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"Do something bad" [Terminée]

 
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Ahaimebété
[Bad Bad Beans]

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Féminin Bélier (21mar-19avr) 猴 Singe

MessagePosté le: Jeu 2 Avr 2015 - 12:20    Sujet du message: "Do something bad" [Terminée] Répondre en citant

Titre : « Do something bad »

Rating : G

Résumé : Leela se perd dans le TARDIS. Lorsqu'elle revient dans la salle de commande, elle y trouve un inconnu qui dit se nommer "le Docteur".

Spoilers : Pas de spoilers, mais des références à des épisodes et audiosodes (expliquées à la fin).

Disclaimer : Les personnages appartiennent à la BBC.

Bêta : Nous-mêmes

Note de l'auteur : Fanfiction collective écrite par : Adan Flyber, Ahaimebété, booster, Ithyl, Laureline, Melencolya
Cette histoire se passe entre The Robots of Death et The Talons of Weng-Chiang. Leela n’a donc pas encore visité la Terre, mais ils se dirigent vers elle.

Citation:
Perdue dans le TARDIS


« Tu devrais aller te changer, Leela.
– Pour quelle raison Docteur ? Ces vêtements sont parfaits pour une guerrière.
– Là où nous allons, tu risques de faire peur aux chevaux. »

Leela hausse les épaules.

« Je n’ai rien d’autre à me mettre.
– J’ai une garde-robe bien remplie.
– Une quoi ?
– Une garde-robe. Gar-de-ro-be. C’est pourtant clair, non ? Un endroit où tu trouveras de quoi t’habiller. Pour y aller, tu prends à gauche après avoir passé la porte, deux fois à droite, tout droit, à gauche encore, tout droit, tu descends l’escalier, à droite, encore à droite, à gauche et c’est tout droit après la Mona Lisa. La troisième porte blanche sur ta gauche. C’est parfaitement simple. »

Leela s’enfonce dans les profondeurs du vaisseau spatio-temporel. Au bout de quelques minutes, elle est déjà perdue. Elle n’a pas trouvé d’escaliers qui descendaient, mais d’autres qui montaient. Elle n’a aucune idée de ce qu’est une « Mona Lisa ». Elle marche, elle marche, dans des couloirs toujours semblables, le couteau à la main, au cas où elle rencontrerait quelqu’un.
Après plusieurs heures de courses éperdues dans ce labyrinthe, elle débouche à nouveau dans la salle de commande. Enfin… à ce qui ressemble à une salle de commande. Sauf que celle-ci, au lieu d’être en bois sombre et en cuivre, est faite d’une matière inconnue claire et lumineuse.

Un homme est occupé à la console. Un inconnu qui lui tourne le dos.

« Un intrus. » pense Leela.

Elle fait ce que ferait tout guerrier de la tribu des Sevateem : elle se glisse derrière lui en catimini, passe son bras autour de son cou et tire sa tête en arrière. La pointe du couteau se pose sur la gorge découverte.

« Où est le Docteur, scélérat !
– Oh, ma parole ! s’exclame l’homme en tremblant. JE suis le Docteur ! Le Docteur, c’est moi !
– Tu mens ! Le Docteur est grand, avec des cheveux bouclés, pas tout petit avec des cheveux noirs. Parle vite ou je te saigne comme un animal.
– Je… je… je vous jure que je suis le Docteur. Ce TARDIS est à moi. Et vous… vous… qui êtes-vous ?
– Je suis Leela, de la tribu des Sevateem.
– Enchanté, Leela. Ainsi, vous connaissez une de mes futures incarnations ?
– De quoi parlez-vous ?
– Le Docteur… votre Docteur, ne vous a pas dit qu’il… que je… enfin que nous pouvions changer de visage ?
– Il n’a rien dit de semblable, et vous essayez de me tromper.
– Absolument pas, Leela. Vous voulez un Jelly Baby ? Il y en a là… dans ma poche. Si vous voulez bien me lâcher, je vous en donnerais un… ou plusieurs. »

La poigne de Leela se desserre, et le Docteur en profite pour se dégager et se réfugier de l’autre côté de la console. Il sort le paquet de bonbons d’une main un peu tremblotante, et gratifie la jeune femme d’un grand sourire inquiet.

