaissait assez bien pour savoir ce qui avait pu se passer durant tout ça temps entre sa nouvelle régénération et la femme qu'il aimait.
Rose était dans sa chambre quand elle avait reçu cet appel. Enfin sa chambre... La chambre qu'elle partageait depuis sept semaines et trois jours avec le Seigneur du Temps. Tout était allé si vite entre eux. Bien plus qu'avec John.

Sa montre ne lui était d'aucune utilité pour avoir une idée de l'heure qu'il était puisqu'ils voyageaient actuellement dans le vortex du temps. Rose Tyler savait juste que c'était le matin puisque le coup de fil de John l'avait réveillée. Elle se doutait aussi qu'il ait réveillé son amant.
Le Docteur remua en effet à côté d'elle.
« Qu'est-ce qu'il voulait? Demanda-t-il.
- Me récupérer, je dirais.
- Et tu veux le récupérer?
- Je voudrais surtout revoir ma fille, en fait. John et toi vous n'êtes qu'un pour moi.
- Mais on est deux à avoir besoin de toi.
- Tu as besoin de moi? Demanda Rose à moitié sérieuse.
- Oui. Pourquoi crois-tu être encore là? »

Pour m'amuser, pensa Rose. Elle aimait le Docteur, de tout son cœur. Mais si elle restait dans le TARDIS à ses côtés, c'était plus pour s'amuser que par besoin. Courir, voir des temps reculés ou des planètes plus lointaines qu'on ne pouvait se l'imaginer. Ça l'amusait. Mais elle aimait sa vie. Elle la regrettait même parfois.
Pourtant ce qui lui disait le Docteur lui faisait un peu peur : Il ne l'aimait pas plus qu'elle ne l'aimait, mais John et lui l'aimaient tous les deux autant l'un que l'autre. Et ils avaient tous les deux besoin de leur Rose Tyler. Jusque-là, Rose avait cru que passer quelques jours, bon semaines, auprès du Docteur allait leur suffire, à tous les deux. Mais c'était faux. Il avait lui aussi besoin d'elle. Tout comme John. Rose ne savait plus quoi faire. Et alors que toutes ces pensées se bousculaient dans sa tête, elle se mit à pleurer...

« Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai dit quelque chose de mal ?
- Non. C’est juste qu’il me manque. C’est ma famille. John et Harriet. On leur avait promis de rentrer. J’ai l’impression de les trahir en restant ici.
- On peut mettre immédiatement le cap pour le Powell Estate, si c’est ce que tu veux.
- Toi, tu ne le veux pas, n’est-ce pas ?
- Non. Mais c’est ton choix. Je ne peux qu’être déjà plus qu’heureux que tu aies passé ce temps avec moi, Rose Tyler. »

C’était formel, trop formel. Elle l’avait contrarié. Rose ne voulait pas rentrer si ça lui faisait aussi mal de se séparer d’elle.

« Mais tu as dit que tu avais besoin de moi, pourtant.
- John aussi a besoin de toi.
- Oui.
- Et tu ne peux pas te dédoubler.
- Parfois je voudrais ! Ce n’est pas juste que seul l’un d’entre vous puisse rester avec moi. Pas alors que vous avez tous les deux autant besoin que je reste à vos côtés. »
Le Docteur se leva et sans un mot de plus, il se dirigea vers la porte de la chambre. Rose comprit que le Seigneur du Temps allait la ramener chez elle. Et elle voyait bien que ça lui brisait les cœurs.
Elle se leva donc à son tour et le rattrapa juste au moment où il pianotait sur l’un des claviers de la console pour rentrer les coordonnées spatiotemporelles du lieu et du temps où les attendaient John et Clara.

