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Bilan général saison 11
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Qu'avez vous pensé de la saison 11 ?
je l'ai adoré !
14%
 14%  [ 8 ]
je l'ai bien aimé mais sans plus...
26%
 26%  [ 15 ]
j'ai trouvé ça moyen, mais j'ai pas détesté
19%
 19%  [ 11 ]
j'ai pas du tout aimé !
5%
 5%  [ 3 ]
(Rendez-moi Moffat/Russel T Davis xD)
14%
 14%  [ 8 ]
(Jodie c'est la meilleure de toute façon)
12%
 12%  [ 7 ]
(Vive BOT !)
7%
 7%  [ 4 ]
Total des votes : 56

Auteur Message
Nanou
Time Lord

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Féminin Bélier (21mar-19avr) 鼠 Rat

MessagePosté le: Lun 10 Déc 2018 - 15:30    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant




Voilà la saison 11 s'est terminée (bon la diffusion France 4 n'est pas encore passée...), je vous propose d'utiliser ce topic pour donner votre avis global sur cette première saison de 13th, de Jodie, des Compagnons, de Chibnall...

Attention dans ce topic vous devrez utiliser les balises spoilers si vous devez aborder certains détails spécifiques.

Attention 2 les discussions sur l'épisode du Nouvel An ou la saison 12 se font pour le moment en section Spoilers du Forum Wink
_________________

*a-Matt-Smith-pour-son-birthD-et-est-sur-David*
des bananes dans le void


Dernière édition par Nanou le Sam 15 Déc 2018 - 17:09; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 10 Déc 2018 - 15:30    Sujet du message: Publicité

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burns
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MessagePosté le: Mar 11 Déc 2018 - 01:04    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

Perso je reste sur un vote "moyen mais pas detesté"
C'est clair que c'est probablement pas la saison qui va trainer dans mes favorites mais plutôt être relégué à coté de la 8 que je ne porte pas dans mon coeur Mr. Green
Ca se regarde mais il me manque quand même souvent quelque chose à la fin d'un épisode pour que je me retrouve sur le cul et que je me dise "wahou"
Donc même si certains crient que doctor who c'est le changement, faut pas trop pousser non plus Mr. Green

Pour mon ptit bilan :
Pas de fil rouge pour lier les épisodes (ouais je l'ai assez répété sur mes commentaires d'épisodes) et je trouve que c'est un gros manque.
J'étais pas toujours fan de ce qu'a fait moffat à ce niveau (genre les trucs qui s'étendent sur plusieurs saisons comme les failles ou silence) mais j'adorais les révélations sous l'ère RTD et qui m'ont forcément beaucoup plus accroché plutôt qu'une succession d'épisode ou on a pas l'impression de voir un but précis.
Donc déjà sur ce point, j'espère clairement un mieux pour la prochaine saison, on va dire qu'ils se lançaient là et qu'ils prenaient leurs marques :p

J'aurais aimé voir quand même des épisodes aussi + orienté sur la temporalité ou paradoxe liés aux voyages dans le temps, là on se contente souvent de prendre le tardis pour aller qq part et c'est plié.
Je ne sais pas si je suis trop clair avec mes propos, mais ça m'a manqué :p (girl who waited, blink, girl in the fireplace, world enough and time, time heist pour citer des exemples d'épisodes auquel je fais référence)

Niveau musique, faudrait peut etre que je réécoute la saison mais jusque là à part le thème du docteur, j'ai pas vraiment grand chose qui me reste en tête.
Donc je me laisserais convaincre plus tard éventuellement.
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Hassan
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MessagePosté le: Mar 11 Déc 2018 - 22:50    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

Je suis dans un entre-deux. D'une part j'adore Jodie Whitaker et les compagnons et compagnes. Il est tout de même dommage que Yasmin n'ait pas un arc narratif aussi important que les deux autres. Elle est un peu laissée de côté. Mais cela faisait longtemps que je n'avais pas eu l'impression d'avoir de vraies personnes en face de moi! De plus, j'ai beaucoup aimé les épisodes historiques, les thèmes étaient difficiles et je pense que l'exercice a été réussi.

Mais il y a peu d'épisodes qui me semblent mémorables. J'ai l'impression d'une saison remplie seulement d'épisodes moyens ce qui me désole beacoup.
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Arkham
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MessagePosté le: Mar 11 Déc 2018 - 23:15    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

J'ai toujours pensé qu'une bonne série SF devait avoir de bons effets spéciaux pour être crédible, et pour marcher. Et puis je suis tombé sur Doctor Who, avec des décorations en carton, des monstres ridicules (genre un Dalek avec sa ventouse à chiottes), des effets spéciaux moches (les Autons dans le tout 1er épisode de la nouvelle série)...et je me suis pris une grosse claque. Cette série est LA PREUVE que peu importe les moyens, s'il y a une bonne histoire qui nous fait voyager et de bons acteurs, on rentre carrément dedans. Améliorer le visuel, selon moi, c'était pas forcément nécessaire.

Et c'est un peu ça que je reproche à cette nouvelle saison, elle ne m'a pas fait voyager. A vouloir tout rendre plus réaliste (les effets visuels sont top de chez top) et sérieux, je décrochais parfois en plein épisode tellement je m'ennuyais. La folie, l'humour, le GRANDIOSE, c'est ça qui me rendait accro auparavant, et surtout cette sensation que j'avais après chaque épisode, où tu te dis que peu importe les difficultés de la vie, il peut toujours y avoir une solution là où tu ne l'attends pas. Concrètement, c'est ridicule de dire ça et je ne saurais pas argumenter là-dessus, mais cette série me redonnait foi en l'humanité en nous montrant ce qu'on pouvait faire de beau.
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Pallenis
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MessagePosté le: Jeu 13 Déc 2018 - 15:31    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

J'ai bien aimé cette saison. Enfin non, je l'ai adorée...

Malgré ma faible expérience de DW, j'ai bien conscience des pros & cons qu'elle peut contenir. D'ailleurs, ce qui peut être une qualité pour certains, devient un défaut pour d'autres...
Bref, pour moi, les expéditions ont été bien choisies, bien pensées, les décors fabuleux, la réalisation propre, les effets spéciaux de très bon calibre. Quant aux acteurs, j'ai vraiment accroché (Jodiiiiiie *voix aigue et stridente de fangirl*).

De ce que je peux voir, comprendre, DW est une série qui mêle plusieurs genres (sci fi, fantastique, horreur...) : or la dernière saison penche surtout vers le fantastique. Moi, ça me va bien, mais j'imagine que pour les friands de Sci Fi, c'est un peu "vache maigre" pour le coup.

En revanche, je vais aller dans le sens de la majorité des critiques : les scénarii... Les idées sont là, l'histoire généralement intéressante, mais un schéma narratif un peu vite torché vers la fin. J'ai davantage l'impression que l'épisode va se concentrer sur l'élément pertubateur et passer très vite sur les péripéties et encore plus vite sur la situation finale (coucou l'épisode 10). Quant à l'absence d'un arc narratif, d'un fil rouge sur l'ensemble de la saison, je comprends la frustration de certains (j'ai vu la saison 5 en entier et c'est vrai que l'arc de la faille rend la saison d'autant plus palpitante). Mais ça ne poserait pas de problèmes si chaque épisode menait à bien l'histoire qu'il déroule.
Enfin, un dernier problème concerne l'évolution des personnages. Je n'ai pas eu l'impression que le Doctor ait vraiment évolué (à part dans le 1er épisode, le temps de "digérer" la regen), ne parlons même pas de Yaz. Alors pourquoi ne pas avoir coupé la poire en deux ? Faire évoluer d'un côté un type de relation et d'un autre côté, l'autre type de relation ? Bon, c'est finalement assez secondaire par rapport au problème de l'écriture mais zut quoi...
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Tyr
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MessagePosté le: Jeu 13 Déc 2018 - 20:40    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

Pour faire une métaphore culinaire (désolée, je sors du restaurant^^), je dirais que les ingrédients sont frais et savoureux mais que les recettes manquent d’inventivité et, surtout, que le tout n’est pas assez relevé.

Il est goûtu ce nouveau Docteur! Sympathique, chaleureux, très bien interprété et avec de plus une petite note de fraîcheur dû à son changement de sexe. Quant-à ses compagnons, si je reste un peu dubitative sur l'utilité de la pourtant bien sympathique Yaz, le "couple" Ryan-Graham a bien fonctionné et ce dernier en particulier est un vrai délice : il se mange sans faim le Graham! Smile

De même, il faut admettre que l'assiette est très bien présentée : l'image est superbe et le choix des sujets (beaucoup d'épisodes historiques) la fait je trouve particulièrement bien ressortir. De plus, le choix de Chibnall de tabler au maximum sur la diversité dans son casting comme dans son staff est fort louable. Je regrette bien sûr le peu de sci-fi pure dans la saison mais juré, j’étais prête à garder l’esprit ouvert même si la déco n’était pas autant à mon goût que d'habitude.

Et pourtant, rien à faire, la mayonnaise n’a pas pris et le tout est assez fade. Il manque le sel de l'épique, le poivre des belles répliques percutantes que l’on retient des mois après l’épisode, le piment d'un coté obscur du Docteur toujours en filigrane derrière sa compassion et son héroïsme, le curry des dangers effrayants, la harissa des batailles dantesques et même, à petite dose, le wasabi des adieux déchirants.

Et puis où est l’accompagnement ? Pas même le retour d’un petit personnage du whonivers pour nous rappeler les saveurs d’antan ! Ce Docteur est déraciné et évolue dans un monde qui pourrait tout aussi bien être une autre dimension. Quasiment personne n’a entendu parler d’elle et elle ne connait quasiment personne donc fort peu de gens l’écoutent. L’oncoming storm, le time lord victorious, le lonely god est devenu la sympathique touriste qui vient donner un coup de main en passant.

Trève de métaphore, je n’ai pas du tout passé de mauvais moments (malgré un ennui peu dissimulé devant le 4ème épisode) mais que retiendrai-je de cette saison dans quelques mois? L’image de l’adorable Pting, une vague méfiance vis à vis du bullpack, un bon souvenir de l’épisode 9 et un excellent de Graham. C’est à peu près tout. Pas de scène culte que j’aurai envie de me repasser de temps à autre, de discours retenu presque mot à mot sans même m’en apercevoir, de réplique me faisant ricaner toute seule des mois après ou de monstre mémorable dont je chercherai à acheter la figurine (bon, c’est vrai, j’avoue, je craquerai certainement sur une peluche Pting si le service marketing de la BBC nous en sort une^^).