« Le Docteur aussi a des Jelly Babies, marmonne-t-elle, perplexe.
– Bien entendu, puisque le Docteur, c’est moi.
– Comment est-ce que vous pouvez changer ?
– C’est une astuce de notre race, les Seigneurs du Temps. À la fin de notre vie naturelle ou après une blessure mortelle, nous pouvons changer entièrement de corps. Ainsi, je suis grand et avec les cheveux bouclés, vous dites ? »

Leela se rapproche de lui, et il tend vers elle le sachet de friandises comme on le ferait pour amadouer une bête féroce. Elle en prend une et la porte à sa bouche.

« Ce sont bien les mêmes, admet-elle. Alors, vous êtes le Docteur avant le Docteur ?
– C’est ça », soupire-t-il, soulagé.

Leela est peu convaincue par le discours de ce petit homme. Mais par son aspect pacifique, l'étrangeté du lieu et le goût des Jelly Babies, il semble digne de confiance.

« Vous changez souvent de corps ? Je viens de vous quitter dans l'autre salle.
– Oh vous savez jeune guerrière, nous sommes dans un TARDIS. Le temps et l'espace sont assez relatifs pour cette machine, même en son sein. Mais ne vous inquiétez pas chère Leela, je suis sûr qu'elle vous ramènera dans votre espace-temps. J'adore voyager avec elle. C'est un peu la surprise de Noël en permanence.
– Elle ? Espace-temps ? Noël ? interroge Leela, perdue. C'est elle Noël ? Pourquoi elle vous fait des surprises ?
– Non, non… Noël est une fête terrienne. Vous ne connaissez pas Noël ? »

Le visage effaré et curieux de sa future compagne répond de lui-même à la question du Seigneur du Temps.

« C'est vrai, ça ne doit plus exister dans votre culture… Eh bien, Noël, à l'origine, célèbre le solstice d'hiver, donc la fin des longues nuits. Puis ça a symbolisé la naissance du prophète d’une quelconque religion en vogue. Puis ça a perdu son caractère sacré et c’est devenu totalement commercial, heureusement qu'après… »

À ce moment, Leela pousse un grand soupir en levant les yeux au ciel, interrompant le Docteur.

« Quelque soit le Docteur, vous parlez toujours trop…
– Oui, c'est un défaut inhérent à mon peuple. Pour résumer, c'est une fête pleine de douceur. On y offre des cadeaux et des surprises à tout le monde, surtout aux enfants. On mange bien et on écoute de la musique de Noël.
– Comme toutes les fêtes de mon époque aussi… En moins barbant.
– Le meilleur moyen de vous expliquer, c'est de vous montrer. »


Citation:
« Fais quelque chose de mal »


Quatre enfants prient, à coté de la cheminée, pour ne pas avoir froid. Il faut dire que dehors, l'Océan Atlantique amène la fraîcheur à Ferrol, grand port militaire de la Galice, en Espagne.
D'un seul coup, une porte s'ouvre à coté du foyer, ce qui fait sursauter les quatre petits. Leela et le Docteur entrent dans la pièce, et en remarquant les visages presque effrayés des jeunes, il leur envoie un sourire rassurant.

« Ne soyez pas effrayés, voyons. Je ne vous veux absolument aucun mal, lance-t-il d'une voix apaisante.
– Qui êtes-vous ? demande l'enfant qui semble être l'aîné, du haut de ses neuf ans. Un ami de nos parents ? Un officier ?
– Euh... non, non, je ne fais pas la guerre, jeune homme. Je.... je suis un docteur. Le Docteur, même.
– Est-ce votre épouse ? interroge la seule fille du groupe en désignant Leela.
– Elle ? Non, non ! Il s'agit simplement d'une amie. Je vous présente Leela. »

Les enfants saluent la jeune femme, mais l'un des garçons ne peut s'empêcher de faire une remarque.

« N'êtes-vous pas trop peu habillée, señorita Leela ?
– Docteur... murmure la Sevateem au Seigneur du Temps. Ces enfants parlent très bizarrement. On dirait des Techs.
– Des Techs ? Hmm ? Je ne vois pas de quoi vous parlez. Je dirais juste qu'ils sont... très éduqués. Le TARDIS nous a indiqué que nous sommes arrivés en 1900. À cette époque, les enfants qui font leur prière dans une pièce avec du papier peint et une cheminée qui n'enfume personne sont très souvent "bien éduqués". Mais dîtes-moi, les enfants, reprend-il en se tournant vers les jeunes. Comment vous appelez-vous ? »

Les petits se regardent, puis l'aîné prend la parole pour les présenter.