« Ne fais pas ça, dit-elle derrière lui.
- Rose, on ne peut pas rester éternellement dans le TARDIS. Tu as ta vie sur Terre. Et c’est très bien ainsi. Ca n’aurait jamais dû aller si loin entre nous.
- Et voilà que tu recommences.
- Que je recommence quoi ?
- De considérer notre relation comme illégitime.
- Mais elle l’est !
- Je ne suis pas mariée. Je n’ai pas de comptes à rendre à ton clone.
- Mais moi, je dois ramener Clara dans son univers. Elle ne peut pas rester ici pour toujours. »

Rentrer au Powell Estate était essentiel. Et pas que pour elle. Quel égoïsme l’avait donc emportée ? Le Docteur ne lui appartenait pas plus qu’elle ne lui appartenait ou qu’elle appartenait à son clone à moitié humain. Et elle n’était pas sa seule compagne. Durant ces deux mois, elle n’avait pas pensé une seule seconde à la compagne que le Docteur avait laissé derrière lui pour elle. Quelle honte la saisissait à présent.

« Désolée, je l’avais oubliée. Elle a besoin de toi, elle-aussi. Et puis tu as toujours besoin de compagnons pour voyager avec toi. C’est elle aujourd’hui qui voyage avec toi.
- C’est quand même de toi que j’ai besoin, Rose Tyler. Mais malheureusement, toi et moi, nous devons faire des choix.
- Ne pas en faire serait tellement plus simple.
- Mais aussi bien plus stupide.
- Mais je ne peux pas choisir entre vous deux alors que vous avez autant besoin de moi autant l’un que l’autre. Je ne veux pas avoir à faire souffrir l’un de vous deux, Docteur. »

Elle avait donc pleuré pour ça : ce n’était pas tant qu’elle allait devoir lui dire au revoir. Elle allait devoir laisser un des Docteurs avec le cœur brisé, ou plutôt les cœurs brisés parce qu’il ne laisserait pas Rose abandonner son clone et leur fille.
Rose Tyler cherchait comme toujours à faire au mieux. Mais il n’existait pas de juste milieu. Pas pour eux, pas pour leur histoire. Il n’y avait rien à faire, pas de solution pour contenter tout le monde. C’était impossible à trouver. Et il devait le lui faire comprendre. Et s’il n’y arrivait pas, John Noble, son clone, y parviendrait sûrement, lui.
Aussi, le Docteur reprit son pianotage et lança, malgré les dernières protestations de Rose derrière lui, le TARDIS dans le vortex en direction du Powell Estate, le 20 septembre 2014.



Le TARDIS se matérialisa dans une ruelle proche de la résidence du Powell Estate en même temps que le soleil se levait dans la ville de Londres. La dernière fois qu’ils étaient sortis du TARDIS, Rose et le Docteur s’étaient retrouvés dans une ville souterraine très peu éclairée, sur une planète inhospitalière et toujours baignée d’obscurité. Un vrai cauchemar…
Ils étaient ainsi tous les deux très éblouis par l’aube naissante. Et ils ne virent pas immédiatement John Noble courir vers eux, sûrement alerté de leur arrivée grâce au son de la matérialisation de la cabine de police, son qui hantait ses nuits depuis des siècles. Et qu’il reconnaissait toujours, même avec ses sens humains.
John les vit sortir du TARDIS et se jeta dans les bras de sa femme, enfin de Rose… Et avant même qu’elle n’ait pu le reconnaitre, il l’embrassa passionnément. Rose Tyler se remit alors à pleurer, à la grande surprise de John Noble et à la gêne du Seigneur du Temps.

« Rose ? Ca va, ma chérie ? Lui demanda-t-il.
- Oui. C’est juste… Que je suis heureuse de te revoir. »
Aucun des deux Docteurs présents ne crut à ce mensonge. Ils se connaissaient tous les trois trop bien pour gober une telle chose. Et la détresse de Rose de rentrer chez elle n’était que de plus évidente. Mais ils ne répondirent pas à son mensonge. Ce n’était pas nécessaire.