En fait, un détail me prouve que quelque chose me manque clairement cette saison. J’ai un cerveau très accommodant qui en général n’hésite pas à me proposer de temps à autre en exclusivité un épisode inédit de la série lorsque je pars me coucher après avoir vu et/ou ou reviewé longuement un nouvel épisode : cette année, rien ! Je n’ai pas rêvé une seule fois de Doctor Who et je pense que c’est une première en période de nouvelle saison.


Difficile d’en vouloir à Chibnall de ne pas écrire pour moi. Il a fait du neuf, c’est indéniable et c’était probablement nécessaire vu l’âge de la série. Ce n’est pas trop mon truc, tant pis pour moi et tant mieux pour ceux qui ont accroché. Je passe néanmoins un moment sympathique et je peux toujours espérer que la prochaine saison me plaira plus, surtout si elle intègre à nouveau les éléments récurrents du whonivers (Master, come back!^⁾.
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MessagePosté le: Ven 14 Déc 2018 - 10:42    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

Même bilan mitigé qu'au-dessus pour moi...

J'ai un peu honte de dire que... je crois bien m'être endormi sur la moitié des épisodes cette saison.
Alors entendons-nous bien, généralement, quand je regarde DW, c'est une fois ma journée de travail terminée, mes filles douchées/nourries/couchées, encore un peu de boulot qui traîne, puis ma récompense télévisée.
Donc je regarde TOUJOURS Doctor Who épuisé, mais... sous Moffat, je ne m'étais encore jamais endormi...

Bon c'est pas grave, hein, c'était même une occasion de revenir un peu en arrière et de poursuivre l'épisode.

J'aime, j'ADORE 13 en Docteur ! Elle est pétillante, drôle, héroïque (mignonne ^^). J'aimais beaucoup son côté bricoleuse dans les deux premiers épisodes, mais qui a disparu ensuite. Dommage.
Le fait d’avoir 3 compagnons est peut-être une fausse bonne idée pour moi. D'un côté c'est neuf, ça change, et les persos ne sont pas mauvais. D'un autre côté, ça ne permet pas en 10 épisodes de bien les cerner et ça "enlève" du temps et des actions au Docteur.

Quand le Doc dit à Yaz d'aller voir à gauche, à Graham et à Ryan au fond à droite, c'est autant de pistes que la caméra va suivre en plus de celle du Docteur.
Et comme la série a l'habitude (louable) de souvent nous montrer que les compagnons ne déméritent pas en idées/héroïsme en comparaison du Docteur, leurs actions héroïques, leurs discours et leurs exploits seront autant de choses que 13 ne va pas faire.

Et puis, il y a surtout cette volonté de faire du Doc une "gardienne" du temps et non une héroïne (et même si ça ne me convient pas vraiment, je suis tout de même satisfait qu'il y ait une "vision directrice" assumée du personnage).

Plus généralement, je pense que le ton utilisé par Chibnall n'est pas celui que j'attendais pour DW. Mais par contre, j'imagine tout à fait qu'il convienne à d'autres, et tant mieux si ça peut faire rayonner la série.

De mon côté, je viens de me faire le constat qu'en fait j'ai été pleinement satisfait lors de la trilogie "Name/Day/Time of the Doctor". En fait... Depuis ça, je suis blasé de Doctor Who. Oh, j'aime toujours, et je regarderai toujours (et je transmettrai si je peux à mes filles, qui trouveront ça ringard), mais c'était le summum de l'epicness que j'attendais pour cette série. Même l'époque Capaldi, qu'en général j'ai appréciée (avec un bémol pour la saison 8 ) ne m'a que rarement fait vibrer.

Mais c'est ainsi, DW est une série changeante, qui se régénère, et c'est tant mieux si d'autres diront que cette saison 11 est leur préférée. Moi j'ai fait mon temps Smile
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Capt.Jack
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MessagePosté le: Ven 14 Déc 2018 - 23:20    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

J'ai même pas envie d'en parler. Plus que mitigé. De bons compagnons, j'aime Jody (Mais pas son docteur).
Aucune aventures restera dans mes mémoires !..
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Lecrivaindujour
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MessagePosté le: Sam 15 Déc 2018 - 18:26    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

Bon, je vous préviens, je vais faire une dissert. Une longue dissert. Accrochez-vous. Et faites gaffe si vous l'avez pas vue, y a un poil de spoil (hésitez pas à sauter à la conclusion dans ce cas).

Déjà on va commencer par ça : je ne suis pas super fan du travail de Moffat en tant que showrunner. Pour autant, je ne trouve pas que la série ait faibli sous son règne, mais c’est un fait, je ne suis pas super fan de son travail.

Le vrai gros problème qui m’a toujours empêché de pleinement apprécier ses saisons de Doctor Who, c’est qu’il a (et a toujours eu) une grosse tendance au « Ta gueule c’est de la S-F ». La grande majorité des épisodes de Moffat, c’est des intrigues compliquées mais pas très bien expliquées, souvent mal justifiées quand elles sont justifiées. Parfois ce n’est pas gênant, comme dans Les Anges Pleureurs ou encore dans L’Impossible Astronaute, deux épisodes dont la résolution, bien que capillotractée, reste satisfaisante et ne détruit pas du tout la qualité intrinsèque de l’épisode. Parfois ça l’est beaucoup plus, comme dans Les Anges prennent Manhattan, La Pandorica s’ouvre ou encore Le Nom du Docteur, qui auraient pu être anthologiques s’ils ne recelaient pas, justement, de ces gros défauts d’écriture qu’on a fini par appeler les Moffateries.

Alors oui, Russel T. Davies, celui qui m’a fait découvrir et adorer Doctor Who, faisait aussi ça, mais il le faisait beaucoup plus rarement, et généralement mieux. Par exemple, dans Le Dernier Seigneur du Temps, oui la résolution est capillotractée (le Docteur télépathe qui se connecte au Réseau Archange pour retrouver son âge physique en s’aidant des pensées des gens… paye ton mal de crâne) MAIS elle s’inscrit dans le contexte et le discours de l’épisode (une révolution pacifique peut faire tomber le pouvoir si l’opposition à ce pouvoir est telle qu’il ne peut plus la réprimer).

Un autre truc qui me saoulait avec Moffat, mais uniquement dans la saison 10, pour le coup : le politiquement correct. On reviendra sur le traitement des sujets sociaux dans la saison 11 mais pour ce qui concerne la 10, je trouve que Moffat et ses co-scénaristes s’y prenaient particulièrement mal. Que ce soit Oxygène qui confond totalement capitalisme et libéralisme tout en le traitant de manière complètement manichéenne, le mini-discours vegan bien foireux (le Docteur qui, dans L’Éternité devant soi, compare les victimes du Maître, qui tue pour le plaisir, au fait de manger un animal qu’on a tué par nécessité), ou encore la féminisation des Guerriers de Glace avec leur impératrice aux formes bien dessinées. Enfin bref…


… tout ça pour dire que l’une de mes principales attentes avec Chibnall était qu’il ne fasse pas les mêmes erreurs. Et vu les épisodes qu’il avait créés, j’avais confiance. Chibnall n’a jamais écrit pour Doctor Who des scénarios alambiqués à la Moffat, mais ils étaient cohérents et même si le délire allait parfois très loin (le soleil vivant de Brûle avec moi qui prend le contrôle des gens exposés à sa chaleur), il était cohérent dans l’univers de la série.

D’autant qu’un épisode comme L’Invasion des Cubes m’avait montré qu’il pouvait écrire de bonnes histoires de science-fiction bien rythmées et partant d’un concept original. Beaucoup bien sûr penseront aux personnages dans la liste des attentes, mais personnellement je considérais ça comme une garantie. S’il y a bien un truc que je ne reprocherai jamais à Moffat, c’est sa gestion des personnages. Moffat écrivait des bons personnages, et je trouve les compagnons de son ère bien meilleurs que ceux de RTD (même si, c’est vrai, j’apprécie plus Donna que Clara). D’ailleurs je pense franchement que Moffat n’aimait pas les personnages de Russel T. Davies, parce que dans ses histoires il s’est toujours arrangé pour que ses propres personnages (Nancy, Reinette, Sally et River) volent la vedette aux compagnons du Docteur (Rose, Mickey, Martha et Donna).


Puisqu’on parle de garanties, il y en avait avant que la saison ne commence. L’ère Chibnall promettait une photographie plus réaliste, un ton plus tout public, des histoires moins capillotractées, un aspect éducatif, et plus spécifiquement pour cette saison 11, pas d’intrigue saisonnière (des stand-alone déconnectés, donc) et aucun retour d’anciens protagonistes/antagonistes. Et personnellement, ça me laissait au pire neutre, au mieux enthousiaste.

Bon, à la rigueur, j’aurais pu craindre la nouvelle photographie, parce que j’avais adoré l’aspect très coloré de la saison 10 et ses magnifiques décors, et les bandes annonces de la saison 11 m’ont clairement fait craindre que ça allait me manquer. Point sur lequel je ne me suis malheureusement pas trompé, d’ailleurs. En revanche, je préférais les fils rouges sobres à la RTD et le fait que les scénaristes puissent se concentrer sur leurs épisodes sans s’encombrer d’une grosse intrigue me faisait plaisir. En effet, les intrigues de Moffat venaient parfois empiéter sur certains stand-alone pour au final un impact nul/négatif (genre, la mention totalement inutile de la Terre Promise dans Robot des Bois pendant la huitième saison). Du coup, qu’il n’y ait pas (ou très peu) de fil rouge, allez, pourquoi pas.

Du coup, pari réussi ?

Oui. Carrément.



Bon, on va pas se mentir : ce n’est pas exactement une saison de stand-alone. Plus précisément, sur les dix épisodes de la saison 11, cinq sont liés par une continuité et sont plus difficiles à appréhender hors de cette dernière : The Woman Who Fell to Earth, The Ghost Monument, Arachnids in the UK, It Takes you Away et The Battle of Ranskoor Av Kolos.

Ensuite, deux épisodes s’inscrivent dans cette continuité, ce qui fait qu’ils peuvent tout à fait être vus séparément mais sont quand même utiles pour bien tout comprendre au final : Rosa et Demons in the Punjab. En revanche, The Tsuranga Conundrum, Kerblam! et The Witchfinders sont totalement déconnectés du reste. Tout ça pour dire qu’en soi, non, il n’y a effectivement pas de fil rouge liant la majorité des épisodes, mais il y a bel et bien une continuité au sein de la saison qui fait qu’on aura quand même le sentiment de regarder une histoire complète.