« Je suis Nicolás Franco y Bahamonde, annonce-t-il, fier de son nom et de sa famille. Et voici mon frère Francisco, ma sœur Maria, et notre petit frère Ramón.
– Et bien, je suis enchanté de vous rencontrer, répond le Seigneur du Temps. Dis-moi, Nicolás... C'est bientôt Noël, n'est-ce pas ?
– Oui, c'est dans une semaine, pourquoi ?
– Et bien, ma jeune amie Leela vient d'un lointain pays qui ne connaît pas Noël, vois-tu. Et je n'arrive pas à lui expliquer. J'aurais voulu lui montrer une famille en train d'ouvrir ses cadeaux, mais ce serait très malpoli de s'incruster ainsi chez les gens. Vous pourriez lui expliquer un peu ce que vous voulez avoir à Noël ? »

Le Docteur se recule légèrement, comme pour laisser Leela vers l'avant, de façon à ce qu'elle écoute bien les enfants. Mais en réalité, il recule parce qu'il est un peu gêné de se retrouver dans une famille bourgeoise espagnole en 1900. La tradition de Noël telle qu'il la conçoit aurait été bien mieux "exposée" par une famille modeste un siècle plus tard. Mais le TARDIS ne l'emmène jamais où il le souhaite.

« On veut avoir pleins de cadeaux ! crie Ramón.
– Seulement si tu es sage, rappelle Maria.
– Mais la Dame en Noir, elle a dit qu'il fallait pas. »

Tous se tournent vers celui qui a dit ça : Francisco. Il subit les regards foudroyants de sa fratrie, mais ne baisse pas les yeux pour autant.

« Mère t'a dit qu'il ne fallait pas écouter la Dame en Noir ! reproche Maria à son grand frère.
– Qui est cette femme ? demande Leela, curieuse.
– C'est une mauvaise dame ! explique avec précipitation l'aîné. Elle nous a dit qu'il fallait être méchant si l'on voulait avoir des cadeaux.
– Elle a dit que si on était méchant, on aurait plus de cadeaux que si on était gentil ! Je sais pas qui écouter, moi...
– Francisco, tu dois écouter mère ! »

Les enfants commencent presque à se disputer, et les deux voyageurs temporels décident alors de ne pas rester plus longtemps dans cette pièce. Une fois passée de l'autre coté de la porte, dans un couloir où se trouve le TARDIS, la Sevateem fixe le petit homme avec un regard intrigué.

« C'est ça la tradition de Noël ? demande-t-elle. Être méchant ?
– Non, non, pas dans mes souvenirs... maugrée le Seigneur du Temps. Mais il y a quelque chose d'étrange... Cet enfant, celui qui a parlé de la dame... comment s'appelait-il, déjà ?
– Francisco, je crois.
– Francisco... murmure le Docteur. Francisco Franco y Bahamonde. Mais... mais c'est ça ! Oh ma parole ! C'était Francisco Franco ! »

***


« Le père-Noël ça n’existe pas ! insiste-t-elle.
– Oui il existe ! » continue son petit frère, mais les larmes dans ses yeux lui prouve qu’il commence à douter.

Elle le pousse dans la neige sans ménagement. Aux yeux des adultes, ce n’est qu’une grande sœur qui s’amuse avec son petit frère, mais Emma n’a rien d’une fille normale. Elle a perdu sa mère à l’âge de 7 ans, son père s’est remarié avec une femme de 20 ans sa cadette.

« Cette salope de Jasmine ! »

Emma déteste Jasmine et rêve du jour où elle mourra. Sa belle-mère ne veut qu’une chose : s’emparer de l’héritage de son père. Maintenant que papa est malade, Emma sait qu’elle devra agir bientôt. Elle doit tuer Jasmine. L’héritage lui revient de droit, la femme en noir lui a tout expliqué. Durant toute sa jeunesse, la femme en noir était là. Lorsqu’elle a tué Kaitlin par accident, voilà deux ans, elle était rongée par la culpabilité, mais la femme en noir était là. Kaitlin était le souffre-douleur de la classe. Ses amies et elle avaient seulement voulu l’embêter ce jour-là, au lac. Elles savaient que Kaitlin avait peur de l’eau, mais jamais elles n’auraient pu croire qu’elle était assez idiote pour se laisser noyer !