« Docteur, dit John une fois que Rose fut hors de portée de leur voix et qu’elle serrait sa fille dans ses bras, le voyage a duré deux mois, c’est ça ? Ou plus encore ?
- Non, deux mois.
- Et ça lui a fait du bien ?
- Tu connais Rose. Voyager dans le TARDIS lui fait toujours du bien. Et puis on a vu des trucs vraiment géniaux.
- Je suis content qu’elle l’ait fait ce voyage.
- Moi aussi. Le TARDIS nous emmène peut-être là où nous avons besoin d’aller. Mais elle le fait aussi pour Rose.
- Oui. Mais elle ne peut plus voyager avec toi. Tu le comprends.
- Evidemment. Je vais rentrer. Je vais juste lui faire mes adieux.
- Tu l’aimes toujours, n’est-ce pas ?
- Oui. J’en suis désolé.
- Ne le sois pas. Au moins ça veut dire que Rose est vraiment la femme de ma vie. Un argument de plus pour la faire dire « oui ».
- Tu comptes la demander en mariage ? S’étonna le Docteur.
- J’ai la bague sur moi depuis des mois.
- Je pensais que tu voulais retourner sur ce marché stellaire où on avait vu cette magnifique bague pour Rose.
- Je ne veux pas la faire attendre éternellement. Et il est fort possible que je ne puisse jamais y retourner. En tout cas je le pensais avant que tu ne te matérialises ici, Docteur. »

Rose Tyler revint vers eux avec Clara et Harriet. Ils se turent alors et John Noble replaça le petit écrin bleu dans sa poche intérieure. Rose lâcha la main de sa fille et alla se planter devant les deux Gallifréens :

« Docteurs, j’ai bien réfléchi et je pense avoir une idée pour ne pas avoir à faire de choix et à dire adieu à l’un de vous.
- Quoi ? Mais pourquoi tu ne veux pas simplement rester avec moi ? Demanda John.
- Je vais rester avec toi. Mais vous avez tous les deux besoin de moi, je l’ai bien compris, alors je vais essayer de rester aussi avec lui, ajouta Rose en désignant le Seigneur du Temps.
- Comment ? Demanda le Docteur en redoutant de déjà connaitre la réponse.
- En me dédoublant. »




Chapitre six : La Métacrise de Rose Tyler Noble.