Cette continuité est liée au personnage de Grace, et plus précisément, à son deuil par Ryan et Graham. C’est d’ailleurs pour ça que je trouve les personnages géniaux : leur relation est super agréable à suivre et ils sont les vrais personnages principaux de la saison, cette dernière tournant autour d’eux. Le Docteur et Yaz, si elles font bien partie des protagonistes, sont légèrement en retrait. Alors oui, ça a pu faire grincer des dents. Moi, perso, tant que le Docteur restait l’élément liant tous les personnages et le protagoniste essentiel de la résolution des intrigues des épisodes, ça me gênait pas trop. Même si je dois avouer que cette saison a le cul entre deux chaises : d’un côté on veut faire une saison de stand-alone, de l’autre la récurrence dans trois épisodes des Stenza fait d’eux l’intrigue principale, ce qui rend cette volonté un peu bancale, ou du moins maladroite.


On arrive maintenant à ce qui a été l’une des critiques les plus récurrentes cette saison : le politiquement correct. Ce à quoi je répondrai : allez vous faire foutre. Bon, d’accord, je plaisante. Et en même temps… bah c’est bien mieux que la saison 10. Qu’on se le dise : oui, la série fleure bon les valeurs progressistes, c’est un fait. Mais d’une part, c’était déjà le cas avant, et d’autre part, c’est pas ça qui compte : ce qui compte, c’est comment ces positionnements, ces thèmes d’une manière plus générale, sont traités. En soi, je ne suis pas en désaccord avec tous les positionnements de la saison 10, mais je trouve ses thèmes très mal exploités.

Oxygène est pour moi le meilleur exemple. Cet épisode parle des « dérives du capitalisme ». Sauf qu’en plus de ne pas faire la différence entre le capitalisme en tant que mode de fonctionnement et le capitalisme en tant qu’idéologie (les personnages se trouvent dans un monde ultra-libéral), il traite ça de manière totalement manichéenne en le décrivant comme une « folie » (littéralement). Le message de l’épisode, c’est « Bouh le capitalisme c’est pas bien ». C’est tout ? Oui, c’est tout.

Bref… Je vous accorderai un truc pour cette saison 10 : Rosa traite assez mal son thème, et même si c’est pas aussi terrible qu’Oxygène, c’est pas gage de qualité. Ce n’est pas aidé par le dialogue ultra-téléphoné entre Yaz et Ryan juste après la scène du policier, et bien sûr par le fait que le plan du méchant, Krasko, n’a aucun sens : il veut empêcher l’arrestation de Rosa Parks pour que le Mouvement des Droits Civiques ne se lance jamais et que la ségrégation raciale aux États-Unis continue pour l’éternité. Ce qui témoigne pour moi d’un manque certain de compréhension historique de la part de Chibnall et/ou de Malorie Blackman.

L’arrestation de Rosa Parks n’est pas LA cause unique et intrinsèque de la fin de la ségrégation raciale aux États-Unis. C’est seulement l’un des éléments déclencheurs qui ont permis ça. Et cette série d’éléments, en plus de ne pas être linéaire, ne fonctionne pas comme un système : la non-arrestation de Rosa Parks n’aurait probablement pas empêché le mouvement, déjà en germe, d’exister. Au mieux un autre prétexte aurait été trouvé, au pire ça n’aurait fait que décaler l’évolution des choses de peut-être quelques années. La fin de la ségrégation s’inscrivait dans une tendance globale. Ici, le personnage de Krasko n'a rien pigé : oui, ce sont « des petites choses » qui changent l’histoire. Mais justement, DES petites choses. Pas UNE petite chose.


Bon… En dehors donc de cet épisode au traitement très maladroit, on revient à ce que j’ai dit plus tôt : je trouve que la saison traite plutôt bien ses thèmes. Chaque épisode dispose d’ailleurs d’un thème principal.

Dans The Woman Who Fell to Earth, c’est l’identité. Le Docteur a oublié son nom et cherche à le retrouver, Ryan, Yaz et l’autre qui conduit sa grue cherchent à s’affirmer, Graham lui ne s’affirme pas et se cache derrière Grace, et cette dernière est le seul protagoniste de l’épisode à justement posséder une identité propre et marquée. Raison pour laquelle on a été nombreux à trouver qu’elle aurait fait un excellent compagnon. Mais c’était là le but de Chibnall.

Dans The Ghost Monument, le thème est le travail d’équipe. Les deux participants au Rallye sont des têtes brûlées qui ont été conditionnées à agir en solo. Le Docteur et ses compagnons sont leur antithèse : la preuve que l’on peut travailler en équipe. C’est grâce à eux que les deux autres vont petit à petit se laisser convaincre de faire alliance, de mettre leurs compétences en commun, et enfin, au bout de l’épisode, de faire équipe une bonne fois pour toutes. Ç’aurait pu être bien mieux si ce n’était pas appuyé par des répliques bien nulles style « Votre maman avait tort, on est plus forts ensemble » (traduction : HÉ SALUT LE SPECTATEUR, MOI C’EST CHIBNALL ET ÇA C’EST LE THÈME DE MON ÉPISODE, T’AS BIEN COMPRIS ? T'ES SÛR HEIN ?) ou encore « Payez le prix ou payez-en le prix » (ahahahahahahahah ah merde fallait pas rire).

Dans Arachnids in the UK, c’est la morale. Oui, le personnage de Robertson est une caricature de Trump, aucun doute là-dessus. Mais c’est une caricature assumée qui sert le propos de l’épisode : Robertson, c’est la remise en question de la morale vis-à-vis d’une faiblesse évidente qui est l’incapacité à agir. Le Docteur et ses compagnons, partisans d’une bonne morale et contre le meurtre quel qu’il soit, ne peuvent que laisser les araignées mourir de faim ou d'asphyxie dans le bunker, alors que Robertson, défavorable à cette morale, voudrait les tuer, ce qui serait au final moins cruel pour elles. Le problème, c’est que Chibnall présente la solution du Docteur comme la meilleure, ce qui est pour le moins... discutable. ^^

On a ensuite une bonne dualité entre The Tsuranga Conundrum qui traite de la valeur de la vie (la vie vaut-elle la peine d’être vécue ?) et Demons of the Punjab qui parle lui de la valeur de la mort (à travers bien sûr le personnage de Prem et aussi les fameux démons, qui sont certes une redite du Témoignage d’Il était deux fois, mais sont utilisés de manière différente, du coup c’est pas si grave).

Kerblam! parle bien sûr de la valeur du travail, thème très intéressant surtout dans notre société actuelle qui tend justement à s’automatiser. On pourrait croire que c’est Amazon qui est ciblé, mais au final l’entreprise Kerblam! ne sert que de décor et ça aurait pu se passer dans n’importe quelle autre grosse boîte (ou même petite boîte d’ailleurs). L’épisode va à l’encontre de l’idée de plus en plus répandue selon laquelle travail=mauvais, notamment via une jolie réplique du Docteur : « le problème n’est pas le système, mais la manière dont les gens l’utilisent ».

Plus difficile de trouver un thème dans The Witchfinders en revanche. La réplique de Willa (« Il y a quelque chose de plus puissant que les rois et les reines. Il y a nous, ensemble ») me fait penser que c’est la force du nombre face aux décisions de quelques uns. Un peu fumeux, cela dit.

Pour It Takes You Away, c’est tout de suite plus évident. L’épisode parle du deuil et de la façon dont on le traite. Si Graham était parfait pour ça, c’est tout aussi poignant avec notre famille suédoise, où le père délaisse sa fille pour se réfugier dans le souvenir de sa femme : l’Antizone est une allégorie de la mémoire, et le monde du Solitract une allégorie du souvenir. Le Solitract doit d’ailleurs lui aussi faire son deuil, la différence étant que ce n’est pas le deuil d’une personne mais le deuil d’un lieu : l’Univers.

Enfin, The Battle of Ranskoor Av Kolos parle de justice. Pour reprendre ce que j’en avais dit : qu'est-ce qui est juste ? Est-ce juste de tuer les deux Ux qui ne sont pas fondamentalement mauvais, mais parce que ça pourrait sauver des milliards d'humains ? Réponse : oui, mais pas si on peut faire autrement. Est-ce juste de tuer un meurtrier pour ses crimes ? Réponse : oui et non, car on peut toujours trouver une meilleure solution ; mais on doit quand même le sanctionner pour ça. La morale de cet épisode, c'est que la justice ne doit pas être motivée par la vengeance, et que la sanction ne doit pas être motivée par la facilité.



Maintenant, les thèmes, ça fait pas tout. Qu’en est-il de la qualité scénaristique des épisodes ? Sont-ils bien ficelés ?



À ce titre, je rangerai nos dix histoires dans trois catégories : les épisodes corrects, les épisodes bons et les épisodes très bons.

Donc oui, sur les dix épisodes, quatre sont juste corrects. The Ghost Monument, pour commencer. J’ai déjà parlé de ses répliques super niaises, et je peux pardonner son discours débile sur l’interdiction des armes parce que le dernier épisode a validé une théorie formulée à ce sujet : le Docteur n’interdit pas les armes en elles-mêmes mais de s’en servir sur des êtres vivants. Si elle a interdit à Ryan d’en utiliser, c’était juste pour le briefer sur l’utilisation des armes, point. Un peu fumeux là aussi, mais soit.

Ce qui m’énerve vraiment dans The Ghost Monument, c’est qu’il a un concept génial mais ne l’exploite pas. Les personnages atterrissent sur une planète EXTRATERRESTRE appelée DÉSOLATION, censée être extrêmement dangereuse, sauf qu'au final, non seulement les environnements extérieurs sont d’une banalité sans nom et ne créent aucun dépaysement, mais en plus, bah on ne ressent jamais que les personnages sont vraiment en danger. Les robots snipers ont visiblement des problèmes de visée et les monstres ressemblant à des bouts de tissu sont vaincus facilement.

Pour le reste, Rosa, The Tsuranga Conundrum et The Witchfinders, eux, manquent simplement de rythme. Ils sont lents et donc un peu ennuyeux à suivre.


On arrive maintenant aux deux épisodes que j’ai trouvés vraiment sympa : Arachnids in the UK et Kerblam!. Ces deux-là sont beaucoup aidés par leur concept, que je trouve génial, mais aussi par leurs répliques : les passes d’armes entre Robertson et le Docteur (vous l’avez ?), ou encore la discussion entre Graham et son collègue (« Vous l’avez sentie ? » « Étonnamment, non. ^_^' »).

Bref, beaucoup de bonnes répliques et pas de dialogues téléphonés. Bon par contre faut bien avouer que leurs plot twists, entre les bombes-papier-bulle et les araignées mutantes en mode Roland Emmerich, font pour le coup un peu… « Ta gueule, c’est de la S-F ». Comme quoi les erreurs du passé ne sont pas toujours derrière nous.