Emma regarde la neige qui tombe de plus en plus drue. Elle souhaite intérieurement que Jasmine perde le contrôle du véhicule et ait un accident mortel à son retour du travail. C’est bientôt Noël, peut-être que la Dame en Noir fera de nouveau son apparition ? Elle n’avait jamais été déçue jusqu’à maintenant des récompenses de la femme en noir. Elle ne lui donnait rien de matériel, papa est riche et Emma a toujours tout ce qu’elle veut. Non, la femme en noir est bien plus intelligente. Des gens que Emma déteste et qui l’ennuient disparaissent, ou bien il leur arrive quelque chose. Elle gagne tous les concours et compétitions auxquels elle participe.
Aujourd’hui, Emma a maintenant douze ans, elle n’est plus une enfant et elle craint de ne plus voir la Dame en Noir qui récompense les enfants méchants. C’est avec anxiété qu’elle voit Noël approcher. Peut-être qu’elle doit faire quelque chose de très vilain pour qu’elle revienne ? Et si elle tuait son petit frère ? Ce gosse n’est qu’un embarras. Puis c’est facile, elle n’a qu’à l’aider à se perdre dans les bois, ça arrive souvent des enfants qui meurent de froid l’hiver parce qu’ils se sont égarés. Oui, la Dame en Noir ne pourra pas l’ignorer, même si elle n’est plus tout à fait une enfant.

Le Docteur et Leela sortent du TARDIS. Leela regarde la neige qui tombe, perplexe, elle frissonne, mais ne se plaint pas. Une guerrière des Sevateem ne se laisse pas impressionner par le climat.

« De la vraie neige ! s’exclame le Docteur.
– Où somme-nous ? Ou plutôt, quand sommes-nous, Docteur ? demande la guerrière, qui ne partage pas l’enthousiasme de cet étrange petit homme qu’était jadis son Docteur.
– La fin du 20e siècle ou le début du 21e siècle, mon époque favorite. »

Le Docteur s’approche d’une maison isolée sur un vaste terrain. Des lumières rouges et vertes illuminent la coquette demeure.

« Ah enfin, je vais pouvoir vous montrer un vrai Noël », se réjouit le Docteur.

Il s’approche doucement de la maison et jette un coup d’œil à travers la fenêtre givrée. Leela le suit de près. La vision qui s’offre à lui le déçoit beaucoup.
Il voit un homme, à genoux au pied du sapin décoré. Il tient un paquet encore emballé dans les mains et pleure. Il semble incapable de détacher les yeux de la boîte. D’autres cadeaux ont été déballés et les papiers aux couleurs de Noël gisent ici et là à travers la pièce. Une femme à ses côtés tente de le consoler, sans succès.

« Vous avez dit que Noël est une fête de réjouissance, cet homme n’a pas l’air très heureux, lui fait remarquer Leela.
– Mais c’est censé être une fête de réjouissances, le sapin, les lumières, les cadeaux !
– Mettre des lumières sur un arbre qu’on apporte à l’intérieur de sa maison est censé donner de la joie ? Je ne comprends pas, Docteur.
– Non, ce n’est pas… »

Le Docteur se redresse subitement, les sens aux aguets.

« Vous entendez, Leela ?
– Quelqu’un fredonne tout près. »

Le Docteur et Leela contournent la maison et marchent discrètement vers la voix. Des paroles leurs parviennent par intermittence, portée par les bourrasques de vent.

« A merry, merry christmas… and happy new year….war is over…la la la la. »

La voix ressemble à celle d’un enfant.
Il aperçoit une fillette qui n’a sûrement pas plus de onze ou douze ans, assise sur une balançoire. La jeune fille les voit, mais continue de chanter, indifférente à la présence des deux étrangers. Le Docteur revoit l’homme en pleurs et devine que quelque chose de terrible est arrivée à cette famille en ce jour de Noël. Leela s’approche de l’enfant, compatissante.

« Que s’est-il passé ? Vos parents sont dans un tel état. Je présume qu’il s’agit de vos parents, demande-t-elle avant que le Docteur ne puisse l’arrêter.
ELLE n’est pas ma mère », répond la fillette.