Le Grand Méchant Loup était né du Vortex du Temps, il aurait donc dû pouvoir se régénérer comme un Seigneur du Temps. C’était une théorie. Risquée… Et John Noble trouvait l’idée ridicule. Il ne pourrait jamais demander la jeune femme en mariage comme il en rêvait depuis longtemps si elle mourait. Le choix de Rose était fait pourtant. Les Deux Docteurs auraient leur Rose Tyler ou aucun des Deux ne l’aurait plus.
Le TARDIS prenait donc un énorme risque maintenant avec deux Docteurs à bord pour retourner dans l’univers original des Seigneurs du Temps et se matérialiser à l’intérieur d’un TARDIS antérieur dans le temps. La cabine bleue avait déjà provoqué un tel paradoxe, au temps où Amelia Pond et son mari voyageaient avec le Docteur. Mais là, c’était un paradoxe bien pire. Ils allaient à la rencontre du Grand Méchant Loup, la version de Ros Tyler habitée par le Vortex du Temps lui-même.
A l’intérieur du TARDIS, la cabine bleue se matérialisa devant un Grand Méchant Loup fort surpris. Rose sortit la première du TARDIS. La jeune Rose recula d’un pas et se cogna à la console du vaisseau spatial en voyant son double. Les deux Docteurs, qu’elle reconnut comme le Docteur à deux époques différentes, des époques futures, s’avancèrent vers elle à leur tour.
« Rose, tu es vraiment sûre de vouloir faire ça, demanda John Noble.
- Oui, Docteur. Je suis prête à prendre ce risque.
- Si elle ne s’en sort pas, je te jure que je te tue, dit John au Docteur.
- Tu ne vas pas créer un paradoxe de plus, quand même. Et puis si ça rate de toute façon, personne ne viendra nous sauver sur le satellite cinq et on ne pourra pas exister nous non plus.
- Un paradoxe pour en créer un autre et assurer que le paradoxe se résolve… Tu as vécu quelque chose du genre depuis que tu nous as abandonné dans cet univers parallèle ?
- Oui. Avec Clara. Si l’on est en vie, c’est que ça a réussi. Il n’y a donc rien à craindre.
- De quoi est-ce que vous parlez, Docteurs ? Demanda la Rose Tyler aux yeux jaunes étincelants. »
Les trois voyageurs qui venaient de sortir du TARDIS et venaient d’arriver dans un autre TARDIS ne surent pas quoi répondre. Devaient-ils aller jusqu’à avouer leur plan à la version antérieure de Rose ? De toute façon, elle allait perdre la mémoire de cet instant. Le Douzième Docteur s’avança vers le Grand Méchant Loup et expliqua calmement quelles raisons l’emmenaient ici. Pour cela, ils furent obligés de parler du destin actuel de Rose. La jeune femme parla elle-même de sa vie et de sa volonté de vouloir se dédoubler pour le Seigneur du Temps. Rose était la plus à mène de se convaincre elle-même.
A la fin de son récit, le Grand Méchant Loup accepta de tenter l’expérience. Le Douzième sortit alors un pistolet-laser du XXVème siècle terrien et tira sur la jeune Rose Tyler, en pleine poitrine. Il fallait la tuer, pas seulement la blesser. John coupa une mèche de cheveux de sa future fiancée et le Docteur expira une vie de Seigneur du Temps instinctivement. Rose ouvrit la bouche et irradia ensuite de lumière. Une véritable explosion d’énergie régénératrice secoua le TARDIS comme une autre le ferait moins d’une heure plus tard avec le Docteur. Rose n’était plus qu’un faisceau de lumière aveuglante. John déposa la mèche de cheveux au sol et Rose, luttant contre la régénération concentra – comme les Docteurs le lui avaient expliqué – toute l’énergie régénératrice qui n’était pas nécessaire à sa simple survie dans la mèche de cheveux blonde à ses pieds. La lumière s’éteignit sur le corps de Rose Tyler. Et la mèche de cheveux blonds était à son tour aveuglante. Le Docteur la prit avec une pince à épiler et la plaça dans un bocal comme des siècles plus tôt Jack Harkness l’avait fait avec sa main perdue dans un duel contre les Syccorax, la main de sa dixième version de lui-même. La main, dernière source d’énergie régénératrice de John Noble ; La main qui avait donné naissance au clone du Docteur…

De retour dans le TARDIS, le Docteur renvoya immédiatement le vaisseau spatio-temporel dans le Monde de Pete. Alors qu’ils rentraient chez eux, Rose et John se sentaient tous les deux soulagés de la réussite de l’expérience. Le Douzième Docteur leur rappela alors que seule la moitié de l’expérience avait été effectuée. Rose hocha la tête et se releva du siège où elle s’était assise quand le TARDIS était retourné dans l’univers parallèle. La jeune femme se plaça devant le bocal où ses cheveux, sans l’appeler comme la main du Docteur l’avait fait avec Donna Noble, l’attirait à elle. L’ancienne compagne du Docteur toucha le bocal et ferma les yeux quand celui-ci se brisa avec une nouvelle éruption de lumière. Les Docteurs fermèrent les yeux devant cette explosion lumineuse supplémentaire. Ils étaient habitués à être victimes des régénérations elles-mêmes, pas à en être témoins.

Rose elle s’aveuglait à regarder sa mèche de cheveux s’étendre pour former un corps, nu. Le visage blanc d’un mort prit des couleurs soudainement et se releva comme un automate. Ses yeux noisettes fixèrent ceux de son double et elle fut si surprise qu’elle retomba à terre.
« J’avais peut-être oublié de dire que j’étais nu quand Donna m’a donné vie, fit John en voyant le regard courroucé du Seigneur du Temps et l’expression choquée de Rose. »
Le Douzième alla chercher une couverture sous la console du TARDIS et en couvrit la jeune femme. Les traits de son visage étaient plus jeunes que ceux de Rose. Elle avait encore l’apparence de ses vingt ans. Les longs cheveux blonds bouclés de la jeune fille qu’il avait rencontrée dans le sous-sol du Henrik lui chatouillaient ses mains alors qu’il la portait vers une banquette. Elle semblait encore sonnée mais pas blessée.
« Où est-ce qu’on est, maintenant, Docteur ?
- On est en orbite autour de la Terre, annonça John.
- Notre Terre, demanda Rose, suspicieuse.
- Oui, notre Terre, de notre univers, Rose. On rentre à la maison. »