Mais enfin, il y a quatre épisodes que je trouve vraiment très bons. Voire même excellents. Déjà, j’ai adoré The Woman Who Fell to Earth. Même si les bombes ADN sont pas hyper bien expliquées (c’est pas tant un dispositif d’élimination de témoins qu’une incitation à ne pas interférer), tout le reste du scénario se tient et toute cette nouvelle ère est bien introduite. Et idem, je trouve que The Battle of Ranskoor Av Kolos conclut très bien la saison, notamment avec le discours de fin du Docteur sur la beauté de l’univers. Le sort de Tim Shaw est intéressant et la déclaration conjointe de Ryan et Graham, quasi-parfaite. Remarque on y retrouve un peu le passif de Chibnall à la sous-exploitation de concept : la planète qui empoisonne les esprits, au final c’est juste un prétexte, peu utile dans l’épisode.

Demons of the Punjab et It Takes You Away sont quant à eux pour moi les meilleurs épisodes de la saison. Ceux que je préférerai revoir. Je les trouve super bien écrits, tant pour leurs scénarios que pour leurs sous-textes et leurs personnages. Je viendrai les revoir avec plaisir.



Enfin bon, les scénarios non plus, ça fait pas tout. Quid maintenant de l’esthétique globale de la saison ?



Un truc qui me paraît déjà évident, c’est que son ambiance se veut beaucoup plus réaliste que pour la saison précédente : les couleurs sont beaucoup plus ternes, les environnements moins extra-terrestres. On se rapproche ainsi pas mal de la saison 9. Pour reprendre une autre saga de S-F que j’aime, c’est un peu la même différence qu’il y a entre Star Wars III : La Revanche des Sith et Rogue One: A Star Wars Story, tous deux jugés comme étant les films les plus sombres de la saga, le premier par son scénario et le deuxième, justement, par son esthétique.

Ce qui tombe mal vu que Star Wars III est mon Star Wars préféré.

Du coup oui, je suis pas super fan de ce parti pris. Mes épisodes favoris coïncident d’ailleurs avec les plus belles esthétiques : j’aime Kerblam! parce que je le trouve très créatif. It Takes You Away nous emmène dans une Antizone plutôt jolie et intimiste. Demons of the Punjab se passe certes sur Terre, mais ses environnements sont sublimes. The Battle of Ranksoor Av Kolos nous emmène ENFIN sur une planète extra-terrestre digne de ce nom. Même Rosa est sauvé de la noyade par sa restitution minutieuse des États-Unis des années 60.

À l’inverse, je trouve que The Ghost Monument, Arachnids in the UK et The Witchfinders manquent de cachet. Rien de très spécial. Un peu la même chose pour The Tsuranga Conundrum : j’aime beaucoup le design de la planète-déchetterie du début, mais l’intérieur du Tsuranga fait très faux (un peu comme le TARDIS de la première série d'ailleurs).


Concernant la réalisation… ça dépend. Disons pour commencer que je n’ai pas du tout aimé le travail de Mark Tonderai sur les épisodes 2 et 3. Je ne comprends pas cette tendance qu’il a à faire des gros plans permanents sur les personnages, et il se contente de filmer ce qu’il y a à filmer, aucun plan vraiment intéressant et/ou visuellement fort. Pas hyper fan non plus de certains passages en mode caméra à l’épaule dans The Witchfinders.

Pas grand-chose à reprocher au reste, cela dit. Kerblam! contient même un plan absolument magnifique, lorsque la caméra se rapproche lentement de Charlie, cadrant bien sa poitrine pour montrer sa respiration qui s’accélère, puis remontant sur son visage qui se décompose alors que la vague mortelle se rapproche de lui à une vitesse folle, faisant inconsciemment serrer les fesses au spectateur qui ne voit pas à quelle vitesse arrive la vague mortelle mais sent bien que la caméra ne va pas assez vite pour ne pas être prise dans l’explosion. Le meilleur plan de la saison selon moi.


Et vient alors la musique. La fameuse musique. Faut voir que je suis un grand fan de Murray Gold, qui était un spécialiste des thèmes mémorables qui restent dans la tête. Et c’est clair que j’ai été le premier déçu de ne pas retrouver ça avec Segun Akinola. Au début, du moins.

En effet, Akinola n’est à mon sens pas du tout moins bon que Gold, et ses musiques ne sont pas moins belles. Elles n’ont simplement pas le même objectif. Là où les musiques de Gold accompagnaient l’histoire et les péripéties, les musiques d’Akinola accompagnent l’ambiance et les personnages. La résultante, c’est qu’effectivement, elles restent moins en mémoire, notamment parce que leurs notes ne sont pas très appuyées, à part dans certains cas (la découverte de l’armée de robots dans Kerblam! avec une succession de BADA BADAM biens forts et bien épiques en montée crescendo en est un).

Pour ceux qui étaient sceptiques, je vous invite à aller sur la chaîne YouTube officielle de la série et à écouter le thème du treizième Docteur. Je sais pas pour vous, mais j’ai beau ne pas être capable de le mémoriser, je le trouve vraiment super beau.



Concluons.

Je trouve cette saison vraiment très bonne. Bien que n’étant pas fan de tous les partis pris, notamment visuels, j’ai aimé. Il y a quand même des défauts. Là où Russel T. Davies partait parfois tellement loin dans son délire qu’il perdait les spectateurs en route (L.I.N.D.A., Une croisière autour de la Terre), et là où Moffat écrivait des scénarios tellement capillotractés qu’ils en devenaient parfois incohérents (Le Labyrinthe des Anges, Le Nom du Docteur), Chibnall, lui, semble avoir comme problème de ne jamais être capable de pleinement exploiter son concept. Que ce soit le manque cruel d’intérêt de la planète Désolation, l’explication moyennement convaincante pour les araignées géantes ou encore la relative absence d’importance de l’empoisonnement de l’esprit par la planète des Ux, je sens qu’on n’a pas fini de râler là-dessus.

De fait, j’ai l’espoir de voir quelques améliorations pour la saison prochaine. Je ne suis toujours pas 100 % convaincu par la capacité de Chibnall à écrire de la très bonne science-fiction (malgré son final qui m’a bien rassuré), mais en même temps l’échec de Rosa ne me donne pas envie de le revoir écrire des épisodes historiques.

Malgré tout, sur de nombreux points, j’ai eu ce que j’espérais. Déjà, la saison est beaucoup plus cohérente entre elle que la précédente. Les saisons de Moffat étaient toutes assez irrégulières (genre la saison 10 : une première partie excellente, puis la trilogie des Moines greffée au milieu comme un champignon et un troisième acte pas particulièrement passionnant débouchant pourtant sur une conclusion absolument magistrale) et c’est un soulagement d’avoir de nouveau une suite d’épisodes qui est, mine de rien, bien organisée. Bon, presque, si on considère la gestion des Stenza, mais après tout, aucune saison de Doctor Who n’est parfaite dans ce registre.

Il y a dans la saison 11 des épisodes que j’ai adorés et que je reverrai sûrement de nombreuses fois : Demons of the Punjab et It Takes You Away pour leur écriture, Kerblam! et Arachnids In The UK pour leur concept, ainsi que The Woman Who Fell to Earth et The Battle of Ranskoor Av Kolos pour leur importance dans l’histoire. Bref, dans l’ensemble, j’en retire beaucoup de très bon. Oui, le changement est radical, ça, c’est un fait. Maintenant, comme j’aime à le dire, c’est pas le changement en soi qui est bon, c’est la qualité du changement qui doit être bonne. Et la qualité était, je trouve, bel et bien au rendez-vous.

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Dernière édition par Lecrivaindujour le Dim 23 Déc 2018 - 04:16; édité 4 fois
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MessagePosté le: Dim 16 Déc 2018 - 09:24    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

Eh, c'est MOI la fournisseuse de pavés de ce forum! Je sais bien qu'en période de manifs à tout va on a besoin de plus de pavés que d'habitude mais tout de même! Smile Blague à part, chouette dissert et je suis ravie de voir que certains ont vraiment accroché à la saison vu que la majorité des réponses de ce topic (dont la mienne) tourne autour du "moui, c'était pas mauvais mais il manque clairement quelque chose".

J'avoue ne pas avoir trop à dire sur tout ce qui est caméra, esthétique générale (à part "oh, c'est plutôt joli comme image^^), direction et même musique, je laisse donc les personnes plus compétentes (à peu près tout le monde donc) le relever. Je suis assez sensible aux conséquences de ces choses (le rythme et l'ambiance générale quoi) mais je suis absolument incapable d'analyser les techniques utilisées pour cela : je ne "vois" pas les plans de caméra et pour que je remarque qu'une musique est récurrente il faut qu'on me l'ait passé à l'identique environ 10 fois de suite (pour vous donner une idée, j'ai réalisé que 12 avait un thème vers la toute fin de la saison 8 et il est possible qu'on m'ait un peu aidé et dirigé sur youtube pour le repérer^^). C'est vrai que je regrette du coup un peu Murray Gold, non pas parce que son successeur est plus mauvais (comme tu l'as dit, la musique n'a juste pas le même rôle ici) mais parce que c'est plus subtil et que j'ai donc zéro chance de m'en apercevoir. La seule fois où j'ai vraiment repéré une musique est lors de la reprise à l'indienne du générique à la fin de Demons of the Punjab et j'ai trouvé l'idée très chouette.



Pour le reste, je suis en majorité d'accord sur ce que tu dis (enfin, non, je suis en majorité pas d'accord parce qu'on a des goûts très différents mais je suis d'accord avec ton argumentation ^^) sauf sur le point concernant le politiquement correct de Moffat (surtout en saison 10) par rapport à celui de Chibnall. Personnellement, je les trouve tout deux peu subtils mais Chibnall l'est pour moi nettement moins que Moffat (et ce n'était pas évident vu que ce dernier peut être un sacré bourrin^^).

Lecrivaindujour a écrit:
[justify]

Un autre truc qui me saoulait avec Moffat, mais uniquement dans la saison 10, pour le coup : le politiquement correct. On reviendra sur le traitement des sujets sociaux dans la saison 11 mais pour ce qui concerne la 10, je trouve que Moffat et ses co-scénaristes s’y prenaient particulièrement mal. Que ce soit Oxygène qui confond totalement capitalisme et libéralisme tout en le traitant de manière complètement manichéenne, le mini-discours vegan bien foireux (le Docteur qui, dans L’Éternité devant soi, compare les victimes du Maître, qui tue pour le plaisir, au fait de manger un animal qu’on a tué par nécessité), ou encore la féminisation des Guerriers de Glace avec leur impératrice aux formes bien dessinées.