Un éclair de haine traverse son regard quelques secondes, puis se dissipe.

« Que s’est-il passé ? reprend le Docteur.
– Mon frère est allé jouer dans les bois et n’est jamais revenu. Ça fait plus de vingt-quatre heures, donc il est présumé mort. Il a fait moins vingt degrés Celsius ces deux dernières nuits, personne ne peut survivre à ça. »

Leela est choquée par les propos de l’enfant, et le Docteur est perplexe. Elle dit cela comme on parle de la météo. Il n’y a pas un soupçon de tristesse, de regret ou même d’inquiétude dans son regard. Leela a même cru y décerner une lueur de fierté. Un tel regard ne devrait pas appartenir à une enfant, mais à un monstre. Leela frissonne de nouveau et cela n’a rien à voir avec le froid hivernal.

« Comment t’appelles-tu ? lui demande le Docteur.
– Emma Ann Lucas*. »

Le Docteur répète ce nom dans sa tête. Cela lui rappelle quelque chose.

« Cette boîte bleue c’est à vous ? demande la fillette alors que le Docteur n’a toujours pas retrouvé ce nom dans sa mémoire.
– Tu la vois ?
– Oui, la Dame en Noir apparaît aussi dans ce genre de… d’appareil. C’est elle que j’attends, pas vous.
– Encore cette Dame en Noir ! s’exclame Leela.
– Parle-moi de la Dame en Noir, demande le Docteur à la jeune fille.
– Pourquoi ?
– Emma, Emma où es-tu ? s’écrit une voix masculine, épuisée par le chagrin.
– Je suis là papa », répond Emma.

Elle regarde les deux intrus.

« Allez-vous en où j’appelle les flics pour leur dire que vous avez essayé de me kidnapper comme mon petit frère. »

Le sourire qu’elle leur fait leur donne des frissons dans le dos et ils regagnent le TARDIS.

« Emma Ann Lucas, Emma Ann Lucas » marmonne le Docteur en faisant les cents pas.

Puis, son visage s’éclaire pour ensuite prendre un air grave.

« Emma Ann Lucas, bien sûr, comment ai-je pu oublier ? Cette femme est à la tête d’un empire criminel international jamais vu. C’est elle qui sera la cause de la première guerre mondiale du 21e siècle ! Elle créera des armes biologiques mortelles qu’elle vendra aux différentes puissances mondiales. Le monde s’entre déchira et chacun accusera son opposant d’avoir crée l’arme biologique ultime. Cela prendra vingt ans et des millions de morts pour comprendre qu’une tierce partie a volontairement provoqué cette guerre. Nous devons savoir qui est cette mystérieuse femme en noir ! déclare le Docteur.
– Elle a un TARDIS ? Elle est des vôtres ? demande Leela.
– C’est impossible ! Les Seigneur du Temps ne se mêlent pas de ce qui se passe ailleurs que sur Gallifrey.
– Mais la fille a dit qu’elle apparaissait dans le même appareil…
– Oui Leela et c’est très troublant. »

***


« Allons dans le passé voir un autre enfant, dit le Docteur. J'aimerai savoir si cette Dame en Noir existe à toutes les époques. »

Le Docteur règle la date, le lieu et fait rapidement atterrir le TARDIS.

« An 47 après J.C., Rome, une époque assez paisible. Vous allez voir Leela, ça va être assez éducatif. Par contre, met cette tenue. On vous prendrai pour une gladiatrice », prévient le Docteur.

Grommelant, Leela change de tenue et enfile une toge colorée en bleu pâle. Elle revient dans la salle de contrôle.

« On y va Docteur? J'ai hâte d'enlever cela. »

Voyant un petit garçon d'une dizaine d'années, Leela s'avance :