Le TARDIS se dématérialisa à nouveau et se dématérialisa très vite à l’entrée du Powell Estate. Seulement une dizaine de minutes s’étaient écoulées depuis la dernière fois qu’ils s’étaient posés là et Clara Oswald jouait encore avec la petite Hariett Noble à la balançoire.
John sortit du TARDIS le premier et la petite fille blonde courut vers son père en sautant de la balançoire. Clara, surprise, reçut la balancelle dans son ventre et recula sous le coup. Elle suivit ensuite la fillette vers la cabine de police qui venait d’apparaitre devant eux. La compagne du Docteur entra à l’intérieur de la cabine. Le Seigneur du Temps était penché pour une fois non pas sur la console du TARDIS mais sur le corps encore nu mais recouvert d’une simple couverture d’une jeune femme dont on n’apercevait que les longs cheveux blonds.
Clara s’approcha lentement de son ami extraterrestre et de celle qu’elle devinait être le clone de Rose Tyler. Le Docteur ne devait pas avoir perçu sa présence parce que, bien que la jeune femme dormait encore, il ne se retourna pas vers sa compagne. Il caressait les cheveux fins de la jeune femme en jetant parfois des regards vers les escaliers les plus proches.
De ces mêmes escaliers, Clara vit remonter les marches, les bras pleins d’une pile d’habits hauts en couleur en haut de laquelle figurait un T-Shirt aux couleurs du drapeau britannique. Rose Tyler déposa la pile, devenue une vraie tour de Pise, sur un siège tout proche.
« Merci, Rose, dit le Docteur en se retournant enfin vers son ancienne compagne, tu es sûr de ne pas vouloir en garder ?
- Ce sont ses habits autant que les miens, répondit la jeune femme. »
Le Docteur sourit en pensant qu’elle ne faisait dire que la vérité. A côté de lui, il sentit la jeune clone par métacrise de Rose Tyler remuer mais ses yeux étaient encore fermés et elle dormait toujours.
« Comment elle va ? Demanda Rose.
- Elle est encore en plein processus de régénération. Tu te souviens du Noël que l’on a passé après ma régénération sur le Satellite cinq ? Je crois qu’elle connaît la même chose…
- Mais c’est une métacrise, pas une régénération ! »
La fumerolle dorée, qu’expira celle que le Docteur nommait déjà Rose Bis, les convainquirent tous deux du contraire.
« Ce sont deux phénomènes très proches. Pas vraiment comparables mais ils proviennent de la même source régénératrice et ils sont tous les deux très complexes… »
Rose se demanda s’il voulait dire par-là qu’elle ne pouvait pas comprendre ou bien que lui-même n’y parvenait pas complètement. Harriet et John les rejoignirent au chevet de Rose bis.




Chapitre sept : Une Rose pour chaque Docteur.