[...]
Oxygène est pour moi le meilleur exemple. Cet épisode parle des « dérives du capitalisme ». Sauf qu’en plus de ne pas faire la différence entre le capitalisme en tant que mode de fonctionnement et le capitalisme en tant qu’idéologie (les personnages se trouvent dans un monde ultra-libéral), il traite ça de manière totalement manichéenne en le décrivant comme une « folie » (littéralement). Le message de l’épisode, c’est « Bouh le capitalisme c’est pas bien ». C’est tout ? Oui, c’est tout.



Oui, complètement, mais Oxygen est un épisode cyberpunk. Ce sous-genre n'est pas censé être subtil, la conclusion est forcément "le capitalisme c'est pas bien" parce que le principe même du cyberpunk est de le pousser à l'extrême pour en montrer les dérives possibles. Le but n'est pas de montrer la différence entre capitalisme et libéralisme et entre application et idéologie mais de caricaturer pour amener une réflexion. C'est pour moi comme reprocher à 1984 de ne pas traiter subtilement le thème du communisme. Evidemment puisque le but est de se focaliser uniquement sur la pire conséquence possible de celui-ci: le totalitarisme. L'auteur confond-il pour autant communisme et totalitarisme? Non, je ne pense pas, ce n'est juste pas son but de montrer la différence.

Pour le message vegan de l'Eternité devant soi, je l'ai surtout traduit comme un énième exemple de la totale amoralité du Master quelle que soit son incarnation. Elle est incapable de voir les humains (ou toute autre race que la sienne d'ailleurs) comme doués de raison et donc de ressentir de l'empathie. Au mieux ce sont d'attachants "pets", la majorité du temps c'est une source de nourriture et d'amusement et nous sommes donc effectivement l'équivalent du sandwich au bacon de Bill. Après oui, il y a évidemment un message vegan derrière (Bill n'avait pas BESOIN pour survivre de choisir un sandwich au bacon mais elle l'a choisi parce qu'elle aime ça et perd donc le "moral high ground pour le Docteur) mais pour moi franchement pas plus subtil que la "wooly révolution" annoncée par Chbnall qui verra les moutons nous attaquer dans quelques siècles pour se venger. Smile Il aurait été vraiment caricatural et appuyé si le Docteur avait essayé d'empêcher Bill de manger son sandwich mais il ne lui fait cette réflexion que pour la pousser à le laisser essayer de rendre Missy meilleure malgré ses crimes passés.

Pour ce qui est de l’impératrice des ice warriors, j'avoue que je ne vois pas trop le "problème". Chibnall a visiblement décidé que les races whoviennes de type reptile sont matriarcales (il nous a fait le même coup avec les siluriens) et il me semble (j'avoue ne pas avoir vu tous les épisodes classiques avec les ice warriors) que rien dans le canon de la série ne l'empêche. Que l' impératrice soit visiblement femelle et avec des formes généreuses, pourquoi pas? La femelle alien "sexy", c'est un gros trope de la sci-fi "pulp" qui je trouve allait assez bien avec l'ambiance et l'esthétique un peu kitsch de cet épisode.


Pour en revenir au sujet, niveau politiquement correct, nous avons donc:

Moffat:
-Met tout en oeuvre (avec le personnage du Corsaire puis de Missy et la régénération du time lord blanc en time lady noire dans le final de la saison 9) pour paver la voie à un Docteur femme et/ou noir.e.
-Quelques réflexions pro-vegan : on retrouve ça aussi dans Smile en saison 10 par exemple quand le Docteur dit qu'il a du mal à manger des êtres quand il a eu des conversations avec des membres de leur race (ce qui est le cas pour à peu près toute chose animale et pas mal de végétal vu la diversité de l'univers whovien).
-personnages issus de minorité que ce soit par leur couleur (Bill par exemple), leur handicap (personnage sourd en saison 9), leur religion (la jeune musulmane dans The God complex) ou le fait qu'ils soient lgbt (Bill bien sûr mais aussi River, qui a été mariée à des femmes, Clara qui n'est pas insensible au charme de Jane Austeen et le couple de soldats/prêtres gays dans A good man goes to war).
-des moments clairement anti racistes (le coup de poing dans le 10x02 par exemple), anti sexistes (la saison 9 en particulier ne comporte quasiment que des femmes dans les positions de commandement), anti capitalistes (Oxygen mais aussi Sleep no more)... bref, ce que le daily mail appelle le "liberal agenda/political correctness gone mad" de la BBC en général et Doctor Who en particulier.

Chibnall:
-Caste une femme comme Docteur
-Une réflexion pro vegan
- Des personnages issus de minorité que ce soit par leur couleur (deux des trois compagnons), leur handicap (un personnage/actrice aveugle), leur religion (Yaz est musulmane), leur orientation sexuelle (vu l'immédiate conclusion de la maman de Yaz concernant la relation de celle-ci avec le Docteur, il me semble assez clair qu'elle est bisexuelle)
-Un épisode ENTIER centré sur les méfaits du racisme (Rosa), un autre sur la bêtise de l'intolérance religieuse (Demons of the Punjab), un sur la bêtise du sexisme (the witchfinders) et un traitant des conditions du travail à la chaîne, du chômage de masse et de l'automatisation... Bref, ce que le daily mail appelle le "liberal agenda/political correctness gone mad" de la BBC en général et Doctor Who en particulier. Mais sur 10 épisodes!

Quant-à RTD, son bilan est à peu près le même et il a en plus ouvert la voie (et qu'est-ce qu'il s'est pris aussi le pauvre^^).


Bref, Chibnall a en 10 malheureux épisodes quasiment le même bilan que Moffat en 6 saisons : évidemment qu'une frange du fandom a râlé. Smile Cela dit je suis intiment persuadée que les deux showrunner n'en ont rien à faire et même que ça les amuse. A mon avis ni lui ni Moffat n'ont cherché à être subtils sur ces points et c'est normal. Je ne comprends sincèrement pas ceux qui reprochent à la série cet aspect parce que pour le coup il n'est vraiment pas nouveau : c'est presque dans la définition de la série de respecter les minorités et de passer outre les différences.. On peut évidemment reprocher le manque de subtilité, surtout je trouve chez Chibnall qui y va au marteau-piqueur, mais pourquoi auraient-ils besoin d'être subtils? Les deux ont le même but: faire que dans Doctor Who, le fait de ne pas accepter le racisme, le sexisme, l'homophobie et l'oppression de manière générale soit une évidence, et c'est tout à fait raccord avec ce qu'a toujours été la série. La seule chose qui m'ennuierais est si cet "agenda", tout louable qu'il soit, prenait toute la place. Je veux aussi des aventures, du délirant, de l'exploration, du tragique... Je pense que Chibnall n'a pas cette intention donc tout va bien pour moi sur ce point et je suis bien plus agacée par son manque de subtilité sur l'aspect éducatif (heureusement estompé en deuxième partie de saison) que sur l'aspect politiquement correct.


Pour ta conclusion, je suis complètement d'accord avec les défauts que tu soulèves concernant les trois showrunners (moins sur les exemples que tu cites en revanche, j'aime beaucoup LINDA, Le Labyrinthe des Anges et Le Nom du Docteur même si leurs défauts sont indéniables^^) mais je ne partage hélas pas ton ressenti général sur cette saison : j'aurais vraiment aimé pourtant! Sad Cependant, je suis parfaitement d'accord pour ne pas reprocher trop méchamment à Chibnall sa gestion du "boss de fin de niveau", les Stenza ; c'est sa première saison et il est clair que c'est un défaut récurrent de la série et que ses prédécesseurs n'ont pas forcément fait beaucoup mieux sur ce point. Cela dit, je ne reproche pas non plus à Moffat sa gestion de la trilogie des monks, effectivement pour moi aussi le raté d'une très bonne saison 10, vu qu'il a dû l'écrire au chevet de sa mère mourante. On peut je suppose critiquer la difficulté qu'ont les showrunners a lâcher du lest et refiler le bébé à d'autres scénaristes quand le besoin se fait sentir mais je ne sais franchement pas si d'autres scénaristes étaient disponibles juste à ce moment là et si la BBC était ouverte à un délai dans l' écriture.

Bon, à qui le tour pour les pavés? Smile

EDIT : Au fait, vous savez le point que j'ai soulevé à la fin de la conclusion de mon bilan, comme quoi un des indices qui me montraient que je n'étais vraiment pas rentré dans la saison était que je n'avais pas rêvé de Doctor Who cette année? Devinez de quoi j'ai rêvé cette nuit? Mon cerveau est un gros troll: Smile
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MessagePosté le: Dim 16 Déc 2018 - 12:58    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

Et bien... franchement perso cette saison m'a pas du tout enthousiasmé.
Je crois bien n'avoir posté aucun avis sur aucun épisode de la saison à vrai dire tellement tout cela m'a laissé assez de marbre. Aucun épisode ne m'a vraiment donné envie d'en discuter... enfin... d'en discuter sur le forum (j'ai eu quelques discussions avec d'autres Whovians de mon côté, mais uniquement après les épisodes que je considère comme vraiment mauvais cette saison... quand j'avais besoin de me défouler un peu).

Pire encore. Je suis du genre à beaucoup apprécier les vidéos "Réaction".
Ne me jugez pas. J'aime bien regarder des gens regarder Doctor Who, c'est mon seul et unique défaut Razz ... j'adore faire découvrir Dr Who et d'autres shows que j'adore à mes amis d'ailleurs, juste pour voir comment ils réagissent devant certains épisodes. Cette saison... non.
J'ai regardé chaque épisode une seule fois et rien ne me donne particulièrement envie de les regarder une seconde fois. J'ai rerereregardé énormément d'épisodes de l'ère RTD et Moffat (et on ne parle pas que de Blink, Silence in the Library, Eleventh Hour, Twice Upon a Time et autres épisodes de ce même calibre... même des épisodes un peu plus mineurs comme Time Heist, The Unicorn and the Wasp, Night Terrors etc... sont toujours un plaisir à revoir) mais cette saison... non. Peut-être dans quelques mois mon avis aura changé. Mais j'ai la mauvaise impression que... non.