« Bonjour, tu as été sage cette année?
– Appelez-moi Lucius Domitius Claudius, et vous devez me vouvoyer.
– D'accord Lucius Dominitius Claudius, avez vous été sage cette année ?
– Bien sûr que non, je fais la loi à la maison. Quand je serai grand, je changerai les plans de cette ville, raserai les bâtiments hideux. Et tant que j'y serai, je la renommerai.
– Ce n'est pas trop ambitieux? demande Leela.
– Pas du tout, je m'y entraîne. Quand je casse un vase, je dis que c'est un de mes esclaves. J'accuse toujours le même. Celui qui prend les coups à ma place est remplacé tous les six mois. Mon précepteur a peur que celui-ci ne meure à force d'être battu. Ma mère m'a grondé quand j'ai tué un esclave en jouant avec mon glaive la semaine dernière. Je me vengerai.
– Pourquoi fais-tu cela? interroge le Docteur.
– Je vous ai dit de me vouvoyer. Pour m'assurer de la venue de la Dame en Noir à chaque Saturnales. Elle me dit de faire quelque chose de mauvais si je veux avoir une récompense de sa part. J'aime avoir de beaux cadeaux introuvables. Elle m'a offert un appareil pour paralyser les personnes qui ne veulent pas m'obéir.
– Comment vient-elle cette Dame en Noir ?
– Elle a une colonne de pierre qui s'ouvre. Sa machine arrive en faisant un bruit, et part en en refaisant le même. Arrêter de m'interroger ou j'appelle les gardes ? »

Pensif, le Docteur retourne à son TARDIS, suivi de Leela.

« Nom de Zeus, c'est Néron. Il était déjà fou étant enfant. Cette Dame en Noir a vraiment une mauvaise influence sur les enfants ! »


Citation:
La Dame en Noir


Une fois arrivée dans la salle de commandes, Leela pose une question :

« Si j’ai bien compris, Docteur, tous les enfants que nous venons de voir vont devenir de mauvaises personnes une fois adultes, c’est ça ? »

Le Docteur pousse un gros soupir, tire un grand mouchoir douteux de sa poche et le passe sur son front. Il en essuie ensuite ses mains d’un geste nerveux.

« Je le crains, ma chère Leela, je le crains. Nous avons vu d’abord Francisco Franco qui fut un redoutable dictateur du vingtième siècle après Jésus Christ. Ensuite, nous avons rencontré Emma Ann Lucas, qui fomenta une guerre mondiale dans l’unique but de vendre ses armes. Elle fut à l’origine de la quasi disparition de l’humanité. Et enfin, nous sommes allés dans le lointain passé de la Terre, et nous avons aperçu Néron, un empereur romain à la sinistre réputation. Celui-ci, je l’ai déjà rencontré alors qu’il régnait sur l’Empire.
– Et ceux qui vont devenir de bonnes personnes, est-ce qu’elle les visite aussi ?
– Bonne question, Leela, très bonne question. Allons voir, voulez-vous ? Commençons par… »

Le petit homme fronce les sourcils et tapote son menton avec deux doigts d’un air perplexe. Il grommelle :

« Leela, savez-vous qu’il m’est plus difficile de me souvenir des bonnes personnes que des mauvaises ? Il y a… voyons… Ah ! J’y suis ! Jésus lui-même bien entendu ! Ah non, ça n’ira pas. Pas de Noël pour lui, puisqu’il est à l’origine même de cette fête. Qui d’autre… Oh, je sais ! Martin Luther King !
– Un roi ?
– Nullement, mais un homme très intéressant. Accrochez-vous, Leela ! »

Le TARDIS démarre avec une embardée.

***


Il se matérialise dans une petite maison d’Atlanta, en Géorgie. Leela regarde avec surprise la minuscule pièce dans laquelle ils se trouvent.

« Je crois que nous avons atterri dans la salle de bains, commente le Docteur. Alors, si je me souviens bien… la chambre des garçons est… à l’étage. »

Ils sortent dans un étroit couloir, puis ils arrivent dans le hall où se trouvent les escaliers. Leela pose le pied sur une marche, mais elle se fige aussitôt. Elle ferme la bouche du Docteur d’une main, et lui chuchote :

« Il y a des gens qui parlent tout près. »

Le Docteur tend l’oreille. Des murmures à peine audibles lui parviennent. Il hoche la tête et montre une des portes, toujours rendu muet par la poigne de sa compagne. D’un commun accord, ils se dirigent vers ce battant. Le Seigneur du Temps se penche et écoute à la serrure. La conversation lui parvient, guère plus distincte.