« Alors c’est elle, le clone de ma maman, demanda la petite Harriet.
- Oui.
- Et elle dort ?
- Oui, chérie, elle dort, le lui confirma Rose.
- Ce sont les bébés qui dorment comme ça, d’habitude, non ? »
Les bébés… C’est vrai qu’elle ressemblait à un bébé en dormant ainsi, et aussi en étant toujours toute nue sous cette couverture. Un nourrisson fragile. Son clone aussi avait dû se sentir aussi faible. Aussi désorienté… Et comme un père veillant sur un bébé, le Docteur restait là à la regarder dormir avec admiration et tendresse. Mais c’était mal de la voir ainsi. Il voulait qu’elle se réveille. Il voulait la voir comme une femme adulte, comme il avait toujours vu Rose Tyler.
La jeune femme semblait voir elle-aussi son clone comme un enfant. C’était le clone par métacrise d’une humaine. Peut-être que cette Rose Tyler ne serait jamais pareil que celle qu’il avait connu et aimé. Et à qui il devait maintenant dire au revoir…
Alors que le Docteur se posait ces questions au sujet de la métacrise de son ancienne compagne, Clara Oswald se rapprocha de lui. Elle commençait à regretter son univers et sa famille qu’elle n’avait plus vu depuis Noël. Et, si elle avait commencé à apprécier cette ancienne version du Docteur et la petite fille de celui-ci, Clara n’attendait plus que d’enfin revenir auprès des siens.
« Qui est-elle au juste, demanda-t-elle, cette femme. »
L’idée d’une métacrise lui étant parfaitement étrangère et si voyager dans la ligne du temps du Docteur lui avait donné une bonne idée des régénérations du Seigneur du Temps, Clara ne comprenait rien à ce qu’avaient fait les trois voyageurs temporels pendant les quelques minutes où elle avait gardé, seule, la jeune Harriet Noble.
« Qui ça ? Rose ? Je pensais te l’avoir dit – ou que mon clone t’aurait mieux répondu.
- Je ne parle pas de Rose, Docteur. Je parle d’elle. »
Clara désignait la jeune fille encore endormie à côté d’eux. D’une certaine façon, le Docteur l’avait compris. Mais il ne savait pas comment expliquer ce qu’elle était à la jeune terrienne.
D’un rapide coup d’œil, il se rendit compte que son clone et la Rose originale, la seule Rose encore, pour l’instant, étaient eux-mêmes en train de bien expliquer à leur fille ce qui venait de se produire alors qu’ils avaient tous les trois disparus dans le TARDIS. Et Harriet, fille du Docteur et de Rose Tyler, comprenait quant à elle parfaitement qui était la jeune femme qui ressemblait déjà tant à sa mère bien qu’elle soit endormie et encore nue comme une enfant. Rose Bis venait à peine de naitre et ils en étaient tous conscients. Tous sauf Clara qui ne le comprenait pas. Rose était humaine, elle ne devait pas pouvoir se régénérer comme un Seigneur du Temps. Pourtant, elle avait parlé de dédoublement. Et maintenant, deux femmes blondes se trouvaient dans le TARDIS. Et, comme Clara l’avait par contre compris, l’une d’entre elle allait rester.
Rose et son Docteur, ou plutôt le clone de celui-ci, étaient sur le point de sortir du TARDIS. Le Docteur essayait de lui expliquer ce qui avait permis à Rose de se dédoubler quand Clara décida qu’elle n’y comprendrait certainement rien de plus si elle sortait dire au revoir à la petite fille, partit sur leurs pas. Ils étaient tous à peine sortis de la cabine bleue quand le clone humain du Docteur décida de s’arrêter au seuil et de refermer la porte de la cabine. Il se retourna et attendit que le Seigneur du Temps remarque sa présence.
« Qu’est-ce que tu veux encore ? Lui demanda sa douzième incarnation qu’il ne revêtirait jamais.
- Tu es sûr que tu veux garder cette copie de Rose ?
- Tu es une copie, elle n’a pas l’air de s’en plaindre, répondit le Docteur.
- Si elle ne s’en plaint pas, pourquoi est-ce qu’elle est restée aussi longtemps avec toi ? Des mois que ça a duré, des mois que tu me l’as enlevé.
- C’est elle qui le voulait. Et tu sais comment c’est à l’intérieur du TARDIS, on oublie le cours du temps.
- Mouais… Il n’empêche que vous vous êtes un peu trop rabiboché à mon goût. Je ne suis pas stupide, je sais ce que vous avez fait. Sinon, elle n’aurait pas demandé à se dédoubler comme ça. Elle n’y avait jamais pensé, avant.