Le gros défaut de cette saison c'est que tous les épisodes sont juste... moyens.
Y a bien Rosa qui propose une fin intéressante (après un épisode plutôt planplan et qui raconte une histoire vraiment classique au final... le voyageur temporel qui vient changer le passé pour une raison X, bonjour l'originalité... au moins la fin avec le Docteur et les compagnons devant jouer un rôle actif dans l'Histoire est une bonne idée et bien poignante comme il faut) mais le reste... bof. Y a aucune réelle raison de vouloir les regarder de nouveau en vrai. Aucun moment fort qu'on voudrait revoir. Aucun discours incroyable du Docteur qui montre que derrière son attitude un peu étrange et débonnaire se cache un alien qui a vécu des milliers d'années maintenant. Aucun plot twist incroyable. Les épisodes sont juste... là. Il s'y passe des trucs... et c'est vraiment tout ce que je peux dire à ce sujet. Les fins se finissent toujours limite en anti-climax, en une minute top-chrono et toujours avec une résolution qui laisse un goût de "tout ça pour ça ?" dans la bouche à mon avis. Il n'y a aucune réelle raison de revoir un épisode.

Quand je dis "tout ça pour ça" c'est aussi une manière pour moi de signaler un autre problème que j'ai eu avec cette saison : son rythme franchement lent.
J'suis pas contre un rythme plus posé que le rythme parfois frénétique qu'on a pu avoir avec Moffat (et encore... plus dans l'ère "Onzième Docteur" qui - en tant que pile électrique sous stéroïde - héritait souvent d'épisodes très rapides, montés cuts et avec beaucoup de chose se passant à droite et à gauche en permanence ; que dans l'ère "Douxième Docteur" qui avait quand même des épisodes pouvant se montrer beaucoup plus lents et beaucoup plus atmosphériques que son prédécesseur) mais faut que ce rythme soit bien utilisé. Là je trouve que c'est raté. Enfin pour moi ça l'a été.
Imposer un rythme plus lent et plus posé, rallonger la durée des épisodes aussi, ça peut permettre de raconter des histoires en installant une atmosphère, ça peut permettre de construire plus sûrement les personnages (Docteur, compagnons mais aussi les personnages One Shot qui n'apparaissent que dans l'épisode en question), ça peut permettre plein de choses... mais bon, suffit pas juste de ralentir le rythme pour que ça arrive tout ça... faut que les scripts se décident à le faire. Et franchement quasiment aucun script cette saison n'a décidé d'utiliser ce rythme plus lent et ce temps supplémentaire pour faire quelque chose de productif j'ai l'impression.

Déjà à chaque épisode j'ai l'impression que 90% du temps de diffusion ne sert à rien. Les persos se promènent. Il se passe pas grand chose. Y a des discussions sans grand intérêt. Des péripéties franchement oubliables. Le Docteur et les compagnons comprennent pas grand chose à ce qu'il se passe, le Docteur n'a pas vraiment de plan et traîne juste en se disant "Tiens, y a quelque chose qui se passe dans le coin... j'devrais peut-être faire quelque chose... bof, j'y réfléchirais plus tard" et au final tout se termine dans les derniers 10% de l'épisode quand les persos se décident enfin à faire quelque chose d'utile.
C'était aussi le cas dans d'anciens épisodes de Doctor Who. Mais les épisodes étaient beaucoup plus courts et concis donc la période de "rien" durait moins longtemps. Le temps très limité pouvait sembler empêcher certains épisodes d'atteindre tout leur potentiel et proposer une histoire totalement satisfaisante... mais le surplus de temps n'a visiblement pas arrangé les choses cette saison. Au lieu d'allonger le temps alloué à l'acte final de l'intrigue, ce temps a été plutôt utilisé pour allonger toute la partie "investigation" de chaque épisode. La partie généralement la moins passionnante d'un épisode de Dr Who quoi.

(D'ailleurs en écrivant ça j'viens de remarquer que c'était aussi un problème récurrent de tous les autres épisodes de Chibnall... non sérieusement, The Power of Three c'est aussi 90% de rien et une fin totalement rushée, pareil pour Dinosaur on a Spaceship, 42 etc...)

Est-ce que ce rythme lent a permis une meilleure gestion des personnages de chaque épisode ?
Bah non. J'ai pas l'impression de connaître ce Docteur mieux qu'à l'épisode 1 de la saison franchement. Elle fait que passer dans chaque épisode. Est là pour dire quelques phrases randoms un peu drôles, est là pour expliquer ce qu'il se passe, et parfois va même jusqu'à... plus ou moins résoudre le problème... même si des fois c'est même pas vraiment elle qui règle la situation... Les compagnons ? A part Graham qui est mon petit coup de coeur de la saison, le seul perso vraiment touchant, développé (et tout le temps bien joué par son acteur, mais j'vais m'attirer des critiques si je dis ça ^^) et intéressant... Bah Ryan... franchement à part sa relation avec Graham (et encore uniquement parce que le perso de Graham fait partie de cette relation) il m'a laissé de marbre : sa dyspraxie elle est parfois mentionnée mais sans vraiment avoir une réelle "utilité scénaristique" dans aucun épisode... son père qui l'a abandonné la aussi c'est un sujet qui est abordé quelques fois (deux fois si je compte bien) sans que ce soit vraiment traité en profondeur. Et ne parlons même pas de Yaz. Je ne sais même pas pourquoi Yaz a été inclue dans cette team Tardis tellement son rôle s'est avérée anecdotique, son arc narratif inexistant et son utilité plus que discutable... Enfin si... je sais pourquoi : pour avoir une parité parfaite et représenter la population pakistanaise de la Grande-Bretagne. J'y reviendrais.
Enfin est-ce que ça a permis de mieux développer les personnages spécifiques à chaque épisode ?... je pense que l'exemple le plus parlant est celui du père dans "It takes you away". On sait quasiment rien de lui. Il n'y a réellement que deux personnages dans cet épisode (trois si on compte l'univers vivant, quatre si on compte le perso inutile de l'Entremonde) et l'un des deux persos importants de cette histoire n'est même pas vraiment... il n'a même pas le droit à une fin digne de ce nom. Il revient dans le vrai monde. Dit "pardon" à sa fille. Et hop c'est oublié, tout va bien et ils vécurent heureux ?... Sérieusement ?

Allez parlons un peu de la parité et de la représentation à tout prix dans cette série. Je vais pas me faire que des amis mais bon...
Franchement cette idée a plus empoisonnée Doctor Who qu'autre chose à mon humble avis. Ne nous le cachons pas : l'idée d'avoir trois compagnons dans le Tardis c'était probablement pas une idée narrative. C'était juste parce qu'il "fallait deux femmes, deux hommes" dans le Tardis. Qu'il fallait que dans les compagnons il y ai un blanc, un noir et un pakistanais pour représenter "tout le monde". C'est pour ça que Yaz a été aussi mise de côté durant toute la saison : parce qu'elle n'avait rien à faire là à part remplir un quota. Trois compagnons ça peut marcher. Mais il faut que les trois soient bien intégrés dans l'arc narratif de la saison. Faire un peu comme Ryan et Graham : leur donner un lien pour pouvoir faire un "développement deux en un" grâce au prisme de leur relation. Ou je ne sais quoi... mais surtout pas comme dans cette saison. Le personnage de Yaz a vraiment pris de la place dans l'histoire pour au final... pas grand chose. Elle aurait pu être introduite la saison prochaine à la limite, pour permettre à Graham et Ryan d'être encore plus développé qu'ils ne l'étaient déjà, et pour pouvoir avoir du temps pour être développée à son tour plutôt que de remplir le cadre de sa présence sans n'avoir aucun intérêt en tant que personnage cette saison. Mais non : il fallait deux femmes, deux hommes. Il fallait un compagnon pakistanais. Et on s'est retrouvé dans cette situation absurde d'un compagnon qui est juste là pour être là.

Alors qu'en vrai... tout le monde s'en fout de cette parité. On aurait fusionné les personnages de Ryan et de Yaz, le résultat aurait été probablement meilleur. On aurait pu avoir une femme, deux hommes ou deux femmes, un homme... qui serait venu râler ? On aurait pu avoir un noir, un pakistanais / un blanc, un pakistanais / un blanc, un noir ... qui serait venu se plaindre encore une fois ? En mélangeant les deux personnages on aurait pu éviter un troisième compagnon qui sert de cinquième roue du carrosse. On aurait aussi pu rendre le personnage de Ryan/Yaz plus fort. Ryan/Yaz aurait pu être le petit-fils/la petite fille de Graham. Avoir un père qui l'a abandonné(e). Et du côté de sa mère avoir une famille à la Yaz (on aurait même pu faire du personnage un métis pour garder toute la signifiance des épisodes sur Rosa et sur les démons du Pumjhab). Mais non... à la place on a eu... ce qu'on a eu.

Et ça me déçoit un peu.
... Bref. J'crois que j'ai assez parlé comme ça.

Cette saison 11 m'a déçue. Tous les épisodes ont été moyens. Et j'ai rien contre les épisodes moyens, il y en a dans chaque saison... mais là y avait juste pas assez de très bons épisodes pour relever le niveau de la saison. Voir aucun en fait. Toute cette saison c'était juste... du moyen. Du basique. Du inoffensif, regardable mais pas transcendant. Et la fin - moyenne et peu épique, comme tout le reste de la saison - n'a pas aidée à se défaire de cette impression.

J'regarderais la saison 12 et l'épisode du nouvel an (pourquoi pas avoir gardé Noël ?... c'était une tradition sympathique... alors que le Nouvel An... c'est pas un jour qu'on passe en famille devant la télé... c'est un jour qu'on passe avec des amis à se torcher la gueule... à quoi ils pensent franchement ? ça n'a aucun sens) parce que je suis fan de Dr Who en général. Mais pas parce que je suis fan de ce qu'il s'y passe actuellement. J'espère plus d'énergie. Plus de charme. Plus de tout en fait... Qu'ils nous surprennent. Qu'ils se remettent en question. Et qu'ils donnent enfin un rôle au Docteur bon sang de bonsoir !
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MessagePosté le: Dim 16 Déc 2018 - 17:08    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

J'ai beaucoup apprécié cette saison.

Pour ma part, l'absence de fil rouge fort ne m'a pas dérangé. Déjà parce que l'absence de fil rouge n'a pas empêché une continuité entre les épisodes.
Ensuite parce j'ai découvert la série au rythme d'un épisode par semaine et de l'attente entre les saisons seulement à partir de l'ère Twelve. Donc le plus gros fil rouge que j'ai connu (Je veux dire de la même manière que ceux qui ont commencé la série en 2005 ou 2010), c'est Missy et Danny en saison 8. Et comme, je n'aimais pas ces personnages, je trouvais que leurs présences envahissantes au détriment de l'intrigue propre de l'épisode. (Par exemple dans Into The Dalek, moi je viens pour explorer un Dalek pas pour voir un prof de sport draguer Clara. Et pour Missy, j'ai eu plusieurs fois l'impression qu'elle n'était là que pour que le spectateur n'oublie qu'il y ai un fil rouge sans que ça n'apporte quelque chose à l'épisode en lui même.)