« Tu n’as pas envie de te venger? demande une voix de femme.
– Papa a dit que c’était mal de se venger, lui répond une voix enfantine.
– Oui mais toi, qu’en penses-tu ? Ça te ferait bien plaisir, non, d’écraser cette petite vermine qui a osé te dire qu’elle ne voulait plus jouer avec toi parce que tu es noir ?
– Ce n’est pas de sa faute… commence le bambin.
– Pas de sa faute ? Bien sûr que si ! Et si tu le tues, je te ferais un beau cadeau. Qu’aimerais-tu le plus ?
– Le tuer ? Mais comment ?
– Je t’indiquerai le moyen. C’est facile, tu verras. Alors que veux-tu comme récompense ? »

Le Docteur regarde Leela.

« Oh, nom d’une pipe… chuchote-t-il. Je crois bien que nous avons trouvé la Dame en Noir. Et elle essaye de pervertir ce petit garçon.
– Il faut intervenir, Docteur.
– Bien sûr. Sinon Martin Luther King risque de ne pas devenir celui qu’il a été s’il se trouve accusé du meurtre d’un enfant blanc, à six ans. Allons-y ! »

Il pousse la porte et entre dans un bureau somptueusement décoré pour la Noël. Les deux personnes qui l’occupent se tournent vers lui : une femme habillée dans un style désuet, un petit chapeau orné de fruits perché sur son chignon, et un petit garçon de six ans, vêtu d’un pyjama avec ses grands yeux en amande qui les contemplent avec surprise.

« Tiens, Docteur, susurre la Dame en Noir en souriant. Quelle bonne surprise. »

Le Seigneur du Temps se fige. Dès qu'il s'est approché de la Dame en Noir, il a eu la sensation familière d'avoir quelqu'un qui lui ressemble. Quelqu'un comme lui. Un Seigneur du Temps.

« Vous connaissez le Docteur ? questionne Leela. Docteur, je croyais que vous ne saviez pas qui était la Dame en Noir ?
– Je vous le confirme Leela, je ne la connais pas du tout. Mais elle me connaît. Vous voyez ma chère, c'est le problème du voyage temporel. Je pourrais très bien vous rencontrer dans votre passé alors que vous ne me connaiss… »

Le Docteur s'interrompt dans son explication, dérangé par le faux ronflement de la Dame en Noir.

« Oui, c'est bon, on a compris, tiny weiny tralala ploumy… Toujours à sortir sa science ! Quelque soit ton incarnation !
– Qui es-tu ? Je sais que tu es un Seigneur du Temps…
– Oh Docteur, tu ne me reconnais pas ? Tu me déçois beaucoup ! minaude la femme. Je vais te donner un indice quand même… Nous étions à l'Académie ensemble.
– Hum, l'Académie... il y avait tant de monde. Vous deviez être dans la majorité de mes cours si je devrais vous connaître. N'étiez-vous pas Kappa-San ? Ne vous destiniez-vous pas à créer des personnages pour des fictions ?
– Oh Docteur, tu me déçois encore plus. Elle vivait dans ses rêves. Cherche encore.
– Qu'importe qui vous êtes, c'est ce que vous faites qui compte. Pourquoi vous faites ça ? Pour saboter l'humanité, pour en faire une armée de sales gamins à vos ordres ?
– J'adore pervertir, Docteur. Je rêverai de pouvoir te le faire aussi bien que je l'ai fait pour le jeune Adolphe Hitler ou ce cher Magnus Greel**. Tu es mon défi, ce serait le chef d’œuvre de ma vie. Nous voyagerions ensemble. »

Dans un geste subit, la Dame en Noir se lance sur le Docteur, toutes lèvres sorties. Mais Leela s'interpose, la met au sol, et se préparer à l'égorger.

« Leela ! intervient le Docteur. Vous savez bien que je déteste qu'on utilise la violence. Ne vous ai-je pas appris que la diplomatie règle plus de problèmes que n'importe quelle arme ? Même les plus simples, comme ton couteau, sont moins fortes que les mots.
– Mais Docteur, elle voulait vous attaquer ! lui rétorque Leela.
– J'étais prêt à me défendre. Je pense plus qu'elle tentait de m'embrasser. N'est-ce pas, chère camarade?
– Toujours à deviner ce que je veux faire. Et toujours avec tant de justesse. Ça devient lassant, répond avec difficulté la Dame en Noir.
– Lâchez cette femme Leela. J'ai besoin d'en savoir plus. »

Leela relâche la Dame, tout en la regardant avec méfiance. La femme lui lance un coup d’œil courroucé.

« Ma chère future compagne vient de se faire une ennemie mortelle », se dit le Docteur.