- Elle ne pouvait pas avant. Et elle n’en avait pas besoin.
- Tu penses qu’elle a vraiment bien fait ? Que c’est une bonne chose qu’on ait chacun une version de Rose Tyler ?
- Oui. Je me contenterai de la copie, ne t’inquiète pas.
- Je ne te proposai pas d’échanger, grogna le clone humain du Dixième Docteur.
- Je sais, tu veux l’épouser. D’ailleurs, il serait temps.
- Comment ça « il serait temps » ? Elle t’en a parlé ?
- Elle m’a avoué continuée d’attendre. Alors oui, tu peux être sûr que tu fais le bon choix. Je vois bien que c’est la question que tu te poses… »
D’un hochement de tête il confirma inutilement au Seigneur du Temps qu’il avait raison. Il ressortit ensuite l’écrin bleu de sa poche et cette fois l’ouvrit devant son double :
« Je voulais vraiment ton avis, tu sais. Enfin, je ne dis pas que je l’aurais attendu si tu n’étais pas venu. Mais maintenant qu’elle est redevenue ta compagne, même temporairement, je me suis dit que c’était presque nécessaire que j’obtienne…
- Quoi, mon consentement ? John, je t’ai laissé avec elle, tu crois que c’était pour quoi ? C’est ma bénédiction que tu as pour la rendre heureuse jusqu’à la fin de sa vie ; Tu sais très bien que c’était déjà ce que je voulais moi-même du temps où elle voyageait dans le TARDIS. »
Surpris de cet aveu, John Noble ne sut d’abord pas comment réagir puis il hocha simplement la tête devant son double et se remercia avant de demander au Douzième s’il voulait bien l’accompagner dehors pour confirmer à Rose cette bénédiction. Bien qu’il voulut rester auprès de la jeune clone de la compagne de ses cœurs, le Docteur accepta, au moins de rester sur le seuil du TARDIS.
Juste à l’extérieur de la cabine bleue, Rose et Clara se disaient déjà au revoir quand John tapota sur l’épaule de sa compagne. Rose Tyler se retourna et sourit au Docteur à qui elle partait dire au revoir quand John l’arrêta et, hésitant à poser un genou à terre, se dandinait en sortant un écrin bleu de la poche où il l’avait encore rangé. Il l’ouvrit sans un mot juste devant ses yeux qui brillaient de toutes les étoiles qu’elle avait déjà pu visiter. L’éclat du diamant qu’avait tant attendu son Docteur pour le lui présenter brillait à peine plus que leur brun éclat.
« Rose Tyler, commença-t-il devant la petite foule très émue, est-ce que tu veux m’épouser ? »
Rose fut surprise que pour une fois dans sa vie, son Docteur aille ainsi droit au but au lieu de faire tant de discours. Mais cela ne la dérangea absolument pas. Elle-même n’avait qu’un tout petit mot à lui répondre pour sceller cet instant de bonheur : « oui ». Elle le répété sans vraiment sans rendre compte puis avant qu’il n’ait eu le temps de lui passer la bague de fiançailles, qu’il avait eu tant de mal à acheter derrière son dos, sa fiancée l’embrassa passionnément. Derrière elle, Rose entendit sa fille crier des « hourras » enthousiastes. Et devant elle, la porte de la cabine de police bleue se referma sur le Seigneur du Temps.
De nouveau au chevet de Rose Bis, le Gallifréen se pencha également sur les lèvres de sa compagne et songea avec tristesse en l’embrassant que ce baiser ressemblait bien trop au satellite cinq : il embrassait une Rose Tyler qui était le Grand Méchant Loup et qui ne se souviendrait pas plus du baiser qu’il lui délivrait. Mais en même temps, elle restait un clone par métacrise, pas une entité auto-crée mourante pour le sauver. Elle était Rose Tyler. Elle était sa Rose Tyler. Et si Rose était la femme de sa vie pour John, Rose Bis serait la sienne.
Une Rose pour chaque Docteur. Et il savait qu’il l’aimerait de tous ses cœurs, sa Rose Tyler.
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Sam 27 Sep 2014 - 10:39    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Doctor Who Index du Forum -> Made in Gallifrey -> Fan Fiction -> Doctor Who fan-fiction Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Template lost-kingdom_Tolede created by larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com