J'apprécie beaucoup le ""I’m just a traveler. Sometimes, I see things need fixing. I do what I can. " . C'est l'image que j'avais de Doctor Who en découvrant la série et je suis content de qu'on y revienne. J'aime découvrir l'Univers en compagnie du Docteur et m'émerveiller avec elle. Je suis vraiment heureux d'avoir une direction différente de l'Univers Docteur-centré de Moffat (Où la mort du Docteur détruisait l'Univers). Maintenant, on a un Univers qui une vie propre sans que la présence du Docteur ne soit nécessaire à son existence, c'est vraiment agréable.
J'ai beaucoup aimé Thirteen même si pour l'instant elle est "a Doctor" et "The Doctor. The original, you might say !" reste Twelve pour moi.
Le fait qu'elle fasse pas mention de son espèce, de sa planète, etc ne m'a dérangé mais j'admet que c'est parce que je connais déjà tout ça. Et je me demande comment l'ont perçu les nouveaux spectateurs puisque c'est la curiosité envers le terme "Seigneur du Temps" qui m'a fait rester jusqu'à la fin de Voyage of the Damned au tout début de mon aventure Whovienne.

Les compagnons sont vraiment humains cette saison mais je regrette un peu le "very flat organisation". Aucun ne se détache (Enfin si Graham se détache un peu plus), ils ont une personnalité similaire sans être identique et du coup, il n'y a quasiment jamais de désaccord entre eux sur la marche à suivre ou avec les décisions du Docteur (J'admet que vu les circonstances qui les ont pousser à rejoindre Le Docteur, ils auraient difficile de justifier qu'ils restent toute la saison, s'ils étaient vraiment opposition avec Le Docteur). Mais ça fait qu'on les différencie peu les uns par rapport aux autres et quand je pense aux compagnons de Thirteen, je pense toujours au trio comme si c'était une seule entité avec trois corps.

L'aspect Politiquement Correct que beaucoup reproche à la saison ne m'a pas dérangé. Après, j'ai toujours eu l'impression que ce terme étaient un terme fourre-tout pour désigner tout ce qui n'est pas en accord avec ses propres opinions. Et pour ma part, je ne pense pas qu'une bonne histoire doit forcément être en accord avec mes opinion. Par exemple, je suis en désaccord avec la conclusion de Kerblam! sur l'automatisation des usines et pourtant j'ai adoré l'épisode.

Je pourrais reprocher à la saison ses décors naturels qui sont certes magnifiques pour les épisodes sur Terre (Demons on The Punjab a des décors superbes) mais qui donne un aspect très terrestres aux planètes extraterrestres. Mais ce n'est pas forcément un défaut, LEO l'auteur la bande dessiné Les Mondes d'Aldebaran reconnaît lui même avoir dessiné les forêt brésilienne de sa jeunesse pour la planète Albebaran et pourtant on est dépaysé grâce aux bestiaire vraiment étrange et varié dont il a peuplé la planète. Je reconnaît que crée tout un bestiaire, une civilisation, etc pour un seul épisode de Doctor Who ce n'est pas forcément rentable (même pas du tout) pour la BBC. Mais il aurait suffit de petit détail, rien que mettre 3 ombres aux personnages pour appuyer les 3 soleils de Désolations aurait tout de suite donné un aspect plus exotique à la planète.

Je n'ai pas beaucoup accroché aux musiques cette saison mais je commence à m'y habituer. Mais c'est normal le but des musiques d'Akinola n'est pas le même que celui de celles de Gold. Je n'aurais pas du chercher à ressentir les mêmes émotions qu'avec les musiques de Gold. Maintenant que je sais à ce qu'il en est, je les apprécierais beaucoup plus en saison 12.

Voilà, je pense que j'ai fait le tour. Sinon, je pense que cette saison était aussi une saison de mise en place pour Chibnall (et son équipe aussi) et des éléments évoqués vont être exploiter par la suite. (Les crises dans le futur, le père de Ryan, etc). Donc il n'y aura peut-être pas de gros fils rouges mais il y aura tout de même une forte continuité.
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MessagePosté le: Dim 16 Déc 2018 - 18:49    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

Pour ma part, je n'ai pas spécialement aimé cette saison.

J'aimais pourtant bien l'idée de ne pas avoir de fil rouge, mais dans ce cas il faut qu'il y ait autre chose qui évolue d'épisode en épisode - le plus souvent, dans ces cas-là, c'est la caractérisation des personnages et leurs relations qui évoluent.
C'est déjà le cas en temps normal lorsqu'il y a un fil rouge, ça aurait donc dû être encore plus prononcé ici. Or, on a simplement la relation entre Graham et Ryan qui évolue - c'est déjà ça, mais ce n'est pas vraiment suffisant pour moi. Je n'ai pas l'impression d'avoir vu le Docteur ou Yaz évoluer cette saison, et les relations entre les personnages sont globalement restées les mêmes qu'au début.

Cependant, si je devais résumer ce qui m'a déplu cette saison, je m'en tiendrai surtout à deux points : les scripts et le manque de fantaisie.

J'ai trouvé les scripts plutôt à la ramasse cette saison : les scénarios n'étaient pas palpitants, parfois mal ficelés (des éléments sont introduits puis n'ont aucun impact), apportaient peu de tension et certaines lignes de dialogue semblaient forcées. On avait aussi beaaaucoup de dialogue d'exposition à mon goût, là où montrer les choses aurait sans doute apporté plus de dynamisme.

Quant au manque de fantaisie : globalement les environnements ne m'ont pas paru très originaux, les extra-terrestres avaient presque tous une tête d'humain, les scénarios eux-même étaient très terre-à-terre. C'est une série de SF, on peut se permettre de faire des choses qu'on ne peut pas voir ailleurs ! C'est du moins l'une de mes attentes, et j'ai été déçu de ce côté-là (il y a cependant des exceptions, par exemple j'ai retrouvé un peu de cette fantaisie dans l'épisode 9).

Il y a quand même des points positifs : l'image est jolie (ce manque de fantaisie est donc d'autant plus dommage, et je n'aurais pas dit non à un peu plus de couleur dans l'ensemble), Graham -le personnage comme l'acteur- est excellent, et... en écrivant cela, je me rends compte que je galère à trouver un troisième point. Je pourrai sans doute en trouver un en réfléchissant, mais le fait que ça ne me vienne pas naturellement en dit long sur mon appréciation mitigée de cette saison.

J'ai d'ailleurs depuis re-regardé d'anciens épisodes, notamment ceux que j'ai rarement revus car je les avais trouvé moyen, et au final après avoir vu cette saison je ne les trouve plus si mauvais que ça - Night Terrors est en fait une histoire sympathique ! Je ne compte pas re-regarder les épisodes de la saison 11, à deux ou trois exceptions près.

J'avais envie de finir sur une note positive pour ne pas paraître trop négatif mais tant pis, c'est mon ressenti tel qu'il est à l'instant t. Je n'essaie pas de gâcher la série pour qui que ce soit et tant mieux si d'autres ont apprécié ! Je donne juste mon ressenti sincère, brut et sans fioritures.
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MessagePosté le: Lun 17 Déc 2018 - 00:31    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

Tu n'auras pas le dernier mot. Smile

Tyr a écrit:
Eh, c'est MOI la fournisseuse de pavés de ce forum! Je sais bien qu'en période de manifs à tout va on a besoin de plus de pavés que d'habitude mais tout de même! Smile Blague à part, chouette dissert et je suis ravie de voir que certains ont vraiment accroché à la saison vu que la majorité des réponses de ce topic (dont la mienne) tourne autour du "moui, c'était pas mauvais mais il manque clairement quelque chose".


Pour être tout à fait honnête j'étais rangé derrière cet avis pendant toute la première moitié de la saison, en priant pour que les épisodes non écrits par Chibnall remontent le niveau. Et je suis heureux parce que c'est ce que j'ai eu. J'en viens d'ailleurs à espérer que pour la saison 12, il fasse confiance aux autres scénaristes et se contente d'écrire le début et la fin de la saison.


Tyr a écrit:
Oui, complètement, mais Oxygen est un épisode cyberpunk. Ce sous-genre n'est pas censé être subtil, la conclusion est forcément "le capitalisme c'est pas bien" parce que le principe même du cyberpunk est de le pousser à l'extrême pour en montrer les dérives possibles. Le but n'est pas de montrer la différence entre capitalisme et libéralisme et entre application et idéologie mais de caricaturer pour amener une réflexion. C'est pour moi comme reprocher à 1984 de ne pas traiter subtilement le thème du communisme. Evidemment puisque le but est de se focaliser uniquement sur la pire conséquence possible de celui-ci: le totalitarisme. L'auteur confond-il pour autant communisme et totalitarisme? Non, je ne pense pas, ce n'est juste pas son but de montrer la différence.


Oui mais la différence majeure avec 1984, c'est que le message de fin de 1984, c'est pas "Bouh le totalitarisme c'est pas bien". Toute la subtilité du roman d'Orwell, c'est qu'il va justement plus loin, et si l'Eurasia fait directement penser à l'URSS (de notre point de vue occidental en tout cas), il faut aussi y voir une critique du système américain et des mécanismes de la Guerre froide en générale.

Comme tu le dis, l'intérêt du Cyberpunk c'est de caricaturer pour amener à une réflexion. Sauf que non seulement ici le cadre réaliste a du mal à créer une caricature (qui est un peu noyée derrière les autres enjeux), mais surtout, bah y a justement pas de réflexion. J'ai beau avoir regardé l'épisode plusieurs fois, je reviens toujours à la même chose : j'adore les deux premiers actes et je trouve le scénario ultra-bien ficelé, mais ensuite on arrive au discours sur le capitalisme et là je suis en mode "mais... mais c'est nul".