Pendant qu’elle se relève, époussette sa robe et remet en place son chapeau orné de fruits, il continue à chercher dans sa mémoire qui pourrait bien être cette Seigneur du Temps qui affirme être allée à l’Académie en même temps que lui.

« Ushas ? Elle serait bien du genre à faire des expériences sans se soucier des sujets de celles-ci. Mais c’est plutôt dans le domaine de la chimie qu’elle excellait et non de la manipulation psychologique. Non, c’est sûrement quelqu’un dont je ne me souviens pas, un des nombreux élèves qui formaient la masse. Pas quelqu’un de remarquable en son temps. En tout cas, je dois stopper ce qu’elle fait. Qu’elle pervertisse Franco ou Néron, passe encore, c’est ce dont l’histoire se souvient. Mais qu’elle s’attaque aux personnalités positives pour leur faire prendre un mauvais chemin, ça ne va pas du tout. »

« Sais-tu que tu viens de me donner une très bonne idée, Docteur ? susurre soudain sa consœur.
– Moi ? Quelle idée ?
– Tu verras… quand je serai prête. Maintenant, si tu veux bien m’excuser… »

Avant qu’il ait pu faire un geste pour la retenir, elle se dirige d’un pas rapide vers la cheminée éteinte. Elle s’y plante, le bras armé de son parapluie noir levé dans le conduit. Puis elle lance une dernière remarque au Docteur, et disparaît, aspirée vers le haut dans un éclair bleu.

« Ça alors ! » s’exclame une voix enfantine.

Le Docteur se retourne vers le bambin, que tous les adultes présents semblaient avoir oublié dans le feu de l’action. Il s’accroupit devant lui, en lui dédiant un large sourire un peu gêné.

« Bonsoir Martin, nous n’avons pas encore eu le temps de nous saluer.
– Bonsoir monsieur. Vous me connaissez ?
– Oh oui. Et je sais que tu es un petit garçon très intéressant. Écoute-moi, Martin… »

Tout en parlant, le Docteur sort de sa poche sa montre de gousset et la fait tournoyer devant les yeux de l’enfant.

« Tout ce qui s’est passé ce soir n’est qu’un rêve, tu as compris ? La Dame en Noir, moi, la jeune fille, c’est juste un drôle de rêve que tu as fait. Tu vas remonter dans ta chambre et te recoucher jusqu’à demain matin.
– Oui, balbutie Martin. Un rêve… c’est juste un rêve… »

Leela le saisit juste au moment où il s’affaisse, endormi.

« Je le remet dans son lit, Docteur ?
– Oui, oui, allez-y. Quand vous êtes en haut de l’escalier, vous prenez le couloir en face, et c’est la dernière porte à gauche. Faites attention de ne pas réveiller son frère. »

Tandis que la sauvageonne s’éloigne avec son fardeau, le Docteur continue de s’interroger. Juste avant de disparaître, la Dame en Noir a lancé à son intention :

« Souviens-toi de Torvic***. »

Il s’en rappelle très bien. Cette histoire l’avait tourmentée pendant de nombreuses années. La seule autre personne qui peut savoir ça, c’est…

« Non, songe-t-il. Ce n’est pas possible. Ça ne peut pas être lui… »

Il secoue la tête, pour chasser cette idée grotesque. À cet instant, Leela revient, et le Docteur s’exclame :

« Bien ! Il faut songer à vous ramener à votre époque, et avec le bon Docteur, jeune fille. On y va ? Le TARDIS est par là. »


NOTES :
*Emma An Lucas a été inventée pour les besoins de l’histoire, afin de créer un méchant du futur.
**Magnus Greel est l’adversaire du Docteur dans
The Talons of Weng-Chiang.
***Torvic est un personnage que l’on trouve dans l’audiosode Master. C’était un garçon qui avait pour habitude de brutaliser le Docteur et le Maître lorsqu’il étaient enfants. Jusqu’au jour où, dépassant la mesure en tentant de noyer l’un d’entre eux, l’autre se rebella et le tua en lui écrasant la tête avec une grosse pierre.

_________________
Fanfictions sur le Maître

« La réalité est un endroit sympa à visiter, mais je n’aimerais pas y vivre. » David A. McIntee
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MessagePosté le: Jeu 2 Avr 2015 - 12:20    Sujet du message: Publicité

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