Tyr a écrit:
Pour le message vegan de l'Eternité devant soi, je l'ai surtout traduit comme un énième exemple de la totale amoralité du Master quelle que soit son incarnation. Elle est incapable de voir les humains (ou toute autre race que la sienne d'ailleurs) comme doués de raison et donc de ressentir de l'empathie. Au mieux ce sont d'attachants "pets", la majorité du temps c'est une source de nourriture et d'amusement et nous sommes donc effectivement l'équivalent du sandwich au bacon de Bill. Après oui, il y a évidemment un message vegan derrière (Bill n'avait pas BESOIN pour survivre de choisir un sandwich au bacon mais elle l'a choisi parce qu'elle aime ça et perd donc le "moral high ground pour le Docteur) mais pour moi franchement pas plus subtil que la "wooly révolution" annoncée par Chbnall qui verra les moutons nous attaquer dans quelques siècles pour se venger. Smile Il aurait été vraiment caricatural et appuyé si le Docteur avait essayé d'empêcher Bill de manger son sandwich mais il ne lui fait cette réflexion que pour la pousser à le laisser essayer de rendre Missy meilleure malgré ses crimes passés.


Je serais d'accord si c'était amené comme ça par le Docteur. Sauf qu'il se contente de dire "Profite de ton sandwich au bacon" et laisse le spectateur confus. Toute l'idée c'est de montrer que le Maître a tort, donc si le Docteur voulait faire cette comparaison, une ligne de dialogue disant "Le Maître aussi tue par nécessité", ça aurait crédibilisé un peu plus le truc. Et pour le coup le fameux "message vegan" aurait été subtile.

Toute la différence, c'est que la Révolution Laineuse c'est juste une blague qui sous-entend que les moutons sont en fait une espèce intelligente. C'est la version "moutons" de nos blagues sur les chats qui veulent prendre le pouvoir. On peut y voir une réflexion vegan sauf qu'ici, on n'est pas obligé de la voir. Bref, c'est mieux amené.

Tyr a écrit:
Pour ce qui est de l’impératrice des ice warriors, j'avoue que je ne vois pas trop le "problème". Chibnall a visiblement décidé que les races whoviennes de type reptile sont matriarcales (il nous a fait le même coup avec les siluriens) et il me semble (j'avoue ne pas avoir vu tous les épisodes classiques avec les ice warriors) que rien dans le canon de la série ne l'empêche. Que l' impératrice soit visiblement femelle et avec des formes généreuses, pourquoi pas? La femelle alien "sexy", c'est un gros trope de la sci-fi "pulp" qui je trouve allait assez bien avec l'ambiance et l'esthétique un peu kitsch de cet épisode.


Tu confonds Chibnall et Gatiss. ^^ Pour le coup même si je suis pas 100 % fan de l'épisode des Siluriens, ils sont physiquement très proches des humains donc c'est pas grave. Bon, c'est vrai que pour tout ce qui est hommage au pulp, je manque de recul.


Tyr a écrit:
Pour en revenir au sujet, niveau politiquement correct, nous avons donc:

Moffat:
-Met tout en oeuvre (avec le personnage du Corsaire puis de Missy et la régénération du time lord blanc en time lady noire dans le final de la saison 9) pour paver la voie à un Docteur femme et/ou noir.e.
-Quelques réflexions pro-vegan : on retrouve ça aussi dans Smile en saison 10 par exemple quand le Docteur dit qu'il a du mal à manger des êtres quand il a eu des conversations avec des membres de leur race (ce qui est le cas pour à peu près toute chose animale et pas mal de végétal vu la diversité de l'univers whovien).
-personnages issus de minorité que ce soit par leur couleur (Bill par exemple), leur handicap (personnage sourd en saison 9), leur religion (la jeune musulmane dans The God complex) ou le fait qu'ils soient lgbt (Bill bien sûr mais aussi River, qui a été mariée à des femmes, Clara qui n'est pas insensible au charme de Jane Austeen et le couple de soldats/prêtres gays dans A good man goes to war).
-des moments clairement anti racistes (le coup de poing dans le 10x02 par exemple), anti sexistes (la saison 9 en particulier ne comporte quasiment que des femmes dans les positions de commandement), anti capitalistes (Oxygen mais aussi Sleep no more)... bref, ce que le daily mail appelle le "liberal agenda/political correctness gone mad" de la BBC en général et Doctor Who en particulier.

Chibnall:
-Caste une femme comme Docteur
-Une réflexion pro vegan
- Des personnages issus de minorité que ce soit par leur couleur (deux des trois compagnons), leur handicap (un personnage/actrice aveugle), leur religion (Yaz est musulmane), leur orientation sexuelle (vu l'immédiate conclusion de la maman de Yaz concernant la relation de celle-ci avec le Docteur, il me semble assez clair qu'elle est bisexuelle)
-Un épisode ENTIER centré sur les méfaits du racisme (Rosa), un autre sur la bêtise de l'intolérance religieuse (Demons of the Punjab), un sur la bêtise du sexisme (the witchfinders) et un traitant des conditions du travail à la chaîne, du chômage de masse et de l'automatisation... Bref, ce que le daily mail appelle le "liberal agenda/political correctness gone mad" de la BBC en général et Doctor Who en particulier. Mais sur 10 épisodes!

Quant-à RTD, son bilan est à peu près le même et il a en plus ouvert la voie (et qu'est-ce qu'il s'est pris aussi le pauvre^^).


Ah mais je maintiens, ça ne me pose aucun problème que les thèmes et les sous-textes fleurent les valeurs progressistes. Mais je le redis, dans cette saison, à part dans Rosa qui a foiré cet aspect, bah c'est bien amené. Je dis subtile mais c'est un abus de langage, j'aurais dû dire intelligent. C'est amené de manière intelligente et intéressante, d'une manière qui pousse à la réflexion. Dans la saison 10, c'était amené de but en blanc sans aucune nuance, aucune volonté apparente de dire quelque chose de plus que ce qu'on nous envoyait dans la gueule. Et ça m'avait profondément déçu.
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MessagePosté le: Lun 17 Déc 2018 - 00:59    Sujet du message: Bilan général saison 11 Répondre en citant

Plutôt mitigé pour moi aussi. Je n'ai pas détesté cette saison comme les saisons 8 et 9. J'ai eu du plaisir à la regarder, mais ce n'est pas transcendant. Dommage, j'avais beaucoup d'espoir pour le premier Docteur femme. Plusieurs de ces épisodes je ne les ai vu qu’une fois et c’est assez. Ils ne sont pas mauvais juste très ordinaires. RTD restera donc mon showrunner préféré, ce sont ses épisodes qui m’ont le plus émue. Pour Moffat ce sont les extrêmes j’ai adoré certains épisodes et détesté profondément d’autres. Rien de tel avec Chibnall. Je n’ai ni adoré ni détesté son travail. La saison 11 me rappelle la saison 7 : des stand alone qui sont bons, sans plus. La saison 7 avait tout de même un arc: la fille impossible. La saison 11, rien.

L’absence d’arc narratif est une raison qui fait que je ne ressens pas le besoin de revoir la saison. Autant les arcs de Moffat étaient trop lourds et les finals décevants, ceux de Chibnall sont absents et le final aurait pu être juste un autre épisode. RTD encore une fois, était le meilleur pour le fil rouge : présent, mais discret.

L’autre raison c’est que je ne me sens pas investie. À par Graham est son deuil, je n’ai été touchée par aucun autre personnage, pas même le Docteur. Ce qui m’amène à parler des personnages.

Chibnall m'a un peu déçue à propos des personnages. Je les ai trouvés intéressants, mais pas assez bien développés. Je m’attendais à plus de lui étant donné son expérience dans Broadchurch et Torchwood où, malgré quelques défauts, ses personnages sont réalistes, touchants et bien développés.

L'évolution de la relation Graham/Ryan est émouvante et Yaz, même si elle a du potentiel comme compagnon, en est exclue. Yasmine aurait pu n’apparaitre que dans l’épisode la concernant et ensuite se joindre à la TARDIS team. Je trouve que cela aurait été préférable et aurait permis de se centrer davantage sur la relation Graham/Ryan et d’en apprendre plus sur la famille de Ryan. Son passé reste assez nébuleux et en apprendre davantage ou le faire réagir avec émotion à certaines situations aurait rendu le personnage plus attachant. Graham est celui que je trouve le plus intéressant et son deuil est bien illustré dans la saison. Peut-être que Yaz sera mieux développée en saison 12, mais pourquoi l’avoir fait venir si tôt dans l’équipe alors qu’elle ne sert à rien durant le ¾ de la saison ? Chibnall aurait vraiment du l’introduire plus tard. En saison 12, l’arc Graham/Ryan sera déjà résolu donc, cela permettra à Yaz de se développer ainsi que le Docteur.

J'aime bien le Docteur. Elle est drôle, enthousiaste et a de l’énergie. J’aime son côté bricoleur qui n’a pas été suffisamment exploité hélas. Toutefois, j'espère qu'elle gagnera en profondeur lors de la prochaine saison. Pour le moment, elle n’est qu’un voyageur du temps qui fait du tourisme avec ses amis et résout quelques petits problèmes ici et là. Bref, elle ressemble beaucoup aux Docteurs des classiques je trouve. Cela plait à certains, mais personnellement, même si j’aime les classiques, c’est l’une des choses que je leur reproche, le côté impersonnel du Docteur. Je m’ennuie des relations de profonde amitié entre le Docteur et ses compagnons comme Ten et Donna, par exemple.

Cette équipe est trop parfaite. Le Docteur est pacifiste à l’extrême et j’espérais qu’elle finisse par payer pour sa bonté démesurée au final, mais non. Même le fait que Tzin shaw ait tué des milliers d’innocents supplémentaires parce qu’elle ne l’a pas arrêté lors du premier épisode n’est même pas abordé. Je ne vois pas en elle le TimeLord de plus de 2000 ans qui s’est battu durant la guerre du temps, qui a vu son peuple se faire exterminer et qui a dû faire des choix difficiles. J’ai espoir que Chibnall va aborder un peu plus ce côté du Docteur dans la prochaine saison.

Les compagnons sont aussi trop dociles, personne ne remet en doute les choix du Docteur (comme préférer laisser les araignées mourir de faim ou s’entre-dévorer plutôt que de les tuer). La relation entre les trois compagnons est toujours bonne, aucun conflit d’intérêt, aucune tension. Pourtant avec trois compagnons les possibilités sont nombreuses. Même Amy et Rory avaient leurs conflits et leurs désaccords.

Pour finir, saison intéressante à regarder un dimanche soir, mais sans plus. Le côté science-fiction est décevant : Pas assez d’aliens et ils ressemblent tous à des humains, sauf le Pting, j’adore le Pting, il est mignon. Les mondes supposément extra-terrestres sont trop terriens et ce n’est pas que Chibnall qui a un problème avec cet aspect de la série (Gallifrey au ciel bleu qui ressemble au far west américain).

Je n’ai pas parlé du visuel et de la musique, mais j’ai rien à dire à part que je trouve que le visuel est une nette amélioration. La musique est bonne, mais rien de remarquable.
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